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» Requiem for a dream


Victoria Decker
Modo Jeux & Dresseur

C-GEAR
Inscrit le : 28/01/2018
Messages : 591

Région : Alola
Lun 28 Jan - 17:01

Le train s'arrêta, me tirant lentement de mon sommeil. Les paupières closes, je glissais une main dans mon sweat, en tirant mon téléphone pour abaisser le volume de la musique. Depuis qu'Esteban m'avait fait écouter cette chanson des Green Day, je n'arrivais plus à me l'enlever de la tête... Je l'avais téléchargé le soir même et je l'écoutais à présent régulièrement, entre deux titres de Coldplay et de Linking Park. Je n'ai jamais su pourquoi, mais leurs musiques avaient toujours sue me toucher quelque part, elles avaient un effet... Réconfortant, en quelque sorte. Un sourire étira mes lèvres lorsque je repensais à Esteban qui s'était amusé à rejouer Numb pour mon anniversaire cet été... Il m'avait presque mis les larmes aux yeux tant son attention m'avait émue. J'espérais avoir assez d'argent pour pouvoir lui offrir la guitare de ces rêves ce noël...
Ouvrant les yeux, mon front posé contre la vitre, je pus voir les murs gris de la gare d'Illumnis se dresser devant moi, la foule dense s'avancer sur le quai dans la même direction, une sorte de grande horloge indiquant les quinze heures passées.

Me redressant sur mon siège, je m'étirais longuement, tâtonnant sur ma tablette pour récupérer mes lunettes et les remettre sur mon nez. Estia, roulée en boule contre mon cou, sembla s’éveiller à son tour, ronronnant en se frottant sous mon menton.
Me penchant pour récupérer mon sac sous mon siège, je tirais de la poche avant une petite boite, la Psystigri la regardant comme d'habitude avec un vif intérêt : c'était sa boite à friandise. Lorsqu'elle était sage ou répondait convenablement à un ordre, je lui donnais une petite gâterie pour la récompenser... J'avais lu cette technique sur internet, les dresseurs appellent ça "l'éducation positive". Et elle était d'ailleurs plutôt efficace : Estia ne piquait plus mes affaires pour se faire un nid dans le dernier tiroir de la commode, n'utilisait plus ses pouvoirs psychiques pour voler les assiettes sur la table et se tenait sagement sur mon épaule pendant les cours en classe. Néanmoins, elle refusait toujours autant la pokeball ou de dormir seule... Je pense que pour ces deux points-là, je ne pourrais pas faire grand chose.
Lui donnant donc petit biscuit maison aux baie, je profitais de son instant calme pour regarder mon téléphone. J'envoyai un message à Père Achille, lui indiquant que j'étais bien arrivée à Illumis, en profitant pour poster sur la conversation du Club Libre également. Haru et Mia répondirent avec une photo les montrant tous les deux autour d'une table, sans doute dans la cafette du port, me souhaitant un bon séjour et exigeant un rapport quotidien. Je souris à leur remarque, leur répondant avec humour que je ferais de mon mieux, en fonction de ma connexion wifi à l'auberge de jeunesse.
Will n'avait pas vu mon message encore... Il devait sans doute être occupé avec son stage...
Ce constat m'arracha un soupire sans que je ne le veuille. Me levant de mon siège, je tendis les bras pour atteindre ma valise, manquant de me la faire tomber en pleine tête ! Mais Estia fut la plus réactive, la faisant léviter au dessus de mon visage avant impact.

- Merci Estia... Tu me sauves la vie ! Gloussais-je, rattrapant le bagage flottant sous le regard des autres passagers, ce dernier m'incommodant subitement.
- Psyyyyy !

Baissant les yeux et remontant mes luettes sur mon nez, je me dirigeais vers la sortie du wagon, guettant les affichage sur le quai pour trouver le terminal des bus.. Mozheim, Mozheim...
Mozheim ! Suivant du doigt le nom de la ville, je trouvais la lettre attitré à ma destination, constatant avec soulagement qu'il s'agissait de la lettre B, visible depuis ma position.
Tirant ma valise vermeille derrière moi, je sortais de mon sac à dos mon billet de bus, le tendant au contrôleur qui m'invita à monter à bord, jaugeant ma pokemon un instant.

- Les pokemons doivent rentrer dans leurs pokeball pour le voyage mademoiselle.
Gênée, je bafouillais : C'est un bébé pokemon monsieur... Elle ne rentre pas encore dans sa pokeball... Voilà une attestation de l'école d'Ekaeka, par rapport à la liberté des pokemons dans le cadre éducatif et au recommendation du ministère de la préservation et du bien être des pokemons...
Sans attendre, je lui tendais le papier sus-évoqué, ce dernier le feuilletant brièvement avant de me laisser passer, me faisant néanmoins savoir qu'il m'aurait à l’œil.

Estia pesta sur mon épaule, foudroyant du regard l'homme de dos. Essayant de la calmer en la caressant lentement, j'allais m'installer dans le bus. D'autres passagers étaient déjà là, un couple et une famille avec deux enfants également... Je fis le choix d'une place au fond du car, n'ayant pas le mal de transport et y étant sans doute plus à l'aise pour éviter qu'Estia puisse gêner les autres passagers.
Après quelques minutes, le bus démarra, annonçant un trajet de trois heures environ. Sans attendre, je me tournais légèrement sur le côté, fermant les yeux.

J'allais rencontrer Svain.
Cette réalisation me frappa bien vite, le moment fatidique approchant dangereusement.
Svain. Nous nous étions connus sur un forum que j'avais rejoint à l'époque où je ne savais plus vers qui me tourner. A l'époque où Samantha et Gwenael avaient commencés à m'ignorer ou à me rabaisser constament, où Théo et Jerome s'étaient mis à me bousculer dans la cours de récréation. A l'époque, je souffrais de cette situation. A l'époque, je n'y étais pas encore habituée. A l'époque, je pleurais tous les soirs dans mon lit avant de m'endormir, à ne pas comprendre "pourquoi" cela m'arrivait à moi.
J'avais trouvé sur ce forum des conseils, des amis, des personnes comme moi. Et j'avais trouvé Svain. Nous avions tous les deux des problèmes, des vies compliquées et pas vraiment grand monde vers qui se tourner. Il était toujours triste, n'arrivait pas à savoir quoi faire de sa vie. Nous nous tenions au courant de nos histoires, nous discutions de nos petits instants de bien dans cet océan de douleur. Depuis 3 mois je crois, nous parlions, jusqu'à ce qu'il cesse brutalement de se connecter sur le forum.
J'avais le secret espoir que sa situation se soit améliorée, qu'il n'avait plus le temps pour venir ici, que sa vie allait mieux et qu'il n'avait plus besoin de venir en parler ici. Pourtant, j'avais continué de lui envoyer des messages, régulièrement, comme à l'époque en fait.
Je lui avais parlé de mon voyage à Kalos.
Et, à ma surprise, il m'avait répondu. Il m'avait dit qu'il tentait de se reprendre en main, qu'il avait quitter Johto pour retourner à Kalos, sa région d'origine. Sur le coup, je fus heureuse qu'il me réponde à nouveau. Un peu coupable de lui avoir fait lire mes idées noires également.
Mais sur le coup, sans vraiment réfléchir, je lui avais proposé qu'on se voit. Après trois mois à parler, je me suis dit subitement, sur le coup : Et si on se voyait dans la vraie vie, et non plus par écran interposé. Je suis certaine que quelques mois auparavant, je n'aurais jamais osé faire une telle demande. Mais Will... Will m'avait dit : "Hé, fais ce que tu veux dans la vie, regrette rien !". Cette demande, cette proposition, elle était sortie toute seule. Parce que je considère Svain comme... Comme... Comme un ami sans doute. Pour tout ce que je lui ai dis, pour tout ce que je lui ai raconté... Oui, c'est sans nul doute un ami à mes yeux. Peut-être n'était-ce pas réciproque, mais ce n'était pas le plus important à ce moment-là dans mon esprit.
Et à ma surprise : il accepta. A Mozheim. Le destin voulu que la pension pokemon de mon stage se trouve là-bas également. Ironique sans doute...?

Je rouvris les yeux lorsque le bus sembla s'immobiliser et que les passagers se levèrent. Nous étions arrivés ?
Je quittais mon siège, récupérant mes affaires avant de descendre, observant de gauche à droite la gare routière de la ville... Cela semblait bien plus calme qu'Illumis, mais également bien plus froid. Avec mon maigre pull, je pus sentir la chair de poule me caresser les bras, Estia se lovant un peu plus contre moi sur mon épaule.
Des yeux, je guettais. Il m'avait dit : Je serais là, j'ai les cheveux bleus, tu me reconnaîtras facilement dans la foule... Mais dans la foule, je ne voyais aucun cheveux bleus. Mon cœur se serra à l'idée qu'il ait pu oublier. C'est vrai... Peut-être avait-il changé d'avis ?
Je me pinçais les lèvres, trouvant un banc où m'asseoir. Serrant mes bras autour de moi pour me tenir chaud, j'observais la foule défiler, cherchant... J'allais attendre... Une dizaine de minute ? Oui... Et puis ensuite, j'irais à l'auberge de jeunesse. Je peux comprendre... Il peut avoir oublier. Ou alors avoir eu un truc urgent à faire et oublier de prévenir... Oui... Je comprends...
Alors pourquoi est-ce que je me sentais aussi triste ?

Utilisation de la CS Vol (1ère utilisation)


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Ezekiel Fitzgerald
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Région : Kalos
Lun 4 Fév - 3:03


Requiem for a dream



Le monde d’où tu venais t’avais appris à prendre sur toi et à te taire. Les confidences n’avaient jamais été particulièrement bien perçues et le simple fait de s’ouvrir aux autres était une preuve de faiblesse de la pire espèce : personne ne voulait connaître tes états d’âme. Très jeune, ta mère avait tenté de t’inculquer des valeurs différentes de celles enseignées par les nobles, mais son abandon lorsque ta vie s’était écroulée t’avait finalement amené à prendre un chemin différent de celui dont elle rêvait pour toi. Si toute ta vie on t’avait qualifié de wattouat noir, la vérité était néanmoins très différente des accusations : tu avais toujours été en tout point semblable aux automates qui peuplaient la haute société… Exception faite d’un mauvais caractère et d’un respect aléatoire des valeurs, tu n’avais rien d’exceptionnel qui méritait d’être louangé. Malgré tes croyances, tu n’avais jamais fait les choses différemment.

Il avait fallu bien plus qu’une petite prise de conscience pour que tu changes enfin…

Maintenant que ton monde s’était éteint et que ta vie d’antan appartenait au passé, tu souhaitais faire les choses différemment. En commençant par changer ton rapport aux autres. Si voir une psychologue avait été un grand pas en avant, t’ouvrir à Nathanael avait sans doute l’épreuve la plus difficile de ta vie. Mais tu l’avais fait. Tu l’avais fait et tous les bénéfices que tu en tirais aujourd’hui en valaient largement la chandelle. C’était la raison pour laquelle tu ne t’étais pas complètement fermé lorsque la dame qui partageait désormais tes secrets t’avait conseillé de rejoindre un forum d’entraide. Si l’idée de rencontrer des personnes vivant des difficultés semblables aux tiennes au quotidien ne t’enchantait pas particulièrement, tu t’étais malgré laissé convaincre. Au moins pour essayer…

Ton premier souhait avait d’abord été de pouvoir défiler passivement les pages de la plateforme sans te faire remarquer… Puis au fil des jours, tu avais vaincu ta timidité et tu avais appris à connaitre Maevi. Peut-être que l’anonymat t’avait inspiré un peu trop rapidement confiance, à toi qui n’était pas très à l’aise avec les technologies, mais le fait était qu’à l’extérieur de Nathanael, la jeune femme était vite devenue la seule personne à qui tu te confiais un tant soi peu.

Enfin, ça c’était avant que la vie ne te fasse un dernier croche-pied. Après le déshéritage et la découverte de l’article, tu n’avais plus donné signe de vie. C’était au-dessus de tes forces. Parler n’était plus suffisant pour te permettre d’aérer et tu avais finalement déclaré qu’il valait mieux que tu apprennes à te taire plutôt qu’à de mettre des mots sur ta douleur… C’était moins insupportable ainsi. Tu avais abandonné toutes les démarches censées t’aider à guérir pour te concentrer sur une tentative survie primitive et tu n’avais plus embêté qui que ce soit. Seul Noah savait pour l’abandon de tes parents… Tu n’avais rien dit à qui que ce soit d’autre et encore moins à Nathanael, considérant que ses problèmes dépassaient largement les tiens et qu’il valait mieux se concentrer sur lui plutôt que sur toi-même. Tu vivais mieux ainsi. En rejetant dans un coin de ta tête toute la honte d’être toi-même, tu parvenais à vivre un semblant de vie normale sans regretter sans cesse de ne pas être né parfait. Et surtout, tu ne pensais plus à la mort. Ou du moins, tu ne considérais plus que la mort pouvait être une solution. Au regard des derniers mois, c’était une avancée spectaculaire… Mais était-ce forcément saint ?

Malgré ton désir de déconnexion, tu n’avais malgré tout pas pu rester indifférent aux messages de Maevi malgré ton silence radio. Tu les avais tous lu sans exception et ce même si tu n’avais pas le courage d’y répondre. Cela faisait environ deux semaines, sinon trois, que tu étais de retour à Kalos lorsqu’elle t’avait parlé de son propre voyage dans la région… Et là, la curiosité avait resserré son emprise sur toi. Suffisamment pour que tu lui répondes malgré ta lâcheté des jours précédents. Incapable d’assumer, tu lui avais monté un bateau dans le but de la rassurer sur ton inactivité puis tu t’étais intéressée à elle dans l’espoir qu’elle oublie un instant ton propre cas. À bien y penser,, apprendre que son correspondant cherchait à reprendre sa vie en main et qu’il était revenu de bon coeur à Kalos, ça ne méritait pas que l’on creuse plus en profondeur. La vérité, on s’en foutait un peu.

Du moins, c’était ce que tu croyais jusqu’à ce qu’elle te propose que vous vous voyez. À la fois étonné et nerveux, tu étais resté immobile devant l’écran de ton téléphone pendant d’interminables secondes sans savoir quelle décision prendre. Ta psychologue à Johto t’avait dit que c’était important pour toi de voir des gens et de développer des liens solides avec d’autres êtres humains… Même si tu ne la voyais plus désormais et que tu avais un peu abandonné l’ensemble des démarches que vous aviez entamées, tu savais malgré tout que tous ses enseignements n’étaient pas à jeter. Alors tu avais accepté.

Dans le pire des cas, tu pourrais toujours faire faux bond non ? Prétendre un bon rhume et fuir lâchement le combat. Personne ne t’en empêcherait, si ?

Tu savais toutefois que tu ne le ferais pas. Les mains dans les poches, avançant vers ton destin, tu pris une grande inspiration. Tu avais un peu de retard, mais rien d’alarmant. Tu n’avais pas manqué de prendre une gorgée de gin avant de quitter ta chambre, histoire de te donner un peu de courage, mais tu savais que ça ne suffirait pas. Ton corps tremblait sous ton manteau et ce n’était pas dû au froid… Le stress te saisissait de part et d’autre et tu craignais malgré toi la tournure de cette rencontre. Tu ne savais pas grand chose de Maevi, sinon l’ensemble de ses problèmes, et tu savais que tu n’étais que pure inconnu à ses yeux également… Votre rencontre, en ces circonstances, était sans doute une mauvaise idée, mais elle possédait un avantage que peu de choses possédaient : grâce à elle, tu pouvais sortir de chez toi. C’était une variable à prendre en considération dans ton choix d’y aller ou non. Si tu ne voulais pas dépérir à vue d’oeil une fois de plus, tu devais quitter cette chambre. Tu ne voulais plus faire les efforts pour aller mieux à la quatrième vitesse, mais tu ne voulais pas non plus reculer et retomber dans ton enfer des mois derniers… Ça, c’était hors de question.

En arrivant à votre lieu de rendez-vous, tu balayas la foule du regard dans l’espoir de la reconnaître. Tu ne savais pas grands choses d’elle, sinon qu’elle portait des lunettes… et tu espérais que cette caractéristique suffirait pour mettre un visage sur son pseudo. Tentant de te faire discret, tu t’avancas silencieusement dans la foule jusqu’à ce que ton regard croise une jeune fille assise sur un banc. Impossible de savoir si c’était bien elle ou pas, mais tu considéras que tu n’avais rien à perdre. Dans le pire des cas, elle te rembarerait puis oublierait ton visage et dans l’autre, tu seras tombé juste. Prenant ton courage à deux mains, le visage enfoui sous ton écharpe, tu l’approchas sans faire de mouvement brusque. La scène, ironiquement, te rappellas tes retrouvailles avec Nathanael… “ Maevi ? Pardon pour l’attente. “ Restait plus qu’à croiser les doigts pour que tout se passe bien.



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Victoria Decker
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Région : Alola
Lun 11 Fév - 20:56
Tu basculas ta tête en arrière, sentant le poids de ton corps se balancer sur tes épaules te soutenant, tes paumes embrassant toutes deux la froideur du banc sur lequel tu t'étais installée. Le ciel était d'un gris pâle se reflétant dans le verre de tes lunettes rondes. Quelques rayons percèrent à peine l'épaisse nappe de nuage qui semblait danser au dessus de la ville, caressant de sa chaleur fébrile les traits tirés de ton visage.
Attendre. Voilà tout ce que tu étais en mesure et en moyen de faire.
L'attendre. Cette dizaine de minute allait te sembler bien longue, tu le savais et tu ne trouvais que faire pour combler le vide qui ne faisait que s'agrandir dans le creux de ta poitrine. Cette solitude t'était habituelle. Tu en avais pris l'habitude. Pourtant, son retour te faisait l'effet d'une piqûre de rappel. Oui, tu avais trop espéré de cette rencontre. Trop attendu. Tu y avais un peu trop cru.

Fermant lentement les yeux, tu laissais s'échapper ton souffle, ce dernier te faisant l'effet d'une brûlure dans ta gorge. Combien de temps te donnais-tu pour continuer de croire qu'il viendrait ? Combien de temps allais-tu lui laisser pour venir à ta rencontre dans cette gare routière perdue à l'autre bout du monde dans une région t'étant complètement inconnue ?
Cette voix, cette voix te chuchotais au fond de toi que c'était fini, qu'il n'y avait pas de raison d'insister et de simplement continuer ta route.
Mais cette autre voix, la mienne, elle te dit qu'il va venir, de lui laisser encore une petite chance, quelques minutes, secondes... Tu écoutes cette petite part d'espoir que je suis et t'y accroche comme unique bouée de sauvetage dans cette océan tumultueux que tu traverses au fond de tes noires pensées. Tu dérives dans le flou de tes rumination, cherchant le phare qui te mènerait à bon port. Tu dérives dans tes idées jusqu'à ce que brille au loin cet écho. Une voix masculine qui te tira la tête hors de l'eau.

“Maevi ? Pardon pour l’attente “

Ton cœur s'accéléra.
Svain.
Rouvrant précipitamment les yeux, tu pouvais le voir droit devant toi, la moitié inférieure de son visage dévorée par une épaisse écharpe et sa partie haute paré d'une imposante tignasse à la couleur azur.
Tes mains jointes sur tes genoux se nouèrent l'une sur l'autre, tes doigts s'entrelaçant par réflexe. Tu pouvais sentir le feu irradier tes joues déjà rougies par le climat peu clément de la région. Il était là.
Un sourire fendit ton visage en deux, tes yeux s'illuminant d'une lumière pétillante et soulagée. Il était là. Il n'avait pas oublié. Il était venu pour te voir. Pour toi.
Portée par l'excitation, tu te redressas avec empressement, ajustant ton sac à dos pendant sur ton épaule.

- Oui, c'est moi ! Ris-tu sans même t'en rendre compte, l'adrénaline te montant sans doute au cerveau malgré ton côté inhibé habituel. La joie de le voir était si forte. Enchantée de te voir en vrai Svain, je... Je suis vraiment contente de te rencontrer !

Ces paroles venaient du fond de ton cœur bondissant, ce dernier ne cessant sa cavalcade au point qu'elle pourrait en devenir douloureuse au long court.
Hésitante, tu ne savais pas si lui tendre la main serait la meilleure approche. De même, était-il conventionnel de lui proposer une bise amicale ? Tu l'ignorais, jusqu'à ce que l'image de Will tendant sa main dans ta direction le première jour de classe te revienne en mémoire. Son invitation, son ouverture... Ce geste et ce symbole.
Hésitante, tu tendis tes doigts dans sa direction, essayant de rassembler tout son courage.

- Tu peux m'appeler Vic ou Maevy, c'est comme tu veux !


Inclinant la tête sur le côté, tu pus sentir la petite Estia s'agiter sur ton épaule. Cette dernière dévisagea de ses grands yeux ronds le prince bleu, semblant l'analyser sous toutes les coutures, sa petite queue s'agitant contre ton oreille en gage de grande excitation. Tu hésitas un instant à lui demander de rester calme, mais son air rêveur et charmé t'en dissuada rapidement.
A la place, tu la désignas à ton interlocuteur d'un regard.

- Au fait, je te présente Estia, ma pokemon dont je t'ai parlé... Elle est encore très jeune !
Tu lui adressas une caresse de ta main libre, portant à nouveau ton attention sur le jeune homme en face de toi. On dirait que tu l'intéresses beaucoup...

Estia sembla s'offusquer de ta remarque, comme si tu venais de révéler un terrible secret ! Alors, sans crier gare et de ses petits crocs, elle se redressa sur ton épaule pour venir mâchonner ton oreille par vengeance, t'arrachant d'abord un petit cri de surprise, puis un rire chatouilleux et amusé face à son comportement enfantin. Tu supplias presque automatiquement :

- Pitié Estia, stop !
- Psyyyyyy ! Te grogna-t-elle dessus en cessant sa torture, croisant les bras sur sa petite poitrine.

Reprenant ton souffle, tu lui adressas un regard à la fois tendre et revanchard. La petite n'allait pas s'en tirer si facilement et puis bien qu'elle ne mordait pas très fort, il ne fallait pas qu'elle prenne l'habitude de réagir de cette manière à la moindre contrariété.
Mais d'abord, tu devais te reconcentrer sur Svain qui venait d'assister à ce spectacle sans doute ridicule d'un point de vue extérieur.
Baissant les yeux, tu bafouillas du bout des lèvres un "Desolée..." avant de déglutir.
Ton regard se posa naturellement sur les passants qui vous observaient du coin de l'oeil, faisant grandir un peu plus ton malaise.

- Désolée mais, heu... Est-ce que tu connaîtrais un endroit où, heu... On peut se mettre au chaud...? On sera plus tranquille pour discuter et je n'avais pas prévu que le climat ici soit si... Différent que celui à Alola...

Tu n'osais pas dire que le regard des autres sur vous te troublais. Mais d'un autre côté, le prétexte du froid était tout autant honnête et valable.



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Ezekiel Fitzgerald
Modo RP & Coordinateur

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Région : Kalos
Dim 17 Fév - 14:28


Requiem for a dream



La journée n’était pas magnifique dans le sens où on l’entendait normalement… Le ciel était gris, le fond de l’air était froid et tu devais garder ton écharpe bien haute pour que le vent ne vienne pas mordre ta peau. Tu sentais que la saison était anormalement bien avancée et que l’automne commençait doucement à faire ses marques sur Kalos. D’ordinaire, les températures n’atteignaient pas de tels extrêmes à ce moment de l’année, mais le climat tempéré de la région semblait avoir un peu perdu le nord. Était-ce une conséquence immédiate du réchauffement climatique dont le monde entier s’inquiétait ? Difficile à dire. Une seule chose était vraiment certaine : pour une Alolienne, les quelques degrés perdus lors du voyage devaient être difficile à supporter. Tu avais souvent bougé à Alola avec tes parents afin de voir du pays et le retour à Kalos, même si tu préférais largement les températures plus basses, avait toujours été quelque peu chaotique. Même si elle n’en parlait pas, tu imaginais sans mal comment Maevi pouvait se sentir à cet instant. Il suffisait de voir les traits tirés de son visage pour comprendre que la jeune femme n’était pas au chaud...

Je suis heureux te de rencontrer également… Même si c’est un peu étrange.” Tes parents t’avaient toujours dit de ne jamais faire confiance à internet, mais c’était sans doute parce qu’ils craignaient un peu pour leur argent. Prendre l’initiative de rencontrer une jeune fille rencontré quelques mois plus tôt et dont tu ne savais, en réalité, pas grand chose aurait sans doute été un affront de plus à leurs yeux… Mais qu’en avaient-ils à faire désormais ? Privé de ta place au manoir Fitzgerald, tu avançais à tâtons dans l’obscurité la plus totale et tu tentais de survivre malgré la maladresse de tes décisions. C’était tout ce que tu pouvais vraiment faire après tout… Dans ces circonstances, ton choix de rencontrer Maevi était discutable, mais compréhensible. Personne, pas même Noah, n’avait trouvé quelque chose à y redire… Et puis, maintenant que vous étiez face à face, tu réalisais que tu n’avais sans doute pas grand chose à craindre.

Serrant la main qu’elle te tendait avec toute l’assurance d’un héritier, tu tentes de lui décrocher un sourire à moitié masqué sous ton écharpe. C’est encore difficile parfois de faire comme si de rien n’était… Sourire est un geste épuisant et tu n’aimes pas particulièrement t’abandonner à l’exercice, mais tu savais que c’était nécessaire. Surtout qu’au final, la jeune fille n’était aucunement responsable de ton mal de vivre. Ton amertume des mauvais jours, tu la gardais pour Noah. Lui, ça ne le dérangeait pas de t’entendre râler contre le monde entier. Au contraire, il prenait un malin plaisir à se foutre de ta gueule lorsque tu en faisais trop. “Vic pour Vicky je présume ? Appelle-moi Ezekiel… ou Ezy, comme tu préfères.” Soupires-tu. Cette habitude que les gens ont prit de l'appeler ainsi t'horripile depuis le premier jour, mais tu es conscients de ne plus avoir le moindre contrôle sur elle. Que tu proposes l’utilisation de ton surnom ou que tu taises son existence, les gens finissent toujours par y revenir quelque soit les circonstances. Ezekiel, c’est trop long à dire. C’est trois syllabes de trop ainsi qu’un investissement ridicule en salive et en effort d'élocution. La collectivité n’aime pas trop.

Trop concentré sur la découverte de ta nouvelle “amie”, tu réalises au moment des présentations que tu n’avais même pas remarqué la présence de Pokémon perché sur son épaule. Intrigué par la révélation soudaine, tu fixes d’un oeil intéressé la psystigris qui l’accompagne avant qu’un soupire attendrit ne vienne franchir tes lèvres gercées. Tu n’as pas vu de ces bêtes depuis très longtemps… À une époque, ta mère possédait une mistigrix, Anka, avec laquelle tu avais grandi. C’était un excellent pokémon dont l’âge avait malheureusement eu raison et tu ne gardais d’elle que des bons souvenirs. Tu ne savais pas si Estia avait choisi Vic ou si c’était Vic qui avait choisi Estia, mais dans un cas comme dans l’autre, c’était un choix de qualité pour un premier Pokémon… Enfin, pour ce que tu en savais. Tu avais grandi auprès de parents dont la renommée n’était plus à construire et tu avais assimilé beaucoup d’informations en grandissant, mais on ne pouvait pas parler de toi comme d’un expert en la matière. Certaines bases élémentaires te manquaient encore au moment de commencer ton aventure à Johto après tout… “Elle est très mignonne. J’ignorais que vous possédiez des pokémons originaires de Kalos à Alola…” admets-tu, adouci par les chamailleries entre la dresseuse et la bête. C’était une relation que tu n’avais jamais vraiment connu avec tes Pokémon… Sans doute étais-tu un peu trop froid pour ça. Un peu trop ennuyant aussi.

Ignorant le regard des passants se tournant sur leur passage, tu acquiesces aussitôt que la jeune fille indique vouloir se mettre au chaud. Même pour toi, la fraîcheur de la journée semble plus difficile à supporter qu’en temps normal. “Je connais un café au coin de ma rue, ce n’est pas trop loin d’ici si tu veux bien m’y suivre… Promis, je ne t’amène pas dans un endroit flippant.” L’humour n’était pas encore vraiment ta tasse de thé, mais tu espérais qu’une blague douteuse valait mieux qu’un ton parfaitement neutre. Et puis, tu désirais vraiment mettre Vic en confiance afin qu’elle ne regrette pas systématiquement sa décision de rencontrer un mec de sept ans son aîné dont l’origine et le passé lui étaient inconnu. Ça avait le potentiel de mal tourner si tu jouais mal tes coups. L’invitant finalement à te suivre, tu profites du chemin jusqu’au café quelques rues plus loin pour prendre de ses nouvelles et pour t’informer du trajet. Alola et Kalos n’étaient pas vraiment à côté et tu étais curieux de savoir comment les choses s’étaient déroulées pour elle. Elle avait dû quitter le confort de son lit assez tôt non ? Et puis, le bus, ça n’avait pas été trop compliqué ? Tu n’avais jamais mis le pied un transport de ce genre. Tu en ignorais complètement le fonctionnement et les rares fois où Noah avait prit l’initiative de te l’expliquer, il avait rapidement abandonné devant ton incompréhension manifeste. Tu étais un peu curieux à ce sujet.

Puis finalement, au bout d’une dizaine de minutes, tu perçois au loin le café auquel ton ami t’a amené contre ton gré la dernière fois. C’est une bâtisse en apparence toute simple, mais au-dessus de laquelle le soleil semble briller en permanence… Pour dire, même en cette journée plus grises, quelques rayons semblent vouloir se frayer un chemin au travers les nuages afin d’embrasser le toit du bâtiment. Ouvrant la porte à ton amie, tu l’invites à entrée alors que tu lui désignes les tables d’un mouvement de menton. “Je te laisse choisir la place qui te convient le mieux si tu veux… Sinon, celle près de la fenêtre n’est pas mal si tu hésites.” D’instinct, ton doigt se tend en direction de la place choisie par Noah quelques semaines auparavant. Si tu l’avais d’abord détesté pour ça, tu avais fini par comprendre qu’il avait eu raison sur toute la ligne : il valait mieux contre la fenêtre que dans un coin sombre près des cuisines comme tu le pensais d’abord.



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Victoria Decker
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Région : Alola
Mar 19 Fév - 14:20
En serrant ses doigts avec les tiens, tu ne pus que constater leur finesse assez impressionante. Ils étaient longs, comme les mains d'un pianiste mais presque squelettique, la peau couvrant à peine l'os que tu pouvais sentir ressortir sans mal. Ce constat d'arracha une pensée sombre, alors que tu relevais la tête vers ton ami du monde numérique : allait-il si bien qu'il le prétendait ?
Il est vrai que tu n'y avais pas tant fais attention jusque là mais, à présent que tu te concentrais sur le détail, tu pouvais voir sur le haut de son visage ses pommettes légèrement saillante se fondre dans la laine de son écharpe. Il semblait bien... Maigre, oui, c'était le mot que tu cherchais dans ton esprit.
Aussitôt, tu te demandas s'il n'était pas malade. Après tout, on mange peu dans cet état-là. Ou alors peut-être est-il naturellement fin, comme certaines personnes ? Mais delà à n'avoir que la peau sur les os... Ton inquiétude se fit discrète sur ton visage, ramenant tes mains dans tes poches pour les protéger du froid alors qu'Ezekiel se présentait à toi. Par réflexe, tu le corrigeas le plus naturellement du monde.

- Vic pour Victoria... On m'appelle aussi Vicky de temps en temps au foyer mais Vic reste quand même plus court, souris-tu avec entrain.

Estia, face au regard attendri d'Ezekiel et son attention toute particulière, commença à minauder sur ton épaule, faisant preuve d'une fausse timidité la rendant presque adorable, ses deux grands yeux gris luisant d'étoiles. Psyyy ! Chanta-t-elle à son compliment en guise de remerciement, flattée sans doute qu'on s'intéresse autant à sa petite personne duveteuse.
Tu souris :

- C'est le professeur Euphorbe qui m'a confié son oeuf... Je n'arrivais pas à approcher des pokemons présents le jour où l'on devait trouver notre partenaire et il venait de recevoir des oeufs pour un projet d'insertion d'espèce alors... Il a pensé que la nature des psystigris et mon comportement colleraient bien ensemble, de ce que m'a expliqué ma professeure...
Et il ne s'est pas trompé...


Ta rencontre avec Estia avait changé ton rapport aux pokemons. Bien que tu ais toujours des appréhension à l'idée de rencontrer des pokemons sauvages ou inconnu, tu avais réussi à comprendre que le comportement des pokemons était quand même assez proche finalement du comportement humain : ils ont des pensées, des émotions, une compréhension... Et la plupart sont bien loin d'être malveillants. Tu avais toujours vu les pokemons comme des animaux difficile à approcher, imprévisibles... Tu n'avais jamais expérimenté ce lien que tu avais finalement tissé avec la petite grise qui représentait aujourd'hui tant de chose pour toi. Tu ne pourrais plus te passer de ses petits ronronnements contre ta nuque le matin, ni de son sourire ou de ses grands yeux curieux et attentif à tes gestes ou à tes paroles. Elle était devenue une amie, et même peut-être plus...
Perdue dans tes pensées, tu pris un instant pour entendre la proposition du bleuet. Un café ?
Tu approuvas d'un hochement de tête significatif, ponctuant ton geste de la parole.

- Avec plaisir ! Je te suis et... J'ai confiance, ne t'en fais pas, ris-tu avec humour, bien consciente qu'il s'agissait d'une plaisanterie. Tu ajoutes : Et puis, j'ai Estia pour me protéger... Tu sais, il parait que ses pouvoirs psychiques sont encore plus puissants que ceux d'un Alakazam, d'après le Dex où je suis inscrite... Même si elle n'a pas le droit de les utiliser.

Tu lanças un regard sur ta petite boule grise qui ravala de suite sa fierté alors qu'elle s'apprêtait à bomber le torse. Vous aviez une forme d'accord tacite sur l'emploi de ses pouvoirs psychique : pas plus que faire léviter des petits objets et seulement à la demande ou pour une bonne action. Pas de joujou ou d'objets qui volent partout.
Emboitant le pas de ton ami et trainant ta valise derrière toi, tu ne pus t'empêcher de regarder un peu partout à la sortie de la gare, admirant l'architecture particulière des lieux : les rues étaient pavés pour la plupart, des lampadaires éclairant sans doute les rues à la nuit tombée. La plupart des bâtiments semblaient fait de vieille pierre, à part la gare routière dans ton dos qui semblait finalement assez neuve... Tu pouvais entendre sans peine le clapotis de l'eau, tournant la tête sur la droite pour apercevoir finalement les multiples cascades qui semblent irriguée un peu partout à travers la ville.
Les yeux remplis d'étoile, tu sortis ton téléphone portable de ta poche, t'arrêtant un instant pour prendre une photo avant de hater le pas pour rattraper Ezekiel.
Au bout d'une dizaine de minute, vous arriviez tous deux devant la devanture d'un café plein de charme, dans les même tons que le reste de la ville. Tu t'y engouffras avec empressement, bien heureuse de retrouver la chaleur d'un intérieur. Ton ami te proposa plusieurs table, te frictionnant tout en réfléchissant.

- Proche de la fenêtre...? Je trouve le paysage magnifique, ça change beaucoup d'Alola...

Bien que gris, tout respirait la beauté et la finesse, un côté à la fois urbain et en même temps ancien... A Alola, les villages les plus typiques étaient encore de bois, les lieux plus contemporain étant pour leur part couvert de béton.
Prenant place, tu étais comme une enfant dans un parc d'attraction, observant la carte avec intérêt pour en faisant bien attention aux prix. Tu avais pris un peu d'argent de poche mais finalement pas tant que ça... Bien que l'auberge te loge et te nourrisse, tu ne pouvais pas faire de folie non plus...
Inconsciente des tarifs pratiqués à Kalos, tu optas pour un capuccino, proposant alors.

- Dis, hum... Tu aimes la tarte au citron ? Tu veux qu'on partage ? Je n'aurais pas assez faim pour une entière mais elle me fait envie...

Oui, elle te faisait envie. Et en même temps, tu ne pouvais t'enlever la sensation de ses doigts minces contre ta peau. Tu avais envie de partager et te lui proposer quelque chose à manger avec toi. Au moins pour te dire qu'il avait quelque chose dans l'estomac et te rassurer un peu. C'était égoïste mais...
En attendant la venue de vos commandes, tu posas tes deux coudes sur la table, logeant ton menton dans le creux de tes paumes, observant tantôt Ezekiel, tantôt l'extérieur, curieuse de voir les passants traverser l'espace entre les deux murs que représente la vitre. Inquiétée par un potentiel moment de silence, tu entamas d'un ton maladroit.

- Alors heu... Tu as des pokemons toi aussi ? Tu... Tu avais une expression vraiment spéciale quand tu regardais Estia, c'était presque la même que Will avec Aria, sa Otaquin... Je sais pas comment décrire mieux que ça, désolée ! Mais on aurait dit que tu aimes vraiment les pokemons...

Tirant sur ton dos pour étirer tes épaules, tu te redressas un peu, regardant par la fenêtre.

- Je suis un peu stressée avec mon stage, désolée... C'est la première fois que je quitte Alola alors...

Tu ne savais pas comment mieux justifier ton air pensif et légèrement préoccupé qui te collait au visage à présent. Toutes ces nouvelles choses te rappelaient chez toi. Tu avais... Le mal du pays.


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Ezekiel Fitzgerald
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Jeu 28 Fév - 4:52


Requiem for a dream



La simple vue d’Estia avait fatalement fait remonter à ta mémoire l’absence de tes propres pokémons… Même si tu savais que tu n’étais pas le seul responsable de votre séparation, tu sentis une vague de culpabilité de traverser de part et d’autres alors que vous étiez en chemin vers le café. Tu étais un dresseur exécrable. Tu aurais certainement pu contacter Eden pour qu’elle te les fasse parvenir à partir du Centre Pokémon le plus près, mais tu n’en avais rien fait. D’une part parce que tu avais mis beaucoup trop de jours à la contacter, mais également parce que tu n’étais plus certain d’être assez solide pour veiller sur eux… Tu préférais les savoir entre bonnes mains plutôt qu’entre les tiennes.

Malgré tout, il n’en restait pas moins que ton équipe te manquait et que le sentiment d’avoir trahit leur confiance persistait au travers les jours et les semaines.

Je n’ai que de vagues souvenirs d’Alola…” Admets-tu honteusement lorsque ta charmante amie souligne les différences de cadre entre vos deux régions. Jetant un oeil à la fenêtre, tu tentes de raviver en toi la trace d’un quelconque sentiment de dépaysement lorsque tu avais posé le pied à Johto, mais rien ne vient. À quel moment t’es-tu éteint à ce point face aux nouvelles expériences ? Le seul souvenir parfaitement clair que tu gardes de la région, c’est l’énorme lassitude que les mois n’avaient pas effacée… Rien de plus. Tu avais détesté Johto jusqu’au plus creux de tes os dès l’instant où tu y avais mis le pieds. Comme si la région et toi étiez destiné à vous détruire l’un et l’autre depuis le début. À quelque part, tu jalouses un peu Victoria et sa capacité à s’émerveiller devant la nouveauté… Alors que inversement, tu ne cesses de la rejeter et de la craindre. “Mais ça doit être très différent en effet.” Conclus-tu, non sans une pointe de déception. Tu tiens de source sûre que que tu as déjà visité Alola avec tes parents… Mais c’était il y a tellement longtemps que tu n’arrives pas à te faire une image de la région. Peut-être devrais-tu y retourner si l’occasion se présente…

Mais se présentera-t-elle ? Tu n’as plus un rond après tout…

Retirant son manteau pour le déposer sur le dossier de la chaise, tu prends place face à une Victoria que tu te permets d’observer plus longuement. Un joli visage rond encadré par une chevelure courte dépourvue de teinture, de grandes lunettes aux branches rouges, des traits discrets… À tes yeux, ton amie ne fait pas son âge. Tu lui donnerais facilement deux ou trois années de moins si tu ne craignais pas de la vexer. Attablés ainsi l’un en face de l’autre, tu te demandes même ce que les autres clients du café peuvent bien penser en vous regardant. Après tout, une gamine et un cadavre ambulant… Quel duo discutable. Abandonnant finalement ta contemplation silencieuse, tu attrapes la carte à ton tour avec une pointe de découragement dans le regard lorsque tu te mets à parcourir les prix. Pour la toute première fois, tu te sens restreint par les chiffres qui défilent sous tes yeux paniqués et c’est un sentiment qui te dépasse. Sans maman et papa pour payer tes factures, que te reste-t-il ? Soufflant discrètement, tu reposes finalement la carte sur la table puis tu t’abandonnes à un simple thé matcha sans oser aspirer à mieux. Au final, il n’y a que la proposition de Victoria pour chambouler tes plans. “Je n’ai pas la dent sucrée… Mais pourquoi pas. Je présume que ce serait dommage de la gaspiller.” Tu n’as jamais vraiment été un amateur de desserts. Tu n’as pas été élevé avec ça et le plaisir de manger est une chose que tu ne saurais comprendre. À tes yeux, la nourriture n’a pour objectif que la survie.

Lorsque la demoiselle pose ses coudes sur la table, tu ne peux cacher un rictus en coin amusé. Tu aurais aimé limiter, mais les commentaires de Noah sur ton comportement a public tourne en boucle dans ta tête. Ce n’est pas parce que tu as été déshérité que tu dois te comporter n’importe comment… Les coudes sur la table ont toujours été perçu comme un manque de respect par l’aristocratie et ce sont des enseignements moraux dont tu ne peux te départir. C’est une part de toi, que tu le veuilles ou non… Néanmoins, tu ne passes aucun commentaire à la jeune fille, te contentant plutôt de hausser un sourcil lorsque celle-ci s’adresse à toi. “Je ne les déteste pas en effet…” ou du moins, tu ne les détestes plus. Mais ça, inutile de le préciser. “J’avais quelques Pokémon à Johto, mais ils n’ont pas pu m’accompagner lorsque je suis revenu à Kalos. Il ne me reste que Insane, ma tyrannocif.” marmonnes-tu en te trituant inconsciemment les mains à la mention de ton ancienne équipe. Tu espères que Victoria ne te jugera pas trop sévèrement pour cette erreur… Néanmoins, tu sais qu’ils sont bien là-bas. Tu connais suffisamment Eden pour savoir qu’elle prendra soin d’eux et qu’elle les aimera autant sinon plus que toi. Après tout, tu n’as jamais pu leur donner l’affection et l’amour nécessaires à un bon développement… En tant que dresseur, tu étais un être médiocre. “Mais mes parents étaient duc et duchesse au Château de Combats à Fort-Vanitas. J’ignore si tu connais ? Dans tous les cas, ils étaient des dresseurs très influents et j’ai beaucoup appris grâce à eux en vieillissant.” T’entendre parler de tes parents au passé est un choc pour toi-même. Malgré tout, tu n’oses pas les mentionner au présent maintenant qu’ils ne veulent plus de toi… Si tu es mort pour eux, alors ils n’ont pas à exister encore dans ta vie. C’est un fait que tu as rapidement assimilé lorsque tu as compris à quel point ton absence ne changeait rien pour eux. Désormais, ils ont seulement un poids de moins sur les épaules.

Passant une main dans tes cheveux, tu secoues légèrement la tête puis croise une jambe sous la table lorsque Victoria demande pardon pour son stress.

Ne sois pas désolée. C’est tout à fait normal de l’être.” Tu avais toi-même tendance à t’abandonner aisément au stress, alors comment pouvais-tu la juger ? “Je crois que tu n’avais pas prit le temps de me mentionner où se déroulait ton stage… Tu veux en parler ?” Finis-tu par demander, conscient que la réponse ne t’apportera rien, mais qu’en en parlant, la nervosité diminuera sans doute un peu. Tu es de mauvais conseil, pas très attentif et incapable de parler lorsque quelqu’un t’explique plus en détails l’ampleur et la source de ses problèmes, mais tu n’es plus aussi méchant qu’auparavant. Même si la vie des autres ne t’intéresse pas plus que cela, tu es malgré tout capable de t’intéresser un peu à eux et ça, c’est un énorme pas en avant.

Insertion du fossile de KABUTO qui éclora le 15/03/19.



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Victoria Decker
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Messages : 591

Région : Alola
Sam 6 Avr - 11:07
- Tu sais, si tu veux passer à Alola un de ces jours, je serais ravie de te faire visiter la région !

La proposition était plutôt osée pour une personne comme toi, mais elle était sincère et venait du fond du cœur. Beaucoup de personnes vantent ta région, mettant en avant son soleil, la chaleur humaine qui se dégage des natifs des îles et son côté si traditionnel. Bien que sur le dernier point, cet aspect semblait commencer à se perdre avec l'urbanisation et l'arrivée des étrangers, s'installant au fur et à mesure et transformant les fêtes centenaires en festival et occasion pour amener les touristes et faire vivre l'économie.
Songeuse, tu opinas lorsque qu'Ezekiel accepta de partager le dessert avec toi, retirant un certain poids de tes épaules. Sans attendre davantage, tu levas les yeux vers le serveur pour passer commande, ce dernier s'en allant vers les cuisines avec entrain, te laissant alors seule à seul avec ton ami.
Tu avais perçu son regard, ce dernier te scrutant comme un étrange et curieux animal. Tu rentras ta tête entre tes épaules, te sentant gênée et en même assez compréhensive de sa situation : vous ne vous étiez jamais vu, et pourtant vous vous connaissiez plutôt malgré tout, il était logique de s'attarder sur le physique. Même toi, tu avais osé l'observer quelques instants tout à l'heure, n'ayant pas persévéré dans l'effort par soucis de politesse et également à cause de ton malaise. T'agitant sur ta chaise en rotin, tu chassas au mieux ton appréhension, prêtant au bleu une oreille attentive et intéressée tout en caressant doucement ta pokemon, cette dernière s'étant entre temps glissée sur tes genoux.
Il n'avait pas pu emmener ses pokemons dans son voyage jusqu'à Kalos ? Il s'était passé quelque chose ? Tu hésitais un instant à poser la question, Ezekiel te semblant assez agité. Tu avais peur de faire une boulette. Il n'avait sans doute pas envie d'en parler, surtout vu comment il était en train de se torturer ses poignets. Tu ne t'étais pas attardé sur eux, leur ayant adressé une œillade d'un instant en les voyant bouger. Malgré tout, tu avais constaté leur finesse, pour ne pas dire maigreur... Tu déglutis.

- Oh... J'espère que ce n'est rien de grave... Chuchotas-tu avec compréhension, ponctuant. Au moins, il te reste ta ty...Tyranicif ? C'est comme ça que ça se dit ? Je ne connais pas encore beaucoup de pokemon, on a terminé d'étudier les spécimens d'Alola et on commence ceux d'Hoenn après les vacances...
En tout cas pour ton équipe, je suis sûre qu'ils seront contents de te voir quand tu pourras leur rendre visite !


Tu essayais de le rassurer, à ta manière. Ils étaient toujours là-bas, après tout ? Alors qu'importe les circonstances, il pourrait toujours le retrouver et les revoir. Tu baissas les yeux vers ta camarade, lui caressant le menton avec affection, cette dernière ronronnant en fermant les yeux, signe évident de son appréciation de ton geste. Tu savais dans le fond que si Estia devait un jour disparaître, ta vie serait bien différente, bien plus triste et... Tu ne voulais pas y penser plus que ça.
Ta bouche dessina un "o" à l'évocation des parents d'Ezekiel. Tu ne connaissais rien de ce fameux château de combat mais ça sonnait prestigieux à tes oreilles. Tu t'exclamas, bien que contrôlant ta voix pour ne pas déranger les autres clients.

- Oh, non, je ne connaissais pas du tout ! Mais ça à l'air de sonner très...Prestigieux ! Il y a un château aussi dans la région d'Alola, je ne sais plus où, mais les photos étaient très impressionnantes, je me dis que ça doit y ressembler. Un léger rire t'échappa, ton ignorance te désolant un peu.

Tu n'osas pas faire de commentaire sur la famille d'Ezekiel. Tu "savais" que ce dernier avait des soucis avec cette dernière, il l'avait vaguement évoqué dans vos échanges sans davantage entrer dans les détails, chose que tu respectais autant que lui respectait lorsque tu n'arrivais pas à en dire plus sur ta situation en classe ou même ta place dans ton petit monde.
Le changement de sujet du bleuet tomba à pique ! Tu souris avec enthousiasme, alors que vos commandes arrivaient à table. Prenant une petite gorgée de cappuccino, tu y trempas ensuite ton doigt dans la mousse, laissant Estia y goûter, cette dernière s'esclaffant avec joie et t'en redemandant encore. Le regard inquisiteur, tu lui fis comprendre qu'il fallait attendre, au moins le temps que tu puisses répondre à ton camarade.

- Oui, bien sûr ! Je vais en stage dans une pension pokemon, elle s'appelle Le Havre. C'est assez loin d'ici au final, je ne sais pas trop lire une carte mais j'avais quand même envie de te voir alors j'ai fait un petit détour... Tu te grattas la joue, consciente de ton manque de rigueur sur le coup. Ne pas savoir lire une carte, halala...
Je ne sais pas encore ce que je veux faire comme métier, j'hésite entre beaucoup de choses... Même si je sais déjà que je ne m'orienterais pas comme agent de police ! Je ne me vois pas courir après les criminels et puis ça reste un métier dangereux, j'aurais trop peur pour Estia, qu'il lui arrive quelque chose.
Le métier d'éleveur m'intéresse un peu, j'ai aimé m'occuper de l’œuf d'Estia et j'aime toujours autant prendre soin d'elle mais c'est quelque chose de très prenant et je ne suis pas si à l'aise que ça avec les pokemons, même avec ceux de mes amis, j'ai encore un peu de mal... Au moins, le stage me permettra d'essayer. Et puis, je ne serais pas seule, Nathaniel, enfin, le propriétaire travaille avec une associée, Mélodie... C'est ce qui me rassure le plus en tout cas, le fait d'avoir des personnes expérimentées pour m'apprendre ce que je ne sais pas !


Tu attrapas l'une des deux fourchettes que le serveur avait eu l'intelligence de ramener pour vous permettre de partager, prenant une petite bouchée de la tarte au citron. Et elle était délicieuse ! Avalant le délicieux met, tu demandas alors : "Et toi, tu as un travail ? Tu fais quoi en ce moment ?"



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