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» Faire le deuil de sa propre mort.


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Ligue 4

C-GEAR
Inscrit le : 31/08/2013
Messages : 4945

Mer 12 Aoû - 21:27
Aujourd'hui, le Ronflex du Maître de la Ligue est mort.
Arthur avait passé une partie de la nuit avec les soigneurs de la Ligue et Joe, l'infirmière, qui avait bien voulu rester pour l'occasion. L'occasion, c'était que si Kildare s'endormait, il ne se réveillerait probablement pas. L'aveugle restait silencieux, il gardait contre lui la patte avant de son Ronflex ; le pauvre était en souffrance et avait gémi jusqu'à son arrivée. Puis, plus rien, un calme incertain. Personne n'avait osé parlé, dire quoique ce soit, et il n'y avait rien à dire, rien à faire, alors d'une certaine façon, cela tombait bien.
Kildare était vieux. Un des premiers Pokémon que Arthur avait apprivoisé, un de ses premiers compagnons qui l'avait suivi partout, dans les bons et les mauvais jours, un des premiers, en fait, le deuxième. Montagne de muscle, il n'en restait pas moins un Pokémon adorable, toujours prêt à aider et souvent touché par ce qu'il se passait autour de lui. Il était le ciment d'un groupe, parmi les fondations de l'équipe du Maître de la Ligue, mais il était vieux.

Deux mois plus tôt, dans le stade de la Ligue, il s'était écroulé une première fois. Peut-être le combat de trop, peut-être une simple envie de faire ce qu'il voulait, jusqu'au bout. Bien sûr, il n'était plus comme avant, il avait subi la détresse des anciens, se sentant partir, toujours trop tôt, bien trop tôt de l'avis d'un humain. Que pouvaient-ils penser ? De l'extérieur, Arthur n'était qu'un irresponsable, mais s'il n'avait pas laissé le choix à son Pokémon, il n'aurait rien été de plus qu'un escroc. Il n'était pas trop tard pour vivre.
Pour ses Pokémon, le jeune aveugle avait accompli un rêve. Pour des êtres habitués à combattre, faisant de cela un jeu, loin des enjeux commerciaux, ils étaient fiers, fiers de pouvoir affronter les plus forts de leurs congénères, fiers d'être sur une tribune qui mettaient en avant leurs capacités. Arthur avait été clair à son entrée à la Ligue. Ses Pokémon ne seraient pas mis K.O., s'il combattait pour eux, ce n'était pas pour qu'ils soient écrasés devant une foule en délire, assoiffée de sang. Non, il leur demandait seulement d'abdiquer quand ils se sentaient trop faibles pour continuer, tout en respectant le niveau du challenger. La Ligue se devait d'être une vitrine.
Seulement, cette fois, cela n'avait pas suffi. Subissant une attaque de plein fouet, le Ronflex s'était écroulé face à un Rhinastoc des plus coriaces, un coup. Un coup avait suffit à le mettre à terre, lui qui était pourtant résistant. Il y avait eu un problème et dans son oreillette, le maître de la Ligue avait entendu l'inquiétude de son agent. Cela n'aurait pas dû arriver. Kildare avait été rappelé et emmené directement par le soigneur, Andrew, qui accompagnait le Maître de Ligue pendant ses matchs. Le public n'avait pas compris, le public ne pouvait pas comprendre ce qui apparaissait comme un simple K.O., il ne pouvait pas comprendre la douleur que ressentaient Arthur et Leon à ce moment-là, qui avaient, quant à eux, admis que c'était là le dernier combat du Pokémon.
Arthur avait envoyé le Pokémon suivant, puis avait perdu le match.

    « Vous êtes inconscient, on vous avait prévenu de son état. »
Les reproches. Ils avaient fusé pendant ces deux mois, mais il les avait ignoré, toujours. Comment supporter des remarques aussi basses ? Ces personnes étaient-elles au courant de leur relation ? Pouvaient-ils ne serait-ce qu'imaginer ce que leur relation était ?
Arthur avait toujours été discret sur la façon dont il se comportait avec ses Pokémon, il était très attaché à eux, mais les déclarations n'étaient pas là, les gestes seulement comptaient. Il n'était pas rare de le retrouver seul avec eux, à vérifier qu'ils allaient bien, à leur parler. Son caractère faisait qu'il n'était pas démonstratif, mais il n'avait pas besoin d'exprimer les choses pour qu'elles soient vraies. S'il pouvait passer pour un meurtrier, ce n'était pas de son ressort, ils n'avaient qu'à voir plus loin. Imaginer ce qu'il pouvait ressentir.
    « Tu devrais leur expliquer, ils sont angoissés à l'idée que Kildare.... Enfin...
    - Oui, il va mourir. »
Pourquoi se bercer d'illusions ? Leon voulait faire son rôle de porte-parole, jouer la communication pour les membres de l'équipe de la Ligue qui ne comprenaient pas les agissements du Maître. Et pourtant, il savait, il savait à quel point la perte prochaine de son Pokémon le travaillait, il savait aussi ce qu'il avait voulu faire : lui offrir ce dernier moment, lui permettre de profiter une dernière fois de ce rêve, de cette exultation. Pouvait-on lui en vouloir ? Oui, de ne pas avoir été assez responsable, de ne pas avoir assuré la santé avant la passion, mais que valait cette vie sans passion, à quoi bon être vivant pour rester dans les carcans ? S'il avait quitté son nid douillet, ce n'était pas par ambition, c'était par envie, par besoin de voir l'extérieur, de découvrir, d'explorer, de rencontrer, de se retrouver.
Quand ils étaient plus jeunes, Leon avait demandé à Arthur pourquoi il risquait sa vie sur le terrain, pourquoi rester en première ligne, pourquoi vivre le danger. Sa réponse avait été claire, puisqu'il fallait mourir, autant le faire par conviction et non pas par dépit. Arthur ne souhaitait pas disparaître, mais il voulait vivre avant que la mort ne l'emporte. Il avait accepté que toute chose avait une fin, lui, ceux qu'il aimait, ceux qu'il voulait voir souffrir et l'univers aussi, dans son entièreté. Il se voyait vivre et il était déjà mort.

Kildare avait rendu son dernier souffle, entouré de ses amis. Arthur avait exigé que tout le monde parte et seuls Leon et Mike étaient restés avec lui pendant cette dernière nuit. Rizzen se tenait là, inquiet pour son ami, les autres Pokémon du Maître étaient un peu à l'écart et Mitzrel, le Noctunoir, patientait. Ce n'était pas encore le tour de celui qui avait osé le capturer, mais celui d'un de ses plus proches alliés, alors il accompagnerait son voyage, par respect. Lentement, l'aveugle avait reposé la patte de son compagnon sans vie sur le sol, puis avait caressé sa tête une dernière fois. Un ensemble de dernières fois insupportables. Mitzrel s'était illuminé un instant, son corps se transformant pour accueillir l'esprit de Kildare, avant de léviter, traversant les murs. Arthur formula des remerciements intérieurs avant de se relever difficilement, affaibli. Leon l'accompagna à l'extérieur, où l'attendait le soigneur et ses assistants. Il passa devant eux, sans s'arrêter. Il n'y avait plus rien à dire, plus rien à faire. Leon leur fit un signe, hochant la tête.
    « C'est fini. Je vais prévenir le Comité. »
L'hésitation était arrivée du côté de l'agent, qui voyait son ami s’éloigner, mais il n'y avait rien qu'il pourrait faire. Alors il avait laissé partir son ami, accompagné de ses Pokémon, pour aller un peu à l'écart. Normalement, personne n'était vraiment au courant de ce qu'il se passait. Ou plutôt, tout le monde était au courant qu'il ne fallait pas venir, qu'ils ne devaient pas s'imposer.

On disait Arthur insensible, puisqu'il ne parlait pas de ses émotions. Il ne parlait pas pour ne rien dire, il ne cherchait pas à paraître touché, à montrer ses sentiments. Ce n'était pas pour cela qu'il ne ressentait rien, qu'il n'était pas dévasté par ce qu'il venait d'arriver. Pourquoi retranscrire sur son visage, dans des larmes, quelque chose qui le détruisait à l'intérieur ? Sa peine n'était pas universelle, c'était la sienne, uniquement. Il la partagea un instant avec ses équipiers, ayant de l'empathie pour eux, souhaitant les consoler, serrant dans ses bras Rizzen, avant de flatter un instant la tête d'Eagle, son Gueriaigle, pendant que son Noctali et son Mentali restaient, plus timides, à ses pieds. Arthur se releva un instant, il ne pouvait pas les voir, tous, son équipe à la Ligue, ses équipiers en tant que ranger, qui avaient vécu tant de choses. Son Arbok sifflait, pendant qu'il pouvait entendre la tristesse de son Donphan, ressentir la résignation de la Braségali d'Emma, qui avait déjà tant perdu. Ce qu'il ressentait avant tout, c'était le soutien de chacun de ses alliés.
    « Allons-y. »
Il fallait l'affronter, tôt ou tard, alors c'était toujours mieux tôt. Devant la salle fermée servant habituellement à passer les Pokémon en revue pour constater de leur état de santé, tout le monde s'était activé. Le cadavre de Ronflex gisait toujours à l'intérieur, il serait évidemment difficile à soulever, mais tout le monde avait pu compter sur le pragmatisme de Leon et Arthur, qui avaient proposé que le Ronflex soit allongé sur un matelas qui était posé sur une énorme bâche qui leur permettrait ainsi de le transporter vers l'extérieur. Guidés par Joe, des membres du Centre Pokémon d'Oliville s'étaient précipité pour récupérer le corps, protégé par la Donphan. Ainsi les adieux avaient été fait.

Kildare sera incinéré, puis son urne sera enterrée dans le cimetière Pokémon le plus proche, le choix était le plus simple et la cérémonie aussi car personne n'y était convié, un simple huit clos où seuls Leon et Mike seront invités, choix du Maître. Cendre était en mission, loin d'ici et de toutes nouvelles, il savait qu'elle serait touchée et ne voulait pas lui faire subir ça alors que sa propre vie était peut-être en danger. Il n'y avait de toute façon plus rien à faire et tout devra se faire en peu de temps : dans deux jours exactement. Arthur et Leon avaient passé la journée avec des membres du Comité, au Centre Pokémon d'Oliville qui devait s'occuper du transfert. Les éleveurs étaient remontés et il y avait probablement de quoi. Et finalement, il fallait retourner à la Ligue, retourner dans cette prison dorée qui accueillait, aux yeux de certains, une personne indifférente à la mort de son propre Pokémon.
    « Ça va aller ?
    - S'ils ne me prennent pas la tête, probablement.
    - Ils seront compréhensifs, ils étaient seulement en état de choc.
    - Ah oui, j'oubliais mon cœur de pierre. »
La pique était venue d'elle-même. Le Maître de la Ligue n'avait pas à se justifier sur la façon dont il s'occupait de ses Pokémon, pourtant lui ne songeait pas à ce qu'il avait fait de mal, mais plus à ce que le Ronflex avait vécu. Il avait fait ce qu'il voulait, jusqu'à la fin. Le jeune homme demanda à être amené directement là où se trouvaient ses Pokémon et le soigneur, Andrew, qui faisait partie de ceux qui lui avaient reproché sa conduite.
    « Je dois vous informer que Kildare se trouve au Centre Pokémon d'Oliville, il sera incinéré.
    - Merci, même si j'aurais aimé recevoir plus d'informations sur sa santé auparavant.
    - Andrew, ça suffit. Il aurait pu mourir bien plus tôt. Il a simplement bénéficié d'une grande longévité parce que c'est un Pokémon capturé. Vous savez très bien qu'il était âgé.
    - Et vous le saviez plus que quiconque, quand comptiez-vous le retirer de votre équipe de combat ? »
Leon observait la conversation sans rien dire, il avait déjà parlé avec tout le monde et ne pourrait pas faire mieux. Il était du ressort du Maître de la Ligue de se faire comprendre. Travail qu'il aura probablement aussi à faire avec ses collègues.
    « Je n'ai pas besoin de votre avis. Je vous respecte, je respecte votre travail, mais il s'agit là de mes Pokémon, mes compagnons et vous n'êtes pas le mieux placé pour me juger et juger mes actions.
    - Laisser votre Ronflex combattre était une erreur, tout simplement.
    - Je lui ai permis de faire la dernière chose qu'il souhaitait. Si vous m'en voulez après ça, c'est que vous n'avez rien compris aux Pokémon.
    - Arthur ! »
Leon s'était finalement interposé, parler ainsi ne résoudrait rien, évidemment. Les deux ne risquaient pas de changer de point de vue, ou en tout cas, pas tout de suite. Joe vint rejoindre Andrew, si elle comprenait le geste du Maître de la Ligue, elle n'en restait pas moins désolée de la façon dont les choses s'étaient passées, considérant qu'il ne les avait pas suffisamment informé de sa décision.
    « Je n'ai pas à vous rendre des comptes. »
Il fit volte-face, suivi de près par Rizzen et se dirigeant grâce à sa canne. Leon resta un instant à le regarder partir, incorrigible. Finalement, il n'y était pas arrivé. Arthur n'avait pas l'habitude de se laisser faire et cette fois il avait pourtant décidé de botter en touche, d'abandonner et son ami savait que c'était lié à tout ce qui s'était passé. Personne ne pouvait être insensible à cela, chacun avait simplement sa façon de gérer la situation.
    « Je sais qu'il a des torts, mais n'oubliez pas qu'il a vécu plus d'une dizaine d'années avec lui. Jamais il n'aurait voulu son mal, mais jamais il ne l'aurait laissé tomber non plus. C'est sa façon de voir les choses et la plupart de ses compagnons ont la même : ils préfèrent vivre leur rêve plutôt que de mourir dans l'ennui et la déchéance. Vous ne pouvez pas ignorer que Kildare n'aurait pas survécu plus de quelques mois de plus. S'il a été un peu plus affaibli, c'est en vivant une dernière fois cette gloire. »
Les deux membres de l'équipe soignante ne dirent alors rien de plus, acquiesçant seulement aux dires de l'agent. Bien sûr, une partie d'eux comprenait, mais le choc n'en restait pas moins terrible.
    « Je dois vous laisser, bon courage. »
L'agent leur fit un sourire de circonstance, affable mais contrarié. Il devait suivre son ami, le soutenir, même si son ami ne le supporterait pas. Quand il arriva à la Ligue, le maître était bloqué à la cuisine, se servant du café. Ses mains tremblaient, peu assurées et Leon se dirigea vers lui.
    « Si tu es venu me faire la morale, à ton tour, ce n'est pas la peine. »
L'agent ne répondit pas, se contentant de s'asseoir à la table, l'aveugle l'inquiétait, à raison, puisqu'il resta un instant devant la tasse sans réagir, serrant les poings, avant de retirer ses lunettes. Rizzen l'observant, avant de regarder Leon.
    « Ils ne comprennent pas. C'est comme s'ils ignoraient la mort, c'est stupide.
    - Ils ne l'ignorent pas, ils réagissent simplement différemment. De la colère et de la tristesse mélangées, donc ils s'en prennent à toi parce que pour eux, tu es le premier responsable.
    - Ça paraît évident.
    - Ils n'ont pas notre vie. »
L'aveugle attrapa ses lunettes et les reposa sur son nez avant de poser une main sur sa tête. La migraine persistait depuis plusieurs jours, Leon l'avait même vu malade à cause de cela. Ceux qui pensaient qu'il n'était pas touché se trompaient, mais il était probablement un des seuls à le savoir.
    « Tu devrais aller te reposer, tu as à peine dormi ces derniers jours. »
Un silence pesant s'installait, Arthur ne bougeait pas, les poings serrés sur le comptoir, il restait immobile. Son ami finit par se lever, s'approchant de lui pour poser lui poser la main sur l'épaule.
    « J'y vais. »
Il avait esquivé le geste, pour se diriger vers le couloir, son Pokémon sur les talons. Le Maître de la Ligue s'arrêta pour caresser le crâne de Rizzen.
    « Reste avec Leon, s'il te plaît. »
Le Mangriff leva les yeux vers lui, restant sur place alors que son ami s'en allait. Une porte se ferma et Leon se laissa à soupirer, avant de regarder la tasse. Une partie du café avait coulé à côté, il ne voyait pas aussi bien qu'il voulait le faire croire, il n'était pas aussi à l'aise qu'il aurait aimé le faire paraître. Alors l'agent s'occupa de nettoyer le plan de travail, avant d'avaler le café qui était servi.
    « Je te raccompagne vers les éleveurs. »
Le starter du Maître de la Ligue l'observa, l'air triste, le regard déviant. Leon lui posa la main sur l'épaule.
    « Je sais que c'est difficile, mais, ça va aller. Il faut passer à autre chose, c'était un bon ami. Il faut être content d'avoir pu passer du temps avec lui. »
À ces mots, ayant l'impression de s'adresser à un enfant, Leon songea à Emma, la fille d'Arthur. Elle passait cette semaine chez ses grands-parents, loin de tout cela, mais, il ignorait comment son ami avait traité la chose avec elle. Ce n'était certes pas de son ressort, mais cela l'intéressait. Enfin, il ramena Rizzen aux soigneurs, avant de lui demander de se reposer convenablement. C'était loin d'être évident, dans ses conditions, mais au moins les amis étaient-ils tous ensemble.

Près d'une heure plus tard, le soleil s'était couché et avec cela, le corps de Leon avait fini par se détendre. Il avait deux jours pour essayer de calmer les choses. La cérémonie devait se faire dans le calme.
Leon était là, assis sur un des canapés du salon. Il n'avait pas vraiment sa place ici, oui, il avait ses entrées, mais pas de chambre, pas d'appartement. Il restait alors parfois dans le salon. Des nuits normales, cela faisait un moment qu'il n'en avait pas vécu et le mot « sommeil » ne faisait que trop peu partie de son vocabulaire. Il avait au moins un temps de repos, une cigarette, un verre de whisky, il se trouvait dans une caricature d'un mauvais polar et il appréciait cette image de lui. Leon avait tombé la veste et sa cravate écarlate était dénouée, la chemise déboutonnée sur les deux première rangées. Tirant allègrement sur son poison avant de soupirer, il était à présent seul, comme il l'avait finalement toujours été.



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Ligue 4

C-GEAR
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Région : Johto
Jeu 13 Aoû - 1:36
C'est qu'il est facile de s'engoncer dans une routine assez évidente, réalise chaque jour Iago. Bien plus d'un an qu'il est à la Ligue, il a vu se succéder des départs et des arrivées dans le groupe des champions, avec plus ou moins de facilité. Plus de trois mois que Maceo est parti, mais beaucoup de choses dans l'attitude de Chrystal montre qu'elle rumine toujours le départ du blond et la malchance qui semble avoir maudit ce dernier et sa compagne (ex-compagne ? Iago n'a toujours pas bien démêlé la chose). Pour être très honnête, il n'a pas eu le moindre contact avec l'expert en pokémons Sol et Poison depuis son départ, non pas qu'il ait cherché à en avoir, mais quand même... c'est fou ce que le temps suffit à oublier les gens et imposer une nouvelle routine. Car oui, la Ligue change, les champions qui la composent, mais pas vraiment leur vie, en réalité. Lizbeth a pris place dans l'appartement de Maceo – de quoi ravir encore plus Chrystal – et la vie suit son cours. Même si, de vous à moi, Iago n'a pas encore réellement pris le temps de bien connaître la nageuse olympique. Il sait que cela viendra le temps venu.

En attendant, d'autres choses sont parvenues à retenir son attention, ces derniers temps. Tout d'abord, l'anniversaire de sa mère, trois semaines plus tôt, qui l'a poussé à retourner à Doublonville le temps d'un week-end, pour de longs repas attablés auprès de sa famille et sa belle-famille, qui, par miracle, s'entendent toujours parfaitement bien, son père et son beau-père étant fait pour être amis, de toute manière. Le genre de réunion familiale auquel il a toujours du mal à s'habituer, tant il a la sensation de devoir mentir toujours plus sur certaines choses et qu'il en devient un véritable expert. Plus d'hésitation, des réponses toujours bien ficelées et une manière subtile de rebondir sur d'autres sujets. Les études de Corry, sa demi-sœur, les cours de théâtre de Romy et le cadeau pour Olivia, parce que dès qu'il la voit, Iago lui fait toujours un cadeau. C'est comme ça. Romy râle, mais ça n'y changera rien, il a beaucoup à rattraper. Et ça fonctionne, et le week-end fut une réussite. Puis il y a eu l'affaire William Hokstra dont il a regardé, rereregardé, rererereregardé les pièces à conviction pendant de nombreuses nuits avant de trouver un élément capital permettant de mettre en lumière la culpabilité d'un homme considéré jusque-là comme un témoin du crime sanglant d'un couple d'Acajou.

Et, en parallèle de tout cela... le Ronflex d'Arthur. Et Arthur. Et Andrew, aussi. Parce que c'est bien par Andrew, le soigneur pokémon de la Ligue dont il est le plus proche, qu'il en a entendu parler pour la première fois, deux jours après le combat en question.

« Non mais ça se dit maître de la Ligue mais c'est complètement inconscient ! Un Ronflex de cet âge ! Mais qu'il le laisse partir à la retraite bon sang ! »

Oui, l'affaire a fait du bruit en interne, cet effondrement du Ronflex d'Arthur, l'un des éléments clés de l'équipe du champion, qui est tombé face à l'imposant Rhinastoc d'un des challengers. Mais tombé tombé. Pas comme le font d'habitude les pokémons des champions de la Ligue à qui, généralement, on apprend à ne pas aller au-delà de leurs forces et de leurs limites... non, cette fois-ci il est bien « tombé ». Et si Iago n'a eu aucun écho de la chose de la part d'Arthur ou de Leon, tous les deux plutôt occupés ces derniers temps, c'est bien le soigneur qui lui en a parlé le premier avec animation. Quand les journées sont calmes, le Fitzroy se rend parfois dans l'importante réserve de la Ligue où les pokémons des champions sont lâchés sous surveillance, dans des conditions optimales. Il aime bien s'y installer par moment, un journal sous les yeux, à simplement lire et regarder distraitement les pokémons qui s'y trouvent, dont son Rafflesia qui se remet lentement mais sûrement de l'état dépressif dans lequel il se trouvait quelques mois plus tôt.

« Calme-toi. Je ne pense pas que tu peux juger Arthur pour ça... il sait ce qu'il fait, il connaît ses pokémons. Il n'aurait pas fait ce choix sans raison.
- Il sait ce qu'il fait ? Mais tu te rends pas compte ! Un pokémon comme ça, on l'économise, on le fait pas affronter un monstre comme celui de ce challenger. Non mais t'as vu la taille de ce Rhinastoc ?
- Oui, je te signale que j'étais dans la loge pour regarder le match.
- Ouais et bien, de toi à moi, je crains qu'il n'en ait plus pour longtemps, ce bon Kildare... »

Andrew a dit cela avec une vraie tristesse dans la voix et dans les yeux. Iago s'est contenté de le fixer un instant sans rien dire, avant de reprendre sa lecture. Sur le moment, il ne pouvait qu'espérer que le soigneur ait tort.

Mais ce n'est pas le cas. Le temps est passé et pas d'amélioration en vue dans l'état de l'imposant pokémon d'Arthur. Personne n'en parle mais tout le monde entend certaines remarques du personnel médical de la Ligue, d'Andrew qui ne cache pas son mécontentement et voit Arthur qui se renferme sur lui. Les autres champions ne sont pas forcément tous au courant de la même manière, mais sans doute que chacun estime que c'est à Arthur de leur en parler, quand il le voudra, s'il le veut. Iago a certes une relation moins fusionnelle avec son équipe, mais il se doute – particulièrement pour certains d'entre eux – que les voir dans un tel état lui foutrait un sacré coup au moral. Même s'il met de la distance avec eux, même s'il ne réalise pas toujours combien il peut paraître maladroit ou sec avec eux. Il n'a aucune idée de ce que cela pourrait lui faire si Rizzi, Mosk ou Shidâ se trouvaient à la place du Ronflex... non, il n'en sait rien. Alors il respecte Arthur et ses silences, Arthur et sa manière toujours très feinte et polie de faire comme si de rien. Toujours très pro.

Iago en est là. S'il ne sait pas tout de l'état de Kildare, il en a eu divers échos et sait que le moral n'est pas au beau fixe. Bien au contraire. Mais il met ça dans un coin de sa tête et se dit que de toute manière, la vie doit continuer, elle. La créature a atteint un bel âge et il est certain que si Arthur l'a fait combattre, deux mois plut tôt, c'est que cela devait être la volonté du pokémon. De ça, il ne doute absolument pas.

Ce soir, c'est un J1. Le premier jour de son cycle de manque. C'est ainsi qu'il se rythme, lui qui est fan des chiffres, il y a une régularité effrayante dans ses prises, ses doses, le retour des suées et des tremblements. Là, c'est un J1, il ressent le manque en lui, mais celui-ci ne s'exprime pas trop violemment. Ses mains tremblotent parfois très légèrement, mais rien qui ne puisse paraître anormal à l’œil. S'il a chaud, il se dit que c'est normal et s'il ne dort pas... c'est que cela ne change pas vraiment. Ce n'est un secret pour personne, il dort très peu et de manière assez irrégulière. Il est habitué à ce rythme déglingué et en fait une espèce de force. Assis sur son lit, le dos reposant contre le mur, il a ressorti des dossiers d'anciennes enquêtes non élucidées étalés ça et là sur la couverture. Cela lui occupe l'esprit. Il compare les faits, les témoignages, consulte les photos, examine, note dans un calepin et passe au dossier suivant. Le sommeil le fuit et tant qu'à ne pas dormir, autant être productif. Un café de plus ne sera pas de trop. Le cinquième de la journée.

Machinalement, il jette un coup d’œil par la fenêtre, dont il n'a pas abaissé le store. Il voit, comme depuis plusieurs heures, les lumières de l'espace médical de la réserve toujours allumées, alors qu'elles ne devraient plus l'être, en temps normal. Sans même s'y attarder, il imagine l'animation là-bas, et malheureusement, en imagine la cause.

Il pousse un dossier de la main et se redresse, vêtu d'un jean noir et d'une chemise bleue complètement froissée, il s'étire le bras droit avant d'ouvrir la porte de son appartement pour se rendre dans la cuisine collective et s'y faire son café. Il descend doucement les escaliers afin de ne réveiller personne et va pour traverser le salon et atteindre la cuisine, lorsqu'il réalise qu'une personne se trouve là, et une odeur de cigarette vient lui chatouiller les narines. Discrètement, il penche la tête pour voir de qui il s'agit et, de son angle de vue, voit en diagonal l'arrière de la tête de Leon, l'agent d'Arthur. Ce dernier tient un verre d'une main, une cigarette de l'autre et il ne faut pas être devin pour comprendre qu'il est passablement lessivé. C'est ainsi que Iago le comprend. Il s'avance et réalise en progressant que l'agent s'est mis un peu à l'aise, cravate dénouée et chemise légèrement ouverte en haut. C'est peut être l'une des rares fois où Iago le voit ainsi. Leon est toujours impeccablement vêtu et très propre sur lui, aussi, il est plutôt agréablement surpris de le voir ainsi, se lâcher un peu, dirons-nous. Ou plus « normal », en fait. Parce que cet air un peu débraillé lui va plutôt bien, en réalité.

L'air de rien, Iago arrive donc à son niveau. Il remarque le whisky dans le verre et déclare : « Ah, je pensais venir pour un café, mais je vais t'accompagner sur le whisky, ce n'est pas une mauvaise idée. »

Et déjà, sans même attendre de réponse, il file dans la cuisine, trouve un verre à scotch et s'en sert un fond, avant de revenir dans le salon où il s'affale dans le même canapé que Leon. Mais avant de boire la moindre goutte, cette question :

« Alors ? »

Nul besoin de plus. Il n'est pas dupe quant aux très probables événements.


Dominic Hazel
Nathanael McKoy
Oluwadja Ilo
Milo Jo

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Ligue 4

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Lun 31 Aoû - 22:34
C'était une double peine pour le Maître de la Ligue. Finalement arrivé à ses appartements, il se laissa guider par sa mémoire pour retrouver le berceau de ses plus âpres songes. Comment pourrait-il se reposer ? Oui, le sommeil finirait probablement par l'emporter, il s'écroulerait probablement de tout son long s'il cherchait encore plus longuement à résister. Simplement ce qui le hantait maintenant le forcerait probablement à se réveiller et il y a des moments où le pire des songes n'est pas moins douloureux que la réalité.
Assis sur le lit, il n'avait pas même pris la peine de retirer ses chaussures à l'entrée, de pendre sa veste un crochet et de changer ses lunettes pour prendre un modèle qui était certes moins efficace, mais aussi plus apaisant pour lui. Toutes ces habitudes devenues rituels avaient été abandonnées pour laisser place à la nonchalance de l'amertume.
    « Tu es de retour. »
Le spectre claqua dans ses mains, provoquant un léger bruit, presque sourd.
Personne, pas même Arthur, ne saurait expliquer d'où lui venaient ces sensations. Partager sa vie avec des Pokémon Spectre l'avait en quelque sorte sensibilisé à leurs présences, sensibilité qui s'était exacerbée depuis l'accident. Ainsi, il savait toujours si ses compagnons se trouvaient près de lui et c'était un lien particulier qui s'était créé avec eux au fil du temps.
    « Tu devrais rentrer. Merci pour tout Mitzrel. »
Le Noctunoir observa un instant son maître, se délectant de cette nouvelle faiblesse mise à nue. Il disparut un court instant, réapparaissant derrière lui, mains sur ses épaules, avant de disparaître réellement, rentrant calmement vers les éleveurs. Puisque son maître n'avait plus d'énergie, il avait décidé de le manipuler un peu.
Arthur attendit de ne plus sentir cette aura pour sortir de sa poche une sphère bicolore à jamais vide. Il poussa son interrupteur un instant et elle s'ouvrit sans produire plus d'effet, comme un vieil appareil défectueux. Dans un geste résigné, il la laissa tomber au sol.
    « Appel famille Moland. »
Le jeune homme avait saisi son téléphone, à la recherche d'un moment de paix. Ce n'était pas trop tard pour espérer recevoir un peu.
    « Allô ? Oh, bonsoir Arthur... »
À l'autre bout du fil, la voix de la mère adoptive d'Angèle ne parvenait pas à cacher sa gêne. L'aveugle se saisit l'arrête du nez et la massa lentement.
    « Veuillez m'excuser de vous appeler à une heure tardive. Puis-je parler à Emma ? »
Si Arthur avait obtenu la garde de sa fille, cela n'était pas pour autant qu'elle vivait tout le temps avec lui. Le problème était matériel, et de ce fait assez agaçant, mais le jeune homme ne démordait pas et espérait toujours que la situation se débloquât, il faudrait du temps. Plus de temps, mais dans ce genre de moments, il était content que sa fille eût un autre refuge que le sien. Il y aurait en fait sûrement beaucoup à lui reprocher.
    « Arthur, ce qu'ils disent aux informations, c'est vrai ? Votre Ronflex ? »
Il le savait et pour autant, il hésitait encore. Ce n'était pas aussi facile que le monde pourrait le croire.
    « Oui, il est mort ce matin.
    - Je vois. »
Mais l'information en elle-même ne servait à rien puisqu'elle avait déjà été relayée. L'esprit humain était par contre friand des petits détails. Avait-il souffert ? Arthur était-il responsable ? Comment se sentait-il ? Une enquête était-elle en cours ? Heureusement Madame Moland était cette fois guidée par un soupçon de sagesse qui lui demanda de simplement s'exécuter.
    « Je vous la passe. »
    « ... »
    « Papa ? »
Le Maître de la Ligue retrouva immédiatement un léger sourire. Il ne serait pas de trop que de dire qu'elle était simplement son rayon de soleil. Elle avait un effet important sur la vision de la vie de l'aveugle, qui était tombé amoureux des éclats de rire de sa fille. Dès qu'il l'entendait, son paysage changeait et il ne voyait plus que cette silhouette qu'il avait pu distinguer, ce petit visage dont il connaissait grossièrement les traits.
La conversation tourna autour de quelques sujets ciblés, l'école, Mamie Jade qui était passée à la télévision et ce dessin de Rizzen qu'elle avait fait.
    « Il est coquin Rizzen, il monte dans les arbres et il prend tous les fruits de tous les arbres et après il mange tout sans rien donner à personne, parce que c'est lui le chef des Pokémon.
    - Ah oui, c'est lui le chef ?
    - Oui, parce que c'est le plus fort et aussi le plus interpide !
    - Intrépide, ma chérie.
    - Oui, intrépide et il court vite vite vite pour manger tous les fruits. »
L'appel ne dura que quelques minutes. Le champion n'aimait pas accaparer la petite quand elle se trouvait chez ses grands-parents maternel. Il finit alors par concéder à son corps le fait de retirer ses chaussures, sa veste et sa chemise pour s'allonger sur son lit. Il sombra alors en quelques instants, Mitzrel l'observant un instant, avant de frotter ses mains et disparaître.


Leon n'était pas du genre à s'offrir du temps – et encore moins du « bon ». Il allait toujours plus vite, contre la montre et il ne fallait surtout pas perdre en efficacité. Si sa journée en tant qu'agent du Maître de la Ligue était achevée, c'était qu'il y avait encore du travail pour l'équipe Sharp. La crise n'était pas encore là de leur côté, mais il ne manquait pas d'activités. Alors, oui, il aurait pu, il aurait même dû ouvrir son téléphone soi-disant « personnel » pour avoir les dernières nouvelles, il était aussi temps de brancher son ordinateur et compulser quelques documents pour aviser de leur prochaine action.
« Pas ce soir », lui avait soufflé une voix intérieure. L'agent avait besoin d'un peu de repos, de se remettre aussi, des derniers événements. S'il n'était évidemment pas touché de la même façon, il restait sous le choc de la nouvelle mais aussi de la façon dont tout cela avait été traité. Il n'y avait pour le moment aucun apaisement et la violence des propos échangés ne montrait pas que les choses pourraient changer si rapidement.
Il n'y avait eu aucune erreur de jugement, puisque le danger avait été calculé, pour autant, un Pokémon avait été blessé en combat et maintenant, il n'était plus. Le Comité aurait sûrement à redire de ces méthodes du Maître de la Ligue, surtout si Andrew ne changeait pas d'avis. Il fallait préparer cette défense et prévoir aussi la suite. Arthur avait perdu un membre de son équipe et aussi difficile que cela allait être, il faudrait maintenant le remplacer.

Des bruits de pas réactivèrent la vigilance de Leon. Impossible pour lui de paraître aussi peu professionnel, aussi débraillé. Il ne parvint pas à poser son verre que Iago était apparu devant lui. Étonnamment, cette nouvelle ne le désarma pas, au contraire. Savoir que c'était à lui qu'il aurait à faire et non pas à un autre collègue d'Arthur, voire à un membre du personnel lui convenait. Ce n'était pas qu'il avait moins de scrupules face au jeune homme, mais c'était celui qu'il connaissait le mieux et – il ne pouvait pas le nier – qui l'intriguait le plus.
    « Bonsoir Iago, faites donc, je comptais le réduire de mon salaire : je vous invite. »
Et s'il le disait avec un sourire, relevant légèrement sa mine fatiguée, il n'en était pas moins sérieux. D'une rigueur extrême, le jeune homme faisait toujours les choses dans l'ordre, il s'agissait pour lui d'être toujours dans la justesse. Le champion s'éclipsa un instant vers la cuisine et Leon en profita pour se relever un peu, posant sa boisson sur un sous-verre, avant d'apposer sa cigarette entre ses lèvres. Il s'agissait tout de même de faire bonne figure. Alors, il attrapa sa veste pour la plier sa veste à côté de lui et d'y poser la cravate pliée aussi. Satisfait de cet ordre, il s'enfonça un instant dans le canapé, prenant une bouffée de poison. Sentir ce feu qui descendait jusqu'à ses poumons était ironiquement quelque chose qui le gardait en vie. Il se releva pour taper légèrement sa cigarette entre ses doigts, au-dessus du cendrier, avant d'observer le brun à ses côtés.
Il s'apprêta à répondre, puis préféra à cette effort l'idée de s'empoisonner un peu plus, le tout était de gagner du temps.
    « Kildare est mort ce matin. Arthur est persona non grata au centre d'élevage, le Comité veut des explications. Une journée plutôt calme en somme. »
Un petit soupir vint ponctuer la phrase. Non pas qu'il avait plaisir à se trahir, à montrer ses émotions, mais avec Iago, c'était comme ça. Il sentait que le champion n'était pas de ceux à juger facilement et d'une certaine façon, il avait confiance en lui.
Le poison s'infiltra encore en lui et il souffla la fumée à l'opposé du brun. C'était finalement ironique de les voir tous les deux réunis. Le champion était entouré d'un voile de mystère, tout n'était pas glorieux chez lui et pourtant, il était agent de police et champion, revenu sur le devant de la scène. Leon était droit dans ses bottes depuis le début, même les faux pas étaient maîtrisés, calculés, pourtant, il était une ombre et le serait probablement jusqu'à la fin.
    « Il risque d'être un peu... fébrile, ces prochains temps. J'hésite à lui faire demander des vacances, c'est un peu calme en ce moment. »
Des vacances, cela voulait surtout dire être à Shadow's Path à plein temps et risquer sa vie pour se rapprocher de là où était Kildare. Si Leon lisait toujours aussi bien en son ami, il savait que la lassitude cachait la rage et qu'il ne serait que plus performant en combat. Il avait beau être bienveillant et protecteur, il savait utiliser la condition de son ami à ses fins. De la même manière, lui ne connaissait pas de période de vacances, il était sur tous les fronts à tout moment, sans distinction. Il n'y avait que dans ce genre de moments, où enfin il parvenait à se poser, que son corps se relâchait, lui signalant souvent qu'il était allé trop loin.
Et Leon n'écoutait que trop peu son corps. Il s'étira un instant avant d'humecter ses lèvres avec le spiritueux. Il en but finalement une gorgée, puis deux. Son regard se posa sur Iago, après qu'il eût posé son verre. Il finit sa cigarette avant de l'écraser dans le cendrier.
    « Enfin, j'ai cru comprendre que tu avais de bonnes relations avec le soigneur... Si tu peux lui faire entendre raison à un moment ou un autre. J'aimerais éviter une nouvelle conférence de presse. »
Et ce n'était pas spécialement un bon mot que de lui présenter cela. Leon craignait que les journalistes furent sans pitié avec le jeune dresseur. Après tout, il était facile d'écrire contre quelqu'un, de le descendre plus bas que terre pour une faute. Leon, lui aussi, voyait la faute. Seulement, il connaissait l'intérêt, le pourquoi et le comment. Loin d'être objectif, il était désolé pour son ami.



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Sam 10 Oct - 2:15
Le souci d'être champion de la Ligue, c'est que la moindre chose, le moindre événement peut facilement prendre une dimension incontrôlable. A croire que certains médias n'ont rien d'autres à faire que de braquer leurs caméras ou leurs plumes sur le Stade... Mais ils le savaient, tous autant qu'ils sont. Ils le savaient en arrivant ici, en s'engageant au sein de cette institution. Ce n'est pas pour autant que l'on s'y fait parfaitement. C'est toujours assez lourd, cette sensation de devoir rendre des comptes de tout, de rien, et de toujours faire en sorte de ne pas dire la moindre parole ou faire le moindre geste qui pourrait être mal interprété ou sorti de son contexte. Pourtant, depuis qu'il est à la Ligue, finalement, Iago s'en sort assez bien. Sa nomination a fait un tollé, certes, ayant été rapidement catalogué ex-toxico, quand bien même il travaille encore pour la Police ce qui a un peu corrigé les angles. Depuis les choses se sont tassées. Les gens ne retiennent que ce qu'ils veulent. Le temps a passé, il a su se fondre dans l'ombre, laissant l'intérêt des médias glisser sur ce maître de la Ligue aveugle qui se bat pour obtenir la garde de sa fille, sur le départ de Maceo, sur les autres champions dont Ruven et son charme sans limite, Chrystal et son attitude parfois immature et désormais Lizbeth, qui devient la nouvelle coqueluche des tabloïds. Athlète renommée, beau brin de femme et comportement posé et doux... elle a beaucoup d'attrait. Iago respire un peu plus vis-à-vis de cette médiatisation qu'il parvient à gérer, devenant sur les plateaux télé ou dans les studios radio un interlocuteur appréciable. Il n'en fait ni trop ni pas assez, et cela convient. C'est tout ce qu'il veut.

En parallèle, cependant, le moindre fait peut facilement mettre le feu aux poudres et raviver l'intérêt du public. Ici, l'affaire du Ronflex qui a fait le tour de certains plateaux télé d'émissions spécialisées en dressage pokémon. Iago ayant bien d'autres moyens de suivre l'affaire, s'il le désirait, n'a pas vraiment regardé la chose par le prisme des médias, mais se doute sans mal des différents sons de cloche qu'il peut y avoir : l'âge et la fatigue du pokémon ne peuvent pas être remis en doute, c'est plutôt la question de savoir s'il est éthique de faire combattre une telle créature « jusqu'au bout ». Et là-dessus, la position du brun est assez simple : cela ne regarde que le dresseur et son pokémon. Personne d'autre. Personne ne peut juger à leur place. Des hommes ou des femmes qui prennent des risquent inconsidérés pour la beauté de l'art, du spectacle ou du sport, il y en a beaucoup. Pour lui, c'est tout simplement la même chose. Certains artistes veulent mourir sur scène, jouer jusqu'au bout... Voilà qui y ressemble un peu. Si la chose paraît assez évidente dans son esprit, cela n'est visiblement pas le cas pour tout le monde. Enfin... comme dit, il ne se focalise pas plus que ça, il a entière confiance en Arthur pour cette décision et estime que personne d'autre n'a de légitimité à s'introduire dans sa relation avec son Ronflex. Voilà tout.

Désormais qu'il est descendu dans la cuisine et le salon attenant, son attention se pose surtout sur Leon. L'homme de l'ombre éternellement présent derrière – et à côté – du maître de la Ligue. Le genre d'homme qui a définitivement un regard sur tout et semble avoir les capacités de tout faire, pouvoir répondre à toutes les urgences et les imprévus. Désormais que Iago en sait un peu plus sur les activités des deux hommes, il a d'autant plus de respect pour l'agent, dont il imagine un emploi du temps hallucinant et de très grandes responsabilités sur tous les fronts. A côté, il a de quoi se sentir un peu « petit », lui qui finalement n'a aucune responsabilité sur personne à part lui-même, à bien y regarder. Certes, il a des comptes à rendre à ses supérieurs et son travail d'agent à la criminelle a une forte dimension de « service à autrui », mais cela mis à part... il n'y a que lui et son nombril, dans sa vie actuelle. Sa famille est éparpillée entre Doublonville et Nénucrique et on ne peut pas dire qu'il fasse très souvent l'effort de prendre des nouvelles. Un de ses torts. Un de plus. Aussi, si on met de côté ses meilleurs potes, c'est quand même une vie assez solitaire qu'il mène, dans ce grand bâtiment de la Ligue. Il préfère ça.

Aux traits tirés de Leon et à son apparence plus décontractée, il se doute que ce dernier a passé une journée – voire une semaine – bien difficile. Rien que ce qui concerne Arthur doit être assez complexe à gérer, alors si on ajoute leur fameuse organisation... l'homme ne doit pas connaître beaucoup de répit. Aussi, il n'a pas pour intention de le déranger, simplement discuter un peu, et pourquoi pas faire tomber le masque, peut-être, l'espace d'un instant. Iago n'est pas très doué avec les relations humaines ou l'empathie, mais il souhaite faire comprendre à Leon qu'étant un peu plus au courant, il n'a pas à se forcer à garder son rôle très strict de champion de la Ligue. C'est pourquoi il s’invite tout naturellement auprès de l'agent. Il ne sait pas si l'homme est sérieux quant à ce qu'il vient de dire, comme quoi il retient ça sur son salaire... lui ne s'est jamais intéressé à la logistique de la Ligue, il faut l'admettre. Les membres du personnel font en sorte que les champions ne manquent de rien la plupart du temps et en dehors des nécessités de base, chacun fait ses courses à sa manière. Mais de là à retenir ça sur son salaire... il ne relève cependant pas, ce n'est pas forcément le moment.

En s'asseyant, il veut également reprendre l'autre sur cette manie qu'il a de vouvoyer, mais se ravise, tandis que Leon lui répond. Tout en tournant ses prunelles sombres sur son interlocuteur, Iago réalise que celui-ci s'est légèrement redressé et a plié sa veste et sa cravate sur le côté. Un maniaque du rangement ? D'une certaine manière, cela ne le surprend pas vraiment.

« Ah. Je suis désolé pour Arthur... je me doutais que ça ne devait plus tarder, malheureusement... » Il marque un temps d'arrêt et esquisse un fin sourire à l'ironie de l'autre homme. Effectivement, il tient un rôle d'intermédiaire qui ne doit pas être simple dans des temps comme celui-là. « Ils peuvent pas lui laisser un peu de temps ? »

Entre les médias et le Comité, cette histoire n'est pas terminée. Pourtant ce n'est pas le premier pokémon qui meurt, bon sang. Ne peuvent-ils pas admettre que cela ne les concerne tout simplement pas ? Levant son verre à ses lèvres, le champion observe à la dérobée l'agent qui tire sur sa cigarette et souffle poliment la fumée de l'autre côté, comme pour ne pas le déranger. Comme si cela pouvait le déranger. S'il n'est pas un fumeur accroc, Iago fume, ne serait-ce que pour se donner du répit dans certaines périodes de manque et occuper son corps autrement.

« S'il a besoin de vacances, ça pourrait lui permettre de souffler un peu, oui. » Pour côtoyer Arthur régulièrement, Iago a bien conscience, ces derniers jours, que toute cette histoire a beaucoup altéré le moral de son collègue. Et avec tout ce qui concerne la garde de sa gamine... peut-être qu'effectivement mettre un peu de distance lui ferait du bien. Mais il connaît aussi le professionnalisme de l'aveugle et doute fortement que ce dernier accepte.

Un léger silence s'impose, confortable, calme. Iago sent bien que Leon a besoin de ça, certainement. Mais l'homme reste quand même ancré dans son rôle, car après avoir écrasé sa cigarette, reprend la parole pour évoquer à nouveau la situation actuelle. La remarque qu'il fait s'adresse directement au champion qui constate dans un sourire que son interlocuteur le tutoie enfin. Et c'est une bonne chose. Il n'aime pas l'idée de s'imposer des distances sous le prétexte d'une fonction. D'autant plus en croisant l'homme très souvent. Iago observe un point quelconque devant lui et hoche la tête.

« Ne t'en fais pas, Andrew est passionné par son métier et observe surtout la chose d'un point de vue médical... mais je ne pense pas qu'il soit dupe non plus, il sait pertinemment qu'Arthur tient énormément à son équipe. Andrew s'énerve sur le coup, mais il n'ira pas plus loin. C'est pas le genre de type à vouloir se prendre la tête comme ça. J'irai lui parler, t'inquiète pas. »

Il ne dit pas cela simplement pour le rassurer, mais bien parce qu'il en est conscient. En un an à le côtoyer, Iago sait que le soigneur veut juste faire son taf dans son coin et profiter d'un cadre optimal pour cela. Mais tout ce qui est paperasse, administration et médias, il s'en passe. Le champion n'a aucune crainte là-dessus.

A nouveau un temps d'arrêt. Iago en profite pour prendre une nouvelle gorgée du liquide ambré qui lui réchauffe la gorge. Il regarde toujours droit devant et ajoute :

« Et toi du coup, ça va ? Tu n'aurais pas besoin de vacances, aussi ? »

Parce qu'il n'a aucun doute sur le perfectionnisme de Leon et le fait qu'il se retrouve à gérer une multitude de trucs en même temps. Mais personne n'est un surhomme, et en voyant les traits tirés et l'air fatigué de l'agent, Iago se dit que lui aussi, l'homme derrière le champion, a besoin de temps de pause, un peu.


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Lun 23 Nov - 0:03
Si Arthur dormait du sommeil du juste, le réveil n'en serait pas plus facile. Il avait pendant un court laps de temps fait le bonheur de Mitzrel. Le Noctunoir comptait bien lui arracher son âme dans des temps encore plus difficiles, le moment n'était pas encore arrivé. Il suffisait de patienter, il avait tout son temps.

De son côté, Leon avait fini par s'installer au calme. Il ne pouvait pas penser à rentrer à la base maintenant, rien ne pouvait lui garantir que son protégé ne ferait pas de crise ce soir. Arthur venait de perdre un de ses plus fidèles compagnons et les enjeux étaient probablement plus importants par la suite. Il serait forcément interrogé à ce sujet, que ce soit pour la mort de son Pokémon ou la suite des événements. Le rôle de Leon sera alors de faire le lien avec le Comité afin que celui-ci appuie les choix du Maître de la Ligue. Il faudrait aussi donner des garanties, assez nombreuses, pour expliquer qu'il ne l'avait pas envoyer à la mort et pour cela, Andrew devrait changer d'avis sur la question.
En somme, c'était une vraie prise de tête qui attendait l'agent, pour autant, il avait besoin d'une pause – aussi courte soit elle – pour se démêler l'esprit avant de s'occuper des dossiers.
La détente serait sommaire, un verre, une cigarette, et plein de temps pour réfléchir. Les paramètres ne semblaient pas optimaux, mais heureusement, une visite vint relever l'affaire. Iago Fitzroy, le champion ténébreux de la Ligue, venait d'apparaître. Il ne dérangeait pas l'agent, mais celui-ci se trouvait bien obligé de faire preuve d'application, plutôt que de montrer ses petites faiblesses apparentes.
    « Le temps, c'est tout ce qu'il manque à ce genre de personnes et je dois avouer en faire partie. »
Après tout, il n'allait pas cacher la vérité, lui aussi vivait dans l'urgence, il devait répondre à toutes les menaces et reproches qui iraient à l'encontre d'Arthur et préparer sa défense. Le Maître de la Ligue était censé être la personne la plus à même à prendre soin de ses Pokémon, car ils devaient être les plus efficaces en combat. Arthur mettait un point d'honneur à préserver la santé de ses compagnons, ils n'étaient pas des armes, pas plus qu'ils n'étaient à son idée des bêtes de combat. S'il devait s'agir d'un sport, ils devaient pouvoir se défendre et déclarer un K.O. lorsque leurs forces étaient à bout. Malheureusement, Kildare ne pouvait plus se battre depuis quelques temps avant ce dernier match, mais il avait voulu essayé. Son équipier n'avait d'abord pas démérité, mettant un puis deux Pokémon adverses au tapis. Puis était venu l'échec face à ce Rhinastoc gonflé à bloc.
    « Je vais jouer les médiateurs, mais plus il y aura de personnes avec lui, mieux cela sera. »
Iago n'était pas sans ignorer la vision du maître de la Ligue, et c'était le plus important car il serait sûrement d'une grande aide. Leon avait cependant bien appris à ne pas compter sur les autres, cela ne l'empêchait simplement pas de s'entourer d'alliés, plus ou moins précieux.
    « Il ne prendra jamais un repos total, mais je peux faire en sorte qu'il change d'air, ce serait pas si mal. »
Et d'avaler la fumée de son poison avant de la recracher. Il recommença cette opération avant de regarder son interlocuteur. Le problème était souvent qu'Arthur, bien conscient de sa situation, refusait de se laisser aller et d'abandonner son poste. Après tout, sa cécité le mettait souvent en dehors de la plupart des actions de Shadow's Path, alors lui demander maintenant de quitter une partie de son travail pour éviter les esclandres n'était sûrement pas pour l'aider totalement...
Le verre finit par remplacer la cigarette, il l'aurait préféré plus longue, mais il valait mieux ne pas enchaîner pour le moment. Une gorgée du précieux liquide s'insinua en lui avec l'effet de le remotiver. Il n'allait pas laisser les choses se faire, il ne s'était battu si longtemps pour que tout s'arrête à présent. Ce n'était pas possible. Heureusement, Iago sut le rassurer, il semblait avoir de bons rapports avec l'éleveur et cela allait lui être bien utile.
    « Merci, j'essaierai aussi d'aller vers lui, mais il me semble que cela sera plus efficace si c'est toi qui lui parles. Il n'y a de toute façon pas de mystères, Kildare était très vieux et n'aurait pas vécu beaucoup plus longtemps... »
On dirait presque qu'il cherchait à se rasséréner, mais il vérifiait surtout ses arguments pour les utiliser par la suite. Le Comité devait l'entendre, devait entendre Andrew. Il finit par craquer, se relevant vers la table pour attraper son paquet de cigarettes et en extraire un des bâtons de nicotine. Il la posa entre ses lèvres, écoutant les questions de Iago, un sourire en coin se dessinant sur son visage.
    « Navré de te décevoir, mais ce genre de mot ne se glisse pas dans mon agenda. Je l'ai cherché, avec mon double-emploi, il y a de quoi remplir mes journées et pas seulement. »
Il alluma d'un geste expert la cigarette, avant d'imiter Iago pour fixer ce point imaginaire. Peu convaincu de l'observation, il se retourna vers le jeune homme, son paquet à la main.
    « Si tu veux un produit nocif pour la santé, tu me dis. »
C'était une façon comme une autre de sceller une amitié, il avait déjà empli une partie de la pièce d'un nuage de fumée qui avait fini par se dissiper, alors s'il fallait le rappeler, autant le faire à deux.
    « Enfin, si Arthur accepte de prendre quelques jours, cela ne risque pas de s'améliorer pour moi. Vous n'allez pas moins me voir dans les parages... »
Non pas que cela fut un déplaisir, la Ligue était un lieu tout à fait appréciable, mais il n'était pas évident pour lui de jouer ce rôle sans l'allié solide qu'était son protégé. Faire le travail d'agent et se mettre à genoux devant le Comité sans pouvoir débriefer de son jeu d'acteur auprès de lui par la suite, cela allait sacrément lui manquer. Peut-être devrait-il mettre les autres agents dans le coup ? Il n'était pas sûr de cette idée, après tout, ils n'avaient rien fait pour gagner sa confiance.
Leon s'assit au fond du canapé, le dos reposant sur le revêtement moelleux. Peut-être que s'il fermait les yeux à ce moment-là, il parviendrait à dormir ? Sûrement pas avec une cigarette dans la bouche... Son regard dériva vers le brun à ses côtés. Difficile de savoir quel était son propre état d'esprit à ce moment-là.
    « Et toi, comment vas-tu en ce moment ? »
Prendre des nouvelles si simplement n'était pas une façon courante d'échanger pour Leon, mais d'une façon ou d'une autre, il s'était attaché à la vie des champions de la Ligue, et ce champion en particulier. Autant profiter de cette accalmie pour le découvrir.



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Dim 29 Nov - 19:12
Iago n'a qu'à tourner la tête vers ce Leon un peu plus à son aise que d'habitude pour savoir que ce dernier doit ressentir une profonde lassitude vis-à-vis des différents sujets qui l'occupent, ces temps-ci. Le champion imagine d'ailleurs parfaitement la multitude de choses encore à régler, que ce soit Arthur et la garde de sa fille, la mort du Ronflex, leurs différentes activités annexes et le planning habituel des champions. De quoi garder épuisé le plus robuste des hommes et le plus professionnel. Car s'il est bien quelque chose dont Iago ne doute pas le moins du monde, c'est le professionnalisme de l'homme à ses côtés. S'il sait complètement se mêler au décor, Leon a aussi toujours parfaitement connaissance de l'emploi du temps d'Arthur, de ce qu'il doit faire, que ce soit sur le plan de sa vie privée ou de son travail (celui connu de tous et l'autre, très certainement). Rien qu'y songer aurait de quoi donner le tournis à n'importe qui. Aussi, Iago hoche doucement la tête en entendant l'agent. Oui, le temps est ce qui finit toujours par manquer.

« Jusqu'à présent j'ai préféré ne pas le déranger à ce propos, mais il peut compter sur moi. J'espère qu'il le sait. » Il parle ainsi pour lui et pense même pouvoir s'avancer pour le reste des champions. N'importe qui ayant pu voir Arthur interagir avec son équipe, particulièrement en off, lors d’entraînements ou dans sa routine de tous les jours, ne doutera absolument pas du bien fondé de sa décision de faire combattre Kildare, ce jour-là. Certainement que l'imposant pokémon, se sachant sur sa fin, avait la volonté de briller une dernière fois dans l'aire de combat du Stade, face à des adversaires de sa trempe. On dit bien que pour un guerrier il n'est plus grand honneur que de mourir sur le champ de bataille. Cela est sujet à débat, il est vrai, mais s'il s'agit d'une volonté individuelle, cela ne regarde que la personne (ou la créature) à l'origine de cette décision. Les pokémons sont pour la plupart suffisamment doués d'intelligence pour faire leurs propres choix.

Le champion est convaincu par cette manière de penser et trouve d'ailleurs que les médias en font un peu trop au sujet de cette histoire. Ce ne sera pas le dernier pokémon à mourir, que ce soit à la Ligue 4, à l’Élite ou dans n'importe quelle arène. C'est la vie, comme on dit. Et tout ce brouhaha à ce propos a de quoi épuiser n'importe quel homme. Arthur était déjà sous les feux médiatiques pour son histoire d'adoption, c'est à croire que le destin refuse de lui laisser la paix. Peut-être que oui, la meilleure solution serait de prendre des vacances, quelques jours. Mais est-ce qu'il l'accepterait… comme le fait remarquer Leon, c'est loin d'être certain.

« Je pense vraiment que ça lui ferait du bien, il pourrait en profiter pour se retrouver avec sa fille, non ? » Ce n'est pas non plus quelque chose que l'aveugle évoque facilement, mais savoir cette enfant dans sa vie doit lui donner un peu de baume au cœur.

Tout en parlant, tandis que les volutes de fumée viennent chatouiller ses narines, le Fitzroy porte une nouvelle fois le verre à ses lèvres. Une fâcheuse habitude qu'il a de bien souvent boire rapidement, mais il aime la sensation de chaleur que lui procure le whisky. La discussion ne s'éloigne pas bien longtemps du problème actuel, et Iago se pose en garant vis-à-vis d'Andrew. Il connaît l'homme et ne s'inquiète pas le moins du monde à son sujet. Il s'énerve, il peste, il n'hésite pas à faire remarquer certaines choses, tout haut, mais il ne recherchera aucunement à mettre Arthur en difficulté. En tant que médecin pokémon, il lui faut juste un peu plus de temps pour admettre que le Ronflex peut très bien avoir recherché ce dernier combat de son propre chef, et que nul autre que son dresseur peut savoir comment a été prise cette décision de le faire combattre. Personne ne peut juger ce qui relève de la relation personnelle entre l'aveugle et l'un de ses plus vieux partenaires de combat. A moins bien entendu qu'il y ait la moindre suspicion de maltraitance concernant Arthur, mais il sait que ce n'est pas le cas. Ce dernier fait preuve d'une très grande écoute à l'encontre de ses pokémons et semble tous les connaître de manière très personnelle. Ce qui fait encore défaut pour Iago au sujet de certains membres de son équipe. Il est plus proche de certains et sait qu'il faut qu'il prenne plus le temps de cerner certains tempéraments. C'est un travail de longue haleine, on apprend autant au contact des pokémons qu'au contact des humains. Les relations de ce genre ne se tissent pas en un jour et n'en finissent jamais de se façonner.

« Oui, je pense que c'est une décision qu'Arthur a pris avec son Ronflex, c'est aussi simple que ça. Il a une relation forte avec son équipe. Je le sais, nous le savons tous et même Andrew le comprendra facilement, à tête plus reposée. Je ne m'en fais pas, il atténuera ses remarques au Comité. »

Iago fixe un instant l'agent qui se lève pour récupérer son paquet de cigarettes. En le suivant du regard, il songe que cet homme-là n'en finit pas de vivre par l’intermédiaire d'Arthur et qu'il risque d'avoir encore beaucoup, beaucoup à faire d'ici là que les choses se tassent, au moins à la Ligue. Le fait d'évoquer des vacances pour Leon également a glissé le plus naturellement du monde sur ses lèvres. Il suffit de voir les gestes un peu las et l'air abattu de ce dernier pour comprendre qu'il en aurait grandement besoin. Mais la réponse est une de celle que Iago aurait pu imaginer et il remue la tête avec un fin sourire en se tournant vers Leon. Celui-ci lui propose de piocher dans son paquet de clopes, s'il le souhaite.

« Ah, on essaie de m'empoisonner, monsieur Bayle ? » fait le champion sur le ton de l'humour avant de piquer une des cigarettes devant lui. « Ça marche, je me laisse tenter. »

Whisky et clope, un combo gagnant. L'ambiance y est d'ailleurs propice. De l'autre main, il pose le verre qu'il tenait encore et de l'autre porte la cigarette à sa bouche, avant de se pencher légèrement vers Leon pour que celui-ci lui allume. Il se recule ensuite et inspire un bon coup, laissant la nicotine s'installer alors que l'agent reprend la parole.

« Et c'est donc la nicotine qui te fait tenir ce genre de rythme ? Tu t'es jamais dit qu'un jour, tu risquais d'en oublier de vivre, pour toi ? »

Un peu direct, peut-être, mais ce n'est pas la première fois que Iago s'interroge sur la vie privée de Leon. C'est l'agent que l'on voit le plus à la Ligue, bien entendu, de par le fait qu'il est très proche d'Arthur et que ce dernier occupe la fonction de Maître de la Ligue, mais quand bien même… en sachant la partie cachée de leur vie, désormais, le champion se demande s'il arrive à ce dernier de se dégager de ses différentes fonctions.

Quelques minutes s'égrainent ainsi, entre whisky et cigarettes, c'est un silence agréable et respectueux, loin de l'agitation fréquente de la Ligue en journée. A ses cotés, il sent Leon se reculer un peu plus et profiter tout autant que lui du calme de l'instant. Puis une question, à nouveau, à son encontre cette fois-ci.

« Oh moi, en comparaison… ça va. J'ai encore un bon nombre de dossiers d'enquêtes sur le feu, là-haut. » Là-haut étant bien entendu son appart, à l'étage. « Mais sinon, tout va bien. Je crois que je dois être l'un de ceux avec le moins de complications ici, finalement. Les responsabilités, la vie de famille, c'est pas pour moi, et je crois que c'est pas plus mal. J'essaie de cumuler champion et flic, et je fais en sorte de donner le moins de matière aux tabloïds avides. Et ça, c'est pas de tout repos, mais à force on s'y fait, hein. »

Bien entendu, il ne dit aucunement cela en comparaison d'Arthur, il sait parfaitement que les moindres incidents de vie sont suffisant pour attirer certaines mouches de la presse.

« Et j'espère bientôt pouvoir mettre la raclée à un challenger, ça serait pas mal. »


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Sam 12 Déc - 21:32
Leon n'avait pas l'habitude de débriefer les choses de cette façon. Le fait que Iago soit complètement étranger à l'organisation mais à la fois plus ou moins au courant de la situation lui donnait un statut tout particulier aux yeux de l'agent. S'il savait très bien quels sujets aborder et quels propos garder pour lui, il restait pour autant assez étonné de l'intérêt que semblait porter le collègue d'Arthur à tout cela. Le brun préférait d'autant plus rester méfiant, n'ignorant pas la position de son vis-à-vis. Tout aimable qu'il avait été jusqu'à présent, le champion pourrait très bien se permettre d'enquêter sur Arthur et révéler des informations. Les médias feraient le reste, si faible que soit le danger pour son rôle de Maître de la Ligue, tout autre rôle serait alors contesté et l'aveugle verrait sa carrière détruite par quelques interventions médiatiques. Il suffisait souvent d'un rien pour en finir avec la réputation d'un être humain.
    « C'est gentil de ta part, on ne peut pas dire qu'Arthur soit du genre à se confier facilement. Je pense cependant qu'il en a conscience, il n'a simplement pas l'habitude de demander de l'aide, à mon grand dam. »
Si seulement le jeune homme pouvait être aussi ouvert que Mike à ce sujet, ce serait tout autre chose, mais malheureusement, Arthur tentait toujours de cacher ses faiblesses et cela était d'autant plus vrai depuis l'accident. Sa cécité lui avait fait perdre une grande crédibilité au sein de l'organisation, surtout au début, et il avait dû aussi se racheter une conduite. Avant jeune fougueux fonçant la tête la première, il s'était transformé, devenant plus réfléchi et son accident n'avait fait qu'augmenter cet état d'esprit. Maintenant qu'il cherchait toujours à se maîtriser, il n'était pas prêt à dévoiler ses pensées et ses problèmes à n'importe qui, même à quelqu'un en qui il avait confiance. C'était ainsi à Leon de deviner ce qui était le mieux pour son ami et à le mettre en avant quand il s'y refusait. Il faudrait le défendre et tous les alliés étaient les bienvenus. Savoir que Iago se mettait d'emblée de leur côté était un soulagement pour lui. Cela faisait une personne en moins à devoir convaincre. Quant à l'idée de forcer Arthur à prendre des congés, même si l'idée reste séduisante, elle était loin d'être simple. L'agent savait pertinemment que même si le Comité lui laissait un peu de repos, cela ne serait pas si facile du côté de Shadow's Path. Dans un sens, cela arrangeait les affaires du brun, mais il ne pouvait pas non plus attendre des exploits de la part de son protégé au vu de l'état de ce dernier. Fatigué, exécrable, il ne serait probablement pas d'une bonne compagnie pour un moment.
    « Oui, il va de toute façon devoir rapidement lui parler de tout cela. Elle sera assez tôt au courant du décès de Kildare et si tout le monde reproche l'attitude de son père, il devra la protéger. »
Puisque cela ne suffisait pas comme ça, Emma était très lucide et comprenait de nombreuses choses. Il lui suffisait d'un coup d’œil sur un journal ou à la télévision pour le voir et elle n'avait pas son pareil pour laisser traîner ses oreilles lorsqu'une « conversation de grands » commençait ou que le nom de son père était prononcé à la radio. Si les parents d'Angèle faisaient bien tout pour l'épargner, il n'était pas facile de lutter contre les médias et consort.
    « Il ne va en tout cas pas pouvoir la recevoir ici pendant un moment. »
Cette solution n'était finalement pas souvent celle qui était utilisée, c'était malheureux, mais il était difficile de faire une place à Emma dans le manoir de la Ligue, comme il était périlleux de la caser dans un agenda bien trop complet. C'était le plus complexe, mais il ne fallait pas se décourager pour autant – ce qu'Arthur avait tendance à faire bien trop facilement – tout finirait bien par s'arranger, peut-être.
    « Ce serait le mieux d'avoir Andrew avec nous, que tout s'arrange. Même si je crains qu'Arthur va devoir vivre avec cette vision de lui de toute façon. La mauvaise presse ne change pas de proie si facilement. »
L'agent s'était relevé, il n'avait pas l'habitude d'enchaîner les cigarettes, mais pour une fois qu'il avait du temps pour lui – du moins qu'il le prenait – s'empoisonner un peu plus semblait être une belle idée. Et chercher à joindre à sa dérive son compagnon de l'instant en était une autre.
    « Je sais que vous ne m'avez pas attendu pour ce genre de choses, monsieur Fitzroy. »
Le jeune homme se saisit d'un des fameux bâtons pour le mettre à sa bouche, s'approchant de lui par la suite, Leon ouvrit son briquet et l'alluma, avant d'observer d'un air assez satisfait l'effet provoqué. Reposant le briquet sur la table à côté du paquet, il tira sur sa cigarette avant d'écouter la remarque de son vis-à-vis.
    « Ah, le café, la nicotine, en quelque sorte oui, je ne sais pas si cela m'aide plus que cela ne tue. »
Un demi-sourire ironique s'était glissé sur ses lèvres, avant de reprendre, se relevant pour prendre une posture plus sérieuse.
    « Je suis le genre de personne qui épouse une cause, un travail, plutôt qu'une personne. Alors ma vie, elle est dans tout cela, l'organisation et la Ligue, je ne cherche pas plus loin. »
Il n'avait pas d'autres raisons de s'épanouir et même de vivre, sa dernière relation amoureuse, la seule pourrait-on dire, avait été un fiasco complet et depuis il n'y avait pas trouvé plus d'intérêt que ça. Pourquoi perdre du temps à se poser des questions lorsque l'on a sa voie toute tracée ? Cela n'avait aucun sens. Il ne se laissa d'ailleurs pas aller à une quelconque tension, préférant de loin se reposer contre le moelleux du canapé qu'arquer son dos sous la pression. Ils n'avaient probablement pas grand chose à se dire tous les deux de toute façon, les politesses étaient souvent de mises et à part cela, Leon n'était jamais très prolixe, surtout quand il s'agissait de s'exposer.
    « Hm, cela doit te prendre pas mal de temps aussi, de gérer tout cela. »
L'agent était très curieux de toutes choses et notamment de la vie de ceux qui entouraient son protégé. L'enquête avait fait son œuvre, même s'il avait choisi de ne pas aller plus loin pour diverses raisons, dont celle de se garder quelques surprises.
    « J'espère qu'ils savent assurer ta protection à ce niveau-là, ce serait bien triste que les forces de l'ordre ne puissent pas t'épauler face à la presse. »
Il aurait bien proposé de le faire de manière non-officielle, mais il essayait déjà de ne pas s'immiscer dans ces voies pour son ami alors le faire pour Iago ne serait pas bien plus discret. À son grand malheur, Leon ne pouvait pas bouger ses pions sur le plateau de la vie publique comme il pouvait le faire dans l'organisation, il fallait savoir garder sa place.
    « Si tu as besoin de te défouler, je pourrais t'accorder un petit match, après tout tu n'as toujours pas relevé le défi. »
Le ton était amusé, l'agent parvenait finalement à se détendre peu à peu dans cette atmosphère simple. Il prit une gorgée, terminant son verre, se resservant aussitôt. Le but n'était pas de finir ivre – il lui en fallait bien plus pour ça – mais il avait besoin de se sentir glisser, pour une fois, pour cette fois seulement s'il le fallait.
    « J'espère qu'ils ne vont pas garder le stade fermé trop longtemps, s'il faut attendre qu'ils comprennent le fonctionnement d'Arthur, nous en avons pour un moment. »
À croire qu'il ne pouvait parler que de son protégé, au moins disait-il vrai depuis le début : il n'avait pas de vie en dehors de celle que Iago lui connaissait. Occupé, surmené, Leon n'avait que ses enfers sournois pour se sortir un peu du travail et on pouvait bien moins parler d'une routine que d'un sacerdoce. Avisant le verre presque terminé de Iago, il releva la bouteille un instant.
    « Si je t'encourage à l'ivresse, tu ne m'en voudras pas plus que pour le tabac, je suppose ? »
C'était comme un petit jeu, un jeu potentiellement dangereux, qu'il avait lancé. Après tout, cela pouvait toujours aider à délier les langues et ils étaient seuls dans la nuit. Sans témoin aux alentours, leur manque de sobriété resterait entre eux.



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Dim 24 Juil - 1:16
Avec les différents remous à la Ligue, cela fait un certain temps, finalement, que Iago n'a pas pu se poser ainsi à discuter avec quelqu'un dans ce salon. Il y a beaucoup de passages en ces lieux, c'est vrai, mais pas tant de discussions réellement tranquilles. Les champions ont tous leur vie, et Iago est l'un des rares à vivre sur place, la plupart ayant des occupations ou des raisons de se déplacer fréquemment.

C'est une réalité qui lui convient, cependant, et même si Chrystal est dans une phase compliquée, il trouve toujours toujours de quoi s'affairer, ou même sortir et rejoindre quelques connaissances, du boulot ou ses amis d'enfance, bien entendu. Il est du genre à aimer se tenir occupé, l'esprit à vif et agité, mais il sait se distraire tout seul et quand il ne bosse pas, quand il n’entraîne pas son équipe ou qu'il n'est pas à faire un tour dans les locaux du Stadium, à discuter avec les personnes qui y travaillent, on peut aussi le retrouver dans la réserve, un bouquin ou un journal à la main, posé sur un coin d'herbe. Tous ici n'ont néanmoins pas l'air de pouvoir jouir des mêmes moments de calme, et il est important de chérir ceux qui se proposent à eux. Comme celui-ci. S'il peut, au passage, en profiter pour en apprendre plus sur Leon, pourquoi se priver ? L'agent a toujours pour lui son attitude très consciencieuse, mais la fatigue autant que l'instant présent semblent propices à la discussion.

Iago hoche tranquillement la tête en entendant l'homme lui parler, encore et toujours, d'Arthur. Il est rare de rencontrer des liens aussi forts qui perdurent dans un cadre professionnel. Leon est complètement attentif à tout ce qui peut concerner l'aveugle et s'inquiète de tout ce qui peut lui arriver. C'est compréhensible, oui, mais c'est également admirable. Il n'est certainement pas demandé à un agent « classique » de s'investir à ce point auprès de la personne pour qui il travaille. Mais le champion se doute bien que ce qui les unit va au-delà de cette simple fonction de Maître de la Ligue. Il a eu le privilège de l'apprendre et voit bien dans la posture de Leon toute l'application et l'investissement de ce dernier auprès d'Arthur. Et désormais, de sa fille, Emma.

« C'est sûr que les gosses, à cet âge, faut pas les sous-estimer, ils entendent tout et comprennent plus qu'on le croit ! » Et ça, il le sait parfaitement au contact de sa nièce, Olivia.

Il est délicat d'aborder le sujet d'Emma, parce que Iago a bien compris que s'il s'agit d'une grande joie pour Arthur, c'est aussi une complexité de plus à gérer, dans une vie déjà assez peu évidente en réalité. Alors il est mal placé pour saisir tout ce que ça engloberait de faire venir l'enfant ici pour qu'elle y vive, même de manière temporaire. Il se dit que la chose pourrait être amusante, et mettrait plus de vie dans les locaux, mais il voit bien à la réaction de Leon que les choses ne se feront pas en un simple claquement de doigt.

« La presse, la presse… ce sont des fouines. Heureusement qu'on ne fait pas trop cas de ce qu'ils racontent systématiquement. A en écouter certains, on serait des monstres psychopathes avec un nombre incalculable de vies cachées ou des maîtresses dans chaque ville (même si dans le cas de Ruven… bref). » Il ponctue cela d'un rire amusé, hoche la tête à l'ironie de ses propres paroles et poursuit : « Bon, j'admets que je ne supporte pas savoir qu'on veut examiner ma vie à la loupe et qu'ils viennent fouiller la vie de mes proches. Mais on m'a fait comprendre que ça allait de paire avec le fait d'être devenu un « personnage public ». Un personnage. Rahlala. »

Une telle tirade mérite bien une bonne bouffée de nicotine, et il ne s'en prive pas suite à l'offre de l'agent. Il s'amuse des remarques de ce dernier et souffle : « Décidément on ne peut rien vous cacher, monsieur Bayle ! » Son esprit s'interroge tout de même pour savoir s'il y a un autre sous-entendu dans la tournure de phrase du brun, mais il n'en dit rien. « Mais comme on dit, il faut bien mourir de quelque chose. »

Cette discussion cynique dévie doucement sur Leon, et ça n'est pas pour déplaire à Iago. Il apprécie le fait d'entendre l'homme parler un peu de lui, c'est assez rare, à bien y regarder. Il le fixe un moment suite à ce qu'il vient d'entendre, ne sachant pas s'il doit trouver cette remarque triste ou admirative, une fois de plus. « Hé ben, c'est tout à ton honneur. Si je n'étais pas un très mauvais exemple, je dirais que l'un n'empêche pas l'autre, en général. Des gens parviennent à concilier des vies remplies et épanouies sur le plan personnel et professionnel. » Il prend une gorgée de whisky, repose son verre, et conclue : « A croire qu'on n'a pas ce talent… ou qu'on a fait des choix. » En vérité, c'est surtout ça.

Un peu par mimétisme, Iago s'affale un peu plus dans le canapé et va jusqu'à étendre ses jambes droit devant lui, laissant ensuite lourdement retomber ses pieds sur le sol. A croire qu'il a passé un peu trop d'heures à éplucher ses dossiers, le dos courbé, dans une position inconfortable.

« Ça prend du temps, c'est sûr, mais j'aime l'idée de pouvoir être utile aussi, à côté. Ne pas être juste un type qui se la coule douce en attendant des challengers. » Bien entendu, le quotidien d'un champion de la Ligue ne se résume pas à cela, mais même, on ne peut pas dire que ce soit l’activité la plus éprouvante au monde. Et pour quelqu'un qui a toujours eu quelque chose à faire pour son travail, 24h/24 pendant plus de 3 ans, le décalage est difficile. « De toute manière, ça faisait parti du deal. Que je continue à bosser au service, sinon je serais pas venu. »

Enfant, il n'avait pas pour ambition d'être champion de la Ligue, comme beaucoup en rêvent. Non, après ses déboires au 47, c'est bien bosser pour les Stups qui est devenu un objectif. Et il y est parvenu.

L'odeur de cigarette qui se répand autour d'eux a quelque chose d'agréable et il se dit intérieurement qu'ils devraient faire ça plus souvent. « Oui, bien entendu, il y a de toute manière pas mal de choses qui sont contrôlées par la Défense, dans le cadre des enquêtes sur lesquelles je peux bosser par exemple. » Il simplifie, puisqu'il y a tout un pan de sa vie auquel la presse ne pourra pas accéder de manière concrète, mais c'est globalement ça.

L'idée d'affronter Leon et sa team Ténèbres le fait sourire et il se tourne vers son interlocuteur avec un fin rictus sur les lèvres. « Ah ça, quand tu veux. C'est le temps qui manque, mais pas l'envie. Je veux voir cette fameuse équipe ! Et je suis certain que si tu gères tes matchs comme tu organises ta vie et celle d'Arthur, tu dois avoir une stratégie implacable en combat. » Dans sa tête, c'est un compliment.

« Je pense que ça va bientôt rouvrir, Dakota m'a indiqué que le Comité ne souhaite pas alimenter les ragots plus que nécessaire. Ils vont demander des comptes à Arthur, questionner Andrew et peut-être les autres assistants soigneurs, mais je pense que ça va être l'histoire de quelques jours. Je m'en inquiète pas. Il y a trop d'attente concernant les défis de la Ligue. »

Et des questions de gros sous, aussi. Comme partout. Mais bon. « Et puis, faudrait pas qu'on commence à rouiller, nous. Y'a pas mal de challengers qui montent et dont on commence à parler un peu partout… je ne demande qu'à les affronter, moi ! »

Oui, la perspective de combats, quels qu'ils soient, a toujours tendance à le booster. Son âme de compétiteur lui donne le goût de la victoire, mais un beau match, déjà, l'enthousiasme à chaque fois. En parlant, Iago a sifflé son whisky bien comme il faut et Leon ne se prive pas pour lui proposer de le remplir à nouveau.

« Je vois que tu veux m’entraîner dans tes vices, Leon ? » La chose l'amuse et il termine son verre en une gorgée avant de le lever vers la bouteille que tient l'agent. « Ça marche, je suis faible. Je me laisse tenter, l'ivresse ne me fait pas peur. » Ni même les excès en général, ce n'est pas une fierté, mais il y est habitué.

Sa curiosité s'éveille face à cette facette de l'homme qu'il ne lui connaissait pas. Il trouve la situation cocasse. « Il y a dix ans, je ne me serais jamais imaginé une telle vie… le destin est joueur. J'étais même pas de ceux qui rêvaient de la Ligue.»

Il fait tourner le liquide ambré devant ses yeux et après un moment de flottement, questionne, d'un ton amusé : « Au fait, je me suis toujours demandé, Arthur il est du genre à tenir l'alcool ? » L'aveugle fait toujours tellement impassible que l'on peut se le demander, et dans les rares occasions où l'alcool était à leur disposition, Iago ne l'a jamais vu boire autrement qu'avec modération.


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Mer 7 Sep - 4:19
Leon avait beau essayer de se détendre, il gardait conscience de sa position. Iago ne semblait pas trouver ce moment désagréable, mais il devait avant tout assurer la position d'Arthur avant de penser à la sienne. Enfin, pour une fois, il avait l'impression de pouvoir retirer ses chaînes et, l'espace d'un instant, s'accorder un peu de temps et penser à lui.
Pourtant, même pendant ce moment-là, il ne cessait pas de parler de ses inquiétudes pour Arthur. Il fallait croire que vivre pour quelqu'un ne le dérangeait pas tant que cela, en fait, ça ne le dérangeait même pas du tout. Il était satisfait tant que sa vie servait à quelque chose. Il devait se racheter, n'avait pas le choix.
    « Emma est bien trop maligne en effet, mais heureusement elle lui fait confiance, cela devrait donc bien se passer, même si elle vivra probablement mal l'absence du Pokémon. »
Elle était très attachante, mais aussi très attachée. Elle n'avait eu aucun mal à se faire à la vie de son père et à adopter ses amis et alliés. Le plus étonnant était sûrement la relation qu'elle entretenait avec le Noctunoir du Maître de la Ligue. Mitzrel jouait un vrai rôle d'assistant maternel pour la petite. Leon vivait sa présence de la même façon que son ami : elle était un rayon de soleil. C'était difficile, mais pas moins plaisant pour autant.
Leon souriait alors que son compagnon de nuit semblait s'agacer de cette situation pour lui. Il ne pouvait pas lui donner tort, lui-même ne supportait pas que l'on s’immisçât dans sa vie privée, mais fort heureusement pour lui, c'était Arthur qui attirait les foudres pour lui. C'était vrai, ils étaient embauchés pour servir en quelque sorte de modèle et on leur reprochait le moindre pas de côté, même s'il ne s'agissait que d'un fait normal. Forcément, en dévoilant leur vie privée, ils faisaient de toute action un événement. Stupides.
    « C'est le revers de la médaille, mais il faut vivre avec en attendant qu'ils passent à autre chose. Au moins ce genre de scandale ne dure jamais bien longtemps. »
Il partageait le point de vue de Iago, mais n'étant pas lui-même directement concerné, il ne pouvait pas dire qu'il comprenait exactement la sensation que cela donnait. Enfin, au moins Iago était peut-être moins difficile d'approche qu'il aurait pu le croire au premier abord, il était facile de l'amener vers la déviance. En même temps, le passé sulfureux de Iago était quelque chose que Leon imaginait sans pouvoir prouver. D'ailleurs, était-ce vraiment du passé ? Il l'apprendrait peut-être ce soir, mais il faudrait être subtil... Ou pas en fait, il n'en avait peut-être pas besoin avec lui.
    « Les deux sont sûrement liés, c'est un sacrifice mais finalement, c'est mieux comme ça. »
S'il regrettait d'avoir pu faire souffrir Elena, il ne regrettait pas son choix d'avoir mis un terme à cette relation qui n'avait plus de sens. À force de discuter aussi ouvertement, il perçut des similitudes entre sa vision et celle de son vis-à-vis.
    « Du deal ? Qu'ils t'ont imposé ou que tu as annoncé ? »
Les deux étaient possibles, Iago n'était peut-être dans une bonne disposition en arrivant à la Ligue, ou il avait bien pu demander de toujours travailler à côté. Après tout, Arthur avait été recruté sans aucune véritable condition, mais cela ne voulait pas dire que cela n'avait pas été le cas pour les autres. Ils avaient tous des profils différents et le Maître avait d'abord été champion et s'était préparé pour l'occasion, mais son nom seul avait appuyé sa candidature, Leon en était persuadé. Pour le cas de Iago, les choses avaient peut-être été différentes, pourtant, s'il était resté à son poste, c'était bien qu'il jouissait d'une certaine reconnaissance dans son travail.
    « Ça te fait une bonne protection déjà, tout le monde n'a pas cette chance. »
Cela devait être la seule chance de Iago dans ce monde où le moindre accident pouvait devenir une affaire d'État bien trop rapidement.
Un fin sourire se dessina sur les lèvres de l'agent alors que Iago lui faisait du pied pour obtenir un match contre lui. Ah, il n'avait vraiment aucune idée de ce qu'il pourrait valoir dans un match arbitré. Pour autant qu'il appréciait la performance de ses Pokémon en mission et ne doutait pas de leurs capacités ni de leur discipline, il n'était pas sûr que cela suffît pour un match amical. En cela, il avait une certaine admiration pour le travail d'Arthur.
    « Je n'en serais pas si certain, mais nous verrons bien. »
Il n'avait pas envie de s'engager plus que ça, faire des promesses, ce n'était pas son truc, et il préférait utiliser son temps de manière plus efficace, même si au fond de lui, il savait que sa curiosité l'amènerait probablement à se rapprocher de son vis-à-vis.
    « Hm, je le souhaite, que l'on puisse passer rapidement à autre chose. Ce n'est pas comme si nous pouvions revenir en arrière. »
L'enthousiasme de Iago faisait en tout cas plaisir à entendre.
    « Et j'ai hâte de voir ça mais, il va falloir qu'Arthur se représente au plus vite et pour ça, il faudra perdre un peu. »
Leon n'était pas dupe, comme Iago probablement, ils savaient bien que les champions de la Ligue, Maître compris, servaient surtout de barrière à l'instar des champions d'arènes. Certes, le niveau n'était pas le même, mais l'effet était quand même bien similaire.
Alors que la discussion continue, Leon semblait vouloir garder l'ambiance instaurée entre eux deux. Elle pouvait glisser à tout moment d'un côté ou de l'autre et malgré son désir insatiable de contrôle, cela lui plaisait pour une fois de se laisser aller.
    « J'ai sûrement plus de vices que tu ne pourrais l'imaginer, je ne voudrais pas profiter de ta faiblesse. »
Il était taquin, cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas été de cette manière. Tant que cela pouvait aider le déliement de langue de son vis-à-vis, tout était bon à prendre. Le liquide distillé fut versé dans le verre tendu et l'agent en profita pour tremper ses lèvres : autant l'accompagner.
La confession du brun à ses côtés s'accordait avec l'ambiance instaurée. Ainsi, ce n'était probablement pas son premier choix d'être ici, il fallait dire que c'était une chance incroyable, mais que tous ne pouvaient pas la considérer d'une même façon.
    « Je ne pensais pas non plus me retrouver ici et encore moins en cette position, il faut croire que le destin nous a à la bonne, ce ne fut pas sans travail probablement pour toi comme pour moi. »
Il étira un instant ses jambes ankylosées. Bon sang, il avait beau essayer de garder une hygiène de vie convenable, il n'échappait pas à toutes sortes de courbatures. Enfin, il manquait peut-être simplement de repos, mais c'était la denrée rare de sa vie, même s'il le voulait, il ne parviendrait probablement pas à dormir de tout son saoul.
    « Arthur ? »
Leon chercha dans sa mémoire, il était tellement mesuré qu'il ne l'avait jamais vu dans un quelconque excès avant l'Accident. Pour ce qui est de l'après, ses angoisses avaient pris le dessus sur sa modération habituelle.
    « Je ne l'ai jamais vu dans un état que l'on pourrait juger lamentable suite à une forte consommation, je pense qu'il n'arriverait pas à se déchaîner complètement avec de l'alcool. Il est tout juste légèrement désinhibé mais je pense qu'il n'irait pas de lui-même dans une sur-consommation. Tu voudrais le piéger ? »
Cela ne lui ferait sûrement pas de mal, pourtant, de perdre pied, d'une façon positive en tout cas. Depuis sa relation avec Cendre, il l'avait senti plus apaisé, mais c'était aussi dû au risque de l'amour et le lâcher prise que cela imposait.
    « En tout cas, sache que de mon côté, je tiens bien, donc tu ne m'auras pas à ce petit jeu. »
C'était un peu du bluff de sa part, il ne tenait pas à tenir une compétition face à Iago, mais cela l'amusait. Finalement, il se rendait compte qu'il ne savait pas où fixer son objectif dans cette conversation qui glissait peu à peu vers l'intime. Il souhaitait découvrir Iago, mais jusqu'où ? Cette nuit pourrait bien donner des résultats plus qu'imprévus, mais cela ne le dérangeait pas, étrangement. Leon avait beau toujours penser au meilleur pour Arthur, il avait probablement besoin aussi de penser un peu à lui.
    « Enfin, je pense que mes excès ne sont sans commune mesure par rapport aux tiens, ai-je tort ? »
Il ne voulait pas le rabaisser, le ton de sa voix indiquait bien qu'il titillait plus qu'autre chose. Leon n'était pas quelqu'un qui pouvait blesser pour le plaisir, il restait mesuré la plupart du temps et s'il s'apercevait qu'il avait franchi une limite, il reviendrait instantanément en arrière et resterait bien sagement dans une zone de confort.



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Dim 12 Fév - 22:34
Iago hoche doucement la tête en entendant Leon lui parler d’Emma et de la manière dont l’enfant vivra l’absence du Ronflex. Il ne voit pas quoi ajouter de plus, il ne lui est jusque-là pas venu à l’esprit que la petite fille ait côtoyé les pokémons de son père. C’est apparemment le cas, et même si sa tristesse ne sera sûrement pas celle d’Arthur, elle aura plus de mal à comprendre. Une énième raison pour songer combien il n’aimerait pas être à la place de l’aveugle. Dans la vie il y a toujours des choses qui nous dépassent, et quand on veut faire en sorte que tout se passe pour le mieux, ça a forcément des répercussions inattendues voire négatives par d’autres aspects. Chaque décision entraîne son lot de conséquences… Iago le sait d’expérience, lui aussi. En respectant la volonté de son Ronflex, Arthur n’a certainement pas songé à tout ce que cela pouvait entraîner.

Iago ne le blâmera pas pour autant. Il aurait sans aucun doute fait le même choix. Et puis, une enfant reste une enfant. Avec un peu de chance elle trouvera un autre centre d’intérêt, et sans effacer pour autant le souvenir du Ronflex, se liera à d’autres pokémons.

Une nouvelle fois, le brun acquiesce silencieusement les propos de Leon. Les médias sont une plaie dans leur travail et leur fonction, le côté « people » de la Ligue l’a toujours agacé… mais il faut faire avec. Faire de son mieux pour ne pas les alimenter, afin qu’ils se lassent et passent à autre chose. Son interlocuteur a parfaitement raison sur ce point. Mais au-delà du Leon professionnel, c’est bien une curiosité plus personnelle qui intrigue Iago. Jusqu’à présent il a rarement (jamais ?) pu voir l’homme aussi relâché. Même si cela doit aussi être du à la fatigue. Et sans la présence d’Arthur, qui a tendance, involontairement sans doute, a attiré toute son attention. L’agent est aux petits soins envers l’homme qu’il aide et qu’il représente, en cela le Fitzroy ne doute pas une seconde qu’il fasse passer l’aveugle avant toute chose. Avant son propre bien-être. Une dévotion à toute épreuve mais qui explique aussi les quelques questions qu’il pose, comme pour profiter de ce moment un peu hors du temps. Hors de leurs habitudes.

« Mieux, j’en sais rien… On ne le saura pas j’imagine. Vu qu’on en a décidé ainsi. » Un observateur extérieur s’amuserait sûrement de voir ces deux-là, discuter de tout et finalement de rien, comme si le fait de s’ouvrir à l’autre passerait par bien des étapes, lentes, et des chemins détournés. Car les informations plus personnelles qui passent à travers leurs lèvres ne font qu’alimenter de nouvelles questions, pointer du doigt de nouvelles inconnues, de nouvelles parts d’ombre.

Iago ne peut que se rendre à l’évidence, mis à part les révélations sur l’organisation pour laquelle œuvrent Arthur et Leon, il ne sait rien de la vie privée de son vis-à-vis. De ce qu’il comprend, il n’y a peut-être rien de bien croustillant à savoir, mais tout de même… deux hommes dans la trentaine comme eux deux ont incontestablement leur part de mystères. Il est bien placé pour le savoir. Il est tout de même conscient de donner quelques pistes, par-ci par-là, et c’est au tour de son interlocuteur de questionner.

« Disons que le timing était bon, pour eux et pour moi. J’allais reprendre de manière concrète mes fonctions au sein du service après une pause de plusieurs mois et un parcours très actif en tant que dresseur, à enchaîner les arènes et tout ce qui va avec. Pour eux, l’opportunité était bonne d’essayer d’avoir un représentant des forces de l’ordre à la Ligue 4, sous réserve que je réussisse les différentes épreuves de sélection, bien sûr. L’idée me plaisait, mais je ne me voyais pas faire que ça de ma vie, à tourner dans un bocal doré, si j’étais pris. Et vu que je l’ai été, je leur ai dit OK à condition de conserver mon boulot et de toujours bosser sur des enquêtes. L’un dans l’autre, ça sert l’image qu’ils souhaitent que j’ai... donc bon. Au final, l’arrangement me va. » Même si par moment, le côté « pantin » ne lui plaît pas forcément, il sait qu’il n’a pas spécialement matière à se plaindre. D’autant que s’il n’avait pas maintenu un pied dans le service, ils auraient sûrement trouvé d’autres moyens de le désarticuler.

Il est d’accord avec la remarque de Leon telle qu’il la formule ensuite. Une protection. C’est sûr, il n’a pas à s’évertuer à dissimuler tout ce qui concerne la Triade. C’est déjà difficile de vivre avec les stigmates de cette infiltration, il n’aurait certainement pas la même vie s’il avait du expliquer et défendre son parcours. Pire, de toute manière, si cela était officialisé, il serait déjà mort.

La Marabunta fourmille d’hommes de mains et nombreux sont ceux qui n’ont pas été arrêtés et qui ont eu à subir les répercussions du coup de filet dont Iago, et plusieurs autres, étaient à l’origine. C’est surtout pour cette raison que tout un pan de sa vie restera définitivement sous clés, dans des archives sous haute sécurité au Ministère de la Défense. C’est compliqué de devoir dépendre de tant de choses pour continuer à vivre normalement et profiter de ses proches. Alors oui, y’a un côté risqué à être désormais dans de telles sphères médiatiques, mais Iago a appris à vivre avec. Et puis, entre Max Gentlis qu’il incarnait, ce blond platine longiligne à l’accent du Sud très prononcé (dont il a parfois, inconsciemment, des relents) et Iago Fitzroy, il y a un énorme fossé. Enfin, ce n’est ni le moment ni l’endroit de se remémorer tout ça… Cette ancienne vie lui revient déjà suffisamment à la figure la nuit dans son lit sans qu’il ait à y songer en dehors des quatre murs de son appartement.

S’il en sourit, Leon reste quelque peu évasif à l’idée d’un match, alors que cette perspective motive bien le champion, mais bon, il serait difficile de l’imposer de toute façon. Il essaiera quand même de lui en reparler si l’occasion se présente. Cela changera des combats contre les challengers dont le positionnement n’est pas toujours évident à encaisser. Avec des degrés de difficulté à gérer selon leurs parcours et leur niveau, et cette assurance de n’être qu’une étape. Une étape complexe, mais une étape tout de même, pour qui voudrait affronter le Maître et la Ligue dans son ensemble. « Ahah, à qui le dis-tu ! De toute façon, je sais bien que des challengers parviendront à déjouer mes plantes et mes pokémons ténèbres. Ça fait partie du jeu. »

Le genre de chose qu’il digère plus ou moins bien selon la beauté du match et ce qu’il est – ou non – parvenu à mettre en place avec son équipe. Comme pour balayer un peu cette pensée, il s’étire une nouvelle fois et plonge ses lèvres dans le verre que l’autre brun vient de lui remplir à nouveau. Cachant par là même sa surprise à la petite phrase de ce dernier. Difficile de ne pas y voir un sous-entendu… à moins qu’il imagine simplement des choses ?

En relevant la tête, il esquisse un sourire amusé et déclare : « Je ne demande qu’à voir ça. »

Après tout, cette soirée s’annonce déjà comme nulle autre. Jamais il n’a eu l’occasion d’échanger autant en tête-à-tête avec Leon, et si l’homme est toujours très pointilleux dans son attitude, à ne rien dévoiler qui le concerne réellement, il découvre tout de même une facette plus relâchée qui l’amuse. Qui lui plaît, d’ailleurs. Ils devraient partager des verres plus souvent.

Cet échange n’a cependant rien d’embarrassant, car il se perd simplement dans le fil de la conversation. Sans s’en rendre compte, Iago aussi s’est clairement détendu, fixant distraitement le liquide ambré dans son verre. Oui, le destin a pris une tournure amusante avec lui. Incongrue et mouvementée, mais ça lui convient. « Comme tu dis. Du travail, oui. Même si au final, je ressens ça surtout comme le fruit de tout un enchaînement, menant d’un tournant à un autre… Si je n’avais pas été con, ado. Si je n’avais pas intégré les flics. Si je n’avais pas rencontré mon Baggaid. Si… » Il laisse sa phrase en suspens, ne préférant pas poursuivre plus. L’autre a certainement compris l’idée générale.

Pour alléger un peu, il a posé à voix haute une question sur Arthur et l’alcool. Il a sincèrement du mal à se le représenter bourré. Tout en s’étirant lui aussi, Leon lui confirme que ça ne lui est jamais arrivé. Ou du moins qu’il ne l’a jamais vu dans un tel état. « Dommage. Je me dis que ça doit être quelque chose à voir, ça aussi. Il donne tellement l’air d’être toujours sous contrôle, malgré tout. » Il prend une gorgée de whisky. « Un peu comme toi, d’ailleurs. »

Il dit cela alors qu’au même moment, Leon déclare la même chose. Pour avoir parlé à la même seconde et avoir confirmé sa pensée, Iago lâche un petit rire. « Ouais voilà, c’est ce que je pensais. Mais ça peut valoir le coup d’essayer ! »

Iago n’est pas homme à tenir parfaitement l’alcool, mais disons qu’il lui faut quand même y aller bien fort pour commencer à perdre possession de ses moyens. Il ne sait pas lequel des deux bluffe le plus, mais il sait qu’il a quand même un bon degré de tolérance avant de se mettre – le plus souvent – à être hyper tactile et à agir comme un idiot qui dit tout haut ce qu’il pense ou fait ce qu’il veut au moment où l’envie lui vient. C’est pour cette raison, entre autres, que ça fait bien longtemps qu’il ne s’est pas mis minable.

Il secoue la tête en y songeant et se tourne vers son vis-à-vis dont la question a le mérite d’être sacrément directe. « Hé bien mon cher Leon, comme vous y allez ! » Il pose son verre sur la table basse et se positionne de manière mieux observer l’autre brun.

« Je ne sais pas quelle image tu te fais de moi, ni ce qui te met une telle idée en tête... » Peut-être plein de choses, la réputation qu’on lui donne avec son histoire de cure de désintox – la première sans doute, quand il était ado – qui était remontée à la surface via les médias, le piercing à l’arcade, les tatouages aussi – il n’a pas ses mitaines et le SICKSOUL sur ses phalanges, une lettre par doigt ne peut qu’attirer l’œil, de même que l’oiseau noir, sur la nuque -, et d’autres rumeurs qui tournaient sur lui ? Il fixe un moment ses doigts. « Je ne sais pas quels excès tu imagines, mais tu n’as certainement pas tort. Le temps m’assagit, mais je ne regrette pas forcément d’avoir été du genre à tout vouloir expérimenter par moi-même. » Pas forcément. Pas tout, en tout cas. « Ça ne m’a pas mené sur les meilleures routes, mais ça me définit, maintenant. Par bien des aspects. C’est pas une fierté, ni une honte. » Drogue, sexe, adrénaline et alcool. Ce n’est certainement pas quelque chose qu’il va sortir de but en blanc à Leon, mais si l’homme sous-entend ce qu’il semble sous-entendre, il n’a pas tort, non.

« Mais ne viens pas me jouer le coup de la gueule d’ange, j’aurais du mal à le croire... » Il le fixe un moment de haut en bas et ajoute : « Sous tes costumes à quatre épingles, tu dois bien avoir toi aussi des séquelles de l’adolescence, voire même un tatouage ? T’as une gueule à avoir un tatouage et à avoir fait des conneries d’ado… comme tout le monde. »


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Mar 21 Fév - 15:27
Leon haussa les épaules. Il était vrai qu'il ne savait pas ce que cela aurait donné s'il avait fait des choix différents, s'il avait préféré sa compagne à son rôle au sein de Shadow's Path, aurait-il ressenti plus de bonheur ? Se serait-il senti complet ? Dans un sens, même si ce besoin de travail intense avait mis fin à sa relation, c'était sûrement aussi son caractère qui l'avait provoquée. Enfin, Iago avait raison, on ne pouvait pas deviner une situation alternative, mais autant imaginer que c'était la meilleure idée, pour ne pas avoir de regrets.
La situation de son vis-à-vis, du moins d'une manière privée, n'était pas plus glorieuse que la sienne visiblement et c'était une chose qui le mettait un peu à l'aise. Il était toujours plus compliqué pour lui d'en parler avec quelqu'un comme Arthur qui, à l'inverse, avait finalement passé peu de temps seul.
Et puisqu'ils en étaient à se confier l'un et l'autre un peu plus, Leon ne se retenait pas de lui poser plus de questions. Après tout, il ne doutait pas de la possibilité pour Iago de lui dire qu'il ne souhaitait pas répondre à telle ou telle question, tout simplement. Le champion développa sa réponse sans problème, expliquant pourquoi un tel arrangement avait été conclus entre les forces de Police et le Comité de la Ligue. Avec l'explication, tout cela paraissait très légitime finalement. Leon trouvait que Iago avait bien réussi à sortir son épingle du jeu. L'agent eut un sourire.
Mine de rien, il avait une vie très carrée, sachant très bien où il allait, où il mettait les pieds et sûrement comment faire en sorte de rester tranquille malgré sa popularité et l'arrivée de son image dans la vie publique. C'était une façon de faire complètement différente de celle de Leon, mais elle fonctionnait pour donner le même genre de résultat.
    « C'est une bonne chose si tu y trouves ton compte. »
Il était difficile pour une personne extérieur d'imaginer qu'un champion de la Ligue pourrait ne pas apprécier sa condition. Et pourtant, il y avait de quoi reprocher certaines choses au Comité, sur la façon dont ils avaient de s'occuper de leurs employés mais aussi sur cette mise en avant constante qui était faite de leur personne alors qu'ils ne restaient que des dresseurs ou coordinateurs étant arrivés au bout de leur carrière.
Et pour Leon qui était bien au courant des avantages comme des inconvénients de la fonction, il était évident qu'il ne prendrait la place de Iago ou Arthur pour rien au monde. Il leur laissait bien tout ça sans problème. Travailler dans l'ombre lui suffisait à ce niveau-là, et pour être dans la lumière, il lui restait ironiquement Shadow's Path, là où il était connu et reconnu, tout en restant ce personnage caché avec un pseudonyme et un passé inconnu de tous.

Alors que Iago revient sur ce qui l'a amené à son poste, oui, le présent est un enchaînement d'actions, plus ou moins calculées, plus ou moins réussies qui les ont amené tous les deux à se retrouver à boire des coups au milieu de la nuit. Et s'il garde en tête que cela n'est pas arrivé par hasard, il ne peut que constater qu'il y a eu aussi des erreurs de son côté, dont celle qui avait été fatale pour Angèle. Il s'enferma un instant, libéré cependant par la suite de la conversation plus légère. Il était bon de pouvoir discuter de toutes choses, sans s'inquiéter de la suite. D'ailleurs, si Arthur savait de quoi ils parlaient à ce moment-là, Leon aurait eu à s'inquiéter des conséquences. Mais pour le moment, il avait le sourire, laissant courir son imagination. Arthur, même plus jeune, restait toujours maître de lui-même. Cela s'était expliqué par la suite, quand son équipe avait appris sa véritable identité. Il avait dû rester caché pendant tant d'années que cela avait dû devenir un réflexe, voire une nouvelle peau. Alors se laisser avoir à divulguer certaines choses sous l'emprise d'alcool, non, cela ne lui ressemblait pas du tout.
    « C'est sûrement par obligation, je pense qu'il s'en fait une façade. Même moi je ne sais finalement que peu de choses sur lui, ses états d'âmes, ses pensées... »
Et le timbre de sa voix trahissait le regret qu'il ressentait par rapport à cela. Pour autant, il ne voyait pas comment cette relation pourrait évoluer, puisqu'elle était basée sur le secret.
    « Je suis probablement un peu comme lui, il faut garder le contrôle pour ne pas avoir de problèmes par la suite. Je sais que l'on peut paraître un peu froid en réagissant ainsi, mais c'est le meilleur moyen que l'on ait trouvé pour garantir notre sécurité. »
Il l'avait expliqué avec le sérieux qui lui était connu et pourtant, cela ne l'empêcha pas de taquiner son interlocuteur tout de suite après, avant de tirer sur sa cigarette.
Il n'arrivait pas à savoir si Iago était gêné par sa déclaration ou si au contraire il rentrait doucement mais sûrement dans son jeu. Leon savait, au fond de lui, que Iago cachait bien des secrets, mais ce serait peut-être ce soir le bon moment pour le découvrir. Malheureusement, ce n'était pas l'agent qui avait repris la main à ce moment-là, mais le champion, posant à Leon les fameuses questions sur son passé.

Il y eut alors le premier vrai silence de la soirée. Le brun ne parlait pas vraiment de lui, de sa vie, de ses envies, de ses attentes. Il préférait avoir une vie ordonnée où il suivait ce qu'il devait faire pour les minutes, les heures, les jours suivants. Il préférait avoir des missions auxquelles se consacrer sans se poser plus de questions sur les influences que ces choix pourraient avoir pour sa propre vie. Alors son enfance, son adolescence, il préférait ne même pas y penser. Après tout, il avait tout abandonné depuis un long moment pour rejoindre Shadow's Path, il avait rapidement eu envie de faire quelque chose de sa vie qui ne fut pas guidé par son héritage familial. Ce qui était assez drôle à dire dans sa situation.
    « Je ne parle pas du passé car pour moi il n'existe pas, donc je n'aurais pas grand chose à te raconter à ce niveau-là. J'ai fait des erreurs, comme tout le monde, mais j'ai toujours eu ce sentiment que justice devait être faite, d'une manière ou d'une autre. Alors dans tout ça, j'ai dû me frayer un chemin et je ne suis pas fier de certaines de mes décisions, mais je ne peux que te décevoir sur tout ça. Toutes mes erreurs, je les garde en tête pas sur ma peau. »
Il finit son verre à la fin de sa phrase, comme s'il avait besoin de se purger après en avoir selon lui trop dit. Il savait que ce genre de discours ne pouvait qu'alimenter les suspicions, mais ce soir-là, il n'avait pas envie de mentir. Seulement il ne se voyait pas lui raconter sa vie en détails, lui expliquer exactement ce qui avait fait qu'il avait, à la suite de ses études, rejoint une organisation qu'il avait découvert suite à de longues recherches, alors que celle-ci ne portait pas encore son nom actuel.
    « Enfin, je considère que tout cela a fait que je me suis rapidement concentré sur ce que je devais faire et moins sur ce que je devais être. Je ne suis pas déçu du chemin que j'ai parcouru depuis tout ce temps quand je vois où j'en suis à présent. »
Il s'étira un instant, l'alcool le réchauffait momentanément. Il resservit machinalement les verres.
    « Et les excès ne correspondent pas à ce genre de vie. Je ne peux que me permettre de lâcher un peu du lest de temps en temps, mais c'est bien tout. Et comme cela fait longtemps que je pense de cette manière, je n'ai même pas de quoi te faire rire, mais promis, le jour où je décide de me faire tatouer un Couaneton sur le mollet, tu seras le premier à le voir. »
Il lui fit un clin d’œil avant de porter le verre à se bouche, laissant apparaître une petite grimace sur son visage au contact du liquide.
    « Lui aussi commence à avoir chaud, je vais chercher de la glace. »
Il s'amusait de ces petites phrases, un sourire en coin affiché alors qu'il se levait pour se diriger vers la cuisine.
    « Et toi alors, ça vient d'où tes décorations ? »
Il ne lui avait jamais posé la question auparavant, déjà parce qu'il ne se sentait pas assez proche de lui pour l'apostropher sur ce genre de choses, mais aussi parce que l'occasion ne s'était jamais présentée. Et maintenant qu'ils étaient lancés sur le sujet, autant le mener jusqu'au bout. Il revint quelques instants plus tard avec un bac à glaçons qu'il posa sur la table basse, attrapant un glaçon pour le proposer à Iago. Il remarqua alors qu'il avait rétréci la distance qui les séparait au préalable de quelques centimètres et se releva donc immédiatement pour s'asseoir à sa place précédente, dans la plus grande discrétion qui lui était connue, même si Iago ne serait probablement pas si dupe.



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Sam 15 Juil - 20:04
« Pour le moment, ça me va. Si un jour ça me lasse, je le ferais savoir. » Il dit cela de manière un peu morne. Il a vu partir plusieurs champions et il est vrai que la perspective de partir lui-même a déjà pu lui effleurer l’esprit… mais finalement, non. Il aime ce statut, il aime avoir la double-casquette de membre de la Ligue et d’enquêteur pour la Police de Doublonville. Au fond de lui, également, il aime l’adrénaline qui va avec tout ça. L’idée qu’au lieu de se tapir dans l’ombre, à endosser le rôle d’un agent quelconque, et de ne pas faire de vague pour ne pas être reconnu par la Marabunta, il a opté pour une stratégie bien différente. Se mettre en lumière. C’est risqué, par bien des aspects, mais c’est un pied de nez à l’évidence, et il en ressent une motivation forte. Être champion est déjà une très belle chance, et il a pour fonctions des activités qui le stimulent et lui plaisent. Il ne s’en plaint pas. Si un jour cela vient à changer, il verra bien.

Lorsqu’ils évoquent Arthur et l’alcool, Iago tend l’oreille avec attention. Il se doute que de toutes les personnes présentes à la Ligue, c’est bien Leon qui le connaît le mieux, et qui peut – en partie – expliquer l’homme qu’est l’aveugle à présent. Cette seule facette que les autres champions sont amenés à connaître, avec les quelques éléments qui leur ont été dévoilés officiellement (ou officieusement, dans le cas du Fitzroy). En entendant l’agent, Iago réalise qu’il a lui-même oublié la classe sociale d’origine d’Arthur, qui reste un « fils de », après tout. Même si, avec le mystère qui l’entoure, il se doit de rester maître de lui en toute circonstance, le milieu quelque peu huppé dans lequel il a grandi doit aussi participer expliquer cette discipline personnelle. Il hoche doucement la tête en acquiesçant. Quoiqu’il en soit, l’aveugle reste quelqu’un de toujours très secret. Sauf quand il décide finalement, du jour au lendemain, de dévoiler certaines choses… une attitude très… codifiée, d’une certaine manière. Il ne laisse filtrer que ce qu’il souhaite, à l’instant où il le souhaite, comme il le souhaite. Iago respecte cette façon de faire, celle que semble partager Leon, tel que ce dernier le souligne.

« Je te rassure, ce n’est pas moi qui vais critiquer ça ou vous trouver froids… N’oublies pas que je suis flic avant tout, et je sais pertinemment ce qu’une simple parole en l’air, même dévoilée à quelqu’un de confiance, peut parfois entraîner comme circonstances dramatiques. Je n’en deviendrais pas parano pour autant, mais je sais bien qu’avec une situation comme la vôtre, à Arthur et toi, vous ne pouvez pas prendre de risques inconsidérés. » Faire trop facilement confiance, vouloir se libérer d’un poids en le partageant, sentir le besoin parfois trop rapide de demander conseils sans être certain de bien connaître la personne à qui on s’adresse… ça peut être tentant, mais c’est toujours prendre un risque. Donner des informations sur soi à quelqu’un, c’est en faire le réceptacle de ce qu’on est. Souvent, c’est anodin et cela entraîne un partage respectif qui peut faire du bien. Mais selon la teneur des informations, il est vrai que ça peut aussi se retourner contre soi, ou contre le confident. Malheureusement.

Iago n’a aucune idée de si ses questions gênent Leon. D’une certaine façon, il se dit qu’ils sont tous les deux à mêmes de le dire, si quelque chose les dérange. Alors il respecte le léger silence qui s’installe et tire sur la cigarette, tout en soufflant doucement la fumée. Ce ne sont pas un ou deux verres de whisky qui vont les mettre à terre, et Iago apprécie cette sensation relaxante qui va avec l’alcool. Rien qui ne lui fait perdre pied, mais suffisant pour évacuer les soucis.

Dès que Leon reprend la parole, le champion se doute qu’il y a quelque chose d’ancré en son interlocuteur qui explique ce qu’il est. Ce passé qui « n’existe pas », dit-il. Il ne sait pas ce que cela veut dire, mais il comprend sans mal que ce passé est bien là, mais il ne sera pas dévoilé. Sans doute est-il paradoxalement bien plus présent que l’agent veut le signifier. Iago ne relève pas pour autant. Il respecte. « Je vois… comme tu dis, des erreurs, on en fait tous. Mais si c’était un goût de justice qui t’anime, ou t’animait, pourquoi ne pas avoir opté pour une voie « légale » ? » Cela peut faire rabat-joie, mais Iago n’est pas là pour convaincre. Juste comprendre. Il lève les yeux vers le front de son interlocuteur et ses cheveux bruns que le poivre de l’âge a évité jusqu’à présent et ponctue : « Cette tête doit être bien remplie, alors. Mais je n’en doute pas ! »

C’est fou cette capacité a en dire un peu, à presque donner le sentiment de se livrer, sans réellement le faire. Iago est presque convaincu que demain, une fois cette soirée passée, il n’aura pas radicalement la sensation d’en savoir plus. Simplement de s’être rapproché… les choses ne vont pas forcément de pair, me direz-vous. C’est déjà une étape. Il écoute son interlocuteur en silence, soufflant à nouveau la nicotine sur le côté. « Dommage. » Dommage, oui. C’est ce qu’il ressent, Iago. Il a le sentiment que plus encore que lui-même, Leon s’est retrouvé à grandir très vite, et a rapidement endossé un rôle de « pilier ». Le type qui ne peut pas faillir. Le type qui peut difficilement se lâcher ou faire des conneries, de temps en temps. Le type trop sérieux sur lequel tout le monde repose. Un genre de vie compliquée.

« Si un tatouage vient marquer cette peau, je veux être aux premières loges ! » Il fait un signe de l’index de haut en bas, avec un sourire narquois. De par les gens qu’il en est venu à côtoyer, Iago oublie bien souvent que l’on peut avoir 30 ans passé sans avoir écorché sa peau d’une quelconque manière, ni piercings, ni tatouages.

Il a le sentiment de se laisser tranquillement porté sur un jeu qu’il n’est pas le seul à alimenter. Il n’est pas dupe. Certainement pas un enfant de chœur. Il ne sait cependant pas s’il imagine plus que la vérité, alors il y va par petites touches, au même titre que son vis-à-vis, qui va tranquillement chercher des glaçons. Iago en profite pour prendre une longue taffe et laisse reposer la cigarette sur le rebord du cendrier, suivant Leon des yeux. Il tend machinalement son verre lorsque l’autre homme lui propose un glaçon, et ne réalisa pas immédiatement le peu d’écart entre eux. C’est simplement lorsque l’autre brun s’éloigne poliment qu’il le remarque.

Le fin sourire ne quitte pas son visage. « Ah… pas vraiment de mystère là-dedans. Ado je n’ai pas eu les meilleures fréquentations du monde et je trouvais ça classe. Le côté badass. Genre ça affirme quelque chose. Tatouages, piercings… j’étais influençable à l’époque. Les premiers c’était du tribal. » Machinalement, il pointe son épaule, sachant pourtant que l’autre ne les verra pas sous le t-shirt noir qu’il porte. « J’te raconte pas la gueule des parents quand je me suis ramené avec un tatouage à l’épaule. Le truc fait plutôt à l’arrache, passage obligé pour être dans le groupe. » Ni le plus beau ni le plus porteur de sens, mais son premier tatouage. « Y’a quelques trucs plus symboliques aussi. » Bien sûr, savoir qu’il a derrière l’oreille la date d’un pote décédé d’overdose, il n’est pas sûr que ça intéressera Leon. Pas plus que le fait que la plupart des tatouages tribaux ont été recouverts au sortir de la mission du Marabunta, pour éviter tout signe de reconnaissance. Il se contente d’un : « J’ai un oiseau noir dans le dos. J’suis incapable de dresser des pokémons Vol, peut-être que j’aime trop la liberté qu’ils représentent. »

Il marque un temps puis lève son verre devant lui, tout en s’enfonçant un peu plus dans le canapé. « Cliché, hein ? » Tout autant que le « SICKSOUL » sur ses phalanges, qu’il a oublié d’aborder. Quand il n’a pas ses mitaines, ce qui est plutôt rare, les gens ne questionnent plus vraiment, en général. « Mais bon, j’me verrais pas autrement. Apparemment, si j’en crois les fans, ça fait brun ténébreux. » Il se tourne vers Leon et ponctue : « Enfin tu m'diras, même sans ça, c'est le genre de qualificatif qui doit t'aller tout autant, 'beau brun ténébreux'.» Et de se demander si l'agent a lui aussi son propre groupe de fangirls. A la différence des autres agents des champions, et en raison du handicape d'Arthur, Leon est après tout le plus "médiatisé" des agents.


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Mar 15 Aoû - 2:47
Le brun eut un sourire à la déclaration de son compère. Pas doute, il imaginait très bien Iago quitter la Ligue de la façon la plus noble possible s'il en ressentait un jour le besoin. Il n'y aurait pas de scandale, pas un mot plus haut que l'autre dans cette affaire, juste un départ. Raisons personnelles, professionnelles, les deux, il saurait le justifier sans problème et la vie reprendrait son cours.
Leon percevait Iago comme quelqu'un de très responsable. Certes, sa seule apparence ne le montrait pas toujours, mais cela ne voulait pas vraiment dire quelque chose. Tout était dans l'attitude, dans la façon de s'exprimer, dans la réflexion qu'il y avait derrière. Sans pour autant l'impressionner, Iago avait gagné son respect depuis un moment déjà.
    « Ni de risques tout court en fait. C'est parfois cela le problème. J'ai peur que l'on oublie parfois d'être simplement humains et de dire les choses comme elles le sont. C'est sûrement ce qui a poussé Arthur à agir, il engrange jusqu'à ce que la situation devienne insurmontable. Ce n'est pas pour autant qu'il va moins bien le contrôler, mais je sais que ça le travaille. Et... à force je dois avouer que cela me travaille aussi. »
Oui, ils avaient choisi de vivre ainsi, de faire une croix sur pas mal de choses simples de la vie, mais cela ne voulait pas dire que tout ceci était sans regrets, ni qu'ils se sentaient toujours bien avec cette idée en tête. Leon avait l'impression de vivre avec une épée de Damoclès, pas au-dessus de sa tête, mais au-dessus de celle de son protégé et contre ça, il n'était pas suffisamment armé pour pouvoir correctement lutter.
    « J'apprécie en tout cas ta compréhension et je pense que c'est ce que Arthur a vu en toi – si tu me permets l'expression. »
Leon ne put s'empêcher de sourire. À force de faire ce genre de blagues sur sa cécité, l'aveugle avait fini par totalement le contaminer, si bien que cet accident dramatique passait parfois comme un sujet de plaisanteries douteuses. C'était aussi dans ce détachement qu'Arthur puisait sa force, à n'en pas douter.

Arthur et Leon avaient acquis le même respect pour Iago. Sans se sentir particulièrement proches de lui, il y avait un sentiment de confiance en lui, en ce qu'il représentait. Pour Leon, c'était sûrement ce qui l'amenait à se confier, doucement, prudemment, à lui.
Évidemment, en parlant de ses choix, Leon était quasiment certain que la question de la voie de la légalité lui serait posée, venant d'un représentant de la Loi, cela n'avait absolument rien d'étonnant, ainsi se permit-il un petit sourire narquois, avant de lui répondre franchement.
    « Cela fait partie des erreurs, pas celles que j'ai pu commettre, mais qui sont apparus dans la justice. Il y a eu sûrement comme une part de dédain à un moment donné qui s'est transformé en volonté de faire bien les choses, de les faire mieux. Puis je suis tombé dans une sorte d'engrenage et me voilà. Pour quelqu'un qui voulait agir dans l'ombre, se retrouver agent d'Arthur, ça fait peut-être déplacé, mais ça fait aussi partie de notre plan. »
Leon ne perdait pas son sérieux, évoquer ce genre d'histoires ne lui faisait pas vraiment remonter de bons souvenirs et d'ailleurs... En temps normal, tout ceci restait enfoui quelque part dans son esprit, derrière une lourde porte cadenassée qu'il refusait d'ouvrir. Ce soir-là, une partie de lui avait la volonté de l'entrouvrir un peu pour Iago, comme pour lui faire comprendre qu'à certains aspects, ils avaient des chemins en commun, même s'ils n'avaient pas atteint finalement le même but. Pour le reste, son interlocuteur pouvait maintenant se faire une idée plus précise de qui il était réellement, du moins, c'était ce que Leon imaginait. Il ne se présenterait jamais comme quelqu'un de parfait, ni même quelqu'un de bien. Il ne cherchait pas l'excellence pour lui-même, il n'était pour lui qu'un simple véhicule pour ses idéaux, qu'un simple rouage pour un grand mécanisme. Ainsi haussa-t-il négligemment les épaules lorsque Iago laissa échapper un « Dommage. ». Après tout, il était satisfait de sa condition actuelle. Leon bénéficiait d'énormément de libertés, bien plus que beaucoup d'êtres vivant sur cette Terre pouvaient s'en targuer, alors à aucun moment il ne se sentait légitime de se plaindre de quoique ce fut.
    « Promis, je t'enverrai une invit'. »
Il appréciait aussi que le brun à ses côtés eût assez de répartie et de sens commun pour répondre à ses blagues quand il le fallait, pour rester sérieux quand il le fallait, pour respecter sa distance quand il le fallait.
Leon se surprit d'ailleurs à vouloir en prendre, des distances, quand il s'aperçut qu'il était bien plus proche physiquement de son interlocuteur qu'il ne l'aurait souhaité. Et ce fut seulement en se déplaçant qu'il remarqua que cela ne le dérangeait pas tant que ça d'avoir été si proche. Cela l'empêcha un instant de donner toute son attention au discours de Iago, mais il en rattrapa vite le sens. Il se découvrit alors un intérêt tout particulier pour l'histoire du jeune homme à ses côtés. Pour lui qui n'avait jamais ne serait-ce que pensé franchir ce genre de cap, l'intérêt était sûrement plus grand. Ce n'était pas un simple récit de mauvaises décisions, Leon le comprenait bien. C'était avant tout marquer sa peau, avec des idées bien personnelles et variées derrière la tête.
Alors qu'il buvait littéralement les paroles de Iago tout comme il descendait son whisky – sans raison particulière, mais il avait surtout eu envie de sentir le glaçon rafraîchir le breuvage et ses lèvres –, Leon mit un moment à comprendre de quoi son vis-à-vis parlait. Et en fait il parlait de lui. Leon piqua un fard comme il ne lui était pas connu avant de tenter de se reprendre, s'imaginant même un instant que les rougeurs pourraient être analysées comme provenant d'une consommation un peu trop rapide d'alcool et non pas comme de la gêne.
    « Je ne crois pas, en fait, en dehors d'Elena je ne me suis jamais intéressé à la question. Tu sais, je suis une machine moi. »
Il doutait tout de même que les machines pussent être un jour muées de ce genre de sentiments, mais il voulait bien y croire dans le même temps.
Par contre, une chose était sûre, il n'était certainement pas habitué à ce genre de qualificatif. Certes, il aurait été le premier à le sortir pour parler de Iago, de manière caricaturale en tout cas, dans un premier temps, mais il ne s'attendait certainement pas à ce que cela fut utilisé dans sa direction.
    « Je n'ai pas l'habitude de faire attention aux remarques extérieures. Être jugé juste par son physique, c'est assez déroutant. Quand je vois le courrier que l'on reçoit à la Ligue qui parle en premier lieu de ce simple élément, cela me fait toujours bizarre. Bien sûr, on fait attention à nous, mais nous ne sommes jamais qu'un visage, qu'un corps, n'est-ce pas ? »
Il avait réellement posé la question, comme un enfant ayant besoin de se rassurer en récitant ses tables de multiplication. S'en rendant compte, il ne fut pas plus à l'aise et se servit un nouveau verre, avant de s'allumer une nouvelle cigarette, la précédente à peine éteinte. Ce qui se passait, il n'en avait aucune idée. Il l'avait cherché, aussi, en quelque sorte, se disait-il, mais pourquoi cela le touchait autant, le mystère restait pour lui entier.
    « Et alors, des fans, tu en as beaucoup ? »
Cette question était affreuse, insipide, ridicule. Il s'en rendait compte en la posant, mais, plus que la cigarette qu'il consommait – et le lui rendait bien en retour – elle lui brûlait les lèvres, sans que, une fois encore, il ne fut dans la capacité d'en déterminer la cause.



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