Le deal à ne pas rater :
Nike FR : 25 % sur tous les articles
Voir le deal

 
» [-16] » Anthem of the Angels

Gaeriel Miya

Gaeriel Miya
Ranger Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 18/08/2013
Messages : 2598

Région : Kantô - Johto - Alola
Mar 20 Jan - 18:40
4 janvier, forêt de Céladopole
Cela fait bien des mois que ce cahier prend la poussière, l'envie d'écrire ayant disparue, remplacée par la frénésie des entraînements et des matchs d'arêne. Mais maintenant...

Il est temps que je prenne une pause. Une longue trève. Je me demande encore comment je fais pour rester aussi calme... Non, je le sais très bien. C'est cette foutue cigarette que je machouille encore qui me permet de considérer ce que je viens d'apprendre d'un oeil neutre. Pourtant, je ne sais pas ce qui convient de faire désormais. Que dois-je faire ? Retourner à l'appartement, le dire à Ryuk, espérer que cela passe et vivre les mois prochains dans une bulle protectrice, ne pouvant que attendre et espérer que ce... choix ne détruise ma vie ? Si je le pouvais, je crierais ma rage pendant des heures, espérant que cette journée ne soit qu'un mauvais rêve, que je me réveille enfin et constate avec soulagement que tout cela n'est que absurdités. Et pourtant...

La journée n'avait pas si mal commencer que cela, au contraire. N'ayant rien à faire de la matinée, j'avais profitée d'une longue grasse matinée, me levant péniblement à midi, attirée par l'odeur d'un repas concocté par Ryuk. Comme toujours, j'avais mangée comme deux avant de prendre une longue douche, savourant la caresse de l'eau chaude tout en me perdant dans mes pensées. Evidemment, si j'avais sue... Moi qui croyait avoir enfin gagné quelques kilos mérités n'aurait pas eu les mêmes pensées.
Enfin, il fallut que je sorte pour me rappeler de ce rendez-vous. Cela faisait déjà plus d'un mois que je me disais sans cesse ( avant de l'oublier ) qu'il fallait que j'aille voir un médecin pour ce virus. Le jour était donc enfin arrivé... Et je quittais l'appartement, confiante.

~~~
Flash-back

« Une... Echographie ? C'est plus grave que prévu ? »

La Ranger était assise au bureau de son nouveau médecin, dans les riches batiments de la clinique qui l'avait opérée. Il venait de l'ausculter, écoutant la jeune femme avec patience tout en prenant quelques notes de temps en temps. Gae n'aimait pas vraiment l'air sûr qu'il arborait. Le généraliste semblait avoir une idée mais n'avait rien dit de précis, expliquant simplement à la droguée qu'il fallait qu'elle passe une échographie pour qu'il ait une idée plus précise de la chose. Elle le fixa, attendant qu'il réponde. Le quinquagénaire se contenta de passer une main dans sa nuque, reprenant la parole.

« Sans cet examen je ne peux rien affirmer... Suivez-moi, c'est à côté. »

La jeune femme haussa un sourcil, surprise qu'il puisse lui faire passer un tel examen dans son cabinet. Décidément, cette clinique n'exagérait pas quand à sa réputation. La dresseuse se leva donc et le suivit. Elle dut s'allonger sur une table, attendant qu'il prépare ses outils. Finalement l'examen débuta et elle patienta, observant les lumières d'un air pensif. La jeune femme connaissait très bien cet examen pour l'avoir déja fait à de nombreuses reprises pour son coeur, plus jeune. Mais cette fois, elle n'était dénudée qu'au niveau du ventre... Et ce constat était en soi assez effrayant tout en la rassurant. Déjà, cela ne devait donc pas avoir de rapports avec son nouveau coeur, examiner à de nombreuses reprises sans qu'il n'y ait eu de soucis particuliers. Mais d'un autre côté... Une autre idée - plus impressionnante encore - germer enfin dans son esprit. Non. C'était juste impossible. Ses yeux se troublèrent un bref instant avant qu'elle ne reprenne contenance. Ce n'était qu'un examen de routine, voilà tout... Jamais elle n'aurait pu laisser une telle chose se produire. Les yeux clos, elle finit par se répéter cette phrase, désormais stressée par les mots qu pouvaient prononcés le médecin. Elle sentit alors le papier essuyer le gel laisser sur sa peau et finit par rouvrir les yeux, se redressant sur ses coudes, ses yeux suppliants posés sur le visage du médecin. Celui-ci était en train de consulter l'écran du moniteur. Mais lorsqu'il se tourna vers elle, la Ranger comprit.

« Félicitation mademoiselle, vous êtes enceinte. »

~~~

Déni de grossesse, voilà comment il a appelé ça. Apparemment, j'aurais très bien pu rester dans cet état jusqu'au bout... Et m'en rendre compte au dernier moment, lorsque - peut-être - il aurait été trop tard. Mais le savoir ne me rend pas plus heureuse qu'avant... Je ne vois aucun échappatoire possible... Cette vie m'aura causée bien des misères décidément. Mais... Est-il possible que je puisse le garder ? Que Ryuk l'accepte dans sa vie, qu'elle continue, accompagnée par les rires et les pleurs de cet être grandissant en mon sein ? Si déroutant... Cette nouvelle m'a prise de court et maintenant... Les regrets prennent place. Ce médecin n'est pas au courant pour la drogue. Est-elle dangereuse pour cette jeune vie ? Stupique question... Vu les ravages qu'elle peut me faire, la réponse est évidente.

C'est stupide, mais maintenant... Je n'ose plus rentrer. M'isoler ainsi n'est peut-être pas une bonne idée, mais je ne me sens pas le courage de faire face à quiconque... Même mes compagnons sont encore dans leurs pokéballs, hormis Rid', mais lui... Je ne sais même pas où il se trouve. Apparemment, la nouvelle l'a sonnée, il ne s'y attendait pas, lui non plus...
C'est ironique, mais je ne me suis jamais sentie aussi seule qu'à ce moment précis. ~

La couverture du journal fut rabattue en un bruit sourd, accompagné par un soupir clairement audible. Et maintenant ? Le regard neutre, la jeune femme rangea le cahier dans son sac posé à côté d'elle, restant allongée sur le ventre d'un air pensif, une cigarette encore ancrée à ses lèvres. Une légère brise souleva quelques unes de ses mèches azurées, emportant avec elle la fumée qu'elle soufflait doucement sans vraiment s'en rendre compte. Mais elle finit par prendre le tube entre ses doigts fins, se redressant doucement, observant la forêt d'un air détendu qui contrastait avec ses pensées des plus chaotiques...

Toujours aussi détendue en apparence, la Ranger s'assit sur la selle de sa moto posée près d'un arbre, observant le ciel, perdue. Elle tira une nouvelle fois sur la cigarette, relâchant devant elle un nuage de fumée qui fut à son tour souffler. Il fallait qu'elle rentre, mais l'envie n'y était pas... Peut-être pourrait-elle envoyer un message et repartir sur les routes ? Faire comme si rien de tout cela ne s'était passé...

Au fond, la jeune femme savait que ce serait la pire solution. Encore une preuve de sa lâcheté, même si elle ne s'en était jamais cachée. Mais... Etait-ce la peur qui lui nouait le ventre, ou ce sentiment de culpabilité mal placé ? La Ranger craignait la réaction de son compagnon plus encore que de devoir s'occuper de cet être. Pour la première fois, elle se sentait plus... Adulte. Mère ? Ce mot résonnait bien étrangement à ses oreilles... Heureusement, un grognement la tira de ses pensées et un sourire devenu rare prit place sur son visage lorsqu'elle aperçut son compagnon de toujours revenir à ses côtés, se posant avec douceur sur l'herbe tendre.

« Rid', tu es revenu... »

L'animal grommela, secouant la tête avant de poser ses naseaux au souffle chaud contre son cou, humant son odeur avec délicatesse. Elle sourit de nouveau, passant ses bras dénudés autour de son large cou. Quoiqu'il se passe, elle avait au moins la certitude qu'il resterait à ses côtés... Tant que ce serait le cas, la dresseuse continuerait de se relever et d'avancer, quel que soit les obstacles à franchir...

Bien qu'elle ne pouvait se douter à cet instant qu'un soucis de ce genre allait arriver bien plus vite que prévu...


[-16] » Anthem of the Angels K9w17c

[-16] » Anthem of the Angels Signa210
doubles comptes:
 
autre:
 
Revenir en haut Aller en bas

Gaeriel Miya

Gaeriel Miya
Ranger Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 18/08/2013
Messages : 2598

Région : Kantô - Johto - Alola
Mar 20 Jan - 18:41
Clark a écrit:
Inévitable.

La partie de chasse - sa traque - se poursuivait.

Informations obtenues ici et là, assemblées et empilées sur un bureau où régnait déjà un chaos absolu, reliées par une couverture de cuir et brochées à la va-vite. Dizaine, vingtaine, cinquantaine de pages noircies, gribouillées, mutilées par l'encre et une trop forte pression, exercée par des mains expertes, assassines. Dossier surchargé, boursouflé par les photos, les notes et par une poignée d'articles de journaux. Une feuille déchirée rageusement et dont le papier se plissait presque de douleur ; un amalgame de mots compressés et écrasés autour d'une image. Un portrait esquissé au fusain, aux traits merveilleusement réels et dangereusement convoités. Épinglé sur un mur pâle, centré, seul. Comme un objet précieux que l'on aurait voulu placer en évidence, pour en souligner la beauté et la rareté, pour l'exposer aux yeux de tous ceux et celles qui pénétreraient dans ce bureau. La tanière du loup.

Calé dans son fauteuil, les jambes croisées et la tête rabattue légèrement vers l'arrière, Clark observait avec attention la figure qu'il avait lui-même tracé. Un rituel de chasse, comme tant d'autre. Une obsession qu'il couchait sur papier pour s'en débarrasser... Ou pour ce fixer un objectif à atteindre. Et normalement - normalement -, le dessin n'aurait pas dû se trouver là, encore accroché, à lui adresser ce regard serein et ce sourire d'ange. Ses doigts se crispèrent sur ses cuisses et la veine dans son cou se mit à palpiter, alors qu'il sifflait entre ses dents. Pourquoi l'avoir immortalisé ainsi? Nimbée de cette aura de tranquillité et d'innocence, qui la rendait vulnérable et pourtant insaisissable, elle s'était appropriée le statut de proie par excellence. Le lieutenant inspira profondément et se leva de son siège, se rapprochant du portrait. Il l'effleura de l'index avant de se saisir du bas et de l'arracher violemment.

Trois fois. Trois putain de fois.

Le destin avait toujours tiré la belle hors de ses griffes. Amères défaites. Cette compilation d'échecs ne lui apportait qu'une envie : défier une fois de plus le sort capricieux et expédier dans sa tombe celle qui avait eu le malheur de croiser sa route. La course, le sauvetage in extremis et le bal. Des occasions en or qu'il avait manqué. À croire qu'il retombait au stade de néophyte en matière de meurtre ; de quoi devenir la risée de l'organisation. Heureusement, personne ne connaissait les incidents fâcheux qui revenaient sans cesse hanter ses pensées. Sauf peut-être Mathias, le seul homme en qui il ait réellement confiance, malgré ses idées de grandeur démesurées et son esprit tortueux. Ses tendances à se rallier à tous les plans faisant mention d'une quelconque perversion dégoûtait Clark et il le faisait clairement savoir à son collègue : le seul véritable plaisir existait lorsqu'une cible expiait pour la dernière fois de son existence. La mort le grisait. Devenir tueur à gages, sous la gouverne d'un homme qui avait une liste de comptes à régler avec certaines personnes, avait été l'une des meilleures décisions qu'il eut jamais prise. Tirer les ficelles jusqu'au moment fatidique, où le doigt appuyait avec vigueur sur la gâchette... Pouvait-il réellement expliquer les sensations qui l'envahissaient et les délicieux frissons qui venaient parcourir son corps?

" Le temps de la revanche est arrivé. "

Il chiffonna son oeuvre et la jeta sur la pile de paperasse qui attendait vainement sa signature. Il chassa les plis de sa chemise sombre, ajusta sa cravate et s'empara de son veston, qu'il enfila prestement. Il s'assura que sa tenue était impeccable - sale manie de vouloir bien paraître, même à l'aube d'une exécution -, puis il quitta son bureau.


*****      


Le ronronnement du moteur de sa splendide RX8 noire s'arrêta net lorsqu'il coupa le contact et qu'il rangea ses clés dans la poche de sa veste. Il tourna la tête vers son passager et grimaça sommairement lorsqu'il sentit la connexion mentale se former. Ses yeux se plissèrent alors qu'il sentait l'étau se resserrer sur son crâne, le forçant à se masser les tempes pour calmer la douleur. Son complice se mit à ricaner, sa moustache prise de soubresauts et de frémissements, puis il se mit à examiner l'une de ses cuillères d'argent. Il fallait que le lien avec son maître finisse de s'installer ; une fois leurs deux esprits reliés, ils pourraient quitter la voiture et se mettre à la recherche de la femelle humaine qui obsédait ses pensées. L'Alakazam le voyait bien ; une simple lecture avait suffit pour qu'il perçoive cet attachement involontaire et indélébile. " T'as intérêt à la retrouver... " Ses traits se tendirent lorsque la sensation dolente s'accentua et il jura en serrant les dents. La créature psychique s'avérait d'une rare susceptibilité. Si elle se vexait, on le savait très rapidement et on en gardait une marque, visible ou invisible. Elle détestait également les ordres ou les remarques brusques ; un peu de tact ne faisait pas de mal, parfois. Clark s'y était habitué, mais sur le coup, il avait oublié de tenir sa langue et de fournir un effort.

" Ça va, j'ai compris. Tu as encore en mémoire son empreinte mentale? "

« Empreinte mentale. Terme peu esthétique pour désigner une impression laissée dans ma tête, puisque mes capacités surnaturelles ont presque atteint leur paroxysme, sur le plan de la puissance. Dès que je croise un être vivant, je peux m'infiltrer dans ses pensées, dans son moi intérieur. J'en garde une trace. La plupart s'efface avec le temps ou s'il y a une surcharge de données. Mon cerveau n'est pas un réservoir illimité. Mais puisque cette femelle te captivait à ce point, je suis resté sélectif dans mon triage et j'ai conservé son empreinte, oui. Les injections que tes humains de compagnie m'ont fait, la dernière fois que nous sommes passés dans l'un de leurs laboratoires, m'aident à mieux contrôler ce genre de chose... »

" Réjouie-toi, tu es le seul cobaye à avoir survécu aux cinq doses jusqu'à présent. J'espère que tu tiendras le coup jusqu'à la sixième et dernière. Il ne manquerait plus que tu succombes au produit qui circulent dans tes veines aussi naturellement que ton sang. "

« Pauvre humain. Tu crois aussi dans la mort du corps. C'est puéril. L'esprit demeure et l'esprit vaincra. Même sans son enveloppe charnelle, la pensée peut circuler. La réincarnation ou la manifestation des morts, sous forme spectrale, en sont la preuve. Enfin, sauf pour les esprits résiduels. Ce ne sont que des souvenirs. »

" Dis ce que tu veux mais, sans corps, tu ne peux plus penser. Cesse de respirer et tu remarqueras que tes fonctions cérébrales tourneront à un régime bien plus... lent? Pour ne pas dire inexistant. Mais trêve de bavardage. Nous reviendrons à ce sujet plus tard. C'est Kyoko qui me préoccupe. Tu peux la retrouver? "

« Bien sûr. Il y a toutefois un léger problème. Si elle ne se trouve pas à l'intérieur d'un certain périmètre, je ne pourrais pas la repérer. » L'Alakazam lissa sa moustache, soudainement pensif, puis il toisa son maître avec une moue. « Si ça ne fonctionne pas ici, ce sera ailleurs. »

" Essaye. "

La bête ferma les yeux et tenta de croiser les jambes, façon indienne, pour pouvoir augmenter sa concentration. Ses ustensiles se mirent à trembler dans ses mains, puis à s'auréoler d'une lueur rosâtre. Le nez de l'humanoïde se retroussa un tantinet et il poussa un grognement rauque, comme si sa tentative pour l'espèce de la demoiselle demeurait vaine. De son côté, le sbire s'impatientait. D'ordinaire, il ne craignait pas de laisser quelques minutes de son précieux temps s'écouler, mais là... Les circonstances étaient différentes. Il chassait. Pianotant distraitement sur le volant, il fit de son mieux pour ne pas intimer à son complice d'accélérer son processus de recherches. Le soudain changement de couleur de l'éclat des cuillères captiva son attention et il fronça les sourcils. Qu'est-ce que ça voulait dire? De rose à bleu? Le large sourire qui fendit le visage de l'Alakazam lui fit comprendre qu'il était parvenu à trouver quelque chose.

« Le signal est faible, très faible, mais il est là. Au nord-est. » La lueur s'estompa et il rouvrit les yeux. « Elle n'est pas seule, mais je ne parviens pas à déterminer ce qui se trouve avec elle. »

" Emmène-moi là-bas. Tout de suite. "

Excité comme un enfant devant la vitrine d'un magasin de jouets, le tueur en costard peinait à réfréner sa sombre joie. Intérieurement, il se sentait bouillonner d'un étrange bonheur. Qui aurait cru qu'il se réjouirait à ce point lors d'une traque? Peut-être parce qu'il sentait qu'il parviendrait enfin à combler ce vide, à accomplir la mission qu'il s'était attribué de son propre chef. Dégainant son revolver et s'assurant qu'il était chargé de toutes ses munitions, il fit signe à son allié d'user une fois de plus de ses dons. Ce qu'il fit, sans hésitation.

La téléportation était bien plus efficace qu'une balade en voiture à travers la région.

*****    


Vision sublime.

Elle se trouvait là, comme il l'espérait. Assise sur une moto de qualité appréciable - le luxe et les choses coûteuses plaisaient au malfrat, en particulier les vêtements et les bolides -, mais en compagnie de son maudit lézard, elle aurait été excessivement facile à abattre. Le sbire réalisait à quel point le temps s'était écoulé à une vitesse ahurissante ; le dragon de feu était une preuve visible du changement, tout comme le physique, plus mature, de la donzelle. « Méfie-toi de celui qui brûle. » Clark agita vaguement sa main, pour chasser le commentaire qui s'était incrusté dans sa tête. Il savait ce qu'il faisait. Il n'était pas idiot au point de passer à l'acte sans réfléchir. Et puisqu'il avait envie de jouer...

" Kyoko, tu as l'air en forme. Tu as eu le temps de te remettre de tes émotions, à ce que je vois. "

Un sourire faussement aimable se dessina sur ses lèvres, alors qu'il retirait le cran de sécurité de son arme et qu'il s'avançait, délaissant l'ombre de quelques arbres, pour apparaître clairement à sa victime. Derrière lui, toujours tapie parmi la végétation, le pkmn psy étudiait la scène ; il ne tenterait pas tout de suite une intrusion dans l'esprit de l'humaine. Pearce secoua la tête. Le revolver pointé dans la direction de sa cible, il suffirait d'une provocation de la part de la créature enflammée pour qu'il presse la détente et qu'il sème la mort.

" Il y a quelque chose que je désire faire depuis longtemps... "


[-16] » Anthem of the Angels K9w17c

[-16] » Anthem of the Angels Signa210
doubles comptes:
 
autre:
 
Revenir en haut Aller en bas

Gaeriel Miya

Gaeriel Miya
Ranger Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 18/08/2013
Messages : 2598

Région : Kantô - Johto - Alola
Mar 20 Jan - 18:41
Son corps et son esprit se détendaient en parfaite symbiose sous les effets de l'opioïde, elle sentait les effets pervers de la drogue sur son organisme et relâcha un nuage de fumée en direction du ciel, le regard perdu, profondément enfouie dans ses pensées. Des images de futurs possible s'insinuaient, la troublant plus encore qu'elle ne pouvait l'être. Puis vint les visions du passé; ces sentiments d'amour ressentis envers un certain agent mais cette drogue - toujours elle - qui avait brisé la moindre chance d'entamer une idylle à ses côtés. Bonne ou mauvaise chose... Il n'était plus question de repenser à cela. Jusqu'à ce qu'elle apprenne. Sans y être forcément attachée, la Ranger n'avait jamais mit de côté la possibilité d'avoir - plus tard - un enfant à élever à ses côtés. Lorsque la frénésie de son voyage initiatique serait passée, lorsque ses compagnons et elle seraient fatigués de voyager sans cesse. Il était trop tôt, beaucoup trop. Comment envisager l'idée de devoir abandonné ses rêves d'ici moins d'une année pour se consacrer à l'éducation d'un être bien différent des créatures qu'elle côtoyait jours après jours ? Tout bonnement...

Inconcevable. Tout comme l'idée de prévenir le père. Pourtant, avait-elle une autre initiative ? Il avait sa part de responsabilité, il fallait le mettre qu'il sache... Et maintenant qu'elle était au courant de son état, son ventre n'allait pas tarder à la trahir, tout comme les symptôme habituels de la grossesse. Le déni est terminé; place aux aveux. Et ils risquaient d'être des plus douloureux. L'accepterait-elle encore ? Et même si cela était le cas, n'était-il pas trop tard... ? La drogue - toujours elle - devait être particulièrement néfaste... Son enfant pourrait-il voir le jour normalement ou mourrait-il, à l'image de tout ce qu'elle entreprenait ? La jeune femme resserra sa prise sur la cigarette, manquant de se brûler sans même y prêter attention. Ridley l'observait silencieusement, incapable du moindre geste envers sa dresseuse. Pourtant, il mourrait d'envie d'arracher ce poison de ses mains et de le brûler à jamais... Mais bien trop fidèle - ou faible - pour ça, il se contentait de la contempler s'empoisonner à petit feu... Il caressait l'idée que de la savoir mère parviendrait à la résonner, afin qu'elle choisisse le mieux pour l'éducation de sa progéniture. Ne fonctionnaient-ils pas ainsi, eux aussi ? L'instinct maternel est toujours le plus fort, il faut qu'elle s'en rende compte avant la fin.

Plongée dans les nimbes d'une conscience bien précaire, la Ranger ne se soucie désormais plus que de sa propre satisfaction. Nouvelle prise de drogue; la fumée se dissipe lentement au contact de l'air, souillant son odeur autrefois bien plus innocente. Éternuement du grand dragon, regard amusé lancé à son encontre. L'animal se gratte les naseaux, perturbé par les effluves dont il a pourtant prit l'habitude de humer. Lui les supportent sans changement de caractère; pas sa dresseuse. Au fond elle reste la même, mais son esprit semble ailleurs, évanoui. Et si une créature reptilienne tel que lui peut sentir ce changement, il n'a pas de doutes qu'il doit être profond. Mais à quel point cette odeur peut altérer l'esprit de sa dresseuse, il ne peut le dire. Simplement être le témoin de cette étrange déchéance et continuer de la protéger envers et contre tout, car il resterait à jamais persuadé qu'elle était son moteur, primordiale à sa propre survie. Depuis sa naissance, l'animal n'avait pas eu d'autre moyen de fonctionnement. Et il se rappelait que trop bien de la rage qui l'avait animé lorsqu'il avait crut être séparé d'elle à jamais. Il était redevenu un animal primaire n'agissant que par violence et n'hésitant pas à brûler pour le simple plaisir de voir ses flammes détruire d'autres vies. Non, définitivement, il devait la protéger afin de rester à ses côtés à jamais. Aucun êtres ni plantes qu'il soit ne les séparerait. Mais pour cela, un choix s'imposait. Il regretta de ne pouvoir communiquer avec sa dresseuse; tout aurait été alors bien plus simple.

Elle restait assise, immobile, se contentant de lever quelques instants la tête afin de souffler quelques brides de fumée avant de retrouver sa position normale, replaçant sa cigarette au coin de ses lèvres. Il n'y avait plus ni questions ni souffrances, seul un état de paix intérieur des plus agréable subsistait, lui permettant de se vider entièrement l'esprit. C'était lâche, mais si agréable. Ses yeux azurés aux pupilles étroites - autre cause de l'héroïne - fixaient maintenant le ciel avec attention. Essayait-elle de déchiffrer les quelques nuages qui passaient lentement devant elle, ou son esprit était-il bien loin de tout cela ? Quelque soit la réponse, elle resta ainsi pendant quelques longues minutes, totalement immobile. Un mouvement, le murmure de quelques bruissements d'ailes, cela la suffit à la tirer de son étonnante contemplation. A seulement quelques mètres du groupe des plus hétéroclites, une aigle au port royal venait de se poser sur une branche basse, dardant ses yeux chamois sur l'humaine. Tout comme le dragon, la créature qui n'avait ni chaînes ni prison était retourné près d'elle, image même d'un soutien indéfectible. Un sourire effleura le visage de la Ranger, quittant peu à peu cette transe intense et hors du temps. Il est l'heure de revenir à la réalité. Cruelle certes, mais bien réelle. Mais pour autant que ses pensées sont de nouveau stables, son caractère lui ne l'est pas. Ce n'est pas un soucis; après tout, que peut-il se passer ici ? Rien de bien fâcheux. Du moins est-ce sa perception des choses.

Un frisson. Un délicieux sentiment de peur - pour celui qui le déclenche - remonte lentement le long de sa colonne vertébrale. La demoiselle manque de sursauter, incapable de comprendre ce qu'il vient de se produire à l'instant. Une appréhension sourde vient de s'insinuer en elle, semblable à un courant électrique venant paralyser une partie de son corps. Pourquoi cette angoisse, cette impression que quelque chose venait de se briser au fond d'elle ? Un grognement sourd s'élève, manquant une nouvelle fois de la faire tomber de son véhicule. La colère de Ridley est palpable dans l'air, ses flammes azurés s'intensifient, s'élevant vers les cieux. Elle tourne lentement la tête, une voix faussement doucereuse s'élève. Un sentiment de rage et d'effroi se mêle à une excitation morbide; dangereux cocktail pour un esprit aussi dérangé que le sien à cet instant. Clark. Lui, ici, au pire moment qu'il soit. Sa voix s'élève, il semble ravi. La Ranger le contemple, silencieuse. Son regard est de glace. Elle se laisse glisser le long du cuir et se tient debout, calmant d'un regard le dragon prêt à cracher ses flammes.

« Kyoko ? »

Rire nerveux, sourire froid. Elle s'approche de quelques pas, camouflant au plus profond de son esprit les sentiments les plus néfastes qui menacent d'exploser. La peur, la haine, la colère, un immuable désir de vengeance... Suivre ces instincts ne peut que la mener au fond d'un gouffre. La Gaeriel détendue et dangereusement froide le sait bien. Alors la demoiselle s'avance, la cigarette tombe, écrasée par ses pas. Elle fixe ces yeux aux lueurs rougeoyantes qu'elle haie tant, ne s'attardant pas sur les traits du visage de l'éphèbe, déjà connus par cœur. La jeune femme préfère observer le canon de l'arme. Il n'hésitera pas à tirer, c'est un fait. Mais elle sait, elle sent aussi à quel point il se délecte de cette situation. Il ne cherchera pas à l'abattre aussi finalement, pas après tant de temps passer depuis leur dernière et désastreuse rencontre... Et c'est alors au tour d'un allié de choix de faire son apparition, son intelligence bien supérieure à celle des autres créatures lui permettant de comprendre la situation. Eclat luminescent, corps miroitant sous les rayons de l'astre solaire. Un animal fait d'or et d'acier apparut aux pieds de la jeune femme, ses prunelles ébènes fixant l'homme encore inconnu. Ses griffes s'enfoncent dans la terre, son corps se dresse. Rempart psychique et physique quant à la situation. Un sourire fin illumine le visage de la Ranger avant de s'évanouir. La voix de l'homme se fait de nouveau entendre. Nouveau rire nerveux.

« Toujours le même barratin ? Faudrait changer un peu d'disque, c'est lassant. »

Confiance en soi, agressivité, esprit bouillonnant. Une nouvelle fois, la drogue délie délicieusement sa langue, lui faisant dire des mots qu'elle n'aurait jamais osé prononcer. Mais accompagnée par ses compagnons, ses pensées libéraient de toute emprises, elle ne se sent plus proie. Ce sont désormais deux prédateurs qui se toisent, guettant la moindre faiblesse. D'un geste léger elle décroche l'arme cachée près de ses hanches, faisant sauter le cran de sécurité, un fin sourire aux lèvres. Leurs canons sont pointés l'un sur l'autre, bien qu'ils savent qu'ils ne peuvent faire mouche. La prochaine action mettra le feu aux poudres, enclenchant par la même occasion une bataille qui a déjà bien trop durée.

Il n'y avait donc rien d'étonnant à ce que le dragon de feu soit le détonateur de la violence qui ne retarderait pas à fondre sur toute les créatures présentes. Incapable de rester immobile plus longtemps, l'impressionnant animal avait frappé le sol de sa queue tatouée, provoquant quelques secousses avant de s'envoler en un large battement d'ailes. Il dépassa les arbres, se rapprochant des nuages, bien décidé à tout donner dès le commencement de cette bataille. Ce fut un animal enragé qui jaillit violemment des cieux, crachant un puissant jet de flammes azuré sur l'homme qu'il haïssant tant à l'instant où il sentit qu'il ne ferait de mal à aucun de ses alliés...

La Ranger recula prudemment accompagnée par la créature d'acier, gardant son arme à la main, ses yeux azurés toujours aussi vifs, en quête du moindre mouvement...


[-16] » Anthem of the Angels K9w17c

[-16] » Anthem of the Angels Signa210
doubles comptes:
 
autre:
 
Revenir en haut Aller en bas

Gaeriel Miya

Gaeriel Miya
Ranger Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 18/08/2013
Messages : 2598

Région : Kantô - Johto - Alola
Mar 20 Jan - 18:41
Clark a écrit:
Le temps se figea soudainement, immortalisant la seconde où leurs regards se croisèrent. Un éclair de joie sauvage traversa les iris carmin de l'homme en costard alors que son visage se figeait dans une expression indéchiffrable. Comment pouvait-on décrire la figure d'un meurtrier, lorsque que celui-ci s'apprêtait à tirer une salve de balles de plomb sur une cible depuis longtemps désignée? La notion d'humanité ne suivait plus l'étirement de ses lèvres vermeilles ni l'arrête de ce sourcil froncé ; elle n'apparaissait nulle part, pas même aux tréfonds de son âme. On disait la mort froide et impassible. Elle reflétait parfaitement le stoïcisme dans lequel Clark venait volontairement de se plonger, le bras tendu et le dos droit. Les secondes qui s'écoulaient, glacées par un silence de plomb et pourtant chauffées à blanc par un simple contact visuel, appelaient en silence la fin des fins. Cette finalité ne pouvait être représenté par un mot ou une émotion : il s'agissait d'un instant à vivre, d'une durée excessivement courte, mais qui montrait à quel point la vie était un bien fragile. Une chose qui pouvait être manipulée et possédée par ceux qui s'élevaient au-dessus des autres, ceux qui se qualifiaient de têtes pensantes et d'esprits tordus, ceux qui ne craignaient pas de vendre leurs services pour se débarrasser d'autrui. Marchands d'éternité. C'était à se douter de leurs origines. Humains ou démons réincarnés, coincés dans des enveloppes de chair et d'os, et décidés à accomplir l'illustre mission dont on les avait chargés? Faites le mal, mais faites-le bien. Pourtant, la réponse se tenait là, devant la demoiselle qui venait de se lever du siège de sa bécane. On ne naissait pas homme, on le devenait ; et pour certains, le choix se modifiait au courant de leur évolution, suite à des événements et des épreuves qui leur tombaient sur la gueule. Ils devenaient autre chose.

Les flammes n'intimidèrent pas le moins du monde le sbire, malgré l'augmentation fulgurante de leur intensité. Protégé par l'humanoïde aux pouvoirs démesurés, il ne craignait rien. Ni le feu ni les crocs du monstre. La question - qui n'en était pas vraiment une - lui tira un grognement discret. Quoi? Son interlocutrice ne reconnaissait pas son prénom? Qui avait-il de si étonnant à le prononcer de vive voix, devant elle, tout en y ajoutant une subtile promesse de souffrance et d'agonie? Sa santé lui tenait réellement à coeur, car elle déciderait du nombre de minutes qu'il prendrait avant de l'achever. Il la suivit des yeux lorsqu'elle s'avança de quelques pas. Visiblement, elle ne s'effrayait pas de l'arme braquée sur elle. Attendait-elle ce moment avec autant d'impatience que lui? Intérieurement, le malfrat jubilait. Cela signifiait qu'elle ne fuirait pas, qu'elle se prêterait au jeu et qu'elle affronterait son destin avec toute la bravoure qu'elle possédait. Femme stupide. Si elle croyait que son attitude je-m'en-foutiste changerait quoi que ce soit, que cela lui accorderait un sursis ou qu'il en baisserait sa garde, elle s'enfonçait le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Évidemment, il fallait toujours qu'un détail se manifeste et vienne gâcher ces précieuses retrouvailles. Les yeux carmin du commandant se plissèrent lorsque l'éclat apparut, pour faiblir et disparaître, ne laissant place qu'à une créature d'or et d'argent d'une taille relativement ridicule. Quoi, ce machin-là était doté de suffisamment d'énergie et de puissance pour défendre sa maîtresse contre un assassin de haut niveau? Un rire sec s'échappa de la bouche pincée de Clark. Il ne commenta pas la venue de la bête, se contentant d'annoncer vaguement la raison de sa présence en ces lieux. La répliqua ne le fit pas broncher. Physiquement, il resta maître de son corps. Mentalement, sa proie venait de mourir quinze fois d'affilées, d'une manière différente et toujours plus douloureuses à chaque coup.

" Mais c'est que tu craches ton venin aussi bien que moi maintenant. Tu as gagné en maturité, c'est intéressant. "

Il lui décocha un regard brûlant, meurtrier. À vrai dire, Kyoko aurait mieux fait de se taire. Elle éveillait les pulsions malsaines qui faisaient du bandit une personne crainte et respectée dans son milieu de travail, et une personne détestée et maudite par les familles de ses victimes. Il ne réagit pas lorsqu'elle dégaina à son tour un pistolet. Non, en fait, un drôle de son jaillit de sa gorge. Et ce bruit inusité se changea en un rire glacial, bon à glacer le sang. Apparemment, il trouvait la situation hilarante. Tous deux se menaçaient, prêts à presser la détente et lui, il riait aux éclats. Ses esclaffes s'interrompirent aussi brutalement qu'elles avaient commencé et le silence revint, lourd et oppressant. Ce fut dans cette ambiance dérangeante que les hostilités se déclenchèrent. Derrière les arbres, ses cuillères croisées devant lui, l'Alakzam suivait attentivement la scène ; lui aussi se mêlerait aux autres lorsque son heure sonnerait. Pour l'instant, il ne voyait pas l'utilité de dévoiler sa présence à ses ennemis. Tant que ceux-ci ne l'avaient pas repérer, il détiendrait un avantage considérable. Les faibles secousses ne l'affectèrent pas, contrairement à son partenaire humain, qui chancela légèrement sur ses jambes. Mis à part ce déséquilibre, le haut-gradé ne manifesta pas la moindre crainte. Lorsque le jet de flammes fusa dans sa direction, il esquissa un sourire.

Car le tir infernal se brisa sur une barrière invisible, se dispersant à droite et à gauche comme des flèches enflammées. Lorsque l'offensive prit fin, Clark pressa la gâchette et tira deux fois en direction de son opposante. L'une des balles atteignit son pkmn acier, ricochant sur contre son épiderme durcie et allant terminer sa course dans le tronc d'un arbre. Quant à l'autre, il fut difficile de déterminer son parcours exact. Mais le tueur s'en foutait, il voulait sa revanche. Son allié se matérialisa à ses côtés, ses prunelles lumineuses et ses ustensiles auréolés par un éclat similaire. Il leva un bras en direction du Charizard et frappa dans le vide, comme s'il souhaitait trancher quelque chose. Une lanière d'énergie fut créée et fonça à toute vitesse vers sa cible. L'opération se répéta une seconde fois, à l'intention, de la seconde créature. Il y eut en même temps une nouvelle détonation.

" Plus tu chercheras à fuir et plus tu auras la chance de finir ta misérable vie avec la tête éclatée. Approche, approche. Toi qui trouve mon discours lassant et répétitif, aide-moi donc à le changer! "


[-16] » Anthem of the Angels K9w17c

[-16] » Anthem of the Angels Signa210
doubles comptes:
 
autre:
 
Revenir en haut Aller en bas

Gaeriel Miya

Gaeriel Miya
Ranger Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 18/08/2013
Messages : 2598

Région : Kantô - Johto - Alola
Mar 20 Jan - 18:41
Dans son regard azuré ne semblait que se refléter celui de l'éphèbe, des yeux des plus expressifs mais qui ne faisaient que renforcer sa vraie nature; celle d'un assassin qui prenait grand plaisir à insuffler la vie à ses victimes. Au vu de ses prunelles ensanglantées, nulle doute qu'elle était à ses yeux une proie de choix, exquise car insaisissable, capable de disparaître des mois durant sans laisser la moindre trace. A vrai dire, la Ranger aurait préféré qu'il ne la retrouve jamais, qu'il ait vent de la nouvelle de sa mort - n'avait-ils pas d'excellents réseaux d'informations ? - et abandonne. Pourquoi un tel acharnement, une si grande obsession ? Etait-ce l'idée d'avoir put échouer qui l'obsédait à ce point ? Stupide question. Vu son regard, elle était des plus rhétorique. De toute façon il avait indéniablement un grain, alors pourquoi perdre du temps à se poser des questions ? Ce n'était plus l'heure de fuir, il était temps qu'ils règlent leurs comptes. Au plutôt qu'il essaye de l'assassiner et qu'elle l'en empêche. Un instant la demoiselle songea à l'arme cachée près de son corps. Depuis tout ce temps, jamais une seule balle n'avait été tirer. Et elle se souvint des souterrains. Là, même avec la plus grande volonté, la jeune femme avait sue qu'elle n'aurait pas put tirer. Mais la situation n'était-elle pas différente, incomparable ? Mara n'avait pas braquée d'arme, elle ne l'avait pas traqué pas à travers le pays afin de la tuer. Non, il n'y avait plus qu'un seul choix. Qu'elle prenne sur sa phobie et le tue. Un assassin assassiné par une proie, n'était-ce pas ironique ? Et pourtant, la jeune femme au fond doutait de pouvoir savourer cette situation. Vivre dans l'illégalité n'était pas source de gêne mais avoir sur la conscience le poids de la mort d'un homme était très différent. Aussi inhumain soit cet être.

Son rire nerveux coupa court à la conversation. Entendre son ancien prénom de la bouche de Clark était presque déstabilisant. Mais cela confirmait ce qu'elle pensait; il n'était pas au courant pour l'enterrement. Tout ça pour ça ? La Ranger jura silencieusement, pestant contre l'idée finalement stupide de son compagnon. Si même Clark ne savait pas... C'était finalement bien inutile de se donner autant de mal. Lorsqu'elle prononça cet ancien prénom de manière complètement détachée, un sourire froid étira ses lèvres. Finalement, à quoi bon fuir ? Il finirait toujours par la retrouver. Elle songea un instant à l'être qui grandissait au sein de son corps mais cette pensée s'évapora bien vite alors que l'adrénaline parcourut son sang, la rendant fébrile. L'apparition de Kerrigan permit à la Ranger de garder son calme, ne pas réagir aux provocations de son vieil ennemi. Ils se fixaient toujours et les propos de la jeune femme résonnèrent naturellement, ses sens perturbés par la drogue l'a rendant bien plus encline à jouer avec les mots, bien qu'elle ne sentait pas d'humeur à plaisanter. L'arme était toujours braquée et bien qu'elle avait une confiance absolue en les capacités psychiques de son compagnon, elle ne pouvait lui faire réellement confiance. Sa double-personnalité pouvait être un problème. Mais ce problème s'évapora à son tour. Il était rentré dans le jeu. Crache ton venin; ces mots lui rappelait le titre d'une vieille chanson qu'elle écoutait autrefois. La jeune femme secoua brièvement la tête, perturbée. Comment arrivait-elle toujours à détourner ses pensées de la sorte ? Un vrai mystère. Un sourire froid étira de nouveau ses lèvres. Maturité, elle ? Ca devait être une blague.

« Et toi tu es toujours aussi dément. Rien d'intéressant. »

Elle avait finit cette fois par lâcher une grimace et par dégainer son arme, pointée sur la tête du sbire. Ses yeux rougeoyants la fixait toujours avec une intensité dérangeante et au fond elle mourrait d'envie de presser sur la détente, le voir tomber, raide mort. Pouvoir être libéré d'un poids - dans tout les sens du terme - tel que Clark serait une véritable délivrance. Finalement, cela valait peut-être le coup de le tuer. Et puis, combien de vies seraient sauvées par son geste ? Un grand nombre, sans l'ombre d'un doute. Mais elle ne se faisait aucune fausses joies; même si elle avait confiance en ses talents de tireuse - merci formation des agents de police - Clark semblait être apparut là d'une bien étrange manière. Si Ridley avait senti sa présence aussi tardivement malgré sa haine pour lui... C'était qu'il s'agissait encore d'un coup de cette créature psychique. Et ses pouvoirs, tout comme ceux de son Metang, pouvaient aisément contourner la trajectoire d'une ou deux balles. La jeune femme fronça les sourcils. Si elle voulait avoir une chance de ne pas gaspiller de balles dans le vide, il fallait déjà débusquer le pokémon psychique. Et il pouvait être n'importe où... Elle oublia ces pensées un bref instant, décontenancée par le rire glacial de Clark. Mais il n'avait rien d'étonnant; le tueur avait prouvé à plusieurs reprises que son comportement était dérangé. Il n'y avait qu'à voir sa hargne a la tué... Elle soupira silencieusement, se demandant un instant pourquoi elle avait mérité cela. Mais elle se félicita d'avoir pris quelques bouffées d'opioïde; dans le cas contraire, ses sentiments incontrôlables auraient rapidement fait pencher la balance en la faveur du sbire. Au fond, elle était toujours la même : immature, faible et pacifiste. Devoir faire usage de violence avait toujours été difficile pour elle, bien que la drogue l'eut aidée. De là à tuer quelqu'un... L'éternelle question revenait et elle la chassa définitivement de son esprit.

Le sol se mit à trembler, un grognement acéré résonna alors que le cri - plus perçant - d'un aigle royal se fit entendre à son tour, bien que le deuxième animal se contenta de se poser sur une branche plus proche, fixant sa cible de ses yeux acérées. Incapable de se contenir plus longtemps, Ridley jaillit des cieux et aspergea son opposant d'un jet de flammes d'une rare intensité. Mais elles n'atteignirent jamais leur cible... Une barrière de protection - que Gaeriel connaissait bien - venait d'englober le sbire, lui épargnant bien des soucis. Encore un coup de la créature psychique, à n'en pas douter. Le bruit sourd d'une détonation la fit froncer les sourcils et elle recula de nouveau d'un pas. Au même instant, Kerrigan usa de l'une de ses propres techniques et se détacha du sol, lévitant devant sa dresseuse. Une balle le frappa de plein fouet, ricocha et termina sa course dans le tronc d'un arbre. L'autre passa près de lui, manqua la dresseuse de plusieurs centimètres et termina sa course de la même façon. La pièce maîtresse apparut alors aux côtés de son maître. Ridley - qui s'était éloigné dans les cieux - grogna violemment, une forte envie de réduire en charpie cet individu prenant en esclave son esprit. Mais il fut surpris par la vitesse d'exécution de l'Alakazam et fut frappé en plein ventre par une lame psychique d'une puissance indéniable. S'il n'y avait nul sang coulant de la blessure, la douleur elle fut telle que l'animal lâcha un grognement plus enragé encore que les précédents, se retenant de justesse de partir de nouveau en piqué sur ses adversaires. Au lieu de quoi il se posa près de sa dresseuse - grommelant toujours - ses ailes frappant la terre d'une manière nerveuse, prêt à bondir au moindre geste suspect. Près de lui Kerrigan lévitait encore et bien qu'il eut été frapper lui aussi, il ne semblait pas affecter d'une quelconque manière par la douleur. Une attaque comme celle-ci le chatouillait à peine. Nouvelle détonation. La créature faite d'acier se mit à hauteur de tête de sa propriétaire, lui épargnant un projectile en plein front. La jeune femme eut un long soupir, ayant crut un bref instant que la balle allait atteindre son but.

Nouvelles paroles, nouveau rire nerveux. Décidément, il restait toujours le même.

« M'approcher ? Non merci. »

La Ranger camoufla le frisson de peur qui avait glissé le long de sa colonne vertébral au simple souvenir du moment où Clark avait put l'atteindre. La tentative de strangulation puis la lame qui s'était enfoncée un nombre incommensurable de fois dans sa chair. Sans parler du bal d'halloween, lorsqu'elle avait été assez stupide pour se faire berner par une simple ruse du sbire. La simple image de son corps ensanglanté suffisait à la rendre nauséeuse. Mais ce n'était pas le moment de laisser entrevoir la moindre faiblesse au sbire. Il était sûr de lui, sûr qu'au bout du compte, il aurait réussit à insuffler une nouvelle vie. Nul doute qu'il en tirerait un grand plaisir, et cette simple pensée suffisait à donner suffisamment de courage à la jeune femme.

« Mais effectivement, il est temps d'en finir... »

Elle s'avança d'un pas, observant du coin de l'œil le dragon de feu avant de se tourner vers l'aigle toujours accrochée sur l'une des branches, la tête relevée avec grâce. Le signal fut lancé. Avec élégance, l'animal se laissa tomber en direction du sol, dépliant au dernier instant ses larges ailes. Elle frôla la terre et se redressa lentement, lâchant un cri perçant en direction de ses ennemis. De l'autre côté Ridley venait de partir en courant, ses ailes frappant le sol comme pour lui permettre d'accélérer sa course. Ce fut sa camarade qui atteint le premier le but mais au lieu de tenter une attaque, elle profita de sa vitesse pour arracher une motte de terre entre ses serres acérées avant de la jeter à la face de ses ennemis. Ce fut à cet instant que Ridley jaillit à son tour, ses griffes devenant noires et de plus en plus tranchantes. Il se jeta dans la mêlée sans aucunes craintes, tentant de viser le point faible de la créature psychique...


[-16] » Anthem of the Angels K9w17c

[-16] » Anthem of the Angels Signa210
doubles comptes:
 
autre:
 
Revenir en haut Aller en bas

Gaeriel Miya

Gaeriel Miya
Ranger Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 18/08/2013
Messages : 2598

Région : Kantô - Johto - Alola
Mar 20 Jan - 18:42
Clark a écrit:
Lui, dément? Ses lèvres frémirent imperceptiblement et ses yeux s'étrécirent. Pour le moment, il brimait ses pulsions meurtrières et il cultivait sa patience du mieux qu'il pouvait ; on disait souvent que tout venait à point à qui savait attendre. Néanmoins, il sentait ses limites s'étioler et la hâte le gagner. La confrontation finale serait sanglante, à n'en pas douter. Il toisa l'arme que tenait son interlocutrice et il se demanda pourquoi sa main ne tremblait pas. Le courage finirait par lui faire défaut, car elle ne possédait pas l'étoffe d'une tueuse. Sa volonté se heurterait à la réticence, il le pressentait. Peut-être souhaitait-elle ardemment lui rendre la monnaie de sa pièce et l'expédier six pieds sous terre, mais il existait une différence notable entre dire et concrétiser ses actes. Dans son cas à lui, le temps et l'expérience le rendait rapide à appuyer sur sa gâchette sans que la moindre hésitation ne vienne contrecarrer ses plans.

La menace des flammes passée, le lieutenant réprima un sourire railleur. Le dragon ne faisait pas le poids et les facultés psychiques de son allié dépassaient largement l'entendement. Clark tira deux fois, mais les balles n'atteignirent jamais la cible escomptée, à son grand déplaisir. Il sentit la colère naître dans sa poitrine. La sensation de chaleur se propagea dans son être en entier et son poing libre se serra brusquement, au point où ses jointures blanchirent et où ses ongles s'enfoncèrent dans sa paume. Il apprécia toutefois de voir les lames d'énergie frapper le ventre de la bête de feu. Les moustaches de l'Alakazam frémirent et il leva une fois de plus l'une de ses cuillères, l'aura les entourant augmentant d'intensité. Il toisa sa cible, qui venait de se poser près de sa dresseuse, et ses babines se retroussèrent en un sourire retors. Ses yeux lumineux, dépourvus de pupilles, restèrent braqués sur le duo quelques instants. Ils se tournèrent ensuite vers son homologue de type psy, dont le corps composé d'acier et de matériaux solides et singuliers risqueraient d'être aussi facile à plier et contorsionner que ses ustensiles. Le ricochet du troisième projectile fit grogner l'assassin. Sa rage venait de gagner un tout autre niveau.

« Ne fais pas ta timide voyons. »

Elle refusait de se rapprocher de lui? Soit. Il se chargerait lui-même de réduire la distance qui les séparait. Il s'apprêtait d'ailleurs à aboyer l'ordre d'une téléportation directe, mais la charge imprévue de l'oiseau le prit au dépourvu. Le génie ne parvint pas à réagir suffisamment rapidement pour parer la salve de terre qui leur fut lancée et encore moins pour trancher l'abdomen du volatile ; il s'essuya le visage en poussant une plainte, à l'instar de son maître qui préféra toutefois cracher sable et juron. Déstabilisé, l'humanoïde moustachu secoua vivement sa tête. Lorsqu'il darda ses prunelles vers ses adversaires, il ne vit que les griffes ténébreuses du Charizard s'abattre dans sa direction.

Il para difficilement le premier assaut avec ses précieux accessoires et le tintement du métal s'éleva en un son distinct et clair dans l'air. Malheureusement, le second coup entailla profondément l'une de ses épaules et les griffes labourèrent sa peau et ses muscles jusqu'à son torse. Sous le choc et la douleur terrible qui s'éveilla alors, le pkmn psy recula en titubant et porta ses mains à ses blessures. Pour une rare fois, il laissa volontairement tomber ses cuillères. Ses mains s'illuminèrent et il tenta vainement de réparer les tissus et de stopper l'hémorragie ; son essai fut infructueux à cause de sa soudaine faiblesse. Il ne pouvait pas se soigner de lui-même. Clark pesta et tira ses deux dernières balles vers Ridley, espérant toucher une aile ou une patte. Il jeta ensuite sa cartouche vide au sol et en chercha une autre dans la poche de son veston. Les traits de son visage sur durcirent lorsque ses doigts se refermèrent sur une minuscule sphère et non sur sa recharge - qui aurait dû être de forme rectangulaire.

« Disparait, espèce de bon à rien. » Siffla-t-il entre ses dents et la créature meurtrie s'exécuta sans s'y opposer. La remarque ne le laissa pas de marbre, cependant... Son départ entraîna la destruction de la barrière invisible qui protégeait son cruel maître, le rendant ainsi vulnérable aux ripostes de Kyoko et de ses compagnons. Le malfrat se contenta de balancer son arme, devenue aussi inutile et dangereuse qu'un jouet pour enfant, dans un buisson et de se saisir de sa ball. Tout comme lorsqu'il s'était amusé un soir avec le fils du Boucher, il en venait à improviser. En un sens, ce n'était pas plus mal. Dans un autre, il voyait ses chances de réussites s'amoindrir. « J'espère que vous avez l'oreille musicale. Je t'offre un hymne à la mort. Apprécie donc l'Anthem of the Angels à sa juste valeur. »

Il esquissa un mouvement sec du bras et libéra une véritable terreur sur pattes. La silhouette du Brouhabam se matérialisa dans un éclat lumineux et il ouvrit sa gueule monstrueuse pour pousser un hurlement strident et discordant, qui secoua les environs comme si un séisme avait été invoqué. L'homme de main de Giovanni eut lui-même du mal à le supporter, ses tympans menaçant d'imploser. Les ondes sonores produites par le nouvel arrivant ne pouvaient pas être déviées aussi facilement que l'on pouvait le penser. Se boucher les oreilles ne servaient strictement à rien et en générale, les fréquences employées pouvaient paralyser voire endommager l'organisme.

« Achève-la! »

Une boule d'énergie se forma dans la bouche, toujours béante, du bipède aux couleurs criardes. Elle grandit et se mit à crépiter, jusqu'à atteindre la taille d'un ballon de foot et d'être parcourue d'étincelles. L'instant suivant, le tout se changea en un laser d'une taille non-négligeable qu'il projeta en bougeant sa tête de gauche à droite ; pas question que l'une de ses proies y échappent. Si cela ne fonctionnait pas, le lieutenant n'aurait plus qu'à lâcher son dernier atout et de foncer vers la donzelle pour l'égorger. La soirée du bal lui revenait en mémoire. Il comptait compléter son oeuvre et rentrer chez lui pour peindre le plus magnifique de tous ses tableaux.


[-16] » Anthem of the Angels K9w17c

[-16] » Anthem of the Angels Signa210
doubles comptes:
 
autre:
 
Revenir en haut Aller en bas

Gaeriel Miya

Gaeriel Miya
Ranger Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 18/08/2013
Messages : 2598

Région : Kantô - Johto - Alola
Mar 20 Jan - 18:42
Timide ? C'est amusant, elle ne s'attendait pas à l'entendre dire quelque chose de ce gout. La ranger évite de dire le fond de sa pensée à haute voix et se contente de rester parfaitement immobile. Faire sa timide - comme il le dit si bien - lui convient parfaitement. Il ne faut pas le laisser s'approcher, oh non. Etre blessée est le moyen le plus sûr pour perdre toute son énergie, voire pire... C'est la mort assurée si sa phobie du sang reprend le dessus sur le peu de conviction qu'elle a réussie à garder en elle. Merci héroïne. Mais même cette drogue ne fait pas tout; elle fixe un instant son arme toujours pointée vers le brun, se maudissant pour être aussi faible. Même en haïssant Clark du fond du coeur, tirer semble inenvisageable... Blesser un autre être vivant, voire le tuer... Comment le peut-elle ? Ôter la vie est un acte impardonnable. Et sa situation n'en est que plus tendu. Clark ne peut renoncer que s'il est dans un sale état... Et compter sur ses compagnons pour cela n'est pas une solution. Qu'ils se salissent les mains à sa place ? Elle ne peut pas leur demander ça. Même si certains tueraient l'homme sans aucun remords, elle le sait très bien... Ridley lui même serait prêt à mettre sa vie en jeu si cela permet de vaincre cet homme... Mais elle ne peut pas le permettre. La vie sans lui aurait soudain beaucoup moins de sens. Ce n'est définitivement pas à eux de se salir. En un sens, ces créatures sont et resteront bien plus pures qu'elle...

Elle relève la tête, dardant ses yeux azurés sur ceux grenat de Clark. Il est temps de prendre une décision. En osmose avec ses propres convictions, ses deux compagnons se jettent dans la bataille sans crainte, leur mémoires encore surchargées des images de cette journée... Même la douce aigle est envahie par un sentiment de rage, une envie de blesser profondément un autre être. Pourtant elle se réfrène, se cantonne à cette stratégie de bas étage créée à la va-vite; ses serres arrachent la terre et projettent son contenu au visage de ses deux ennemis. Elle se redresse brusquement mais a le temps de se satisfaire de cette vision; l'humain tout comme le pokémon ont été aveuglés... Une silhouette large fait alors irruption et des griffes acérées tentent de transpercer les chairs; son premier assaut est paré, un crissement retentit lorsqu'il frappe la cuillère d'argent mais l'animal continue son attaque. Cette fois, il pénètre avec une satisfaction lugubre dans la chair du pokémon psychique, la déchirant avec une facilité presqu'étonnante. Le sang ruisselle sur le torse de l'Alakazam; il a sa revanche. Les souvenirs de sa première confrontation alors qu'il n'était qu'une jeune salamandre semblent disparaitre peu à peu, cette maigre victoire permettant de mettre un point sur cette histoire. Le dragon lâche un grognement méprisant, ses yeux maintenant tournés vers Clark. Dans sa gueule, des flammes azurées se forment, prête à tout détruire sur leur chemin... Mais deux bruits sourds résonnent et mettent à bas sa résolution.

« RIDLEY ! »

Le cri aigu de la jeune femme couvre le râle de douleur émit par le dragon de feu qui tombe lourdement en arrière. Le sang coule le long de ses écailles, une balle profondément enfoncée dans son corps, proche de l'une de ses épaules. L'autre s'est contentée d'érafler l'une de ses ailes, la trouant légèrement. Il n'a jamais connu telle douleur. Sa tête enfoncée dans la terre se redresse, il fixe l'homme avec l'envie de le transpercer mais retombe lourdement, son crâne frappant le sol alors qu'une gerbe de sang s'échappe entre ses crocs serrés. Sa vision se trouble, ses membres tremblent et la flamme azurée de sa queue baisse rapidement d'intensité jusqu'à ne plus être qu'une petite flammèche. L'animal ferme les yeux mais les réouvrent bien vite, fait tout pour garder conscience. Perdre maintenant serait synonyme de mort.

Elle s'est avancée, les yeux humides, dévoilant de nouveau sa plus grande des faiblesses lorsque le dragon s'écroula sur le sol. Il ne semble pas allez bien du tout, peine à respirer. Kerrigan reste près de sa dresseuse, son regard sans émotions allant du dragon à l'humain qui l'a blessé. La Ranger commence à perdre son calme, sa main tremble légèrement. Elle a tant besoin d'une autre bouffée de drogue... Yeux clos, la jeune femme tente de se calmer, expire lentement, fais le point. Son arme est chargée, elle, et il lui reste ses six balles. Clark lui n'en a plus et son pokémon psychique vient d'être rappelé. Elle fronce ses sourcils, se dit un bref instant que le sacrifice de son compagnon n'a pas été vain; il ne peut plus se téléporter comme il aime tant le faire... Si la distance reste respectable entre eux, il ne pourra rien faire. Reste à se méfier s'il utilise une nouvelle ball'... Ses pokémons sont à son image; cruels et sans la moindre once de pitié. Leurs attaques pourraient tout changer; mais le temps de la jeune Kyoko a l'équipe encore jeune et inexpérimentée est révolu et elle a confiance en ses compagnons. Une force de frappe dont Clark lui même devrait se méfier à l'avenir. Elle redresse alors la tête lorsque la voix froide de l'éphèbe se fait de nouveau entendre... Ses mots font écho dans sa mémoire. Leur première rencontre. Je suis le souffle de la mort. Pourtant, elle est toujours là, bien vivante. Un sourire presque carnassier étire ses fines lèvres, une étrange envie de jouer la prend; certainement créée par l'opioide qui coule toujours librement dans son corps.

« Un hymne à la mort, rien que ça ? »

Souvenir. Se rappelle t-il lui aussi de ce temps lointain, alors qu'elle n'était qu'une jeune agent des forces de l'ordre ? Ce serait un plus. Mais dans tout les cas, le provoquer est encore le meilleur moyen de lui faire perdre la raison, de l'enrager afin qu'il commette des erreurs qui pourraient lui couter très cher... Elle le sait, il faut aller dans cette voie. Même si elle est parallèlement la plus dangereuse... Et ce nouveau pokémon le semble aussi. La Ranger ne l'a jamais vu et sa carrure n'est pas là pour la rassurer; de quoi est bien capable ce pokémon ? Sur le coup, elle ne fait pas le lien entre les paroles de Clark et son action. Elle aurait du. La créature semble capable de se décrocher la mâchoire et elle fronce un sourcil; que cherche t-il a faire ? Il ne suffit que de quelques secondes pour que la jeune femme ait sa réponse... Un hurlement affreux, strident, si puissant que le sol tremble sous ses pieds. Elle en lâche son arme, qui tombe à ses pieds. Instinctivement, elle plaque ses mains contre ses oreilles. Avant de se rendre compte que cela ne sert à rien. Le son devient plus fort encore, la Ranger a l'impression que sa tête va exploser et que son organisme entier vient d'être retourné. Nouvel instinct, elle plaque ses mains contre son ventre, la ou grandit une nouvelle vie. Puis plus rien. Le tremblement de terre s'estompe, la voix s'est tue. Le dos courbé sous la douleur, la jeune femme se redresse lentement, dardant de nouveau ses yeux azurés sur Clark. Il faut se débarrasser rapidement de ce pokémon. Mais il la prend de vitesse. Les achever ? Elle reconnait aussitôt l'attaque que charge le pokémon dans sa gueule... Un ultralaser. Et il semble décider à tous les exterminer en une seule attaque. Ses yeux azurés se posent alors sur Ridley. Il n'y survivra pas. D'une simple pression contre l'acier de Kerrigan, la Ranger l'avertit du danger. Le Métang se met alors à l'éviter, son corps durcissant sous l'effet d'un mur de fer que la jeune femme espère suffisant.

Pile à temps. Gaeriel rappelle le dragon dans sa pokéball. La surface du terrain où il était écroulé et alors pulvérisé par l'attaque et la jeune femme recule lorsque les rayons se rapprochent. Kerrigan peut-elle réellement faire face ? Elle ferme les yeux un bref instant. Une explosion retentit près d'elle, le souffle la balaie sur plusieurs mètres, l'envoyant valser à terre avec une facilité déconcertante. La ranger pose de nouveau une main contre son ventre, inquiète. Dire que la veille la jeune mère ne savait rien de tout cela... Et pourtant, désormais, elle ne peut s'empêcher d'y penser... Shit. Comment peut-elle penser à tout cela dans cette situation ? Alarmée - être à terre n'est définitivement pas une bonne chose avec un Clark dans les parages... - elle se redresse rapidement. Kerrigan est au sol et bouge faiblement. Il a réussi à encaisser l'attaque mais ne semble pas en mesure de riposter. C'est déjà bien assez... Mais il faut garder Clark à distance à tout prix.

Blessée autant physiquement que psychologiquement, la jeune femme peine à retrouver son calme. La drogue la pousse dans ce sens, bien que les battements précipités de son coeur ne se ralentissent pas. Mais il est solide, elle n'a pas le choix. Il faut continuer. Le provoquer, l'inciter à faire des erreurs. Et ne surtout pas rester seule. Deux choix s'offrent à elle. La rusée Spectra ou l'imposant Styx. Mais plus elle y songe, plus l'idée de faire appel au colosse des ténèbres semble mauvaise; il ne peut pas se battre ici, en pleine forêt, alors que sa tête serait presque au milieu des arbres. Sa taille, cette fois, serait un facheux désavantage. Très bien. Etrangement confiante, la Ranger décroche une pokéball de sa ceinture et fait apparaître à ses côtés l'ectoplasme. Celle-ci semble déjà au courant de la situation. Pourtant elle sourit, lâche même un rire aigu qui résonne sans fin dans la forêt. Mais ses immense yeux rougeoyants sont fixés sur le Brouhabam et sur l'humain qu'elle ne connait que de nom. Des présentations s'imposent. Son sourire s'agrandit.

« Et alors... C'est tout ce que tu peux faire, bourriner sans la moindre stratégie... Clarkounet ? »

D'où lui vient cette soudaine inspiration, la droguée n'en a aucune idée. Mais sans même y songer au préalable, elle sait que ses mots seront parfaits pour faire sortir de ses gonds l'adonis. Quoi de mieux que de le traiter dans la même phrase de bourrin et de lui affubler ce surnom ridicule ? Le rire de la spectre résonne de nouveau, dévoilant une longue langue qui disparait quelques instants plus tard. La Ranger a un faible sourire, ne quitte pas Clark des yeux. Pure provocation. Dans ses pensées, deux mots distincts se forment. C'est parti... Et le lien se coupe. Spectra vient de bondir dans les airs, tenant entre ses mains une sphère mauve à forte odeur. Pourquoi agit-elle aussi vite ? Serait-ce... ? Mais Gae n'a pas le temps de penser à ce genre d'hypothèses. Déjà, la bomb-beurk est envoyé sur son adversaire épuisé par la précédente attaque alors que la spectre retombe sur ses pattes, fière d'elle. Il lui en faut peu pour être heureux.

Le déclic se fait alors. Lentement, comme contrôlée par l'opioïde qui se transforme en une délicieuse bien qu'effrayante adrénaline, la jeune femme se baisse et reprend son arme en main. Le cran de sécurité est enlevé, l'arme pointé vers le brun. Et le coup retentit.


[-16] » Anthem of the Angels K9w17c

[-16] » Anthem of the Angels Signa210
doubles comptes:
 
autre:
 
Revenir en haut Aller en bas

Gaeriel Miya

Gaeriel Miya
Ranger Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 18/08/2013
Messages : 2598

Région : Kantô - Johto - Alola
Mar 20 Jan - 18:42
Clark a écrit:
Rien ne lui fit davantage plaisir que de la voir avec les larmes aux yeux, presque brisée par la défaite de son dragon. Les balles avaient mordu sa chair, l'une passant au travers de la membrane de son aile et l'autre allant se lover parmi ses muscles déchirés, s'arrêtant près d'un os quelconque et provoquant une admirable effusion de sang. Clark esquissa un sourire sans joie, conscient qu'il venait d'abattre un élément important de l'équipe adverse, un être cher à la demoiselle qu'il cherchait à tuer depuis belle lurette déjà. S'il ne mourrait pas maintenant, il succomberait peut-être à ses blessures ; il ne comptait pas offrir de laps de temps suffisant à sa proie pour qu'elle puisse fuir et mener son fidèle ami en un lieu sécuritaire, où il pourrait recevoir les soins adéquats. Ses prunelles rouges se mirent à luire et ses traits se durcirent légèrement ; l'arrogance de Kyoko ne se tarissait pas malgré tout et elle continuait à lui renvoyer des piques. Contenant sa rage et son impatience croissantes, le lieutenant se jura de lui faire fermer sa gueule dans les secondes à venir. Elle trouverait moins de choses à dire lorsque sa tête menacerait d'exploser sous la pression et le bruit infernal que son meilleur atout provoquerait.

Sauf que lui aussi s'en trouverait affecté.

Nullement immunisé contre les ultrasons et autres types d'ondes que produisaient son Exploud, il risquerait de payer cher sa tentative pour mener à bien son projet d'assassinat. D'ailleurs, lorsque le colosse entra en scène, il lutta furieusement contre l'envie de plaquer ses mains sur ses oreilles et de hurler jusqu'à ce que le souffle lui manque. Au quartier général, lors des entraînements, il bénéficiait d'une technologie avancée qui lui procurait tout le confort et la sécurité dont il avait besoin ; mais ici, sur ce terrain dominé par la végétation, son corps était dangereusement exposé aux sons. Les arbres ne pourraient pas les atténuer. Clark tenta de préserver un air impassible, mais ses traits se crispaient sous l'effet de la douleur ; il sentait les ondes faire vibrer ses os et un étrange frisson, semblable à l'un de ces fourmillements provoqués par une coupure de la circulation sanguine, se mit à parcourir ses membres. Ce n'était pas bon signe.

Le cri s'estompa, mais les effets agaçants persistèrent. L'homme de main de Giovanni jeta un rapide coup d'oeil à ses doigts, mais puisque aucune lésion n'y était visible, il reporta son attention sur Kyoko. Ce qu'il vit le laissa un moment sans voix. Comment devrait-il interpréter la position dans laquelle elle se trouvait, ses bras barrant son ventre comme si elle cherchait à tout prix à le couper des dernières ondes supersoniques. Était-il possible que...?

Les lèvres de Clark se retroussèrent en un affreux sourire. Oh oui, si c'était ce à quoi il pensait, il risquerait de passer un après-midi des plus inoubliables en compagnie de la donzelle. Soudain, il éprouva un regain d'intérêt pour cette chasse qui s'était étalée sur de nombreux mois. Mais il préféra laisser son Brouhabam mener le bal et ainsi malmener tous ceux qui voudraient l'empêcher de commettre l'irréparable. Dans un excès de joie macabre, il imagina le monstre projeter sa décharge d'énergie directement sur le ventre de l'humaine, le perforant de part et d'autre et pulvérisant autant l'être qui y croissait lentement que celui qui le portait - s'il se trompait, tant pis, le travail serait fait. Et si, malgré tout, la jeune femme n'était pas morte, il se ferait un plaisir de l'achever dans les plus horribles tortures. Peut-être s'amuserait-il à la chronométrer, pour voir combien de temps elle tiendrait avant de lâcher son ultime soupir. Dans tous les cas, les supplications et les plaintes ne l'empêcheraient nullement d'assouvir sa soif de sang et de violence.

L'ultralaser fusa brutalement de la gueule du colosse, coupant sec les pensées de son maître. Ce dernier dut d'ailleurs se couvrir le nez de sa manche, pour éviter de respirer le nuage de poussières qui venait de se soulever. Là où le tir frappait la terre, de profonds sillons se creusaient. Des troncs volèrent en éclats, d'autres furent tranchés et quelques branches furent également sectionnées. Lorsqu'il entra en contact avec le mur invisible, érigé par le Metang, une véritable explosion s'en suivit. Clark pesta mais se tut rapidement ; le souffle ardent venait de le percuter de plein fouet, l'envoyant à son tour rouler au sol. Il se redressa sur ses coudes en crachotant, la respiration saccadée et il grimaça en sentant une douleur dans ses jambes. Les yeux mi-clos, il tenta de repérer les silhouettes de ses adversaires et il les vit, masses informes et rendues floues par la retombée d'un voile sablonneux. « Tu l'as loupé, elle n'est pas morte. Recommence. » Il se releva prestement, dégoûté par cet échec et par la crasse qui recouvrait maintenant ses habits coûteux. L'Exploud frappa le sol de ses pattes, à la manière d'un sumo, puis aspira une impressionnante goulée d'air. Son torse se bomba et ses poings se serrèrent ; apparemment, il ne comptait pas réitérer son attaque, mais bien utiliser un tout autre stratagème. Seulement, l'arrivée inattendue du spectre interrompit sa manoeuvre et il exhala.

« Tu oses... »

Clark siffla entre ses dents. Son ton était acide et ses prunelles rouges flamboyaient d'une colère sourde. Le surnom ne lui plaisait pas. Comment osait-elle lui parler de la sorte et déformer son nom - un nom redouté et craint par un nombre incalculable de personnes? Clarkounet... C'était ridicule, humiliant. Phonétiquement dégueulasse même. « Je continuerais jusqu'à ce que tu crèves sale chienne. Ce qui ne devrait pas tarder. Tu pourras te réjouir au moins de ne pas mourir seule, ce que j'avais prévu à la base. » Son sourire se fit plus cruel et il darda un regard entendu sur son interlocutrice. L'allusion ferait-elle mouche? À moins qu'elle ne pense qu'il parlait de son Ectoplasma, mais ce serait quelque peu grotesque - comment tuer ce qui était déjà mort?

Mais le sbire ne put rien dire de plus ; l'esprit malingre venait de bondir et de projeter une sphère d'un violet sombre et à l'aspect peu ragoûtant en direction du pkmn normal. Celui-ci poussa un hurlement puissant, envoyant des ondes sonores d'une telle intensité que, pendant une fraction de secondes, le son parut se matérialiser sous forme d'anneaux translucides, comme du verre ; résultat, la bombe-beurk demeura en suspension dans l'air, bloquée par cette contre-attaque ingénieuse... mais malheureusement éphémère. La bête s'en rendit compte lorsqu'elle dut se taire et reprendre son souffle, la bouche béante... Et que la boule puante et gluante vint s'enfoncer dans sa gorge, se collant aux parois de sa trachée et l'asphyxiant peu à peu. Le Brouhabam se mit à gigoter étrangement, crachant, vomissant une partie de la substance toxique tandis que le reste agissait déjà sur son organisme. Devant cette scène, le sbire demeura coi, le regard ahuri, bouche bée. Il ne réagit même pas lorsque le coup de feu retentit.

Il ne réagit pas non plus lorsque la balle atteignit son épaule, déchirant le tissu de son veston et entaillant sa chair ; le sang gicla et quelques éclats nacrés prirent leur envol, se mêlant au carmin. Le projectile venait visiblement de rencontrer un os, auquel il se ficha. Sa course s'était arrêtée brutalement.

L'impact avait fait reculer à moitié le beau ténébreux. Il porta une main tremblante contre la plaie sanguinolente et contempla dans un mélange d'émerveillement et de respect l'hémoglobine qui tâchait ses doigts. Touché. La chance avait penché en faveur de Kyoko. Peut-être était-ce les fourmillements incessant qui lui dévoraient le corps qui l'avaient empêché de ressentir la douleur lancinante du choc et de la déchirure de ses muscles, de la brisure de son ossature, mais quoi qu'il en soit, le mal s'éveilla d'un coup. Un cri étranglé lui échappa et il se prit l'épaule, la serrant pour tenter de stopper le saignement. Il resta ainsi quelques secondes, avant de se plonger dans un mutisme total. Son visage devenu blême se tourna en direction de Kyoko et ses traits, étonnamment détendus, lui conféraient un air hagard, presque perdu, qui ne ressemblait en rien à l'assassin qu'il était. Mais ses yeux, eux, exprimaient la démence, la rage et la folie vengeresse. Ses iris luisaient comme des billes et ses pupilles s'étaient dilatées, comme celles d'un chat. Près d'eux, le Brouhabam tomba lourdement sur ses genoux, gargouillant et agonisant lentement.

« Ce n'est pas... Tu as... »

Et il poussa un hurlement qui n'avait plus rien d'humain ; il était totalement hors de lui. Personne ne pouvait l'atteindre, lui. Personne, personne, personne... Surtout pas elle, cette connasse, cette idiote qui l'obsédait au point de le rendre malade, de le rendre ivre et avide. Il venait vraisemblablement d'inverser les rôles ; elle avait tiré dans le mile, il avait échoué.

Toujours vivant bien que mal en point, l'Exploud croassa faiblement, en guise de réponse à ce cri dénaturé - un filet de bave visqueux et violacé coula sur son menton et ses yeux roulèrent dans leurs orbites. Puis, il se lança corps et âme dans une ultime tentative. Des flammes jaillirent d'abord de ses orifices, disparaissant peu après ; on aurait dit que le monstre venait de les ravaler, comme s'il voulait se chauffer de l'intérieur. Ce qui était le cas, en quelque sorte. Il profitait de son impasse pour remanier la situation et offrir l'avantage à son dresseur. La simple Surchauffe, au contact de la matière toxique et combustible qui composait la bombe-beurk, passa à un tout autre niveau, plus destructeur et meurtrier. Le pkmn lui-même se métamorphosa, passant de combattant farouche à bombe artisanale, improvisée. Une bombe dont le ventre se soulevait à un rythme irrégulier, parce qu'elle souffrait et qu'elle savait pertinemment que la finalité de son acte mettrait un terme à sa propre existence.

La température augmenta, la silhouette balourde et colorée du hurleur se mit à trembler, à se contorsionner presque. Des cloques se formèrent sur son épiderme, des cloques mouvantes, horribles à regarder. Il bouillait. Son sang était en ébullition.

Et il explosa sans prévenir, provoquant une incroyable onde de choc autour de lui ainsi qu'une déflagration impressionnante, qui changea instantanément ses organes éparpillés pêle-mêle en une pluie de cendres.


[-16] » Anthem of the Angels K9w17c

[-16] » Anthem of the Angels Signa210
doubles comptes:
 
autre:
 
Revenir en haut Aller en bas

Gaeriel Miya

Gaeriel Miya
Ranger Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 18/08/2013
Messages : 2598

Région : Kantô - Johto - Alola
Mar 20 Jan - 18:43
« Et ce n'est que l'début... »

Il est assez prévisible, sur certains points. Le provoquer en se servant de ce surnom ridicule fait flamber une colère sourde dans ses prunelles rougeoyantes et, bien qu'intimider par ce qu'elle peut y lire et qui la concerne directement, la Ranger se dit qu'elle a fait mouche. A partir de maintenant, il va falloir qu'elle s'immisce dans la moindre de ses petites erreurs et frapper. Le souvenir cuisant de leur dernière rencontre à leur bal est encore vif, et elle compte bien se venger de cet affront et de sa propre naïveté. Sans parler de tout ce qu'il aura tenter d'entreprendre à son égard; tant les actions les plus prévisibles - sa lame gelée contre sa gorge - que les plus imprévisibles - ce baiser au goût de fer. Ses pensées s'envolent alors qu'un frisson glacé monte le long de sa colonne vertébrale. Elle déglutit, pose ses yeux azurés sur le sbire en tentant de garder son calme... Que vient-il de dire, au juste ? La Ranger n'entend même pas l'insulte qu'il a proféré à son égard, son cerveau restant bloquer sur sa dernière phrase. Elle ne va pas mourir seule... ? Une image lui revient en tête; elle tenant son ventre, protectrice, alors que les ultrasons de la créature lui paralyse les nerfs. Ce réflexe stupide... ? S'il a deviné, il risque d'en profiter... Mais il ne peut pas être sûr de lui. Comment le pourrait-il, avec ce simple geste ? La dresseuse sent un frisson remonter le long de ses jambes avant de se rendre compte que celles-ci ne tremblent plus; les effets néfastes de la déflagration qui a faillit la transpercer semblent se calmer, mais son état émotionnel est bien pire encore. Il lui faut vraiment une autre clope... Qu'elle ne panique pas de nouveau...

« C'est vrai. Si je meurs, tu me suivras... »

Elle essaie de ne pas trembler, vainement, le fixant dans les yeux. Mais la Ranger n'arrive pas à garder le contact plus longtemps. Ces yeux grenat sont toujours capables de l'effrayer aussi facilement. Surtout quand elle peut y lire une telle rage... Pour être franche, ils lui donne mal à la tête. A moins que ce ne soit un effet secondaire de la secousse ou des vibrations ? Ca n'a plus d'importance. Le mettre à terre résoudra tout ses ennuis, fera taire sa douleur et ses peurs à jamais. Inconsciemment, l'ordre d'attaquer est lancé et, tout en lâchant un sourire digne du chat de Cheshire, la spectre bondit devant sa dresseuse et envoie sa bomb-beurk, riant de la situation actuelle. Et alors qu'une lutte est engagée entre l'ectoplasme et le colosse, une autre fait rage dans l'esprit de la Ranger. Prendre une décision malgré l'urgence de la situation n'est pas aussi simple. Cette peur de blesser, de tuer, est si forte... Elle n'a jamais été violente, au contraire, et se montre d'un pacifisme à tout épreuve, dans son état normal. Et si la drogue ne s'est pas totalement dissipée de son organisme, il n'en reste pas moins que son esprit n'est plus manipulé par la substance. Le choix n'en est que plus dur à faire.

Et puis, tout semble s'éclairer. C'est un combat à mort. Elle ne veut pas mourir, pas maintenant. Il lui reste tant à accomplir. Et lui, que lui reste t-il ? Seulement d'autres meurtres à perpétuer, d'autres familles à décimer. Sans même s'en rendre compte, elle sent de nouveau le métal froid de l'arme entre ses mains. Le Ranger l'observe un instant, plongeant dans ses souvenirs. Cette arme est pour lui... Il est peut-être temps de l'étrenner. La drogue ne s'est peut-être pas totalement dissipée finalement; tant pis. Cela lui facilité la tâche. Et alors que l'Exploud souffre, empoisonné par la sphère sournoise envoyée par la spectre et qui a fini par faire mouche, elle appuie sur la détente et le sifflement de la balle fut un bref instant le seul son perceptible. Un bruit sourd, suivit par des craquements d'os de mauvaise augure; un léger sourire étire ses lèvres. Cette fois, il n'avait pas de protection psychique. L'odeur de la poudre et du sang s'élève lentement dans la forêt, alors que l'homme semble brusquement se rendre compte de sa position. De faiblesse. Le sourire s'élargit. Son regard se fait plus terrifiant encore. Mais la peur semble envoler, du moins l'espace de quelques minutes. Il est blessé, ensanglanté, perdu. Un instant, la belle pense à la longue cicatrice ornant son épaule. Vengeance. Il cri alors, essaie de retenir l'afflux de sang pour éviter les ennuis. C'est la première fois qu'il exprime ainsi sa douleur, et c'est une victoire. Et son regard fou se pose alors sur la demoiselle, prononçant quelques mots sans sens. Suivi par un hurlement... Et le mot est faible. Elle recule d'un pas, à la fois surprise et apeurée par un tel accès de démence, avant de se reprendre, sourcils froncés.

« Espèce de malade... »

Sa voix elle même est plus semblable à un grognement qu'à autre chose. A croire qu'il a une influence néfaste sur elle... Ca n'aurait rien d'étonnant, mais la jeune femme ne préfère pas penser à de telles choses. Bien trop déprimant. Et aussi parce qu'elle n'en a pas le temps... Pas du tout... L'état de la créature du sbire est inquiétant, anormal, et la jeune femme demande à Spectra de se reculer, se demandant ce qui est en train de se passer... C'est la première fois qu'elle voit une créature dans cet état et cela l'effraie. D'autant plus lorsqu'elle aperçoit une gerbe de feu dépasser de la gueule béante de la créature. Combiner au poison qu'il a ingéré par l'attaque bomb'beurk... Le déclic est rapide. Elle bondit en avant sans réfléchir, ne voulant pas voir ce pokémon se sacrifier pour un tel maître...

« NON ! »

Mais c'est déjà trop tard et son cri ne peut atteindre la créature qui, de toute les manières, n'y aurait certainement pas été sensible. Il semble prêt au plus grand des sacrifices pour mener sa mission à bien et son corps commence à se disloquer en un amas de chairs bouillonnante aux formes incertaines. Elle détourne le regard et tente de s'éloigner, inutilement. Une explosion sourde retentit dans son dos et la déflagration est bien trop forte pour être évitée. Son corps se soulève, la douleur se propage dans tout son corps avant que sa tête ne heurte le tronc d'un arbre et qu'elle ne retombe, un amas de cheveux azurés cachant son visage, inconsciente.

Un immense cratère empli de cendres remplace le corps de la créature. Plus loin, dans un amas de branches et de feuilles, se trouve le corps du Métang, toujours assommé. Quand à la spectre, celle-ci a du dématérialiser son corps pour éviter d'être gravement atteinte... Ainsi invisible dans l'espace, elle n'est plus en danger. Mais le souffle de l'explosion l'a suffisamment atteinte pour qu'elle ne puisse plus reprendre sa forme initiale avant un long moment, ayant besoin de reprendre ses forces... Une forme sombre tombe près de la Ranger. Une aigle se redresse difficilement, l'une de ses ailes tordue, une partie de ses plumes roussies par le souffle de l'explosion. Son regard chamois se pose sur sa dresseuse et elle tente de s'en approcher mais tombe d'épuisement juste avant d'atteindre son but...

Quand à la Ranger, le mince filet de sang coulant le long de son visage semble de bien mauvaise augure...


[-16] » Anthem of the Angels K9w17c

[-16] » Anthem of the Angels Signa210
doubles comptes:
 
autre:
 
Revenir en haut Aller en bas

PNJ

PNJ
PNJ

C-GEAR
Inscrit le : 08/09/2013
Messages : 66

Lun 17 Déc - 0:58
Peut-être avait-elle raison. Peut-être était-il réellement malade, prisonnier d'une obsession si malsaine qu'elle l'empêchait de fonctionner et de se concentrer sur des tâches plus urgentes. Des rumeurs circulaient sur son compte au sein de l'organisation. Complètement fou, instable, disait-on à l'interne. Évidemment, il n'existait qu'un seul remède pour le délivrer ; éliminer la source de son mal, de son obsession, comme l'on se débarrasserait d'un membre nécrosé pour empêcher la gangrène de se propager davantage. Et voilà qu'après avoir hurlé à pleins poumons, évacuant ainsi sa douleur et sa rage meurtrière, Clark assista à l'autodestruction de son brouhabam. Il leva une main pour protéger ses yeux de la soudaine luminosité, mais lorsqu'il sentit le souffle brûlant se dégager du corps déformé, il comprit que ce ne serait pas suffisant. Au moment ultime, lorsque les chairs se déchirèrent et que la gueule immense se disloqua, libérant la puissante onde de choc, l'homme de main de Giovanni bondit dans la direction opposée. Le tout ne dura qu'un instant, mais durant ces pénibles secondes, il perdit le fil de ses pensées. Son corps fut balayé comme s'il n'était rien de plus qu'une poupée de chiffon, roulant sur plusieurs mètres et se cognant contre rochers et branchages se trouvant sur son passage. Lorsqu'il s'immobilisa enfin, sur le dos, un gémissement franchit ses lèvres. 

Il était conscient, toujours en vie. 

Il essaya une première fois de se redresser, mais échoua lamentablement, ses membres refusant de bouger. Outre la plaie laissée par le coup de feu, à la hauteur de sa clavicule, son visage et ses mains portaient de nouvelles marques ; des entailles ruisselantes d'un sang aussi rouge que ses iris. Il ouvrit les yeux en laissant un nouveau râle de souffrance remonter le long de sa gorge. Cela faisait des années qu'il ne s'était pas retrouvé dans un tel état. Visiblement, il n'avait pas cru que la bête hurlante ferait preuve d'autant d’imbécillité durant ses derniers instants. Sa minuscule et minable cervelle avait fomenté un coup d'éclat qu'elle avait sûrement cru dépourvu de faille, alors qu'il comportait en fait un problème majeur. Serrant les dents pour étouffer un juron, Clark tenta une nouvelle approche pour se redresser ; il se tourna péniblement sur le ventre avant d'exercer une pression sur le sol à l'aide de ses mains. Son bras gauche trembla violemment tandis que le droit explosait d'une douleur fulgurante. Un os cassé, visiblement son poignet. Il retomba mollement. Il laisserait les infirmières du quartier général établir le diagnostic et lui prodiguer des soins d'urgence. Il était inconcevable qu'il manque des journées de travail et de chasse pour ce genre de blessure. 

Il rassembla néanmoins ses forces et redoubla d'effort pour s'agenouiller, usant de ses coudes au risque d'aggraver son cas. Mais il y parvint, et à bout de souffle, il contempla les manches en lambeaux et ensanglantées de son veston. Son pantalon avait également subit des dommages, ruiné par la poussière et déchiré par endroits, notamment sous la fesse droite, laissant entrevoir un caleçon noir. La colère gronda à nouveau en lui. Son image impeccable et transpirant le luxe venait de voler en éclats. Clark se tourna enfin en direction du cratère laissé par son pokémon. La terre noircie par la déflagration fumait encore, et en son centre, il ne subsistait qu'un tas de cendres grisâtres. Un fumet nauséabond s'en échappait, résultant du mélange des flammes et de la substance toxique ingérée par le brouhabam. Le tueur porta une main tremblante à son visage et protégea ses narines et sa bouche, formant un masque avec le creux de sa paume. Comme il n'avait aucune idée du degré de toxicité de ses vapeurs, il jouait cette fois-ci la carte de la prudence. Son regard carmin dériva ensuite jusqu'à l'arbre au pied duquel reposait sa proie. Inerte, inconsciente. Son coeur s'emballa et il laissa échapper un rire sec, entrecoupé par une quinte de toux. Il cracha un mélange de sang et de salive et s'essuya les coins de la bouche, sans se rendre compte qu'il étalait davantage d'hémoglobine sur sa peau qu'il n'en enlevait réellement.

Durant les minutes qui suivirent, il entreprit d'écourter la distance qui le séparait de  Kyoko. Sachant que ses jambes ne supporteraient pas son poids, ou du moins pas tout de suite, il avança sur ses genoux. Tant pis pour ses vêtements. Au point où il en était, tout ce qui lui importait était de terminer ce qu'il avait commencé. D'enrouler ses doigts autour de ce cou délicat et gracile pour lui écraser la trachée. Ou mieux, d'attendre qu'elle se réveille pour ensuite l'empoigner par les cheveux et lui fracasser violemment la tête contre le tronc rugueux de l'arbre. Réduire en bouillie ce visage d'ange qu'il avait gravé à jamais dans sa mémoire. Lorsqu'il se jugea hors de portée des relents empoisonnés, il abaissa sa main. Clark s'arrêta à quelques pas de la donzelle et se pencha au-dessus elle, l'enveloppant de son ombre malveillante. Une coulisse de sang glissa le long de l'arête de son nez, avant de s'agglutiner en une goutte parfaite. Elle tomba et s'écrasa sur la joue de sa victime. Une pluie vermeille. « Oh, Kyoko... » Son ton doucereux détonnait avec la lueur folle qui dansait dans ses yeux. Ses lèvres se retroussèrent en un monstrueux sourire. 

« Si seulement tu m'avais laissé te tuer sans résister. On en serait pas là. »

Une simple constatation qui lui donnait envie de la frapper. Sans ses piètres tentatives pour éviter l'inévitable, il serait encore debout. Le lieutenant de la Team Rocket repoussa d'un geste brusque l'oiseau qui s'était effondré tout près de Kyoko, réveillant les élancements dolents au niveau de son épaule gauche. La balle de plomb avait causé le plus de ravage. Ravalant une plainte sourde, il caressa avec légèreté la chevelure bleutée de sa victime. Il réglerait le cas du volatile après, s'il en avait encore le temps et l'énergie. Pour l'instant, c'était elle qui l'intéressait. Serrant ensuite son poing gauche et le levant, il sentit un vague excitation l'envahir. Il approchait du but. 

« Allez debout ! »

Il abattit son poing sur son ventre, avec une vigueur et une rage renouvelée, dans l'espoir de la ranimer.


avatar ©️ Elune Crowley.
Revenir en haut Aller en bas

Gaeriel Miya

Gaeriel Miya
Ranger Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 18/08/2013
Messages : 2598

Région : Kantô - Johto - Alola
Ven 21 Déc - 21:43
Jamais je n'aurais cru un jour devoir faire face à une telle scène, tout droit sortie d'un film d'horreur : la fin programmée d'une créature innocente, qui se sera sacrifier pour servir les desseins obscurs de son maître. Comment peut-on formater de la sorte un pokémon pour qu'il décide de se laisser mourir sans la moindre hésitation ? Car j'en étais désormais certaine, le Bouhabam n'avait plus que quelques secondes à vivre et je me retrouvais paralysée, m'étant arrêtée à temps. J'avais été stupide de penser que je pourrais agir en me rapprochant de lui mais mon corps avait agit le premier en me forçant à aller aider cette créature... En vain. Des vapeurs toxiques emplissaient l'atmosphère et la température semblait grimper à vue d’œil. Ce fut finalement Spectra qui me fit réaliser l'ampleur de la situation, la spectre m'attrapant le bras pour me faire reculer, initiant un mouvement de fuite alors qu'elle-même disparaissait dans les ombres sans un bruit, consciente de la dangerosité de la situation... Mais je ne fis que quelques mètres avant que l'explosion, tonitruante, ne retentisse dans mon dos. Le souffle de l'explosion fut telle que je me sentis soulevée du sol et propulsée en avant, avant de perdre connaissance lorsque ma tête se cogna violemment contre un arbre... L'inconscience prit le dessus sur le reste, me permettant pendant un instant de m'évader ailleurs...

Les pokémons eux aussi ont souffert de cette situation. Si Spectra a réussie à se dématérialiser à temps, évitant ainsi une grande partie de l'explosion (et étant immunisée aux émanations), Kerrigan lui n'a pas eu cette chance, déjà blessé par les précédents affrontements, et notamment l'attaque ultralaser qu'il avait encaissé de plein fouet. Il doit principalement sa survie à ses défenses augmentées, mais il gît tout de même dans un cratère béant, ses griffes profondément plantées dans le sol. Quant à Nami, l'aigle s'est suffisamment éloignée de l'explosion pour survivre malgré sa consistance fragile, mais son corps a tout de même subit de profonds dégâts ; malgré cela elle est la première à reprendre conscience, tentant de ramper lentement pour se rapprocher de sa dresseuse, voulant de nouveau la protéger bec et ongle contre leur ennemi, quitte à y laisser la vie, tout comme l'a fait le Brouhabam avant elle. L'état de sa maîtresse l'inquiète, du sang coule sur sa peau et elle n'a pas bougé depuis l'explosion... Mais Nami n'arrive pas à tenir plus longtemps et s'effondre, fermant les yeux, ne se réveillant même pas lorsque le sbire parvint à ses côtés et la repousse sans ménagement pour se rapprocher de Gaeriel...

Celle-ci ne réagit pas non plus lorsque la voix doucereuse de Clark résonne près de son oreille, encore moins lorsqu'il caresse ses cheveux d'un geste inusité dans une telle situation. Le choc a été violent, elle n'est pas encore capable d'immerger... Mais un nouveau choc semble bel et bien la solution a un tel problème : la jeune femme se redresse d'un coup sec sous la douleur.

La première chose que je ressens en sortant de l'inconscience est cette violente douleur, qui me déchire en deux, me donne l'impression que toutes mes entrailles sont en feu ; sous le choc, le réveil est violent et je me redresse d'un bond, percutant alors quelque chose de dur avec mon front, me tirant un gémissement de douleur. Pliée en deux, pleurant à cause de la douleur qui me coupe le souffle, je ne réalise même pas que je viens de frapper le sbire, ni même qu'il est près de moi. La déflagration m'a atteint, tous les membres de mon corps me font souffrir le martyre et mes yeux me brûle, comme s'ils avaient été atteints par quelque chose de toxique...

Je me mets d'ailleurs à tousser, essayant en même temps de retrouver mon souffle, dans une position de faiblesse que jamais je n'aurais adopté si je n'avais pas été dans une telle détresse physique... Le monde semble s'effacer autour de moi.


[-16] » Anthem of the Angels K9w17c

[-16] » Anthem of the Angels Signa210
doubles comptes:
 
autre:
 
Revenir en haut Aller en bas

PNJ

PNJ
PNJ

C-GEAR
Inscrit le : 08/09/2013
Messages : 66

Dim 13 Oct - 18:26
La violence du geste et la réaction instantanée de Kyoko ne lui apportèrent pas autant de satisfaction qu'il l'aurait cru. Penché au-dessus d'elle pour mieux admirer ses traits déformés par la douleur, il ne vit que trop tard sa tête percuter la sienne. Le choc lui fit perdre l'équilibre et tomber à la renverse. Le lieutenant porta ses mains à son front, des larmes de rage et de souffrance embrouillant sa vision. Quel réflexe stupide ! Pourquoi n'y avait pas pensé que son corps réagirait instinctivement, en se redressant avec autant de zèle. Entre ses doigts tremblants et poisseux de sang, il put sentir la chair enfler. Assurément, il mentirait sur la manière dont cette bosse était apparue au-dessus de son arcade sourcilière - quoi de plus honteux que d'avoir baissé sa garde alors qu'il avait recouvré le contrôle de la situation ? Il venait de perdre un avantage précieux en plus de se coltiner une énième blessure. Les pleurs de sa victime envahirent ses oreilles. Une symphonie douce-amère, qui signait néanmoins sa victoire. Elle était brisée, physiquement et mentalement, épuisée sans doute par cet enchaînement chaotique et dévastateur. Clark se ressaisit et se positionna à nouve
au à ses côtés, les dents serrées par la douleur qui rongeaient ses membres.

« Encore Kyoko... Encore une fois, tu te montres déraisonnable. » 

Sa voix n'était plus qu'un grondement rauque, entrecoupée par une respiration laborieuse. Il lui empoigna le visage d'une main, ses doigts s'enfonçant dans ses joues comme des griffes, et la secoua légèrement. Il refermait sa prise sur elle, voulant que chaque fibre de son être comprenne que la mort la cueillerait sous peu de sa glaciale étreinte. Cette fois-ci, il n'y aurait pas d'échappatoire. Une bouffée de colère lui compressa la poitrine. « REGARDE-MOI QUAND JE TE PARLE ! » Qu'il hurla, à quelques centimètres à peine de sa figure, crachant presque, tandis qu'il la forçait à établir un contact visuel. Mais il se doutait qu'à travers ses larmes et avec les particules toxiques qui avaient pu contaminer l'air, ses yeux - et sa vue - ne seraient pas en condition de le faire. Qu'importe. Le simple fait de décharger verbalement sa haine et son désir de la soumettre le soulageait. Mais il lui en coûtait en souffle et en énergie. 

La libérant de son étreinte, le tueur la saisit par les épaules. Pour qu'elle se redresse et se tienne, le dos bien droit, contre l'arbre. Il voulait la pose parfaite. S'il avait pu, il aurait cherché à lever ses bras et à clouer ses poignets contre l'écorce ; mais il ne possédait ni l'équipement nécessaire ni la patience. Il était prêt à bâcler son travail pour se libérer définitivement de cette ange maudite. Une main posée contre sa gorge, Clark entreprit de placer ses cheveux, repoussant les mèches bleues qu'il jugeait superflues et qui gâchaient le portrait. La perfection. Voilà ce qu'il souhaitait avoir sous les yeux. 

« Je ne pensais pas en arriver là... » 

Qu'il chuchota, d'un ton atrocement calme. Son bras protesta violemment lorsqu'il le déplaça et tâta l'arrière de sa ceinture, où un petit canif attendait son heure. Il le tira et déplia sa lame longue de quelques centimètres d'un mouvement sec. Ses prunelles flamboyèrent, animées par une émotion indescriptible.

Et, dans un silence des plus complets, Clark plongea le métal tiède dans le ventre de la jeune femme, l'enfonçant jusqu'au manche. 


avatar ©️ Elune Crowley.
Revenir en haut Aller en bas

Gaeriel Miya

Gaeriel Miya
Ranger Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 18/08/2013
Messages : 2598

Région : Kantô - Johto - Alola
Sam 15 Fév - 21:24
Jamais je n'avais expérimenté auparavant un tel réveil, aussi violent : tout mon corps me faisait souffrir, il avait été violemment touché par l'explosion, dont j'étais en train de me souvenir... Bon sang, il l'avait fait, il avait laissé son pokémon se suicider pour pouvoir m'atteindre. Mes yeux pleuraient et étaient douloureux, j'arrivais à peine à les ouvrir et ma vision était floue, brouillée par les larmes. Je m'étais cognée contre quelque chose en me redressant et cela n'aidait pas... Et ce fut bien pire lorsque je compris que je ne m'étais pas cognée contre un obstacle fixe mais qu'il y avait quelqu'un juste devant moi, un autre humain... Et il ne pouvait s'agir que d'une personne. Je tentais de reculer à l'aveuglette, pour m'échapper, mais mon dos se cogna rapidement contre le tronc d'un arbre, celui-là même qui m'avait réceptionné après l'explosion. Visiblement Clark avait davantage résisté à l'explosion, ou il avait pu s'en préserver, d'une manière ou d'une autre. Je sursautais lorsque sa voix résonna, tentant une nouvelle fois de m'éloigner, en vain ; il m'avait attrapé le visage et je gémis de douleur lorsqu'il hurla à mon oreille, alors que j'étais incapable d'ouvrir mes yeux, encore touchés par les vapeurs toxiques, mes rétines me brûlant.

Je ne pouvais plus rien faire, tout mon esprit combatif s'était soudain envolé sous la douleur : il avait gagné. Alors que je m'étais toujours promise de le repousser, de ne pas perdre face à cet être abjecte... Il avait réussit. J'étais à sa merci désormais et je n'avais plus aucunes forces, mon corps ne répondant plus...

Il allait me tuer.

Je sentis ses gestes, alors qu'il me bougeait, me plaquait contre l'arbre, mais je fus incapable de protester, tout mon corps étant paralysé de peur par cette pensée, par l'idée que ma fin était venue. J'allais rejoindre Gaeriel, mais de la plus horrible des façons, de la main de cette homme que je détestais haïr tant les sentiments que je ressentais pour lui étaient bien trop négatifs à mon goût. Je ne l'entendis pas prendre son arme et lâchais un hoquet de surprise lorsque je sentis quelque chose s'enfoncer dans mon corps ; comme déconnecté, il me fallut quelques secondes pour que l'horreur se dépeigne sur mon visage et un cri de douleur s'échappe de mes lèvres, alors que le sang coulait le long de mon ventre, sur les mains du meurtrier. Le coup de grâce, pour mon corps déjà bien meurtri...

Mais un autre cri suivit le mien. Un hurlement métallique, loin d'être humain ; celui d'un être qui était en train de s'éveiller et de s'élever : Kerrigan était sorti de son inconscience et, face à ce spectacle horrible, avait réagit en évoluant, son corps d'acier s'élargissant, quatre pattes de métal s'enfoncant violemment dans le sol. S'il était toujours blessé par l'explosion, son évolution et la situation critique semblait lui avoir donné suffisamment de forces pour se rapprocher lentement des deux humains, ses yeux luisant d'une lueur étrange.

Le cri d'un rapace perturbe la scène ; un oiseau est en train de voler au dessus d'eux, piaillant d'une bien étrange manière. Et alors que le jeune Métalosse se rapproche de Clark d'une démarche certes lente mais dangereuse, une silhouette apparaît entre les arbres et un homme fait son apparition. Des cheveux argentés, une veste qu'il ne quitte jamais, et un Dracaufeu à ses côtés.

- Kyoko !

Mais la jeune femme en question ne l'entend pas arriver : elle a fini par s'évanouir sous la douleur, le sang continuant de couler de son ventre perforé...

Le dernier acte vient de se jouer.


[-16] » Anthem of the Angels K9w17c

[-16] » Anthem of the Angels Signa210
doubles comptes:
 
autre:
 
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé



C-GEAR
Revenir en haut Aller en bas
 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Master Poké :: Le Pokémonde :: Région Kantô - 1E G E N :: Céladopole-