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Kalinka Hollowell

Kalinka Hollowell
Ligue 4

C-GEAR
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Dim 12 Juin - 18:39
Après le combat contre Asuna Maruoka, ma liberté de mouvement a augmenté. Apparemment, jouer sur le label d'être la championne qui finit ses combats en entraînant un de ses adversaires au tapis avec elle a plutôt bien fonctionné. Depuis deux semaines, on me reproche moins d'avoir terminé mon combat de Master Ligue par une attaque explosion, car avec celui contre la challenger qui s'est fini sur un lien du destin, ça fait deux fins de combat suicide à mon actif, ce qui me donne une marque de fabrique. Apparemment. Je ne sais pas combien de temps ça tiendra, car je ne vais pas saboter mes affrontements exprès, mais même si je ne suis plus très sensible aux crachats à mon encontre sur internet, ça fait toujours du bien de se dire que je suis un peu plus tranquille qu'avant.
Par contre, ça semble avoir mis un coup à mon agente. Elle était toute contente d'avoir l'idée de le mettre en avant comme mon style de combat, ou de défaite et d'égalité plutôt, tout donner jusqu'à s'éteindre en emportant l'adversaire, mais son enthousiasme est rapidement retombé quand j'ai exprimé le mien en expliquant que j'y avais grave pensé aussi. Ne pas avoir l'exclusivité de l'idée l'a cassée dans son délire. Honnêtement, je ne sais plus quoi faire pour mon agente : ça fait à peine deux mois qu'on travaille ensemble, et j'ai l'impression qu'elle est déjà en train de se rabougrir et de s'enfermer dans une sorte de déprime. Je l'ai déjà entendue plusieurs fois me dire qu'elle ne servait à rien, ce qui est faux, mais je n'arrive pas à lui faire dire le contraire encore. J'espère que ça lui passera, surtout qu'à plus de trente ans, c'est elle qui devrait être plus raisonnable que moi. Parfois, je me demande si je ne devrais pas faire des conneries et foirer des trucs exprès, pour qu'elle puisse rattraper le coup et se sentir mieux, mais je n'ai pas envie d'initier ce genre de dynamique. On est des adultes, et dans un métier où il ne me semble pas que ce genre de gamineries soit de mise !

Bref, mon dernier combat de Ligue, même si j'ai perdu, m'a permis d'achever de légitimer ma place pour le moment, grâce à ce petit stratagème. Du coup, je commence à avoir plus de sorties hors de la Ligue, principalement pour des événements. Je n'ai que peu touché terre, mais ça me plaît grave en fait ! Dès que j'ai un coup de mou, je revois la petite fille que j'étais, qui n'avait rien à part ma famille et Plancha, et qui tentait désespérément de se cacher pour ne pas avoir à exposer sa pauvreté aux yeux de ses camarades. Aujourd'hui je suis comme un putain de soleil avec des milliers d'yeux braqués sur moi grâce aux efforts que j'ai fourni pendant toutes ces années. Grâce à ma persévérance. Comment ne pas être super fière ? Peut-être que certains vont me trouver prétentieuses, ou ne pas supporter mon enthousiasme à ces événements ou dans les médias, mais honnêtement qu'ils aillent se faire voir !
Aujourd'hui j'ai un peu de repos, car l'événement du jour a eu lieu à Illumis, pas loin du quartier où vivent mes parents et ma fratrie. Du coup, au lieu d'aller à l'hôtel, il a été décidé que je resterais chez eux. Il a fallut être super discrète pour les rejoindre afin de ne pas faire fuiter leur adresse. J'étais contente de les revoir et de les entendre tous être fiers de moi. Bennett était moins enthousiaste que les autres, mais il est un peu froid avec moi depuis quelques temps. J'imagine que ses études lui mettent une certaine pression sur les épaules, et que la visite impromptue de sa grande sœur a perturbé son programme. Il avait l'air fatigué, aussi... J'essayerai de lui parler par sms un peu plus tard. C'est compliqué quand tout le monde est là et que je suis le centre de l'attention.

Vers une heure du matin, tout le monde est allé se coucher. Ma mère m'a dit de ne pas trop tarder et j'ai approuvé tout en sachant que c'était un mensonge. Il y a une chose que je ne peux faire que la nuit et je n'en ai pas eu l'occasion ces derniers temps comme j'étais trop claquée avec mon rythme infernal. Être chez mes parents me redonne une certaine énergie alors il faut que je m'occupe de Rosetta.
En toute discrétion, je sors de l'appartement, puis de la résidence de standing et me faufile rapidement à travers les rues de Volucité. Plancha est restée à la maison, pour dormir avec Pia et Ewen qui sont beaucoup trop contents de la revoir. Mes autres pokémons se reposent dans leurs pokéballs, il n'y avait pas besoin que je les prenne avec moi. Du coup, je n'ai que ma tutétékri que je m'empresse de libérer dès que j'arrive vers une zone où il y a moins d'habitation. La créature spectrale et effrayante pour la plupart étire ses membres et a l'air heureuse de se trouver à l'air libre. A la Ligue, c'est facile de la sortir, ailleurs, moins. Depuis que je l'ai je rencontre ce problème : beaucoup de gens ont peur de ce pokémon et ne veulent pas la voir dans leurs rues. Pourtant, Rosetta est une des pokémons les plus mignonnes que j'ai jamais rencontré ! Elle est adorable, friande de câlin -elle est d'ailleurs déjà en train de m'en faire un- et refuse de faire du mal à quoi que ce soit en dehors des combats. On pourrait croire, à cause de ça, qu'elle n'est pas faîte pour être un pokémon de Ligue, et j'ai cru aussi au départ qu'elle ne me servirait à rien à ce niveau, mais c'est sans compter l'incroyable force qu'elle cache en elle et est capable de déployer lorsqu'il le faut !
Enfin, cette force, il faut qu'elle puisse la solliciter. Et pour ça, il faut aussi qu'elle puisse se nourrir, ce qui est assez compliqué lorsque je n'ai pas la possibilité de la sortir de sa pokéball. Comme beaucoup de spectres, Rosetta se nourrit de l'énergie vitale des autres créatures vivantes. En général, je ne manque pas d'énergie pour la rassasier, mais comme ces derniers temps je n'ai ni pu passer trop de temps avec elle, ni me reposer... La pauvre va finir par mourir de faim. Revoir ma famille m'ayant donné un coup de boost, c'est le bon moment pour régler ce problème.

A force de marcher dans les rues presque vides de ces zones résidentielles où il n'y a personne d'éveillé pour me reconnaître, je finis par arriver près d'une sorte de chantier. Au vu du grand panneau promotionnel devant le terrain en travaux, ils sont en train de construire une nouvelle résidence avec des intérieurs ultra-modernes qui font super envie. Il faudra voir si les appartements sont mieux que dans la résidence actuelle des mes parents, peut-être que je pourrai les faire déménager là-dedans... En tout cas, cet endroit semble idéal pour nourrir Rosetta. A cette heure, il ne doit plus y avoir personne dans ce chantier, donc on ne me verra pas dans une situation pouvant traumatiser des enfants.
En longeant les barrières de protection, je trouve un endroit où elles ne sont pas si bien installées et où je peux me faufiler entre deux. C'est limite au niveau de ma poitrine, mais je finis par réussir à pénétrer à l'intérieur du chantier. Rosetta me suit en flottant par-dessus les barrière. Curieuse de trouver un endroit où on ne me verrait vraiment pas, j'avance un peu plus dans le chantier, jusqu'à me retrouver sur une dalle en béton à côté de laquelle sont appuyées des poutres en métal qui ne sont pas encore utilisées pour la structure. Debout bien stable sur mes pieds, je tends les bras en direction de ma tutétékri pour lui indiquer qu'elle peut venir manger. Elle étend ses bras dans ma direction, collant ses parties solides contre moi. Les souvenirs de ce qui est écrit sur elle, je les ai déjà vus cent fois et, même s'ils ne sont pas très joyeux, j'ai appris à les supporter facilement. Aujourd'hui, Rosetta est particulièrement excitée de se nourrir et son espèce de queue au bout de laquelle se trouve une partie de sa plaque de pierre va dans tous les sens. Je n'en pense rien, au contraire ça me fait rire de la voir aussi heureuse... Jusqu'à ce qu'elle vienne heurter une des poutres en métal.

Rosetta a de la force. Qu'elle ne manifeste qu'en combat... Et quand elle mange pour la première fois depuis longtemps, visiblement. La poutre perd sa stabilité et tombe dans notre direction. Je m'écarte d'un bond, mais Rosetta met trop de temps à réaliser ce qui est en train de se passer. L'énorme barre de métal s'écrase sur elle dans un son qui résonne à travers tout le chantier et j'émets un cri.

- Rosetta !, à travers le nuage de poussière soulevé par la chute de la poutre, je vois ma tutétékri qui se débat sans parvenir à s'extirper de ce poids. Elle panique et n'a pas pu manger beaucoup ; rapidement je comprends qu'elle n'y arrivera pas toute seule. Attends je t'aide !, dis-je bêtement alors que je prends l'objet beaucoup trop lourd à deux mains pour tenter de le soulever.

Evidemment, je ne parviens qu'à me faire mal aux bras et au dos à force de tirer comme une forcenée sans rien faire bouger. Ohlala, qu'est-ce que je vais faire ? Je commence à paniquer, essaye de renvoyer Rosetta dans sa pokéball sans succès. Le pokémon est beaucoup trop agité pour se laisser faire par le faisceau lumineux. D'ailleurs, j'ai peur qu'elle provoque d'autres dégâts à force... Oh non... Je fais quoi maintenant ? J'attends qu'elle s'épuise pour la renvoyer dans sa sphère ? La pauvre ! Je retourne chez moi chercher un pokémon pour m'aider ? La pauvre aussi ! Et ça va prendre une éternité ! Putain c'est vraiment naze que leurs pierres empêchent ces spectres de passer à travers la matière ! La nature est mal faîte pour le coup. Et penser à ça ne m'aide pas du tout à savoir comment faire pour la sortir de ce mauvais pas.

- On... On va faire des exercices de respiration pour que tu sois zen ?, stupide ! Idée complètement stupide ! C'est une spectre, elle ne respire pas ! Même si ce n'était pas un spectre, elle n'a de toute évidence pas de poumons. Toujours est-il que, pour le moment, je n'ai rien de mieux alors... Je m'assieds en tailleurs à côté d'elle est fait genre d'exécuter des exercices zen pour l'inciter à se calmer.

Tout en priant pour qu'aucun voisin n'ait entendu le bordel et se sente assez brave et curieux pour venir voir ce qu'il se passe.



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Oh l'chantier ! Saki-nikaido-%E4%BA%8C%E9%9A%8E%E5%A0%82%E3%82%B5%E3%82%ADDC : Illia Aethelhelm - Aaron Sakuragi - Cannelle P. Rosealis
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Lenny Sorano

Lenny Sorano
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Dim 12 Juin - 19:49
J'termine à peine de serrer un boulon quand j'entends la sirène de fin d'service. En un sens, ça m'fait chier. Le soleil est en train d'tomber, ça rend la température un peu plus supportable que le cagnard qu'on s'est tapé toute la journée. On est beaucoup à s'dire qu'on aimerait bien bosser de nuit, mais avec le potin qu'on fait, les voisins s'mettraient à gueuler, s'plaindraient à la mairie et on recevrait un papier dans les 48 heures pour nous dire de bosser pendant les horaires de travail. J'comprends, j'aimerais pas non plus qu'on m'empêche de dormir. Mais on voit bien que c'est pas ces bons bourgeois qui s'ruinent la santé sous trente degrés de sept à dix-neuf heures.

J'pose ma clé pneumatique, j'essuie la sueur qui coule entre mon casque et mon front, et j'descends d'mon échafaudage. Arrivé aux préfabriqués, j'enlève mon casque et mes gants et j'm'approche de mon casier, quand une voix que j'aurais préféré ne pas entendre avant demain m'fait limite sursauter.

- Lenny-boy !

Quel surnom d'merde. Y'a bien qu'un gars du Sud comme Daryl pour trouver que ça sonne bien. Mais c'est l'contremaître, alors bon, j'peux pas trop lui faire la remarque.

- On a un souci avec le veilleur de nuit, cet abruti a fini au poste pour ébriété publique. On a personne pour garder le chantier cette nuit. Tu veux bien t'en occuper ?

- Euh, bah c'est que...

- J'ai personne pour le remplacer au pied levé, et comme je sais que t'habites seul, ça te mettra pas dans la merde. Tu seras payé en heures sup', évidemment.

Qu'est-ce que tu veux que j'réponde à ça. Tous les autres ont leur femme, leurs gosses ou les deux qui les attendent à la maison. Moi, à part mon micro-ondes et mon plat de lasagnes surgelées, personne m'attend. Evidemment que j'ai pas envie de rester ici toute la nuit. Qui aurait envie ? Mais bon, si j'dis que j'ai pas envie, non seulement ça forcera un d'mes potes à appeler sa famille pour lui dire de pas l'attendre avant 24h, mais en plus j'm'assois sur un beau p'tit bonus. Les horaires de nuit, ça compte double.

- Ben, euh, ouais, mais j'sais pas si j'pourrai rester réveillé toute la nuit.

- T'inquiète, c'est juste pour l'assurance, on est obligés d'avoir quelqu'un sur place. Y'a rien à voler ici à part quelques outils dégueulasses et des poutres en acier que même un mackogneur aurait du mal à soulever. T'as juste à faire une ronde de temps en temps si t'arrives pas à dormir, un tour du proprio demain matin avant l'ouverture, et on est bons.

- Bon, bah, ok. Je dors où ?

- Où tu veux, Lenny-boy. Mets-toi à l'aise et fais comme chez toi !

Il se marre, fier d'sa vanne pourrie, et se tire. Moi, j'contemple mon existence un p'tit moment avant d'aller me passer un coup d'eau sur la tronche, à défaut d'une vraie douche. J'ignore les copains qui se foutent de ma gueule en partant, et j'vais me préparer un p'tit lit improvisé sur le banc des vestiaires.

---

J'arrive pas à dormir. C'est pas une surprise, mais un chantier, c'est pas un hôtel quatre étoiles. J'ai tout essayé. Le banc, trop dur. Les sacs de béton, ça soulève de la poussière dès qu'je bouge. La brouette, c'est trop petit. J'arrive à être à peu près confortable dans la cabine de la grue, mais j'ai abandonné en me disant que si y'a une urgence, j'vais pas pouvoir descendre assez vite. Du coup j'ai empilé des combis d'travail par terre, avec deux chaussures de sécurité empilées en guise d'oreiller, et j'compte les wattouwats. Autant dire que j'vais être frais demain.

J'sais pas combien de temps je tourne en quête de sommeil. P't'être même que j'arrive enfin à m'endormir, vu que j'ai l'impression d'avoir l'esprit pas clair. C'que je sais pour sûr, par contre, c'est que j'me fais réveiller en sursaut par un putain d'fracas. J'me redresse d'un coup, complètement en alerte. J'saute sur mes deux pieds, j'prends une pelle posée près de l'entrée du préfabriqué et je jette prudemment un coup d'œil dehors. J'y vois rien, il fait aussi noir que dans la coquille d'un crustabri. Pourtant j'suis pas fou, j'ai bien entendu c'bruit, c'était trop fort pour être mon imagination. J'suis même à peu près sûr d'avoir entendu un cri.

J'retourne dans le préfa pour prendre un casque avec une lampe sur la visière, et je sors, discrètement. Si y'a du monde sur ce chantier, s'agit d'les prendre par surprise. J'avance lentement, en faisant le moins d'bruit possible. J'contourne le préfabriqué en direction de l'édifice principal, c'est là qu'il y a le plus de trucs susceptibles de faire un bruit pareil.

J'me fige. Une voix. Y'a bien quelqu'un ici. Il est en train d'parler, mais j'arrive pas à entendre. On dirait une voix d'femme. Ou d'enfant. L'hypothèse du p'tit con qui vient faire de l'urbex me paraît pas déconnante. Il va être reçu, Titouan.

J'continue d'm'avancer à pas d'lougaroc. Ma lampe est éteinte, faut pas que j'me fasse repérer avant d'l'avoir en face de moi. J'passe derrière la pelleteuse pour être plus discret, et là...

J'y vois pas clair. Entre l'obscurité et une espèce de nuage de poussière qui recouvre la zone, c'est pas la joie. Mais j'aperçois une forme vaguement humaine qui s'agite autour de ce qui ressemble beaucoup à des poutres effondrées. Merde. A tous les coups c'est des gamins qu'ont voulu jouer avec les poutres, j'me mets à espérer très fort qu'il y en aie pas un qui se les soit prises sur la gueule. Plus besoin de jouer les commandos, j'fais un rapide calcul dans ma tête : si un gosse est en danger, tant pis pour le coup d'pelle, va falloir y aller. J'sors de ma cachette et j'allume ma lampe pour y voir plus clair.

- Eh, y s'passe quoi là ?

J'ai encore du mal à y voir très clair vu que la lumière capte surtout d'la poussière, mais j'me mets à distinguer plus nettement l'gamin qui parlait. Il est pas grand, tiens. Sauf si... ah, non, il est assis. Elle est assise. Et c'est pas un gamin. Du coup j'ai pas misé juste, c'est une femme. Avec des cheveux blonds sacrément longs. Et des mèches. Et... Oh. Oh. Pu. Tain.

- V'z'tes...

Non, non. C'est pas possible. J'ai voulu dire "vous êtes" parce que j'croyais l'avoir reconnue, mais j'me suis mordu la langue dans la foulée, parce que c'est juste pas possible. Qu'est-ce qu'elle foutrait sur un chantier en pleine nuit ? J'me gourre, c'est pas possible autrement. J'm'approche de quelques pas, en me concentrant fort sur son visage. C'est pas possible. J'suis pas réveillé. C'est ça, j'suis en train d'pioncer et de rêver, j'vois pas d'autre solution. J'secoue la tête. Le rayon lumineux d'mon casque bouge de manière beaucoup trop réaliste pour que ça soit un rêve. J'm'approche encore d'un pas ou deux.

J'hallucine pas.

- M'd'me... V'z'êtes... Qu's'qu'... M'd'me Hol...

Putain. J'arrive pas à process. J'arrive pas à penser. Ni à parler. Mon putain d'cerveau va plus vite que ma langue. J'ai un mot qui sort quand y'en a trois qui veulent sortir. J'sais même pas quoi dire.

- AAH !

J'lâche un cri, le genre de cri qu'est ni de peur ni d'colère. Ce cri qu'on sort pour s'remettre les idées en place et faire se calmer sa langue quand on bégaye. Parce que là, j'bégaye comme j'ai jamais bégayé.

- M'dame Hol-... M'dame Hollowell ? C'est bien ?

"C'est bien". Lenny, espèce de trisomique. J'voulais dire "c'est bien vous" et au même moment j'ai voulu raccourcir en "c'est vous". Du coup j'ai dit "c'est bien".

- Euh, c'est vous ?

Voilà. C'est bien. Continue. Tu vois bien qu'c'est elle, Lenny. Tu passes pour un con à lui d'mander ça. Elle va dire quoi, "oui" en te regardant comme l'abruti que t'es ? Non, c'est elle, tu le sais, elle le sait. Lui laisse pas le temps d'répondre sinon ton premier contact avec ton idole numéro un va très mal commencer.

- Mais kskczv... Quéquéqué... Kszqu'eeest-ce que vous faites là ?

Respire Lenny. Respire. Pas trop sinon tu vas passer pour un fou, mais respire. Ah, et précise, aussi. C'est m'dame Hollowell, elle va où elle veut. En plus si tu t'arrêtes là-dessus, elle va penser que tu veux pas qu'elle soit là.

- Enfin, si tard ? Si tôt ? Enfin à c'tzrv... A c't'heure-ci ?

T'es un abruti, Lenny. T'es un abruti. Tu sais même plus aligner trois mots, elle va te prendre pour un abruti congénital, c'est tout c'que tu vas gagner. Sois gentil avec elle. Sois gentil avec la madame.

- Vous...

Ah. Merde. J'viens à peine de m'rendre compte qu'il y a un truc qui bouge sous les poutres. Une partie de ma première théorie était p't'être bonne, finalement. Mais du coup faut pas qu'je reste planté là à lui demander pourquoi elle respire. Faut que j'agisse.

- Attendez, y'a quelqu'un là-dessous ?

Dis-je, en pointant du doigt le tas de poutres comme un imbécile heureux. D'un seul coup, j'ai un flash de lucidité. C'est m'dame Hollowell, oui. C'est super, c'est génial, c'est la plus belle nuit de toute ma vie. Mais là y'a quelqu'un qu'est coincé sous une poutre en métal de 850 kilos. Et si y'a bien une chose dont j'aie moins envie que de passer pour un con auprès de m'dame Hollowell, c'est de laisser quelqu'un crever sous une poutre en métal de 580 kilos.

- Poussez-vous.

Trop directif. Non, attendez, quoi ? J'm'en fous d'être directif. On verra après pour la politesse. J'prends une pokéball dans la sacoche accrochée à ma ceinture et j'l'active. Le duralugon de feu mon paternel en sort.

- Vire cette poutre, et fais gaffe, y'a quelqu'un en-dessous.

Lakhta me répond d'un grognement métallique et s'avance vers la poutre. Elle prend l'extrémité de la poutre en sandwich entre ses... pattes ? Enfin, ses espèces d'appendices en forme d'étoile, puis un énorme claquement résonne. Après avoir littéralement écrasé l'acier entre ses membres, elle grogne de plus belle, et soulève légèrement l'énorme pièce d'acier. Même elle a l'air d'avoir du mal, mais elle a l'air de la soulever juste assez pour permettre à... à ? Ohputainkeskecékcetruc.

- Ah.

C'était pas un gamin, finalement. J'avais donc tout faux.

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Kalinka Hollowell

Kalinka Hollowell
Ligue 4

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Dim 19 Juin - 10:58
Cette championne en mousse que je suis. Dresseuse en mousse, même. Quelle personne compétente dans le dressage pokémon se retrouverait dans une situation pareille, ou sa seule idée pour sauver son compagnon, c'est de lui faire faire des exercices de respiration alors qu'il ne peut pas respirer ? En plus, ça marche pas. Rosetta ne se calme pas vraiment, elle continue de s'agiter à essayer de faire bouger les poutres en métal, je commence à avoir peur qu'elle en fasse tomber une autre et casse quelque chose. Restant à sa hauteur, c'est à dire assise par terre, j'essaye de toucher ses parties en pierre pour lui signifier que je suis avec elle, espérant pouvoir au moins être perçue comme une présence rassurante bien que la situation la fasse paniquer.
Je commence à vraiment paniquer quand j'entends une voix sortie de je ne sais où. Mon regard cherche cet être humain, qui doit être proche si j'entends si clairement sa voix, espérant pouvoir trouver de l'aide en sa personne. A travers la poussière que continue de soulever ma tutétékri, c'est compliqué, mais je finis par discerner une forme humaine. A première vue, ça a l'air d'être un mec, qui sera peut-être plus fort que moi et qui pourra... Non, personne ne peut soulever à la force de ses bras un objet pareil.

- On a besoin d'aide !, je l'interpelle pour être sûre qu'il s'approche, levant également le bras pour mieux lui signifier ma présence si jamais il ne m'a pas vue dans l'obscurité et la poussière.

Le type s'approche un peu plus, mais bloque quand il me voit. Il s'attendait à quoi ? Un jouet qui parle ? J'essaye de faire quelques gestes pour lui pointer mon pokémon qui est dans la merde, mais il reste fixé sur moi. La panique met un peu trop de temps à me faire réaliser que ça doit être parce que c'est moi. C'est vrai que maintenant, même s'ils ne me suivent pas sur les réseaux, la plupart des gens on déjà vu ma tronche et m'ont identifiée comme une célébrité. Et une telle personne en pleine nuit au milieu d'un chantier interdit au public, c'est vrai que ça a de quoi faire bugguer. Mais il n'empêche que Rosetta est toujours en difficulté et j'aimerais bien qu'il cesse de phaser. Comment faire pour qu'il comprenne sans être impolie ?
Après ses bégaiements, le type pousse un cri qui me fait un peu sursauter, mais il parvient ensuite à dire mon nom et me demander si c'est bien. Dans un autre contexte, ça pourrait me faire rire, mais là j'ai toujours ma tutétékri en tête. Du coup je m'empresse simplement de répondre :

- Oui c'est moi ! Et j'ai-, la question de ce que je fais là me coupe dans mon élan pour demander de l'aide. C'est vrai, je n'ai rien à faire à. Surtout que je viens de me rendre compte que l'accoutrement du type ressemble fort, au moins en bas, à une tenue d'ouvrier de chantier. C'est donc sûrement quelqu'un qui travaille ici et peut-être que je suis dans la merde... Rosetta d'abord ! Bon écoutez je sais que j'ai pas le droit d'être ici mais j'ai un problème là !

Accompagnant le geste à la parole, après m'être relevée, je pointe la poutre sous laquelle est toujours mon tutétékri continuant de soulever de la poussière. Ma pauvre choupette... Quand l'ouvrier me demande s'il y a quelqu'un en-dessous, je réponds par l'affirmative, ne pensant pas à faire la nuance avec le fait que c'est un pokémon, non un humain, parce qu'en vrai on s'en fout. Elle est coincée pareil et c'est même mieux que ce soit pas un humain car il serait sûrement mort. « Vous pouvez nous aider ? »
Le type me demande de m'écarter, j'en conclue qu'il a un plan et je l'écoute. Un duralugon apparaît sur le chantier, c'est un beau pokémon. Je pourrais passer du temps à l'observer et demander à examiner ses pattes qui m'ont toujours parues mystérieuses dans un autre contexte. Son maître lui demande de s'occuper de la poutre, et quand je vois que même cette créature a du mal avec le poids de l'objet, je grimace encore plus pour ma pauvre Rosetta. Finalement, l'obstacle en métal est écarté et je me précipite vers mon pokémon, me remettant à genoux à côté d'elle pour pouvoir prendre ses parties en pierre entre mes mains et les examiner.

- Rosy, ma chouchou ! Ca va t'as rien ?, comprenant qu'elle est libérée, ma tutétékri se calme même si elle reste agitée car affectée par l'expérience qu'elle vient de vivre. Je passe mes doigts sur la pierre et constate des craquelures qui n'étaient pas là avant. Je grimace. Oh non... T'as pas trop mal ça va ?

Je fouille dans mon petit sac et en sort une hyper potion, objet que je mets un point d'honneur à toujours avoir avec moi car on ne sait jamais quand ce genre d'incident peut arriver, même si j'aurais préféré que se prendre une poutre en métal dans la face ne fasse parti des éventualités possibles. Après avoir aspergé mon pokémon et l'avoir vue reformer ses parties en pierre correctement, je suis rassurée et me relève. Un énorme soupir de soulagement sort de ma bouche. Je me passe les mains sur le visage, comme pour en effacer les dernières traces de panique, oubliant temporairement que je viens de me faire choper à avoir pénétré illégalement sur un chantier. La priorité actuellement, c'est de remercier comme il se doit le sauveur de Rosetta !

- Merci, mais tellement merci vous avez pas idée ! Je suis sortie sans mes autres pokémons, j'aurais jamais pu la sortir de là par moi-même !, j'évite d'évoquer mon seul espoir débile qui consistait à lui faire une séance de relaxation pour la faire rentrer dans sa pokéball. A la place, je me tourne vers le duralugon pour le remercier à son tour : Merci toi aussi, t'es trop fort c'est incroyable !

J'ai très envie de lui serrer la patte, mais ça ne se fait pas de toucher les pokémons des autres. On ne sait jamais comment ils peuvent réagir, ni même leurs dresseurs d'ailleurs. Rosetta s'approche à son tour, après avoir pleinement repris ses esprits, et se courbe un peu devant nos sauveurs. Je sais qu'elle n'est pas encore calme car certains de ses gestes ont l'air désordonnés, ce qui la rend encore plus effrayante que d'habitude. J'espère que cet homme n'est pas facilement effrayé et qu'il n'aura pas l'impression qu'elle est une menace ou je ne sais quoi.
D'ailleurs en parlant de menace et de choses désagréables... Je perds un peu le sourire sincère que j'adressais jusqu'ici à l'ouvrier pour avoir l'air plus embarrassée. Je me gratte un peu l'arrière de la tête, resserrant par la même occasion ma couette, signe de nervosité chez moi.

- Du coup... Comment dire... Je suis dans la merde ou pas ? Rapport au fait que j'ai pénétré ici sans autorisation et que je vous ai ruiné une poutre. 'Fin j'imagine qu'elle est plus trop utilisable maintenant que votre duralugon l'a écrasée, je sais pas combien ça coûte ce genre de matos, mais quelque chose me dit que ce n'est pas des petits sous. Ceci dit, vu mes revenus actuels, je pense que ce sera facilement remboursable. Non, le problème c'est plutôt bah... Tout ce qui ne touche pas à l'argent dans cette situation. J'imagine que ça peut pas rester entre nous et se résoudre en vous payant une bouffe pour vous remercier...

Penaude, je ne sais pas trop comment me comporter. Avant, j'aurais tout simplement pris la fuite. Ce type ne m'a pas prise en photo que je sache, et avec un peu de chances il n'y a pas de caméra de sécurité ici. Il aurait pu être possible de disparaître dans les rues de Volucité après avoir fait un bugguer un coup le type s'il était déjà fan de moi avant que je sois championne. Par exemple en lui faisant une bise pour remercier le sauveur et hop, la fuite ! Maintenant, si je fais ça il peut y avoir de plus grandes conséquences. Peu importe la faute, que ce soit l'introduction illégale sur un chantier ou l'abus d'un fan, quelque chose me dit que Tomiko et la Ligue risquent de ne pas me rater.



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Lenny Sorano

Lenny Sorano
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Dim 19 Juin - 12:00
M'dame Hollowell a vraiment pas l'air rassurée. Ca pourrait paraître anodin dit comme ça, mais quelque part, et aussi bizarre qu'ça puisse paraître, ça a quelque chose de rassurant. On a toujours tendance à s'dire que les célébrités sont des raclures dans la vie privée, une histoire de succès qui monte à la tête ou j'sais pas trop quoi. On entend beaucoup trop d'histoires de personnes connues qui sont super sympa à la télé et qui, en fait, sont des sacrés salopards quand on les prend par surprise. Quelqu'un comme ça, il s'inquièterait pas à c'point pour un pote coincé sous une poutre. Et quelque part, ça m'prouve que j'ai pas tort d'être ultra fan. En même temps, c'qui fait son succès parmi nous autres, c'est sa réputation d'venir du bas d'l'échelle, là où on est tous restés. Ca serait un putain d'crève-coeur d'apprendre que c'est du flan ou qu'elle a mal viré.

Quand j'réalise que c'est pas un gamin mais un pokémon qu'était coincé là-dessous, en plus de m'paraître plus logique que toutes les théories que j'ai pu m'faire dans ma tête, ça renforce mon sentiment. Elle aime ses pokémons, c'est pas du bluff. J'peux pas m'empêcher d'sourire comme un con. Et ça s'arrange pas quand m'dame Hollowell m'remercie. Genre, pas un "merci" qui vole et tchao. Genre, un merci qui ferait déjà bien plaisir à un gars qui la connaît pas. Alors moi. Oh putain.

- Eudjeudjeu... tcheuuu... Non bah de r... 'fin, c'est bien norm... 'fin j'pouvais pas...

J'ai pas l'temps d'finir de bégayer qu'elle remercie aussi Lakhta. Elle a beaucoup moins d'mal que moi à garder son calme, en même temps elle doit même pas savoir qui c'est. Pis même si elle le savait, elle a toujours été super calme. Elle tient ça d'papa il paraît. Elle répond juste à m'dame Hollowell par un grognement métallique, qui est déjà plus expressif que ma bouillie de mots. J'profite qu'elle me regarde plus pour me mettre une auto-baffe discrète, histoire de m'remettre les idées en place. C'est une occasion inespérée d'parler à mon idole, même si elle sort du cul d'un tiboudet. L'occasion, hein. Pas l'idole. PUTAIN PENSE PAS A DES TRUCS COMME CA LENNY.

Son pokemon a l'air de nous r'mercier aussi. J'crois que j'l'ai déjà vu passer une fois ou deux, mais j'me souviens plus d'son nom. Il est vraiment bizarre, comme un fantôme qu'aurait pris des cailloux pour s'en faire des fringues. J'aime bien ses motifs, on dirait un genre de relique antique ou j'sais pas quoi. J'ai déjà vu des trucs comme ça sur un chantier à Galar, quand on creusait les fondations d'un immeuble et qu'on est tombés sur les ruines d'un village de druides, ou un temple, ou j'sais pas quoi. Il avaient tous eu les jetons, j'ai jamais compris pourquoi. J'essaye de lui rendre maladroitement son salut, n'sachant pas trop quoi faire ou dire.

J'arrive à r'prendre mon sérieux deux secondes quand m'dame Hollowell prend un air plus embêtée. Elle me rappelle par la même occasion qu'elle est, légalement, pas censée être là. Ca m'fait un peu redescendre sur terre, mais c'est pour mieux me faire paniquer. Hors de question d'la mettre dans l'embarras, et encore plus hors de question d'la faire se sentir mal. J'vais...

... quoi ? Elle a dit quoi là ? Me payer une bbfjbgpjhgoijhge... me payer unefjnhlogertg...

- Eurjetgsrfltzaffff...

AAH.

- Grffrfrrfl... Pardon. S'cusez. Une seconde.

J'me retourne, comme si ça allait me cacher d'elle, et j'refais mon cri pour me concentrer, puis j'refais un demi-tour sauté comme si de rien n'était. Si Arceus le veut, j'vais pouvoir aligner deux mots. Même si je viens de me faire inviter à bouffer en tête à tête par m'dame Hollogjnsgrjhsezoif... PUTAIN LENNY. Concentre-toi. Bordel. J'suis rouge comme un voltorbe. La partie haute d'un voltorbe.

- Non non, y'a pas d'souci, vraiment. Ca arrive qu'elles tombent toutes seules, les poutres. J'dirai qu'on a essayé d'le redresser mais qu'j'ai pas réussi, au pire j'me ferai engueuler. Ca m'chang'ra pas du reste de la journée, ha ha ha !

Mais quel con. Comme si ça allait la faire marrer. Pis ce rire de débile mental. On peut pas faire pire.

- Mais en vrai, si...

"si vous voulez quand même me payer une bouffe, ça peut s'faire". Bah oui, Lenny, quelle bonne idée. Dis-lui donc ça, qu'on s'marre. Comme si m'dame Hollowell avait ENVIE de t'payer à bouffer. Elle veut juste se sauver la mise, mais comme je viens d'lui donner une bonne raison de ne plus avoir besoin d'le faire, bah c'est même plus la peine d'essayer. Pourquoi j'suis pas comme toutes ces crevures qui l'auraient fait chanter en lui faisant croire qu'elle était dans la merde et qu'il allait falloir acheter leur silence ? Ouais, parce que c'est des crevures. Et que même si j'avais eu envie d'faire ça, j'aurais pas pu m'regarder dans une glace ensuite. Tant pis, j'peux lui parler, c'est déjà beaucoup.

- Nan, rien.

J'avoue que j'suis un peu dégoûté d'être passé à côté de ça. Mais bon, ça aurait été volé, j'l'aurais pas apprécié à sa juste valeur. Même si j'suis quand même un peu gentil en lui disant qu'il y a aucun souci. J'connais Daryl, il va m'tourner ça en retenue sur salaire. Tant pis, c'est l'prix pour être un simp. Par contre, va s'agir d'profiter de la situation autant qu'possible. Profiter, au sens moral du terme bien sûr.

- Mais euh, vous êtes pressée ? 'fin, vous avez des trucs à faire ? J'veux dire, pour être ici en pleine nuit, j'sais pas ce que... 'fin si vous avez des trucs à faire j'vais pas vous embêter, hein, j'sais que vous d'vez avoir un sacré emploi du temps, mais...

Un emploi du temps chargé à deux heures du mat, mouais. 'fin on sait pas, j'suis pas champion d'ligue moi.

- Fin, si vous voulez, on peut aller au baraquement pour vérifier si vot'pokémon va bien, pis ça sera mieux que d'rester dans la poussière. Pis si vous êtes d'accord, mais j'veux pas vous embêter hein ! Mais si vous êtes d'accord et qu'ça vous dérange pas, 'fin, j'pourrais... 'fin, est-ce que vous pourriez... non, est-ce que vous seriez d'accord pour...

AAH. Du calme Lenny. Du calme. Tu r'commences. Calme-toi. Respire. Non, pas trop. Là t'hyperventiles.
Non, putain, vraiment. J'hyperventile vraiment.

- JPOURRAISAVOIRUNAUTOGRAPHESIVOUPLAIT ?

J'ai crié. J'me suis penché en avant comme le demi-Johtonien que je suis, alors que j'ai pas fait ça depuis que papy Sorano est mort y'a des années, et j'ai crié ma putain de question sans respirer. Elle doit me prendre pour un fou. Elle va me prendre pour un espèce de malade qui lui crie dessus sur un chantier en pleine nuit.

J'me redresse, j'suis en nage, j'respire comme si j'venais d'courir un marathon.

- Pardon. Désolé. J'voulais pas crier. J'suis... un de vos plus grands fan. J'm'attendais pas à vous tomber d'ssus alors j'sais pas trop comment... 'fin j'ai pas l'habitude de... 'fin. Rah. C'est bizarre.

Je suis un abruti.

- 'fin c'est pas vous qu'êtes bizarre, hein ! C'est moi qui... enfin, c'est la situation quoi. J'suis là, j'm'attendais à surveiller un chantier vide toute la nuit, pis j'tombe sur vous et vous m'proposez une bouffe et... non, euh, désolé, j'voulais pas dire ça. 'fin, c'est un honneur de vous rencontrer, quoi. Mais vraiment.

Je m'arrête net. Ca va pas. Ca va pas du tout. J'suis en train d'me comporter comme une groupie de base qui perd tous ses moyens. T'es un adulte, Lenny. T'es un adulte responsable et mature qui sait se tenir devant une dame. Surtout cette dame-là. Allez, tu sais quoi, t'as commencé à le faire à la Johtonienne, t'as qu'à continuer. Il paraît que c'est la classe de faire comme ça.

Du coup, j'me repenche à nouveau en avant. Plus lentement cette fois. Et plus proprement.

- J'm'appelle Lenny. J'suis fan depuis vos débuts, et c'est un honneur de vous rencontrer.

J'me redresse, je tente un sourire qui soit pas trop crispé.

- Désolé, vous d'vez pas avoir l'habitude de rencontrer vos fans dans c'genre de situation.

Voiiiilàààà. Un peu d'humour, c'est parfait. On commence à redevenir un humain fonctionnel. Ca a pris l'temps.

- Du coup, vous voulez... p'tet pas rester là ?

Je pointe les préfabriqués du doigt. Ils sont en direction d'la sortie du chantier, comme ça ma proposition a double sens. Si elle veut se barrer -et j'la comprendrais-, elle peut. Mais j'laisse quand même ouverte la possibilité d'aller s'mettre au chaud pour avoir cet autographe. Et discuter encore un peu, mais ça, ça s'rait surement trop d'mander.

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