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» Le texto du Destin

Aram Faathi

Aram Faathi
Ligue 4

C-GEAR
Inscrit le : 13/10/2019
Messages : 528

Dim 5 Jan - 5:08
Je ne vois absolument pas le temps passé. C’est… Effrayant.

Quand je voyais les champions combattre à la télé, je me disais que je voulais trop être comme eux. Péter des gueules devant un public en folie qui scande ton nom… Qui n’en a jamais rêvé, hein ? Je ne sais pas si c’était parce que j’étais impressionnable quand j’étais gosse, mais quand j’avais l’occasion de voir des informations dans un journal, je lisais toujours intensément -même si bon, la lecture, ce n’était pas mon fort… Et ce n’est pas forcément mieux maintenant-. Petits, on n’avait pas la télé certes, mais ça ne m’empêchait pas d’accompagner ma mère lorsqu’elle se rendait au village voisin et de guetter les écrans du pub. Souvent, c’était des courses de Galopa et ça m’intéressaient moyennement, même si je reconnaissais la beauté de ses créatures. Mais une fois, je me souviens comme si c’était hier, c’était un combat de Ligue. Je ne saurais même plus vous dire de quel champion il s’agissait, juste qu’il est plus en poste maintenant. Ça date, en même temps. J’avais été complétement absorbé par l’affrontement… Et ça m’avait donné, pour la première fois, envie d’avoir mon propre pokemon. Evidemment, mes parents s’y sont opposés. A l’époque, j’avais trop de problèmes de santé pour espérer m’occuper d’un autre être vivant. J’avais bien essayé d’amadouer un Cacnéa sauvage qui vivait dans le désert mais… Non, je ne vais pas me souvenir de ça. Ça pique encore.

Je crois que ça a commencé là, mon obsession de la Ligue. Je l’ai mise de côté pendant longtemps, trop marqué par la disparition de notre mère. Je me suis voilé la face pendant des années, jusqu’à ce que je tombe sur ces connards de magma. Ce n’était clairement pas prévu, mais jamais je n’ai regretté d’avoir sauvé Samaël… Même si je garde des souvenirs vifs et amers de la branlée que je me suis prise. Je suis resté seul avec lui pendant six ans, mine de rien. Jusqu’à notre majorité, quand on a été autorisé à quitter le Refuge pour nous faire notre propre expérience. C’est là que j’ai reçu l’œuf de Bélial et mes frères les leurs… Même si j’ai récupéré, au final, Vassago, l’Ekaiser shiny de Malik. Il ne s’est jamais intéressé vraiment au pokemon. Ce n’est pas eux qu’il veut tous attraper, c’est plus les nanas. Voire les MST.

Ça me fait penser… ça fait un moment que je n’ai pas vu l’Evoli d’Izy. Il fut un temps où la fennec était tout le temps avec lui, comme Sam avec moi. Mais ces derniers temps, à chaque fois que je voyais mon frère, la créature était absente. C’est un peu bizarre… Faudrait que je lui demande s’il a pris sa décision, quant à son évolution. La dernière fois qu’on en avait parlé, il penchait pour un Aquali… Malgré mes efforts pour le convaincre de choisir Pyroli -ça vous surprend ?-. Baaah. Je m’égare. A la base, je disais que c’était cool, de voir les membres de la Ligue à la télé. On idéalise à mort leur boulot, on se dit qu’ils ont la belle vie et tout.

Spoiler alert : c’est des CONNERIES.

Putain, j’ai l’impression que j’avais largement plus de temps libre quand j’étais un simple challenger. Et pourtant, je passais beaucoup de temps à m’entrainer. Mais là bordel, je ne sais pas si c’est parce que je suis le petit nouveau, mais j’ai l’impression que mon emploi du temps est plus chargé que celui d’un ministre. Je n’y connais rien à la politique, mais ce n’est pas un peu un problème, en vrai ? Quand j’ai posé la question à mon agente, elle m’a rétorqué que c’était le coup du revers de la médaille ou je ne sais pas quoi -ouais je ne connais plus l’expression, on s’en fout-. Y a de quoi péter un câble. Je lui ai demandé du coup si je pouvais au moins avoir une soirée de repos, c’est limite si je n’ai pas eu un non catégorique dans la gueule, comme si je lui demandais de sacrifier son bras pour moi. Mais pour qui elle se prend, cette greluche ?! Plus le temps passe, plus j’ai envie de la renvoyer. Mais comme je ne sais même pas si j’en ai l’autorité, pour le moment, je ferme ma gueule. Ça ne va pas durer longtemps par contre ! Parce que si je lui rentre dans le lard à cette tarée elle ne fera pas la fière longtemps !

Surtout que bon, les soirées mondaines, merci bien hein. J’ai eu des cours d’un professionnel pour m’apprendre à me tenir correctement en public, adapté mon langage en conséquence et… QUELLE MERDE. Vraiment. C’est quoi ces manières de péteux là ! Je n’ai jamais demandé à assister à ce genre de soirée, en plus. Je veux bien qu’il faut dorer l’image de la Ligue tout ça, qu’il faut attirer les investisseurs ou je ne sais pas quoi parce que le fric fait tourner le monde mais ne m’envoyez pas moi pour faire la vitrine du truc, sérieusement ! Je suis hyper mal à l’aise dans une pièce empli d’inconnus qui me jugent à chaque instant. Je me suis même fait engueuler parce qu’à un moment, j’ai relâché mon attention et je me tenais plus assez droit. … Ils ont de la chance que j’ai su garder mon self control, parce que moi, je n’aurais pas parié là-dessus. Heureusement, d’après ce que j’ai compris, ça n’a pas eu l’effet escompté alors j’échappe plus ou moins à la corvée pour les temps à venir. Au moins ça.

Le seul truc fun que j’ai fait dernièrement, c’est une séance de shooting. Je ne suis pas super fan de ma gueule, mais je ne me trouve pas moche non plus quoi. Correcte, plutôt. Normal -je ne dirais pas banal parce que eh, cheveux blancs et peau bronzée, ce n’est pas le profil type du charlot du coin-. Mais les maquilleuses et ce photographe là… Pouah ! J’ai l’air d’un top-model de fou mon gars. J’ai même cette impression débile que ce n’est pas moi, avec un peu de gêne parce que ce n’est pas vraiment la réalité, vu tous le maquillage qu’ils ont foutu sur ma tronche. A un moment, je me suis même demandé si je n’allais pas partir en crise avec toute cette poudre. Cependant, j’admet que ça fait du bien à l’égo. Ça m’a remotivé d’un bloc ! Je me suis même permis d’enregistrer des tirages sur mon téléphone. On ne sait jamais, ça peut toujours servir… Et je peux me venter que je suis BG devant Malik et Izy. Et j’en ai envoyé une à Derek. Parce que… J’en avais envie, c’est tout.

C’est la galère, pour voir les frangins. Du coup, ils sont obligés de venir me voir en s’adaptant à mon emploi du temps. C’est super galère et heureusement que j’ai un bon salaire pour leur payer les nuits et les trajets ! Mon agente me pète les bonbons en rabâchant que je n’aurais jamais dû leur faire faire une carte bancaire à chacun. Je l’entends encore s’offusquer comme une idiote ; le jour où vous serez en froid avec vos frères vous le regretterez, ils vont vous mettre sur la paille ! Ah ça non meuf. Le jour où je suis en froid avec mes frères, je me tire une balle, c’est tout. Et clairement, je leur fais bien plus confiance à eux qu’à ce fourbe de banquier qui prétend agir pour mes intérêts, en voulant placer mon argent je ne sais où. Dégage avec tes idées, je préfère largement laisser Malik gérer. J’ai quand même réussi à dégager quelques soirées où on a pu passer du temps ensemble, durant ce dernier mois. Même qu’un soir, il faisait tellement moche là où on était qu’on a passé la soirée dans une chambre d’hôtel, à parler de tout et de rien, comme avant. C’est trop bien ce genre de soirée.

Et puis à un moment, Izy s’est amené avec le concours de coordination qui a eu lieu à Alola. Ça ne m’a jamais intéressé, la coordination. Je respecte ceux qui en font, mais me demandez pas d’être sensible à leur art… Parce que la plupart du temps, j’y capte que dalle. Ce n’est pas ma vocation. En plus, quelle ne fut pas ma surprise, quand j’ai reconnu un des participants… ça m’a laissé sur le cul. Quand j’ai entendu l’animatrice parler d’un « Illia » suivi d’un nom de famille à coucher dehors, je me souviens m’être étonné auprès de mes frères, parce que je ne pensais pas que c’était un prénom rependu. Et en fait… Non non, c’était bien lui qui s’est amené sur scène avec Rubis. Je suis parti bêtement dans un fou rire. Oh merde, mon fanboy, cette mini-racaille, un coordinateur quoi. Faut trop que je le revois pour me foutre de sa gueule. J’ai naturellement pensé qu’il était dresseur, avec un Reptincel en starter, en même temps ! Mais non. Et mine de rien, j’ai quand même été assez captivé par son travail… Mais je n’ai absolument rien compris. Izy a commenté en disant que c’était un point de vue intéressant, je suis resté con. Ok donc, c’est validé, j’ai aucune sensibilité sur ce point, parce que je ne sais même pas de quoi il parle. Illia-fanboy-racaille a gagné un ruban, d’ailleurs, et ça n’a pas surpris mon frère. Moi si par contre. Ça mérite des félicitations, ça non ? Et une bonne dose de foutage de tronche parce que c’est trop tentant.

J’ai un peu oublié de lui écrire, du coup. J’ai repris le boulot le lendemain et j’ai eu l’impression d’avoir la tête sous l’eau pendant des lustres. Mais pas ce soir, on arrête un peu les conneries. Je me suis grave brouillé avec mon agente et je me suis barré en claquant la porte, parce que j’étais à deux doigts de la tarter méchant. Je ne veux pas passer pour le connard qui bat une femme mais putain, qu’est-ce qu’elle me casse les couilles. C’est bon hein, si je ne vais pas à une interview une fois, n’y a pas mort d’homme, merde à la fin ! J’ai demandé à savoir où était les frangins, mais ils sont de retour au Refuge pour quelques jours… Sans moi. Putain, ça fait combien de temps que je ne suis pas rentré à la maison ? Je les envie. Je suis saoulé. Je n’ai pas envie de passer ma soirée seul comme un nul. C’est encore tôt et j’ai encore un peu de temps avant de manger mais… Tiens. Je suis à Volucité. Ce n’est pas loin de Méanville ça non ? Ça me donne une idée. Je me saisis de mon téléphone, cherchant dans mon répertoire. Ah ben voilà.

Fanboy Number One
Yo fanboy ! C’est Aram. Kebab à Volucité ce soir, t’es partant ?16:32
©️️ TakeItEzy pour Master-Poké


J’ai envie d’un truc bien gras, bien dégoulinant de graisse. De toute façon je m’en fous, je ne prends pas un gramme même si je mange comme un ogre. J’irais bien boire un verre dans un bar après, mais je lui laisse le temps d’assimiler le truc. Ça fait plus d’un mois je crois qu’on s’est croisé pour la première fois et je ne lui ai jamais écrit. Il était peut-être en stress à l’idée que je le contacte à la sauvage ? Si c’est le cas, ça me fait déjà marrer. On s’organise le truc et je suis quand même content d’apprendre qu’il est dispo et partant. Ma soirée ne devrait pas être aussi pourri que je me l’imaginais.

Je suis parti faire un peu de shopping pour mes pokemon, mais ça ne m’a pas empêché d’être au point de rendez-vous bien avant l’heure. Et comme j’ai claqué la porte en partant, je ne me suis pas changé. Je sais que j’attire l’attention avec ma tunique blanche, parce que ce n’est pas vraiment le genre de tenue qu’on porte dans la région mais surtout parce qu’elle rend reconnaissable à fond. Je la porte tout le temps à la Ligue alors forcément… Y a des regards qui se posent sur moi, des murmures, mais j’ignore. J’ai bien eu une nana qui m’a abordé avec sa pote malgré la présence de Samaël avec moi, mais j’ai été gentil, je crois. Elles voulaient juste un autographe alors je leur ai filé. Et puis basta. J’ai refocalisé mon attention sur mon téléphone, elles ont compris que je voulais la paix. Parfait. Je dois être facilement repérable en plus, vu que je suis posé en tailleur au pied d’une statue, sur une grande place que je ne connais pas. J’espère juste que je ne me suis pas gouré d’endroit. Sam est couché à coté de moi, faisant battre sa queue, un brin agacé. Je n’arrête pas de lui poker les cornes pour le fun, ça l’énerve. Et moi, ça m’amuse.

Je suis relou, comme dresseur.


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Illia Aethelhelm

Illia Aethelhelm
Coordinateur Unys

C-GEAR
Inscrit le : 01/07/2019
Messages : 214

Région : Unys
Ven 10 Jan - 11:32
La télévision tourne comme un fond-sonore répétitif. Les images défilent devant mes yeux, mais j’ai l’esprit trop ailleurs pour analyser ce que reçoit ma rétine. L’écran déblatère un ramassis de conneries depuis un certain temps, maintenant, et je me rends à peine compte que c’est parce que le programme est passé sur un émission de télé-réalité. Ca me fait me concentrer un peu, mais une fois que je réalise que la somme des QI de tous les participants doit difficilement être à deux chiffres, je laisse tout tomber à nouveau. Même pas la foi de changer de chaîne. Je sais cependant à peu près à quelle heure ça passe, à force de zoner ici, et ça me fait penser que Rose va bientôt rentrer du travail. Ou des cours, je sais plus. Comme elle est en alternance et que j’ai tendance à perdre la notion du temps, je m’emmêle. Je saurai quand elle rentrera, vu qu’elle me raconte toujours ses journées même quand je demande rien.
On s’est un peu engueulés hier soir alors ce matin quand elle s’est levée je l’ai ignorée. J’ai fait semblant de dormir. Elle m’a grillé, c’est sûr. Je dors dans le clic-clac qui est dans la pièce principale et, comme je veux pas la déranger dans sa routine parce qu’elle, elle bosse, je lui ai dit de jamais hésiter à allumer ou faire du bruit… Et elle a jamais hésité. Ca aurait pu me permettre de garder un rythme si j’avais pu réussir à m’endormir avant je ne sais quelle heure du matin toutes les nuits. Ca m’angoisse, j’aime pas dormir maintenant que j’ai plus Phil à serrer contre moi. J’ai peur de devenir comme ma mère, que si je l’ai plus dans mes bras quand je me réveille le matin, je me souviendrai plus de lui. Ou plus pareil. Moins bien. Ce qui serait déjà dramatique. Il dort toujours avec moi en tant que tutafeh, mais… C’est pas pareil. Je peux pas m’agripper à un spectre pour ne pas avoir la sensation de perdre pied quand je me sens mal.
J’avais trop peu dormi alors une fois que Rose est partie je me suis rendormi et réveillé qu’à midi. Depuis j’ai vaguement quitté le canapé pour manger un morceau, mais je me suis servi du prétexte de Phil qui lit sur moi pour devenir un repose-livre et rester allongé là. Rester inactif. En caleçon. Comme une grosse merde.

Rose avait totalement raison dans notre dispute d’hier soir. Je me suis pas mal énervé à cause de ça et j’ai fini par lui gueuler dessus. J’ai cru qu’elle allait me virer, mais non. Elle s’est enfermée dans sa chambre et j’ai même pas réussi à mettre assez de côté ma fierté mal placée pour amorcer des excuses.
Elle m’a reparlé du concours de coordination à Alola. Celui auquel j’ai participé et où j’ai gagné par je ne sais quel miracle. Elle m’a dit que ça avait été bien pour moi et qu’il fallait que j’essaye de participer à d’autres, j’ai refusé. Catégoriquement. Elle n’a pas compris, ou plutôt elle a trop bien compris alors j’ai rapidement haussé le ton. Puis elle m’a rappelé d’une manière un peu acerbe que je ne pouvais pas rester à squatter chez elle toute ma vie et que ce qu’elle acceptait chez elle, c’est un ami, pas un boulet. J’ai répondu que si elle voulait je pouvais me flinguer tout de suite comme ça elle serait débarrassée et elle s’est mise à pleurer. Je l’ai pris avec beaucoup de mépris et c’est après ça qu’elle s’est enfermée dans sa chambre.
Alors qu’elle a totalement raison.

Quand ils ont annoncé mon nom au haut-parleur dans la liste des gagnants et que j’ai dû retourner sur scène pour recevoir mon ruban, j’y ai pas cru. J’ai pensé à une blague, ou alors que Rose avait payé les organisateurs parce qu’elle en serait capable. Mais non, ils m’ont parlé de ce que j’avais présenté, comme quoi c’était un point de vue intéressant et bien trouvé pour une première prestation. Là, j’ai essayé de me convaincre que c’était Rose qui avait eu l’idée à ma place, mais j’ai eu beau me repasser les faits… Bah non. C’est peut-être même la seule chose que j’ai décidé tout seul, en me grattant la tête pendant des heures. A devoir convaincre mes pokémons, renouer un semblant de lien avec Améthyste pour la réalisation, faire des travaux manuels pour les décors… A foutre quelque chose de mes journées. Pour un but que je n’avais pas choisi, mais pour un but quand même.
C’était pénible mais grisant pendant le préparation, très stressant au moment de la réalisation, et après coup… Pouah ! Une fois que j’ai réussi à me faire à l’idée que j’avais gagné, je sais pas trop ce qu’il s’est passé en moi mais ça s’est passé. Je crois que je me suis senti fier de moi. Depuis quand je me suis pas sincèrement senti fier de moi-même ? Quand Phil était là, et que je le faisais sourire, et que je le rendais heureux. La niveau de fierté que m’a procuré la réussite au concours était bien loin de celle-ci, mais c’était quelque chose tout de même. Ca m’a animé, pour de vrai.
Et ça a apporté d’autres trucs aussi. Avec le ruban venait une certaine quantité d’argent qui m’a permit de payer un loyer complet à Rose et des grosses courses ; j’ai aussi enfin pu emmener ma moto au garage car elle en avait clairement besoin. Avec tout ça, mon compte bancaire est déjà presque à nouveau à sec, mais au moins j’ai pu faire quelque chose d’utile. Par moi-même.

C’est tout ça, que m’a rappelé hier soir après que j’ai dit non. Elle dit que c’est bien pour moi, et elle a totalement raison… Mais ça me fait flipper. Je veux pas avancer, je veux rester là. Stagner. Avec Phil. J’ai peur de ce qui peut se passer si j’essaye d’avancer dans la vie avec lui dans cet état. C’est un pokémon maintenant. Qu’est-ce que je peux construire avec un pokémon ?... Rien de ce qu’on voulait, ou alors pas grand chose. C’était une connerie de parler de construction ensemble de toute façon, il me l’a dit, j’ai rien écouté. Je le savais déjà beaucoup trop bien, c’est futile, tout ça, avec quelqu’un dont on sait depuis le début qu’il va mourir dans quelques années, mais j’ai encore une fois préféré le monde des rêves à la réalité. C’est de la merde, la réalité. Je suis bien mieux là, sur ce moment de fracture. Dans cet entre-deux qu’on m’accorde, avec Phil dans mes bras, même s’il n’est plus humain.

Je fais tourner le ruban que j’ai gagné entre mes doigts, essayant désespérément de chasser l’envie de recommencer sans jamais vraiment y parvenir. Le temps continue de passer alors je décide de bouger un peu. Histoire d’au-moins remettre le convertible en position canapé pour faire croire à Rose que je n’ai pas passé la journée à stagner. Faut que je me prépare, quand elle va rentrer ça va être tendu. Quoique la connaissant… Elle est capable de faire comme si rien ne s’était passé. A moi de voir si je saisi cette opportunité pour éviter la confrontation, comme d’habitude et comme un gros lâche, ou si pour une fois j’assume et je chercher à m’excuser quand même.
Je me plante devant la fenêtre de l’appartement. Par là j’ai vu sur l’entrée de la résidence donc je devrais la voir passer quand elle rentrera. Je pense que je vais décider de pas faire semblant, mais faut que je me prépare psychologiquement pour ça. A ne pas céder à la facilité face au grand sourire qu’elle risque de m’adresser en me disant que je me rattraperai plus tard. Phil vient se percher sur mon épaule et pour m’aider je lui explique ce que j’ai décidé de faire. Si je prends un engagement auprès de lui, forcément, ça me motivera encore plus à le faire parce que je me sentirai coincé. J’arrive même à sourire en lui disant, c’est bon signe !

Un cri de brouhabam énervé résonne dans la pièce. C’est mon portable qui m’annonce que j’ai reçu un sms. J’adore cette sonnerie parce qu’elle fait flipper tout le monde, même quand c’est pas la première fois qu’ils l’entendent. Là par contre… Je suis concentré, c’est pas le moment pour une pub. Parce que je reçois que des pubs, je me fais plus d’illusions sur ma vie sociale. Des pubs ou des messages de Rose… Si ça se trouve c’est elle. Alors vu le contexte, c’est super important que j’aille voir. Habituellement elle me bombarde à la moindre occasion et aujourd’hui rien du tout. Si c’est bien elle et pas une pizzeria de Volucité qui m’annonce une promo dont je me fous parce que je vis plus là-bas et que je dois garder ma thune pour des choses utiles, ça risque d’être un sms bien lourd.
Le stress monte beaucoup lorsque je m’empare du téléphone que j’ai laissé sur la table basse. Ma main tremble… A ouais, à ce point ! Putain Rose je compte tellement sur ta bonté naturelle et ta gentillesse… S’il te plait ne m’annonce pas que je suis viré de chez toi parce que je suis qu’un con même si je le mériterai pleinement.

Numéro inconnu.
Le stress retombe d’un coup et je suis limite un peu gavé que ce soit pas elle. Je m’apprête à balancer le téléphone sur le canapé parce que, forcément, c’est une pub, quand la prévisualisation des premiers mots s’affichent.

”Yo fanboy ! C’est Aram.”

Mon cerveau me sort par l’arrière du crâne dans une explosion métaphorique tandis que tous mes muscles se tendent histoire de pas laisser tous mes organes qui sont clairement en train de se liquéfier s’échapper par mon anus.

J’ouvre le message.


Yo fanboy ! C’est Aram. Kebab à Volucité ce soir, t’es partant ?16:32
©️️ TakeItEzy pour Master-Poké


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NN mé conar ta cru jété a ton servic ou ca se pase comen ???!!! Va te fer foutre va bien te fer FOUTRE ! G pa ke ca a fèr g pas atendu un sms de toi pr vivre ma vi je sui pri ce soir é tfason g pa envi de te voir. Pauvre naze !!! Va te fér enculé par un bourrinos ! Va chié !

Plus qu'à envoyer ! Blaireau !

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... ...
Fait chier.

GROS NAZE

Yo fanboy ! C’est Aram. Kebab à Volucité ce soir, t’es partant ?
16:32
Ouais aller. Ou et a quelle heure ?
Et m’appelle pas comme ca.
16h:50
©️️ TakeItEzy pour Master-Poké


Comme si j’allais l’envoyer chier ou refuser, n’importe quoi. J’aime pas du tout le ton qu’il a employé en me traitant de fanboy et en me proposant sa sortie comme si j’avais rien d’autre à foutre de ma vie, mais comme je viens de me monter la tête pour Rose comme quoi faut que j’assume et qu’il a raison, ça me pousse à répondre gentiment. Et c’est pas du tout parce que, dans le fond, à chaque fois que je recevais un sms j’espérais que ce soit enfin quelque chose de sa part. Forcément, quand on se retrouve à donner son numéro à un champion de Ligue, on espère toujours qu’on sera pas juste oblitéré de sa mémoire à tout jamais. Encore plus quand on est indéniablement fan de la personne. On veut toujours être ce fan spécial qui sera recontacté contrairement au reste de la plèbe. Encore plus quand, de base, on a été un des fans élu de qui l’idole a pris le numéro.
Et je déteste particulièrement être comme ça parce que c’est pas cool du tout et que j’ai l’impression d’être une pauvre collégienne, mais j’arrive pas à y faire grand chose. J’aurais dû lui mettre mon poing dans la tronche la dernière fois. Comme ça y aurait par eu d’espoir à avoir ou quoi que ce soit et comme j’aurais été persuadé qu’il me déteste profondément je me serai sûrement convaincu qu’en fait je l’aime pas, qu’il se bat comme une grosse buse, et ses pokémons c’est de la merde.

Ca m’emmerde que ça tombe aujourd’hui parce que je voulais ma réconcilier avec Rose, mais elle je la vois tous les jours. Et puis ça reste une bonne excuse pour faire le doduo. Par contre je ne lui ai pas parlé d’Aram, et il vaut mieux que je ne le fasse jamais, la connaissant. Ca effacerait notre dispute à coup sûr, mais ce serait vraiment trop chiant. Elle nous stalkerait pour choper la moindre occasion d’aller le harceler. Déjà quand on était petits, c’était comme ça. Quand elle se fixait sur quelque chose, c’était toujours de manière disproportionnée. Ca me faisait marrer et je l’accompagnais, mais maintenant que ça peut me concerner, c’est plus la même. Je sais de quoi elle est capable, je connais le prédateur, et je sais mieux que quiconque qu’il est hors de question de lui donner cette proie.

Phil vient regarder par dessus mon épaule une fois que je me suis re-posé dans le canapé pour qu’on s’organise avec Aram. Comme il sait lire, je n’ai pas besoin de lui expliquer.

- Tu veux venir ?

Il réfléchit pendant quelques instants avant de refuser. Ca me chagrine un peu, mais je me souviens qu’on avait rapidement découvert qu’il n’aime pas du tout ce type de viande. Il ne serait pas question pour lui d’en manger puisque ce n’est pas comme s’il pouvait, mais je comprends quand même. Il s’empare de mon téléphone pour me taper qu’en plus il ne voudrait pas me déranger pendant que je me fais un pote.
Je reste en suspens pendant de longues secondes après avoir lu ça. Phil est tout sourire, ses yeux de tutafeh forment un arc de cercle content. Les miens doivent exprimer à peu près la même que ceux d’un taupiqueur à qui on dit “vas-y, vole”. Il se marre et continue d’écrire.

- Tu t’es bien amusé la dernière fois, non ?
- Et alors ? T’as vu comment il m’aborde ? Je suis pas son clebs ! C’est un con ce type !, Phil me juge très fort du regard. ... Ok il m’a pas vraiment mal parlé, mais c’est un con quand même !, il agite le téléphone pour me faire relire ce qu’il a écrit. Ouais bon j’avoue, ça te va ?

Il a l’air satisfait.
Mais ce mec, Aram, devenir mon pote… Ah ah ah non. Ca clash trop dans ma tête. Déjà c’est un gros relou en vrai, qui voudrait de ça dans ses potes ? En plus, on ne peut pas être fan et ami en même temps je crois. Quoique j’admire beaucoup Rose, mais elle c’est pas pareil. Je veux pas être pote avec Aram. Non non. Pas moyen.
En reposant les yeux sur mon téléphone je vois que Phil m’a demandé pourquoi j’allais manger un kebab avec lui alors comme s’il lisait dans mes pensées. Du coup je m’apprête à faire preuve d’énormément de mauvaise foi, comme je sais si bien le faire, mais là je reçois l’heure du rendez-vous. Et c’est un petit peu le moment de paniquer parce que c’est dans moins de deux heures et que je suis encore en caleçon sur le canapé alors que je dois aller jusqu’à Volucité et qu’à cette heure là, une fois en ville, ça va être la galère. Donc faut bien compter presque une heure de trajet.
Faut que je me bouge !




Le point de rendez-vous n’est pas très loin de chez mes parents. Ca me gave un peu d’être si proche de leur appartement, mais pour pas payer le parking je vais garer ma moto dans le parking de la résidence. Déjà que vu mon budget il est totalement raisonnable de sortir, on va pas en rajouter une couche avec un stationnement hors de prix. Je la met au fond, là où mon père risque pas de la voir, comme ça il se fera pas de faux espoirs.

Avant de partir, j’ai envoyé un message à Rose pour lui dire que je rentrerai tard et que je vais voir quelqu’un. J’ai rien précisé, mais je me dis qu’elle se sentira toujours plus rassurée de savoir que je suis pas tout seul. Ca, et aussi le fait que j’ai laissé Phil à l’appartement, elle sait que je disparaitrai jamais sans lui. Dans le sms, je lui ai aussi dit que je voulais m’excuser correctement plus tard, histoire qu’elle ne reste pas énervée si elle l’est toujours. Mon but n’est pas de lui faire passer une soirée de merde. J’espère que ça marchera, surtout que c’était tapé en m’habillant parce que j’ai mis beaucoup trop de temps à me décider sur mes fringues. Au final j’ai opté pour des trucs simples, aussi connus comme les premiers trucs dans le placard parce que j’ai plus le temps : un t-shirt gris foncé et un jogging noir. Ca ira bien.
Rubis marche à côté de moi et c’est le seul. Je suis pas d’humeur à avoir un autre pokémon avec moi. Le stress est en train de monter, petit à petit, sans que j’arrive à le contrôler. Mais dégage stress putain ! J’ai pas envie de stresser ! Ca me donne l’impression d’être complètement ridicule, et plus j’y pense, plus je me rends compte que je suis sur le point d’aller bouffer au calme avec un célébrité, et plus ça me fait stresser. La dernière fois c’était soudain de le voir, complètement inattendu, j’avais pas du tout eu le temps de m’en faire une montagne. Là, si. Et je crois que j’aurais préféré le croiser par hasard et lui refaire ma tête de tueur.

J’arrive sur la place où on s’est donné rendez-vous. Il est pas difficile à repérer : fringué en blanc au pied de la statue centrale. Il a aucun sens de la discrétion ou quoi ? Il croit que je suis venu me taper l’affiche en le rejoignant ? Même pas le temps de considérer l’idée de repartir que Rubis a déjà décidé à ma place. En bon fanboy qui s’assume, il se met à marcher vite en direction d’Aram et, une fois qu’il est arrivé, il lui tend la patte pour lui dire bonjour. Bon. Plus le choix.

Je m’avance aussi et j’essaye d’oublier tous mes ressenti histoire d’afficher une tête à peu près neutre que complètement crispé. Mais à mesure que j’avance, je sens que mon visage se déforme progressivement en un sourire. Mais merde non ! Je suis pas un fanboy. Je suis pas un fanboy. Je suis pas un fanboy. Je suis pas un fanboy !

- Salut !, eeet j’ai un vieux sourire de meeeeeerde. T’attends depuis longtemps ?

Je lui tend la main. De loin, je salue aussi d’un geste le démolosse qui l’accompagne, toujours aussi classe. C’est vraiment un beau pokémon, et il fait ressurgir mon envie d’adopter un malosse une fois que j’aurais assez d’argent et de place pour m’en occuper. Quand j’aurai fini d’être un parasite chez Rose… Quand j’aurai fini de stagner. Si ça arrive un jour.
Rubis est beaucoup moins précautionneux que moi face à Samaël en s’approchant plus de lui. Il n’ose pas encore s’asseoir juste à côté, mais son langage corporel exprime clairement qu’il aimerait trop devenir pote avec lui. Je repense à la conversation que j’ai eu avec Phil et ça me donne un peu envie de rire jaune contre moi-même.

Ca fait longtemps que j’ai pas eu de rencontre… Amicale ? Enfin de rencontre comme ça, alors je sais pas trop quoi dire une fois les salutations passées. Mais je peux pas juste partir en direction de l’endroit où on va manger comme un robot… Alors je pose la première question qui me vient à l’esprit en essayant de faire genre je suis à peu près à l’aise :

- Qu’est-ce que tu fous à Volucité ?

C’est vraiment trop bizarre de le revoir. En vrai je veux dire, et de près. Parce que je l’ai vu plein de fois à travers l’écran de télévision depuis la dernière fois et, clairement, c’est pas pareil. Rien à voir. Etrangement, ça le rend beaucoup plus humain… Et ça me détend. Je crois.


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Aram Faathi

Aram Faathi
Ligue 4

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Sam 11 Jan - 13:28
Elle m’a bien monté la tête, cette connasse d'Alice. Je dois dire que je ne m’attendais pas à sortir de mes gongs de cette façon et maintenant je suis au calme, je me demande si je n’ai pas un peu sur-réagi. Si Malik était là, il me rabâcherait qu’elle ne faisait que son boulot et que j’ai été trop dur avec elle. Mais bon. Ça me saoule quand même, d’être pris pour un putain de robot. De base, je suis quelqu’un qui dort énormément. Pourtant, ça doit faire un mois que je n’ai pas dormi plus de sept heures par nuit -et parfois beaucoup moins d’ailleurs-. Alors oui je sais, c’est assez pour un adulte et blah blah blah. Mais je m’en fous, en fait. Moi, mon métabolisme et mon cerveau fonctionnent parfaitement après neuf heures de sommeil. Et pas moins. C’est la base. Et puis, quand je me lève tôt, j’ai la tête dans le cul, je n’arrive pas à réfléchir et ne me parlez même pas de sauter le petit déjeuner. Faut que je mange, moi. J’ai toujours la dalle au réveil. Et là, ça fait trop longtemps qu’elle me prive de ce qui m’est vital.

Ok. Y a un peu beaucoup de mauvaise foi, là-dedans. A croire que je me cherche des excuses pour justifier mon comportement. Je ne parviens pas à savoir si j’ai raison de réagir de la sorte ou si je fais un caprice de diva. J’aimerai demander l’avis de mes frères mais… ça ne sert à rien. Ils sont au Refuge donc ils n’ont pas masse de réseau. C’est la galère là-bas, pour avoir ne serait-ce qu’une barre. Et ils sont sans doute bien trop occupés pour écouter mes jérémiades. Je suis à la Ligue, bordel. Je devrais avoir qu’à fermer ma gueule et me plier aux règles comme un bon Caninos, même si ça impose de me fatiguer jusqu’à la mort -j’exagère à peine ! …-. Je sens venir les « y a pire comme boulot » « ce n’est pas le job le plus physique non ! Deviens maçon et on verra si tu l’ouvres encore ! » … Ce n’est pas Izy et Malik qui me parleraient ainsi, cela dit. Mais je suis persuadé qu’il y a des gens qui pensent comme ça. Parce qu’il y a toujours pire, au fond, et toujours des gens chiants pour te le rappeler sans cesse. T’as pas de thune pour payer ta bouffe ? Y a des gens qui meurent de faim dans le monde, alors ferme ta bouche, tu peux tenir une journée sans grailler. T’aimes pas les légumes ? Ya des gens qui vivent dans la rue qui tueraient pour avoir ton assiette ! Tu ne te rends même pas compte de la chance que t’as !

Je pars loin, dans mes réflexions. Le pire, dans l’histoire, c’est que j’ai tendance à être un peu pareil… Sur l’eau. Enfin. Je ne supporte pas le gaspillage de l’eau, pour être plus précis. Ce n’est pas vraiment surprenant, étant donné que j’ai grandit dans le désert. C’était un peu l’élément vital si on voulait survivre, en vue de la chaleur étouffante qui y régnait. Ça avait même plus de valeur que les pokedollars que je me fais. Je suis bizarre si les conditions de vie du désert et son soleil me manquent ? Sérieusement. Johto, c’est joli, mais on se les pèle sévère. Et là, à Volucité, je n’ai pas l’impression que les températures soient plus élevées. Heureusement que ma tunique est là pour me réchauffer un peu, même si elle attire drôlement l’attention. Je donnerais tout, à cet instant, pour prendre l’avion et rentrer chez moi.

Ça me saoule.

Mais je dois avoir une conscience professionnelle, quelque part. Ou alors je flippe trop à l’idée de me faire virer quelques mois après ma nomination, je ne sais pas trop. En tous les cas, je reste à Unys. Mais comme je n’aime pas spécialement être seul, parce que je ne me suis pas encore totalement fait à ma nouvelle vie, je pense à la proximité avec Méanville Et hop, je contacte Illia. Je me dis que ce n’est pas grave, s’il refuse. Je comprends bien que je débarque au dernier moment, qu’il est sans doute déjà pris pour la soirée et que je suis le connard qui l’a fait languir pendant un mois. Un peu plus et voilà que je me mets à culpabiliser parce que je n’ai pas eu le temps de le contacter avant… Ah mais fuck ! Pourquoi ça aurait de l’importance, au juste ? Et je me sens débile quand j’attends bêtement devant mon téléphone qu’il réponde. S’il me fout un vent, je me rends à Méanville pour lui péter les genoux. Ça pourrait être amusant… Pour moi seulement. Putain, je sais plus ce que je pense, en vrai. Je pars en vrille, je me monte la tête pour des conneries. Ça n’a pas d’importance mais j’ai vraiment envie qu’il réponde par la positive. On s’est vu qu’une fois, pourtant. Je garde toutefois un bon souvenir de cette aprèm, parce que je me suis bien détendu tout du long. Il n’y avait pas ce malaise qui existe entre les gens et moi, depuis que je suis devenu Maître. Bon ok je me suis un peu fait défoncer le bide et j’ai douillé durant les jours qui ont suivis, mais c’était fun comme après-midi. J’ai envie d’une soirée de cet acabit. Enfin, sans les loubards. Je n’ai pas spécialement envie de me battre. Je ne sais pas trop ce que je veux, en fait. A part bouffer.

J’essaye de pas m’agacer bêtement, parce qu’il met du temps à répondre. Du temps, c’est relatif. Ça fait genre cinq minutes que je lui ai écrit, faudrait peut-être que je me calme, je suis en mode looser là. Pourquoi je réagis comme ça, d’ailleurs ? Je sais que je suis particulièrement impatient, mais j’essaye de me convaincre que peu importe s’il est dispo ou pas, ça ne changera rien. Pourquoi je fais ça ? Sérieusement ? Parce que je m’en rends compte que c’est complètement absurde, si je veux être honnête avec moi-même. Je dois être vraiment plus fatigué que je ne le pensais, pour être irritable à ce point. Sam me poke les doigts avec son museau, je l’ignore. Il n’aime pas, il me mord un peu. Je l’engueule, mais pas assez puisqu’il me défie du regard. … Mouais ok, j’abuse. Je laisse échapper un soupir, avant de caresser le sommet de son crâne. Il a raison, comme toujours. Mon portable émet une légère sonnerie.

Ah ben ce n’est pas trop tôt ! Mauvaise foi, j’ai dit.


Fanboy Number One
Yo fanboy ! C’est Aram. Kebab à Volucité ce soir, t’es partant ?16:32

Ouais aller. Ou et à quelle heure ?
Et m’appelle pas comme ca.
16:50
©️️ TakeItEzy pour Master-Poké

J’ai un sourire idiot qui danse sur ma face. Il a mis combien de temps pour écrire ce message, au juste ? Je suis quasi-certain qu’il s’y est repris à plusieurs fois. Je me demande ce que ça donnait, le premier jet qu’il a tapé sur son phone. Je me demande aussi quelle tête il a tiré en découvrant le message… Si son Tutafeh a pris une photo de lui à ce moment-là, je veux trop la voir. Mais j’imagine que c’est trop en demander. Le ton détaché qu’il essaye de se donner me fait pouffer de rire, bêtement. Il fait genre ça ne lui fait rien, je suis juste un pote parmi un autre et bah, je ne suis pas hyper hypé mais si tu veux quoi. Ça m’éclate un peu trop. Je suis déjà loin de l’état d’angoisse de tout à l’heure et d’ailleurs, je chasse clairement cet état de mon esprit. Ce n’est jamais arrivé, jamais je n’admettrai que j’ai attendu comme un con stressé qu’il réponde. Jamais. Et comme en plus je n’ai pas envie de passer pour le gars qui attendais justement une réponse avec impatience, j’attends un peu avant de fixer l’horaire et le lieu. Ça me permet aussi de me localiser et de trouver un kebab… Histoire de pas faire le touriste. Même si clairement, c’est ce que je suis, pour le coup.

Fanboy Number One
Ouais aller. Ou et à quelle heure ?
Et m’appelle pas comme ca.
16:50

18h30-19h ? J'ai déjà les crocs. La place avec la grande statue, y a un restau pas loin.
A+... Fanboy ironic 16:59
©️️ TakeItEzy pour Master-Poké

Je suis obligé. Il me dit de pas l’appeler comme ça alors… Je me sens obligé de le faire, comme un enfant quand il est face à une interdiction. Ça doit être un trait de caractère que je n’ai pas perdu, en grandissant. C’est plus fort que moi, faut que je le troll un peu. Je vais peut-être le regretter après, mais ce n’est pas grave. Pour l’heure, ça me fait marrer. Et j’ai retrouvé la patate, en plus. J’adresse un sourire à Samaël qui préfère largement me voir comme ça et je me mets à faire du shopping, pour attendre jusqu’à l’heure de rendez-vous. J’oublie que j’ai eu un instant de faiblesse absurde. Ce que j’oublie surtout, c’est de me poser les bonnes questions. Parce que c’est débile et que ça n’a pas de sens. Comme plein de choses me concernant.

J’aurais pu jouer un peu plus la carte de la discrétion, j’avoue. J’aurai pu m’acheter des fringues pour passer incognito. Mais bon… Me promener avec une casquette et des fringues chelous, très peu pour moi. Je le fais déjà quand je sors avec les frangins pour pas leur attirer des ennuis -ou parce que je ne veux pas les gêner, quand les gens me reconnaissent dans la rue- alors je si je le fais à chaque fois… Ça va être chiant. Puis de toute façon, une fois qu’Illia sera là, je ne crois pas trop que les gens vont oser nous approcher. Au pire, il fera son regard de la mort qui tue et c’est bon, les groupies seront dégagées ! Ça me fait beaucoup trop rire d’imaginer la scène. Plus l’heure avance, plus je me sens excité comme une puce. C’est crétin, mais je dois dire que ce n’est pas que l’arrivée du coordinateur qui me motive. C’est bientôt l’heure de manger. J’ai trop faim. J’ai trop hâte de manger à m’exploser la panse et de voir sa gueule déconfite en découvrant tout ce que je peux avaler sans prendre un pète de gras. Les gens sont toujours surpris, quand ils voient mon gabarit, de constater tout ce que je mange. Et ça fout généralement les nerfs. Et ça m’amuse. C’est trop bien.

Un vrai gosse, je vous dis.

J’embête Samaël en attendant, maintenant que je suis au point de rendez-vous, qui me grogne un peu dessus, saoulé que je joue avec ces cornes. Il aurait peut-être envie, au fond, de me rendre un coup pour me calmer. Mais il n’a jamais volontairement voulu me faire du mal, ce n’est pas pour commencer aujourd’hui. J’ai toujours été un chieur, ce n’est pas une nouveauté pour lui. Alors il subit, mais il ne manque pas de me montrer son agacement. Au cas où soudainement, ça me donnerait envie d’arrêter, par compassion. C’est foiré. Je suis trop guilleret, pour pas grand-chose en plus. C’est n’importe quoi. Vraiment, ça doit être la faute à la fatigue, je vois que ça. Je me rends à peine compte que si je me focalise sur Sam, c’est parce que je ne veux pas passer toutes les cinq secondes à regarder autour de moi, pour savoir s’ils sont arrivés. J’imagine qu’il va débarquer avec ses pokemon, de toute façon ?

Et ça me sauve un peu la mise, parce que quand je me redresse légèrement parce que j’ai un peu mal au dos à force de mal me tenir, je vois Rubis qui me tend la patte. J’ai instinctivement un sourire ravi, que ce soit dès lors que je le reconnais, ou que je reconnais Illia. On va dire que c’est parce que le comportement du Reptincel m’amuse, uniquement. Je le salue à sa façon, donc, en faisant un petit check des familles qui m’éclate. Je laisse échapper un rire, avant de me relever pour de bon pour faire bonne figure. Mon regard se porte sur Illia qui me salut à son tour, armé d’un sourire presque charmant. Je… Ok. J’ai déjà un sourire aux lèvres de toute façon, alors ce n’est pas grave, la réaction que j’ai. Ça ne change rien à mon comportement et c’est invisible. Qu’est-ce qui est invisible ?

… Vos gueules.

« Non t’inquiètes, j’ai eu le temps de m’occuper de mes autres fans avant que t’arrives. »

Et j’en rajoute, en plus. Je ne sais pas ce que j’ai, mais je suis d’une humeur très taquine, pour le coup. Comme il me présente sa main, je la lui serre parce que c’est plus poli, mais un peu bizarre alors que je commence déjà les hostilités. Rubis s’approche de Sam qui s’est lui aussi levé, ne manquant pas de me donner un coup avec sa queue. Il retient l’emmerdement que je lui ai fait subir et je laisse échapper un petit rire moqueur. Mon Démolosse regarde ensuite le Reptincel, laissant échapper un léger grognement. Il n’y a pas d’agressivité, dans ce son, c’est simplement sa façon à lui de saluer. Un peu agressive, j’en conviens. Mais bon, quand on connait la bête, ça n’étonne plus vraiment. Je les regarde distraitement avant que le coordinateur me pose une question, me faisant partir dans une légère réflexion. Pourquoi je suis là ? J’sais plus, moi. Ce n’est pas moi qui gère mon emploi du temps.

«… Une inauguration, je crois. Ça n’a pas d’importance de toute façon, je me suis fritté avec mon agente alors je n’y suis même pas allé. Ça lui fera les pieds. » Je suis toujours de mauvaise foi, toujours aussi agacé et énervé contre elle. Ça doit se capter, je pense. Mais je n’ai clairement pas envie de me défouler devant Illia, parce que je ne veux pas qu’il pense que je suis juste un gros bébé qui se plaint tout le temps. Mon emploi du temps de merde à la Ligue, c’est mon problème, pas le sien. Puis s’il fait parti de ces gens qui pensent que je n’ai pas le droit de me plaindre avec le boulot que j’ai, ça va m’énerver encore plus. « D’ailleurs, désolé d’avoir prévenu si tard, pour ce soir. Ma soirée s’est libérée au dernier moment. » Je sais pourtant que ça ne se fait pas. Mais je ne sais pas comment lui il l’a vécu, ce sms sauvage. Ça me semble quand même important, que je fasse mes excuses. Cas où.

« Du coup… Quoi de neuf, depuis la dernière fois ? A part ton nouveau ruban ? »

Ouais, je lui balance ça comme ça, au détour de la conversation et avec un putain de sourire moqueur sur les lèvres. Je ne devrais pas, surtout que je n’ai strictement rien contre les coordinateurs. J’ai juste vraiment envie de le taquiner.

Je suis vraiment trop content pour rien, putain. C’en est ridicule.


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Illia Aethelhelm

Illia Aethelhelm
Coordinateur Unys

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Région : Unys
Dim 12 Jan - 8:16
Dans le sms de réponse j'ai fait genre j'étais détaché et que j'en avais rien à foutre. C'est un mensonge, mais c'est déjà plus judicieux que de lui envoyer la première version où je l'insultais ses grands morts. En plus j'en pensais rien, ou alors pas grand-chose. C'était sous l'effet du choc et parce que ça m'a complètement détruit toute la concentration que j'étais en train de me faire pour m'excuser auprès de Rose. Quand j'y pense, si j'avais voulu faire la chose correcte j'aurais dû refuser l'invitation et rester avec elle, mais je crois qu'avec les années j'ai déjà prouvé que j'étais un très mauvais meilleur ami. Surtout maintenant. Encore avant elle savait qu'elle pouvait m'appeler au secours n'importe quand, mais maintenant je ne sais pas si elle me ferait encore confiance pour quoi que ce soit à ce niveau. Parce que ça fait environ trois mois que je squatte chez elle et qu'elle ne m'a rien redemandé alors qu'avant c'était quasiment une fois par semaine grand minimum. Peut-être que c'est elle qui a changé aussi. Ca me fait un peu mal de me le dire parce que je me rends compte que j'aimais bien que Rose ait besoin de moi, mais je ne peux pas lui en vouloir de ne plus le faire vu comme je l'ai rejetée et laissée tomber il y a quelques années. M'accueillir alors que je suis qu'une loque ça doit déjà beaucoup lui couter. J'imagine qu'elle aussi s'accroche à nos souvenirs d'avant, peut-être que c'est tout ce qu'elle a pour me supporter d'ailleurs.

A force de penser à ça pendant le trajet, je me sens un peu trop mal lorsque j'atteins Volucité, alors que ce n'est pas le but. J'essaye alors de me concentrer sur ce qu'il va se passer et ça me donne de l'enthousiasme. J'aurais préféré que Rose réponde à mon sms avant pour que je sois rassuré, mais tant pis.
Une fois que j'arrive au parc dans lequel m'attend Aram, je n'ai pas trop de difficultés à le repérer. Ce qui va être dur par contre c'est de garder une attitude que je considère correcte. C’est-à-dire qui n'est pas complètement hostile à cause du stress, mais qui ne laisse pas ce côté fanboy que je n'assume pas du tout face à lui ressortir. Manquerait plus que je lui donne ce plaisir ! Il se foutrait de ma gueule pendant toute la soirée et ce serait insupportable, je finirais par lui mettre mon poing dans le nez et ce serait la fin de tout espoir de relation cordiale. Je m'en voudrais beaucoup trop alors que j'ai quand même le sentiment d'être privilégié. Et puis plus ça tourne dans ma tête, plus j'accepte ce que m'a dit Phil. Clairement, je ne voudrais pas m'auto-donner de faux espoirs, mais c'est la première fois depuis des années que je suis dans une situation où il est peut-être possible d'entrevoir l'idée de créer une relation amicale avec quelqu'un. Et même si pas amicale parce que le mot est peut-être un peu fort, au moins… "poticale" ? Je sois pas sûre que ce soit un mot, mais comme j'ai conscience que mon vocabulaire est limité de toute façon on va considérer que c'est juste un mot que je ne connais pas.

Bref, c'est avec un sourire peu contrôlé que j'aurais voulu moins grand que je rejoins Aram et que je le salue. Ca me soule intérieurement, mais je mets rapidement ce sentiment de côté en me rappelant la tronche que je devais tirer la dernière fois : cette fois c'est beaucoup mieux en fait ! L'autre coup le champion a eu la gentillesse de passer outre grâce à nos pokémons, mais si j'avais recommencé je suis pas sûr qu'il aurait été aussi sympa. Vu le contexte, il y aurait eu de quoi très mal le prendre cette fois.

Quand je lui demande si ça fait longtemps qu'il attend, il répond avec une phrase que je prends comme une vanne, ce qui me fait penser qu'il n'a pas attendu ou alors pas assez longtemps pour considérer que je suis en retard. Je laisse échapper un "pfeuh" alors qu'il me sert la main et je lui sors :

- Quels fans ? T'avais l'air bien seul au monde sur cette grande place.

Evidemment, je me doute bien qu'il parle de gens qui sont passés avant, mais de une je n'ai pas envie d'accepter sa remarque sans rien dire parce que ce serait admettre que je fais partie de cette catégorie de personnes, et de deux il est hors de question que je me laisse faire. Je suis pas là pour lui servir d'amusement et s'il commence comme ça c'est qu'il a sûrement prévu de m'emmerder. Je m'y attendais, parce que de ce que j'ai pu voir c'est plutôt dans le caractère que je lui ai deviné, mais aujourd'hui je veux prouver que je suis capable de répondre par autre chose que de la colère… On va voir combien de temps j'y arrive.
Je serre sa main un peu trop fort, pour lui donner un autre signe comme quoi je suis pas là pour me laisser faire.
Rubis se prend un grognement de la part du démolosse suite à ses salutations un peu trop chaleureuses, mais je n'ai pas l'impression qu'il y ait trop d'hostilité dans ce grognement donc je m'inquiète pas pour mon reptincel. Il s'écarte un peu suite à ça, mais pas trop pour ne pas montrer au canidé qu'il n'est pas complètement tranquille en sa présence.

Aram me dit qu'il est là car il était censé assister à une inauguration mais qu'il a laissé tomber la cérémonie. Je suis jamais allé à ce genre d'évènement, mais c'est clairement le genre de terme qui laisse deviner un moment particulièrement long et ennuyeux qui fait se dire très fort qu'il y a des milliers d'autres endroits dans le monde où on préférerait être. Il s'excuse ensuite de m'avoir contacté au dernier moment et ça me fait doucement rire. J'ai envie de lui répondre que quand ça fait un mois qu'on attend on est plus à une soirée d'urgence près, mais ça restera au stade d'envie. Ca lui donnerait l'impression que j'ai passé tout ce temps glué à mon téléphone à désespérément attendre un sms de sa part alors que c'est faux, c'était seulement les premiers jours. Mais comme je ne veux pas non plus qu'il pense que je me suis énormément emmerdé pour me libérer au dernier moment ou alors que ça m'a trop soulé qu'il propose tard.

- T'inquiète, j'aurais aussi pris la fuite au dernier moment si le mot "inauguration" était apparu dans mon emploi du temps… Et j'avais rien de prévu de toute façon, c'est un peu un mensonge, mais pas trop car je peux toujours me réconcilier avec Rose plus tard.

Comme ça fait quelques mois que je ne suis pas revenu à Volucité, je regarde un peu la place pour me remettre les repères principaux en tête. Je me souviens des commerces et fast-food aux alentours car c'était proche de chez moi, mais j'ai aussi conscience qu'en trois mois ça a eu le temps d'évoluer. C'est une ville où la plupart des commerçants vont et viennent et où énormément n'arrivent pas à passer la première année car ils n'arrivent pas à fidéliser la clientèle qui a trop de possibilités pour se fixer à un seul endroit. Je me demande auquel on va aller… Et ce que je vais bouffer, quand le mot "ruban" atteint mes oreilles.
Il m'a vu.
J'ai appris après coup que les concours de coordination catégorie 1 étaient retransmis à la télévision aussi, sur les grandes chaînes, comme les autres prestations. Comme je m'y étais jamais intéressé j'aurai jamais pensé que c'était le cas avant que Rose décide de regarder ma prestation sur un programme que je ne connaissais pas. Ma plus grande préoccupation à ce moment c'était de savoir si, peut-être, mon père m'avait vu, ou d'autres gens qui pouvaient me reconnaître, et ça m'a un peu donné envie de mourir. J'assumais pas du tout, même si j'étais fier de ma victoire, et je me rends compte, là, à cet instant, que j'assume toujours pas. Sûrement parce que Aram tire une tête de petit con en plus. Et je sais que je tire une sale tête, par réflexe, qui va le conforter dans ses probables intentions de moqueries de merde. J'ai envie de répondre de manière intelligente, de le couper dans son élan !

- Oh bah pas grand-chose. La routine. Y se passe pas grand-chose.

Et toc, avec un sourire pour lui montrer que ça me coule dessus ! Mon ton est peut-être pas hyper convaincant, mais je pense avoir bien réussi à couper court à la question de la coordination. Je voulais même pas être coordinateur en plus ! C'est Rose qui m'a forcé sous prétexte que ça m'irait bien parce que quand on était petit j'aimais bien dessiner. N'importe quoi… Même si au final ça m'a plu. Ca reste n'importe quoi.
Là, je me rends compte que j'espère que Aram va pas me demander ce que c'est la routine, parce que je sais pas si je saurai quoi inventer. Si je lui dit la vérité, que je suis qu'un squatteur de canapé qui branle rien si je suis pas contraint et forcé, je comprendrai qu'il ait subitement plus du tout envie de passer du temps avec un parasite comme moi. Parce que c'est ce que je suis : un parasite. Mais j'essaye de ne pas y penser maintenant, j'ai décidé de passer une bonne soirée et si je pars comme ça, je n'arriverai pas à tenir des répliques intelligentes bien longtemps.

Une question me vient, d'un coup. Et je me demande comment j'ai réussi à oublier. J'hésite à la poser parce qu'il m'a eu l'air d'être le genre à pas aimer qu'on lui parle de ça, mais comme je m'en suis inquiété pendant quelques temps avant de le revoir en direct en forme à la télévision…

- Ca s'est bien soigné ton ventre ?

Je crois que je suis un peu inquiet à l'idée que ça lui ait laissé une cicatrice. C'est pas le genre de trace de première rencontre que j'ai envie de laisser, du moins pas avec lui. Un connard, pourquoi pas, ça me ferait même marrer. Je m'arrangerai sûrement pour lui graver à tous jamais un truc genre une bite sur la peau, ce serait énorme. Mais pas Aram.

En regardant autour de moi je vois qu'il y a des gens qui tournent la tête vers nous. Je les connais pas, alors ça doit être des gens qui reconnaissent Aram. J'avoue que j'ai pas spécialement envie de jouer au poteau à côté s'il se fait aborder par d'autres personnes en attendant que ça passe. Ca va m'énerver et soit je vais me casser tout seul, soit je vais le traîner par le bras pour qu'on se bouge parce que je veux pas faire une croix sur la soirée pour laquelle je me suis déplacé et ais déjà payé l'autoroute qui relie Méanville et Volucité. C'est assez cher comme ça, hors de question que ce soit perdu pour rien ! Surtout vu l'état de mon compte bancaire.

- On bouge ? Je sens que tu vas pas tarder à te faire emmerder sinon, je lance mon pire regard mauvais à deux personnes qui sont en train de pointer leurs doigts en direction d'Aram genre "oh my god t'as vu qui c'est qu'est là ?!!" pour essayer de les dissuader si jamais ils comptaient approcher. C'est où que tu veux aller ?

J'espère qu'il se sera pas laissé avoir par certaines vitrines qui vendent des trucs bien, mais une fois dans l'assiette ça ressemble à un caninos écrasé trois fois par un semi-remorque. Un coup on avait fini dans un truc comme ça avec Rose, j'avais tellement pété un plomb parce qu'en plus c'était plus cher que la norme… Elle a dû appeler mon père pour régler la situation parce que le patron était d'une telle mauvaise foi que j'étais prêt à lui détruire tout son commerce s'il le fallait. Quand on m'a arrêté, j'étais sur le point d'ordonner à Rubis d'y foutre le feu.
J'étais plutôt instable, à l'époque.


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Aram Faathi

Aram Faathi
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Dim 12 Jan - 12:30
J’aurais dû penser à l’inviter plus tôt. Si j’avais su dans quel état euphorique ça m’aurait mis, je l’aurais fait bien avant, même si je devrais me poser la question du pourquoi ça me met dans cette condition. C’est un peu du boulot non, de prendre du temps pour faire connaissance avec un fan -j’aime beaucoup trop le nommer comme ça bordel- ? C’est une bonne excuse, je trouve. Faudrait que j’essaye de vendre ce point de vue à Alice, même si je doute sincèrement que ça fonctionne. Elle a tellement la tête dans le guidon que je peux dire ce que je veux, elle ne m’écoute pas. Je pourrais lui raconter que je me suis retrouvé dans un bukkake, elle ne réagirait même pas je suis sûr… Putain, ça me donne envie d’essayer pour voir, quitte à perdre en crédibilité. Je n’ai pas l’impression qu’elle ait une haute estime de moi de toute façon. Bon au moins, elle n’essaye pas vainement de me draguer, c’est déjà bien, parce que c’est peine perdue. Je sens déjà qu’elle va me prendre la tête demain. Je n’ai pas l’intention de la contacter, ni de m’excuser. Si ça se trouve, elle m’a déjà dénoncé au Conseil. Si c’est le cas… C’est vraiment une connasse.

Je ne mets pas longtemps à chasser mon agente de mon esprit, cela dit. Le comportement de Rubis et celui d’Illia viennent à couvrir toutes ses mauvaises pensées qui me pourrissent le moral. J’ai envie de passer une bonne soirée, et forcément, je me sens obligé de le vanner à peine arriver. Ça annonce la couleur de mon caractère pour la soirée : taquin. S’il ne s’était pas rendu compte qu’en vrai, je suis un petit con, ça doit être chose faite désormais. Et je n’ai aucun problème avec ça. Avec lui, pas besoin de jouer sur le paraître ; je peux être celui que je suis vraiment. Je ne l’ai pas vraiment réalisé jusqu’à maintenant, mais j’ai pas mal changé de comportement depuis que j’ai intégré à la Ligue. J’essaye d’entrer dans le moule parce que je suis persuadé que le vrai moi se retrouvait avec un coup de pied au cul si je disais à voix haute ce que je retiens aux journalistes… ça me pèse plus que je l’aurais pensé. Je ne veux pas y songer néanmoins, trop content de pouvoir parler avec le franc-parler qui est le mien.

Et il me vanne en retour. Je sais que je ne suis pas sensé bien le prendre, mais c’est plus fort que moi. Je souris encore plus, y ajoutant malgré moi mon regard arrogant. Je sens que j’aurais d’autres occasions de lui rendre la pareille. Du coup, je ne rajoute rien pour le moment, parce que c’est plus fair. Et parce que je ne veux pas qu’il se rende compte que j’ai zéro réparti. Ça m’énerve tellement. Le seul truc que je sais faire, c’est insulter… Et sa réponse est faite en finesse, ce serait admettre qu’il me bat sur cette base. Il en est hors de question. On va dire qu’on est à égalité, même si carrément pas, en fait. Je préfère néanmoins me concentrer sur cette mauvaise foi qui m’anime et sur cette poignée de main. Il veut jouer au plus fort ? Mon sourire se fait plus carnassier alors que je réponds à sa poigne. On commence bien les hostilités, eh.

Ça ne devrait pas me rendre aussi joyeux, pourtant.


Sam n’est pas dans sa meilleure humeur, c’est surtout pour ça qu’il se montre un brin agressif. Mais c’est aussi parce qu’il a un sale caractère… Comme son maitre. J’entend la voix d’Izy résonner dans ma tête. Beh. C’est vrai que si on regarde bien, on se ressemble un peu avec mon Démolosse. Mais je suis plus docile que lui ! Ce n’est pas vraiment un compliment, cela dit. Pas du tout, en réalité. Bref. Si Samaël est de mauvais poil, c’est surtout à cause de moi et je devrais peut-être m’excuser auprès de lui mais au lieu de ça, on évoque les raisons de ma présence à Volucité. J’aurais vraiment aimé ne pas parler d’Alice et de ce frittage ridicule. Je ne sais même plus quelle est la phrase exacte qui m’a fait partir en vrille… Je pense plutôt que c’était une accumulation de plusieurs comportements. J’essaye d’en parler de façon détachée, comme si je m’en fichais vraiment. Je ne suis pas certain que j’aie vraiment réussi ma manip’. J’enchaîne du coup sur des excuses pour mon absence de signe de vie pendant ce dernier mois. Après, s’il est vraiment fan, il a dû voir ma gueule un peu partout, parce que je n’ai pas chômé, ça devrait le faire. Même si bon, je dois avouer que j’ai une certaine fierté à savoir que je suis de plus en plus célèbre, mais je regrette aussi le temps où j’avais la paix quand je me promenais en ville. Parfois, je suis obligé de renvoyer Sam dans sa pokéball pour pas me faire remarquer. Rien que ça, ça me rend irritable. Je ne suis pourtant pas le seul dresseur à avoir un démolosse sous sa forme méga… Mais peut-être le seul à avoir la peau mâte et les cheveux blancs… Arf. Je m’égare.

« J’en ai malheureusement déjà fait d’autres et c’est aussi chiant que tu te l’imagines. Si au moins je pouvais me bourrer la gueule pour que ça passe plus vite… Mais non. Bref. » J’ai dit que je ne voulais pas m’éterniser sur le sujet, alors pourquoi j’enchéris ? « Ça tombe bien dans ce cas ! Bon timing. » Je suis enjoué et ça se remarque, mais je n’y porte pas plus attention. Ce serait bizarre après tout, de l’inviter à passer la soirée avec moi et de tirer la tronche tout du long. Ce serait même carrément impoli. Et puis, même si je ne parviens pas à tout comprendre dans mon propre fonctionnement, je ne vois pas le problème d’apprécier passer un moment en sa compagnie.

Il parait que c’est une bonne question, de demander comment les gens vont quand ils se retrouvent. Alors je le fais, parce que ça m’intéresse quand même un peu. Je réalise, avec un temps de retard, qu’au final je ne sais strictement rien de lui. Je connais juste son prénom, deux de ses pokemon et sa tendance à lancer des regards noirs tout en kiffant défoncer des tronches. Ah, et qu’il est coordinateur, aussi. Apparemment jusque-là, ça m’a suffi. Cependant, je sais qu’il est facile d’en apprendre plus sur moi rien qu’en lisant les journaux ou les magazines people -quelle daube ce truc-, mais ce n’est pas réciproque. Ça m’embête un peu… Mais la réponse obtenue ne m’apporte aucune information complémentaire. Ça ressemble à un truc bateau qu’on balance quand on n’a pas envie de s’étendre sur le sujet. Je me fais peut-être des films et j’ai tendance à afficher mon scepticisme sans m’en rendre compte. Je ne chercherais pas à savoir ce qu’il entend par la « routine »… Parce que si ça se trouve, c’est juste métro boulot dodo donc pas très passionnant. Et dans le pire des cas, si ça ne va pas trop dans sa vie, je vais juste le mettre mal à l’aise et, égoïstement, je n’ai pas envie de pourrir l’ambiance de cette soirée. Je veux du fun.

Bon ok, j’avoue que j’espérais le mettre un peu dans le mal avec mon commentaire sur son ruban. Mais en vue du sourire qu’il m’adresse… Il fait genre ça ne le dérange pas ou simplement il ignore, parce que c’est plus malin à faire. D’accord, j’ai confirmation qu’il est dans la même humeur que moi et qu’il ne se gêne pas pour me renvoyer la balle. C’est mature, comme réaction. J’en suis surpris, ça m’étonne de sa part, je dois dire. On est loin du gars qui m’insulte seulement parce que je lui adresse la parole dans la rue. Je suis content d’avoir un peu creusé, de ce côté-là. Je lui rends son sourire, gardant ce côté arrogant qui donne souvent envie à Malik de me filer des baffes.

« Izy -mon frère- a trouvé que c’était une bonne presta et que tu méritais ton ruban. Moi… J’ai surtout retenu que Rubis t’a balancé des briques à la gueule. C’était marrant. »

Je m’en fous que ça démontre que je n’ai absolument rien compris au côté artistique de la prestation. J’ai juste envie d’en rajouter une couche, adressant un signe de félicitations, pouce levé, au Reptincel. Je veux voir combien de temps Illia va se retenir, même si je risque de me prendre un poing dans la figure. A sa place, j’éviterai quand même : on est un peu trop exposé, y a des passants autour de nous. Nul doute qu’un gars random qui fout une patate à un maitre de la Ligue, ça ne passe pas inaperçu. Je me rends bien compte que ça fait de moi un connard. Ça me renvoie à mon adolescence, quand je cherchais la merde avec les autres enfants et que ça finissait en baston générale. Souvent d’ailleurs, comme j’avais un mauvais contrôle de ma respiration, ça provoquait une crise et mon père gueulait à s’en exploser la gorge contre les autres ados, comme si c’était de leur faute… Alors que le responsable de tout ça, c’était moi. Et moi, à ce moment-là, j’étais derrière le daron à me foutre d’eux, bien à l’abri une fois mon état amélioré. La belle époque.

Illia me questionne finalement sur mon ventre. Une rapide surprise se peint sur mon visage alors que je suis prêt à lever mon haut pour lui montrer le résultat de notre escapade dans le bâtiment abandonné. Sam me rappelle à l’ordre avec un grognement rauque, alors que je le regarde avec incompréhension. Qu’est-ce qui… Ah. Oui. La pudeur, tout ça. Mais c’est con, c’est juste un ventre. Ce n’est pas comme si j’allais me foutre à poil devant tout le monde non plus. Mon agacement déforme mes traits alors que je laisse échapper un soupir. Se faire brider par son pokemon, quand même… J’imagine que c’est sa façon de se venger un peu pour tout à l’heure. Un juste retour de bâton.

« Ça va, j’ai juste encore une petite marque. Mais ça devrait partir, avec le temps… Au pire, ça me fait une cicatrice sexy. » Parce qu’elle n’est pas si dégueulasse, finalement. Ça peut me donner des idées d’histoires inventées à raconter dessus, toutes plus abracadabrantes l’une que l’autre. Du coup, ça me dérange pas du tout de l’avoir. « Et toi ? T’as plus une face d’Arbok, ça a l'air d'ailler, t'es… » Oups. J’ai failli rajouter qu’il était bien plus charmant comme ça, d’ailleurs.Je finis par ma phrase, il se démerde. J'espère juste qu'il a pas compris ou qu'il va ignorer une fois encore. Il est hors de question pourtant de lui faire un compliment maintenant, pas quand j’ai commencé par lui balancer des hostilités. Ça fait trop le gars qui ne sait pas ce qu’il veut. Et ça fait deux fois que je pense au mot « charmant » en le désignant. Ça ne va pas du tout, faut vraiment que je me calme.

On dirait que j’attire à nouveau trop l’attention. Quand j’étais assis avec Samaël qui jouait le protecteur des enfers, ça allait. Mais maintenant qu’Illia est là et que les gens captent que je lui souris et tout, ils doivent se dire qu’au final je suis abordable, s’il pense que mon fanboy est un type que je ne connaissais pas avant. Ça m’amuse quand même, mais je me rends bien compte que mon amusement n’est pas partagé par le jeune homme. Je souris encore et toujours quand je remarque son regard noir à des gens qui me montraient du doigt et je ris quand je vois la tête déconfite de ces personnes qui me reconnaissent. Je ne devrais pas valider ce comportement, mais soyons clair : je m’en fous. Je dirais même plus, si ça me permet d’esquiver les relous qui viennent me voir alors que tout ce qu’ils savent sur moi, c’est que je suis célèbre… ça me convient parfaitement. J’ai du mal avec cette idée d’aller emmerder des stars quand ils sont dans leur quotidien, surtout quand l’idée est de simplement faire un selfie pour se la péter devant les potes. Qu’on se comprenne ; un type comme Illia qui aime mes pokemon, peut-être aussi ma façon de combattre en Ligue, ça ne me dérange pas du tout. Mais un gars qui me parle mal direct, ne me montre aucun respect et veut une photo alors qu’il ne connait même pas mon nom… Non. Juste non. Et c’est totalement la description de notre rencontre, en réalité. Heureusement que Phil et Rubis ont sauvé la mise.

Et y en a beaucoup plus des gens comme ça que je le pensais. Ça me désespère.


« Ouais, c’est les fans qui n’existent pas, t’sais. » Petite pique en rapport à sa phrase d’accueil. Juste parce que voilà, je n’ai pas oublié. J’ai vraiment bien fait de fermer ma bouche en premier lieu, ça me permet de lui balancer ça à la tronche maintenant. Tout en finesse. Je m’étonne moi-même. « J’ai vu un kebab par là… ça m’a l’air un peu discret et pas trop fréquenté. J’espère juste… J’espère juste qu’on ne va pas tomber malade ensuite. Ce serait con. » Ça ne m’empêche pas de rire doucement. Même si bon, si on pouvait garder l’intoxication alimentaire à une autre soirée… Voire mieux, à jamais, ce serait chouette. Mon ventre, comme s’il était capable de comprendre qu’on allait bientôt se poser à table, émet un grognement sourd. J’ai la dalle. Je suis encore de bonne humeur, faut qu’on y aille. Sinon, je sais que je vais commencer à devenir exécrable et ce n’est pas le but. Je fais donc signe à Illia de me suivre avant de me diriger vers le restau’ concerné. Samaël nous ouvre la voie, montrant parfois les crocs quand des passants s’approchent trop près de lui.

Putain, on ne vous a jamais appris à ne pas toucher/approcher un pokemon que vous ne connaissez pas ?

J’avais raison, c’est plus calme par ici. On s’est un peu éloigné de la place fréquentée et je ne sais même pas comment j’ai fait pour voir ce restaurant, puisqu’il est dans une petite ruelle pas très visible. En regardant à travers la vitrine, je me rends compte que ça a l’air particulièrement propre, ce qui est une bonne chose, vu que c’est un kebab. Ce n’est pas pour faire de la mauvaise pub au genre, mais je me suis déjà retrouvé dans des établissements où l’hygiène laissait à désirer. Et où il ne fallait jamais prendre de sauce blanche. Jamais.

« Tu connais ? Parait qu’on peut regarder les notations des restau’ sur le net. Peut-être qu’on peut vérifier si c’est une bonne idée ? »

J’aurais peut-être dû m’en soucier plus tôt, cela dit. Je viens de me rappeler que Malik m’avait parlé de cette application, puisqu’il l’utilisait souvent quand on voyageait ensemble. Ça lui permettait de savoir quelles adresses étaient à éviter. Je n’ai cependant pas retenu le nom et euh… Internet et moi, ça fait cent mille. J’exagère à peine.


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Illia Aethelhelm

Illia Aethelhelm
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Ven 17 Jan - 15:28
C’est avec une difficulté non-négligeable que je me retiens de lui lancer un regard mauvais quand il insiste sur la coordination. Le genre de regard qui dit “wesh tu veux pas lâcher là ?!” et qui admettrait gros comme une maison que le sujet me soule profondément. Si encore j’étais en présence d’une personne bienveillante… ‘Fin je veux pas dire qu’Aram est pas bienveillant, j’en sais trop rien en fait. Je sais juste qu’il a été super sympa la dernière fois et donc je me dis que dans un sens il doit l’être, plein de bienveillance, mais là c’est clairement pas le ton. Il veut que je sois embarrassé ou que j’ai honte, alors j’aimerais bien qu’il lâche l’affaire car s’il continue ça va être trop facile d’obtenir ça de moi. Déjà que j’ai un peu eu envie de mourir à l’intérieur quand j’ai compris que des gens que je connaissais autres que Rose m’avaient potentiellement vu et reconnu… Quelle idée j’ai eu de monter sur scène pendant la prestation, merde ! A la fin de la diffusion, au moins la moitié des spectateurs auraient déjà quitté l’émission, ça aurait été beaucoup mieux que je montre pas ma gueule. C’est décidé, plus jamais je fous un pied sur la scène !
Par contre je retiens un petit truc quand même. Je sais pas qui c’est son frère Izy, j’imagine qu’ils en parlent un peu dans les journaux… Moi là du coup tout ce que je sais c’est que je trouve que ça fait nom de rocabot. Mais malgré son nom de clebs et le fait que ce soit un parfait inconnu, je suis toujours un peu content de savoir que quelqu’un trouve que j’ai mérité mon ruban. Comme je l’ai reçu, je sais qu’au moins les juges ont aimé, mais les juges… C’est pas pareil que le public.
Aram par contre on voit bien qu’il est au niveau zéro de l’intérêt pour la coordination, et je dois avouer que j’y étais aussi avant que Rose me force à m’intéresser. Sauf que comme je suis un homme de mauvaise foi, je me sens un tout petit poil agacé de sa réflexion. J’ai envie de m’énerver, comme un gosse. Mais je dois pas. S’il doit me battre sur un jeu de nerfs, ce sera pas tout de suite. Je ne le permettrai pas avant au moins… Allez, deux heures. Si je dois être un minimum honnête avec moi-même, vouloir plus serait clairement me surestimer. Par contre, du coup, ça veut dire qu’il faut que j’arrive à le battre avant. L’idée prend un peu de temps à venir, mais je finis par répondre avec un petit sourire condescendant :

- Oh ça ? C’était la partie pour faire rire les enfants.

A cause du temps de latence, je suis peut-être pas franchement convainquant, mais au moins j’ai pas laissé sa tentative de pique en suspens. En y repensant c’était pas si dur. Quand le mec en est à des réflexions du genre “lolilol tu t’es pris un truc”, c’est franchement pas difficile de répondre. On en entendait de meilleures au collège ! Je sais pas pourquoi j’ai pris du temps… Peut-être parce que j’ai plus l’habitude de ce genre de dialogues. Phil a jamais été du genre provocateur et comme c’est la seule réelle relation sociale que j’ai eu ces dernières années… Quand j’y repense, c’était un peu comme ça avec Rose avant. Je me demande si on retrouvera cette dynamique un jour. Pour le moment… Je sens encore un certain malaise. Bref, tout ça pour songer que ça me fait plaisir de retrouver ça, au moins un petit peu.

Quand je demande à Aram comment va son ventre, son démolosse grogne ce qui me fait lever un sourcil. Je me demande s’il a compris ce que je viens de dire et me tient responsable de la blessure. C’est un peu bizarre qu’il réagisse comme ça alors que sur le coup j’imagine que s’il m’en avait déjà voulu il aurait eu tout le loisir de me le faire savoir, en me bouffant la main au moment où je lui ai mis sa pommade cheloue aux herbes par exemple. Peut-être qu’il était trop inquiet pour son maître pour ça, j’en sais rien. Dans tous les cas, ça me fait penser que ce démolosse ne m’aime pas. Ca me rend un peu triste à cause de mon amour inconditionnel pour les pokémons canidés, mais je peux comprendre alors je vais pas m’en offenser. Je fixe le démolosse en lui adressant une expression un peu désolée, pour m’excuser car je m’en veux aussi pour cette histoire, mais je sais pas s’il le captera ou le comprendra.
Ma question finit par obtenir une réponse et je suis un peu mal à l’idée que cette blessure ait laissé une trace, mais Aram n’a pas l’air de mal le prendre alors… Ca va. J’imagine. Même s’il y a clairement d’autres endroits qui sont bien mieux pour avoir un cicatrice sexy, sur le ventre ça fait un peu césarienne. Enfin pas sur un mec, évidemment, mais en général le ventre ça me fait penser à ça. Je sens que si je me moque comme ça je risque de m’en prendre une par contre alors je décide de me taire. Je viens déjà de le traiter d’enfant, on va peut-être pas pousser trop loin. Quoique…
Ouais non, il me demande comment va ma gueule. Je sais pas pourquoi il termine pas sa phrase, mais j’ai saisi la question alors je vais pouvoir y répondre.

- Ouais ça va mieux. J’ai bien douillé pendant genre deux semaines, mais maintenant y a plus de traces, heureusement d’ailleurs parce que j’ai dû bouffer exclusivement de la soupe pendant plusieurs jours c’était horrible. J’aime pas la soupe ! Pour que j’ai l’impression de manger quelque chose faut que je puisse le mâcher.

Evidemment, l’idée de rester encore là discuter est rapidement avortée par des badauds qui réagissent à la vision d’Aram comme s’ils régressaient soudainement à l’état d’enfant devant un buffet de bonbons. Avec des gestes de mains désordonnés et un petit côté prédateur attardé qui sait pas ce qu’il fait.. Comme on avait commencé à parler, j’avais presque oublié que je suis face à un type connu qui peut se faire reconnaître dans la rue ; alors même que je lui ai balancé une pique à ce sujet y a pas deux minutes. Je me demande si c’est commun, quand on est fan de quelqu’un et qu’on en vient à lui parler de tout et de rien, d’oublier un peu qu’en fait on est en train de dialoguer avec une personne qu’on admire à travers les médias. Bon après je me demande aussi si ça arrive souvent de se retrouver à avoir son idole qui nous propose une bouffe improvisée. Sûrement pas et je suis un putain de privilégié, même si je comprends toujours pas quelle blague cosmique m’a propulsé là.
Mais je m’en fous de comprendre, je veux juste en profiter. Pour une fois qu’il m’arrive un truc bien, dans un contexte où la personne avec qui je traîne ne sait rien de ma vie et n’en a probablement rien à foutre. C’est peut-être pas le bon état d’esprit pour réaliser la relation de “pote” vers laquelle Phil m’a incité à aller, mais il en a jamais eu des potes de toute façon, alors qu’est-ce qu’il en sait ? Et moi aussi, qu’est-ce que j’en sais ? J’ai complètement oublié. Alors ça se trouve c’est le bon chemin.

Quand je fais comprendre à Aram que j’aimerais bien qu’on bouge histoire de pas faire potiche pendant qu’il rencontrerait ses fans, je m’attends presque à ce qu’il me dise que, non, il veut rester, juste pour m’emmerder. A la place, il me lance une pique en rapport à quand j’ai insinué que personne s’était intéressé à lui sur la place. C’est justifié alors je réponds rien à la place je fais une moue boudeuse et je lâche un “Pfeuh” parce que, quand même, j’aime pas lui accorder ce point. Bah, la soirée ne fait que commencer, j’ai encore le temps de me rattraper dans les deux heures que je me suis accordé avant d’atteindre le potentiel seuil de la colère. Après faut voir comment ça se passe… Mais je sais que s’il va trop loin, il va m’énerver.
Je m’énerve tout le temps, de toute façon.

Il me parle du kebab qu’il a repéré pour qu’on aille manger et s’inquiète de l’intoxication alimentaire. C’est légitime, surtout dans une grande ville comme Volucité où les commerces vont et viennent. Je me souviens avec toutes les années que j’ai passé ici qu’il ne se passait pas une année sans qu’il n’y ait pas au moins deux ou trois scandales dans le quartier ou ceux environnants à propos d’un resto. Au final, on était un peu blasés et c’était dur de faire confiance aux nouveaux commerces. Heureusement, je suis toujours passé entre les mailles du filet et j’ai jamais été malade. Faut dire aussi qu’apparemment j’ai un estomac en béton et vu ce que j’ai dû bouffer parfois, je crois que c’est confirmé.
On commence à marcher quand je réponds à ses inquiétudes :

- Franchement à Volucité c’est un peu cinquante-cinquante. Une chance sur deux de finir la soirée la tête au-dessus des chiottes ! Faut voir à l’ancienneté du resto en général, c’est un bon indicateur.

Pendant le trajet, j’ai l’impression qu’y a des gens qui essayent de faire exprès de frôler le démolosse, genre ils l’ont reconnu et lui aussi c’est une star. Rubis marche juste à côté de lui et se fait parfois presque pousser par les passants. D'un geste je lui indique que je l'autorise à riposter si jamais y se fait bousculer, genre un coup de patte, ou un grognement de menace. Respectez mon reptincel, merde ! Lui aussi il exsite ! Je comprends pas ces types. Genre… En quoi ça va changer ta vie d'avoir touché les poils d'un pokémon célèbre ? Ils espèrent en arracher pour s'en faire des portes bonheurs ou quoi ? C'est comme tous ces gens qui sont au bout de leur vie dans l'extase parce que leur star préférée les a effleurés. N'importe quoi. Même moi je me sens pas assez misérable dans ma vie pour avoir l'impression qu'un évènement pareil pourrait l'améliorer, ou alors que ça me ferait me sentir spécial ou je-sais-pas-quoi. Je suis pas assez con pour croire que je serais le seul alors que le mec irait direct faire au moins cinquante autres poignées de main.
Bref, je retente la technique du regard mauvais pour essayer d'en éloigner quelques-uns, mais j'ai pas à me forcer longtemps. Déjà parce qu'avoir une sale gueule est devenu à peu près naturel chez moi, et aussi parce qu'on arrive bientôt dans une zone beaucoup moins fréquentée. J'espère que personne aura décidé de stalker Aram… Je pense à Rose. Elle, elle serait en train de stalker. Et elle est tellement forte qu'on aurait pas moyen de la voir avant qu'elle débarque pour de vrai et qu'il n'y ait plus moyen de s'échapper. Un instant je me prends à imaginer qu'elle m'a vu sortir de l'appart' sans que moi je la vois et que, par pure curiosité, elle ait décidé de me suivre.
Nan. Nan, nan, nan. Ce serait vraiment un des pires scénarios, si ce n'est le pire.

On arrive devant l'établissement qu'a repéré Aram et ça me prend quelques secondes, mais… Je suis déjà venu ici ! Rubis aussi reconnaît, il pousse un petit cri joyeux et ça me rappelle qu'il était trop fan de l'assise des banquettes. J'ai jamais réellement su pourquoi, mais surtout personne est jamais venu nous faire chier comme quoi la flamme au bout de sa queue est dangereuse. Entre ces remarques et les établissements interdits aux pokémons feu… Y a peu d'endroits où mon reptincel aime ou peut être. Ma mémoire s'active un peu plus quand mon regard tombe sur la photo d'hippopotas déguisé en cuisinier qui est accrochée au mur ; c'est pour elle que Rose a voulu entrer la première fois. Elle le trouvait trop mignon. J'étais pas franchement convaincu, mais au final on est revenus pas mal de fois parce que c'était un coin tranquille et où il y avait toujours de la place. Et puis c'était bon, évidemment. Sans ça, on serait pas revenus. La base.
Je peux pas m'empêcher de me marrer un peu à la question d'Aram :

- Juste… Tu sors d'où pour pas savoir que tout, absolument tout est noté sur internet maintenant ? Je suis sûr que même toi t'as des notes, avant de continuer, je regarde intensément la tête du mec derrière le comptoir. Et je connais ouais. J'y allais souvent quand j'étais ado et je crois… Je crois que le mec là c'est le patron, je reconnais sa gueule. C'est safe. Pis un truc comme ça, un peu caché, ça survit pas tant d'années si c'est pas bien.

Ca me fait plaisir d'y retourner, même si j'avoue avoir oublié ce que je prenais d'habitude et que je préférai, du coup. C'est avec le sourire que je pousse la porte et je dis bonjour au patron derrière le comptoir. Il nous accueille avec le sourire. Au même moment un employé lui donne une commande sur plateau à emporter à une table et ça nous laisse le temps de regarder. Ce que je reproche, souvent, à ce genre d'établissement, c'est que t'as même pas le temps de poser les yeux sur la carte qu'on te demande déjà ce que tu veux.
Je regarde ce qui est possible en essayant de me souvenir très fort de ce que je prenais quand je venais, avant. Très franchement, me souvenir m'aiderait énormément. J'ai un très, très gros problème lorsqu'il s'agit de commander à manger ou choisir ce que je vais acheter parmi une gamme du même produit décliné en plusieurs marques. Rose dit que je suis un gros radin, moi je dis que je suis économe et raisonné. L'idée c'est d'essayer de calculer comment s'en sortir le mieux rempli possible en dépensant le moins parce que j'ai autre chose à foutre de mon argent. C'est encore plus vrai aujourd'hui, parce que je suis complètement fauché et que si je fais pas gaffe cette soirée risque vraiment de vider mon compte en banque déjà trop maigre. Beaucoup diraient que c'est exagéré de considérer comme ça un fast-food et ceux qui me connaissent me diraient que même avec cent milles pokédollars sur mon compte je serais pareil, mais toujours est-il que dans la situation actuelle je me trouve parfaitement justifié. Et je sais que c'est super chiant pour quiconque mange avec moi parce que je passe toujours dix ans devant le tableau avant de commander. Non parce que, encore, si j'étais super doué en math pour pouvoir tout calculer rapidement et que je connaissais le montant exact de mes moyens, ça pourrait aller plus vite. Mais d'une part j'ai pas le réflexe de retenir mes fonds au centime près, et d'autre part je suis et j'ai toujours été une grosse buse en math. Comme dans à peu près tout d'ailleurs, mais là ça concerne les maths.

Un petit vent de panique s'immisce en moi alors que je me souviens de ce trait insupportable de ma personnalité que j'avais oublié. Ou plutôt que j'avais décidé d'oblitérer de ma mémoire pendant que j'étais avec Phil parce que pour éviter qu'il me trouve relou j'avais pris l'habitude de compulsivement commander le premier truc qui croisait mon regard et avait l'air comestible. Parfois la note était salée, mais c'était toujours mieux que de faire attendre Phil. Là, par contre, je suis pas dans une situation où je peux user de cette technique. Problème financier, toujours. Surtout que pour que je sois plein dans ce genre d'établissement faut toujours que je commande deux trucs. Donc va falloir que je compte. Bordel. Je suis dans la merde.

- Tu comptes commander quoi ?, que je demande à Aram avec le sourire comme si ça allait me sauver la vie.

J'évite d'ajouter un "moi j'hésite" parce que je me sens déjà assez con comme ça avec ma vieille technique de lui poser la question pour gagner du temps. En plus le patron revient derrière le comptoir, ce qui va être une pression supplémentaire pour m'inciter à me décider sur un truc. Peut-être que je pourrais prendre la même chose qu'Aram… Non. Ca fait moumouton.
Les chiffres affichés à côté de l'image des plats tournent dans ma tête et essayent de s'assembler pour donner un résultat, mais tout ce que j'obtiens c'est une sorte de vide intersidéral entre mes quelques neurones. Je me rends aussi compte que j'ai trop envie de la grosse formule là, avec tous les suppléments, mais mon putain de côté de gros ra-… De personne tout à fait raisonnable me dit non. Qu'il faut pas, que je peux pas me permettre.
Le temps passe, le patron me regarde avec un grand sourire et finit par me poser la question fatidique… Pour la troisième fois, je crois, mais comme je fais le sourd pour essayer de me sortir d'une situation dont je pourrai pas me sortir, il insiste.

- Euh… Ché pas. Je regarde.

Un jour, Rose m'a dit que quand je fais ça on dirait que je fais un AVC ou un truc du genre et qu'il faut que j'évite parce qu'on peut s'inquiéter pour moi ensuite. J'ai le regard vide, en l'air parce que c'est là que sont les cartes en général, et juste je reste planté là comme si j'étais subitement devenu un légume ou alors que j'avais acquis le temps de réaction d'un ramoloss. C'est beaucoup, beaucoup trop chiant pour les gens qui m'accompagnent. Et j'ai tout à fait conscience que je suis en train d'être un gros relou pour Aram parce que, évidemment, on est arrivés ensemble donc le patron il attend d'avoir toutes les commandes pour lancer la préparation. Et moi je reste là, avec ma gueule d'accident vasculaire-cérébral.
J'entends Rubis se palmface et pousser un long grognement que je reconnais comme un de ses soupirs, mais comme il hais quand je fais ça je sais qu'il va pas me venir en aide. Et moi, je vois même presque plus les chiffres, mon cerveau a abdiqué. Tout ce que j'arrive à penser, c'est : Aram va me détester.


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Aram Faathi

Aram Faathi
Ligue 4

C-GEAR
Inscrit le : 13/10/2019
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Sam 18 Jan - 15:19
Un léger sourire arrogant continue de flotter sur mes lèvres. Il vient de me traiter de gamin, mais c’est fair, je trouve. C’est une insulte valide et ce n’est pas la première fois qu’on me l’adresse, ce ne sera certainement pas la dernière. Alors je ne dis rien, pour le coup, gardant tout ceci néanmoins à l’esprit. Je trouverais bien un moment de lui renvoyer l’ascenseur… Et puis, je dois avouer qu’elle n’a aucun impact sur ma personne. Je sais parfaitement que je comporte comme un gosse quand je m’y mets, même si j’ai vingt-cinq ans. Il est où le problème ? J’assume, tout simplement. C’est important, de garder son âme d’enfant. Dans mon cas, j’applique ce principe peut-être un peu trop à la lettre. Malik m’a déjà fait remarquer qu’il faudrait que je grandisse parfois, que je prenne en maturité. Je trouve ça… Chiant ?

Je n’ai pas capté qu’Illia prend le grognement de Sam contre lui, je ne capte pas nous plus que mon starter se questionne sur la moue désolée affichée. Il ne s’adressait absolument pas à l’humain puisque c’était moi qui étais visé. En tous les cas, j’ai pigé ce qu’il voulait me dire et ça m’a peut-être évité de faire une bêtise. Je n’ai pas totalement conscience de tous ces problèmes de pudeur, encore plus maintenant que je suis célèbre… Je sais juste que dans certaines villes, il est préférable d’éviter de se promener torse nu si on ne veut pas se faire arrêter par les flics -j’en ai déjà fait les frais et entendre le mot « exhibitionnisme » de la bouche du gars en uniforme, j’avoue que je n’ai pas trop kiffer-. Bref, je m’assure en retour que ça va, lui et sa tronche. J’ai loupé de justesse de faire un compliment que je n’aurais absolument pas assumé. Je suis persuadé que con comme je suis en plus, je me serais mis à rougir bêtement… Heureusement, l’honneur est sauf.

Il ne réagit pas plus que ça, ça m’arrange. Je ne veux pas devoir me justifier derrière, alors qu’en général je n’ai pas de problème à dire franchement quand je trouve un gars beau. Je ne sais pas trop ce qui m’arrive et je ne veux pas y penser. Je préfère largement partir sur le restaurant parce que, mine de rien, ça fait depuis deux heures que je commence à avoir vraiment faim. Pour le coup je suis plutôt sympa quand même pour le moment, mais je suis persuadé que ça ne va pas durer. Je me connais. J’ai toujours ce sourire débile sur les lèvres qui commencent à m’agacer… Passons. J’en profite pour renvoyer dans les dents la pique de tout à l’heure tout en finesse -ça ne me ressemble tellement pas en vrai- avant d’acquiescer. J’aurais pu l’emmerder encore un peu, cependant mon ventre prend les devants et je ne compte pas lui opposer une quelconque résistance. Ce qui ne m’empêche pas de lâcher un rire quant à sa réponse face à ma supposition d’intoxication alimentaire.

« Quitte à finir la gueule au-dessus des chiottes, je préfèrerais que ce soit à cause de l’alcool. »

Le ton est donné, je dois dire. Mes messages n’étaient peut-être pas clairs, là-dessus, mais je n’ai aucune intention de m’arrêter à une bonne bouffe. Je m’offre un quartier libre pour ce soir, sans couvre-feu ; j’ai bien l’intention d’en profiter. Tant pis si demain matin j’ai la tronche arrachée au point d’oublier comment je m’appelle. Alice aura qu’à me gérer dans cet état. L’idée me fait sourire.
On se dirige donc vers le restaurant et ça m’amuse de voir Rubis marcher fièrement auprès de Samaël. Ce qui m’agace en revanche, c’est tous ces cons qui osent s’approcher trop près d’eux pour les « toucher ». Ou effleurer. Ou je ne sais pas quoi en fait. Se faire encorner par mon Démolosse ? Parce que franchement, quand je vois certains, ça passe à un centimètre de poil de cul. Si Sam tourne la tête, ça va se finir en brochette… Et j’ai presque envie de lui donner l’ordre de le faire. Voir sinon de balancer des flammes devant sa gueule pour empêcher quiconque de l’emmerder. Mais, déjà, ça va générer de la fumée et je n’ai pas spécialement envie d’en respirer, mais surtout, ça va encore plus attirer l’attention sur nous. Vaut mieux pas, surtout qu’on enchaine sur une ruelle plus calme et que j’ai l’impression que les passants sont plus… Polis. Un coup d’œil vers Illia me fait comprendre qu’il lance des regards noirs aux gens. Un peu plus et je verrais les éclairs sortir de ses yeux. Ça me fait trop rire. J’avais raison finalement, avec mon idée à la con qu’il ferait fuir les gens trop curieux autour de moi. Peut-être que je pourrais l’engager comme garde du corps, eh ?

Vu la réaction de Rubis face à l’établissement que j’ai repéré, j’ai bien l’impression qu’ils connaissent déjà l’endroit. Il parait particulièrement enjoué à l’idée de manger ici et ça me rassure, même si j’en viens à parler de l’application que Malik utilise pour connaitre la note d’un restaurant… J’ai oublié son nom. Ça m’intéresse tellement que je n’ai même pas souvenir d’une quelconque idée que peut avoir le nom de cette application. Je n’ai même pas conscience, d’ailleurs, de passer pour un crétin devant Illia, mon cerveau réagit seulement quand j’entends sa première réflexion. Que… Quoi ? Moi ? Des notes ? Tant qu’elles sont pas comme celles que j’avais en cours… « Je ne suis pas un restau’. » … C’est sorti tout seul putain. Mais je finis par percuter… Il a dit que tout était noté sur le net, il me suffisait d’écouter juste qu’au bout. Crétin des îles. Je crois que quelqu’un -sans doute Alice- m’a déjà parlé d’un site qui note les différents maitres de la Ligue selon certains critères. J’ai trouvé cette idée tellement nulle dès que j’ai appris que le physique entrait en jeu que je ne m’y suis absolument pas intéressé. Encore, si ça avait un attrait stratégique, je ne dis pas. Mais sérieusement, on s’en branle de savoir qui a la plus grosse entre Arthur, Mao et moi.

« Je ne suis jamais sur internet. » Je pense qu’il l’a très bien compris par lui-même, ça. Je ne sais même pas me servir de mon téléphone, c’est dire… Heureusement qu’Izy m’a montré comment activé le partage de données, sinon je n’arriverais même pas à réceptionner les MMS des frangins. Je me sens un peu gêné parce que j’ai parlé sans réfléchir, ce qui m’arrive souvent quand même. Généralement, c’est juste pour balancer un truc que je regrette après parce que trop méchant, parce que ça ne se dit pas ou que lorsque la personne en face de moi se met à chialer, je réalise que je suis peut-être aller trop loin. Là, je suis quasi certain que je passe pour un gros blaireau. Et ça me saoule. « Les gens ont vraiment que ça à foutre de noter des restau’ et des gens ? » Mauvaise foi, bonsoir ! Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu, tiens, comment tu vas ? Je commence à m’agacer pour rien, ce n’est pas bon signe. J’aurais préféré garder ma bonne humeur, c’est plus agréable à vivre. Je suis tellement persuadé qu’il ne va pas laisser l’occasion de se foutre de ma gueule passer que ça m’irrite déjà.

Mon ventre commence à grogner. Ding ding ding, on a le combo gagnant ! Great !

Je lui fais confiance, pour le kebab. S’il dit qu’on y mange bien, c’est qu’il doit y avoir une part de vérité là-dedans. De toute manière, on n’a plus le temps de trouver un autre endroit. Je m’en veux un peu de tirer la tronche alors qu’il a le sourire. J’échange un regard avec Sam qui se demande ce qu’il m’arrive, je ne lui réponds pas et emboite le pas. J’adresse une salutation au patron donc, essayant de recouvrir ma gaieté. Mais j’ai faim et ça doit se voir sur mon visage. J’essaye d’oublier ma connerie de tout à l’heure, l’odeur de la bouffe ramenant peu à peu mon humeur. J’ai tellement la dalle, un peu plus et je me mets à baver. Un regard à la carte me laisse penser que j’ai largement de quoi satisfaire mon appétit, ce qui m’enjaille un peu plus à chaque seconde. Sourire est plus facile, dans ces conditions. Le patron s’occupe d’autres clients, nous laissant le temps de faire notre choix. Pour ma part, j’ai déjà ce qu’il me faut en tête et je ne tarde pas de le dire à Illia quand il me demande ce que je pense prendre.

« Un grand soda, un maxi kebab au poulet, un tacos, une grande frite et… Je ne sais pas, un ou deux double-cheese. »

J’hésite. J’ai les crocs cela dit… Alors je suis bien capable de tout manger. J’espère qu’il n’est pas pressé, parce que je déteste devoir manger vite. Un vrai repas, c’est quand on prend le temps de savourer ! Je n’ai aucune idée de toutes les pensées qui traversent l’esprit de mon fanboy, du coup, quand le patron revient j’ai un large sourire aux lèvres, désormais. Ça y est, savoir que je vais manger me fout à nouveau de bonne humeur. Je balance ma commande en premier et le responsable de l’établissement me regarde avec un léger étonnement, se demandant si cela nous concerne tous les deux. Mais non hein, c’est juste pour moi. Je lance un regard à Illia, attendant sur lui pour qu’il se décide et qu’on puisse se poser. Je n’ai pas envie de manger dehors devant tout le monde et pour le moment, il n’y a pas trop de monde dans le restau’. J’ai repéré une table un peu isolée qui nous permettrait d’avoir la paix le temps de grailler. Pour ça néanmoins, faut qu’il commande et sans m’en rendre compte, je suis déjà en train de claquer ma langue contre mon palais en signe d’agacement. J’ai ma main sur le comptoir qui tambourine comme si je pianotais. Le bruit est super chiant, je le sais. S’il n’a pas compris le message, je m’impatiente de fou. Je trouve le patron bien sympa de rester devant nous à sourire, alors qu’il n’a pas que ça à foutre non plus. Je regarde Rubis qui semble s’énerver aussi, puis je porte un peu plus attention à la gueule de son maitre… C’est quoi cette tronche d’arriéré, là ?

« T’es parti dans le cosmos pour faire ton choix ou quoi ? » Un être humain normal se serait sans doute un peu inquiété de l’état d’Illia. Mais je ne suis pas vraiment normal comme gars et j’ai des putains d’œillères quand j’ai la dalle. Je crois deviner un brin d’inquiétude chez le patron… Ou alors c’est de l’agacement dissimulé. Tout ce que je sais, c’est que j’entends la sonnette retentir derrière nous et que je vois le type prêt à accueillir ses nouveaux clients. Et voilà ils vont nous passer devant et on va devoir attendre plus longtemps. Non. Juste non quoi ça. « Il prendra votre maxi formule, soda et frites. Merci. » J’ai craqué. Je n’aime pas commander pour les autres parce que je ne supporte pas qu’on le fasse pour moi -sauf Izy et Malik mais parce qu’ils connaissent mes goûts-, mais trop c’est trop. Je lance un regard qui doit paraitre noir à Illia alors que j’aligne la CB derrière. Dans ce genre d’établissement, faut toujours payer en avance, j’imagine que c’est pareil ici. Une fois que c’est fait, je m’éloigne du comptoir pour m’asseoir à table, Sam venant à se poser à côté de moi. Raaah putain avec tout ça, j’ai oublié de lui commander un truc. J’imagine que je pourrais rajouter un truc une fois servi. Le Démolosse me souffle dessus, me démontrant son agacement, mais il n’insiste pas plus. Il sait comment je suis quand je suis affamé et que c’est inutile de me faire entendre raison.

« T’es sérieux là ? T’m’as fait quoi là ? On aurait dit que t’avais une attaque ou j’sais pas quoi. »

Je ne me rends même pas compte que j’ai oublié un détail qui a son importance, dans cette histoire ; celui de lui signaler que je l’invitais.

Oups.


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Illia Aethelhelm

Illia Aethelhelm
Coordinateur Unys

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Mar 21 Jan - 17:29
Je sais qu’il y a une petite partie de moi qui devrait tiquer lorsqu’il évoque le fait de vomir à cause de l’alcool plutôt qu’à cause d’une intoxication alimentaire, mais je suis déjà tellement inquiet pour mon porte-monnaie que mon cerveau décide d’oblitérer l’idée qu’il aurait l’intention de se bourrer la gueule après. Pas que l’idée me déplaise, ça fait longtemps en plus, mais ma situation financière ne me permet clairement pas ce genre d’activités en ce moment. Déjà parce que si je passe dans le rouge je vais devoir de la thune que j’aurais pas avant un moment à ma banque, donc ça va s’accumuler et ma prochaine rentrée d’argent sera probablement consacrée à ce remboursement ; et ensuite parce que si j’ai une gueule de bois demain matin Rose risque de me défoncer. Parce que je peux pas participer de manière régulière au loyer, mais aller me saouler ça je peux, bizarrement. Je l’ai déjà fait une fois, parce que j’étais trop con et que j’étais dans un gros creux de déprime parce que je peux plus prendre Phil dans mes bras alors que je devrais être content qu’il soit là tout court, j’ai cru que j’allais me faire virer de chez elle. Genre définitivement. Et j’aurais définitivement été dans la merde.
Alors je décide de classer sa phrase comme une vérité générale, c’est plus simple. Et puis c’est très vrai de toute façon.

On arrive devant le restaurant, je le reconnais et je sais que c’est une valeur sûre. Mais avant que je m’exprime à ce sujet Aram me parle des applications pour noter les restos, mais clairement il y connaît rien. Ce “il paraît” me fait sourire alors je lui explique que tout est noté de nos jours, mais genre absolument tout. Et sa première réaction me fait trop marrer, j’arrive pas à retenir un rire. Un peu moqueur, mais trop spontané pour l’être vraiment. Il essaye de se rattraper, mais c’est mort pour moi. Je reste coincé sur sa déclaration comme quoi il n’est pas un restaurant. C’est sorti de manière tellement naturelle, c’est beaucoup trop drôle, même si je vois bien qu’il avait pas franchement l’intention de jouer au comique, voir pas du tout.

- Je suis sûr y en a qui te boufferaient bien quand même !

Sur internet tout est noté, mais on trouve aussi tous types de gens. Je m'en suis vraiment rendu compte quand j'étais ado et que j'essayais de combler le vide dans lequel je me sentais m'engouffrer petit à petit en parlant avec des inconnus en ligne. C'était sur des sites de chat randoms, et bah je compte plus le nombre de tarés sur lesquels je suis tombé. Alors je serais pas étonné d'y trouver des cannibales ou des gens qui ont ce genre de délire "pour se marrer" et qui considèrent les gens comme des plats. Et les gens qu'on considère quand on est en groupe c'est souvent les célébrités.

- Et si un jour tu te mets à traîner sur internet, considère que les gens ont que ça à foutre tout court, sinon tu vas y perdre ton cerveau tellement la connerie peut atteindre des sommets.

L'autre jour j'étais à côté de Rose pendant qu'elle traînait sur Twitter alors je regardais son écran de téléphone, les gens étaient sur le point de s'étriper et se balançaient des menaces de mort à cause de je ne sais plus quelle connerie insignifiante qui était considérée… C'est quoi le mot déjà ? Validiste. Je sais même pas ce que ça veut dire exactement, encore un de ces trucs d'intellos qui se sont jamais confrontés aux réelles difficultés de la vie. Ca me fait rire jaune, franchement, et ça me donne envie de venir les traîner dans les bas-fonds de Volucité. En mode "vas-y, survit" et on leur donne dix pokédollars pour commencer leur aventure. Mais je vais pas parler de ça à Aram, surtout s'il connaît pas internet il va penser que c'est le monde des fous alors qu'il y a quand même des trucs vachement bien dessus. Même si j'imagine que sa méconnaissance ne va tout de même pas à ce point. De nos jours, ce serait limite inquiétant.

On pénètre dans l'établissement et je suis plutôt content de le retrouver. Ca fait remonter des souvenirs d'adolescence qui ne sont pas si mauvais que ça. On venait tout le temps juste avec Rose et on parlait pas de ce qui allait pas, c'était notre moment pour être juste amis. Simplement. Ca faisait du bien. Je me demande si on arrivera à retrouver ça, un jour.
Rubis est tout content de revenir lui aussi, il s'élance vers le comptoir pour aller saluer le patron qu'il a lui aussi reconnu, même si je pense qu'il s'est plus fié à l'odeur qu'à sa gueule. Ca me confirme que c'est bien la même personne que je connaissais d'avant, comme j'en étais pas forcément certain en regardant juste sa tête. Je rejoins mon pokémon au comptoir et là je me rends compte que ça va être la merde. Pas parce que je me rends compte qu'il y a quelque chose qui va pas dans l'établissement, mais parce que je me souviens qu'il va y avoir un énorme problème avec moi ! Vu les habitudes qu'on avait prises avec Rose, c'était plus un problème, mais elle est pas là aujourd'hui alors elle ne pourra pas régler la problématique qui va se présenter.

Je suis une plaie quand il s'agit de commander à manger. Je le sais, mais j'arrive pas à faire contre. Alors je me retrouve à regarder la carte comme un abruti, complètement bloqué devant, à essayer de faire des calculs. J'essaye de me convaincre que c'est rapport à l'état de mon compte bancaire, mais dans le fond je sais que c'est juste parce que je suis un putain de gros radin. Pour le coup, actuellement, c'est sûrement les deux.
Alors je me plante devant le comptoir et je dis rien, mon cerveau bloque totalement. J'aurais tellement aimé que le patron me reconnaisse et me fasse un "comme d'habitude ?" auquel j'aurais pu répondre par la positive bien que je n'ai plus aucune idée de ce que je prenais. Le stress monte, parce que oui je stresse pour ça même si c'est complètement con. Et je crois bien que ce qui m'angoisse le plus c'est que je suis très probablement en train de faire chier Aram qui vient de passer sa commande. Et qui s'impatiente, clairement. Et il s'en cache pas du tout. Il va me détester. Tellement. Parce que je bouge toujours pas, comme un bon gros blaireau que je suis. A la place je bafouille, et je me sens vraiment incroyablement con. Genre pire con que con.

La voix d'Aram s'élève et me fait immédiatement regretter d'avoir accepté l'invitation. J'aurais dû lui envoyer la première version de mon sms afin de couper tous les débuts de ponts pour toujours et ne jamais me retrouver dans la situation actuelle. Peut-être que je pourrais m'enfuir en courant, ça aurait sûrement le même effet. Je suis sûr y a moyen que je courre plus vite que lui et qu'il puisse pas me rattraper… Au pire un petit coup dans le ventre s'il est trop proche et avec son vieil asthme là j'en entends plus parler. Y aura bien des gens dans la rue pour l'aider. Mais j'aurais perdu la thune de l'autoroute…
Hors de question ! Faut que je commande !
Mais j'y arrive toujours pas. Je me désespère putain !

Je me fige sur place, ou plutôt je me fige encore plus que je ne l'étais, lorsque j'entends Aram commander à ma place. Rose le faisait tout le temps alors peut-être que je devrais pas être choqué, mais là… Putain c'est pas Rose ! Et il m'a commandé un truc qui va complètement me ruiner !
Mon âme s'échappe de mon corps et, voyant ça, Rubis me donne un coup dans le genou pour essayer de me maintenir sur terre. Ca marche plus ou moins et ça fait que je tourne pas juste les talons pour ne pas assumer cet achat, ce qui est moins bien. Je veux me barrer putain ! Je peux pas payer !

Mais je reste là comme un putain de lampadaire, brillant de son imbécilité. Et vu l'ampleur je dois couvrir toute la surface du lieu, facile. Je dois même être tellement lumineux de connerie que les gens présents doivent avoir peur d'en devenir aveugles. J'aurais dû insister pour que Phil vienne… Il m'aurait calmé, lui ! Il sait comment s'y prendre, et je me serais pas embourbé là-dedans. Ce serait déjà réglé, je serais serein ! Après y aurait aussi moyen que j'ignore complètement Aram pour profiter de l'occasion de manger dehors avec mon chéri à la place, c'est tellement rare maintenant que je sais plus si j'en aurais encore quelque chose à foutre du fait qu'on puisse me dire "… tufékoi avec ton tutafeh là ?!". Ou pas. J'en sais rien en fait. Je divague. Mon cerveau est super loin je crois.
Une fois qu'Aram a payé, je passe derrière lui au comptoir pour régler ce qu'il m'a commandé. Lui il part à une table. Je suis en train de pleurer intérieurement quand je fouille dans ma poche pour trouver mon portefeuille, mais là le patron me met une nouvelle grande baffe dans la gueule : c'est déjà réglé.
Je le regarde comme s'il venait de m'annoncer fièrement qu'il était platiste.




- HEIN ?!

Rubis tire sur mon pantalon pour me faire dégager de là et je me rends compte en même temps que je viens de gueuler un grand coup dans l'établissement, histoire de rajouter au spectacle si c'était pas encore suffisant. Une autre forme de décès interne s'installe en moi. Non seulement Aram a commandé à ma place, mais en plus il m'a payé le repas. Je me fais traiter comme un gamin de six ans qu'accompagne son père pour se faire acheter une glace. La honte débarque au grand galop et je suis pas certain de la tête que je fais quand je m'assied à la table où on attend notre commande. Sûrement un truc complètement crispé, avec un peu de détresse. Pour pas avoir l'air trop tendu non plus, je m'appuie contre le mur, sauf qu'involontairement je m'effondre à moitié dessus, genre la tête contre le placo. J'assume tellement pas ce qu'il vient de se passer… Achevez-moi !
Rubis s'assied à côté de moi, beaucoup plus joyeux, lui. Il doit se souvenir que quand il y a des pokémons le patron leur offre toujours des trucs. Pas grand-chose, mais je sais que mon reptincel adore. J'espère qu'il le fait toujours, sinon il risque d'être incroyablement déçu et se retrouver dans le même état que moi. Je lui souhaite pas. Putain je lui souhaite pas…
Et comme si c'était pas suffisant Aram m'engueule. J'ai envie de m'énerver, mais il est beaucoup trop légitime dans son agacement pour que j'y arrive vraiment. C'est un bon moyen de défense cependant, alors je m'efforce de lui jeter un regard colérique genre ça me plait pas qu'il me parle comme ça. Mais j'arrive pas à le tenir longtemps, je me sens beaucoup trop comme un gamin qui se prend une rincée et qui sait que c'est légitime donc il a juste envie de se mettre à chialer en espérant que ça amenuise les représailles de sa connerie. Sauf que je suis pas un gosse, donc j'aime pas ça, et je vais pas me mettre à pleurer, évidemment ! Alors tout ce que je peux faire… C'est me justifier j'imagine.
Ca me soule putain ! Mais bon… Foutu pour foutu… Mon cerveau est trop court-circuité de toute façon. C'est trop d'enchaînement là. Se faire payer un kebab par un champion de Ligue. N'importe quoi !

- Je fais pas exprès ok ?!, mon ton est agressif quand même. Et c'était pas une attaque juste…, je suis un putain de gros radin mdr. Je peux pas dire ça. Alors on va sortir l'autre justification : Je suis complètement fauché, en fait. Et quand j'y repense ma colloc' va probablement me flinguer pour cette sortie !

Genre je pourrais aider à payer les courses, à la place je suis tranquille en train de sortir avec un mec dont je vais même pas pouvoir lui parler si je veux pas doubler l'engueulade de l'accusation de haute trahison. Ca me plait pas des masses d'avoir avoué que je suis sans le sous, surtout que s'il pousse va peut-être falloir que je raconte que je suis un gros chômeur, voir pire un parasite de canapé et genre… Ma fierté risque de pas s'en remettre. Elle vient de se prendre un sacré coup là déjà et c'est dur de m'en relever. Mais avant d'essayer de faire ça j'ai une autre priorité qui me vient en tête. Même si je suis sûr qu'elle pense autre chose, tout ce que Rose me demande en échange de tout ce qu'elle fait pour moi c'est que je la remercie.
Alors même si ça m'arrache la gueule parce que j'ai envie d'être énervé...

- … Mais merci, du coup… Je suis désolé d'avoir été relou comme ça. J'aurais dû prévenir.

Mais prévenir de quoi bordel ?! Que quand je dois commander un truc mon cerveau part dans la stratosphère et que je sais pas compter correctement et rapidement alors c'est la galère ? Que je suis un putain de pauvre ? Mais ferme ta gueule Illia ! Contente-toi de l'essentiel merde ! Espèce de même pas prolo de merde ! Clodo ! T'es un putain de clodo !

La bouffe arrive et les petits extras qu'adore Rubis avec. Le patron me regarde chelou alors je le fusille du regard. Quoi ? Ca t'arrives jamais d'hésiter ? Connard. Je vois que mon reptincel a trop envie de se jeter sur la nourriture, mais bien qu'il bave il prend le temps de partager équitablement avec le démolosse. J'espère qu'il va aimer, qu'il y ait au moins un truc un peu positif là au-milieu autre que Rubis avec son fluide buccal qui pend presque là. Y me fait honte putain ! Je prends une serviette et je l'essuie, ce gros naze. Il râle un peu, mais je peux décemment pas le laisser comme ça, franchement… Pas en public ! Un peu de classe, merde !
Même si je suis extrêmement mal placé pour parler. La mauvaise foi et moi on se connaît tellement bien qu'elle est devenue la sœur que j'ai jamais eu.
Mes yeux se posent sur le côté de la table d'Aram, et… Wah. Y a masse de trucs quand même. Sa commande me revient en tête, et clairement ça aurait dû me faire tiquer avant. C'est quoi tout ça ?! C'est pour lui et son démolosse ?... Non même pas. Je crois pas. Alors je cligne plusieurs fois des yeux avant de lâcher :

- Mais où tu mets tout ça ?!, non parce que je l'ai vu son bide, de près en plus, et… Y a pas la place. T'as un vers solitaire ?, la seule explication logique.

Je regarde ensuite ce qu'il m'a commandé, et je me rends compte que c'est ce que je voulais. J'essaye de repérer s'il y a pas un pokémon psy qui traîne et dont le but serait de faire de ma vie une blague, mais apparemment non. Il a tapé juste complètement par hasard. Hors de question de lui dire bien sûr, mais je suis content ! J'ai l'impression qu'une bonne partie de mon malaise se lève en même temps que ma faim se réveille. Un super repas de bon gras, à l'œil !
Un sourire, bien qu'il ne soit pas franchement marqué, revient sur mon visage. Je vais le savourer à fond !


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Aram Faathi

Aram Faathi
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Mer 22 Jan - 13:02
Je ne suis pas vraiment surpris qu’il se marre, face à ma première réaction. C’est même une réaction tout à fait sensée, vu l’absurdité que je viens de sortir. Etant un peu gêné, j’ai tendance à regarder ailleurs, sentant le rouge monter doucement. Ça va, au moins c’est juste un rire. Je ne décèle pas réellement de moquerie dans son comportement, juste une réaction spontanée à mes paroles qui l’étaient tout autant. Ça m’aide un peu à me détendre j’avoue, et j’arrive même à le regarder lorsqu’il prend la parole. Je ne parviens pas à rejeter la pensée qu’il est vraiment mignon quand il rit vraiment, mais passons. Par contre… Sa phrase, là, il a conscience que moi, je la perçois d’une façon vulgaire et sexuelle ? Ça doit se remarquer parce que je réagis immédiatement, une grimace étirant mes traits. Un mélange de dégout et de… De dégout. Je n’ai pas envie de me faire bouffer par qui que ce soit, quelque soit la partie de mon corps. Que ce soit littéralement ou non.

J’en viens à m’agacer que les gens aient que ça à faire, histoire toutefois de changer de sujet et faire ressortir ma mauvaise foi. La réponse que j’obtiens me laisse particulièrement sceptique. « Je crois que je ne préfère pas savoir… » Je n’ai jamais été un fan d’internet ou même de technologie en général. Je sais qu’on se fout souvent de ma gueule pour ça et que Derek s’est bien moqué de moi la première fois que je lui aie demandé ce qu’était un e-mail. Ouais, c’était à ce niveau-là. Je me suis un peu amélioré depuis, parce qu’il faut bien vivre avec son temps. Mais parfois je me dis que pas trop, c’est bien aussi. C’est un peu un truc inutile quand tu vis dans le désert alors ça a été pas mal ignoré lors de notre éducation mais en ce qui concerne Malik et Izy, je sais qu’ils ont bien rattrapé leur retard. Moi… J’en suis au stade où moins j’en fais, mieux je me porte. Je ne m’accorde pas le temps de m’y consacrer, puis je suis du genre à vouloir que ça fonctionne à tous les coups. Quand ça bugue pour x ou y raisons, je défonce tout parce que j’ai zéro patience. Je ne compte plus le nombre de téléphones que j’ai détruit simplement parce que je n’arrivais pas à envoyer un message -souvent parce que je n’avais pas de réseau… je me passe de commentaires, merci-. Bref. J’ai beau être jeune, je ne suis pas calé avec tout ça et je crois qu’après ce qu’Illia vient de me dire, ce n’est pas plus mal.

Je pense même que si je découvrais un jour l’existence des « trolls », je passerais mon temps à les chercher dans la vraie vie pour leur défoncer le portrait.


On va peut-être éviter de s’éterniser sur le sujet, sinon il va se rendre compte que je suis vraiment une bouse, de ce côté-là. Alors, bien sûr, y a des trucs que je sais faire mais… Je ne sais pas, ça me passionne pas du tout ? Je préfère m’entrainer avec mes pokemon plutôt que de squatter devant un écran. En plus, ça me nique les yeux à chaque fois quand je reste trop concentré dessus. Je veux bien que ce soit pratique pour certaines choses, genre trouver un restaurant. Mais sinon, faire quoi d’autres ? Papoter avec des inconnus ? C’est possible aussi dans la rue. Bon ok, ce n’est pas non plus le plus évident d’appréhender des inconnus, tu passes souvent pour un blaireau qui essaye vainement de se faire des potes. C’est un peu la loose, on est d’accord. Je ne sais pas par contre si c’est vraiment différent sur la toile… Franchement, j’en doute.

Mon appétit se réveille davantage quand je sens le fumet s’évaporer du restau’. Je regarde toutefois d’un air amusé Rubis s’approcher du comptoir, saluant le patron. Il a l’air content d’être ici et je suis assez fier finalement d’avoir repéré cet établissement. Le hasard a fait qu’il s’agissait d’un endroit qu’Illia et son starter connaissaient bien et ça semble leur faire plaisir d’être là. C’est parfait. J’ai aussi surtout retenu qu’on mangeait bien ici, ce qui est à mon sens une information capitale. J’ai hâte de me régaler, j’adore la sensation de satiété. C’est même vital pour moi et les gens qui m’entourent, s’ils ne veulent pas que je me transforme en gros connard. Je suis sensé apprendre à me contrôler, quand j’ai les crocs et pas parler mal aux personnes autour de moi, mais souvent, ça finit mal. Même avec mes frères, c’est dire. Ce n’est pas pour rien que Malik a régulièrement des barres de chocolat dans ses affaires… Ce n’est pas pour caller sa faim, hein, c’est pour la mienne, parce qu’il me déteste quand j’en viens à râler pour rien. Dans ce genre de cas, vous pouvez me proposer n’importe quoi, même un truc que j’adore en général, je vais vous envoyer bouler puissance mille. Heureusement, ça ne va pas arriver ce soir puisque je commence seulement à avoir la dalle…

Enfin. Ça, c’est en partant de l’apriori où Illia est un mec normal qui regarde la carte et qui commande ensuite. Quatre-vingt-dix neuf pour cent des gens font ça. Mais pas lui. Il reste là, debout bêtement, fixant la carte comme un abruti. C’est quoi son problème, il ne sait pas lire ou quoi ? Ça ne peut pas être ça, vu qu’il a répondu à mes sms… A moins qu’il ait demandé de l’aide à son entourage. Mais non attends, il n’est quand même pas à ce stade d’illettrisme, je n’espère pas pour lui en tout cas ! Après je n’en sais rien et une part de moi me fait remarquer que je suis peut-être un peu dur avec lui, pour le coup. Peut-être qu’il est indécis, que plein de choses l’intéresse en même temps et qu’il n’arrive pas à se décider. Ça m’arrive aussi d’avoir parfois trop de choix et je mets un peu de temps à me décider… Souvent en prenant tout ce qui m’intéresse jusqu’à ce que ça me fasse exploser le bide, mais passons. Même en me disant ça, je reste quand même vachement impatient et je le fais savoir. Je sais que je ne dois pas le faire, les sales habitudes ont la vie dure. En plus, voir l’exaspération de son Reptincel ne m’aide certainement pas à me calmer, encore moins quand j’en viens à lui demander sèchement ce qu’il fout. Allo la Lune ici la Terre… T’atterris ou bien ?

L’arrivée de nouveaux clients me fait prendre une décision rapidement. Faut pas déconner quand même, hein. Je m’en fous royalement si ça ne lui plait pas ; il a eu assez le temps pour y réfléchir, maintenant on passe la commande. Point. J’ai l’impression que ça fait un siècle qu’il hésite -mon avis est sans doute biaisé par la faim qui me tiraille- et je crois qu’il réagit à mes paroles, mais je ne saurais dire comment. On dirait… On dirait un pokemon paralysé. Ou même pétrifié en fait. Si je ne savais pas déjà que ce type était un peu bizarre, j’en ai la confirmation désormais. J’ai aucune idée de ce qui lui passe par la tête -et je m’en branle, clairement- alors que je sors la CB pour régler la note. Je n’ai absolument pas pris en compte le critère financier dans mon calcul, ne réalisant pas immédiatement que j’ai oublié de lui dire que je l’invitais. Évidemment, si j’avais su, je lui aurais dit bien avant.

Le pire c’est qu’il a vraiment l’air figé de fou. J’ai presque envie de claquer mes doigts devant sa tête -ou de lui claquer la joue tout court- pour obtenir une réaction de sa part. Je lance un regard à Rubis, comme s’il pouvait m’expliquer ce qui se passe, ce n’est toutefois pas le cas. Bah. S’il veut rester là comme un piquet, c’est son droit, après tout. Qui suis-je pour juger ? Moi je vais me poser parce que ça suffit les conneries. J’ai faim, je n’ai pas la patience de m’enticher de son état émotionnel, si j’ai froissé son petit cœur ou sa fierté, c’est le cadet de mes soucis. Je sursaute néanmoins quand je l’entends gueuler comme un Groret. Je sens des regards se tourner vers lui et sur moi par extension et ça ne me plait pas trop cette histoire. Putain, si déjà on peut facilement me reconnaitre avec ma tunique, ce n’est pas pour en plus me taper l’affiche avec un gars qui gueule sans raison. Ça m’agace. Je capte seulement qu’il vient d’essayer de payer… Ah. Ah oui. J’aurais peut-être dû lui dire, finalement.

Après j’ai envie de dire, on s’en fout. Mais je dis surement ça parce que je n’ai jamais été en galère de thunes. Déjà parce que j’ai peu de possession, je suis loin d’être le gars matérialiste qui ne peut pas vivre sans ses précieux objets. Le seul gouffre financier dans lequel je me lance souvent, c’est la bouffe et je ne peux pas dire que j’ai été en manque, de ce côté-là. Quand on est parti du Refuge avec les frangins, on nous a fourni de quoi nous en sortir au début. Et puis après… On s’est démerdé, quoi. On était trois, c’était plus facile de partager les gains. Comme on a tous plus ou moins le même avis sur la gestion de l’argent, ce n’était pas compliqué. Et puis avec les arènes et les Ligues, j’ai réussi à amasser un peu de blé. Quand ça ne suffisait pas, Malik et Izy allaient taffés pendant que je m’entrainais, j’allais défier un champion et hop, la bourse se remplissait ensuite. On n’a jamais eu de loyers, d’essence ou je ne sais pas quoi à payer. Ça aide. Et puis maintenant… Maintenant c’est encore moins mon tracas. D’ailleurs, je me rends compte que je ne me suis jamais attardé sur ce détail et que, peut-être, on était plus dans la merde financièrement que je voulais bien le voir. Peut-être que ça explique aussi pourquoi j’ai aucun souci à partager mon compte en banque actuel avec mes jumeaux, parce qu’ils m’ont toujours soutenu dans mon rêve d’entrer à la Ligue. … En fait non, je ne pense pas. Je ne réfléchis pas assez pour avoir ce genre de logique. Je leur fais confiance, c’est tout.

Illia finit par bouger son cul et s’asseoir face à moi. Je suis toujours agacé, même si j’avoue que je suis quelque peu troublé par la tête qu’il tire. Je ne comprends pas pourquoi il se met si mal pour si peu. Mon côté insupportable ressort vachement, quand je suis affamé, comme si j’étais incapable de comprendre la galère des gens alors qu’en réalité, je me rends bien compte de la chance que j’ai. Mais d’un autre côté… Je suis aussi du genre à penser que j’ai bossé comme un taré pour arriver où j’en suis. On n’a rien sans rien. Cette doctrine, je ne sais pas combien de fois j’ai entendu notre père nous l’a répété, encore et toujours. Faut croire que ça a bien marché, parce qu’au final, je suis d’accord avec lui au point d’être capable de la ressortir. Cependant, j’ignore tout, absolument tout de la vie d’Illia et désormais, je sais qu’on ne va pas tarder à passer à table. Alors faudrait peut-être que je me déride un peu, lui aussi d’ailleurs… Bien que ça ne m’empêche pas de lui rentrer dans le lard, assurément. L’esprit de contradiction, ça vous parle ?

Le regard que je récolte ne m’aide pas vraiment à me calmer, cela dit. J’ai envie de lui décocher une droite pour le refroidir. Il a ce don à la con de me fait sortir de mes gongs pour pas grand-chose. J’ai un tic nerveux, au niveau du sourire que je lui adresse en retour. J’ai mon arcade qui tressaute, parce que je perds peu à peu contenance. En le voyant aussi bas que terre pourtant, je devrais retrouver un semblant de quiétude. Tu parles. Heureusement, il change de comportement rapidement, bien qu’il commence à me répondre avec agressivité. Bon. On va éviter de surenchérir, parce qu’il essaye de se contenir. Un peu. Je vais jouer la carte du mec bien, pour changer. Je dois dire qu’il y a une part de moi qui est curieux d’en apprendre plus, sur ses motivations. Ch’ais pas, il va peut-être me dire qu’il a une maladie qui l’empêche de faire des choix simples. Je crois que ça existe et que c’est pathologique ou un truc du genre. Mais au final, la véritable raison est toute autre.

« Oh. » Réaction à la con, parce qu’en vrai je ne m’attendais pas du tout à cette justification. Et je sais qu’en plus, venant de moi, ça fait réaction de gros bâtard insensible qui ne connait pas les problèmes d’argent. Et je n’apprécie pas vraiment de passer pour ce genre de type, en plus. Je ne veux pas non plus le prendre en pitié parce qu’il n’a même pas les thunes pour se payer de la bouffe… Mais en bon morfale, je trouve ça hyper triste, alors je compatis. J’ai une expression plus douce sur le visage, un peu de gêne aussi. J’aurais vraiment dû lui dire que je payais, comme je l’ai invité au dernier moment. Ça coulait de source pour moi mais c’est vrai que je n’ai pas été clair, au final. Ça parait logique qu’il pensait qu’il avait à payer sa part sinon… Sinon j’aurais pu croire qu’il était venu uniquement pour profiter d’un repas gratos. Et je n’aurais pas apprécié non plus. « J’avais l’intention depuis le départ de t’inviter, en fait. Parce que je t’ai un peu fait venir à la dernière minute. » Et parce que ça me semblait plus juste aussi, mais je ne suis pas certain de cette phrase alors je la tue dans l’œuf. Je ne sais pas si elle risque de me faire passer pour un gars qui étale son argent devant les autres. J’ai du mal à voir en quoi c’est une honte d’avoir du fric mais… Bref. Je bloque un peu plus sur la fin de sa phrase.

« Mais si c’est moi qui trinque, pourquoi ta colloc’ devrait t’en vouloir, au juste ? »

Ce n’est pas logique. Il doit me manquer une information capitale, je pense. Savoir pourquoi il est fauché ne m’intéresse pas plus ; enfin, je ne vais pas chercher à comprendre pourquoi il est dans la galère. Je doute sincèrement que ce soit une conversation agréable à avoir avec qui que ce soit et je ne pense pas qu’il souhaite l’avoir avec moi. Après bien sûr, s’il se confie, je vais l’écouter, je ne suis pas comme ça. Je ne vois juste pas trop ce que je peux faire pour l’aider en retour. Je ne vais décemment pas lui filler du blé en mode gros gentil avec un « tu me rembourseras plus tard ! » et sourire colgate parce que je suis sans doute trop égoïste pour ça. Ou simplement logique et responsable -un minimum- en fait. On ne file pas du fric comme ça à quelqu’un qu’on a rencontré deux fois, il ne faut pas déconner. Y a pas écrit « poichigeon » non plus sur mon front. Si je peux me montrer « étonnement » naïf quand je m’y mets, j’ai appris qu’il fallait toujours faire gaffe quand on parle de pognon. Les gens deviennent vite fous, devant quelques billets verts.

Au final, il s’excuse et il me remercie. J’ai comme l’impression que ça lui arrache la gueule de le faire, mais il le fait. C’est tout ce qui compte. Je me sens un peu con quand il dit qu’il aurait dû prévenir… Peut-être que connaitre à l’avance ses finances m’aurait fait réagir autrement. Surement, même. Je ne sais pas s’il parle de ça vraiment mais c’est comme ça que je le comprends. Mais déjà… « Je t’en prie. J’aurais… j’aurais sans doute dû te prévenir à l’avance que je t’invitais. J’ai zappé, désolé. » J’espère qu’il ne va pas trop m’en vouloir pour ça. J’ai l’impression que cette prise de bec, finalement, est assez ridicule quand on la regarde de l’extérieur. Il est sans doute inutile de s’y attarder davantage.

De toute façon, on nous ramène la bouffe. JOIE. Oh putain. Je viens de passer de la tête de « je suis désolé » à « je pourrais bouffer un Mammochon A TABLE bordel ». L’odeur me monte au nez et je suis à deux doigts de baver comme un mec qui n’a rien bouffer depuis une semaine. Je donne souvent cette impression, quand je mange avec des gens. On m’a déjà demandé aussi, avec grand sérieux, si je mangeais réellement à ma faim. Ça m’avait fait exploser de rire. Et souvent, quand j’avais fini mon repas, ces mêmes personnes ne se posaient plus du tout cette question. Bizarrement. Je vois que Rubis a la même réaction viscérale que moi et ça me fait rire franchement, encore plus avec le comportement de papa poule d’Illia. Je préfère largement le voir comme ça et maintenant que j’ai la bouffe devant les yeux, j’oublie complètement la dispute d’il y a quelques minutes. J’ai cette faculté d’oublier mon comportement détestable et de faire comme si rien ne s’était passé. Ça agace souvent les autres parce que je ne suis pas tendre, lorsque mon estomac grogne.

J’ai déjà choppé entre mes mains le tacos et après m’être assuré que Sam avait quelque chose à manger -c’est cool que Rubis partage avec lui, il peut pas monter sur la banquette avec moi du coup il est plus du côté d’Illia mais c’est pas grave-, je croque dedans comme le putain de morfale que je suis. Ça fait trop du bien. Un peu plus et je lâche un soupir d’extase. La nourriture, le gras, y a que ça de vrai. Rien ne peut me faire plus plaisir que de manger, à ce moment-là. Et, forcément, la réaction de mon fanboy ne tarde pas, celle que j’attendais depuis qu’on est entré. Il n’a pas réagi quand j’ai passé ma commande et c’était un peu triste, mais il se rattrape en voyant tout devant moi alors c’est bon. Je prends la peine d’avaler ce que j’ai en bouche avant de rire -je vais éviter de faire le gros dégueulasse à table-, bien que j’aie déjà gobé la moitié de mon sandwich. Je mange trop vite, aussi.

« Si j’avais un ver qui me bouffait les entrailles, je crois que ça ferait des années que je me tordrais de douleur. » Je bois un peu, pour faire passer le tout. « J’ai cette faculté de beaucoup manger et de ne pas grossir alors… j’en profite. Ça rend dingue Izy à chaque fois. » Peut-être qu’Illia va m’en vouloir aussi, pour le coup. Et j’ai encore parlé de mon frère, cela dit. Autant à notre première rencontre, j’ai plus ou moins éviter le sujet, mais cette fois-ci… Je ne sais pas trop. C’est peut-être parce que j’ai l’impression que ça fait longtemps que je les ais pas vu, du coup je pense souvent à eux. Ou alors je les jalouse à mort parce qu’ils sont au Refuge et que j’aimerai trop pouvoir rentrer à la maison. Dès que possible. Je penche plus pour la jalousie. Je continue de manger, engloutissant le reste du tacos comme si on risquait de me le voler. J’entends Samaël grogner légèrement pour me signifier de calmer la cadence. Quand je mange trop rapidement, j’ai souvent mal au bide ensuite et ce serait bien de pas être en PLS, surtout si je veux qu’on aille se bourrer la gueule ensuite. Ce serait bien d’éviter, quand même. « D’ailleurs… » J’essaye d’appliquer son avertissement, prenant une frite au passage.

« Je suis un peu… Beaucoup… Enormément détestable quand j’ai faim. Du coup… Je me dis que je n’aurais pas dû réagir aussi violemment alors… Désolé. » Une moue désolée se dessine sur mes lèvres alors que voilà. Je ne voulais pas vraiment revenir sur le sujet, mais c’est peut-être mieux aussi pour la suite si je mets les points sur les i. « Sinon, j’ai entendu dire que le prochain concours coordo se passera à Arabelle, t’as l’intention d’y participer ? »

Comment passer du coq à l’âne en cinq secondes chronos.


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Illia Aethelhelm

Illia Aethelhelm
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Jeu 23 Jan - 14:53
Faut que j’arrive à trouver un moyen de plus me sentir comme un enfant qui est sur le point de se faire engueuler, ça devient ridicule. Je me sens ridicule. Ca fait longtemps que je suis plus un gosse dans ma tête, même si j’ai parfois tendance à me comporter comme tel. Même souvent, si j’en crois la fréquence à laquelle Phil me faisait la remarque. Mais c’était pas pareil ! C’était pour m’amuser, parce qu’il y a plein de trucs funs de l’enfance qui sont trop tristes à perdre en tant qu’adulte, et de toute façon mon enfance à la maison elle était naze donc j’ai bien le droit d’avoir des trucs à rattraper. Les sensations d’engueulade, comme maintenant, par contre, je m’en passerais volontiers. Et Aram m’aide pas du tout avec le ton accusateur sur lequel il me demande des explications. C’est pas comme celui des adultes dont je me souviens qui sont en mode “j’aimerais que tu m’expliques, jeune homme” et qui fait trop peur parce que personne t’appelle jamais “jeune homme” quand t’es petit à part les vieux gâteux. C’est bien pire dans ma tête parce que ça vient avec l’idée que j’ai merdé grave, ce qui est probablement le cas parce que personne au monde doit réagir comme moi devant un menu, et que par conséquent on sera jamais potes.
Malgré cette peur, faut bien que je réponde quelque chose. Je me dis que le mal est fait de toute façon et ce serait con de passer la soirée à faire le magicarpe mort contre le mur alors faut bien que je me justifie. Peut-être que je peux vaguement sauver les meubles et faire en sorte que ça se termine pas en guerre. C’est sûrement la dernière fois qu’il voudra voir ma gueule, alors autant essayer de faire en sorte que ça se passe pas trop mal.

Alors je me justifie comme quoi je suis fauché, à défaut d’admettre que je suis un gros radin. Je m’étais calmé en plus ! Ou plutôt il y avait un point sur lequel j’étais devenu hyper dépensier sans arriver à me contrôler : Phil. Il avait les moyens de s’offrir tout ce qu’il voulait, il nous a même carrément entretenus pendant toutes ces années, mais je voulais quand même le couvrir de cadeaux. Je lui ai refait sa garde-robe qu’était clairement à chier et j’ai fait au mieux pour réaliser tous ses rêves de présents qu’il n’avait jamais eu au cours de sa vie. Pour Noël par exemple, dans sa famille c’était le cadeau d’obligation, conventionnel, et personne n’en avait rien à foutre de ce que voulait vraiment la personne. Alors je lui ai fait faire une liste, un cadeau par année, et j’utilisais le peu de thune que j’avais pour la rendre réelle. Ces cadeaux c’est pas le genre de trucs qu’on peut s’acheter soi-même, peu importe la richesse qu’on possède. Il disait que j’étais trop extrême, qu’il méritait pas. Moi je me trouvais très raisonnable, parce que si ça tenait qu’à moi j’aurais tout fait pour même lui offrir ce qu’existait pas. Je l’aurais inventé !
Faudra que je lui redemande ce qu’il voudrait, quand j’aurai un peu d’argent.

Aram ne tarde pas à réagir à mon aveu et sa réaction me fait d’abord hausser un sourcil. Je sais pas comment je dois prendre ce “oh”, si c’est de la surprise ou du rien à foutre, ou les deux en même temps. Genre il est surpris d’à quel point il en a rien à foutre. Du coup je suis sur le point de m’énerver parce que ça se fait pas de réagir comme ça, merde ! Mais rapidement son visage se radoucit alors je me calme aussi. Et là il m’annonce que le projet au départ c’était de m’inviter.
Je reste con pendant plusieurs secondes. Sa justification n’aidant pas du tout à ce que ça s’inscrive dans une logique que je comprenne. Qui fait ça ? Qui se dit qu’il va faire ça par pure politesse parce que ça s’est fait à la dernière minute ? Franchement, je reste abasourdi là. Est-ce qu’il a été élevé dans une famille avec des principes chelous dans le bon sens du terme ou juste il est exceptionnellement gentil ? Du coup ma surprise lui laisse le temps d’ajouter une question à propos de la réaction que je suppose que Rose aura. Je me rends compte que ça fait toujours bizarre d’entendre quelqu’un l’appeler ma coloc’ alors que réalistiquement… Elle m’héberge et je fais ce que je peux. Je sais pas si on peut vraiment appeler ça une colocation. Mais cette question me passe un peu au-dessus de la tête pour le moment, le reste me surprend beaucoup trop.

- T’es sérieux là ?! Genre t’as pas payé juste parce que j’étais trop chiant ?, je parle encore un peu trop fort alors j’essaye de me calmer car je prends subitement conscience que ça pourrait attirer une attention non-désirée. T’as… T’as vraiment un problème !

Et voilà je suis gêné maintenant que je suis un peu redescendu. Du coin de l’oeil, je vois Rubis qui me juge, encore, comme s’il comprenait tout ce qu’on se dit ! Quoique peut-être qu’il comprends, au moins l’essentiel. Comme il est avec moi depuis que je suis petit, il a eu le temps de l’entendre et de chercher à le comprendre, le langage humain. Merde, je veux pas rester comme ça à détourner la tête parce que… Pas parce que je me sens mal, c’est pas ça. C’est plutôt parce que je me sens putain de privilégié et ça me gêne. A qui ça arrive ce genre de situations ? Personne n’a les chiffres, mais je suis persuadé que c’est pas grand monde qui a la chance de se retrouver à ma place actuellement. Si ma chance pouvait se recentrer sur d’autres points de ma vie ça m’arrangerait, mais considérant le peu que j’ai faut que j’arrive à prendre ce qui vient. Et donc faut que j’accepte le fait que je fasse inviter comme ça, pouf, surprise, sans raison valable. En plus ma gêne doit trop se voir sur mon visage, vite, faut que j’enchaîne sur autre chose !
Ah tien c’est vrai qu’il a parlé de Rose…

- Bah comme moi j’en savais rien, elle sait pas non plus que je me fais inviter ! Et déjà que j’participe difficilement au loyer y a de quoi se mettre en rogne…

Au moment où je finis ma phrase je me rends compte que je viens de dire une connerie. Il a pas besoin de savoir que j’ai pas les moyens de payer ma part des charges ! Ta gueule Illia, ta gueule ! Mais s’il m’avait dit avant qu’il m’invitait aussi… J’aurais peut-être même pas eu besoin d’avouer que je suis un gros pauvre qui doit compter le moindre centime dès qu’il a un peu de thune qui rentre sur son compte en banque.

Bref, je m’excuse quand même de mon comportement de tout à l’heure, ça me paraît important. J’ai quand même été vachement relou, problème d’argent ou pas. J’aurais clairement dû le prévenir sur ce point, qu’il sache à quoi s’attendre. Après je n’en ai pas vraiment eu l’occasion, et j’ai tendance à chercher à oublier que je suis comme ça parce que c’est la honte, mais c’est pas des excuses valables. Surtout quand je sors avec des gens que je ne connais pas. Parce qu’au fond, quand j’y pense, Aram, je le connais pas. Du coup c’est encore plus chelou de se retrouver là avec lui aujourd’hui.
Il s’excuse à son tour de pas m’avoir prévenu qu’il m’invitait, ça m’arrache une moue parce que je me trouve pas légitime à recevoir ce genre de paroles venant de lui.

- Pas la peine de t’excuser hein.

Je développe pas parce que je vais partir dans de l’autodépréciation et que j’ai la présence de me dire que c’est pas forcément le bon moment. C’est le genre d’activité que je pratique déjà assez quand je suis tout seul alors pas la peine de la faire partager à qui que ce soit. Je me soule rien que d’y penser, parce que je peux pas m’empêcher de le faire intérieurement. M’auto-traiter de clodo par exemple.

La nourriture arrive sur la table et je vois l’expression d’Aram changer du tout au tout. Un peu comme dans les dessins-animés tsé. Rubis et lui font le combo à avoir des têtes de morfales qui sont sur le point de se satisfaire à grands coups de bouffe bien grasse et dégoulinante. Ca me fait beaucoup trop marrer de voir leurs gueules alors je peux pas m’empêcher d’au moins sourire. Jusqu’à ce que je me rende compte que Rubis est en train de baver comme un crève-la-faim qui trouve un sandwich triangle alors je m’occupe de lui parce que franchement ! Ca a l’air de faire marrer Aram d’ailleurs… Et j’avoue que je préfère entendre ça que de la colère ou des excuses de sa part. C’est une expression qui lui va mieux, je trouve.
C’est à ce moment que je remarque la quantité de bouffe qu’il a commandé. Et qu’il est sensé manger, logiquement. Genre… Tout ça ?! Je peux pas m’empêcher de faire une remarque alors qu’il a déjà attaqué son tacos. Il a prévu de bouffer à en tomber malade pour avoir un arrêt à la Ligue ou comment ça se passe ?

Ma question le fait marrer, j’imagine que c’est la partie sur le vers solitaire qui le fait rire car il la reprend avant de se vanter du fait qu’il puisse manger en grande quantité sans conséquence. Je vais pas mentir, ça me rend trop jaloux. peut-être que ça m’aurait rien fait il y a quelques années, parce que j’aurais pas vu l’intérêt. Après avoir rencontré Phil je cherchais à reprendre du poids parce que la bouffe quand on se démerde dans les bas-fonds de Volucité… C’est pas trop ça on va dire. Du coup j’avais pas mal maigri. Mais du coup avec lui j’avais rapidement repris une corpulence normale, c’était pas que je voulais pas manger correctement avant, c’était que je pouvais pas. On bougeait beaucoup alors j’étais actif, je me maintenais, mais maintenant que je passe le plus clair de mon temps à glander chez Rose… Je me suis mis à prendre du poids, un peu. Et pas du bon poids. Genre Phil m’a pincé pour me juger l’autre jour et il a réussi à choper du gras. Alors ouais, je suis trop jaloux d’Aram actuellement et je suis sûr que ça se voit sur ma gueule. Genre un regard qui mêle mépris, envie et admiration.
Je me console en me disant que de toute façon je pourrais jamais manger tout ça sans être malade, que ça changera quand il vieillira, et que de toute façon à manger en trop grande quantité on perd la saveur des choses et on les apprécie plus.

- Et bah rajoute donc une personne à la liste des gens que ça gave tiens !

Y a beaucoup de sel dans ma voix, évidemment. J'arrive pas à le retenir, mais j'ai aussi l'impression qu'il va pas forcément mal le prendre. Au pire, ce sera pas la première boulette que je dis ou je fais, vu mon coup d'éclat de tout à l'heure je suis plus à ça près.

Je commence à bouffer à mon tour et quand j'ai enfin la nourriture dans la bouche, ça fait un putain de bien. Comme Rose travaille pas mal depuis que j'ai emménagé avec elle puisqu'ils sont toujours sur cette histoire de réseaux de combats pokémons clandestins, elle est souvent fatiguée le soir et à part se planter devant des séries on fait pas grand-chose. Et niveau bouffe, j'essaye de faire des choses un peu bien avec ce qu'il y a dans le frigo pour qu'elle reste en bonne santé et lui faire plaisir. Alors sortir pour manger du gras, ça arrive pas. En plus je refuserai comme je pourrais pas forcément me payer ma part. A tous les coups elle me forcerait, mais sur le principe en tout cas, ce serait un non de ma part. D'où le fait que ça me soule un peu que Aram ait payé pour moi, mais bref. Ce qui est fait est fait.
Rubis s'empiffre alors j'essaye de le faire manger plus doucement, histoire qu'il tombe pas malade. Il râle en poussant quelques grognements, mais comprends ce que j'essaye de lui dire alors il s'efforce de se calmer. C'est pas le seul à s'empiffrer d'ailleurs, Aram mange super vite ! Il va finir avant moi alors qu'il a quinze trucs à bouffer s'il continuer à ce rythme. C'est quoi ce goinfrex là ? J'oublie un peu de manger comme je suis impressionné par son rythme, ce qui va me mettre encore plus en retard sur le repas, mais tant pis. Du coup comme je suis pas du tout concentré sur une quelconque conversation je suis un peu surpris lorsqu'il ouvre la bouche pour autre chose qu'engouffrer de la bouffe. Et je suis encore plus surpris parce qu'il me dit.

- … Ah mais j'avais même pas remarqué en fait, et je me fous même pas de sa gueule. Je trouvais que t'avais raison vu comme j'ai été relou en fait. Donc ça va franchement… Pis au pire maintenant t'as à bouffer hein !

Je lui souris avant de reprendre une bouchée, histoire de montrer que je suis sincère et que, vraiment, c'était rien. Peut-être que s'il y a la chance d'y avoir une prochaine fois je remarquerai quelque chose, mais pour le coup ça va. Pis même s'il avait été odieux sans raison, ça m'aurait dérangé sur le coup, forcément, on se serait sûrement pris la tête, mais en fait… Ca aurait été rassurant de le voir avoir un défaut aussi gros que celui du premier connard à qui j'ai envie d'éclater la gueule venu. Ca fait se sentir moins mal, vu toutes les tares que je trimballe avec moi. Pis ça rend humain quoi ! Pas que je doute qu'il soit humain, mais je me comprends.
Il continue de discuter. Ca fait longtemps que j'ai pas discuté avec quelqu'un d'autre que Rose. C'est toujours gênant en ce moment parce que mes souvenirs des trois dernières années c'est avec Phil et elle a du mal avec le fait qu'il soit un tutafeh. Ca me gave, parce que j'ai l'impression qu'elle y croit pas et qu'elle pense que je suis fou à être en couple avec un pokémon. Mais Phil, c'est Phil. Et Phil c'est ma vie. Alors il faudra bien qu'elle accepte son existence et arrête de penser que je suis juste dans le déni ! En tout cas je me demande si je vais réussir à tenir une conversation… J'espère.

- Va y avoir un concours à Arabelle ? Encore un ? Déjà ?!, je suis trop surpris. Ca se passe de manière aussi fréquente les concours ? Je sais même pas où c'est pour se tenir informé de ce genre de trucs… Je comptais attendre que Rose m'en parle. Je… Sais pas si je vais y aller.

La question de retourner dans un concours de coordination ou non, celle que je me pose pas mal depuis que j'ai gagné le premier ruban. Je sens que je fais une sorte de moue, genre je suis pas enthousiaste de ouf. Mais en même temps… Bah je sais pas. J'ai du mal à être en accord avec moi-même sur le sujet de la coordination. Ca m'a jamais intéressé, j'ai essayé et ça m'a plu. Mais je sais toujours pas si ça m'intéresse. Est-ce qu'on peut se lancer dans ce genre d'activité sans s'intéresser à ce qu'il s'y passe vraiment ?

- Je sais pas si je vais participer à un autre concours en fait. C'est pas trop volontairement que je suis allé au premier. C'est Rose… 'Fin ma coloc' qui m'a inscrit, mais j'en ai jamais rien eu à foutre de la coordination ! Elle trouve que ça me va bien pour que je fasse un truc, mais euh…, je parle trop. J'ai l'impression que je suis presque en train d'admettre que je fous strictement rien de ma vie. Genre moi ? La fibre artistique ?, je me marre un peu. C'est n'importe quoi !

Rubis pousse un petit cri de désapprobation, comme pour signifier que lui ça lui a plutôt plu en fait. Genre ! Il m'a fait tout un monde parce qu'il voulait pas aller faire le clown sur scène, qu'il était pas là pour faire la danseuse etc, et j'étais bien d'accord avec lui, et maintenant il me sort ça ? Il se foutrait pas un peu du monde ce reptincel ? Je lui met une pichenette sur le naseau pour lui signifier qu'il faut arrêter de se moquer de moi et il râle. Je lui réponds par mon sourire de petit con, genre il l'a bien mérité, et il fait semblant de me menacer avec le début d'une attaque flammèche dans sa gueule, que je lui ferme instantanément à deux mains !

- Putain t'es con ou quoi ?! On va se faire jarter si tu fais du feu ici ! Faut pas déconner avec ça dans les lieux publics, je te le dit depuis des années !

Il se calme et retourne à sa bouffe en boudant à moitié. Je soupire. Pis je repense à cette histoire de coordination et ça tourne un peu dans ma tête. Le fait de vouloir faire quelque chose de ma vie tourne en général. Je voulais mourir, puis y a eu Phil et maintenant… Je veux juste rester avec lui. Mais j'ai pas l'impression que d'autres puissent considérer que c'est un vrai but dans la vie. Sans ça cependant, j'ai rien. Ou pas grand-chose. Pas assez à quoi me raccrocher pour avoir envie de continuer. Je me demande ce que ça fait d'avoir un but pour soi et soi seul. Je ne saurais dire si j'en ai spécialement envie, car je me contente bien de mon envie de rester avec Phil, mais du coup…

- Pourquoi t'as voulu être champion de Ligue toi ? Je veux dire… Ca fait un peu rêve de gosse que tu laisses tomber une fois que tu grandis ce genre de vocation, surtout que tu dois te rendre compte un peu de l'envers du décor qui doit être vachement chiant, quand tu commences à entendre parler des dramas de stars et ce genre de trucs. Pas que je m'y sois spécifiquement intéressé dans ma vie, mais de nos jours on est forcément obligés de tomber sur ces sujets à un moment ou un autre. Je m'excuse si tu veux pas parler de ton taf hein, oublie si c'est le cas, mais c'est pas le genre de question qu'on a souvent l'occas' de poser. J'imagine je pourrais trouver la réponse facilement sur le net ou ailleurs, mais on sait jamais à quel point ça charcute les propos pour faire bien ce genre de trucs !

J'espère vraiment que ma question va pas le mettre mal à l'aise. Pour le coup, je suis vraiment curieux.


    Le texto du Destin Signa412
    "Par-delà le réel, nous serons."
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Aram Faathi

Aram Faathi
Ligue 4

C-GEAR
Inscrit le : 13/10/2019
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Sam 25 Jan - 11:32
Parfois, je loupe l’occasion de fermer ma gueule. Et parfois, c’est l’inverse ; je ne l’ouvre pas assez. C’est un peu ce qui arrive, dans ce cas-là. Je suis sur les rotules parce que j’ai les crocs et que le comportement d’Illia m’a vraiment énervé. Mais, en même temps, il aurait été plus intelligent de ma part d’annoncer dès le départ mon invitation. Je ne sais pas pourquoi je ne l’ai pas fait avant… Bon ok j’ai oublié en vrai, mais ça arrive à tout le monde de zapper un détail, non ?! Surtout que ça me fait relativiser de fou, parce que je me rends compte que je me comporte sans doute un peu comme ces connards de riches qui pensent que ce n’est pas grand-chose de payer un repas, ceux qui ne pigent pas que gérer son argent ce n’est pas donné à tout le monde. Et même simplement d’en avoir, du pognon. Ça ne me plait pas trop, cette histoire. Surtout que j’ai une réaction directe et que ça va sans doute l’énerver, même si je m’attendris un peu. Je suis du genre à penser que la vie réserve des coups de putes et que c’est chaud parfois de se relever comme si de rien était, que ça prend du temps. Et en même temps, je suis aussi du genre à me dire qu’on est responsable de la vie qu’on a et qu’il faut un minimum se sortir les doigts pour faire en sorte de réussir. Y a pas comme un esprit de contradiction, là-dedans ?

On va dire osef et je vais me servir de l’excuse que j’utilises régulièrement pour justifier la dualité de mes pensées, même si je n’y crois absolument pas : Ta gueule je suis gémeaux.

Apparemment, si j’en juge par sa réaction, ça le surprend. Il ne s’attendait pas à ça. Dans ma tête, c’était logique, mais finalement… Peut-être pas tant en fait. J’ai une légère moue gênée qui vient se peindre sur mon visage, alors que j’enchaine pour lui demander le problème avec sa colloc’. Parce que justement, maintenant que j’ai payé, ça règle son souci, non ? Ou alors il a une relation plus compliquée avec elle que je le pense. Pour ne pas avoir eu réellement d’appartement jusqu’ici et jamais vraiment de colocataire, j’ai aucune idée des problèmes qu’on peut rencontrer dans ce genre de situation. Je devrais peut-être m’en soucier un peu désormais, comme je vis à la Ligue avec mes autres collègues… Pour le moment ça ne se passe pas trop mal je crois, mais si ça se trouve ils me trouvent juste insupportable et y a des comportements que je pourrais corriger. Comme je ne sais pas… Arrêter de me promener à moitié à poil dans les couloirs parce que j’ai trop la flemme de me fringuer convenablement, par exemple.

« Hein ? » Je me fais un mantra mental à me répéter chaque soir avant de dormir ; arrêter de réagir sans réfléchir. Quand il me demande si je suis sérieux et qu’il m’affirme que j’ai vraiment un problème, je reste coi. Je… Je n’ai absolument pas anticipé sa réaction en fait. J’en reste stupéfait. Il croyait que j’avais payé parce qu’il buggait comme un con devant la carte ? Avec un peu de recul, vu de l’extérieur… ça paraissait logique en vrai. Comme je suis parti direct dans les tours, ça a dû donner cette impression que je réglais la note pour ne plus en entendre parler. En temps normal, si je n’avais pas déjà décider que je l’invitais, ça aurait clairement pu être possible. Pour le coup, néanmoins, ce n’est pas du tout ce qui s’est passé alors je réagis bêtement. Je me sens débile de ne pas l’avoir envisagé plus tôt. « Pour être franc… Je n’y ai même pas pensé. J’aurais pu cela dit, parce que t’étais vraiment relou. Mais… Je ne vois pas le mal en fait à t’inviter. » Je dois être hyper lent d’esprit, je n’arrive vraiment pas à piger. C’est qu’un kebab bordel, ce n’est pas comme si je l’invitais dans un de ces restau’ chicos où tu mets la peau de ton cul aux enchères pour payer ne serait-ce que l’entrée. En réalité, ce que je ne saisis pas, c’est qu’il est embarrassé par la situation. Et avec ma réaction de crétin, ça ne doit pas l’aider. Surtout que s’il en vient à me demander pourquoi lui et pas quelqu’un d’autres, je ne suis pas sûr de lui trouver une réponse appropriée. Bref. Je reste face à lui, une expression de profonde incompréhension sur le visage.

Si quelqu’un pouvait me rendre mon cerveau s’il vous plait, ce serait gentil.


Je crois que je comprends un peu mieux quand il enchaine avec sa colocataire. Ça m’a l’air… Compliqué. J’ai juste du mal à réellement comprendre, parce que je ne me suis jamais retrouvé dans une situation comme la sienne. Je dois manquer de maturité ou d’empathie sur le sujet, ou alors est-ce parce que j’ai grandi dans un milieu où la valeur de l’argent est quasi nulle ? Mon peuple et moi, on accorde plus d’importance à des éléments essentiels comme l’eau, plutôt qu’aux billets verts. Parce que dans le désert, tu peux être le gars le plus thuné du monde, ça ne t’aidera pas à vaincre la déshydratation. Et tu ne peux pas acheter les nomades avec ton blé, ils n’en ont rien à foutre et ils ne sont pas du genre à mettre leurs familles en danger pour sauver le péquenaud qui s’est paumé au milieu des dunes. En revanche, si tu te pointes avec des vivres, y a moyen de faire du troc. Je sais bien que c’est une mentalité que beaucoup estime archaïque puisque l’avancée du monde actuel, de la technologie, fait que peu de gens acceptent de vivre dans les conditions dans lesquelles on vit. Et souvent, on fait face à l’incompréhension -et je dis bien on parce que même si je suis Maitre de la Ligue, j’estime encore être un habitant du Refuge-. Combien de fois j’ai entendu des gens me dire qu’en fait, j’avais juste fui le désert ? Alors que mon voyage initiatique n’avait strictement rien à voir avec ce désir que je n’ai jamais éprouvé, d’ailleurs. J’ai… J’ai du mal à comprendre, parfois. J’ai l’impression que les gens oublient l’essentiel et qu’ils se convainquent qu’ils ont besoin de futilité pour survivre.

« Ben… t’auras juste à lui dire du coup que c’est moi qui t’ai invité ? Si t’es dans une mauvaise phase, ce n’est pas grave. ‘Fin je ne veux pas me mêler non plus de ce qui ne me regarde pas mais ça arrive à tout le monde. Tu te rattraperas quand tu seras remis ? »

J’ai l’impression de dire des absurdités plus grosses que moi, tant que ça en est gênant. Je garde mon air de petit abruti qui croit vraiment ce qu’il dit, en prime. Déjà, « je ne veux pas m’en mêler mais », c’est une formulation qui fait que je m’en mêle quand même, donc c’est con. Quant à savoir s’il s’en remettra, je ne sais même pas de quoi je parle. J’imagine naturellement qu’il est dans la merde pour une raison valable, mais ce n’est qu’une supposition. Je peux parfaitement me planter et en réalité, c’est juste un parasite qui n’a rien envie de foutre de sa vie et qui préfère jouer le squatteur parce que c’est plus facile. J’espère… J’espère quand même que ce n’est pas ça, parce qu’on ne va pas s’entendre. Et ça me ferait chier quand même. Parce que… parce que voilà. Ne me demandez pas de me justifier.

Je tiens quand même à lui dire que je suis désolé de pas avoir annoncer plus tôt l’invitation. Ça aurait pu lui éviter du stress inutile, alors ça me parait logique de l’énoncer. Une fois encore, il me réplique que je n’ai pas besoin de le faire. Ça me rappelle qu’il m’avait déjà dit ça, quand on était sur le toit lors de notre première rencontre. Je ne sais pas si je dois laisser ma curiosité s’exprimer mais je n’arrive pas à comprendre pourquoi ça a l’air de tellement gêné, que je le fasse. Peut-être… Peut-être qu’il croit que je ne le pense pas ? Que je le dis comme ça, pour faire genre je suis magnanime et blah blah blah. Ça me dérange. L’idée qu’il pense que je sois dans la fausseté me dérange.

« … Je me fais des films ou t’aimes pas quand je m’excuse ? » Est-ce que c’est seulement bien de poser la question ? Surtout tournée comme ça, parce que ça ne veut rien dire. Je me sens crétin de mettre des mots sur mon ressenti et ça me fait adopter une tête chelou. Un mélange de « merde je suis con » et de perturbation. C’est n’importe quoi. « Laisse tomber en fait. » J’ai des instants où je suis un peu perdu, où mes réactions n’ont pas de sens, même pour moi. Je suis passé de la colère furieuse à une forme d’attendrissement bien plus vite que nécessaire et ça me tracasse beaucoup trop. Habituellement, je ne change pas aussi facilement d’humeur, surtout que la bouffe n’est pas encore sur la table. Pourquoi j’ai l’impression qu’il me perturbe plus qu’il ne le devrait ?

Le fait de ne pas réussir à anticiper ses réactions doit jouer et je finis par me convaincre que c’est l’unique raison de mon comportement bizarre. Ce n’est pas comme si j’étais particulièrement doué à cet exercice, mais cette fois-ci c’est assez marqué pour que j’en perde un peu mes moyens. Je me sens tellement ridicule que ça en est gênant. Heureusement, la nourriture me permet de reprendre contenance et je me jette dessus avec l’appétit d’un ogre. Je suis content de manger et de pouvoir avoir à nouveau des réactions naturelles. Pas que je jouais un rôle tout à l’heure mais… j’sais pas trop. J’ai l’impression de m’être un peu égaré, entre ma façon de penser sur le fric, la peur de passer pour un connard de riche, ma non-envie de l’enfoncer dans sa situation. Ça a donné un mic-mac à la con que je préfère passer sous silence.

Il s’étonne de tout ce que j’ai commandé et ça m’amuse beaucoup, je dois avouer. J’attendais une remarque là-dessus d’ailleurs et je ne suis pas déçu. L’histoire du ver solitaire m’éclate énormément et lorsqu’il ajoute, avec une pointe d’animosité, qu’il me jalouse aussi pour cette faculté de manger sans grossir… Je ne peux que rire une nouvelle fois. Il n’y a pas la moindre moquerie dans mon expression, ni vexation, ni rien de négatif en réalité. Je m’exprime simplement, sans mauvaise pensée, avec un rire cristallin qui démontre juste mon amusement. Et ça fait du bien de ressentir ce sentiment, après le mois infernal que je viens de vivre. J’ai presque envie de le remercier pour ça, je ne suis pas sûr néanmoins qu’il comprenne pourquoi je le fais. Ça sortirait sans doute un peu de nulle part alors je me retiens, continuant de manger comme si ma vie en dépendait.

J’essaye toutefois de me calmer dans mon rythme, histoire de pas tout engloutir et de me plaindre ensuite d’avoir mal au ventre. J’en viens naturellement à m’excuser pour mon comportement de tout à l’heure, j’ai été pas mal virulent je trouve. A sa réponse, j’ai une tête de choqué ; il se moque de moi, c’est ça ? J’ai immédiatement le réflexe de croire que c’est de l’ironie, mais la suite me démontre que je me goure sur toute la ligne. Et j’ai l’air davantage con lorsque je vois son petit sourire pour me soutenir qu’il est sérieux. Ah ? Je suis indécis sur ce que je ressens ; je trouve ça triste qu’il se dévalorise de la sorte, mais en même temps ça me rassure d’apprendre qu’il ne m’en veut pas. J’hésite sur la réaction à avoir et, au final, j’ai l’impression d’avoir loupé le coche alors je me contente d’acquiescer doucement, une nouvelle fois troublé dans mon comportement.

J’enchaine, donc. On ne va pas s’éterniser sur le sujet et j’ai envie, aussi, de retrouver mon comportement moqueur et taquin. Je manque de réactivité là, ça me saoule un peu. Après, je suis toujours bien plus docile quand je mange parce que je suis forcément heureux, il ne me faut pas grand-chose. Je retrouve un sourire quand il s’exprime avec surprise sur le concours d’Arabelle. Je ne sais même plus comment ça se fait que moi je suis au courant vu qu’en général je ne suis pas l’actualité des coordinateurs, mais j’imagine que j’ai dû entendre l’information à la Ligue quand mes oreilles trainaient. « Il me semble que ça s’enchaine, les concours. Je me trompe peut-être mais eh, c’est toi le coordo. » J’ai le sourire quand je le lui dis. Quant au fait qu’il ne pense pas participer, c’est son bon droit. J’ai cependant une légère moue déçue. J’aurais bien aimé le voir agir sur scène, cette fois-ci en réel, pas à travers un écran en rediffusion. Cette information est beaucoup trop gênante pour être analysée par mon cerveau alors je me dépêche de mordre dans un de mes cheeseburgers, au moins avoir la bouche pleine ça va m’éviter de dire des énormités.

Il continue sur la coordination et je penche la tête légèrement sur le côté, démontrant une nouvelle fois mon incompréhension. J’ai pigé un truc qui me dérange chez lui ; il se tire dans les pattes, constamment. Ce n’était pas difficile à capter, sans doute, qu’il a une piètre opinion de lui-même. Mais ça m’explose à la gueule quand il parle de sa colloc’ qui souhaite qu’il fasse quelque chose de sa vie… Et qu’il dénigre volontairement son talent. Ça aussi, ça me dérange. Je sais que je me suis foutu de sa tronche tout à l’heure parce que je suis un petit con, mais il a eu le ruban derrière alors… J’ai vraiment du mal à assimiler son comportement. En plus, Rubis n’a clairement pas l’air d’accord avec lui et ils ont un de ces échanges auxquels j’ai déjà assisté lors de notre précédente rencontre. Habituellement, ça m’amuse de les voir se chamailler comme des gamins. Cette fois-ci… Je suis plus réticent. Sans doute parce que je ne suis pas du tout d’accord avec lui. En plus, j’ai le sentiment qu’il n’y croit pas vraiment ou en tout cas, il fait genre il s’en fout mais cette expression sur son visage… J’ai un sentiment de déjà-vu.

Je tarde à répondre, parce que j’ai toujours la bouche pleine. J’ai ralenti la cadence toutefois, tournant dans ma tête les mots qui me brûlent les lèvres. Malik m’a déjà fait remarquer que je manque cruellement de tact et que je devrais penser davantage aux conséquences que peuvent avoir mes mots. Alors j’essaye de mettre du sens dans ma tête pour ne pas dire le premier truc qui me passe par la tête et de ne pas céder à l’envie de lui foutre des baffes pour qu’il réagisse, envie qui me tiraille un peu trop. Clairement, je me rends bien compte qu’il ne faut pas que je merde sur ce sujet. Sauf que je suis complètement nul pour encourager les gens et je leur donne souvent plus envie de me défoncer la gueule, donc je vais totalement à l’opposé de ma volonté et… Il me prend de court, me questionnant sur mes motivations, pour la Ligue. J’ai un bref sourire qui revient naturellement lorsqu’il évoque le rêve d’enfant. Lorsqu’il m’avoue qu’il pourrait facilement trouver l’information sur la toile, je m’aperçois qu’il n’a pas dû faire beaucoup de recherche sur moi, ni même lire les magazines people. Cette question, j’ai l’impression de l’entendre en boucle. Pour autant… Je pose mon burger, restant pensif quelques secondes.

« L’info est sur le net, c’est sûr. Mais… » Une moue pensive danse sur mon visage, mon regard se perdant sur Sam, toujours en train de manger. Il relève la tête lorsqu’il réalise que je le fixe, lâchant un léger aboiement. Je crois qu’il m’encourage à continuer. « Je pourrais te répondre ce que je dis aux journalistes. L’excitation du stade, l’adrénaline, le public qui scande ton nom et qui t’acclame… ça fait sans doute petit con prétentieux, mais je trouve ça super grisant et assez addictif. » J’imagine que j’aurais du mal à m’en passer, tant ça me plait, au fond. Je ne trouve pas qu’il y ait du mal à flatter son égo, de temps en temps. De toute façon, si je commence à prendre la grosse tête à cause de ça, je compte sur Malik et Izy pour me faire redescendre rapidement. « Je pense… Je pense que c’est juste des bonus, au final. Ma motivation… je ne crois pas qu’elle soit aussi égoïste, à bien y réfléchir. » Je ne sais pas pourquoi je lui dis tout ça, en réalité. Et même si je réalise que je pars trop loin dans mes réflexions, ça ne m’empêche pas d’enchainer. « Je crois plutôt que je voulais me prouver que j’en étais capable. Se fixer un but et y parvenir, en mettant tout en œuvre pour que ce soit réalisable. C’est un rêve de gosse, clairement. Je pensais pas du tout en être capable mais… Depuis tout petit, j’ai cette sensation de… » Je retrousse mes lèvres. Je me sens mal à l’aise, parce que ça doit être la première fois que je l’avoue à voix haute. Sam laisse de côté son repas, venant à poser son museau sur ma cuisse. Je le caresse distraitement, alors que je parviens à regrouper le fil de mes pensées pour reprendre. « Une sensation d’infériorité qui me bouffe de l’intérieur. » Ça doit lui parler, je pense. « Je suis le petit dernier des triplés, celui qui a des problèmes de santé et de comportements, celui qui est le plus frêle, le plus petit… Bref, la liste est longue. J’avais… J’avais besoin de me prouver que j’étais capable d’accomplir quelque chose qu’on juge impossible ou hors de portée. »

C’EST CRE-TIN. C’est le premier mot qui surgit dans ma tête quand j’ai fini de parler. Putain mais il m’arrive quoi là ?! Je n’aime pas. Je n’aime vraiment pas. En plus, quand je réalise que j’ai vraiment dis tout ça à voix haute, je sais que je rougis de honte. C’est plus fort que moi. « Je crains pardon. » J’ai tendance à cacher mon visage derrière mes mains d’une manière que je veux naturel, parce que je n’assume ABSOLUMENT pas. Je me prépare aux moqueries qui vont fuser, après ça. Je suis parti beaucoup trop loin ! A la base, je voulais me servir de mon expérience pour lui montrer que c’est important, de réaliser ses rêves et d’y croire. C’est peut-être neuneu comme façon de penser, mais je dois être un doux idéaliste, finalement. Et ça contredit complètement mon comportement habituel de petit con aux chevilles démesurés. J’aime bien ce rôle, à bien y réfléchir. J’aimerai bien remonter le temps pour m’empêcher de dire tout ça. Je ne sais pas quoi dire de plus alors je reprends mon repas pour le finir. Mes états d’âme n’ont jamais été suffisant pour me couper l’appétit, de toute façon. Je crois que rien en réalité ne peut couper mon appétit. Au moins ça.

Je n’aurais pas dû être aussi sincère. Qu’est-ce qui m’a pris ? J’ai pourri l’ambiance en plus.



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Illia Aethelhelm

Illia Aethelhelm
Coordinateur Unys

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Région : Unys
Jeu 30 Jan - 14:43
Ahah, la grosse blague. Enfin pas vraiment. Heureusement qu’il a pas insisté et est passé à autre chose, parce que sinon ce truc d’excuses… Ca aurait été la galère pour réussir à y répondre quelque chose. C’est clair que j’aime pas quand il le fait, mais la vérité c’est que je n’aime pas en général. Parce que je ne considère pas mériter de recevoir des excuses de qui que ce soit, et encore moins dans une situation où c’est moi qui ai merdé comme là. N’importe quel être humain ne devrait accepter une sortie que quand il est capable de l’assumer. Compter sur le fait que quelqu’un d’autre va le faire à sa place c’est vraiment naze. C’est un comportement de parasite. Ce que je suis, de toute évidence, au vu de ma situation et de mes actes, mais clairement ça se dit pas. Alors j’aurais été bien emmerdé pour répondre à sa question. Si j’avais juste sorti un ”bah ouais j’aime pas”, sûrement qu’il aurait voulu en savoir plus. Du coup, j’ai bien fait de fermer ma gueule pendant ce petit temps de flottement. J’ai juste dû faire une tête, genre froncer les sourcils un peu sur la défensive, par réflexe, mais rien de plus.

Heureusement la bouffe arrive, ce qui permet de chasser définitivement cette ambiance un peu pourrie qui a été créée alors que ce n’était pas du tout mon intention. Ca fait du bien, ça détend tout le monde même si je suis encore un peu embarrassé rapport à mon comportement. Faut vraiment que j’arrive à me débarrasser de cette sale habitude… Il paraît qu’à mon âge il est encore temps de changer alors peut-être que je devrais m’y mettre. J’ai la jeunesse pour moi et puis autant se concentrer sur ce point minime que de regarder les réels problèmes en face, c’est plus simple. En plus j’ai genre pas du tout envie de penser à tout ce qui ne va pas maintenant. C’est pas le moment. Je broie déjà assez du noir tout seul quand je suis sur le canapé de Rose à rien foutre. Ou quand je tourne dans l’appartement à rien foutre. Maintenant que j’y pense, c’est un peu bizarre que Phil me laisse faire… Sûrement qu’il est encore sous le choc d’être mort donc il a besoin d’y réfléchir aussi. On peut plus trop communiquer comme avant, il se contente des choses vraiment importantes comme il est contraint d’écrire à chaque fois, mais j’imagine bien que mourir ça doit choquer.
Je lui ai pas demandé comment ça s’était passé. Je lui demanderai jamais. Je ne veux pas le savoir. Ca doit pas être le genre d’expérience qui fait plaisir à raconter de toute façon et puis… S’il me racontait sa mort ce serait une autre manière de reconnaître objectivement qu’elle a eu lieu, et je suis pas prêt. Il est pas vraiment mort, puisque c’est un tutafeh maintenant. Il a juste changé de corps, c’est pas grand chose !...
… Ta gueule pensée, on a dit que c’était pas la soirée pour ce qui va pas !

Je suis tiré de mes pensées par Aram qui s’excuse de son comportement, mais je vois pas trop pourquoi il le fait alors je lui dis. Genre il était infect sans raison ? Bah non, y en avait clairement une de raison. Puis si ça c’est être insupportable… Je sais pas comment Rose m’a pas encore défoncé la gueule à coups de pelles. Avec tout ce qu’elle fait pour moi, ce serait légitime que je m’en prenne une quand je l’insulte ou que je rejette en bloc sa gentillesse. Cette réponse a pas l’air de convaincre Aram par contre parce qu’il me fait une tête chelou. Et bah tant pis pour lui écoute, hein, s’il m’a pas trouvé si relou que ça au final je vais pas m’en plaindre. Même si ça me fait me poser des questions sur le genre de personnes qu’il côtoie pour que mon comportement passe.
Après c’est vrai qu’il y a différents types de relou. Et peut-être qu’à la Ligue c’est pas la même chose mais que c’est beaucoup plus lourd. J’arrive à peu près à imaginer que ça doit être un domaine trop péteux de conventions sociales de merde. Le genre d’endroit dont je me ferais exclure en moins de deux jours parce que j’aurais frappé quelqu’un. Je me demande si ça ressemble au genre de conneries dont j’ai pu être témoin avec la famille de Phil. J’espère pas pour Aram parce que franchement… C’en était à un niveau absurde. Mais après c’est pas forcément tous des gros riches à la Ligue, je crois, donc ça doit encore être différent. Ce dont je suis sûr, c’est qu’ils se prennent trop la tête pour rien. Ca se voit rien que dans les mises en scène et tout le drama qu’il peut y avoir parce qu’un mec fait un pas de travers à un évènement. Pas que je sois spécialement au courant, mais c’est le genre de trucs dont Rose adore me parler.

Apprendre qu’un nouveau concours de coordination va avoir lieu me surprend, je pensais pas du tout que ça s’enchaînait aussi rapidement. Y a vraiment des coordos qui participent à tous les concours ? C’est vraiment des grands malades… Je sais pas si je suis impressionné ou triste qu’ils aient que ça à foutre de leur vie. Bon après si c’est leur passion j’imagine que je devrais plutôt être fasciné. Ce qui est certain c’est que moi ça me parle pas assez pour faire ça.
J’ai un petit sourire en demi-teinte quand Aram me dit que je devrais savoir parce que c’est moi le coordinateur. J’aime pas qu’on me dise que je suis coordinateur, c’est pas parce que j’ai fait un truc une fois que je le suis devenu. Certes j’ai la carte d’inscription, l’étui à ruban et tout le bordel de quand on s’inscrit pour participer aux concours, mais ça veut rien dire. J’ai pas choisi cette carrière et pour le moment, dans ma tête, il est hors de question que je la choisisse. Genre… J’ai pas traîné pendant des années avec de la racaille pour finir danseuse étoile ! Y a clairement une contradiction là. Y a que Rose pour s’imaginer que ça passe, même si je caricature la fonction. Même Phil il était pas franchement convaincu, alors si lui ne l’est pas alors qu’il me connaît mieux que personne, c’est forcément qu’il y a une couille dans l’histoire. Bon il était beaucoup plus enthousiaste une fois qu’il m’a vu bosser sur la prestation donc j’imagine qu’il a un peu changé d’avis d’une manière ou d’une autre… Bref. Je dis que je compte pas participer à ce prochain de concours et que je suis même pas sûr de faire de la coordination, qu’on m’a forcé et que c’est pas pour moi. Histoire de passer à autre chose. Et j’aimerais bien être capable de faire une autre tête que celle qui hurle que je suis perturbé à propos de tout ça, réellement faire genre je m’en fous, mais apparemment j’en suis pas capable. Je me saoule.
En plus j’ai l’impression qu’Aram trouve ma réponse pas ouf. Il s’attendait à quoi ? Un grand discours trop beau sur la coordination ? La motivation ? Que je sois trop enthousiaste à l’idée de retourner faire le clown avec mes pokémons ? Heureusement, Rubis se met à faire de la merde ce qui permet de détourner mon attention pour pas avoir à regarder sa tête. Et pas avoir à comprendre son expression. Juste : bouffe et soit heureux. C’est tout.

En plus tout ça me fait me questionner sur mes motivations. En général, j’entends. Genre sur la vie, peut-être avec un grand V. Mon objectif… Si si j’ai seulement un objectif ou si je veux en avoir un. Le genre de questionnement beaucoup trop relou à avoir et que j’ai déjà beaucoup trop souhaité écarter ce soir sans y parvenir. C’est quoi mon problème sérieusement ? J’ai toujours été con, alors pourquoi il faut que je me prenne la tête maintenant ? Je peux pas retrouver ma caboche bien vide qui fonce tout droit sans réfléchir ? Pourquoi il faut que je pense trop depuis… Depuis je sais plus. Objectivement, je crois que j’ai toujours trop pensé, même si c’était pas forcément de manière intelligente. Mais avant je pouvais occulter, juste faire mon gros bourrin et ça passe. J’avais Améthyste pour me vider l’esprit. Un coup de mushana sur la tête, et le réel chiant n’existait plus. Y avait plus que mes rêves de rien. J’adorais le rien, c’était comme mourir quand on a pas les couilles de mourir. Maintenant j’ai plus le rien. Maintenant quand je le fais j’ai des rêves de Phil et c’est quand je me réveille que j’ai la sensation du rien qui est devenu un enfer. Et je peux pas m’empêcher de continuer à foutre mon mushana sur ma tête, réduisant à néant les efforts de la cure, encore et encore, parce que j’arrive pas à continuer à prendre ces putains de médocs. A quoi bon ? Pour pas me pourrir le cerveau avec la brume des rêves ? Au point où on en est… Oryse m’a dit que si je continuais j’allais finir par plus réussir à dissocier le rêve de la réalité, mais qu’est-ce que j’en ai à foutre ?
Je secoue la tête. Je suis pas tout seul. C’est pas le moment. J’ai déjà décidé que c’était pas le moment. Même si j’aimerais tellement, tellement que Phil soit assis à côté de moi là, même si c’était qu’un rêve qui se superposerait au réel.

Mais là, c'est pas ça, la réalité. Et en y retournant me trouve à me poser des questions. Je suis face à un type qui avait clairement un but, parce qu'on se retrouve difficilement à la Ligue si c'est pas notre but, je pense, et qui a réussi à le réaliser. Et je peux que penser qu'il fait ça bien étant donné que quand je le vois à la télé je l'admire. Alors je me retrouve à lui demander pourquoi est-ce qu'il a décidé de devenir champion. Peut-être parce que j'ai envie de savoir comment parlent les gens du but qu'ils se sont trouvés dans la vie.
Et là je stresse comme un con alors qu'il entame sa réponse. Parce que je me dis que je vais peut-être le faire chier, mais aussi parce que genre… C'est dur à admettre, mais j'ai trop peur d'être déçu de la réponse. Je suis absolument pas légitime à porter un jugement de valeur sur ce qu'il va me dire, mais quand t'admire un minimum quelqu'un et que tu lui demandes ses motivations, s'il te répond de la merde ça fait toujours un certain choc. Parfois on est même dégouté d'avoir pu ressentir ce qu'on ressentait pour la personne. Alors voilà, je me tends un peu, et peut-être que ça se voit un peu sur ma gueule, mais je l'écoute attentivement.

Il commence par me raconter ce qu'il répond tout le temps. Des trucs classiques en effet, un peu péteux, mais je vois pas qui pourrait blâmer qui que ce soit pour ça. Bon par contre s'il s'arrête là je serais un peu déçu quand même, bien que j'ai pas le droit de l'être et que, dans une moindre mesure, je vois un peu. Y a des gens qui m'ont applaudit à la fin de ma prestation et quand j'ai reçu mon ruban… C'était trop cool. Qu'il y ait des inconnus qui reconnaissent que t'as fait un truc bien, ou même ton existence. Que t'es pas juste une espèce de merde vivante qui existe comme une vieille erreur dans le monde. J'aurais bien aimé me faire applaudir par mon père… Je me demande encore s'il m'a vu. Mais pas longtemps, je crois qu'Aram a pas fini de parler. En plus ça m'a quand même un peu fait sourire qu'il se compare à un "petit con prétentieux". Petit con, j'en suis certain. Prétentieux faut voir à la suite de la réponse, sûrement. Par contre j'ai pas compris le mot "grisant", alors j'espère que c'est pas super important. Vu le contexte j'imagine que c'est une manière de dire qu'il kiffe.
Ah bah voilà, il continue. Comme quoi ce qu'il a commencé à me présenter et ce qu'il dit aux journalistes c'est superficiel, un peu. J'ai un peu l'impression qu'il se parle à lui-même, comme s'il essayait de se convaincre lui-même, mais ça me dérange pas. C'est le genre de trucs qu'on fait tous, sauf qu'on le garde dans notre tête parce que personne a envie de l'entendre. Moi ça me dérange pas, car j'ai trop aimé quand Phil a enfin été là pour écouter tout ça. C'est beaucoup plus facile de décider quelque chose ou comprendre un mystère qui nous tourne dans la tête quand on a quelqu'un pour écouter. Du moins dans mon cas, et celui de Phil aussi, je sais pas si c'est universel.
Pour la suite, j'arrête carrément de bouffer. Comme si le fait de mastiquer allait m'empêcher d'entendre. C'est complètement con, mais rien que sa première phrase… Putain. Voilà, c'est tout ce que j'ai à exprimer sur le sujet. Parce que j'ai l'impression, comme s'il existait pas déjà assez, que je suis tout au fond d'un méga fossé et qu'il me parle depuis le dessus. Et que j'aurais beau tendre mes bras le plus loin possible jusqu'à me les disloquer qu'il y a pas moyen que j'arrive m'accrocher à la moindre pierre pour essayer de monter au moins un peu. Comment il a fait putain ?! Comment on surmonte le fait de pas se sentir capable d'un truc ? Et il en rajoute, j'ai l'impression de me prendre un énorme coup de marteau sur le crane histoire de m'enfoncer encore un peu plus loin dans le gouffre.

Je m'attends à être assailli d'émotions négatives, à une putain de colère. Et je sens que c'est en train de venir, que y a un miasme beaucoup trop noir qui s'agite en moi. Comme s'il s'était adressé directement à ce que j'avais jamais été capable de faire. Je sais que je le prends beaucoup trop pour moi, que je suis à mille lieues de la vérité, qu'il a juste raconté ce qu'il voulait raconter, et que je dois en savoir plus que beaucoup de gens parce que ça m'étonnerait qu'il raconte tout ça aux journalistes.
Mais je suis con. Beaucoup trop con.
Alors je vais faire quoi ? Comme d'habitude. Juste me laisser aller sur cette défensive de merde qui me fait rejeter avec violence et colère tous les gens autour de moi qui ont réussi au moins un peu à faire ce que j'ai jamais été foutu de même essayer de faire. Me bouger le cul, pour faire quelque chose, m'élever un peu, arranger ma situation par mes propres moyens et arrêter d'accuser tout ce qui m'entoure de ce qui va pas. C'est la faute de papa, celle de maman, et puis même celle de Rose, tant que j'y étais. Alors que la faute c'est la mienne. Uniquement la mienne. "J'aurais dû", je refais souvent ma vie avec ça. Et je me mets à chialer, souvent, alors je vais éviter. Je me consolais en me disant qu'avec les "j'aurais dû" Phil n'aurait sûrement jamais existé dans ma vie, mais maintenant… Ca aussi, ça me fait souffrir. Et j'aurais dû ne jamais partir en cure, pour profiter de lui jusqu'à la fin.
Je sais que mon visage se ferme complètement, que je regarde la table comme si j'étais sur le point de lui arracher les tripes. Alors que c'est une table. On s'en fout, c'est l'intention qui compte. Je veux pas. Putain je veux pas. Pourquoi je suis pas foutu de lutter contre ça ?! Le regarde pas. Le regarde pas Illia, surtout pas…

… C'est quoi cette vieille tête ?
Est-ce qu'il est en train de… Rougir ? Mais pourquoi ? Il fait pas si chaud… Si ? Nan, je crois pas. Je comprends pas. Je cligne plusieurs fois des yeux. Il vient de dire quoi là ? Qu'il craint ? Euh… … … Pour une raison que je ne saisis pas pleinement, une bonne partie de ma colère est remplacée par une profonde incompréhension qui me radoucit parce que les deux sentiments ne sont pas compatibles chez moi. Je reste là à le regarder bêtement pendant plusieurs secondes. Ce qu'il dit n'a aucun sens.

- Bah pourquoi tu craindrais ?

Y a vraiment des moments où je comprends pas ce type. Un peu tout le temps d'ailleurs. A part quand on s'en met dans la gueule parce qu'il y a pas franchement besoin de comprendre quoi que ce soit. Juste on tacle. Mais je me rends compte que dès qu'on discute… Bon après j'imagine que le fait que je taise les trois quart de ce que je pense, voire plus, aide pas à ce qu'on comprenne ce que je bave, mais quand même ! Déjà tout à l'heure, c'était clair que j'étais un gros relou ! Objectivement ! Il sort d'où ce mec ?!
Il me soule, sérieux. Et comme j'étais trop en colère il y a même pas deux minutes, même si c'est redescendu à cause de sa vieille tête de con de gros craignos, ça me titille quand même d'exploser alors je décide de lui mettre un peu de vérité dans la gueule :

- Je sais que t'es un peu con, mais sérieux là c'est plus du con gentil, c'est vraiment de la connerie ! Ca craint pas ça ! Genre "ohlalala regardez le mec qu'a réussi à faire ce que peu font alors qu'à la base c'est un petit asthmatique de merde il craint troooop", ça a du sens dans ta tête ? Bah t'es complètement con ! Et je suis même pas désolé ! Ha !

Evidemment, je dis ça avec ma pure voix de connard condescendant, parce qu'il m'a soulé et je veux lui montrer qu'il me gave avec ses réflexions à la con.

- Je te jure si tu trouves que tu crains parce que tu penses ça j'te trouve une médaille d'or de la connerie et je te la greffe à ton putain de front ! Connard numéro 1 ! Porté fièrement à la Ligue !

Bien sûr j'imagine la scène et je me marre tout seul. De mon pire vieux rire en plus, celui qui fait "bwahahah" au lieu d'un rire de personne normale et que je passe mon temps à réprimer parce qu'on dirait qu'on dirait que je vais bouffer quelqu'un quand je le fais avec ma voix trop grave. Il fait peur aux gosses, aussi, mais à la limite ça je m'en fous.

Après ça je m'adosse mieux sur ma chaise jusqu'à avoir les genoux contre le bord de la table, comme si rien à foutre j'étais chez moi et je prends mon kebab pour le manger comme ça. Je fais sûrement m'en faire tomber des petits bouts sur les fringues, mais je m'en tape complètement. Y m'a tué l'autre là. Je suis trop soulé il a tué la bienséance que je pouvais avoir et faudra que le tenancier me vire lui-même s'il veut que je m'assois correctement. Comme en classe : plutôt me faire virer de cours que d'admettre que la chaise elle a quatre pieds !

Non mais il a cru quoi lui ? Qu'il pouvait se dévaloriser comme ça en présence de quelqu'un qu'est au fond du précipice ? N'importe quoi… Avec son histoire trop solaire là… Je souffle un coup. Ca m'a calmé de parler comme ça, de pas faire passer un mauvais message mais d'y mettre des insultes histoire d'évacuer la colère que je sentais gronder et qu'était pas légitime. Je le sais en plus. Et j'arrive bien à la chasser quand je suis face à Rose la fille parfaite qu'a réussi sa vie dans tous les points et qui, comme je l'avais imaginé enfant, passe son temps à m'aveugler de sa lumière. Alors pourquoi j'ai pas réussi là ? Enfin pas complètement ?... J'en sais rien. Peut-être parce que je me suis senti trop soudainement écrasé. Au moment où je me suis fait écraser par Rose, j'avais d'autres préoccupations avec cette putain d'urne. Alors j'ai pas forcément réagit. Et quand je me vois là, comment j'ai failli être, je me dis que c'est mieux que je sois passé à côté. Jamais elle m'aurait accueilli chez elle.
Bref, je me sens mieux de l'avoir sorti, ça soulage. Je peux peut-être enfin réagir comme un être humain correct, même si c'est toujours difficile pour moi.

- Enfin ! Tout ça pour te dire qu'elle est cool ton histoire, sérieux, les gens adoreraient !, comme je suis calmé j'arrive à sourire à nouveau. Je pense que... C'est pas tout le monde qu'aurait réussi à le faire avec ce complexe à la base, je sais de quoi je parle, mais je vais pas le dire, faut pas déconner. Respect !

Parce que c'est ça que ces personnes devraient m'inspirer au lieu de ma vieille jalousie de merde qui me rend imbuvable. De toute évidence j'y arrive pas encore, mais bon. Je retourne à ma bouffe, du coup, et j'adresse à Aram un pouce en l'air que Rubis accompagne comme s'il avait compris ce que je venais de dire. J'en doute pas en vrai, il comprend bien le langage humain.


    Le texto du Destin Signa412
    "Par-delà le réel, nous serons."
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Aram Faathi

Aram Faathi
Ligue 4

C-GEAR
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Dim 2 Fév - 17:48
La bouffe, c’est un bon moteur pour me faire passer à autre chose. Il ne répond pas à toutes mes questions, mais pas grave, y a mon tacos pour me tenir compagnie. Bon, plus pour longtemps vu la vitesse à laquelle je l’engloutis. Je me dis que je dois trop causer, ou me mêler de ce qui ne me regarde pas. Il m’a déjà avoué être sans le sou, je ne vais pas encore créer plus de problèmes, ni insister sur ce fait. Ça risque juste de le mettre mal à l’aise. On enchaine sur la coordination et je m’aperçois qu’il est vachement défaitiste, comme type. Je ne suis pas du genre à croire au Père Noël ou aux contes de fées, du coup les « la vie est magnifique » ne fonctionnent pas vraiment avec moi, mais je pensais qu’au moins le job de coordinateur lui conviendrait… Mais je me suis fait des films, j’ai l’impression. Je me disais que quitte à occuper son temps libre, le faire sur un truc où il est doué serait envisageable, quoi. J’en viens à me demander ce qui peut l’intéresser vraiment dans la vie, cependant, je ne vais pas me permettre de poser la question comme ça, de but en blanc. Ce serait mal poli et puis… Et puis j’ai la bouche pleine de frittes. Je vais éviter de lui postillonner dessus, hein.

Il me questionne sur mes motivations, au final. Je ne sais pas pourquoi il le fait et j’ai genre entendu cette question des milliers de fois auparavant, je pourrais donc l’envoyer paitre et lui dire que ça s’arrête là, que je n’ai pas envie de perdre mon temps et ma salive à répéter toujours la même chose. J’aurais pu. Je ne l’ai pas fait. Et je vais m’en mordre les doigts dans les minutes qui vont suivre, mais ça, je ne le sais pas encore. Pour une des rares fois de ma vie, j’essaye de me montrer le plus honnête possible. Pourquoi face à lui, je l’ignore. Si j’étais capable de lire l’avenir, je rembobinerais la bande et j’esquiverai. Mais je n’ai pas ce pouvoir. Je cherche toujours ce qui m’a motivé à lui parler aussi ouvertement de choses qui me tiennent tellement à cœur. Crétin d’Aram.

Et encore, je trouve que j’ai de la chance, dans mon malheur. J’aurais pu lui expliquer pourquoi je tenais tant à quitter le Refuge, quand on a eu dix-huit ans. S’il en était venu à se moquer de ma mère, je lui aurais défoncé la gueule avant qu’il ait eu le temps de dire « pokemon ». Bref, je n’en suis pas là. Je déballe la vérité, avec le plus de véracité possible. Il est probable que je joue avec les mots pour les exprimer à ma manière mais n’étant pas spécialement doué dans cet exercice, ça reste tout du moins assez bon marché, ce que je dis. Remarque… C’est peut-être le regard avide de savoir qu’il pose sur moi qui fait que j’abaisse mes barrières. Soit. Ne comptez pas sur moi pour recommencer, cela dit. Je déballe ce que j’ai sur la poitrine, sans filtre. Et plus je parle, plus j’admet des sentiments que je n’assume absolument pas. Cette jalousie que je nourris pour mes frères… Je la déteste. Plus que tout. Je ne devrais même pas me comparer à eux. On est différent, c’est tout ce que j’ai à retenir. Je devrais, au contraire, me rassurer en sachant qu’ils n’ont pas, comme moi, des problèmes de santé. Ce serait plus sain, comme façon de penser. J’aimerai parvenir à ce raisonnement. Mais… j’en suis encore très loin. Et ça m’écœure.

Je ne réalise absolument pas tout ce qui se passe dans la tête d’Illia. Je déballe mon sac, simplement, et ça pourrait presque me faire du bien, à bien y réfléchir. Si j’avais pu anticiper sa colère, je me serais tût dès le départ. Ne pas parler de ma condition fragile. Ne pas parler de mes faiblesses. Je me sens comme mis à nu et je me trouve d’autant plus idiot de l’avoir fait face à quelqu’un que je connais à peine. Je suis vraiment con, putain. Ferme-la, Ary. Mais non. Je continue et je sens que le rouge me monter aux joues, quand j’ai fini. Je me sens… Particulièrement vulnérable. Je n’aime pas beaucoup ça. Je me trouve débile, énormément. D’avoir parler comme ça, de penser que je peux justifier mes actions par de la volonté de montrer au monde que je suis capable de grandes choses, moi aussi, même si je n’ai pas une santé de fer. Alors je m’abandonne dans une idée de craignitude -on s’en fout que ce mot n’existe pas- que j’exprime à haute voix. Je n’ai pas idée de la connerie monumentale que je viens de faire.

Je me cache, parce que je me sens envahi par la honte. Lorsqu’il me dit, d’un ton beaucoup trop surpris qu’il ne comprend pas pourquoi je crains, je baisse encore plus ma garde. Je me sens rassuré, parce qu’il n’a pas l’impression que j’ai dis plein de merdes et que ça ne justifie en rien mon choix d’entrer à la Ligue. Je suis presque sûr que si j’exposais ainsi mes motivations à mes frères, ils me riraient au nez. Ary qui réfléchit, chose rare hein. Merde non. Je ne leur dirais jamais, parce que ce serait admettre que j’avais la sensation de grandir dans leurs ombres, alors que clairement, ils n’ont jamais voulu ça. Mon père non plus, d’ailleurs. C’est juste… C’est juste ce putain de corps à la con qui n’est pas fichu de développer des poumons correctement, le plus gros des problèmes.

Mais je déchante rapidement. Je pourrais tomber d’une falaise, je tomberais plus vite à cet instant, en comparaison. Je l’ai dit tout à l’heure, je n’ai pas vu sa colère. Alors je me la prends en pleine face alors que je me sens désarmé. J’encaisse ce qu’il dit, restant bêtement béat face à ses propos. Je mets du temps d’ailleurs, à assimiler tout ce qu’il me balance à la tronche. Autant qu’il dise que je sois con, ça peut passer encore. Je veux dire, je le pense moi-même donc bon. Je ne suis pas de ceux qui se vexe pour si peu. Mais ce qui suit… Je dois avoir les nerfs à vif, pour que ça me pique autant, comme si j’avais foutu la gueule la première dans des chardons ardents. Il vocifère ces conneries que tout le monde pense tout bas, me concernant. Avec sa voix railleuse et son comportement de pur connard. Et moi, je reste complètement inerte. Mon rougissement n’est plus là… Mais je sais qu’il est rapidement remplacé par la fureur qui s’empare de moi.

MAIS POUR QUI IL SE PREND CE SALE BATARD ?!?

Je la sens bien, cette colère qui monte de mon côté. Mon visage se ferme, je ne fais plus attention à Sam qui cherche à attirer mon attention en me léchant le poignet. J’ai un geste de rejet à son égard qu’il n’aime pas particulièrement, venant à poser un regard noir à Illia. Il a parfois du mal avec notre langage, comprenant mieux ma langue natale. Du coup, la conversation lui échappe, mais en vue de ma réaction, il comprend que je n’apprécie pas. Je n’apprécie pas du tout et j’en viens à serrer mes poings jusqu’à blanchir mes articulations. Je vais lui défoncer la gueule. Lui refaire le portrait, lui faire ravaler ce sourire narquois si profond dans la gorge qu’il verra ce que ça fait, d’être « un petit asthmatique de merde ». J’ai bien compris qu’il ne le pense pas lui-même, mais mettre des mots sur ce que les gens médisent, parce que je sais qu’ils le pensent, ça ne se fait pas. Ça ne se fait pas bordel de merde, surtout quand je me montre aussi ouvert et honnête. Putain. Ta gueule. Juste ta gueule pauvre con !

Et c’est qu’il en rajoute, en plus. Mais ta médaille, connard, tu peux te la fourrer au cul je n’en aurais rien à cirer ! Ou même mieux, étouffe-toi avec tiens, ça me fera des vacances ! Je n’arrive pas à en croire mes oreilles. J’ai bien pigé qu’il réagit plus à mon « je crains » de fin qu’à tout le reste. Il n’a rien compris, putain. Strictement rien. Je suis en train de contenir la rage qui hurle dans ma poitrine, parce que péter un scandale dans un petit restau’, même si ce n’est pas hyper médiatique comme endroit, ça va quand même me valoir de la mauvaise pub. Franchement, je n’ai pas besoin de ça pour mon image et je m’étonne moi-même d’avoir ce genre de réflexion, à croire que les discours d’Alice me rentrent finalement dans la caboche. Les gens se rendront compte tout seul que je suis un petit con. J’ai le souffle coupé et ça n’a rien à voir avec mon asthme. Son rire détestable résonne en stéréo dans ma tête et je prends un air encore plus creepy. Mes yeux s’écarquillent et j’ai un sourire mauvais qui danse sur mes lèvres. Ce n’est pas bon. Pas bon du tout. C’est même bizarre que je n’aie pas encore agi. Tout, dans ses paroles, dans son attitude me donne envie de lui fourrer la gueule dans sa bouffe et…

…MAIS WHAT THE FUCK ?!

Il me fait quoi là, avec son sourire absurde ? Et il me complimente sur mon histoire, me parle de respect. DAFUQ. « … Tu… Tu te fous de moi ? » C’est vraiment la sensation que j’ai. En plus, Rubis en rajoute. Je lui lance un regard noir, parce que clairement, je n’ai pas besoin qu’il encourage son dresseur dans sa connerie. Je trouve ça déjà assez humiliant, comme situation. J’ai fermé ma gueule, j’ai encaissé. C’est le moment de changer la donne. « Ça t’a fait du bien au moins de me balancer tout ça à la gueule, j’espère. » L’ironie. O grande amie. J’ai un nouveau sourire, mais il n’a rien d’amical, celui-là. Il est plutôt glacial, tout comme mon regard. Je suis tellement furieux que je peine à garder ma bouffe dans mes mains, alors je finis par tout laisser tomber. « Alors c’est mon tour. Pour commencer, le petit asthmatique il t’emmerde si profond que je ne suis pas sûr que tu en ressortirais vivant. » Mon rythme cardiaque s’accélère. Je tremble de plus en plus. « Si tu crois que j’apprécie de me faire traiter de con alors que je te parle d’un truc qui me tient vraiment à cœur, un truc que je n’ai jamais avoué à personne même à mes frères qui sont, pourtant, pour moi les personnes les plus importants au monde, c’est qu’il te manque sérieusement une case là-haut. Une énorme même. » J’ai tendance à élever la voix, plus j’avance dans ma réplique. Samaël laisse échapper un glapissement. Il n’aime pas me voir dans cet état, parce que je suis dans la colère furieuse mais aussi au bord de l’implosion. Je suis vexé, terriblement vexé. Même si je ne l’admettrais pas, surtout pas devant lui.

« T’es vraiment un putain de batard quand tu t’y mets. » J’ai craché mon venin. Je sens que, progressivement, ma pression sanguine redescend, tout comme le volume de ma voix. Mon visage est toujours fermé et j’en viens à mordre un croc dans mon doner. Un peu plus et il me coupait l’appétit. Mais s’il était arrivé jusque-là… Je me serais déjà barré en lui foutant mon poing dans la gueule. Lui péter le nez au passage aurait été un bon réconfort. Je pousse un long soupir, m’aidant à reprendre un peu de contenance dans mon comportement, dans mon dialogue. « Je disais que je craignais parce que je me suis exprimé comme une putain de pucelle hyper sensible. C’est tout. Je ne regrette pas mon parcours, ni mes choix, ni même ma vie en général. Je suis fier de ce que je suis et de mes origines. » Tout part d’une erreur d’interprétation ? Très bien, j’y mets fin. Ce qui m’empêche d’être encore énormément remonté contre lui.

« Et je m’en bats les couilles de ce que les gens peuvent penser, il me semble que c’était à toi que je me confiais. »
… Et merde.

J’aurais pu garder ces derniers mots pour moi, quand même. Je me sens toujours un peu mal, quand même. J’en viens à me demander si je n’ai pas overreact… Mais quand j’entends à nouveau son rire résonner dans mes oreilles, je trouve au final que j’ai été trop gentil. Une chose est sûre, il a plus intérêt à rire de cette façon devant moi sinon je le fais bouffer ses dents. Bref. Je fais claquer ma langue contre mon palais en signe de d’agacement, mais je refocalise rapidement mon attention sur ma bouffe. J’en donne même un peu à Samaël qui est venu quémander une nouvelle fois des attentions. Je m’excuse, de cette façon, pour l’avoir envoyé paitre tout à l’heure alors que ma fureur n’était pas dirigée contre lui. Il a l’air de me pardonner et de ne pas m’en vouloir, ça me rassure. En revanche… Je crois qu’il lâche de temps en temps des regards noirs à Illia. A juste titre, sans doute.


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Illia Aethelhelm

Illia Aethelhelm
Coordinateur Unys

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Région : Unys
Mar 4 Fév - 10:02
Ca fait toujours du bien de s’énerver. C’est un sentiment libérateur. Pour moi, en tout cas. Ca permet de sortir des trucs qui enlèvent un poids à l’intérieur. Le problème, c’est qu’on sait jamais quelle forme il va prendre, ce poids, ni même s’il va pas nous retomber dix fois plus fort sur le coin de la gueule. Parce que quand ça sort, en général, t’as un tout petit pourcentage de ce qui est dit ou exprimé qui vient du vrai poids et une bonne grosse autre partie qui consiste juste à faire sortir de la merde qu’on pense pas forcément. Ou alors le faire sortir d’une très mauvaise manière pour la seule raison que ça fait du bien, dans l’immédiat. Ou alors parce qu’on maîtrise pas. Ou que ça nous rassure dans notre mauvaise foi. Enfin bref. Dans tous les cas, c’est pas forcément ouf ce qui passe mes lèvres quand je suis en colère et je le sais. Mais je me retiens pas de parler pour autant. Parce que ça soulage. En oubliant toute la puissance du contrecoup qui vient, après, quand je me pose pour repenser à ce que je viens de cracher.
Comme l’autre soir avec Rose, quand je l’ai faite pleurer. Elle méritait absolument pas ce que je lui ai envoyé et je suis tout à fait capable de me l’admettre à moi-même. Juste parce qu’il se passait un truc désagréable dans ma tête et que ça permettait de mettre fin à cette sensation chiante. Pendant au moins un quart d’heure le temps que ça retombe. Le temps que je m’en aille m’enfoncer dans les abysses de la culpabilité parce que je fais de la merde sans l’avouer. Et comme je l’avoue pas, je rejetterai toujours la faute sur les autres. Alors que je sais très bien que je suis le seul fautif avec ma mentalité de merde.
Et évidemment, je recommence, même si je sais. Parce que le contrecoup il sera pas là immédiatement, y aura au moins quelques instants de répit après que j’ai fini de cracher de la merde avec ma grande gueule qu’on devrait me coudre sur le champ.
Sérieux. Que quelqu’un la couse. Maintenant !

Mais non, y a pas de couturier de bouche. Ca existe pas, ou alors ils ont un sérieux grain.
Si je m’étais pas énervé tout seul comme un con pour rien du tout, sûrement que j’aurais pas dit les même choses. C’est certain, même. Déjà j’aurais pas pris ce ton de super connard condescendant. Mais c’est ce que je fais quand même, parce que ça aide à évacuer, la colère. Colère qui vient de trucs qui ne sont, objectivement, pas du tout légitimes. Comme d’hab. Pour de vrai, qu’est-ce que j’ai comme raison pour réagir comme ça à son histoire à part ma propre connerie ? Rien du tout. Mais ça me suffit, histoire de pas changer. Alors je continue à débiter sur un ton hyper insultant et avec des mots qui ne se disent pas. Du moins pas à des gens qu’on connaît si peu. Ca se fait pas. C’est pas comme ça qu’on parle aux gens. Mais ces émotions négatives que j’ai en moi crient plus fort que ma raison alors j’arrive trop peu à les dompter. A peine. Juste assez pour que ce que je dise me paraisse pas non plus complètement horrible. Pas de la méchanceté gratuite.
Parce que dans le fond, même si la forme c’est de la merde, j’ai pas l’impression de dire des choses mauvaises. Je lui dis qu’il craint pas. Dans le fond du fond du fond quand on oublie tout le reste, c’est un bon truc à dire, non ? Sur l’instant je me dis que s’il est trop con pour le voir, tant pis pour lui, même si je sais pertinemment qu’après coup je vais m’auto-flageller parce que c’est pas du tout dit de la bonne manière. Le fond et la forme ça va ensemble, c’est ce que je suis sensé avoir retenu pour arrêter de me prendre des blâmes et des restrictions pendant la cure et je ne sais combien de séances avec les médecins là… Le coup du groupe pour gérer sa colère je m’en souviendrai toute ma vie. Pas pour les bonnes raisons, parce qu’on constate rapidement que ça a rien donné. Plutôt parce que c’était incroyablement nul. Bref, sur le coup j’avais compris, je faisais plus n’importe quoi quand je parlais même si j’étais agacé, mais il faut croire que depuis j’ai tout foutu par la fenêtre. Il faut dire que je suis pas revenu au monde après ça dans de bonnes conditions.
Ca, c’est encore des excuses. Pour pas changer.

Quand je me décide enfin à la fermer j’ai retrouvé mon calme. Evidemment, je pense pas encore aux conséquences alors je suis bizarrement de bonne humeur. Enfin de bonne humeur… Je souris quoi. Et je me pose un peu au niveau de mes pensées alors je dis enfin ce que j’aurais dû dire à la base. Bon par contre quand je prononce le mot “respect”, j’avoue je tique un peu quand même avec moi-même. Alors que le contrecoup est pas encore tombé. Je me demande quelques brefs instants si ça veut pas dire que j’y suis allé un peu fort dans mon impolitesse, mais je décide qu’il est plus pertinent de continuer à bouffer. En plus Rubis a l’air content, donc c’est que ça doit pas être si terrible.
Alors je me balance tranquillement sur mes deux pieds de chaises. Jusqu’à ce que je me rende compte qu’il y a quelque chose qui ne va pas. C’était évident, bien sûr. Suffisait que j’ai un poil de recul sur mon comportement, mais non. Pour que ça monte au cerveau faut que mon regard finisse par croiser la tronche d’Aram. Et quelle tronche !
Parce que je l’ai pas regardé avant, bien sûr. Faudrait surtout pas avoir un attitude de mec qu’assume, pour changer.

Y a le poids qui apparaît métaphoriquement au-dessus de ma tête. Et je sens qu’il va retomber bien plus vite que j’avais anticipé. Et bien plus fort. Parce qu’en voyant sa tête, immédiatement, je me repasse ce que j’ai dit, les raisons de ma colère, mon attitude… Ma chaise retrouve subitement ses quatre pieds. Quand il ouvre la bouche pour la première fois, je sens comme un truc qui fait “tchong” en l’air, comme si le poids ne tenait plus qu’à un tout petit fil. Et ça tombe. Très vite. Quand il lance un regard noir à Rubis.
Je sais pas beaucoup de choses sur lui, on se connaît à peine, mais je crois… Je crois que s’il en est à regarder un pokémon qu’il avait l’air d’apprécier comme ça, c’est que c’est grave. Qu’est-ce que j’ai encore fait putain ?!

Ca tombe. Même pas en mode retour de flamme gérable contre lequel je pourrais surenchérir dans l’énervement. Non, c’est froid. Et je sais absolument pas gérer les retombées froides. C’est comme si c’était un mur qui te parlait, et tu peux faire quoi contre un mur ? T’auras beau mettre des coups dedans, c’est toi qui aura tellement mal que tu pourras plus te servir de tes mains avant même qu’il s’effrite. Je me prends son ironie dans la gueule de plein fouet et j’arrive pas à réagir. Je sais que j’ai fait une énorme connerie, j’aurais dû le savoir plus tôt. Encore une fois, j’ai l’impression de régresser à l’état du sale môme qu’a fait sa pire bêtise et que ça a été découvert par d’autres. Qui ont le pouvoir de le punir, sévèrement.
Impossible de comprendre immédiatement pourquoi j’en ai quoi que ce soit à foutre, là, tout de suite. Tout ce que je sais c’est que quand il commence à me cracher à la gueule et que je vois qu’il est carrément en train de trembler de colère, parce que forcément ça m’a rendu attentif, je… J’ai les boules. Pas à cause de sa menace, parce que je suis à peu près persuadé que je peux l’exploser si on se fait un duel, mais… Mais. C’est tout. Rubis s’inquiète, je le sens parce qu’il tape contre ma main et ça me fait comprendre que mon état commence à se voir sur ma gueule.
Je veux m’énerver. C’est plus simple d’être énervé, et milles fois plus agréable que d’avoir peur pour des raisons obscures. Je pourrais répondre, le couper, ça exploserait, je me casserait et on se reverrait plus jamais. Un bon plan. La seule manière dont je sais gérer mes relations sociales, apparemment, vu que c’est à peu près comme ça que ça s’est fini avec Rose aussi, quand on était ados. Elle y était pour rien. Je l’ai poussée à l’explosion. Et basta.

Pourtant y a rien qui sort de ma bouche. Et je m’énerve pas non plus. Je reste là, à me chier dessus intérieurement pendant qu’Aram continue à parler. Je l’ai blessé. Ca lui a fait du mal, je crois. Et quand j’y repense… Putain qu’est-ce qui m’a pris de lui parler comme ça ?! On parle pas aux gens comme ça ! Plus il parle, plus je me sens m’enfoncer dans la culpabilité. Ca lui tenait à coeur. Pour une raison qui m’échappe totalement, parce que je peux pas m’empêcher de trouver un peu con de déballer des secrets à un mec que tu connais pas, mais… Je suis mal placé pour parler. Quand j’ai rencontré Phil, on s’est tout racontés le premier jour. Mais on était sur le point de se tuer, ça jouait. Là… Non. Faut pas que je commence à me dire qu’Aram veut se tuer parce que c’est clairement de la surinterprétation et que c’est pas le moment d’ajouter de la panique par dessus de la panique et de la peur déjà présentes. De toute façon même s’il a eu un raisonnement débile, je m’en veux. L’objectif dissimulé de la soirée m’est revenu en tête, et on devient pas pote avec des gens en se comportant ainsi.
Je suis vraiment la pire des merdes.

Oui, il me manque un case. Comme il dit. Voir plusieurs même. Et oui, je suis un “putain de bâtard” comme il dit aussi. Je le trouve même trop gentil de dire que c’est que par moments. Et en même temps… J’arrête pas de me dire qu’on se connaît que depuis quelques heures, vu qu’on a pas communiqué entre l’immeuble et maintenant, donc ça se compte en heures, et genre… C’est quoi cette situation ? Même un inadapté social comme moi voit qu’il y a un truc pas normal… Il doit bien le voir aussi, non ? Te confie pas à des gens que tu connais pas ! Abruti ! J’ai trop envie de lui dire, comme si ça pouvait constituer une défense face à ce que je viens de me prendre dans la gueule de manière parfaitement légitime.
Et par-dessus le marché il me fait comprendre que j’ai rien bité à ce qu’il m’a dit. Genre je suis vraiment le pire de tous les connards du monde. Je l’insulte sur un malentendu, et j’y vais pas de main morte, même pas une once de doute. C’est envoyé, double-dose, voir triple, complètement gratuit.
Qu’est-ce que je vous là ? Sérieusement… Pourquoi je suis venu ? Pourquoi j’ai eu la prétention de me dire que ça pouvait se passer autrement ? Que je serais pas juste un abruti profond, encore. Si encore j’avais pas l’engueulade avec Rose de la veille sur les bras… Non. C’est juste une autre excuse.
Et là il m’achève. Quand il me dit que c’était à moi qu’il parlait, personne d’autre. Je vais pas pouvoir remonter d’un tel gouffre de culpabilité. Impossible. Je lâche ma bouffe sur le plateau, mais j’y fais pas trop gaffe. Je bloque totalement, et je sais que j’ai une gueule de crétin fini. De gosse qui vient de se faire engueuler. J’ose pas le regarder, je reste fixé sur une trace sur la table comme si c’était subitement le truc le plus intéressant du monde. Je tire la gueule, bien sûr, et je me demande même si je serais pas un petit peu pâle. Ca craint. Je sais ce que je dois faire. Je vais le faire. Le seul truc “bien” à faire actuellement. Mais avant…
Faut que je m’excuse.

- ... Ouais bah déjà si ça te plait pas faudrait peut-être que tu réfléchisses avant de balancer des trucs intimes à des gens que tu connais à pei- Oh putain ma gueule !, j’appuie mon front contre une de mes paumes comme si ça allait m’aider à dire moins de conneries. ..., c’était pas dire ça le projet. pas du tout. ... Pardon. C’est ça que je voulais dire.

Evidemment j’ai pas pu me la fermer. Le pire étant que j’ai vraiment dit ça sur le ton du gamin coupable qu’essaye désespérément de se défendre, je suis ridicule ! Mon regard se tourne vers Rubis qu’a pas l’air content. Je reconnais cette tête, c’est quand il voit que ça va pas et qu’il essaye de me faire réagir en me provoquant, avec son regard de petit con. Dans ces cas là, il trouve que je marche mieux quand je suis énervé, mais là… C’est bon. Ca suffit. je lui ferme la gueule d’un geste de la main et je lui fait comprendre que non. J’ai pas envie.

- Je suis désolé, je vais parti-..., je finis pas ma phrase. Alors que je devrais. Qu’est-ce que je peux faire d’autre à part me casser maintenant ? Je vais quand même pas lui imposer ma présence après mon coup d’éclat… Et puis pourquoi je resterais ? Il me déteste maintenant ! J’vais…, je veux pas partir bordel !

N’importe quoi ! C’est complètement contradictoire là ! En plus je parle en haché, c’est ridicule ! J’ose pas le regarder, trop peur d’y voir de la moquerie pour l’abruti total que je suis en train d’être. Mais j’ai pas du tout envie de partir, parce que j’ai un espoir sorti de je ne sais où qu’il est encore possible de me rattraper. Que je pourrais recoller les morceaux… Mais quel morceaux ?! Les morceaux de “ahah trop drôle tu t’es fait ouvrir le bide” ?! D’accord ça ne s’est pas exactement passé comme ça, mais… Les morceaux du vol sur le dos de Bélial.
Depuis quand je m’étais pas éclaté comme ça ?
… Egoïste. En plus d’être un connard. On adore. Mais on va assumer, pour une fois. Un peu.

- T’as raison, je suis un putain de batard. Et un abruti profond, aussi, voilà, on a le début, maintenant faut continuer en essayant de pas trop dire de la merde. J’ai… Laissé le mien, de complexe d’infériorité, gueuler plus fort que tout le reste… Il est assez vénère… … J’ai pas réussi à… Parce que t’es… J’aurais pas dû. Pardon, j’ai tellement l’impression que les mots que je prononce veulent rien dire, que le discours est pas assez cohérent. J’ai rien bité et je suis parti sur de la grosse merde. Sans réaliser que… Enfin que c’que tu disais c'était pas anodin pour toi quoi !, j’essaye de pas avoir la voix qui part en vrille, parce que je m’en veux à ce point. C’est compliqué. Et puis merde j’ai pas d’excuses pour justifier mon comportement à la con !

Je bouge un peu sur ma chaise, parce que je suis mal à l’aise. Comme si l’assise était soudainement devenue complètement inconfortable. J’ose toujours pas regarder Aram, mais je croise le regard de son démolosse et je sens qu’il envoie de la haine dans ma direction. Vu ce que je viens de foutre dans la gueule de son dresseur, c’est normal. Alors j’ose plus le regarder lui non plus parce que faire face à ma propre connerie peut parfois me retourner l’estomac et j’ai pas fini mon kebab. Si j’ai l’occasion de le finir, ce serait mieux de pouvoir le faire sans avoir envie de gerber. Mais bon… Faudra bien que je croise à nouveau son regard au bout d’un moment, sinon ça fait vraiment vieux clebs qui va s’enfuir la queue entre les jambes. Tout aussi honteux de mon comportement que je sois, je suis pas prêt à assumer d’en arriver à ce stade.

- Si tu veux que je me casse, je me casse. J’imagine bien que t’as pas que ça à foutre de ton temps libre que de supporter un type comme moi, je souhaite à personne de devoir me supporter. J’ai toujours pas compris comment font Phil et Rose. Mais… Si je peux me faire pardonner… N’importe comment !

Bordel je dois être risible, et bien pitoyable avec ma voix sincère là. Mais je veux toujours pas partir. Pas avant qu'il m'ordonne de me casser. En plus, j'ai enfin trouvé le courage de le regarder. Pour voir sa réaction à ma demande.
En espérant pas trop avoir “stp je veux vraiment être ton pote pardonne-moi” écrit sur la gueule.


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Aram Faathi

Aram Faathi
Ligue 4

C-GEAR
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Jeu 6 Fév - 10:21
Si j’avais su qu’il viendrait à me parler comme ça, je me demande… Est-ce que je l’aurais quand même invité ce soir ?

J’ai un doute qui persiste. Ça insiste, ça devient de plus en plus fort. J’ai beau savoir que je ne peux m’en vouloir qu’à moi-même pour avoir été assez bête de m’être confier à un inconnu, ça ne m’empêche pas de l’avoir mauvaise. Genre, vraiment mauvaise. Je m’en veux de pas savoir fermer ma gueule quand c’est nécessaire, je m’en veux d’avoir pensé que jouer franc jeu, sur une telle question aurait pu m’être d’une façon ou d’une autre, bénéfique. Je me suis gourré. Sur toute la ligne.

Je bous en mon fort intérieur. J’ai pourtant du mal à déterminer ce qui me fait partir vraiment en vrille de cette façon, puisqu’au fond, le message n’est pas mauvais. Mais vraiment au fond quoi. C’est dit avec un peu trop d’hargne sans doute, mais l’idée derrière, c’est que je ne crains pas. Dans sa petite tête, je suis quasi certain, il se dit qu’il m’a fait un compliment. Mais j’ai beau retourner ses mots dans ma caboche, je ne vois pas comment je peux bien prendre ses mots. Qui le ferait ? C’est déjà étonnant que je ne lui aie pas envoyer une droite dans la tronche. Je devais être trop sonné, pour ne pas réagir assez vite. J’étais… Sous le choc de ma propre révélation, aussi. Je n’ai jamais vu le problème sous cet angle. Ce désir d’entrer à la Ligue… est-ce que je l’avais seulement vraiment étudié ? A part dire à tout le monde que je voulais vaincre la Master Ligue pour me la péter, je ne crois pas trop. Une fois il me semble, Izy m’a posé sérieusement la question et je l’ai esquivé. Depuis que je suis à la place que j’occupe, je me suis pourtant souvent poser le même questionnement. C’est qu’aujourd’hui que je réalise tout ? Putain, je suis vraiment lent.

Ça m’énerve et ça se remarque. Sans surprise, l’autre abruti a mis quinze ans à capter que je suis vénère. Et ça m’énerve encore plus parce que du coup, Rubis n’a pas pigé non plus. Ils sont faits pour s’entendre. Je sais que je vais m’en vouloir plus tard d’avoir pensé ça, tout comme ce n’est pas le Reptincel qui est responsable de ma rage. C’est bien Illia. Mais le fait qu’il valide son comportement, qu’il l’encourage même, ça ne passe pas. Du tout. Ça jette juste un peu plus d’huile sur le feu et ce n’est pas bon du tout. Je m’énerve rarement vraiment. Je veux dire, ça m’arrive de râler, de rager, mais rien de très profond. Juste parce que j’aime bien le faire, c’est tout. Là, je le sais, ça vient du plus profond de mon être et c’est pour ça que je tremble autant. Peut-être… Peut-être que me rappeler ce que les gens pensent et savoir qu’ils doivent toujours le penser ne m’aide pas à me contrôler. J’en suis presque sûr. Et ça ne fait qu’aggraver les choses.

Il se rend compte, finalement, que je ne suis pas aussi jouasse que lui. Il laisse enfin tomber cette foutue chaise sur ses quatre pieds et je comprends à sa gueule que sa volonté n’était pas de me blesser. Sinon, il aurait continué à faire son connard et là, ça serait parti en couilles… Puissance mille. Nul doute qu’on se serait fait jeter dehors et que ça m’aurait valu quelques problèmes. Mais en vue de ma colère, je m’en serais foutu comme de l’an quarante et j’aurais regretté ensuite. Parce que BON. S’exciter comme je suis en train de le faire, c’est presque absurde. Ça aurait été plus intelligent de ma part de l’ignorer. Mais… Si j’en étais arrivé jusque-là, j’en aurais eu plus rien à carrer de sa face. J’aurais supprimé son numéro et tchao à jamais. Faut croire… Faut croire que j’essaye quand même un peu de sauver les murs.

Alors je m’énerve, je m’exprime. Avec une froideur qui ne m’est absolument pas naturelle, et c’est sans aucun doute ce qui fait flipper le plus Sam. Et peut-être aussi Illia, à bien y réfléchir. Je ne suis pas doué pour interpréter les comportements, mais si j’en juge par ses expressions faciales… Il ne réagit pas très bien à tout ce que je lui balance. Et tant mieux d’ailleurs, parce que si je parlais dans le vide, ça m’aurait tellement gavé qu’il l’aurait eu, sa mandale dans les dents. Ça ne suffit néanmoins pas à m’arrêter, j’ai besoin de sortir tout ce que je pense. En plus, j’ai cette impression d’être trop gentil qui vient me titiller l’esprit. Si je m’écoutais, je pourrais continuer pendant des heures. Mais à quoi bon, hein ? Je ne suis pas non plus un putain d’acharné qui déballe jusqu’à ce que mon interlocuteur se mette à chialer. Ce n’est pas le but de la manœuvre de toute façon. J’extériorise mon mal-être, mon agacement. Quel con sérieux d’avoir dit tout ça. Je n’ai jamais autant regretté d’avoir parlé à quelqu’un.

C’est dire. Mais… T’es sûr que c’est juste parce qu’il t’a mal parlé ?


La réflexion reste en suspens. Je n’ai aucune envie de la développer maintenant et elle me parait si anodine qu’elle n’en vaut pas le coup. On verra ça plus tard. Pour le moment, je suis beaucoup trop concentré sur mon acharnement sur l’autre là. Ça m’a cassé les couilles cette histoire. Bref. J’arrive à retrouver un semblant de calme, espérant que ça va rester comme ça, désormais. En vue de sa tête de chien battu -qu’est-ce que je déteste cette expression, en vrai-, je pense que le message est passé et je vais pouvoir me détendre un peu. Je souffle, parce que ça me gave, mais je me dois de retrouver un peu de sérénité. Ça ne me va pas de m’emporter comme ça… Je n’ai pas envie que la soirée s’arrête là. Je n’ai pas envie que la soirée se passe comme ça ! J’avais envie de décompresser, merdeuh. J’ai déjà assez de stress au boulot, je n’ai pas besoin qu’on m’en rajoute alors que je veux me détendre. Bon. Allez Aram. Respire.

Je donne à manger à Sam, ça me permet de le rassurer au passage, mais ça me permet aussi de moins voir la gueule déconfite d’Illia. J’ai du mal à assimiler ce que je ressens, en le voyant comme ça. Je ne vais pas mentir ; au fond, je suis assez fier de moi. Mais en même temps, je sais que je ne devrais pas l’être, parce que ce n’est pas de cette façon qu’on traite les gens avec qui on essaye de tisser des liens. ‘Fin, je veux dire… Je suis sûr que j’aurais pu me trouver n’importe qui pour venir passer sa soirée avec moi… Ou pas vraiment, à bien y réfléchir. On ne peut pas dire que j’ai masse d’amis, de mon côté. Je suis surtout proche de mes frères qui ne sont pas disponibles ce soir et Derek n’est pas de la même région. Et… Mes relations se résument à ça, hors taf. Les amis que j’ai, en dehors, c’est des gens du Refuge qui n’ont jamais vraiment quitté la maison alors… Je suis peut-être un peu con aussi, de chercher ce genre de relation avec un type que j’ai rencontré qu’une fois. Mais j’avais vraiment passé une aprem super agréable alors… J’ai pensé que ce serait de même pour ce soir.

Tout est remis en question, désormais.


Je le dis quand même, plus parce que ça m’échappe que parce que j’en avais vraiment envie. Ce n’est pas un mensonge, je le pensais vraiment. Et je ne cherchais pas à l’enfoncer plus encore. C’est juste… C’est juste que j’ai été assez stupide pour croire que je pouvais lui faire confiance. Dans le fond, c’est sans doute ce qui me blesse le plus, plus que toutes ses insultes. Je reprends ma bouffe en main parce que je n’en suis pas à avoir l’appétit coupé, contrairement à lui, apparemment. Si je suis sensé sentir une pointe de culpabilité, ce n’est clairement pas le cas. J’ai même l’impression que ça a servi à rien que je m’énerve comme ça parce que ça revient vitesse grand V quand il prend enfin la parole et je me sens prêt à lui renvoyer dans la figure, même s’il me balance un truc tellement vrai que ça me donne envie de vomir. Mais… Quoi ? Je ne pige pas ce qu’il vient de faire. La surprise se peint nettement sur mon visage, et sans doute chez Samaël aussi. Il vient… De se frapper volontairement le front. J’ai envie de le railler en le traitant de gogole. Hum. Ce n’est pas gentil.

Mais il s’excuse, ensuite. Genre pour de vrai. Et vu sa gueule, je pense qu’il est sincère. Ma colère soudaine s’est tût aussi rapidement. … Je n’arrive définitivement pas à anticiper les réactions de ce type, vu que je suis à nouveau sur le cul. Eh ben merde alors. J’aurais pu jurer qu’il aurait toutes les réactions, sauf celle-ci. D’un côté… ça me rassure vraiment. Ça veut dire que je ne me suis pas totalement trompé sur son compte et qu’il y a peut-être encore un peu d’espoir, même maigre. Je ne dis pas que je vais laisser ça passer comme si de rien n’était ; je suis trop rancunier de toute manière. Passer l’éponge, je l’ai fait tout à l’heure mais parce que j’estimais que j’étais aussi en faute, avec mon comportement de morfale impatient. Mais là, tout ce que je peux me reprocher, c’est d’avoir manqué de jugement. Pas une grande nouvelle, en soi.

Ça n’a pas l’air au goût de Rubis et je suis en train de revoir mon jugement sur lui, pour le coup. S’il est en train d’encourager son dresseur à continuer de se comporter comme un connard, j’ai peut-être placé trop d’espoir dans le rôle qu’il joue. Illia lui fait savoir qu’il ne l’écoutera pas et je reste spectateur, dans l’immédiat. Mon visage affiche un brin de curiosité, mélangé à de l’impatience et de l’indifférence. Il est en train de jouer avec mes nerfs et la balance ne penche pas en sa faveur. Alors sans doute que mon regard est toujours aussi froid que tout à l’heure. Traité moi d’insensible à sa peine, je m’en contre fous. On ne peut pas balancer de telles conneries à la gueule des gens et espérer s’en sortir aussi facilement. Non mais franchement. Il s’excuse une nouvelle fois, m’annonçant qu’il va… ? J’imagine que c’est partir, le mot qui cherche. J’ai envie de le lui souffler. Néanmoins, je m’abstiens ; je veux voir s’il va vraiment se barrer. Parce que s’il croit que je me fais chier à lui expliquer mon point de vue pour qu’il se tire, ça va juste conclure que j’ai perdu mon temps. Et ça m’énerve. Et s’il en vient à le faire, il peut oublier mon numéro tout de suite. Les seules fois où il verra ma tronche c’est à la TV ou dans les magazines, mais clairement plus en face à face comme c’est le cas actuellement.

Je hausse un sourcil, parce qu’il retente de le dire, sans y parvenir. J’ai tellement d’insultes et de moqueries qui me viennent en tête, mais je ne dis rien. Je le laisse faire, pour voir jusqu’où il peut aller dans son raisonnement. S’il en vient à la mauvaise conclusion, tant pis. Même si le penser me dérange sans que je ne puisse expliquer pourquoi. Soit. Je mange, parce que sinon ça va être froid à force mais, surtout, ça m’évite de taper mes doigts sur la table pour signifier mon impatience. Heureusement, il finit par approuver ce que j’ai dis plus tôt. Il accepte ce que je lui ai balancé à la gueule. Bien. C’est un bon début. Je m’arrête un instant, fronçant cette fois-ci les sourcils lorsqu’il parle de son propre sentiment d’infériorité qui est plutôt… Violent. C’est le cas de le dire, j’ai pu m’en rendre compte tout seul. Je pince mes lèvres, sentant le malaise monter de mon côté. Je suis toujours partagé, pour savoir si j’ai été trop cinglant ou pas assez. Un peu de culpabilité ? Je n’irais pas jusque-là. Par contre je suis curieux de savoir ce qu’il voulait dire « parce que t’es… ». Parce que je suis quoi ? Maitre à la Ligue ? Ça va me frustrer si ça. Moi qui espérais enfin discuter avec quelqu’un qui ne voit pas mon titre écrit en gros sur mon front. Mais en même temps… Merde quoi. C’est un fan. Je m’attendais à quoi, au juste ?

Il s’excuse, une nouvelle fois. Ça fait trois fois. A un moment, je pense que j’ai compris. Mais… A bien y réfléchir, c’est ma mauvaise foi qui parle. Est-ce que je veux vraiment qu’elle s’en mêle et mette un terme à tout ça ? Hum. Lorsqu’il évoque que ce je lui ai raconté n’était pas anodin, je sens ma bêtise me rattraper au grand galop. Je la tais ; je suis trop occupé à le juger du regard. J’essaye de déterminer s’il se fout de ma tronche où s’il est sincère… si je me fais à nouveau rouler, ça va dégénérer. Il n’ose pas affronter le regard de Samaël, ce qui me fait croire qu’il ne joue pas la comédie. Ou, alors, mon Démolosse fout simplement les chetons quand il fixe les gens comme ça. Bon, ça c’est vrai aussi. Je ne l’en empêche pas, pour le moment. Je n’ai toujours pas ouvert la bouche depuis tout à l’heure, faudrait peut-être que je me détache un peu de mon kebab. Mon regard se porte sur Rubis, mais revient rapidement à Illia quand il prend la parole.

Quand ce dernier relève la tête, il peut voir mon hésitation. Je continue de le juger, le visage fermé. Au final, j’échange un rapide regard avec Sam avant de laisser échapper un soupir. Ça me fatigue, tout ça. Je réfléchis trop, je n’ai pas l’habitude.

« T’as raison sur un point ; c’était stupide de ma part de te raconter quelque chose qui me tient à cœur. » Ça commence mal, j’en ai conscience. Mais cette idée tourne dans ma tête depuis que je me suis confié, alors autant l’exprimer convenablement. « Je ne sais même pas pourquoi je l’ai fait. J’imagine… J’imagine que je voulais, pour une fois, répondre honnêtement. » Il s’en fout complètement, à mon avis, de ce que je suis en train de lui raconter. Il veut juste que je lui dise « tire-toi » ou « reste ». Ce n’est pas aussi simple, parce que moi-même je ne sais pas ce que je veux, au final. Est-ce que j’estime que ses trois excuses et ses raisons sont justifiées ? Pour avoir partagé ce sentiment d’infériorité, je sais d’expérience qu’il nous fait faire n’importe quoi, parfois. Quitte à s’enfoncer davantage dans les abysses… Je passe une main dans mes cheveux, face à ma propre indécision, commençant à les ébouriffer d’un air distrait. J’ai cette sale manie quand je réfléchis et que je m’agace moi-même, parce que je ne sais pas dans quel sens je vais. C’est la confusion totale. Depuis tout à l’heure, je suis une logique justifiée et sensé. Mais je suis en train de raisonner différemment, maintenant. Et ça m’énerve encore plus. Et comme je ne sais pas apprendre une leçon, faut que je refonce tête baissée dans la mêlée quitte à mettre un point définitif à tout ça.

« Bon ok non, c’est complètement con ce que je dis. Pourquoi je mens ? » Question rhétorique, pas besoin d’y répondre. « La vérité, c’est que je t’apprécie. Un minimum. Ne me demande pas pourquoi ! Je n’en sais rien moi-même. » Bordel je retombe dans ma connerie de tout à l’heure et je continue en plus. ABRUTI D’ARAM. « Le truc, c’est que… Depuis je suis à la Ligue, je n’avais pas passé une aprem aussi cool que quand on s’est rencontré. Enfin, si, avec mes frères, mais eux ils ne comptent pas dans ma réflexion. » Est-ce que je m’entends parler ? Même un peu ? Parce que je n’aurais jamais cru que je dirais un jour que mes frères ne comptent pas. Y a un contexte particulier cela dit. En plus, plus je parle, plus je parle rapidement. Et quand je parle vite, j’ai la sale tendance à mâcher mes mots, à pas assez articuler et ça donne un truc un peu incompréhensible. Espérons qu’il a un traducteur intégré dans sa petite tête. « Ce que je veux dire c’est que j’ai cru, bêtement sans doute, que, j’sais pas, tu comprendrais. Cela dit, je ne m’attendais pas à ce que tu balances autant de conneries à l’affilée et j’en suis venu à me demander si je ne suis pas complètement débile et qu’au final, les potes c’est nul et y a que la famille qui compte. » Je pars loin, beaucoup, beaucoup trop loin. Je ne sais pas pourquoi je continue de déblatérer tout ça. Je vais le regretter, une fois encore. Il va m’insulter à nouveau et cette fois-ci, je lui décoche sa droite promise pour de bons et bon week-end mesdames et messieurs. Sam aboie, notamment pour que je revienne à la réalité. Je serre les dents, faisant claquer ma langue contre mon palais et l’intime à se taire. Je ne veux pas attirer l’attention, même si c’est déjà peut-être chose faite, désormais. Le point positif, dans tout ça, c’est que j’ai laissé de côté ma froideur pour répondre à chaud.

« BREF. » Je me pose un peu, mon coude sur la table, mon visage dans la paume de ma main, fixant Illia comme si c’était la première fois que je le voyais d’un regard qui se veut perçant – pas sûr que l’effet escompté fonctionne-. « Je n’arrive pas à te comprendre, je n’arrive pas à anticiper tes réactions. En vrai c’est chiant. Mais. Tu me surprends à chaque fois, je ne peux pas le nier. » Est-ce un compliment ou non, je ne sais plus. Démerdez-vous. Je fais n’importe quoi et tant pis. Ça passe ou ça casse. « Si tu veux savoir, si tu t’étais levé et que tu t’étais cassé comme tu pensais le faire au début, t’aurais pu oublier mon existence, soit dit en passant. » Ça, c’est dit. Next. « Ok. Je t’en veux toujours pour tout ce que tu m’as balancé et je ne suis pas prêt, pour le moment, d’accepter tes excuses. » Au moins je suis honnête. « Mais je n’ai pas non plus envie que tu te tires. Alors… J’aimerai juste passer une soirée tranquille, à raconter de la merde s’il faut pour détendre l’atmosphère et si jamais tu recommences, je te botte le cul, toi et ta face de Limonde. » J’ai un sourire arrogant qui flotte sur mon visage. L’insulte m’amuse mais je suis loin de l’état de tout à l’heure. Au fur et à mesure de mon laïus, je sens toute ma colère se dissiper. Je le préviens de ce qui risque d’arriver s’il m’insulte à nouveau gratuitement et je pense qu’il l’avait compris tout seul, mais le dire de vive voix retire tout sous-entendu.

Je me sens mieux, maintenant. J’en viens à poker la corne de Sam pour l’embêter certes, mais surtout pour qu’il arrête de regarder Illia et Rubis comme s’il allait les dévorer tout cru. Il a compris le message et je lui file une de mes frites pour l’en remercier. Et j’en mange aussi pour le coup, parce que tout ça à réveiller l’appétit qui me taraud toujours. Il me reste le plus gros du doner ainsi que le deuxième hamburger. Ça devrait suffire, je croire.

« Tu voudrais faire quoi après manger ? »

A voir s’il me suit dans l’instauration d’une ambiance plus posée ou non. Je me rends compte que j’ai oublié un truc, cela dit. Je suis allé trop vite dans ces explications sans queue ni tête qui fileraient la migraine à un cachet d’aspirine. J’ai un sourire moqueur qui vient danser sur mes lèvres, pour le coup. « Et t’inquiètes, cas où, j’ai bien retenu le « n’importe quoi pour te faire pardonner ». » Je souris à pleines dents, mi-moqueur mi-amusé. Puis j’en viens à croquer dans la bouffe qui a un bien meilleur goût maintenant que j’ai dis tout ce que j’avais sur le cœur.


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