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» When the Wolves cry out

Juliette Polanski

Juliette Polanski
Dresseur Alola

C-GEAR
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Lun 24 Déc - 18:32
Cela avait pris un peu de temps, mais je me sentais désormais pleinement intégrée sur l'île de Mele-Mele, comme une citoyenne ordinaire et non une touriste qui finirait un jour par repartir sur son continent natal. J'avais commencé à effectuer le traditionnel tour des îles en compagnie de mes compagnons et je commençais même à prendre goût aux combats, bien que pas autant que mes camarades, certains adorant les matchs. Cela me permettait aussi d'appréhender plus en profondeur les questions de dressage et d'habilité des pokémons au combat ; cela me servait pour mon travail. Il y avait au final assez peu de scientifiques qui étaient de véritables dresseurs, faute de temps ou de goût pour cela, et j'avais bien envie désormais d'avoir cette seconde casquette... Cela ne voulait pas dire pour autant que j'allais aller très loin, la ligue me semblait être une étape inaccessible, mais celle-ci me faisait de l’œil ne serait-ce que pour l'importante récompense financière en cas de victoire : cela représentait la possibilité de me faire opérer. J'ai besoin d'un appareillage pour mon tympan gauche qui semble de moins en moins fonctionnel, sans parler de ma hanche ; le médecin a été clair quant au faite que j'aurais besoin d'une opération lourde pour y poser une prothèse, et que le prix serait tout aussi lourd... Je n'avais pas les moyens actuellement, loin de là, mais avec l'argent récolté à la ligue... Je m'en rapprocherais grandement. Ce n'était peut-être pas une motivation très glorieuse, mais j'étais très motivée et je ne laisserais personne mettre cela en doute.

Pour atteindre ce but je faisais désormais des séances régulières d'entraînement, en me servant pour cela du terrain du centre pokémon de Puhi ; il y avait souvent du monde dans le coin mais j'arrivais toujours à me réserver un petit coin de stade afin que mes pokémons puissent s'entraîner, et notamment Mia et Hedwige, qui étaient les plus motivées du groupe. Etant un peu fatiguée je m'étais assise sur une chaise, Belle ma Goupix chromatique sur les genoux, et je motivais les troupes tout en les faisant s'entraîner, essayant d'y mettre de l'entrain. Je n'avais pas réalisé que j'étais observé par plusieurs personnes, qui passaient régulièrement dans le coin pour trouver une cible... Et cette cible était désormais toute trouvée. Je ne faisais pas attention aux allers et venus réguliers et c'est une petite heure plus tard que je repartais avec mes pokémons, Mia et Hed restant en dehors de leurs pokéballs comme d'habitude. Je rentrais à l'appartement tranquillement, sachant que je n'y serais pas attendue ; Charles était au travail, tout était vide.

Il était prévenu que je ne serais pas là ce soir, j'étais invitée à un congrès scientifique à Ekaeka. Le genre particulièrement ennuyeux pour lui, ou je serais au milieu des miens. Il lui arrivait tout de même de m'y accompagner, mais ce soir il travaillait et je l'avais senti peu motivé. Je me pris donc une douche bien méritée, séchant mes cheveux convenablement avant d'enfiler une tenue me convenant pour cette sortie : un chemisier blanc, une jupe noire et des chaussures plates. Je n'oubliais pas ma canne, évidemment, avant d'attendre l'heure en grignotant un plat qui restait au frigo, pianotant en même temps sur mon ordinateur pour m'occuper du dex... Le temps fila rapidement et je quittais l'appartement, refermant à clef derrière moi avant d'aller à mon taxi, qui me conduisit directement jusqu'au congrès. Celui-ci se trouvait dans une jolie résidence qui avait une vue directe sur la mer et on m'y accueillit avec politesse, me laissant entrer sans faire d'histoire. A force les gens du coin reconnaissaient sans peine la scientifique blonde venue d'ailleurs qui ne se déplaçait jamais sans sa canne et jamais sans claudiquer.

Le congrès n'était pas très intéressant pour le moment : je ne vis pas le professeur Euphorbe, encore moins le professeur Chen, et je fis simplement le tour de mes collègues en les saluant poliment. Je me devais d'être exemplaire, je représentais l'IV Dex ici et la société venait d'être récemment rachetée par Hypolitte ; je voulais lui faire honneur. Je ne sais pas comment il s'était débrouillé pour faire ce tour de force mais j'étais heureuse qu'il ait réussit à le faire, ma situation s'étant largement améliorée depuis son arrivée au pouvoir...

Je m'éclipsais quelques minutes sur un balcon donnant une vue plongeante sur la mer, pour m'allumer l'une de mes cigarettes à la menthe. Je profitais de l'occasion pour envoyer un sms à Hypolitte, l'informant brièvement des retours de la soirée, avant de m'accouder à la rambarde et d'observer la mer, soupirant doucement. Ce n'était clairement pas la partie que je préférais de mon travail...


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C-GEAR
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Jeu 17 Jan - 22:41
Après avoir essuyé un revers cuisant lors de sa dernière mission, la sentence était tombée. Suspension de son rang de lieutenant au sein de l'organisation pour trois semaines, avec retrait de ses privilèges et de ses accès spéciaux. Giovanni n'avait pas été tendre, se refusant de pardonner cet échec, qu'il jugeait de trop. L'entretien n'avait d'ailleurs duré qu'une quinzaine de minutes et, à bout d'arguments, Clark avait fini par courber l'échine, acceptant les conséquences. Pour un homme de sa stature, se faire rétrograder était humiliant. Non seulement perdait-il le respect des siens, mais il apparaissait désormais comme un maillon faible, incapable de terminer correctement sa besogne. 

Durant la première semaine, il subit les insultes et effectua les tâches les plus dégradantes et ingrates qu'il eut jamais faites, celles qu'il réservait d'habitude à ses propres sous-fifres. Une vengeance tardive pour ces malheureux, qui voyait les rôles s'inverser. La rancoeur et la haine qui bouillonnaient constamment dans les veines de Pearce le rendaient instable, violent. Plus qu'à l'ordinaire. Une bombe à retardement. Il faillit battre à mort un jeune bleu qui, emporté par l'élan de moqueries et de railleries de ses pairs, prononça une parole de travers. Étonnamment, il n'obtint qu'une punition légère, qui ne prolongea pas la durée de son calvaire. 
Durant la deuxième semaine, des murmures se soulevaient sur son passage, à chaque fois qu'il traversait l'un des couloirs du quartier général. On le suivait de loin, notait ses faits et gestes. Mais personne n'osa le faire chier. Les journées suivantes se succédèrent sans incident. Clark en profita pour faire le point sur sa situation, pour réorganiser ses pensées chaotiques et sulfureuses, et pour tisser tranquillement la trame d'un plan qui le propulserait à nouveau dans les hautes sphères du pouvoir. Retomber dans les bonnes grâces de Giovanni ne serait pas chose aisée. 
À l'aube de la troisième semaine, une opportunité en or se présenta : avec l'ouverture de l'archipel d'Alola au crime organisé venu d'outremers, des offres de partenariat et des missions de reconnaissance avaient été lancées. Puisque Giovanni considérait désormais les îles comme cruciales à ses plans d'expansions et à son parrainage du marché noir, les sbires Rocket y voyageraient plus fréquemment. Le lieutenant déchu attendit néanmoins que sa sanction se termine pour demander à discuter avec son supérieur hiérarchique. La requête lui fut accordée et après avoir récupéré ses passes et sa license, il obtint la permission, sur promesse de garder un profil bas et de contenir ses instincts meurtriers, de rejoindre un convoi de marchandises qui prendrait la route de Mele-Mele. 
____________

- Tu trouveras dans le placard de droite ta tenue pour la soirée. 

Seul dans sa chambre d'hôtel, il lut à voix haute le bout de papier que quelqu'un avait volontairement placé sur son oreiller. C'est quoi cette connerie. Il maugréa et froissa la note avant de la laisser choir sur le plancher duveteux. Il se déplaça ensuite jusqu'au placard mentionné, posa ses mains sur les poignées et l'ouvrit un peu trop brusquement, manquant d'en arracher un volet. Ses prunelles rouges passèrent d'un cintre à l'autre et s'arrètêrent sur un pantalon blanc, soigneusement plié. Et juste à côté, une vision d'horreur. Avec ses tons criards, où se mélangeaient verts, jaunes et orangés, et son motif de palmiers, la chose pendait glorieusement, prête à être enfilée. Non, non, NON ! Clark venait de découvrir la chemise la plus laide, la plus hideuse qu'il eut jamais vu. Hors de question qu'il se vêtisse d'un truc pareil. Avant qu'il ne songe à ajouter le nom du designer à sa liste de personnes à égorger, un rire cristallin explosa dans son esprit. Il fit volte-face et découvrit son alakazam, assis à l'indienne sur son lit. Ses moustaches frémissaient et ses yeux brillaient d'un plaisir malsain. Il pouvait sentir le dégoût et la colère de son maître. 

- C'est ton idée ? L'assassin fit un pas dans sa direction en levant la main. Mais une force invisible agrippa son poignet et l'empêcha de finaliser son geste. Un éclat féroce traversa ses iris. Comment oses-tu !

Cadeau des commandants. C'est ta nouvelle couverture pour ton séjour. Les hommes des îles ne sont pas méfiants, mais la tête des criminels internationaux en cavale se retrouvent quand même sur les murs de leurs commissariats. La tienne s'y trouve.

- Je vois. Il abaissa son bras et serra la mâchoire malgré lui. Son alakazam en profita pour faire apparaître un carnet et une carte plastifiée, attachée à une cordelette de cuir. Un passeport trafiqué et un laissé-passé pour le congrès scientifique d'Ekaeka. D'un mouvement de cuillère, il les fit léviter jusqu'au tueur, qui s'en saisit avec agacement. Laisse-moi. Je dois... me préparer.

La créature psychique s'inclina légèrement, avant de se téléporter à l'extérieur du complexe hôtelier. Depuis qu'elle l'avait sauvé des griffes de mewtwo, son comportement avait changé. Fondamentalement, elle restait loyale et exécutait les ordres, mais il décelait désormais quelque chose de différent. Et il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.
____________

Le congrès s'avéra être aussi palpitant qu'il l'avait imaginé. Il ne repéra aucune personnalité connue, seulement des amateurs ou des scientifiques à qui il ne manquait qu'un sponsor pour leur permettre de développer davantage leurs recherches. Clark sirota silencieusement son verre de mousseux, ses yeux étudiant les visages et les silhouettes. Il repéra, parmi la foule, un minoi familier, qu'il avait vu en photo à maintes reprises. La canne qu'utilisait la jeune femme pour se déplacer ne pouvait pas non plus le tromper. Juliette Polanski, petite amie du maire Finley. Peut-être sa femme en devenir. En politique, avoir un appui féminin était non-négligeable,  permettait de faire belle figure devant la presse. La corruption s'armait alors d'un masque de vulnérabilité et d'amour inconditionnel, de quoi endormir les soupçons. Tout en déposant son verre à moitié vide sur le plateau d'un serveur, le lieutenant se lança à la suite de la demoiselle. Il la suivit discrètement et ne s'arrêta que lorsqu'elle sortie sur le balcon. Il attendit qu'elle allume sa cigarette pour se glisser subtilement sur sa gauche et s'accouder à la balustrade, non sans avoir au préalable lissé ses cheveux vers l'arrière. 

- Une femme ne devrait pas s'abîmer les poumons. Une jolie femme, qui plus est. Sa voix n'était qu'un ronronnement grave et velouté. La brise nocturne porta la volute de fumée jusqu'à ses narines, qu'il huma. Il y décela une vague odeur mentholée, qui ne le dérangea pas le moins du monde. Il lui tendit la main, toujours aussi poli. Patrick Williams. Vous ne me connaissez sûrement pas, mais moi je vous connais. Votre contribution dans le domaine de la recherche pokémon ne passe pas inaperçu, Mlle Polanski !

Il rit d'un rire qui sonnait faux à ses oreilles, mais qui paraîtrait réel et sincère à celles des autres. Il se tourna vers la salle de réception, puis vers Juliette, qu'il gratifia d'un sourire complice.

- Entre nous, je m'attendais à mieux... Mais la soirée est encore jeune, n'est-ce pas ?


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Juliette Polanski

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Sam 19 Jan - 14:33
Prendre l'air me faisait du bien, je commençais à étouffer malgré la grandeur des pièces ; le congrès de ce soir n'avait pas un grand intérêt et, pourtant, j'étais obligée de multiplier les mots polis et les salutations afin de faire bonne mesure, et ce seulement dans le but de donner une bonne image de la société, pour Hypolitte. J'avais fait le tour des scientifiques qui étaient présents - que des inconnus à mes yeux - et j'avais donc bien le droit de m'éclipser un peu, le temps de m'en griller une, d'envoyer quelques messages aux quelques personnes comptant à mes yeux et de profiter du calme absolu qui régnait, hormis le bruit des vagues explosant contre les rochers. Cependant, j'étais encore en train de profiter de ma cigarette lorsqu'une personne fit son apparition sur le balcon, se glissant à mes côtés. Je me tournais vers lui pour l'observer, mais son visage ne m'était pas familier ; qui était-il ? L'homme prit alors la parole, me faisant hausser les deux sourcils avant que je ne lui réponde, au tac au tac.

- Si je n'étais pas jolie ce serait moins gênant ? Je ne pouvais pas m'en empêcher, c'était plus fort que moi. Je le gratifiais tout de même d'un sourire amusé, tournant la tête de l'autre côté pour rejeter un nuage de fumée. Mais il est vrai que ce n'est pas très sain ; les mauvaises habitudes ont la peau dure.

Cela faisait des années et des années que la cigarette me suivait, en fidèle alliée ; j'avais commencé quelques temps après avoir rencontré Jules mais, sur le moment, je n'avais pas fait le rapprochement entre le caractère anxiogène de mon ancien compagnon et sur mon envie de prendre de la nicotine, de plus en plus souvent. Je n'avais plus jamais réussi à arrêter par la suite, bien que j'ai tout de même diminuer la dose de nicotine en passant à cette marque mentholée, que Hypolitte utilise ; à force d'être à côté de lui quand il en fumait j'ai pris l'habitude de prendre les mêmes que lui et je n'ai plus arrêté.

Je sortis de mes pensées lorsque l'homme se présenta à moi, mais son nom ne me dit rien. Etait-il nouveau dans le milieu ? En tout cas il me connaissait déjà et je l'observais avec curiosité ; il avait l'air ravi de faire ma connaissance, mais je ne savais pas qu'on me reconnaissait aussi simplement. Les mauvaises langues diraient qu'il ne s'agissait que de mon couple avec Charles, mais j'avais bien remarqué depuis le temps que personne ne me reconnaissait dans la rue si je ne marchais pas avec lui, ce qui m'arrangeait. Les journalistes avaient écris et pris des photos au début de notre relation, mais les choses s'étaient taries depuis et j'étais relativement tranquille depuis.

- Je ne savais pas que j'étais aussi connue. Nous ne nous connaissons pas encore, vous êtes un collègue ?

Je tirais de nouveau sur ma cigarette, tournant la tête pour la souffler vers l'océan. Une légère brise jouait avec mes cheveux, ramenant jusqu'à nous l'odeur du sel mêlée à celle de la menthe, alors que l'homme commenta la soirée, qui ne faisait que commencer. Il n'avait pas tord quant au faite qu'elle n'était pas très intéressante mais, malheureusement, c'était souvent le cas.

- Malheureusement, ne vous attendez pas à beaucoup mieux, il est vrai que ce congrès est particulièrement calme ; mes collègues les plus éminents ne seront pas de la partie ce soir.

J'avais encore un peu de mal à assimiler le faite que cet homme m'avait immédiatement reconnu, cela me paraissait étonnant, mes travaux étant encore jeunes, bien que complets.


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Dim 12 Mai - 23:47
- Non, bien sûr que non. 

Il apprécia qu'elle ne lui souffle pas sa fumée odorante en plein visage et il lui rendit son sourire tout en rabaissant sa main. Dommage qu'elle ait rejeté ce premier contact, il aurait pu tester sa poigne et voir si elle faisait partie de cette élite faible, qui concluait avec molesse les ententes, ou bien si elle s'élevait au rang de femme forte et fière, solide en affaires. Clark nota que l'addiction à la nicotine la suivait comme une ombre. Sa santé en pâtirait plus tard, si ce n'était pas déjà le cas. Quelle bêtise de ruiner un corps aussi jeune et gracile.

- Votre nom taquine les lèvres de bien des membres de la communauté scientifique, je vous assure. Certains vous perçoivent déjà comme la prochaine Professeur d'influence de notre génération. Il employait toujours ce même ton suave, envoûtant, cherchant à endormir sa confiance et à s'ouvrir à lui, tel un livre. À moins que je ne me trompe et que vous ne soyez pas derrière l'idée ni la création du Tropico ? 

Dommage que les membres les plus éminents brilleraient par leur absence aujourd'hui. C'était en soi davantage une défaite qu'une déception et il lui faudrait trouver un moment pour s'éclipser en douce et contacter son partenaire par télépathie. Ses yeux rouges se baissèrent vers le sol. La balustrade les empêchait d'effectuer une chute de plusieurs mètres, mortelle à coup sûr. En contre-bas, la végétation luxueuse poussait de manière ordonnée sur le terrain sablonneux ; les jardiniers du palais des congrès avaient travaillé d'arrache-pieds pour que chaque arbre, chaque buisson soit correctement positionné. S'il fallait qu'il ait à se débarrasser de la donzelle, il savait que la lutte serait brève avant que sa frêle silhouette ne se retrouve projetée dans le vide. À s'imaginer le craquement de ses os contre le parterre, Clark frissonna. Dans ses entrailles, ses démons s'agitèrent, surexcités par l'appel du sang. Ses doigts se crispèrent contre la barrière et il inspira profondément. L'air frais du soir le calma. Quelle douce folie ce serait que de la tuer, là, maintenant, alors qu'elle était innocente. Il posa un regard dépourvu d'empathie sur Juliette avant de se composer un air avenant. 

- Je travaille comme journaliste indépendant. Je m'intéresse aux personnalités montantes et aux nouveautés. 

Le lieutenant se complaisait dans ses mensonges et il se trouvait si convainquant qu'il y croyait presque lui-même. Une carrière dans les médias aurait pu être envisageable s'il ne s'était pas avéré être un sociopathe incapable de contrôler pleinement ses pulsions. La criminalité lui ceignait donc comme un gant - mieux que cette maudite chemise. Clark lui désigna son badge, qui pendait à son cou, où son nom d'emprunt et son poste étaient indiqués. 

- Pourquoi venir alors, si la soirée s'annonce aussi ennuyeuse ? Vous êtes venue par principe ou par obligation ?


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Juliette Polanski

Juliette Polanski
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Lun 10 Juin - 12:03
La cigarette coincée au coin des lèvres je tournai brusquement la tête vers mon interlocuteur à ses mots, le regardant avec une surprise loin d'être feinte. Était-il sérieux en me disant cela ? Mon nom était-il réellement en train de percer dans le milieu des scientifiques et de la recherche pokémon ? Il était vrai que je faisais parti d'un réseau influent, l'I.V Dex était plutôt connu dans le milieu et son récent changement de propriétaire avait fait couler de l'encre, Hypolitte ayant toujours été très discret dans le milieu avant de prendre cette place. Cependant, c'était la première fois que l'on me disait cela et, pendant quelques secondes, je ne su que répondre, avant de me répondre.

- Vous êtes sûr de ne pas vous être trompé de nom ? Je suis très loin d'atteindre le niveau de connaissances de mes collègues professeurs. Malgré tout, mon interlocuteur parlait vraiment de moi puisqu'il évoqua mon pokedex, mon petit bijou que je choyais de jours en jours. Non, vous avez raison, le Tropico m'appartient.

Ses propos continuaient de sérieusement m'étonner ; qui au juste s'amusait à dire que j'étais la prochaine professeur pokemon ? Je n'avais pas un centième de leurs expériences et de leurs connaissances, je n'arrivais pas à voir comment je pouvais m'en rapprocher... Même si le professeur Euphorbe avait apprécié mes travaux, il m'avait dit qu'il aimait mon sens du détail ainsi que mes analyses sur les espèces vivant sur cette île, cela ne faisait pas de moi son égal, loin de là. C'était vraiment étrange que ce genre de rumeurs commencent à circuler et je risquais d'y penser pendant un certain temps, et d'en parler avec Charles lorsque j'y penserais... Peut-être qu'il en aura entendu parler, qui sait.

Je sortis de mes pensées lorsqu'il répondit à mon interrogation ; il n'était pas scientifique, mais journaliste. Je me redressais tout en l'observant, prenant quelques secondes pour lui répondre, tirant sur la fin de ma cigarette avant cela.

- Mh, je vois. J'ai souvent croisé certains de vos collègues, ces derniers mois, mais mes travaux n'étaient pas au centre de leurs préoccupations.

Je l'observais attentivement du coin de l’œil pour voir ses réactions ; essayait-il lui aussi d'en savoir plus sur Charles et notre couple par mon intermédiaire ? Je n'étais pourtant pas quelqu'un d'une nature méfiante, loin de là, mais j'avais appris à me méfier des journalistes depuis que je vivais avec lui, ils étaient de véritables charognards, prêts à se fondre sur la moindre petite phrase pour la déformer ; heureusement, j'avais vite pris le pli et appris à peser chacun de mes mots. Je ne savais pas encore à quoi m'attendre avec cet homme mais, au moins, il connaissait le nom de mon pokedex ; ce n'était pas le cas de tous.

Je souris à ses dernières paroles, écrasant ma cigarette avant de la glisser dans mon étui, prenant mon temps avant de lui répondre.

- Les deux. Ce genre de soirée peut réserver de bonnes surprises, ce serait dommage de passer à côté, et c'est un bon moyen de faire de nouvelles connaissances. C'était grâce à une soirée de ce type que j'avais rencontré le professeur Euphorbe et, surtout, que je m'étais rapprochée réellement de Charles... Et vous alors, vous êtes à la recherche d'un scoop ? Sans vouloir paraître indiscrète, vous n'êtes pas du tout typé Alolien, vous venez d'une autre région j'imagine ?


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C-GEAR
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Mar 3 Sep - 21:26
Une délicieuse surprise peignit le visage de son interlocutrice. Mais plutôt que de se réjouir d'un tel effet, Clark se maudit intérieurement ; à vouloir trop en faire, il s'était enfoncé dans un mensonge qu'il peinerait à justifier s'ils venaient à rencontrer certains convives. Même si la carrière de la belle blonde prenait effectivement son essor, il doutait que la communauté scientifique n'ait que des compliments à lui offrir. Il avait merdé. En ramenant la conversation sur son propre rôle dans cette soirée, à savoir celui de traquer les nouvelles et les scandales, il atténuait sa bêtise et reprenait le contrôle. Quel désastre ce serait, autant pour sa réputation que pour son unique chance de retomber dans les bonnes grâces du patron, si son imposture était démasquée dès la première nuit. Son regard demeura rivé sur Juliette. Avec la subtilité d'un prédateur, il la détaillait, mémorisant ses traits, son parfum, sa posture. Une sale manie, qui virerait en une obsession malsaine s'il ne se tenait pas à carreaux. Il vit ses lèvres remuer, sans qu'il n'entende les mots. Son attention demeurait vouée à sa silhouette et non au son de sa voix, qu'il jugeait douce, mais banale. Le lieutenant finit par sourire, tout en retirant sa main de la balustrade.

- Mes collègues et moi-même ne sommes pas tous assignés aux mêmes tâches, vous savez. Mais cela ne veut pas pour autant dire que vous êtes oubliée ou délaissée, mademoiselle Polanski.

Il détacha chacun de ses mots sans se départir de son sourire. Il la regarda écraser sa cigarette, content qu'elle s'en débarrasse. 

- Je paierais cher pour qu'il se passe quelque chose d'intéressant. Une lueur folle traversa ses iris rouges l'espace d'une seconde, juste avant qu'il ne se détourne légèrement et qu'il replace ses cheveux déjà bien coiffés. La remarque fit mouche et il se crispa imperceptiblement. Je suis originaire d'Hoenn. Vous êtes perspicace dans vos observations. Je viens d'arriver dans l'archipel et je compte y passer quelques semaines. Ce n'est toutefois pas un choix personnel, mais bien la sainte volonté de mon patron. Ses sourcils se froncèrent et il se mit à triturer l'un des boutons de son hideuse chemise. C'est un salaud à ses heures, il sait que je tolère difficilement les climats tropicaux. 

L'insulte avait fusé, sincère. Elle lui permettait en même temps de s'ancrer davantage dans la peau de son personnage, malgré la part de vérité qui truffait sa confidence. Clark s'excusa d'ailleurs pour son langage coloré, indigne en présence d'une dame, et demanda son pardon en tendant un bras vers la scientifique. 

- Ça vous dirait de m'accompagner pour un tour de table ? J'aimerais bien en finir avec les formalités et les questions. Je vous promets que ce sera bref, une ou deux poignées de mains, quelques photos. Et nous pourrons poursuivre notre discussion au calme ?

Il s'en tiendrait à ses obligations avant de passer à autre chose, à dévier vers l'idée qui venait de germer au sein de esprit tourmenté. Giovanni avait établi des termes claires qu'il se devait de respecter, mais il ne l'avait jamais défendu de se laisser aller à l'improvisation ni de rater des opportunités pour soutenir leur organisation. Le sbire Rocket entraîna donc sa compagne, après avoir obtenu son consentement, vers les mondains les plus proches. Tout se déroulait plus ou moins comme prévu, mais la situation n'avait pas dégénéré au point qu'il doive se rétracter. Satisfait de la tournure des événements, il tourna la tête en direction de Juliette - qu'il découvrit atrocement blême. 

Il s'arrêta net, la forçant presque à en faire de même. 

Il aurait pu l'assaillir de questions, lui demander si elle se sentait bien, si elle voulait s'asseoir ou retourner près des balcons pour aspirer une goulée d'air frais. Mais il n'en fit rien. Car il venait de détecter la plus savoureuse des émotions, sans savoir d'où elle provenait. La peur. Son pouls s'accéléra. Il ne rompit cependant son mutisme que pour combler sa curiosité.

- Mademoiselle Polanski ? Qu'y a-t-il ? Qu'est-ce qui vous effraie ?


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Juliette Polanski

Juliette Polanski
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Mar 3 Sep - 22:55
- Au moins vous ne faites pas parti de l'un de ces magazines people, c'est déjà un bon point.

Je fus un peu surprise par ce que me dit ensuite mon interlocuteur. Certes je pouvais le comprendre, la soirée risquait d'être plutôt ennuyeuse, mais je ne m'attendais pas à ce qu'il le dise d'une telle façon, cela tranchait un peu avec ses propos précédents... Mais je me repris rapidement ; après tout il était journaliste, et il voulait un scoop, rien de bien étonnant à cela quand on prenait le temps d'y réfléchir. L'homme finit par répondre à mes interrogation quand à ses origines, n'ayant pas pu m'empêcher de remarquer qu'il détonnait parmi les aloliens que je croisais tous les jours. Je haussais un sourcil à la fin de sa phrase, ne m'étant pas attendue à ce qu'il me sorte quelque chose comme cela, et je l'observais de plus belle. Sans trop savoir pourquoi cet homme me rappelait Hypolitte... Etat-ce sa stature, son regard vif et si particulier, ou autre chose... Pour autant je n'étais pas certaine que ce soit une bonne chose que je le compare ainsi à mon patron, même si je m'entendais bien avec celui-ci. Je savais malgré tout que Hypolitte n'était pas tout blanc, plutôt noir, même si il m'était précieux.

- Quelques semaines ? Vous êtes venu pour un scoop en particulier... ? Et c'est vrai que le climat est assez difficile aux premiers abords, surtout quand il y a une tempête tropicale... Mais certaines îles sont bien plus vivables que d'autres.

Je continuais de l'observer, désormais intriguée par cette personne qui me semblait être bien plus que ce qu'il me montrait actuellement. Il s'excusa d'ailleurs pour son langage et je me contentais de hausser des épaules en lui disant que ce n'était rien, alors qu'il me tend un bras, m'invitant à retourner à l'intérieur à ses côtés.

- Pourquoi pas ? Vous avez pu remarquer que je n'étais pas très occupée avant votre arrivée.

Je pris son bras, mon autre main restant fermement agrippée à ma canne, bien que celle-ci devienne un peu moins importante puisque je profitais maintenant de l'appui de mon interlocuteur. Cela ne m'empêchait pas de marcher mal, me donnant cet air de canard boiteux que je détestais, mais je ne pouvais rien y faire. C'est ainsi que reprit le bal quelque peu hypocrite des accolades, des bonjours de connivence et autres poignées de mains serrées. Mon interlocuteur semblait assez à l'aise dans ce milieu, mais je le sentais assez fermé, une sensation étrange continuant de se faire ressentir autour de lui... Je n'arrivais cependant pas à mettre la main dessus.

Alors que nous avions quitté un scientifique peu bavard, mon regard se posa sur une silhouette, vers le fond de la salle. Celle fine, bien habillée, d'un jeune homme dont le visage me transperça aussitôt. Je sentis mon cœur faire un bond douloureux dans ma poitrine alors que j'essayais de relativiser ; il devait simplement s'agir d'une personne lui ressemblant, rien de plus. C'est alors qu'il se retourna, nos regards se croisant l'espace d'une seconde, et je sentis tout mon sang quitter mon corps, devenant blanche, mon corps parcouru de tremblements impossible à contrôler. Par réflexe ma main s'agrippa au bras de Patrick alors que celle qui tenait ma canne se mit à trembler de plus belle, manquant de me faire tomber ; je ne pu rester debout que grâce à sa présence, suffisamment proche pour que je prenne appuis contre lui.

J'étais tétanisée par cette vision tout droit sorti des enfers, et je restais muette pendant de longues secondes, luttant simplement pour rester debout. Le temps que je cligne des yeux il avait complètement disparu de mon champ de vision et je me remis à respirer, cherchant aussitôt de quoi m'asseoir. Je fini dans un canapé, essayant de me reprendre, réalisant que je n'avais même pas répondu à Patrick. Qu'avait-il dit déjà... Effrayer... ? Est-ce que c'était si visible... ?

- Excusez-moi, je... Je ne sais pas ce qui m'a pris... J'ai besoin de souffler...

Il avait complètement disparu de la pièce, comme s'il n'était jamais apparut. Mais comment aurais-je pu confondre ce regard assassin, qui me donnait des frissons de peur, encore maintenant ? J'étais complètement perdue...


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Mer 4 Sep - 0:55
Encore heureux qu'il ait choisi avec soin sa couverture. Se faire étiqueter par la jeune femme, ou recevoir un jugement négatif quant à son travail fictif, aurait pu nuire à ses plans. Évidemment, un séjour prolongé attisait la curiosité. Mais Clark choisit la prudence et prétexta un reportage sur de potentielles perturbations géobiologiques du côté des Collines Clapotis, de quoi occuper son équipe et lui-même pour les jours à venir et ce, malgré sa haine pour les hautes températures et l'humidité. Malgré ses apparences, le lieutenant était un homme cultivé, capable de naviguer sur de nombreux sujets sans perdre la face. Sa mémoire était phénoménale. Il promit donc de revenir là-dessus si cela l'intéressait, mais comme il ne souhaitait pas l'ennuyer avec des théories infondées pour le moment, il ne s'avança pas davantage. Juliette marquait cependant un point, qu'il lui concéda d'un hochement de tête ; certaines îles de l'archipel s'avéraient bel et bien plus accommodantes. De même qu'il bénéficiait d'un temps clément et invitant, nullement comparable aux saisons où se déchaînaient de terribles orages et des ouragans dévastateurs. 

- C'est bien gentil d'accepter, merci. Dit-il lorsqu'elle accepta son bras tendu et son invitation. Si innocente et insouciante, comme la brebie accueillant le loup déguisé en berger. 

Et voilà qu'ils s'invitèrent parmi les chercheurs et leurs tendre moitié, saluant et serrant les mains. Clark demanda de temps à autre une opinion sur un sujet chaud de l'actualité internationale, écoutant les réponses d'une oreille et en les laissant fuir de l'autre. Derrière son sourire affable, il les méprisait tous. Puis vint ce moment inespéré, celui d'une distraction pour la moins inattendue. Quelque ce soit l'élément déclencheur de l'état de sa compagne, il se complaisait dans l'instant présent. La peur se mua en terreur froide, incontrôlable. Dans d'autres circonstances, il aurait frappé la donzelle pour s'être aggripé à lui sans avertissement. Il n'était pas de ces âmes aidantes et charitables. Mais sa façade tint bon et il enveloppa la silhouette frêle et tremblante d'un regard luisant. Un plaisir sauvage dansait dans ses prunelles rubis. Elle ne le remarqua heureusement pas, prisonnière de sa propre frayeur ; elle ne s'en extirpa d'ailleurs que pour se diriger vers un canapé et s'y asseoir. Tout en se composant un air inquiet, le sbire la suivit de près. Il fallait qu'il se calme, qu'il se contienne.

- Vous voulez que je vous ramène au balcon ? Elle semblait difficilement se remettre de ses émotions, tant bien qu'elle éluda sa question. Le tueur se gratta le menton, un geste qui aurait pu trahir son agacement son agacement. Il posa une main rassurante sur l'épaule droite de la scientifique. C'est un malaise physique ? Votre jambe ? Il pouvait joué sur la présence de la canne pour camoufler des informations qu'il avait obtenu avant même de la rencontrer. Quelqu'un vous a fait un geste obcène parmi la foule ? Dites et j'irais le corriger.

Il se passa la langue sur les lèvres, avant de chercher du regard un serveur. Il en trouva un, occupé à servir un groupe de quatre hommes. Attendez-moi. Il fit signe à Juliette de ne pas bouger, puis s'éclipsa quelques minutes. Il revint avec un verre d'eau et un linge humide, qu'il lui tendit. Elle ne verrait jamais les efforts qu'il mettait à se faire passer pour pour un sympathique journaliste et non pour un sociopathe impulsif.

- Répondez-moi, Juliette. Clark parlait d'une voix claire. Il posa les yeux sur elle et la toisa avec insistance. Qu'est-ce qui vous a effrayé ? 


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Juliette Polanski

Juliette Polanski
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Ven 6 Sep - 12:39
En l'espace d'un instant tout s'effondra autour de moi ; il n'y avait plus de réception, plus de scientifiques et le journaliste à mes côtés avait aussi complètement disparu. Ses yeux froids et calculateurs restaient gravés dans ma mémoire, presque capables de me tuer, comme en témoignait le malaise qui me prit subitement. Mon corps ne répondait plus à cet instant, tout mon être étant tétanisé par cette vision, la douleur dans ma hanche se réveillant subitement comme elle ne l'avait jamais fait par le passé, depuis que je vivais ici. Je ne fis même pas attention au faite que je m'agrippais instinctivement à la première chose que je trouvais afin de ne pas tomber, les tremblements de mon corps m'ayant fait perdre l'équilibre et ma vision s'étant floutée pendant de longues secondes, proche du malaise. Heureusement pour moi, je réussi à rester consciente et à reprendre, petit à petit, le contrôle sur mon corps. Mes mains tremblaient encore et mon corps avait encore du mal à répondre correctement, mais je réussis à faire quelque pas pour aller m'asseoir sur un canapé, alors que mes yeux partaient aussitôt dans l'observation de la salle, scrutant chaque visage, cherchant celui qui avait causé tant d'émoi. S'il se rapprochait il fallait que je le sache, que je puisse agir rapidement... Il ne fallait surtout pas que les scientifiques présents se rendent compte de mon état et de ce qui l'avait causé... Et cela valait aussi (et surtout) pour les journalistes. Il ne fallait pas que tout cela soit dévoilé, même en bribes, et j'étais déjà embêtée que l'un d'eux ait été à côté de moi à ce moment là.

C'est d'ailleurs sa voix qui me sort de mes pensées et je relève la tête vers lui, essayant de me secouer un peu pour laisser le malaise physique de côté. Il enchaîna les questions, semblant véritablement inquiet vis à vis de ma condition, et j'étais en bien trop mauvaise condition pour me rendre compte un seul instant qu'il en jouait, j'avais déjà du mal à réfléchir correctement.

- Ca ira, il faut juste que je me repose un peu, merci... Je relevais la tête lorsqu'il parle de geste obscène et hochais négativement la tête ; en soit ce n'était pas un mensonge, il n'en avait pas fait, il s'était contenté de me regarder pendant quelques secondes...

Le journaliste s'éloigna, me demandant de rester. De toute façon je me sentais encore trop faible pour pouvoir bouger, il fallait que je souffle encore un peu, tout en surveillant la salle. Je pris d'ailleurs mon téléphone, cherchant Hypolitte dans mes contacts, lui écrivant un bref message, les doigts tremblant de nouveau. Il est là, je l'ai vu ! Il comprendrait, nous n'avions pas besoin de beaucoup de mots pour qu'il sache de quoi je parle, depuis le temps que nous nous connaissions. Pas si longtemps que cela en réalité, mais notre relation avait rapidement évoluée, bien qu'il soit un homme difficile à cerner. Penser à lui me fit un peu de bien, me permettant de me ressaisir à l'idée qu'il soit désormais au courant (enfin, quand il pourrait lire le message) et je me repris un peu, attrapant le verre d'eau que me tendit le journaliste, en buvant une bonne partie avant de le poser à côté. Celui-ci devenait un peu trop insistant à mon goût et je fini par me redresser, m'aidant de sa canne, pour me retrouver à sa hauteur. A peu près, puisqu'il était plus grand.

- Sans vouloir vous offenser, ce ne sont pas des choses dont je souhaite parler avec vous, ou quiconque d'autre. Comme d'habitude je ne pouvais pas m'empêcher d'essayer d'adoucir les angles, de ne pas vexer mon interlocuteur. J'avais toujours été ainsi et il était trop tard pour que cela change. J'ai fait un malaise, et je vous remercie pour votre aide. Peut-être devrais-je aller me reposer...

Je réalisais alors qu'il y avait un hic : il était là, quelque part. Etait-il encore dans la réception, ou attendait-il à l'extérieur que je sorte ? Que devais-je faire ? Appeler un taxi et le rejoindre en m'assurant de ne pas être seule ? Appeler Charles pour qu'il vienne me chercher en prétextant quelque chose ? Mais j'avais peur qu'il se rende compte de mon état... D'un autre côté, sa présence me rassurerait et je me sentirais mieux si il pouvait être là. La situation s'avérait délicate...


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Dim 13 Oct - 19:43
Le repos n'était qu'une piètre excuse pour se soustraire à ce qui l'avait ébranlé. En connaissance de cause, Clark savait qu'une personne effrayée ne pourrait aisément se calmer, surtout si la source de son malaise se trouvait toujours dans les parages. S'il s'agissait bel et bien de l'un des convives présents, le calvaire de la scientifique ne ferait que commencer. Lorsque le lientenant s'éclipsa pour chercher le verre d'eau et la serviette, il en profita pour étudier les invités et rétablir momentanément sa connexion avec son alakazam. Il lui ordonna de surveiller les allées et venues qui lui paraîtraient suspectes et de récupérer la liste comportant chaque nom et adresse. La créature ne protesta pas, mais demanda tout de même ce qu'elle devrait faire si jamais un tel registre n'existait pas. 

La réponse de son maître fusa, aussi vive dans son esprit qu'un fer chauffé à blanc ; il exigeait un portrait sommaire de chaque personne présente, quitte à ce qu'elle doive extraire elle-même les données du cerveau ayant lancé les invitations pour cette convention. Tous les moyens étaient bons pour obtenir l'information, qu'ils causent d'irréparables dommages ou qu'ils soient inoffensifs. Mais pour le sbire, il ne s'agissait pas simplement d'un acte posé pour protéger Juliette. En vérité, il détestait que l'on joue sur son territoire, avec sa proie, surtout lorsqu'il était lui-même présent sur les lieux. 

Lorsqu'il revint, ses attentions parurent soulager un tantinet la belle blonde. Elle but quelques gorgées, alors qu'il se livrait à un interrogatoire pour le moins désastreux. Juliette se redressa et, aidée de sa canne, se maintint debout. La différence de taille ne jouait pas en sa faveur, mais Clark devait lui accorder qu'elle savait se faire preuve de fermeté.

- Toutes mes excuses, Mademoiselle Polanski. Je ne voulais pas vous brusquer ni vous manquer de respect. Son impudence et son insistance auraient pu lui coûter cher. L'homme se rattrapait du mieux qu'il le pouvait, cherchant les mots justes pour éviter que son interlocutrice ne prenne définitivement congé de lui. Pouvait-il blâmer son comportement sur le métier qu'il exerçait ? Enfin, celui associé à sa fausse identité. Les journalistes avaient le chic pour gratter et creuser sous la carapace des gens, au risque de les blesser ou de déterrer de vieux démons. Il serait plus raisonnable que je reste auprès de vous. Je garderais mes distances pour ne pas empiéter sur votre espace personnel, mais je préférerais que vous ne soyiez pas seule.

Il se massa la nuque d'une main, l'air embêté. Accepterait-elle de poursuivre la soirée en sa compagnie ? Derrière ses lunettes, les yeux de Clark s'assombrirent. Il fallait qu'il lui fasse une proposition qu'elle ne pourrait refuser. Il désigna le couloir qui menait jusqu'aux escaliers et au hall principal de la bâtisse, avant de poser un regard qui se voulait doux et compatissant sur son interlocutrice. Intérieurement, cet excès de gentillesse lui donnait envie de vomir.

- L'air fais vous ferait décidement plus de bien que de rester ici, avec tout ce vacarme et ces gens. Il marqua une courte pause, le temps d'humecter ses lèvres sèches. Je peux vous proposer un tour dans les jardins ? Ils sont éclairés et il me semble y avoir aperçu des bancs pour s'y asseoir, si jamais vous avez besoin d'une pause. Il lui tendit ensuite son bras, pour qu'elle puisse y prendre appui dans le cas où elle accepterait de l'accompagner. 


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Juliette Polanski

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Lun 17 Fév - 15:41
La soirée était définitivement la pire que j'étais en train de vivre depuis mon arrivée à Alola, et j'avais peur que celle-ci signe la fin de ma tranquillité. J'avais beau essayer de me dire qu'il s'agissait peut-être d'une hallucination, d'un spectre du passé venu me hanter, cela ne collait absolument pas : j'étais enfin en train de me défaire de son emprise, de faire petit à petit une croix sur ce que j'avais vécu, grâce à ma relation avec Charles... Je pensais de moins en moins souvent à lui, même si cela restait régulier, et il était donc fort improbable que j'ai rêvé cet échange de regard... Et mon corps n'aurait pas réagit aussi violemment ; j'avais été à deux doigts de vomir devant toute l'assemblée, et j'avais heureusement réussie à reprendre mes esprits à temps, ainsi que le contrôle de mon corps, même si je me sentais encore fragilisée par les événements. Boire un peu d'eau m'aida et je laissais filer quelques secondes après cela, essayant de calmer les tremblements qui continuaient de surgir par instants. Je détestais paraître aussi faible en présence de quelqu'un d'autre, seul Hypolitte m'avait déjà vu dans un tel état, et à l'époque cela ne m'avait absolument pas gêné, compte tenu de son caractère... Et j'avais beau comparer mon ami à ce journaliste, quelque chose les réunissant sans que je ne sois capable de mettre la main dessus, il n'était pas lui.

C'est donc avec une certaine détermination que je fini par me redresser pour lui faire face, bien qu'il soit beaucoup plus grand que moi : encore un point commun avec Hypolitte, cette stature particulière. Je pris donc les devants pour calmer ses ardeurs, ne voulant pas parler de tout cela avec cet inconnu... Tout en me demandant comment j'aurais réagit si Charles avait été à sa place. Assurément il aurait voulut en savoir plus, et je ne sais pas du tout comment j'aurais pu réagir... Aussi froidement qu'avec Patrick ? Je m'en voulais un peu de lui avoir répondu ainsi, après tout il n'y était pour rien. J'avais juste peur de laisser sous-entendre quelque chose qu'il pourrait utiliser par la suite, mais comme il étudiait des phénomènes géobiologiques, il n'était pas dans la presse people... Normalement. Mais il avait sûrement des collègues qui s'y trouvaient.

Il s'excusa poliment, proposant ensuite de rester à mes côtés. Je ne voulais pas le remercier à voix haute, cela le conforterait dans l'idée qu'il y avait bel et bien, ici, quelque chose qui m'avait suffisamment effrayé pour que je sois proche du malaise. Je hochais donc simplement la tête, l'autorisant à rester ; il fallait bien avouer que de le sentir si proche d'Hypolitte me faisait me sentir presque à l'aise à ses côtés. De plus Jules n'oserait rien tenter si j'étais accompagnée, son image était beaucoup trop importante pour lui.

- Je pense que j'ai vraiment besoin de prendre l'air, c'est une bonne idée, allons voir ce jardin.

Je pris de nouveau son bras, m'appuyant lourdement sur ma canne de l'autre côté : mon corps tremblait encore un peu et je devais être encore très pale. Je devrais peut-être manger, mais j'étais certaine que rien ne passerait à l'heure actuelle, même pas une sucrerie. Peut-être en rentrant ? Je palis en imaginant Charles remarquer mon état et me poser des questions... Il faudrait que je rentre suffisamment tard pour qu'il soit en train de dormir, afin de ne pas l'inquiéter ; il avait suffisamment de travail comme ça, je ne voulais pas l'embêter.

Prendre l'air me fit un peu de bien, il était vrai, mais c'est surtout le silence du jardin qui fut le plus agréable. Bien que je restais prudente, scrutant les ombres, je ne sentais pas la présence de Jules, ce qui était réconfortant. Ma hanche me faisant souffrir de plus en plus (la douleur s'était douloureusement réveillée dès que je l'avais vu) je m'assis au premier banc venu en m'excusant, soufflant pour essayer d'évacuer la douleur. Depuis que j'étais arrivée à Alola c'était la première fois qu'elle me faisait autant souffrir ; était-ce seulement psychologique ? Difficile à croire... Mais il fallait que je pense à quelque chose d'autre, que je me détende.

- Vous pouvez m'en dire plus sur ces perturbations à la Colline Clapotis ? Nous n'avons pas eu l'occasion d'en parler davantage, mais cela m'intriguait.

Parler travail serait parfait pour oublier.


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