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Viviane Dubois

Viviane Dubois
Dresseur Unys

C-GEAR
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Lun 6 Jan - 17:51
Quelle chaleur. Quelle épouvantable chaleur. Les mains moites, le haut qui colle à la poitrine, les picotements dans les pieds. Et par-dessus le marché, les lignes du livre de maths de Viviane dansaient à l’unisson comme des Plumelines style Flamenco, laissant dans leur sillon des motifs rouges et noirs endiablés. Ça n’allait vraiment plus : toutes ces sensations rappelaient les symptômes de la déshydratation qu’elle venait d’étudier en sciences - à croire que ses professeurs choisissaient vraiment leur thème pour la faire suer un maximum. Quoique les intégrales de fonctions n’avaient pas tant de rapport avec l’été, tout bien réfléchi.

« On peut faire une pause ? demanda-t-elle en faisant la moue pour implorer la pitié de Miss Compute.

Au fond, elle savait qu’il n’y avait pas la moindre chance qu’elle accepte : cette forte dame à lunettes roses était très caractérielle, et plutôt sévère dans son genre. Bref, le profil parfait pour Mr. et Mrs. Dubois : les tuteurs qui faisaient ami-ami avec Viviane ne faisaient pas long feu au manoir. Et pourtant, contre toute attente…

- D-D’accord. Vous n’irez pas plus loin sur ce calcul de primitive dans cet état. Vous pouvez descendre vous rafraîchir, mais je compte sur vous pour être de retour dans cinq minutes. »

« Compte sur moi, vieille peau ! » se retint-elle de répliquer en se levant à la va-vite. Elle sortit précipitamment de la bibliothèque, rejoignit l’escalier d’un pas pressé et sauta les marches trois par trois de cette manière imprudente que sa mère avait en horreur. Une minute de plus dans cette fournaise, et elle fondait sur place. Viviane se servit un verre de jus de fruits frais préparé soigneusement par une des servantes dans l’amphore posée sur une table basse. Elle se rapprocha de la fenêtre pour jeter un coup d’oeil à l’extérieur et s’abandonner à ses rêveries qui devenaient si fréquentes.

Au loin, derrière l’immense portail qui délimitait le terrain des Dubois, elle distingua des ados de son âge jouer à un jeu débile avec leurs pokémons. Un d’entre eux était un Moustillon ; elle connaissait bien cette espèce puisque son frère en parlait tout le temps, du temps où il vivait encore ici… D’ailleurs, c’était probablement le pokémon qu’Henri avait choisi une fois arrivé au laboratoire de Renouet. Un détail l’empêcha de se plonger plus profondément dans son imaginaire : ce Moustillon portait une bouée. Quelle idiotie pour un pokémon eau ! Mais aussi paradoxal que cela pouvait paraître, cela signifiait qu’il aurait bientôt la chance de se baigner. En cet instant, Viviane jalousait sincèrement ce pokémon et son propriétaire, peut-être même plus qu’elle jalousait son frère jumeau.

Qu’est-ce qu’elle ne donnerait pas pour une bonne nage tonique ? Mais l’horloge tournait, et Miss Compute n’allait pas tarder à faire résonner sa voix rauque de vieille fille dans tout le manoir. Qu’est-ce qui empêchait Viviane de se faire la malle ? La simple idée de recevoir une correction de sa mère, le visage hargneux insupportable de sa prof de maths, et surtout les gardes que ses parents avaient posté à plusieurs points stratégiques pour empêcher toute fuite. Depuis la fugue d’Henri, ils étaient devenus paranos… et à raison : Viviane serait déjà loin d’ici s’ils ne s’étaient pas donné autant de mal.

Elle entendit le sol de l’étage grincer : Miss Compute était sortie de la bibliothèque et s’apprêtait sans doute à hurler son nom. Il fallait prendre une décision. Vite.

« Viviane !? Remontez vite, nous devons finir ce chapitre avant la fin de la semaine. Nous sommes en retard sur notre programme… »

La rengaine préférée des profs. Mais cette fois-ci, il lui en fallait plus : Viviane s’était faufilée jusqu’à l’entrée principale où un jeune homme en chemise bouquinait. « Le paradis du batifolage » devina-t-elle à la couleur de la couverture. Crawford lisait cette série de pervers depuis qu’il avait été engagé, et il se donnait la peine de s’en cacher uniquement lorsque ses parents étaient à la maison. Non loin d’ici, les pas de Miss Compute martelaient l’escalier. Ne laissant pas place à l’hésitation, Viviane jeta son verre vide dans la pièce d’à côté et s’abaissa derrière un meuble en bois massif. Le fracas du cristal brisé fit réagir Crawford qui leva le nez de son bouquin et quitta son poste pour aller voir ce qu’il en était.

Viviane saisit l’occasion et sortit par la porte principale sans la claquer. Son coeur battait la chamade, non seulement à cause de ce soleil ardent, mais surtout de l’adrénaline qui fusait dans son sang. Elle se croyait dans un de ces jeux d’infiltration, et elle venait de passer le checkpoint avec brio. Il ne restait plus qu’un obstacle, et pas des moindres : le mur du jardin. Heureusement, elle avait déjà sa petite idée sur le meilleur moyen de le contourner - elle avait eu le temps d’y réfléchir en imaginant tous les scénarios possibles d’échappatoires qu’Henri avait pu emprunter cette nuit-là. En prenant garde à ne pas être visible depuis les fenêtres de l’immense demeure, elle en longea les murs jusqu’à se retrouver en face du composteur plaqué contre la façade. Ni une ni deux, elle détala à grande vitesse, grimpa dessus avec agilité et entreprit son ascension phénoménale.

Ayant perdu toute notion du temps, elle ignorait si elle avait pris dix minutes pour faire tout ça ou seulement une poignée de secondes. Mais lorsqu’elle posa pied à terre de l’autre côté, elle ne pensa qu’à une chose : courir. Apercevant dans un coin de l’oeil la bouée du Moustillon de tout à l’heure, elle espéra que personne ne l’avait vue sortir. Elle n’avait plus le temps de s’y attarder, de toute manière. Sprintant bien plus vite que lors de sa dernière évaluation de sport, elle finit par sentir le sable chaud sous ses orteils. Elle prit un bref instant de répit pour reprendre son souffle et observer l’océan, cette grande étendue de liberté bleue qui s’offrait à elle.

Elle reprit alors sa course effrénée, levant quantité de sable sur son passage, si bien qu’elle entendit derrière elle plusieurs touristes pester, notamment après avoir dépassé un grand parasol rose. Mais elle s’en fichait éperdument et vint finir son rallye dans l’eau salée, plongeant la tête la première toute habillée.

« Quel pied… » dit-elle simplement en sortant la tête de l’eau.
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Molly Strauss

Molly Strauss
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Mar 7 Jan - 2:56
Soleil soleil, ô grand soleil, pourquoi décides-tu de ruiner mes seules vacances ?

Peau collante, odeur de crème solaire, cris d’enfants : Molly mourrait sous son parasol rose. La plage valsait entre les habitants communs de la région de Vaguelone et les touristes qui portaient des chaussettes sous leurs sandales. C’était un décor pénible à observer. Plus le monde se promenait, plus la chaleur grimpait. La météo n’annonçait pourtant pas une si haute température, et pourtant, tout le monde semblait se réjouir du manque de pluie et des nuages. À travers la foule, personne ne remarquait le corps affaiblit d’une rose. Celle-ci ne se battait pas à rejoindre l’eau salée de la mer, pour la simple et bonne raison qu’elle craignait ce qui se cachait sous l’eau. Bon, elle redoutait aussi que le manque de doublure de son costume face apparaître des formes intimes qu’elle préférait garder pour elle-même. Alors, silencieuse sous l’ombre de son parapluie d’été, Molly contemplait le paysage et écoutait les conversations qui réussissaient à attirer son attention.

Depuis son enfance, ses parents disparaissaient régulièrement pendant quelques semaines de l’été. Toujours sous le devoir d’accomplir des travaux dans d’autres régions, laissant ainsi leur unique gamine aux bras d’une grand-mère peu affolée par les temps chauds. Molly écopait donc de son attitude amère envers la plus belle période de l’année. Par contre, pour une première fois, ses parents l’invitaient à les suivre dans un séjour à Unys! Ce n’était pas la première fois qu’elle visitait cette région, mais habituellement lorsqu’elle visitait d’autres pays, c’était pour des concours liés à ses diverses activités scolaires forcées. Pour une première fois, Molly allait profiter d’une réelle plage !

Et bon sang, elle détestait ça ! Cette maudite plage, elle souhaitait l’envoyer en enfer. Sa langue pendait et ses lunettes n’arrivaient plus à tenir en place sous le bout de son nez. Molly était allongée, ventre contre une serviette rose et un énorme chapeau lui cachait le visage. Si c’étaient ça les vacances, alors elle préférait retourner dans la maison de sa grand-mère à déguster des bâtons glacés aux goûts de pêches. Hmm… cette idée la faisait saliver. Cornet… deux boules à la fraise… pistache, avec brisure de chocolat… oh, si seulement un marchant pouvait arriver en jouant les notes de la partition classique que les enfants reconnaissaient si bien pour la vente de glaces. Molly jouait les différentes notes dans sa tête, hallucinant un énorme cornet qui se penche devant elle. Par pur réflexe, elle tendit sa langue pour lécher le fruit de son imagination et puis MERDE DU SABLE !

Tempête de sable dans la gueule. Molly toussa et cracha tout ce qui s’était accumulé au fond de sa gorge. Putain, cela lui coupait le souffle ! Soudainement, comme si la chaleur ne jouait plus sur ses cordes, la rose enfonça ses deux pieds dans le sol et analysa la scène. Quelques secondes suffirent pour trouver le coupable. Ou plutôt, la coupable. Molly se mordit la lèvre inférieure, jusqu’à ce qu’une saveur métallique envahisse sa langue. Ses poings tremblaient sous la pression qu’elle leur imposait. L’adolescente pouvait paraître très douce de nature avec ses longs cheveux bruns et son teint rosé, mais un comportement troublant la suivait de proche. En une fraction de seconde, Molly voyait sa cible noyée par ses mains.

Un pas après l’autre, Molly avança vers l’autre fille, son doigt la pointa.

« HEY ! »

Elle n’avait pas le temps de remarquer que sa vision devenait flou et incertaine, elle préférait plutôt menacer la fille à la chevelure brune. Sans réfléchir, Molly attrapa le seau d’un gamin, qui était heureusement déjà plein de sable sec. Parfait. Elle pourra s’étouffer la grande gamine.

« Je vais te faire goûter du sable sale peste ! »

Comme un lion assoiffé par l’odeur du sang, Molly se jeta sur la tête qui dépassait de l’eau. Elle lança le sable avec un regard noir, ignorant qu’elle se trouvait dans l’eau. Elle souhaitait prendre la tête de la fille et l’enfoncer sous l’eau, mais rien ne fonctionnait. Molly tomba face première dans les petites vagues et ne bougea pas. La déshydratation et la faim avaient gagné.


Spoiler:
 


(695 mots)



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Viviane Dubois

Viviane Dubois
Dresseur Unys

C-GEAR
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Mer 8 Jan - 22:50
Mais le bonheur, aussi intense soit-il, fut de courte durée : elle reçut à sa sortie de l'eau une pluie de sable sec.

- Aaaaaaaïe !!!

Cet assaut inattendu fut des plus désagréables. Déjà que Viviane supportait difficilement le picotement de l’eau salée dans les yeux, il fallait qu’une garce y mette son grain de sel, ou plutôt son grain de sable. Elle savait que son ennemie était une fille car elle avait vaguement perçu sa voix alors que ses oreilles étaient encore imbibées d’eau : « … te f..r.. goû.. du …ble sale peste » s’était-elle écriée. Cette voix, elle ne la connaissait pas. Ouf. Au moins ce n’était pas une servante qui l’avait suivie jusque là. Elle éluciderait l’identité de cette fille à un autre moment, peut-être quand ses yeux brûleraient moins.

Et si ses yeux étaient le seul problème, ça irait. Mais elle avait aussi du sable plein la bouche. Plus jamais elle ne se plaindrait des jus verts de sa mère après avoir connu ce goût ignoble. Comme si tout cela n’était pas suffisant, il fallait que ses vêtements collent à sa peau. Évidemment, elle l’avait cherché. Mais elle ne regrettait pas son acte de rébellion, grâce auquel elle avait scandé haut et fort son désir de liberté. Enfin si, elle le regrettait quand même un tout petit peu pour avoir ruiné ses chaussettes préférées… de belles chaussettes à motifs de la marque Petit Couaneton. Un peu vieillottes, très fifilles, mais elles étaient confortables et lui rappelaient de bons souvenirs.

Il lui avait fallu une bonne dose de courage pour se rincer les yeux à l’eau de mer : soigner le mal par le mal, comme on dit. Mais au moins, ça raccourcissait sa liste d’inconforts. Lorsqu’elle put de nouveau les ouvrir, elle fut surprise de ne pas voir tout de suite la peste qui lui avait infligé ça. Elle tourna la tête quelque peu, au cas-où elle avait dérivé, mais rien. Ah, si. Non ? Elle distingua une silhouette de jeune fille allongée sur l’eau face vers la mer. Sur la plage, personne n’avait l’air de s’en inquiéter, si ce n’est deux gosses en train de piailler en la pointant du doigt. Viviane n’entendait pas leurs paroles, mais vu leur ton, ç’avait plutôt l’air d’être des insultes.

- Hé, la gourde ! C’est dans l’autre sens qu’il faut faire l’étoile. finit-elle par lui lancer, la voix pleine de malice.

Elle ne réagit pas. S’agissait-il d’un stratagème étrange pour la faire approcher et essayer de la couler ? Après tout, Viviane ne connaissait pas cette fille, pourquoi s’en soucier ? Elle commença à nager autour d’elle en attendant une réaction, mais ça commençait à devenir long. Elle décida enfin de s’approcher, puis elle tapota son épaule. Pas de réponse. « Et merde… » se dit-elle en retournant son corps tout à fait inerte. Cette cruche était inconsciente ! C’était franchement pas le moment de faire un scandale. Manquerait plus que ça lui retombe dessus…

Invoquant une force d’on ne sait où, sans doute les restes de l’adrénaline de sa fugue, elle extirpa l’inconnue de l’eau. Elle entreprit ensuite de la traîner au sol sur quelques mètres, effaçant au passage des tracés dans le sable qui ressemblaient à la partition d’un pays en petites régions. Son hypothèse fut confirmée lorsqu’elle entendit les deux mômes brailler de plus belle. Le taux de sel qu’ils déversaient dans les airs n’avait d’égal que celui de la mer. Mais Viviane se délecterait de leur rage une autre fois : il fallait faire quelque chose pour elle. Malheureusement, elle n’avait pas la moindre idée de quoi faire. Jamais elle ne s’était retrouvée dans une situation pareille, et elle n’avait jamais reçu de cours de secourisme. Sa famille était plutôt du genre à gâcher la vie des autres, pas à les sauver.

Fort heureusement, le sort avait décidé de lui être favorable : elle s’apprêtait à crier à l’aide quand la noyée se mit à dégobiller abondamment de l’eau… en plein sur la tête de Viviane. C’en était trop : pour une fois qu’elle faisait une bonne action, la vie pourrait au moins la récompenser. Toussant frénétiquement, l’inconnue n’avait pas l’air d’aller bien mieux. Mais bon, au moins elle respirait. Viviane garda son self-control, jeta un oeil aux alentours et aperçut une bouteille d’eau près de la carte improvisée qu’elle avait écrasée avec le dos de sa patiente. Les mômes pleuraient à genoux à quelques pas seulement. Ce qu’ils pouvaient être susceptibles… Avisant qu’ils n’étaient pas à un malheur près, elle leur « emprunta » leur bouteille, sans trop demander leur avis.

De retour auprès de la touriste toujours étalée sur le sable, elle cala sa tête sur ses genoux après s’être assise puis la suréleva légèrement - manquerait plus qu’elle s’étouffe… Elle versa un peu d’eau dans son gosier en espérant que ce mauvais moment était enfin derrières elles.

- Dans d’autres circonstances, je t’aurais laissée crever en te noyant, crois-moi. Et puis c’est quoi cette histoire ? Je peux pas profiter deux minutes de ma baignade qu’une chieuse vient me filer des responsabilités. Qu’est-ce que t’as foutu ?

Elle préférait y aller mollo sur les insultes puisqu’elle venait de revenir à elle-même — oui, aussi agressif que cela pouvait paraître, c’était plutôt soft pour Viviane. Elle prit enfin un moment pour observer celle qui lui avait tantôt vidé un seau de sable sur la tronche : une petite brune, sans doute un peu plus jeune qu’elle, mais elles se ressemblaient pas mal. Avec des lunettes de soleil, elle ferait peut-être même une bonne doublure pour Viviane. Elle lui trouverait peut-être une utilité en la renvoyant à sa place dans le manoir, qui sait ?

HRP:
 
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Molly Strauss

Molly Strauss
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Jeu 9 Jan - 19:13
Les dernières images enregistrées dans sa mémoire, étaient l’engloutissement du paysage par l’horizon de l’eau claire. Les montagnes ne vivaient plus et c’était la noirceur et un goût salé qui accueillait la nouvelle phase chaotique de la brune. Son corps de porcelaine ne coulait pas, il flottait et menaçait de partir à la dérive si personne ne le retenait. Le liquide envahissait peu à peu son nez et sa bouche, proposant une alternative plutôt inquiétante à la situation. Ce qui devait être un combat fatal entre l’inconnue et la Strauss, se changeait en danger pour la vie de la dernière. Elle devait faire entièrement confiance au public silencieux et peut-être aux mains de la peste en personne.

Quelques secondes, quelques minutes, sûrement pas des heures : Molly recrachait enfin le poison de ses poumons. C’était douloureux, probablement autant que le sable dans la bouche de l’autre. Elle avait l’impression de cracher du sang, mais rien de tel sortait de sa voie buccale. Étalée au sol, ses prunelles tentèrent de regarder les alentours pour former un plan du lieu, ne trouvant pas la coupable de sa colère. Le seul détail qu’elle prenait en note, était de jeunes architectes en devenir qui construisait des châteaux et qui avaient cesser leur activité pour observer Molly se faire sauver. Ah oui, donc elle avait été sauvée. Hum, elle devrait remercier sa sauveuse, bien qu’elle ne souhaitait pas lui accorder une bonne parole.

Celle-ci revint comme par magie, attrapant sa tête pour la déposer sur ses genoux. Elle dégageait une chaleur digne d’un radiateur, beaucoup plus intime que la force générale de l’astre dans le ciel. Molly accepta de boire le contenu de la bouteille d’eau, cela ne pouvait pas lui faire du mal. Pendant ce temps, elle écoutait l’habitante se plaindre et agir comme une petite princesse. Très agréable comme sauveuse, la mort semblait beaucoup plus chaleureuse.

« Profiter de ta baignade !? Tu m’as- » elle levait le ton, mais sa gorge refusait. Molly avala avec difficulté sa salive et respira lentement. « Tu m’as envoyé une tempête de sable à la figure quand tu es passé, j’en ai rien à foutre que tu profites de la mer, j’ai mangé du sable en premier par ta faute, princesse! »

Molly serrait les dents et grognait comme un méchant chiot. Lorsque sa vision ne semblait plus embrouillée, elle se permettait de se dégager du corps de son interlocutrice et de lui faire face, à genoux. Face à face, elle sursautait par la ressemblance physique sous ses yeux. C’était étrange, mais pas suffisant pour que Molly s’attendrisse. Ce n’était pas le reflet de son miroir qui allait lui créer un point faible, surtout pas après la noyade.

« Puis c’est quoi ton problème! Tu n’es pas la seule sur cette plage, tu ne peux pas prendre les objets des autres, ni foutre le bordel comme tu as fait! Tu te prends sérieusement pour une petite reine, j’y crois pas! »

Le doigt de Molly pointait la jeune femme, elle n’avait pas honte d’exprimer sa colère devant tous les touristes. Un étrange coup de vent vint faire bouger les cheveux de l’adolescente. Celle-ci retira un élastique de son poignet et tenta de faire un chignon. Sans surprise, l’élastique se brisa par l’épaisseur de la chevelure. Un tour chez le coiffeur ne serait pas de refus. Ce simple échec fit bouillir Molly. Ses joues devinrent rouges et ses dents se frottèrent. Bon sang, elle était à la limite de se lancer au cou de son interlocutrice et l’étrangler.

Bon, elle devait réfléchir à des trucs qui lui font plaisir. Une glace à la fraise, sucrée, c’est parfait… à la banane, mmh… citron… non, trop acide, trop amer. Amer, putain amer comme cette stupide fille!

« JE TE DÉTESTE! »

Sa voix s’était brisée. Molly sursauta à l’écoute de ses propres mots et plaqua une main contre sa bouche. C’était… peu commun. Elle sentait les regards de plusieurs personnes, mais elle n’osait pas relever son regard, elle préférait regarder ses genoux.

« D-désolé.. »


(678 mots)



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Viviane Dubois

Viviane Dubois
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Ven 10 Jan - 23:55
La chaleur commençait à se faire sérieusement ressentir, mais rien qui ne puisse faire regretter à Viviane la froideur de Miss Compute. À moins que…

« Profiter de ta baignade !? Tu m’as- commença la rescapée d’un ton accusateur, avant de poursuivre à volume plus bas, contrainte par son corps affaibli. Tu m’as envoyé une tempête de sable à la figure quand tu es passé, j’en ai rien à foutre que tu profites de la mer, j’ai mangé du sable en premier par ta faute, princesse!

Tout ça pour ça ? Elle ne devait pas avoir l’habitude des plages en été, elle. Impossible d’en profiter sans subir les cris des vendeurs de beignets, les corps un peu trop charnus des pères de famille et le sable levé du sol par les gamins filant vers la mer. Que cela vienne d’un enfant ou d’elle, qu’est-ce que ça pouvait bien changer ? Elle ne pouvait pas se contenter de râler un bon coup à demi-mot comme tout le monde, plutôt que de faire un scandale ? Elle se mit elle aussi à genoux, en face de Viviane, et poursuivit sa tirade nombriliste.

- Puis c’est quoi ton problème! Tu n’es pas la seule sur cette plage, tu ne peux pas prendre les objets des autres, ni foutre le bordel comme tu as fait! Tu te prends sérieusement pour une petite reine, j’y crois pas!

Cette fois-ci, c’en était trop. Viviane était plutôt acerbe et méprisante au naturel. Alors imaginez en colère.

- Mais tu te fous de qui, là ? C’est l’hôpital qui se fout de la charité. Je te rappelle que c’est toi qui as volé le seau de ce mioche. Et puis madame fait un soi-disant malaise, madame se fait sauver la vie, mais madame ouvre sa gueule. Et c’est moi la petite reine ? Pfff, si tu savais…

Au pays des pestes, Viviane avait peut-être trouvé un spécimen qui lui tenait tête. Finalement, elles avaient plus en commun que leur apparence. Pourtant, d’un instant à l’autre, répliquant du tac au tac, elle hurla de manière presque incontrôlée :

- JE TE DÉTESTE !

Elle afficha un air interdit et son teint devint subitement rosé. Elle s’excusa en baissant les yeux. Finalement, elle avait juste voulu jouer un instant dans la cour des grands.

- Et en plus de ça, madame n’a pas toute sa tête. C’est quoi ton blase ? Il serait peut-être bon que je le sache si les blouses blanches viennent me demander où t’es quand ils se seront rendu compte que t’es plus en camisole.

Ouch. Cette fois-ci, elle n’y était pas allée avec le dos de la cuillère. La plupart des gens, même les plus odieux, s’en seraient tenus là. Mais Viviane était de ces filles sans limite, qui pensaient n’avoir rien à perdre. Un défaut, une qualité. Tout dépend du point de vue.
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Molly Strauss

Molly Strauss
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Mar 14 Jan - 16:56
Tête baissée et corps tendu, Molly ne bougeait pas d’un centimètre. Seul ses dents possédaient l’honneur de pouvoir dévorer l’intérieur de ses joues : pas par pur plaisir, mais par désir de rester stable face aux spectateurs de la plage. De fines rivières coulaient sur ses joues rosées. L’épuisement la poussait à bout. Ses précédents mots se répétaient en boucle dans ses oreilles, impossible de les ignorer ou de les modifier. L’erreur restait gravée dans la mémoire des deux filles, et à son grand malheur, la princesse sautait sur l’occasion pour pointer une possible faille dans son cerveau.

À la maison et à l’école, Molly était un ange. Un séraphin qui déployait ses ailes pour hypnotiser les autres et recevoir les compliments souhaités. Meilleure élève de sa classe, et avec espoir, de sa génération. Enfant productive et qui ne déçoit jamais ses aînés. La petite fille droite et parfaite que toutes les familles souhaiteraient avoir : un réel trophée pour les parents qui aiment se vanter. C’était le cas des Strauss. Ils adoraient utiliser Molly comme une marionnette et faire d’elle une sublime poupée de porcelaine. Avec des années de pratique, l’adolescente n’ouvrait jamais la bouche, sauf pour parler de politique, de problématiques actuelles et pour pointer ses fortes notes. Elle n’allait pas jouer avec les autres enfants, elle ne connaissait que très peu le monde des jeux vidéos, ainsi qu’elle n’avait pas le droit d’adopter un pokémon. Or… loin de Kantô et des yeux de ses parents, elle pouvait absolument se permettre de baisser le rideau sur son jeu et de retirer son masque. Molly était tout sauf saine d’esprit.

Elle émit un rire. Délicat, discret, presque vide de sensation. Elle devait prendre de longues respirations pour ne pas repartir sur un cheval furieux et s’exprimer avec un bégaiement gênant. Ce serait horrible de commettre une erreur face à sa sauveuse, elle en profiterait sûrement pour la descendre six pieds sous terre. Arg, pourquoi perdait-elle son temps à discuter avec une peste!? Elle n’avait qu’à prendre ses trucs et foutre le camp, ce serait déjà mieux que de lui tenir tête.

« Tu as raison. Nous sommes au même niveau, princesse. J’ai volé l’objet d’un enfant, tout comme toi. C’est très vilain, je présume que nous sommes méchantes de nature. »

Molly relevait enfin son regard, ainsi que sa tête, vers la jeune femme. Elle sécha rapidement ses larmes avec le dos de sa main et souriait. Un sourire peu rassurant. Un sourire qui cachait une surprise.

« Mais ne t’inquiètes pas. Cette fois-ci, je ne prendrai pas le seau d’un gamin. »

Un rire aiguë résonna. Rapidement, Molly enfonça sa main dans le sol et la remplit de sable chaud. Sa cible? La belle gueule de princesse. Elle ne déposa pas avec tendresse le sable, non, elle préféra taper sa main contre le visage de l’autre. La violence était toujours une bonne solution! Molly éclata de rire et se laissa tomber sur son dos. Finalement, cette échange devenait intéressant.


(502 mots)



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Viviane Dubois

Viviane Dubois
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Lun 20 Jan - 23:12
La tarée passa soudainement des larmes aux rires, comme si un métronome battait la mesure de sa personnalité. Elle avoua enfin ne pas être une petite miss parfaite, et Viviane apprécia qu’elle ne se voile pas la face plus longtemps. La franchise était une qualité qu’elle valorisait tout particulièrement chez les autres, et seulement chez les autres — car elle se sentait tout à fait libre de les tromper tant qu’ils restaient honnêtes. Elle n’avait que très peu d’amis, si ce n’est aucun, à cause de sa scolarisation à domicile. Les seules relations qu’on lui avait permis de tisser concernaient de nobles snobs dont l’unique but était de faire savoir qu’ils étaient plus riches et plus heureux que vous. L’espace d’un instant, elle s’imagina que cette vacancière à la langue bien pendue pourrait devenir une amie, ou au moins une connaissance. Elle fut alors prise au dépourvu par une beigne ensablée flanquée adroitement par son vis-à-vis. Les petites lâchetés de tous les jours nous perdraient

Dégustant le sable avec amertume, elle décida qu’il était grand temps de rentabiliser toutes ses heures de chamaillerie avec son frère. Elle profita de l’hystérie de son adversaire pour se jeter coude en avant sur son bras droit afin de le bloquer au niveau de son épaule. Avec cette prise, elle espérait bien la maintenir immobile le temps de la griffer au visage : les techniques de combat, c’est marrant deux minutes, mais un bon crêpage de chignon en règles n'a pas de prix.

- C’est dommage pouffiasse, je commençais à penser qu’on pourrait s’entendre.

Elle espérait faire mouche, autant sur le plan physique que psychologique. Tout en essayant de la blesser avec ses ongles, elle lui lançait une perche pour éviter que tout cela ne dégénère davantage. Mais elle doutait sérieusement de sa capacité à redevenir lucide : la brune étalée sur le sable était aveuglée par sa colère délirante, elle vivait dans un monde flou où les nuages volaient bas.

Cette situation, bien que grotesque, rappela pourtant à Viviane les bons moments passés avec son frère, à l’époque où elle ne se sentait pas encore tout à fait en prison entre les murs du manoir. Leur éducation était déjà très stricte et encadrée, mais il leur était permis de profiter de la mer une fois par semaine. Un jour cependant, Henri avait préféré regarder en cachette la finale du tournoi de la Ligue Pokémon à la guinguette du coin plutôt que de se baigner avec elle. Ce fut la première fois que Viviane s’était réellement sentie seule.
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Molly Strauss

Molly Strauss
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Mer 29 Jan - 4:25
Quelle surprise de sentir un coude l’attaquer et des bras la maintenir au sol. Son rire continuait comme si la prise de lutte ne l’embêtait pas. Elle montrait sa langue avec joie et grimaçait comme un singe pour provoquer la princesse. Et bien, on dirait que quelqu’un n’aime pas les bains de sables! Une telle réaction l’encourageait à répéter la même action, mais putain, cette peste se montrait beaucoup plus forte que prévue! Molly perdit peu à peu son sourire lorsque des ongles caressèrent avec force sa peau de porcelaine. Il était très probable de voir des rougeurs et peut-être un peu du sang s’écouler. Molly ne possédait pas un corps très résistant, même si sa force pouvait surprendre. La rose tapait ses pieds contre le sol et remuait ses jambes pour sortir de ce piège. Pourquoi personne ne venait l’aider? Un bref regard vers les autres touristes lui indiquait que la majorité était figée face à ce combat en bikini et l’autre partie ne remarquait pas la folie des deux adolescentes. Même le sauveteur n’osait pas siffler et les séparer. Les enfants avaient abandonné leur poste pour rejoindre leur maman et observer l’affrontement en silence. D’accord, c’était honteux.

Après plusieurs tentatives, Molly réussit à glisser son pied dans le seau vide et leva sa jambe pour propulser le seau vers la tête de la brune. Cela devrait être suffisant pour la déstabiliser ou au minimum, la faire sursauter.

« S’entendre!? Pourquoi je voudrais m’affiler à une peste comme toi ah! »

Molly ricanait, tout en plaquant une main à son visage pour calmer la brûlure causée par les griffures. Bon sang, c’était douloureux et digne d’une fille. Non mais, elle ne pouvait pas se battre avec ses poings et ses pieds!?

« Viviane! »

Enfin calmée, Molly se redressa pour observer la personne qui criait un prénom de jeune fille. Était-ce une mère qui s’inquiétait pour son enfant, ou pire encore, une gamine qui se noyait? Pourtant, l’eau semblait stable et tout le monde s’amusait. Hum, la dame approchait étrangement Molly et… ah! C’était elle Viviane!

« Oh oh, quelqu’un est dans la meerdeeee ~ »

Molly tapait l’épaule de la présumer Viviane et se tournait pour observer la dame. Et la catastrophe arriva. Derrière, beaucoup plus loin, les parents de Molly approchaient la plage. Ils tentaient sûrement de trouver leur fille ou de profiter du soleil. Dans tous les cas, avec sa gueule rouge, Molly allait subir la colère de ses parents. Son sourire ne vivait plus. C’était bien sûr de la faute de la princesse peste! Elle n’avait pas fini de lui faire manger du sable.

Par réflexe, Molly attrapa la main de sa non-amie et se leva. Sans prévenir, et en forçant Viviane à la suivre, Molly commença à courir vers une direction inconnue. Il y avait des plantes, des arbres et pas de sable. C’était probablement un coin vert qui menait à un autre bout de la plage. C’était suffisant pour espérer éviter que la dame les suive, ainsi que les parents à Molly.

(511 mots)



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Viviane Dubois

Viviane Dubois
Dresseur Unys

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Région : Unys
Lun 3 Fév - 19:44
Avoir l’ascendant sur son adversaire avait quelque chose de jouissif. Viviane se sentait en contrôle, bien plus que lorsqu’elle feignait de s’intéresser à ses cours boring. Pour autant, elle n’était pas tellement sûre de prendre du plaisir à enfoncer ses ongles dans les joues de la poupée hystérique qu’elle avait maîtrisée : le simple fait de se sentir au-dessus suffisait à égayer sa journée et tout autre préjudice apparaissait comme superflu. Elle relâcha quelque peu la pression, et il n’en fallut pas plus à son clone pour lui envoyer un sceau sur le crâne d’on ne sait où.

- Aie ! s’écria-t-elle en massant ses cheveux encore mouillés.
- S’entendre!? Pourquoi je voudrais m’affiler à une peste comme toi ah! rétorqua l’autre en ricanant de plus belle.

Peut-être s’était-elle fait des idées. Pourtant, elle aurait juré avoir imaginé, l’espace d’un instant, cette fille galérer avec elle en maths. Elles auraient suivi les mêmes cours, flâné dans son grand jardin, critiqué ses parents, pleuré Henri. Oui, avoir une amie n’aurait pas pu lui faire de mal. Toute cette rêvasserie l’avait empêchée d’entendre le signal d’alarme. C’est la peste encore assise sur le sable qui la ramena parmi les vivants :

- Oh oh, quelqu’un est dans la meerdeeee. souffla-t-elle en faisant durer le dernier son pour la narguer.

Viviane se retourna et constata ce qu’elle redoutait tant : près d’une Miss Compute au regard déterminé, un garçon près d’un Moustillon qui portait une bouée la pointait du doigt. Ce môme l’avait bel et bien vue… Il y avait fort à parier qu’il s’agissait du petit garçon d’une nième femme de ménage à qui elle devait mener la vie dure. Ce morveux se vengeait sur elle d’une manière tout à fait injuste ! Tant pis, elle allait recevoir une punition dont elle se souviendrait, mais rien qui ne la ferait regretter d’avoir plongé dans l’océan sans craindre les conséquences.

Sans qu’elle ne s’y attende, se laissant un peu porter par le courant, son homologue l’attrapa par la main et fonça vers le petit bois tropical qui bordait la plage, l’emmenant bien malgré elle.

- Hé, mais à quoi tu joues !? Si c’est une tentative d’enlèvement, tu ferais mieux de te raviser. Ma famille est pétée de thunes, ils vont tout faire pour te retrouver et te saigner !

Une chose stupide à dire dans un tel scénario, puisqu’elle ne faisait que confirmer à sa ravisseuse qu’elle pouvait exiger une généreuse rançon. Mais cette rencontre estivale ne la privait pas de son libre-arbitre : Viviane pouvait simplement lâcher sa main et courir dans la direction opposée, mais elle s’en sentait incapable. Elles attendirent d’être suffisamment à l’écart pour ralentir le rythme, se pliant en deux en s’appuyant sur un rocher humide pour reprendre leur souffle.

- Je… T’as voulu jouer aux héros ? amorça-t-elle, essoufflée. T’avais pas besoin de faire ça… pour t’acquitter… de ta dette.

Elle douta encore un instant des intentions de la p’tite brune, mais après tout rien ne pouvait être plus dangereux que Miss Compute hurlant son prénom.

- Bon… Puisqu’on en est là… T’as le dessus sur moi maintenant que tu sais comment je m’appelle. Va falloir y remédier.

On aurait pu croire qu’elle était prête à rempiler pour la baston en la poussant violemment sur la roche près de laquelle elles s’étaient arrêtées, comme si mener un interrogatoire était la manière la plus appropriée d’extraire la moindre information d’autrui. Mais pour la première fois depuis le début de leur échange, sa voix était authentiquement sereine, sans aucune animosité.
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Molly Strauss

Molly Strauss
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Région : Kantô
Mar 3 Mar - 11:37
« Tss, crois-tu que les Strauss sont pauvres? » murmura-t-elle les dents serrées.

Une tentative d’enlèvement, sérieux? Personne ne voudrait de cette nana, en était-elle consciente ? Son tempérament ne possédait aucun charme. D’accord, son physique augmentait la valeur, mais rien de plus. Un voleur ne traînerait pas plus de cinq minutes avec Viviane, ses râles et ses regards sont insupportables. Molly grommelait de son côté, mordillant ses lèvres et mâchant ses propres mots pour écouler sa colère.

Puis, elle n’avait qu’à un peu se débattre pour se sauver, Molly ne lui forçait pas réellement la main. La laisser en solo sur la plage était un bon plan, mais la future rose redoutait la honte d’un scénario où ses parents l’engueulent devant tout le monde, ou la traitent comme une poupée de chiffon.

« Ma dette!? Comme tu es drôle, Viviane. Je n’ai rien à te donner, et si je t’ai éloigné, ce n’est pas pour te protéger. »


Je peux toujours te pousser dans la gueule du loup. Molly déposa ses mains sur ses hanches et fit quelques pas vers la gauche et ensuite la droite. Ici, les feuilles cachaient les rayons du soleil et le sol était humide, de la terre froide et aucunement propre. Quelques petits cailloux rendaient l’expérience douloureuse. Molly regrettait de ne pas avoir des chaussures dans ses pieds à ce moment.

Être en position de domination ne l’embêtait pas. Offrir son prénom à son interlocutrice ne l’enchantait pas, mais son ton semblait être calme pour la première fois. Elle soupira et alla s’adosser à une autre pierre.

« Molly. »

Ses bras se croisèrent devant sa poitrine pour tenter de conserver le peu de chaleur que son corps possédait. Elle avait la chair de poule et son corps se crispait peu à peu. La froideur de la pierre n’améliorait pas la situation.

« Je présume que tu es une peste au quotidien. » dit-elle, un sourire en coin, sans note de méchanceté dans sa voix.

Molly leva ses prunelles vers Viviane, joueuse et curieuse. Sans les cris et les coups, elle pouvait imaginer qu’une conversation avec cette fille était agréable. Partageaient-elles des points en communs ? Cette princesse aimait-elle le rose comme Molly? Préférait-elle se réveiller tôt les matins pour observer la brume et le soleil levant? Vivait-elle pour rendre le monde meilleur? Pff… la strauss doutait de ce dernier point.

« Qu’est-ce que tu as fait à cette femme pour qu’elle te cherche sur la plage? T’as mis le feu à ton château? »



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