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» Les mains vides

Haruki Koyama

Haruki Koyama
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Jeu 2 Nov - 23:38

Les mains vides


Haruki était rentrée à Lanvandia la veille mais son cœur était toujours aussi noir. Bastien n'avait pas été tendre dans ses propos, mais elle leur reconnaissait une part de vérité qu'elle n'arrivait pas à accepter. Elle sortit de l'internat aux premières lueurs de l'aube dans l'espoir de se changer les idées, mais les rues lui explosaient leur joie à sa face, exposant fièrement les traces du festival qui avaient eu lieu en son absence. Les petites mains s'affairaient encore à faire disparaître les cotillons multicolores qui jonchaient l'asphalte. Les banderoles resteraient quant à elles en place encore un moment avant d'être décrochées, suspendant des triangles roses, verts et bleus au-dessus de la tête des promeneurs matinaux, des élèves se rendant à l'école et des employés en route pour leur travail.

Plus jeune, elle adorait ses journées. Il était déplorable de devoir décréter un jour de fête pour que les habitants mettent leur individualité de côté, quels que soient leur âge et leur couleur de peau. Mais vu depuis des yeux d'enfants, seul le résultat comptait et le printemps devenait la plus merveilleuse des saisons. Celle des cerf-volants de toutes formes, des cerisiers en fleurs, des défilés en costumes traditionnels, et même, plus rarement, des représentations de pokémons pour démontrer des capacités des dresseurs en charge de la sécurité. Aux gris des façades se mêlaient alors toutes ces teintes qui n'avaient de place dans cette société que dans les gribouillages d'un cahier d'écolier, comme si les dessins des plus petits avaient pris vie pour envahir l'espace public. Rouge, violet, orange et turquoise chassaient temporairement cette monotonie insupportable des villes modernes d'Hoenn, d'où on ne voyait le soleil qu'à travers un champ de force.

En grandissant, cependant, elle s'était fermée à ce genre de divertissement. Le bruit lui semblait assourdissant. Les foules l'étouffaient. Et quel meilleur symbole que le blanc pour représenter la perfection, dénué de ces couleurs impures qui détournaient l'âme de son chemin ? Haruki y avait renoncé il y a longtemps, ou du moins elle avait appris à les fuir. Pourtant, cela ne lui avait pas suffit. Elle n'avait pas été à la hauteur. Elle avait échoué. Et ces simples petits bouts de papier colorés, collés par l'humidité au goudron, la renvoyaient irrésistiblement à son sacrifice vain et à toute sa noirceur intérieure.


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Haruki Koyama

Haruki Koyama
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Dim 5 Nov - 23:55
- Hey, miss, pourquoi cette tête ?

Haruki leva les yeux du sol et distingua le visage de l'une de ses camarades de classe. Makoto se dressait plus solaire encore qu'à son habitude. Si les deux jeunes filles faisaient sensiblement la même taille, Haruki devait cette fois montrer le menton pour la regarder en face.

- Oh, bonjour. Disons que je n'ai pas atteint mes objectifs avant la reprise des cours.
- Ça arrive, courage ! Si tu savais le nombre de fois où mes trucs ne fonctionnent pas du premier coup… Ce serait plus simple de compter quand ça marche, plutôt !
- C'est gentil. De toute façon, ce n'est que partie remise.
- Voilà l'état d'esprit à avoir ! Tu vois ça ?

Makoto, rayonnante de fierté, lève son genou pour montrer à sa camarade ce qu'elle portait au pied : une grosse botte, recouverte presqu'entièrement de métal couleur bronze. Loin de briller par son esthétisme, elle semblait lourde et peu confortable, et d'étranges volutes blanches s'élevaient de sa semelle. Makoto, l'équilibre brisé, glisse en arrière et se stabilise de justesse avec ses bras et repose sa jambe avec plus d'attention. Là, seulement, Haruki constata qu'elle lévitait au-dessus du sol.

- J'ai essayé des milliards de façons différentes de les faire fonctionner. J'ai compilé des info sur les magnetis, les lewsors et des tas d'autres pokémons. J'en ai capturé certains que j'ai pensé pertinents mais pour lesquels je n'avais pas trouvé ce que je cherchais. J'ai… euh… analysé des brevets. J'ai fait exploser des prototypes, j'ai récupéré ce qui était récupérable et reconstruit le reste. J'ai chuté un nombre incalculable de fois rien que pour installer et calibrer les stabilisateurs. Et ça en valait la peine : j'ai réussi ! Combien de personnes dans le monde peuvent se vanter de pouvoir voler ?
- Je n'en ai strictement aucune idée. Félicitations.
- Bon, c'est pas encore fini à cent pourcents non plus. Je dois encore mettre en place un réglage pour la hauteur. Normalement, si je déplace l'amplificateur sur une surface mobile, je devrais pouvoir moduler la puissance…

Makoto avait replongé dans ses pensées, murmurant ses pistes, nouveaux problèmes ainsi que solutions potentielles et expériences pour les vérifier. Elle tournait sur elle-même sans bouger un pied. Haruki savait qu'elle n'était plus en mesure de s'adresser à une part libre de son esprit sans apporter d'avancée concrète dans cette recherche et ne comprenait pour ainsi dire rien en électronique. La prodige de la mécanique laissait libre court à sa passion. Mais sa détermination était contagieuse et Haruki comptait bien s'en inspirer. Même si Makoto n'était pas la perfection incarnée, avec ses tics et son caractère changeant, Haruki la jugeait bien supérieure à elle sur certains points. Bien qu'aux antipodes de ses idéaux, la franchise de sa camarade était rafraîchissante, au point qu'elle s'étonnait que cette dernière ait de telles difficultés à se lier d'amitié. Mais en y repensant, peu accepteraient de passer au quotidien après une paire de chaussures, aussi technologiques soient-elles.


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Haruki Koyama

Haruki Koyama
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Lun 6 Nov - 23:41
Nul doute que ces chaussures anti-gravités n'étaient qu'un seul des projets qu'elle avait en cours, mais puisqu'elle n'en parlait pas, impossible de théoriser sur sa prochaine œuvre. A l'académie, passé la première année, personne ne manifestait plus d'intérêt à ses recherches, faute d'y comprendre quelque chose ou d'avoir encore une place dans la conversation. A moins que Makoto ne soit juste trop différente, trop difficile à comprendre. Comme une goutte d'huile dans de l'eau, flottant au milieu de tout sans s'y mêler. Un alien rejeté des terriens, cherchant à communiquer mais s'exprimant dans un langue qu'il est le seul à connaître. Et qui pourtant voit le monde tel qu'il est réellement, avec une humanité rare. Beaucoup appréciaient Makoto. C'était un petit rayon de soleil dans la vie de chacun, mais insaisissable. Et pourtant, elle restait seule. Toujours seule. Haruki l'avait interrogée sur les raisons de son retrait, une fois, avec toutes les formes et même plus encore pour éviter de la froisser. Makoto s'était contenté de hausser les épaules. « Ça me fait plus de temps pour créer » avait-elle simplement dit, avec un sourire sincère. Bien que la science soit une part essentielle de son activité, moteur dans la réalisation de ses projets, c'était bien ses rêves qui la guidaient. Une artiste du métal perchée dans les nuages. Une optimiste qui se lançait dans des défis que tous aurait qualifié d'impossible.

Elle avait apprit à ne compter sur personne d'autre qu'elle-même, non parce que les gens n'étaient pas fiables, désagréables ou incapables, mais uniquement que seuls les illuminés comme elle pouvaient aller jusqu'au bout de ses idées, inatteignables jusqu'à preuve du contraire, après toutes les difficultés qu'elle pouvait rencontrer. Parfois, l'un ou l'autre se greffait à ce convoi absurde à destination de l'horizon. Mais jamais ils ne poursuivaient jusqu'à destination, découragés, et Makoto devait à nouveau poursuivre seule. Certains projets étaient certes laissés de côté au profit d'autres, mais jamais tout à fait abandonnés, et lorsque d'autres sont achevés, alors ils revenaient sur le devant de la scène et la motivation de l'inventrice retrouvait toute sa vivacité.

Le cursus de dressage n'accueillait qu'une poignée de femmes sur l'ensemble des élèves et entre Makoto et Haruki, la classe de troisième année avait une drôle de représentation de la gente féminine.


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Sam 18 Nov - 22:46
A l'approche du campus, elle entendait les premières conversations de ses camarades de classe. Le ton était enjoué dans l'ensemble. Les paroles de Makoto avaient apaisé les plaies d'Haruki, mais elle avait tout de même espéré que d'autres connaissent l'échec.

« Alors, tu as réussi ? » demanda Kōji à Ichiro, qui lui répondit avec entrain : « La deuxième a été la bonne, ça y est, j'ai le Badge Pluie ! Monsieur Marc n'y est pas allé de main morte, surtout pour débuter, mais c'est fait. J'aurais peut-être dû commencer par l'arène de Mérouville, mais je me suis dit que ce serait plus difficile d'avoir un crénaux. » Kōji acquiesça, heureux pour son ami mais surtout impatient de lui faire part de ses propres aventures. « Tu as tout à fait raison. Et félicitations ! Quant à moi, j'ai obtenu le badge Balancier, de Clémenti Ville. Plus que six. Et toi, Koyama ? Tu avais prévu d'affronter monsieur Bastien, n'est-ce pas ? »

L'intéressée sursauta. Elle ne se sentait pas à sa place dans cet échange d'éloges et aurait préféré passer inaperçue, mais il était trop tard pour s'esquiver. « Oh, j'ai pris un peu de retard. Je voulais que Yasuda évolue avant de passer à la suite et ça a été plus long que prévu. Mais ce n'est pas plus mal. Vous avez déjà pu observer les fonds marins ? » Les deux dresseurs nient de la tête. La diversion était bienvenue. Si son expérience pouvait faire oublier son échec, elle n'avait aucun regret à l'utiliser pour préserver son honneur. « Le professeur Ooshima, du centre de recherche des pokémons aquatiques du village Myokara, a eu la gentillesse de me convier à une visite privée des colonies sauvages de laggrons sauvages. Nous avons pris le bateau jusqu'à leur avant-poste, d'où nous sommes descendues en sous-marins. J'ai pu les observer en nage, c'est assez impressionnant l'aisance avec laquelle ils perçoivent les courants et y réagissent. »

Il eut un moment de silence qu'Haruki ignorait comment interpréter. Voulaient-ils en apprendre plus sur cette parenthèse ou, au contraire, ne voyaient pas l'intérêt dans son parcours de dresseuse ? Ce fut Ichiro qui le brisa le premier. « De la manière dont tu le racontes, c'est assez surréaliste. Un sous-marin, vraiment ? Vu toutes les sécurités qui doivent être mises en place, je vois mal comment une étudiante seule pourrait profiter de ce genre de "balades"... Je croyais que tu ne voulais pas recourir à la fortune de tes parents ? »

De toutes les réactions qu'Haruki avait imaginé, l'incrédulité n'en faisait pas partie. Une part d'elle pouvait accepter que son ascendance avait pu jouer un rôle. Peut-être qu'un certain Koyama avait investi dans dans le programme. Ou peut-être que le professeur espérait en obtenir en traitant l'une des héritières comme il se devait. L'argent était un moteur qu'Haruki refusait mais que beaucoup considérait tout de même. « Je suppose que le professeur a été sensible à la manière dont j'ai présenté ma demande. Cependant, je ne peux que te donner raison vis-à-vis de la technologie de l'appareil. Ce n'est pas grand chose par rapport à ce que la Ligue propose, mais j'aurais pu me trouver dans une soucoupe volante tant le tableau de bord était lumineux. Et il n'y a pas de mots pour décrire ce que j'ai pu voir au travers des hublots. La lumière du jour filtrait encore à cette profondeur, faiblement. Les pokémons allaient et venaient comme si nous n'étions pas là, sans doute habitués par les mesures fréquentes prisent dans ce même véhicule. Et le seul bruit que nous entendions était le nôtre… Cette expérience était assez étrange, mais elle a porté ses fruits. »


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Mer 29 Nov - 0:00
Kōji assena de légers coups de coude dans les côtés d'Ichiro. « J'aurais bien aimé voir ça. Excuse-le, s'il te plaît, la jalousie ne lui a jamais réussi. » Avant qu'Ichiro ne rétorque, Haruki balaya le sujet et avança un peu plus loin, attendant l'arrivée du professeur Mochizuki pour le premier cours de la journée.



Le dressage n'était pas la discipline dans laquelle Haruki brillait le plus, comme l'avait à sa manière soulevé Bastien. Haruki était plus déterminée que jamais à progresser si ses manquements nuisaient à sa progression en tant que dresseuse. Elle donnait toute son attention aux propos de son professeur.

- Bon, commençons…. Vous avez l'habitude de certains types de mentalités des pokémons. Certains sont territoriaux, d'autres des prédateurs, et d'autres encore plus paisibles - ce qui ne signifie pas pacifique pour autant. En revanche, vous ignorez sans doute que certains pokémons ont une… obsession. Entendez par là une motivation qui les guide, mais qui n'est pas toujours issue de leur propre psychée. Voyez par vous-même… » Le professeur Mochizuki sortit de sa pokéball un pokémon humanoïde imposant. Certains au premier rang ont un mouvement de recul, mais la créature reste parfaitement immobile. « Ceci est un golemastoc. C'est un pokémon plutôt apprécié des dresseurs car il est particulièrement prévisible - tant que le sceau sur sa poitrine est intact, du moins. L'origine de ce pokémon est assez floue, mais il est communément admis qu'il serait d'origine humaine. C'est en quelque sorte un androïde des temps anciens, mais il semblerait que l'humanité possédait à l'époque des connaissances aujourd'hui perdues, permettant de leur donner la vie. Leur fabrication, quelle qu'elle ait pu être, les a dotés du type spectre, et l'argile dont il est issu lui a donné son affinité avec le type sol.

Haruki avait déjà entendu parler de cette espèce, mais elle n'y avait jamais vraiment cru. Elle peinait à croire qu'une technologie aussi avancée avait pu disparaître. Une civilisation capable de créer une nouvelle forme de vie avait dû résoudre tous les problèmes auxquels elle était confrontée ! Mais si elle avait disparu, alors peut-ête que la technologie actuelle était bien supérieure à celle de l'époque. Ce qui posait une nouvelle question : pourquoi n'était-il plus possible de créer des pokémons ?

- Ils ne sont certes pas capables de se reproduire, car assexués, ce qui les rend extrêmement rares, mais on recense bien des évolutions de gringolem en golemastoc. Par ailleurs, ils illustrent parfaitement le sujet d'aujourd'hui. Car comme je vous le disais, malgré les mystères qui les entourent, on sait une chose : ils ont pour seul but de protéger les humains et les pokémons.

Le professeur marqua une pause pour boire tandis que les élèves processaient les informations. Haruki était un peu perdue. Si ces rumeurs étaient vraies, alors ce pokémon était comme fait pour elle, pourtant à des siècles, si ce n'est des millénaires, de sa création. C'était le pokémon parfait.


Haruki parle en #659bc1.
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