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» Smooth Jazz for the Living

Yagyu Kokiji

Yagyu Kokiji
Ethologue Johto

C-GEAR
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Région : Johto
Sam 11 Jan - 9:29
SMOOTH JAZZ FOR THE LIVING

Mamie oh mamie, pourquoi te compliquer la vie ? N’en n’ais-je pas eu assez jusqu’ici ? De ta gentillesse débordante ? De ton amour inconditionnel ? De ta joie de vivre sans limite ? Et pourtant j’ai l’impression que tu te ressources chaque jour qui passe pour m’en offrir plus encore. Un cadeau c’est beau mamie, mais au milieu de la rue ? Oui en plein centre de Bourg Geon ! Mamie ce que tu fais là c’est une démonstration d’affection public. Et ce n’est pas pour moi que tu le fais : c’est pour toi et tes “amies” ! Pour leur montrer à toutes que ton petit fils passe te voir, qu’il est là et présent pour toi, qu’il a le temps et l’envie de venir si loin de la ville pour te passer le bonjour.

Je ne dis pas qu’il n’y a pas du bon, dans un tel comportement, et que tout ce que tu fais n’est dicté que par le besoin de montrer à autrui quelle généreuse grand-mère tu es mamie. Mais la vérité, la raison de ma présence, tu la connais. Tu sais que j’ai… perdu pied. Que j’ai craqué, cassé, explosé de l’intérieur comme une bombe à retardement sans mèche ! Alors oui, tu m’héberges depuis des jours. Plus précisément depuis que je suis arrivé de Doublonville un soir d’hiver par une nuit sans lune. Tu as même sursauter en me voyant ! Et puis tu m’as ouvert ta porte.

C’est plaisant d’être à la campagne, de pouvoir fumer au grand air de la nature. Mes ronds de tabac s’envolent au gré du vent pour disparaître dans l’absolu ciel dont je ne voyais plus que des tâches en ville. C’est plaisant de manger tes petits plats artisanaux faits à partir d’ingrédients locaux et non-importés de dieu sait où comme on en trouve en ville. C’est plaisant d’y apprécier le “silence” naturel, et inutile de comparer cela à la ville.
Tout ceci était bien, jusqu’à ce cadeau au milieu de la rue. Tout le monde a dû le voir c’est sûr, vu comme tu en as fais des caisses mamie ! Comme je ne sais pas ce que je veux, tu as choisi pour moi et pour mon psy une solution toute différente à la raison qui m’a poussé à venir à la campagne. J’y cherchais un havre de paix dans le chaos, tu m’offres le chaos dans un havre de paix ! Tu m’offres…

— Oscar ! Voilà son petit nom à cet Héricendre. Tu devras en prendre soin d’accord ? C’est un Pokémon qui a besoin d’affection au quotidien.

Un Pokémon. S’en occuper quotidiennement. Mais mamie j’ai pas été capable de m’occuper de moi-même ces dernières années au point de faire un burnout ! Comment je pourrais m’occuper de cet animal, aussi discret soit-il ?! Malheureusement et face à cette implacable décision d’une grand-mère de quatre vingt ans je ne peux que m’incliner, vaincu. J’ai accepté ton cadeau et je l’ai pris dans mes bras. Il avait l’air intimidé mais content. Ses flammes dorsales ne m’ont pas brûlés, c’est qu’il doit être heureux. Quelle chance diantre ! Et voilà où j’en suis maintenant.

Il est vingt heures et il neige à petit flocons sur Bourg Geon.
Je suis installé à un salon de thé traditionnel comme on trouve de pâles copies à Doublonville. Oscar est assit à côté de moi et boit dans un petit bol d’eau. Les gens doivent nous trouver mignon mais moi je reste gêné. Je ne sais pas si ma mamie a eu raison de me confier un être vivant à charge. Oh bien sûr je pourrais le laisser dans sa pokéball et ne plus y penser mais, je n’aimerais pas vivre la même chose. Alors il est là, cet Héricendre, et il partage mes nouvelles journées. Et une tasse de thé tiédie dans la main, je vois que toi aussi, tu es là. Pour tes raisons et ton histoire. Tu ne t’en souviens peut être pas mais, moi si. Ma vie citadine aurait-elle à coeur de me rattraper ? C’est pourtant la première fois que la fuis. Bien que ce ne soit pas toi, Gédéon, que j’ai fuis. Si nos regards se croisent, peut être te souviendras-tu ? Alors je te regarde, aussi impoli cela puisse-t-il être, dans ce costume deux pièces beige qui n’a rien de campagnard, derrière cette petite tignasse orangée et à travers ces yeux gris. Je te regarde, sans savoir pourquoi.
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Gédéon Vermeil

Gédéon Vermeil
Ethologue Johto

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Sam 11 Jan - 11:35
Scronch.

— Attends, je rêve ou tu viens de me mordre ? te plains-tu en baissant les yeux vers Allan.

Ce dernier a l'air contrarié, et ses deux grands billes rouges donnent l'impression de te lancer des éclairs. Tu finis par éclater de rire alors que la neige dépose une fine pellicule sur tes cheveux comme sur son petit corps. Tu époussettes ton manteau en prenant garde de ne pas lui planter ta cigarette que tu éloignes, puis ouvre ton vêtement en faisant un petit signe de tête.

— Allez, abrites-toi. J'ai presque finis, et après on va grignoter un truc au salon de thé juste derrière, OK ?

Allan consiste un drôle de compagnon de route. Il bafouille un petit grognement alors qu'il ramène sa carcasse vert pâle entre tes jambes. Ca ne fait pas si longtemps que ça que vous êtes ensemble, mais un sacré bout de chemin à été fait puisque tu n'es pas originaire de Bourg Geon, et lui non plus. Il constitue le cadeau d'une cousine qui t'aura définitivement poussée à l'aventure, comme lorsque tu étais jeune. Tu souffles du nez après avoir avalé un nouveau nuage de goudron, que tu recraches en levant les yeux au ciel. Ton esprit s'égare quelque peu sur tes derniers projets de roman, qui ont miraculeusement presque tous aboutis. D'ailleurs, est-ce que les campagnards des environs ont déjà lu tes livres ? Il faut dire que tu en as écrit des choses, en huit ans ! Du polard sombre à la romance, en passant par un petit guide du dresseur pour les nuls, rédigé en collaboration avec une personne ayant déjà affronté des champions d'arènes plusieurs fois. Son nom ne te revient d'ailleurs pas en mémoire, et tu hausses les épaules en te disant que ça n'a pas grande importance.

Car maintenant, tu es aussi dresseur. Et ça te fait... tout drôle. Tu jettes un œil à Allan qui est en train de te piétiner le pied pour te faire comprendre que ça ne va pas assez vite, et tu souris. Ton fiancé aussi, était dresseur, et c'est bien ça qui l'a tué, mais à quoi bon y repenser, là, de suite ? Tu secoues la tête. Pas maintenant.

Tu finis ta clope et l'écrases sur le rebord de la poubelle à ta droite avant d'y jeter le mégot.

— Allez, suis-moi petit garnement ! Il est temps d'aller nous réchauffer et peut-être d'écrire quelques mots, souris-tu en tapotant ton sac qui contient ton ordinateur et tes carnets.

Allan sautille sur ses mignonnes petites pattes et t'emboîte le pas. Alors que tu rentres dans la salle chauffée, une délicieuse odeur de muffin embaume la pièce. Ils ont même de petits sandwichs ! Tu t'ébroues et secoues la tête pour dégager les flocons encore dans tes cheveux bruns. Ah ! Tu remarques que l'un de tes bandages, celui autour de ton cou, a commencé à prendre l'eau. Bon, c'est pas bien grave, tu te changeras complètement ce soir de toute façon ! C'est alors que tu t'avances d'un pas félin vers le comptoir que tu captes le regard d'un homme, probablement de ton âge, aux airs de salaryman tout droit sorti d'une tour radio. Tu ralentis le pas en te demandant pourquoi il te fixe de ses yeux gris, avant de te détourner pour commander.

— Bonsoiiiiir ~ j'aimerais un thé au gingembre, un muffin aux myrtilles oh ! Et je veux bien deux de vos sandwichs, là, demandes-tu en pointant du doigt tout ce que tu commandes.

Allan se met à te tirer le manteau de sa bouche quand tu éclates de rire.

— Je ne sais pas si tu as été assez sage pour que je te commande à... (il se met à te mettre des coups de tête), OK ! OK ! Et un bol de pokémiam pour le radis qui m'accompagne, s'il vous plait ~

Tandis que tu attends ta commande, tu te retournes une nouvelle fois en direction du rouquin. C'est marrant, on dirait qu'il te reconnaît. Il est accompagné d'un héricendre, et puisqu'il n'a pas l'air de faire autre chose que te dévorer du regard, tu lui fais un petit signe de main avec un grand sourire.
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Yagyu Kokiji

Yagyu Kokiji
Ethologue Johto

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Région : Johto
Sam 11 Jan - 16:00
SMOOTH JAZZ FOR THE LIVING

Est-ce que tu me reconnais ? Non, ton visage me l’aurait dit. Mais suis-je si bon que ça pour lire ce que pensent les gens juste en les dévisageant ? Je ne crois pas l’avoir prouvé à qui que ce soit ces dernières années. Mais je me considère malgré tout comme un amateur talentueux et patient en la matière. Et bien qu’elle ne m’ait pas reconnue l’intrigue cassant le quotidien est venue s’immiscer entre eux. Il faut dire que je ressors facilement dans ce décor traditionnel par une froide soirée comme celle-ci. Mais toi plus encore.

Une convention sociale dit qu’il ne faut pas regarder ainsi une femme. Mais Oscar le regarde souvent sans rien dire et cela ne dérange personne. Pourquoi est-ce que ça devrait me déranger ? Pourquoi ici aussi je devrais me plier à ces règles sociales si étranges et pleines de tabous ? Pourquoi est-ce que je devrais me priver de…

— Suis-moi.

Ais-je lancé à Oscar sans crier gare ! Ce dernier à sursauté avant de tourner sur lui-même, du haut de son petit tabouret avant de sauter à terre. Et moi dans tout ça ? Je ne sais pas trop ce qui m’a prit mais j’ai pris les devants, sans jamais lâcher cette femme du regard. Elle avait commandé de quoi dîner avec un… Germi-quelque-chose ? Je ne me souviens plus du nom de cette bête là. Elle est mignonne est tout verte ! La bête pas Gédéon. Mais que vois-je ? Des bandages ? Comme à Doublonville. Cette particularité frappante de son accoutrement, outre sa grande beauté, l’avait toujours intrigué.

— Pourquoi portes-tu des bandages en permanence ?

Oups ! J’ai parlé sans m’en rendre compte, fichtre quelle catastrophe ! Je secoue la tête et lève un peu les yeux au plafond, gêné. Gêné de ne plus trouver mes mots en tout cas. Que disais-je ? Ah oui !

— Désolé de te fixer depuis tout à l’heure, je suis, surpris de te croiser ici, Gédéon Vermeil. Tu ne dois pas te souvenir de moi mais nous nous sommes rencontrés à la tour radio de Doublonville.

Et ? De quel droit cela me permettait-il de te parler ? Aucun. J’avais pris cette initiative en sachant que la démarche ne rimait à rien. Pourquoi me rapprocher d’une personne proche de mon travail là-bas, alors que je le fuis jusqu’à Bourg Geon ? Peut être parce qu’au fond de moi certaines choses de là-bas me manquent et s’expriment sans crier gare. Mais une idée me vient et je suis certain qu’elle passera pour plus crédible pour toi.
Sortant mon paquet de tabac de ma poche, ainsi qu’un style de ma chemise - pourquoi diable est-il toujours là lui - je te les tends.

— Ma grand-mère qui habite ici serait très heureuse de savoir qu’une célébrité comme toi est passée dans un si petit patelin. Pourrais-je avoir un autographe s’il te plait ? N’hésite pas à te servir une cigarette au passage. C’était aussi ce que tu avais fais ce jour là.

Puis, clignant des paupières, je rebondis sur ma propre question en fronçant un sourcil, comme prit tout d’un coup dans une théorie du complot à grande échelle.

— Qu’est-ce que fait une écrivaine comme toi à Bourg Géon d’ailleurs ?
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Gédéon Vermeil

Gédéon Vermeil
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Sam 11 Jan - 16:33
Le temps que la jeune femme derrière le comptoir prépare ta commande et encaisse tes pokédollars, l'homme qui te fixait quelques instants auparavant fait un mouvement en avant, surprenant par la même occasion son pauvre pokémon qui ne doit pas comprendre ce qui lui arrive. Tu te vois arriver ce grand rouquin qui a presque des airs d'acteur dramatique, avec ses yeux si clairs qu'on pourrait se voir en miroir à l'intérieur. Niveau contraste, les tiens ont plutôt la couleur de ton café matinal ! A savoir très noir.

La question qu'il te pose te fait hausser un sourcil.

— Si la simple vue de mes bandages te tire des interrogations, mieux vaut que tu ne saches pas ce qu'il y a en-dessous ~

Tu émets cette simple phrase d'un ton mielleux, presque provocateur. Après tout, un peu d'audace n'a jamais tué personne ; mais cet homme agit bizarrement, et pas besoin d'avoir inventé l'eau chaude pour s'en rendre compte. Tu le vois secouer la tête, lever les yeux au plafond ; le rouquin pue la gêne ! Il te rappelle un de tes personnages de roman. Non ! Tu t'ébroues mentalement ; mieux. Quand tu rencontres quelqu'un, il faut que tu tentes d'écrire sa vie le plus rapidement possible, de l'imaginer. Alors déjà, serait-il un héros ? Non, il n'en a pas la carrure. Quoique, quand il reprend la parole pour te présenter ses excuses et déclarer ton nom (ce qui n'est pas sans attirer les regards vers vous), tu comprends qu'il n'est pas aussi sage et discipliné qu'il en a l'air. Accoudé au comptoir, tu l'observes d'un œil nouveau.

— Ah, pour les bandages, c'est parce que tu fais partie des rares élus à m'avoir déjà vu... et en effet, tu ne me dis rien, même si vu tes effets personnel tu ne pouvais que travailler à la Tour Radio !

Et ça fait une sacrée trotte depuis ici. Mais vu tes propres ambitions et les pokémons à vos pieds, il n'y a pas besoin d'épiloguer pour deviner que vous avez eu, chacun à votre manière, besoin de drastiquement changer d'air. Ton regard pétille ; le pauvre bougre ne pense même pas à te donner ton nom avant de te tendre de quoi faire un autographe.

— Une célébrité, carrément ? Je suis flattée ! Même si elle tombera surement des nues en apprenant que je suis une femme.

Tu attrapes en effet une cigarette que tu cales derrière ton oreille, sous les grondements intempestifs d'Allan. Il tente de te marcher sur le pied avec ses pattes mais tu l'esquives adroitement, et s'ensuit un petit jeu entre vous où il désespère de ne pas te toucher. Ton jeu de jambes va finir légendaire, à ce stade ! Tu empoignes finalement son stylo, attrapes un petit feuillet plié dans ta poche —une petite feuille toute violette, vétérante d'un paquet de lettres parfumées que tu avais acheté il y a quelques semaines—, et vient signer de ta main gauche.

— Comment s'appelle ta grand-mère ? J'ai toujours préféré les messages personnalisés ! Et qu'est-ce que j'avais exactement, ce jour là et, de quel jour s'agit-il ? Car si tu crois que je ne vais pas finir par te questionner à force de balancer des petits morceaux d'épisodes, tu te mets le doigt dans l'oeil jusqu'au coude ~


Curieux, Allan s'approche du pokémon près de lui et vient tapoter son nez avec une de ses pattes vertes. Tu regardes ça d'un air attendrit, en espérant que le hérisson enflammé ne prenne pas peur et vienne blesser ton pauvre germignon. Ça lui apprendrait la vie, mais quand même ; il y a d'autres chemins possibles d'apprentissages !

Eh, ne me regarde pas comme ça, ricanes-tu en haussant les épaules. Ce n'est pas comme si j'espionnais secrètement pour une quelconque organisation... je fais ce que j'aime ! C'est à dire que je me balade, je m'improvise dresseur avec un pas si humble bouquin co-écrit avec une vétéran des arènes... et je compte bien un jour devenir Ranger, ou peut-être Ethologue. Et toi, monsieur le salaryman ? T'allait brûler la tour radio pour te retrouver à la campagne en plein hiver ?
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Yagyu Kokiji

Yagyu Kokiji
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Région : Johto
Sam 11 Jan - 22:29
SMOOTH JAZZ FOR THE LIVING

Je suis fait ! Comment est-elle au courant ? Quoique, je ne suis pas un pyromane, même pas en rêve. Le simple fait de l’entendre m'assèner cela a eu un effet pyrotechnique sur moi. Rouge pivoine ma main est passée dans mes cheveux et tu t’en es vite amusée, de ma gêne. Tant mieux, pleurer pour cela n’aurait servi à rien. C’est tout de même avec bien des choses à dire que ma main quitte mon cuir chevelu pour passer sur mon menton, que je frotte un instant pour faire le tri de mes pensées, des questions et des réponses à y apporter. Je décide de commencer par la fin, non sans tout d’abord observer les deux Pokémon à nos pieds.
Héricendre et Germimi semblent se jauger l’un l’autre. Et lorsque le vert pose sa patte sur le nez du jaune cela provoque chez le discret compagnon un cligne des yeux surpris par le geste. Il fait alors les gros yeux de l’étonnement le plus sincère à son vis-à-vis et tend sa propre patte pour la poser sur son nez à lui ! Puis il se met à rire, tout content et amusé de ce jeu !

Je note que ça t’amuse Oscar, cela me fait un jeu de moins à trouver pour m’occuper de toi maintenant. Je détends alors le bras et ma main quitte mon menton pour aller vers Gédéon… mon geste ralenti, s’immobilise, et retombe vers le paquet de cigarette pour le récupérer. Fiu ! J’ai failli poser un doigt sur ton nez ! Est-ce que tu l’as vu ?

— Une promenade loin de la ville pour trouver l’inspiration alors ? Je t’imaginais bien agir ainsi. Les sujets de Doublonville se ressemblent-ils avec le temps ? Le renouveau avec le traditionalisme est-il un moteur à la création ?

Un petit rire stupide s’échappe de mes lèvres. Je me déteste de dire cela mais les mots fusent comme si j’étais au travail, à préparer les entretiens radios entre les animateurs et les invités. Je m’occupais de cela, principalement. Pour que les auditeurs ne sentent pas l’éventuelle expertise de ceux que l’antenne invitait à participer aux diverses émissions. Et j’avais fais de même avec toi.

— Je ne vais rien brûler du tout ! Je suis en vacance chez ma grand-mère. Mamie Tsunada. C’est son nom, pour l’autographe. Et elle ne sera pas surprise que tu sois une femme : je lui ai déjà parlé de toi. Et elle en a parlé à ses amies. Tu as un petit fan club à Bourg Géon.

Finalement et sans que tu m’y ai vraiment invité je sais, je m’installe au comptoir aussi, tandis que jouent nos Pokémon. Je commande à un thé au jasmin pour moi et un autre au choix pour toi. Ou je mettrais tout simplement le tien sur ma note. Je reprends ma tirade avec un petit sourire en coin.

— On s’est rencontré il y a un an maintenant. Pour l’émission “Mon Livre Ma Vie”. Je n’ai jamais aimé ce nom mais il y a de l’audimat. D’un geste je te tends la main. Yagyu, Kokiji. Je m’occupe de préparer les invités au rythme des questions/réponses du direct pour qu’il n’y ait aucun temps mort. Je le fais aussi pour donner un premier avis aux chroniqueurs, qui savent sur quelles questions tu seras à l’aise et sur lesquelles appuyer pour titiller. Je t’avais demandé la même chose. Et tu m’avais répondu la même chose, au mot près. J’en déduis qu’il faut plus que te questionner pour savoir ce qu’il y a sous tes bandages après deux essais.

Ta peau, ton corps, ton être. Mais je ne vais pas te le dire ainsi, pas au risque de passer pour un sauvage. Je me contente de baisser lentement les yeux vers mon thé qui est arrivé. Mon reflet ne me renvoie aucune fantaisie. Alors…

— Une écrivaine ranger, éthologue, et amie d’une vétéran des combats de dresseurs en arène ! Pardon d’être ignorant sur ce point mais c’est quoi un éthologue ?
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Gédéon Vermeil

Gédéon Vermeil
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Sam 11 Jan - 23:09
Tu finis par t'asseoir au comptoir ; au début, tu voulais simplement prendre un plateau et aller t'installer sur les petits coussins dans le coin du salon de thé, mais puisque tu fais une rencontre étonnante qui est directement venue à toi, autant se mettre à l'aise. Tu fais un petit signe à la tenancière histoire de lui éviter une déconvenue, et cette dernière acquiesce d'un bref mouvement de tête. Bien ! Tu sais apprécier les gens corrects qui comprennent d'un simple geste ce qu'on leur demande. Ca a un aspect assez... lucratif ! Toi qui a été pendant si longtemps isolée.

Mais il te faut revenir sur le rouquin. Une promenade ? Tu souris ; le pauvre se méprend totalement sur la vie que tu as menée, tu es loin d'être une citadine, encore moins une habituée de la grande ville ! Tu n'apprécies d'ailleurs pas spécialement Doublonville, même si en certaines périodes il est possible de lui trouver un certain charme, mais là n'est pas la question.

Je ne parlerais pas de renouveau, soulignes-tu avec un petit sourire. Je n'ai, à vrai dire, jamais habité à Doublonville.

Tu as un petit sourire en coin, comme si tu étais un chat en train de jouer avec une souris. Ce n'est pas tant que tu te sens prédatrice, mais le pauvre à l'air aussi absurdement à côté de la plaque qu'un aveugle en train de jouer au ping pong.

— Tout est moteur à la création ! continues-tu en réceptionnant ton plateau. Je n'ai jamais manqué d'inspiration, je n'aurais pas autant publié en huit ans si ce n'était pas le cas, n'est-ce pas ?

Tu lui parles comme s'il pouvait savoir, mais au fond, tu sais que ta solitude te collera à la peau encore un moment. Enfin, cette singulière solitude de pensée, car physiquement tu possèdes désormais un charmant petit compagnon tout vert. Et puis, tu n'es pas sotte ; alors que tu ramènes tes cheveux souples dans ton dos, tu te rappelles que la vie est faite de tant de rencontres qu'il sera difficile de toutes t'en souvenir. Mais tu tenteras de les retranscrire sur papier. Oh ! Peut-être devrais-tu tenir un journal... ça pourrait être intéressant ! Mais tu t'égares.

— Je ne t'en veux pas pour cette méprise ; je l'ai cultivée pendant pas mal de temps. A vrai dire, mon domaine principal se situe non loin de la grotte argentée. J'ai également un petit appartement à Mauville... mais j'ai toujours préféré le premier, plus spacieux. Et avant ça, j'ai surtout vécu sur les routes !

Avec Allan. Pas l'actuel, l'autre, qui t'aura fait tant découvrir de la nature et des pokémons. Tu y penses avec une légère pointe au coeur, même si celle ci est vite remplacée par une certaine gaieté. Tu te demandes quand même comment tu es parvenue à refréner ta nature aventureuse aussi longtemps ; malgré quelques pics de mélancolie, tu ne t'es jamais sentie aussi bien qu'en foulant les sentiers colorés de l'hiver.
Bon. Tu as quand même manqué de te faire bloquer par une tempête de neige, mais c'est du détail.
Vos deux pokémons continuent de s'amuser, se tournant autour en essayant de se singer l'un et l'autre, comme deux faux miroirs qui ricaneraient d'un amusement simplet mais adorable.

— Les gens comme toi qui prennent des vacances frôlent le suicide de pas loin. J'peux te comprendre, Doublonville malgré un bruit omniprésent ne fait écho qu'à l'isolement psychologique des gens qui y habitent. Mamie Tsunada ! Va pour Mamie Tsunada, alors, chère Mamie...

Tu écris un petit mot, t'appliquant comme tu le peux même si, on va pas se mentir, déjà que tu es gauchère, ça fait bien longtemps que tu n'as pas vraiment pratiqué la calligraphie ; quand tu n'as pas ton pc ou ton téléphone, tu écris au plus rapide et tu es souvent la seule capable de te relire. Dans ta tête, ça te donne mille raisons supplémentaires de faire des choses ultra dangereuses et ultra secrètes ; personne ne serait capable de te déchiffrer, tes mystères seraient bien gardés !

— Heureuse de savoir que j'ai un fan club dans ce cas ~ enfin, ici tout particulièrement !

Tu te sais connue, enfin ; ton nom l'est ! Même si rares sont ceux à avoir vu ton visage. Tu n'es pas timide, mais on ne peut pas prétendre entretenir un fantasme autour de sa personne si on passe son temps à se trémousser face aux caméras ; il faut être réaliste. C'est sur cette pensée que tu croques copieusement dans l'un de tes sandwichs, savourant les premières saveurs salées avalées depuis ce matin. Quel plaisir !

— Mmh ! Mon livre machin, je me souviens. C'était d'un chiant ! On ne faisait que me poser des questions sur mon physique, j'ai dû user de pirouettes dramatiques pour réorienter les discussions comme je le pouvais. Visiblement j'ai explosé les audimats, même si le producteur était furax !
lances-tu avec une espièglerie dans la voix.

Et un grain de fierté. Car ce sale petit vicieux avait bien essayé de te faire boire plusieurs fois pendant vos "repas d'affaire", Dieu seul sait pourquoi !

— Yagyu... ça sonne comme le prénom d'un vieux guerriers. Et honnêtement, t'as pas l'air d'un vieux guerrier noble. En plus, c'est chiant à prononcer ! Je préfère Kokiji ; alors va pour Kokiji.

Il parle de son boulot comme quelque chose d'actuel ; à titre personnel, tu en doutes, mais après tout pourquoi pas.

— Ah, tu as bonne mémoire ~ ça ne me revient pas vraiment, mais ça me dit quelque chose. Tu as toujours été roux ? demandes-tu avec la curiosité qui est toute tienne.

Même s'il n'y a pas grande raison pour qu'il ait un jour été autre chose. C'est comme si, toi, on te demandait si tu avais toujours été masochiste. Bon ! Ce n'est pas tant que tu cherches à te faire mal, mais juste que tu n'as aucun instinct de survie et que de surcroit, la douleur te plait bien.

— Amie oui, même si cela fait plus de cinq ans que nous ne nous sommes pas revu. (tu avales une gorgée de thé pour faire passer le sandwich, pendant que vos pokémons se cours après entre vos jambes), les éthologues sont des voyageurs, experts de la nature, des pokémons, la faune, la flore... ce sont ceux qui découvrent et répertorient des lieux inédits, des changements de climats... bref ! Ce sont à la fois les plus au coeur de l'action et pourtant les plus invisibles...

Un petit sourire se dessine sur tes lèvres.

— Il n'y en a pas beaucoup... et je compte bien devenir la plus prestigieuse des écrivains éthologues !
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Yagyu Kokiji

Yagyu Kokiji
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Dim 12 Jan - 8:52
SMOOTH JAZZ FOR THE LIVING

Je t’ai vu faire signe à la gentille dame qui s’occupe du salon de thé de rester avec moi au comptoir. Aurais-je imposé ce choix par ma présence ? Flûte, je ne pensais pas être aussi dirigiste dans mes actions ! Ou alors tu es complaisante et ma présence ne te rebute pas. C’est en tout cas ce qui ressort de nos interactions suivantes sur lesquelles j’ai petit à petit un tableau érodé de toi qui achève de s’effriter pour laisser place à une nouvelle toile.
Une toile plus précise, plus réelle, ou tout simplement une reproduction instantanée de ce que j’ai sous les yeux. Ainsi l’image de la jeune auteure à succès citadine se transforme au rythme de ses propres mots. Et cette fois nous ne ferons pas la discussion à l’envers ! C’est donc au fur et à mesure que je décidais de réagir, pas à pas, ou non, aux déclarations de Gédéon.

— Tu disais t’y plaire et envisager d’y vivre à la radio. Que s’est il passé pour que tu reviennes sur cette déclaration ? Ou… ce n’était justement, que, pour la radio et ton public à Doublonville ?

En clignant des yeux je ne peux qu'acquiescer ses dires en matière d’inspiration créatrices. Car après tout je ne suis moi-même ni auteur ni même artiste ! Je valide sans savoir, comme on valide les conditions d’utilisations sur le Pokéweb sans vraiment les lire. Cela pourrait résumer ma situation ici d’ailleurs : j’ai foncé vers toi et accepté d’être ainsi pris tel quel, avec mes défauts et mes faiblesses, le temps d’une discussion, d’un échange, d’un thé.
Tu sembles ailleurs le temps d’un entre deux : une idée t’a-t-elle traversé l’esprit ou bien la conversation t’ennuie ? Pessimiste je pencherais pour la seconde option et c’est avec un certain désarroi que je cligne des yeux, mes dents pinçant ma lèvre inférieure en imaginant le pire à une situation pourtant sans but aucun. Mais tu reprends la parole ! Ouf ! N’ais-je pas cru un instant devoir parler à à nouveau de choses terre à terre ? Un nom me saute aux oreilles entre deux gorgées.

— La Grotte Argentée ! N’est-ce pas dangereux d’avoir un… domaine, si près d’un lieu réputé sauvage ? Qu’est-ce qu’un domaine pour toi d’ailleurs ? Un grand manoir au pied de la Montagne d’Argent ? Ou bien une château oublié au milieu des ténèbres ? Ou bien encore…

Tais-toi donc ! Ais-je pensé ! Ma démarche était déjà folle en soi de venir te parler et voilà que ma langue fourche et s’emballe à parler ainsi de mes rêves enfantins et désuètes. Comme l’incroyable aventure du Trône des Ténèbres par exemple. Une telle aventure intéresserait-elle une auteure telle que toi ? Hum, ma main regagne mon menton et je réfléchis à instant mais pas trop à la possibilité de vendre cette aventure épique à quelqu’un. Peut être même pourrait-on en faire un film, un jeu, et une série Pokéflix à succès ?
Je retiens que tu voyages beaucoup. Peut être devrais-je voyager aussi. Une idée naît de ces deux pensées distinctes mais ce n’est encore que l’inception d’un mot son esprit. Mais ta perspicacité m’arrache à mes pensées potentiellement lubriques pour y mettre un mur de cordes à nœuds coulants. Que dire, que faire ? Dans un accès de rythme cardiaque brusquement effréné je…

— Oui c’est la vérité. Ma vie à Doublonville, mes choix là-bas, étaient en train de me pousser vers la mort. Mais un éclair de lucidité et d’instinct de survie ma fait rentrer chez ma mamie pour échapper à cela. Ce serait puéril de le nier devant toi.

Tu signes ce beau papier que tu as toi-même sorti de ta poche et c’est avec plaisir que je vois naître de l’encre les motifs agréables de tes mots, adressés à ma mamie. Enfin, pas si agréables on dirait même que tu galères à écrire. Cela me fait sourire de mes dents légèrement jaunies par le tabac. L’envie de fumer me vient et d’un regard en direction du reste du salon de thé je vérifie être dans mon bon droit. Personne ne fume dans les rues de Doublonville il y a des lieux pour ça dans les bâtiments. Mais j’aperçois à un quadragénaire qui se roule du tabac artisanal. Ma clope allumée je prends le temps d’en aspirer le goudron. C’est bête quand même de fuir le suicide pour mettre sa vie en jeu tous les jours avec du tabac. Mais bon, c’est ainsi !

— Je me souviens de ton passage. J’avais bien essayé de leur faire comprendre que tu étais imperméable sur le sujet des bandages et du reste mais mon patron a pensé que j’étais trop prudent dans mes questions de préparation et a voulu y aller à sa façon. Il n’était pas très content après ton départ ça non ! Je ris à ce souvenir même si au fond je déteste la position de supérieur qu’il a sur moi, avant de cligner des yeux en t’entendant dire mon nom. Si tu préfères Kokiji sache que tu n’es pas la seule. C’est aussi mon cas et ma mamie mise à part que tu me donnes un petit nom mignon, j’ai toujours préféré qu’on reste professionnel avec moi. Gédéon étant si original et exotique tu aimes qu’on t’appelle par ton prénom ? Je n’ai jamais lu de biographie sur toi, je ne sais pas de quelle origine est ton nom complet.

Surprenament la conversation prend une tournure plus personnelle et intime, comme s’ils avaient le coeur à cela tous les deux. C’est amusant et dans un sens, assez surprenant pour me faire apprécier cet instant comme étant déjà dans mon top 3 des plus beaux moments passés à Bourg Geon ces derniers jours.

— Je me suis teints plusieurs fois les cheveux en noir ces dernières années. Je les avais peut être noirs quand nous nous sommes vus. Que dirais-tu de trinquer à cette opportunité dans ce cas ?

D’un geste le salaryman que je suis demande deux petites coupes de saké pour l’occasion. Je n’avais pas spécialement prévu de boire mais l’idée, entre thé et sandwich, me plait et encore une fois, au diable les convenances rébarbatives. C’est donc avec une coupe pour toi et une pour moi, que je t’invite à prendre une gorgée sur ces quelques mots.

— Ta futur carrière d’éthologue est intrigante et je te souhaite de la mener à bien. Kampai ! Puis, après une gorgée de saké. J’adore me perdre en forêt et découvrir des choses incroyables moi aussi. Si tu ne connais pas beaucoup le coin, je pourrais t’indiquer où te perdre toi aussi.
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Gédéon Vermeil

Gédéon Vermeil
Ethologue Johto

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Dim 12 Jan - 10:13
Tu croques sans ménagement dans le deuxième sandwich, le premier ayant été vite englouti. C'est quand Allan se cogne une nouvelle fois à ton genou que tu réalises que tu ne lui as même pas baissé sa gamelle ; tu rectifies le tire en mettant à terre la petite coupole de pokémiams, pour qu'Allan comme son compagnon puissent taper allègrement dedans. Même si pour l'heure, tu vois bien qu'ils sont trop occupés à jouer et se donner des petits coups de pattes de temps en temps. Parfois, la vie pokémonesque a l'air si simple ! Mais peu importe. Une gorgée de thé au gingembre plus tard, tu reportes ton attention sur le rouquin. Un sourire caustique fleurit sur tes lèvres, l'air de dire "moi ? J'ai dis ça" ? Mais evidemment que tu l'as dis. Evidemment que tu t'es jouée de tous et toutes dans cette tour, sans que cela ne te soit préjudiciable. Tu as adoré faire tourner le monde en bourrique le temps d'une interview, un peu comme un maître marionnettiste ferait dire une chose et son contraire à ses poupées.
Tu aimes cette sensation grisante de puissance, l'idée de se sentir un peu... au-dessus de tout, de tout le monde, sans arrêt.

— Tu es bien naïf si tu penses que les gens se contentent de dire la vérité à tout bout de champs. Qui plus est, j'avais été invitée sur ce plateau suite au succès de mon livre contemporain à l'époque, l'histoire d'une jeune femme tombée dans un puits qui trouve un passage secret vers un autre monde. Je n'étais là que pour leur rapporter de l'argent ! t'exclames-tu en ne faisait définitivement pas attention aux expressions surprises autour de toi. Alors quitte à ce qu'on m'utilise, pourquoi ne pas utiliser les autres, mmh ?

Ton coude et ton avant-bras reposent sur le comptoir ; tu adoptes une position presque clichée des vieux qui parlent dans un bar, souvent un peu plus alcoolisé que ce que leur médecin préconise. Mais tu ne gardes pas ce ton ou cet air accusateur bien longtemps, trop occupée à dévorer ton sandwich comme s'il avait insulté tes ancêtres. Et voilà que le rouquin dévoile ce que tout un chacun sait ; la dangerosité de la Grotte Argentée ! Tu ris avec légèreté avant de lui répondre, voyant que tu as même intriguée la tenancière qui essuie des verres en tendant soigneusement une oreille dans votre direction.

— Allons ! Kokiji, j'ai dis que c'était près de cet endroit mais pas que ça se chevauchait ! Et puis, la nature si tu lui fou la paix, et ça vaut également pour les pokémons, il y a finalement peu de choses qui se révèlent si dangereuses que ça.

Faux ! Faux et archi faux ! Tu te hurles mentalement à toi même en t'étalant par terre, morte de rire. Dans la réalité véritable tu as un visage calme, si calme qu'on pourrait deviner que tu caches quelque chose ; mais comment croit-il que tu t'es autant blessée au cours de ta vie ? Par accidents, essentiellement, ou quand tu tentais de secourir une créature qui n'avait de toute façon pas envie de recevoir ton aide. Mais on ne se refait pas... on se fait. Tiens, en voilà une belle déclaration que tu pourrais intégrer à l'un de tes futurs romans.

— Et en ce qui concerne mon domaine, c'est plus une version améliorée d'une grosse cabane. Je suis quand même plus proche d'une ville que de la grotte en elle-même ! D'ailleurs, je ne l'ai jamais explorée moi-même, mais j'ai connu quelqu'un... qui aimait beaucoup cet endroit.


Jusqu'à ne plus jamais en revenir. Tu soupires à cette idée, bien malgré toi. Puis le sourire revient fleurir sur tes lèvres quand le sujet revient sur le rouquin en face de toi. Tu le laisseras s'imaginer avec plus de détails ce que pourrait être ton domaine, car tu vois bien que ton personnage l'intrigue ! Et peut-être ta vie. Ca te donne envie de papoter tout ça, mais tu aimerais bien savoir ce qui fait que cet homme... est ce qu'il est, aujourd'hui et maintenant. Tu trouves qu'on ne prend pas suffisamment le temps de connaître le monde qui nous entoure, peuplades humaines y compris. Alors pour une fois, après huit années de silence quasi absolu à part quelques interviews ou promenades ça et là, tu comptes bien y remédier ; rajouter ta pierre à une édifice dont tu ne devines même pas l’extrémité du pied.

— Ah ! Donc j'avais raison. C'est fou, je n'ai quasiment pas parlé à un humain depuis plus d'un an puisqu'on semble compter cette interview l'an dernier, mais je suis toujours aussi perspicace ! Tant mieux, car j'ai faillis t'imaginer comme parrain de la pègre qui joue trop bien son jeu, jusqu'à mettre des costumes qui ne sont pas à sa taille, pouffes-tu avant de finir ton thé.

Bien que tu le vois fumer, tu choisis de ne pas immédiatement allumer la cigarette qu'il 'a offerte un peu plus tôt. Toujours logée comme une reine sur son balcon derrière ton oreille, tu veilles à ce qu'Allan se mette quand même un peu à grignoter. Cet andouille pourrait ne pas manger pendant plusieurs jours pour peu qu'il s'amuse, ce que tu trouves choupi mais qui n'est pas très sain ; faut dire, vous allez chasser des pokémons sauvages tous les deux ! Et essayer d'en découvrir surtout. S'il a trop faim pour te défendre, vous risqueriez de vous faire gravement blessé tous les deux. Ou alors, tu devrais l'obliger à rester dans sa pokéball, ce qui ne te paraît pas si sympathique que ça non plus.
Tu aimes t'entendre dire que tu es imperméable à certaines questions. Ca, c'est quelque chose qu'on avait déjà souligné chez toi ; tu as le caractère nécessaire pour ne pas céder aux pressions, que ce soit les plus douces comme les plus agressives. Si tu as décidé de ne pas mentionner quelque chose, tu te débrouilleras pour ne jamais le faire. Même si l'isolement t'a rendu plus souple sur certains points, tu commences à t'en rendre compte. As-tu toujours été aussi bavarde ? Ou alors, c'est le fait de parler aussi souvent avec Allan qui te rend aussi ouverte à la discussion ? Tu ne sais plus trop, les souvenirs se sont un peu mélangés à tes romans depuis le temps, puisque tu n'as vécu quasiment que de ça pendant huit ans.

— Eh bien, c'est gentil d'avoir essayé, mais que veux-tu ; certaines personnes sont destinés à rester coincer dans un rôle qui les rend aussi détestables qu'indispensables. Connaissant ma situation, il a dû penser que je serais facilement amadouée ou impressionnée. Pauvre bougre, il se sera jamais aussi bien planté de toute sa vie... et je doute qu'il ne me réinvite un jour !

Et ça ne te dérange pas outre mesure. Les bains de foule, tu peux t'en tirer mais ce n'est pas quelque chose vers laquelle tu irais spontanément. Surtout que tu as mieux à faire ! Comme parcourir les routes accompagnée de ton pokémon chéri. Et l'étape suivant sera les champions d'arène... une part de toi trépigne d'avance.
Est-ce qu'écrire tes aventures et les publier serait sympathique ? Peut-être sous forme de poème ?

— En parlant de biographie, tu penses que je devrais rédiger mes rencontres et romancer mon aventure ? "D'écrivain à dresseur de légende", ça fait vendeur, non ?

Tu ne plaisantes qu'à moitié, même si un sourire fissure le masque trop sérieux que tu as eu sur le visage le temps d'une question.

— Pourquoi t'être teints les cheveux en noir ? C'est joli le roux, et peu commun. Tu vois, c'est pour ça que j'aime pas spécialement doublonville ; malgré une extravagance de façade, on a l'air de demander à ce que tout le monde se ressemble. Et oui, tu peux m'appeler Gédéon, j'aime l'idée qu'on me prenne pour un homme jusqu'à voir mes hanches et ma poitrine. Oui, je sais d'où ça vient, enfin plus ou moins.

Tes parents avaient eu des idées plutôt extravagantes, eux aussi.
Tu prends entre tes doigts la petite coupe de saké, et trinques avec Kokiji avant de tout avaler d'un coup. Le liquide transparent te brûle la gorge et tu secoues la tête en souriant ; il est bon !

— Kampaï ! Ah... ça faisait longtemps. Eh, pourquoi tu deviendrais pas dresseur toi aussi ? Genre faire progresser ton héricendre, choper des badges d'arènes, découvrir le monde... comme ça, on finirait toujours par se recroiser !

Tu te penches un peu vers lui, mettant sans —presque— le vouloir ta poitrine en exubérance.

— Plutôt que d'écrire une superbe histoire sur une Ethologue, je pourrais conter celle d'une éthologue et d'un ranger, rencontrés à Bourg Geon pendant que l'un se sortait d'un burnout et l'autre d'un isolement thérapeutique. Qu'en dis-tu ?
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Yagyu Kokiji

Yagyu Kokiji
Ethologue Johto

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Dim 12 Jan - 23:57
SMOOTH JAZZ FOR THE LIVING

L’instant me parait trop irréel et pourtant c’est bien moi, toi et ce salon de thé qui sommes rassemblés ici. C’est étrange à penser mais j’essaye de me mettre à ta place : comment me perçois-tu ? Comment perçois-tu cette scène alambiquée et finalement assez proche d’une tentative de drague originale ? C’est avec cette pensée en tête qu’un instant je ferme les yeux. Cela pourrait te donner l’impression que je me protège de la lumière, ou que j’accuse le contrecoup du saké que je viens de boire à tes côtés. Mais lorsque j’ouvre les yeux, j’essaye d’être, toi.

Elle est bien sûre d’elle. Parler de naïveté ? A d’autres, tu es au fin fond du trou du cul de Johto à élever un Héricendre-surprise et tu ne te sens aucunement naïf. Par contre tu joues peut être de te montrer ainsi aux gens. Et à elle. Ce n’est pas évident d’être elle mais tu essayes malgré tout de t’y tenir, d’adopter ses mimiques, le mouvement de ses yeux, la position de son coude. Et tu lui réponds alors.

— Je l’ai lu, ton livre. Je n’étais pas le public cible mais le style m’a fait voyager un court instant.

Tu regardes autour de toi : les quelques habitués du salon de thé qui vous regardes ont été un peu interloqués par votre échange plus audible que les précédents et certains commencent à murmurer des choses. Ces murmures… Tu ne les hais pas, mais tu n’aimes pas te rendre compte qu’ils sont là. Ils sont un parasite sonore à ta conversation et tu décides d’en faire abstraction. Une nouvelle latte que tu tires sur ta cigarette tandis qu’elle, Gédéon, dévores son dîner avec un appétit non feint ! Mais voilà qu’elle se moque encore de toi. Mais venant d’elle ce n’est pas si désagréable. Et puis tu l’as bien cherché à jouer les naïfs, ne t’étonne pas d’être pris comme tel.

— Je ne voyais évidemment pas ta demeure se trouver à l’entrée de la grotte, voyons. Je suis sceptique à l’idée que la nature te fiche la paix quand tu t’installes dans sa demeure mais, je n’ai jamais trop habité en pleine nature. Je ne présumerais pas de ton impact sur l’environnement ce soir. Pourquoi n’avoir jamais exploré la grotte ? Tu n’avais pas envie d’accompagner la personne qui s’y est rendue ?

Tu mettais peut être les pieds dans le plat par une question de ce genre. Elle avait eu un ralentissement dans la voix en le disant. Et ce n’était pas parce qu’elle mâchait. Mais tu n’as pas honte, et puis ce qui est dit n’est plus à dire. Quand bien même mentirait-elle comme elle le raconte, elle le ferait à elle-même pour le moment. Enfin, quand tu es elle. Et pas ce qu’elle imagine de toi ! Même si l’idée dans ses yeux ne te déplaît pas. Elle te donne une importance que tu n’as pas et c’est amusant.

— Je n’ai que ce costume depuis quelques années. C’est vrai qu’il n’est plus à ma taille j’ai maigri. Mais si ça peut te rassurer je n’ai aucun lien avec la pègre, la Team Rocket, ou tout autre organisation de ce genre. Ne trouves-tu pas d’ailleurs que ce mot a trop d’importance ? Organisation. Pourquoi faut-il être organisé pour désorganiser le monde ? Si un jour j’entre dans le milieu je poserais la question.

Comme elle tu observes les deux petits Pokémon s’amuser. Leurs jeux te rappel que tu as laissé son eau plus loin. Mais Gédéon accepte de laisser une écuelle de nourriture pour les deux animaux de compagnie qu’ils sont. Tu lui adresses un signe de la tête en remerciement de sa générosité. Autant qu’elle te remercie d’avoir voulu la défendre, même sans succès. Ce qui constituent de piètres raisons d’être remercié, franchement.

— Toi, tu ne vas pas restée coincée dans un rôle en tout cas, tant tu sembles avoir de projets ! J’essaye de faire pareil et de m’ouvrir à de nouveaux horizons. C’est pour ça que j’ai un Héricendre avec moi maintenant. J’ai encore un peu de mal à me dire que je suis responsable de sa vie. D’ailleurs, il s'appelle Oscar. Ma mamie ne m’a dit d’où elle le tient mais ce n’est surement pas du coin.

Tu te rends compte de cette évidence à l’instant même : Oscar n’est pas de Johto. Il entreprend ici un long voyage à tes côtés, loin de chez lui. Tu te promet d’interroger ta grand-mère à ce sujet, pour en apprendre plus sur ce Pokémon qu’elle t’a donné comme un médicament à ta souffrance.

— Oui. Assez vendeur même. Je ne me souviens pas avoir vu tellement d’ouvrages écrits de la main de dresseurs professionnels. Il y a bien eu des biographies des membres du Conseil des 4, mais pas d’autobiographie à ma connaissance. Après je ne suis pas de ce bord là en matière de lecture, je suis mal renseigné.

Mal renseigné et surtout, tu es vraiment désintéressé de la vie écrite des autres. Aujourd’hui tu as envie de la voir de tes yeux, cette vie que le reste du monde mène sans toi depuis des années. Quel paradoxe tout de même d’avoir été dans la tour radio sans jamais arriver à communiquer. Un paradoxe, qui ferait une bonne intrigue de roman qui sait ?

— Tu viens de répondre à ta question, Gé-dé-on. J’en avais marre d’être reconnu juste pour mes cheveux à cette époque. Alors j’ai voulu me fondre dans la masse. Mais ça n’a rien changé au comportement de ceux que je côtoyais à la tour radio. Finalement ce n’étaient pas mes cheveux le problème. Je dois bien avouer qu’avant de te rencontrer j’imaginais bel et bien un homme. Tu es un bel homme. Un homme aux idées extravagantes ! Mais pas irréalisables. Je suis en… congé, de toute façon, pour une certaine durée. Rien ne m’empêche d’essayer au moins une fois c’est vrai. Si j’y prends goût je te dédierais ma seconde victoire, car la première sera la mienne. Et je…

Tu quoi ? Parles donc imbécile ! Mais la réponse qui suit est évidente et c’est avec un sourire charmé que tu la dédicace à cette auteure si spéciale qui fait chavirer ton esprit au point qu’il ne sache plus sur quel pied penser.

— Je serais ravi qu’on ait l’occasion de se croiser lors de nos voyages respectifs, quel qu’en soit les raisons. Je pourrais te partager mes aventures et tu pourras me partager les tiennes. Adresse moi un remerciement en préface de ton prochain best-seller ça me suffira.

Assènes-tu d’un ton mielleux dont tu ne te serais pas cru capable. Il faut dire qu’elle l’est, mielleuse ! Cette abeille aux formes charmeuses n’hésites pas à jouer de ses atouts sur toi, mais à quelle fin ? Quoique, a-t-elle besoin d’un but pour être elle-même ? C’est comme toi, avais-tu réellement besoin d’être elle ? Tu regardes ton torse et pose tes mains sur ta poitrine qui n’en est pas une, mimant comme la taille de celle de Gédéon. Tu fermes les yeux et… tu redeviens toi-même.

— Tu as évoqué plusieurs fois cet isolement au cours de la conversation. Pourquoi l’étais-tu ? Et qu’est-ce qui t’a poussé à en sortir ? Ça, ça pourrait faire un bon sujet de roman. Je ne suis pas trop revu scientifique de toute façon.

Pas biographie, pas revue scientifique. Heureusement que ça me laisse encore pleins d’autres registres sur lesquels rebondir avec toi ! Je termine cette coupe de saké avec les joues rosies et je tend la main pour chatouiller le front d’Oscar sous le regard du Germimi en face de lui. J’aurai bien ébouriffé la femme devant moi par ailleurs. Mais si le cœur lui en dit la conversation est loin d’être finie !
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Gédéon Vermeil

Gédéon Vermeil
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Lun 13 Jan - 13:49
Tu es profondément satisfaite de savoir qu'il ait lu ton livre sans être le "public cible". Une phrase bien drôle qui veut tout et rien dire, mais qui dédouanes les hommes quand ils apprennent qu'ils aiment la littérature écrite pas les femmes. Tu ne le mentionnes néanmoins pas, jugeant que vous avez mieux comme sujet de dispute à entrevoir. Tu souris quand il comprend que tu te moques de lui, même si son regard a comme... changé. Tu ne sais ni trop pourquoi ou comment, mais quelque chose dans son comportement, quelque chose de si infime que cela devrait être invisible, mais il te rappelle toi. Tu te vois dans une ligne de pensée ce qui provoque un certain malaise, retranscrit sur ton visage par tes yeux plissés.

— J'ai déjà visitée la grotte, mais à moins d'être suicidaire, sans pokémon dressé à mes côtés je ne voyais pas l'intérêt de m'y aventurer seule !

Tu exécutes une petite pirouette pour ne pas avoir à parler d'Allan ou des véritables raisons qui t'ont laissées si proches d'un endroit si mortel pour les hommes sans jamais y pénétrer. Enfin, si, mais qu'en surface et jamais en profondeur. Ça, tu te promets d'y remédier une fois que tu seras un peu plus expérimentée dans ton nouveau métier qui vient marcher sur ta fonction d'écrivain ; ou la compléter.

— Je n'avais pas vraiment besoin d'être rassurée. C'est juste que tu serais sortie du lot d'une toute autre manière.

Un coude sur la table, tu le laisses t'interroger. Tu aimes ce genre de questions qui pourraient passer pour de la philosophie de comptoir, ce qui en l'espèce est véridique puisque vous philosophez au-dessus d'un comptoir ; mais ce n'est pas ce que tu voulais dire.

— On pourrait parler de regroupement chaotique d'individus malintentionnés que ça ne changerait rien si ce n'est que ça conduirait à une noyade de poisson en règle. Et puis, la désorganisation est une forme d'organisation, si on doit en passer par là.

Tu lui souris avant de demander gentiment à la tenancière une bouteille de saké. Tu as bien envie de boire ce soir, surtout que tu as bien mangé. Tu t'attaques d'ailleurs à ton muffin, seul vestige d'un repas prestement avalé.

— Oscar, c'est mignon ! Mon germignon s'appelle Allan. Je dois t'avouer que cette nouvelle vie s'annonce pleine de surprises, même pour moi ! Mais ce n'est pas plus mal. J'en avais ras le bol de m'enfermer dans un chalet.

Un chalet certes mignon mais qui t'éloignait de tout et de tout le monde. Et ce n'était pas une vie que tu voulais, plus de cette manière. Tu avais besoin de contact pour ne pas te laisser sombrer.

— Les dresseurs ne sont que rarement écrivains ; et je compte bien remédier à ce fait !

Tu n'as pas besoin de réagir au reste pour savoir que tu l'as presque persuadé d'aller dans ton sens. Et puis, tu te redresses en voyant que ton numéro de charme fait toujours autant d'effets sur la gent masculine. Bien ! Tu sauras l'utiliser à bon escient.

Va pour un échange d'aventures ! t'exclames-tu en lui resservant une coupe de saké. Et qu'elles soient pleines de rebondissements ~

Tu avales une nouvelle gorgée, profitant de l'effet anesthésiant et réchauffant de la boisson transparente. Tu t'étires un bras avant de revenir à lui.

— Mmmh. Eh bien, j'étais seule car ça me convenait. Je n'avais pas besoin de plus, pas besoin de moi. Mais cette solitude a fini par me lasser ; dans ma jeunesse, j'ai été quelqu'un de particulièrement portée sur l'aventure, la découverte, les routes. Je veux simplement renoué avec cette philosophie de vie et la combiner avec ce que je fais depuis que je suis connue ! A savoir écrire.
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Yagyu Kokiji

Yagyu Kokiji
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Mar 14 Jan - 0:38
SMOOTH JAZZ FOR THE LIVING

La logique de tes propos ne m’étonne qu’à moitié. J’entrevois un brin de folie dans ton comportement, ton audace et ta perspicacité. Pourquoi donc ne pas explorer une grotte réputée dangereuse sans Pokémon domestique ? L’anguille se tenait là devant moi mais je ne pouvais pas la saisir de mes mains si peu habituée à de telles pirouettes relationnelles. Je pourrais m’improviser équilibriste mais je me suis rendu compte que j’étais déjà perché au bord de tes lèvres, à m’abreuver de tes paroles devenues soudainement importantes.

— Mais pour noyer un poisson aussi gros, ne faudrait-il pas d’abord savoir de quelle eau il est ? Je veux dire, on ne peut pas nous rassembler uniquement sous notre nom de race humaine. Et je pense qu’il en va de même pour les Pokémon d’une part, et pour les gens malintentionnés qui rodes à travers Johto d’une autre part. Un de tes romans parle-t-il des raisons qui peuvent pousser une personne à prendre une route si dangereuse à un instant de sa vie ? Comme pour les dresseurs dont tu voudrais faire partie : leurs buts valent-ils les risques qu’ils prennent ? Il m’a toujours semblé qu’il s’agissait d’un acte hautement discutable en soi, faute d’exemples à apporter à une éventuelle contre-argumentation. Que tu pourrais avoir par ailleurs.

Je me sens comme un personnage tiré d’un film à déblatérer ainsi autour d’un saké. Mais ces clichés ne sont-ils pas comme une check-list à compléter ? Maintenant je peux dire la tête haute que j’ai engagé une discussion avec une femme exceptionnelle et tenu cette discussion des minutes durant sans flancher la tête haute ! Enfin, à qui voudrait l’entendre, c’est à dire : personne à part mamie. Mon regard se porte sur les Pokémon. Ils mangent et semblent enfin calmes.

— Allan ? C’est chou.

Dis-je en regardant le Germimi manger tandis que Gédéon commande une seconde tournée de saké pour eux. Un sourcils haussé j’incline la tête devant le geste en signe de remerciement. Soit tu n’as rien de mieux à faire que de discuter, sois tu aimes parler avec moi. Dans les deux cas je suis gagnant et c’est un sentiment grisant ! Une véritable aventure en soi que de parler à une autre personne.

— Merci pour la coupe. Buvons à nos aventures futures !

Et voilà la coupe à mes lèvres pour la seconde fois ce soir. J’ai d’ailleurs terminé ma cigarette entre temps, l’histoire de ne pas me suicider par le feu inutilement. Je laisserais un souvenir fumant aux gens de ce sympathique salon de thé ceci dit. Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant trinqué avec quelqu’un pour le plaisir de le faire. Tout s’y prête dans cette entrevue. En me redressant je sens les articulations de mes omoplates craquer et en te voyant t’étirer, je décide d’ôter la veste beige de mon costume de salaryman pour rester en chemise devant toi, me mettant un peu plus à l’aise tandis que le saké me monte lentement mais sûrement à la tête.

— C’est, un parallèle inattendu, que je vais faire là mais ma propre expérience n’est pas si différente. Dans ma jeunesse j’étais un casse cou, à faire les 400 coups avec des gens qui ont aujourd’hui disparu de ma vie. Je bougeais, voyageais et m’amusais de tout, avant de m’installer à Doublonville pour y travailler dans ce que je pensais être le vivier de l’information à Johto. Et puis je ne sais pas comment ni quand, mais un malaise s’est installé et tout est devenu petit à petit inutile. Bouger, parler, jusqu’à travailler… Et ma mamie mise à part, tu es la première personne à qui je parle aussi naturellement depuis très longtemps. Et j’aime que ce soit avec toi.

Fis-je en lui adressant un clin d’oeil complice. Car après tout c’est à ma façon aussi la sortie d’un long isolement que j’entreprends ici. Et la vie d’une recluse, ce ne doit pas joyeux tous les jours. Une main sur ma nuque je respire profondément avant d’ajouter.

— As-tu un plan de carrière pour devenir éthologue, dresseuse écrivaine de premier plan et partir à la conquête des arènes ? Des tuyaux à partager avec un débutant en la matière ?
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Gédéon Vermeil

Gédéon Vermeil
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Mar 14 Jan - 10:54
Tu aimes la situation dans laquelle vous échangez ; du saké, la chaleur qui monte aux tempes, tes cheveux qui glissent inlassablement sur tes joues comme pour te forcer à avoir un petit geste qui mettrait en valeur tes formes. Tu ne cherches pas à le draguer outre mesure ; tu laisses ce genre de manœuvre à d'autres. Mais tu te délectes de ses réactions, de son discours, alors qu'il y a une heure, vous n’étiez rien de plus que de vagues étrangers coexistant dans le même univers l'un pour l'autre.

— Mmh.

Tu penches la tête en arrière et comptes les lignes au plafond. Ton esprit vagabonde sur l'insertion que ce Yagyu vient de faire.

— Je pense que de la même manière qu'un humain peut s'asphyxier peu importe l'air qui lui manque, cela s'applique également aux poissons. Sinon, comment cela deviendrait-il si simple pour un malfrat de camoufler ses actions en dons de Mère Théresa ?

Vous ne parlez peut-être pas de la même catégorie de criminels. D'ailleurs, malgré ton sarcasme, peut-être que Kokiji remarquera ton manque d'animosité totale envers l'objet de la discussion. Après tout, que seraient les Agents sans leur lot de personnes voulant de plusieurs manières briser la loi ? L'équilibre de l'Ordre et le Chaos ne demande-t-il pas une bonne proportion des deux parties ?

— Et si on nous rassemblait sous notre seul nom de race humaine, justement ? Pour certains, les pokémons ne sont que des animaux, sans distinction d'espèce. Ca ne m'étonnerait pas de tomber un jour sur un pokémon qui en veuille à l'espèce humaine toute entière pour ravager les foret, briser des foyers bestiaux ou de forcer ces créatures à combattre soi-disant contre leur gré.

Tu claques des doigts en fixant ta coupe de saké comme s'il s'agissait d'une boule de cristal.

— Mais c'est peut-être ça, tout l'intérêt de la chose. Le paradoxe de l'être, c'est d'être à la fois tous ressemblants et pourtant si uniques. Regarde-nous ! Je suis une écrivain isolée depuis tant d'années, qui se moque des plateaux télé et qui vivait près d'une grotte. Toi, tu es un salaryman piégé dans une routine avec un patron insupportable. De ce point de vue là, on a rien en commun ! Et pourtant, on se retrouve tous les deux à Bourg Geon,avec un pokémon chacun, en train de réfléchir à nos perspectives d'émancipation.

Un large sourire se dessine sur tes lèvres. Puis tu te reprends, secouent tes mèches brunes qui tombent en cascade autour de ton visage, et reprends :

— Les risques n'ont pas de valeur, si tu veux mon avis. On les prend ou on les prend pas. On décide d'avancer ou de rester en place, peu importe la manière. Pourquoi vouloir absolument caser la valeur d'un risque ? C'est un truc inventé par des moralistes, ça. Par des gens dans des situations trop confortables pour prendre des risques, et pour seul but de pointer du doigt les gens qui ne rentrent pas dans des cases bien définies.

Tu avales une gorgée de saké, définitivement lancée sur la conversation, surtout que deux personnes se sont rapprochées de vous pour vous écouter, comme à une séance de lecture.

— Et puis, de toute façon, pour évaluer le risque il faut connaître le but, mais également si le but a été atteint. Or, si le but ne prend essence qu'à la fin d'une vie, qui reste-t-il pour le juger ou l'exploiter ? C'est un non-sens chez moi. Et oui, je l'ai déjà évoqué dans quelques uns de mes romans.

Mais tu balaies l'air de ta main comme tu balaies le sujet de ton roman ; ça n'a aucune espèce d'importance ici et maintenant. Tu trinques avec lui, encore, avec un petit sourire en coin. Vos spectateurs commandent eux aussi à boire, comme pour discrètement vous soutenir dans vos élucubrations philosophiques. Tu claques des doigts et le pointe de ton index.

— Exactement. On est pas si différent, mais il faut avoir les bonnes clefs pour savoir en quoi.


Mais ça te fait plaisir de savoir que vous n'êtiez pas si différent... à la base. Tu te reconnais dans quelques phrases, sauf que toi plutôt que d'avoir une mamie aimante, tu as surtout eu un fiancé exceptionnel.

— Un plan de carrière ? Pas de planifié avec minutie. Demain ou après demain, on va aller étudier les pokémons sauvages sur la route 29 avec Allan. Il va falloir qu'on s'entraîne aussi car je compte bien rafler tous les badges d'arène de la région. Ca me fait un but à atteindre à moyen terme...


Ton sourire se feint de cynisme. Tu penches la tête de côté, faisant des ronds autour de la coupe de saké avec ton doigt.

— Mais devines-tu si les risques que je prendrais vaudront-ils mon but ?
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Yagyu Kokiji

Yagyu Kokiji
Ethologue Johto

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Mar 14 Jan - 18:21
SMOOTH JAZZ FOR THE LIVING

Franchement, cette analogie entre les poissons et les malfrats allait trop loin. Mais elle était amusante et je saurais dire pourquoi, t’entendre la suivre et surenchérir dessus, indiquant du même coup que tu l’avais comprises dans son humour absurde, m’emplit d’une joie discrète mais grande ! Le fait de partager tous les deux le même délire ce soir mettait en relief l’absence non seulement des contacts humains amicaux mais également des amis que je n’avais plus côtoyé depuis des années. Ceci dit je n’allais pas mettre la charrue avant le Tauros : Gédéon n’était pas à ranger dans une case en particulier pour le moment.

Je remarquais son ton plus léger que le mien sur le sujet de la criminalité. Peut être parce qu’elle n’avait pas été témoin, n’ayant pas habité à Doublonville, de cette insécurité constante qui y régnait ? Il faut dire que j’en avais fait les frais plus d’une fois et cela avait aussi contribué à m’isoler. J’aurais pu rebondir sur cela mais ce sujet, douloureux même après des années à revêtir une armure contre toute agression possible, n’était pas du goût de la soirée. Je gardais cela pour une prochaine fois, si celle-ci arrivait après cette soirée.

La suite devient alors bien plus perchée comme disent les jeunes et il me fallut quelques secondes pour comprendre que l’on était vraiment en train d’argumenter et de philosopher sur le concept même d’appartenance à une ethnie ou une espèce. D’ailleurs, ton point de vue Gédéon avait quelque chose de fantastique ! On sentait dans ton discours l’envie presque irrépressible de scénariser chaque possibilité existante.

— Un Pokémon vengeur qui s’en prendrait consciemment aux humains sans distinction pour nous rendre la monnaie de notre pièce ? C’est amusant que tu en parles, je me faisais la remarque il y a peu que nous n’avions pas assez de connaissances historiques sur l’avant-Pokéball. Sur la façon dont nos ancêtres, les premiers hommes, traitaient avec les Pokémon, cette faune commune au monde entier, pour survivre. Si nous avons acquis une telle expertise technologique c’est un atout c’est vrai mais n’est-ce pas là une sélection naturelle ? Un humain n’a, de mon point de vue, aucune chance face à un Pokémon. C’est ce qu’on nous apprend dès notre plus jeune âge, basant donc toute notre approche de la faune sur un danger de mort constant si jamais nous venions à sortir sans protection aucune. Alors au final, un Pokémon vengeur ne serait pas plutôt une réponse de notre propre société à certains propos politiques qui visent à accorder aux Pokémon des droits égaux aux hommes ? Que dirait l’opinion public si justement l’un d’eux tuait des humains par un esprit admis de vengeance ? Non vraiment, je n’envisage pas qu’un tel évènement puisse arriver par la seule volonté d’un Pokémon. Mais d’un esprit malfaisant comme ceux des dirigeants de ces groupes de malfrats célèbres ça, oui.

Tu m’étonnes que des gens viennent nous écouter après ça ! Je me tapote la gorge et ne manquait pas de remarquer les mouvements autour de nous dans le salon de thé. Même la gentille tenancière nous écoutait en lavant tasses et coupes derrière le comptoir. Ils ne devaient pas souvent voir des gens, surtout d’allures si citadines, discuter du vaste monde dans ce petit bout de village de Bourg Geon.

— Nos perspectives d’émancipations je crois que nous les connaissons déjà Gédéon. Pour ma part en tout cas, je la connaissais depuis longtemps mais je n’osais tout simplement pas la mettre en application, jusqu’à atteindre le point de rupture. Parce que la peur et l’inaction sont souvent plus décisionnelles dans nos vies, au contraire du courage de se jeter dans l’inconnu.

Ma cigarette terminée je l'écrasais dans un cendrier du comptoir en te rendant ton sourire avec toute ma sincérité de trentenaire paumé. Et puisque l’on évoquait cela, je me permis d’y réagir bien sûr, enchaînant les échanges.

— Je dirais que la question est plus large : pourquoi attribuer une valeur à chaque chose ? A mon avis pour se donner au minimum l’illusion de tout pouvoir contrôler par l’achat compulsif de chaque chose autour de nous. Un risque s’achète, donc se contrôle car il nous appartient. Moraliste je ne sais pas mais capitaliste ça oui. Dans un sens leurs situations confortables en apparence doivent être difficiles à assumer pour certains. Je ne vais les plaindre mais je pense que beaucoup de ceux qui vivent de ces valeurs de risques ont en eux des peurs si grandes qu’elles ont pris le pas sur toute autre forme de réalité, devenant de cette façon leur seul horizon possible. Ainsi pour affronter leurs angoisses, certes risibles pour bien des gens, ils contrôlent tout ce qu’ils peuvent contrôler pour lutter à leur façon. Parce qu’après tout, ne pas contrôler, c’est accepter le risque, et accepter le risque c’est accepter les conséquences. Et on voit bien à chaque déboire politique et économique que le plus important pour ces gens là, c’est justement de ne pas assumer jusqu’à ce que toute la faute puisse retomber sur une seule personne, ou ne soit que la faute-à-pas-de-chance !

Outre les deux personnes qui s’étaient approchés, d’autres venaient d’entendre mes dire de salaryman au discours longtemps refoulé et acquiesçaient vivement de la tête, à base de “C’est bien vrai ça”. Étais-je en train de devenir un agitateur à cause de l’alcool ?!

— Et que de romans à succès ! Je me souviens avoir lu quelques chiffres à l’époque de notre rencontre : tu n’as pas encore fini de toucher les dividendes sur la vente de tes romans n’est-ce pas ? Une vie ne suffirait pas. D’ailleurs dans ton cas, on jugera de la réussite ou non de tes objectifs au travers de ton oeuvre globale tu ne crois pas ? De l’impact que tu auras laissé à travers ton travail. Pour le coup, je ne sais vraiment pas sur quoi je pourrais être jugé moi-même.

Lorsque tu me pointes de ton index j’ai comme un petit frisson dans la nuque et j’attends avec impatience d’entendre ce que tu as à dire. Après tout c’est le clou de la soirée au salon de thé là ! Avec une petite scène, un public, et un dialogue dont les rouages s'emboîtent si bien que l’on croirait une pièce de théâtre répétée à l’avance !

— Et bien on peut dire qu’on se ressemble sur l’absence de planification de plan de carrière alors. Il faudra bien que je rentre à Doublonville prochainement mais ce n’est pas dit que mon psy ne me fasse pas continuer ce temps de repos obligatoire que je passe ici à Bourg Geon. Je pourrais en profiter pour visiter Mauville et voir cette fameuse arène Pokémon là-bas. Il faut que je visite l’Antre Noir d’ailleurs, j’ai toujours rêvé d’y vivre une grande aventure ! Ou simplement, d’être happée par elle.

Je me penchais en avant, plus proche que nous l’étions précédemment, nos souffles caressant nos nez dans un soupçon d’érotisme inattendu mais pas désagréable vu ta beauté. Sa question était subtile mais je ne pouvais pas non plus m’improviser devin alors…

— Oui.

Voilà que je parlais à nouveau sans m’en rendre compte. Ainsi devins-je le prophète de l’instant présent, sous le regard étonné des convives et les yeux de Gédéon.

— Non seulement ta prise de risque sera payante, mais elle te permettra d’alimenter tes objectifs à courts et moyens termes. D’une cela fait de l'entraînement pour ton Pokémon en vue d’affronter les arènes, ensuite ça alimente d’histoires tes futurs romans, et enfin ça va dans le sens de ce métier d’éthologue dont tu m’as parlé tantôt. Pour moi il n’y a aucune hésitation à avoir. C’est comme moi : je n’ai pas hésité à venir te parler malgré les risques que cela représentaient, humainement parlant et pour ma réputation et la tienne. Chance, destin, ou le bon flair des bonnes affaires, je ne pense pas me tromper ce soir.
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Gédéon Vermeil

Gédéon Vermeil
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Mer 15 Jan - 17:18
Tu finis par toi aussi chercher à te mettre à l'aise en retirant ton long manteau aux manches cliquetantes. Tu dévoiles alors ta chemise blanche, ton gilet et ton petit noeud près du col, ce qui a tendance à mouler ta poitrine. Tu continues à te dégourdir les muscles et te décrisper également, sachant que la marche a été longue aujourd'hui et que ce repos est bien mérité. Un sourire continues de fleurir sur tes lèvres alors qu'elles gouttent l'alcool de riz. Cela faisait bien longtemps que tu n'avais pas pris autant de plaisir à discuter avec quelqu'un ; tu aimes parler, monologuer, écrire... mais c'est toujours mieux devant témoins. Et pour peu que ton interlocuteur soit réceptif... quel plaisir ! Tu n'es pas prête de t'en lassée. Tu hausses un sourcil et attrapes tes notes sur ton téléphone ; tu tapotes rapidement sur l'écran numérique. Une histoire de pokémon vengeur...

Eh, pourquoi pas ! C'est vrai qu'on ne connait que très mal notre propre passé. Et pourtant, ce n'est pas à Johto qu'on manque de légendes en tout genre ! Mais en ce qui concerne l'histoire ? A croire qu'elle n'a été écrite que par des scientifiques. Ou peut-être... que certaines créatures ont décidé qu'il serait préférable de rendre notre mémoire... dissipée.

Tu fais un petit geste avec tes doigts, comme si tu disséminais dans l'air de la poussière de fée. L'idée de la sélection naturelle t'amuse mais tu ne réponds pas ; même si c'est une histoire qui mériterait d'être écrite.

— Il y a plusieurs écoles... ceux qui veulent que toutes les espèces puissent coexister, d'autres que certains êtres ne méritent pas de vivre.

Et c'est comme ça, tu es prête à l'accepter. Mais ta curiosité n'a pas suffisamment de limites pour ne pas creuser un peu plus loin. Il réagit à vos perspectives d'émancipations, et tu lèves ton verre de saké en conséquence.

Connaître et comprendre puis vivre, ce sont trois choses différentes. on en reparlera dans quelques mois ! Ce n'est que comme ça que l'on verra si on a vraiment su s'émanciper ou si nous tendons à recommencer encore et encore la même trame scénaristique.

Tu arques un sourcil sur la question de la valeur des choses.

Mmh. Ca ressemble à de la poudre aux yeux ton argumentation, mais c'est joliment dit.

Tu poses ton coude sur la table, laissant tomber tes cheveux en cascade autour de toi.

En effet, je pourrais passer tout le restant de mes jours à seulement percevoir mes dû de mes écrits sans rien faire d'autre... mais autant se suicider tout de suite ; l'inactivité n'est qu'un poison lent.

Tu l'écoutes sur son espèce de plan de carrière : vous risquez de en effet vous recroisez bien vite, même si tu ne le mentionnes dans l'immédiat.

Ca serait ma foi bien triste de se faire happer si rapidement.

Ton sourire devient caustique.

Et quels étaient les risques que tu prenais à venir me parler ?
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Yagyu Kokiji

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Mer 15 Jan - 22:21

Smooth Jazz for the Living

Beaucoup d’hommes auraient défailli en observant de si près Gédéon se mettre à son aise dans le salon de thé. Moi je me contentais de regarder sans rien dire, l’air fin observateur. C’est en tout cas ce que je me disais intérieurement ! Extérieurement et l’alcool aidant, j’avais plus l’air un peu constipé pendant quelques secondes, mon regard allant de la belle plante devant moi au plafond comme pour tenter de ne pas regarder ce qui était pourtant juste là. Et d’un coup, ça fit tilt dans ma tête.
Mes yeux descendirent très calmement jusqu’aux atours et atouts de Gédéon, que je regardais plusieurs secondes avant de revenir à ses yeux. Voilà, comme ça c’est fait ! J’ai toujours refréner mes envies, alors leur donner juste une petite part du gâteau ce n’était pas grand chose. Qui plus est la jeune femme semblait s’amuser de la situation et jouer avec son corps comme on joue avec l’objectif photo d’une caméra. Sauf qu’elle était le réalisateur et moi, mes yeux se trouvaient être les objectifs.
En la voyant pianoter sur son téléphone je crains quelques instants de la voir partir prématurément. Mais il n’en était rien et elle continua de parler tout en tapant un quelconque message. Ce à quoi je réagis.

— Des légendes comme des fragments de mémoires perdues de nos ancêtres. La théorie sur l’existence de certaines entités capables de miracles divins est incroyable je dois dire. Bon nombre de religieux sont basées sur ces légendes sans fondements avérés et pourtant, moi aussi j’ai envie de croire à leur existence. Qu’en penses-tu ? Quelle belle aventure ce sera d’écrire le récit de ta rencontre avec une légende vivante ! J’adorerais lire un tel récit.

Nous continuons donc de converser et je dois dire que j’ai une vague impression d’être trop haut perché au comptoir. Sans aucun doute un effet enivrant des liqueurs qui pourraient donner le vertige au bout d’un moment. On parle tout de même d’une futur gueule de bois après des années sans toucher une goutte d’alcool ! Louchant vers une banquette libre et d’un velour plus aguicheur je repris la conversation à ce point.

— Je me demande bien qui est allé se lever d’un si mauvais pied qu’il nourrirait ainsi l’envie de voir disparaître une espèce entière. Même un Tadmorv a son utilité dans la société. Et nous aussi, nous avons un rôle à jouer dans tout cela. Enfin je crois ! Je ne sais plus quelle église voue un culte à un humain supposément ami des dieux légendaires de son pays.

Et oui je m’y connaissais finalement pas mal en culte, occultisme et légendes en tout genre. Il faut dire que j’avais du temps libre à Doublonville à force de ne plus sortir. Je me documentais, je lisais, je regardais des reportages sur telle ou telle dossier croustillant ou non. Finalement ce sont ces histoires obscures autour des sites classés de recherche qui ont le plus souvent aiguisés mon intérêt pendant au moins un court instant. Mais Gédéon était déjà bien plus qu’une simple distraction d’un soir, vu la promesse de remettre le couvert un jour. C’était donc une série, de plusieurs épisodes, avec un potentiel film à la fin.

— Ceci n’est que le premier épisode d’une longue série. Un pilote ça se travail mais ça peut aussi faire des bourdes. Nous ne sommes à l’abri de rien mais je crois qu’au moment de regarder en arrière, ce soir sera un repère amusant dans notre chronologie, tu ne crois pas ? Par contre, je ne lance pas de poudre aux yeux. Uniquement de la poudre de perlimpinpin.

Je levais cependant ma coupe au compliment formulé. Venant d’une artiste reconnue c’était flatteur, surtout pour une improvisation imbibée de saké. Pourtant j’ai été incapable de formuler quoique ce soit lorsqu’elle nomma ce lent déclin d’inactivité un poison lent. J’étais d’accord bien sûr mais de là à qualifier cela de suicide… les mots forts étaient justement le fort de Gédéon, et cela se ressentait dans ses écrits. Quoi de plus normal que cela se ressente également à l’oral ? D’ailleurs, il s’était lui-même exposé à cette langue en venant lui parler.

— Les risques que j’ai pris sont… ceux de tout homme décidant d’aborder une femme seule dans un salon de thé de Bourg Geon à 20 heures. Cela aurait pu tourner court, ou juste à l’esclandre. J’aurai pu y laisser la réputation de ma mamie et la mienne au passage. Pas que j’y attache encore une grande importance mais j’aimerais éviter un lynchage à la sortie du village quand j’irais promener Oscar. Et toi, quels risques as-tu pris à accepter, que je viennes te parler ? Car après tout tu aurais justement, pu couper court mais tu ne l’as pas fais, pour mon plus grand plaisir de fan je t’en remercie.
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