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Nessa Finnegan

Nessa Finnegan
Modo & Eleveur

C-GEAR
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Mar 3 Jan 2023 - 23:58
Contes de l'Après
Calendrier de l'Après 2023
Jour 3 - Toi qui me rédiges

« Attends deux secondes. T’es en train de me dire que c’est toi qui… qui quoi ? écris ma vie ? Tu te paierais pas un peu ma tête par hasard ? » Je sais pas, c’est pas qu’il a l’air bizarre ce gars, il a l’air… juste normal. Mais un mec normal que je croise comme ça, qui me reconnait et me dis m’avoir créé… Bah t’es pas mon père, gros, jusqu’à preuve du contraire. Enfin, t’as même pas l’âge pour que ça puisse être possible ! Après, il a peut-être des problèmes mentaux, je sais pas. [Ou alors il est juste génial, obligé on va bien s’entendre lui et moi !] Eh ! J’ai pas pensé ça ! Enfin, si mais c’était pas moi moi, c’était moi lui, ça. Donc… « Arrête d’écrire ce qu’il y a dans ma tête ! » Il a l’air gêné, je le vois à son regard, on dirait presque qu’il est désolé pour moi. Super l’ambiance… « Si j’écris pas ce que tu penses, ce que tu fais, tu n’existerais pas, Nessa… » Oh bordel. Si c’est vraiment vrai de vrai, bonjour le mal de crâne. « Mais attends, si tu écris ce que je pense, pourquoi tu y mets pas les réponses aux questions que je te pose ? » Oula, ça se lit sur sa tronche qu’il s’attendait pas à ça, et il a l’air de l’envisager sérieusement. [Il l’envisage sérieusement, parce qu’il est en train de l’écrire.] Ok, non, j’aime pas l’expérience. C’est encore pire qu’avec Spyros. « Temps mort, on revient en arrière, réponds-moi à l’oral, je te jure je préfère. » Ça le fait rire, un peu. « Ok, je te laisse tes pensées. » Je décide de m’approcher de lui, histoire de le voir de plus près. « Mais, tu sais, j’ai souvent l’impression que tu penses par toi-même. » Gné ? Vraiment j’ai du mal à le comprendre, et ça me perturbe. Après j’aime bien sa vibe. Il a un peu l’air crispé sur les bords mais au moins il est sympa, un peu comme Côme. Il aurait pu se forcer dans mes pensées et me faire accepter ce fonctionnement. Il a décidé de faire l’inverse, de me rassurer par rapport à la situation – qui reste totalement délirante entre nous soit dit – en essayant de me mettre à l’aise. Ou alors il me manipule en me faisant le trouver cool de prétendre m’accorder une liberté qui n’existe pas vraiment. Mais ça peut pas être ça, je serais pas comme ça si j’étais écrit par un gros manipulateur !

« Mais attends, t’es le créateur que de moi, ou bien de genre… tout le monde ? » Il me fixe. Il me fixe et il dit rien. « Alors… » Oh non, pourquoi ça peut pas être simple ? On commence pas à expliquer un truc simple avec un alors dit comme ça, jamais. Et je le sais parce qu’il le sait. Enfin, si ça fonctionne comme ça. Il peut toujours m’induire en erreur, ou me faire penser à la possibilité qu’il m’induit en erreur pour m’induire en erreur sur le fait qu’il m’induise en erreur. Oh boy. « Moi, je t’ai créé toi. J’ai créé plein de gens autour de toi aussi, ta famille, les gens des Éoliennes, d’ailleurs, c’est même carrément moi qui ai créé la pension ! Tu devais devenir berger, quand je t’ai créé, ça va faire sept ans. » What. J’ai pas sept ans, je sais que j’ai pas sept ans, j’ai vécu toute ma vie, et elle n’a définitivement pas duré sept ans. Je le sais, je l’ai vécu. « Par contre, il y a certaines personnes que tu as rencontrées, je les ai pas créés. Ce sont des potes à moi qui les ont créés, et on vous fait vivre des histoires ensemble. Côme, c’est pas moi. Sanae non plus, c’est encore une autre personne. Les maîtres coordinateurs, pareil. D’ailleurs, théorie du complot : les maîtres coordinateurs et les champions de la Ligue, ce sont les mêmes personnes. » Euh. Il déconne avec sa dernière phrase ou bien c’est un vrai truc ? Non parce qu’au point où on en est, ça pourrait être vrai, mais je sais pas si la manière dont il l’a dit, c’est parce que c’est une blague, ou alors il a juste voulu le dire sur un ton humoristique ? C’était pas clair, là. « Désolé, j’ai le sarcasme facile – ce que je ne t’ai pas trop transmis d’ailleurs – mais c’est pas des conneries. » Ok, bon bah c’est vrai du coup. Je sais pas trop quoi faire de cette info, mais soit.

C’est bizarre, quand même cette histoire, parce qu’il ressemble plus à Côme qu’à moi, je trouve. Après, c’était peut-être le but, de créer un personnage vraiment différent de lui, pour genre échapper à la réalité. « On… On a des trucs en commun ? » Ma question le fait sourire, il avance vers moi et vient s’asseoir non loin de moi, sur le muret, face à la plage. [Oui, j’ai pas pensé à le préciser, mais on se trouve à Rivamar, en bord de plage.] Je le rejoins. Ça fait très scène de film où il va y avoir une discussion importante du type existentielle et chargée en émotion. Et maintenant que je sais que je suis un personnage de fiction – c’est un peu une angoisse quand même, même si ça peut aussi soulager d’un poids, d’une certaine manière – bah c’est peut-être fait exprès qu’on fasse comme ça à ce moment-là. Je vais bien voir, je suppose qu’il va écrire la suite. « Je t’ai créé à une période où j’avais besoin de faire vivre certaines choses de mon vécu dont je n’arrivais pas à parler. Et puis ces points de ta vie et de la mienne qui se ressemblent, j’ai fini par les réécrire, parce que c’était devenu un poids pour moi d’avoir ce rappel permanent, et puis c’était un poids pour toi aussi. » Je n’ai aucune idée de quels éléments de ma vie – ou de la sienne ? – il parle, ce qui serait normal parce qu’il a changé ça, il l’a réécrit. Il pourrait tout changer comme ça, de moi. Flippant. « Après, tu restes le premier personnage que j’ai créé, tu es une partie de moi, même si on a pas mal de différences. Les gens avec qui j’écris m’appellent par ton prénom, tu sais. » Je le vois bouger, comme s’il voulait faire quelque chose qu’il n’osait pas. Bah déjà là-dessus, clairement on n’a rien à voir ! Enfin, si je voulais lui patpat le dos ou même le prendre dans mes bras, je ne me serais pas posé la question, j’y serais allé direct. Là, il est clairement gêné, et pourtant il sait que c’est moi et que je m’en fous royalement. Du coup, je me balance un peu sur le côté pour le bousculer doucement d’un coup d’épaule, pour lui dire qu’on est à la cool, qu’il peut se détendre. « Tu peux tout me dire, hein. De toute façon, vu que t’as l’air d’avoir tous les droits, tu dois pouvoir décider de si je le répète, ou même de si j’oublie tout ça. » Il rit, mais pas un rire de réaction à une blague, c’est un peu comme du soulagement, je sais pas trop comment décrire ça, sans doute que lui non plus. « T’es un instinctif et tu fonces tête baissée, là où je réfléchis trop et n’arrive pas à agir. On est tous les deux assez tactiles, mais j’ose pas alors que tu t’en fous. Tu viens d’une famille de riches, moi clairement pas. Regarde à quoi tu ressembles, et à quoi je ressemble ! Pas que je me trouve moche, chuis moyen, mais toi, t’es un neuf et demi sur dix, au moins. Je vis certaines choses que j’aimerais être capable de faire ou de vivre par procuration, à travers toi, grâce à toi, parce que tu existes. » Ok, il a commencé à sortir les trucs profonds avec des émotions. « C’est quand même bizarre que tu me connaisses à ce point alors qu’on est si différents. » Enfin, il m’a créé, je veux bien, mais faut quand même réussir à transmettre quelque chose, et un truc qu’on connait pas… je sais pas, j’aurais du mal. On est sans doute différents là-dessus aussi. « Je te rassure, on a aussi plein de points communs. Ta capacité à digresser, c’est bibi. Être un peu beaucoup trop sensible, bibi aussi. Être un estomac sur pattes et une bouche à sucre, totalement moi. J’ai grandi à dix minutes de la plage, t’es un pur Rivamaréen. Je me suis déjà qualifié d’agent du chaos enrobé de barbe à papa rose, et d’insupportadorable, t’es pareil. » C’est perturbant de ouf. Je l’écoute et en fait il me connaît vraiment par cœur, alors que je ne sais rien de lui, à part que je tiens beaucoup de lui tout en étant diamétralement opposé à lui. Un peu comme un enfant et son parent.

« Bah… merci. » Il me regarde, surpris, interrogateur. « J’ai une vie qui me plait, qui me permet de faire plein de trucs, de réussir plein de trucs, d’être bien dans ma peau. Alors oui, y’a eu du pas cool dans ma vie, mais ce serait pas une vraie vie si c’était pas le cas, hein ? Puis y’en a sans doute qui morflent plus que moi. » Il éclate de rire. « Déso Nessa, mais si tu savais, y’en a qui prennent tellement cher ! Mais je veux pas ça pour toi, t’inquiète. » Ouf ? Enfin, il peut changer d’avis en cours de route, dans tous les cas je vais pas le voir venir jusqu’à me le prendre dans la tronche, mais c’est cool s’il veut pas que je me fasse bully par la vie. J’espère que Côme et Sanae ne vont pas trop prendre cher d’ailleurs ! « Oh, euh… merde, je sais pas comment t’appeler, Nessa aussi ? » Ça me fait rire, ça le fait rire. On s’est compris. « Bref, surtout, fais bien passer le message aux créateurs de Côme et de Sanae, qu’ils ne leur fassent pas trop de mal. » « Je peux rien te garantir, je décide pas, mais je veillerai sur les Poupous de Sinnoh, promis. » Les quoi ? Poupous de Sinnoh ? C’est quoi ça encore ? « C’est vous trois, Sanae, Côme et toi. Vous êtes les poupous, vous êtes adorables, chacun à votre manière, vous êtes de Sinnoh, et vous allez bosser pour le Polygone tous les trois. » Attends, il a dit quoi là ? « Je vais réussir ? Jure ? » Ah ouais, je vois à sa tronche que je suis pas censé savoir ça. « Tu vas effacer de ma mémoire le fait que je sais ça, je parie. » Il me sourit et acquiesce. Bon, tant pis, même si c’est l’espace de quelques minutes, je suis content de savoir que je vais y arriver, même si je crois pas en avoir spécialement douté jusque-là.

« Il va falloir que j’y aille ; on aurait presque trop parlé. Je ne m’attendais pas à ce que mon idée troll de proposer à mes potes un défi où il faut écrire sur notre personnage qui nous rencontre me conduise là. Je pensais juste faire un truc drôle parce que c’est toi, et au final, t’as trouvé le moyen de créer une émotion tout autre, authentique, puissante, touchante. C’était absolument pas prévu que j’en arrive là, c’est totalement improvisé, mais voilà je vais te dire ce que je voudrais te dire si je pouvais te rencontrer vraiment, si tu pouvais faire partie de mon monde, de ma réalité. » Là, il se passe quelque chose, je sens qu’il est fébrile, que ça lui tient à cœur. « J’ai beau écrire ce que tu vis, ce que tu penses, tu as ta liberté, tu es quelqu’un à part entière. C’est débile, mais j’achète des paires de baskets parce que je sais que tu les kifferais et que tu les porterais. Tu me pousses à me dépasser des fois, parce que je sais que tu n’aurais pas peur de te lancer. Tu m’inspires, en tant qu’écrivain – à mon échelle hein, je suis pas Victor Hugo – mais surtout en tant qu’humain. Alors merci. » Il se lève, se tourne vers moi et me fait un signe de la main. Il ne m’en faut pas plus pour comprendre l’invitation, je me lève à mon tour et le prends dans mes bras. Il me serre, plus qu’une simple étreinte, il doit en avoir besoin. Je dois pas être le seul que ça dépasse, ce qu’on vit là, et ouais, je le ressens aussi, à travers lui, à travers les mots qu’il utilise pour me le faire vivre. « Merci à toi, Nessa, pour tout. Et, tu sais quoi, moi aussi je suis fier de toi, pour moi bien sûr, mais aussi pour toi ! »

Et pourtant, il faut bien finir par se dire au revoir. Je ne sais pas si c’est Nessa moi, le personnage, ou Nessa lui, mon créateur, qui s’exprime à travers ses mots – sans doute nous deux – mais je sens qu’il se dissipe, que nous regagnons chacun notre espace. Et pourtant, notre lien est encore infiniment plus fort qu’avant tous ces mots.

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Nessa Finnegan

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Ven 6 Jan 2023 - 23:55
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Calendrier de l'Après 2023
Jour 6 - Seul

Il y a des fois, je crois que je cherche à me retrouver dans des situations comme là. Achevez-moi. Petite réception dans les locaux d’EmersonCorp, à Féli-Cité, où on met les petits plats dans les grands pour les actionnaires qu’on reçoit en ce moment même. Enfin, « on » c’est vite dit. Je sais pertinemment que je suis simplement là pour l’image, et c’est quelque chose qui est totalement assumé par mes frères. Ma présence n’était pas indispensable, ils m’ont juste dit que ce serait cool si je venais, pour montrer qu’on est une famille soudée. J’ai demandé s’il y aurait à manger et si je pourrais manger à l’œil, ils ont dit oui, je me suis pointé. Je vais pas détailler la fin de matinée, simplement que c’était pas si pire, j’ai embarqué Viggo avec moi – blablabla sois accompagné d’un pokémon électrique – et tous les autres sont restés soit à la pension, soit à Rivamar, chez mon père ou avec Tanguy. Bref. Après une petite visite guidée du bâtiment, nous nous sommes installés au dernier étage pour la partie réception : les petits fours, les boissons bien trop chères pour en boire tous les jours, le service, tout le bazar qui va avec, en gros. Et, jusque-là, ça se passe. J’essaie de faire bonne figure, surtout de ne pas sortir d’ânerie. Après, j’ai quand même de quoi parler, participer aux discussions sérieuses. Car si je suis surtout vu comme un saltimbanque, parce que ma célébrité est liée à ma carrière de coordinateur. La plupart des gens ont tendance à oublier que je suis aussi un investisseur, que j’ai investi dans une pension – même si l’intention originale n’était clairement pas le profit – dans laquelle j’ai sué sang et eau au quotidien pour la faire ressortir de terre. J’ai quitté cette pension en l’ayant laissé avec une réputation internationale qu’elle n’avait pas avant, et je suis encore actionnaire. Mais je digresse encore. On s’en fout de ça.

L’important, c’est que j’ai voulu aller au petit coin, discrètement. J’ai confié Viggo à Lexie, un peu gênant de le forcer à me suivre là où j’allais, même si j’aurais sans doute dû, vu ce qui va suivre. Bref, je prends la décision de descendre de trois étages, pour être certain d’être tranquille, de ne pas entendre quelqu’un pas loin, toquer à la porte ou quoi. Bon, petite ellipse, je vais pas détailler. Ce qu’il faut savoir, c’est que j’ai voulu sortir et que la porte n’a pas voulu se déverrouiller. Le loquet ne tourne plus. Je suis coincé dans les toilettes de mon entreprise. Je ne m’inquiète pas outre mesure, j’appelle quelqu’un pour m’aider et le tour est joué. Sauf que plus de batterie sur mon téléphone, il est mort. Je l’ai pas mis à charger hier soir. Il était pas dans le rouge, alors je me suis dit que ça tiendrait large. Raté. Donc je suis coincé dans des toilettes, avec aucun moyen de prévenir l’extérieur, avec personne qui ne va passer d’ici les équipes de nettoyage ce soir parce que les employés sont en congés et que les autres personnes présentes sont plusieurs étages au-dessus. C’est même pas utile que je tambourine à la porte ou que j’essaie de crier, il n’y a personne dans tout l’étage, j’ai bien vu en y allant. J’avais déjà été coincé dans un ascenseur, ce qui s’avère un peu plus stressant, mais j’avais mon portable et le truc d’urgence. Donc j’avais maté une série, tranquilou. Là, je peux même pas faire ça, j’ai rien à faire, je suis juste comme un con. Super. Du coup je vais faire quoi ? Repenser à toutes les mauvaises décisions que j’ai prises dans ma vie ? Bah déjà celles qui m’ont conduit jusqu’ici, ça sera pas mal.

J’aime pas ça, n’avoir rien à faire. Vraiment. Puis je peux pas m’asseoir par terre, parce que je suis dans des toilettes. Même s’il y a techniquement un siège tout désigné. Non mais franchement, j’aurais pas pu être coincé dans un endroit plus hygiénique ? C’est juste insupportable. Je ne peux pas bouger, j’ai rien d’autre à faire que réfléchir… Génial. J’aime même pas réfléchir, en plus de ça ! Relou. Je tape du bout du pied sur la porte, ça me fait un peu de mouvement, ça m’évite de rester dans le silence aussi. Je savais que j’aime le bruit, l’agitation et tout ça, mais je ne me doutais pas que le silence m’angoissait, pas à ce point. Je me rends bien compte que c’est pas qu’une question de bouger un peu ou de m’occuper l’esprit sur une tâche mécanique simple. Non non, c’est pour ne pas me retrouver dans le silence complet. J’ai commencé à chantonner, parce que le rythme m’a fait penser à quelque chose, à des percussions dans une chanson. J’ai embrayé, jusqu’à m’ambiancer suffisamment pour me mettre à chanter. Tant qu’à être solo ici, autant qu’on finisse par m’entendre parce que je kiffe ma vie à chanter plutôt que parce que je crie ma détresse ! Ce n’est qu’une question de conditionnement ; si je me mets dans un mood meilleure vie, je vais bien finir par y croire. « Celui qui n’a jamais été seul, au moins une fois dans sa vie… » Oui, c’est vraiment la chanson que j’ai en tête. J’étais en mode « ahah je suis tout seul », et je crois que le combo avec le tempo de mon pied sur la porte, ça m’a matrixé. « Seul au fond de son lit, seul au bout de la nuit ! » Ah puis aucune race, je chante à plein poumon. Il n’y a pas de demi-plaisir. Et puis, si quelqu’un m’entend, tant mieux. Enfin, sauf s’il ne capte pas que j’ai besoin d’aide. C’est vrai que c’est pas quelque chose qu’on se dit quand on entend quelqu’un brailler comme je le fais.

Mais bon, il y a forcément quelqu’un qui va se pointer. Au bout d’un moment…

997 mots


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Edouard de Léongrand

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Dim 8 Jan 2023 - 21:42
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Jour 8 - 15 ans plus tard

Je ne pus retenir ce soupir, qui mêlait tant tristesse que peur. Nous étions à l’aéroport et Timothée partait. Il partait pour poursuivre sa vie laissant son vieux – je suis le seul habilité à utiliser ce qualificatif me concernant, attention – père derrière lui. Il était hors de question que je sois un frein à son évolution. Tim était désormais un adulte et je devais accepter les émotions qui accompagnaient le fait de le laisser partir. J’ai essayé de minimiser tout ça, mon inquiétude, ma peine, mais Tim n’était probablement pas dupe. Après vingt-et-une années de sa vie où j’ai été – trop – présent pour lui, à passer du temps avec lui, à l’encourager, à grandir, à devenir l’homme qu’il était devenu, ça m’était très difficile de me dire que nous ne pourrions plus nous voir quand bon nous semble, parce que des milliers de kilomètres allaient nous séparer. Il parait à Unys poursuivre ses études, dans l’université qu’il souhaitait. Il partait pour vivre son rêve et ça m’apportait bien évidemment énormément de joie, de fierté aussi, mais le négatif prédominait, à cet instant-là. C’est qu’on s’attache, à ces petites bêtes-là !

J’identifiais très bien ce qui me mettait en difficulté : j’anticipais les mauvaises situations. Et s’il lui arrivait quelque chose de grave, pendant qu’il est tout seul, si loin ? Il allait être impossible d’arriver rapidement, de le rejoindre immédiatement, de lui apporter une aide concrète. J’essayais de me rassurer, intérieurement, en me répétant qu’il n’y avait pas de raison pour qu’un tel scénario se produise et que je devais aussi accepter de lâcher prise. Je devais lui faire confiance, une confiance aveugle. Cela faisait quelques années qu’il était indépendant, qu’il se débrouillait pour tout. Il vivait dans son propre appartement, à Winscor, mais c’était à côté, et il était en collocation avec des amis à lui qu’il connaissait – et nous aussi – depuis quelques années. Nous connaissions leurs parents, ce qui s’était avéré très rassurant. Cette fois-ci, c’était le grand saut. Nous avions tous tenter d’étirer au maximum ces dernières minutes, mais le dernier appel pour embarquement venait de retentir dans le hall de l’aéroport. Je retins l’injure en l’entendant, je voulais plus de temps avec mon petit Timothée, qui me dépassait de quelques centimètres maintenant. J’avais décidé de l’accompagner le plus loin qu’il était autorisé de le faire, ce qui ne pouvait pas durer éternellement.

Vint alors le moment que je redoutais : la séparation. Timothée avait dit au revoir à tout le monde ce matin, sauf à moi. J’avais fait en sorte de me libérer pour le conduire à l’aéroport, car j’avais la chance de pouvoir le faire. Le besoin aussi. Mon grand garçon se tourna vers moi, et je lus l’émotion dans son regard, je vis ses yeux devenir humides. « Je savais que tu allais me faire pleurer. » Cela eut au moins le mérite de lui tirer un rire. « J’ai vraiment envie d’y aller, je pensais juste pas que ce serait aussi dur de partir… » Je fus pris de court, sur l’instant. Tim n’avait jamais eu de mal à partir jusque-là, les colonies de vacances, les voyages scolaires, quitter l’appartement de ses mères, il ne s’était pas retourné. En même temps, il avait toujours été indépendant, et puis c’était l’enthousiasme qui le portait ; plus jeune, il n’avait pas une once de peur. Pas cette fois-ci. Je perçus son anxiété, et c’était à moi de le rassurer. Il ne doutait pas, mais il avait peut-être besoin de son papa, une dernière fois. Je fis alors signe à l’employée, afin de nous voir accordées quelques secondes supplémentaires. Je saisis Tim par la nuque, plongeant mon regard dans le sien. « C’est normal, mais ça va aller, ça va le faire. Tu sais que tu peux m’appeler si tu as besoin, fais juste gaffe au décalage horaire. Sauf si c’est urgent. Si c’est urgent, on s’en fout de l’heure, tu appelles. » Je prends une profonde inspiration. « Une dernière chose, je te l’ai déjà dit, mais je suis fier de toi, de qui tu deviens. Et je t’aime. Et… » A ces derniers mots, Tim vint s’écraser contre moi pour me serrer contre lui. « Je t’aime aussi Papa. » Je supposais qu’il était en train de réaliser seulement maintenant qu’il partait pour de bon. Enfin, s’il finissait par embarquer ! « Allez, file. Tu sais que c’est moi qui vais me faire taper sur les doigts si tu rates ton avion. » Un dernier rire entre les larmes. Moi qui croyais qu’on s’inquiétait de moins en moins pour ses enfants au fil du temps, je me rendais compte que la réalité était l’exact inverse. Je n’avais plus les cartes en main pour son avenir, Tim jouait désormais aves ses propres cartes. Et le voir partir les larmes aux yeux, ça m’a déchiré le cœur. Ni plus ni moins. « Envoie un message quand tu atterris ! » Je criai juste avant de le voir disparaître. Au loin, il leva son pouce. Je ne le montrais pas, mais j’étais dévasté.

J’attendis jusqu’au décollage de l’avion, même en sachant que ça ne changerait rien. Puis je suis sorti, j’ai enfermé tout ce que je pouvais ressentir au fond de moi, je me suis installé dans ma voiture, et suis parti. Je savais que je devais penser à autre chose, que je devais brancher mon cerveau sur une autre fréquence. Après tout, il allait vivre une expérience unique – la sienne – et je pense avoir su l’aider à s’équiper pour la vivre. Que pouvais-je faire de plus ? Continuer à l’aimer, mais ça, c’était bien trop naturel pour cesser un jour. Cette pensée en tête, je regagnai le sourire. C’était Timothée, il allait se débrouiller ! Et moi aussi.

970 mots


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Nessa Finnegan

Nessa Finnegan
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Ven 13 Jan 2023 - 23:55
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Jour 13 - Vendredi 13

Je me baladais sur l’avenue. J’aurais même envie de dire que j’avais le cœur ouvert à l’inconnu. J’aurais pu parler à n’importe qui ; n’importe qui, ce fut personne. Par contre, j’ai ramassé un truc. Ouais, je marchais comme ça et je sais pas, j’ai vu un truc briller par terre, ça a accroché mon regard. Alors je me suis baissé et c’était une pièce d’un pokédollar. Je l’ai ramassée. Je sais que c’est pas propre, mais en même temps, on passe sa vie à ramasser des trucs pourris par terre quand on est mioche, et pire que ça, on les met à la bouche. Y’a pas grand monde qui en est mort, ça renforce le système immunitaire. Et bah voilà, ce sou, il va renforcer mon porte-monnaie. Même si c’est clairement pas un pokédollar qui va faire la différence dans ma vie, c’est toujours ça de pris. Au pire je le laisserai à un mendiant, comme un juste retour des choses.

Du coup, bah c’est ce que j’ai fait. Enfin, j’ai gardé la pièce que j’ai ramassée, j’ai filé un billet plutôt. Je suis pas un crevard. Je m’attendais pas à me faire rattraper par toute une petite équipe, portable à la main pour filmer, qui m’expliquent que c’était une expérience sociale de je-sais-pas-quoi qu’ils allaient mettre sur PikPok, et y’en a un qui sort les biftons au calme. Zéro pression et la liasse atterrit dans ma main. Je bugue. Cinq mille pokédollars. Cinq putain de mille. Surtout que j’en n’ai pas besoin, bordel ! Donnez ça à quelqu’un qui en a vraiment besoin, genre un de ces SDF justement ? Ok c’est cool de récompenser la générosité, l’altruisme et compagnie, c’est le genre de vidéos qui font plaisir à regarder, mais en fait quand t’es déjà riche… C’est un peu gênant. Je veux pas être malpoli, alors, pour éviter de décliner, je tente l’audace. Je leur propose de faire une seconde vidéo, une collab, où justement on distribue ces sous à des gens dans le besoin. J’ai vu que ça leur a plu. Ils m’ont demandé mon PikPok, je leur ai donné. Je me suis dit qu’un gars un peu célèbre comme moi, ça allait aussi les aider à faire des vues, pour la monétisation tout ça. Ils n’avaient pas capté qui j’étais, un peu blasé. Bref, ils sont totalement chauds pour la collab. On fait le truc, c’est hyper gratifiant.

Bref, ça m’a pris la matinée et un bon début d’aprèm cette histoire, et j’avais toujours pas fait les courses que j’étais censé faire. Donc je finis par y aller. Et là, je me fais pas arrêter à l’entrée, parce que blablabla je suis le milliardième client ? Genre ils étaient là à guetter, avec des compteurs manuels comme les gars dans le train pour les stats ? Comment ils peuvent-être à ce point sûr de leur coup ? Surtout que j’allais peut-être juste me balader et rien acheter. Ils n'en savent rien. Bon, ok, j’ai un sac de courses à la main. Mais n’engage à rien ! Enfin, c’est peut-être un détail pour moi ; pour eux, ça veut dire beaucoup. Ça veut dire que je gagne un chèque cadeau d’une valeur abusée encore. Un truc biscornu, genre mille neuf cents cinquante-quatre pokédollars. Qui va faire une fois des courses de quasi deux mille boules ? A quel moment ? Ou alors tu le dévalises le magasin, je sais pas… Laissez-moi faire mes courses tranquille, s’il-vous-plaît. Une photo avec le gros chèque en carton – je suis obligé de me le trimballer jusque chez moi ? parce que c’est pas super pratique leur truc – une poignée de main avec le responsable de la grande surface et puis je peux aller acheter mes nouilles instantanées. Je prends deux ou trois autres trucs au passage, ou trois ou quatre… Et, au passage en caisse, on me donne un ticket pour aller jouer sur la borne. Vous le voyez venir ?

Je me suis dit qu’il fallait que je le fasse, parce que c’était bien trop gros pour que ça arrive réellement, que c’était improbable. Mon œil. Une bagnole que j’ai gagnée. Je suis resté là, con, pendant facilement une trentaine de secondes - certains diraient que je suis né comme ça, je leur souffle les intérêts de mon livret A au visage – avant de me dire que, pour le troll, j’allais aussi participer au jeu concours sur le pot de crème fraîche que je viens d’acheter. Mais je vais vite rentrer chez moi avant de me prendre un retour de karma. Parce que je le sens pas du tout. A avoir une chance aussi persistante et délirante que ça, il va y avoir un contrecoup. C’est comme un pacte avec le diable, que j’ai pas fait, ou alors dans mon sommeil. Oui je fais des crises de somnambulisme des fois. Ou alors il y a quelqu’un dans l’univers qui s’est pris l’inverse cosmique dans la tronche, ou il est juste mort comme une merde. Angoisse. On va éviter d’aspirer la bonne fortune d’autres personnes. Direction mon appart’, direction le lit. Et à demain pour voir si ça continue.



Quelques jours plus tard, la vidéo est mise en ligne, et les gars qui gèrent le compte m’envoient un petit message pour me prévenir. On a fait le tour du monde, le nombre de vues sur la vidéo a explosé. Ce qui veut dire argent. Encore plus. Tout ça à partir de ce sou que j’ai précieusement conservé.

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Nessa Finnegan

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Dim 15 Jan 2023 - 23:58
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Jour 15 - Pactole

Je vidais les poches de mes vêtements avant de les mettre au lave-linge et j’ai retrouvé un ticket de loterie dans la poche d’un jean. Je suis pas du genre à jouer à ça, j’en ai clairement pas besoin, mais c’est vrai que ce jour où j’ai trouvé ce sou fétiche dans la rue et que j’ai eu une chance irréaliste, je m’étais arrêté devant un buraliste et m’étais dit que pourquoi pas. J’ai fini par zapper, mais, en remettant la main sur le ticket, ça me fait penser qu’ils ont parlé d’un gagnant de la super cagnotte qui n’est toujours pas allé récupérer son lot à la radio. Je ne pouvais pas m’empêcher de me dire que ça ne serait pas plus improbable que le reste, donc j’ai vérifié. Et c’était moi. Encore. J’ai soupiré. Je venais d’apprendre que j’avais gagné vingt-deux millions de pokédollars et ma réaction a été de soupirer. Je pense que ça en dit long.

Enfin, entre mes parts dans l’entreprise familiale, mes parts aux Eoliennes et ma carrière de coordinateur qui me donne accès à de nouvelles activités, ma fortune personnelle n’a pas besoin de ces vingt-deux millions. Je sais. Je sais. Je suis un privilégié de riche, j’en ai conscience. Et j’ai conscience que ça changerait complètement la vie de tout un tas de personnes d’avoir cette somme qui débarque sur leur compte en banque. Juste que moi, bah c’est pas ouf quoi, ça va rien changer. Sauf que je vais forcément avoir les médias sur le dos, avec au moins un article dans le journal local. Je vois déjà le titre, un gosse de riche devient encore plus riche. Je vais me faire huer. Ou pas. Non parce que je réfléchis des fois, un peu. Et du coup, vu que je m’en fous de la thune, autant ne pas la garder, autant la redistribuer où il peut y avoir besoin. Déjà je vais en reverser une partie dans ma propre fondation, hein, parce qu’on a une visée cent pourcents caritative, donc ça va. Mais après, ça va partir pour tous plein d’associations.

Une fois que ça, c’est décidé, je me suis senti plus léger, moins accablé par la nouvelle. Je savais exactement ce que j’allais en faire. Donc go chercher le joli chèque en carton – encore un, mais avec encore plus de zéros – et puis contacter mon banquier aussi, à priori. Ok, je suis même super motivé, parce que ça veut dire que ce gros lot va servir à d’autres, à des personnes qui en auront besoin, réellement. Et ça me remplit de fierté. J’ai la sensation, et même la conviction, de faire ce qui est juste, d’agir en faveur du monde, des autres. Donc ça vaut totalement le coup, ce trop plein de chance, et pas que pour moi.

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Maëve Kent

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Mer 18 Jan 2023 - 23:58
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Jour 18 - Sans conséquence

Vous aviez été appelés en renfort pour combler un manque d’effectif, ce qui vous a conduits – Julian et toi – à vous retrouver dans ce véhicule de patrouille, un vendredi soir. Vous avez été affecté à un quartier dit mal famé de Voilaroc, malgré tes demandes. Vous attribuer un secteur à risques sans que vous n’ayez la connaissance du terrain est une erreur et tu as tenté de l’exprimer. En vain. L’agent à la tête du dispatch n’a rien voulu savoir.

Il ne s’était rien passé de grandiose jusqu’à cet appel du central pour un cambriolage, ou tout du moins une intrusion. Vous vous rendez immédiatement sur place ; à savoir un immeuble crasseux, un endroit visiblement connu pour être un taudis, un squat où des gens viennent acheter de la drogue, ou bien la consommer. Et au milieu de tout ça, des personnes qui essaient de s’en sortir, parfois avec même des enfants. Cela te rappelle Céladopole. Julian et toi descendez du véhicule, tu essaies de te renseigner sur l’étage ou le numéro de l’appartement par radio, mais tu n’obtiens aucune réponse. Vous allez devoir vous disperser pour parcourir l’intégralité des étages et des appartements le plus rapidement possible. Mais ça prendra forcément du temps. Tu proposes à Julian de commencer au rez-de-chaussée, tandis que tu montes directement au troisième étage pour frapper à toutes les portes. « Je m’occupe de monter au troisième. » Soit. Tu commences donc dès le hall d’entrée, à t’annoncer comme étant de la police. Tu vérifies les premiers appartements. Il fait nuit et tu réveilleras probablement d’honnêtes citoyens qui n’ont rien demandé. Tu t’attends à être insultée, au minimum. Personne ne t’ouvre, personne ne te répond. Tu t’interroges. Tu as beau tambouriner et crier que tu es de la police de Voilaroc, rien n’y fait. Il n’y a aucune réaction, sur tout le rez-de-chaussée. C’est étrange et surtout inquiétant. Tu essaies de contacter Julian par radio, mais lui non plus ne répond pas. Que se passe-t-il ici ?

Tu passes au premier étage, te hâtant dans les escaliers, et recommences à marteler toutes les portes. Toujours rien, comme si personne ne t’entendait cogner. Ont-ils tous peur au point de préférer ne pas ouvrir ? Dans ces conditions, que peux-tu faire ? Et comment peux-tu savoir dans quel appartement a pu avoir lieu l’intrusion ? Par réflexe, tu essaies d’ouvrir toutes les portes, au cas où l’une d’entre elles ne serait pas verrouillée. Sans succès. C’est aussi agaçant que sinistre. Pourtant, tu dois continuer de couvrir le maximum de terrain. Au deuxième étage, tu tombes sur une porte entrouverte. Arme à la main, tu la pousses et t’annonces. « Police de Volucité, il y a quelqu’un ? » Pas de réponse. Tu te décides cependant à entrer et explorer les lieux. Il le faut.

L’appartement est insalubre, ça sent l’urine, la moisissure et le renfermé. Avec la lampe intégrée à ton arme, tu balaies la zone. Tu ouvres chaque porte de chaque pièce, chaque placard. Et lorsque tu ouvres une dernière porte, tu l’aperçois. L’homme se tient là, devant ce lit double, devant un couple terrorisé. « Posez votre arme, de suite ! » Aucune réaction, comme si lui non plus ne t’entendait pas. « Je vous demande de poser votre arme délicatement à terre tout de suite ! » Il ne tourne même pas la tête vers toi, personne dans cette pièce ne le fait. Comme si tu étais spectatrice. « Ne m’obligez pas à tirer… » Tant pis, tu ne peux attendre plus longtemps, tu dois éliminer la menace avant qu’il ne soit trop tard. Tu presses alors la détente, mais ce n’est pas qu’un seul coup de feu qui part. Ta balle se fiche dans le mur, tandis que la femme est morte, dans son lit. C’est trop tard. Tu n’as rien pu faire pour la sauver.


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Ven 20 Jan 2023 - 23:56
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Jour 20 - Fête de famille

Si on me demande quelle est la fête que je préfère passer en famille, je répondrai celle-là à coup sûr. Non, ce n’est pas Noël, c’est même tout l’inverse. Chez les Finnegan, on fête le solstice d’été. C’est une vieille tradition dans la famille de mon père, on a très peu d’infos sur les racines de la famille Finnegan, on sait juste qu’ils sont unysiens, qu’ils ont émigré d’une région lointaine, et qu’ils célébraient la nature au rythme du calendrier païen. Ils avaient cette tradition de célébrer le jour le plus long de l’année, et chanter, de faire de la musique, de danser. Il y a aussi ces feux géants qu’on connait si bien, dont les cendres servaient à protéger les cultures pour l’année entière. Quand nous étions petits, notre père nous laissait observer le feu sur la place s’éteindre de lui-même. Et aujourd’hui, c’est toujours la même ambiance : détendue. C’est sur la plage, à Rivamar, qu’on fête désormais les feux de la Saint-Jean. Moi, je suis fasciné par ces brasiers gigantesques, mais sur la plage, le risque d’incendie diminue bien vite. Les gens se réunissent et nous sommes repartis pour la fête.

Tout le monde vient avec l’idée de s’amuser, chacun est libre. Moi, j’aime surtout observer ces mannequins de paille géants s’embraser quand le soleil finit par se coucher, si tard dans la soirée. C’est si joli, ça ajoute d’autant plus de feu dans le ciel. Mais il y a aussi quelque chose d’autre dans mon attachement à cette célébration : elle vient de notre père, de sa famille. C’est le seul élément qu’on en a, lui qui ne nous en a jamais parlé vraiment. Le fait qu’il nous transmette cet amour pour ce rite païen, c’est que ça doit compter pour lui d’une manière qu’on ne comprend pas, même après toutes ces années. C’est pourtant devenu une de nos traditions, une de celles qu’on transmettra à nos enfants, c’est certain. C’est un moment pour nous encore plus sacré que les fêtes de fin d’année, celui où on se retrouve quel que soit ce qui se passe dans nos vies. Les Finnegan se reverront au solstice d’été. Pour profiter, pour aimer, pour vivre. La plage, le feu, une nuit d’été qui n’en finit pas, tout ce que j’aime, tout ce qui fait que j’aime ma vie, que j’aime Rivamar. C’est étrange qu’on le fête ici, d’ailleurs, alors que ça ne vient pas du tout de la région… Mais ça fait des années que Papa vit ici, et il a transmis le virus à bien plus de monde qu’à ses trois fils, ce n’est même plus qu’un rassemblement familial, c’est toute la ville qui s’enflamme ce jour-là, pour un dernier moment de candeur avant que les jours ne raccourcissent.

J’ai hâte d’y être, même si c’est dans longtemps.

472 mots


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Edouard de Léongrand

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Dim 22 Jan 2023 - 23:58
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Jour 22 - Fils caché

Je ne m’attendais pas à ça. En même temps, je doute que quelqu’un puisse s’attendre à ce genre de chose. Je me rappelais globalement cette soirée, de cette fille vaguement aussi après être allé chercher son Insta. Elle avait bien un fils de deux ans, comme elle me l’avait expliqué dans le message qu’elle m’avait envoyé. Et, sur les photos, je remarquais sans mal la ressemblance avec Timothée au même âge. J’ai été grandement déstabilisé. Pourquoi ne m’avait-elle pas contacté avant ? Je ne souhaitais pas être rude, et j’avais du mal à savoir si j’étais en droit de demander un test de paternité. Je savais parfaitement que j’allais vouloir m’investir dans la vie de ce petit être, exactement comme pour Tim, que je pouvais regorger d’amour pour ce petit bonhomme ; je n’avais cependant que les mots de cette femme avec qui je n’avais partagé qu’une nuit et une impression de ressemblance, cela ne suffisait pas, cela pouvait être une arnaque. Je me devais d’être prudent, être sûr à cent pourcents qu’il s’agissait effectivement de mon fils pour que je puisse m’autoriser à lui ouvrir mon cœur. J’ai pris le temps d’expliquer que ce n’était pas une tentative de me dédouaner de la responsabilité qui pourrait m’incomber, que c’était même l’inverse, une assurance pour prendre pleinement le rôle qu’on me laisserait avoir. D’ailleurs, nous avions également discuté de cela, de ce qu’elle cherchait en me contactant. Quelle place souhaitait-elle que je prenne ? J’aurais très mal vécu d’être approché pour simplement verser une pension, même si cela aurait pu se comprendre sans me connaitre. Et finalement, la mère de ce petit gars a été très compréhensive sur ma vision des choses et – je pense – honnête dans ses réponses.

C’était tout de même un univers qui se chamboulait. Sans forcément le souhaiter, je n’avais jamais rien eu contre l’idée d’agrandir ma famille, d’avoir un ou plusieurs enfants après Timothée. Je n’avais simplement jamais imaginé que ça pourrait se dérouler de la sorte, que ce serait un enfant dont je découvrirai la naissance trois ans après un coup d’un soir. J’avais toujours été précautionneux, mais personne n’était à l’abri de tels accidents, visiblement. J’ai la sensation que j’acceptais plutôt bien tout ce que ça pouvait impliquer. C’était surtout cette zone d’inconnu, d’incertitude qui me préoccupait. Une fois que les choses allaient être parfaitement claires sur la situation, qu’il n’y aurait plus de zone d’ombre sur le fait que j’étais effectivement le père de ce petit Maël, tout finirait par se poser. J’ai expliqué que, pour me préserver émotionnellement, je ne tenais pas à les rencontrer avant les résultats du test de paternité. Je me connais, je me suis vu immédiatement fondre à la naissance de Tim. Je préférais garder leur existence abstraite plutôt que de risquer la souffrance d’une désillusion.

Puis est venu le jour où les résultats sont tombés, j’étais bien le papa de Maël et il n’a pas fallu une semaine pour que je m’organise pour leur rendre visite, à Illumis. Je l’ai vu, ce bambin, et mon cœur s’est immédiatement agrandi. A deux ans et demi, je me doute qu’il ne comprenait pas ce qui se jouait autour de lui, qu’il ne comprenait pas qui pouvait être cet homme qu’il n’avait jamais vu et qui le prenait dans ses bras. J’étais ému, et pas qu’un peu. Il était adorable et oui, il ressemblait vraiment à Timothée et par extension à moi au même âge. C’était fort. Intense. Je m’efforçais cependant de garder la tête un peu froide, car nous allions avoir une discussion d’une grande importance avec sa mère, à savoir comment organiser les choses pour la suite de sa vie, pour la suite de la nôtre. Je lui expliquais que je ne souhaitais pas lui prendre son enfant, que c’était hors de question, mais que je tenais véritablement à m’impliquer auprès de lui. Je me refusais à devenir une question dans sa tête, ou une personne si distante qu’on la croit inatteignable. Je voulais être un père pour lui, je voulais qu’il puisse rencontrer Tim, son demi-frère par conséquent. J’étais plein d’espoir et enjoué. Par chance, je n’étais pas le seul.

696 mots


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Nessa Finnegan

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Mer 25 Jan 2023 - 23:59
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Jour 25 - Retard

J’ai ouvert le portail du chaos. Je sais pas comment décrire ça. Tout allait bien, j’avais mis mon réveil suffisamment tôt pour anticiper tout problème. Je l’ai pas entendu. Ça a commencé comme ça. Donc je me réveille, regarde l’heure et je ne comprends pas tout de suite. J’ai un faux sentiment de sécurité, pensant avoir largement le temps pour me préparer et tout. Et puis j’ai fait les maths, du calcul mental au réveil, donc lent. Et non, clairement les calculs n’étaient pas bons. J’ai une demi-heure avant le départ du train et j’ai une demi-heure de route pour me rendre à la gare. Panique. Je bondis hors du lit, saute dans le premier pantalon à portée, t-shirt, petit pull, grosse chemise, manteau, chaussettes, chaussures. Je me brosse les dents, tant pis pour le reste, tant pis pour mes cheveux, tant pis pour tout. J’ai pas le temps. Le bonnet, l’écharpe, je suis parti. Enfin non, parce qu’il a bien évidemment neigé cette nuit, donc il faut que je dégage la neige de mon pare-brise. Même pas je mets des gants, pas de temps à perdre en plus. Heureusement pour moi, pas de verglas, pas à gratter. Mais bon. Ça ne me fait pas rattraper mon retard. Il fait encore nuit, il fait bien trop froid pour être dehors, mais il faut ce qu’il faut.

Je démarre ma voiture, opération pilote de course activée. Bon, en ville, j’essaie quand même de respecter un minimum la limitation, bien que ça n’ait rien d’évident. Je ne grille pas de feu, non plus, même s’il n’y a personne, par contre les stops sont bien bien glissés. Heureusement que je connais la route, d’ailleurs. Mais bon, je vois le temps continuer d’avancer et je ne me vois surtout pas gagner du temps sur l’heure d’arrivée prévue par le GPS. Moi, en stress ? Non, pas du tout ! Je suis concentré et une fois sur la voie rapide, t’inquiète que ça a dépoté. On dirait pas comme ça, elle paie pas de mine, mais ma petite voiture a carburé bien comme il faut. J’ai tracé. Bon, j’ai quand même ralenti au niveau des radars, parce que pas trop envie de se prendre une amende et des points en moins sur le permis, mais sinon, j’étais largement au-dessus de la vitesse réglementaire. Et pourtant Arceus sait à quel point je fais en sorte de toujours rester dans les clous du Code de la route et de la loi en général. Mais pas là. J’avais un train à prendre, j’allais tout donner pour l’avoir. Point barre. Bah j’ai pas fait trop le fier non plus, quand je me suis pris du vent et de la neige dans la tronche, avec. Supplément brouillard au moment de dépasser un camion, avec une petite pointe de vitesse à cent quarante kilomètres par heure.

J’ai dû ralentir en réentrant en ville, ce qui est extrêmement frustrant, parce que j’arrive à destination, et je vois l’heure. 6h58. Le train est censé partir dans une minute. Je me gare sur le parking de la gare. Pas de train qui arrive. Je dois payer le stationnement – oui parce que j’ai déjà eu un souci la dernière fois et je me suis fait injustement verbaliser, pas le temps de raconter plus – à l’horodateur. Cette machine n’est pas du tout intuitive quand on est pressé, mais j’y arrive. Je reviens vers ma voiture pour placer le petit ticket derrière mon pare-brise, et maintenant c’est la dernière ligne droite. Je trace jusqu’à la gare et, devant, vois le train encore affiché. Je soupire de soulagement et fais le tour de la gare – parce que oui, c’est fermé à cette heure-là – pour rejoindre le quai. Et là, sur le quai, le train que je dois prendre n’est plus affiché. Je… Quoi ? Mais y’a aucun train qui est passé entre temps, alors j’aurais mal vu ? J’en sais rien. Je panique encore plus. J’envoie un message à la personne que je suis censé rejoindre pour lui dire que j’ai raté le train. Et là, sorti de la nuit noire, il arrive. Cinq minutes de retard. La magie. L’alignement d’étoiles.

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Nessa Finnegan

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Dim 29 Jan 2023 - 23:53
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Jour 29 - Spyros

Je ne comprends pas comment il est possible d’avoir autant d’énergie dès le matin. J’aime être au calme de manière générale et c’est d’autant plus vrai au réveil. Avec Nessa, c’est quasiment mission impossible. Je suis obligé de couper les communications télépathiques pour éviter de me faire assaillir. C’est pas contre lui, et c’est pas quelque chose que je veux changer chez lui non plus. Depuis le temps, j’ai l’habitude et je ne lui en fais pas part parce que je sais que ça va lui faire de la peine et que ça va renforcer certains mécanismes que j’aime pas trop le voir utiliser. Je sais que ça lui coûte énormément de s’éteindre et je le vois immédiatement à son aura quand il le fait ; elle perd en éclat et surtout arbore des reflets aux couleurs de frustration et de tristesse. Il ne mérite pas ça. Il ne mérite pas de penser que je puisse le rejeter. Je sais qu’il comprendra que mes propres ressources émotionnelles ne sont pas inépuisables et que je dois parfois les préserver de son intensité, mais je sais aussi qu’il cherchera à me préserver et n’hésitera pas à s’éteindre pour ça. Hors de question. Je me suis promis de veiller sur lui comme il a veillé sur moi, tant de fois. Lors de notre première rencontre, lorsqu’il m’a sauvé sur cette plage où je me suis échoué, plus tard lorsqu’il ne m’a pas lâché au refuge, et ainsi de suite. C’est dans sa nature de faire tout son possible pour que les êtres autour de lui soient heureux, qu’il les connaisse ou non, et il est prêt à y mettre toute son énergie. C’est pour ça que je l’ai suivi, au début, parce que j’ai senti que je pouvais avoir confiance en lui, et j’ai eu raison. Il a ses défauts, comme nous tous, mais l’ensemble vaut le coup de faire avec. Même si j’aimerais qu’il parle moins le matin, et qu’il pense moins, vu que je perçois ça aussi. Je voulais juste manger un peu, pas subir une dissertation interne sur les tenants et aboutissants de la haine communautaire de l’ananas sur les pizzas. Parce que oui, c’est à ça que Nessa est en train de réfléchir ce matin, au petit-déjeuner, qui ne comporte ni pizza ni ananas. J’ai beau m’être attaché à cet humain, je ne parviens pas à comprendre comment son cerveau fonctionne. Il me manque des étapes dans ses enchaînements d’idées.

Pour la suite de la journée, son énergie reste une bonne chose, parce qu’il sait la rendre contagieuse et motiver les troupes. Tout le monde n’a pas forcément envie de s’entraîner dès le début de la journée, bien que je considère que ce serait le meilleur moment et même envisagerais d’en avancer l’horaire. Et pourtant tout le monde est là et tout le monde est impliqué. Nessa a des projets pour chacun, et il part peut-être dans tous les sens, mais ses différents objectifs sont clairs. Chacun d’entre nous – pokémons – est ravi d’être impliqué dans quelque chose qui lui correspond, ça joue sur la motivation. Et Nessa s’adapte, au caractère, aux capacités, aux objectifs. Je trouve ça assez impressionnant, pour un humain, et le fait qu’il soit fédérateur me permet de ne pas avoir à l’être, parce que je ne saurai pas l’être. Je suis par défaut le leader de cette équipe, et c’est une responsabilité que j’accepte. Pourtant, je n'ai pas cette personnalité sociable, je ne suis pas amusant, ni même toujours sympathique. Je suis distant, je chéris le calme et la discipline. Nessa, à l’inverse, évolue avec une aisance déconcertante au milieu du chaos. C’est ce qui fait que notre fonctionnement, avec Nessa, est presque symbiotique et j’ai, par rayonnement, la confiance des autres. Ça donne un sens à ce que je peux faire, et j’en suis heureux.

645 mots


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Nessa Finnegan

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Jour 30 - Métamorph

Envie de chialer, un peu beaucoup. Comment c’est possible que je ne m’en sois pas rendu compte ? Comment c’est possible que personne ne s’en soit jamais rendu compte ? Je veux dire, il a eu des problèmes de santé, il a eu un suivi médical, et personne ne s’est rendu compte que mon Lucario n’était pas un Lucario, qu’il n’en a jamais été un ? Je suis sous le choc. Je sais même pas si je dois être dégoûté, triste, en colère, ou si je dois juste encaisser et accepter la nouvelle. Ça fait des années que je suis dans le faux, quand même, et ce concernant mon tout premier pokémon, celui dont je suis le plus proche. On me fait une blague, c’est pas possible. C’est forcément une caméra cachée ! On a demandé à un Métamorph de copier Spyros pour me faire une frayeur, pour me voir paniquer. Je ne peux pas imaginer que Spyros soit en fait un Métamorph, pas depuis tout ce temps, c’est impossible qu’il ait pu maintenir cette apparence avec toutes ces capacités spécifiques aux Lucarios pendant tout ce temps. Je vois pas comment.

Dans un même temps, il y a un autre fil de pensée qui se dessine. Et si, effectivement, Spyros avait toujours été un Métamorph et qu’il avait pris l’apparence d’un Riolu dans l’espoir d’être mieux accepté ? Et s’il s’était pris lui-même au piège en ne sachant plus comment montrer qu’il n’était pas ce qu’il avait laissé voir jusque-là sans risquer le rejet, sans risquer de tout perdre ? Peut-être avait-il considéré avoir suffisamment confiance en moi pour me révéler sa véritable identité, qui il est réellement. Et voilà comment je réagis. Ça reste le même pokémon avec qui j’ai traversé toutes ces épreuves, toutes ces émotions. Et je suis là à rester confus pendant qu’il attend une réaction. Il doit être terrifié, et je n’ai pas envie que son petit cœur de chewing-gum se brise. Vraiment pas. C’est un choc certes, et pas des moindres, mais ça reste surtout Spyros que j’ai face à moi, et ça, rien n’y changera.

Je suis même en train de me dire que, niveau possibilités, ça ouvre quand même énormément de portes. Il va certes falloir que je m’habitue à ne plus avoir de Lucario, à ne plus sentir ce lien télépathique permanent entre nous deux, ce qui va créer un profond vide en moi. Enfin, sauf s’il est en mesure de reprendre cette forme de Lucario, même si ça m’embête. Je ne veux pas qu’il croie que mon affection pour lui dépend du fait qu’il soit un Lucario ou non, qu’il pense qu’il ne peut être aimé que sous cette apparence, que sous cette identité qui n’est pas totalement la sienne. Je comprends que le Spyros Lucario reste lui, mais il y a des différences, tout de même. Alors oui, il va me falloir un temps pour accepter, pour m’y habituer, mais j’y crois. Puis il a besoin que j’y croie, aussi.

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