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» Fables de l'Après

Roy Harrison

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Lun 3 Jan - 23:59
Fables de l'Après
Calendrier de l'Après 2022
Jour n°3 ; Créature surnaturelle

La journée a été longue. Ce reportage sur la tour des Cieux ne s’est pas passée comme je l’aurais voulu. Si la journée avait bien commencé, elle a pris une drôle de tournure. Je souhaitais aborder le deuil dans un reportage, parce que nos pokémons aussi vieillissent, et ils n’ont pas tous la même espérance de vie. Je me disais que ce serait une bonne idée d’en parler, de montrer que ça existe aussi, que ça fait partie de la vie. Malheureusement, je rentre bredouille. Une pluie subite et torrentielle m’est tombée dessus, et j’ai perdu l’intégralité de mon labeur de la journée. Il en résulte une frustration conséquente, même si je suis plus désarçonné qu’autre chose, en plus d’être littéralement lessivé. La journée a été chargée : j’ai interviewé des personnes venues se recueillir sur la tombe de leurs pokémons, j’ai observé les quelques pokémons sauvages évoluant dans les lieux, j’ai pris quelques clichés de l’extérieur et de l’intérieur de la tour. Je me suis posé, afin de m’imprégner au maximum de l’énergie de l’endroit pour commencer à rédiger mon petit article. La journée s’est écoulée, riche, intense par certains témoignages recueillis, mais c’est aussi l’intérêt de mon métier, de relater une vérité. C’était une bonne journée jusque lors. Cependant, avant de rentrer, il y avait une dernière chose importante : passer sur la tombe de Flynn. Je ne pouvais pas venir ici sans le visiter, sans m’asseoir devant sa sépulture pour lui parler un peu. Ma culpabilité est encore bien vive, et en parler suffit à m’étreindre le cœur. Pour autant, l’élément perturbateur de toute cette histoire n’est pas encore là.

Une fois ce moment passé, je me suis levé et ai commencé à redescendre les marches de la tour, pour en sortir. J’étais dans mes pensées, n’ayant pas encore laissé derrière moi celui qui était mon Grotichon, et j’ai percuté quelqu’un. Il a nécessité un petit temps avant que je ne réagisse, quand l’éclat d’un objet se brisant au sol est venu me sortir de la brume pour me reconduire à la réalité. Comprenant ce qui venait de se produire, j’ai présenté mes plus plates excuses dans la seconde, honteux de cette maladresse. Puis j’ai commencé à entendre un flot de paroles incompréhensibles. Dans un premier temps, j’ai mis cela sur le compte de la confusion, avant de réaliser qu’il s’agissait d’un langage que je ne connais pas. Je suppose qu’il s’agit d’ancien galarien ou approchant, certaines consonances m’y faisant penser. Dans tous les cas, cela m’a fait relever les yeux vers la personne, une vieille dame ; ce qui me fit me sentir encore plus misérable. Je venais de bousculer une personne âgée et faire tomber l’urne funéraire en sa possession. Cependant, je ne parvenais pas à me confondre en excuses, trop interpellé par l’attitude de cette dame. Elle ne s’énervait pas, elle ne pleurait pas ; elle ne faisait rien d’autre que me fixer et psalmodier. A cet instant précis, je ne savais absolument pas comment réagir. Devais-je partir, et la laisser seule ici ? Était-elle en train de faire un arrêt vasculaire cérébral ? Était-elle simplement sous le choc de ce qui venait de se produire ? Les possibilités étaient nombreuses, et je me considère comme un garçon bien éduqué. Alors, malgré ce lourd sentiment de honte et cette pointe d’inquiétude, j’ai fini par renouveler mes excuses. « Je suis sincèrement désolé… Vous allez bien ? » Question à laquelle je suis resté sans réponse, la dame continuant sa litanie, ses yeux perçants toujours fixés sur moi.

Soudainement, elle s’est mise à hausser la voix. Cela ressemblait désormais à une invocation, comme on peut en voir dans certains films d’horreur. Mon instinct me dictait de fuir ; a contrario, ma raison insistait pour que je reste auprès de cette femme qui devait vivre quelque chose d’extrêmement troublant, et qui avait peut-être besoin d’aide. Je dois être honnête, je ne suis pas fier du choix que j’ai fait : j’ai appelé les secours, tout en quittant les lieux, le pas preste. Le malaise créé en moi par la situation était devenu trop intense. Si la volonté de cette vieille dame était d’obtenir vengeance en me terrorisant de la sorte, c’est un succès. J’en suis encore à tourner cela dans ma tête sous tous les angles possibles pour essayer de comprendre ce qui s’est déroulé là-bas, maintenant que je suis rentré chez moi, au lieu de m’endormir paisiblement pour la journée qui m’attend. Car cela ne s’arrête pas là.

A peine avais-je mis un pied en dehors de la tour que le ciel se mit à se couvrir, là où nous avions eu un grand soleil toute la journée. Et le déluge s’abattit sur moi. J’ai grandi en voyant mes parents avoir un mode de vie calibré sur la nature et toutes sortes d’adages et superstitions. J’en ai conservé une certaine sensibilité aux « signes ». D’où le fait que je puisse sérieusement croire à une certaine malédiction. Les pokémons en sont capables, alors la question se pose. Surtout quand je semble faire preuve d’une malchance insistante depuis cette interaction qui a seulement quelques heures d’antériorité. J’ai constaté que mon matériel avait été lourdement abîmé par l’intense averse, au point d’avoir perdu l’intégralité de mon travail de la journée. Une fois rentré, j’ai constaté lors de ma douche que je n’avais plus d’eau chaude. Aussi, le robinet de mon évier semble s’être subitement transformé en asperseur, sans raison apparente. Alors oui, je me méfie. Une chose est sûre : je ne dormirai pas sur mes deux oreilles cette nuit.

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Mer 5 Jan - 23:23
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Jour n°3 ; Créature supernaturelle

Au réveil, une étrange sensation, latente et difficilement descriptible, m’envahit. Une impression de ne pas être parfaitement maître de moi-même. J’ai parfaitement conscience de l’incongruité d’un tel ressenti, je demeure une personne rationnelle. A en croire le reflet dans le miroir, je suis bien moi, Roy Harrison. Pour autant, je ne me reconnais pas totalement, pas au-delà de mon physique. Mes actions me paraissent autrement guidées, par un instinct nouveau et irrépressible. Je devrais me préparer, pour me rendre à nouveau à la tour des Cieux afin de réaliser de nouveau mon reportage, sauf que je me sens appelé ailleurs. Cela me parait délirant, mais je suis partagé entre la sensation qu’une autre entité a pris le contrôle de ma personne, et le fait que je sois parfaitement conscient qu’il ne s’agit que de moi. Je visualise cette étendue d’eau qui m’attire et – autre point induisant confusion – je semble savoir exactement m’y rendre sans savoir de quel endroit il s’agit.

De toute manière, me rendre au travail m’apparaît d’une extrême futilité face à ce désir impérieux de me confondre avec cette étendue d’eau spécifique. Je m’interroge. La vieille dame d’hier m’aurait-elle véritablement maudit ? Les indices pointant vers cette conclusion s’accumulent, mais puis-je réellement croire en cela ? Je reste journaliste, ma profession implique que je m’appuie sur des faits et non simplement sur des présomptions. Le doute reste permis, surtout lorsqu’on envisage le surnaturel comme une hypothèse viable. Il en reste que je prends un soin particulier à me préparer ce matin, me coiffant avec attention, laissant ma chemise plus ouverte que d’accoutumée. J’exhale une confiance à toute épreuve, fin prêt à quitter mon appartement. Mes pas me conduisent jusqu’à la gare routière de Volucité. Je présume que j’attends un autobus.

Les minutes passant, je suis intérieurement déstabilisé par mon attitude. A chaque regard que je croise, je ne peux m’empêcher d’adresser un sourire charmeur à la personne. Au-delà de l’inconfort de la démarche – à des années-lumière de ma personnalité – je suis laissé perplexe par la résultante face à cet acte. Systématiquement, les gens me sourient en retour, certains plus timidement que d’autres. Mais cela ne va pas plus loin. J’ai beau ne pas comprendre comment cela s’avère possible, et ce d’autant plus ici, à Volucité, où la civilité est loin d’être une compétence acquise pour tous. Pour autant, je ne ressens aucune surprise face à ces réactions. Cela n’a pourtant rien d’anodin, d’où ma confusion. Un bus arrive alors, affichant sa direction : Ondes-sur-Mer. Voici donc mon transport. M’avançant, au même titre que d’autres personnes situées avant moi, je viens à monter à bord. Une fois mon ticket payé, je foule le couloir à la recherche d’une place. Le contact visuel s’établit avec une femme devant avoir une trentaine d’années. Une fois de plus, c’est un sourire séducteur que j’arbore, et cela fait mouche. Je m’installe donc sur le siège à côté d’elle sans même lui demander la permission. « Roy, enchanté. » Pour parfaire ce cliché digne d’un mauvais film romantique, ma voix se fait suave. Durant le trajet, je ne peux m’empêcher d’échanger avec cette femme, que j’essaie de charmer. Pourquoi donc ? Je n’ai jamais eu aucun intérêt durant l’intégralité de ma vie jusqu’à cet instant pour l’art de la séduction, et n’ai jamais agi de la sorte. Tout ceci ne fait aucun sens. Cela ne m’empêche pas de trouver spontanément les mots pour la faire rire, pour l’amadouer, adoptant certaines attitudes que je n’aurais jamais pensé avoir. En réalité, je n’essaie pas de lui plaire : je l’envoûte littéralement.

Les minutes s’écoulent, je la vois être incapable de déloger son regard de ma personne, et j’en joue. « Vous savez, je n’ai pas l’habitude de… » « Ne devrions-nous pas prendre cela comme un signe ? Et je pense que nous pouvons nous tutoyer. » Mon aplomb est remarquable, je fais preuve d’une assurance qui me fait davantage penser à Castiel qu’à moi-même. Et le pire dans l’histoire, c’est que tout ceci fait mouche : elle est impuissante face à mon discours, comme hypnotisée, subjuguée. Tandis que le chauffeur nous annonce l’arrivée prochaine à Ondes-sur-Mer, je propose à Carmen – car il s’agit de son prénom – de m’accompagner à la rivière. J’ai l’impression de passer d’une mauvaise comédie romantique à un mauvais thriller. Et pourtant elle accepte immédiatement. Cela me semble dingue de suivre volontairement un homme qui était encore un parfait inconnu plus tôt dans la matinée. Au moins tout autant que le fait d’être l’acteur d’un tel scénario. Surtout que je n’ai aucun contrôle sur mes actions, j’agis d’instinct, sans pouvoir lutter. Sans vouloir lutter.

Une fois tous deux descendus du bus, nous avons marché jusqu’à sortir de la ville, jusqu’à rejoindre la route 20. Cela a pris un certain temps, j’ai fini par poser ma main sur son épaule, puis sur sa taille. La proximité s’est accentuée, et ce n’est pas que de mon fait. Nos échanges sont curieusement idylliques, doucereux. Mon esprit a beau être à distance, mes mots et mon corps racontent une différente histoire à cette femme totalement ensorcelée. Nous finissons par arriver à destination et, sans chercher à perdre davantage de temps, je quitte mes chausses puis déboutonne ma chemise afin de me mettre torse nu. Je m’approche de la rivière, que je sens m’appeler et invite la demoiselle à m’imiter. La tenant par la main, j’entre dans l’eau, froide, agréable. C’est alors que je constate un étrange phénomène au travers du courant de l’onde pure. Ce ne sont plus des pieds qui terminent mes jambes, mais des sabots. Pourtant, je ne questionne pas outre mesure. Cela ne m’inquiète pas, cela n’interpelle pas non plus cette femme. Je suis entre perplexité extrême et délire chaotique. Néanmoins, je poursuis ma progression, tout autant que ma métamorphose, voyant dans le reflet de l’étendue aquatique mon corps entier prendre une apparence proche d’un Aquali – la différence des sabots – et ma compagne vient s’installer sur mon dos, confiante.

Nous nous enfonçons, toujours plus loin de la berge, toujours plus profondément vers le cœur de la rivière. Nous nous immergeons intégralement, l’un comme l’autre. Cela ne fait aucune différence pour moi, j’évolue sans peine dans ce milieu, comme si j’y étais parfaitement adapté. Pour elle non plus, le changement ne semble pas l’incommoder, nonobstant son incapacité bien humaine à respirer sous l’eau. Et pourtant elle ne se débat pas, elle garde ce sourire de confiance gravé sur le visage. Jusqu’à son dernier souffle.

Elle m’accompagnera pour toujours en ces bas-fonds.

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Jeu 6 Jan - 23:58
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Jour n°6 ; Galette

A la CNU, en dehors de Kurt qui peut toujours poser ses jours de vacances à Noël, pour lui permettre de profiter de ses enfants, un roulement est mis en place. Comme j’ai pu passer les fêtes en famille l’an dernier, j’ai eu l’occasion de fêter Noël puis le nouvel an avec mes collègues de la chronique. Nous avons organisé un secret santa, c’était amusant de voir à quel point nous nous sommes pris au jeu. Les deux réveillons ont également été de bonnes soirées, me permettant d’oublier que – pour la première fois – je ne passais pas ces fêtes auprès de ma famille. Je devrai attendre le mois prochain pour rendre visite à mes parents, en espérant que ma sœur puisse se libérer pour l’occasion. En attendant, mes collègues n’ont aucun mal à me garder occupé : j’ai été missionné pour m’occuper de la galette des rois. La tradition kalosienne est à la mode en ce moment à Unys. Pour autant, j’ai toujours connu la galette grâce à ma mère, qui a grandi à Yantreizh. Pour autant, nous sommes à Volucité. Si la galette des rois est la trend actuelle, ce n’est absolument pas dans sa version traditionnelle. Elle est revisitée de toutes manières, pour s’adapter à tous les régimes. Je trouve cela intéressant, même si cela complexifie le tout. Au-delà des divers parfums de garniture, de la traditionnelle frangipane à certains mélanges contenant du fruit de la passion, il y a surtout des adaptations pour que tous puissent en manger. Sans gluten, sans lactose, vegan, avec indice glycémique réduit. L’énigme de trouver la bonne balance pour que cela convienne à tout le monde ne m’est pas encore résolue, malheureusement.

« En gros, c’est moi qui vais m’en occuper, c’est ça ? » Odell. Il s’attend à ce que cela lui retombe dessus, de par son rôle ici. Il est vrai que je pourrais faire appel à lui pour me débarrasser de cette tâche, mais je tiens à faire cela moi-même, et à le faire bien. Odell est un goinfre, son ventre prendra la décision. Surtout qu’il connait la véritable galette des rois uniquement parce qu’il est venu la partager avec ma famille l’an dernier. Cela ne garantit en rien une expertise dans le domaine. Je préfère conserver la charge de trouver la galette qui conviendra à tous, plutôt que prendre le risque de voir Odell craquer en voyant le simple mot « chocolat ». Je suis bien trop rigoureux – maniaque du contrôle ? – lorsqu’une chose m’est personnellement demandée. Je ne tiens pas à m’embarrasser devant mes collègues, d’autant plus après avoir mentionné le fait que ma mère ait vécu une partie de sa vie à Kalos. Je n’ai plus le droit à l’erreur, je suis attendu. « Alors, non. Mais je vais tout de même te missionner. » C’est de cette manière qu’Odell se retrouve à demander aux collègues s’ils possèdent des allergies alimentaires ou des intolérances, ou encore du diabète. Je tiens à ce que chacun puisse avoir droit à sa part de galette. Il s’agit d’une célébration familiale, alors personne ne doit être mis de côté.

Une fois toutes les informations recoupées, il m’est possible de passer commande, de savoir où, quoi, et en quelle quantité. « Tu devrais demander à ta mère de nous en faire une. » Je perçois la plaisanterie dans l’intonation d’Odell. Pour autant, cela me fait me demander si je ne devrais pas lui demander la recette pour m’y essayer. J’ai conscience de ne pas avoir de véritable talent pour la cuisine et que réaliser une pâte feuilletée demande du temps, mais cela pourrait s’avérer ludique, même si le résultat risque d’être bien en-deçà de ce que j’aimerais offrir à mes collègues. Cependant, maintenant que j’ai commandé, je peux me permettre une telle excentricité. Au pire, cela amusera la galerie, surtout que je subirai la comparaison avec celles réalisées par des professionnels. « Tu serais tenté par un après-midi pâtisserie chez moi ? » Il ne faut pas bien longtemps à Odell pour passer de la surprise de ma proposition à l’excitation. Il accepte sans hésiter. Je n’ai aucune idée de ses compétences en cuisine, mais je suppose que je le découvrirai sur le tas. Au moins, je suis certain de ne pas m’ennuyer et de ne pas voir la moindre once de négativité, même si ma tentative de préparation tourne au cauchemar en cuisine.

✩✩✩✩✩

De cette manière, nous nous sommes retrouvés avec Odell, et je dois dire que cette séance de pâtisserie a été apocalyptique. Je n’ai pas d’autre terme pour qualifier cette après-midi. Au moins, nous aurons ri, et je suis convaincu que mes autres collègues riront également lorsqu’ils verront le résultat de nos heures de travail. Nous nous réunissons tous dans la salle de repos, où j’ai disposé les galettes que je suis moi-même allé récupérer dans les diverses pâtisseries que j’ai sollicitées. Et, bien évidemment, je place les œuvres d’art réalisées par Odell et moi au centre de la table, en prenant soin de les dissimuler sous un torchon afin de conserver la surprise. Tout le monde entre, il va falloir découper les différentes galettes, et la tradition veut que le plus jeune aille sous la table pour distribuer les parts à l’aveugle – principe que j’explique à mes collègues – ce qui signifie qu’Odell devra jouer le jeu. Sous la pression du groupe, il s’exécute. Nous nous amusons. Puis nous nous régalons.


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Dim 9 Jan - 23:43
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Jour n°9 ; Supernatural

Un livre, un plaid, un bon thé, voici l’après-midi idéale. Je profite d’une demi-journée de repos que j’ai su me dégager. Enfin, jusqu’à ce craquement semblable au tonnerre, mais à l’intérieur de mon appartement. Je bondis de mon fauteuil et cherche Blaine. Un tel bruit ne peut provenir que d’une capacité électrique et, à cette puissance, seul l’Iguolta peut faire ça. « Blaine ? » Je l’appelle, forcément, mais vois dans un premier temps apparaître Cole. Je ne devrais pas être surpris de voir le Noctunoir arriver aussi vite : un possible danger pour moi, et le voilà qui rapplique. Cependant, chose étonnante, il ne vient pas vers moi, il se dirige vers la salle de bain. Curieux, je le suis, et croise Blaine immobile dans la cuisine, s’attendant sans doute à ce que je le réprimande. Je lui fais signe de nous rejoindre et pousse la porte de la salle de bain.

D’accord. Je ne sais pas vraiment ce que j’ai sous les yeux. En plein milieu de ma salle de bain, une sorte de faille lumineuse, dorée. En général, cela n’annonce rien de bon. Le lézard s’en approche sans aucune méfiance. J’essaie de le rattraper avant qu’il n’y touche, et Cole me saisit l’épaule dans une tentative pour m’en empêcher. Et zap. Un gros flash éblouissant, et je me retrouve… ailleurs. Toujours avec mes deux pokémons, mais définitivement pas chez moi. Un endroit, visiblement habité, mais pas une maison. En tout cas, il n’y a pas de fenêtre. Vraiment étrange. « Cas ? » Une voix relativement rauque résonne. Au moins, il y a une autre personne ici, une personne qui devrait pouvoir répondre à mes questions. « Castiel ? » Je fronce les sourcils. Comment cette personne peut connaître mon nom de code ? « Yeah ? » Je vois un gars débarquer, je le détaille de la tête aux pieds, dans l’espoir de l’identifier. Blond, la trentaine passée, jean, t-shirt et veste en cuir marron foncé. Il semble surpris et sort immédiatement une arme qu’il pointe sur moi. « What the fuck is that ? Who are you ? » Il regarde en direction de Blaine, mais surtout de Cole. Je peux comprendre que le Noctunoir soit effrayant, surtout qu’il se gonfle en voyant l’arme. « Hey, calm down ! I’m Castiel, and these two are my pokemons. Who are you ? » Je lis sans mal l’incompréhension sur son visage. Il ne baisse pas son arme, de l’autre main, il cherche quelque chose, une flasque. Il la débouchone avec sa bouche, je le regarde faire, j’attends de voir. Et il me jette de l’eau au visage, comme pour s’assurer de quelque chose. A part m’avoir trempé, je ne vois pas à quoi il s’attendait. Il semble cependant légèrement rassuré. « Wait. Did you just say pokémon ? » « Yes, of course. Blaine is an Heliolisk, and Cole is a Dusknoir. What’s wrong about that ? » Il réfléchit, sans pour autant baisser son arme. Je me demande bien ce qui peut lui poser problème avec mes pokémons, car cela semble dépasser le simple fait que nous débarquions de nulle part pour atterrir ici. Ce point-là n’a cependant pas l’air de le déranger.

« SAM ? » Sa voix résonne dans ce lieu, avec un ton impérieux. Il appelle une autre personne, il n’est donc pas seul ici. « Can you put the gun down, please ? I’m quite uncomfortable around it. » L’homme prend en considération ma demande, mais n’y répond pas. J’entends que la méfiance le conduise à me garder de l’autre côté de son arme. « What Dean ? » Un autre homme, bien plus grand, cheveux plutôt longs, châtain. A sa voix, il râle, entre agacement et exaspération modérées. Jusqu’à ce qu’il pose les yeux sur mes pokémons. « Wow. What did you do ? How a real life Dusknoir and Heliolisk can be there in the bunker ? » Un bunker ? Cela expliquerait l’absence de fenêtres, même si ça ne m’aide absolument pas à le localiser. Au moins, cet homme connait ces espèces de pokémon, même si je ne comprends pas ce qu’il veut dire par real life. Bien sûr qu’ils sont réels. L’interaction est vraiment étrange. « Where do you come from ? » Donc je vais être interrogé, sans doute pour montrer patte blanche. « I’m from Lumiose City, Unova. Can you tell me where I am ? » Le regard du plus grand des deux s’illumine, il sourit. Je dois dire que ça me rassure, nous allons sans doute ne plus être traités comme des menaces. « Dude, this guy is from a video game. Fifth generation, Black and White versions. » Ai-je bien entendu ? Un jeu vidéo ? Ce doit être une mauvaise blague.

« We went through some sort of rift that appeared in my bathroom. Then boom, I’m here. » Je suppose qu’avec davantage d’explications sur ce qu’il s’est produit, ils devraient être en mesure de saisir que je ne viens définitivement pas d’un jeu vidéo. « That sounds exactly like the portals that led to parallel universes created by God. » Ok, je pense que ce qui se dit là dépasse clairement mon entendement. Deux solutions : ils sont fous, ou alors je deviens fou. « Can you explain me, please ? What’s going on ? » Ils se regardent, celui prénommé Dean se décide à ranger son arme, même si je vois qu’il reste méfiant envers Cole. Je respire. « Yeah, follow us. I’ll tell you. » « You gonna need some beer. » Je demeure perplexe. Que va-t-on me dire ? Je ne sais pas trop, je m’attends au pire, mais cela ne m’empêche pas de les suivre. Après tout, que puis-je faire d’autre ? Ils sont sans doute les seuls à pouvoir m’aider à rentrer chez moi.

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Lun 10 Jan - 0:19
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La partie 2, qui arrivera plus tard.

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Lun 10 Jan - 0:19
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Et la partie 3 qui arrivera encore après...

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Lun 10 Jan - 23:35
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Jour n°10 ; Master League

La concentration est de mise, aujourd’hui plus que tout autre jour. Je considère avoir abordé cet ultime défi avec le sérieux qu’il mérite, ce qui explique mon arrivée à ce cinquième combat. Il n’y a plus de surprise quant à mon dernier adversaire, il s’agit forcément de Kestrel Manori. L’arrivée de la jeune femme est relativement récente parmi les champions, et quelque peu remarquée. Les spécialistes du dressage – dont je fais partie en ma qualité de journaliste spécialisé – ne s’attendaient pas à voir ce nom apparaître lors de l’annonce. Je dois être honnête, j’ai également été surpris. Disons que parmi tous les noms potentiels ayant pu être évoqués, les caractères étaient généralement plus prononcés, surtout lors des combats. Mademoiselle Manori a su s’imposer sans conteste lors de ses différents passages à la Ligue, mais cela s’est toujours fait avec une certaine douceur. Cela peut sembler être un terme saugrenu à employer pour qualifier des combats pokémon. Et pourtant, c’est exactement cela. D’une certaine manière, le choix du Comité est parfaitement justifié, car, avec cette dresseuse de Bonaugure – sans mauvais jeu de mots – ils ne prennent aucun risque. A n’en point douter, il n’y aura pas de scandale avec elle, contrairement à certains de ces prédécesseurs.

Nonobstant mon analyse de la nomination de la championne, je suis sincèrement honoré de pouvoir l’affronter, et surtout impatient, au fur et à mesure que les secondes s’égrènent. Ce n’est pas dans mes habitudes d’éprouver un tel sentiment, je préfère la stabilité et la véracité de l’instant présent. Je prends donc le temps de me concentrer sur ce que je ressens, sur cette légère fébrilité à ce qui m’attend. Je suis préparé pour ce moment, mon équipe également : nous sommes prêts. En challenger studieux, j’ai observé les combats de celle qui serait mon adversaire aujourd’hui – tout en veillant à ne pas empiéter sur mon sommeil – pour tenter de voir les faiblesses pouvant ressortir de son équipe eau et plante. Il est tout de même curieux de constater une telle corrélation entre les types de prédilection de mademoiselle Manori et son tempérament. Il est d’autant plus curieux de réaliser que c’est un phénomène relativement constant, dans le domaine du dressage. Pour autant, ces notes qui n’ont rien de scientifique ne sont pas non plus pertinentes. Il est désormais temps de mettre tout cela de côté, de faire le vide. Une légère méditation avant d’être appelé sur le stade, sous le regard de milliers de spectateurs, et possiblement de plusieurs dizaines voire centaines de millions de téléspectateurs. L’audimat sera à la hauteur du caractère exceptionnel de l’événement.

« Monsieur Harrison, c’est à vous. » Une profonde inspiration, et me voici avançant vers mademoiselle Manori, vers mon dernier combat, vers ma possible consécration.

*bip bip bip*


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Ven 14 Jan - 23:53
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Jour n°14 ; Sports d'hiver

J’aurais dû voir le piège se refermer sur moi. Flavio m’a invité à le rejoindre, lui et ses amis, au chalet qu’il a loué à Flocombe pour un week-end. J’ai accepté, me disant que cela me changerait d’air, me faisant sortir de Volucité un peu. Et puis cela aurait pu me permettre de socialiser. Je n’avais pas pris en compte le fait que Flavio et moi n’avons absolument pas la même vision d’un week-end au ski. Et je le découvre sur le tas. Ici, alcool, plats bien trop caloriques, pentes dévalées, encore plus d’alcool. Je pense que c’est le résumé le plus succinct – mais réaliste – du programme. Je me dis que j’aurais dû m’y attendre, connaissant Flavio et l’ayant entendu raconter mille anecdotes de soirées alcoolisées avec ses amis. Mais il me connait également, il sait que je ne bois quasiment pas d’alcool et surtout que je surveille très attentivement mon alimentation. J’ai un rythme de vie excessivement sain, et c’est chose connue au journal. Alors pourquoi m’a-t-il invité ? Je suppose que cela a dû lui paraître être une bonne idée.

Je m’interroge surtout sur l’attitude que je dois adopter. Je n’ai pas envie d’être le rabat-joie de service, d’être celui qui refuse de s’intégrer. Dois-je m’autoriser cet écart – que je qualifierais de grand écart, à ce niveau – pour cette seule raison ? Est-ce raisonnable de « me lâcher » de la sorte, même si cela n’arrive qu’une fois ? Je n’ai pas les réponses à ces questions. Il m’est encore difficile d’accepter ce qui m’attend, moi qui pensais que ce serait un week-end sportif, où mon plus gros excès serait de rajouter des marshmallows au chocolat chaud que j’allais siroter au coin du feu. Je dois faire le deuil de cette idée. Nous sommes samedi matin et les cinq autres hommes présents ici, Flavio compris, tentent de se remettre de la soirée passablement alcoolisée de la veille. Ils n’ont définitivement pas fière allure, ce qui risque de rendre nos descentes de piste intéressantes. Étant donné ma modération de la veille au soir, je suis frais, en forme même. Je devrais être en mesure de skier et filmer ces joyeux lurons dans leurs cavalcades en ski ou en snowboard. Une chose est désormais sure : je n’aurai pas besoin de boire comme eux pour m’amuser ce week-end. Surtout que ce sont des rigolos, ces cinq-là, une sacrée équipée sauvage.

Je pense qu’il s’agit de l’événement le plus chaotique qu’il m’ait jamais été donné de filmer. On a des chutes, des phrases très confuses, des grands moments de n’importe quoi. Ils ne sont pas du tout en état, et je dois admettre que j’apprécie me jouer d’eux par moment. J’ai filmé ce moment où Pablo – si je ne me plante pas – ne parvient pas à s’accrocher au tire-fesses, où il tombe, un certain nombre de fois, et exaspère tout le monde après lui. Puis il y a aussi le moment où Carl n’est pas descendu du téléphérique et qu’il est reparti dans l’autre sens. J’avais l’impression parfois d’être avec un groupe d’enfants ingérables, et heureusement pour eux que j’étais là pour veiller sur eux. Cela ne les a pas protégés de certaines cascades et de vols planés pour autant. Dans tous les cas, j’ai décidé de lâcher prise et d’en rire ; de m’assurer qu’ils ne se sont pas blessés, puis d’en rire. Car il s’agit d’un groupe de casse-cous, en plus de cela. Ils se défient, sans arrêt, avec des défis plus stupides les uns que les autres. Je n’y prends que peu part, et je pense qu’ils ont compris que je n’étais pas tant de ce bois-ci. Pour autant, caméscope au poing, j’immortalise ces instants d’une magie absurde. Je suis convaincu que ça leur fera plaisir d’avoir cette vidéo souvenir de la honte. Surtout qu’ils ont l’air partis pour se remettre le même compte que la veille, voire pire, ce soir. Ils sont en tout cas déjà bien partis pour, au vu de leurs commandes au bar. Ma décision est prise, je ne ferais certainement pas autant d’excès qu’eux, mais je veux bien faire une exception, par curiosité. Ils ont eu l’air d’apprécier leur journée alors… pourquoi pas tenter l’expérience ?

C’est de cette manière qu’on m’a vu arriver le lundi matin au bureau, jogging, sweat à capuche et lunettes de soleil, toujours pas remis de la gueule de bois de la nuit de samedi à dimanche. Je ne me souviens que très vaguement du dimanche, mais je crois avoir continué à filmer. Il faudrait que je regarde la vidéo, si j’en ai le courage…


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Dim 16 Jan - 2:22
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Jour n°16 ; Coin paumé

Me mettre au vert le temps d'une semaine, recharger mes batteries à la campagne, cela me paraissait être une bonne idée. Puis je me suis retrouvé au bout de la deuxième journée à n'avoir rien d'autre à faire que marcher dehors. Je ne suis pas fait pour me perdre dans le countryside unysien juste pour la beauté du geste. Alors, hier soir, j'ai regardé ce qu'il pouvait y avoir aux alentours de Renouet - nom du lieu où je me trouve - pour m'occuper. Chassez le naturel, il revient au galop : j'ai trouvé quelque chose d'intéressant pour ma chronique. L’ordre du jour est donc le suivant : je dois m’entretenir avec l’un des assistants du professeur Keteleeria. Etant donné que l’objectif de ma chronique est d’accompagner les nouveaux dresseurs dans leurs débuts, il était logique que je vienne à parler avec ceux qui peuvent s’occuper de ce début, puisque j'en avais l'occasion. Le laboratoire de la professeure pokémon est en lien avec divers élevages ; le but derrière ce partenariat étant de pouvoir proposer aux personnes le souhaitant d’obtenir un premier pokémon. Moustillon, Vipélierre ou Gruikui : les trois pokémons de départ dont l’image est exportée à l’international. Chaque région possède ses pokémons traditionnels, voici ceux d’Unys.

Je divague cependant, ce qui n’est pas surprenant, vu l’absence totale d’animation autour de moi. Le laboratoire de la professeure Keteleeria se trouve à Renouet, soit le fin fond de l’arrière-pays unysien. J’ai beau apprécier les paysages bucoliques, que j’aime immortaliser avec mon appareil photo, ce coin de ma région ne m’inspire rien. Cela fait deux jours que je suis là, et j'ai largement pu constaté le côté désertique du lieu. Le village n’a que quelques rares habitants, visiblement pas de sortie en ce moment, et je n’ai pas vraiment croisé de pokémon. Il faut pourtant que je demande mon chemin, car je n’ai pas le réseau suffisant pour utiliser une application de navigation. Je ne parviens même pas à me géolocaliser… Oui parce que cette semaine devait être détox, des réseaux, du FOMO que j'ai totalement développé. Et donc, pas d'internet, d’où l’orientation à l’ancienne. Cela ne me dérange pas – au-delà de la perte de temps que cela induit – d’approcher de parfaits inconnus pour leur demander la direction. Étant donné le nombre de micro-trottoirs que j’ai dû réaliser au cours de mes études de journalisme, heureusement que je suis immunisé à de telles situations. Encore faut-il trouver ces personnes à qui demander ma route… Soit, explorons, voyons si l’intégralité de ce hameau est endormie.

Je dois reconnaître que je m’inquiète un peu pour ce village dépourvu de vie. Pas de café, pas vraiment de boutique, hormis une petite épicerie, tabac, bureau de poste dans laquelle je me suis empressé d’entrer. Ici, le tenancier – un homme d’une soixantaine d’année – me donne les informations dont j’ai besoin. Je ne pars cependant pas de suite. Je suis d’une extrême ponctualité, pour la simple et bonne raison que je fais en sorte d’avoir systématiquement beaucoup d’avance. C’est cette avance qui m’offre la possibilité de rester un peu, afin de converser. Ce brave homme m’explique que, dans le temps, le passage à Renouet était l’étape obligatoire pour initier ses débuts de dresseur, ce qui offrait activité et prospérité à la bourgade, qui restait somme toute modeste. Mais, au fil des années, et surtout du développement d’internet et des ventes et échanges de pokémons à distance, de moins en moins de dresseurs font le trajet jusqu’à Renouet pour venir y chercher leur starter. Ceci explique donc le déclin du village. L’homme m’indique qu’il voudrait prendre sa retraite, l’âge avançant, mais qu’il ne trouve personne pour reprendre l’affaire, en dépit de la prospérité financière qu’elle peut procurer. Je trouve cela dommage de voir ces endroits mourir car personne ne souhaite s’y installer, faute de dynamisme et d’installations. C’est le Serpang qui se mord la queue, car l’absence de renouvellement de la population entraîne la désertification, le manque d’activité et de moyens financiers pour offrir des services. Surtout que le secteur doit être particulièrement abordable. Voici la triste vérité. Et pourtant, bien qu’en ayant conscience de cela, je n’envisagerais pour rien au monde de quitter Volucité pour m’installer ici.

Les minutes s’écoulent, et une vieille dame – y comprendre nettement plus âgée que le tenant de l’épicerie – fait son entrée. Je la salue, nous échangeons quelques palabres. Elle nous indique qu’il devrait pleuvoir prochainement, son arthrose se faisant davantage ressentir depuis ce matin. J’en prends bonne note, même si je n’ai aucune preuve tangible de la fiabilité d’une telle méthode. Les anciens ont toujours eu leurs connaissances de leur monde, pour savoir s’y adapter sans toute la myriade d’outils que nous pouvons utiliser, nous les « jeunes ». Ils savaient, ils repéraient bien mieux que nous les signaux. Ils les voyaient. Le tenancier de l’épicerie explique à la dame que je suis journaliste, et que je cherchais le laboratoire de la professeur Keteleeria. « Oh, c’est peut-être pour ça que son visage me dit quelque chose. » Je souris, peut-être même que je rougis légèrement. Noyé dans la masse de corps que brasse Volucité, je n’ai pas l’habitude d’être reconnu. Enfin, si elle ne me confond pas avec ce présentateur de jeux télévisés de l’après-midi, car cela m’est déjà arrivé d’être pris pour lui. Je me permets donc de spécifier que je suis dans l’émission du samedi matin, sur la CNU. Son visage s’illumine, m’indiquant qu’elle ne savait pas d’où, mais qu’en effet, maintenant que je le lui disais, elle me remettait.

Une fois ses emplettes terminées – le journal, du pain et une demi-livre de beurre – la dame me propose de me conduire jusqu’au laboratoire. J’accepte la proposition et l’en remercie. C’est appréciable de constater que l’hospitalité peut encore être de mise, et surtout être un automatisme de pensée. Cela faisait sens pour elle, il s’agissait d’une suite logique dans son esprit, pas une idée qui nécessitait réflexion. Il est certain que ce n’est pas à Volucité qu’on aura une telle amabilité envers son prochain. D’une certaine manière, cela me fait penser à mon enfance à Papeloa. Sans être à ce point avenant et altruiste, mais en accueillant toujours l’autre, l’inconnu, l’étranger, avec le sourire. Je me sens privilégié. Nous repartons donc Margaret – bien qu’elle me convie à l’appeler Maggie – et moi, saluant le tenancier de l’épicerie. Nous continuons notre discussion, fort intéressante, sur la perte de ce sens qu’est l’écoute de la nature. La foulée peu vive de Maggie m’oblige à ralentir la cadence, à me concentrer sur un pas lent. Je n’y suis pas habitué, trop engoncé dans la frénésie de ma métropole. Je décide cependant de prendre le temps, estimant que cet instant est une parenthèse dans le temps dont je dois saisir la qualité et en profiter. Maggie possède un esprit malicieux, n’hésitant pas à s’amuser de mon incapacité à trouver le laboratoire par moi-même, sitôt dépourvu de connexion à « l’internet ». Sa compagnie est un régal, au point qu’une certaine tristesse vient à poindre au moment où nous nous retrouvons devant les portes du laboratoire, fin arrivés à destination.

Je salue Maggie avant d’entrer dans le laboratoire. Il est désormais temps pour moi de me mettre au travail.


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Jour n°19 ; Rajeunissement

Étrange. En voulant sortir du lit, ce matin, j’ai l’impression de devoir aller plus loin, comme si mon lit était devenu démesurément grand durant la nuit. Je m’assois donc sur le bord de mon lit et me rend alors compte que mes pieds ne touchent pas le sol. Quelque chose cloche. Partant de la pointe de mes orteils, je remonte le long de mes jambes, jusqu’à m’arrêter sur mes abdominaux. Tout me semble si… juvénile. Tout est en modèle réduit, en plus d’être frêle. Je m’interroge et – je tiens à préciser que je ne suis pas fier de cela – vérifie mon hypothèse en jetant un coup d’œil sous mon caleçon, dans lequel je nage, par ailleurs. Je suis redevenu enfant. Ou plutôt mon corps a régressé, car j’ai a priori conservé mon esprit intact.

C’est assez compliqué de savoir comment réagir à cela, comment appréhender cette information. Dois-je paniquer ? Contacter un médecin, des scientifiques ? Est-ce quelque chose de permanent, ou bien cela devrait revenir prochainement à la normale ? Suis-je le seul à vivre ça ? Un pokémon est-il dans l’équation ? Je reconnais avoir du mal à me positionner. Je ne tiens pas à céder à la panique, je préfère rester le plus rationnel possible – malgré ce point de départ qui ne l’est pas vraiment – et tenter de m’adapter. Si je me retrouve dans mon appartement, au même endroit qu’hier, cela signifie que je n’ai pas voyagé dans le temps, donc que j’ai des choses à faire aujourd’hui, que j’ai une vie à mener : ma vie qui continue. Je dois donc me rendre au travail, au journal. J’ai bien mon badge, mais comment puis-je expliquer la situation à mes collègues ? On ne me laissera pas même entrer. Et puis, de manière pragmatique, je n’ai aucun vêtement d’enfant chez moi, donc je ne peux pas m’habiller. Il est impératif de trouver une solution. Odell.

Il règle ma vie comme du papier à musique, il connait toutes mes informations personnelles : mon médecin traitant, le numéro de téléphone de ma mère, le détail de mon régime de sèche, et j’en passe. Je lui fais aveuglément confiance, alors si je peux compter sur une personne parmi mes proches – ceux à Volucité – c’est bien lui. Je saisis mon portable, qui ne se déverrouille pas car la reconnaissance faciale ne fonctionne pas. Forcément. Je tape donc le code et appelle Odell. « Hey, désolé de te déranger… » Aucune réponse. Il a décroché, mais cela ne va pas plus loin. « Odell ? » « Roy ? Le micro de ton portable doit avoir un problème, t’as une voix chelou. On dirait un gosse. » Sous l’empressement de ne plus être seul dans cette situation, je n’ai pas prêté attention au son de ma voix. « Il faut que tu m’aides, j’ai besoin que tu m’achètes des vêtements en urgence et que tu me les apportes chez moi. Il me faudrait du… » Je réalise alors que je ne sais pas quel âge j’ai, ou plutôt quel âge mon corps a. Je me précipite dans la salle de bain, tenant mon téléphone d’une main, mon caleçon de l’autre. Tout ceci pour découvrir que je ne suis pas suffisamment grand pour me voir dans le miroir au-dessus de l’évier. « Euh, ok, ok. Il s’est passé quoi ? C’est grave ? » « Si je t’expliquais, tu ne me croirais pas. Tu verras par toi-même. » Je réalise alors que mon placard dispose d’un grand miroir à l’intérieur d’une des portes, sur toute sa hauteur. Avec celui-ci, je devrais être en mesure d’estimer mon âge, pour les vêtements. Face à mon reflet, je reste sans voix. J’ai l’impression de revoir des photographies de moi enfant, quand je devais avoir six ou sept ans. C’est extrêmement perturbant. « Pour les vêtements, achète-moi du huit ans. » « Quoi ? » « Fais ce que je te dis. Du huit ans, au moins une tenue complète, avec des sous-vêtements. Et puis des chaussures aussi, du… trente… trois ? » Je prononce le chiffre au hasard, n’ayant aucune idée de ma possible pointure. J’aviserai. « Je te rembourserai direct. » « Ok… »

Je raccroche. Je dois paraître fou aux yeux d’Odell, alors que c’est ce rajeunissement inexplicable qui est fou. En attendant, je dois me laver, m’habiller – disons couvrir mon corps en attendant qu’Odell n’arrive avec des vêtements à ma taille – et déjeuner. Sauf que je n’ai pas accès à tout, pas au mobilier en hauteur. Même la vasque de la salle de bain m’arrive seulement au niveau du menton. Cela risque d’être problématique. « COLE ! » Le Noctunoir devrait pouvoir m’aider, attraper les choses en hauteur, me porter si besoin. Le spectre – passant au travers du mur – fait son apparition dans la salle de bain. Il me fixe, de son œil unique. Je crois qu’il ne sait pas réagir à ce qu’il voit, qu’il ne comprend pas. « C’est moi. Roy. » Il m’observe, m’analyse, sans doute pour s’assurer qu’il s’agit bien de moi. « Je vais avoir besoin de toi. » Je lui demande de me donner ma brosse à dents, de mettre l’eau dessus, car j’accède avec difficulté au robinet en me mettant sur la pointe des pieds. Je lui demande ensuite de baisser le pommeau de douche. Je fais ma toilette, aussi rapidement que possible. Je me rends compte que Cole va vraiment devoir m’assister sur presque tout, et ce durant tout le temps où je resterais coincé dans mon corps d’enfant. Je soupire, bien que je sois conscient de devoir continuer à avancer. Un t-shirt, bien évidemment beaucoup trop grand, fera l’affaire comme seul habit, en attendant. Puis le petit déjeuner. Je vais devoir expliquer à mon Noctunoir comment utiliser ma machine à café, car j’ai beau avoir de nouveau le corps d’un enfant de sept ans, mes envies n’ont toujours pas changé. Cela risque d’être perturbant pour les personnes extérieures… Il va falloir que je pense à cela. Mais, en attendant, je gère le tutoriel pour avoir mon macchiato.

On sonne à la porte. Ce doit être Odell. Je saute du tabouret, puisque j’ai dû grimper dessus à cause des centimètres perdus durant la nuit et me dirige vers la porte. Le pauvre Odell n’a aucune idée de ce qui l’attend.

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Sam 22 Jan - 22:42
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Jour n°19 ; Rajeunissement

Partie 2 ; dans laquelle on découvrira la suite de la galère.

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Sam 22 Jan - 22:45
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Jour n°22 ; Blaine l'Iguolta

L’Iguolta s’interroge : son humain est-il déjà réveillé ? La réelle question derrière est de savoir s’il est trop tôt pour grimper sur le lit de son dresseur. Le jour n’est pas encore levé, l’humain est a priori toujours dans son lit. Pour autant, cette question aboutit systématiquement à la même réponse dans l’esprit du reptile : non, il n’est pas trop tôt. L’Iguolta se décide donc de sortir de son abri, malgré la lampe chauffante, et de se confronter à la fraicheur de l’appartement du Roy. Il n’aime pas ça, avoir froid, et c’est pourquoi il se hâte en direction du lit de l’humain. En chemin, il croise ce grand spectre qui le fixe alors de son gros œil rouge, mais le pokémon électrique n’y accorde pas la moindre importance.

Au pied du lit, Blaine observe avec attention, il écoute également. Pas de mouvement, simplement une respiration. En effet, le Roy doit être encore endormi. Cela ne change rien à ses plans ; se propulsant à l’aide de ses pattes arrière, le reptile agrippe la couette afin de grimper sur le lit. Il tire légèrement sur le tissu, mais une certaine résistance lui permet de ne pas tomber à la renverse. Il gesticule toute de même des pattes pour parvenir à se hisser jusque-là, mais il sait très bien que le jeu en vaut la chandelle. A pas feutrés, l’Iguolta remonte vers la tête de son dresseur et le regarde dormir paisiblement. C’est étrange, un humain ; ce n’est pas un pokémon comme les autres. Il s’est attaché à celui-ci, à son Roy. Ils s’étaient mutuellement sauvés d’autres humains et pokémons, méchants, eux. Blaine se remémorait. Il n’était à l’époque qu’un petit Galvaran perdu dans une forêt, très loin de la montagne rocailleuse qu’il avait toujours connue. Il aurait d’ailleurs pu faire comme d’autres pokémons, suivre ces autres humains – encore d’autres – qui l’auraient reconduit chez lui. Le Roy le lui avait expliqué, mais Blaine avait déjà décidé que le Roy serait son humain.

Se glissant sous la couette, profitant d’un interstice proche du corps du Roy, l’Iguolta retrouve la chaleur. Il ne se colle pas au Roy, ayant appris que c’est à ses risques et périls. Il s’installe non loin, se couche en boule et laisse seulement sa queue s’enrouler autour de l’avant-bras de l’humain. Lui qui comptait se rendormir, le voici avec une idée lui trottant dans la tête : que serait-il devenu, s’il n’était pas resté avec le Roy ? Il est difficile pour le reptile de se projeter autrement que dans de très anciens souvenirs, a priori joyeux, bien qu’il se remémore sans mal de grands moments de peur, où il fallait se cacher, où il ne voyait soudainement plus un des membres de la horde. Auprès du Roy, Blaine se sait en sécurité. Il peut profiter d’une vie paisible, lézarder toute la journée, suivant le soleil sur les baies vitrées de l’appartement de son humain. Il est entouré d’autres pokémons, qui ne sont certes pas de son espèce – et avec lesquels il ne s’entend pas forcément – mais qu’il considère de sa horde. Au-delà même des besoins primaires qui sont largement satisfaits, et du sentiment de communauté, l’Iguolta possède ici quelque chose qu’il ne retrouvera jamais dans la nature : le Roy, son humain.

A cette pensée, le pokémon électrique se rapproche dudit humain, se blottit contre lui. Depuis son évolution, ce n’est plus autant dans ses habitudes que de venir chercher l’affection du Roy, mais ce matin, il se trouve d’humeur particulièrement câline. La peau charnue de l’humain est d’une chaleur toujours étrange pour le reptile, mais cela reste hautement agréable. Le Roy bouge alors, réagissant au contact. Il fait également plus de bruit, même si sa respiration est moins forte. Blaine sait que son Roy est désormais réveillé, et il s’en réjouit, car son humain peut maintenant s’occuper de lui. « Blaine, tu abuses. » Il râle, caractéristique que semblent partager tous les humains. Le Roy maugrée chaque matin où l’Iguolta le réveille, mais il ne le chasse jamais. Au contraire, il lui donne systématiquement ce qu’il est venu chercher : des caresses. De toute façon, le reptile cherche surtout le contact – peau à peau lorsque c’est possible – avec son humain, simplement être contre lui. Le Roy ne refuse jamais, il prend toujours le temps pour lui, et ça, Blaine apprécie. Qu’il soit dans son lit, comme en ce moment, devant sa machine sur laquelle il tape avec ses doigts, avec un livre, son Roy lui permet toujours de venir s’allonger sur lui, pour dormir ou pour regarder ce qu’il fait. Il tient à son Roy. Lové contre le torse de son humain, qui semble s’être rendormi, le reptile arrive à une unique conclusion : Blaine aime très fort le Roy.


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Mar 25 Jan - 23:30
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Jour n°25 ; Lettre au Père Noël

Cher Santa,

Si je t’écris cette lettre, c’est surtout pour faire plaisir à ma petite sœur, Brook. Je suis trop grand pour croire encore qu’il faut envoyer sa liste de cadeaux au père Noël pour qu’il sache quoi nous offrir. Ma sœur, elle est encore petite, alors elle y croit. Mon papa dit que comme je suis le grand frère, je dois protéger la magie de Noël. J’espère que ça fait de moi un magicien. En tout cas, il dit aussi que c’est très important que je garde le secret, que je ne dise pas à Brook que c’est pas vrai. Et donc, pour lui faire croire que c’est vrai, moi aussi je t’écris !

J’espère que madame Claus va bien, que tes Cerfrousses aussi (surtout Comète) et puis tous les Cadoizos qui travaillent dans l’atelier. Même si tu n’auras pas le temps de lire ma lettre, parce que tu travailles trop et que tu ne peux pas attendre juste avant Noël pour commencer la préparation des cadeaux de tous les enfants qui t’envoient une lettre. Surtout que certains ne peuvent pas encore, et même qu’il y en a qui sont trop petits pour écrire. Enfin, c’est ma maman qui écrit la lettre pour Brook, elle sait pas encore trop écrire. Mais elle veut plein de cadeaux, alors ça va être une longue liste ! Moi, je veux juste un appareil photo et un Nigosier, comme ceux de mon papa. Je ne te le dis pas pour que tu changes mes cadeaux si jamais c’est pas ce que tu as prévu de m’apporter, je serai quand même content d’avoir des cadeaux à Noël, puis je pourrai peut-être les avoir pour mon anniversaire, alors ne t’en fais pas.

Je ne vais pas te déranger beaucoup plus longtemps, je sais que tu es très chargé et puis que je suis qu’un petit garçon (même si je suis quand même un peu grand) parmi tous ceux du monde, et que tu dois vraiment recevoir plein de lettres. Je te souhaite bien du courage pour la nuit de Noël, repose-toi bien ! On te laissera un verre de lait et des cookies quand tu passeras à la maison, et puis aussi des carottes pour les Cerfrousses. On te mettra les cookies dans un sac, pour que tu puisses les emporter, et puis peut-être que tu pourras en garder un pour madame Claus.

Santa, je te souhaite un joyeux Noël !

Roy, un enfant sage

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Ven 28 Jan - 23:26
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Jour n°28 ; Trousse, Calisson, Bonnet

Il faut que je trouve Léontine. On m’a dit qu’elle était dehors, et je ne comprends pas ce qu’elle peut bien faire à l’extérieur du bâtiment. Nous sommes en plein hiver, et il fait froid. Sauf que j’ai besoin d’elle maintenant. J’ai attrapé ma veste et mon écharpe et suis descendu pour la chercher, dans la rue. Je lui ai également envoyé un message, mais pas de réponse. Tout ceci est de sa faute. L’an dernier, j’ai eu un petit coup de mou à cette période, et Léontine s’en est rendue compte, on a passé du temps à discuter, dans son bureau, dans le mien. Et, à chaque fois, elle ramenait ces petits bonbons délicieux dont je ne me rappelle plus le nom. Ce sont des petites navettes jaunes, avec une couche blanche de ce que je suppose être du sucre sur l’une des faces ; ça vient du sud de Kalos, typique de là-bas, la famille de Léontine – du côté de son père, je crois – possède une confiserie artisanale, où ils fabriquent eux-mêmes ces sucreries. Mais je ne suis pas ici pour faire état de l’arbre généalogique de ma collègue. En plus, je commence sincèrement à sentir le froid me brûler les oreilles. Je suis parti sans gants ni bonnet, et si je peux mettre mes mains à l’abri dans mes poches, ce n’est pas le cas pour mes oreilles, à mon grand dam. Cela ne me conduit cependant pas à renoncer, à retourner me mettre au chaud. Je suis en pleine vague de nostalgie vis-à-vis de ma famille que je ne peux pas voir durant les fêtes, et j’ai besoin d’un de ces petits bonbons pour me remettre d’aplomb.

A le dire de la sorte, j’ai l’impression d’être un camé à la recherche de son dealer, pour avoir sa dose. C’est véritablement là où j’en suis rendu, et cela m’agace fortement. Surtout qu’il s’agit d’un aliment prohibé en raison de sa nature. Je fais attention à mon alimentation et les extras sont plus que rares. En général, je ne fais d’écart que lors de certaines occasions, les repas de familles ou les soirées entre collègues, et encore. Alors mettre mon corps à rude épreuve pour un morceau de sucre aromatisé, cela devrait me sembler inconcevable. Et pourtant, je suis bien dehors, avec les oreilles endolories, pas encore anesthésiées, sans la moindre trace de Léontine. Je rentre mon cou, pour essayer d’emmitoufler ma tête dans mon écharpe, pour couvrir mes oreilles. Je m’inflige cette torture pour quelque chose d’aussi futile, bien que cela me paraisse vital. J’ai le cafard, et une seule de ces confiseries suffirait pour faire office de rayon de soleil sur mon cœur, pour le réchauffer et le tirer hors de la grisaille. Ça sent le sud de Kalos, avec tout ce que cela induit, alors oui, ça serait un coup de pouce non négligeable pour reprendre du poil de la bête. Encore faut-il que je parvienne à mettre la main sur Léontine. Et ce n’est pas gagné.

Une idée me vient alors, regarder les stories de Léontine sur les divers réseaux sociaux, voir ce qu’elle a partagé récemment, s’il y a une localisation, ou bien si je reconnais les lieux. Léontine est une de ces personnes qui partage sans problème son quotidien, sur ces plateformes. Je m’y mets, pour communiquer sur le plan professionnel, mais j’ai plus de mal à poster concernant d’autres domaines que le journalisme. Cela n’est en aucun cas une difficulté pour ma collègue, et je compte en tirer profit. Je ne tiens cependant pas à perdre l’usage de mes mains à cause du froid – ayant déjà sacrifié mes pauvres oreilles pour cette cause – et vais m’arrêter dans un café le temps de faire ma petite recherche. Je m’accorde un sursis, ainsi qu’une autre source de chaleur réconfortante temporaire, avant de repartir à la recherche de Léontine, dans ma quête de l’antidépresseur gourmand.


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Roy Harrison

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Sbire Aqua

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Dim 30 Jan - 20:37
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Mardi soir, la nuit commence à tomber sur Nénucrique. Le raid sur le quartier général de la team Aqua va pouvoir démarrer, à ton commandement. Tu as pris les rênes de la branche Unysienne et tu développes depuis des mois tes relations avec les filiales des autres régions pour renverser la tête de l’organisation implantée ici, à Hoenn. Tout a commencé avec eux, certes, mais les autres admins te rejoignent sur le fait que – malgré votre liberté relative – il n’est plus possible d’être dirigé par des fanatiques de la montée des eaux, de l’expansion des océans, et qui gaspillent vos ressources en argent et en hommes pour la quête invraisemblable de Kyogre et la volonté de le soumettre au joug d’un seul homme : Arthur. Tu positionnes tes pions sur l’échiquier et personne ne viendra se mettre en travers de ton chemin. En fin stratège, tu as fait en sorte de t’assurer la loyauté de ceux ayant accepté de te suivre.

Le plan d’attaque est simple : neutraliser et soumettre l’endroit, purger les sbires de ses fanatiques pour remettre l’organisation dans le droit chemin. Tu comptes faire régner en maître la team Aqua sur tous les espaces maritimes du globe, n’hésitant pas à agir à la moindre malversation des acteurs la sillonnant. Le mot d’ordre, aucune pitié. Vous aurez de grandes compagnies pétrolières dans le viseur, que vous ferez couler. Ceux qui sont dans l’organisation pour l’aspect financier, qui ont su instaurer une légitimité mafieuse à leur position – je pense en particulier à Kanto, Johto et Sinnoh – elles sauront faire face à ce changement de cap. Après tout, il vous faudra des fonds, et ce sont principalement ces deux régions qui vous les procurent. Pour autant, l’heure n’est plus à la politique ; l’heure est à l’assaut. Tu donnes le départ et, en conquérant, tu te dois d’être présent sur le champ de bataille. C’est un mouvement risqué, mais tu comptes utiliser ton roi comme une pièce offensive. Tu te places au centre de ta stratégie d’attaque, la pièce qui permettra le mat.

Sur le dos de ton Sharpedo, accompagné de toute une troupe d’autres sbires venant d’un peu partout, tu te diriges silencieusement vers la base aquatique. Derrière toi, en plus de ces sbires, se trouve ton armée de Maraistes. Tu les as dressés, tu as fait d’eux des machines placides de guerre. Personne ne se méfie des Maraistes ; il faudrait. Tu ne gères pas les détails technologiques, mais tu comptes sur ton équipage – celui du Résilience – pour créer la faille dans la sécurité de la base, dans laquelle vous allez vous engouffrer.

Une fois à l’intérieur, la guérilla se met en marche. Octillery au point, tu tires sur toute personne se mettant en travers de ton chemin et laisse un de tes Maraistes finir le travail. Il n’y a aucune pitié, quel que soit leur nombre. Et les sbires fanatiques d’Arthur commencent à affluer, en masse. Cela n’est pas surprenant, étant donné qu’il s’agit du quartier général le plus important, à l’échelle planétaire. Mais cela ne t’arrêtera pas. Tu diriges ta propre armée, et celle-ci regroupe les forces de sept autres régions. Ils ne peuvent faire le poids. Tu es la cible d’attaques de pokémons, de tirs d’armes à feu, ce n’est pas pour autant que ta progression est ralentie. Tu esquives et contre-attaques, ton Octillery tire, abattant les cibles les unes après les autres. Quant à tes Maraistes, personne ne leur résiste, ils déciment le moindre pokémon face à eux. Tu leur as appris à se battre ensemble, à fonctionner en équipe, comme un seul être. Ils sont parfaitement coordonnés, infaillibles. Ils cachent admirablement bien leur jeu, derrière leur air… vide. Et c’est également de cette arme que tu uses. A voir un groupe de Maraistes, on ne les considère pas comme une menace. Une fois qu’ils rentrent en action, il est trop tard.

Entrés par l’entrepôt, votre progression se poursuit. Tu te diriges vers la zone plus administrative, les bureaux. Tu dois mettre la main sur Arthur et le rayer de la carte, définitivement. Tu ne ressens pas la moindre peur, seulement l’odeur du pouvoir s’insinuant dans ton esprit. Tu continues d’avancer, abattant un Tyranocif d’un simple Pistolet à O de ton Octillery, défaisant des Mackogneurs d’un revers de ta seule main de libre. Cela ne te demande même pas d’effort tant tout ceci est d’une facilité déconcertante. Un jeu d’enfant. Tu aurais dû faire cela depuis bien longtemps.

Une fois dans le bureau d’Arthur, pauvre gars planqué sous son bureau, tremblotant, vieux fou indigne d’être à la tête de la team Aqua, la phase deux peut commencer. Tu pourrais te contenter de lui mettre une balle dans la tête, ce serait simple, rapide et efficace. Cependant, tu tiens à détruire le peu de sanité qu’il lui reste. Pourquoi te salir les mains inutilement ? Tu tiens à asseoir ton pouvoir pleinement et faire comprendre à tous qu’ils seront incapables de te faire tomber. C’est pourquoi, après la ruine que tu viens de faire s’abattre sur le quartier général de Nénucrique, tu conduis Arthur, ainsi que tous tes suivants, à la grotte Origine, au nord d’Atalanopolis. Vous traversez la grotte jusqu’à ses profondeurs, et voici Kyogre. Il suffit d’un claquement de doigts et le pokémon ouvre les yeux. Il reconnait l’homme qui lui fait face. Il t’a donné ses pouvoirs lors d’une bataille récente contre la team Magma dans ces mêmes eaux. Tu t’avances et lui tapotes le front, pour le gratifier de sa docilité. Tu es le maître de ce pokémon légendaire. Tu es la légende. Cela t’aura pris du temps pour le réaliser : tu es un dieu vivant.


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