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Dresseur Sinnoh

C-GEAR
Inscrit le : 19/08/2013
Messages : 4608

Région : Sinnoh
Lun 18 Avr 2016 - 17:08
Tant qu'ils étaient seuls dans sa chambre, au fil de la discussion et de ce qu'il lui confiait, elle en oubliait presque que Li était l'un des quatre Maîtres Coordinateurs, tout comme la première fois qu'ils s'étaient vus et qu'ils avaient pris une limonade à la terrasse d'un café. Mais dès qu'ils s'échappaient de ces petits moments d'intimité où ils étaient seuls à seuls, tranquilles et d'égal à égal, chacun seulement content de voir l'autre et cherchant, comme ils l'avaient fait tour à tour, à le rassurer... dès qu'ils reparaissaient sous les yeux des autres, l'identité de Li, l'une des plus grandes célébrités de ce monde, semblait reprendre le dessus. Et Kestrel n'était alors plus qu'une étrangère, une inconnue encombrante que les employés du quartier de l'Élite dont le métier était de veiller au bien-être de leur idôle jaugeaient avec la même expression que celle que l'on arbore sans doute lorsque l'on découvre un cheveu flottant au milieu de sa soupe, dans un grand restaurant. Une expression de surprise mêlée d'une sorte de dégoût, ou plutôt de mépris. On tient rarement en grande estime les cheveux que l'on trouve.

Tandis qu'ils descendaient les escaliers et traversaient le hall, Li ayant enfin pris, avec courage, la décision de se rendre à l'hôpital, Kestrel se sentait donc le point de mire de tous les regards et passa d'un pas vif en s'efforçant de regarder ses pieds et de masquer sa tête par ses longues mèches de cheveux pour ne pas que l'on voit qu'elle rougissait. Sa tentative de camouflage réussit si bien qu'elle ne vit pas où elle allait et faillit rater l'homme qui attendait à l'accueil et qui, heureusement, les interpella avant qu'elle sorte totalement du bâtiment : « Vous partez déjà ? »

Arrêt net. Rougeur. Pour passer discrètement, c'était raté : c'était bien à Li et elle que l'homme s'adressait, et il était auparavant en train de discuter avec la réceptionniste, si bien que tous les regards étaient à présent rivés sur eux. Mais elle put rester silencieuse tandis que Li parlait à son ami. C'était celui qui était entré dans la chambre tout à l'heure : ils avaient l'air assez proches, et Kestrel s'en voulut d'autant plus d'être passée devant lui sans le remarquer. Elle espérait que les deux jeunes hommes ne lui en tiendraient pas rigueur et elle s'efforça de graver le visage de l'inconnu dans sa mémoire tandis qu'ils allaient jusqu'à sa voiture pour ne plus l'oublier à l'avenir. Ainsi, ils avaient un chauffeur. Devant le véhicule, elle hésita un instant, mais prit la pokéball de Pingoleon, abandonnée au fin fond de son sac tant elle s'en servait peu, et la lui présenta. « Ne m'en veux pas, d'accord ? S'il te plaît... » Pingo' avait l'air plutôt mécontent de ce qu'elle lui proposait – ce n'était pas pour rien qu'elle le laissait habituellement de sortie – mais il savait que le soir venu, elle lui offrirait des baies pour se faire pardonner, et il accepta. Il n'était pas rare que des dresseurs marchent accompagnés d'un de leurs Pokémon, c'était même encore plus courant chez les coordinateurs, elle avait lu une étude à ce sujet, un jour, mais Pingo' n'était quand même pas très discret et il aurait peut-être gêné en voiture. D'autant plus que les sièges et les ceintures de sécurité ne convenaient pas à sa physionomie : elle avait déjà essayé dans la voiture de Papy Archy. Elle s'assit à l'arrière et Li la rejoignit. Lorsqu'il annonça leur destination à leur chauffeur, celui-ci arbora un air surpris qui lui fit comprendre que, finalement, il n'était peut-être pas si proche du champion roux que cela. Mais Li gardait le silence sur les raisons de leur départ, ce qu'elle respecta. De toute façon, elle ne s'imaginait pas se lancer dans une conversation endiablée avec l'inconnu qui les conduisait à l'hôpital, et puis, pour le moment, elle était encore trop timide pour vraiment discuter. Quoi qu'elle dise à Li sur son père ou l'hôpital, cela risquerait de le gêner vis à vis de leur chauffeur, alors elle avait même peur de dire quoi que ce soit : quand ils n'étaient plus tous les deux, elle n'était plus tout à fait tranquille. Aux yeux de Li, elle était certainement une amie, mais aux yeux de leur chauffeur, elle était une inconnue qui n'avait rien à faire avec le champion : elle en avait conscience et en était gênée. Alors elle préférait garder le silence.

Mais Li prit sa main tandis que la voiture démarrait et elle sentit aussitôt son cœur se réchauffer : peu importe qui elle était aux yeux de ceux qui entouraient Li, c'était à elle qu'il avait choisi de se confier, pas au chauffeur. C'était à elle qu'il avait demandé de l'accompagner à l'hôpital, alors qu'il la connaissait à peine, qu'elle ne connaissait pas son père, qu'elle n'était qu'une jeune fille de quinze ans qu'il voyait pour la deuxième fois. Et c'était sa main dont il cherchait le contact, dans cette voiture, parce qu'il était inquiet et qu'il avait besoin de soutien. Alors, elle tourna la tête vers lui, lui sourit et serra sa main dans la sienne. Elle était heureuse pour lui qu'il ait pris la décision d'aller voir son père. Une fois là-bas, ce ne serait sans doute pas facile, mais il devait s'y rendre : c'était courageux de sa part d'avoir enfin pris cette décision. Et tout comme elle lui apportait du soutien en cet instant, elle espérait qu'une fois dans la chambre de son père, elle pourrait aider Li à relâcher un petit peu, peut-être, sa tension, ou au moins à lui faire sentir qu'il pouvait se tourner vers elle – qu'elle était là et qu'elle était prête à lui apporter tout le soutien qu'il chercherait.

L'hôpital était assez loin et les trois voyageurs ne restèrent pas muets pendant toute la route : l'atmosphère se détendit peu à peu, Li échangeant quelques mots avec le chauffeur ou avec Kestrel. Elle comprit que l'inconnu était le prénommé Nathan dont il lui avait déjà parlé, mais tous les deux parlèrent peu. En revanche, Li et elle discutaient un peu, de choses légères, de ce qu'ils voyaient en chemin, de Pokémon. Ce n'était pas une discussion ininterrompue, mais c'étaient quelques mots, afin de se changer les idées. Ils ne parlaient surtout pas de l'hôpital, mais ils continuaient à se tenir la main.

Ils arrivèrent enfin dans la grande ville d'Unionpolis et Nathan se gara sur le parking qui faisait face au très haut bâtiment blanc sur lequel était inscrit : « Centre Hospitalier d'Unionpolis – 2 ». Car il n'y avait pas un seul bâtiment, mais trois : tous aux façades modernes, dotés de plusieurs entrées et sorties, d'ascenseurs et de hauts panneaux qui indiquaient les secteurs d'activité en charge à chaque étage de chaque pôle. Ce qui les intéressait paraissait plutôt trouver dans le bâtiment 2 : neurologie, réanimation... « Tu sais dans quel service il est ? »

Nathan était resté dans la voiture. Kestrel entra à l'intérieur du bâtiment hospitalier, tournant un peu la tête pour vérifier que Li lui emboîtait le pas : ce n'était pas maintenant qu'il fallait reculer.



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Ex-Champion

C-GEAR
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Lun 4 Juil 2016 - 19:09
Si Li avait la moindre idée des sentiments ressentis par Kestrel lorsqu’ils quittèrent sa chambre, il aurait réagi. Il aurait intimé les gens qui travaillaient à l’Elite de se montrer bien plus poli qu’ils ne se l’étaient actuellement. Ce n’était pas parce qu’il y avait rarement de visiteurs qu’il fallait le leur faire savoir. Et, en vue de leur comportement, ce n’était sans doute pas pour rien qu’il y avait rarement de nouvelles têtes dans les bâtiments. Le jeune Chi pensait pourtant qu’ils connaissaient leur travail et qu’ils se montraient bien plus… Humains ? Il pouvait comprendre leur curiosité, cela devait être la première fois que Li se trouvait en compagnie d’une jolie fille dans les couloirs de l’Elite –ce n’était pourtant pas surprenant de le voir parfois avec Calypso, mais cela passait mieux aux yeux des autres car, après tout, ils étaient collègues-. Mais montrer du mépris à quelqu’un qu’on ne connaissait pas… Non, vraiment, cela le dépassait. Il ne disait pas qu’il aimait tout le monde car il existait des personnes qu’il n’appréciait pas, mais il avait ses raisons. Il ne se fiait pas à une bête première impression.

Cependant, il n’en fit rien, malheureusement. Il n’était pas réellement conscient de ce qui se passait autour de lui et si le mal-être de Kestrel lui serait porté à son attention plus tard, il se montrerait honteux de ne pas l’avoir remarqué. Mais, actuellement, son esprit était happé par la terrible expérience qu’il vivait. En parler avec la demoiselle lui avait permis de retrouver un brin de courage, mais plus ils s’avançaient de la sortie, plus la peur s’emparait de lui. Et, pourtant, ils devraient encore subir le trajet, s’ils se rendaient à l’hôpital en voiture. Et ils devraient d’ailleurs se contenter d’un taxi, étant donné qu’il n’avait pas le permis. Il avait l’âge pour, mais ces derniers temps, il avait eu autre chose en tête que de travailler sur le code de la route. Lorsqu’ils parvinrent au hall d’entrée, il ne vit même pas Nathan discuter avec la réceptionniste. Apparemment, la demoiselle non plus. Le jeune homme ne manqua pas de s’adresser directement à eux, se moquant bien des regards qui se tournèrent vers eux. Bordel, ils travaillaient à l’Elite… Pourquoi paraissaient-ils toujours aussi surpris de rencontrer un champion ?

Nathan tombait bien, cela leur permettrait d’éviter le taxi. S’il était disponible pour les accompagner, du moins. Il ne fallut pas longtemps à son « agent non officiel » de comprendre la gravité de l’instant, aussi il ne posa pas de questions. Ce n’était pas son genre de toute façon. Même s’il était curieux de connaitre la relation qui existait entre le maitre de l’Elite et cette demoiselle, il ne poserait pas de questions déplacées. Ou du moins, pas temps que Kestrel serait avec eux. Seul avec Li, il se montrait plus… Taquin. Mais c’était parce qu’il aimait bien l’embêter et que le maitre de l’Elite souriait toujours à ses blagues. Ils étaient bons amis, Nath’ en avait la certitude. Aussi, même si c’était son travail, il répondit par la positive à la requête de son ami. Il fit mine de ne pas remarquer le rougissement de la donzelle, souriant en son for intérieur. Elle était vraiment mignonne, Li avait bon goût.

En tous les cas, elle semblait entretenir une très bonne relation avec son pokemon shiney. Ce dernier se montra boudeur lorsque fut venu le temps de retourner dans sa pokeball. Mais pour des questions de sécurité, Nathan ne pouvait pas le laisser s’installer dans le véhicule. Il eut un petit sourire désolé envers Kestrel, avant de porter son attention sur Li qui jouait, comme à chaque fois et à cause de son éducation, les hommes galants. Il tient la porte à la demoiselle et alla s’asseoir une fois qu’elle fut installée confortablement dans la voiture. Le maitre de l’Elite s’installerait à l’arrière avec elle, histoire de ne pas la laisser seule mais aussi pour limiter le risque d’être reconnu durant le trajet. Les vitres arrières étaient teintées, il fallait bien en profiter n’est-ce pas ? Et puis même si Nathan se sentait un peu seul devant, cela leur permettrait d’éviter les gros titres. Ces fichus journalistes… Ce qu’ils pouvaient être agaçant, parfois.

Li avait toujours la tête perdue dans ses pensées. Il ne remarqua même pas la surprise qui se dessinait sur le visage de son ami. Pourtant, il aurait dû le voir venir. Il avait tenu l’état de son père totalement secret. Et cela avait fini par lui peser méchamment. Il n’était, du coup, pas mécontent que Kestrel soit là, bien qu’il se sentait coupable de lui avoir forcé la main. Il était certain qu’elle préférerait être ailleurs, à lire un bon bouquin ou s’occuper de ses pokemon plutôt que d’aller dans un hôpital pour y rencontrer un comateux. Soupir. La seule force qui lui restait lui permis de prendre la main de la donzelle dans la sienne. Il avait besoin, indéniablement, de son soutien. Et elle lui offrit un sourire qui lui en décocha un. Il se sentait un peu mieux, maintenant qu’il était confortablement installé dans la voiture. Même s’ils s’approchaient à grandes foulées de l’instant des retrouvailles, savoir qu’il n’était pas seul lui était d’un grand réconfort. Et il se sentait soulagé, réellement. Il tâcha de rendre le voyage plus supportable, malgré son esprit torturé. Il discuta de choses et d’autres avec Nathan, notamment sur quelques sujets concernant le travail, ils parlèrent de la pluie, du beau temps, des pokemon. Mais toujours en gardant la main de Kestrel dans la sienne. Il avait l’impression que, s’il la lâchait, cette brève sensation de légèreté volerait en éclat.

Le stress refit son retour lorsqu’ils arrivèrent à l’hopital. Nathan les déposèrent au parking. Li savait qu’il attendrait patiemment leur retour et qu’il ne poserait pas de questions sur la raison de leur venue. Ce qui mettait d’autant plus le maitre de la Ligue mal à l’aise ; le tenir ainsi éloigner de la vérité le dérangeait. Cependant, il ne sentait pas encore capable de lui faire la même révélation qu’à Kestrel. Patience. Il en serait peut-être capable sur le chemin du retour… Qui sait. Bref. A l’instant présent, il se sentait mal. Terriblement mal. Il sentit ses jambes trembler et il ne parvenait pas à lever les yeux vers le bâtiment. La voix de Kestrel lui parut très lointaine, mais il fut apte à en capter le sens.

« Réanimation… »

Sa gorge était soudainement sèche. Il poussa un long soupir avant de se mettre en marche. Il n’avait pas envie que son amie le tire pour aller voir son père. Il avait décidé de venir ici de lui-même et il était trop tard pour faire demi-tour. De toute manière, s’il le faisait, Gao ne lui pardonnerait. Mei-Lin et Mina non plus, d’ailleurs. Décidé, il se dirigea vers l’aile concernée. Il n’avait pas besoin de se renseigner à l’accueil, sachant à l’avance qu’il reconnaitrait facilement la chambre de son père. Ils leur suffisaient simplement de chercher le pseudonyme sous lequel son père avait été placé. Pour son bien. Li ne souhaitait pas que les journalistes jouent les curieux, bien qu’il savait que plusieurs personnes avaient le même nom que son père. Mais, tout de même… Il trouvait que c’était plus sûr ainsi. Cependant, ils n’eurent pas le temps de se rendre dans le long couloir de chambre qu’ils rencontraient l’une des principales concernées.

« Li Wei ? Je suis contente de te voir. »

Mei-Lin se trouvait face à eux. Instinctivement, Li lâcha la main de Kestrel. Pas par honte, mais plus par respect. Il ne voulait pas que sa mère voit son arrivée au bras d’une inconnue d’un mauvaise œil. Cela faisait partie de leur tradition un peu étrange que peu de monde arrivait à comprendre. Le jeune Chi s’inclina, saluant sa mère qui répondit de la même manière.

« Mā… Je… Je suis désolé de ne pas être venu plus tôt. »

Il s’inclina une nouvelle fois, plus bassement cette fois, alors qu’un sourire triste se dessinait sur le visage de la dame. Li trouvait que sa mère était l’une des plus belles femmes du monde ; le temps ne semblait pas avoir d’effet sur elle. Même s’il s’avérait qu’elle était bien plus jeune que son mari, elle approchait toutefois de la quarantaine. L’année prochaine, d’ailleurs. Cependant, son visage était toujours aussi fin et ses traits soigneusement dessinées. Ses cheveux d’un noir de jais étaient tirés dans un chignon complexe mais parfaitement réalisé. Son kimono ne portait pas la moindre trace de pli et son doux regard était souligné d’un fin et parfait trait de crayon noir. Malgré son malheur, elle continuait à prendre soin de son apparence ; le contraire l’aurait étonné. Aussi loin que sa mémoire pouvait remonter, Li n’avait jamais vu sa mère se montrer négligé, même à la maison. Son regard se posa doucement sur Kestrel, une légère pointe de curiosité naissant dans ses iris océans –il n’était pas difficile de savoir de qui le champion tenait la couleur de ses yeux-. Lorsqu’il s’en aperçut, il s’empressa de la présenter.

« Mā, je te présente Kestrel Manori. C’est une… Une amie de confiance. »

Il lui semblait important de préciser ce point. Il ne voulait pas que Mei-Lin croit qu’il était capable de raconter leurs problèmes à n’importe qui. La dame s’inclina doucement devant la demoiselle, lui adressant un sourire rempli de tendresse.

« Enchantée, chère demoiselle. Je me nomme Mei-Lin Chi, et je suis, comme vous l’avez déjà compris sans doute, la mère de Li Wei. Je suis contente de voir que mon fils puisse compter sur une personne de confiance en ces temps difficiles pour notre famille. D’ailleurs, Li Wei, Mina là, elle aussi. Je pense qu’il serait préférable que tu te prépares à une tempête… Ces derniers jours ont été éprouvants pour elle. »

Il acquiesça, ne rajoutant pas un mot. Il savait déjà comment sa petite sœur réagissait. Ce n’était pas difficile de le savoir d’ailleurs, au vue du nombre important de messages écrits et vocaux qu’elle lui avait laissé… Nul doute que ces retrouvailles risquaient d’être plus musclés qu’il ne l’aurait souhaité.



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Dresseur Sinnoh

C-GEAR
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Région : Sinnoh
Lun 18 Juil 2016 - 15:26
Ainsi, ils y étaient bel et bien allés. À l'hôpital, dans une voiture aux vitres teintées conduite par un ami de Li, pour un trajet qui avait débuté dans un silence très guindé avant de se poursuivre sur des conversations très banales qui touchaient à tout sauf au but de leur trajet. Ç'avait un côté très professionnel. Si Kestrel avait imaginé, un peu plus tôt dans l'après-midi, en se rendant chez Li simplement pour lui emprunter un livre et peut-être lier plus ample connaissance, pensait-elle, qu'elle se trouverait à présent avec lui devant le Centre Hospitalier d'Unionpolis pour aller voir son père ! Tout s'était décidé très vite et si elle avait dû écrire, avant sa venue, un petit texte sur "comment imaginait-elle un après-midi parfait avec le maître coordinateur", il était certain que des mots tels que "coma" ou "hôpital" n'auraient pas surgi sur la feuille... Mais finalement, à présent, elle était presque contente d'être là. Son cœur battait très fort dans sa poitrine, elle serrait toujours la main de Li, plus uniquement pour le rassurer mais également pour se calmer elle-même, et elle avait levé les yeux sur les nombreux étages du haut bâtiment avec presque autant d'appréhension que si c'était une connaissance à elle qui s'était trouvée là... Mais c'était presque cela, car c'était le père de Li ; et s'il était venu ici avec elle, cela signifiait qu'il lui faisait confiance. Et que c'était un peu grâce à elle s'il avait trouvé le courage de venir enfin rendre visite à son père, quand elle ne comprenait pas comment il avait pu éviter cela pendant plus d'un mois... Alors, même si ç'avait été un peu rapide, elle était contente qu'il se soit décidé. La boule au ventre qu'elle ressentait maintenant était simplement le symptôme d'une appréhension normale quand on se rend dans un hôpital pour voir le père d'un ami plongé dans le coma. On ne se sent pas très à sa place car on ne connaît pas la personne, on n'a pas envie d'importuner la famille si la chambre est déjà occupée, on prévoit le choc que ressentira sans doute notre ami lorsqu'il verra son père inconscient et on se demande déjà si on saura trouver des mots de réconfort. Mais on n'y réfléchit pas plus longtemps, car on songe que si notre ami lui-même nous a demandé de venir, c'est simplement bien qu'on soit là, et c'est tout. Et on lui sert la main, parce qu'on ne sait pas trop que faire d'autre et qu'on est sûr que ça, au moins, ça fait du bien.

La réanimation : elle aurait pu s'en douter. Sans plus hésiter, Li entra dans le bâtiment, Kestrel avec lui, et il se dirigea d'un pas décidé vers les ascenseurs après un coup d'œil au panneau d'affichage pour connaître l'étage. Face au silence de son ami, Kestrel n'osait pas non plus dire un mot. Elle devinait qu'il devait être en train de se "mettre en condition", de se concentrer, sans doute, sur l'épreuve qui s'annonçait à lui, et, de son côté, elle espérait simplement ne pas le gêner une fois qu'ils seraient dans la chambre. Rien que dans cet ascenseur, déjà, elle se faisait involontairement toute petite. Elle n'avait pas l'habitude des hôpitaux et ce n'était pas pour elle qu'elle était là, si bien que même si elle s'était montrée très véhémente lorsqu'elle avait convaincu Li de se rendre ici, à présent qu'ils étaient sur les lieux, elle avait perdu toute son assurance. Par chance, aucun patient ne les rejoignit dans l'ascenseur et ils parvinrent enfin à l'étage concerné.

Une très belle dame à la physionomie asiatique et à l'apparence soignée, les cheveux noirs en chignon et portant un élégant kimono, s'approcha d'eux d'un pas vif. Li lâcha aussitôt la main de Kestrel et s'inclina devant elle. « Li Wei » – Kestrel n'avait pas l'habitude d'entendre ainsi appelé le maître coordinateur, elle se demanda un instant si c'était vraiment son prénom complet et s'il ne lui en voulait pas de l'appeler depuis le début par le simple « Li », encore qu'elle ne savait même plus comment elle l'appelait vraiment, est-ce que c'était lui qui s'était présenté à elle ainsi...? mais elle avait d'autres choses plus importantes à penser. Aux paroles que le rouquin adressait à l'inconnue et surtout à la couleur étonnante de ses yeux, dont le bleu semblable à ceux de Li ressortait par-dessus le trait de crayon noir comme une pierre précieuse dans une mine de granite, elle comprit qu'il s'agissait de sa mère. Aussitôt, un nouveau sentiment d'inquiétude s'empara d'elle. En d'autres circonstances, elle n'aurait sans doute pas été aussi gênée de rencontrer la mère du rouquin, mais elle ne s'attendait pas à la trouver ici, elle avait imaginé qu'ils seraient seuls... Pourtant, c'était parfaitement naturel... Et cette femme était si belle et élégante... et voilà qu'elle s'inclinait devant elle ! S'efforçant de respecter leurs convenances, elle s'inclina à son tour, un peu gauchement, peut-être, et tout en demandant s'il était nécessaire qu'elle aussi s'incline ou si cela serait mal vu ; peut-être, finalement, cela n'avait-il pas d'importance ; elle se redressa en regrettant d'être habillée de manière si légère, comme pour une simple après-midi chez un ami, même si elle avait fait un peu d'efforts, mais si elle avait su qu'ils se rendraient à l'hôpital elle aurait certainement choisi des vêtements plus sobres ; et puis, lorsqu'elle entendit la douceur avec laquelle la mère de Li s'adressa à elle, elle se détendit instantanément. Bien que son apparence l'aie intimidée, cette femme avait finalement l'air des plus bienveillantes. « Enchantée également... » Elle ne sut pas que dire de plus, mais de toute façon, Mei-Lin s'était déjà retournée vers son fils pour passer à un autre sujet : la présence de... Mina. Il semblait à Kestrel que Li lui en avait déjà parlée, mais elle n'en était plus certaine, si bien que lorsque sa mère se fut éloignée, elle lui demanda à mi-voix : « C'est ta petite sœur, c'est ça ? » Il avait lui aussi l'air plein d'appréhension et pas forcément d'humeur à parler, mais elle préférait savoir à quoi s'attendre – un minimum – avant qu'ils n'ouvrent la porte. Finalement, c'était toute sa famille qu'elle allait rencontrer... Un autre jour, dans un autre contexte, elle prendrait sans doute beaucoup de plaisir à discuter avec la mère de Li, qui avait l'air d'être une femme très intéressante. Mais en cet instant, elle s'était simplement montrée intimidée, car elle ne s'y attendait pas.

Elle voulut serrer à nouveau la main de Li, mais se ravisa car elle pouvait comprendre pourquoi il l'avait lâchée. Elle se contenta alors d'échanger un long regard avec lui, dans lequel elle voulut lui transmettre tout le courage possible. La porte, sur laquelle avait été affiché un autre nom que Chi, était juste devant eux. Plus qu'à l'ouvrir, et...



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C-GEAR
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Lun 12 Sep 2016 - 10:31
Difficile de retrouver un semblant de calme intérieur, quand on savait ce qu’il s’apprêtait à faire. Débarquer avec un mois de retard dans la chambre de son père inconscient, cela n’était pas rien. A cet instant, il aurait encore préféré se retrouver dans l’arène pour un combat pour l’Elite. Cette pratique générait chez lui beaucoup de stress étant donné qu’il se sentait bien plus à l’aise sur une scène que dans un affrontement… Mais sans doute la comparaison était maladroite. Son stress était dix fois supérieur avec ce qu’il avait vécu auparavant ; il avait peur de ce qu’il allait voir, de ce qu’il allait apprendre. Peut-être que sa mère ne lui avait pas tout dit, qu’elle attendait de le voir physiquement pour lui apprendre la vérité. Il était vrai qu’il y avait pensé auparavant. Et si, au final, tout ceci était encore plus grave qu’il ne le pensait ? Comment réagirait-il ? Il eut plusieurs fois l’envie de prendre ses jambes à son cou, mais il ne souhaitait pas apparaître davantage comme un lâche face à Kestrel. Aussi, il se contenta de serrer sa main dans la sienne, cherchant inconsciemment du réconfort.

Une fois dans l’hôpital, il ne put prononcer le moindre mot. Il sentait sa gorge sèche lui gratter, sans qu’il ne puisse la soulager. Il déglutit, ayant la désagréable sensation d’avoir avalé le désert Delassant entier. Cette épreuve était réellement la plus difficile qu’il eut à traverser. Il n’allait pas se mentir, sa vie jusqu’ici avait été plus que plaisante. Bien sûr, il oubliait les problèmes d’argent qu’ils avaient traversés, mais ce n’était pas aussi ce qui forgeait le caractère ? Cette expérience l’avait aidé à mûrir et il n’avait jamais remis en doute le travail et l’implication de ses parents. Ils avaient toujours été là pour lui. Aujourd’hui, c’était à lui d’être là pour eux… Et cela se révélait plus compliqué qu’il ne l’aurait cru. Il était content que Kessy soit avec lui pour l’aider à affronter ça. Il ne fallait pas se voiler la face ; seul, il aurait continué sa politique de l’autruche, continué d’ignorer le problème et continué de se sentir aussi… Minable.

Il ne fut pas réellement surpris de tomber sur sa mère une fois sortis de l’ascenseur. Sans doute allait-elle se chercher quelque chose à manger. La connaissant, elle devait être présente depuis l’aube. Il lâcha instinctivement la main de son amie, par respect pour Mei-Lin. Heureusement, Kestrel ne sembla pas s’en vexer et il la remercia pour cela en son for intérieur. La donzelle paraissait quelque peu gênée face à cette dame à l’aura si particulière et Li se permis un léger et doux sourire lorsqu’elle s’inclina maladroitement. Il appréciait toujours les personnes qui faisaient l’effort de s’accommoder à leur « tradition », et il savait qu’il en était de même pour sa mère. Cette dernière se présenta à son amie, ne manquant pas de lui signaler au passage la présence de sa cadette. Intérieurement, il grimaça. Si tout c’était bien passé avec sa mère qui comprenait sans doute ses sentiments, il en serait différent avec Mina… Mei-Lin prit congés après son avertissement et ils ne leur restaient que quelques mètres dorénavant pour arriver dans la chambre.

« Oui, ma petite-sœur… Sans doute celle qui m’en veut le plus de ne pas être venu plus tôt. »


Il se sentit envahit par une montée impressionnante de stress, une fois devant la porte. Il jeta un œil au nom sur la porte, n’ayant aucun doute. Il était difficile de faire marche arrière, dorénavant. De toute manière, il savait que sa mère ne lui pardonnerait pas, maintenant qu’il avait pris son courage à deux mains. Il prit une grande bouffée d’air frais, se sentant momentanément paralysé. Il croisa le regard de Kestrel, à qui il adressa un sourire forcé, avant de tendre la main et d’entrer dans la pièce.

Il s’était attendu à vivre un choc, et il n’y manqua pas. Son regard fut immédiatement interpellé par le corps de son père. Les yeux clos, un tuyau branché sous ses narines –pour l’aider à respirer, sans doute ? – ainsi qu’une perfusion branchée à son bras, lui permettant d’être nourri. L’homme fort qu’il avait toujours connu lui parut faible et… Il se mordit la lèvre inférieure pour retrouver un semblant de contenance. Il s’approcha d’un pas maladroit, ne voyant même pas sa cadette assise à ses côtés. Son regard ne pouvait se détacher du visage de son père. Si on oubliait les instruments médicaux, on pouvait penser qu’il ne faisait que dormir. Et pourtant, le mal qui le rongeait était bien plus puissant que le sable du marchant.

« Bonjour, Bà… »
« T’en as mis du temps. Je pensais qu’être champion à l’Elite t’apprendrait davantage la ponctualité. » Hop, ça, c’était fait. Ce n’était pas vraiment surprenant venant de Mina. Cependant, le jeune homme ne réagit pas. Son attention était encore et toujours portée sur leur père. Après un brin d’hésitation, il osa poser sa main contre la sienne, espérant bêtement que ce geste aurait un quelconque effet. Mais rien ne se passa, évidemment. « S’il suffisait de le toucher pour le réveiller crois-moi, il serait déjà réveillé. » En revanche, si elle comptait commenter tout ce qu’il faisait, cela risquait fort de mal se passer. Il avait toujours eu des difficultés pour garder son sang-froid quand il discutait avec sa sœur. La rancœur qu’elle éprouvait à son égard, il ne savait d’où elle tirait son origine et ce n’était pas depuis que leur père était dans le coma. Non, c’était bien avant… Sans qu’il puisse comprendre pourquoi. De la jalousie, surement…

« C’est qui, celle-là ? »

Cette fois, il se sentait davantage piqué au vif, surtout en vue du regard dédaigneux qu’adressait sa cadette à son amie. « Ta peine ne te permet de manquer de respect à autrui, je te rappelle. On a déjà croisé Mā dans le couloir et la présence de Kestrel ne lui a pas porté le moindre tracas, au contraire. » Il avait détourné son regard de son père, fixant sa cadette d’un air froid qui lui ressemblait tellement peu. Elle tint le regard quelques secondes avant de le détourner, fermant les yeux, de toute évidence agacée. « Fais ce que tu veux, je m’en fiche. » Elle se leva, prête à quitter la pièce. Elle lança un regard noir à son frère et son amie avant de sortir. De toute évidence, ils n’étaient pas prêt d’affronter cette épreuve ensemble. Une fois qu’elle fut sortie, Li poussa un long soupir, passant une main dans ses cheveux.

« Je suis désolé, pour le comportement de ma sœur. Nous n’avons pas vraiment de bonnes relations… »


Mais ça, Kessy devait déjà l’avoir compris. Après un énième soupir, il osa s’asseoir sur le lit, à côté de Gao. Il prit sa main dans la sienne, quelque peu rassuré de sentir sa chaleur. Il laissait le loisir à la demoiselle qui l’accompagnait de s’asseoir, si elle le désirait. Il espérait juste que cette dernière n’était pas trop troublée par le comportement agressif de Mina…



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Sam 3 Déc 2016 - 15:35
Le stress de Li semblait s'accentuer au fur et à mesure qu'ils s'approchaient de la porte. Le fait d'avoir croisé sa mère paraissait l'avoir détourné un instant de ses sombres pensées et de son inquiétude, la déplaçant sur un autre sujet, ce qui n'avait pas non plus déplu à Kestrel : alors qu'elle-même n'avait en tête que les multiples questions qu'elle se posait sur comment cela se passerait-il une fois dans la chambre du père de Li, comment réagirait-elle, que devrait-elle dire, et ainsi de suite, la rencontre avec cette belle et élégante femme avait brusquement réduit à néant toutes ses interrogations en ne plaçant, dans son esprit désormais vide, que l'idée répétée de c'est la mère de Li – c'est la mère de Li. Une mère à l'allure si belle et digne que Kestrel n'avait pu que tenter gauchement de lui rendre son salut, en inclinant le haut du buste comme elle commençait à avoir l'habitude de voir le jeune champion faire. Mais à présent que l'élégante femme s'était éloignée, Li et elle se retrouvaient à nouveau seuls ; et seuls devant la porte de l'autre côté de laquelle se trouvait Gao dans le coma, seuls avec l'idée, aussi, que la petite sœur du champion était là – « prépare-toi à une tempête », avait dit Mei-Lin. Le rouquin ne semblait pas ravi de la nouvelle, et après une telle annonce, cela se comprenait. Il confirma à Kestrel que le prénom Mina référait bien à sa sœur, et la jeune fille se souvint alors de la façon dont, un peu plus tôt dans la journée, il la lui avait présentée : quinze ans, « gentille mais casse-pied ». Puisqu'elle avait le même âge que Kestrel, la dresseuse pouvait espérer qu'elles s'entendraient bien, non ? D'autant plus si elle était gentille. Il paraissait normal de trouver ses petits frères ou petites sœurs casse-pieds : on les voyait tous les jours, et on a tous nos côtés énervants dans la vie privée. Mais Li évoqua le fait qu'elle était celle qui lui en voulait le plus de ne pas être venu plus tôt à l'hôpital, et Kestrel sentit percer, dans sa voix, son sentiment de culpabilité. Plus que l'inquiétude, était-ce cela qui, véritablement, le tracassait ? Elle songea soudain que si les choses se passaient mal, il risquerait de s'en vouloir encore pour des mois à venir, ensuite, même s'il avait fini par venir. Mais non – elle chassa ces pensées avec force. Il était assez raisonnable pour savoir qu'il n'avait joué aucun rôle dans ce coma, il ne devait pas tant se sentir coupable, et il venait aujourd'hui, tous ses sentiments de culpabilité pouvaient donc être effacés. Et puis, même si cela faisait désormais longtemps que Gao était dans le coma, Kestrel était certaine qu'il arrivait très régulièrement que des personnes se réveillent au bout d'un, deux, trois mois. C'était ce qu'il lui semblait en tout cas, par ce qu'on lisait dans les journaux, ce qu'on voyait à la télé... et encore, à la télé, ils ne parlaient que des réveils de gens connus. Il devait donc y avoir une multitude d'anonymes qui se réveillaient sans cesse de coma de plusieurs semaines sans pour autant que la nouvelle ne soit transmise aux médias régionaux. Garder espoir.

Pour l'heure, elle-même ne connaissant pas Gao, tous ses espoirs étaient d'abord tournés vers Li : elle espérait que les choses s'arrangeraient pour qu'il retrouve la paix intérieure, le doux sourire tranquille qui était le sien le jour où elle l'avait rencontré. Une fois devant la porte, le champion prit une grande inspiration, mais Kestrel se sentit elle aussi inspirer, son cœur battre fort dans sa poitrine ; le jeune homme croisa son regard, elle voulut l'encourager d'un bref hochement de tête et lui rendre son sourire, mais sa propre tension fit que ses lèvres se tendirent à peine et aucun mot ne lui vint. Le champion détournait déjà la tête : il posa sa main sur la poignée de la porte, et ils entrèrent dans la chambre.

Un homme vêtu de blanc, allongé, les yeux clos. Entouré de tuyaux et de perfusion – sous le nez, sur le bras. Des machines qui mesuraient probablement l'activité de son cœur, de son système nerveux, de sa tension, et que savait-elle encore. Il avait le teint pâle et, si l'on devinait sa silhouette carrée, il semblait étonnamment plus âgé et plus faible que son épouse qu'ils venaient de croiser. Quand on entrait dans la chambre, c'était cet homme endormi au centre de la pièce qui attirait immédiatement le regard – bien avant la jeune fille, pourtant, elle, éveillée, bien vive et colorée, qui se trouvait assise près de lui.

Elle se leva dès que Li et Kestrel entrèrent dans la pièce et elle suivit des yeux le jeune homme qui s'approchait de son père. Il ne paraissait pas l'avoir vue, les yeux rivés sur l'homme sans connaissance ; il était allé vers lui sans une hésitation et se tenait à présent figé devant lui. Il était presque aussi immobile qu'une statue, si ce n'était que son dos était parcouru de légers tremblements et que sur son visage se dessinaient les multiples sentiments qui le traversaient. Il ne réagit pas lorsque la jeune fille, aussi rousse que lui, sans aucun doute sa sœur, lui asséna une phrase sèche : il salua son père et plaça sa main contre la sienne. Mina commenta à nouveau son geste. Kestrel, quant à elle, était restée à l'entrée, paralysée : elle n'osait pas encore s'avancer et l'émotion de ce moment était telle qu'elle se contentait d'observer Li en restant en retrait.

Mais une parole assez brusque de la sœur du champion les fit enfin tous les deux réagir. Kestrel eut un léger sursaut et se sentit se décomposer en voyant le regard que la jeune fille posait sur elle : « celle-là ». Elles avaient pourtant le même âge ; en tant que sœur de Li, elle devait être sympathique, elles pourraient sympathiser... Alors, pourquoi un tel ton de mépris ? Mais elle n'eut le temps de rien dire que déjà, Li se détournait de Gao et répondait, d'une façon étonnamment posée compte tenu de l'émotion que ses traits révélaient un instant plus tôt. Il y eut quelques secondes de pause, et Kestrel en profita pour tenter un « Bonj... » Mais elle ne put même pas terminer sa salutation : en leur jetant un regard noir, la cadette répliqua quelques mots à son frère et quitta la pièce. Alors, Li s'excusa, avant de retourner auprès de son père dont il prit la main en s'asseyant sur le lit. Kestrel était encore un peu sous le choc, mais plus les secondes passaient, plus elle songeait que le comportement de Mina n'était pas si surprenant. Peut-être était-elle plutôt nerveuse de nature, auquel cas une situation comme avoir son père dans le coma et un frère qui, bien que champion d'Élite, ne se pressait pas de venir le voir, devait accentuer ce trait... Et quand il venait, c'était avec une étrangère. On réagit tous différemment sous l'effet de l'inquiétude. Si les paroles de Mina avaient un peu blessé la dresseuse, elle ne pouvait donc pas lui en vouloir et devait s'efforcer de l'ignorer. Une chaise était posée près du lit, face à l'endroit où Li s'était installé ; toujours silencieuse, elle alla lentement s'y asseoir. Après un certain temps, elle finit par répondre :

« Ce n'est pas grave. Elle ne devait pas s'attendre à voir arriver quelqu'un qu'elle ne connaissait pas, c'est normal qu'elle ait réagi comme ça. » Elle commençait à se demander si elle avait bien fait de venir, si elle était vraiment à sa place, dans cette pièce où dormait le père de Li. Mais il lui suffit de relever les yeux vers son ami pour sentir qu'elle y était au moins un peu – parce que si elle était ici, c'était qu'il l'avait voulu, parce qu'elle voulait le soutenir. Ne sachant pas que dire sur l'état de Gao, n'osant sans doute pas, encore, même si ses yeux se posaient régulièrement sur le visage de l'homme, elle préféra rester sur le sujet de Mina. « C'est dommage si vous ne vous entendez pas très bien... Est-ce que c'est dû à quelque chose en particulier ? » Elle ne voulait pas se montrer indiscrète, mais elle accordait beaucoup d'importance aux relations entre frères et sœurs : si elle-même n'avait pas toujours été aussi attentionnée avec son petit frère qu'elle l'aurait dû, elle regrettait, aujourd'hui, de ne plus le voir beaucoup à cause de son voyage Pokémon, alors que c'était justement maintenant qu'il avait grandi qu'ils auraient sans doute pu se rapprocher.



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Lun 30 Jan 2017 - 18:48
L’envie de faire demi-tour était de plus en plus forte à chaque pas. Croiser sa mère dans le couloir lui avait permis de retrouver un semblant de calme, mais cet effet s’atténuait rapidement. Il allait se retrouver face à cette vérité qu’il cherchait tant à fuir. La fuite n’était pourtant pas une bonne solution et il le savait parfaitement. Cependant… Cela avait été plus facile. Se plonger dans le travail avait été la solution qu’il avait trouvée, mais qui, au final, faisait plus de mal que de bien. Et puis, maintenant, étant donné que Kestrel était avec lui, il n’était plus question de disparaitre. Ils étaient si proches du but, dorénavant. La première fois était la plus difficile, sans doute, même s’il espérait qu’il n’aurait pas à revenir. Il souhaitait de tout cœur voir son père sortir du coma. Mais après un mois, il y avait de quoi se poser des questions. Est-ce qu’il sortirait de son état végétatif un jour ? Est-ce qu’il devrait réfléchir à quoi faire, si les médecins leur annonçaient qu’il n’y avait plus d’espoir ? Cette seule pensée le paralysait. Il ne voulait pas en arriver là, il voulait tout faire pour aider son père… Malheureusement, il ne pouvait rien faire qu’assister à son sommeil, armé de son espoir et de celui de sa famille.

Ouvrir une porte ne lui avait jamais semblé aussi compliqué. Il chercha du réconfort auprès de la donzelle qui l’accompagnait, se disant qu’il ne devait pas se montrer faible. Il n’aimait pas d’ailleurs montrer ses faiblesses à qui que ce soit. Apparemment, Kestrel était l’exception. Il lui avait avoué sa peur de se retrouver dans cette chambre, mais maintenant qu’ils étaient si près du but… Hors de question de baisser les bras face à elle. Il ne voulait pas être un lâche. Après une seconde qui sembla lui durer une éternité, il réussit à enclencher le mécanisme de la porte pour l’ouvrir, encouragé par le sourire timide de la jeune fille qu’il apercevait du coin de l’œil. Il vit tout de suite l’image qui marquerait son esprit à jamais ; son père, allongé là, inconscient avec un tas d’instruments médical permettant d’affirmer qu’il était toujours en vie. Sans ça, on aurait pu croire qu’il était mort… Et cette pensée l’horrifia.

Li ne fit pas attention à Mina, déjà présente dans la pièce. Il n’avait d’yeux que pour son père et il refoula l’envie de fondre en larmes. Il n’avait jamais vu son paternel aussi faible, aussi vulnérable. C’était un homme fort avec une fierté mal placée parfois. Alors, le voir dans cet état… Tout le monde n’était pas infaillible. Plus jeune et même jusqu’à aujourd’hui, il avait persuadé que rien ne pourrait ébranler Gao. C’était un roc contre lequel la maladie ne pouvait rien faire. Et pourtant… Pourtant. Il déglutit, posant sa main sur celle de l’homme inanimé. Etant plus près dorénavant, il se disait qu’il ressemblait plus à quelqu’un en train de dormir, ce qui calma un tantinet les battements de son cœur.

Sans surprise, l’échange avec Mina se déroula mal. La jeune Chi en voulait ouvertement à son frère et elle ne manqua de le lui faire ressentir. Il prit sur lui, préférant lui répondre par le silence. Toutefois, quand sa cadette s’en prit injustement à Kestrel, il ne put se taire davantage. Il garda son calme, lui répliquant qu’elle ne devait pas se permettre de manquer de respect à qui que ce soit. Nul doute que sa remarque était passée dans l’oreille d’une sourde. La cadette ignora la tentative de salutation de Kessy, préférant quitter la pièce. Un peu plus et ils finissaient par s’étriper dans la chambre, ce qui n’était pas sain. Déjà que sa relation avec Mina avait quelque peu pris une mauvaise tournure ces dernières années –merci la crise d’adolescence-, et ce qui arrivait à leur père ne les rapprochaient pas. Au contraire, il avait l’impression que cela générait plus de tensions qu’auparavant. Et ça… C’était compliqué à gérer, même s’il comprenait le comportement « rebelle » de la donzelle. Leur culture était différente du reste du monde et elle se sentait de moins en moins à l’aise avec les traditions. Ça, Li l’avait bien compris et il souhaitait sincèrement que sa sœur pourrait s’épanouir en restant à l’écart… Bref.

Heureusement, Kestrel comprenait. Elle ne tint pas rigueur du comportement de la jeune sœur, et il l’en remerciait pour ça. Juger une personne sur une première rencontre n’était pas une bonne idée, même si tout le monde le faisait inconsciemment, ou non d’ailleurs. Le regard du maitre coordinateur était toujours posé sur le visage de son père. Impassible, comme il l’avait toujours été. Oui, vraiment, il avait l’impression qu’il dormait. Un bref silence s’installa, jusqu’à ce que son amie lui pose une question. Une moue se dessina sur le visage du jeune homme et il se redressa un instant, semblant chercher une réponse convenable.

« Il n’y a pas vraiment eu d’évènement particulier. Peut-être… Un brin de jalousie envers ma fonction. Je n’en sais rien, en fait. Nous n’avons jamais vraiment parlé de ce qu’on ressentait réellement. Ce n’est pas vraiment le genre de la maison, si tu vois ce que je veux dire. » Difficile d’expliquer avec des mots. Il avait des idées quant à la raison de leurs clashs réguliers, mais il ne voyait pas comment le dire avec des paroles. C’était plus compliqué qu’il ne l’avait pensé. Il poussa un soupir, ne se sentant pas particulièrement à l’aise. « Pourtant, on s’entendait très bien lorsqu’on était enfant. Peut-être est-ce qu’on s’entendra à nouveau lorsque nous seront tous deux des adultes, ou du moins plus âgés. Je l’espère… » Il s’était toujours dit que ces tensions n’étaient que passagères et qu’elles s’atténueraient avec le temps. Maintenant qu’il y pensait, ce ne serait peut-être pas le cas. Qui pouvait prédire le futur, après tout ?

« Je ne t’ai pas demandé d’ailleurs, est-ce que tu as des frères et sœurs ? »

La question lui était venue, comme ça, comme un éclair. Plus tôt dans la journée, elle lui avait demandé des informations sur sa famille, mais il n’avait pas pensé à lui rendre la pareille. Bon, il avait une excuse étant donné qu’une partie de la bibliothèque lui était tombée sur la figure, mais tout de même, il en oubliait ses manières. Il avait beaucoup parlé de lui, il était temps qu’il en apprenne davantage à son propos.



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Mer 22 Mar 2017 - 18:12
La rencontre avec Mina, la petite sœur de Li, s'était déroulée d'une façon des plus houleuses à laquelle Kestrel ne s'attendait pas. Certes, le champion l'avait prévenue que lui et sa cadette n'avaient pas de très bons rapports. Mais étant donné qu'elle avait quinze ans, l'âge de Kestrel, la dresseuse avait songé qu'elles pourraient peut-être sympathiser assez facilement ; elle avait supposé que, Li et Mina restant frères et sœurs malgré leurs désaccords, l'adolescente ressemblerait un peu plus au jeune homme que le dialogue ne le révéla ; et il fallait admettre aussi que, n'ayant rencontré que des propos bienveillants chez la mère de Li qu'ils avaient croisée par hasard, elle avait eu, d'une certaine façon, l'impression d'avoir obtenu l'accord familial qui légitimait sa présence en ces lieux, et ne s'attendait donc plus à recevoir un tel accueil en pénétrant dans la chambre...

Pourtant, la réaction de Mina fut très compréhensible. Sur le moment, elle dérouta beaucoup Kestrel, qui fut à la fois admirative du calme inébranlable dont continua à faire preuve le jeune champion malgré le ton de sa sœur et la tension de la situation, et stupéfaite de la capacité de Mina à ignorer ce calme en répondant, comme si de rien n'était, tout aussi brusquement qu'avant ; mais après que la jeune rousse eut quitté la pièce, elle s'assit sur une chaise et prit plusieurs inspirations pour mettre de l'ordre dans ses idées. Finalement, elle croyait comprendre la réaction de Mina, et elle devait aussi faire la part des choses entre son propre ressenti et celui de la sœur de Li : si son incroyable sang-froid l'éblouissait, ce n'était forcément pas le cas pour celle qui avait grandi avec lui et qui le connaissait sous toutes les coutures, aussi bien dans ses défauts que dans ses qualités. Les membres de la famille de Kestrel avaient tendance à être plutôt expansifs, c'était le cas de son grand-père, ses oncles et sa mère, en tout cas, et elle n'était donc pas habituée à voir des gens réagir à la tension comme le faisait Li – très discrètement, en prenant beaucoup sur lui, en ne montrant que par moments combien il était touché – mais elle pouvait supposer que, si Mina avait, quant à elle, vécu dans une famille où l'on restait toujours à ce point maître de soi-même, elle ait besoin de faire éclater ses émotions de temps à autres.

Toutes ces idées ne vinrent pas immédiatement à l'esprit de Kestrel qui resta pendant plusieurs secondes assise sur la chaise à réfléchir, les yeux dans le vide. Quand elle reprit la parole, ce fut lentement et en continuant de penser tout en s'exprimant. La chambre d'hôpital. Le père de Li sans connaissance. Le dédain de la petite sœur, les éclats de voix dans la pièce, et puis son brusque départ et le silence. Tout cela créait une situation particulière qu'elle n'avait pas imaginée ainsi, et dans laquelle elle n'était pas certaine de savoir comment réagir. Mais enfin, quand elle avait décidé d'accompagner Li à l'hôpital, elle savait en partie à quoi s'attendre, et cela restait le décor si particulier et la présence du malade qui exacerbaient les tensions. Ce qu'elle devait faire, dans sa position d'étrangère à la famille, mais d'amie, c'était tenter de comprendre la position de Mina ; comprendre celle de sa mère ; et soutenir Li. Soutenir Li.

Elle hocha la tête face à ce que lui dit le jeune homme. « Je vois... » Ses conjectures au sujet de la vivacité de Mina face au calme de Li se confirmaient : il était vrai que le jeune homme venait d'une famille très traditionnelle d'Unys, imprégnée d'une culture où la façon d'être était assez différente de celle que l'on trouvait dans une famille comme celle de Kestrel. Pourtant, sans que son désir soit de remettre en cause une philosophie dont elle ne savait de toute façon pas suffisamment pour s'en faire une véritable idée, elle continuait de penser et laissa sa réponse en suspens. Li reprit la parole pour formuler son espoir de mieux s'entendre avec sa sœur lorsque tous deux seraient adultes. Kestrel releva la tête : « Oui, ce sera sans doute le cas ! À mon âge, trois ans de différence, ça compte quand même – assez... » Elle avait failli dire « beaucoup », mais elle s'était souvenu à temps que trois ans était aussi ce qui la séparait de Li, et elle n'avait quand même pas l'impression qu'ils étaient si éloignés l'un de l'autre. Bien sûr, Li était plus mûr, plus adulte, avait certainement vécu beaucoup plus de choses qu'elle... Mais elle croyait quand même qu'ils pouvaient être proches. « ...Mais quand vous serez adultes, vous arriverez sûrement à mieux vous comprendre. » Elle avait eu un peu de mal à retomber sur ses pattes, mais elle croyait sincèrement à ce qu'elle avançait : elle voyait peu de frères et sœurs adultes qui se détestaient foncièrement, alors qu'il y avait tant de mésententes dans les fratries d'enfants ou d'adolescents. Elle supposait que quand on était adulte, on était forcément plus raisonnable, et que l'on devait donc comprendre et accepter ses frères et sœurs, puisque l'on savait ce qu'ils avaient vécu et que l'on avait partagé plusieurs années de vie. Cependant, elle continuait à penser à ce que Li lui avait dit au début. Après une pause, elle reprit donc, plus hésitante et détournant à nouveau le regard : « Mais quand même... je trouve ça un peu dommage s'il y a vraiment un désaccord et que vous ne parlez pas de ce qu'il ne va pas. Parce que, s'il y a un problème mais que vous ne discutez pas de ce que vous ressentez, ça reste en suspens et vous ne pouvez pas le régler... » Elle se tut, un peu gênée. Mais cette question était importante pour elle. Li avait parlé d'une potentielle jalousie de la part de sa sœur... Est-ce qu'elle aussi entraînait des Pokémon ? Est-ce qu'elle faisait de la coordination ? Elle aurait aimé en savoir plus ; mais ce qui lui avait paru majeur était ces mots de Li sur cette absence de dialogue.

La discussion s'orienta ensuite sur sa propre famille. C'était vrai qu'elle n'avait pas encore eu l'occasion d'en parler avec Li, et voir apparaître dans sa tête le visage de son frère, de sa maison et de l'absence de problèmes, très relative, qui y régnait en comparaison de ce que vivait Li en cette période la détendit un peu. « J'ai un petit frère. Il s'appelle Yoann et il a douze ans et demi. On était assez proches quand on était plus petits, après on s'est un peu détachés, c'est aussi l'âge qui a sans doute joué... Et ensuite, je suis partie pour mon voyage Pokémon, et ça fait donc plusieurs mois que je le vois à peine. Mais j'ai l'impression qu'il a vraiment grandi ces derniers temps, et j'ai trouvé qu'on se ressemblait sur plus de points qu'avant, les dernières fois qu'on s'est vus. Il a aussi envie de partir en voyage Pokémon. J'aimerais bien pouvoir le voir plus souvent », termina-t-elle, ses lèvres formant le sourire qui lui venait désormais lorsqu'elle songeait que son frère lui ressemblait peut-être bien plus qu'elle ne l'avait longtemps pensé.



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Sam 1 Avr 2017 - 16:20
La première rencontre entre Mina et Kestrel aurait certainement pu mieux se passer, dans un autre contexte, tout comme elle aurait pu aussi se dérouler bien plus mal. Li avait l’habitude de faire face à l’énervement de sa sœur qui était bien plus réactive que les trois membres restants des Chi. Elle avait grandi avec son temps, faisant fi des traditions, évoluant comme elle avait envie de le faire. D’un côté, son frère l’admirait beaucoup pour ça. En ce qui le concernait, il avait pris exemple sur son père et sa mère, respectant l’éducation qu’il avait reçu. Aussi, il était parfaitement capable de se montrer stoïque et calme malgré la colère de sa cadette. D’ailleurs, il savait qu’il ne faisait que l’énerver davantage ; ce manque de réaction avant tendance à agacer Mina au plus haut point. Elle ignorait comment il faisait, tout comme il ne s’imaginait pas être capable de laisser parler ainsi ses émotions. A bien y réfléchir, chacun enviait l’autre à sa manière… Ce qui devait expliquer en partie les tensions qui régnaient entre eux.

Il aurait préféré éviter toutefois que Kestrel soit témoin de ses éclats de voix. Ces derniers temps, ça leur arrivait assez fréquemment, et même avant que leur père ne tombe malade. Ils n’avaient pas les mêmes caractères, les mêmes ambitions, les mêmes rêves. Lorsqu’ils étaient enfant, il semblait être plus proche de sa cadette. Pourtant, il ne regrettait pas d’être celui qu’il était aujourd’hui, tout comme il ne reprochait pas la femme en devenir qu’était sa sœur. Il se demandait juste pourquoi ils se trouvaient forcés de s’étriper à chaque fois. Avoir une conversation posée, sous couvert d’une certaine complicité lui paraissait complètement impensable, dorénavant. Et dire que cela avait commencé peu après sa nomination en tant que membre de l’Elite…. Etait-ce lié ? Ou bien s’agissait-il d’une simple crise d’adolescence ? Il ne saurait dire, il n’avait pas eu l’impression d’en faire une lui-même. Et, au jour d’aujourd’hui, il s’estimait plutôt être un adulte qu’un ado, même s’il devait, de ce fait, assumer les conséquences de son statut.

Il présenta ses excuses à son amie, espérant que cet incident n’aurait pas une trop grande portée. Il espérait qu’elle ne s’en retrouverait pas troublée et qu’elle ne regretterait pas d’être venue… Il ne savait pas comment il aurait pu être là sans son soutien. On pourrait croire qu’elle ne faisait pas grand-chose, et pourtant. Pourtant. Elle était d’une aide inestimable. Puis, Kestrel chercha à en savoir un peu plus sur les tensions qui régnaient entre elle et sa sœur, sans qu’il n’arrive réellement à l’expliquer. Il tenta une réponse la plus proche de la réalité, mais à vrai dire, il ne savait pas plus lui-même. Peut-être que le manque de l’expression de ses sentiments en était aussi la cause, sil on mettait de côté la jalousie. Allez savoir. La réponse de la donzelle à propos de la différence d’âge le fit sourire. Trois ans, ce n’était rien, d’après lui. Sauf dans cette période de l’enfance où on grandissait vite, peut-être un peu trop. Kessy et Mina avaient le même âge, pourtant elles n’étaient semblables en rien, aux yeux du membre de la Ligue. Et puis ne disait-on pas que l’âge n’était pas important ? Il se perdait dans ses réflexions. Mais soit. Il apprécia qu’elle lui confirme qu’une fois adulte, ils devraient mieux s’entendre. Il ignorait si ce qu’elle lui disait était vrai, mais il aimait bien y croire.

La nouvelle remarque de la donzelle lui fit marquer un arrêt d’une courte durée. Il était sûr que s’il ne parlait pas avec sa cadette de ce qui n’allait pas, il allait être difficile de cesser leurs disputes. Toutefois, il avait l’impression que ce ne serait pas si simple. « Tu as sans doute raison. Il serait préférable qu’on en discute, comme des personnes sensées. » Il passa une main dans ses cheveux, quelque peu gêné. S’il pouvait démontrer ses sentiments comme Mina souhaitait qu’il le fasse, ils n’en seraient sans doute pas là. Mais… C’était au-dessus de ses forces. Il n’aimait pas paraitre faible. Il savait qu’être trop fier n’était pas une solution, mais trop expressif… Ce n’était pas lui. Il avait toujours gardé ses craintes pour lui et il ne voyait pas comment il pourrait en être autrement. Sauf… Sauf maintenant. Il avait réussi à s’ouvrir à quelqu’un, à lui quémander son aide pour se rendre dans cet hôpital. Il avait réussi à s’ouvrir face à Kestrel, et cela lui avait fait beaucoup de bien. Alors, peut-être que dans un prochain temps, il serait capable de faire de même avec sa cadette. Il n’était pas spécialement confiant mais… Ca valait au moins le coup d’essayer ?

Mais ils avaient assez parlé de lui, dorénavant. Il ne souvenait pas avoir parlé d’ailleurs un jour aussi souvent de lui, à croire qu’il avait atteint son quota. Il ne voulait pas non plus que Kestrel s’inquiète pour lui et sa cadette ; il s’agissait d’un problème entre frère et sœur, il était son devoir de s’en occuper lui-même sans mêler d’autres personnes à l’affaire. De ce fait, il chercha à en savoir plus sur la demoiselle, réussissant à mettre un peu plus d’engouement à cette conversation assez… Déprimante. Il ne pensait pas que son père lui en voudrait s’ils parlaient de choses un peu plus positives dans sa chambre. Li apprit ainsi que la jeune fille avait un petit frère de douze et demi, Yoann. Il ferait l’effort de retenir son prénom, s’il était amené un jour à le rencontrer –pour quelle raison, il l’ignorait encore, mais son geste n’était pas futile-. « Il veut marcher sur les traces de sa grande sœur, il faut croire. Je le comprends, tu es quelqu’un de vraiment passionnante, pas étonnant que ton petit frère t’admire. » Il sourit, ne se rendant compte qu’après coup du compliment qu’il venait de lui faire. Les mots étaient sortis sans qu’il les contrôle, montrant ainsi la véracité de ces derniers. Il pensait vraiment que la donzelle méritait l’admiration d’autrui et qu’elle était encline à réaliser de belles choses. Il sentit le rouge lui monter aux joues alors qu’il se mettait à regarder par la fenêtre, se sentant quelque peu gêné.

« Je suis désolé que vous n’ayez pas la possibilité de vous voir davantage. Mais j’imagine qu’il ne t’en tiens pas rigueur, étant donné que tu cherches à réaliser ton rêve. Est-ce que tu as gagné les deux badges qui te manquaient d’ailleurs, depuis notre dernière rencontre ? »

Il s’était redressé pour se rapprocher de la fenêtre. L’extérieur avait soudainement un grand attrait pour lui. En fait, il cherchait surtout à cacher le rouge qui ne s’était pas décidé à quitter son faciès. Il essayait de continuer la conversation le plus naturellement possible, en espérant que ni Mina ni sa mère n’entrerait à ce moment précis. Il se sentait… Un tantinet gêné et à découvert.



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Sam 8 Avr 2017 - 14:39
Kestrel craignait un peu la réaction de Li lorsqu'elle lui avait dit qu'elle trouvait dommage que lui et sa sœur ne se parlent pas de leurs problèmes, raison pour laquelle elle avait détourné les yeux. Sa remarque était sincère, et elle était portée par une conviction réelle, chez l'adolescente, en le fait que le dialogue, lorsqu'il prenait la forme d'une discussion intelligente où les deux interlocuteurs s'écoutaient mutuellement et essayaient de mettre en mots leurs points de vue d'une façon précise afin de se faire comprendre de l'autre, pouvait résoudre la plupart des problèmes. Depuis le début de sa vie, encore brève, elle avait côtoyé nombre de personnes qui s'opposaient les unes aux autres sur divers problèmes : sa mère et son père, divorcés, son grand-père dont les idées différaient souvent de celles du reste de sa famille, ses oncles, pas vraiment tempérés. Passant du temps avec chacun, elle avait eu l'occasion d'entendre de nombreux arguments sur les problèmes qui les séparaient, et elle avait eu l'impression que tous étaient animés, sous un certain angle, d'une bonne volonté en soutenant leur parti, et qu'ils ne souhaitaient pas réellement la dispute (sauf dans certains rares cas qu'elle désapprouvait). Pourtant, partant du principe qu'ils ne pourraient se comprendre, ils ne cherchaient jamais à discuter vraiment et les dissensions gonflaient donc sans que personne ne fasse d'effort pour les résoudre. Bien sûr, elle se doutait que chez les Chi, ce n'étaient pas exactement les mêmes raisons qui faisaient que Li et sa sœur ne se parlaient pas de leurs ressentis : cela venait en partie de leur culture, et en partie aussi, elle le supposait, du caractère de celui qu'elle pensait pouvoir à présent considérer comme un ami. Dès leur première rencontre, elle avait admiré son calme, sa gentillesse et la réserve mêlée de grâce avec laquelle il effectuait chacun de ses mouvements, mais elle croyait comprendre, à présent, que cela allait de pair avec une discrétion sur lui-même et sur ce qu'il ressentait. C'était peut-être pour cela, d'ailleurs, qu'il lui avait demandé de l'accompagner à l'hôpital aussitôt après s'être confié à elle sur ce qui était arrivé à son père... Parce qu'il ne devait pas se confier ainsi à beaucoup de personnes. Mais pourquoi était-ce auprès d'elle qu'il avait ressenti l'envie de s'épancher ? Elle ne devait pas s'aventurer sur ce genre de terrain, pas encore. Elle aussi s'était confiée à lui, le jour où ils s'étaient rencontrés... Et elle était simplement heureuse si sa présence pouvait aujourd'hui lui faire du bien. Mais elle avait quand même ressenti le besoin de lui dire cela, au sujet des relations entre lui et sa sœur.

Elle fut donc soulagée de sa réponse : il était d'accord avec elle, il ne s'était pas senti vexé, ne lui reprochait pas de se mêler de ce qui ne la regardait pas, ni quoi que ce soit. « Je comprends que ça ne soit pas facile », répondit-elle immédiatement après ce qu’il lui dit, ne souhaitant pas l’embarrasser outre mesure : il parlait de « personnes sensées », mais elle n’avait jamais voulu sous-entendre qu’ils ne l’étaient pas, elle était plus jeune que lui après tout, et elle pouvait imaginer que sa situation soit difficile. Elle aurait peut-être pu ajouter quelque chose, mais le champion avait eu l’air vraiment gêné, un moment, et elle ne souhaitait pas poursuivre inutilement une discussion qui le dérangeait… De toute façon, il changea de sujet, lui posant cette fois-ci des questions sur elle-même. Parler de son frère la détendit ; elle se rendait compte qu’elle avait envie de le revoir, et elle eut un petit rire lorsque Li suggéra qu’« il souhaitait marcher sur les traces de sa grande sœur ». Mais alors qu’elle pensait répondre, le champion poursuivit – et ce qu’il ajouta la fit se figer. Pass… Passionnante ? Son esprit bloqua un instant sur le mot, le temps qu’elle réalise que c’était vraiment ce qu’il avait dit, puis elle sentit un rouge brûlant lui monter aux joues et elle détourna vivement la tête. Passionnante. Il venait de lui dire qu’elle était passionnante ? « Euh… » Elle ne savait plus du tout quoi dire. Elle était complètement déroutée. Il lui avait dit ça avec un sourire gai, l’air naturel, comme s’il le pensait vraiment – et il n’était pas du genre à mentir, d’autant plus qu’ils étaient dans la chambre d’hôpital de son père, il n’aurait pas eu de raison de lui dire cela s’il ne l’avait pas pensé… Mais quelle raison aurait-il eu de le penser ? Elle avait seulement parlé de son frère ! Et depuis le début de la journée elle l’avait écouté, elle l’avait soutenu, mais, mais… passionnante… Ses pensées s’étaient emballées : elle se demandait ce que cela voulait dire, qu’est-ce que cela veut dire, elle cherchait que répondre mais ne trouvait rien, elle ne pouvait pas dire « merci », elle n'allait pas lui répondre qu’« oh non, tu exagères » comme on le fait parfois sur un ton de fausse humilité, elle ne trouvait rien. Ses mots s’étaient coincés dans sa gorge. Et elle était terriblement gênée.

C'est pourquoi elle se sentit enfin respirer lorsque Li, qui regardait à présent par la fenêtre, reprit la parole, mais sans revenir sur son compliment. D'une certaine façon, cela lui permettait de prendre le temps de réfléchir tout en ayant quelque chose à quoi se raccrocher pour ne pas paraître idiote. « ...Non, je ne crois pas qu'il m'en veuille. Il est assez timide, et je ne pensais pas qu'il aurait un jour envie d'entamer un voyage Pokémon, lui aussi : il n'en parlait pas quand je suis partie. Mais il ne marche pas tout à fait sur mes traces : pour le moment, son rêve, c'est de devenir scientifique Pokémon. » Ses mots avaient d'abord été prudents, car elle était toujours perturbée par ce que Li lui avait dit, mais elle sourit en évoquant le rêve de son frère : ils se ressemblaient également sur leur curiosité pour les Pokémon et sur leur passion pour les livres, même s'ils ne l'exprimaient pas de la même manière. « J'en ai gagné un, celui de Frimapic ! Ça a été un peu long, mais il s'est passé pas mal de choses là-bas... Mais je suis justement en train de descendre vers Rivamar. Ma prochaine étape, c'est mon dernier badge avant la Ligue ! » Si le souvenir des événements de Frimapic la tendit un peu, la fierté du badge obtenu prit le dessus dans sa voix, comme à chaque fois qu'elle en parlait. Mais le compliment du jeune homme lui était resté en tête. Ce n'était qu'une phrase, qu'un tout petit mot, dont elle doutait déjà presque de l'existence, mais... Il était resté au-devant de ses pensées tandis qu'elle parlait, comme une petite lampe qui clignotait en attendant qu'elle réagisse ; et en effet, elle n'y avait pas répondu, elle ne l'avait pas même relevé. Mais elle avait l'impression qu'il était important. Et qu'elle devait tenter d'y répondre quelque chose.

« ...T-tu sais, je... » Elle hésitait. Elle hésitait beaucoup trop. Mais ce n'était pas de sa faute, son cœur battait trop fort dans sa poitrine, et elle n'osait qu'à-demi regarder Li dans les yeux, elle ne cessait de détourner les siens pour les y replonger quelques secondes après. « ...J'espère vraiment que les choses vont s'arranger, pour ton père. ...Et... je suis contente si... ma présence ici, aujourd'hui, peut t'aider un peu. »

Elle n'avait pas vraiment répondu au compliment de Li, finalement. Mais elle se sentait très rouge, elle serrait les lèvres, elle ne savait pas où poser les yeux et en même temps, dès qu'elle les détachait du jeune homme aux cheveux roux, de cet ange aux yeux bleus, elle avait envie de les y reposer de plus belle... Et elle espérait qu'il comprendrait ce qu'elle voulait dire – quoi, elle ne le savait pas elle-même. En réalité, elle espérait simplement qu'il appréciait sa présence, oui – c'était seulement ça. Elle avait totalement oublié Mina, même Gao dont elle venait de parler. Elle pensait simplement à Li. Et son cœur battait.



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Ven 14 Avr 2017 - 15:03
Clairement, le malaise qui persistait entre Li et Mina pourrait être désamorcé s’ils étaient capables de discuter. Mais, du point de vue du jeune champion, ce n’était pas aussi simple que ça. Pour lui, cela signifiait devoir se montrer sans les barrières qu’il prenait soin de dresser. Il ne prenait pas plaisir à les imposer, mais aussi loin que sa mémoire lui permettait de remonter, il avait toujours agi ainsi. Il était de nature calme et posée, et il ne se souvenait même pas de la dernière fois qu’il avait perdu son sang-froid. Tout ce qu’il savait, c’était que cela lui arrivait que très rarement, surtout aujourd’hui, alors qu’il occupait un poste de haut rang. Il avait appris à apparaitre ainsi et c’était pour lui, la manière dont il devait agir. Il n’était pourtant pas dépourvu de sentiments, seulement, il savait les dissimuler. Du coup, les faire jaillir était pour lui un exercice compliqué dans lequel il se sentait mal à l’aise. Avoir avoué la vérité à Kestrel avait été une épreuve pour lui. Certes, il s’était senti bien mieux après, mais il avait été difficile pour lui de s’afficher ainsi. Avec la donzelle, il s’en sentait capable, néanmoins. Mais devant sa sœur… Il n’arrivait tout bonnement pas à le concevoir. Ils avaient des caractères tellement opposées ! Il ressemblait à leur mère, elle ressemblait à leur père. Leurs parents arrivaient pourtant à s’entendre alors… Pourquoi ce n’était pas possible entre eux ?

Il consentit naturellement à la réflexion de Kestrel. Oui, les choses s’arrangeraient entre le frère et la sœur s’ils savaient communiquer. Il ne disait pas cela pour insister sur le fait qu’ils agissaient comme des personnes insensées, quoi qu’un peu tout de même. Il essaya de se convaincre qu’il était temps qu’il change de comportement vis-à-vis de sa cadette, mais il doutait sincèrement de sa capacité à y parvenir. Il ne savait même pas si Mina serait réceptive à sa tentative… Il savait qu’il l’agaçait. Elle ne parvenait pas à comprendre pourquoi il était ainsi, elle ne parvenait pas à comprendre quel mal il y avait à exprimer ses sentiments. Pour chacun, c’était l’évidence même. Pour Li, c’était… Différent. Et pourtant, il lui semblait qu’ils avaient eu la même éducation. Bref. Il avait l’horrible impression de tourner en rond, avec ses réflexions. Il revenait toujours à son point de départ. Il sourit doucement à la remarque de Kessy, comme si elle s’excusait indirectement. Comme si elle avait sous-entendu que cela était facile. Le jeune maitre savait bien qu’elle ne le pensait pas un instant, qu’elle était capable, quant à elle, de le comprendre. C’était peut-être pour ça qu’il avait été pu lui dire la vérité qui pesait dans sa poitrine. Allez savoir.

Il préféra concentrer la conversation sur la demoiselle, pensant qu’elle devrait ainsi être moins déprimante que la précédente. Il en apprit ainsi un peu plus sur elle, ravi de savoir qu’elle avait un petit frère qui comptait pour elle. Et puis cela lui permettait de sourire un peu. Il était sincère quand il avouait trouver la dresseuse passionnante, se sentant néanmoins gêné de l’avoir dit à voix haute. Elle parut tout aussi surprise que lui, ne sachant quoi dire. Les mots semblaient lui manquer. Li sentit une attraction particulière pour la fenêtre, tentant de dissimuler le rouge de ses joues. Parfois, c’était une plaie d’être trop sincère. Mais il espérait tout de fois que ses paroles firent plaisir à la demoiselle. Il ne voulait pas la mettre mal à l’aise, simplement insisté sur son caractère exceptionnel, selon lui. Il tâcha néanmoins de continuer la conversation, préférant éviter de rester sur le compliment. Il ne désirait pas voir s’installer une gêne entre eux et le silence suffisait à lui rappeler le pourquoi ils étaient là. Il ne désirait pas déprimer davantage.

« Scientifique ? C’est aussi une belle voie. J’espère qu’il y parviendra. » Il y avait toujours une certaine gêne dans ses mots. Il s’était levé pour regarder par la fenêtre, lui tournant le dos. Il pensait néanmoins ce qu’il disait. Les scientifiques pokemon aidaient à mieux interpréter ce monde, permettait des découvertes passionnantes et utiles pour le monde. Il se souvint, de ce fait, de leur première rencontre avec la donzelle. C’était à cause de l’une de leurs créations –même si les scientifiques qui avaient créé le sérum n’étaient pas les plus… honnêtes- qu’ils s’étaient rencontrés. Si le produit n’avait pas mis à mal le starter de la donzelle, ils ne se seraient peut-être jamais rencontrés… Et cela aurait été bien dommage. Il eut un petit sourire alors qu’il enchainait sur les badges. Il fut ravi d’apprendre qu’elle avait obtenu un nouveau, bien qu’il fût intrigué par les évènements de Frimapic qu’elle évoqua. Il ignorait de quoi elle parlait, mais en vue de sa réaction, il ne chercha pas à en apprendre davantage. Elle paraissait tendue à son évocation, inutile de la rendre encore plus nerveuse. Il en avait assez fait comme ça. « C’est super, ça. J’espère que tu remporteras ton dernier badge, j’ai hâte de te voir affronter mes collègues de la Ligue ! » En temps normal, il n’aimait pas spécialement les combats, mais il avouait sans mal que ceux de la Ligue était bien souvent passionnants. Il ne doutait pas des capacités de Kestrel à vaincre le dernier champion pour son dernier badge et se présenter à Johto. Ce qu’il savait, c’était qu’il ait de fortes chances qu’il aille l’y encourager, ne sachant pas encore les évènements qui se dérouleront entre eux durant la prochaine Saint-Valentin.

Il s’était retourné vers elle lors de son exclamation, ayant réussi à maitriser définitivement le rouge de ses joues. Un brin de surprise se dessina sur son visage alors qu’elle tentait de lui dire quelque chose. Il se tût, la laissant avancer à son rythme. Elle l’intriguait tout de même. Elle croisa son regard, aussi furtif soit-il, alors qu’elle prononçait des mots qui le faisait redescendre sur Terre. Une légère teinte de mélancolie dansa dans ses iris lorsqu’il tourna son regard vers son père. Il ne tarda pas néanmoins à se tourner vers la demoiselle, s’approchant doucement d’elle. Il s’abaissa légèrement, juste pour poser sa main sur la sienne. « Merci. Je l’espère aussi. Et merci d’être venu, d’être resté. Ca me touche beaucoup. » Et il lui était réellement reconnaissant. Il ne pensait pas réussir l’exploit de venir dans la chambre sans elle. Elle lui était d’un soutien considérable. Il fit comme s’il ne voyait pas le rouge se dresser sur les joues de Kessy, se demandant si lui-même ne devait pas afficher le même faciès. Il pressa légèrement la main de la donzelle dans la sienne, cherchant à démontrer son sentiment par des gestes, au risque d’y insuffler une toute autre pensée, non désiré. Ils se trouvaient, après tout, dans la chambre de son père, plongé dans le coma…

Il se redressa rapidement néanmoins lorsqu’il entendit la porte s’ouvrir. Il lâcha la main de Kestrel, se retrouvant étonnement droit comme un piquet. Il reconnut sans mal la personne qui vint les déranger, bien qu’elle en avait tous les droits. Il ignorait si sa mère avait pu voir la scène entre son fils et la demoiselle qui l’accompagnait et si c’était le cas, il se sentait terriblement gêné.

« Ne vous dérangez pas pour moi. J’ai croisé Mina dans le couloir, on dirait que vous vous êtes encore disputés, tous les deux ? » Elle porta son regard bleuté sur lui et il se sentit redevenir un enfant. Il se retrouva mal à l’aise, passant sa main dans ses cheveux alors qu’il acquiesçait. Il s’attendait à recevoir une remontrance, mais elle n’en fit rien. Elle s’approcha de son mari, s’asseyant sur la chaise que Li occupait quelques minutes plus tôt. « Vous devriez vous serrez les coudes, dans des moments comme ceux-ci. Mais je comprends. Vous êtes tellement différents, tous les deux. Mais n’oubliez pas que la famille est le plus important. » Ce n’était pas méchant, mais cela avait tout de même le don d’augmenter son malaise. Il acquiesça doucement, s’inclinant légèrement. Il adressa des excuses à demi-mots. Il s’en voulait de lui faire subir ça alors que son mari était dans le coma. Il vit la main de sa mère se poser sur la main de son paternel et il baissa les yeux. Ce n’était qu’un simple contact, rien d’extravagant. Pourtant, il ne se souvenait pas avoir vu ses parents faire preuves d’attentions physiques entre eux et il avait la désagréable impression d’être un voyeur.

« Je suis désolé, Mā. On ne va vous laisser, je passerai vous voir dans quelques jours. Je vous promets d’être là, dorénavant. Je ne fuirais plus mes responsabilités. »

Il s’inclina plus largement encore. Il ne vouvoyait pas sa mère, comme ses paroles pouvaient le laisser penser. En fait, il s’adressait tout aussi bien à elle qu’à son père, s’il était possible qu’il l’entende. Mei-Lin tourna son regard vers son fils, souriante. « Je te crois, Li Wei. Et je serais ravie de vous revoir, jeune demoiselle. » Ses mots s’adressaient cette fois-ci à Kestrel, accompagné de ce sourire doux et compatissant qu’avait hérité le jeune maitre. Ils étaient temps pour eux de la laisser la femme en paix avec son époux.



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Mar 2 Mai 2017 - 13:49
Après l'étonnant compliment de Li qui avait dit, d'une façon spontanée, à Kestrel qu'elle était passionnante, ils avaient tenté de faire comme si de rien n'était, ignorant réciproquement le rouge qui leur montait aux joues, s'intéressant brusquement au paysage dehors, s'accordant en silence sur le fait que cette soudaine pause dans la conversation était tout à fait normale quand, en réalité, ils étaient tous les deux des plus embarrassés. Kestrel se sentit soulagée lorsque le champion reprit la parole ; pourtant, il s'était en même temps levé pour être plus proche de la fenêtre et il lui tournait toujours le dos lorsqu'elle lui répondit. La situation avait quelque chose d'artificiel, mais elle sentait que dans le même temps, cela leur permettait à tous les deux de reprendre contenance. De plus, elle réalisa en évoquant son frère qu'elle était heureuse de parler de sa famille à Li : aujourd'hui, elle avait rencontré la sienne, et par ces quelques mots sur Yoann, par ce dialogue si ordinaire, elle songeait que le champion roux la connaîtrait mieux. Et elle parlait du désir de Yoann de devenir scientifique, lui qui s'était toujours intéressé à la biologie d'une façon encore plus systématique qu'elle mais qui, en revanche, avait moins d'attrait pour les combats. « Oui, j'espère aussi ! Mais il a encore le temps de voir. Et pour le moment, on ne se fait pas trop de souci. »

Elle fut reconnaissante à Li de ne pas l'interroger sur ce qu'il lui était arrivé à Frimapic, alors même qu'elle venait indirectement d'évoquer les événements auxquels elle avait dû faire face. Si la phrase lui avait échappé parce qu'elle cherchait à expliquer le temps qu'elle avait mis à obtenir son avant-dernier badge, elle n'avait en réalité aucune envie de parler maintenant de tout ce qu'il s'était passé – les éboulements au Mont Couronné, les Pokémon agressifs, le combat contre Twisted Fate, les sbires au Lac Savoir et cette étrange voix qu'elle avait entendue... Pas maintenant, pas dans cette chambre d'hôpital. Elle avait le sentiment de devoir encore y réfléchir pour essayer de démêler un peu tout cela et de mettre des mots plus précis sur ce qu'elle avait vécu avant de pouvoir se confier à quelqu'un. Mais elle sourit en réponse à l'enthousiasme de Li qui exprimait son impatience de la voir affronter la Ligue : « C'est gentil. J'ai hâte aussi ! » Leurs regards de nouveau pétillants se croisèrent car le jeune homme s'était détourné de la fenêtre et pendant quelques instants, toute gêne fut envolée. Pensait-il vraiment aller la voir le jour où elle se présenterait à cette ultime épreuve ? Seraient-ils alors encore en contact ? Ce jour-ci scellait-il vraiment entre tous les deux le début d'une véritable relation, d'une véritable amitié, de... quelque chose de plus, peut-être, ou bien le champion avait-il seulement besoin que quelqu'un l'encourage pour qu'il rende visite à son père et ne penserait-il plus à Kestrel, à présent que cette peur était dépassée ? Un peu plus tôt dans l'après-midi, elle s'était posé ces questions, mais en cet instant, celles-ci étaient oubliées. Elle se sentait simplement bien avec lui, ils étaient comme deux amis, et cela aurait pu durer longtemps.

Mais à peine quelques secondes furent-elles passées que le regard du jeune homme rivé dans le sien l'émut à nouveau, et que le compliment qu'il lui avait fait lui revint en mémoire. Ses émotions étaient décidément à fleur de peau. Elle bredouilla comme elle le put la réponse qu'elle avait trouvée, son vœu que la situation de son père s'améliore ; le jeune homme baissa alors la tête vers l'homme qui dormait dans le lit aux draps blancs et elle craignit de l'avoir ramené à sa tristesse. Tout était silencieux dans la pièce : on n'entendait que le bourdonnement constant des machines. Mais Li ne tarda pas à se redresser et à s'approcher d'elle. Il posa sa main sur la sienne, il la remercia ; et elle sentit bien évidemment le feu s'étendre sur ses joues tandis qu'elle clignait des yeux, que sa vue se floutait un peu et que toute son attention se rivait sur le contact entre leurs deux mains, comme si jamais personne ne lui avait tenu la main de sa vie. Elle ne sut pas que répondre – ou plutôt, elle n'éprouva pas le besoin de répondre. Le mot « derien » semblait trop simple et dénué de sens et elle avait déjà dit ce qu'elle pensait à celui qui lui avait parlé. Elle se contenta de continuer de le fixer : ils se regardaient dans les yeux, il serrait doucement la main, et elle avait l'impression que cet échange de regards signifiait beaucoup plus que ce que ce que disaient les mots. Afin de lui signifier qu'elle acceptait son remerciement, elle tenta de sourire ; et peut-être allait-elle finalement lui répondre quelque chose, ou allait-elle simplement rester hypnotisée par son regard couleur de ciel, quand...

Brusquement, le son d'une porte qui s'ouvrait rompit le silence et Li lâcha la main de Kestrel. En l'espace d'une demi-seconde, tous deux furent à nouveau séparés d'un bon mètre, très droits et tournés vers l'entrée de la chambre par laquelle la mère du champion, que l'adolescente aux cheveux bleus avait rencontrée tout à l'heure, venait d'apparaître. Elle s'adressa d'abord à Li, lui parlant de Mina, et Kestrel, que cette entrée imprévue avait un peu déstabilisée, se sentit presque soulagée de pouvoir reprendre tranquillement ses esprits sans avoir à répondre à des questions de cette très belle femme qui l'intimidait un peu – même si elle était embêtée pour Li qui subissait visiblement quelques réprimandes. Après s'être incliné, il finit par promettre à sa mère qu'il ne fuirait plus ses responsabilités. Cette façon très formelle que les deux Chi avaient de se parler étonnait toujours un peu Kestrel, mais elle était heureuse de constater que le champion, alors qu'il avait eu tant de mal à oser se rendre pour la première fois dans la chambre d'hôpital de son père, semblait désormais accepter l'état dans lequel l'homme était plongé et promettait qu'il reviendrait. Finalement, cette visite s'était bien passée ! La mère de Li sourit, d'un beau sourire très doux, et adressa ses derniers mots à Kestrel. Celle-ci se redressa immédiatement ; et, mue par un désir de se montrer à la hauteur face à cette personne à la fois si élégante, courtoise et gentille, elle inclina à son tour légèrement la tête et les épaules et répondit : « Je vous remercie. »

Elle sentit ensuite que le champion l'entraînait vers la porte et elle le suivit vivement, laissant sa mère aux soins de l'homme allongé dans le lit. Elle retourna simplement un instant la tête vers eux, pour une dernière vision de la chambre d'hôpital, et elle eut tout juste le temps de voir la femme aux cheveux noirs qui se penchait vers son époux et prenait sa main dans un geste doux avant que Li ne referme la porte sur eux. Ils étaient de retour dans le couloir.

Comme si toute sa tension se relâchait soudain, Kestrel souffla profondément. Mina n'était pas en vue, mais peut-être était-elle plus loin dans le couloir : la jeune fille aux cheveux bleus, encore toute aux pensées de ce qui venait de se dire, n'y fit pas attention. Elle leva la tête vers Li et lui sourit : « Ça va ? »



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