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Lloyd Satori

Lloyd Satori
Modo Jeux & Dresseur

C-GEAR
Inscrit le : 26/12/2021
Messages : 1103

Région : Hoenn
Dim 27 Fév 2022 - 17:52
...

L'onde de choc me fait tomber à la renverse, non sans violence. J'eut à peine le temps de reprendre mes esprits que je réalise enfin la situation, sans même essayer de réfléchir à comment nous en sommes arrivés là et qu'est-ce que fais ici en premier lieu. Mon Pokémon, lequel est-ce, tombe d'une manière pareille à la mienne et git là, inerte. Lorsque comme pour s'échapper de la noirceur épaisse environnante, afin de me rappeler sa présence, l'adversaire avance, stoïque, deux yeux acérés pareils aux épines ornant ses poings. Les appendices greffées à l'arrière de son crâne défiant la gravité en dansant sur les rémanences du choc précédent. Je me sens pris à la gorge, comme acculé par une force qui me dépasse. Je déglutit et met en mouvement la goutte de sueur qui perlait jusqu'alors sur mon front. Quelle puissance écrasante. Derrière la créature, une silhouette humanoïde se dessine, engouffrée d'autant plus dans la pénombre, tant et si bien que je n'en discerne que les yeux, deux vastes globes oculaires scintillants dans l'obscurité, l'un d'ocre et l'autre de jade. C'est alors que ma vision s'adapte et à l'observation de ce regard hypnotique, j'en dessine désormais les pupilles, larges et acérées. C'est alors qu'en l'espace d'un instant, elles se dilatent et s'étendent à l'infini, engloutissant tout, me laissant chuter dans un vide sans limite. Et alors que l'ombre m'aveugle, le sentiment de tout à l'heure se fait connaître une fois encore. Ces yeux. Ils s'ouvrent à nouveau face à moi.




HUAH !



Le garçon s'éveille en un sursaut, projetant tour à tour : le livre qu'il avait sur le visage, le Pichu qui dormait également sur son torse, ainsi que le calme tout relatif des alentours tant chaque passant aura sursauté également à son exclamation si soudaine. Pourtant, il reprend vite ses esprits, sans faire l'impasse sur un instant de confusion et un souffle quelque peu haletant, réalise que l'agitation naissante autour de lui est de son fait et s'empresse alors de montrer sa bonne foi d'un geste de la main et en inclinant quelque peu la tête en guise de pénitence pour le dérangement. Les gens passent vite à autre chose et il peut alors prendre un instant pour se recollecter. Un rêve… Bien sûr. Non, plutôt un cauchemar. Tant que la trame globale du songe lui apparaît encore plus ou moins claire, il peut réaliser avec peut-être un soupçon de soulagement qu'il ne s'agissait réellement que du cheminement informe d'une épopée onirique, rien de plus. Pourtant, son souvenir lancine, quelques minutes encore, assez pour le faire réaliser que ce sentiment qu'il avait ressenti lui paraissait lui bien plus réel que tout le reste. "Qu'est-ce que tout cela pouvait bien signifier ?" est ce que le garçon aurait pu se demander, mais le monde réel existe justement pour nous tirer de nos songes et c'est le regard inquiet de son petit compagnon qui jouera ce rôle dans la scène présente.



Désolé de t'avoir fait peur. Je vais bien.



À ces mots, il pose sa main délicatement sur le crane de son ami et d'une caresse affectueuse lui fait comprendre qu'il n'y pas lieu de s'en faire. Le Pokémon laisse échapper une onomatopée de contentement à ce geste. Tout est rentré dans l'ordre.

Lloyd se relève alors, s'étire quelque peu, histoire de ne pas garder ses muscles noués après la peu confortable expérience qui est d'avoir passé la nuit sur un banc au beau milieu des couloirs. Il remarque dans sa vision périphérique le livre qu'il lisait avant son torpeur, gisant à moitié ouvert sur le sol et se baisse alors pour le ramasser. "Théorie du Combat Pokémon". Il le dépoussière avec plus ou moins de soin avant de le ranger dans son sac. Assez d'inertie pour l'instant, le garçon a besoin de se changer les idées, de bouger un peu. Il rassemble ses effets et, prêt à partir, il invite son ami à grimper sur son épaule, ce que ce dernier fait en pressant la cadence. Une aubaine, les couloirs donnent directement sur l'extérieur, il n'aura pas à aller bien loin pour prendre un grand bol d'air frais… Marin.

Le Ciel est baigné dans la lumière du jour naissant, remettant les pendules du garçon à l'heure. Le Ferry a quitté Poivressel après qu'il ait embarqué la veille au soir. Il est à l'arrêt, il s'agit donc de sa première escale à Oliville et effectivement, lorsqu'il tourne la tête, il aperçoit Johto et son Mont Argenté peindre l'horizon de toute leur splendeur. Ce n'est cependant pas sa destination pour cette fois, pas de panique. Il porte sa main à sa bouche pour bailler, se dégourdit les jambes en faisant quelque pas vers le bord du navire et en profite pour se délier une nouvelle fois les deltoïdes par quelques étirements supplémentaires. Il termine ses exercices arrivé à la rambarde et procède à s'appuyer sur celle-ci pour observer la mer, particulièrement calme à l'instant, ainsi que le firmament dont les étoiles se sont déjà ôtées et où seule la silhouette de la lune résiste encore et à peine à l'ascension inexorable du soleil.
Pichu ne dit mot, il a l'air toujours ébloui par la lumière du jour et laisse le temps à ses minuscules petits yeux de s'adapter à celle-ci. Lloyd porte la main à son menton, posant son coude sur la rambarde afin de s'en servir d'appui et se perd un peu dans le mouvement perpétuel des vagues. Encore le reste de la journée avant d'arriver à Carmin-sur-Mer… Il peine à se l'admettre, mais il s'impatiente. Son intérêt est là-bas, à Kantô, il n'a pas grand chose à faire sur ce bateau. La nuit est passée, il n'a plus vraiment d'excuses ou de moyen pour faire passer le temps. Il va soit devoir trouver quelque chose à faire pour s'occuper, soit prendre son mal en patience. Il se sent ultimement résolu à ce sacrifice, mais l'idée seule reste une corvée et une certaine frustration ne manquera pas de naître au fil de la journée…

Alors, pour l'instant, le garçon se contente de laisser échapper un soupir, puis continue à fixer la mer, le regard vide, encore quelques instants. Qui sait ? Peut-être que quelque chose lui viendra.



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Leos Shîro

Leos Shîro
Dresseur Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 01/11/2013
Messages : 287

Région : Kantô
Mer 16 Mar 2022 - 18:05
L'esprit embrumé, je pousse difficilement les grandes portes de la tour Chetiflor. Malgré la longue nuit que j'y ai passée à sommeiller, c'est comme si toutes mes forces avaient été mises à contribution. Je ne m’attendais pas à être impacté à ce point. Un rayon de soleil frappe mon visage. Cette chaleur, ça fait du bien. Je fais timidement mes premiers pas à l'extérieur, le temps que mes yeux s'habituent. Il y a quelque chose d’étrange. Je ne suis pas dans l'instant présent. Une sensation d'être entouré d'un scaphandre qui me tient à l'écart du reste du monde. J'avance dans les rues de Mauville. Je phase sur la salade que je viens d'acheter. Je relève la tête. Je suis déjà devant le Centre Pokémon. Je baisse les yeux vers la poubelle dans laquelle je jette le récipient en carton qui contenait la salade que je viens de finir. Dormir. Je tombe sur un des matelas de la chambre commune du centre pokémon. Mes paupières sont lourdes. Pas encore. Je dois rentrer. Réserver voyage d'abord. Mes doigts parcourent difficilement mon téléphone. Je réserve le premier bateau d'aujourd'hui... Non. De demain matin. Je commence à sombrer. Non. Alarme. Je mets une alarme. J’inspire. J'expire.

ALARME. Oh bordel, qu'est-ce qu'il se passe ?! Mon téléphone vibre à côté de mon visage. Je me redresse instantanément. Il fait nuit dehors. J'entends des grommellements. Merde. Il y a d'autres personnes qui dorment dans les lits superposés. Dans les lits superposés ? Mais je suis où là. Paniqué, je me redresse d'un bon et éteins la sonnerie de mon téléphone. Ok ok. Je me lève et me dirige un peu à l'aveugle vers la salle de bain. Je me passe un coup d'eau sur le visage. Je reprends doucement mes esprits. Tout me revient. Tout va bien. Enfin, non. Tout ne va pas bien. Pourquoi mon réveil sonne si tôt le matin. J'ouvre l'application de mon alarme pour y découvrir la note suivante.

note. a écrit:
"Vzteau Olibikle Janto"

Mais ça n'a aucun sens. J'ouvre mon navigateur. Une page s'affiche. J'ai fait un achat. J'ai fait un achat ? Pourquoi y a des petits bateaux sur... OH BON SANG. "Vzteau Olibikle Janto" BATEAU. OLIVILLE. KANTÔ. Merde merde, mais il est dans combien de temps ? Kôaaaaa. Mais comment je vais faire pour y être à temps. Mais bon sang, je suis trop con. J'ai tout claqué pour ce billet et je doute qu’il soit échangeable. Je sors précipitamment de la salle de bain, mon orteil frappe un meuble. Les deux mains sur la bouche, je souffle fort du nez et retiens un hurlement. Par réflexe, je mets un gros coup de poing dans le meuble pour évacuer ma colère. Abruti. Je tombe au sol et roule les larmes aux yeux. J'ai mal. Au pied et à la main. Pitoyable moi. Gnh. Pas le temps pour la douleur, je me relève et ramasse mon sac polochon.

Dehors c'est... Un autre monde. Tout est si calme. Je ne m’attendais pas à ressentir une telle quiétude si soudainement. Surtout après la panique dans laquelle je me suis réveillé. Entendre le léger souffle du vent remuer les branches d’arbre. Sentir les odeurs de l’herbe encore humide. Dorénavant, je prendrai le temps de profiter de ces choses… Enfin pas tout de suite. J’ai un bateau à ne pas rater. Je tape un sprint jusqu’à la route principale. Je sais qu’il est encore très -trop- tôt mais en marchant au bord et en levant le pouce au moment opportun, normalement je trouverais bien quelqu’un qui me déposera. Ha ! Qu’est-ce que j’disais. Une voiture arrive et s’arrête… pas. Une deuxième. Toujours pas. Je vérifie ma braguette pour être sûr que je n’ai pas le Taupiqueur qui dépasse. Sait-on jamais, vu comme j’étais dans la coaltar entre hier et ce matin. Non, tout va bien. Ne me dites pas que je vais devoir faire le reste du chemin Mauville → Oliville à pied. J’ouvre la carte sur mon téléphone. Elle s’affiche un instant. Le portable s’éteint. Plus de batterie. C’est une blague… Gnnh. Même si je sais que ça ne sert à rien, je ne peux pas me résoudre à ne pas essayer. J’attache ma veste rouge autour de la taille et je commence à courir.

Au rythme où je vais, vu le quasi-kilomètre effectué, je suis étonné de ne toujours pas être allongé par terre en train de me noyer dans ma bave. Qu’est-ce que. Je vois le goudron en train de se craqueler un peu plus loin. Quelque chose en sort.. Mais qu’est-ce que c’est ce truc. Ça rampe en dehors de son petit trou. Il s’en passe des trucs chelous quand les honnêtes gens dorment encore, moi j’vous l’dis. Je passe à côté et le fixe pour essayer de mieux comprendre. Alors, pas de doute, c’est un pokémon. Mais clairement pas le plus gâté par la nature. Ni le plus intelligent. Le truc reste là, allongé au milieu de la route. Ma foi, sélection naturelle, hein. J’ai pas le temps de m’occuper de ça. De toute façon, il va peut-être pas rester là comme ça. Je tourne la tête pour vérifier derrière moi. Si si. Il compte rester là visiblement. Eh bien, qu’Arceus garde son âme… RAH PUIS MERDE. Je fais demi-tour vers l’étrangeté. Je ramasse un bâton sur le bord et j’essaye de le pousser avec. Après tout, c’est peut-être dangereux. Des phares dans la tronche. Hm. Des phares dans la tronche ?! J’attrape la bête et me jette sur le côté. La voiture pile. Après quelques secondes, la fenêtre se baisse.

— Tout va bien ?!

Ouais. À part que j’ai la gueule dans l’herbe humide avec un pokemon qui me fout des coups d’boule sous le menton à force de se trémousser. Ça va, j’ai compris que tu voulais te barrer, pardon de m’être inquiété pour toi, saleté. Je lâche la créature qui se faufile et creuse un trou avec la petite drill qui lui fait office de queue avant de disparaître sous terre. Je me relève.

Ouais je-

Je n’ai pas le temps de finir ma réponse qu’il est déjà en train de passer la seconde. Yes. Je suppose que… Il s’arrête quelques mètres plus loin et fait marche arrière.

— Bon. J’dois soigner mon karma en ce moment. J’peux vous déposer un peu plus loin peut-être ?

Hé ben. On dirait que c’est moi qui ai soigné le mien en sauvant le petit asticot. Une aubaine que je ne peux clairement pas me permettre de laisser passer. Une fois déposée non loin du port, je me dépêche de franchir les derniers mètres qui me séparent de ma destination pour partir à la recherche d’un guichet, une entrée spéciale, une file d’attente QUE SAIS-JE. Je réalise que, pendant la route, le soleil en a profité pour se montrer. Je prends mon téléphone en main pour vérifier l’heure. Yes. J’avais oublié, la batterie. Attends. La batterie. Non non non non. Plus de batterie, ça veut aussi dire plus de billet et plus de billet ça veut dire… raaaah. Non. C’est une blague ?! Pendant que je me creuse les méninges, je vois le bateau commencer doucement à quitter la berge. Merde merde merde merde. Ne me demandez pas pourquoi, mais je me mets à courir à côté. Peut-être ai-je l’espoir que quelqu’un me lance une corde de là-haut. J’ai clairement trop regardé de film. Je sens mes jambes qui commencent à flancher, toujours pas remises de l’effort inhabituel de ce matin. Trouve une solution, vite, vite vite. Gnh. Je crois que cette fois, faut se rendre à l’évidence mon pote, c’est cuit. Dans ma course, je croise plusieurs marins qui tente de m’apostropher sans succès. Face à moi, un groupe de personnes agglutinées qui prend des photos de je ne sais quoi, mais clairement pas du bateau. Dans mon élan, je les bouscule et fais une percée.

Désolé, j’suis pressé !


Pressé, oui. Mais pour aller où, en fait ? C’est dingue de s’enfermer à ce point dans le déni. De refuser l’échec. Oh damn. Qsfjsdpgf. Je me prends des coups d’ailes dans tous les sens. Des plumes dans la bouche et dans les cheveux. Ok. Je comprends mieux ce que ces touristes prenaient en photo. Il y avait un groupe de Roucool et de Roucoups qui tapaient la pose. Ouaaah. Y avait même un Roucarnage qui commence à prendre son envol. C’est rare ça. Ouais. Très rare. Très très très rare. Oh non. Ne me dites pas que je vais faire ça. Non. Non. Nooooooon. Eeeeet meeeeeeeeeeerde. Je prends appui sur une des bittes d’amarrage et me propulse en l’air aussi haut, aussi loin que je le peux. J’entends derrière moi les gens qui crient de surprise. Ça passe ou ça plouf ! J’allonge mes bras autant que l’anatomie humaine me le permet avant de sentir l’apesanteur me happer eeeet… YES. J’attrape les serres du gros volatil qui flanche un instant pour remonter de plus belle à coup de puissant battements d’ailes. Je n’arrive pas à croire que je sois réellement en train de faire c’que j’fais. Ça monte là. Ça monte vite, bordel. On est déjà bien au dessus du ferry. Oulà, j’crois que notre ami n’est pas vraiment friand des passagers clandestins. Vu son regard et la manière dont il ouvre le bec, j’vais pas tarder à m’faire becter. Je me basculer d’avant en arrière et… Quand faut y aller, faut y aller hein. Je lâche le Roucarnage, objectif tomber sur le pont. Attends. J’regrette instantanément là. J’suis au moins à cinq mètres au dessus de l’objectif, c’est clairement assez pour s’éclater le bulbe et finir comme un Mucuscule pas frais. Ooof. Dans ma chute, je me prends dans le bide et la figure un nombre assez conséquent de Roucool qui gravitent autour de nous. Ca a au moins le mérite de ralentir drastiquement ma chute. Moins mortel, mais par contre je dévie fort de là où je devais atterrir à la base. Oh, bordel. Comment j'vais faire. Je sens la trouille qui m'étreint le ventre. Faut se ressaisir.

A l'abordaaaaaaaaaaaaage !

Pas sûr que ça aide. Nooon, j’vais frôler le bateau pour faire le plat du siècle dans l’océan, sauf si j’arrive à… Arh. La pression soudaine me défonce l’épaule, mais je suis arrivé à m’accrocher à la rambarde. Non seulement j’ai trop mal pour arriver à me hisser, mais en plus je ne tiendrais pas longtemps comme ça. Réfléchis, réfléchis. Hé. Mais y a un mec. Juste là. Genre. Littéralement à côté d'moi, accoudé à la rambarde. Il me regarde. Je le regarde. Il me regarde. Je le..

... C'est du sadisme ou on est juste en train de tomber amoureux ?

J'avoue qu'un p'tit coup d'main ne serait pas de refus.



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