Le CrocoDeal du moment : -27%
PC Portable Gamer Alienware M15 – ...
Voir le deal
1599 €

Aller à la page : Précédent  1, 2, 3
 
» Smooth Jazz for the Living

Yagyu Kokiji

Yagyu Kokiji
Dresseur Johto

C-GEAR
Inscrit le : 10/01/2020
Messages : 196

Région : Johto
Sam 1 Fév - 0:14

Smooth Jazz for the Living

La curiosité n’était pas non plus à mes yeux le pire des défauts. D’ailleurs à bien y réfléchir je pensais connaître le pire : l’inaction. Mais peut-être était-ce parce que je me le reprochais à moi-même. Tant d’années à subir sans jamais tenter quoique ce soit pour regagner confiance en moi et m’extirper de cette lente dépression qui avait fini par me dévorer de l’intérieur, m’obligeant à me cloitrer chez moi. D’ailleurs si des gens avaient été “curieux” à Doublonville ils m’auraient vite trouvé. Mais ce n’était pas leurs préoccupations. Je ne pouvais donc répondre que par l’affirmative.

— Je suis entièrement d’accord avec toi. J’ai déjà lu des histoires sur les gens d’antan qui n’avaient pas de Pokéballs et qui parlaient aux animaux de la nature pour les apprivoiser. De vrais dresseurs à l’ancienne !

Racontais-je avec enthousiasme, mon verre d’eau entamé entre les mains. Il faut dire que les vieilles histoires d’antan me passionnaient depuis longtemps, avec leurs mythes et leurs légendes. Nous avions abordé le sujet plus tôt en soirée mais j’aurai pu déblatérer bien plus sur celui-ci si on m’en avait laissé l’occasion. Ce qui n’était pas le mieux pour flirter avec quelqu’un de lambda mais peut-être aurais-je dû approfondir le débat avec l’auteure ici présente. Les yeux plissés et pas uniquement sous le coup de la fatigue, j’observais les rouages de la conversation continuer de tourner sans s’emballer pour autant, bien qu’ils tournent déjà plus vite maintenant qu’ils étaient au chaud, entre eux et avec la paix.

— Gédéon enfin ! Elles le font d’après mamie crois-moi. Mais aucune n’arrive à la cheville de mamie lorsqu’il s’agit de gagner une compétition. C’est pour ça qu’elle a accueilli mes, divergences avec mon travail, aussi facilement. Elle lit tellement d’articles sur les autres régions et leurs façons de manager leurs employés qu’elle trouve comme moi qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans le monde du travail à Johto.

Je m’emballais quelque peu sur l’instant mais il fallait dire pour ma défense que le sujet me concernait au plus haut point ! J’étais loin d’être impartial là-dessus mais je me sentais légitime d’être en colère envers mes patrons de la Tour Radio. Ou alors c’était les restes d’alcool dans mon sang qui me faisait m’exciter un peu plus ? Ceci dit regarder nos trois Pokémons rassemblés près du feu pour dormir eut immédiatement le don de me calmer et un sourire barra bien vite mon visage, incapable que j’étais de replonger dans un hargne populiste face à des petites bouilles aussi mignonnes dans leurs sommeils.
Le silence finalement rompu dans le calme du salon le fût par une question en réponse à la sienne. Une question qui pouvait en amener une autre, et une autre, et une autre...

— C’est, pour les convaincre tous, que ma thérapie a eu des effets bénéfiques mais également problématiques. La remise en question perpétuelle de ma parole m’a miné le moral à un moment et c’est peu après ça que je suis rentré à Bourg Geon. Alors, je dirais que c’est pour moi, et pour les autres également.

Je me laissait aller dans le fauteuil du salon tout en observant les réactions de Gédéon qui jusqu’ici s’était montrée d’une apparente fidélité à ses propres principes moraux et les observaient avec une grande rigueur. C’était aussi pour cette raison que je lui parlais avec autant de facilité, au-delà de l’alcool ou de la charmante compagnie. Il y avait quelque chose de bien dans sa façon de faire. Aussi écoutais-je sa réponse avec la plus grande attention, impatient de l’entendre mais surtout d’enregistrer ce qu’elle avait à dire, avant d’y répondre moi-même.

— Pokémon, glissement de terrain…

Je notais tout cela dans un coin de ma tête et terminait mon verre d’eau, penché vers elle, un sourire en coin, et sortant de ma poche mon paquet de cigarette qui se vidait malheureusement toujours trop vite. J’en tendais également une nouvelle à Gédéon, pour peu qu’elle veuille fumer par envie ou mimétisme.

— Tiens. Mamie n’a pas de problème à ce que je fume en intérieur le soir. Je suis assez intrigué par toutes ces histoires qu’on raconte sur la Grotte Argentée. Tu as l’air d’en connaître quelques unes aussi. En même temps le fait d’habiter aussi près d’un lieu aussi dangereux doit forcément donner envie d’en savoir plus sur ledit motif de sa peur. Qu’est-ce que tu as entendu près de la Grotte Argentée alors ?

J’étais également assez content d’en apprendre plus sur les origines de sa volonté actuelle. Sans cela et cette introspection qui avait du lui faire beaucoup de bien, jamais il n’aurait été en mesure de continuer.


Smooth Jazz for the Living - Page 3 YPtRstI
Smooth Jazz for the Living - Page 3 Dceb6810
Revenir en haut Aller en bas

Gédéon Vermeil

Gédéon Vermeil
Dresseur Johto

C-GEAR
Inscrit le : 10/01/2020
Messages : 132

Région : Johto
Sam 1 Fév - 22:01
Ton sourire s’agrandit. Tu as le coude posé sur la table et tu retiens ta tête comme si elle allait tomber ; à vrai dire, il ne s’agit que d’un effet de style, un genre que tu te donnes comme si ta posture avait un quelconque intérêt pour Kokiji. Et à dire vrai, peut-être que cela a de l’importance ! C’est juste que tu aimes croire que dans ses yeux, tu n’es pas qu’une simple jolie femme. Par fantaisie, un peu par jeu, tu t’imagines assez naturellement qu’il voit un peu au-delà, et que c’est pour ça qu’il se met à parler du passé comme s’il connaissait ton goût pour les légendes et l’histoire.

Le temps avant les pokéballs… on sait si peu de choses, avec exactitude en tout cas. C’est quelque chose que tu as déjà énoncé lorsque nous étions au salon de thé tout à l’heure… tu sais, il m’ait arrivé d’écrire bien souvent de cours récits sur des pokémons légendaires et leur arrivée dans un monde où de faibles créatures sans crocs ni griffes se pensaient maîtres de leur univers.

Tu approches la tasse de tes lèvres mais ne boit pas vraiment ; un goût d’inachevé te reste en bouche, mêlé à une subtile saveur de… renouveau ? Pas tout à fait. Kokiji n’a rien à voir avec Allan, ton fiancé. Enfin, ce qu’il était ; il n’a pas sa fougue, il n’a pas son charisme ni sa manière de parler. Et pourtant, tu ressens au creux de ta poitrine une unique sensation d’excitation à mesure que la conversation suit son cours. Tu sens que tu perds en partie la maîtrise du dialogue, chose qui ne t’était pas arrivée depuis… huit ans, en fait. Mais d’un autre côté, tu n’avais pas été beaucoup au contact des autres ce qui avait par définition quelque peu limitée tes possibilités d’apprendre de l’homme. Dans tous les cas tu reposes ta tasse qui émet un petit claquement contre le bois du meuble sur lequel tes coudes reposes.

Ca m’étonnerait que nous soyons arrivés les premiers. Mais ! Là n’est pas tout à fait la question.

Et cette fois, tu laisses le liquide légèrement brun te brûler la gorge comme une douce liqueur le ferait. Tu n’aurais pas dis non à un verre supplémentaire, un peu plus corcé, peut-être pour te donner l’énergie et le courage nécessaire d’avaler la distance qui vous sépare.
Kokiji dérive à nouveau sur les grands-mères, et tu lèves les mains en l’air comme pour montrer patte blanche. Bah oui Gédéon ! Enfin, c’est si logique. Mais ton sourire est plus amusé que moqueur alors que tu parviens enfin à mettre un caractère sur le surnom « mamie ». Comme quoi, la mamie de Kokiji a plus d’une Gédéon que tu ne le pensais à l’origine, et ce n’est pas pour te plaire. La seule véritable interrogation et ce qui, vraiment, a poussé le rouquin a essayer de renfermer ses sentiments.
Mais une odieuse petite voix dans ta tête aurait tôt fait de te souffler que tu fais la même chose. C’est plus simple pour vivre comme un poisson hors de l’eau ; on s’imagine que l’air est adapté aux bronches, puis on s’en persuade jusqu’à ce que l’illusion ne soit parfaite.
Ton regard s’abaisse à ton avant-bras ; c’est une manière bien triste de vivre.

Se remettre en question peut-être bon quand notre comportement est problématique à bien des stades. Mais si la seule chose qui te rendait problématique était ta différence… crois-moi, tu as certainement bien fait d’abandonner Doublonville ! Et au diable les psychologues qui pensent tout savoir du haut de leur belle tour ; on apprend rien des gens dans des livres. On ne fait que créer des miroirs falsifiés d’une réalité alternative, rien de plus. Et le pire ! C’est qu’on finit par projeter nos fantasmes malsains sur les autres…

Mais là, tu te perds un peu. Tu toussotes pour t’éclaircir la gorge avant de t’excuser à demi-mots. Tes joues sont un peu roses à cause du saké de tout à l’heure, un peu à cause du froid aussi même si la température a augmenté depuis que vous êtes à l’intérieur.
Quand Yagyu te propose une cigarette, tu tend la main pour l’attraper non sans frôler ses propres doigts. Tu ne cherches pas à briser le contact trop vite, même si le ralentir ne serait peut-être pas bienvenue non plus. Tu l’allumes sans plus de cérémonie et change de place, passant d’un siège en hauteur à un des sièges près de celui sur lequel repose le rouquin.

Tout dépend de ce que tu veux entendre ; des faits ? Un récit personnel puisque j’y ai habité, ou simplement la même soupe que l’on retrouve dans les reportages et les livres ?
Revenir en haut Aller en bas

Yagyu Kokiji

Yagyu Kokiji
Dresseur Johto

C-GEAR
Inscrit le : 10/01/2020
Messages : 196

Région : Johto
Dim 2 Fév - 20:02

SMOOTH JAZZ FOR THE LIVING 17

Gédéon avait dans le regard une fatigue certaine mais le même intérêt intact pour notre conversation. Cela m’allait à ravir mais je ne pouvais nier avoir la tête aussi lourde que la sienne. Sa pose, langoureuse et stylée, trouva un écho dans la mienne. La copiant sans calcul par un mimétisme social à peine camouflé je m'accoudais tout en continuant de converser avec elle. D’ailleurs son attrait pour les histoires anciennes semblait être là un signe du destin ! Une sympathique accroche sur laquelle nous pouvions un peu plus nous retrouver en cette soirée si bizarre de simplicité et exceptionnelle de découverte.

— Oh ça me rappel quelque chose que j’ai lu sur l’Ultranet : le Recueil des Légendes ! Je me souviens notamment de cette nouvelle sur les trois oiseaux de la légende du Kanto censés avertir du retour imminent du plus puissant Pokémon de l’univers. Je me suis toujours demandé si l’absence de nom pour ce Pokémon signifiait que l’auteur ne souhaitait pas se brouiller avec les instances religieuses de l’église d’Arceus ou tout autre motif du même genre.

Mais ce soir je m’étais dit que cet auteur, ça aurait pu être Gédéon. Le regard des autres ne lui posait pas de problème et cette espèce de provocation qu’elle mettait dans ta façon d’être à Doublonville n’était pas juste pour faire sa publicité : elle était vraiment provocatrice dans ses propos. Du coup me revenait une question que je posais alors : quand on parle du plus puissant de tous les Pokémons, parle-t-on d’Arceus ou, d’un autre Pokémon ?

Il faut dire que ce blog, un recueil de nouvelles sur des Pokémons légendaires et d’autres histoires plus régionales, avait été apprécié mais pas forcément compris par le public. Je me souvenais avoir lu sur l’Ultranet des avis très divergents sur cette oeuvre, notamment sur le “Retour des Étoiles” et l’absence de nom apporté à celui que le mystérieux auteur décrivait comme le plus puissant de tous. Ayant moi-même quelques connaissances vagues sur les légendes, je ne m’étais jamais avancé sur l’identité de ce Pokémon, mais maintenant que j’avais une auteure devant moi ce soir, je me sentais d’humeur curieuse envers cette oeuvre et ce milieu moins formel que l’édition à laquelle appartenait Gédéon.

— Tu as déjà lu des œuvres sur l’Ultranet ? Il y a des gens qui ne jurent que par l’amateurisme non-édité sur papier. Et je ne peux pas nier avoir eu ma période à suivre certaines œuvres de cette manière. C’est d’ailleurs par ce biais que j’ai connu tes publications. Mais ne va pas croire que je préfère les publications de l’Ultranet aux tiennes !

Lançais-je immédiatement en levant la main comme pour éviter un tir ami accidentel ! Pour le moment je n’avais pas vu Gédéon susceptible mais je la savais capable de beaucoup de filouterie. Et je préférais ne pas jouer de mauvaises cartes alors que la partie touchait à son terme.
Ce que je venais peut être de faire en parlant une fois encore de ma mamie que j’aimais tant. En même temps lorsqu’une seule personne est digne de louange autour de soi, qu’on lui doit quasiment tout jusqu’à sa propre vie, et qu’on a pour cette personne le plus grand des respects il était parfois difficile de passer à côté. Sentant que Gédéon souriait peut être plus par politesse que par réel intérêt pour ce que je disais je finissais ma tirade et marquait un temps mort pour finir mon verre d’eau et le reposer plus délicatement que la femme devant moi sur la table basse du salon. Ainsi installés dans ces grands fauteuils de Galar nous étions deux nobles étrangers en train de discuter affaire, et plaisir. Enfin, ce fût là le film qui s’imposa de lui-même à mon esprit ! Je vis alors les yeux de Gédéon se baisser : avais-je parlé d’une chose trop sensible ?

— Ma différence n’était probablement pas la seule chose qui m’a poussé vers le burnout. Mais j’ai encore beaucoup de travail à faire pour parvenir à me comprendre moi-même. Et comme tu le vois je suis ici avec toi, à Bourg Geon. Et le premier psychiatre disponible est à plusieurs centaines de kilomètres de nous ! Ne pensons plus à eux ce n’était pas, pertinent de les évoquer.

Je ne rajoutais pas que j’étais désolé, bien que cela puisse se voir dans mon regard sur l’instant. Gédéon était sortie d’un long isolement elle aussi. Peut être était-elle également passée par plusieurs personnes, sans succès, pour en arriver à partir à l’aventure pour devenir dresseuse, éthologue, et reine du monde ! Je ne pensais pas de manière aussi tranchée que les psychiatres étaient si problématiques pour la société mais cela je décidais de le garder pour moi, mettant petit à petit les sujets un peu sensibles de côté. D’ailleurs lorsqu’elle accepte ma cigarette, l’auteure se lève pour venir sur le siège à côté du mien fumer côte à côte au coin du feu. C’était au moins le signe qu’elle n’était pas susceptible : juste un peu sanguine sur certains sujets. Et j’eu beaucoup de mal à déterminer si mes questions sur la Grotte Argentée touchaient à un point sensible ou non.

— La même soupe que dans les médias… Non merci, vraiment. Je n’ai à lire l’Ultranet pour en trouver des tas, des histoires farfelues sur cet endroit ! Donc il s’agit plus d’un récit personnel de ta part que j’aimerais entendre. Alors…

Je croisais les jambes en me penchant, accoudé vers elle, à quelques dizaines de centimètres d’elle. De son côté elle allait peut être faire de même, à un soupçon très grisant de mon visage. J’enchainais alors sur une question mêlée d’humour, une sorte de marque de fabrique de ma part pour apaiser un peu la conversation par un sourire, voir un rire.

— Alors qu’as-tu vécu là-bas ? Tes bandages viennent-ils d’une aventure musclée vécue dans la Grotte Argentée ? Y trouve-t-on une piscine à balle qui permet de voyager dans le temps ? Ou bien est-ce le repaire caché d’une antique race extraterrestre ?


Smooth Jazz for the Living - Page 3 YPtRstI
Smooth Jazz for the Living - Page 3 Dceb6810
Revenir en haut Aller en bas

Gédéon Vermeil

Gédéon Vermeil
Dresseur Johto

C-GEAR
Inscrit le : 10/01/2020
Messages : 132

Région : Johto
Lun 3 Fév - 12:57
Tu le laisses parler de ce qu’il a lu sur l’ultranet ; immédiatement tu te mets à avoir un sourire plus espiègle que d’habitude, mais tu le laisses finir avant de commenter. Tu viens trifouiller l’un de tes bandage au niveau de ta main, défaisant et refaisant la bande blanche légèrement humide autour de tes doigts. Le recueil des légendes… s’il ne l’avait pas mentionné, tu n’aurais certainement pas retrouvé le nom toute seule, mais tu es certaine de savoir de quoi il parle. En même temps, ce n’est pas si difficile ! Mais tu le laisses peut-être croire encore un peu que ce qu’il t’annonce est une pure coïncidence. Ce n’est pas le cas, l’a-t-il deviné ? Mais tu apprécies en tout cas avoir une analyse d’un quasi inconnu, même si plus la soirée avance et plus tu as l’impression de l’avoir toujours connu.

Peut-être que l’auteur jouait sur la perception de chacun pour savoir si tout le monde penserait à la même chose ; mais si tu as déjà lu sur l’ultranet, j’imagine que tu es déjà familier avec la notion de show don’t tell ? Quelque chose que les auteurs rappellent comme une litanie qui les sauverait tous ; le principe est bien plus basique, bien plus compréhensible ! Cela consiste tout simplement à évoquer sans citer. Le lecteur, quel qu’il soit, se sent alors intelligent d’avoir deviné la réponse à une énigme qui n’était pas ouvertement posée.

Tu ne fais pas ça par calcul mais plutôt par jeu ; en même temps, de quoi aurais-tu l’air si tu te contentes d’un « oui, je sais de quoi tu parles puisque c’est moi qui l’ai écrit ! » la simplicité a du bon mais elle ne te sied pas spécialement au teint ; ni aux gestes. Tu remarques votre mimétisme que tu t’amuses à briser en croisant les jambes dans l’autre sens ; à cette distance, tu peux sentir différents effluves qui collent à l’homme dans une étonnante harmonie. La cigarette se mêle à l’odeur des meubles d’ici, comme si Yagyu absorbait jusqu’à l’essence même de la maison de sa grand-mère ; tu trouves ce constat touchant, comme si Kokiji avait toujours été de ce monde là, ici, avec sa grand-mère, et pas à Doublonville où l’on étouffe facilement à cause de la saturation de lumière. Vivre dans la mégapole revient à chercher délibérément à se noyer dans une piscine de personnes qui vivaient comme les personnes qu’elles n’étaient pas. Bon, tu avais beau jeu de les critiquer, toi qui qui passait pour un homme ou pour autre chose, mais l’hypocrisie pure pour de mauvaises raisons restait quelque chose de détestable à tes yeux.

Tu ne pensais pas revenir sur ta paternité des œuvres qu’il venait de citer. Mais quand Kokiji te demande si tu en as entendu parlé… tu ne peux pas t’empêcher d’éclater de rire. Ta voix s’éparpille doucement dans la pièce, malgré ta main qui vient en freindre l’ampleur pour ne pas risquer déranger mamie qui dort. Après avoir calmé ta légère hystérie, et consciente que tu laisses ton hôte dans le flou de manière peu pratique, tu t’éclaircis la voix pour reprendre contenance.

Excuse-moi… je te trouve sincèrement adorable, Kokiji. Oui, j’ai déjà lu des œuvres sur l’ultranet, et pour être honnête avec toi, j’ai même été l’auteure de pas mal de blogs ! Dont celui que tu as cité tout à l’heure…

Et quand bien même il aurait préféré ce que tu produisais jadis à ce que fais depuis pus récemment, chacun était libre de préférer une plume à une autre ; si on devait comparer tous tes écrits au fil de la décennie, on trouverait quelques points communs mais surtout beaucoup de différences. En même temps, ton état d’esprit n’était pas le même il y a presque quinze ans, ce qui quand on y pense est plutôt bon signe ; qui pourrait se vanter de rester inchangé après autant de temps ? Le changement est ce qui constituait une vie, voire plusieurs. C’était ce qui attestait de la grandeur d’une âme sur cette terre ; tu n’as jamais apprécié l’immobilisme.

Ne t’en fais pas de ne pas être pertinent, Kokiji Yagyu, on ne peut pas l’être en permanence. Je n’ai que très peu connu ce corps de métier pour moi-même, j’accompagnais seulement un… ami à ses séances. Vu ce qu’il lui est arrivé je n’en garde simplement pas une bonne impression !

Et tu souris comme si cela ne t’avait jamais impacté. Un sourire soigne bien des maux, penses-tu à ce moment là, mais est-ce que cela finirait par soigner les tiens ? Tu hausses les épaules pour te répondre comme si tu parlais à voix haute ; ce n’est pas le cas, même si tes lèvres ont peut-être bougées d’elles-mêmes en restant silencieuse ; c’est quelque chose qui t’arrive souvent.
Tu ne t’offusques pas de son trait d’humour sur tes bandages, ni sur les blessures qu’elles pourraient renfermer et te penche de manière à n’être qu’à un souffle de lui.

Toutes mes blessures ne viennent pas de la grotte, mais j’y ai fais quelques balades il y a longtemps qui m’ont valu des éraflures. Les métaphores et légendes sont nombreuses concernant cet endroit froid et sombre, mais la plus vraie concerne le nombre incroyable de voyageurs qui hanteraient les lieux. Il n’est pas rare de tomber sur un crâne, un bras, un corps plus ou moins tiède selon l’heure à laquelle tu viens t’y trouver… mais ce qui me fascinait, à l’époque, c’était les voix.

Tu fais un petit geste, très discret, qui dessine avec ton index un motif allant de tes lèvres roses jusqu’à ton oreille.

Il n’y avait pas d’heure pour que l’écho d’un pleur ne parvienne jusqu’à nos oreilles. Des enfants, des vieillards, des pokémons aussi, personne ne pouvait échapper à ce mélodrame bruyant qui disparaissait quand on s’approchait trop.
Revenir en haut Aller en bas

Yagyu Kokiji

Yagyu Kokiji
Dresseur Johto

C-GEAR
Inscrit le : 10/01/2020
Messages : 196

Région : Johto
Mar 4 Fév - 22:14

SMOOTH JAZZ FOR THE LIVING 18

Une main sur le menton, toujours accoudé et le regard ainsi que toute mon attention tournée vers Gédéon, je me fis une réflexion amusante en l’entendant commenter ce que je venais de lui raconter sur le Recueil des Légendes : souriait-elle parce qu’elle connaissait cette référence, son auteur, ou qu’elle-même en était à l’origine ? Je n’eu malheureusement pas assez de matière dans sa façon d’en parler pour déterminer si mes doutes étaient fondés mais assez sur un sujet tout autre qui méritait, en tant que fan, une attention toute particulière dont je m'empressais de faire part à l’auteure !

— Familier non, mais je connais le principe de nom et j’ai déjà saisi dans plusieurs lectures son application pratique au récit. Du coup je vois mieux l'ambiguïté que la personne qui est derrière cette oeuvre a voulu faire selon ton point de vue. C’était remarquable par ailleurs. Et pour plusieurs de ces nouvelles cela m’a donné envie de me renseigner sur le sujet. Le fameux sentiment d’accomplissement que tu viens d’évoquer était donc présent. Une réussite donc.

J’avais même laissé mon petit commentaire personnel sur l’Ultranet à l’époque. C’était sans prétention et j’y notais simplement que j’avais beaucoup apprécié l’expérience. Et j’avais lu sur le sujet des êtres légendaires à qui toute notre culture faisait sans cesse référence sans jamais reconnaître leur existence réel jusqu’à l’église d’Arceus qui lui donnait un culte et donc une croyance inconditionnel, qu’il existe ou non. Mais ce n’était pas le seul dans ce cas et Johto avait également eu ses propres cultes par le passé dont certains j’en étais certain, perduraient encore aujourd’hui.

Une part de moi se rendit compte bien sûr du mimétisme que j’avais machinalement opéré avec la jeune femme mais quitte à jouer à ce jeu simple je décidais de changer moi aussi de position lorsque Gédéon le fit pour rester symétrique avec elle. Nos regards continuent de se croiser et l’air était alors embaumé de notre présence charnel. Et de celle du feu par la même occasion. L’air agréablement chaud de cette soirée hivernale au sein de la maison de mamie s’emplit alors brusquement du rire charmant de l’auteure assise à mes côtés ! Je levais immédiatement les mains avec un grand sourire à peine contenu comme j’étais de retour à mon enfance !

— Chuuut pas si fort Gédéon ! Je n’ai pas encore envie de te partager avec mamie ! Après tout tu es une célébrité et elle aurait des tas de questions à te poser sur tout ce que tu as écris, y compris ces blogs donc. Hum, quoi ?

J’avais répété la fin comme un perroquet sans me rendre compte de ce que je venais d’entendre. Mais ce fut au sourire malicieux de Gédéon, mêlé à l’alcool et à son parfum que je me rendis compte de l’immense découverte et honneur dont je venais d’être l’objet en apprenant cette révélation ! Personne jusqu’alors n’avait imaginé que l’auteure de ce blog puisse être Gédéon Vermeil ! C’était une découverte grandiose et autant dire que je bondis immédiatement sur mes guiboles en comprenant ce qu’il venait de se passer !

— C’était toiii ?! Mais c’est diiigue !

Mais je me retins d’éclater plus ! Je venais de reprendre la jeune femme ce n’était pas le moment de sombrer de la même façon dans l’explosion sonore ! Mais tout de même quel choc ! Je me rassis en clignant plusieurs fois des yeux, comme pour m’assurer que Gédéon ne disparaissait pas comme une sorte d’illusion né de la fatigue, de l’alcool et de mes autres problèmes. Mais fort heureusement en rouvrant mes yeux à chaque fois, elle était là devant moi.

— Incroyable. Je suis scié, cette soirée est magique ! Enfin je veux dire que, hum… Je suis désolé que pour ton ami les séances avec un spécialiste se soient mal passées. En vérité je peux parfaitement le comprendre : je ne sais toujours pas si elles me sont utiles à moi ! Sauf pour ce qui a été de me proposer de replonger dans un milieu familier dans lequel je ne me sente pas en danger ça, pour le coup, mon psy mériterait des fleurs tant cette rencontre dépasse de loin la plus folle des rencontres que j’ai jamais faite !

Je sens bien alors qu’elle sourit pour faire passer plus simplement l’instant. Mais cela faisait déjà plusieurs fois au cour de la soirée qu’elle évoquait une personne qui l’avait accompagné dans sa vie. Je n’étais pas détective mais je commençais à recouper cela avec d’autres morceaux de la soirée et la conclusion que j’en tirais était aussi tragique que l’on pouvait l’imaginer. Malgré tout je gardais la tête froide, ou très chaude en l'occurrence, et restait bien droit, même lorsqu’elle ne fût plus qu’à un souffle de moi.

Son histoire autour de la Grotte Argentée semblait bien avoir été mouvementé ceci dit mais son témoignage, à la limite du mysticisme, me laissa comme, tétanisé pendant un instant. Je ne croyais pas au spiritisme quelques années auparavant mais aujourd’hui, il y avait quelque chose de particulier autour de moi et il y eut comme un courant électrique qui me traversa le corps en entendant Gédéon parler des voix de la Grotte Argentée, de ses errants et de ses os. Je reconnaissais bien là le lyrisme de l’auteure et je ne pouvais nié être hypnotisé par son discours, incapable de savoir quoi dire ou faire, aussi près d’elle et comme tiraillé par tant de pensées contradictoires.

— Et toutes ces voix, pourquoi hantent-elles la Grotte Argentée ? Qu’est-ce qu’il y a là-bas de si dangereux pour qu’autant de personnes y perdent la vie ? Qu’est-ce que… qu’est-ce que tu y as perdu, Gédéon ?


Smooth Jazz for the Living - Page 3 YPtRstI
Smooth Jazz for the Living - Page 3 Dceb6810
Revenir en haut Aller en bas

Gédéon Vermeil

Gédéon Vermeil
Dresseur Johto

C-GEAR
Inscrit le : 10/01/2020
Messages : 132

Région : Johto
Dim 9 Fév - 11:25
Evidemment que c’était une réussite ! Mais l’entendre de la bouche de quelqu’un qui ne semble pas si littéraire que cela, ça fait toujours quelque chose. Tu en resserres même les cuisses dans un frisson presque amoureux de tes propres compétences ; tu aimes lorsqu’elles sont reconnues, même si Yagyu ne fait pas immédiatement le rapprochement entre les œuvres qu’il décrit et leur paternité qui t’appartient.

Le sentiment d’accomplissement fait partie des choses les plus complexes et les plus merveilleuses de l’esprit humain ; pourtant, on ne le cite que trop peu quand on tente d’énumérer les meilleurs sentiments du monde. Souvent, l’amour et le bonheur passent avant toutes choses alors qu’ils sont quand même beaucoup plus conceptuels que la satisfaction.

Tu constates avec une légère tristesse que tu as terminé ton thé ; tu reposes alors la tasse sur un meuble non loin pour te replonger dans les yeux de ton interlocuteur ; une expérience que tu ne souhaites pas oublier avant un petit moment.
Quand tu termines de glousser, sa remarque sur le fait de te partager avec sa grand-mère manque d’alimenter à nouveau ton fou rire ; mais faisant preuve d’une grande maîtrise de toi-même, tu finis par calmer ta respiration et tombes légèrement en arrière contre le dosser du fauteuil. Ta position est ainsi moins glamour, mais beaucoup plus confortable même si tu y perds la proximité avec ton hôte ; et ça, tu te rends compte bien vite que ça te manque. Et là arrive le coup de théâtre ; enfin, ENFIN il sait ! Et l’information le fait même bondir sur ses jambes ; un peu plus et il te soulevait peut-être de ton siège pour t’embrasser, pris d’une folie toute aussi belle que soudaine. Mais ton fantasme ne se réalise malheureusement pas ; tu te consoles en admirant le sourire qui naît sur son visage, ça sera bien suffisant d’imaginer le reste une fois que tu seras partie te coucher.

Et oui, c’est bien moi ~

Tu le regardes retomber dans son fauteuil tandis que tu te réinstalles avec un peu plus de classe, une jambe croisée sur l’autre et un bras sur l’accoudoir.

T’inquiète pas pour mon ami, il est certainement mieux là où il est aujourd’hui. Et pour ce qui est d’un environnement familier… certes, mais décider de partir à l’aventure avec un pokémon ne semble pas dans tes habitudes non plus, n’est-ce pas ?

D’autant plus que cette décision avait été prise dans la soirée. Un sourire s’invita sur tes lèvres roses ; la situation te plaisait toujours autant.

De manière plus terre à terre, le terrain est lui-même très dangereux ; le froid et l’humidité provoquent parfois du verglas, et nombreux sont les enfants ou les adultes à glisser avant de se briser le cou. Mieux vaut se méfier du côté parfois labyrinthique de la grotte ! IL n’est pas difficile de s’y perdre ; les pokémons sont parfois malicieux ou agressifs, c’est toujours un paramètre à prendre en compte. Pour les voix…

Un petit sourire en coin illumine une partie de ton visage, non sans en assombrir un autre, comme si la lumière issue de la cheminée jouait avec les émotions de Kokiji.

Le mystère est complet. Mais je compte bien découvrir un jour si les fantômes ne sont que le fruit du vent dans les cavernes ou autre chose de moins compréhensible d’un point de vue scientifique.
Revenir en haut Aller en bas

Yagyu Kokiji

Yagyu Kokiji
Dresseur Johto

C-GEAR
Inscrit le : 10/01/2020
Messages : 196

Région : Johto
Dim 9 Fév - 16:03

SMOOTH JAZZ FOR THE LIVING 19

Ah ces grands mots que sont l’Amour et le Bonheur ! Si on ajoute la Conception sous sa forme sexuelle on peut vite avoir une trinité de sentiments aussi flous qu’importants pour le commun des mortels. Et à sa façon d’en parler, nul doute que Gédéon avait en elle cette nuance si particulière qui me laissait présager que sur ce point nous étions également d’accord. Ces grands sentiments souvent cités comme de véritables buts à atteindre étaient aussi flous qu’irréalistes et représentaient pourtant à eux seuls une fin en soi pour beaucoup de personnes. Moi aussi on m’avait parfois bassiné avec de tels concepts durant ma jeunesse. Mais avec mamie dans un milieu rural aussi simple,j’avais surtout appris que l’accomplissement de soi-même était la source, de beaucoup d’autres sentiments. Avoir la sensation de travailler à son bien, à celui des siens et à celui d’un tout cohérent et constructif… c’était une bien belle sensation que je n’avais plus ressenti depuis l’été de mes… impossible de me souvenir du dernier été durant lequel j’avais travaillé à la campagne en fait.

— Je vois que nous avons le même avis sur la question ! Cependant l’accomplissement est aussi sujet aux nuances que tous les autres sentiments. Et je dois bien dire n’en avoir plus ressenti depuis ce soir, lorsque j’ai compris que j’avais bien fait de venir t’aborder dans ce salon de thé. Et c’est clair que c’est, un bien heureux sentiment.

Bien sur ma petite scène incontrôlée de joie avait eu son petit effet et Gédéon s’en était bien amusée à voir son sourire ! J’eu même l’impression qu’elle s’attendait à plus et dans un sens, une partie de moi s’attendait également à plus. Mais là j’accusais le manque de pratique en la matière : j’étais déjà allé très loin ce soir, devais-je pousser ma chance à son paroxysme une fois encore ? Ce n’était pas dans ma philosophie habituelle et je dirais même que c’était irrationnel en temps normal de vouloir déjà “plus” que de partager autant de temps avec une personne que l’on admirait. Si je me ratais je ne pourrais pas rattraper les plâtres. Qui plus est concernant ce sujet sensible que semblait être son “ami” dont tout portait à croire qu’il n’était plus parmi nous.

— En effet partir à l’aventure n’est pas dans mes habitudes. En fait j’ai passé la majeure partie de ma vie loin des Pokémons. Que ce soit par mes parents ou mon travail où peu de Pokémons son admis à entrer dans la Tour Radio. Même en ville je faisais attention presque instinctivement à ne pas en croiser trop d’un coup. Aujourd’hui je me rends compte que je faisais peut être ça pour m’éviter d’en souffrir et de me dire que j’étais passé à côté de quelque chose d’important.

Mon regard se porta bien sûr sur la frimousse endormie d’Oscar aux côtés d’Allan et de Snubbull qui dormaient tous les trois paisiblement. J’étais effectivement passé à côté de quelque chose et je ne pouvais pas entièrement blâmer le monde autour de moi pour ça. J’avais cédé à la pression et laissé de côté mes rêves de gosses par peur de voir tout un pan de la vie s’effondrer. Le résultat était là : ce pan s'était effondré sur moi et avait manqué de me tuer, psychologiquement parlant. Je relevais les yeux vers l’auteure de tant de belles histoires publiées sur l’Ultranet et continuait de l’écouter comme si cette soirée n’allait jamais se terminer.

— Des histoires de fantômes dans la grotte la plus mystérieuse de Johto… Je paierais cher pour lire cette aventure ! Moi-même je me demande si je n’en connaîtrais pas une ou deux d’histoires de fantômes.

Je manquais un bâillement, une main devant le visage. Ce n’était pas bien classe mais je ne pouvais pas me retenir : la fatigue était bien lourde à porter à présent. Qui plus est après tant d’émotions et de surprises durant la soirée. Gédéon, bien qu’elle me sembla toujours aussi fraîche et magnifique, devait elle aussi être bien fatiguée. Ou bien était-ce là une nouvelle excuse que je me trouvais ? Passant une main dans ma tignasse rousse j’étirais alors mes bras telles deux ailes peu graciles avant de revenir à Gédéon.

— Il est maintenant évident pour moi que je ne pourrais pas me lancer dans l’aventure unique d’un jeune dresseur sur les routes de Johto : te rencontrer et parler avec toi de cette Éthologie, de ces histoires si légendaires sur les Pokémons, des mystères si nombreux qu’il nous reste à percer de part le monde c’est… C’est trop tentant ! J’ai envie de m’amuser à m’y perdre comme dans ce labyrinthe qu’est la Grotte Argentée. Déjà parce que j’ai des envies d’aventures mais aussi parce que, ce sera une seconde raison de croiser à nouveau ta route un jour Gédéon.

Je me levais alors non sans avoir un peu le tournis : mon esprit travaillait à toute allure et pesait le pour et le contre d’une décision dont je n’étais pas certain qu’elle soit la bonne. Pourtant je me montrais courtois et un hôte distingué en tendant ma main vers l’auteure pour l’inviter à se lever.

— Au vu de l’heure, je pense qu’un peu de repos ne sera pas de trop. Je t’invite à me suivre, que je te montre ta chambre ~


Smooth Jazz for the Living - Page 3 YPtRstI
Smooth Jazz for the Living - Page 3 Dceb6810
Revenir en haut Aller en bas

Gédéon Vermeil

Gédéon Vermeil
Dresseur Johto

C-GEAR
Inscrit le : 10/01/2020
Messages : 132

Région : Johto
Dim 9 Fév - 21:12
Tu es bien d’accord ; l’accomplissement prend plusieurs formes et à cela s’ajoute beaucoup de facteurs qui différencient un sentiment d’un autre. Mais n’est-ce pas tout l’intérêt de la complexité humaine ? Certains y voient de la poudre de perlimpinpin, de ton côté tu y perçois une mine d’or pour ton imagination… ou pour dépeindre la réalité sous toutes ses formes.

Oh, me voilà doublement flattée… non seulement tu ne regrettes pas d’avoir eu le courage de venir me parler, mais en plus de ça cela te procure un bien heureux sentiment ?

Si d’autres observaient la scène, ils pourraient y voir une sorte de scène de drague digne d’un début de roman d’amour. Vous sortez tour à tour vos cartes sans jamais montrer ce que vous avez entre les mains ; aussi, vous n’êtes surement pas certains de savoir à quel jeu vous jouez, mais cela fait partie intégrante du charme de la scène.

Mon parcours a été un peu différent ; j’ai grandis au milieu de dresseurs et de pokémons pour écrire sur eux, puis… eh bien je suis devenue écrivain, et je n’ai pas pris le temps de beaucoup sortir de chez moi. J’ai envie d’inverser la tendance et je suis heureuse de voir que je ne suis pas la seule dans une entreprise qui paraîtrait folle aux yeux de beaucoup.

Mais le monde n’a pas besoin de savoir immédiatement que l’écrivain Gédéon Vermeil sera peut-être la plus grande éthologue du monde. Ils finiront par le découvrir quand ça sera le cas ! Tu n’es pas pressée. Enfin, si, un peu, mais là de suite ce n’est pas ça qui occupe tes pensées, mais plutôt le rouquin en face de toi.
Quand Kokiji mentionne des histoires de fantômes, ton regard ne manque pas de s’illuminer.

Peut-être pourrais-tu tester tes talents de conteur pour me bercer avant de dormir ?... souris-tu avec la tête penchée sur le côté, te donnant un air presque candide.

Presque. Car s’il savait ce à quoi tu étais vraiment en train de penser sans oser faire sortir cela de l’ordre de ta réflexion, peut-être porterait-il un regard nouveau sur toi. Ou alors, tu confirmerais qu’en tant qu’adultes consentants et alcoolisés, vous avez tous deux des idées bien lubriques ; mais peu importe. Tu le vois s’étirer et tu roules des épaules pour les détendre, remarquant une étrange tension au niveau de tes omoplates.

Alors nous nourrissons la même curiosité voire fascination pour l’éthologie ; décidément ! On était fait pour se rencontrer ~

Il se lève et te tend la main. Tu n’as pas baillé mais la fatigue te tombe clairement dans les pattes ; tu es épuisée. Mais tu aurais vraiment voulus continuer cette conversation… même si ce n’est peut-être pas terminé. Tu glisses tes doigts fins et abîmés dans les siens pour te relever sans tomber.

Je te suis.
Revenir en haut Aller en bas

Yagyu Kokiji

Yagyu Kokiji
Dresseur Johto

C-GEAR
Inscrit le : 10/01/2020
Messages : 196

Région : Johto
Lun 10 Fév - 18:12

SMOOTH JAZZ FOR THE LIVING 20

Décidément Gédéon aimait se sentir importante. Et je ne me refusais aucunement la joie de lui montrer qu’elle l’était. Je l’avais fait toute la soirée durant et je continuais encore à vouloir lui montrer qu’elle m’avait apporté beaucoup par cette longue conversation. C’était comme de retrouver la parole après un long silence, comme de réapprendre le son des mots entendus de la part des gens autour de soi, jusqu’à finalement atteindre ce moment de pure harmonie entre deux personnes. Et j’avais le sentiment que nous avions ce moment.

— C’est tout à fait ça Gédéon. Je suis heureux, très heureux, de cette soirée passé avec toi.

Et peut être que, pour le coup je faisais ressortir un peu plus mon regard derrière mes cheveux roux. Peut être même que je prenais inconsciemment une pause plus attrayante pour me mettre en valeur. Peut être que je continuais d’espérer que l’incroyable se produise au-delà de tout espoir fou ! Si le gâteau est un mensonge au moins est-il beau à regarder. Et c’est sûr qu’au fond de moi je me sens entre deux eaux, incapable de déterminer le bien fondé de ce que je tente en draguant presque ouvertement Gédéon maintenant. Mais je ne peux pas être à la fois juge et partie de cette situation : je veux me laisser porter et laisser à demain un retour plus brusque à la réalité. Aussi cette fois ce fût moi qui posa ma main sur celle de Gédéon, provoquant donc un contact aussi électrique qu’excitant.

— La folie que les gens voient, ce n’est finalement que l’expression d’une limite chez eux. Enfin je veux dire que, ah…

Je ne pus m’empêcher de rire tant ma pensée me paraissait simple mais également complexe. Mais la philosophie de comptoir, qui s’y frotte s’y pique et parler avec cette admirable auteure m’avait comme déverrouillé une partie de moi-même à laquelle je ne pensais plus depuis des années. Cette partie de moi qui aimait philosopher et qui l’avait fait avec cynisme mais silence pendant des années jusqu’à se taire pour de bon, de peur de me faire souffrir en me rappelant trop tôt dans quelle situation j’étais.

— Laissons-leur leurs limites. Nous avons le droit de voir au-delà aujourd’hui. Après tout ce que nous avons traversé et grand dieu je n’aurai imaginer que nous pourrions avoir tant de choses en commun je veux dire, c’est dingue ! Après tout ça, notre seule limite est peut être le concept même de limite. Et puisque tu me le demandes si gentiment je peux bien t’en raconter pour que tu t’endormes ahah !

Tandis que je riais de cette proposition dont je me rendais bien compte qu’elle m’entrainait à rester près d’elle, je mémorisais chaque instant, chaque mouvement, chaque mimique de Gédéon. J’avais peut être peur de perdre le souvenir de cette soirée maintenant. Mais le plaisir de sa compagnie surpassait de loin tout autre sentiment ! Même si dans mon bas ventre en bouillonnait un autre aussi depuis quelques minutes déjà. Surtout lorsque sa main reposa dans la mienne. Quel délice ce fût ! Souriant mais prenant bien garde à ne pas tomber avec elle je la conduisit donc à ma chambre, de l’autre côté de la cheminée. Effectivement il y faisait bien chaud et après avoir allumé une bougie sur la table d’un bureau qui avait bien servi, je me tournais vers Gédéon avec l’étincelle d’une folie dans le regard. Ma main tira la sienne vers moi et vers les draps d’un lit magnifiquement fait, tandis qu’avec une grâce que je ne me soupçonnais pas, ou que j’imaginais en fait, je vins lui murmurer quelques mots.

— Si je dois te raconter quelques vieilles histoires sur des châteaux hantés, des Pokémons surpuissants et des morts revenus tourmenter les vivants, il y a comme qui dirait un code à respecter.

Quelques instants après avoir allumé la bougie, j’y installais de ma main libre un abat jour fabriqué par mamie pour projeter d’étranges et énigmatiques formes sur les murs de la chambre, représentant des Pokémons tirés des légendes locales. Je souriais de revoir un tel spectacle et de pouvoir le partager avec cette femme devant moi - ou sur moi maintenant - et je pense qu’il était inutile de le dire mais… je tentais ma chance à venir cueillir ses lèvres, risquant le tout pour le tout ! La suite, seule Gédéon pourra en témoigner, pour quelques instants en tout cas !


Smooth Jazz for the Living - Page 3 YPtRstI
Smooth Jazz for the Living - Page 3 Dceb6810
Revenir en haut Aller en bas

Gédéon Vermeil

Gédéon Vermeil
Dresseur Johto

C-GEAR
Inscrit le : 10/01/2020
Messages : 132

Région : Johto
Lun 10 Fév - 22:58
Et tu ne le dirais pas à voix haute, mais cette rencontre avec le rouquin t’emplit d’un bonheur nouveau et indescriptible. Tu es consciente que ce sentiment est quelque peu aliéné par ton départ de chez toi qui sonne le glas de huit ans de quasi solitudes, éloignées des autres pour protéger des souvenirs que tu n’as même pas cherché à vraiment garder auprès de toi. Au contraire, tu as laissé progressivement ta mémoire se volatiliser, comme si ça n’avait jamais eu la moindre importance ; simplement pour essayer de te persuader que ton deuil était fait, enterré, tué, pas forcément dans cet ordre-là. Tu ne sais te rappeler de sa véritable odeur, du son de sa voix, et c’est à peine si tu peux encore imaginer la chaleur que tu as un jour partagé dans ton lit.
D’ailleurs, tu n’es pas certaine de savoir pourquoi tu penses à tout ça. Ce n’est pas prudent, pas instinctif non plus, et s’il y a bien quelque chose que tu veux éviter c’est de mélanger tes souvenirs avec ta réalité, ton présent et par conséquent, le charmant trentenaire qui t’accueille chez sa grand-mère pour ce soir.

Mmh ? Que veux-tu dire, ça m’intéresse !

Tu te sens aisément insatiable, encore. Gourmande de sa manière de pensée qui sonne comme une fraicheur dans un quotidien qui a finit par te paraître absurde. Tu commences à imaginer Kokiji, un saxophone entre les mains, sur une scène dans un café jazz… et il faut que tu clignes plusieurs fois des yeux pour que l’image ne s’échappe et que tu reviennes à la soirée qui continue de se dérouler. Ton sourire béat et surprit l’étonnera peut-être, car tu as un peu décroché de son explication avant de reprendre en cours de route.

Ah, c’est vrai que sur le papier et vu nos deux profils, personne n’aurait misé sur autant de ressemblances… sauf peut-être moi, car je ne paris jamais si je sais que je vais gagner.

Une remarque qui n’avait pas exactement sa place ici mais tu as quand même faite. Parce que pourquoi pas ? Vous parlez ici de limites, et tu n’en as presque pas. Tu as peut-être tout juste assez de pudeur pour ne pas avoir tenté quoique ce soit lorsque vous étiez dans la fraicheur réconfortante de la nuit, où tu te sentais si sereine alors que vous pourchassiez les ronflements près des portes, parfois calés l’un contre l’autre.
Vous vous levez ensemble et c’est bien vite que vous changez de pièce. Tu ne t’empêches pas d’inspecter ce lieu qui semble figé dans le temps ; mais très vite tu as quand même très chaud. Sauf que tu n’as pas vraiment le temps ni de réfléchir à quoi enlever ni de parler que tu es tirée en avant et que tu te retrouves soudainement très proche du rouquin. Tu pouffes légèrement de rire, bien heureuse de ne pas avoir eu à faire le premier pas.

Hem. Ca se voyait tant que ça que je voulais te faire un câlin ? souris-tu à pleine dents.

Tu ris à nouveau en levant les sourcils lorsqu’il en revient à son histoire de châteaux hantés, l’air de dire « évidemment que tu vas me raconter des histoires avant de dormir ! » même si là de suite c’est autre chose qui capte ton attention.
Et il n’a pas vraiment besoin de prendre beaucoup plus de risques que tu viens rejoindre tes lèvres aux siennes dans un baiser qui devient vite brûlant. Tu passes la barrière de ses lèvres avec ta langue tout en venant jouer avec sa chemise, au moins pour quelques secondes… peut-être une minute. Quand tu te redresses tu es à bout de souffle, affamée de plus, mais c’est bien toi qui te redresses pour rouler d’un côté du lit.

Bon, avant que tu me racontes une histoire, tu m’en voudras pas si je me mets à l’aise !

Et en deux temps trois mouvements tu t’es levée, à retiré ta jupe, ta chemise, mais n’est pas allée jusqu’à retirer les bandages qui recouvrent ton corps. Tu t’es approchée d’une armoire pour piquer une grande chemise à Kokiji avant de l’enfiler et de te glisser sous les droits. Pour toi ça sera clair, vous n’irez pas plus loin que ce baiser, au moins ce soir. Mais tu as aimé y goûter, et il te faut un certain self-control pour ne pas aller plus loin. Sauf que tu es alcoolisée, lui aussi, et vous venez de vous rencontré ; surtout que ton cerveau fait encore beaucoup trop des siennes à vouloir remplacer Kokiji par quelqu’un d’autre. Et toi, ça risque de t’agacer.
Revenir en haut Aller en bas

Yagyu Kokiji

Yagyu Kokiji
Dresseur Johto

C-GEAR
Inscrit le : 10/01/2020
Messages : 196

Région : Johto
Mar 11 Fév - 7:28

SMOOTH JAZZ FOR THE LIVING 21

Peut être que j’aurai pu le voir venir en un sens. Mais ce grand final à la soirée, à notre soirée, m'apparut comme une évidente résonance avec la personnalité dominante et joueuse de Gédéon. J’avais voulu lui donner une impulsion, un rythme personnel, et elle avait habilement reprit le dessus en m’offrant au passage une vision érotique de sa personne dans une de mes chemises, chose rare. Maintenant je me retrouvais pantois, dans une situation où mon corps brûlant réclamait une caresse qui lui avait été refusé. Cette torture, je l’avais senti quelques instants auparavant, n’était pas qu’à sens unique et je ne comprenais pas pourquoi la femme installée dans mon lit et dans ma chemise souhaitait se l’infliger également. Un test ? Ou bien une réelle fatigue ? Je n’aurai pas la réponse ce soir, à moins de passer pour un gros lourd incapable de saisir la portée d’une limite implicite mise en place par une personne qui, même si elle n’avait pas dit “oui” n’avait pas dit “non” non-plus. Elle n’avait rien dit, à part m’inviter à remplir ma part du marché au bord du lit. J’en profitais avant cela pour lui répondre car l’histoire pouvait attendre un instant, elle n’allait pas s’enfuir.

— Cela se voyait, juste un peu. En fait je ne suis pas aussi doué qu’il y paraît pour voir les signes autour de moi. J’ai été très longtemps dans ma bulle alors percuter ainsi celle des autres c’est un renouveau avec l’Humanité comme je n’en imaginais pas de si tôt !

C’était clair ! Je ne m’étais pas imaginé rencontrer Gédéon Vermeil et finir la soirée avec elle dans mon lit, après nous être agréablement galoché sur les draps. L’expérience avait d’ailleurs été électrisante et sur l’instant j’étais resté sans voix, appréciant et réalisant ce qu’il se passait. J’avais alors eu l’impression de contrôler la situation jusqu’à ce que l’auteure me montre que non. Mais parfois laisser quelqu’un d’autre aux commandes pouvait avoir du bon, du très bon même. Comme la vision presque fantasmagorique du corps à demi dénudé de la belle auteure. Une image qui n’allait pas quitter mon esprit de si tôt.

— Fais comme chez toi. Ce ne sont pas des paroles en l’air alors, je ne t’en veux pas de t’être mise à l’aise, aucunement. Vraiment.

Autant complimenter ce qui pouvait l’être avec un minimum de tacte à une heure aussi tardive. Je commençais, ou continuais pour certains, à manquer de lucidité mais pas assez pour ne pas continuer d’admirer Gédéon du regard, continuant d’apprécier chaque instant que je partageais avec elle. Une fois bien installée et avoir croisé mes jambes pour éviter de montrer toute la portée de l’effet qu’elle m’avait fait et dont elle devait avoir absolument conscience en cet instant, je décidais de tenir parole et de lui raconter une histoire dont j’avais lu l’écho il y a peu…

— J’ignore si cette histoire intéressera l’éthologue ou l’auteure en toi, mais pour moi elle a réveillé ma fibre journalistique.

Assis au bord du lit je décidais de la border jusqu’au bout, comme mamie le faisait avec moi. Je remontais le drap jusqu’à son menton, prenant bien garde à ne pas frôler certaines courbes au passage, puis je posais une main sur son ventre pour lui caresser lentement à travers le dit drap. Le but étant simplement de créer un contact réconfortant le temps qu’elle s’endorme.

— Ces derniers mois et bien que je travaillais à la Tour Radio, j’avais été temporairement déplacé de ma fonction d’assistant de production. Une promotion d’ailleurs puisque je suis devenu leader manager des archives ! Un boulot qui paye mieux et dans lequel j’avais moins de contact avec les autres, vu que j’étais le seul à bosser au sous-sol. C’est une sacrée mine d’informations la salle des archives : des centaines de milliers d’enregistrements audio et même vidéo de tout ce qui a été fait à la Tour Radio ! J’ai pu en écouter des fossiles de l’information ça oui. Mais c’est aussi là que certaines choses ont commencé pour moi, à déraper plus que de raison et, maintenant que j’y pense…

Je me penchais alors sur Gédéon dans l’obscurité pour venir déposer un baiser sur sa joue, mon souffle se mêlant à nouveau au sien l’espace de quelques instants. Ce que j’allais dire après ce contact, je n’en étais pas certain. On peut même dire qu’il s’agissait d’une théorie parmi tant d’autres ! Mais peut être avait-elle réellement un sens. Et un jour j’aurai à la vérifier, j’en étais certain.

— Je pense que certains de ces enregistrements sont hantés par l’esprit d’un journaliste décédé dans des circonstances mystérieuses. Il se serait attaché à moi durant mes longues heures passées au sous-sol et a peut être exacerbé plus encore les difficultés sociales auxquelles je faisais face là-bas en me plongeant lentement mais sûrement dans un état proche de la paranoïa. Enregistrements qui disparaissent, machines qui se déclenchent seules, lumières qui clignotent et surtout, étagères qui tremblent parfois, j’ai souvent eu l’impression qu’on tentait de me faire passer un message d’un autre monde ou d’une autre vie. Mais voici le plus intéressant : tout a commencé avec ma découverte du pilote d’une émission télé baptisé “Le Passé des Cartes” et dont le réalisateur a tout simplement disparu. Il était éthologue en plus d’être historien. Et aujourd’hui encore, personne ne sait ce qu’est devenu l’homme à l’émission avortée…

Je faisais bien attention de ne parler qu’avec une voix lente pour endormir petit à petit Gédéon et que ce soit pour elle, comme pour moi, laisser redescendre - ou remonter - le sang qui avait afflué dans le bas de nos corps. Dormait-elle déjà ? Je me fiais à sa respiration pour le savoir, avant d’aller moi-même trouver refuge dans le salon pour m’éviter toute, tentation, et fumer une dernière cigarette ! Bon sang, comment est-ce que j’allais expliquer tout ça à mamie moi ?


Smooth Jazz for the Living - Page 3 YPtRstI
Smooth Jazz for the Living - Page 3 Dceb6810
Revenir en haut Aller en bas

Gédéon Vermeil

Gédéon Vermeil
Dresseur Johto

C-GEAR
Inscrit le : 10/01/2020
Messages : 132

Région : Johto
Mar 11 Fév - 11:45
Tu ne peux pas t’empêcher de sourire quand il répond, surtout que son souffle trahit toute la passion qu’il aurait pu mettre dans votre échange si tu t’étais laissée aller plus loin. Mais tu as déjà décidé que ça ne serait pas pour ce soir… pas tant que tu ne serais pas totalement au clair avec toi-même.

Et ce n’est pas comme si tu renouais avec une personne lambda comme tu en as certainement beaucoup connu ! commentes-tu en chantonnant alors que tu t’enroules dans les draps.

Tu humes le parfum de Kokiji sur l’oreiller, discrètement alors qu’il se déplace un peu pour te border. L’autorisation pour te mettre à l’aise est venue après les faits, ça te fait ricaner mais tu caches bien vite le bout de ton nez sous les couvertures. Tu fronces un peu les sourcils quand il démarre par une mise en garde… comme si tu n’étais pas curieuse de tout ! Tu as tôt fait de prendre l’un des coussins pour le lui envoyer au visage, l’invitant dans un rire à continuer son récit. Non mais ! Qu’il ne commence pas à se moquer de toi.
Et la suite de ne te déçoit pas. Une cassette maudite, ou tout un sous sol ? Un éthologue disparu ? Autant de choses qui te maintiendraient en éveil si tu n’avais pas autant de fatigue dans les pattes. Qui plus est, Kokiji se trouve être un très bon conteur ; entre ça et la main qui te berce sur ton ventre, tu ne fais pas long feu. Tu regrettes mentalement qu’il ne décide pas de rester avec toi, mais tu n’es personne pour l’empêcher de partir dans le salon ; vous avez certainement tous deux besoin d’espace, de laisser la chose rechuter et puis, tu n’aurais certainement pas dormie de suite s’il était resté, ou alors pas longtemps.

Tu es la première à te réveiller le lendemain matin. Sans un bruit tu refais le lit, range un peu la chambre et passe dans le salon pour récupérer Allan qui somnole encore. Tu écris un petit mot sur un bout de papier à l’intention de Kokiji et le dépose au pied du sofa sur lequel il ronfle encore. « Si tu veux récupérer ta chemise, j’ose espérer que tu me retrouveras ! »
Le ton est guilleret, mais ton visage est bien moins expressif en cet instant. Ce qui assaille ton cœur est plus douloureux que quiconque pourrait l’imaginer, et c’est pour cela que tu as besoin de partir.
Tu es certaine qu’il prendra ça pour un jeu et qu’il ne t’en voudra pas trop. De toute façon, tu as une réputation à tenir…

N’est-ce pas ?
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé



C-GEAR
Revenir en haut Aller en bas
 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
(Page 3 sur 3) Aller à la page : Précédent  1, 2, 3

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Master Poké :: Le Pokémonde :: Région Johto - 2E G E N :: Bourg Geon-