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» we are beautiful - nathaniel karsten

Heidi Crawford

Heidi Crawford
Coordinateur Kalos

C-GEAR
Inscrit le : 01/03/2020
Messages : 15

Région : Kalos
Lun 2 Mar - 4:11
we are beautiful
feat Nathaniel Karsten
Heidi s’était réveillée ce matin-là par Bubble qui s’était agitée dans le lit. Bubble voulait bouger, alors Heidi s’était levée. Simplicité d’un esprit voguant dans des rêves même lorsqu’éveillée. S’étirant, elle avait souri. Douceur dès le matin, gentillesse en intraveineuse dans les veines, incapable d’une méchanceté d’une quelconque manière, elle ne pouvait que sourire. Qu’être heureuse d’avoir survécu à une autre journée.

Heidi s’était réveillée ce matin-là avec le regard aussi pétillant que les autres matins, dans une énergie qui n’était plus à prouver, qui n’était plus à démentir. Un enfant toujours prêt à sautiller un peu partout. Parfois, c’était à se demander si elle était malade. Mais elle l’était. Sa mère le lui avait bien dit, elle lui avait bien fait comprendre l’importance de prendre ses médicaments, et de toujours amener ses pompes avec elle. Après tout, Heidi n’était-elle pas allée à plusieurs reprises à l’hôpital parce qu’elle n’était plus en mesure de respirer ? Après tout, tant de problèmes avait tombé sur son petit corps frêle.
Heidi était malade. Heidi devait faire attention. Mais Heidi était heureuse, Heidi s’amusait.

Bubble avait de l’énergie, ce matin-là. Le petit Togepi sautait un peu partout et attendait sa nourriture de la journée. « Veuillez bien attendre, Bubble, Heidi doit prendre ses médicaments. Sinon Heidi n’ira pas bien. Vous le savez. » Sa main s’était emparée du beau pilulier sur la table de chevet et elle s’était dirigée vers la salle de bain pour faire couler l’eau froide, remplir un petit verre de cette eau et avaler les médicaments. Le pilulier était coloré. Heidi l’aimait beaucoup. Il y avait des petits dessins de Prismillion dessus, c’était adorable. C’était sa mère qui préparait son pilulier. Sa mère savait mieux qu’Heidi les médicaments et leurs doses. Heidi lui faisait confiance.
Rapidement, elle fut en train de préparer le bol de nourriture pour Bubble en chantonnant une petite comptine que sa mère lui avait si souvent fredonné. Elle fit tomber les croquettes dans un bol, s’amusant du bruit métallique que cela produisait. C’était amusant. C’était festif. Tout était une raison de sourire, tout était une raison de célébrer une vie qu’elle aurait pu ne pas être en mesure de vivre. Elle qui avait si souvent frôlé la mort parce qu’elle n’avait pas de système immunitaire. Ou presque pas.
Tout pouvait être beau. Tout pouvait être magnifique. Heidi en était certaine. Heidi en était convaincue.

Elle s’accroupit pour déposer le bol sur le sol puis se lava les mains attentivement avec un savon antimicrobien puis se prépara pour la journée. Une fois ses gants de nitrile puis ses gants en coton mis, elle enfila le masque qu’elle n’avait pas le choix de porter en extérieur si elle ne voulait pas finir à l’hôpital. Et elle ne le voulait pas. Non, Heidi voulait l’aventure, Heidi voulait la liberté. Alors Heidi ferait tout ce qui est en son possible pour continuer de se promener, continuer d’explorer. Heidi aimait la découverte, et elle aimait Bubble qui était également heureuse d’être en extérieur.
Bubble avait choisi Heidi, et Heidi avait choisi Bubble. Elles s’étaient bien trouvées, toutes les deux. Elle ne regrettait pas. Elle ne regrettait rien. Elle ne savait pas regretter. Elle ne connaissait pas ça, elle, les regrets, ou encore la rancœur. Ça ne disait rien. Elle ne le ressentait même pas.

Elle avait mis une petite veste, chantonnant toujours. Parce qu’elle était heureuse, Heidi. Alors elle chantonnait. Elle avait aussi enfilé ses bas et elle avait ri aux éclats quand Bubble s’était emmêlé les pattes dans le fil du chargeur de son téléphone. Bubble avait été vexée quelques secondes. Mais seulement quelques secondes. Parce que Bubble était comme Heidi, c’était toujours l’espace d’un instant fugace que les mauvais sentiments s’installaient. Éphémères, parce que la douceur de ces êtres étaient bien installés et à ne plus en douter. Petite fleur qu’on n’oserait jamais cueillir, petite fleur qui grandirait toujours, qui renaîtrait chaque fois qu’on la prendrait. Heidi était une délicate fleur. Heidi ne changerait pas.

Toute la noirceur et la cruauté du monde ne seraient en mesure de la faire faner.

C’est un petit bruit qui résonna quand Heidi cogna sur la porte du bureau de sa mère. Elle était sûrement déjà en train de travailler, c’est ce qu’Heidi s’était dit. Sa mère travaillait. Heidi ne savait pas dans quoi, mais sa mère lui avait dit qu’elle avait souvent des « trucs » à finaliser sur l’ordinateur, et de la paperasse à classer et terminer. Alors Heidi n’avait pas posé de questions. De toute façon, Heidi ne comprendrait pas, n’est-ce pas ? Elle n’était pas très intelligente, la jeune femme, pas très avancée. Elle ne comprenait pas tellement de choses. Mais elle vivait très bien, et peut-être que la clé du bonheur, c’était justement de ne pas être très éduqué.
« Heidi ne veut pas déranger, Heidi veut juste prévenir qu’elle va se promener dehors avec Bubble. Elle est protégée, il ne faut pas s’en faire pour Heidi, elle reviendra pour le repas du soir. » Parce qu’elle avait encore des couvre-feux, parce qu’elle avait un horaire strict de sommeil. Elle devait même prendre une médicamentation pour se reposer. Le repos, c’est la meilleure défense du corps humain et c’était à prioriser en cas de maladie. Alors Heidi dormait. Parfois peut-être un peu trop, elle avait le sentiment de manquer le plus gros de ses journées. Mais elle acceptait. C’était pour rester en forme, c’était pour vivre.

Elle prit du change dans sa petite bourse et prit son sac-à-dos dans lequel Bubble se mit. Le Togepi était plutôt lourd. Enfin, pas trop léger. 1kg. C’était rien, mais c’était lourd pour Heidi qui n’était pas habituée à porter des charges quelconques. Mais elle s’y faisait, n’est-ce pas ? Elle ferait tout pour Bubble, pour rendre heureuse Bubble, c’était son but. Heidi n’avait pas vraiment de but, à bien y penser, sinon celui de la liberté. Mais elle ne pouvait que caresser ce rêve sans jamais vraiment l’atteindre.
Heidi avait attendu quelques minutes le bus. Elle avait regardé attentivement les trajets pour ne pas se perdre, elle avait même une carte avec elle. Bubble gigotait un peu dans le sac et ça faisait rire Heidi. Elle avait le rire facile. Éclats magiques résonnant, petites gouttes de pluie donnant le sourire. Heidi avait un rire magnifique. Un rire sincère. Mais Heidi ne le savait pas. Heidi ne jugeait pas. Ne donnait pas de valeur à sa personne. Elle ne se dépréciait pas non plus.

Lorsque son arrêt fut annoncé, elle descendit. Elle avait décidé d’explorer Cromlac. Elle ne connaissait pas ce village, mais il était simple. Elle aimait la simplicité. Simple comme elle, n’est-ce pas ? Parce qu’Heidi ne faisait pas dans le compliqué. Ni dans les artifices. Beauté simple se contentant d’accessoires simples pour sa tenue. Soignée tout de même, rayon de soleil toujours souriant, toujours prête à rire, à vivre . Même si elle pouvait finir à l’hôpital la journée d’après. Quel intérêt d’être malade si on ne prenait pas le temps de vivre ?
Heidi avait fini par s’asseoir sur un petit banc qu’elle trouva. Sa mère lui avait toujours dit de ne pas marcher trop longtemps, que ce n’était pas bon pour ses poumons. Elle avait les poumons fragiles, Heidi. C’est pour ça qu’elle devait traîner ses pompes sur elle. Elle faisait de l’asthme, Heidi. C’était à cause de sa maladie. Mais ce n’était pas grave. Rien n’était grave. Rien n’était jamais grave. Parce qu’elle vivait, elle souriait. Et si elle pouvait sourire, le monde restait beau.

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Nathaniel Karsten

Nathaniel Karsten
Dresseur Kalos

C-GEAR
Inscrit le : 29/02/2020
Messages : 22

Ven 6 Mar - 16:37
We Are Beautiful
feat Heidi Crawford
C’était le troisième jour.
Le troisième jour depuis la fuite, depuis le départ qui allait également marquer la fin de sa vie. Nathaniel se sentait libre. Libre et nonchalant, complètement désintéressé de savoir le comment ou le pourquoi de cette mort épousant l’horizon.
Il n’avait plus d’ordres à recevoir de qui que ce soit.
Comment vivait-on sans être au crochet de quelqu’un de plus puissant ?
Nathaniel était un pion depuis un bon nombre d’années. Il était le petit rouage d’un énorme engrenage, un élément dispensable qu’il valait mieux éliminer avant qu’il ne rouille.
Nathaniel avait trahi sa patrie, avait abandonné le navire et salué les noyés.
Il s’en foutait. Comme à son habitude, l’énergumène crachait au nez des conséquences. Il entendait à être maudit puis tué : c’était la raison pour laquelle il avait acté.
S’il était toujours vivant dans les jours à venir, il considèrerait qu’il avait échoué.

Mais il avait maintenant du temps à tuer.
Du temps qu’il ne savait pas comment occuper.
Nathaniel n’était pas un homme de passion.
Et à Cromlac’h, les possibilités étaient plutôt limitées. Il avait bien tenté de voler le sac d’une petite mémé, mais il s’était fait griller comme un bleu par son Malosse… Ça l’avait dompté pour quelques heures.
C’était juste assez de temps pour ne plus savoir quoi faire de sa peau. Nathanael ne resterait pas ici très longtemps. Il trouverait l’argent pour prendre le bus puis il partirait très loin de ce tombeau d’ennui.
Il risquait d’y laisser son âme et sa santé mentale. Il n’était pas une bête de petite bourgade, le type d’animal que l’on pouvait soustraire aux hommes. Nathaniel avait besoin d’embêter, de déranger… Et il ne s’épanouissait pas spécialement dans l’art d’ennuyer les menhirs.

Quoi que.
Il arrête soudain de marcher.
Éclair de génie aussi soudain qu’inattendu : la chose se retourne vers les trois menhirs qui surplombent le village. Son sourire se déchire d’un sourire lourd de conséquences.

Se retournant brusquement, il presse le pas jusqu’à la quincaillerie la plus près.
Il cherche longtemps. Dans ce village aussi paumé, il ne serait même pas surpris d’apprendre que tout ferme aux douze coups de dimanche. Jour du seigneur de mon cul oui.
Bref.
Lorsqu’il en ressort, c’est avec une expression victorieuse au visage. Il sait que les risques sont gros, qu’il fait n’importe quoi, qu’il ne réfléchit qu’à moitié aux retombées : il sait.
Mais il ressent en lui le besoin irrépressible de tromper l’ennui, de marquer son passage dans la bourgade.
Il veut déranger, tromper le quotidien trop bien rangé des habitants et souiller leur fierté de sa condescendance. Il veut que l’on se souvienne de lui, de son manque de respect, de sa vulgarité.
Nathaniel veut s’inscrire dans l’histoire de la semaine, gagner un carreau du journal de demain. « Les menhirs de la place centrale vandalisés au grand jour ! » ou quelque chose dans le genre.
Il laissait le choix du titre à l’équipe de réaction, lui n’avait jamais été écrivain. Il ne faisait pas dans le sensationnalisme. Il donnait plus de contenu que de contenant.

Revenant vers les cailloux, il secoue la canette de peinture en spray qu’il vient tout juste d’acheter.
Il fixe la cime des cailloux, se doute de l’importance qu’ils revêtent pour les habitants. Ça l’amuse. Il ne regrette rien, il n’hésite même pas.
Il n’y a pas beaucoup de gens, la plupart des commerçants n’ont pas un regard pour lui. Il n’a même pas peur de sévir sous le soleil de l’après-midi : il ne craint pas d’être attrapé.
Et si jamais la situation devait lui échapper, la chose n’aurait qu’à prendre la poudre d’escampette. En espérant ne pas être retrouvé.
Lorsqu’il fait sauter le bouchon de la bombe, l’ex-sbire sait à quoi il s’expose.
C’est la raison pour laquelle il n’hésite pas à appuyer sur l’applicateur.

Cinq minutes.
C’est le temps qu’il consacre à ériger son art dans toute sa beauté.
Il y écrit vulgarité par-dessus vulgarité, n’hésite pas à couvrir le caillou des dessins les plus immatures qu’il a pu imaginer. Nathaniel se trouve drôle et, pendant les 300 secondes que ça dure, il n’hésite pas à se marrer ouvertement. On l’entend rigoler posément, marquer son territoire comme un chien : déranger la tranquillité de la municipalité.

Pourtant, au bout de cinq minutes, il arrête.
Il sent quelque chose dans son dos, un poids imaginaire dont la lourdeur l’empêche de progresser. Méfiant, il se retourne.
Et te voit.
Pour la première fois, ses yeux se posent sur toi. Toi qui, non loin de là, venait d’être témoin de tous ses agissements. Pourquoi ne t’avait-il pas remarqué avant ?
Et puis, que foutais-tu là ?
Soupirant, l’homme redescend son bras le long de son corps puis te darde de son regard le plus froid.

- Alors, sale mioche, tu veux une photo peut-être?

Crache-t-il avec dédain.
Il ne pensait pas avoir de spectateur aussi direct. Au mieux un regard curieux au détour d’un jogging matinal… Mais toi, c’est autre chose. Tu étais juste là, dans son dos : admiratrice silencieuse, victime visuelle de ses « sombres » activités. Nathaniel ne sait pas quoi faire de toi.
Il ne sait même pas comment s’adresser à toi, comment régler la situation proprement.
Nathaniel n’a jamais été doué pour parler aux gens. Il a toujours préféré sauter droit au but, emprunter le vocabulaire qui lui semblait le plus incongru.
Ça lui parlait plus.

- À moins que tu ne veuilles essayer ?

Ça le sauverait bien.
Il suffisait que tu prennes la cannette pour que la sécurité vous surprenne. Il pourrait dire qu’il t’avait surpris, qu’il avait tout fait pour t’en empêcher de commettre cet horrible geste, de profaner le patrimoine national…
Ça l’arrangerait bien si tu étais un peu naïve, assez stupide pour prendre l’objet de son crime entre tes mains innocentes.

- Allez viens ! Tu vas voir, c’est comme une grande toile : tu peux y dessiner ce que bon te semble !

Tu as l’air d’une gamine.
Nathaniel n’a jamais su parler aux gens.
Alors il sourit. Mais Nathaniel ne sourit jamais correctement. Il a toujours l’air plus freak que rassurant.
Espérons que ça passera…
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