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C-GEAR
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Giacomo Tutti

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Mar 28 Mar - 20:45
Des fois vaut mieux se taire, hein. J’ai beau le savoir, il m’arrive de faire de bourdes. Et en même temps… comment j’étais censé deviner que par une simple question j’allais déclencher un torrent d’explications interminables ? Je ne suis qu’un pauvre type qui n’a pas suivi que Monsieur Moustache avait un deuxième prénom, voilà tout ! Que n’ai-je pas fait. Les yeux brillants, l’air fier et le nez levé, voilà qu’Eliott m’explique, de long en large, le pourquoi du comment et la place important de sa « mamé » dans tout ça. C’est rigolo, honnêtement, mais il finit par me perdre. Au début, j’le fixe avec amusement, mais je crois que progressivement mon sourire se transforme en grimace, tandis que je jette un coup d’œil à Pauline aussi atterrée que moi.

J’y vais quand même de mes petits : « Ah ok. », « Cool. », « La haute société, ouais je vois ! » ; histoire de pas le laisser trop solo dans ses explications, mais Pauline n’essaie même pas, elle. Elle semble rêver que tout cela se termine et je me dis que ce n’est sans doute pas la première fois qu’elle voit son ami sortir pareille tirade. Ce qui est amusant c’est que par cette question, Eliott s’est transformé, d’un coup. Plus énergique et heureux que l’image que je m’en suis fait, de prime abord. C’est pour ça aussi que je l’envoie pas bouler. A une époque, je me serais foutu de sa gueule, mais là… bah, si ça lui fait plaisir.

Disons juste que ce n’est sans doute pas le moment le plus approprié, ni l’endroit. Par chance, c’est bien Monsieur Moustache aka Nestooor (avec l’accent de bourge), qui se fait remarquer par ses petites bulles. Au moins c’est pratique, ça aide à le retrouver plus simplement. Pas dit, cependant, que la voix aiguë que prend soudainement l’autre jeune homme aide des masses. Il a un côté farfelu celui-là. « Il est fun. » J’admets, c’est plus facile de souffler ça face aux remarques de Pauline quand on ne subit pas l’énergumène au quotidien. « Si c’est un bon gars, c’est l’essentiel. » Ne vous laissez pas berner, ce n’est pas forcément le cas de tous les gens qui se lancent pour devenir Ranger. Je l’ai appris de Ian, ça. Certains recherchent simplement la gloire, le côté « m’as-tu-vu » de la fonction et de se forger une réputation de bon samaritain, sans y mettre de soi, sans y croire vraiment. Un simple « regardez, j’y étais ! », « regardez, j’ai aidé ! », pour se faire applaudir.

Alors que les meilleurs Rangers (et ça vaut pour toutes les professions aidantes, en vérité), sont ceux qui agissent sans rien attendre en retour. Ce qui font même s’il n’y a pas de public, pas de caméra, pas de récompense. Ian, il est comme ça. Il reste dans l’ombre, profite tranquillement de la vie, mais s’avère être un Ranger redoutable, avec ses pokémons Vol. Pas mon mentor pour rien, ça ! A mes côtés, Pauline part dans un grand rire assez surprenant, alors que je n’ai fait que lui demander s’il ne valait pas mieux qu’elle range ses pokémons Plante. Hé ben, quel duo ils font ces deux-là ! Je ne peux m’empêcher de rire légèrement, à mon tour. Faut dire qu’un rire pareil, c’est communicatif !

On entre ensuite dans le grand entrepôt, en piteux état suite au séisme. La luminosité est très bof, avec toute cette poussière, mais on avance quand même. Ça et là, ça fume, et à chaque fois Jazz y va d’un léger filet d’eau pour éviter le moindre départ de feu. « Tu gères, Jazz. » Avec son flair, il n’a aucun mal à trouver les coins à arroser. A l’air libre, sur le sol, c’est pas trop grave, c’est dès que ça s’approche des habitations que c’est compliqué. Il y a des trucs prêts à cramer, là-dedans. Et si on peut préserver les possessions des habitants, c’est pas mal.

J’ai à peine le temps de détourner mon regard de mon Carabaffe que j’entends un « NESTOR ! », par réflexe, je me tourne dans la direction en question, des flammes arrivent droit sur nous… le Moyade se matérialise soudainement et détourne l’attaque de Feu. Jazz aussi a été pris par surprise et je vois qu’il a un léger éclair de fierté blessée dans son regard. Il aime être le premier sur le coup, en général. Mais là, c’est bien le Moyade qui a été le plus prompt à réagir. « Hé ben, tu fais des réapparitions comme ça quand tu veux, M’sieur Moustache ! » Il a une de ces postures, ce pokémon. Il ne semble même pas réaliser qu’il nous a bien tiré d’affaire, là.

Le spectre se contente de matérialiser des bulles dans nos directions. J’ai pas le souvenir d’avoir entendu parler de pokémons qui communiquaient comme ça… « J’adore ! C’est poétique et tout. » Je suis pas un grand poète, loin de là, mais je peux reconnaître quand quelque chose est classe. Là, c’est bien le cas. « Merci pour la bulle, Nestor ! » Sauf qu’on ne peut pas perdre trop de temps dans les remerciements. Il y a bien quelque chose, plus loin, qui a décidé de nous prendre pour cible.

Ça grogne et ça s’agite au fond du hangar. Jazz se repositionne devant moi tandis qu’on progresse lentement. « Certainement. » Difficile d’imaginer autre chose qu’un pokémon. Et capable de générer des flammes… Pas que. D’un coup, une attaque que je reconnais bien : Vibrobscur. Un jour, je serai un Ranger spécialiste pour déloger les spectres et autres créatures obscures qui s’égarent et s’amusent un peu trop en se jouant des autres espèces vivantes qu’ils peuvent croiser… En attendant, je bosse le sujet et ouais, Vibrobscur fait bien parti des trucs que je peux reconnaître de loin. Une onde de choc, sombre, qui me fait froncer les sourcils. L’attaque nous secoue, l’obscurité se répand tout autant que la poussière soulevée par le mouvement des meubles et autres objets restants.

On lutte pour rester debout, des pans de murs déjà branlants tombent, j’écarte les bras pour éviter que mon Carabaffe, autant que Pauline pas loin, ne se fassent écrabouiller. « Bordel… ouais ça va, et vous ? » On tousse, la poussière est épaisse, et il faut un moment pour parvenir à distinguer ne serait-ce que des formes à nouveau. L’arrivée d’une Iguolta (j’ai même pas vu d’où) nous aide un peu, à l’aide d’une capacité flash. Globalement, tout le monde est bien debout.

Autour de nous, c’est à croire que le hangar vit encore, les murs n’ont pas terminé de s’écrouler et il est difficile de savoir qui, du pokémon attaché à la faille un peu plus loin dans le village, achèvera tout ça. Je me redresse en serrant les dents et fixe la lueur de l’Iguolta, qui nous permet d’identifier plus clairement l’espèce en souffrance, à quelques mètres. « Un Démolosse... » Maigre, attaché par une grosse chaîne, sans doute blessé par le séisme et l’effondrement du mur à l’instant. « Il a l’air… terrifié. Et terrifiant. » Un mode de défense bien connu.

« Il faut pas qu’on s’attarde mais on peut pas le laisser comme ça... » Je fais un mouvement dans sa direction, alors qu’il essaie de se défaire, vainement, de sa chaîne. Il couine, il grogne, il ne sait pas quoi faire. « J’le laisse pas là. Partez si vous voulez. » Un pokémon domestique mais dans quelles conditions ? Pourquoi l’attacher ? Certes, un Démolosse n’est sans doute pas la créature idéale dans une jolie maison proprette, mais cela n’excuse en rien un tel traitement.

« Eliott, demande à ton Moyade de le distraire ? » Des bulles. Après tout, ça vaut le coup d’essayer ? L’Iguolta présent me donne une idée. « L’Iguolta peut… le paralyser ? » Je le souffle du bout des lèvres. Toutes les idées qui me viennent en tête feront souffrir quelqu’un. Mais si c’est ce qu’il faut pour l’aider… « Désolé mon gars. » Aucune idée de s’il s’agit d’un mâle ou d’une femelle, dans l’immédiat, mais bon.

Et moi, je sors enfin une autre de mes pokéballs. « Rock, j’ai besoin de toi. » Mon Racaillou d’Alola. Dans le genre bon gars, lui aussi. Il se matérialise dans le petit espace devant moi, un instant déstabilisé par ce qui l’entoure. « Blinde-toi. » Il n’hésite pas et s’exécute. Par deux fois, sa peau de pierre brille légèrement, de sa Boul’Armure. « Quoiqu’il arrive, j’te soignerai, j’te promets. » Lui, il s’en fiche, il attend juste que je lui dise ce que j’attends de lui. « Avance vers le Démolosse et brise sa chaîne. »

Plus facile à dire qu’à faire et si y’a quoique ce soit… « Jazz, si ça dégénère, tu sais ce que tu devras faire. » Utiliser l’eau sur une bête féroce attachée ou blessée, c’est clairement pas ce que j’ai envie de faire. D’autant qu’Eliott doit se douter que le message vaut pour son Moyade tout autant. A voir si mon plan se passera aussi bien que dans ma tête.


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Mar 28 Mar - 20:45
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Eliott Terrebel

Eliott Terrebel
Ranger Alola

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Région : Alola
Jeu 30 Mar - 22:23
Lin-Lin était le pokémon qui était le plus pratique grâce à sa capacité de fabriquer de la lumière grâce à sa collerette. Le choix du pokémon dans son équipe ranger était beaucoup plus pour des raisons de praticité que pour ses capacités de combat, mais quand elle était impliquée profondément dans un combat, Lin-Lin devenait terrifiante et d’une pugnacité rare - une qualité qui, selon Walker, serait utile pour toute exploration dans des grottes et recoins sombres s’il arrivait à bien dresser cette Iguolta. Pour l’instant, le pokémon était plus celui qui dressait son humain que l’inverse mais son bon fond la rendait quand même attachante et efficace. Bref, Eliott avait encore beaucoup de travail à abattre pour cette joviale pile sur pattes… Qui n’en faisait qu’à sa tête.

A l’aide de sa collerette et de l’électricité qu’elle avait emmagasinée, Lin-Lin était en mesure de diffuser une douce lumière qui éclairait sans trop agresser les yeux. Un Flash, tamisé, contrôlé mais qui en cas d’orage ou dans un contexte plus électrique la rendait difficilement gérable : sauf avec le corps de Momo qui absorbait la foudre mais c’était très risqué. “J’aimerai éviter si possible” La solution était plutôt bonne, mais la paralysie avait quand même un impact sur le système nerveux et il ne voulait pas que le pokémon ait des séquelles. Pauline ne disait rien mais elle pensait que l’idée de Giacomo était bonne. Parce qu’il n’était pas certain que le pokémon se laisse faire avec une attaque Spore de son Lampignon et que le souffle des attaques du Démolosse leur renverrait la poudre de morphée. Et puis Monsieur Moustache… Ben il voyait déjà son air effrayé si le chien se mettait à sortir les crocs et se montrer menaçant. Le Moyade était un pokémon très doux et conciliant avec bon nombre d’espèces sans une once d’animosité.

L’autre possibilité était d’envoyer Fitz et essayer de servir de médiateur. Grâce à sa petite taille, il pourrait facilement se faufiler et ronger cette espèce de chaîne qui tenait en otage ce pokémon. Comment diable pouvait-on, encore à cette époque, faire preuve d’autant de négligence envers les pokémons ? C’était juste improbable. L’alolien savait qu’un peu partout dans le monde se trouvaient des associations de protection des pokémons, qui font un travail formidable pour sensibiliser et informer - surtout dans les campagnes - sur ces créatures et qu’ils ne sot en rien des objets dont on dispose comme du mobilier. “Comment a-t-on pu le laisser ici, tout seul ? Il doit être mortifié…” Et c’était fort dommage qu’il ne puisse pas utiliser facilement le capstick. Il y avait trop d’ombres, peu d’espaces et le pokémon était trop agité. Il ne se sentait pas de tenter le diable une capture temporaire dans ces conditions-là. “Fitz, j’aimerai que tu ailles avec Lin-Lin et que tu essaies de le libérer. Lin-Lin, tu ne ripostes que si le Démolosse attaque d’accord ?Et si vraiment ça va mal, tu le mets KO. Il se doutait que cela allait finir comme ça, mais il ne pouvait se résoudre à donner des indications comme celles-ci. Ils leur laisserait le soin de juger par eux-mêmes de ce qu’il pourrait convenir de faire. Pour ce faire, un Racaillou qu’il avait déjà vu plusieurs fois à Alola fit son apparition et vint grossir les rangs de cette petite expédition.

Oh, un Racaillou d’Alola ! Tu es déjà venu sur Ula-Ula ?” Les deux savaient que par l’ouverture des frontières et le phénomène grandissant de la mondialisation qu’il a apporté ici et là des espèces qui normalement ne devraient pas vivre dans un biotope particulier pouvait se retrouver catapulté à des milliers de kilomètres de là, la plupart du temps par soucis de dressage. A ce titre, ils ne jugeaient en rien, les histoires pouvaient être très rocambolesques. Le plus important était que le pokémon se sente bien. Mais… Savoir s’il était venu à Alola une fois dans sa vie avait le mérite d’être une question posée. Qui sait, il était déjà potentiellement venu sur leur archipel, ce qui, autant pour Pauline et pour Eliott, en ferait un vrai poto.

Eliott toisa du regard ce Carabaffe qui se tenait prêt à attaquer en cas de besoin. Il n’aimait pas cette manière de faire, mais Giacomo avait totalement raison. Compte-tenu des dégâts provoqués tout à l’heure, il valait mieux prévenir que guérir. Lorsqu’il vit les trois pokémons s’avancer pour discuter, le Démolosse se mit à grogner, essayant de faire claquer sa chaîne métallique pour intimider mais n’arrivant juste qu’à lui étrangler un peu plus le cou. Le petit rat s’avança doucement, le Racaillou sur ses côtés, prêt à plonger en cas d’attaque tandis que Lin-Lin braquait sa lumière sur le fond du hangar d’où perçait quelques rai de lumière. Le pokémon semblait plus apeuré, son agitation augmentant brutalement. Mais - et chacun le remarqua - il n’attaquait pas directement. Il semblait surtout à bout de forces. Le rat couina quelque chose, essaya d’avancer encore un peu mais trouva la machoire du Démolosse en guise d’interlocuteur. Rock avait encaissé sans broncher le coup et Lin-Lin commençait déjà à décharger de l’électricité en petites foudrolles pas violentes, mais qui rappelaient à l’ordre.

Eliott grimaça. “Je n’aime pas comment cette histoire tourne…” La situation semblait sans issue. Le pokémon ne se laissait pas approcher, mais ils ne pouvaient le laisser ici. Pauline suggéra qu’en dépit de la force de la spore de sa Lampignon que cette attaque pourrait les aider à calmer le pokémon. Mais il y avait le risque que l’attaque se propage aussi sur eux. La paralysie semblait un moindre mal mais, du point de vue de l’Alolien, ce n’était pas de la faute du pokémon s’il se retrouvait dans cette situation. En soi, l’affronter dans sa peur et dans sa faiblesse actuelle lui semblait aussi cruel que dangereux, tant on ne savait rien du pokémon. Et puis, à voir les attaques lancées, elles étaient quand même sacrément fortes pour un pokémon affaibli.

Il y eut une violente secousse qui prit de court tout le monde et Lin-Lin montrait que le sol était littéralement en train de s’ouvrir sous leurs pieds. “Fitz, on n’a plus le temps, tu fonces !” Pendant ce temps, Moyade essaya d’utiliser sa force dans ses tentacules pour trouver un moyen de sortir de là. De l’énergie négative commença à se manifester auprès de Monsieur Moustache, jusqu’à se condenser en une boule noire très compacte. Une attaque ball’ombre qui allait imploser. “Floravol, protège-nous avec une attaque abri !” Il y eut une petite explosion et la lumière perça les morceaux de tôle du hangar qui virevoltaient. Ils purent alors rapidement éviter l’âbime qui s’ouvrait sous leurs yeux avec, en toile de fond, la lave qui courrait dans cette nouvelle faille.

Tout s’était passé très vite et de là où ils étaient, Eliott ne pouvait rien savoir. Mais, il sentait que son pokémon avait besoin de lui, de sa propre force. Alors, comme à chaque fois que ça arrivait lors d’un moment critique, la force Z affluait en lui comme un entonnoir qui essayait de contenir et canaliser une énergie qui le dépassait en tout. Dans une mimique étonnante, le voilà qui commence à effectuer la pose de la Normazélite et l’on pouvait voir un lien se former entre lui et son pokémon caché par les ruines du hangar. Quelques secondes plus tard, une deuxième implosion eut lieu. Quatre ombres jaillirent de la zone sinistrée, Lin-Lin portant Fitz tandis que Rock s'était occupé du Démolosse, inconscient, la chaîne rompue autour de son cou.

Quelques secondes plus tard, le sol sembla manger les reste du hangar où ils étaient tout à l'heure, comme un monstre vorace qui se délectait des dernières miettes. Cette vision,imagée, choqua Eliott, qui réalisa alors qu'ils auraient pu y passer s'ils avaient tardé. Un frisson glacé et non contrôlé le prit dans ses jambes, alors que la force Z s'évaporait de son corps, l'épuisant dans le procédé.

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Jeu 30 Mar - 22:23
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Giacomo Tutti

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Région : Galar
Mar 4 Avr - 19:50
« Y’a des gens qui ne réalisent pas que les pokémons ne sont pas des objets de déco, et que certaines espèces ne sont clairement pas faites pour une captivité domestique ! » C’est évident. On est tous d’accord, avec nos yeux peinés tournés vers le Démolosse agressif et craintif. Aucun pokémon ne mérite d’être ainsi attaché à l’intérieur d’un entrepôt, seul dans le noir.

Honnêtement, je suis moyennement convaincu par la solution préconisée par Eliott. Je m’y oppose pas mais je crois qu’il oublie le critère du temps et le danger de la bâtisse dans laquelle on se trouve, prête à s’écrouler à tout instant. Tout est bien trop fragile ici, et, pour nous comme pour le Démolosse, plus tôt nous en sortirons mieux ce sera pour tout le monde. Je sais qu’attaquer volontairement une créature sans défense, même pour son bien, n’est pas quelque chose d’éthiquement simple… sauf qu’entre ça et prendre le risque qu’elle soit blessée par un effondrement complet de l’entrepôt… Enfin, je veux pas les forcer à faire quelque chose qu’ils ne veulent pas. Je hoche simplement la tête et regarde le jeune homme qui donne ses directives à son petit Rattata d’Alola. L’animal paraît intelligent et parfaitement saisir ce que son dresseur attend de lui.

Tout comme mon Racaillou (dans une moindre mesure, certes. Des gros bras avant tout !) qui se prépare à faire tranquillement ce que je lui demande, sous l’exclamation de Pauline, surprise de voir une espèce endémique d’Alola dans l’une de mes pokéballs. Je temporise un poil leurs ardeurs : « Je suis allé quelques fois sur Alola, ouep. Une fois avec mon frère et ma sœur, en touristes. » Je m’abstiens de préciser que c’était dans le cadre d’une animation en partenariat avec le Paradis Æther qui en faisait des tonnes côté « green-blabla », comme dirait Lino. « Et sur Malié et le Mont Ardent, pour des missions. Mais j’ai pas capturé moi-même mon Racaillou, il m’a été confié par mon mentor. » De ce que j’en sais, c’est lors d’une mission pour l’une de ses amies observatrice sur l’archipel que Ian s’est retrouvé à le capturer. C’était dans les débuts de notre rencontre, et Rock a d’une certaine façon scellé notre amitié et notre confiance. Difficile de vraiment expliquer tout ça. Je crois que plus encore qu’un mentor, Ian c’est le gars qui m’a sauvé. Je sais pas ce que j’aurais fait, à continuer de cuver mon alcool pour avoir été un gros con avec Myla. Enfin… c’est du passé. On a plus important à faire que ressasser tout ça.

Possible que ce flash un poil morose soit lisible sur mon visage, l’espace de quelques secondes, mais je secoue la tête et me reconcentre sur ce qui nous préoccupe : le Démolosse et notre petit groupe qui lui fait face. Un puissant coup de mâchoire manque de croquer le Rattata et c’est Rock qui s’interpose, donnant à manger à la créature ténèbre la roche de son corps. Le Démolosse n’apprécie clairement pas et cela ne va pas calmer sa fureur… Moi, je reste les sourcils froncés, je me doute que cela n’a pas fait du bien au Racaillou non plus. J’ai les yeux rivés là-dessus, puis hasarde un coup d’œil vers les deux ados. Je remarque au passage la grimace d’Eliott, pas très à l’aise avec la deuxième vague des « secouristes » dont fait parti Jazz, mon Carabaffe. « Je te rassure, j’ai pas plus envie que toi de lui faire du mal, à ce Démolosse, mais faut agir vite. » S’il y a bien quelque chose sur quoi on s'accorde, c’est ça, puisqu’une fois de plus, la terre tremble sous nos pieds.

Pire, il semblerait que la faille s’agrandisse ?! Eliott me prend de vitesse et déjà, son Rattata se faufile vers le Démolosse, mon Racaillou sur les talons, tandis qu’on lutte pour rester debout et ne pas tomber, alors que le sol se dérobe dans une partie de l’entrepôt. J’agrippe du bras Pauline, plus proche de moi, comme un réflexe, en la voyant qui menaçait de tomber. « Attention ! »

Tout se passe en même temps : Monsieur Moustache qui cherche à faire exploser la tôle, Floravol et son abri, des éclairs de lumière semblables à de l’électricité, le Démolosse qui grogne, se débat jusqu’à ce que le bruit du hangar qui se secoue en tout sens couvre tout le reste…

« Faut qu’on… ?! » Et pour ajouter à tout ça, Eliott, soudainement, qui s’agite et se transcende ? Je sais pas bien, comme une force qui l’anime et et je sais pas. Un gros bruit, le hangar qui s’ouvre littéralement, le Démolosse inconscient et la chaîne brisée. Trop occupé à éviter de me casser la gueule, m’assurer que Pauline et Jazz tombent pas non plus, j’ai pas tout suivi. Une seule certitude : la créature attachée ne l’est plus et… quand on sort enfin de l’entrepôt, il n’en reste pour ainsi dire plus rien. La faille achève de l’avaler dans un grand bordel de bruit et de lave fumante. C’est délirant.

« Ok. On a failli y passer. » Juste un peu. C’est… c’est fou. Si on avait passé moins de temps à réfléchir et plus à agir… ? Enfin, je vais fermer ma gueule. Ce qui m’importe c’est qu’on soit tous entier. Je rabats mes lunettes de soleil et glisse mes yeux sur les présents, comptant intérieurement. Côté pokémons, on est bon. Et chez les dresseurs…

« Oh, pardon ! » Je réalise soudainement que je tiens toujours Pauline au poignet, tant je refusais de la lâcher pendant le chaos ambiant. « Désolé, vraiment. Ça va ? » Malgré moi, je me laisse tomber sur les fesses, sur le côté de la rue, scrutant la faille grandissant et l’endroit où l’on se trouvait quelques minutes plus tôt, qui ne ressemble plus à rien. « Fiou. » Une bouffée d’air frais, quelques secondes de clarté et… « Attends Eliott… C’était quoi ton truc, là ?! Il s’est passé quoi ? »


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Eliott Terrebel

Eliott Terrebel
Ranger Alola

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Région : Alola
Mar 11 Avr - 11:51
C’était de la pure folie. A côté d’eux, la terre s’était ouverte et telle une plaie béante, la roche fissurée cachait en dessous des courants de lave dont la chaleur suffocante le prit à la gorge. Le trio pouvait également voir giser dans ce torrent de feu les morceaux de tôle du hangar où ils se trouvaient il y a quelques secondes encore. Tout le monde sembla marquer l’arrêt, comme si chacun à sa façon essayait de se convaincre que tout ceci n’était qu’un cauchemar. Giacomo fut le premier à s’en remettre, Pauline aussi fut assez costaud - la vue de la main sur son poignet eut l’effet d’un électrochoc et, sans se contrôler, elle s’arracha de lui d’un geste très sec, les yeux écarquillés sans rien pouvoir dire. Mais Eliott… Eliott restait sur les fesses, essayant de gérer son stress qui montait en flèche avec la fatigue latente de l’utilisation de la force Z, drainant son énergie vitale dans le procédé.

L’alolien essaya de faire le vide dans son esprit, comme le lui avait autrefois appris le doyen de l’île Mele-Mele, Pectorius. Au centre de son être, il y avait une petite sphère de vide et, tout autour, toutes ces angoisses qui menaçaient de le parasiter et de le mettre mal. Tel un plongeur en apnée, il se devait de retrouver cette harmonie si fragile en lui, aussi il descendait de plus en plus profond dans son être dans des courants contraires qui le repoussaient. La peur de finir sous la terre, enterré ou brûlé vif viraient dans son esprit comme des requins prêts à le déchiqueter. Son cœur battait plus vite alors qu’il s’imaginait ces drôles de Sharpedo essayer de lui prendre un pied ou un bras, tels des gardiens de cette île de sérénité qu’il devait atteindre. Les voir d’aussi près, les sentir le faisait frémir mais à force de voir cette île comme point de mire, il eut une première vague de bien-être, comparable à un appel. Alors, il redoubla d’effort et commença à se laisser porter par le courant. Il remontait ? Peu importe, il allait redescendre à un moment ou un autre. Toujours plus bas, avec toujours plus de sérénité. Il se sentit accélerer vers cet ilôt de solitude, tel un aimant qui retourne à sa place aux côtés de son autre aimant.

Il finit par ouvrir les yeux et se relever, fatigué mais bien mieux que tout à l’heure. Ces exercices de respiration et de visualisation l'aidait à prendre le contrôle de ses peurs envahissantes. C’était la première fois qu’il utilisait cela dans une mission, pas la première fois devant Pauline, qui l’avait laissée tranquille et s’était occupée du Démolosse. L’impact de la capacité Z avait fait évanouir la Démolosse, toutefois il ne l’avait pas mis KO. Cela devait être bien trop d’émotions à gérer pour lui, surtout qu’il avait dû lui aussi se voir partir avec cette chaîne autour du cou et cette nature affolée - affolante - qui s’exprimait tout autour d’eux. On leur avait bien dit que malgré toute la formation qu’ils recevaient dans leur école que la nature était bien plus forte qu’eux. Mais le constater par eux-même leur faisait l’effet d’une grosse piqûre de rappel.

Eliott n’avait pas vu l’interaction bizarre de Pauline et Giacomo, aussi, son attention se posa sur la question de Giacomo. Si elle était légitime, il n’avait malheureusement pas beaucoup de réponses à lui apporter, ne comprenant pas forcément en quoi et pourquoi la force Z s’était manifestée. Il avait juste senti que son propre pokémon avait besoin de lui. “Je viens d’utiliser une attaque Z. C’est une technique qui permet d’utiliser ma propre force et celle de mon ami pour attaquer ensemble.” Il avait bien conscience que son propos n'était pas très précis mais dans les faits, c’était à peu près ce qui se passait. Et puis quelque chose d’éthéré sortait de son corps, comme de la vapeur mais c’était de la lumière. Cela ne durait pas très longtemps, mais cela restait spectaculaire le temps que ça durait. “Tous les doyens et les capitaines de l’île sont capables de le faire, et en beaucoup mieux que moi. Ils ont mis des années avant d’arriver à maîtriser une attaque Z, t’imagine ?” Pour une raison inconnue, l’énergie prise de son corps semblait bien plus importante que celle des doyens. Pectorius, à ce titre, n’avait pas d’explication rationnelle à lui donner, si ce n’est qu’il semblait plus sensible que la moyenne à cette technique et qu’en cela, il était possible qu’il soit désigné comme étant un des prochains doyens d’une des îles d’Alola - mais cela restait une autre histoire dont il n’avait pas envie de parler.

Pauline de son côté s’était concentrée sur le soin de Démolosse. Tout comme le Dedenne, elle semblait savoir exactement quoi faire et dans quel ordre pour porter les premiers soins. Il semblait même à l’Alolien qu’elle était plus rapide encore que tout à l’heure. Il ne remarqua sa nervosité que quand il se prit une baffe non contrôlée de la part de son amie. C’est là qu’il la vit : elle avait les larmes aux yeux, son visage était crispé et comme si elle voulait calmer une brûlure, elle se frottait le poignet pile là où Giacomo l’avait tenue. Elle le vit de toute sa hauteur et tel un traumatisme qui revenait à la surface, elle se recroquevilla comme une enfant dans ses coudes, en boule, dans un état qu’Eliott n’avait encore jamais vu. “Je… Je suis désolée… C’est juste que… Juste…” Il y avait certaines douleurs qui étaient difficiles à dire et à expliquer, mais même sans les mots et les explications, ils pouvaient comprendre de quoi il en retournait. Eliott aurait voulu l’enlacer pour la réconforter mais il sentait que ce n’était pas la meilleure des choses à faire. Sa Floravol et son Lampignon tournaient autour d’elle, inquiets. Fitz également, qui l’observait avec une étonnante empathie.

Elle n’était pas dans son état normal et rien ne pouvait être réellement fait. Mais un petit miracle se produisit. La Démolosse enchainée se réveilla et fit sa bienfaitrice en train de s’occuper d’elle. Le chien démon avait-il senti la peine de Pauline ? Elle posa le bout de son museau dans la main de l’apprentie ranger et se rendormit aussitôt. Comme pour lui dire : “Nous sommes là”. Les autres pokémons l’entouraient, et c’était là encore un spectacle très étrange auquel les deux garçons assistaient. Elle était entourée de pokémons, comme attirés par ce que dégageait Pauline. Même Monsieur Moustache et Lin-Lin avaient quitté les rangs de leur dresseur pour s’approcher d’elle. Ce n’était pas de la chaleur humaine dont elle avait besoin mais de celle de tous les pokémons autour.

Je la savais empathique avec les pokémons, mais à ce point, c’est la première fois” Eliott ne savait pas s’il devait avoir peur ou être fasciné par cet évènement - et, pour dire vrai, c’était un peu des deux en ce moment même. Il se rappela alors de la remarque de Giacomo sur la nature des liens entre humains et pokémons. “Je suis pareil. Tous mes amis ont choisi de me suivre, je n’ai forcé aucun pokémon à être enfermé dans une pokéball” Pour lui c’était encore et toujours une hérésie qu’une telle invention puisse exister. Considérer le pokémon comme une chose portative et assujettie à son bon vouloir continuait de le heurter. Cependant, cela pourrait également leur sauver la vie, là où leur corps pourrait, comme les humains, mal supporter un environnement inhospitalier pour eux. En tant que futurs rangers, ils étaient amenés à évoluer aux côtés des pokémons dans des catastrophes naturelles. “A Alola, nous avons l’habitude de travailler aux côtés des pokémons. Ils font parti de la famille. C’est pareil chez vous, à Galar ?” Il eut une pensée émue à tous ceux qui étaient restés avec le papé et la mamé. Il s’était vite rendu compte en évoluant aux côtés des dresseurs que sa philosophie était assez singulière et qu’elle en était presque un frein avec son aspiration à devenir ranger. Certains à l’école n’avaient que peu de considération avec leurs pokémons, même dans sa propre classe et ce n’était même pas par méchanceté mais juste manque de réflexion… Pouvait-on en vouloir à celui qui ne pensait pas à autrui, s’il n’en avait lui-même pas la pensée à l’initiale ?

Visiblement, Pauline avait besoin d’un peu de temps, aussi Eliott se tourna vers Giacomo et lui proposa de s’éloigner un peu d’elle. “La Démolosse est sauvée, nous pouvons souffler un peu…” A vrai dire, si Giacomo n’avait pas été là, nul doute que leur tentative de sauvetage aurait été ratée, tant pour le Dedenne que pour la Démolosse enchainée dans le hangar. “Nous avons tellement encore à progresser dans plein de domaines…” Eliott parlait de lui et de Pauline. Ils avaient choisi la prudence en préférant aller sur le renfort plutôt que sur le front. Il ne regrettait pas ce choix, cependant, malgré tout ce qu’ils avaient déjà appris, les situations d’aujourd’hui étaient bien différentes des théories exposées en classe. Et Dieu Arceus savait combien il y avait de cas de figures différents qui pourraient encore exister. Comment faisait Walker pour être aussi parfait ? Plus il plongeait dans ce futur métier, plus il mesurait l’écart qui le séparait de son bienfaiteur. “Alors toi aussi tu as un mentor ? Comment as-tu décidé de devenir un ranger ? Moi c’est arrivé par un curieux concours de circonstance…

La Jungle Sombrefeuille, la rencontre fortuite avec des braconniers et la libération des pokémons. Puis ce Némélios avec qui il avait tissé un lien étonnant et comment le pokémon sauvage s’était calmé malgré son envie de vengeance. Lors de son récit, il se surprit à reconsidérer tous les coups du hasard qui ont pu avoir lieu. Le lion s’était bien remis et se reposait au Paradis Aether. Mais s’il n’avait pas décidé d’explorer la zone avec sa petite sœur, rien de tout cela n’aurait eu lieu. Les changements de trajectoire de vie ne tenaient parfois à rien…

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Giacomo Tutti

Giacomo Tutti
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Région : Galar
Sam 27 Mai - 0:21
Assez vif à reprendre mes esprits après l’engloutissement de l’entrepôt par la lave, je suis le premier à réagir. Je capte pas de suite l’espèce de malaise ambiant, que ce soit chez Eliott, qui semble presque dans les vapes, ou chez Pauline, qui a eu un mouvement sec pour me faire lâcher la main. Ma question à Eliott reste un instant sans réponse et j’en profite pour me tourner vers la jeune femme, espérant ne pas lui avoir fait mal. Le regard que je lis sur son visage est… différent. Les yeux ronds, figée.

« … Pauline ? » Je m’excuserais bien à nouveau, je ne sais pas si elle m’a entendu. « Sorry, je voulais pas... » Pas quoi ? C’était inconscient, j’avais peur qu’elle tombe, je l’ai agrippée. Mais à son attitude, je crois lire quelque chose que j’ai déjà vu, par le passé. Sur le visage de… Myla. Je me trompe peut-être, je sais pas. Alors je me relève un instant et lui murmure un « Désolé, vraiment. », à nouveau. J’ai cru bien faire, mais ce n’était peut-être pas le cas car elle se lève sans un mot, préférant s’occuper du Démolosse.

Je laisse à chacun le temps qu’il faut pour s’en remettre, et je m’approche à pas lents, encore un peu secoué, de mon Racaillou et mon Carabaffe. Les deux sont entiers, épuisés eux aussi. « Rock, Jazz, bien joué les gars. » J’examine un instant mon Racaillou, qui semble encore bien entier, malgré l’attaque du pokémon captif.

Finalement, la voix d’Eliott s’élève, et je tourne la tête en sa direction. « Z ? Comme la lettre ? » Question débile, oui. Quant il ponctue en évoquant les doyens d’Alola, ça me fait tilt. « Ah, oui. Ça me dit quelque chose. » À l’institut, j’ai bien entendu parler de dresseurs qui seraient parvenus à développer des liens spécifiques avec leurs pokémons, et de capacités spéciales sur l’archipel d’Alola, mais je n’avais pas assimilé ce nom. « C’est… balèze. » Comme ça, j’ai du mal à me représenter le boulot derrière pour arriver à une telle symbiose entre l’homme et le pokémon. « Beau boulot, en tout cas, ça nous a aidé. »

On dirait pas comme ça, mais ce petit gars est plein de ressources. J’me sens un eu con à côté, mais bon, chacun fait avec ses moyens, et j’ai pas la prétention d’être le meilleur dresseur qui soit, loin de là.

D’un geste, je récupère deux pokéballs à ma ceinture et rappelle mes deux pokémons. « Vous avez mérité un peu de repos, là, pour vous remettre de vos émotions. » Autour de nous, la menace du volcan est toujours bien présente, suffit de voir la faille qui s’étend, l’air qui devient lourd et suffocant, mais c’est pas grave. Mon duo a mérité de se reposer un instant. On a failli y passer, hein. Faudrait pas l’oublier.

Naturellement, je finis par me rapprocher du Démolosse, auprès duquel s’affairent Pauline et le Dedenne. Je connais pas suffisamment l’adolescente pour juger ou déceler quoique que ce soit, mais je me redresse de surprise quand je la vois donner un coup à son ami, dans ses grands gestes agités. C’est alors que je remarque qu’elle se frotte le poignet, là où je l’ai touchée un peu plus tôt. Et c’est moi qui me fige, cette fois. Cette gamine… tout dans son attitude trahit une agression ou une blessure qu’elle porte en elle, et que j’ai ravivé, comme le bon gros con que je peux être, souvent. Je sais pas quoi dire, me confondre en excuses, à nouveau ? Alors je me tais, gêné, raide. Je veux pas remuer le couteau dans la plaie. Elle n’a rien à me dire, rien à m’expliquer. Je fais un pas sur le côté pour m’éloigner, lui laisser de l’espace, et je commente simplement : « Le Dedenne a l’air d’aller bien. » Pour un pokémon sauvé, il a bien retrouvé toute possession de ses moyens et s’applique à aider la Démolosse.

Jusqu’au réveil de celle-ci, en un léger gémissement. Le pokémon a un geste tendre pour Pauline et je me dis que le hasard fait peut-être bien les choses, comme un geste d’empathie, avant qu’elle ne se rendorme. « Ça va aller pour elle ? » Je suis pas le plus calé en soin aux pokémons, mais si elle a refermé les yeux cela ressemble surtout à de l’épuisement. Et tous les pokémons se mettent à entourer l’adolescente, en un doux spectacle. « Ils ressentent les choses différemment de nous. »

Quand Eliott reprend la parole, je l’écoute. Cela me permet de mieux cerner son attitude, un dresseur empathique, d’une certaine façon. C’est tout à son honneur. Je ne dirais pas qu’aucun de mes pokémons n’a été capturé de manière « classique », mais je pense qu’aujourd’hui, aucun d’entre eux n’a la sensation d’être contraint. Enfin je l’espère, je parle pas le pokémon. « Oui, c’est grosso modo la même chose. Y’a toujours eu des pokémons autour de moi. Beaucoup de gens vivent en parfaite harmonie avec eux. Perso c’est arrivé un peu plus sur le tard, disons. Quand j’étais jeune et bête, un peu plus jeune que vous, je me disais que les pokémons pouvaient être « utiles », c’est en grandissant et depuis que je suis à l’Institut que je prends mieux conscience des êtres à part entière qu’ils sont. »

C’est confirmé, la Démolosse va bien, et c’est un soulagement. « Ah, tant mieux. » Eliott dit avoir encore à progresser et j’incline la tête. « Je vous rassure, moi aussi, on apprend chaque jour. » J’hésite à y aller de ma remarque, cherchant les mots les plus justes… « Je pense que quand le danger est aussi proche, comme là, faut parfois mettre de côté certains principes trop humanistes. Faut trouver un équilibre entre l’éthique, le risque et la survie. » Je sais pas si c’est bien formulé, c’est venu comme ça.

Je sens qu’Eliott a envie de parler et je le laisse faire, je comprends qu’on a tous des parcours bien différents et malgré son jeune âge, il en a déjà vécu, des trucs. C’est amusant de le voir si prolixe et je me dis que ce qu’on a vécu l’a peut-être bien secoué, quand même.

« Pour moi, c’est un concours de circonstance aussi. Mon mentor s’appelle Ian, c’est un Ranger expérimenté, spécialisé en ornithologie. On va dire que je l’ai rencontré au bon endroit, au bon moment. Sans lui je sais pas bien ce que je ferais de ma vie, là. Avec l’institut Sillage et la découverte du métier de Ranger, je me suis trouvé un but, j’apprends plein de choses et je me rends compte que je peux être utile de bien plus d’une façon. » C’est enjolivé, mais c’est vrai. Je me vois pas être aussi détaillé que l’adolescent, mais ça résume bien.

Tandis qu’on parle, je vois que la faille progresse et je souffle : « Faut qu’on bouge, ça reste dangereux dans le coin. Peut-être retourner vers le volcan, voir si y’a du nouveau ? » J’observe autour de nous et il y a bien une rue qui semble retourner vers l’épicentre du séisme. « Par là. » Je m’approche ensuite de la Démolosse qui dort toujours. D’une petite voix, craignant de brusquer Pauline, je souffle : « On peut la transporter ? »

La réponse semble positive, alors je glisse un bras sous le coup de la créature, un autre sous ses pattes arrière et je la soulève pour la tenir entre mes bras. Faut bien que mes heures passées à la salle de muscu servent à quelque chose ! J’fais quelques mètres avant de m’essouffler. Ok, je sais pas combien elle pèse, cette Démolosse, mais elle fait son poids ! « On rigole pas ! »

Alors j’opte pour une autre solution. Je sors une pokéball et appelle Sirtaki, mon Kirlia. « J’vais avoir besoin de toi, Kirl’. Est-ce que tu peux soulever notre amie ? On va la transporter jusqu’au centre de secours. » Une énorme tente, lieu de rassemblement de tous les sauveteurs et volontaires en charge de soigner les pokémons et les hommes. Je suis passé devant en arrivant. « On leur parle des conditions de captivité de la Démolosse, non ? » Je sais pas trop dans quelles proportions on peut évoquer ça, au regard de tout le bordel ambiant et en même temps ça me ferait bien chier que son dresseur la récupère et lui fasse à nouveau subir le même traitement, comme si de rien !


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Eliott Terrebel

Eliott Terrebel
Ranger Alola

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Sam 3 Juin - 13:29
Il l’avait toujours appelée comme ça, pour la simple raison que les doyens de l’île l’Alola en parlaient comme cela. La force Z. A vrai dire, personne ne savait vraiment ce que c’était, mais les différentes générations ont pu maîtriser cette force mystérieuse. Une force qui relie les capacités physiques du dresseur et du pokémon dans un effort collectif pour lancer une attaque d’une force absurde. Tout le monde pouvait le faire en théorie, mais dans les faits, peu de personnes savait bien effectuer ses attaques, même les doyens avaient leurs limites. Il eut un petit sourire de fierté quand Giacomo commenta son action. C'était loin d’être du niveau des chefs des îles, mais petit à petit, il arrivait à beaucoup moins s’épuiser dans le processus. “Merci ! Mais on n’y serait pas arrivé sans tout le monde… C’est compliqué d’être ranger…” Il devait continuer à s’améliorer et aussi faire en sorte que ces situations à risque ne se reproduisent pas. Le jeune homme en profita pour lui glisser ce qui semblait être une remarque / conseil sur ce qu’il avait observé de lui. Il ne dit rien, acceptant les remarques. Il n’avait pas la prétention de savoir comment faire et quelque chose lui disait qu’il n’y arriverait jamais totalement. Sa nature prudente faisait qu’il passait trop de temps à exposer les possibilités. Aller plus dans l’action et accepter de se tromper ? Était-ce quelque chose comme ça que le professeur Skyle avait voulu lui dire quand il disait qu’il passerait les deux années de sa scolarité à faire sauter les verrous en lui ? Il aurait le temps de faire un rapport et d’expliquer ce qu’il aurait pu faire.

Pauline finit par se relever et remarqua qu’elle avait tous ces pokémons autour d’elle. Elle ne semblait pas particulièrement impressionnée. En tout cas, les deux apprentis pouvaient voir les coins de ses yeux briller encore, comme un choc violent refoulé. Elle tremblait un peu, mais se fit violence pour s’incliner et présenter ses excuses. “... Je suis désolé Giacomo… Tu es gentil comme tout, tu n’es pas comme lui, j’ai encore tout mélangé haha…” A qui pouvait-elle bien faire référence ? En tout cas, son rire n’était pas forcément dans le bon ton. La Démolosse était couchée à ses côtés, exténuée. Ils auraient pu rester là à attendre qu’elle soit mieux, mais compte tenu de l’air vicié de l’environnement dans lequel ils se trouvaient et également compte tenu de leur précédente mésaventure, Eliott n’avait qu’une envie : quitter les lieux et aller dans un endroit plus calme ! Ce qui semblait etre également le cas du ranger de l’institut Sillage. “Qu’est-ce qu’on fait pour elle ?” Giacomo se proposa pour la porter, mais le pauvre ne pouvait pas porter le pokémon seul à bouts de bras. Du coup, Eliott proposa de lui prendre les pattes (la tête du pokémon n’était pas rassurante, surtout quand ses petites dents se montraient, un tantinet menaçantes).

Et il faut dire que c’était une bonne occasion pour Pauline d’essayer de rebondir sur autre chose. Le Dedenne semblait vouloir la suivre, et elle préféra ne pas en faire cas pour l’instant, ses inquiétudes centrées à nouveau sur le Démolosse, soulevé par Giacomo, Eliott et la Kirlia. La pauvre avait dû s'évanouir sous le choc des émotions, voyant le sol sous ses pattes s’ouvrir comme une bouche donnant sur l’enfer magmatique. “Il faut s’attendre à ce que son dresseur veuille la récupérer. Mais j’espère qu’il a une bonne raison pour l’avoir laissée seule comme ça” Et puis c’était sans compter ceux qui n’auraient pas forcément eu la même chance qu’elle de tomber sur eux au bon moment : le Dedenne en était un parfait exemple. Combien d’autres pokémons avaient eu un sort différent ? Comme pour reprendre les paroles de Giacomo et de l’équilibre à avoir entre empathique, éthique et survie, Eliott haussa les épaules. “Nous ne savons pas tout, on lancera une annonce et on verra si cela fera réagir quelqu’un ?” L’alolien avait bien peu d’espoirs qu’une issue positive se dessine pour la Démolosse mais il fallait essayer. Après tout, la chaîne ne s’est pas mise par magie autour de son cou, elle a forcément été en contact avec au moins un humain.

Était-ce la pression qui descendait ou bien la sympathie qui faisait parler Eliott bien plus qu’à l’accoutumée ? C’était assez amusant de voir qu’il y avait des trajectoires de vies atypiques mais qui, en un sens, se ressemblaient. Le hasard d’une rencontre, comme si la vie était un météore qui, au contact d’autres météores, arrivait à se retrouver dans le bon espace pour être entouré, accompagné. Guidé. S’il n’avait pas rencontré Walker, serait-il en train de finir au fond d’un trou avec des Skulls ? Possible. “Il a l’air super intéressant ce… Ian ? Le mien s’appelle Walker et il travaille avec le laboratoire d’études des ultra brèches de Ho’ohale. Ils projettent d’explorer bientôt une de ces ouvertures dans l’espace pour voir ce qu’il y a dedans” A vrai dire, il ne savait pas s’il pouvait réellement en parler ou non, le projet avait été acté mais il est possible que rien d’officiel n’ait été diffusé. L’études des ultra chimères, initiée par la fondation Aether puis reprise par plusieurs laboratoires publics ou privés, avait attiré bon nombre d’intérêts économiques et militaires. Pour l’instant, le ranger se constituait une équipe d’exploration avec des compétences différentes. “Mais ils ne font pas que cela. En général, ils sont souvent réquisitionnés par des éthologues pour les aider à explorer de nouveaux endroits qui ont été précédemment découverts” Et avant d’explorer un hypothétique monde nouveau ou parallèle, le monde avait déjà bien des merveilles à leur faire découvrir.

Eliott en profite pour se tourner vers Pauline. “Et toi Pauline ? Qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir ranger ?” A la réflexion faite, Eliott ne lui avait jamais demandé pourquoi elle s’était mise en tête de faire ce concours. Elle avait beau avoir un tempérament de feu, on voyait bien qu’elle n’était pas spécialement sportive ni versée dans le combat. Tout ce qu’il savait d’elle, c’était qu’elle aimait les pokémons plantes plus que tout. La Floravol semblait vraiment épanouie quand elle voltige tout autour d’elle. “Oh ce n’est pas aussi impressionnant que pour vous. J’avais juste envie de faire quelque chose de mes dix doigts et voilà !” Pauline eut un sourire idiot à l’encontre de son ami. Idiot car elle se doutait qu’une telle réponse n’aurait jamais pu aller au professeur Skyle lors des entretiens individuels. Là encore, elle tenait à garder une zone de sûreté, une sorte de jardin secret dans lequel se trouvait ses secrets, ses histoires. En d’autres termes, Eliott savait que c’était un mensonge mais pas destiné contre lui. Elle lui en parlera certainement une autre fois. A chaque jour suffit sa peine.

Ah on arrive vers le campement !” Et inévitablement, leurs pensées se tournèrent vers la Démolosse. “J’espère qu’elle a un bon dresseur… Mais en même temps…” En même temps, Eliott se disait qu’il allait falloir une très bonne explication pour justifier le fait de l’avoir laissée seule attachée dans un hangar. Enfin, il allaient aviser... L'alolien rappela son Moyade et son Iguolta, ne laissant que Fitz de sortie.

(1213 mots)


Choix RP pour la suite (décidé par lancer de rp) : pourquoi le dresseur a laissé enchainé le pkmn dans la grange alors qu'il y a eu une annonce d'une catastrophe naturelle ?

1-2/ le dresseur n'a pensé qu'à lui dans la panique
3-4/ le dresseur n'était pas là (déplacement) + maison vide
5-6/ le dresseur a eu un accident / il est blessé et n'a pas pu libérer le pkmn



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Mister MP

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C-GEAR
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Sam 3 Juin - 13:29
Le membre 'Eliott Terrebel' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'Dé 6 faces' :
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Giacomo Tutti

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Jeu 22 Juin - 20:02
Je ne peux qu’être d’accord avec Eliott, on a fait un bon travail d’équipe pour sortir la Démolosse de là et pour sauver le Dedenne. Comme quoi, même sans parfaitement se connaître, dans les situations complexes les gens parviennent à s’entraider. Bon, le fait qu’on soit tous en formation Ranger aide aussi. N’empêche que je suis assez fier du résultat jusque-là. On a eu chaud aux fesses mais on s’en sort bien et on a aidé deux créatures dont je n’ose imaginer le sort si on n’avait pas été là !

Je ne m’attendais pas à ce que Pauline vienne finalement vers moi, je préférais la laisser respirer et pourtant, au bout d’un moment, la voici qui s’incline et qui… s’excuse ?! Ses mots me crispent, mais elle ne peut pas le savoir et j’essaie de rendre cela le plus imperceptible possible. Je ne suis pas comme lui, qu’elle dit. Je ne sais pas de qui elle parle, et pourtant, je ne dois pas être si différent… dans un autre espace temps, qui sait si ce ne serait pas Myla qui utiliserait les mêmes mots que la jeune femme, pour parler de moi. Je ne sais pas qui t’as fait du mal, Pauline, mais j’en ai fait moi aussi. Et je le regrette… J’ai les yeux plongés un instant dans ceux de l’adolescente avant de murmurer un « T’inquiète. » l’air de rien. Un arrière-goût de bile dans la bouche, pourtant. Regretter ne suffit pas. Je regrette depuis deux ans, et le mieux que j’ai réussi à faire jusque-là, c’est de sortir de sa vie.

Finalement, aidé d’Eliott et Sirtaki, on arrive à déplacer en douceur la Démolosse. Perso, j’ai clairement pas foi en ce dresseur inconnu. Qui peut avoir un tel système d’attache pour son pokémon, dans un entrepôt (ou un garage ? Peu importe) et se dire sincèrement respectueux de sa créature ? Je sais que les Démolosse ne comptent pas dans les espèces les plus dociles, mais quand même… ? Autant la laisser dans une pokéball ou la confier à une pension, plutôt que la séquestrer ainsi ! « Mouais. Je me demande bien la tronche que peu avoir ce dresseur... » Et par tronche, je parle pas vraiment du physique, mais plutôt de l’attitude d’une telle personne. J’suis sceptique.

Alors qu’on chemine lentement dans les rues de Cromlac’h, l’animal entre nous, Eliott reprend la parole et rebondit sur ce que je leur ai expliqué. « Super intéressant », voilà qui résume bien Ian, en effet ! Une force tranquille qui a vécu bien plus de choses que l’on pourrait croire, et qui déborde d’astuces et de bons conseils. Je ne l’ai jamais vu s’énerver jusque-là et il sait désamorcer les situations les plus critiques en deux temps trois mouvements. « Woh, ton mentor a l’air super calé. » Les ultra-brèches de Ho’ohale ? A entendre Eliott parler on dirait que la région d’Alola regorge de bien des mystères. C’est vrai que j’en ai entendu parler mais j’ai tendance à me concentrer surtout sur les choses concrètes que je vois de mes yeux. « Il bosse pour la fondation Æther ? » Je sais qu’à Alola, bien des recherches technologiques et en matière de pokémon sont financées par eux. Un grand pôle de la recherche scientifique qui ouvre même ses portes au public, on a eu l’occasion d’y aller avec mon frère et ma sœur.

« Ça doit être fou comme exploration. » Aller droit vers l’inconnu, des images que j’ai vu concernant ces étranges brèches, c’est bien ce que ça doit être. Faut être courageux pour se lancer là-dedans. « Il va y aller, ton Walker ? » Y’a quand même une sacrée prise de risque là-dedans.

Puis la question de son parcours est posée à Pauline, qui formule une réponse toute modeste et ça me fait sourire : « Oh, j’te rassure, ça peut se résumer un peu à ça de mon côté aussi ! Fallait que je me trouve un but et ça m’a permis de le trouver. » J’étais tellement au fond du trou à ce moment que je sais pas bien comment j’aurais tourné, sans rencontrer Ian.

Tranquillement mais sûrement, en traversant cette ville endommagée, séparée par une faille béante, on finit par arriver au campement. Beaucoup d’agitation comme on pouvait s’y attendre. Des secouristes, des volontaires, des pompiers… on se faufile tant bien que mal, et j’interpelle une personne :

« On a trouvé des pokémons…
- Amenez-les dans la tente un peu plus loin, la marron. On essaie de les rassembler pour les identifier ensuite. »

Elle me dit ça dans un souffle et je vois clairement qu’elle a encore bien à faire, je la suis du regard avant de me tourner vers Eliott et Pauline : « Bien, on va là-bas. » Pendant qu’on parcourt la distance qui nous sépare de la tente en question, il est difficile de ne pas voir les stigmates et la détresse des sinistrés. Des gens pleurent et je n’ose savoir pourquoi. Une vie partie en fumée, une maison dévastée, ou la perte d’une personne ? Je ne sais pas. Je n’ai aucune idée des dégâts humains jusque-là.

Sirtaki à mes côtés continue d’alléger le poids de la Démolosse par sa télépathie et à peine mettons-nous un pied dans ladite tente qu’un homme aux cheveux gris nous lance : « Suivez-moi. » Ce qu’on fait.

Puis, face à une table : « Déposez-là ici. », avec un regard à Eliott, on s’applique à déposer en douceur la créature qui ne paraît pas trop perturbée par son transport. Spontanément le Dedenne reste auprès de nous. L’homme nous pose des questions sur la Démolosse, comment l’a-t-on trouvé, est-ce qu’elle était consciente, ainsi de suite. D’elle-même, Pauline s’avance pour répondre et donner des précisions concrètes sur l’état du pokémon, tandis que j’observe autour de moi. Plein de pokémons, certains prostrés, d’autres qui s’agitent, d’autres pansés… il n’y a que des espèces à même de tenir sous la tente, j’imagine qu’une autre solution a été trouvé pour les espèces plus imposantes ou dangereuse ? Je ne sais pas. Finalement, l’homme aux cheveux gris et Pauline terminent de discuter et il nous lance : « Il y a des bouteilles d’eau là-bas, si vous voulez. »

J’ai pas vraiment fait gaffe à nos dégaines, mais je crois qu’on a de la poussière plein les cheveux, les fringues noircies et qu’on doit avoir pas mal transpiré, alors je dis pas non. Je vais là où il nous a indiqué, récupère trois bouteilles et les tend en revenant à Eliott et Pauline : « Tenez. » L’eau n’est pas fraîche mais boire fait du bien, clairement. On reste là un petit moment, à nous poser tout en observant ces pokémons paniqués, perdus ou blessés. Sirtaki reste à distance raisonnable de moi, mais je vois à travers ses yeux qu'il use de ses pouvoirs psychiques pour ressentir les créatures qui l'entourent. Je capte un court instant son regard, il semble triste.

Il y a pas mal de monde qui vient, certains pour rechercher leurs pokémons, d’autres pour aider les blessés. Ça me rassure, il n’y a pas que les humains dont il faut prendre soin.

Et soudain : « Maedra ? MAEDRA ! »

Un homme roux, un peu trapu, l’épaule bandée et maintenue par une attelle de fortune, qui s’approche en haussant le ton vers la table proche de nous, celle de la Démolosse. « MAEDRA ! » Il hurle alors que la créature est toujours endormie. Autant par réflexe que par protection je m’approche en lui faisant des grands yeux et lui lance :

« Vous êtes ?!
-  Et vous ? C’est ma Démolosse, Maedra ! J’ai cru qu’elle ne s’en sortirait pas.
- Faut dire que vous l’aviez bien attachée, hein... »

Ok, ça glisse avant même que je n’ai pu réfléchir à ce que je disais. J’m’en fous. Franchement, personne a l’esprit sain n’attacherait ainsi son pokémon ! Vu la tête que fait le type, il a bien entendu ma remarque.


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Eliott Terrebel

Eliott Terrebel
Ranger Alola

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Région : Alola
Jeu 10 Aoû - 16:12
La fondation Aether… Visiblement, la réputation de cet organisme arrivait à passer les frontières de leur archipel et c’était une chose qu’il n’arrivait pas à comprendre. Pour plusieurs autochtones de la région d’Alola, il était évident que leurs activités ne se résumait pas à seulement du bénévolat pour le recueil de pokémons - après tout, qui se veut être un mécène pour la cause des autres, il y a toujours des intérêts qui divergent et la famille qui en chapeaute l’organisation venait de Kanto. Mais (et c’était ça qui était assez incroyable t qui tenait de la fascination néfaste), personne ne savait pourquoi ils s’étaient implémentés ici, à Alola spécifiquement. D’ailleurs, cette famille était un vrai mystère et à part la daronne qui lui donnait plus l’impression d’une dame de glace qu’une personne au grand cœur, les autres sont inconnus au bataillon. En tout cas, ils prenaient soin de ce Nemelios, par qui, toute cette aventure ranger avait commencé pour lui. Il avait bien récupéré et bientôt, ils songeaient à lui proposer de s’en occuper comme celui qui en sera son nouveau dresseur.

Alors pourquoi continuait-il à avoir du ressentiment pour eux, après tout ce qu’ils ont fait ? Leur vaisseau blanc ressemblait à une pustule blanche en mer impossible à éradiquer. “Logiquement oui” De toute façon, pouvait-on imaginer une autre option ? Ils étaient là, partout avec leur argent puant, s’immisçant petit à petit pour devenir acteur économique de la région, parfois indispensable pour certains habitants des îles. Eliott avait, de ce fait, une vision beaucoup plus radicale : les virer d’Alola. Ils ne les aimaient vraiment pas pour du coup. “Actuellement, on lui a proposé cette mission et il recrute toute une équipe de tout horizon pour faire cette expédition hors-norme. Je crois que ça sera pour l’an prochain, dans l’été” Il y avait déjà bien eu des missions de la sorte par le passé, plus ou moins secrètes. Mais tous ceux qui sont passés dans l’envers de l’ultra brèche ne sont jamais revenus. En tout cas, cette mission va coïncider avec la fin de ses études et espérait continuer à profiter de ses enseignements.

A force de discussions, le trio finit par revenir sur leurs pas et rentrer au campement, où il y avait une agitation aussi importante qu’au départ, sinon encore plus importante. Eliott entendit ici et là des bribes de conversation concernant un Entei qui se baladerait dans le coin? Un Entei ! Un pokémon légendaire ! Il déglutit alors que tout le monde y allait de bon train avec son hypothèse. Comment se portaient les équipes qui étaient à l’avant avec leurs pokémons eau ? Il s’attendait à voir les autres élèves de l’école repartir en arrière, mais personne ne semblait revenir par ici. Il n’eut toutefois aps le loisir de regarder qui était là qu’on les emmena à un autre lieu, où ils purent poser la Démolosse en toute sécurité et que quelqu’un d’expérimenté en soins ne vienne l’ausculter et poser les questions d’usages. Il la félicita sur les premiers soins qu’elle avait pu apporter au pokémon blessé, l’absorbant dans une quelque relation professionnel à professionnel, le Dedenne également à ses pieds et inquiet et conscient de l’ambiance lourde qui régnait dans cette tente. Des blessés, il y en avait beaucoup. Et des personnes capables de les aider ? Bien peu. “Est-ce que tu te sens capable de surveiller quelques pokémons en plus ? Ton aide serait la bienvenue” Le docteur aux cheveux gris la regardait avec considération. Pauline avait du cran. Elle alla boire une gorgée d’eau, en distribua à Eliott et Giacomo et s’excusa. “Je crois que je vais devoir vous laisser, je vais être plus utile ici. Fitz, Eliott, si vous en trouvez d’autres, amenez-les moi et je verrai ce que je peux faire” Le rat sembla faire un petit signe à leur nouvel ami Dedenne, qui fit de même avant de tourner les talons vers Pauline. C’était curieux que le pokémon se soit attaché à ce point à Pauline. Il sera encore plus surpris d’apprendre plus tard que ce pokémon la suivra au retour jusqu’au centre de formation.

Eliott et Giacomo prirent un peu de temps pour souffler et bien s’hydrater. Et bon sang, qu’est-ce ça faisait du bien ! Il faut dire que la température autour avait franchement augmentée, liée aux éruptions et aux coulées de lave. D’un Entei. “Tu as entendu les gens ? Ils disent qu’un Entei serait dans les parages et qu’il aurait provoqué ces éruptions !” Il n’y connait rien aux pokémons légendaires, mais le connaissait de nom par rapport aux cours qu’il avait pu avoir sur les pokémons légendaires. On leur avait indiqué d’ailleurs qu’à chaque fois qu’un pokémon légendaire était impliqué qu’il valait mieux fuir que de se confronter à ces pokémons, tellement ils pouvaient s’avérer dévastateurs. Ce ne serait pas le cas d’Eliott, il aurait déjà fui très très loin ! Mais savoir qu’une potentielle créature ne le rassurait pas. “Ça ne t’effraie pas toi ?” Il n’était pas sûr que la nouvelle fasse ni chaud ni froid à Giacomo. Et s’il venait débouler dans leur tente ? Il lâcherait son plus beau cri étranglé qu’il lui serait capable si une telle chose se passait ! Le gamin au long nez était à l’affut d’une ombre menaçante imaginaire. Le poltron qui a peur de son ombre revenait à la charge.

Ce sera quelqu’un d’autre qui se mettra à crier. Et à se jeter sur le corps de la Démolosse que Pauline venait de soigner aux côtés du docteur. Eliott eut des yeux ronds, surpris, alors que Giacomo était déjà en train de faire un barrage. Il avait une attelle à sa jambe. Qu’est-ce qui s’était passé ? “Mais enfin, vous voulez quoi ? C’est mon pokémon, j’étais mort d’inquiétude pour elle ! ” Eliott n’osait rien dire, mais en même temps il y avait le mystère de la chaîne. Vu comme elle était harnachée, elle n’avait aucune chance de fuir où elle était. Que penser ? Que faire surtout ? Pouvait-on lui redonner le pokémon comme ça ? Si cela se trouve, quelqu’un d’autre allait débarquer. “Vous avez une preuve que ce pokémon vous appartient ?” Par preuve, Eliott entendait la pokéball qui aurait permis de prouver qu’il était le détenteur de ce Démolosse. Mais là où la question anodine devenait vicieuse, c’est que s’il la sortait, il aurait certainement beaucoup plus de mal à justifier la chaîne.

Et l’homme sortit sa pokéball et fit mine de vouloir récupérer son pokémon qui était encore en soins. Un imbécile fini ? Fitz n’eut aucune pitié pour l’homme et le mordit profondément au niveau de son poignet. Il se mit à hurler de douleur, ce qui alerta des rangers et d’autres médecins, pourtant affairés avec leurs autres patients. “L’enflure ! Tu vas me le payer sale petite raclure !” Sa vraie nature refaisait surface - et certainement comment il se comportait avec cette Démolosse. Les coups de poings pleuvaient pour frapper son petit rat noir, mais il échouait lamentablement devant la dextérité du rat noir. La voix d’Eliott était teintée d’acide, tellement ce genre de personne répugnait l’apprenti ranger. “Et vous vous appelez dresseur…” Il était à présent hors de question que, d’une manière ou d’une autre, il laisse la Démolosse repartir auprès de lui. L’idée saugrenue que cet homme ait fait subir un enfer au pokémon pointait le bout de son esprit, ce qui le révolutionnait encore plus.

(1244 mots)



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Giacomo Tutti

Giacomo Tutti
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Région : Galar
Mar 3 Oct - 22:16
À la réponse que me fait Eliott, je hoche la tête. Ce doit être un sacré gars, ce Walker, si on lui a proposé pareille mission. Et encore plus s’il l’a acceptée ! « Faut avoir de sacrées épaules, pour un truc pareil. ». Et pas que des épaules. Traverser une brèche, rien que ça. Eliott a l’air pas mal informé, d’ailleurs. J’imagine qu’il suivra cette mission avec attention. Enfin, j’imagine qu’on en entendra parler, ne serait-ce que par les médias. Ils raffolent de ce genre de truc et on ne peut qu’être curieux face à une telle prouesse. Se lancer dans l’inconnu… selon ce qu’ils trouvent, je me demande bien quelles pourront en être les conséquences.

Mais l’été prochain, c’est encore loin, et ce qui m’intéresse dans l’immédiat c’est de survivre à ce qui se passe devant nous. Ou plutôt autour de nous. Maintenant qu’on est assis auprès de la Démolosse, une bouteille d’eau à la main, la pression retombe quelque peu et j’observe avec attention autour de nous. Je me demande ce qu’il se passe au niveau de la faille. Je ne rate rien de la question du docteur grisonnant envers Pauline. Il faut dire que ce n’est pas difficile de déceler qu’elle a un vrai don en matière de soins aux pokémons, elle fait ça avec une sacrée aisance. Naturellement, elle nous quitte et j’acquiesce de la tête. « Il n’y a pas de souci, bon courage mademoiselle l’infirmière ! » Et tandis qu’elle s’éloigne, le Dedenne la suit, j’observe la scène avec un sourire avant de tourner la tête vers Eliott. « Elle est naturellement douée pour soigner les pokémons, ton amie. »

Heureusement qu’il y a des gens comme ça. Moi, je fais au mieux quand il s’agit d’appliquer les consignes que l’on me donne mais je vais difficilement au-delà de donner une potion ou un antidote… il me faudra encore un peu de temps pour savoir bander toute sorte de créature et le faire avec assurance. À chacun ses compétences, hein !

Et tandis que je songe ainsi, les brouhahas ambiants montent à nos oreilles. Je me redresse quand un nom est prononcé. « Un Entei ?! » Cela me semble… improbable ? Pourquoi ? Comment ?! C’est le genre de créature fabuleuse dont les noms ont toujours résonné comme des légendes… de là à croire qu’un Entei, en chair et en os, viendrait à Cromlac’h et provoquerait une telle panique… « … T’es sûr ? Je… j’ai du mal à le croire. » Je ne sais même pas si c’est de la peur ou de la confusion qui m’habite. « Si un pokémon est à l’origine de tout ça, si, c’est inquiétant. »

Je suis partagé entre l’idée de me rendre auprès de la faille pour voir réellement ce dont il est question et rester ici auprès de la Démolosse, auprès d’Eliott. Je ne sais pas si c’est par facilité ou par protection, mais je ne bouge pas. L’état de la Démolosse est bien plus concret, lui. Au-delà du séisme, c’est bien l’humain qui en est la cause, selon moi. Si elle n’avait pas été attachée, elle aurait pu fuir et trouver refuge ailleurs. Les pokémons de ce genre ont souvent du flair pour sentir le danger, particulièrement si le toit de l’endroit où ils se trouvent menace de leur tomber sur la tête !

Je vais pour ajouter quelque chose lorsque nous sommes interrompus par un homme qui prétend être le dresseur de « Maedra », la Démolosse. Rapidement je m’emporte, c’est plus fort que moi. Je n’aime pas l’attitude de cet homme et par extension ce que l’on a pu en voir. Il insiste et cette fois c’est Eliott qui prend la parole. Lui aussi est protecteur envers le pokémon, cela me rassure. Nous ne sommes pas en formation Ranger pour rien, hein !

D’un coup, l’homme roux sort la pokéball de la Démolosse et cela renforce mon agacement. S’il a sa pokéball… Fitz, le Rattata est prompt à intervenir. Il vient mordre l’homme qui se met à crier d’énervement. Il tente de cogner le rongeur qui l’esquive presque en s’amusant. « Vous avez beau être blessé, cela n’excuse pas votre comportement. Pourquoi préférer la chaîne à la pokéball ? Vous en avez bien une, après tout. Vous auriez pu passer rappeler votre Démolosse. » Comme tout dresseur sensé.

« Je… je suis sorti précipitamment, toute la terre a tremblé ! » Je ne peux pas le contredire sur ce point, tout le monde voit bien les stigmates dans la ville et à quel point le sol est fragilisé. « Cela va au-delà d’aujourd’hui, pourquoi attachez-vous ainsi Maedra ? » Il m’agace. Clairement.

« C’est une Démolosse !
- Et… ?
- Elle fait peur aux gens, elle peut être menaçante, bien sûr qu’il faut l’attacher !
- Même dans les quatre murs de votre garage ? Ne serait-elle pas mieux dans sa pokéball ?
- Je… En quoi ça vous regarde ?! JE suis son dresseur. JE fais ce que je veux. Je suis bien venu la chercher ! »

C’est vrai. C’est vrai et j’ai un regard en biais vers Eliott. On ne pourra pas se battre, dans la précipitation du séisme, il n’est probablement pas le seul à avoir oublié son pokémon (ou à l’avoir perdu de vue), quant à la chaîne… je sais qu’il n’est pas le seul.

« Si vous avez peur de votre pokémon, parce que vous en avez peur, ne me dites pas le contraire... » Une telle cruauté, c'est souvent pour ce genre de raison. « Vous n'avez qu'à la confier à quelqu'un d'autre, plutôt que l'attacher. »

L'homme ne répond pas. J’ai un soupir et me dégage pour le laisser approcher. Je n’aime pas ce type, mais rien, en l’état, ne me permet de m’opposer à ce qu’il s’approche de son pokémon. Il a sa pokéball, après tout. Je le toise de haut, étant plus grand que lui, et lui annonce avec un regard noir : « Nous l’avons tirée d’un mauvais pas, le toit de l’entrepôt s’est effondré. Il s’en est fallu de peu pour qu’elle soit laissée dessous. » La perspective me rend fou de rage et je serre les poings, observant la réaction du concerné.

Il doit se sentir un poil menacé, entre Eliott et moi, car il lance avec une grimace, du bout des lèvres : « Ah. Bien. Merci. »

« Elle est endormie, elle ne doit pas être brusquée. »

Avec un coup d’œil à la fois agacé et triste, je propose silencieusement à Eliott de s’éloigner de là. Je n’ai pas envie de supporter plus longtemps la présence de cet énergumène.


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Eliott Terrebel

Eliott Terrebel
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Mer 6 Mar - 14:13
Eliott avait beau être un garçon gentil et naïf, il avait également la capacité d’éprouver de la colère. Mais à l’instar de la plupart des gens qui l’expriment ouvertement par les paroles et les gestes, toute cette rage restait cadenassée profondément en lui, et seuls ses yeux et son regard fixe témoignent du volcan qui grondait en lui. L’alolien se mettait rarement en colère, et la seule fois que ça l’avait pris, ce fut quand il prit conscience que son père l’avait lâchement abandonné avec sa petite sœur pour faire je ne sais quelle expédition dans les montagnes enneigées de Frimapic. Quel père qui se respecte un tant soit peu abandonnerait ses enfants à leur sort, isolés du reste du monde ? Rien qu’à y repenser, il ressentait l’acidité de toutes ces émotions négatives l’envahir, aussi, lorsque Giacomo lui proposa de partir, il ne se fit pas prier, n’accordant qu’un regard à cette Démolosse qui devait être encore toute chamboulée de ce qui lui était arrivée.

L’autre raison qui le faisait fulminer, c’était de voir que ce “dresseur” (tel qu’il se présentait) avait, en quelque sorte, matérialisé tout ce qui le révulsait dans le rapport entre humain et pokémon. On pourra dire ce qu’on veut, mais la pokéball avait quelque chose d’aussi aliénant que cette chaîne en acier et il fut presque tenté de faire ressortir tout le monde et de détruire les sphères bicolores. “Ça me fait mal au coeur de laisser ce pokémon aux mains de cet… … Cette personne…” Eliott parlait avec le cœur car, au-delà du sauvetage effectué, le problème venait du fait qu’on autorise n’importe qui à avoir un pokémon. S’il ne rejetait en rien la relation entre humains et pokémons, c’est ce côté “suprématie” qui l’énervait. D’où est-ce que cette personne se sentait supérieur à ce pokémon ? D’où est-ce que ça devenait sa propriété ? “Aucun de mes pokémons n’est à moi tu sais ? Aucun ! Les pokémons font ce qu’ils veulent et peut-être qu’un jour, ils voudront partir. J’ai toujours mis pokémons et humains sur un pied d’égalité mais…” Il montrait alors une pokéball dans laquelle reposait un de ses pokémons. “... Je crois que c’est vraiment ça qui nous rend tous complètement fous. Tu vois, si un jour je deviens un ranger connu, je pense que je militerai pour que ces choses là ne soient plus vendues à n’importe qui” Car, il avait quand même appris à reconnaître leur utilité, même si l’Alolien pensait qu’on pouvait faire autrement (après tout, comment est-ce que leurs ancêtres faisaient autrefois ?). Mais les utopies des uns se confrontent souvent aux réalités des autres et là ne s’exprimait qu’une volonté d’un gosse des îles qui avait encore à mûrir.

***

La journée se déroula d’une manière aussi mouvementée qu’elle avait commencée. Il y eut un moment où les grondements terrestres furent encore plus forts et plusieurs personnes sur le terrain avaient bien dit que c’était encore plus le chaos sur le devant. La terre était complètement folle, du malgma sortait en masse de la croûte terrestre et personne n’arrivait à comprendre ce qui se passait. Finalement, certains virent l’énorme chien de feu, un Entei. Un pokémon légendaire. Personne ne savait ce qu’il foutait là, et personne n’avait évidemment compris qu’il s’agissait d’une naissance. Eliott paniquait à l’idée que le légendaire se pointe là où ils se trouvaient. “Un pokémon légendaire… Je n’ai pas signé pour ça !” Et pourtant, son futur métier risquait bien plus qu’un autre de le confronter à ce genre de choses. Dans l’esprit du gamin, les pokémons légendaires étaient des sortes de dieux capables des plus grandes prouesses que le monde pouvait faire. Il se sentait tout petit à côté d’eux, même la présence de Fitz n’arrivait pas à le rassurer sur la menace qui planait sur le site.

Ils purent alors faire d’autres sauvetages ensuite, mais moins dérangeants que ceux qu’ils avaiet fait avec cette Démolosse car entre temps, la terre était devenue moins folle : quelques pokémons étaient blessés, mais la plupart étaient surtout terrorisés. C’est dans ces moments que son capstick se révéla beaucoup plus pratique. La technologie était somme toute étrange car tout venait d’un cristal qui lui permettait de communiquer des “sentiments” auprès des pokémons sauvages qui ne le connaissaient pas. Mais cela se satisfaisait plus qu’une vulgaire pokéball pour mettre en sécurité les pokémons.

A un moment donné, Matt revint au campement (il avait une sale tête, il était épuisé) et il lui fit un petit signe comme quoi ça allait avant de se diriger vers là où se trouvait Pauline. Peu de temps après, plusieurs personnes parties au front revenaient, épuisés mais souriants, certains avec leurs pokémons, bras dessus, bras dessous. Ils surent à ce moment là que le phénomène naturel destructeur fut endigué. Et en son for intérieur, Eliott se sentit soulagé. La mission touchait à sa fin, même s’il trouvait qu’il s’en était plutôt bien sorti avec un autre futur ranger, donc futur collègue. Le courant était bien passé en eux, en tout cas, de son point de vue. Ils avaient certes encore plein de choses à apprendre, mais ils avaient réussi à faire des choses et à se sentir utiles.

***
Les journalistes arrivèrent dès que la situation était stabilisée et sécurisée, plusieurs originaires de Kalos n’hésitèrent pas à parler face à la caméra de tout ce qui avait été fait de près ou de loin pour les soulager du drame qui s’était produit. On avait parlé rapidement de l’action des rangers et à ce titre, il lui semblait que leur professeur d’exploration avait dit quelques mots avec deux élèves de deuxième année qu’il ne connaissait pas. Il est évident que ce cas de figure sera décortiqué en cours pour voir ce qui a été bien fait et ce qu’il reste encore à améliorer. Pauline et Matt revinrent vers Giacomo et Eliott, les deux étaient épuisés. Matt eut un mot à propos de Pauline qui ne cessait de regarder en arrière. “Il y avait un Evoli qui était dans un état critique et qu’elle ne voulait pas quitter…” Mais il la comprenait. Combien de pokémons souffraient à cause de ce qui venait d’arriver ? Finalement, chacun a fait ce qu’il a pu. En tout cas chose étonnante, le petit Dedenne était resté auprès d’elle. Poli, Matt s'adressa à son tour à Giacomo. "Matt, un camarade de classe et ami d'Eliott".

Une fois son interview terminé, le professeur Skyle retrouva le trio et leur demanda d’aller rejoindre le car avec lequel ils arrivèrent. Et… Eliott semblait gêné, ou, du moins, il semblait vouloir dire quelque chose sans pour autant trouver le courage pour…?


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Giacomo Tutti

Giacomo Tutti
Modo Jeux & Ranger

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Région : Galar
Dim 24 Mar - 18:25
Je ne peux m’empêcher de jeter un dernier long regard en direction de la Démolosse endormie. Quoi qu’il advienne pour elle, malheureusement, on aura fait tout ce qu’on pouvait faire. C’est pourquoi il vaut mieux qu’on s’éloigne, Eliott et moi. « On n’a pas le choix... » Ce n’est pas comme si nous étions en capacité de faire plus. Le plus jeune est aussi affecté, si ce n’est plus, par le sort du pokémon. On est tous d’accord sur le fait que son dresseur (devrait-on dire propriétaire ?) ne dégage rien d’agréable et semble n’avoir aucun affect pour le sort de cette pauvre Maedra qu’il a laissé livrée à elle-même malgré le séisme.

Tandis qu’il s’écarte, Eliott reprend la parole et je vois bien qu’il a des choses à dire, besoin d’extérioriser. Je hoche la tête à ses mots. « Ces choses », dit-il. Les pokéballs. Je n’ai jamais trop poussé la réflexion à ce propos, conscient que notre monde, qu’on le veuille ou non, s’est construit sur cette domination entre les hommes et les pokémons. J’aimerais pouvoir parler d’harmonie, d’équilibre, mais voyons… c’est bien de domination qu’il s’agit. « Tu as raison. Je n’aime pas non plus ces dresseurs qui usent de la contrainte envers leurs pokémons, ou leur font faire des choses qu’ils ne voudraient pas faire. Les miens, je leur laisse le choix autant que possible. » Car parler d’une liberté totale est souvent plus facile à dire qu’à faire. A moins de vivre dans un palace et de pouvoir accueillir toute sorte de créature et leur laisser leur pleine liberté… compliqué.

« Mais je suis d’accord avec toi. Les pokéballs… ça devrait être contrôlé. Au moins un minimum. Être certain que les gens captures des pokémons pour de bonnes raisons, pas pour les traiter comme… ça» On sait tous deux ce que j’entends par là. Seulement, si je poussais la réflexion plus loin, quid des pokémons travailleurs ? Ceux qui construisent des bâtiments pour les humains, comme les Charpenti. Ou les pokémons infirmiers, les Leveinard des centres Pokémon, sont-ils tous réellement libres dans leurs choix ? Et s’ils ne veulent plus aider, le peuvent-ils ? Pour les centres Pokémon, je crois que oui. Pour les créatures qui réalisent des tâches ingrates, particulièrement auprès de particuliers ou d’entreprises privées, je suis moins certain.

On continue à discuter ainsi, car Eliott en a gros sur la patate, et le temps file assez vite.

(…)

Cette journée n’était de toute façon pas faire pour être tranquille. Le sol gronda à plusieurs reprises, encore, nous poussant à agir de nouveau, autant qu’on le pouvait. Avec Eliott, on fait un assez bon duo et malgré la confirmation que la cause de tout ça était bien le légendaire Entei, cela ne nous freine pas dans nos actions. Il faut mettre tout ça de côté, de toute façon. C’est fou, on est d’accord. Pourquoi un pokémon légendaire viendrait attaquer un petit village ? Si on peut bien parler d’une attaque… je sais pas trop.

C’est pas à moi de réfléchir au commun du pourquoi. Je préfère utiliser mes bras, mes jambes et mes compagnons pokémons pour aider les autres. C’est ce que l’on fait avec Eliott, dans des situations bien moins chaotiques que pour la Démolosse. J’ai même pu voir mon jeune ami à l’œuvre avec son capstick. De mon côté, même si j’en ai appris le maniement à l’institut, je n’en ai pas encore à moi. « Bien joué ! », avec une tape sur l’épaule, je ne peux reconnaître qu’Eliott est vraiment à l’aise avec ça. Il a apaisé Couafarel agressif et apeuré en un rien de temps.

Si nous avons pris le parti d’aider les habitants et leurs pokémons en différents points de la ville, la majorité des chercheurs et des sauveteurs se sont affairés toute la journée autour du cratère principal. Jusqu’à ce que les choses finissent par se stabiliser, tandis que le soir s’installe sur Cromlac'h. Des véhicules s’entassent en périphérie de la ville. Si un couloir a été prévu le transport des blessés, les médias, eux, se font de plus en plus nombreux.

Je prends le temps de discuter avec d’autres étudiants de Sillage, avant de finalement retrouver Eliott, accompagné de Pauline et d’un autre type. Les visages portent les séquelles de l’effort. Je sais que je ne fais pas exception, mais après tout, c’est justement pour des situations comme celle-ci que nous avons décidé de dédier notre énergie. Pour nous tous, c’est une sacrée expérience, ce séisme, même si j’espère bien que ce ne sera pas à chaque fois comme ça !

L’inconnu prend la parole et j’imagine parfaitement la détresse de Pauline face à l’Evoli blessé. « J’espère que ça ira pour lui. » Le nouveau venu se présente finalement. Matt, donc. « Enchanté, moi c’est Giacomo. Apprenti-Ranger à l’institut Sillage, à Galar. »

Je jette un regard périphérique autour de nous… La tente qui abrite les soins est désormais éclairée en toutes parts, et beaucoup de gens s’y affairent. A l’extérieur, c’est plus calme, mais ça et là je capte facilement des mines déconfites, tristes et abattues. « Il va y avoir beaucoup à reconstruire, ici. »

Mais… ce n’est plus de notre ressort. Le séisme est terminé et de ce qui a été dit par des personnes en charge des sauvetages, chaque maison a été fouillée, celles qui peuvent être consolidées sont en train de l’être.

Un homme rejoint finalement notre groupe et interpelle les trois autres. C’est l’un de leurs professeurs. Ils sont rappelés pour rejoindre leur car et j’imagine que ça ne devrait pas tarder à être mon cas non plus. J’ai échangé par SMS avec Ian, il va falloir que j’aille le retrouver.

Je tends quand même la main vers Pauline, puis Mike et pour finir Eliott, avec un sourire. « Ravi d’avoir croisé votre route. Lâchez-rien, surtout. Pauline, je pense que t’es une soigneuse pokémon innée. Vraiment. » Puis je me tourne vers Eliott. « Bon courage pour la suite, j’espère qu’on aura l’occasion de se recroiser en tant que Rangers officiels. »

De ce que j’en ai vu, je me dis qu’il n’y a pas de raison. Ils sont bien plus jeunes que moi mais ils ont les épaules pour, et la bonne volonté. Je suis curieux de voir si Eliott atteindra ses objectifs et réussira à faire entendre ses aspirations vis-à-vis du « contrôle » des pokéballs. « Hé, d’ailleurs, si ça vous dit… j’suis sur Insta, si vous voulez, on peut s’échanger nos profils ? Je serais curieux de suivre vos aventures. »

Je dis ça en toute sincérité, et tends mon téléphone vers Pauline, qui s’empresse de me communiquer son pseudo, puis vers Eliott. J’traîne toujours sur les réseaux quand j’ai l’occasion, alors je me dis qu’on aura peut-être matière à papoter.

« Allez, rentrez bien et prenez soin d’vous ! »

Un dernier signe de main et je repars dans l’autre sens, à la recherche de mon mentor.


(1168 mots)



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