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Charlie Barks

Charlie Barks
Sbire Flare

C-GEAR
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Région : Hoenn
Ven 27 Mai - 22:18
L’esprit de la rousse était un peu embrouillé. Devrait-elle être en train de célébrer ? Après tout, Maël venait de lui indiquer que tout s’était passé comme il fallait, alors, elle devrait être contente, non ? C’était compliqué, parce que le fait d’avoir déçu Santiago, de lui faire de la peine, cela jouait aussi. Si elle lui disait que c’était super ou si elle lui tapait dans les mains, cela ne fonctionnerait pas. Finalement, elle avait plus peur de son nouvel ami, qui ressentait visiblement de la colère et de la peine mêlées envers elle, ne veuille plus l’écouter que des événements en eux-mêmes. Elle comprendrait, mais cela l’embêterait de le perdre en un instant, surtout que si son attitude ne plaisait pas aux Flare, il pourrait y passer aussi. Charlie se demandait si la ou les personnes visées étaient d’anciennes Santiago : au départ bien sympa, acceptant de faire des petits trucs ici et là et finalement refusant d’obéir et boum. Elle espérait au moins qu’il n’allait pas tout regretter, mais vu sa réaction, cela risquait d’arriver. Cela lui aurait fait un bon copain dans l’équipe, dommage.

En tout cas, elle ne pouvait pas vraiment dire qu’elle était désolée. Elle avait appris à faire avec tout cela, le rôle de Charlie, c’était d’être une sbire, de répondre présente pour les missions, de faire en sorte que tout se passe bien. Le reste n’avait pas vraiment d’importance, à part qu’elle ne voulait pas mourir ou faire du mal aux personnes qu’elle appréciait.
Santiago en faisait un peu partie, même si cela ne faisait pas très longtemps qu’il était apparu. Il avait l’air gentil et ils avaient passé une bonne journée. Elle ne voulait pas le sacrifier, mais il allait devoir lui faire confiance et cela serait sûrement compliqué pour lui. La jeune femme était tiraillée entre l’envie de prendre ses jambes à son cou et le poids des responsabilités qui pesaient sur ses épaules et la rendait immobile. Elle essaya de respirer doucement, elle devait reprendre le contrôle. Santiago avait raison, ils devaient y aller.
    « Ok… »
C’est tout ce qu’elle peut laisser échapper sur le moment, mais quand elle voit la main de son collègue prendre la sienne, elle reprend espoir un instant. Elle se remit en marche, suivit Santiago en accélérant peu à peu. Elle n’osait que peu lever le regard, mais il fallait bien le faire, il fallait aussi affronter le résultat de l’opération. Charlie le savait, si elle devait évoluer au sein de l’équipe Flare, elle allait bientôt devoir faire pire que cela, un jour, elle allait avoir du sang sur les mains, elle le sentait au fond d’elle.

L’odeur était horrible à supporter, mais la rousse fit en sorte de réellement la respirer. Elle devait s’accoutumer à tout cela. La poudre s’était mélangée à la chaire brûlante et une odeur putride se dégageait des deux stands devant eux. Charlie essaya d’identifier la cible ou… les cibles ? C’était tout de même ce qu’elle espérait. Elle voulait bien participer aux règlements de compte des Flare, mais elle ne voulait pas atteindre les innocents. Il y avait tellement de gens pour lui sourire, elle espérait qu’aucun bénévole n’avait été atteint ou du moins, sans avoir été visé.

Pourquoi devaient-ils tuer aujourd’hui ? Charlie ne le saura jamais. Elle ne pourra pas poser la question, elle se demandait même si Maël n’allait pas la disputer pour s’être excitée par message. Il considérait qu’elle montrait ainsi ses failles et que ce n’était pas professionnel. Il en avait de bonnes lui. Pendant que le Grenousse se mettait au travail, la rousse se mordit les lèvres. Elle ne pouvait rien faire de son côté, aucun de ses Pokémon n’allait faire l’affaire. Cela ne servait à rien de faire semblant, de faire croire qu’elle pouvait être utile. Les faux-semblants, cela allait bien deux minutes.
Alors elle attendit patiemment la décision de Santiago. Au fur et à mesure qu’il gardait sa main dans la sienne, elle se sentait un peu prisonnière. C’était peut-être ça qui l’attendait aussi ? Après tout, elle l’avait vu agir plus tôt, avec la pickpocket, Santiago se voulait être un bon élément de la team Flare, mais il avait des principes. Allait-il la dénoncer tout bonnement ? Elle pouvait s’y attendre…

Charlie posa une main sur sa ceinture à Pokéball, cachée sous un t-shirt ample. Si elle devait utiliser son Arbok, elle le ferait. En quelques secondes, il était capable de l’étrangler et de l’empêcher de lui nuire. Cela serait triste, Charlie aimait bien Santi, mais elle ne pouvait pas le laisser briser sa vie. Et puis, elle était plus hautement gradée, alors elle savait qu’elle pourrait le justifier facilement auprès du boss si elle disait qu’il était prêt à la dénoncer.

Par respect pour le travail et pour éviter d’attirer l’attention pour le moment, Charlie observa le Grenousse faire. Quand il n’y eut plus de fumée, elle se reprit un peu. Dans un premier temps, ils devaient réussir à partir, ensuite, elle aviserait. Avec un peu (beaucoup ?) de chance, Santiago allait comprendre tout cela et il resterait ami avec elle. Il avait peut-être un peu peur aussi, elle pouvait l’entendre, c’était une autre explication pour garder aussi longtemps sa main.
Charlie leva les yeux vers lui, il était vraiment touché par tout ce qui se passait, le pauvre. Elle posa doucement sa main sur la sienne, comme pour le rassurer, l’encadrant ainsi totalement.
    « On devrait quitter le festival… Tu veux aller quelque part ? »
Sa voix se voulait douce, mais pas mielleuse, ce n’était pas son genre. Charlie voulait vraiment qu’il se sente mieux, son moment préféré était vraiment quand elle avait des chouquettes plein la bouche et qu’elle se déplaçait à ses côtés. Là, il n’était plus question de goûter aux bonnes sucreries. La survie passait avant.
La jeune femme réfléchissait à leur future destination : elle pourrait lui proposer une chambre d’hôtel mais elle ne voulait pas donner de mauvaises indications, par contre le square d’à côté lui semblait aussi un peu dangereux vu leur condition… Peut-être un bar ? Il avait beaucoup parlé de cocktails auparavant, c’était peut-être un endroit qu’il apprécierait ?
    « Je peux te payer un verre et je… Je te raconterai ce que je sais. »
Elle était prête à le faire s’il ne la dénonçait pas. Par contre, s’il se mettait à lui vouloir du mal, elle allait agir. Elle ne voulait pas le menacer sans raison, il était assez sous le choc comme cela, pour le moment il semblait incapable de lui faire quoique ce soit, il était important que cela continue, elle n’avait pas envie d’abîmer un si doux visage.

Mots : 1114.


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Santiago Lucci

Santiago Lucci
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Lun 6 Juin - 0:16
N’allez pas croire qu’il découvre la vie, qu'il n’est qu’un pauvre naïf pensant que les Flare ne sont que de gentils gars intéressés par des détournements d’argent et d’œuvres d’art, comme il l’a principalement vu sur Alola. Il savait que les choses pouvaient prendre des tournures autres, qu’elles en avaient prises par moment... mais c’était loin de lui. Jamais on ne lui avait demandé... Jamais il ne s’était retrouvé... S’il avait souvent eu à faire aux Skulls, à se bastonner ou défendre des bouts de territoires aloliens, ça n’était absolument pas comparables. Il s’en trouve bête, les bras ballants, à observer des victimes tout en ayant la certitude d’être l’un des responsables. Sans même savoir comment ou pourquoi.

Il était là. Ada était là. De ce qu’il comprend, cela suffit. Il a du mal à se réjouir. Sur le téléphone de la rousse il était écrit « mission terminée » mais c’est un goût amer qui reste sur sa langue, en comparaison du décor qui les entoure et de la détresse des présents. Le Pistolet à O de Salto sur une structure en bois fumante parait si dérisoire.... Ce n’est pas ça qui fera disparaître sa part de responsabilité et s’il était honnête avec lui-même, veut-il véritablement la faire disparaître, cette culpabilité ? C’est après tout l’incarnation la plus criante de son engagement Flare. N’est-ce pas ce qu’il voulait ? N’est-ce pas... Non. Pas comme ça. D’autant qu’il a toujours la sensation de n’avoir rien fait, de toute façon. Il est perdu.

S’il est parvenu à guider avec détermination Ada jusqu’ici, il est nettement moins confiant désormais. C’est violent de visualiser d’aussi près leur « réussite ». La réussite d’Ada ? Enfin, ce pour quoi ils étaient là, semble-t-il. Il ne réalise même pas que sa main est toujours fermement serrée autour de celle de la rousse. Comme s’il avait besoin de sa présence, de son ancrage à la réalité... et de ses explications, aussi. Qu’elle ne s’enfuit pas. Il n’est pas le responsable de tout cela. Il refuse de l’être.

Quand les yeux de la jeune femme croisent les siens, il se demande bien ce qu’elle peut y lire. La confusion, la peur ? Que doit-elle penser de lui ? Elle est sans doute une sbire bien plus honorable... Si elle a eu un temps de panique, elle parait bien plus lucide désormais et cette main posée sur la sienne permet à Santiago de temporiser. Il ne peut pas croire qu’elle est ravie de cette situation. Elle n’en a pas l’air, heureusement. « Oui, faut qu’on parte. »

Il ne connaît rien de l’endroit où il se trouve et hoche simplement la tête. Il faut qu’ils discutent, c’est certain. Quand elle parle de lui payer un verre, le Lucci sourit presque par automatisme. « Ça marche. Tu sais comment me parler... mais clairement, tu me dois des explications, oui. »

Alors, le plus naturellement du monde, il rappelle son pokémon et ne feint aucunement son air attristé en croisant le visage d’un bénévole, tout proche. Le chemin jusqu’à la sortie du festival, alors que pompiers et SAMU se pressent et vont dans l’autre sens, se fait dans un silence pesant. Dans l’immédiat, ils doivent ingurgiter ce qui s’est passé. Chacun avec sa vision de la chose, avec sa confusion.

Sur le square attenant au festival, ils remarquent la devanture d’un bar. Il interroge silencieusement Ada du regard qui acquiesce. Alors il lui tient la porte et tous deux entrent. Ils ne sont peut-être pas les seuls festivaliers à avoir eu la même idée car ils croisent des regards accablés et inquiets, dans l’entrée. Une serveuse les dévisage et demande d’une voix posée :

« C’est pour consommer ?
- Oui.
- On a de la place au fond... si vous préférez.
- Ça sera parfait, merci. »

Ils choisissent une petite table dans un angle, à l’écart. Une carte des cocktails et autres snacks est posée dessus. Ils s’assoient et Santiago ne parle pas, pendant quelques secondes. Il ne sait pas quoi dire... Tout cela parait tellement ironique. Tristement ironique.

« N’attends pas de moi que je trinque à notre... réussite» Il sait qu’il est trop facile d’en vouloir à Ada, mais c’est pour le moment la seule chose qu’il peut faire. Ça et déplier distraitement la carte des cocktails pour s’occuper les mains.



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Charlie Barks

Charlie Barks
Sbire Flare

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Région : Hoenn
Lun 6 Juin - 18:29
Allez, elle avait maintenant repris le dessus et c’était quand même plus simple maintenant de gérer la situation. De toute façon, coupable ou pas de ces crimes, c’était trop tard : les personnes ciblées étaient déjà mortes. Il n’y avait plus rien à faire. Pour les autres victimes ? C’était tout aussi simple : les blessés, ils allaient tout simplement être aidés par la suite et avec un peu de chance, ils allaient s’en sortir. Et puis ces personnes n’étaient ni des amis de Charlie, ni des personnes proches d’elle. En fait, elle ne les connaissait pas, tout simplement, donc elle n’avait pas spécialement de peine à avoir ou de soucis à se faire pour la suite. L’affaire était terminée, Maël lui avait confirmé que la mission était une réussite donc c’était tout ce qu’elle avait à retenir. Bon, pour la livraison, c’était quand même quelque chose, parce qu’on aurait pu tout simplement lui dire qu’il y avait une bombe dedans. Là, elle n’avait toujours pas très bien compris ce qu’elle avait fichu toute la journée avec Santiago. En soi, c’était quand même sympa, elle n’allait pas le nier : elle avait passé un bon moment avec son nouveau pote, mais quand même, est-ce que cela valait bien le coup de se prendre la tête comme ça après coup ? Enfin, si ça se trouve il y avait encore des gens pour les observer et se moquer d’eux de loin ? C’était quand même bien possible, parce qu’il y avait des sbires sacrément vicieux chez les Flare. Ça ne l’étonnerait pas que le petit Santiago ait été testé ce jour-là et qu’il était à deux doigts de se faire abattre depuis quelques minutes. Genre, on te surveille, on t’a à l’œil, si tu restes avec elle ça reste ok mais si tu te barres tu as une balle entre les deux yeux directs. Ce serait assez logique, après tout, il était quand même suspect parfois.

Maintenant qu’ils étaient arrivés devant les décombres, leurs rôles s’étaient un peu inversés, il fallait dire que la petite Charlie était partie depuis un petit moment, pour faire place à celle qui en à rien à foutre et qui gère. C’était quand même plus facile de se mettre dans cet état d’esprit pour survivre. Charlie préférait quand même survivre plutôt que d’avoir d’autres problèmes et a priori Santiago était lui-même assez d’accord avec ça, même s’il ne le montrait pas nécessairement. Cela devait être son côté timide de toute façon. La jeune femme observait toujours la main du jeune homme sur la sienne, ne sachant toujours pas quoi en penser, en se demandant si son Arbok serait assez puissant pour le broyer le bras s’il le fallait pour qu’il puisse enfin la lâcher ? Avec un peu de chance, elle n’allait pas avoir besoin d’en arriver là. Charlie avait joué la carte de la sympathie et l’avait invité à boire un verre. De toute façon, ils allaient devoir passer pas mal de temps ensemble histoire de pouvoir comprendre ce qu’il s’était passé. La rousse avait besoin de savoir s’il en savait plus que ce qu’il voulait bien dire. Après tout, il n’avait pas l’air de mentir ou de cacher quelque chose, mais elle ne pouvait pas le croire à 100%. Même s’il faisait partie de l’équipe, elle n’était pas sûre de pouvoir lui faire confiance. Elle aurait bien aimé avoir une confirmation de Maël à ce sujet, mais elle se doutait bien qu’elle n’allait pas arriver comme ça.
    « C’est parti alors, je te suis. »
Oui parce qu’à côté de tout ça, elle ne savait pas du tout où ils se trouvaient et comment se repérer dans ce coin là du Pokémonde. Ah, pour sûr, la ville était sympa hein, mais quand on y est seulement depuis quelques heures c’est un peu compliqué. La jeune femme allait donc le suivre sur le moment, en espérant que ce n’était pas un nouveau traquenard.

Santiago lui lâcha enfin la main lorsqu’ils entrèrent dans le bar. La serveuse avait dû comprendre qu’il y avait quelque chose qui se tramait entre eux car elle leur avait tout de suite proposé la table du fond. En même temps, il fallait dire que, depuis l’incident, le jeune homme tirait une tête de dix pieds de long. On allait finir par croire que c’était sa faute à elle, s’il n’avait pas l’air dans son assiette, alors que ce n’était pas vrai du tout. Après tout, elle avait tout simplement fait ce qu’on lui avait demandé. Elle avait déposé un colis – certes piégé – à un stand et boum. « Boum », c’était le cas de le dire, il faudra probablement éviter cette onomatopée lorsqu’elle allait essayer de se justifier auprès de Santiago ; il pourrait mal le prendre.

Alors qu’ils étaient installés et que le jeune homme avait saisi la carte des cocktails, il avait commencé à lui dire qu’ils n’allaient pas trinquer. Charlie fit la moue, elle savait que le moment n’était pas des plus plaisants, mais quand même : ils avaient réussi.
    « J’comprends. Enfin, pour ce que ça vaut, je suis quand même contente d’avoir fait ta connaissance aujourd’hui. »
Il y avait quand même ça de positif, elle aurait pu tomber sur un gros naze, mais ce n’était pas du tout le cas. Santiago avait été super tout au long de leur après-midi bêtise. Elle regrettait de ne pas avoir pu goûter à plus de friandises sur la journée. Elle fouilla ses poches au cas où, pour y trouver ce qui ressemblait à des sucettes. Formidable. Elle ne se rappelait pas en avoir chapardé autant mais c’était très bien pour elle : elle aurait dans tous les cas sa dose de sucre pour la journée.
    « Tu aurais un cocktail à me conseiller ? Tu as l’air de t’y connaître là-dedans. »
Il en avait parlé plusieurs fois déjà et même quand elle avait dit qu’elle l’invitait, il avait fait une référence à la boisson alors… Il était peut-être lui-même serveur. Elle l’avait été également pendant un temps, mais pas de là à retenir des trucs aussi pertinents qu’une liste de bons cocktails.
    « Tu… veux commencer par me dire comment tu es arrivé jusqu’ici ? Je pense que mon parcours sera peut-être un peu plus long. »
La vérité, c’était surtout qu’elle ne savait pas exactement par où commencer. Elle l’observa pendant un petit temps, il avait l’air vraiment embêté par la situation. Elle pouvait peut-être lui dire quelque chose qui indiquait qu’elle comptait vraiment lui dire la vérité ? Que cette fois-ci, elle laissait tomber le masque ?
    « Hm… Le message disait vrai pour la livraison, j’ai eu un paquet à apporter ce matin, c’était pour ça que je connaissais le stand, c’est moi qui l’ai laissé à un mec là-bas. Je ne savais juste pas qu’il allait exploser. »
Charlie releva la tête pour voir que la serveuse venait vers eux, elle toucha par deux fois la jambe de Santiago sous la table pour lui faire comprendre qu’il fallait tout de suite changer de sujet de conversation.
    « T’es jamais allé dans une station d’arcade ? Pourtant c’est tellement cool, l’autre jour j’étais sur une super moto, j’ai battu tout le monde à la course !
    - Vous vous êtes décidés ?
    - Ah, c’est monsieur qui choisit pour moi. »
Charlie arborait son plus beau sourire, mimant le fait que tout allait bien, que la vie était vraiment formidable et qu’elle était possiblement très amoureuse du jeune homme en face d’elle. Cela trompait facilement la vigilance de tout le monde.

Mots : 1260.


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Santiago Lucci

Santiago Lucci
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Région : Alola
Mer 15 Juin - 0:57

C’est assez surréaliste, tout ça, et Santiago essaie d’appréhender petit à petit les éléments qu’il a à sa portée. S’il n’est ni le plus fort ni le plus futé des sbires de sa faction, il s’est toujours montré loyal et volontaire, et pensait bien s’entendre avec les hauts gradés qui l’entouraient. Lui ont-ils menti ? D’un côté, il a du mal à croire que Kalei puisse cautionner une attaque au colis piégé dans un festival, de l’autre, Safia n’est pas née de la dernière pluie... alors Santiago n’est qu’un pion qu’on manipule, c’est ça ?! Il a besoin d’y voir plus clair, autant par ce que sa nouvelle alliée a à lui dire qu’en demandant des comptes à Kalei et les autres. S’il se retient jusque-là, ça le démange de réclamer des explications par SMS. Le lieutenant l’a envoyé dans un sacré coup-fourré, après tout ! Et peut-être qu’à l’écrit, il récupérera plus d’infos ? Il y a des choses qu'on préfère ne pas dire en face. Quoique... une fois de retour, il devra tout de même faire un rapport et c’est très probable qu’il s’emporte. Il y a eu des morts, merde !

Pensif, son regard s’accroche sur la chevelure blonde d’une femme, de dos, assise à une table plus loin dans le bar. Elle semble trembloter... Même si leur implication, à Ada et lui-même, est nettement différente, ils sont nombreux à être affectés dans ce lieu. Aussi proche de l’endroit où se tenait le festival, il est certain que les employés ont conscience de ce qui s’est passé. Songeant ainsi, le Lucci passerait presque à côté de ce que lui dit la rousse. Mais ça finit par percuter, elle est contente de l’avoir rencontré, qu’elle dit. Ça le bug, à Santiago, parce l’explosion a balayé le souvenir du reste de la journée. C’est comme s’il y avait eu deux mondes en parallèle, avant et après le colis piégé. Tout comme il y a deux Ada, dans son esprit : la presque gamine joueuse et ravie de participer à tous les stands possibles, comme lui, et l’autre, la mystérieuse Flare qui accepte bien mieux que lui la réalité des évènements.

Il est décontenancé mais il finit par sourire, finement. Il ne peut pas s’accabler éternellement, de toute façon... « Ouais. Pareil. C’était sympa. » En d’autres circonstances, il dirait peut-être plus mais là... c’est encore tôt. « L’Avant, c’était sympa. » Le maintenant n’est plus le temps de l’insouciance et des gourmandises des stands. « C’est bizarre, cette journée. » Bizarre est sans doute faible pour décrire tout ça.

Les cocktails et la carte avec laquelle il joue distraitement sont comme une porte de sortie, une bonne façon d’entamer la conversation de façon plus neutre, et le plonger dans un sujet qu’il connaît, effectivement. « Je peux faire ça, oui. Ça fait des années que je bosse dans un bistrot, en fait. J’suis barman. » Au point où il en est, il ne cherche plus trop à dissimuler les choses. Si elle veut le retrouver, savoir précisément qui il est, elle y parviendra. Elle est plus maline qu’elle n’y parait de prime abord, il l’a bien compris, et il s’est grillé dès le départ, alors... Pour peu qu’elle sache identifier son accent un peu chantant par moment... Pourquoi se fatiguer ? Il déplie la carte et l’ouvre en grand, c’est le genre avec des photos un peu cheap pour présenter les cocktails, et il y en a toute une liste. Des classiques, pour la plupart, et quelques trucs qui sortent un peu de l’ordinaire.

« Y’a des trucs bateaux... Genre Sunrise ou Piña Colada. Ah y’a du Spritz aussi, perso j’aime bien. » Il parcourt la carte et des noms lui décrochent un sourire. « Ils proposent des trucs plus funs sinon. La Marquisette, les filles aiment bien généralement. C’est pas mal axé agrumes, avec de la limonade, du rhum, du vin blanc, de la liqueur de mandarine... Mais ça peut taper aussi au bout d’un moment. »

D’une certaine façon, la situation pourrait le justifier, mais se prendre une cuite là, maintenant, comme ça, il est pas certain que ce soit dans les plans de la rousse. Elle est pas bien grande alors c’est pas dit qu’elle tienne bien l’alcool, et c’est pas dans ses projets de la rendre mal, de toute façon. Alors il hoche la tête et pose l’index sur autre chose. « Si tu veux tester, y’a le Singapore Sling. Alcoolisé mais plus léger, gin, liqueur de cerises, avec une bonne dose de jus d’ananas et de sirop de grenadine. » Il veut pas passer pour un ivrogne ou quoi, mais en vrai ça se boit tout seul.

S’il a bien entendu sa question, il préfère se concentrer sur les cocktails d’abord, c’est plus facile à répondre. Même s’il se demande ce qu’elle entend par un parcours « un peu long ». Actuellement il n’est ni fier ni honteux de son engagement chez les Flare. Disons que ça s’est fait comme ça. Et puis... A quel point peut-il lui faire confiance, au final ? Peut-être sent-elle son hésitation car elle reprend la parole et donne plus d’élément par rapport au festival et la « mission » qui les a occupés. « C’est chaud, ça aurait pu péter à n’importe quel moment ! T’as pas cherché à savoir ce que c’était ? » Il dit ça par automatisme, mais en vrai il sait que même si elle avait posé la question on lui aurait pas répondu. C’est comme lui et ses infos bancales.

« On a carrément été des p... » Sa voix se meurt car Ada lui touche la jambe et il comprend que quelqu’un s’approche. Sourire factice et hochement de tête quand elle fait mine de parler d’arcade. Puis la serveuse rentre dans son champ de vision. Ada dit qu’il doit choisir pour elle, donc il annonce : « Un Singapore Sling pour mademoiselle et un Cuba Libre pour moi. »

Il marque un silence, en attendant que la serveuse s’éloigne après avoir noté les commandes, et reprend enfin la parole. « Perso, ça a été une histoire de feeling. Je joue dans un groupe de musique, on a rencontré les gens du bar dans lequel je bosse maintenant, y’avait toute une bande... Je me suis retrouvé dans certains de leurs discours et leur envie d’accomplir des choses. Je les ai rejoints. Ma faction est pas mal en lien avec le monde de l’art, la jet-set aussi un peu. » Il faut dire qu’Alola est une zone ultra touristique dans laquelle les gens friqués aiment particulièrement poser leur yacht, par exemple. « Et puis, il est arrivé une crasse à mon frère, entre temps. » C’est peu dire. « Les Skull ont fait le coup. » Hum. Plus complexe que ça, en vrai, mais il n’entrera pas dans les détails. « Et les Flare sont aussi là pour calmer leurs ardeurs, dans mon coin. Du coup j’ai trouvé un but, entre le bistrot et le reste... Ça m’convient. » C’est pas un rêve de grandeur particulièrement, mais la nécessité d’accomplir quelque chose, faire parti d’un tout, suivre des idéaux communs, c’est quelque chose. Enfin, pas dit que ça la convainque, mais c’est bien l’idée. « Même si là avec la mission qui n’en était pas une, dès le départ, j’ai surtout l’impression d’avoir été pris pour un con. On m’a surtout parlé de hauts gradés sbires et de surveillance, à moi... »

Il baisse la voix, essayant de comprendre. C’est comme s’il lui manquait des éléments. Sans doute qu’il idéalise trop les lieutenants de sa faction, Safia et tous les autres. Dans sa petite bulle alolienne, il y’a bien trop de choses qui le dépassent, de toute façon. Que savons-nous vraiment de notre monde ? Peut-on véritablement croire ce que les dirigeants de la planète choisissent de nous révéler ? Qui sont réellement ces gens ? Politicards ou Flare, est-ce si éloigné, après tout ?

« Tu crois vraiment que ça peut être un test, toi ? C’est quoi ton histoire ? »



(1346 mots)



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Charlie Barks

Charlie Barks
Sbire Flare

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Région : Hoenn
Sam 29 Oct - 16:15
Loin du décor terrible de la fête foraine, les deux amis s'étaient retrouvés dans un bar tranquille. La rousse était plutôt contente de la situation : à force de piétiner, elle avait un peu mal aux jambes alors le fait d'être assise lui permettait de se remettre un peu. Et puis, elle était en bonne compagnie : Santiago avait l'air d'être quelqu'un de bien, mais il ne fallait pas être trop bien à ce moment-là. Charlie se méfiait encore pas mal de lui, puisqu'avec ce genre de réactions, elle se disait qu'il pouvait aussi la dénoncer à tout moment. La rousse avait bien fait de ne pas lui révéler sa véritable identité, le mieux était de continuer comme cela pour le moment, elle reprendrait tout cela dans le futur. S'ils devenaient bons amis et qu'il montrait une certaine loyauté, cela serait moins un problème pour elle de lui parler d'égal à égal, mais pour le moment... méfiance.
Enfin, elle devait quand même le garder de son côté, puis elle avait vraiment passé une bonne journée avec lui, surtout qu'ils avaient quand même eu le goût des sucreries en commun. Charlie avait clairement envie de continuer à passer du temps avec lui, dire des âneries et jouer. Peut-être qu'ils pouvaient tout simplement oublier ce qu'il s'était passé ? De son côté, cela n'allait pas être bien compliqué, mais vu la réaction de Santi', il semblait que cela allait être bien moins évident pour lui, mais peut-être qu'avec deux-trois verres dans le nez, il allait un peu s'adoucir envers elle ou carrément tout zapper. Bon, le problème c'était qu'il allait peut-être lui en vouloir si en plus d'avoir placé une bombe à la fête foraine - même si elle n'était pas totalement au courant de ce qui allait se passer - elle le rendait saoul pour gagner en tranquillité.

Au moins, elle avait gagné pour le moment : il était en train de fouiller la carte des cocktails et c'était le premier pas vers leur intersidérale murge. Le problème avec Charlie, c'est que dès qu'elle buvait trop, elle avait tendance à se réveiller le lendemain dans un endroit qu'elle ne connaissait pas et un lit qui n'avait été le sien que pendant quelques heures. Alors, elle avait plutôt intérêt à la jouer plutôt fine pour ne pas se fracasser totalement la tête, ou en tout cas, pas avant 18h.
Pour le moment, la tâche de la rousse était plutôt simple : il lui suffisait d'écouter Santiago et en quelque sorte de boire ses paroles, puisqu'elle allait bientôt consommer ce qu'il allait lui proposer.
    « Ok, ça a l'air sympa ton Signapore Sling, là. J'aime bien l'ananas. »
Voilà, c'était vendu et comme ça elle avait gagné la possibilité de boire plus légèrement que lui. Dans sa tête, Charlie commençait déjà à marquer des points pour son équipe.
Et puis, quitte à être là, il fallait peut-être arracher le sparadrap d'un coup sec. La rousse était plutôt forte pour cela, d'autant qu'elle s'en fichait un peu des conséquences. Si Santi' y perdait quelques poils, il allait vite se rendre compte que ça repoussait ces choses-là, donc il n'y avait pas vraiment de quoi s'en inquiéter. Enfin, elle était quand même un peu désolée pour lui, parce qu'il risquait quand même d'avoir un peu mal avec tout ce qu'il venait de se passer.
    « Ben non. »
Elle haussa les épaules, pourquoi elle aurait cherché ? C'était clairement pas ce qu'on lui avait demandé et quand elle avait une mission, elle la suivait et voilà. Il était marrant lui aussi.
En tout cas, le jeune homme n'était visiblement pas le plus discret du monde - il tenait peut-être son timbre de voix de sa vie passée au bar ? - en tout cas, il fallait absolument lui indiquer ce qu'il se passait et cela avait bien fonctionné. C'était une technique bien rodée encore une fois. Charlie nota avec un sourire qu'il avait bien passé la commande et qu'ils allaient pouvoir un peu se détendre.
Le hic, c'était que Santiago, sur le moment, était surtout à la recherche de réponses. Charlie pouvait le comprendre, ce n'était pas non plus évident de se sentir responsable de la mort de quelqu'un, voire d'une ou deux personnes supplémentaires, mais bon, c'était un peu tard pour y faire quelque chose ou même se lamenter. S'il n'était pas content, il pouvait toujours en parler à ses chefs et il risquait de se faire rabrouer direct. Et en même temps, il ne fallait pas trop chercher les problèmes quand on était sbire et ça, elle l'avait bien compris.
Pour une fois, elle essaya d'être vraiment attentive à ce qu'on lui racontait. Cela pourrait lui servir dans le futur d'en apprendre plus sur son interlocuteur et ses habitudes. Après tout, cela faisait peut-être partie aussi de la mission et si elle devait lui tendre un piège, autant le connaître un minimum. Au fur et à mesure que le temps passait, Charlie se disait qu'il serait dommage de le sacrifier, parce qu'il était quand même vraiment gentil et qu'elle aimait bien son sourire et ses yeux au regard pétillant, mais bon, on ne faisait pas souvent ce que l'on voulait dans la vie.
Alors qu'il racontait son histoire, elle hocha la tête par moments. Cela n'avait pas l'air d'être facile et c'était plutôt cool de prendre la défense de son frère et cela rajoutait au tableau du pauvre petit sbire qui n'a pas mérité ça. Charlie l'aimait bien.
    « Moi... À la base, j'ai commencé simplement pour faire des trucs cools. J'ai libéré des Pokémon qui étaient retenus contre leurs gré et j'ai maravé des mecs qui faisaient un peu le bordel. Je suppose que le fait d'être un peu un électron libre a attiré les yeux de la Team et puis... »
La jeune femme souleva une de ces mèches.
    « Sérieusement, je crois que quand mon chef a vu mes cheveux, il en est tombé de sa chaise. C'est peut-être un fétiche bizarre, mais ça m'a ouvert des portes pour commencer à bosser pour eux. Au départ, je faisais des petits boulots vers chez moi, en même temps que ceux pour payer mes études. Et puis à force, ils m'ont mis sur des missions un peu plus compliqués, plus risquées... Comme celle-ci. »
Charlie était assez guillerette, puisque dans son expérience, cela semblait plutôt bien d'avoir reçu des responsabilités directement de la part de ses supérieurs. Et puis, cela faisait quelques temps qu'elle avait monté de grade alors elle songeait à demander une nouvelle promotion prochainement. Evidemment, elle n'évoqua ni Maël, ni les doutes qui commençaient sérieusement à la ronger sur les bienfaits de l'organisation, sur leurs différentes missions ou même sur ce que l'on faisait réellement d'elle. Devant Santiago, pour le moment, elle devait garder la face. Il était déjà à moitié en train de câbler alors ils ne pouvaient pas être deux.
    « Je n'étais pas plus au courant que toi sur ce qui allait se passer, mais si on est encore là, c'est que nous n'étions pas visés. »
C'était la seule chose qui était pour elle une certitude. Et son job supplémentaire du jour était peut-être de convaincre son nouvel ami pour lui éviter de se faire descendre. Il fallait peut-être prouver sa loyauté et pour le moment, elle était prête à tout pour cela. Il lui fallait absolument éviter de créer des problèmes à son entourage.
    « Malheureusement, en dehors du fait que nous sommes tranquillement dans un bar pendant que d'autres sont sur civière, je n'ai rien pour te le prouver. Il va falloir me croire. »
Et sur cette phrase, Charlie toucha à nouveau sa jambe, pendant que la serveuse leur apportait leurs boissons. La rousse chercha dans son portefeuille et sortit rapidement le montant dû.
    « Tu m'inviteras à la prochaine tournée. »
Le sourire était revenu, elle régla rapidement les deux consommations afin de se débarrasser de la serveuse et alors qu'elle repartait tranquillement vers le bar, la rousse leva son verre en regardant son interlocuteur.
    « Santé. »
C'était bien ce qu'elle pouvait lui souhaiter à ce moment-là.

Mots : 1446.


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Santiago Lucci

Santiago Lucci
Coordinateur Alola

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Région : Alola
Dim 22 Jan - 22:28
C’est le contrecoup de ce qui s’est passé qui le fait parler autant, il le sait. Il a besoin d’évacuer ou du moins de trouver des choses à dire plutôt que ressasser cette réalité qui ne lui plaît pas : même indirectement, il a joué un rôle dans une attaque au colis piégé en plein festival. Cela lui semble tellement insensé (la méthode comme le résultat), qu’il faut qu’il se libère, à sa façon. Parler de cocktails est une porte ouverte dans laquelle il s’engouffre sans problème et, heureusement, qu’elle le comprenne ou non Ada fait au moins mine de l’écouter.

Au moins, dans ses recommandations, Santiago fait mouche avec le Singapour Sling. Seulement, il ne peut pas se contenter de parler cocktails et tourner la page, alors bien entendu, ses questions reprennent de plus belle et… Ada lui répond, à sa façon. Elle est déconcertante et le Lucci ne sait pas s’il doit s’agacer ou la prendre pour modèle. Lui aussi il voudrait avoir un tel détachement. Peut-être que ça lui réussirait mieux, d’ailleurs. L’empathie ne lui fait pas du bien, en cet instant. Bah non. Il s’attendait à quoi, aussi ? La venue de la serveuse met sur pause ses réflexions… avant qu’elles ne s’imposent à nouveau. Tant qu’il n’a pas repris contact avec Kalei, Ada est sa seule interlocutrice, pour le moment. La seule qui sait ce qui s’est passé, ou du moins en sait plus que lui.

Et à nouveau, il laisse mener la danse. Elle lui pose une question sur son parcours et… il y répond. Sans doute un peu trop, avec du recul. Depuis le début, il est à la ramasse, disons-le. Il ne fait preuve d’aucune vigilance et même désormais, même une fois que l’évidence est là et qu’il sait qu’il a été pris pour un con par ses supérieurs, il continue. Et vas-y que j’te raconte ma vie. Et vas-y que j’entre dans des détails dont elle n’a probablement rien à faire… C’est pas grave, c’est trop tard de toute manière. Il y a quelque chose chez cette nana qui fait qu’il a envie de lui parler, quand même. Parce qu’ils ont passé une chouette journée ensemble, jusqu’à ce que ça tourne au vinaigre. Et aussi, certainement, parce qu’il est un poil désabusé par tout cela… alors qu’est-ce que ça change qu’il soit sincère ou non ? Rien.

Alors il lui retourne la question et, une fois de plus, la façon dont elle lui répond le plus simplement du monde a quelque chose d’amusant et de fascinant à la fois. « Tu maraves les mecs comme ça, toi ? » Cela confirme ses pensées, pour en être là, elle ne peut pas être une petite chose fragile aux allures d’adolescente. Et ce qu’elle ajoute le fait sourire. « Tes cheveux ? J’avoue, t’étais prédestinée. »

Son roux est presque semblable à celui du blason Flare, faut l’admettre. Santiago n’en demeure pas moins perplexe la concernant. Tout semble tomber sous le sens, presque évident, et il ne sait même pas quoi ajouter, derrière. Lui que beaucoup considèrent comme « tranquille », voire « trop tranquille », dans la vie de tous les jours, il a trouvé bien plus détachée que lui. Ada. Ce qu’elle ajoute ressemble à un argument imparable et Santiago prend le temps d’y réfléchir… tandis qu’elle insiste, visiblement sûre d’elle concernant la considération de l’organisation à son égard.

Il ouvre la bouche et la referme immédiatement, alors que la jambe de Charlie touche une nouvelle fois la sienne. La serveuse arrive avec deux beaux verres. Santiago n’a même pas le temps de réagir que la rousse paie la tournée.

« J’espère bien ! J’suis pas du genre à me laisser inviter sans rien faire ! »

La serveuse repart et les voilà qui trinquent. « Santé. »

Tout en buvant une première gorgée, il la fixe droit dans les yeux, regardant sa réaction en goûtant le Singapour Sling. « Alors ? »

Lui, il apprécie la saveur fraîche de son cocktail, mais cela ne l’empêche pas de se redresser en baissant la tête. Cette fois, il murmure : « Ou sinon… si nous n’étions pas visés, comme tu dis, alors qu’on a fait plusieurs fois le tour des stands sans tracé précis, c’est qu’il y avait une autre personne présente dans le coup, qui nous a repéré ? » Après tout, pourquoi pas ? « Quelqu’un qui aurait appuyé sur le détonateur ? » Ce serait la seule explication plausible, pour aller dans le sens de la jeune femme. Soit ça, et dans ce cas tout était calculé à l’avance et leurs supérieurs avaient bien organisé le tout, soit la deuxième option, celle du hasard le plus total qui fait que « ouf, ils ont échappé à l’explosion ». Santiago ne sait vraiment pas ce qu’il préfère… « Je sais même pas si j’ai envie de savoir, là. »

Il a un soupir et reprend une gorgée de Cuba Libre. « Le mien est meilleur, mais ça va. » Rien que ça.

Puis il relève la tête, la fixe un instant et demande : « T’étudies quoi, du coup, Madame la libératrice de pokémons» Malgré toute le situation, il y a quand même du bon : la rencontre de ce brin d’femme à la fois géniale et intrigante.



(880 mots)



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Charlie Barks

Charlie Barks
Sbire Flare

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Lun 30 Jan - 22:56
Charlie était contente de pouvoir parler de ses missions avec quelqu’un. Ce n’était pas souvent qu’elle rencontrait quelqu’un et de pouvoir directement échanger avec lui sur tout ce qui se passait vraiment dans sa vie. Genre, de pas juste avoir à mentir comme d’hab’, d’éviter tous les sous-entendus et de juste éluder tout ce qui se passait autour d’elle. Là, c’était méga différent, même si elle ne comptait pas non plus tout décrire de ses missions ou parler de ses acolytes. Santiago avait beau être du milieu, elle n’allait pas non plus tout lui dévoiler, parce qu’il y avait quand même des limites à sa confiance. Et puis, elle ne voulait pas être trop bavarde sur ces sujets-là, même si de son côté, le jeune homme avait l’air plutôt ouvert pour discuter. Ce n’était quand même pas le moment d’absolument tout lui dire, surtout que vu sa réaction par rapport à tout ce qui s’était déjà passé, elle ne souhaitait pas en ajouter parce qu’elle voulait d’abord boire son p’tit cocktail tranquillement.

Cela étant, Santiago lui avait quand même expliqué comment il en était arrivé là, elle ne pouvait pas le laisser tout seul dans son délire. Alors, elle s’était allée à lui répondre et lui dire aussi ce qu’il s’était passé de son côté. Il fallait dire qu’en même qu’elle en avait des histoires à raconter. Elle avait l’impression que tout était incroyable depuis qu’elle était arrivée dans ce groupe, cela lui avait permis quand même de gagner plus d’argent et d’avoir l’impression de servir à quelque chose et ce n'était quand même par rien. Et visiblement, cela l’impressionnait de savoir qu’elle pouvait faire des trucs. Un peu déçue, mais elle ne pouvait pas lui en vouloir, elle-même ne croyait pas vraiment en elle.
    « Ben ouais, 'fin pas tout toute seule, mais une fois j’suis tombée sur quelqu’un et ça a marché. »
Elle l’avait fait de manière littérale et en vrai c’était pas mal pour stopper un agent qui était un peu trop curieux, mais bon elle était pas non plus trop super fière de ce moment, puisque le gars avait l’air de s’être fait mal au dos, alors que ce n’était pas spécialement le but de la manœuvre à la base. En tout cas, Santiago avait raison pour les cheveux, c’était clair que c’était vraiment facile d’être recrutée sur ce détail-là. En tout cas, c’était quand même un gros coup de bol et cela faisait quand même son plaisir à la fin.
    « Grave, trop de la chance. »
Alors qu’elle voyait la serveuse réapparaître, Charlie paya les consommations. Elle pouvait le faire maintenant, c’était fini l’époque où elle comptait les deux malheureux sous qui traînaient dans son porte-monnaie, maintenant, elle pouvait tranquillement se permettre ce genre de petits extras. Elle tendit la perche à son nouveau pote, ils avaient sûrement pas mal de chose à se dire et ils attendaient un peu des nouvelles tous les deux, alors c’était pas plus mal de rester ensemble et de profiter de l’endroit pour quand même passer un bon moment.
Alors qu’ils trinquaient, Charlie eut un petit doute pendant un instant. Et si tout cela était un piège ? Il pouvait très bien être lié à ce bar ou cette serveuse et pif paf, poison dans la boisson. Cela serait un peu ironique si elle avait payé le cocktail qui allait lui ôter la vie. Ce serait quand même bien qu’il soit bon, parce que sinon, elle aurait vraiment tout perdu.
    « Il est super bon ! »
Elle n’était pas spécialement étonnée, puisque la description qu’il lui avait donné allait forcément faire du bien à ses papilles, mais en plus, elle ne ressentait rien de spécial donc elle supposait que sa boisson n’était pas empoisonnée, ou alors cela allait vraiment arriver plus tard… Elle n'avait pas trop le choix de toute façon alors autant continuer à profiter du moment, même si Santiago n’était pas tout à fait dans le même mood, il était encore focalisé sur ce qui s’était passé auparavant. Charlie ne lui en voulait pas puisqu’il y avait quand même de quoi être choqué puisqu’ils avaient failli se faire exploser la figure et le reste avec.
    « C’est pas bête, ouais. »
La rousse était restée dans l’idée qu’ils avaient eu du bol et que dans leur itinéraire ils avaient simplement évité le lieu de l’explosion au bon moment. Après tout, la jeune femme ne voyait pas spécialement sa présence comme étant d’une grande importance, donc si elle en réchappait, c’était quand même pas mal, mais sinon… Ben, oups ?
    « Ouais, 'vaut peut-être mieux pas savoir, mais j’suis un peu curieuse quand même. Après j’avoue j’aurais bien aimé qu’ils me le disent au départ que ça pouvait mal tourner. »
Genre, on lui avait dit que c’était important, mais pas non plus que cela pouvait vraiment être grave tout à coup. Elle avait l’habitude de pas toujours être respectée par les chefs, donc elle espérait au moins que Maël et les autres étaient pas au courant, parce que là, ça craindrait quand même sévère…
    « Tu dois bien avoir des gens de confiance dans le lot, non ? Ils t’auraient dit s’ils savaient ? Je pense que pour moi oui, donc c’est p’tet un truc d’encore plus haut… J’sais pas trop… »
La jeune femme sirota son cocktail, son regard posé au hasard dans le bar. Elle réfléchissait un peu à tout cela et dans le même temps, elle était quasiment persuadée qu’elle aurait complètement oublié l’idée si Santiago n’était pas là pour la relancer.
La rousse ne revint qu’à la réalité seulement quand le brun lui parla de ses études, elle avait au pif regardé dans sa direction sans être totalement présente et elle eut une petite surprise. Elle ne parlait quasiment jamais de ça avec des gens de la Flare et c’était d’ailleurs un peu bizarre de tout mélanger. Elle ne savait pas trop quoi lui dire alors, est-ce qu’il fallait lui dire directement tout ce qu’elle faisait ou être plus discrète ?
    « Hmm, j’suis plus ou moins sur un circuit pour être dresseuse et je dois rendre compte de mes avancées, des trucs comme ça. »
Plus flou, tu te faisais exploser la tête à côté d’un stand de peluches. Charlie sentait bien que son interlocuteur n’en avait pas eu pour son argent, alors il valait sûrement mieux être honnête avec lui.
    « Tu sais, je préfère pas trop t’en dire sur ma vie privée parce qu’on sait jamais, vu ce qu’il s’est passé aujourd’hui, c’est mieux de garder une sorte de jardin secret ? »
S’il était assez malin, il n’allait pas lui en tenir rigueur. Même si de son côté, elle était quand même un peu embêtée de devoir un peu le freiner, il avait l’air super sympa, mais lui-même lui rappelait qu’ils avaient failli y passer, alors il fallait peut-être un peu freiner les choses.

Mots : 1154.


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