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» En reconnaissance.


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Ligue 4

C-GEAR
Inscrit le : 31/08/2013
Messages : 5550

Sam 22 Nov - 1:14
Elliot Gardner

    25 ans.
    Membre de l'équipe SHARP pour Shadow's Path.
    Membre de Natural, objectif Wailord.
    En reconnaissance / mission coup de poing.



Une simple mission. Surtout de la reconnaissance, beaucoup d'observation et du sang froid.
Du sang froid, il en avait. Elliot Gardner était le fils d'un ranger bien connu, que l'on mettait dans le panier de ceux qui avaient fondé de grandes organisations terroristes. Lutter contre le système, c'était son truc. Une forme de gentils criminels : eux, ils ne s'armaient pas de canons pour tuer en masse en éliminant les civils et les écoles. Non, leur but à eux était la vraie justice, telles qu'ils l'imaginaient. L'égalité, pour tous, de vivre, de chérir, de penser, de rire, d'avoir des projets et de pouvoir les accomplir.
Elliot Gardner avait des tendances un peu rêveur. Peut-être qu'il voyait trop grand, trop loin, peut-être qu'il avait raison. En tout cas, il désirait être de ceux qui se battaient pour cet idéal, il était donc de ceux qui étaient dans l'action, mais pas inconsidérée. Arrivé dans la matinée du jour J, il savait que la mission du jour serait périlleuse et semée d'embûches, le jeune homme était aussi là pour protéger ceux qui étaient à la fois leurs alliés et les représentants d'un danger à haut potentiel.
La chasse aux Wailord. C'était un juteux commerce pour certaines multinationales qui n'en avaient plus rien à faire des idéaux de leurs clients. Les Ecremeuh qu'étaient les humains finissaient toujours par manger ce qu'on leur donnait et à produire du lait. La qualité là-dedans ? Il n'y en avait plus, le désordre régnait avant tout, à croire que l'on cherchait à devenir toujours plus malade.
Heureusement il y avait toujours quelque part des personnes plus ou moins sensées, pour s'indigner, pour se révolter et s'attaquer aux Goliath de ce monde.

Mais ça avait mal tourné. Sur le bateau assailli par le groupe d'écolo, Elliot avait cru ne plus reconnaître certains de ses camarades. Ils n'étaient certes pas de Shadow's Path, mais pour lui, ils constituaient tout de même une forme d'avenir, une voie à suivre. Ils étaient ceux qui se battaient pour ceux qui en étaient incapables. Ce jour-là, il fallait frapper un grand coup, montrer que cette chasse au Wailord était inacceptable, qu'il s'agissait là d'un acte terrible, pouvant bouleverser l'éco-système. Ils devaient se faire entendre, mais ne pourraient probablement pas le faire d'une manière calme et posée.
Son foulard noir monté jusqu'à son nez et sa casquette vissée sur sa tête, le jeune homme avait des allures de délinquant et le savait. Ils devaient se protéger, les défenseurs des crimes qu'ils combattaient pourraient très bien les éliminer s'ils en sentaient le besoin, alors autant que leur passage ne soit qu'un coup de poing, vif et douloureux, avant de disparaître. C'étaient les idées d'abord, les humains derrière ne pouvaient pas subsister plus longtemps.
Ils auraient dû disparaître, mais l'effort était trop dur et les Hommes étaient tendus, face à ce carnage à éviter ils ne savaient plus où donner de la tête. Elliot aurait aimé que les choses se passent autrement. Les quelques membres de Natural, aux revendications anarchistes, étaient devenus bien trop excités suite à la violence des affrontements. Des projectiles avaient été lancés à la suite d'insultes de plus en plus ignobles, jusqu'à ce que cela aille encore plus loin. Des cris, des actions désordonnées puis un ultime coup de feu qui avait touché sa cible. Il fallait se replier et immédiatement. Jamais le but n'avait été d'aller aussi loin que la haine leur avait demandé, le pas avait était franchi et c'était un échec pour tout le monde.
Elliot réagit vite, il était trop tôt pour se lamenter et chercher des explications : il devait se mettre à couvert, se défendre. Autour de lui, la plupart cherchaient à fuir, il n'y avait plus d'équipe mais du chacun pour soi.
Seulement il était expérimenté et ne pouvait accepter d'autres pertes, il fallait agir maintenant. Près de Lewis, celui qui avait tiré, se tenait Nooa et d'autres personnes, tous à l'affût, tous prêts à fuir. Elliot lui-même devait partir...
    « Nooa. »
On ne pouvait pas dire qu'il le connaissait, non. Il en avait surtout entendu parlé et se méfiait plus ou moins de lui, comme n'importe quelle organisation se méfierait de quelqu'un qu'ils ne pourraient pas retrouver. Il avait été près de Lewis au moment de la détonation, pourtant il n'était pas de son intérêt de faire ce genre de chose. Il serait une personne à suivre. C'est alors qu'un harpon vint transpercer le corps de Lewis. Eliott avait déjà vu des horreurs, il savait de quoi l'humanité était capable dans ses plus sombres desseins, il savait que ces gens-là ne s'arrêteraient pas. Il n'avait pas le choix, dans sa tête ne résonnait qu'une phrase montrant son ultime instinct de survie : « Je dois me casser de là. »
Elliot engagea son repli, faisant apparaître son Demanta pour fuir directement dans les eaux. Il fallait disparaître rapidement, ce qu'il avait réussi à faire, dans la panique. Atteignant enfin la rive, il sortit de sa veste un sac étanche, d'où il sortit ses quelques Pokéball et son téléphone. Fébrile, il composa le numéro de Leon.
    « Il me faut un rapatriement. L'opération de Natural est un échec, mes coordonnées GPS sont... »


Vermilava. C'était ici qu'il se trouvait, que Nooa se trouvait. Dans quel état, Elliot se le demandait, lui-même n'avait passé qu'à ressasser cette scène dans son esprit. Les informations de Natural s'étaient dangereusement amenuisées. Son seul moyen de retrouver le jeune homme était de marcher et d'interroger. Une mission difficile après ces temps sombres. Nooa devait être interrogé, mais surtout protégé. Avec une scène pareille et vu son visage à découvert, les premiers à le retrouver pourraient être ceux qui voulaient sa peau.
    « Il faut que tu le retrouves et que tu nous le ramènes, on doit l'entendre, il pourrait nous être utile. »
Et il était la dernière personne à l'avoir vu, il était celui qui pouvait le retrouver, lui parler et le ranger de son côté. Il fallait le retrouver et le convaincre de l'accompagner.
Et ce jour-là, il pleuvait.
    « Ça pouvait pas mieux commencer. »



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Dresseur Hoenn

C-GEAR
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Jeu 27 Nov - 11:36
J'étais un membre de Natural. Cette organisation qui se voulait protectrice des pkmns. Ouais, j'avais laissé parler mon penchant ami des bêtes, une erreur si vous voulez mon avis. Je ne sais même plus comment l'idée avait germé dans mon crâne, cette petite idée qui m'avait poussé à rejoindre les rangs. Peut-être en avais-je déjà plus qu'assez de la cruauté des hommes. On me mettait sur des petites missions, rien de bien important. Je devais leur avoir tapé dans l'oeil, parce qu'après ces petites conneries, ils me donnèrent "une mission de la plus haute importance." Infiltrer un bateau. Un chalutier, pour être exact. J'étais heureux à cette idée, l'idée de grimper les échelons. Si seulement j'avais su...
C'était censé être une mission simple, bien qu'importante. De la reconnaissance. Voilà tout ce qu'on devait faire. Observer, dans une neutralité totale, ces grandes firmes qui s'attaquaient aux wailords. On devait juste, observer. Putain, comment la situation avait pu nous échapper à ce point ? Comment est-ce qu'on avait pu en arriver là ? Je voulais juste faire ce qui me semblait juste. Je voulais juste apporter une justice dans ce monde que trop corrompu. Je voulais juste sauver. Pas détruire. Pas en arriver là.
J'étais rattrapé par l'ordre naturel du monde. Le chaos.
On était nombreux sur ce bateau, à faire parti de Natural. Certains devaient agir dans l'ombre, avancer et neutraliser. Mais, j'étais juste là en reconnaissance, avec Lewis. On devait se faire passer pour des membres de l'équipage, sans d'avantage de couverture. Ils avaient tous vu nos têtes, à partir de là, on savait qu'on avait plus le droit à l'erreur. Non, on ne devait faire aucun faux pas. Seulement nous faire passer pour des marins.
Les autres membres de Natural devaient agir dans l'ombre, n'être que des ombres. Visages masqués. Ils étaient là pour mener l'opération coup de poing qu'on voulait accomplir. Je croyais, qu'avec un peu de chance, on pourrait aisément faire bouger les choses. Créer la différence. Faire pour ceux qui ne pouvaient, faire pour ceux qui n'osaient. J'avais des espoirs naïfs.

Et les choses ne s'étaient pas déroulées de la bonne façon. Non. Un mec, un de ces marins pourris, avait compris quelque chose. Il avait reconnu Lewis. Lewis était un membre de Natural depuis plusieurs années, il était réputé pour n'être que malchance, cela sonnait comme des superstitions enfantines à mes yeux. Pourtant, ce mec avait réellement la guigne. Il avait été reconnu, ce n'était pas sa première mission, loin de là. Tout s'était passé très vite. Il avait dérapé, stressé, j'en sais foutrement que dalle. Le fait est qu'il avait tiré son arme, fait sauter sa sûreté et fait sauter la cervelle de ce mec.
Et à partir de là, tout s'était emballé. Je sentais la bille remonter jusque dans ma bouche. Une bille qui avait le goût de cette cervelle, répandue sur le sol froid du cargo. J'étais confronté à l'horreur des hommes. J'étais dans un cercle de l'enfer. Bordel, j'étais pas préparé à voir ça. Est-ce que quelqu'un pouvait réellement l'être ? Le bruit du corps, qui tombait sur le sol métallique, résonnait encore en moi. Je n'entendais plus rien, sinon le son de ces membres, s'écrasant contre le métal. Je vivais un cauchemar éveillé.
L'agitation. Tout autour de moi, le monde s'agitait. Les gens s'activaient. L'opération tournait mal, tous essayaient de s'adapter au mieux. Et moi, je restais là, sans savoir réellement quoi faire. J'étais perdu, à travers le sang qui coulait. Je sentais qu'on tirait sur mon bras, Lewis. Il était là, pour me rappeler à la réalité. On devait s'enfuir, se barrer. Mes jambes bougeaient d'elle même. Je ne demandais rien de plus que m'enfuir.

On courrait, nos pas faisaient écho à travers les sons métalliques du cargo. Et les détonations. Je courrais, j'avais l'impression que je pourrai m'en tirer, qu'on pourrait s'en tirer. J'avais espoir. Des espoirs qui s'envolèrent dans une gerbe de sang. Du sang qui me maculait. Un harpon remplaçait maintenant le ventre de Lewis dont le corps convulsait sous mes doigts. Il n'y avait pas eu de cri, rien de plus que le sang. Je sentais les larmes rouler dans le creux de mes joues. Je courrais, abandonnant là Lewis à son triste sort. Je devais m'enfuir. Par tous les moyens.
Je sautais dans l'eau glacée des îles d'Hoenn. Le froid mordait mon corps. Mais je n'en avais que faire. Je tirais Vatn de mon sommeil.
J'avais rejoint la côte, tremblant de froid, trempé jusqu'à l'os. Ils avaient vu mon visage. Je le savais. Maintenant, ils devaient me chercher. Tout le monde devait me chercher. J'étais parti me terrer à Vermilava. Boire et fumer. J'étais rien de plus qu'une épave, échouée dans une ruelle.
Et Lou.
C'était ce petit bout d'homme qui avait été mon expiation, ce soir là. Jamais je n'avais été si heureux de voir quelqu'un.

Et le lendemain, j'étais de nouveau en cavale. Un hors la loi. J'errais à Vermilava, dans les ruelles, les parcs. N'importe où. Isolé. La pluie me servait de voile. Un voile d'anonymat. Je devais paranoïaque, devant tout ces visages. J'avais peur qu'un d'eux se retourne sur mon passage...


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Ligue 4

C-GEAR
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Ven 28 Nov - 17:26
Il n'y avait rien à ajouter sur ce beau raté. Elliot n'avait pas encore fait son rapport complet à Shadow's Path, mais il était déjà presque sûr que Natural serait cramé après ça. Si une organisation ne pouvait pas retenir ses dissidents d'agir – et dans ces moments-là tout était permis – alors elle ne valait pas la peine que l'on s'y attarde, que l'on s'y attache. Aujourd'hui Elliot voulait donc retrouver Nooa, pas pour lui offrir une place ou la rédemption, non. Il voulait l'attraper et le faire parler, savoir tout ce qu'il savait sur Lewis, sur Natural, savoir qui il était et pourquoi on ne parvenait pas à trouver la moindre information sur lui. Il fallait d'abord savoir à qui il avait à faire pour lui accorder un semblant de confiance par la suite. Et si le rapport d'Elliot pourrait permettre à Shadow's Path de se faire une idée sur Nooa, il savait pertinemment qu'il n'aurait jamais le dernier mot. Il avait beau y être lié depuis toujours, il ne pensait pas avoir un jour le grade nécessaire pour prendre des décisions sans consulter qui que ce soit.
Malgré tout cela, Elliot avait quand même ses propres idées et il souhaitait défendre le blond. Après tout, il le savait intimement innocent de tout acte malveillant ce jour-là. D'autant qu'il faisait partie de ceux qui ne devaient pas agir, devaient s'infiltrer et rester muets. Nooa était maintenant recherché et Elliot mettrait sa main à couper que certains commençaient déjà à publier des photos de lui avec sa tête mise à prix. Et pour le membre de Shadow's Path, on ne sacrifiait pas les talents, on ne laissait pas pourrir les informations et il valait toujours mieux garder les informations avec soi plutôt que contre soi. Et pour le moment, le souci était le même quoiqu'il arrive : il devait retrouver Nooa et le convaincre de lui parler.
Vermilava, une petite ville entre forêt et montagne. Pas loin d'être la cachette idéale, si on oubliait les dresseurs pour qui l'arène située au sud des sources chaudes présentait un passage obligé. Elliot savait que Nooa était par ici, ou du moins qu'il y était passé, grâce à ses indicateurs. Il fallait maintenant recouper les informations et éviter de trop se faire remarquer, car il était désormais clair pour lui qu'il n'était pas le seul à vouloir l'approcher.
Le plus important était donc de quadriller le secteur pour le moment. Si Nooa était en pleine possession de ses moyens, il pourrait essayer de se déguiser, de se comporter comme un touriste, mais avec ce qu'il venait de se passer, rien était plus sûr. Si les maigres renseignements qu'il possédait étaient exacts, Nooa n'avait été jusque là uniquement confronté à des missions d'une importance moindre. De la surveillance, du repérage, un peu de conflits contre des petites structures déjà menacées par le gouvernement pour faire bonne figure... En somme, Nooa ne devait rien avoir vécu d'aussi difficile et tragique. Elliot pensait donc devoir ramasser le jeune homme dans un coin sombre, chose qui n'était pas des plus aisées.

La pluie était elle aussi un élément perturbateur, à la fois de son côté et contre lui, il ne savait pas trop quoi en penser. Au départ, il avait eu l'impression d'être un vrai investigateur, à rester sous les nombreuses gouttes pendant que les personnes un minimum sensées se mettaient à l'abri, mais plus les minutes passaient, plus la flotte tombait, plus il se sentait idiot. D'autant plus qu'il croisait plusieurs fois les mêmes personnes, marchant tranquillement, abrités sous un solide parapluie alors que lui n'était protégé que de sa veste et d'une capuche dont on pouvait douter de l'imperméabilité. Il pressait le pas en les esquivant avec son regard un peu ahuri, ouvrant et remettant parfois sa capuche en espérant toujours que l'eau finirait par s'en échapper. Constatant un peu plus à chaque fois que son crâne était mouillé.

Peut-être que se concentrer sur la pluie était une façon à lui d'éluder les problèmes, de ne pas penser à cet accident… Ce n’était pas la première fois que les choses se passaient mal, mais là, c’était une catastrophe.
    « Merde. »
Finalement, il ne pouvait pas s’empêcher d’y penser et tout solide qu’il était devenu, il était dégoûté de la situation qu’il avait vécu, dégoûté d’avoir perdu Lewis, dégoûté de ne plus pouvoir faire confiance à Natural pour mener les projets, dégoûté d’être là, comme un simple exécutant, à essayer de réparer les erreurs d’hommes trop gourmands. Elliot se sentait comme saoul, complètement abattu et assommé par la pluie. Etrangement, c’est alors que son état devenait de pire en pire, au moment où il commençait à perdre espoir qu’il découvrit la silhouette fuyante du jeune homme qu’il recherchait. Y avait-il seulement une chance qu’ils le laissent tranquille ?...
Le jeune agent perdait peu à peu la foi, pour être le fils d’un des responsables, ils savaient à quel point ils pouvaient être durs et manipulateurs. Cette fois, alors que Nooa était plus un rescapé qu’un danger potentiel, les choses allaient peut-être se dérouler différemment… Il était à nouveau sûr de lui, il devait l’approcher…

Un regard dans les environs et il put voir qu’il était seul, problème, s’il accélérait il pouvait l’effrayer… Il se sentait un peu comme le prédateur guettant sa proie et il décida que c’était exactement le jeu auquel il allait jouer. Contournant les quelques structures de Vermilava, il laissa Nooa entrer dans un parc et s’y cacha. Au moment opportun, il sortit de sa cachette, attrapant son épaule, il l’immobilisa en passant son bras gauche sous celui de Nooa, posant sa main sur sa bouche pour l’empêcher de crier. Il lui tint l’autre bras pour l’empêcher de bouger et il le tira ensuite en arrière pour le faire tomber au sol, l’attirant entre deux buissons.
    « Nooa. C’est Elliot, de Natural. Il faut que tu m’écoutes. Ce qui s’est passé sur le chalutier n’aurait jamais dû arriver. Tu es en danger et je peux t’aider. Je peux te sortir de là, mais j’ai besoin de ton entière confiance. C’est ça, ou tu risques de ne jamais sortir d’ici. »
Nooa empestait l’alcool, comment pouvait-il sentir aussi mauvais en seulement un jour et une nuit ? Elliot laissa le temps au jeune homme d’imprimer le message. Il semblait plus ou moins sans défense, mais il n’était pas dupe : s’il avait eu trop peur, il aurait déjà sorti ses Pokémon depuis un moment, or ceux-ci étaient toujours bien dans leurs Pokéball…
    « Il va falloir que tu acceptes de me suivre sans savoir où nous allons. »
L’agent n’était pas à l’aise, il tenait toujours aussi fermement sa proie, comme un lion qui mordrait sa proie pendant des heures pour s’assurer de sa mort. Finalement, n’ayant aucune réponse du jeune homme, il desserra son entrave et se posa à ses côtés afin qu’il puisse voir son visage.
    « Désolé, je savais pas comment tu allais réagir. Tu es d’accord pour qu’on sorte de cet enfer ? »
Il cherchait maintenant son regard, mais aussi son appui. Tout se jouait là. S’il acceptait d’embarquer avec lui, Elliot pourrait appeler Leon et se faire rapatrier. S’il disait non, il n’aurait que quelques heures supplémentaires pour le convaincre. Après, il devrait l’oublier et le considérer comme mort.



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Dresseur Hoenn

C-GEAR
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Mar 2 Déc - 1:52
J'avais peur. J'étais terrifié. J'avais passé une nuit loin de toutes craintes. Pourtant, j'étais de retour dans la rue et j'étais terrifié. Chaque silhouette, chaque être humain me semblait être l'image même des démons qui me pourchassaient. Je n'osais à peine cligner des yeux, de peur de me retrouver ailleurs. N'importe quel être humain était devenu, en cet instant précis, un ennemi. Ils étaient les pires ennemis que je pouvais rencontrer. Ils voulaient ma peau. Ils étaient partout, j'en étais sur. Je frissonnais à cette simple idée. Je tentais de me cacher, de couvrir mon visage. Cependant, je ne devais pas explicitement montrer que je me cachais. C'était horrible. L'expérience de la fuite, j'aurai bien préféré ne jamais y être confronté. Finalement, je vagabondais bien d'avantage dans les rues de Vermilava. Je n'avais réellement aucune idée de ce qu'il fallait faire, quand on était en fuite. Je pensais juste à Lou. A la nuit que j'avais passé. A cette rencontre. Et à la pluie. Je ne pouvais m'empêcher de penser à cette foutue pluie. J'étais heureux, au fond de moi, elle me couvrait, me permettait de n'être qu'une ombre, tapie dans les ruelles. Chacun de mes pas était effacé dans l'étrange son de l'eau. Je marchais. Fuyais.
J'avais entendu des bruits. Des murmures, avant toute cette merde. Des membres de Natural m'avaient conté les tortures qui pouvaient m'attendre, maintenant. J'étais un homme mort. Ces histoires, fussent-elles vrai, me glaçaient le sang. J'avançais en me terrant. Enfonçant ma tête dans mes épaules. Je traçais ma route à travers les flaques. Je ne connaissais même pas cette ville. Je ne m'y étais jamais réellement arrêté. Je n'avais jamais réellement prit le temps de m'y arrêter. Je connaissais les sources chaudes, comme tout le monde, mais c'était bien tout. Alors je décidais de continuer ma route, de continuer, les yeux tournés vers le sol et la tête enfouie dans mon cou.

Je trouvais un parc. Un bête parc, où personne n'avait trouvé refuge. Je pouvais remercier la pluie pour cela. Après tout, qui irait s'aventurer dans un parc alors qu'au dehors des trombes de pluie tombent. Qui aurait envie d'emmener son gamin faire du toboggan de ce temps là ? J'avançais, sans but précis. Je ne cherchais qu'à fuir. Ma tête n'était emplie que de ces pensées. De cette peur. Je ne trouverais le repos que dans la fuite. Je ne pouvais pas me permettre de rester. Je pouvais dire adieu à Pacifiville. Y retourner signifiait signer mon arrêt de mort. Je soupirais, alors que mes pieds trouvaient pour seule ligne d'arrivée la boue. Mais je continuais à marcher. Je passais près des bancs. J'essayais de marcher le plus près de la verdure, prêt à me cacher à chaque instant.
Je n'avais pas cette chance. Je n'avais pas la chance de pouvoir me cacher. Je sentais mon corps tomber. Je sentais un bras autour de mon cou, on m'attirait vers le sol. On m'avait retrouvé, sans aucun doute. Ma fuite n'aurait durée que deux jours à peine. C'était pitoyable. J'étais pitoyable. Même pas capable de sauver correctement ma peau. Je me laissais choir alors qu'on plaquait une main sur ma bouche. On voulait m'empêcher de parler, de crier. Ma foi, tant mieux, je ne comptais pas hurler comme un groret. J'essayais de me débattre, vainement. Le mec savait ce qu'il faisait. Il n'était pas un néophyte, je refusais de le croire.
" Nooa. C’est Elliot, de Natural. Il faut que tu m’écoutes. Ce qui s’est passé sur le chalutier n’aurait jamais dû arriver. Tu es en danger et je peux t’aider. Je peux te sortir de là, mais j’ai besoin de ton entière confiance. C’est ça, ou tu risques de ne jamais sortir d’ici. "
J'avais presque envie de rire. Cela ne s'était pas passé comme prévu, vraiment ? Je ne l'avais pas remarqué. Gentil de me le préciser. Je savais très bien que j'étais en danger. Je savais très bien qu'il y avait eu une bévue. Mais, pourquoi est-ce que je pourrais le croire, lui ? Je ne le connaissais pas le moins du monde. Mais bon, qu'est ce que j'avais de mieux à faire ? Je restais calme, alors qu'il me tenait encore entre ses bras.

A quoi bon sortir mes pkmns, de toute manière ? Si je pouvais leur épargner ça, autant en profiter. Si quelqu'un devait mourir aujourd'hui, autant que ce soit moi et pas eux. L'idée de les perdre me semblait insupportable. Alors je l'écoutais, cet homme. Elliot. Il me parlait, me disait qu'il fallait que je le suive, sans faire de zèle. Je ne bougeais pas. J'attendais simplement qu'on me dise quoi faire. Si ce gars était réellement là pour m'aider, autant que je tente ma chance avec lui. Si il était là pour me tuer, à quoi ça servait d'opposer de la résistance, m'offrir quelques minutes de plus à vivre ? Si c'était pour vivre comme maintenant, dans la peur, j'en voulais pas. Je crachais au visage de cette fuite horrible. Je ne devais pas être beau à voir. Faut dire que j'avais pas hésité à me mettre dans des états horribles, la veille. Donnez une bouteille de whisky à un homme apeuré et vous le retrouverez changé.
" Désolé, je savais pas comment tu allais réagir. Tu es d’accord pour qu’on sorte de cet enfer ? " Il m'avait relâché, comme pour prouver sa bonne foi. Je ne savais toujours pas si il comptait me trahir ou pas. Mais j'avais pas vraiment le choix. Je me devais de croire un peu en lui. Ne serait-ce que parce qu'il était mon unique chance de me sortir de là. De me barrer de cet enfer, comme il l'appelait.
Alors je le regardais, je tentais de comprendre qui il pouvait bien être, derrière ces paroles rassurantes. Il avait presque pas l'air fait pour cette mission. Il avait l'air trop bien pour ça. Après tout, ça ne consistait qu'à me récupérer, si ce qu'il disait été vrai. Je ne croyais pas qu'ils faisaient ça par bonté d'âme. Non. J'pensais plutôt à des profits. Ils devaient avoir un moyen de se faire du pourcentage sur ma trogne. Sinon, ils ne seraient pas là. " J'accepte. De toute manière, j'ai pas réellement le choix, si ? " J'avais pas réellement envie de retremper dans ces organisations, ma dernière désillusion en date avait été un peu extrême, pourtant, je n'avais pas le choix. Il était de Natural ? Soit. Au moins, ils prenaient soin de leurs gars. Mais, qu'est ce qu'ils avaient à y gagner ? Je regardais Elliot, attendant la moindre de ses réactions. Qu'est ce que je pouvais me permettre avec lui ? Je sortais une cigarette, l'allumant malgré la pluie. Et je tendais le paquet vers mon compère. Soit je passais pour le dernier des connards, soit j'arrivais à gagner un peu de sa confiance.


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Ligue 4

C-GEAR
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Jeu 4 Déc - 1:56
Il n'avait pas été trop difficile de trouver Nooa. Parmi le village, il n'y avait pas assez de gens pour se fondre dans la masse, et ce n'était pas la pluie qui arrêterait Elliot. C'était dur de se dire qu'il était vraiment prêt à aller loin pour sauver ce type. En même temps, il savait qu'il regretterait l'inverse et pourtant, il n'était pas non plus un bon samaritain, il faisait simplement ce qui lui semblait juste sur le moment. Ce qu'il voyait, c'était que Nooa ne méritait pas un destin tragique. Il ressemblait plus au type qui n'avait pas eu de bol, qui s'était retrouvé là au mauvais moment, à un moment où d'autres personnes avaient mal agi. Tout un tas de circonstances qui l'avaient mené ici, à être acculé, à ne pas savoir où aller sans risque de se faire attraper et de se faire tout bonnement tuer. Bien sûr, cela n'aurait pas été sans quelques tortures et un interrogatoire douloureux, il aurait fallu qu'il dénonce ses compagnons. Elliot ne savait que trop bien jusqu'où l'être humain pouvait aller.
Alors il avait usé de sa force et son entraînement pour immobiliser sa proie, une proie bien facile à capturer. Tous deux au sol, il suffisait maintenant de lui parler, c'était ça ou il userait probablement encore de la force, juste pour être sûr qu'il se montre coopératif. C'était stupide de vouloir faire du mal à quelqu'un pour l'aider. C'était stupide de ne pas l'aider.

Nooa était destabilisant. Elliot avait fini par lui laisser l'occasion de lui répondre, en retirant sa main de sa bouche. Et c'était à ce moment-là qu'il avait entendu la réponse, plutôt évasive, d'un homme qui avait déjà abandonné. Oui, il y avait de quoi ne plus pouvoir vivre sur cette Terre, et pourtant. Il fallait tenir bon, s'accrocher encore, à la moindre parcelle d'espoir qu'il restait. Elliot savait pourquoi il avait décidé de se battre. Il y avait encore tant d'âmes à sauver, tant de vies à améliorer qu'il ne pouvait pas se relâcher maintenant. Au lieu de cela, il se complaisait dans son malheur, c'était ce que se disait le ranger en le regardant, alors qu'il lui présentait une cigarette. Quel était le but là-dedans ? S'empoisonner pour se donner une bonne raison d'aller encore plus mal ?
Le jeune homme tendit sa main vers le paquet, hésitant à le faire voler pour qu'il s'écrase dans une des mares sombres qui les entouraient. Mais non, il se décida à jouer le jeu, parce que le Nooa qu'il avait en face de lui était trop accablé pour qu'il pense à le laisser en retrait. Il attrapa une des cigarettes avant de sortir son propre briquet. Oui, avoir un briquet sur soi et avoir tant de pensées à l'encontre de ceux qui fumaient, Elliot n'était pas encore totalement sûr de qui il était, c'est ce qui arrive lorsque l'on voit son mentor devenir autre et que l'on ne sait plus ce que l'on veut devenir, soi-même.
    « Le choix... Pas vraiment, non. Je pense qu'entre me suivre et mourir, même dans ton état le choix est vite fait. »
Et encore, ce n'était même pas sûr. Il alluma sa cigarette, avant de se saisir de son portable. Leon ne devait pas être loin, il avait été mobilisé pour agir vite, alors l'hélicoptère était peut-être simplement en dehors de la ville, à attendre sagement le signal pour aller chercher le colis. Le ranger ne jugea pas nécessaire de s'éloigner, mais préféra cependant se relever afin d'avoir un regard périphérique.
    « Bayle.
    - C'est ok. On se rejoint à l'endroit prévu. »
Il n'utilisait pas le terme « mission accomplie » qu'il trouvait bon pour les séries télé ou les films. Sa réalité ne lui permettait pas d'accomplir des missions, mais plutôt de les suivre, de les respecter la plupart du temps. Tirant sur la cigarette en même temps qu'il remettait son portable dans sa poche, il tendit une main qui se voulait salvatrice à Nooa. Celui-ci attrapa sa main et Elliot jugea que c'était un bon début. Il se permit même de lui accorder un sourire, pour essayer de le rassurer, de lui donner aussi, en extrême limite, un peu de baume au cœur. Un peu.
Ils sortirent du parc, Elliot était vigilant mais se montrait aussi détendu face à cette ville presque fantôme. Il se doutait que si d'autres étaient là pour Nooa, ils avaient compris que c'était trop tard pour le moment, un homme seul était facile à abattre, une personne à ses côtés était signe de changement.
Il ne le savait pas encore, mais Nooa était aux mains de Shadow's Path.
    « On nous attend, je t'en dirais plus après, mais pas de quoi t'affoler. Enfin, pas de quoi t'affoler plus, je suppose. »
Le jeune homme essayait de le rassurer, mais à croiser son regard, il savait que cela serait difficile. Mince, il avait un peu l'impression de se voir en miroir là-dedans... de la ville et finalement arrivèrent à un hélicoptère, prêt à décoller. Le jeune homme indiqua à Nooa de monter dans l'appareil silencieux, tout en triturant sa cigarette pour en faire tomber le tabac restant qu'il écrasa sur le sol. Gardant le bout de cigarette pour souffler dessus avant de le ranger dans sa poche, il rejoint son nouveau camarade, avant de lui tendre son casque et micro pour faciliter la communication et se protéger du bruit. La porte coulissante se ferma automatiquement et les pales commencèrent à tourner. À l'intérieur de l'appareil se trouvait Leon Bayle, l'agent d'Arthur Stockton pour le Comité de la Ligue, mais aussi le responsable de l'équipe SHARP pour Shadow's Path. Un homme à deux facettes, habillé d'un simple jean et d'une chemise, il n'avait rien d'impressionnant, sauf dans sa posture sûrement, montrant à son nouvel interlocuteur qu'il n'était pas là pour plaisanter ni pour l'agresser.
    « Bonjour, je me présente, Leon Bayle, responsable de l'équipe SHARP de l'organisation Shadow's Path. Nous sommes alliés avec Natural, ainsi Elliot travaille pour les deux, en sachant qu'il est plus relié à notre organisation. Nous n'avons pas tout à fait les mêmes buts, les mêmes souhaits ou la même manière de fonctionner. Ce que je vais vous demander sera de vous présenter et de témoigner sur vos faits et gestes au sein de Natural. »
Leon voulait en savoir plus sur lui, car dans tout cela, même Mike n'avait rien pu trouver de ce Nooa, à part ses actes pour Natural. Ce serait la seule façon pour le responsable de se faire une idée de cet homme. S'il avait pu être pion de Natural, s'il présentait certaines facultés, alors il pourrait peut-être faire l'affaire. Avec tous les mouvements au sein de l'organisation, un membre de plus ne serait pas un mal, bien au contraire. Elliot regardait tour à tour Nooa assis à côté de lui et Leon.
    « Ne vous inquiétez pas, nous nous dirigeons dans un endroit sûr où l'on ne vous retrouvera pas. »
Il essayait tout de même de le rassurer et de le mettre dans un rapport de confiance, même si à ce moment-là il devait se sentir bien seul. Elliot qui était resté muet avait hocher la tête, il savait que Leon n'était pas du genre à balancer des paroles en l'air lors d'entretiens aussi informels.
    « Avant que vous ne réfléchissiez à tout cela, est-ce que l'on peut faire quelque chose pour vous ? »
Il fallait le mettre en sécurité avant tout, ensuite l'interroger et voir en quoi il pourrait se rendre utile. À l'avant de l'hélicoptère, les deux pilotes étaient silencieux, sur un autre canal, ils dirigeaient l'appareil vers Autequia, là où ils allaient rejoindre une de leurs planques.



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Lun 8 Déc - 1:14
Tout s'était passé très vite. A vrai dire, j'avais même pas eu l'occasion de remarquer la présence de l'autre jusqu'à ce qu'il me tombe sur le coin de la gueule. Je m'étais retrouvé par terre, bloqué entre ses bras avant même que j'ai pu me rendre compte qu'il y avait quelqu'un dans ce parc. Je pensais que j'étais seul, j'avais espéré être seul. J'avais fait attention de ne pas être suivi, pas assez bien, il semblerait. J'avais été surpris, comme un bleu. Et pour tout dire, c'était ce que j'étais, un bleu. Je n'avais jamais eu à faire à cette situation. Et j'aurai aimé m'en préserver. J'avais encore la gueule de bois, l'alcool mauvais. J'avais cette boule dans la gorge qui me hurlait de vomir, de dégueuler mes tripes contre le bitume froid. Je n'avais plus que de la bile à vomir, je n'avais plus que de la bile en moi. Et du ressentiment. Je haïssais ce monde qui m'entourait, ce monde qui m'avait poussé à fuir, à me cacher. J'en voulais au monde de m'avoir mis dans cette situation. Je me laissais traiter de la sorte par cet inconnu parce que je n'avais plus une once de volonté, j'avais juste envie de baisser les bras. D'abandonner mon sort à cet homme. J'en avais marre, je ne souhaitais plus me battre pour tout cela.
Je n'avais aucune foutre idée de qui pouvait bien être cet homme. Elliot, de Natural ? Je n'avais jamais entendu son nom, ni lors des meetings, ni lors des réunions. Peut être n'avais-je pas été attentif. Ou peut être n'était-il qu'une marionnette dans le rang des ennemis. Je n'avais même pas la force de regretter cette inattention qui pouvait me coûter la vie. Non, je n'en avais que faire. Je ne connaissais rien de mon passé, personne n'avait l'air de se souvenir de mon existence. A quoi bon, à quoi bon continuer ? Je n'étais en vie que depuis quelques mois, alors à quoi bon continuer à fuir et à ruiner le peu de vie que j'avais eu ?

Je faisais pitié. Je ne ressemblais plus à grand chose, pourtant, je n'avais vécu qu'un seul coup dur. Un unique coup dur. Je ne ressemblais plus à celui que j'avais été, non, là, j'étais juste faible. Faible et peureux. Trop peureux pour me battre et pour défendre mes idéaux. J'étais juste là, à attendre qu'on vienne me chercher, faire les choses pour moi. Alors je tirais sur le bâton de mort, j'aspirais dans mes poumons cette fumée. Ca ne m'aidait pas le moins du monde à me calmer, ça n'avait jamais eu cet effet, j'aimais juste le goût de cette saloperie. Et puis, comme ça, les autres en venaient à croire que j'essayais de me calmer. C'était certainement puéril de ma part, mais c'est comme ça que ça avait toujours fonctionné. Que j'avais toujours donné l'impression d'avoir une emprise sur les choses, un contrôle. Je n'avais jamais imaginé que l'image que je donnais pouvait avoir un autre impact.
Elliot venait de tirer une clope de mon paquet, sa main avait été hésitante. Je l'écoutais, qu'est ce que je pouvais faire d'autre, de toute manière ? Au moins, il me confirmait mes doutes. Je n'avais que deux alternatives, le suivre ou mourir. De joyeuses perspectives s'ouvraient à moi. Laisser ma vie entre les mains d'un étranger total ou mourir, là, à Vermilava, sans même savoir qui j'étais. J'avais beau ne pas avoir beaucoup vécu, je n'étais pas assez fou pour me laisser crever là, la gueule ouverte. Du moins, pas sans avoir tenté toutes les alternatives qui m'étaient proposées avant. Je l'observais, en silence. Je ne devais pas être jolie à voir. Pourtant, il tentait de me sauver, du mieux qu'il pouvait. Je devais lui en être reconnaissant. Il était au téléphone, avec quelqu'un, un supérieur sans doute, vu le ton qu'il employait. Enfin, je n'en savais rien et j'avais pas réellement envie de m'attarder sur tous les détails. J'attendais là, la cigarette me brûlant la gueule.

En y pensant, j'étais réellement dans un sale état. La réalité me passait au dessus de la tête. Je n'avais pas réalisé, jusqu'à ce qu'il me tende sa main, que j'étais encore par terre, que je n'avais pas pris la peine de me lever. Il me souriait, comme à un gamin qu'on venait de sauver. Peut-être était-ce l'image que je lui renvoyais. Celle d'un gamin paumé qui n'attendait qu'un de ses parents. J'avais presque honte de ma tenue. J'avais presque honte de me montrer comme cela devant quelqu'un. Alors, je tentais de garder la face. Je me levais, tranquillement. Je suivais ce gars, il m'emmenait hors du parc. Mes soupçons s'envolaient peu à peu. Après tout, si il avait voulu me saigner à blanc, ce parc était l'endroit parfait pour ça. Alors je le suivais, j'espérais être bientôt sorti de cet enfer. Je pensais avoir abandonné tout espoir, mais plus nous marchions, plus je me rendais compte que j'espérais me sortir de là.

" C'est pas comme si j'avais jamais su dans quoi je m'embarquais. Tant que vous ne me torturez pas, je pense que ça me va. "

J'étais cynique. Depuis quand est-ce que j'étais cynique ? Je suppose qu'une part de moi l'avait toujours été. Mais, je n'avais jamais essayé de l'être réellement. Je me rendais compte que j'avais presque peur de me faire haïr par ce garçon, ce jeune homme a qui je devais tant de choses. Finalement, je ne le connaissais que depuis dix minutes, mais il avait fait bien plus que nombre de personnes que j'avais croisé. Un hélicoptère. J'étais arrivé devant une de ces machines volantes. Et bah, il faut dire qu'ils avaient les moyens, les bougres. Je jetais mon mégot de cigarette dans la bouche d'égout la plus proche. Monter dans l'hélicoptère ? Est-ce que je devais vraiment faire cela ? Ce n'est pas que je n'avais jamais été à l'aise avec les airs, mais à choisir je préférais les mers. C'était bien plus agréable de voguer à travers les flots.
On me mettait un casque sur la tête, je n'avais aucune foutre idée de ce à quoi pouvait bien servir ce casque. Mais je me laissais faire, j'espérais ne pas passer pour le dernier des abrutis. Pourtant, j'étais bien pitoyable, j'avais clamé haut et fort être dans un simple abandon de moi même et la seule chose que je trouvais à faire, c'était m'inquiéter du regard que pouvaient avoir les autres de moi. L'appareil décollait, faisant se coucher les herbes par terre. En face de moi se tenait un homme, un homme qui m'impressionnait de par sa prestance. Il était imposant. Bien plus que les nombreuses personnes que j'avais pu croiser. Il me parlait d'une organisation, d'une organisation dont je n'avais jamais entendu parler. Je ne savais réellement de quoi ils me parlaient, mais je me contentais d'écouter, silencieusement, studieusement presque.

" Je... Entendu. J'essaierai de répondre le plus exhaustivement possible à vos questions. "

Je me rendais compte que j'étais impressionné. Je ne savais pas réellement où me placer face à cet homme. Il faisait parti de ces personnes qui en imposaient, à tel point que vous ne saviez pas comment agir face à eux. Et j'étais exactement dans ce cas. Finalement, je devais être plus risible qu'autre chose, avec ma tête de déterré. Elliot restait muet, j'avais envie de me raccrocher à lui, de trouver en lui un soutient. Mais il ne disait mot, il restait là, silencieux. Il se contentait de hocher la tête, de temps en temps, pour donner bonne mesure. Alors je reportais mon regard sur l'Homme.
" Vous m'accordez un sursis, que puis-je espérer de plus ? " Je regardais l'homme dans les yeux. J'espérais qu'il ne me prendrait pas en pitié ou quoi que ce soit. Jamais je n'avais ressenti de tels sentiments. Natural n'avait provoqué chez moi qu'un vague sentiment d'euphorie juvénile. Là, j'avais l'impression d'être ailleurs. D'être face à des puissances inconnues.

" Puis-je seulement vous demander qui vous êtes, exactement ? A quoi sert Shadow's Path. "

Et j'observais l'hélicoptère descendre, lentement, vers le sol.


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Mer 31 Déc - 17:17
Si Elliot se voulait être accueillant pour son hôte, pour la personne qu'il souhaitait défendre, Leon, lui, était bien plus méfiant. L'agent d'Arthur Stockton n'aimait pas que l'organisation dont il était un des chefs d'équipe soit mise à découvert. Loin des clichés, il n'irait pas tuer Nooa parce qu'il en savait trop, non, à la place, il l'intégrerait à son équipe s'il avait en lui quelque chose à leur apporter. Avoir Natural sur son CV n'était pas forcément signe de qualité, il n'y avait qu'à constater ce qu'il s'était passé dans cette dernière mission... Par contre, Nooa n'avait pas l'air d'être le dernier en dressage de Pokémon et s'il se révélait quelqu'un de discret et avec une certaine connaissance.
Et dans tout cela, une chose intriguait Leon face à ce fantôme que l'on qualifiait encore d'homme par respect : ils n'avaient aucune idée de qui il était vraiment. Dans les faits, Nooa était connu au sein de Natural, mais connaître était un bien grand mot lorsqu'il s'agissait d'un nom consigné sur quelques registres et de quelques missions suivies où son nom était cité dans les rapports de l'organisation. Tout cela, Shadow's Path avait pu y avoir accès, sans être des fidèles alliés de Natural, ils partageaient après tout des buts commun et ce n'était pas la première fois que SP participait en retrait à une opération de Natural. L'inverse, par contre, tenait presque du surréaliste. Les agents de l'organisation pour la protection des Pokémon n'était pas de même envergure que SP et surtout pas composée de mêmes profils.

Leon était un des agents directement concerné par le futur de son organisation. Il savait à quel point le fait d'accueillir un nouveau venu pouvait mettre en péril certaines phases de l'organisation. Après tout, le personnel de son organisation n'était pas fait que de bons samaritains, il y avait parmi eux de nombreuses personnes en reconversion et il fallait faire avec les tensions de tout le monde. Cependant, Leon avait un pouvoir, celui de faire et de défaire l'équipe dont il assumait la responsabilité : la SHARP. Le nom avait été choisi pour le type de missions et de personnes que cela représentait. Ils agissaient rapidement, efficacement, dans l'ombre et de manière la plus organisée possible. Les membres la composant se connaissaient au point de savoir comment réagir en cas danger pour les autres, cela en faisait, malgré les apparences, une des équipes la plus stable de SP.
Et au sein de tout cela, Elliot, membre de SHARP pour SP souhaitait que l'on y intègre cet inconnu, c'était cela où l'abandonner à son sort, un triste sort, forcément, car il était probable qu'on le recherche pour au mieux le descendre, au pire le juger et ne pas lui permettre de revoir la lumière du jour.

Tout ça alors que Nooa ne semblait rien avoir du criminel. Leon connaissait bien la justice de ce monde et savait à quel point elle pouvait être corrompue. On ne traite pas de la même façon une personne influente et avec un pouvoir certain et un insignifiant du peuple ou une fortune illustre et un ouvrier. C'était après avoir été mis face à ce monde affligeant que Leon avait décidé de mettre ses compétences en valeur dans une organisation qui pouvait être jugée de criminelle voire de terroriste, mais qui pour lui, l'était bien moins que n'importe quel état.

Nooa ne lui plaisait pas tant que ça. Qui voudrait d'un homme mal en point, puant, défaitiste et prêt à mourir dans l'instant plutôt que de subir la moindre torture ? Qui prendrait ce genre de personnage sous son aile et lui garantirait une protection ? Le rôle de SP n'était pas de récupérer les brebis égarées mais de recruter des agents efficaces pour accomplir leurs missions. Autant dire que sur le moment la place du jeune homme était fortement compromise.
Leon observa un instant le jeune homme alors qu'il se permettait une pointe de cynisme, cela aurait pu déclencher un sourire voire un éclat de rire chez l'agent, mais devant un homme si mal en point, cela ne donnait pas envie de desserrer la mâchoire. Elliot hocha la tête en direction de l'agent, avant de poser un regard plein de compassion vers son protégé. Il savait mieux que quiconque à quel point il était important à ce moment-là de l'action d'employer les mots justes. Leon observa l'action, embêté par cette situation critique, jusqu'à ce qu'il fut surpris par le regard de Nooa plongé dans le sien. Il y avait comme une lueur qu'il n'avait pas observé chez lui jusqu'ici, une lueur beaucoup plus intéressante.

Elliot était silencieux et regarda à travers la vitre. Et dire qu'il avait d'abord eu le vertige dans ces appareils qui paraissaient toujours tellement peu stables. L'hélicoptère bifurqua une dernière fois, permettant au jeune agent d'admirer la vue, Une belle forêt devenue le plus dantesque des théâtres par cette lumière timide et ces bourrasques. Deux voitures attendaient en bas, ainsi qu'un semi-remorque. On pouvait comprendre que l'organisation avait été prise par surprise, du moins lorsque l'on en connaissait les codes. Elliot soupira, pensant déjà au rapport qu'il allait devoir rédiger et à la note probablement désastreuse qu'il allait recevoir pour cette mission, mais son attention revint rapidement vers Leon, qu'il avait entendu parler dans son casque.
    « Ce que nous faisons est confidentiel. Nous sommes une organisation qui recherche la justice pour humains et Pokémon. Notre but premier est donc la défense des derniers, souvent en condamnant les premiers. Tu as peut-être entendu parler de mouvements marginaux lors de ton expérience avec Natural. Nous dirons que nous sommes des marginaux qui ont été suivis par des personnes importantes »
Leon avait planté son regard dans celui de son interlocuteur et lui fit un sourire bien plus avenant, avant de réajuster son micro, comme pour s'assurer que la personne en face de lui l'entendait bien.
    « Ne vous fourvoyez pas en entendant les mots justice et défense. Nous ne sommes pas du bon côté, nous essayons tout au plus de rendre au monde ses valeurs premières mais cela ne fait pas de nous les gentils de l'histoire. Nous vivons en secret, nous mourrons en secret, nous dédions notre vie à notre système de pensée. »
L'hélicoptère atterrit non sans mal sur la remorque, les deux pilotes prenant le temps d'exécuter une manœuvre quasiment parfaite malgré le temps.
Leon et Elliot retirèrent leur casque, mais quand Leon fit un signe de tête à Elliot, celui-ci eut comme un mouvement de recul.
    « Bon... Nooa, je vais devoir te bander les yeux, il ne faut pas que tu saches où l'on va. »
Il parlait comme s'il s'adressait à un ami, c'était en fait presque cela, il avait automatiquement intégré qu'il avait un nouveau camarade, mais pour Leon c'était loin d'être le cas. Les yeux bandés, Nooa fut aidé à descendre de l'appareil puis de la remorque, qui était arrêtée sur une route en campagne, seulement, le jeune homme l'emmena un peu plus loin, là où le sol était imbibé d'eau suite aux intempéries qui avaient touché toute la zone. Le vent soufflait fort et alors que Elliot tenait jusque là le jeune homme pour l'aider à avancer, il le lâcha abruptement au signe de Leon.

Plus aucun bruit. Plus aucun point auquel se raccrocher, le bandeau était bien attaché, pas du genre à pouvoir glisser facilement, mais pour autant, en insistant un peu...
Soudain, une portière se ferma dans un grand bruit et des pas le rejoignirent.
    « Ne t'avise pas à retirer ton bandeau où je te tranche la gorge. »
La voix était celle d'un homme, une voix dure, pour une commande sans appel, pour joindre des actes aux mots, il posa une lame sur la pomme d'Adam de sa victime. Le test venait de commencer. Rangeant sa lame dans son fourreau, il cingla l'arrière des jambes du jeune homme dans le but de le faire tomber. Plus loin, Leon, Elliot et un nouveau venu, Mike, observaient la scène, sous la pluie et le vent, les trois hommes restaient là sans bouger, devant ce qui pouvait sembler être de la violence gratuite. En arrière plan, les deux pilotes étaient aidés de deux autres membres de SP à attacher solidement l'hélicoptère et à le préparer pour le transport.

Le but maintenant était d'observer les réactions du membre de Natural et celui qui s'était porté volontaire pour ce petit test n'était autre que le Maître de la Ligue en personne. Il frappa le terrain autour du jeune homme à deux reprises, avant de le frapper à son tour, dans le dos puis dans les côtes, assez fort pour qu'il s'en souvienne, pas assez pour en garder un souvenir.
    « Tu es seul, tout le monde t'a abandonné. Vas-tu te laisser mourir ou vas-tu réagir ? Es-tu vraiment seul ? »
Arthur avait quitté la maison familiale à l'annonce de la mission d'Elliot, Leon lui ayant parlé d'une nouvelle recrue, il voulait être dans les premiers à le découvrir.



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Mer 28 Jan - 17:21
A vrai dire, je ne me sentais pas réellement à mon aise, ici. Sérieusement, j'étais observé, je me sentais observé. Et ce n'était pas réellement pour me plaire. Non pas que ça me dérangeait, généralement, mais à cet instant précis, j'avais l'impression d'être observé avec une forme d'animosité certaine. C'était surtout cet homme, là, ce Léon Bayle. Oui, je sentais qu'il ne m'aimait pas. Enfin, est-ce que je pouvais vraiment dire ça ? Au moins, il se méfiait de moi, tout son être tendait à m'observer avec une véhémence certaine. Est-ce qu'il était en train de s'imaginer des plans pour me mettre hors d'état de nuire ? Je n'en savais rien. A vrai dire, j'avais d'autres choses à penser. J'étais fatigué. Depuis combien de temps n'avais-je pas eu une véritable nuit de sommeil ? Je trouvais un certain réconfort en la présence d'Elliot, cependant, cet homme qui m'avait sorti de tout ça. Je ne sais réellement dire pourquoi, mais je me sentais bien à son contact. Enfin, j'étais rassuré. Et à ce moment précis, c'était plus que suffisant pour que je vois en lui une bouée de sauvetage.
Et puis, ces gens, est-ce qu'ils avaient réellement les même intérêts que moi ? Je veux dire, j'en savais bien trop peu sur leur groupuscule pour que je puisse me conforter en leurs idéaux. Après tout, qu'est ce qui m'assurait qu'ils partagent réellement mes idéaux ? Qu'est-ce qui pouvait me faire dire, qu'effectivement, nous partagions cause commune ? Je restais silencieux. Je me contentais d'écouter. Il valait mieux, pour le moment. Du moins, c'est ce que je pensais. Je n'avais rien. Mes pensées étaient encore floue. Je me trouvais débile en ces lieux, comment avais-je pu me laisser ainsi accabler ? Merde, j'en avais traversé d'autres, non ? Enfin, cela faisait des mois que je me battais contre ma propre identité. Jamais je n'avais douté, jamais je n'avais voulu abandonner mon combat. Pourtant, la veille, j'étais prêt à tout abandonner sous l'impulsion de la nature même d'une peur que je n'avais encore jamais connu. J'étais certainement la cible de nombreuses organisations qui voulaient ma peau ? Soit. Je n'avais qu'à me constituer une nouvelle identité. Après tout, ce n'est pas comme si celle que j'avais à ce moment était celle qui figurait dans les registres de ce monde.

Je pouvais me reconstruire. J'avais voulu défendre cette identité, celui que j'étais, Nooa Neziel Carthen, mais après tout, qu'est-ce que je m'en fichais ? Ce n'était qu'un nom. Et ce n'était pas mon nom. Mon propre nom. Quel pouvait-il bien être ? J'en avais foutre aucune idée. Et je ne savais réellement, devais-je le chercher ? Tout semblait m'indiquer que non. Pourtant... Pourtant, j'avais l'impression que cela me tenait à coeur.

Mes paroles n'avaient pas eu l'effet escompté, vraisemblablement. J'espérais ajouter une légèreté nouvelle à l'ambiance, cela avait tout simplement échoué. Totalement et naïvement échoué. Je sentais le regard de Léon se poser sur moi. Sa machoire était crispé sous la suspicion qu'il essayait, à peine, de camoufler. Je n'avais pas été très malin, il est vrai. La rencontre avec Elliot m'avait donné l'impression que je pouvais me permettre certaines fantaisies. Je m'étais trompé, lourdement. Cela faisait presque peine à voir. J'avais envie de chercher le regard de mon bienfaiteur, mais décidais que cela n'était pas forcément une idée de génie. Après tout, si j'étais ici, dans l'état dans lequel j'étais, il me fallait bien montrer que je pouvais être un peu digne. Je devais éviter de montrer quelconque signe de faiblesse. Je n'en avais que bien trop montré jusqu'ici. Il me fallait retrouver cette combativité dont j'avais ardemment voulu me draper plusieurs mois plus tôt. Finalement, j'avais jeté à Léon ce regard, ce regard qui m'avait toujours caractérisé.
Finalement, je jetais un oeil par cette fenêtre que j'avais évité d'observer. J'avais déjà volé à dos de pkmn, aussi, cet oiseau de métal me semblait être un moyen de voyage confortable, mais, encore aujourd'hui, mon corps était pris de vertiges face à ces paysages qui défilaient devant moi. Ce n'était pas tant la hauteur que la vitesse. Elle était grisante, certes, mais je ne pouvais m'empêcher d'y voir une certaine peur. Bien sur, j'essayais de camoufler cela du mieux possible. Je me contentais d'apprécier la forêt qui défilait sous nous. Puisque tout le monde semblait occupé à regarder par cette fenêtre, j'en déduisais que je pouvais y observer quelque chose. Et je ne m'étais pas trompé. L'hélicoptère s'était stoppé, il surplombait une forêt. En bas, je pouvais observer plusieurs voitures. Nous devions être arrivés. J'avais presque l'impression de me trouver dans une scène d'un des nombreux romans que je lisais. Sérieusement, est-ce que je pouvais simplement penser, un jour, que j'allais vivre une telle aventure ? C'était presque ironique, moi qui avait toujours souhaité être le héros de ces romans, aujourd'hui, je ne désirais qu'une chose. Retrouver une vie tranquille. Loin de toute agitation. Pourtant, je ne pouvais pas, je ne me l'autorisais pas, je souhaitais défendre mes idéaux.

Léon avait changé. Pour une raison que j'ignorais. Son regard était bien plus doux, plus confortant. Je ne savais quoi en penser, avais-je fait quelque chose ? Il tentait de m'expliquer le but même de l'organisation, sans en dévoiler plus qu'il ne le pouvait. " Je ne cherche aucune gloire ou aucune reconnaissance. A vrai dire, je me fiche d'être le "méchant" de l'histoire. Je ne cherche pas la justice, non plus. Tout ce que je désire, c'est de défendre mes idéaux, de défendre ce à quoi je crois. Je ne dis pas que ce que je souhaite est la meilleure vision du monde, je cherche simplement l'équité... Et mettre fin à ce cercle de haine... " J'avais presque honte de sortir un tel speech, sérieusement, cela faisait bien plus héros de bandes dessinées qu'autre chose. Pourtant, je n'avais pas trouvé meilleurs mots. Alors, je m'enfouissais dans mon casque alors que l'hélicoptère avait commencé sa descente vers la terre.
" Pas de problèmes, j'ai confiance en toi... " J'avais dit ça après la confession d'Elliot. A vrai dire, je ne savais pas pourquoi je me confiais ainsi, la fatigue certainement. Je ne ressentais pas le besoin d'être plus que nécessaire sur mes gardes face au brun qui me bandait les yeux.
Sortir de l'appareil. Cela n'était pas une mince affaire alors que mes yeux ne voyaient que l'obscurité. On me lâchait. Il me lâchait. Je ne voyais rien. J'étais obligé de me contenter de ressentir le monde qui m'entourait. Je m'enfonçais dans la terre, bien trop molle. L'eau commençait déjà à lécher mes jambes alors qu'on m'enjoignait de ne pas bouger. Le silence. Il n'y avait rien d'autre que le sifflement du vent, et cette terre sur laquelle je reposais. Je tentais de rester debout, alors qu'aucun de mes sens ne pouvait m'aider. Où étais-je ? M'avaient-ils abandonnés ? Ma gorge était nouée, je me trouvais incapable de produire le moindre son. Et ce martèlement. J'entendais mon coeur battre en ma poitrine. J'entendais le bruit de mon coeur. Rien d'autre.

Et cette portière. Des bruits de pas. Quelle plaie. J'étais incapable de voir. Je détestais ça. Un ordre. C'était tout ce qui m'était donné à entendre. Rien de plus. Et le raclement du métal. Que faisait-il ? Qu'était-ce exactement. Je voulais avancer. Je voulais tenter de m'échapper, encore. Pourtant, je sentais bientôt un métal froid contre ma gorge. Qui était-ce ? J'avais eu le temps d'assimiler la voix des deux personnes que j'avais rencontré. Assurément, c'était une tiers personne. Mes jambes ployaient sous un coup porté. Mes genoux s'enfonçaient dans la terre.
Je sentais la pluie battre mon visage. Je la sentais battre mes cheveux. Merde. Ils m'avaient conduit ici pour jouer avec mon corps, me tuer. Décidément, je ne pouvais que féliciter la prestation d'acteur d'Elliot. - Si tentait que cela était son véritable nom. - Je sentais un bâton me frapper, s'enfoncer dans ma chaire. Non. Jamais plus. Je n'allais plus fuir.

" Je ne suis pas seul. Je ne le serais jamais ! "

J'agrippais la sphère bicolore qui pendait à ma ceinture. Je pressais sur le bouton central de toutes mes forces alors que je tentais de sauter du mieux possible vers l'avant. Iroh. Il était le seul dont j'avais gardé la pkball à ma ceinture. Je devais livrer un combat à l'aveugle ? Soit. Mon Nostenfer serait plus que capable de faire la différence. Je croyais en lui. Alors que mon corps s'enfonçait dans la boue, je tentais de balayer l'espace derrière moi de mes jambes. Tentant, vainement, de faire tomber mon agresseur.
J'essayais de me hisser, difficilement, sur mes jambes alors que j'étais incapable de retrouver mon équilibre. La terre ployait sous mon poids et ma cécité momentanée n'aidait en rien. J'entendais les battements d'ailes d'Iroh, il se déplaçait. Non, il fondait. Alors que ma bête fondait sur mon adversaire, mon corps prenait, naturellement, une pose de combat. Mon corps se souvenait des mouvements basiques que les moines de l'ordre m'avaient appris. Un art martial que je ne maîtrisais guère. Pourtant, cela pouvait, possiblement, intimider mon adversaire. Je l'espérais, du moins.

" Si vous espériez que je me laisse faire, vous allez être déçu, je compte bien me battre. Et je ne serais pas seul. Ils seront avec moi. "


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Sam 21 Fév - 16:19
    « Blade. Sois rapide, j'ai dû quitter la table et le gâteau arrive.
    - Tu vas peut-être devoir t'en passer... Je te la fais courte : Ça a mal tourné chez Natural et un de leurs agents se retrouve dans la panade. Apparemment il s'est échappé pour Vermilava.
    - Et qu'est-ce qui nous regarde là-dedans ? Natural ne sait même plus protéger ses hommes ?
    - Je crois même que Natural n'est plus... Elliot était sur la mission d'hier, deux morts, un camp adverse.
    - Et chez eux ?
    - Lewis. »
Cela n'avait vraiment pas dû se passer comme prévu. Imaginer le décès de ce type n'était pas tant un choc, car dans leur milieu cela arrivait malheureusement assez fréquemment, le problème était cependant de savoir que cet incident pouvait signer la fin de Natural.
    « Et votre type, comment il s'appelle ?
    - Nooa, mais ne te prends pas la tête, même moi je n'ai rien trouvé sur lui.
    - Un nom d'emprunt ?
    - Peut-être bien, en tout cas même Elliot ne semble pas vraiment le connaître. Ça peut être un nouveau ou un dommage collatéral.
    - Donc vous voulez l'interroger...
    - Oui, il est mieux de l'avoir de notre côté que de celui de nos ennemis. En tout cas pour sa santé.
    - Et tu veux que je lui fasse passer le test ?
    - Si possible. Elliot devrait bientôt le trouver et nous l'amener. Sois libre d'ici une heure, je t'envoie quelqu'un. »
Arthur avait raccroché pour retourner à table, où sa fille, ses parents et les parents d'Angèle l'attendaient.
    « Vite, Thuss, on a coupé le gâteau ! » l'avait appelé son père.

Le maître de la Ligue avait souri et s'était assis à table, avant d'apprendre à son entourage qu'il n'allait pas pouvoir rester très longtemps. Il prétexta avoir oublié qu'on l'attendait pour une interview, expliquant tout de même qu'il serait rapidement de retour. En effet, il avait eu son agent au téléphone et tout cela devrait se régler au plus vite, on viendrait même le chercher pour cela.
Et d'ailleurs, une fois les cafés engloutis, Mike était arrivé pour conduire le jeune aveugle. Étant un habitué, l'ami fut bien reçu et on lui proposa même de rester un peu une fois la mission accomplie.
Tout le monde avait adhéré sans problème à l'excuse de l'interview, d'autant qu'Arthur ne tenait pas d'agenda et tout le monde savait que c'était là le rôle de Leon.
À l'extérieur de la maison, dans la petite cour qui était fermée par un portail imposant se trouvaient trois gardiens des lieux en train de faire la sieste, qui daignèrent ouvrir les yeux quand leur maître passa à côté d'eux : Kildare, le vieux Ronflex, l'avait même salué, alors que Enya et Myrkur, la Mentali et le Noctali s'étaient contentés d'un bâillement.
    « Les meilleurs gardiens du monde. » avait commenté Mykolas, le père d'Arthur, en les accompagnant jusqu'à la voiture, tenant pour eux un grand parapluie.
    « Surtout, je n'en reviens pas que Mitzrel s'occupe aussi bien d'Emma.
    - Oui, c'est véritablement son ange gardien. »
Quand on savait que le Noctunoir avait décidé de prendre l'âme de son maître à sa mort, cela avait de quoi surprendre...
    « Il n'y a pas meilleur baby-sitter... Après papy et mamy Stockton. »
Arthur s'était rattrapé au dernier moment en présence de son père, déclenchant un rire de Mike.
Arthur salua son père, puis sortit de la cour avec Mike jusqu'à la voiture dans laquelle il monta, rappelant Rizzen dans sa Pokéball, celui-ci ayant un grand mal des transports. La voiture démarra et Mike reprit la parole.
    « Une interview ?
    - Je n'ai pas trouvé meilleure justification sur le moment. Leon est sur place ?
    - Affirmatif, il a fait un tour d'hélico avec Elliot et le nouveau.
    - Ah, le nouveau, déjà ?
    - Façon de dire, mais Elliot croit en lui apparemment et vu les circonstances je pense qu'il y a de bonnes chances pour que Leon l'intègre à notre équipe. Après tout il n'y a pas eu de changement depuis un moment et tu es devenu un membre à mi-temps avec la Ligue, alors ça me parait être une idée plutôt judicieuse...
    - Je comprends ce point de vue, mais si on ne sait rien sur lui...
    - Ouais, en tout cas, rien de plus que ses activités chez Natural, et il n'y avait rien de bien costaud. Ça rend Leon méfiant autant que ça l'intéresse.
    - C'est sûr qu'une identité secrète ce n'est pas anodin. Ce type doit avoir un plus que l'on ignore.
    - Ouais, alors par contre d'après les dernières nouvelles c'est une épave le mec. Il est au bout de sa vie donc vas-y mollo... Je pense qu'il sera interrogé quand il ira un peu mieux.
    - Ok. Ça ira vite. Je n'ai pas le choix, ma fille m'attend. »

Le maître de la Ligue était donc arrivé face à Nooa. Il était vrai qu'il lui suffisait de voir sa silhouette pour comprendre qu'il n'allait pas bien. Il avait perdu ses appuis et ne tenait que très faiblement sur ses jambes. Il ne serait pas difficile de le mener à bout et déjà Arthur le menaça de son arme. Ce n'était pas son sabre préféré mais bien le plus pratique, caché dans sa canne d'aveugle, il lui permettait d'agir rapidement. L'effort était grand pour ce genre de manœuvre, mais il savait que c'était cela que l'on attendait de lui. Une fois Nooa à terre, il n'avait plus qu'à attendre sa réaction. Il ne pouvait pas fuir, il n'en avait pas le droit, mais qu'allait-il choisir alors ? Abandonner la vie, si simplement ? C'était un choix possible, mais pour autant il était évident que l'agent de SP n’accéderait pas à la requête. Il avait donc apostrophé le jeune homme en espérant le faire rebondir sur cela. Non, il ne pouvait pas abandonner maintenant. Et la réponse qu'il attendait était venue.
______________

Pour Elliot, Nooa était plutôt sur la bonne voie. Il avait répondu franchement à Leon et ne se laissait pas faire. En fait, il semblait même avoir repris un peu du poil de la bête, comme s'il était de ceux qui prennent la parole seulement quand quelque chose les révoltent. S'il avait des idéaux à défendre, il semblait logique qu'il soit tombé sous la coupe de Natural, car loin d'être la seule organisation environnementaliste, elle se voulait aussi discrète et audacieuse. Le problème était que ses actions n'avaient que trop rarement une envergure suffisante pour avoir un véritable intérêt. Et surtout, ils n'avaient aucune maîtrise du danger, Elliot et Nooa en avaient fait l'amère expérience.
Leon avait été attentif au discours du jeune homme. Avait-il décidé de sauver sa peau, en lui servant une poésie qu'il saurait apprécier ? Il ne pouvait être sûr de rien, il se méfiait de lui comme de toute nouvelle tête. Il ne lui donna aucune réponse, se contentant de l'observer comme s'il tentait de sonder son âme.
L'hélicoptère enfin atterri, Leon intima à Elliot de bander les yeux de Nooa en lui montrant d'un geste la bande de tissu épaisse se trouvant à côté de lui. Elliot avait bien joué son rôle. Il était par ailleurs vraiment désolé du sort de l'agent de Natural. Même s'il savait que ce petit test pourrait constituer sa porte d'entrée pour leur groupe d'intervention et à plus grande échelle, à Shadow's Path.
______________

Le jeune aveugle pesta un instant, reprochant au temps de ne pas être en sa faveur. La pluie et le vent allaient tremper ses vêtements, personne de sensé ne ferait une interview dans cet état...
Enfin, au moins la larve en face de lui avait un peu repris de son humanité. Il semblait tenter tant bien que mal de lutter contre la vase dans laquelle il s'était embourbé. Arthur l'attendait sur la terre ferme, mais ce qui vint à sa rencontre fut un Nostenfer, qu'il reconnut immédiatement à son cri et ses déplacements. Les sonars qu'il utilisait pour se déplacer et étourdir sa proie avaient été longuement étudié pour voir s'ils pouvaient être transposés chez l'humain, via différents capteurs. Mais la nature avait refusé de se laisser imiter et les résultats n'avaient pas été probants.
Le maître de la Ligue envoya aussitôt son Mangriff.
    « À toi de jouer. »
Il n'avait pas à donner d'ordres. Il eut un instant la réminiscence de ce qui s'était passé au Mont Couronné, de cette étrange entité qu'il avait prétendu pouvoir défier. Il était totalement aveugle à ce moment-là, sans aucun repère, sans aucune source d'aide que sa propre énergie. Il mettait Nooa dans ces mêmes conditions aujourd'hui. Et ce dernier montrait qu'il souhaitait s'en sortir. Il s'était relevé avec difficulté et avait prévenu qu'il ne se laisserait pas faire.
    « C'est bien. »
Déjà, le Mangriff d'Arthur s'était élancé vers le Nostenfer dans le but de lutter contre lui.
    « Je te suis largement supérieur, que ce soit pour mettre ton Pokémon à terre ou en combat direct contre toi. »
Pour preuve, il lui donna un nouveau coup, moins dur, sur le côté droit. Comme pour le prévenir de sa présence, alors qu'il se déplaçait autour de lui, évitant toutefois les endroits boueux. Cette silhouette en face de lui tenait cette garde simple. Nooa serait-il déjà entraîné ? Visiblement c'était bien trop peu pour lutter contre lui.
    « Tu es handicapé, aveugle. Imagines-tu finir ta vie ainsi ? Tu as rampé pour me toucher, mais j'étais déjà trop loin. Je t'ai frappé avant que tu puisses deviner quelle était ma position, mon intention. Tu dois écouter mes pas, sentir la terre, le vent. Te concentrer pour me voir, à ta façon. »
Rizzen était sur le point de mette son adversaire K.O., ce qui attira l'attention d'Arthur.
    « Tu ferais bien de rappeler ton Pokémon, il n'est malheureusement pas assez entraîné. Ils ne vous apprennent pas grand chose chez Natural. Pourquoi les avoir rejoins, Nooa ? Pourquoi avoir changé de nom ? »
Après les conseils, le maître avait décidé de lui faire passer un interrogatoire qui pourrait bien plus servir aux membres de Shadow's Path présents.
En effet, plus loin, Leon restait attentif aux paroles et actions des deux hommes, quand Mike tentait de rassurer Elliot, en lui assurant que l'épreuve serait bientôt terminée.



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Dresseur Hoenn

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Ven 27 Mar - 11:21
J'avais été le dernier des lâches, face à ce qu'il m'était arrivé je n'avais trouvé qu'une seule solution, m'échapper. Fuir ma vie du mieux que je pouvais, me saoulant et fumant à outrance, m'accrochant comme un naufragé à cette bouée de secours qu'avait été Lou. Je repensais à lui, alors même que je m'embourbais dans la glaise. Il avait été là, la veille, pour moi, comme une divinité salvatrice, il m'avait accueillit alors même que j'avais l'impression que le monde entier était à ma poursuite, que chaque homme pouvait être l'image même de l'échec de la fuite que je tentais d'accomplir. Il avait été tout ce qui comptait en ce monde à cet instant précis, pour moi. J'oubliais tout ce que j'avais toujours su pour me concentrer sur la figure pâle du petit être. Son image, son visage, son être me rappelaient à ma condition, j'avais été le dernier des pleutres. J'avais agit sous le coup de l'angoisse, de la peur, et je savais, maintenant, que jamais je n'aurai du succomber à ces tentations, que trop grandes. J'avais honte, honte de moi et de mon comportement, aussi promettais-je, au silence et au monde qui m'entourait, que jamais plus je ne me comporterait ainsi, que jamais plus je n'irai jusqu'à laisser tomber les êtres qui comptaient le plus sur moi, mes pkmns. De cette promesse découlait un sentiment de sûreté, de nouveauté, je savais, maintenant, que je n'étais plus seul. Que je ne l'avais jamais été. De Cheshire à Jaq'en, tous étaient là pour moi. Tous n'attendaient qu'une chose, que je puisse me reposer sur eux. Et, alors que ces considérations de la plus haute importance défilaient dans ma tête, à une vitesse plus qu'improbable, je m'enfonçais dans la boue. Je sentais mes membres s'engourdir alors que de mes yeux je ne voyais que le néant. J'apprenais à sentir le monde, à comprendre ce qui m'entourait, et, pour une raison aussi obscure qu'absurde, je me sentais plus sûr de moi, plus confiant. Je n'allais plus fuir. Plus jamais. Et je n'allais pas laisser ces êtres stupides avoir le dernier mot. Je devais me battre, me relever et combattre. Combattre cette menace aveugle que je ne pouvais que sentir douloureusement contre mes côtes.
Je pestais contre cette menace, je pestais car je n'arrivais pas à la toucher, je ne pouvais la toucher car je ne la voyais pas. Pourtant, elle prenait un malin plaisir à me narguer, de toute sa hauteur. J'entendais le bruit d'un combat, tantôt proche, tantôt lointain, Iroh était en train de livrer sa propre bataille. J'avais confiance en lui, de tout mon être, pourtant, j'en arrivais à m'inquiéter. J'entendais des bruits d'entailles contre le bois, de claquement de mâchoire. Je ne savais rien de mon adversaire et qu'importe la foi que je pouvais avoir en mon pkmn, je ne pouvais savoir si mon adversaire m'était supérieur ou non. De nouvelles paroles, toujours hautaines et supérieures. Il m'était supérieur en combat pkmn ainsi qu'en combat physique ? Soit, je n'avais qu'une option en tête, je me devais de tenter ma chance face à cette adversaire qui, lui, n'était pas handicapé. Tenter ma chance et gagner, si ce dernier ne me servait qu'un fatras de foutaises, ou bien perdre, si ce dernier s'avérait être le dictateur de la vérité. Il m'était, cependant, impossible de fuir, quand bien même je pouvais perdre. Je refusais de me laisser, encore une fois, dicté par la peur de l'échec et de la mort. Ils attendaient de moi quelque chose, pour jouer ainsi, autant leur en donner pour leur argent. Je sentais à nouveau le contact de l'objet contre moi, contre mon flanc. J'essayais de l'attraper, de désavantager mon adversaire, peut être même de le faire choir, impossible. Ce qui avait servit à me blesser les côtes était déjà loin. Trop loin. " Ce n'est pas parce que vous m'avez handicapé que je vais baisser les bras. Même si je ne comprends pas ton discours pseudo-philosophique, croit moi, ce n'est pas une cécité qui va m'empêcher de te battre. " Ce n'est pas comme si j'y croyais vraiment, pourtant, j'essayais, moi aussi, de déstabiliser mon adversaire. L'avantage le plus petit pouvait faire la différence ici. J'essayais de me repérer à l'ouïe, je voulais l'entendre, le faire parler. Je voulais qu'il m'indique sa position, pour que je puisse écraser mes phalanges contre son visage ou contre n'importe quelle autre partie de son corps.

J'entendais les cris de Iroh, il était en difficulté, je le savais, ainsi l'homme ne me mentais pas. Il était bien plus fort que moi sur le plan martial. Il me testait, il jouait avec moi comme un serpent avec sa proie. Doucement, presque imperceptiblement, je murmurais à la nature. " S'il te plaît, Iroh, tiens encore un peu. " Si je savais qu'aucun être humain n'avait pu m'entendre, je pariais sur l'ouïe de mon Nostenfer. Il avait du m'entendre, j'espérais du plus profond de mon coeur qu'il m'avait entendu, qu'il avait entendu ces paroles prononcées du plus profond de mon être. La ruse était simpliste, si l'homme se jouait véritablement de moi mes expériences littéraires m'avaient dévoilées une chose, il parlerait, il ne pourrait s'empêcher de m'informer sur la situation de mon pkmn, de sa défaite prochaine. Je m'en voulais, je m'en voulais de ne pas pouvoir le rappeler avant, de devoir le laisser, ainsi, se battre. J'entendais chacun de ses cris, ils me blessaient autant que les attaques qu'il pouvait recevoir. Il parlait. J'avais vu juste, j'avais compris ses intentions. Je savais où il était, maintenant, je savais d'où venait cette voix qui, quelques minutes plus tôt, me paraissait être partout et nul part à la fois. " Retirez tout suite ce que vous venez de dire ! Iroh n'est pas aussi faible que ce que vous dîtes ! Il se bat avec moi, il se bat pour que nous puissions défendre nos idéaux ! " Changer de nom ? Comment le savaient-ils, non pas que j'avais réellement changé de nom, mais je savais très bien que Nooa n'était pas mon prénom, pas mon véritable prénom. Je préférais ne pas lui répondre, ne pas perdre d'avantage de temps pour le laisser changer de place, bouger, avancer. J'appuyais sur la sphère bicolore d'Iroh, le rappelant ainsi. Il s'était bien battu, j'étais fier de lui. Pourtant, je reculais, d'un saut difficile. Je retombais sur mes pieds, de justesse, manquant de choir dans la boue. Et, dans un même mouvement, j'appuyais sur la sphère de Vatn. De cette dernière sortait un Hyporoi majestueux qui n'avait pas eu besoin même d'indication pour attaquer. A peine sa silhouette s'était-elle matérialisée qu'une vague déferlait en direction de cette voix. Si j'étais aveugle, il ne l'était pas. Il pourrait se battre avec moi, à mes côtés, visant avec justesse la personne qui m'assaillait.
Je ne savais si la déferlante d'eau avait pu toucher mon adversaire, ou non. Le seul son qui m'était parvenu jusqu'ici était le bruit de l'eau s'écrasant contre une surface quelconque. Je croisais les doigts, intérieurement, d'avoir touché cet homme qui me narguait, qui se jouait de moi. Les quelques instants qui suivirent ne me servirent que l'écho du silence. Je n'entendais plus rien, que ce soit le pkmn adverse, mon adversaire ou même les gens qui m'avaient accompagnés jusqu'ici. Que faisait Elliot, où était-il ? Se délectait-il de ma déchéance, de ma cécité ? Je lui en voulais, j'avais cru en lui, j'avais espéré qu'il dise vrai, qu'il serait là pour me protéger. Mais de Prince en détresse, j'étais devenu le chevalier qui se battait contre la mort elle même. Mes mains trouvaient les écailles de Vatn, alors que j'essayais de m'imprégner de ce monde d'obscurité, de ce monde d'ombres. J'essayais de savoir où j'étais, ce qui m'entourait. L'exercice était périlleux, mais plus les - trop longues - minutes passaient, moins ma cécité me dérangeait. J'essayais, tant bien que mal, de me fier à mes autres sens. Bien sur, je n'y arrivais pas et sentait encore l'angoisse des ténèbres me nouer le ventre, mais j'étais quand même bien plus à l'aise.

" Qui êtes-vous ? Qu'est ce que vous pouvez bien me vouloir ?! " Je prononçais ces mots violemment, je voulais une réponse. J'avais besoin de savoir. Je refusais d'être le seul à se prêter au jeu des questions.


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Ligue 4

C-GEAR
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Lun 18 Mai - 23:27
N'était-ce pas avant tout un combat contre lui-même ? C'était ce que Leon se demandait, en observant la scène de plus loin. Ce n'était pourtant pas quelque chose qui plaisait à Arthur, la vengeance, mettre les autres à terre, alors pourquoi ? Il profitait de la soudaine cécité de son adversaire pour le tester, mais de là à ce que ce soit une bonne idée stratégique pour le comprendre, on en était assez loin du compte. Leon restait pour autant là sans rien ajouter au combat. Cela lui permettait après tout de voir comment Arthur se sentait, dans le même temps qu'il en apprenait plus sur Nooa. S'il avait une quelconque prédisposition, ce serait maintenant qu'il allait les mettre en avant, il devait le faire maintenant, car c'était à ce moment-là qu'on lui donnait la possibilité de survivre, de survivre en se battant. La technique d'Arthur était simple, à bonne distance, la lame vers le haut, il ne l'abattait seulement pour déstabiliser son adversaire, ou pour lui donner des coups d'une force peu élevée.
De son côté, le Mangriff faisait des siennes, ce n'était pas un Nostenfer, bien que de haut niveau, qui allait faire peur à Rizzen. Il avait l'habitude de retenir ses coups et heureusement, car il pourrait devenir un véritable monstre si sa puissance était relâchée.
Au moins, Arthur pouvait être satisfait, Nooa avait décidé de se battre et cherchait à se dégager. Leon ne s'était pas trompé, cette lueur qu'il avait constaté lors du voyage en hélicoptère, le jeune homme n'allait pas se laisser faire, n'allait pas se laisser abattre. Il avait encore des valeurs, des envies, des choses à défendre, il n'était pas seul, ses Pokémon comptaient sur lui et il avait encore des choses à régler visiblement, trop de vie pour disparaître maintenant.
    « Elle ne t'empêche pas de combattre, mais elle garantit ta perte ! »
Arthur répondait aux envolées de son adversaire, un sourire en coin. Que pouvait-il contre lui ? Absolument rien. Cet excès de confiance n'en était pas un, à ce moment-là, le pauvre Nooa ne valait rien face à lui. Il le savait et il pourrait le former.
Arthur n'avait pas de grand espoir pour un revirement de son adversaire, il avait déjà envoyé un Pokémon assez fort par rapport à ce qu'il aurait imaginé, mais pour autant, il ne pouvait penser qu'un compagnon de Nooa battrait un des siens.
    « Ne transforme pas mes paroles. »
Jamais il ne critiquerait gratuitement un adversaire, ici il n'annonçait que des faits pour le forcer à abandonner, pour l'acculer au maximum et il était content de voir qu'au lieu de cela, l'autre renvoyait la balle, répondait. Défendre des idéaux, son discours semblait figé, et le ranger comprenait que Natural l'ait accepté dans ses rangs. S'il n'était pas un guerrier, il faisait un bon dresseur et s'il ne savait pas jouer des poings, ses paroles étaient claires.

Non loin, Elliot s'impatientait grandement. Bien sûr, il ne le connaissait pas, mais il avait l'intime conviction qu'il s'agissait là d'un allié, d'un ami que l'on traînait dans la boue. Il ne pouvait pas le supporter, détournant finalement le regard.
    « Ça va aller, il sait ce qu'il fait.
    - Dis ça à Nooa...
    - Elliot, tu connais les règles. Nous devons rester les plus vigilants possibles. Blade ne s'amuse pas, il sait mieux que quiconque ce que cela fait de se retrouver dans ce genre de situation... »
Leon ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter pour lui. À quel point Nooa lui renvoyait-il sa propre image ? L'épreuve semblait finalement être pour les deux hommes. Et l'homme de Natural n'avait pas dit son dernier mot. Portant une main à sa ceinture, il envoya un nouveau Pokémon.
    « Attention ! »
Si les trois hommes en retrait avaient pu éviter la vague, se mettant à l'abri sur le côté alors que la vague s'était abattue non loin d'eux, ce n'était pas le cas d'Arthur qui avait dû la recevoir de plein fouet. Une grande inquiétude se lut alors dans le regard de Leon avant qu'il ne repère son ami.

Le champion n'avait pas tout de suite compris les agissements de son adversaire et quand cela avait été le cas, c'était trop tard. Ses lunettes avaient repéré l'Hyporoi juste avant qu'il ne lançât son attaque dévastatrice. Arthur planta sa canne dans la terre meuble et força ses appuis, imaginant que le gros de la vague lui passerait au-dessus. C'était un bon calcul, courbé, il parvint à garder la posture sous la pression, avant de chanceler, se forçant à tenir pour finalement tomber à genoux non loin de son arme, il y avait plus important à protéger, son bras restait devant ses yeux, il ne pourrait supporter un choc aussi violent et sa main libre avait saisi ses lunettes. Pouvaient-elles fonctionner sous l'eau ? Pas vraiment. Elles avaient mal supporté de recevoir cette attaque, mais elles fonctionnaient toujours, plus ou moins. Arthur, l'espace d'un instant, resta sonné. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne l'avait pas vu venir, contrairement à son compagnon, Rizzen, qui avait été plus malin et s'était abrité de l'attaque. Il n'avait pas cherché à se mettre au devant de son maître, il avait calculé la puissance de la vague et avait profité protéger son pelage avant tout. Il y avait tout de même des priorités. Il réapparut aux côtés du ranger pour l'aider à se relever. Trempé, les genoux boueux, le maître de la Ligue savait que le retour à la maison de vacances serait un peu plus compliqué que prévu. Alors que le jeune homme était finalement sur ses deux jambes, il s'avança pour récupérer ses canne alors que Nooa l'apostrophait.
    « Je suis un ranger de Shadow's Path. Mon nom est Blade et je veux t'intégrer dans mon équipe. »
Sa voix était plus calme, comme pour faire descendre la tension bien palpable. Rizzen se tenait droit à ses côtés, comme s'il avait compris ce que son maître avait décidé, il n'y avait plus de combats et même si les adversaires étaient sur leurs gardes, ils n'avaient pas de raison d'attaquer. Le ranger leva la main pour alerter ses collègues avant de poursuivre.
    « Le test est terminé. »
Elliot fonça alors vers le jeune homme, pendant que Mike et Leon se dirigeaient vers Arthur. Ce dernier avait retiré sa veste et commençait à enlever sa chemise.
    « Tenace, mais il mérite un peu de temps pour lui. Je suis prêt à le prendre en charge dans SHARP si ça te va... Il est bon dresseur, une fois qu'il sera rétabli, il pourra devenir bien plus que cela.
    - Bien, je le ramène au QG. Pas trop secoué ?
    - Ça va, tu n'as pas de vêtements de rechange ?
    - Ils verraient le changement quoiqu'il arrive. À toi de trouver une bonne excuse.
    - Qu'est-ce que tu penses de « un Hyporoi m'a lancé une attaque Surf dessus » ? Sympa le look effet mouillé en tout cas.
    - Génial Mike, tu feras moins le malin quand je t'aurai montré mes lunettes. Allez, on file.
    - Je t'appelle dans la soirée pour le débrief. »
Arthur hocha la tête puis rappela Rizzen après lui avoir frotté la tête, souriant face à son grognement, et monta dans une voiture avec Mike. Celui-ci s'était saisi des lunettes de son ami et les analysait avec effroi, pendant que le ranger faisait une grimace suite au contact de sa peau sur ses vêtements mouillés et le revêtement des sièges de la voiture. Vraiment, de leur côté, le bilan était plutôt négatif.
Leon soupira de soulagement en les voyant partir, avant de se retourner vers Elliot et Nooa, qui venait de recouvrer la vue. À sa place, Leon aurait attaqué tout ce qui se trouvait dans son périmètre. L'agent sortit alors deux de ses Pokémon, servant la dissuasion. Ils avaient encore du chemin à faire et Nooa devait accepter, pour son bien.

Il avait dû trouver les mots. Elliot craignait que Nooa n'ait plus confiance en lui, il aurait maintenant beaucoup de raisons. Il s'était pourtant approché, avait accouru pour l'aider tout en essayant d'apaiser l'Hyporoi, lui montrer qu'il n'était pas un ennemi, les deux mains en l'air. Déjà, Blade et Mike étaient en train de quitter la scène. Blade ne souhaitait pas dévoiler sa véritable identité, du moins pas encore. Pour le plus jeune, il fallait maintenant montrer ses qualités, se faufilant auprès de son nouveau camarade, Elliot arriva près de lui pour tenter de lui parler calmement.
    « Désolé Nooa, ils voulaient te tester, c'est fini maintenant. On va te ramener au QG, tu vas pouvoir te reposer. »
Sans faire de l'infiltration une de ses spécialités, Elliot était d'un naturel assez avenant, montrant une réelle franchise, cela faisait de lui quelqu'un en qui l'on faisait facilement confiance. Le problème, c'est qu'après lui avoir fait subir le test, il ne serait probablement pas des plus coopératifs. L'agent de Shadow's Path observa ses pairs partir et aida alors Nooa à retirer le bandage qui lui cachait la vue. Devant lui, Leon venait d'appeler son Alakazam et son Jungko, n'ouvrant pas spécialement à un dialogue mais intimant le jeune homme à ne pas lancer d'attaques.
    « À partir de maintenant, je vais assurer votre défense. Vous n'avez plus rien à craindre, vous faites partie de l'équipe à présent. J'ai une quantité de choses à vous expliquer sur notre fonctionnement, mais cela attendra votre rétablissement. »
Il avait passé la première épreuve, le baptême du feu, maintenant, il pouvait vivre à nouveau, parmi d'autres.



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Mer 21 Oct - 0:04
La cécité. Au fond, j'étais tout bonnement terrifié, je ne sais même pas comment j'arrivais encore à tenir, face à cet homme, à cette menace que je ne pouvais pas même voir. Je sentais que mon corps ne souhaitait plus qu'une seule chose, flancher, arrêter de se battre, mon sang était devenu acide. Pourtant, pour une raison que je n'expliquais pas le moins du monde, j'avais trouvé le courage de me dresser face à l'homme qui semblait ne vouloir qu'une chose, me persécuter pour son plaisir. Je décidais, encore quelques instants, de me reposer sur mes pkmns, j'étais convaincu qu'ils étaient capable de me tirer de cette situation, je devais leur faire confiance, après tout, je n'avais plus que cela. Pourtant, je savais que ce qui se jouait là n'était qu'un combat à sens unique, que malgré mes tentatives, malgré mon acharnement, je ne pouvais venir à bout de mon adversaire, j'étais désavantagé en ma simple cécité. Si seulement je me battais contre un aveugle, je pourrais avoir mes chances, pourtant, la précision des coups de mon adversaire avait bien pour but de me montrer une chose, il voyait, lui. J'avais envie de hurler, d'arracher ce bandeau qui entravait ma vue et me jeter sur mon adversaire pour, enfin, me battre à arme égale, pourtant, ma peur m'empêchait de le faire, m'empêchait d'agir, j'avais tout simplement peur des menaces qu'il m'avait lancé. Je ne savais pas combien de temps je pouvais tenir, ainsi, si il avait décidé de me lancer dans un combat d'usure, je ne tiendrais pas plus longtemps. Alors, je laissais de côté toutes les provocations qu'il me lançait, je laissais de côté toute la peur que m'inspirais le moindre geste que je pouvais produire, et j'appuyais de toutes mes forces sur une petite sphère bicolore qui reposait près de moi. C'était la dernière action que je pouvais faire, c'était la dernière chose que j'aurai la force de faire dans ces conditions. Comme une lame transperçant mon corps, je vis un fin rayon de lumière rouge déchirer les ténèbres de ma cécité, ce rayon était à la foi terrifiant et rassurant. Pendant un instant, je remerciais ce flash lumineux de me tirer de ma cécité, de me montrer que je n'étais pas réellement aveugle, mais, bien vite, je retombais dans les ténèbres qui m'angoissaient tant.
Je sentais mes cheveux balafrer mon font, je sentais la boue se figer sur mon visage, alors que le froid mordait tout mon être. Pourtant, j'entendais, au son des vagues et de l'eau qui se fracassait contre les roches, contre les arbres, contre les corps, que mon adversaire passait un moment plus désagréable encore que le miens. J'avais appelé mon Hyporoi, Vatn, laissant une dernière attaque, pour tenté de toucher mon adversaire, de l'emporter, et de pouvoir, enfin, m'écrouler sur le sol et ne plus jamais avoir à me lever. Je sentais mes forces me quitter, une à une, alors que le flux de l'eau se calmait, doucement. Pourtant, alors que j'espérais que cette simple attaque vienne à bout de mon adversaire, je l'entendais, doucement, se relever, me jauger de toute sa hauteur. J'avais peur, j'avais envie de ramper dans la boue, n'importe où, mais ailleurs. " Je suis un ranger de Shadow's Path. Mon nom est Blade et je veux t'intégrer dans mon équipe. " La voix de l'être s'était faite plus calme, plus douce, que lors de leur duel, pourtant, cette voix avait don de le glacer encore d'avantage le sang, me figeant tout simplement dans la boue. Nous n'appartenions pas au même monde, il était bien supérieur à moi, en cette simple phrase, cette intonation détaché de tout, je pouvais le percevoir.

Le test était terminé, il venait de le dire, pourtant, ces mots me donnèrent envie de cracher toute la bile que mon frêle corps pouvait encore contenir. Comment ça, le test était terminé ? Comment pouvait-il décider, ainsi, de si ce test était terminé ? C'était tout ? Il allait me laisser là, ayant suffisamment jugé ? Il allait me laisser là, sans que je ne puisse rien dire de plus, sans que je ne puisse rien faire de plus ? Je sentais mes ongles s'enfoncer dans la boue, je sentais ma rage grandir en moi, alors que je n'avais pas assez de force pour tenir debout, pour lui faire faire volte-face, pour enfoncer mon poing dans son visage. J'entendais son pas s'éloigner, j'entendais sa voix faire écho à celle d'autres, j'avais envie de l'arrêter, j'avais envie de le suivre, pourtant, je restais là, je restais là, dans la boue, sans bouger, sans rien dire. Je me contentais d'attendre les directives, je me contentais d'attendre qu'on m'appelle. Je n'avais rien d'autre à faire de toute manière, j'étais encore aveugle, aveugle et impuissant. Je restais là, dans la boue, alors que lui s'en allait.
Bientôt, je sentais une présence à mes côtés, quelqu'un avait du juger bon de m'enlever mon bandeau. Je fus aveugle pendant quelques instants, la lumière du jour me transperçait les yeux comme des millions d'aiguilles. Je n'étais resté aveugle que plusieurs minutes, pourtant, mes yeux s'étaient déjà habitués aux ténèbres. Je tentais, tant bien que mal, de distinguer l'ombre qui se situait à mes côtés, cachant mes yeux avec le revers de ma main, impossible de distinguer l'ombre d'une silhouette. Si j'en avais eu la force, j'aurai bien attaqué toutes les personnes qui se trouvaient autour de moi, mais, cela ne serait que pure folie, alors je me contentais de serrer les dents, jusqu'à en souffrir, j'intériorisais toute la haine que j'avais envie d'expulser. " Désolé Nooa, ils voulaient te tester, c'est fini maintenant. On va te ramener au QG, tu vas pouvoir te reposer. " C'était donc Elliot qui était à mes côtés, j'avais entendu sa voix, j'avais reconnu sa voix, pourtant, je n'avais qu'une envie, lui dire de partir, de s'en aller, de ne jamais se présenter devant moi à nouveau. J'avais cru en lui, j'avais bien voulu me reposer sur ses épaules, pourtant, tout ce qu'il avait fait n'était que trahison, il m'avait laissé là, seul, dans les ténèbres et la boue. " Trop aimable, merci. "

J'essayais de me lever, sans succès, mes genoux trouvaient à nouveau le contact froid et humide de la boue. Je perdais, à chaque instant, un peu plus de ma dignité. Autour de moi se trouvait des membres de l'organisation, d'aucuns avaient sorti des pkmns, certainement pour me faire comprendre qu'une quelconque rébellion de ma part serait écrasée dans l'oeuf, que je n'aurais pas même l'occasion de franchir le bois que, déjà, mon équipe et moi serions décimés jusqu'au dernier. Je soupirais, m'appuyant sur une souche d'arbre présente non loin pour me redresser du mieux que je pouvais. Je me tournais vers la personne qui venait de m'adresser ces mots, vers la personne qui venait de m'informer de ma nouvelle condition, j'étais un membre de leur organisation. De "l'équipe". " Et... Où suis-je censé me reposer ? J'ai le droit d'avoir une vie normale ou je dois vous suivre dès maintenant ? " Je n'essayais pas d'être caustique, je n'essayais pas non plus de faire mon intéressant, je m'inquiétais juste sur l'avenir qui s'offrait à moi, sur ce que j'allais devenir et ce que j'allais pouvoir faire.
Je venais de me rendre compte que je tremblais, je tremblais de tout mon corps, mes jambes avaient du mal à supporter mon poids, mes yeux peinaient à ne pas faire s'écouler les larmes de peur qu'ils gardaient depuis trop longtemps. Et ma main s'était accrochée à la manche d'Elliot, sans même que je n'y fasse attention, je m'y accrochais comme si ma vie en dépendait. Je me rendais compte, en cet instant précis, que je n'avais d'envie que d'une chose, m'effondrer en larme dans les bras de la personne la plus proche. Pourtant, je ne pouvais le faire, je devais me montrer digne, je devais garder le peu de dignité que j'avais. " On va où ? "


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Ligue 4

C-GEAR
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Lun 23 Nov - 0:03
Cela valait tous les détecteurs de mensonge du monde – même si cela ne l'empêcherait pas d'avoir à faire à l'un d'entre eux très prochainement. Arthur ne souhaitait pas le mettre K.O., mais pour autant, il fallait qu'il comprenne. Nooa ne serait plus jamais à l'abri, Shadow's Path n'était pas une nurserie, elle ne s'occuperait pas complètement de lui et dans certaines équipes, c'était même le chaos qui régnait en maître. En un sens, il n'avait pas de chance que le Maître de la Ligue ne se trouve non loin de là, car il n'était jamais des plus doux avec les nouveaux. Il laissait Elliot tenir ce rôle.
Il n'oublierait pas la silhouette enchaînée par un sol boueux, démunie, devenue aveugle par la force des choses. Lui vivait cet enfer de façon permanente.

Elliot avait accouru aux côtés de Nooa. Lui pardonnerait-il ? Peut-être un jour, mais probablement pas ce soir, la folie ne l'avait pas encore atteint au point qu'il pusse l'excuser pour cette odieuse manœuvre. Pourtant, ce n'était pas de son ressort, il était simplement obligé de l'accepter, comme on accepte les règles d'un jeu lorsque l'on veut être de la partie, à la nuance près que pour lui, un « game over » ne signifiait que la mort.
    « Pardon... »
Encore bien trop sensible, l'empathie d'Elliot avait toujours été exacerbée, un peu comme ces riches qui pleurent devant la misère du monde. Le jeune homme avait seulement assez de respect pour ne pas se comporter de la sorte.
Leon s'était approché avec bien moins de douceur que son collègue. Il se voulait factuel, pensant qu'il ne servait à rien d'abreuver le cerveau du jeune homme d'un flot d'idées perturbatrices. Il allait sûrement devoir rétablir sa pyramide de Maslow et lui donner le nécessaire à sa survie. Un lieu de vie sécurisé, à boire, à manger, et suffisamment de sommeil.
    « Vous allez devoir venir avec nous. C'est sûrement difficile à accepter, mais dans la nature, vous êtes en danger. »
Le brun n'avait pas adopté un ton qui laissait une discussion ouverte. Il s'agissait simplement de l'informer, pas de lui demander son avis. Il n'avait de toute façon pas le choix, ils ne lui laisseraient pas, et le petit test de Blade avait tout fait de montrer que leur puissance dépassait la sienne. Nooa ne pouvait pas s'enfuir, ne pouvait pas refuser leur si cordiale invitation.
    « Votre vie, si toutefois elle était normale jusqu'ici, en tant que telle, est terminée. »
Car le doute subsistait, l'identité du jeune homme était toujours un grand point d'interrogation pour Leon. Pourtant, Natural n'avait pas les mêmes moyens que Shadow's Path pour cacher, voire changer, une identité. Qui était-il exactement ? La mission de l'agent était de le savoir, la méfiance était toujours de mise, même si sa confiance en Arthur frôlait l'absolu, il n'était pas question de lui refiler dans les pattes un espion ou pire, un incapable.

De son côté, Elliot essayait d'être plus positif, il préférait de toute façon l'action, et répondre à l'urgence, plutôt que de rester dans la réflexion. Pour lui, l'important c'était de mettre Nooa à l'abri et aider Natural à panser ses plaies. Le jeune agent était prêt à se relever quand il sentit l'emprise de Nooa sur sa manche. Il l'observa un instant, inquiet, on aurait dit un Miaouss que l'on venait de sortir de l'eau. S'il s'agrippait à lui avec autant de ferveur, c'était qu'il n'avait pas le choix, pour autant, il sortirait probablement ses griffes dès qu'une échappatoire lui serait donnée.
    « On va aller dans une de nos bases. Ça va aller. Il y aura des personnes pour s'occuper de toi et de tes Pokémon.
    - Considérez cela comme une forme de détention. Je ne vais pas vous faire croire que vous serez libre d'agir et d'aller où vous le souhaitez. Pour le moment, vous allez devoir rester sous notre surveillance. »
Elliot fit une grimace, ce n'était pas ainsi qu'ils allaient l'apaiser. Il fronça les sourcils face à Leon, qui lui rendit son regard, avant de faire volte-face.
    « Dépêchez-vous. »
C'était justement ce qu'ils ne pouvaient pas faire, mais le jeune homme n'avait pas d'autre choix que ce lui d'obéir. Pourtant, il savait que Leon pouvait se montrer bien plus tendre, mais il fallait croire qu'il n'avait pas les mêmes objectifs pour chaque personne sur cette Terre.
    « Ça va aller. Prends appui sur moi. »
Elliot essaya de se lever avec douceur, passant son bras derrière les omoplates de son compagnon d'infortune. Eux seuls avaient vécu le désastre de Natural. Il fallait au moins qu'ils pussent compter l'un sur l'autre. Les chargements partirent en premier, avant que cela soit leur tour. Le véhicule était plus discret, une simple citadine qui les mènerait jusqu'à leur repère.

    « Bon sang, Arthur, que t'est-il arrivé ?
    - Plusieurs accidents en chaîne, la journaliste n'était pas vernie. Et... Moi non plus pour l'occasion.
    - Ah, mais tu vas attraper la mort, je t'emmène à la salle de bain. »
Pendant que Jade prenait son fils par le bras, Mykolas jeta un œil suspect à Mike qui était descendu de la voiture pour accompagner son ami sous le perron.
    « J'espère que le temps ne se gâte pas trop.
    - Oh, non, ne vous inquiétez pas, ils ont prévu une éclaircie.
    - Bien. »
L'auteur hocha la tête avant de saluer le jeune homme. Il savait bien qu'il n'avait aucun poids dans les affaires de son fils, mais cela ne l'empêchait pas de s'inquiéter pour lui, bien au contraire. Mike, de son côté, espérait que son ami s'en sortirait avec ses lunettes défaillantes. Il n'y pouvait de toute façon pas grand chose pour le moment.

Ils avaient aidé Nooa du mieux qu'ils pouvaient. Un repas chaud, une douche à bonne température, des habits secs, l'assurance que ses Pokémon furent en pleine forme. Tout y était. Pour autant, il n'avait pas vraiment eu de moment seul et pour cause : il apparaissait toujours suspect. Et si Shadow's Path n'était pas emplie que de personnes aux intentions louables, Leon ne souhaitait guère avoir un menteur, un tricheur ou pire dans son équipe.
    « Comment vous sentez-vous ? »
Pour le moins que l'on pusse dire, il ne devait pas se sentir très bien. Avec l'aide d'un membre d'une autre équipe, Leon avait attaché à Nooa électrodes, senseurs et autres petites choses pour parfaire le test. Il se retrouvait affublé d'un plastron, de ventouses sur la tête et d'une pince sur le doigt. Il y avait plus agréable comme sensation, mais, comme se disait si justement Leon : ils étaient tous passés par là.
    « Ma deuxième question sera : est-ce que Nooa Neziel Carthen est votre vrai nom ? »



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Dresseur Hoenn

C-GEAR
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Jeu 31 Déc - 6:07
Les heures avaient filés rapidement, plus rapidement que je ne pus le dire, peut être était-ce même plus que de simples heures, j'étais dans une planque, du moins ce qui semblait être une planque, avec le moins de contact visible avec l'extérieur, à moins que je ne fus le seul à avoir ce traitement, de peur que je m'enfuis par la première fenêtre, peut-être. Le fait est que, ayant un bandeau sur les yeux la plupart du temps, je ne pouvais réellement dire depuis combien de temps, pour la première fois, Elliot m'avait trouvé, tout comme je ne savais pas plus combien de temps j'avais pu me reposer et prendre du temps pour moi, chose que j'avais pensé tout simplement impossible. Je pense que c'est en perdant tout espoir de confort qu'on peut se rendre compte que ce dernier est, mine de rien, très intéressant et important. Je ne sais si, jamais, j'avais autant apprécié une douche, c'était peut-être risible, mais j'avais ce sentiment indescriptible de béatitude, comme si ma vie retrouvait un sens. J'avais pu me reposer, également, me plonger dans un sommeil bien moins agité que la veille, et c'est d'un repos sans rêve, que je retrouvais des forces. Tout, dans le traitement qu'on m'avait apporté, me faisait sentir plus comme un invité que comme véritablement captif à la cause. Cependant, je ne mentirai pas, je savais très bien que je ne pouvais pas juste décider de partir, sans répondre des quelques comptes avant, je restais, du moins jusqu'à ce que je gagne leur confiance, un prisonnier de "guerre".
Les moments où je restais éveillé me paraissaient étrangement longs, je n'avais pas réellement de choses à faire, je n'avais pas réellement à avoir peur ou à m'inquiéter et, pour la première fois, je me rendais compte que la peur et la paranoïa de ces derniers jours avaient été mes plus grands compagnons, ils m'avaient tenu en éveil et m'avaient permis de ne pas, si je puis me permettre l'expression, m'ennuyer. J'avais toujours peur, certes, je dois avouer qu'à chaque bruit j'avais peur que la porte s'ouvre sur moi, et que des gens peu scrupuleux entrent pour me descendre, pourtant, personne ne vint, pas même de visage gentil. Je me rendais compte que, pendant cette période, j'avais presque espérer voir le visage d'Elliot apparaître au coin de la porte, certes j'aurai préféré que Kenneth soit là, avec moi, mais je n'étais pas devenu assez fou pour ne serait-ce qu'imaginer le voir arriver. Elliot me semblait donc être le choix le plus probable et le plus agréable qu'il pourrait m'être donné de voir dans la conjecture actuelle, pourtant, je m'étais fait à l'évidence, il ne viendrait pas. A moins que ce ne fusse lui qui, pouvais-je supposer au bruit, faisait les cent pas dans le couloir, du moins, c'était ce que j'avais envie de croire, j'avais envie de croire que je pouvais compter sur quelqu'un, pour quelqu'un, dans cette "base" de ce groupuscule dont je ne savais, finalement, pas grand chose. Depuis qu'on m'avait expatrier du terrain de combat, grandement improvisé, je n'avais pas eu beaucoup de réponses à mes questions, et je doute en avoir bientôt. Je savais que je n'étais pas réellement seul, que des gens, toujours, étaient là à m'observer, mais, ils apparaissaient presque comme des spectres à mes yeux, et je ne devais pas avoir bien plus d'importance aux leurs, ils ne disaient rien, étaient juste là, présents, à m'observer, quoi que je fasse. Je doute même qu'ils soient partis lorsqu'ils m'octroyèrent une sieste. Et, je dois convenir d'une chose, je n'avais aucune envie de leur parler, je n'avais ni la force ni le courage, cette relation silencieuse que je développais avec mes geôliers me convenait parfaitement.

Je me sentais étrangement nu, je n'avais, sur moi, aucun de mes effets personnels, ils m'avaient donné de nouveaux habits, mais ils n'étaient pas les miens, je n'avais même plus ma bague, je ne sais ce qu'ils espéraient trouver en me la retirant, ou de ce qu'ils avaient peur, mais le fait est qu'elle semblait apparaître comme potentiellement dangereuse. Et je me sentais d'autant plus nu que, depuis que j'étais monté dans cet hélicoptère, on m'avait retiré mes compagnons, je n'avais plus aucun pkmn sur moi. Au moins m'avaient-ils assurés du bon traitement de mes bêtes, ils allaient bien, tous, d'après ce que j'avais pu prendre d'informations. Je m'étais presque imaginé que, longtemps, j'allais resté ainsi, à ne rien faire d'autre que me reposer, pourtant, la dure réalité s'imposait bien vite à moi, je pouvais rêver, il n'était pas dans le ton que je prenne trop de temps pour me reposer, ils devaient, eux aussi, avoir envie d'avoir certaines réponses. Que je n'avais aucune envie de leur donner, d'ailleurs, pourtant, on était venu me chercher, dans cette pièce où les spectres continuaient à me regarder. Escorté par plusieurs personnes, on venait de me placer dans une pièce où, à travers les fenêtres, je pouvais voir que nous étions en journée, avais-je si peu eu de temps ou, au contraire, une journée avait passé ? On m'invita très gentillement à m'asseoir sur une chaise, pour ensuite m'attacher et me poser divers électrodes.
C'était donc cela, un test de vérité ? Ils avaient décidé de me faire si peu confiance qu'une machine devait leur prouver que j'étais capable de dire la vérité ? Je ne sais pas trop comment marchait cette machine, mais j'espérais vraiment, pour eux, que ce n'était pas une simple question de rythme cardiaque. Rien que le fait de m'asseoir, d'avoir ces gens autour de moi, je sentais mon coeur battre la chamade, j'avais un gros problème avec l'autorité et l'obligation, qui menait bien souvent à des situations de stress intense. " Comment vous sentez-vous ? " Une fois attaché, c'était Léon qui avait brisé la glace, c'était lui qui m'avait posé la première question et, j'avais beau regarder autour de moi, nulle trace d'Elliot, je ne pourrais donc pas me focaliser sur un visage connu pour me rassurer. " Hm... J'ai envie de vous dire bien, mais je pense que je me sens avant tout saucissonné ? " J'entendais ma gorge se nouer à chacune de mes paroles, je sentais que je commençais à défaillir devant la pression que je me mettais. C'était relativement ridicule, je ne me cache pas, mais je dois vous dire que la situation n'était que peu enviable, je pense, des pinces serraient mon doigt, chose bien plus inconfortable que ce que j'avais pu imaginer. J'avais tenté une blague, peut être pour détendre l'atmosphère, je n'en sais rien, je ne pourrais dire si ce qui me faisait parler était le stress ou bien le sentiment d'obligation. Quoi qu'il arrive, je pouvais certifier une chose, je me sentais mal, bien trop mal.

" Ma deuxième question sera : est-ce que Nooa Neziel Carthen est votre vrai nom ? " Et déjà j'étais mis en face d'un problème, j'étais plus ou moins sur que je devais fournir les réponses les plus courtes possibles, pourtant, comment est-ce que je ne pouvais qu'expliquer cela ? Oui, Nooa Neziel Carthen est mon vrai nom, mais non, il ne l'est pas. L'histoire en elle même est compliqué et je ne suis même pas sur d'être capable de l'expliquer ou de la comprendre moi même. J'avais envie de répondre à Léon que j'étais tout aussi perdu que lui sur la question, que je n'en savais rien, pourtant, j'étais sur que ce n'était pas la chose à faire, que je me devais de garder quelques choses secrètes, histoire de pouvoir m'en servir plus tard, lorsque le besoin s'en ferait sentir. " Oui, je m'appelle Nooa Neziel Carthen. " En théorie, je ne venais pas de mentir à Léon, je venais de lui donner la simple vérité, pourtant, je sais pertinemment que la vérité n'est pas simple. Je ne me souviens pas même de mon passé, je ne me souviens pas de quel est mon vrai nom, comment vouliez-vous que je l'explique à quelqu'un d'autre ? Et pire encore, comment pouvais-je attendre de ce quelqu'un qu'il comprenne alors que j'en suis incapable ?
" Puis-je poser également quelques questions ? On ne peut pas dire que j'ai croulé sous les réponses ces derniers temps. "


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Ligue 4

C-GEAR
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Lun 1 Fév - 16:44
L'exercice était peu plaisant. Leon le savait d'avance, les dernières heures qu'avait passées le jeune homme n'avaient pas été les plus enrichissantes de sa vie. Pourtant, au sein de l'organisation, chacun se préparait. Arthur avait été prévenu de la mise en place du système, une forme de routine, une machine bien huilée qui se mettait en place dès qu'un étranger pénétrait la zone de confort de Shadow's Path. Le travail de Leon était aussi simple qu'il pourrait s'avérer risquer : il devait définir si Nooa présentait un danger ou pouvait rejoindre leur rang en tant qu'allié. Dans le premier cas, il ne donnait pas cher de sa peau, dans le deuxième, il allait devoir faire beaucoup pour se voir accordé la moindre petite parcelle de confiance.
Arthur n'avait qu'un rôle subsidiaire à cet instant, se montrer face à Nooa mettait sa couverture en danger, mais si jamais il était accepté, alors ils seraient à considérer dans le même bateau.

La force de Shadow's Path résidait dans l'efficacité de ses membres et une organisation avec peu de failles. Si beaucoup avaient déploré l'attaque envers Natural, aucun n'aurait réellement eu les moyens de la défendre. C'était sans doute un manque d'engagement qui avait causé leur perte, Natural était un gruyère à ce niveau-là. Visiblement, Nooa les avait rejoint sans aucune contrainte, alors que son identité même ne pouvait pas être prouvée : aucune trace de son nom, quelque fût le registre... Si Leon ne gardait que son intuition : cela ne sentait pas bon. Seulement la rencontre avec le blond ne lui avait pas permis de ressentir un danger immédiat. Il ne pouvait pas s'empêcher de penser que derrière le plus beau visage peut se cacher le plus sournois des démons.

Pour Elliot, cela n'avait pas plus était une partie de plaisir. Interrogatoires sur interrogatoires. Comment exactement connaissait-il Nooa, à quel point, pouvait-on lui faire confiance, sur quoi se basait-il ? Il n'avait plus vraiment de réponses à donner. Elliot croyait en un certain idéal et il n'avait pas envie de le voir mourir. Le fait de ne plus pouvoir travailler pour Natural ne lui faisait pas grand chose, par contre il ne supportait pas l'idée de perdre ses camarades et encore moins quand il commençait à s'attacher à eux. Il avait donc pris comme mission personnelle de défendre Nooa. Il avait subi les questions, sachant pertinemment que ses alliés ne cherchaient là qu'à obtenir la vérité. Leur monde était bien cruel quand il fallait que le fils d'un membre émérite de l'organisation fut ainsi traité. Il ne comptait pas le relever, sachant pertinemment que cela ne lui servirait à rien. Il n'avait rien de bon à gagner là-dedans, si ce n'était de paraître encore plus suspect aux yeux de ses collègues.
Suspect, franchement. Il n'y avait qu'à voir dans ses yeux pour comprendre qu'il n'était là que pour faire le bien et le faire le mieux possible. Sa position dans l'équipe SHARP n'était pas non plus un hasard. De tout Shadow's Path, ils étaient probablement les plus intègres, ceux qui se battaient pour des idéaux et non pas pour faire de l'argent ou obtenir quelconque bénéfice ou pouvoir et pourtant, ils faisaient partie des mêmes engrenages, ils étaient liés au reste et Elliot ne pouvait pas s'en cacher. Derrière leur voile blanc se cachaient des actes inavouables.

Pourrait-il le dire à Nooa ? Ils n'étaient même pas amis, ils se connaissaient comme ça, ils n'avaient pas vraiment partagé de plus que ces quelques heures en fugitifs. Pouvait-on demander à quelqu'un de rejoindre une telle organisation ? C'était ça ou devenir un criminel aux yeux de tous, il valait mieux être encadré, se retrouver dans un cocon où personne ne peut réellement vous juger car tout le monde a les mains sales.
C'était d'une telle hypocrisie que cela en était risible, s'efforcer à se tenir à son idéal et fermer les yeux sur les crimes commis en toute impunité pour le bien du tout, quelle ironie.
Et il ne pouvait maintenant qu'attendre. Nooa ressortirait bientôt du test et dépendamment du résultat, Elliot aurait tout le loisir de lui parler ou ne le reverrait plus jamais. La deuxième solution était seulement impossible pour lui, ce serait comme jeter un Miaouss au milieu d'un océan en espérant qu'il ait les ressources pour survivre.

Leon n'aimait pas spécialement passer pour plus dur qu'il l'était, mais face à de grandes occasions comme celle-ci, il ne pouvait pas se permettre d'être agréable. Il aurait même presque regretté la manière forte de l'équipe ALPHA, bien trop portée sur les coups contre la parole. N'importe quel être ainsi acculé se trouvait dans l'incapacité de mentir et l'on faisait ensuite table rase. Seulement, cela n'avait rien de très éthique, cela n'avait plus rien à voir avec ce sens de la justice que l'agent poursuivait depuis bien trop longtemps, celui-là même qui l'avait fait quitter les rangs du domaine public pour rejoindre l'inconnu, pour disparaître du monde réel et agir dans l'ombre.
    « Vous vous doutez que cela n'est pas fait pour être agréable. »
Son ton était sec, mais ne se voulait pas cassant. Après tout, le but était tout de même de le faire parler, de l'obliger à se confier. Il l'observa un court instant, le temps de vérifier qu'il était bien installé pour pouvoir commencer. Son collègue lui fit signe qu'il ne devrait pas y avoir de problèmes et ainsi commença l'interrogatoire.
Son nom. Il voulait connaître son vrai nom, c'était devenu en une nuit son obsession. Il ne prétendait pas être un génie, mais de là à ne trouver aucune information le rendait presque malade. La réponse, après vérification, ne l'aida pas plus. Si c'était vrai, comment avait-il fait pour rester caché si longtemps ? Il ne l'avait pourtant pas dissimulé en arrivant chez Natural, alors comment ?
    « Bien. »
Non, la réponse ne le convainquait pas, il allait devoir trouver une autre approche, mais il ne pouvait pas non plus le pousser à bout au risque de troubler les résultats. Il prit quelques notes qu'il montra à son collègue, après un hochement de tête, il s'apprêtait à poser une nouvelle question quand la voix de Nooa s'éleva.
    « Pensez-vous être réellement en disposition pour obtenir des réponses ? Laissez-nous terminer et je répondrai ensuite à vos questions. »
Du moins, à celles qui ne le dérangerait pas trop. Il ne tenait pas à perdre la face.
    « Ne parlez que pour répondre à nos questions, vous risqueriez de fausser les réponses. »
Et ça, il ne le souhaitait probablement pas. Après tout, Leon était encore sceptique contre à l'entrée du jeune homme dans son équipe. Arthur lui avait assuré pouvoir s'occuper de lui, signe qu'il semblait bien mieux le sentir que lui, mais la fixation de Leon ne disparaissait pas. Il valait pour autant mieux la mettre de côté pour un temps.
    « Vous avez rejoint Natural il y a six mois, est-ce une information exacte ? »
Le jeune homme confirma, à la satisfaction dissimulée de Leon qui nota la réponse en suivant le détecteur, avant de continuer.
Les questions fusèrent par la suite, depuis quand connaissait-il Elliot, s'était-il engagé auprès d'une autre organisation auparavant, avait-il un casier judiciaire, avait-il des dispositions au combat Pokémon, avait-il déjà tenu une arme, pouvait-il se défendre physiquement ?... Il avait besoin d'en savoir un maximum sur lui.
Une fois le tour de questions posées, les réponses notées à chaque fois, accompagnées du résultat du détecteur, Leon commençait à avoir un profil plus détaillé du jeune homme en face de lui. C'était le moment de lui poser une dernière question, la plus importante pour lui, et sûrement son égo aussi.
    « Nous n'avons trouvé aucune trace de votre nom. Est-ce que Nooa Neziel Carthen a toujours été votre nom ? »
Leon rongeait son frein, s'il lui répondait encore oui, il n'aurait plus d'autre choix que d'abandonner le test.



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