» Calendrier de l'après

Haeshle Suibhne

Haeshle Suibhne
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Lun 3 Jan - 18:16
Jour 3Haeshle est devenu une créature surnaturelle.


Ce matin là, tu n'es plus totalement toi. Tu te réveilles avec les pensées plongées dans la brume. Tu te sens étrange, lourd et léger à la fois, différent. Et tu ne sais pas vraiment où tu es non plus. En d'autres termes ; tu es perdu.

Bien des gens sombreraient dans la panique, mais ce n'est pas ton cas. Malgré que tout te soit étranger – jusqu'à ta propre carcasse que tu ne reconnais plus – tu te laisse aller à ce doux sentiment de liberté. Car oui, bizarrement, tu te sens bien. Très bien même. Tu n'es plus totalement toi-même, même si ton esprit reste égale à lui-même. Tu ouvres doucement les yeux, balaye de la main ce sable fin qui se trouve sous ta petite personne allongée là, puis tu souris paisiblement. Tu ne sais pas comment tu t'es retrouvé là, ni même ce qui t'es arrivé exactement, mais tu apprécies ce renouveau.

Peut-on pourtant parler de renouveau ? Maintenant que tu y vois un peu plus clair et que ton esprit est sorti de la brume, tu constate qu'à priori, ton corps est toujours le même. Tu te contente simplement de bouger la tête en balayant de la main ce sable fin si doux au touché. Tu regardes cette main et tout ce qui gravite autour qui est visible sans que tu n'aies à te relever. Rien à signaler d'anormal, tu es le Haeshle qu'on connaît si bien. Pourtant, tu peux jurer à quiconque passant par là que tu n'es plus le même. Tu le sens, au fond de ton cœur, au fond de ton âme. On dira sans doute que tu as un peu trop arrosé la soirée de la veille et toi tu clameras que tu n'as pas bu une goûte d'alcool, pas une seule. Seulement, tu n'as réellement aucun souvenir de cette journée là, ni même de la précédente. Et quand tu essaies de forcer tes souvenirs à refaire surface, ton cerveau bouillonne et un mal de crâne surgie. Que t'arrive-t-il au juste ?

Tu sens l'océan caresser ses mollets, mais au-delà tu ne sens plus tes pieds comme tu devrais les sentir. Tu les sais là et tu ressens bien quelque chose. Seulement, ce n'est pas cette sensation habituelle, celle que tu connais bien. Ce qui te force donc à te redresser un peu, abandonnant ce précieux sable sur lequel tu t'appuies avec tes coudes. Tu ne vas pas plus loin pour le moment. Tu n'as pas besoin de plus pour voir ce qui se passe au plus bas de ton corps. Tu observes attentivement, ce durant plusieurs secondes, jusqu'à ce que l'information monte à ton cerveau. La preuve que tu n'es plus le même ce trouve juste là, dans tes pieds. Évidemment, cela ne s'arrête pas qu'à eux. Tu le vois au remue de l'eau. A mesure qu'elle surplombe le bas de ton corps, celui-ci réagit à l'égal de tes extrémité.

Ce que tu es devenu, tu ne le sais vraiment. Tu peux simplement affirmer ne plus être humain. Est-ce réel ? Une simple hallucination ? Tu ne le sais pas et tu t'en fiches pas mal. Tout ce que tu vois là, c'est une opportunité de prendre un nouveau départ, de découvrir un nouvel horizon, mais surtout ; de partager une passion, ainsi que le rêve de ton fidèle compagnon écailleux. La passion de la natation, le rêve de voguer à travers l'océan.
Tu as entendu bien des légendes durant ton enfance, mais rien ne ressemble vraiment à ce que tu es en train de vivre. As tu vraiment besoin de suivre un plan bien défini cela dit ?

Tu te relèves complètement, t'éloignant de cet océan cajoleuse pour te piquer sur tes pieds qui reprennent alors forme humaine. Tu cherches du regard Polar qui se trouvait à quelques mètres de toi, assit sagement à attendre ton réveil. Il attend que tu fasses le premier pas, que tu lui confirme tes nouvelles capacités, que tu ouvres la porte menant à ce nouvel univers. Tu lui souris simplement en guise de remerciement pour sa patience. Après quoi tu replonges tes petons dans l'eau salée. Tu avances jusqu'à y plonger tes genoux. A ce stade, tu t'arrêtes, admirant ton corps qui se change en un claquement de doigt. Ça ne fait pas mal. A vrai dire, tu ne sens absolument rien. Seulement du bien-être.

Tu dois dire que le spectacle est relativement beau. Ta peau quelque peu poilue est passée d'un teint pale à un bleu d'azur semblable à un ciel d'été. Tu y vois quelques reflets d'émeraudes. Tu as l'impression d'être une pierre précieuse. Mais non, tu n'es rien de plus qu'un gros poisson humanoïde. Enfin, pas tout à fait. Mais dans quelques instants, tu plongeras tête la première pour devenir cette drôle de chose sans nom. Tu gagneras une longue queue semblable à celle de ton Aquali, nécessaire pour naviguer sans encombre. Et puis tu partiras à ses côtés dans les profondeurs de ce grand bleu inconnu, sans te soucier de ceux qui pourraient t'attendre ailleurs. Tu n'es même pas désolé de les abandonner de la sorte. Tu n'es plus l'homme qu'ils pensaient connaître. Alors autant te laisser pour mort et savourer cette nouvelle vie qu'un dieu inconnu a bien voulu t'offrir.




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Haeshle Suibhne

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Jeu 6 Jan - 23:58
Jour 6Haeshle et la galette aux pommes.


« Qu’est ce que c'est que cette chose. » crache ton ami, tandis que tu déposes la galette sur le plan de cuisine.

Tu venais tout juste de revenir de la boulangerie. Tu étais chargé d'une mission très importante : celle d'aller chercher la galette des rois pour le repas du soir. A vrai dire, ce n'était pas vraiment ta mission du jour. Elle t'a été affecté parce que la chose a été oubliée. De base, tu n'es qu'un simple invité pour un repas dans ta famille de substitution – celle de Sharlieh. Vous êtes arrivés sur place il y a seulement quelques heures et vous resterez chez sa maman le week-end durant. Elle vous voulait avec elle et Sora pour l'Épiphanie, en partie parce qu'elle n'a pas encore pu vous voir depuis la nouvelle année. Seulement voilà, elle a été si occupée que quand vous êtes arrivés à la maison elle vous a sauté au cou pour réclamer votre aide. Elle avait besoin de l'un de vous pour préparer la table et l'aider dans d'autres petites taches, pendant que l'autre retourne en ville – non pas pour reprendre le train, mais bien pour aller dévaliser la boulangerie du coin.

Alors quand tu reviens à la maison et que tu déposes la chose dans la cuisine, tu ne comprends pas tout de suite la réaction de ton ami. Tu as même le réflexe de baisser la tête pour regarder la galette. Peut-être qu'elle était déformée ou qu'on t'avait donné la commande d'un autre – parce que tu te souviens bien avoir dit « galette des rois » à la boulangère, donc la faute ne peut venir de toi sur ce coup ci. Mais non, à bien y regarder, elle avait la tronche de ce qu'elle est sensé être – la galette, pas la boulangère.

« De quoi tu parles ? ». Tu le regardes en plissant le nez. Même sa mère passant par là, l'ayant entendu, s'arrête pour le regarder de travers. « On t'as demandé une galette. » « Eh beh ? Tu vas pas me dire que c'est une tarte flambée ? » « Y'a marqué que c'est à la pomme. » « Et alors ? » « Et alors c'est un chausson au pomme ! ». Tu vois sa mère lever les yeux au ciel. « Sharlieh... » « Mais c'est sensé être à la frangipane ! Quel est l'idiot qui s'est dit que remplacer la frangipane par autre chose est une bonne idée ? Pourquoi pas une galette au saucisson tant qu'on y est ». Tu pouffes de rire face à sa petite séance de dramaqueen. Il est vrai que tu n'as pas vraiment fait attention à quoi était faite la galette. Pour toi aussi, il n'y avait pas d'alternative à la frangipane. Et puis, tu avais une autre raison à ton inattention. « C'était la dernière galette, je n'avais pas d'autres choix » souffles-tu finalement en haussant les épaules. Il grimace tel un enfant gâté. Sa mère le bouscule pour qu'il dégage le passage, prend la galette dans les mains et la sort de son emballage pour la déposer sur un plat. « Ça fera très bien l'affaire. Merci Haeshle ».

Tu aides autant que possible jusqu'à l'arrivée du repas et le fameux moment où tout le monde pose enfin ses fesses sur une chaises. Tout se passe dans la joie et la bonne humeur. Chaque plat était un délice, comblés par de petites blagues au travers de discussions diverses.
Arrive alors le moment du dessert, l'heure de gloire de la galette pas tout à fait galette. L'ambiance si légère s'envole dés lors que la chose se pose au centre de la table, prédécoupée par Marzia. Plus personne ne dit rien. Et tout le monde fixe la galette comme si elle n'avait rien à faire là.

« Vous pensez qu'il y a une fève là-dedans ou... ». Sora ose briser le silence sans pour autant finisr sa phrase. Elle vous regarde, vous les adultes, à tour de rôle. Tu devines ce qu'elle pouvait penser : « ou c'est l'entubage le plus total et on va se tartiner à coup de pomme ? ». Quelque chose dans ce genre là. « Et bien, puisqu'il y avait une couronne dans le carton, j'en déduis que oui » souffle avec douceur leur mère. Elle vous sert ensuite à chacun une part. Et vous attendez qu'elle se rassoie pour prendre une première bouchée.

« Mouai. » « C'est un chausson aux pommes. » « Merci. ». Vous grimacez tous les deux avant de rire à l'unisson – sans véritable raison. Bien que vous soyez déçu de cette « galette », cela ne vous empêche pas de terminer votre part et de repartir de plus belle sur une conversation plus joviale. « Moi j'aime bien » finit par dire Marzia, souriante. Évidemment, parole de maman, elle ne peut dire le contraire. « Oh ! J'ai la fève ! » poursuit Sora, enjouée. Et bien, ces dames seront au moins comblées ce soir.




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Haeshle Suibhne

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Dim 9 Jan - 3:56
Jour 9Haeshle dans l’univers de Monstre & cie.


En ce jour un peu spécial célébrant la naissance de l’une de tes mamans, te voilà de retour dans la demeure familiale pour tout un week-end. Ta soeur a également fait le déplacement. Et en ce premier soir tous ensemble, on peut dire que rien à vraiment changé entre vous. C’est un peu comme si tu étais de nouveau un petit garçon plein de rêves au milieu d’une famille qui l’aime. Mais quelque part, ne serais-tu pas resté ce garçon là ?

C’est le sentiment que tu ressens quand tu mets les pieds dans ta chambre, au moment où vient l’heure du coucher. En ouvrant la porte, tu découvres que rien n'a vraiment changé – à l’exception de ton lit, dieu merci. Il y a des traces de ton passage à l’adolescence, mais dans la globalité, tout est resté au stade de ton enfance. Tu souris paisiblement, heureux de te souvenir de ce que tu as pu vivre entre ces murs. Ta maman sur tes talons te souffle à l’oreille que tu les as supplié des années durant de redécorer cette chambre pour qu'elle ait l’air moins enfantine, soit disant que tu étais la risée de tes copains d’école. Ce devait sans doute être vrai. Mais elles ne t’ont jamais écouté, n’ayant pas vraiment le temps pour répondre à ton caprice. Et puis elle te dit qu’il serait peut-être temps de redonner un petit coup de fraîcheur à cet endroit. A cela tu lui réponds qu’il est hors de question de toucher à quoi que ce soit. Tu aimes finalement revoir ces choses et replonger dans le monde du jeune toi. C’est un peu comme visiter le musée de ta propre vie. Elle te sourit, te promettant de n’en faire rien.

Elle te quitte finalement en te souhaitant une agréable nuit, refermant la porte pour toi, t’isolant ainsi avec Polar qui n’a pas attendu ton signal pour se vautrer dans le lit. Mais tu n’étais pas encore prêt à te mettre au lit. Tu avais encore envie de faire le tour des lieux, de tes vieux trucs laissés à l’abandon. Il n’y a plus tes instruments déjà. Soit tu les as embarqués avec toi à Winscor, soit tu les as vendu pour t’en acheter de nouveaux. A l’exception d’un Ukulélé que tu as cédé à un ami qui voulait l’offrir à son petit cousin. Par contre, il restait bon nombre de tes vieux jouets. Tu les admire à tour de rôle en te disant que ce serait plutôt pas mal de leur offrir une seconde vie. Mais tu verras ça un peu plus tard avec tes parents.

Ton Aquali vient finalement te rejoindre lorsque tu te rapproches de cette grande porte de placard qui te terrorisait étant petit. Il a bondit comme pour te rassurer, ou te protéger d’un potentiel danger imminent. Sauf qu’aujourd’hui, tu n’as plus peur de ce placard. Tu as eu de bonnes raisons d’en avoir peur à l’époque. Déjà parce que pour toi c’était la porte d’entrée vers un autre monde et qu’un monstre allait venir te manger. Ensuite, ce placard est incroyablement profond, à un point où même en journée tu n’aimais pas t’y aventurer. Mais maintenant que tu es adulte, tu sais que tu n’as plus rien à craindre. Aucun monstre ne viendra t’attaquer, déjà parce qu’ils n’existent pas, et puis parce qu’il y a bien plus effrayant dans la nature de ton petit monde.

Toutefois, tu as beau dire à Polar que vous ne risquez rien, il reste sur ses gardes. Serait-il traumatisé de tes terreurs nocturnes ? Bien. Il n’y a donc qu’un seul moyen pour lui prouver que tout va bien ; entrer dans le placard.
Tu ouvres la porte doucement, gardant ton regard rivé sur ton petit compagnon sur la défensive. D’un geste de la main, tu lui montres l’intérieur et signal qu’il n’y a rien de plus que de vieilles affaires. Mais puisqu’il ne semble pas convaincu, tu mets un pied, puis un second dans le placard. Tu le vois bondir avec effroi, se précipitant à tes côtés. Tu lui dis qu’il en fait des caisses, continuant d’avancer à la recherche du fond.

« Mais c’est pas un enfant ça ! Tu t’es encore trompé triple buse. Donnes-en moi une autre ! » entends-tu tout prêt de ton oreille. Tu sursautes, faisant face à un drôle de truc poilu, rouge, à plusieurs bras et quatre yeux. Tu pousses un petit cri peu virile. Tu paniques. Et puis tu fais demi-tour dans l’espoir de repasser la porte de ton placard. Problème : la porte s’est refermée sous ton nez. « NOOOON ! » cries-tu en te jetant dessus, actionnant la porte avec dépit. Et là, sans que tu ne comprennes pourquoi, une sorte de pince vient emporter ta porte dans les airs, te forçant à lâcher prise. « Non non non, attendez ! ». Tu la suis du regard, fait quelques pas en sa direction avant de la voir disparaître au loin au milieu d’autres portes. « Ramenez ma porte ! » craches-tu en te tournant vers la chose rouge qui semblait avoir oublié ta présence. Il te regarde de haut en bas, puis regarde son confrère plus loin, derrière une petite machine. « Eh Bobby, t’as laissé l’humain ici. Encore. ». Le dénommé Bobby lève le nez de son pupitre, te regarde, puis arrive près de toi, asserz stressé. « Pas de panique ! Je vais te rame…. QU’EST-CE QUE C’EST QUE CETTE CHOSE ?! ». Il recule dans un sursaut, pointant du doigt Polar. « C’est horriblement laid ! Tenez ça loin de moi, je tiens à rester en vie. » « EH ! » Tu t’offusques. On ne parle pas comme ça de ton meilleur copain. « Tu t’es vu dans un miroir l’affreux ? » « Allons allons ! ». Tu n’as même pas le temps de dire ses quatre vérités à l’autre machin qu’un troisième arrive pour calmer la situation. Dans quel merdier as-tu atterri ?

« Monsieur l’humain, veuillez accepter nos plus plates excuses. Notre ami ici présent est encore en formation et n’est pas tout à fait habitué aux coutumes de votre monde. Quand à votre retour chez vous… Nous y travaillons activement. ». Il se tourne vers l’autre. « Quand à vous Bobby, vous ferriez mieux de me retrouver cette fichue porte au plus vite si vous tenez à votre travail. » « Bien monsieur… Mais la chose va pas me manger ? » « C’est moi qui vais te manger si tu continues de mal parler de lui ouai. » « J-Je euh. O-oui. D’accord. La porte donc ». Et il retourne à sa machine.

Le troisième monstre qui ressemble… À pas grand chose en fait. Tu ne saurais le décrire. Quoi qu’il en soit, il te prend par l’épaule et t’écarte de ce qui semble être leur lieu de travail. Tu passes devant d’autres équipes – toutes plus hideuses les unes que les autres. Tu les vois entrer et sortir de diverses portes et remplir des bouteilles jaunes. Tu crois entendre des rires d’enfants à travers les portes. Tu ne comprends rien à ce qui se passe. Et tu n’as pas le temps de comprendre quoi que ce soit que tu quittes les lieux pour arriver dans une sorte de petite salle de réunion où deux autres monstres semblent se chamailler.

Et alors tu réalises où tu te trouves. Celui qui t’as conduit ici dit des choses aux autres, mais tu ne l’écoute pas. Tu es déconnecté de la réalité. Tu souris même, ce qui semble perturber Polar qui pousse un petit cri d’incompréhension. Ton « guide » vient à te présenter ses deux acolytes, mais tu le coupes aussitôt. « Je vous connais ! Mike Wazowski et James Sullivan. J’ai vu le film. » dis-tu comme s’il s’agissait de mascotte face à toi. Ils échangent même un regard, perplexe. Tu entends le grand poilu murmuré au petit vert « Je crois qu’il parle du documentaire qu’on a tourné il y a quelques années », ce à quoi répond l’autre – toujours en murmurant – « Mais il n’était pas destiné aux humains. ». Ils te regardent à nouveau. Tu rigoles nerveusement. Une fois encore, tu te montre fidèle à toi-même, incapable de penser à avant de parler. Fort heureusement pour toi, la conversation tourne bien vite à autre chose.

« Wow ! Qu’est ce que c’est que ce… ça ? » demande le grand. Une fois encore, Polar se fait pointer du doigt. Cette habitude ne te plait que très peu, tout comme à ton compagnon. Toutefois, tu ne réponds rien, les laissant murmurer entre eux. Tu les laisses aussi croire que tu n’entends rien, bien que ce ne soit le cas. « Tu crois que c’est dangereux » souffle de bleu. « Nan, je crois que c’est l’un des nouveaux animaux de compagnie à la mode chez eux. » répond le vert. Et puis il ajoute « C’est quand même bien m- ». Tu le coupes aussitôt. « Attention à ce que tu vas dire ». Tu affiches une mine sérieuse. Tu n’es pas du genre violent, pourtant tu es prêt à puncher son gros œil s’il le faut. « Très mignon ! Vraiment très… mignon. » se rattrape-t-il. Tu préfères ça.

« Monsieur ! Monsieur ! » Le petit stressé de tout à l’heure vient de passer la porte en hurlant ce mot. Tout le monde se retourne en sa direction – toi y compris. « J’ai la porte, c’est bon ! » « Vous êtes certain que c’est la bonne ? » « Oui oui, certain ! » « Bien. Il semblerait que nous n’ayons pas besoin de vous finalement messieurs. » Dit celui que tu ne sais décrire à l’attention de ceux bien trop connus. Il les salue, tu en fait de même en l’imitant dans sa gestuelle. Et puis tu quittes la pièce en suivant ses pas.
Tu fais le chemin inverse, revenant au poste de travail où t’as porte t’attend. Ça semble être la bonne. Tu te rapproches tout de même – sans demander leur avis aux autres – l’ouvrant sans attendre. Tu inspectes rapidement l’intérieur et reconnais ce qui s’y cache. C’est bien ton chez toi. Tu te tournes une dernière fois vers les monstres qui s’excusent à nouveau, tout en te souhaitant une agréable nuit. Tu souris. « Vous voulez que je pousse un petit cri pour remplir votre truc avant de partir ? ». Tu désignes du pouce le tube jaune accroché à côté de la porte. L’indescriptible fait non de la tête. « Ça ne marche qu’avec les enfants monsieur ». Ah oui, tu n’en est plus vraiment un. « Bon et bien… A jamais, je l’espère. » « De même monsieur. De même ». Vous échangez un sourire. Et puis tu tournes les talons, laissant Polar passer devant toi avant de replonger dans ton monde.

S’il y a bien une chose que tu auras retenu de cette drôle d’expérience, c’est qu’il faut toujours se méfier de ce qui se peut se cacher derrière une porte. Toujours. Et potentiellement croire un peu plus aux histoires farfelues des enfants.




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Haeshle Suibhne

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Lun 10 Jan - 19:59
Jour 10Haeshle rêve de l'Elite.


Confortablement blotti dans ton lit, tu fermes les yeux peu après avoir éteint la lumière. Tu donnes un petit coup de pied par inadvertance – comme quasi tous les soir – à Polar couché par là, alors que tu cherches simplement une bonne position pour sombrer dans le sommeil. Un sommeil qui ne tarde pas à t'embarquer tant tu es fatigué. Ainsi, tu glisses dans les bras de Morphée, te laissant aller aux rêves les plus fous et inattendus. Et on peut dire que celui qui t'attendait est assez particulier.

Te voilà projeté aux portes de l'Elite, un lieu que tu n'as jamais convoité. Tu ne sais même pas de quoi ça à l'air là-bas et tu ne connais même pas les grand champions qui s'y cachent. En soi, tu n'as aucune réelle raison de rêver de cet endroit. Peut-être que quelqu'un t'en a parlé dans la journée, tu ne te souviens pas vraiment. Quoi qu'il en soit, te voilà parti dans cette branche du monde qui ne t'intéresse pas vraiment. Seulement, dans ce rêve, tu as la rage au ventre. Tu es remonté à bloque, prêt à en découvre, à faire ravaler la poussière à ces grands champions. Tu y crois, dur comme fer. Alors, allons-y, vivons la chose à fond.

Tu passes la grande porte d'entrée avec beaucoup trop d'énergie. Tu sautilles tel un enfant shooté à une trop forte dose de sucre. Tu es également suivi de très près de Polar et Flick, qui eux restent relativement calme. Tu avances de la sorte jusqu'au comptoir d'accueil, posant tes deux mains à plat et souriant à pleines dents à la petite dame se trouvant derrière son ordinateur. « Bonjour monsieur, je peux vous aider ? ». Tu hoches la tête frénétiquement avant de répondre. « Bonjour ! Je viens défier les grands messieurs et les grandes madames de l'Elite ». Elle sourit. « Très bien. Juste un instant que je vérifies votre dossier. Je peux avoir votre nom ? ». Tu lui donnes sans attendre, l'épelant joyeusement. Tu lui donnes même les noms de tes deux pokémons, même si ça n'avait aucune importance. « Oui, vous êtes bien programmé pour cet après-midi. Pour la quatrième Elite, n'est-ce pas ? » « Oui oui c'est ça, tout à fait ça ! ». Tu sais que tu es en train de sauter des étapes. Tu es conscient de ne jamais avoir défié qui que ce soit et pourtant çà te semble normal de commencer par la fin. Mais si on s'arrête sur chaque détail irrationnel de ce rêve, on en verra jamais le bout.

« Je peux avoir le nom des autres pokémons vous accompagnant dans ce défi ? Enfin, leur espèce surtout ». Tu la regardes en grimaçant légèrement, comme si ce qu'elle te dit ne pouvait avoir de sens. « Y'en a pas d'autres madame. On est juste tous les trois. Eux, plus moi. Trois ». Elle relève le nez de son écran, regardant par dessus ses lunettes, ce qui te donne une drôle de sensation dans tout le corps. Ça te rappelle quand tu faisais une bêtise à l'école et que la professeure ne disait rien, mais te jugeait fort. Un peu comme cette dame là. « Ça ne va pas être possible ». Ses vêtements ont soudainement changés pour un costume trois pièce, un peu comme ceux des videurs devant les boîtes de nuit que tu as pourtant très peu fréquenté. Soit. « Pourquoi donc ? Je suis majeur et vacciné vous savez. Je peux vous montrer ma carte ». Tu lui montres ta carte qu'elle regarde à peine. Tu tires la moue. « Il vous faut six pokémons pour pouvoir entrer. C'est la règle » « Mais c'est nul ! » dis-tu tout haut alors que tu aurais dû le garder pour toi. « J'ai tout fait avec deux pokémons seulement ! Pourquoi ce serait différent sur la fin ? ». C'était faux. Mais dans cette réalité là, ce n'était pas un mensonge. « Vous êtes sûr ? » « Aussi sûr que je m'appelle tous les jours ». Oui, ça n'a aucun sens, mais la réponse semble suffisante.

Elle regarde à nouveau ses écrans. Et dès lors qu'elle se repositionne devant, sa tenue de vigile disparaît pour laisser place à quelque chose de plus commun, mais pourtant différent de ses premiers vêtements. Tu te dis que tu aimerais bien ce super-pouvoir. Mais dans un sens, tu en abuserais un peu trop. Alors il vaut mieux laisser ça aux secrétaires. « Je ne comprends pas. Il y a forcement une erreur. » « Vous dites que je suis une erreur, madame ? » « Non ! Je... Attendez ». Tu patiente sagement, tapotant de tes doigts le comptoir – non pas par impatience, mais plus par divertissement, pour combler l'ennui à venir.

« Vous n'en avez vraiment pas d'autres avec vous ? » te demande-t-elle finalement, relevant de nouveau le nez en ta direction. « Nope ! Juste eux dans mon petit monde, rien qu'eux ». Elle grimace, cherchant visiblement une parade à sa fameuse règle. « Vous savez, on l'a fait trois fois déjà. On est très fort. Tout plein de muscles musclés ». Tu montres même tes biceps pour illustrer la chose, bien qu'il y ait pas grand chose à voir – disons que c'est surtout dans la tête. Tout comme ces mensonges qui ne sont que vérités.

« Oh mais je suis bête ! On peut vous prêter des pokémons ! » « Oh ouai ? C'est super ça ! ». Elle pianote sur son clavier, sans doute des trucs administratifs que tu ne pourrais comprendre. Ça dure quelques minutes avant qu'elle te revienne pleinement en tout cas. « Voilà, j'ai fait la réservation. Je vais vous chercher vos compagnons du jour. Comme ça vous allez pouvoir vous familiariser avec eux avant les épreuves. » « Super ! ». Elle disparaît après cet échange. Tu ne la regarde pas vraiment partir et tu ne sais pas où elle s'envole. Ce qui importe, c'est qu'elle n'est plus là. Et tu profites de cet instant pour te tourner vers tes pokémons. Tu leur dis qu'ils restent tes préférés et que les meilleurs dans ton cœur, c'est eux – comme s'il était vraiment nécessaire de le préciser.

Elle revient au bout d'un certain moment qui semble incroyablement long et pourtant très court. Elle se rassoie sur sa chaise et te dit « en fait on a plus que ces deux là. Mais ça fera l'affaire ». La règle dit pourtant six pokémons et pas quatre. Il faut donc croire que c'est plus acceptable que simplement deux. Tu hoches alors la tête, satisfait. Une satisfaction qui s'envole lorsqu'elle te tend deux pokéballs dans l'espoir que tu t'en saisisses. Tu recules, braquant tes mains en sa direction en signe de refus. « Éloignez ces horreurs ! J'touche pas à ça moi ! ». Elle semble surprise. Tu n'as pas envie de t'expliquer. Ça te semble être une réaction logique. « Ouvrez-les pour moi. Je prends juste ce qu'il y a dedans ». Elle hausse les épaules et s'exécute. Elle quitte ainsi sa chaise pour prendre un peu de hauteur et voir par-dessus son comptoir, afin de savoir où envoyer les pokémons mystérieux.

C'est alors que tu découvres tes nouveaux alliés ; deux Magicarpe agonisant du manque d'eau ambiant. « OH MON DIEU ARRÊTEZ TOUT ! » cris-tu. « ILS VONT MOURIR ! ASSASSIN ! ». Elle panique, rappelant les pauvres bêtes dans leur sphères. « Donnez-moi ça ! » craches-tu en la fusillant du regard, lui arrachant les pokéballs des mains. « On va se débrouiller pour la suite, merci ! ». Tu t'éloignes, mécontent. Tes pas sont lourds. Ça résonne dans ta tête. Tu ne sais dire si c'est ça ou la situation qui rend l'image soudainement trouble. Ton rêve se dissipe, tu ne vois plus rien, tout simplement parce que tu es en train de te réveiller.

Tu ouvres les yeux, cherchant ton téléphone à l'aveuglette. Une fois trouvé, tu le tapotes pour que l'heure s'affiche. Tu découvres qu'il te reste encore quelques heures de sommeil devant toi. Pourtant, tu ne te rendors pas tout de suite. Tu es bien trop amusé par ce rêve qui reste encré dans ta mémoire. Habituellement ils disparaissent aussitôt que tu te réveilles. Mais celui-ci est bien présent. Et il t'amuse. Tu te le repasses en tête. Et tu espères qu'ainsi, quand tu vas sombrer de nouveau, tu vas continuer cette histoire qui te fascine.

Il n'en sera malheureusement rien. Tu rêveras de tout autre chose. Et à ton réveil, tu ne te souviendras de rien. Pas même de celui qui était pourtant si marrant.




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Haeshle Suibhne

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Ven 14 Jan - 18:27
Jour 14Flashback, Haeshle est adolescent.


Vous êtes arrivés au petit matin dans les montagnes de Sinnoh pour vos vacances annuels. Chaque année c'est la même chanson ; vous partez en famille pour toute une semaine – toujours lors de vos vacances scolaires de février – pour faire un peu de ski tout en vous isolant dans un chalet au milieu de la montagne. Tu ne te plains pas vraiment, parce que tu aimes partir loin de chez vous. C'est là où vous profitez vraiment les uns des autres sans avoir à penser aux refuges de vos parents, ou à vos passions respectives avec ta sœur qui prennent beaucoup de votre temps – la musique pour toi, la mode et la photographie pour elle. Bien que, même loin de chez vous, tu finis toujours pas te lasser de ne pas toucher à un instrument au bout de deux jours. Ce que tu reproches toutefois à votre petit voyage annuel, c'est qu'il a lieu toujours au même endroit depuis que t'es gamin. Et le ski, toi, ça ne te passionne pas plus que ça. C'est rigolo une journée ou deux, mais ça te suffit amplement. Pour ta sœur, c'est la même chose. C'est plus un truc propre à vos parents.

C'est pourquoi ta sœur et toi vous vous retrouvez très vite hors des pistes et loin de vos mères. Par chance, il n'y a pas que le ski comme occupation dans les environs. Il y a tout un petit village d'incorporé près de la station, où il y a tout un tas de petites choses appréciables – comme par exemple une salle d'arcade. Ils doivent être conscient que beaucoup de jeunes sont traînés ici de force par leurs parents ! Enfin, comme tu l'as dit ; ce n'est pas une punition de venir ici. Tu aimerais juste que vous variez un peu les plaisirs. Mais bon, c'est ce dont ont besoin vos mamans pour se ressourcer, alors Ruthie et toi prenez sur vous. Et puis, il arrive parfois que d'autres membres de votre familles s'invitent également. Mais cette année, il n'y aura que vous quatre.

Vous avez la même résidence que l'an dernier, du coup tu te sens un peu comme chez toi dés ton arrivé. Si bien qu'une fois tes affaires déballées dans ta chambre, tu as comme premier réflexe de te vautrer dans le canapé du salon et de plonger toute ton attention sur ton téléphone. Tu voulais voir ce qui s'est dit sur ce forum que tu as rejoint il y a peu, parlant de musiques avec de parfaits inconnus. Et puis, tu as également envie de discuter avec ton ami Sharlieh, celui que tu as rencontré via ce site. Vous ne vous vous êtes jamais vu dans la vrai vie – simplement via vos webcams – mais tu n'as pas besoin de plus pour le considérer comme ton ami – même si tes parents étaient septiques au début. Tu lui envoies un message pour l'informer de ton arrivée dans la montagne, n'espérant pas une réponse de sa part tout de suite. Tu sais que c'est les heures où il dort quand vous n'avez pas cours. Pourtant, il te surprend en te répondant aussitôt. Tu lui demande quelle mouche l'a piqué pour qu'il soit déjà debout. Et il te répond que c'est surtout qu'il ne s'est pas encore couché. Tu ris. Tu avais oublié qu'en générale, pendant les vacances, il y a un jeu auquel vous aimez y passer des heures, quitte à passer une journée entière sans dormir. Ceci dit, tu ne pensais pas qu'il serait capable de veiller de la sorte sans toi. Peut-être qu'il a trouvé un autre idiot avec qui jouer pour compenser.

« Encore et toujours sur vos écrans... Vos amis ne vont pas s'envoler, vous savez ? ». tu relèves le nez de ton écran. Tu étais tellement absorbé par ta conversation avec Sharlieh que tu n'avais même pas remarqué que ta sœur s'était installé à l'autre bout du canapé pour faire exactement la même chose que toi. Tu remarques également en regardant l'heure sur ton écran que ça fait presque une heure que tu es là à rien foutre de plus que remuer tes pouces et rire comme une andouilles aux conneries de ton ami.
Vous échangez un regard avec Ruthie, puis dans une synchronisation parfaite, vous vous tournez vers votre mère. « Je ne parle à personne, moi ». Elle insiste bien sur le « moi », comme si tu étais fautif. Tu sais qu'elle était en train de regarder les potins people, ce qui n'est clairement pas plus productif que toi. « Bon, lâchez-moi tout ça. Tu parleras à Sharlieh plus tard et toi... Qu'importe. On va skier ! » « Peut-être qu'il parlait à une jolie demoiselle qui aurait voler son cœur. » souffle ton autre maman arrivant à pas de velour, ses skis sur l'épaule. « Maman ! » cries-tu, offusqué. Tu n'aurais jamais dû lui dire qu'il y avait une fille à l'école qui te plaisait bien. Tu te piques aussitôt debout en signe de protestation, glissant ton téléphone dans ta poche. Mais tu n'avais rien à dire pour ta défense de plus que « Je ne parle qu'à Sharlieh ! ». Tes deux mamans échangent un sourire en coin. « Bien, tu as au moins réussi à le faire se lever. Allez enfiler vos combinaisons maintenant, hop hop hop ! ». Ruthie et toi râlez en cœur. « On est obligé d'y aller ? » « Ouai, j'ai la flemme aussi. » « Roh, faites un effort ! On fait toujours la première descente de l'année ensemble. » « On vous demande juste d'être avec nous ce matin. On ira au resto vers treize heure et ensuite vous serez libre de faire ce que vous voulez ». Tu regardes ta sœur. Elle hausse les épaules. Vous acceptez ce deal.

Ainsi tu passes la matinée sur les remontés mécaniques, dévalant quelques pistes sur ton snowboard – parce que t'aimes pas les skis. Et au final, même si tu n'y allais pas par guetté de cœur au début, tu dois admettre que tu passes un très bon moment. Et surtout, le temps passe à une vitesse folle. Tu étais même prêt à remonter au sommet de la piste quand l'une de tes mamans t'arrête pour te dire qu'il est l'heure d'aller manger.
Vous repassez par votre chalet pour vous soulager de ces grosses combinaisons, ainsi que de vos équipements. Ta sœur se moque de toi en te faisant savoir qu'on voyait déjà la trace des lunettes sur ton visage. Évidemment, étant blanc comme un cul, il ne te fallait pas plus de temps pour avoir l'air d'une andouille.

Vous partez ensuite au restaurant du coin qui, par chance, faisait des plats végétariens. Vous passez un agréable moment tous les quatre, discutant de choses de votre quotidien le cœur léger. Tu aimes cette ambiance chaleureuse, aimante. Tu aimes ta famille.
A la sortie du restaurant, vous retournez au chalet pour regarder un petit film le temps de la digestion. Et une fois celui-ci terminé, vos parents vous font savoir qu'ils repartent sur les pistes. Libre à vous donc de les suivre ou non. Et aussi surprenant soit-il, tu les suis avec joie – Ruthie également. Tu n'avais pas envie de mettre fin à cette belle petite union tout de suite. La glandouille pouvait attendre demain, puisqu'il vous reste toute une semaine devant vous.




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Haeshle Suibhne

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Dim 16 Jan - 23:25
Jour 16Suite au rp du jour 14.


Perdu au milieu de cette montagne pour vos vacances familiales annuelles, tu t'ennuies de ton quotidien laissé sur ton île Hoennienne. Tu aimerais être dans ta chambre, sur ton ordinateur à jouer à un jeu avec Sharlieh. Ou tout simplement, tu aimerais avoir avec toi un instrument de musique, juste pour tuer le temps. Sauf qu'il fallait faire léger pour votre semaine de ski. Tout ce qu'on t'a autorisé à emporter, c'est ton ukulélé. Et voilà maintenant une heure que tu grattouilles la chose sans être pleinement satisfait.

Tu t'ennuies et encore trois jours te séparent de la fin de votre séjour ici. Tu aurais très bien pu aller skier avec tes parents et ta sœur, mais tu n'en avais aucunement envie aujourd'hui. Tu avais espoir que ce soit le cas de Ruthie également, mais non. Aujourd'hui, elle était d'humeur compétitive avec vos mères, te laissant à l'abandon au chalet. Tu n'es toutefois pas emprisonné à l'intérieur de l'appartement. On t'avait laissé une clé et donné l'autorisation de sortir dans le petit village environnant – si seulement on peut appeler ça un village. Est-ce que des gens vivent réellement ici tous les jours de l'année ? Tu ne l'espères pas pour eux.
Tout ce qu'on t'avait demandé, c'est que si jamais tu sors de là, tu dois prévenir l'une de tes mamans par un simple sms. Ce que tu t'empresses de faire, abandonnant ton instrument miniature. Enfin, tu passes en premier un message à ton ami Sharlieh pour exprimer à quel point tu t'ennuies ici, en espérant qu'il décroche la victoire durant ton absence dans tous les jeux que vous partagez habituellement. Et seulement après tu envoies un message à ta maman – la première qui vient – pour dire que tu quittes les lieux pour te balader un peu dehors avec Polar. Tu as une réponses dans la foulée te demandant de faire attention. Tu devines alors qu'elles sont dans une remontée mécanique.

La porte verrouillée à clé, tu t'éloignes doucement et navigue dans les sentiers voisins jusqu'à parvenir au centre de ce « village » qui n'est pas vraiment animé à cette heure – tout le monde devant se trouver sur les pistes. Tu ne peux pas dire que tu visites réellement, connaissant déjà les lieux par cœur. En venant ici tous les ans, tu estimes que tu n'as plus rien à apprendre de cet endroit si petit. Et pourtant, tu réalises également que c'est la première fois que tu viens tout seul ici, sans personne pour te tenir compagnie ou veiller sur toi. Alors peut-être que finalement tu verras les choses d'un nouvel œil.

Tu t'arrêtes un instant devant la salle d'arcade. Tu es tenté à y faire un petit crochet, mais tu te dis que tu y mangeras toutes tes économies – et elles sont assez maigre. Tu ne peux quémander à personne un petit supplément pécuniaire, alors autant ne pas te laisser tenter pour le moment. Pourquoi pas en fin de journée, quand tes parents seront de retour des pistes. A ce moment là, tu pourras faire le plein dans ton porte-monnaie. En attendant, il te reste toujours à trouver une occupation pour l'instant T. Tu reprends ta balade, mais à mesure que tu avances, tu te rends compte que dans ce trou perdu, tu es un peu limité à deux choix pour le moment : t'ennuyer à ski ou t'ennuyer à pied.

« Tu es perdu mon garçon ? ». Tu sursautes. Depuis combien de temps tu es planté là à réfléchir pour que cette vioc vienne te déranger ? « Je peux t'aider à trouver tes parents ». Tu recules d'un pas et agites les mains en sa direction. « N-non, pas besoin ! Ils savent que je suis là, tout va bien ». Tu la regardes un peu troublé, elle ne semble pas te croire. « J'ai le droit. » dis-tu un peu plus sèchement. Non pas que la vieille te dérange, mais elle semble te juger avec son regard plissé et tu n'aimes pas trop ça. « Bien... » Elle s'éloigne en te fixant encore un instant, puis elle se retourne complètement pour poursuivre son chemin, murmurant quelque chose dans sa barbe. Tu ne comprends pas ce qui s'est passé. Tu sais que tu fais plus jeune que ton âge, mais tu doutes qu'un gars de dix ans fasse un mètre bientôt quatre-vingt – tu y crois, tu veux les atteindre, voir les dépasser.

Troublé par cette drôle de rencontre, tu te décides à retourner au chalet pour enfiler ton équipement de ski. Quitte à t'ennuyer, tu préfères le faire à toute vitesse, loin des inconnus sans gêne. Et puisque Polar semble se réjouir à l'idée de retourner sur les pistes, tu juges que la décision n'est pas si mauvaise. Alors tu envoies un message à ta maman pour lui annoncer ton changement de plan. Tu attends ta réponse indiquant leur location pour les rejoindre.




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Haeshle Suibhne

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Mer 19 Jan - 20:19
Jour 19Haeshle se réveille en étant vieux.


Tu te réveilles avec des douleurs de la tête aux pieds. Et aussi loin que tu te souviennes, tu n'as pas fait de sport durant les jours qui se sont écoulés – et encore moins des folies en tout genre. Tu as été sage comme une image. Alors pourquoi tout ton corps semble fonctionner au ralenti. Pourquoi le moindre de tes mouvements est symbole d’une exploitation abusive ? Tu as l'impression d’avoir vécu un siècle durant et te lever semble une épreuve insurmontable. Tes veines sont pourtant clean de toute substance, et ce depuis longtemps, même en termes d’alcool. Tu ne comprends pas. Et impuissant, tu restes allongé dans ton lit une bonne demi-heure.

Polar vient à ta rencontre, grimpant jusqu'à ton visage. Tu te tournes pour le regarder, il a un mouvement de recul. Il pousse même un petit cri d'effroi. Tu ne sais pas ce qu’il t'arrive encore, mais il y a visiblement un problème avec ta tronche. « Eh… C’est moi. » souffles-tu d'une voix que tu reconnais à peine. Elle n'a rien à voir avec celle que tu entends habituellement quand tu t'exprimes. Celle-ci est plus rauque, plus cassante. Elle est usée, vieille. Tu portes alors tes mains à ton visage, les analysant sous tous les angles. Elles sont fripées, tachées, veinées. Plus de doute alors ; tu es un vieillard à présent.

Mais alors, as-tu perdu la boule ? Tu es pourtant persuadé que lorsque tu t'es endormi la veille tu étais le Haeshle de vingt-trois ans, bête et insouciant. L'aurais-tu rêvé ? Es-tu l'un de ces vioc qui perdent la raison ? Pourvu que non. Ce serait encore plus horrible maintenant que tu en prends conscience.

Tu prends une inspiration lente, mais profonde. Polar est toujours là. Et il semblait surpris de te voir ainsi. Tu te doutes qu'il ne s'attendait pas à te retrouver mort – du mois, tu l'espères – ce qui te laisser penser que tu n'es peut-être pas totalement sénile. Tu te redresses tout aussi lentement, douloureusement, pour t'asseoir sur le bord de ton lit. Tu relèves le nez et observe ton environnement. Les rayons du soleil passant au travers de tes volets, tu parviens à voir distinctement autour de toi. Et cet endroit, c'est ni plus ni moins que ta chambre. Celle de Galar, dans cet appartement que tu partages avec ton ami Sharlieh. Tout est comme tu l'as toujours connu. A moins que le futur soit dans le progrès, tu émets des doutes quant aux maisons de retraites pouvant reproduire à l'identique un souvenir de jeunesse. Tu en déduis donc que cette situation n'est pas banale. Et tu espères également qu’elle n’est qu'éphémère.

« Sharlieh ! » cris-tu aussi fort que tu le peux – ce qui n'est pas très intelligent, provoquant une toux excessive – tu as l'impression d'y perdre un poumon. Tu restes sagement assis sur ton lit – avec un Aquali qui t'observe à l’autre bout, n'osant pas trop s'approcher de ta personne. Tu fixes la porte de ta chambre, patientant jusqu’à l'arrivée de ton ami qui se fait longue.

La porte s'ouvre lentement, comme faiblement poussée. Et puis, une petite tête se glisse dans l'ouverture. « petite » était le mot. Tu dois baisser la tête pour regarder cet ami dans les yeux. Ami qui habituellement fait ta taille. Mais si toi tu as écopé d’un corps de centenaire, lui est retombé dans celui d'un bambin de trois ans.

« Il se passe quoi encore ? » crache-t-il de sa petite voix fluette. Tu le trouves adorable, malgré son agacement. C'était vraiment un beau gamin, tu dois l'admettre. « Wah, t’es pas beau en vieux » « Bonjour à toi aussi ». Tu souris simplement. Tu te dis que de toute façon tout le monde perd de sa superbe et que même les plus beaux d'entre vous finirons laid et moisi. Alors tu ne te soucis pas trop de cette remarque.
Il s'assoit à tes côtés et vous discutez de la situation. Vous essayez de comprendre, de savoir comment cette transformation est possible. Et vous en concluez que parfois, il ne faut pas chercher d’explication et simplement subir. Et quitte à faire, vous envisagez même de profiter de vos nouvelles têtes durant la journée et gratter quelques réductions par-ci, par-là.

« Je rigolais au fait. » finit-il par te dire lorsque vous concluez cette conversation. Tu le regardes, attendant la suite de sa phrase. « Tu restes beau même tout fripé. Et c’est particulièrement agaçant ». Tu éclates de rire. Et tu lui en veux de te faire rire, parce que comme pour tout le reste de tes mouvements ; c'est douloureux.




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Haeshle Suibhne

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Sam 22 Jan - 1:38
Jour 22Point de vue du Dracolosse de Haeshle.


J'aime cet humain très très fort.
Je ne connais pas grand chose à la vie, ni à ce que peux subir mes semblables – enfin, j'en ai une vague idée, de ce que Polar me raconte quand ils reviennent d'un voyage fort fort lointain avec notre humain. Mais je pense pouvoir affirmer être le plus chanceux de tous les pokémons. En tout cas, de tous les Dracolosse. Je peux même vous en faire la promesse !

Vous savez, je n'ai jamais été... C'est quoi le mot déjà ? Je me souviens qu'il y a une histoire de finir dans une petite balle rouge et blanche. C'est Polar qui m'a parlé de ça, que normalement nous – les pokémons dressés – devons avoir notre ba-balle à nous pour appartenir pour de vrai à notre humain. Que sinon, un autre pourrait nous voler en utilisant ce fameux objet – même s'il existe des alternatives, comme des papiers d'adoption, ce que nous avons. Mais sur le coup, je lui ai répondu que je ne me laisserais pas faire. Et je sais que notre humain ne se laissera pas faire non plus. Il nous aime fort, il nous protégera des méchants. Quoi qu'il en soit, il ne nous a pas imposé de vivre avec lui, nous avons été libre de le suivre. Enfin, il me semble que Polar a été un cadeau. Mais lui non plus n'a pas de balle rouge à lui. Nous sommes des êtres libres.

Je suis très heureux ici. Pour rien au monde je prendrais la fuite pour vivre ma propre vie. Quelle drôle d'idée ce serait ! Dans la nature il n'y a pas de bons petits plats mijotés. Et puis, il n'y a pas le chauffage non plus. Et encore moins la télévision. Et ça ! Alalala, ça. Je ne peux vivre sans cet écran magique. Elle est fascinante, merveilleuse, ma raison d'être – bon j'exagère peut-être un petit peu sur ce point là.

J'ai rencontré Haeshle quand je n'étais qu'un Draco. J'appartenais avant ça à un humain qui espérait trop de moi. Il voyait les choses en beaucoup trop grand, alors que moi je les voyais... modérées. J'ai refusé d'évoluer pour avoir la paix, pour ne pas finir comme mes autres copains ; épuisé par des entraînements sans fin. Parce que moi, j'ai toujours rêvé de choses simples. Je rêvais de dormir, manger et savourer la vie en ne faisant absolument rien. Quoi que. Je ne résiste jamais à faire des courses de glissades. Je crois qu'on ne perd jamais vraiment ses vieilles habitudes. Enfin bon.

Je disais donc ; je l'ai rencontré avant de devenir ce que je suis. Je me souviens encore de notre rencontre comme si c'était hier. J'étais avec mon ancien humain et nous sommes entré dans cette maison pour pokémon qui appartient aux mamans de Haeshle. C'était lui à l'accueil ce jour là. Il semblait un peu ailleurs, désintéressé. Mais quand mon ancien humain m'a déposé sur son comptoir en ne disant rien de plus que « bonne chance » avant de tourner les talons, le petit humain s'est réveillé. Je me souviens qu'il a essayer de retenir mon ancien maître, mais il a fait la sourde oreille. Honnêtement, je n'étais pas triste. Juste effrayé. J'avais peur de ce qui allait m'attendre dans cet endroit inconnu. Mais Haeshle m'a tout de suite rassuré. Il m'a caressé le crâne et m'a promis que tout irait mieux, qu'il me trouverait une belle famille pour s'occuper de moi. C'était ça le deal ; on me laissait vivre comme je le voulais tant qu'aucun humain ne venait me prendre pour une nouvelle vie.

Et à mesure que les jours passaient, je ne voulais pas d'une nouvelle famille. J'étais bien ici, avec ce petit humain là. Je ne sais pas pourquoi, mais je cherchais toujours son attention. Et il me la donnait presque toujours. Quand ce n'était pas possible, c'était son Aquali tout beau et blanc qui venait me tenir compagnie. Il est très intelligent ! Il m'a expliqué pleins de choses et continue de le faire. C'est un vrai ami, je l'aime fort aussi.
Quand Haeshle pouvait passer du temps avec moi, il m'emmenait faire des glissades sur un terrain plus loin. Et puis il me donnait toujours de belles choses à manger. Et il me laissait toujours dormir tout près de lui – voir même sur lui, sur ses épaules. C'était le seul endroit où je me sentais bien pour dormir. Comme quoi, un bonheur se cachait dans mon malheur.

Un jour, il a tendu un papier sous mon nez. Il m'a dit que j'étais adopté, que ma vie allait enfin changer. Sur le coup je n'étais vraiment pas content. Jusqu'à ce que je comprennes que mon nouveau maître n'était autre que lui. Et s'il m'adoptait officiellement, c'était pour pouvoir m'emmener avec lui, dans cette nouvelle région où il étudie la musique – belle musique d'ailleurs.

Et nous voilà à aujourd'hui. J'ai évolué dans mon sommeil, peu après notre arrivé dans ce nouvel habitat où un autre humain vit également. Sharlieh qu'il s'appelle. Lui aussi je l'aime beaucoup. Il me donne toujours ses restes et me grattouille le ventre tous les jours.
Je dois avouer que l'endroit est un peu étroit avec cette nouvelle corpulence. J'ai eu beaucoup de mal au début, si bien que les garçons pensaient à déménager. Mais j'ai su m'habituer. Et puis, moins je bouge, plus je suis heureux. Et ça, mon humain l'a bien compris. Il est trop mignon parce qu'il me demande toujours si je veux sortir avec lui. Mais très souvent, je reste là. Ça arrive qu'il me laisse tout seul tout un week-end. Il ne me force jamais à faire quoi que ce soit. Et c'est vraiment chouette.

Il est la plus belle chose qui me soit jamais arrivé.




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Haeshle Suibhne

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Mar 25 Jan - 19:07
Jour 25Flashback, à l'école. Haeshle a environ sept ans.


Cher vioc.

Je sais que tu n'existes pas. Je sais que c'est une histoire pour les bébés ça, une ruse pour que nos parents ne nous demandent pas directement ce qu'on veut. Je ne sais pas si c'est pour qu'on ne soit pas triste s'ils ne peuvent pas nous offrir ce qu'on veut, ou si c'est pour faire perdurer la surprise. Dans tous les cas, je trouve ça bête. Voilà, c'est dit.

Mes mamans ont toujours été honnête et n'ont jamais cherché à nous faire croire à cette chose là. Après, y'a l'idée de la lettre, mais c'est plus une liste de ce qui nous ferrait vraiment plaisir (même si en vrai on demande très souvent les mêmes choses). Alors là, je découvre ton « existence » à travers cet exercice stupide. Mes copains se sont même moqués de moi parce qu'ai j'ai osé demandé qui tu étais « papa noël ». Déjà moi j'ai pas de papa, alors c'est bien une preuve que tu n'es que stupidité. Pfff.

Mais la maîtresse ne m'a pas laissé le choix. Je dois faire l'exercice comme tout le monde, dire à quel point j'ai été sage, tout le tralalala. C'est n'importe quoi. Qui lirait autant de lettres pleines de bêtises ? Personne ouai. On sait tous qu'on est pas toujours très sage. Ça veut donc dire qu'on nous apprend à mentir dès notre plus jeune âge ? C'est du propre !

Moi j'ai pas besoin de dire à un inconnu que j'ai été sage. Je sais ce que je vaux. J'veux pas non plus dire à un inconnu ce que je veux vraiment. J'aime la musique, c'est tout ce que tu seras. Parce que mes mamans m'ont bien appris à ne pas parler à des inconnus, surtout pas ceux qui n'ont pas mon âge. Là je le fais parce que je n'ai pas le choix. Mais sache que ce n'est pas par joie. Bouh non !

Bon. Je pense qu'on peut s'arrêter là, toi et moi, non ? Allez. J'imagine que je dois dire s'il te plaît et merci. Alors ; ne lis pas cette lettre s'il te plaît. Et merci de ne pas me répondre.

Bisou bisou, tout le tralala.
Un petit quelqu'un qui ne se prononce pas.



Tu déposes ton crayon sur ton bureau, puis tu te lèves – non sans cacher ton mécontentement – pour déposer ta lettre repliée sur le bureau de la maîtresse. Puis tu retournes à ta place. Tu patientes gentiment le temps que tes camarades terminent l'exercice, tu rigoles avec tes copains de ceux qui en font trop. Et puis vient enfin le moment de passer à autre chose, quand le dernier à rendu sa lettre. Du moins, c'est ce que tu pensais. Puisque madame la maîtresse annonce qu'elle va lire chaque lettre pour que tout le monde aide ses copains à corriger ses fautes et rendre sa lettre encore meilleure. Tout le monde s'extasie de l'activité, sauf toi. Tu te décomposes. « Oh oh ». souffles-tu en t'affaissant sur ton bureau, les mains sur la tête. Tu es dans la panade.

Et pour cause. Quand arrive ta lettre, seul le premier mot est lu. La maîtresse ne lit pas le suite à haute voix, juste pour elle. Elle lit très vite et elle comprend tout aussi vite que ça vient de toi, puisqu'elle te fusille du regard. Tu dégluties. « Cette lettre est un peu trop personnelle, passons à la suivante ». Et c'est ce qu'elle fait. Tu te penses tiré d'affaire. Mais il n'en est rien.

Le soir même, tes parents reçoivent un message de ta professeure leur demandant de venir avec toi chez la directrice demain. Elles te demandent ce qui se passe. Tu as peur. Tu dis que ce n'est rien, que tu ne comprends pas. Ça conclue la conversation pour ce soir. Mais le lendemain, tu as le droit à beaucoup de jugement de la part des adultes. Tu te fais tout petit et tu ne dis rien à part « désolé ». Sortis du bureau, tu t'attends à ce que tes mamans t'engueule. Mais au lieu de ça, elles t’expliquent calmement que ce n'est pas bien ce que tu as fait. Que tu dois faire preuve d'un peu plus d'ouverture d'esprit envers les autres et que tu ne peux pas faire ce genre de chose si peu respectueuse. Tu t'excuses – sincèrement – auprès d'elles. Et puis elles te disent que ce n'est pas bien grave. Tu les entends même rire du fait que ça fera un beau souvenir, ayant récupéré ta lettre pour la ramener à la maison. Et avant qu'elle ne quitte l'école, te laissant retourner à ta classe, tu leur promets de ne plus jamais parler de ce vieux monsieur avec tes amis. Plus jamais.




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Ven 28 Jan - 3:11
Jour 28Thème du rp : pendentif, cheville et Psykokwak.


Tu adores te balader dans ce parc non loin de chez toi. Tu y vas presque tous les jours, quelque soit le temps. De base, cette sortie était une nécessité pour vos pokémons enfermés dans votre « petit » appartement. Mais depuis, c'est devenu une nécessité pour ton bien être – physique comme mental. Aujourd'hui, tu n'es accompagné que de Polar. Et à sa façon de se dandiner de joie, tu devines qu'il n'a qu'une envie présentement : se jeter dans l'étang de ce parc. Le temps se prêtait bien à la baignade, fort heureusement pour toi. Non pas que tu comptes plonger avec lui, mais tu sais qu'il peut rester là durant des heures. Et tu préfères patienter quand un petit rayon de soleil est là pour te réchauffer, plutôt que quand tu te les cailles sous la pluie – comme la semaine dernière.

Votre balade est donc bien courte, puisque vous vous dirigez directement vers le point d'eau tant convoité par ton poisson-chat. Il n'attend même pas ton signal lorsque la chose est à portée de vue. Il s'élance comme un fou furieux, courant à toute vitesse pour se jeter dans l'eau. Les mains réfugiées dans tes poches, tu poursuis ton chemin tranquillement, sans le quitter des yeux. Tu le vois faire quelques pirouettes, arrosant joyeusement ses petits copains aux alentours – une scène qui te fait particulièrement rire.

Tu avances jusqu'à ce banc sur lequel tu t'assoies tout le temps, faisant face à l'étang. Là, tu y vois cette jeune enfant que tu croises tout aussi souvent, accompagnée de son Psykokwak. Habituellement, elle rayonne, toujours souriante. Mais aujourd'hui, elle a la mine basse, la tête enfoncée dans ses épaules. Elle agite les jambes un peu nerveusement. Tu t'arrêtes à un ou deux mètres d'elle, te penchant légèrement à la recherche de son regard. « Bah alors Maggie, où est passé ton légendaire sourire ? ». Elle bougonne. Tu restes sans réponse. « Eh beh. Ça doit être quelque chose de grave ! ». Tu te rapproches au plus près d'elle, sortant enfin tes mains de tes poches pour les poser sur tes genoux, t'accroupissant dans la foulée. Ainsi, te voilà plus petit qu'elle, te permettant de trouver son doux regard. « Tu veux bien me raconter ce qu'il t'arrive ? ». Tu te dis qu'avec un peu de chance, tu pourras l'aider.

Elle tourne la tête comme pour te fuir. Elle semble hésiter. Elle regarde un instant son gros canard jaune qui verse quelques larmes en silence. Et puis elle relève la tête ainsi que le bras, pointant quelque chose au loin. Tu continues de la regarder avec attention, puis tu te retournes quelques secondes pour chercher ce qu'elle semble vouloir te montrer. Tu explores l'horizon. Mais tout ce que tu vois, ce sont des gamins braillant un peu trop fort non loin de là. Tu te concentres de nouveau sur la jeune enfant au regard triste, dans l'attente d'une explication plus explicite.

« Ce sont des idiots. » commence-t-elle par te dire. Tu esquisses un sourire. Tout garçon de cet âge est un idiot, et tu sais de quoi tu parles – parce qu'il semblerait que tu n'aies jamais cessé d'être idiot. « Des garçons de ton école ? » « Oui... On jouait au ballon avec nos pokémons, pis Kwaky a trébuché. Il s'est fait très mal, mais eux ils s'en fichent pas mal. Tout ça parce que sans faire exprès il a éclaté le ballon dans sa chute. » « Oh. » « Ouai. Pis du coup ils ont dit que je leur était redevable, alors ils m'ont prit mon pendentif en guise de dommage ». Tu hausses les sourcils sous la surprise. « Et ils ne veulent pas me le rendre. Moi je leur ai dit que je leur apporterais un nouveau ballon demain, mais ils ne veulent rien savoir. C'est ma punition qu'ils disent. » « C'est horriblement méchant... » « Tout ce que je veux c'est mon médaillon. C'est un cadeau de ma mamie. Je l'aime très fort ». Un sanglot l'emporte. Elle essuie ses larmes – ou sa morve, ce n'est pas très clair – dans sa manche. Tu ne sais quoi dire pour la consoler. Tu n'as jamais été très fort pour ça.

Tu te piques de nouveau debout, posant tes mains sur tes hanches en regardant un instant vers ces gamins au loin. Tu soupires. Puis tu la regardes de nouveau. « Ton pendentif n'est pas perdu. Je vais aller te le chercher, tout va bien aller. » « Vraiment ? » « Je te promets de te le récupérer. En échange, efface ces larmes de ton visage et fait moi un grand sourire ». Elle s'exécute, souriant très timidement, détournant le regard. « Tu peux veiller sur mon petit Polar en attendant ? ». Elle hoche la tête. En réalité, tu n'avais pas besoin qu'on le surveille. Tu le sais capable de se débrouiller tout seul. Mais tu n'as rien de mieux sous la main pour la distraire le temps que tu es parti jouer les héros.

Avant de partir, tu te baisses vers le Psykokwak qui semblait s'en vouloir. Tu lui caresse le sommet du crâne, lui assurant que tout allait aller mieux. « T'es pas fautif Kwaky ! » crache Maggie qui se jette finalement sur lui pour lui faire un câlin. C'est alors que tu t'éloignes, tournant les talons pour rejoindre la bande de petits idiots.

« Bonjour les garçons. » souffles-tu doucement en arrivant près d'eux. Ils te dévisagent tous, se demandant sans doute ce qu'un inconnu pouvait bien leur vouloir. Tu ris nerveusement. Tu n'es vraiment pas le genre de type qui peut jouer les héros. Tu transpires la gêne. « Semblerait que vous ayez un petit quelque chose qui appartient à mon amie ». Tu désignes d'un mouvement de tête Maggie au loin. Ils rigolent tous comme des idiots. Bon sang que tu es heureux d'être devenu moins stupide que ça. « Bouuuh, le bébé. Elle est allé chouiner pour son vieux truc tout moche, bouuuuh ». Ton malaise vient de s'évaporer. A la place, l'agacement fait son entrée. Tu as comme une envie d'en prendre un pour taper sur l'autre. « Ouai ouai. Allez, sois mignon et rends-moi ça ». Ton timbre de voix était plus sec. Tu tends la main dans la direction du merdeux qui avait prit la parole, déduisant qu'il est celui qui a le pendentif.

Et là, c'est le drame. Tout le sérieux que tu pouvais avoir s'en est allé. Le ridicule, celui que tu côtoies quotidiennement venait d'entrer dans le saloon pour te claquer en plein visage. Enfin, c'est plutôt le sol qui est venu embrasser ton si beau minois. Tu n'as rien compris à ce qui s'est passé. Tu ne vois pas où tu as pu te planter. Tu étais tranquillement en train de mettre un pied devant l'autre. Et l'instant d'après, paf, face contre terre. Et ça faisait mal.
Tu gémis sans gêne, t'appuyant sur tes coudes pour te relever. Tu essaies de remettre tes idées en place, rembobinant la scène dans ta tête, tandis que ces sales morveux se payaient ta tronche. Tu crois que quelque chose t'as attrapé par la cheville. Tu as senti une chaleur, des mains même. De toutes petites mains. Ça t'a attrapé par là et ça t'a troublé. Ça t'a lâché bien vite derrière d'ailleurs.

Tu te retournes pour trouver l'auteur du crime, mais il s'est déjà réfugié dans le jupon de ses copains. Impossible pour toi de savoir lequel à fait ça. Tant pis. Tu n'es pas là pour déclarer la guerre à des miches en couche-culotte. Qu'ils rient de toi, ça t'es égale. Tellement égale que tu ne montres aucune émotion en te relevant. Tu ne soupires même pas. Tu te montres fort. Tu te contente de dépoussiérer tes vêtements d'un revers de main – et surtout tu gardes un œil sur tes précieuses chevilles à présent.

« Bah aloooors ? Elle ne sait plus tenir debout la star du web ? ». Super. Manquait plus qu'ils te connaissent. « J'vois même pas ce que ma sœur te trouve. » crache le pseudo chef de la bande. Tu esquisses un sourire. « Quand je vois ce qu'elle doit se coltiner au quotidien, je ne peux que comprendre personnellement ». Silence général. Le gamin fronce les sourcils. Il fulmine. Tu es ravi. Surtout que tu as fait taire sa bande de Rocabot. « Tu veux le collier ? Bah va le chercher ! ». Il prend son élan et jette de toutes ses forces le pendentif au milieu de l'étang. Ton sourire s'efface aussitôt. Tout ton être hurle de désespoir. Tu n'entends même plus sa petite bande qui crache des stupidités. Ils ne t'intéressent plus. A vrai dire, ils n'existent plus. Ton regard se trouve à la surface de l'eau. Tu ne les vois même pas prendre la fuite, te laissant dans ton désarroi.

Fort heureusement pour toi, ton plus fidèle compagnon se trouve être un excellent nageur. Tu siffles un bon coup pour attirer son attention. Ni une, ni deux, le voilà à tes pieds, sortant de l'eau sans peine. Tu te penches pour lui expliquer sa mission. Il acquiesce pour te montrer qu'il a compris, puis il replonge.
En attendant qu'il trouve l'objet, tu retournes auprès de la petite Maggie qui entre temps avait réussi à consoler son Psykokwak. Tu t'assoies à côté d'elle sans rien dire dans un premier temps. Mais puisqu'elle te fixait du regard, tu te décides à cracher ta pastille. « Il a un léger contre temps. » dis-tu simplement. C'est très flou. Tu le comprends à son petit nez qui se retrousse. Mais tu n'as clairement pas le courage de lui expliquer tout ce qui est arrivé. Et par chance, elle ne te questionne pas, se montrant patiente.

C'est une dizaine de minutes plus tard que ton Aquali revient vers toi, sautillant joyeusement, le fameux pendentif entre les dents. La gamine se précipite vers lui pour l'enlacer et récupérer son précieux. Elle te remercie ensuite par une petite révérence. Elle te dit que maintenant elle peut rentrer chez elle le cœur léger, te laissant seul avec Polar – qui t'abandonne peu après, retournant faire trempette. Tu soupires bruyamment, t'avachissant de tout ton être sur ce banc.




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Haeshle Suibhne

Haeshle Suibhne
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Dim 30 Jan - 2:58
Jour 30Haeshle est très 💪


Tu n'as jamais été aussi remonté de toute ta vie.
Tu es parti en excursion en forêt avec ta classe. Une idée bien folle d'ailleurs. Qu'est ce que des musiciens ont à foutre au milieu de la nature, on se le demande. Mais bon, soit disant que ça créerait des liens, que ça vous rapprochera et que vous serez tous unis plus que jamais. Sauf que le professeur qui a osé prononcé ces mots et qui vous a traîné là se mettait le doigt dans l'œil. Pour cause, vous traînez tous les pieds, n'ayant aucune envie de louper cette journée de cours précieux pour côtoyer la nature. Mais puisque le directeur avait donné son accord, vous n'aviez plus vraiment le choix.

Mais ce n'est pas à cause de ça que tu es remonté. Loin de là. La raison venant d'un de ces gus de ton groupe qui est venu te dire que tu n'étais qu'un faible. Un gros faible même. Qu'un Statitik te retournerait sans soucis. Tout ça parce que tu as osé dire que tu n'avais pas envie de cette balade en forêt et que tu avais soif. Tu l'as d'abord fusillé du regard. Et puis tu as ravalé ta salive. Tu avais envie de lui demandé s'il s'était bien regardé avant de parler. Mais tu as préféré te raviser. Il est inutile de créer une guerre. Tu es bien plus fort que ça. Tu ne peux t'abaisser à un tel comportement puérile.

La balade se déroule alors sans accro. Tu en avais presque oublié l'autre idiot. Presque. Très exactement. Puisqu'au moment où tu n'y penses plus, le revoilà à la charge, venant t'attraper par l'épaule pour couper ton avancée. « Attention Ash ! » dit-il en te bousculant un peu. Tu te débats, le repoussant sans aucune délicatesse. « C'est quoi ton problème ? » craches-tu. « Eh ! Du calme ! J'ai juste voulu te protéger de cette brindille sur notre chemin ! Je ne voudrais pas prendre le risque qu'elle te mette à terre ! ». Et il éclate de rire. Tu fulmines. Sharlieh vient poser ses mains sur tes épaules, essayant de te trier ver lui dans l'espoir de te calmer. Mais c'était trop tard. Trop c'était trop. Ta patience avait ses limites et il est venu le temps de montrer à ce gros nul où est sa véritable place.

« Tu veux voir ce qu'elle peut te faire la brindille ? » dis-tu sèchement en le fusillant du regard. Il ne te prend visiblement pas au sérieux, n'arrivant pas à calmer sa crise de rire. Ça ne t'arrête pas pour autant, déterminé à montrer ta pleine puissance. Ton ami essaie de te dissuadé, mais personne ne parviendra à t'arrêter. Tu l'écartes de ton chemin, te rapprochant d'un arbre que tu enlaces. Tu entends de nouveaux rires jaillir dans ton dos, mais tu n'en as que faire. Dans quelques secondes, plus personne ne rigolera.

Et c'est effectivement le cas. Car un une fraction de seconde, tu es parvenu à déraciner l'arbre à la simple force de tes petits bras – peut-être pas très impressionnant, mais loin d'être faibles, ces bras là. Tu te retournes alors, balayant les environs dans l'espoir d'assommer celui qui t'avait dénigré gratuitement. Tu esquives avec brio les autres personnes aux alentours, ne te souciant que de ce morveux qui ne cesse de fuir. « Alors, c'est qui le lion maintenant ? ». Tu jettes le tronc d'arbre à terre comme s'il ne s'agissait de rien. Tu juge ce gars qui s'est jeté à terre, pleurnichant et suppliant ton pardon.
Ça fait moins le malin maintenant.




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