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» Une Dernière Danse


Lizbeth Grandt
Ex-Champion

C-GEAR
Inscrit le : 13/01/2015
Messages : 2539

Région : Johto, Alola & Unys
Dim 4 Nov - 20:54
Les semaines sont passées depuis notre arrivée sur l'île et, par chance, personne ne nous a encore découvert en dehors des habitants du village flottant, qui étaient déjà au courant que j'habitais ici par le passé. Je n'ai pas cherché à m'y rendre de nouveau ; mon ventre qui avait pris des formes en peu de temps aurait attiré de nombreuses curiosités et je ne voulais pas que des rumeurs quittent l'île et atteignent les journaux : plus tard ils seraient au courant mieux ce serait. J'avais même le petit espoir qu'ils ne l'apprennent pas, qu'ils abandonnent ma cause avant, mais je me savais naïve de pouvoir penser une telle chose : je restais une mine d'or pour les magazines people, Matt me l'avait confirmé lorsqu'il était retourné s’approvisionner à Mele Mele pour les fêtes de fin d'année et qu'il avait regardé les journaux pour s'informer un peu... Même l'arrivée de ma sulfureuse amie ne risquait pas de détourner complètement leur attention. Heureusement, les journalistes n'étaient pas au courant que je vivais ici, ils pensaient que j'étais retourné à Unys... Mais ma région natale ne m'attirait plus. J'avais besoin de calme, de pouvoir me ressourcer au plus près de la nature et loin des miens, au moins pour le moment. Je savais que je devrais parler de ma situation à ma famille, je l'avais déjà vaguement évoqué avec Béa mais je n'avais pas osé tout lui dévoiler, tout cela était encore bien trop récent et j'avais peur qu'ils ne comprennent pas... C'est vrai, j'aurais pu faire le choix de ne pas le garder, et j'aurais même pu décider de rester à la ligue en gardant mes distances... Mais mes dernières bêtises m'ont fait réalisée à quel point je souffrais de la situation et j'ai choisi la solution la plus simple, celle de la lâcheté : la fuite.

Est-ce que je regrette ? Lorsque je morfond dans mon canapé à fixer la télévision sans vraiment la voir oui, je regrette. Le pire étant encore lorsqu'ils diffusent des matchs de la ligue, comme celui de Ruven après mon départ... Il portait la cravate que je lui avais offert et je n'avais pas pu m'empêcher de pleurer en voyant son air aussi fermé, froid ; je l'avais fait souffrir, et je continuais de le faire. Alors je passais une partie de mon temps à l'extérieur, à nager dans cet océan qui me permettait d'oublier, à explorer les canyons en compagnie de Klein et de Haiser. Celui-ci était réellement ravi d'être de retour chez lui, il avait repris sa place de chef parmi les Ekaiser du canyon et il s'y était même trouvé une compagne, qui passait parfois près de la maison pour venir le voir, peu farouche. Cela me faisait du bien de voir cela, de pouvoir rendre l'un de mes compagnons heureux... Les autres étaient restés plus ou moins proche de moi - à l'exception de Noah, qui flânait désormais sur la plage toute la journée - mais le dragon était arrivé plus récemment dans l'équipe et je trouvais cela bien qu'il puisse de nouveau profiter d'une vie plus sauvage. Au fond il était plus heureux à vivre parmi les siens, à répondre aux défis qu'à devoir affronter des challengers qu'il ne connaissait pas...

Finalement, je commençais à m'y faire. Il y avait des sujets difficiles mais l'environnement m'aidait à me sortir la tête du sable et il m'arrivait de nouveau à m'amuser, que ce soit avec mes pokémons ou avec Matt, qui avait sorti la console de mes cartons. Mais Noël arriva bien vite sans que je n'ai pris de décisions, alors que mes parents m'invitèrent, évidemment... Mais finalement l'excuse fut toute trouvée : une tempête puissante était prévue et nous risquions de l'essuyer de pleine face. A vrai dire j'aurais pu trouver un autre moyen, partir bien plus tôt et revenir plus tard... Mais cette île était devenue mon cocon et je ne me sentais pas encore prête à faire face au reste du monde, j'avais besoin de temps. Cependant, quelques jours après les fêtes de fin d'année, je profitai du beau temps enfin revenu pour pouvoir appeler ma sœur et je réussis alors à tout lui dévoiler, et sans pleurer. A vrai dire ce n'était que lorsque Ruven entrait en compte que les larmes coulaient encore mais j'esquivais le sujet le plus possible et lui expliqua que j'avais besoin de temps pour me remettre les idées en place...

Noël passé, je réalisais que j'avais désormais une boule au ventre : Ruven m'avait promis de passer après les fêtes, sans me donner davantage de détails. La connexion était instable ici, j'avais beau avoir du réseau en m'étant connecté au centre pokémon cela restait fragile et il m'arrivait de manquer des appels et des messages... Qui sait, peut-être avait-il essayé de m'appeler sans y parvenir ? Peut-être allait-il arriver à l'improviste d'ici quelques minutes ? Ces pensées m'obnubilait désormais et parvenaient même à m'en rendre malade ; je recommençais à rejeter certains repas alors que je pensais ce stade révolu, et je me sentais nerveuse, même la natation ne m'aidant pas. Je repris donc plus au sérieux mon ancien entraînement et recommençai à faire un long jogging chaque jour, la course m'aidant à oublier...

Je revenais de l'un de ces joggings, affublée d'un short, d'un haut léger et d'une casquette, ayant parcourue plusieurs kilomètres de plage, lorsque je vis une silhouette au loin, près de la villa... Était-ce possible ? Je sentais déjà mon cœur crever le plafond alors que j'essayais de me résonner ; cela pouvait être n'importe qui... L'infirmière par exemple ! Mais au fur et à mesure que je me rapprochais, je sentais que c'était bien lui... Il avait tenu sa promesse, il était venu.


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Ruven Baldwin
Ligue 4

C-GEAR
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Région : Kalos / QG Ligue 4
Mer 7 Nov - 21:01
Le matin du 25 décembre, j'envoyai un SMS à Lizbeth. Dedans, en plus de lui souhaiter un joyeux Noël, je lui demandais si elle était toujours d'accord pour que je vienne lui rendre visite dans la semaine qui venait.
Nous n'avions pas eu le moindre contact depuis cette dernière conversation émue au téléphone. Mon amie m'avait prévenu, elle avait besoin de temps seule : fidèle à sa déclaration elle n'avait pas tenté de me contacter et je l'avais laissée tranquille. J'essayais de ne pas m'inquiéter de ce silence qui s'éternisait mais ce n'était pas évident. Décrocherait-elle la prochaine fois que j'appelerai ? Répondrait-elle à mes SMS ? Ces questions me tracassaient et je passai la matinée du 25 dans l'appréhension que mon message n'ait jamais de réponse.

Heureusement, Lizbeth n'avait pas décidé de couper les ponts. Il y eut une vibration dans ma poche alors que Zoé, Haby et moi attendions sur les quais de Port-Tempères qu'arrive le bateau d'Alyssa. Mon amie acceptait toujours de m'accueillir chez elle mais me prévenait qu'elle avait de gros problèmes de réseau et qu'il ne fallait pas que je m'inquiète si je n'arrivais pas à la joindre par la suite - ce qui s'avéra être le cas.

Je pris des billets pour Alola le soir même, après une discussion avec Habygaelle. Elle n'avait évidemment pas l'air enchantée que j'aille tout seul chez mon ex-collègue, aussi je fis passer la pilule en proposant qu'elle et les filles viennent avec moi à Alola. Nous passerions une petite semaine chez Alira, qui mourrait d'envie de rencontrer sa "nouvelle belle-sœur", et je m'éclipserais juste deux jours pour aller à Poni voir Lizbeth. Présenté comme ça, ma compagne accepta sans trop de réticence.
Nous débarquâmes à Ekaeka deux jours plus tard. Je profitai pleinement d'être avec ma petite famille au complet pendant trois jours : nous essayâmes les plages, fîmes l'une des plus belles balades de Mele-Mele, et savourâmes d'être au chaud et au soleil alors qu'on se les caillait à Kantô. Je ne m'inquiétai pas de laisser mes filles seules avec Alira le temps que je rende visite à Lizbeth : ma cousine semblait sous le charme d'Haby (elle la trouvait bien plus cool qu'Amélie, me dit-elle) et se plaisait à jouer à la super tante sympa avec Lyssa et Zoé – même si je savais qu'elle se lasserait de ce rôle, les enfants ce n'était pas son truc. Ce fut donc en toute confiance que je partis très tôt, à l'aube du quatrième jour, et me fis conduire sur Poni par bateau.

Arrivé au Village Flottant, je fis le chemin jusqu'à la villa sur le dos de Corvo. Je me souvenais à peu près du trajet, et heureusement car je ne pouvais pas joindre Lizbeth pour le lui demander : son portable était hors réseau. Impossible aussi de savoir si elle était au courant que j'arrivais aujourd'hui car elle n'avait pas répondu au SMS que je lui avais envoyé hier. Tant pis, ce serait donc une surprise.
Après un certain temps à avancer dans un environnement dépourvu de civilisation, je finis par apercevoir la maison et sa plage privée. Je n'y étais pas revenu depuis que Liz et moi l'avions visitée il y a de ça presque quatre mois – la dernière fois que nous avions vraiment partagé quelque chose avant qu'elle ne commence à s'éloigner de moi. Y penser me fit monter une bouffée de stress. Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre. La dernière fois que nous avions vraiment parlé Liz et moi, c'était le soir de son départ : elle avait pleuré et la conversation avait été très difficile. En plus, jamais encore je n'avais été confronté à elle en ayant à l'esprit qu'elle était amoureuse de moi, j'ignorais comment j'allais gérer ça. Trois semaines s'étaient déroulées depuis, dans quel état était-elle ? Allait-elle mieux ? Avait-elle commencé à passer à autre chose ? Je n'avais aucun moyen de le savoir. Peut-être que l'on se dirigeait tout droit vers la catastrophe. Je ferais tout pour que ce ne soit pas le cas mais...


« Arrête-toi là mon grand. » dis-je à Corvo alors que nous longions la plage. « Je vais finir à pied, merci pour ton aide. »

L'arcanin se stoppa et je me laissai glisser de son large dos. A peine fus-je à terre qu'il passa sa grosse tête sous mon bras gauche ; je pris quelques secondes pour le grattouiller dans le cou et derrière les oreilles. Il haleta avec un bonheur infini, comme chaque fois que quelqu'un lui donnait un peu d'affection.

« Allez, file grand nigaud. » dis-je après lui avoir donné sa dose de câlins. « Tu as beaucoup d'espace pour t'amuser, profite-en. »

Alors que Corvo me prenait au mot et commençait à explorer de la truffe ce que ce nouvel environnement avait à lui offrir, je libérai le reste de mes pokémons. Je leur fis la même consigne que lorsque nous nous trouvions au manoir Rainbow : quartier libre tant qu'ils restaient à portée de l'aura de Lear. Je devais être sûr de pouvoir les rappeler auprès de moi en cas de problème ou si je désirais partir.

« Ta demande tient toujours Ruven ? » me demanda le loup blanc.

Je lui confirmai que oui. D'habitude je laissais Lear me suivre partout si ça lui chantait, mais aujourd'hui je préférais d'abord vérifier que la situation était à peu près apaisée avec Lizbeth. Je n'avais pas envie qu'il soit témoin d'une scène trop personnelle.

« Très bien, je vais explorer les alentours. Tiens-moi au courant quand j'aurai le droit d'entrer dans la maison.

- Merci champion.
»

Et me voilà seul. Mes pokémons s'étaient tous dispersés ; certains étaient partis faire leur vie dans la nature, d'autres avaient retrouvé les pokémons de Lizbeth et sociabilisaient avec eux. Je suis sûr que si elle avait été là Molly serait restée près de moi mais j'avais préféré la laisser avec Zoé. Même si je ne doutais pas un instant de la capacité de ma compagne à protéger tout le monde avec son équipe en cas de problème, j'étais plus rassuré de savoir qu'une partie de moi était avec elles.

Je m'éloignai un peu de la plage pour me rapprocher de la villa. Il n'y avait aucune agitation de ce côté-là, a priori personne n'avait encore remarqué ma présence... Aucun pokémon de Liz ne l'avait avertie ? Ou mince, peut-être n'était-elle pas chez elle en ce moment ? Je n'avais aucune certitude qu'elle avait bien lu mon SMS, peut-être qu'elle avait prévu des choses aujourd'hui et qu'elle ne serait pas là de la journée... Est-ce que Matthew était là tiens ? Liz et lui étaient partis ensemble de la Ligue et le jeune homme s'était énormément occupé d'elle ces derniers mois, cela ne m'étonnerait pas qu'il vive avec elle pour l'instant. Je n'avais pas du tout posé la question à mon amie, au final. Si c'était bien le cas, il ne me paraissait pas impossible qu'ils finissent par se remettre ensemble à un moment... ce qui me ferait très plaisir pour Liz, honnêtement.

J'étais en train de marcher vers la demeure, ces questions plein la tête, quand un mouvement provenant d'une assez grande silhouette attira mon attention à la périphérie de ma vision. Je tournai la tête et vis qu'il s'agissait d'un être humain qui joggait dans ma direction. Même s'il se trouvait encore trop loin pour que je puisse voir son visage, il était évident vu l'endroit où nous étions que cela ne pouvait être que Lizbeth. Elle avait donc repris le sport, pensai-je aussitôt ; c'était un très bon signe. Je m'arrêtai où j'étais et l'observai arriver jusqu'à moi, un sourire affectueux aux lèvres. Comment la saluer ? Quels premiers mots employer ? J'avais attendu de longs mois de pouvoir enfin lui parler en face à face : je n'avais pas envie de faire comme si cet instant n'était pas précieux.
Finalement, alors qu'elle s'arrêtait à deux mètres de moi, je sus parfaitement ce que je voulais faire. Sans dire un mot, je lâchai mon sac qui tomba mollement dans le sable. Puis, alors que mon sourire devenait plus tendre, je tendis les bras vers elle.


« Viens. » lui intimai-je avec douceur. « Il est temps que je te le fasse, ce câlin. »


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Lizbeth Grandt
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Région : Johto, Alola & Unys
Mer 7 Nov - 21:32
Je veux juste une dernière danse avant l'ombre et l'indifférence ♪

Je n'avais plus autant d'endurance qu'autrefois, lorsque je courrais tous les matins autour de la ligue avec Ruven, j'avais arrêté pendant trop longtemps les véritables activités physiques pour cela. L'annonce de mon état, mes sentiments et toute la dépression qui s'en est suivie m'a peu à peu éloigné de ce qui était pourtant ma plus grande passion : le sport. Lorsque je courrais j'étais capable de tout oublier, je pouvais éloigner les pensées parasites de mon esprit et j'en ressentais même un certain plaisir au bout d'un certain temps, lorsque l'adrénaline m'envahissait... J'avais sincèrement hésité à reprendre étant donné mon état, mais je m'étais repris : après tout je n'étais pas malade. Certes il y avait certaines choses que je devais éviter tel que l'alcool (et cela s'avérait plutôt compliqué, il fallait bien l'avouer, j'y avais pris goût...) mais je n'étais pas en sucre et je pouvais continuer de vivre comme bon me plaisait... Je me forçais donc à faire des parcours similaires à ceux que je faisais à l'époque, à l'exception près que j'étais seule cette fois, et je m'y tenais rigoureusement. Cela m'aidait aussi à appréhender un peu mieux la journée à venir, même si je n'étais jamais à l'abri d'une crise ou d'une rechute rapide, parfois pour une simple pensée. J'avais du mal à me détacher de ma vie précédente, tout était encore trop vif et récent et les sentiments que je ressentais trop forts. Pourquoi suis-je devenue aussi faible ? Comment est-ce que j'ai pu tout faire capoter aussi facilement ? Est-ce que c'était mon destin que de devoir sans cesse affronter la tempête, de devoir me battre envers et contre tout ?

Et pourtant, cette fois, j'avais baissé les bras plutôt que de me battre. Est-ce que cela aurait réellement changé quelque chose ? Aurais-je pu changer le futur en avouant tout et en me battant pour nous ? Je n'en avais aucunes certitudes et je n'avais pas envie de le savoir ; une personne qui souffre, c'était déjà suffisant. Je ne voulais pas faire plonger mon entourage et je ne voulais pas lire la déception sur son visage, ou pire la pitié, je ne l'aurais pas supporté. Alors j'ai cessé de me battre, j'ai baissé les bras. C'était peut-être bien la première fois que j'agissais aussi lâchement de toute ma vie, mais je m'étais retrouvée désemparé, sans solution. Je ne pourrais plus jamais me moquer des chansons évoquant les peines d'amour comme étant la pire souffrance qu'il soit ; j'étais en plein dedans.

Alors, lorsque la silhouette de Ruven m'apparut au loin, près de la villa, mon cœur me fit comprendre en des battements frénétiques à quel point il souffrait. Je ralentis l'allure progressivement, essayant de me souvenir comment respirer correctement, le souffle bloqué par cette vue. Je n'étais pas prête à lui faire face, quoique j'ai pu me dire ces derniers jours, et le moment était pourtant arrivé. Me mettant à marcher, je rétrécis peu à peu la distance qui nous séparait, baissant la casquette qui recouvrait le sommet de mon crâne ; au moins il ne se rendrait pas compte à quel compte je me négligeais comparativement à mon temps passé à la ligue... Pas tout de suite en tout cas.

Je m'arrêtais face à lui, mon cœur tambourinant douloureusement contre ma poitrine, comme s'il voulait le rejoindre. Il n'était pas le seul, mais j'étais incapable de faire le moindre pas, trop occupée à refouler les larmes qui voulaient de nouveau se frayer un chemin.

Un bruit sourd me surprit, je relevais la tête en voyant son sac par terre, ses bras tendus. Sa voix si douce me procura des frissons que je ne cherchais même pas à cacher ; c'était bien lui. Je restais stupidement immobile face à lui, le corps tremblant, avant de briser les quelques mètres nous séparant pour me jeter finalement dans ses bras, blottissant ma tête contre son cou alors que les larmes se mirent aussitôt à couler librement, maintenant que je ne sentais plus son regard. Je tremblais toujours, prise par une myriade de sentiments qui ne voulaient plus me quitter, mais glissais mes bras dans son dos pour le serrer contre moi, n'ayant plus envie de le quitter.

- Ruven... Ma voix était cassée par l'émotion et les larmes, mais j'avais besoin de le dire à haute voix, de me rassurer.

Est-ce que le temps pouvait s'arrêter désormais ?


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Ruven Baldwin
Ligue 4

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Région : Kalos / QG Ligue 4
Dim 3 Fév - 18:15
J'avais espéré que Lizbeth se serait remise de moi. C'était un désir naïf je suppose : des sentiments assez forts pour remettre en question toute sa vie actuelle, cela ne s'oubliait pas comme ça. Pourtant, j'y avais cru. Je crois qu'au fond je n'avais pas pris conscience de ce que mon amie ressentait vraiment pour moi ; j'avais admis qu'elle m'aimait, certes, mais jusque là c'était resté une simple information. D'une importance capitale évidemment, étant donné ses conséquences sur la vie de Liz comme sur la mienne – mais juste ça, une information. Je ne m'étais pas attardé sur ce qu'elle voulait vraiment dire. J'aurais pu m'en faire une idée pourtant, parce que j'étais moi-même amoureux et que je connaissais les symptômes... mais j'avais refusé d'y penser. Je ne voulais pas envisager que Liz puisse ressentir quelque chose d'aussi profond pour moi. C'était une pensée trop difficile à gérer.

Aussi, je fus choqué de l'état dans lequel je la trouvais. Mon amie se tenait à distance, comme intimidée, et cachait son regard derrière la visière de sa casquette. Jamais je ne l'avais vue avec une attitude si fermée. De mon côté j'étais sincèrement heureux de la revoir et fis donc le premier pas en lui tendant mes bras. Cela l'incita à relever les yeux pour me regarder, ce qui me permit enfin de voir son visage. Et bon sang ! Cette expression ! Elle avait l'air au bord des larmes et effrayée à la fois. Était-ce vraiment moi qui lui faisais cet effet-là ? Mon corps se raidit alors que le sien était parcouru de tremblements. Pendant de longues secondes nous restâmes là à nous regarder, paralysé l'un comme l'autre, puis finalement Liz courut se blottir dans mes bras. Sa tête chercha refuge dans le creux de mon cou, ses bras enserrèrent mon dos, ses larmes mouillèrent ma peau. Elle tremblait toujours.


« Ruven... »

Il y avait un désespoir impuissant dans ce gémissement. Comme si être ainsi contre moi la détruisait mais que pour rien au monde elle ne voudrait être ailleurs. Enfin, je compris ce que le fait qu'elle m'aimait signifiait vraiment.

« H..Hey... »

Je ne savais plus où j'habitais. Il y avait cette fille dans mes bras, cette fille à qui je ne voulais pas le moindre mal mais dont j'avais involontairement arraché le cœur. Je le voyais, dans ma main, à ma merci. Une caresse de mes doigts et il guérissait ; une pression de mon poing et il saignait. Je prenais conscience du pouvoir immense que j'avais sur Lizbeth, mais aussi de la vulnérabilité extrême dans laquelle elle se trouvait. Je n'avais pas osé imaginer qu'on pourrait en être là.
Je ne trouvais rien à dire. Aussi, je choisis d'enlacer ses épaules avec douceur et de l'attirer un peu plus contre mon corps. Là, à l'abri dans mes bras, je la laissai prendre de moi tout ce dont elle avait besoin. Cela dura une minute, peut-être deux. Je gardai le silence mais n'en communiquai pas moins ; mes mains disaient ma tendresse, les battements de mon cœur mon affection. Être une présence chaleureuse et apaisante, c'était encore ce que je savais faire de mieux.

Quand ses larmes se furent un peu taries, je desserrai légèrement mon étreinte et posai un baiser très doux sur le côté de sa tête. J'aurais tant voulu que cela suffise à chasser sa souffrance.


« Je suis heureux de te voir. » dis-je tout bas. « Cela faisait trop longtemps... »


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Lizbeth Grandt
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Mer 20 Fév - 10:14
C'est une douleur qui se garde, qui fait plus de bien que de mal ♪

Est-ce que cet instant pouvait durer éternellement ? Avais-je le droit à un peu de bonheur désormais, avant que tout ne se brise de nouveau ? J'avais longuement hésité avant de me jeter dans ses bras, craignant le rejet, craignant les reproches et les jugements. Il n'avait pas vu mon état actuel, j'en étais certaine, mais cela ne durerait pas éternellement et, alors, j'avais peur de lire dans son regard tout ce qu'il penserait de moi. Alors je restais profondément blottie contre son cou et son torse, la respiration saccadée, essayant de lutter contre ces larmes qui coulaient contre mon consentement, depuis que je l'avais vu devant moi. Je ne m'étais jamais sentie aussi faible psychologiquement que depuis que j'avais réalisé tout l'étendue de mes sentiments, et que j'avais compris que jamais ils ne seraient réciproques ; je n'étais pourtant pas du genre à me lamenter et à baisser les bras mais, depuis, j'avais bien du mal à gagner la bataille contre ces larmes qui venaient s'en crier garde, me forçant à m'isoler loin de tout pour que personne ne les voie. Même Matt ne savait pas à quel point mon état était instable, même s'il devait s'en douter, le lui cachant autant que possible, me réfugiant sur la plage ou dans le canyon afin de pouvoir exprimer mes sentiments sans personne pour me voir. Aujourd'hui j'avais faillit et les larmes continuaient de couler, terminant leur course dans le cou de Ruven qui me gardait contre moi, ses mains enserrant mes épaules d'un geste presque réconfortant. Je pouvais sentir son odeur et je m'en imprégnais, ne voulant plus bouger d'ici... Simplement profiter de sa présence...

Il fini par desserrer son étreinte, me donnant l'impression de me retrouver seule de nouveau. Son baiser tendre, mais bien mal placé pour mon esprit, ne fit qu'accentuer cette sensation et je restais agrippée à lui, soupirant doucement contre son cou. S'il savait à quel point ses mots faisaient battre mon coeur, tout en y créant un trou béant.

- Bien trop longtemps, oui... Ma voix n'était qu'un murmure.

Je ne savais pas quoi dire, je me retrouvais totalement désunie maintenant qu'il était là, dans mes bras. Est-ce que je pouvais le garder à mes côtés éternellement ? Ce serait fort égoïste mais la pensée me traversa l'esprit à plusieurs reprises, alors que je tentais de me reprendre et de le lâcher... Mais il n'y avait rien à faire, j'avais bien trop peur qu'il ne s'évanouisse dès que nos corps arrêteraient de se toucher, ne laissant derrière lui qu'un vague souvenir de sa présence, qui me hanterait pour longtemps... Non, vraiment, je ne voulais pas le lâcher. Profiter autant que possible de son corps contre le mien, de sa chaleur, de ses gestes...

Combien de temps est-ce que je suis restée ainsi, refusant de lâcher prise ? Sûrement bien trop longtemps pour lui et bien trop peu à mon goût. C'est une porte s'ouvrant sur l'extérieur qui mit fin à cet instant, ainsi qu'une voix que je connaissais bien.

- Liz ?... Oh, j'interromps quelque chose. Je relevais doucement la tête pour voir Matt à l'entrée de la maison, un sourcil haussé. Il me permit de me reprendre et je lâchais le dos de Ruven, essuyant rapidement mes larmes.
- Ça va, ne t'inquiètes pas. Il me regarda, toujours un sourcil haussé, avant de regarder Ruven.
- J'ai toutes les raisons du monde de m'inquiéter, mais passons. Il se rapprocha lentement de nous, avant de tendre la main vers Ruven. Mr Baldwin, cela faisait longtemps.

Je m'éloignais d'eux, allant vers la maison. Cela me permis de me reprendre un peu et de ne plus pleurer, bien que mon coeur soit encore en train de battre la chamade douloureusement. Une main se posa alors sur ma cuisse et j'eus un léger sourire en voyant Klein me regarder, inquiet, ses yeux brillants d'une drôle de lueur.

- Entrons.

Et je le fis la première, suivie du palmipède, qui ne cessait de jeter des regards derrière lui.


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Ruven Baldwin
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Région : Kalos / QG Ligue 4
Mer 24 Avr - 18:29
« Bien trop longtemps, oui... »

Je n'étais pas certain que ce soit bien ce qu'elle venait de dire car je l'entendais à peine. Qu'importe, au fond. Je n'avais pas besoin de connaitre les mots exacts pour percevoir son chagrin. La fissure dans sa voix, la fragilité de son corps, la force de ses doigts sur ma chemise... Tout son être me le disait.
Peu à peu ma joie de la retrouver s'estompait et je me laissais gagner par l'abattement. Ce n'était pas ainsi que je m'étais imaginé nos retrouvailles. Je ne m'attendais pas à des éclats de rire évidemment, mais au moins à quelque chose d'un peu moins... triste. Avions-nous fait une erreur en décidant de nous revoir ?

Ni elle ni moi ne sûmes quoi dire de plus. J'avais relâché mon étreinte, espérant lancer la conversation, mais Lizbeth n'avait pas bougé et restait fermement agrippée à moi. Même si à l'origine c'était moi qui l'avais invitée dans mes bras, je constatais à présent que c'était elle qui me serrait dans les siens. Comme si elle craignait que je parte. Et après tout c'est vrai : ne serait-il pas préférable que je m'en aille ? Ma présence lui faisait manifestement plus de mal que de bien, d'autant que je ne pouvais pas lui donner ce que son cœur désirait. Vu ainsi, rester là ne servirait qu'à nous faire souffrir tous les deux...
Pourtant, je ne pouvais pas me résoudre à m'en aller. Elle me tenait trop fort, avec trop de désespoir : je ne pouvais pas lui infliger la douleur de la quitter maintenant. A la place, je remis lentement mes mains sur ses épaules et laissai durer cette étreinte que d'aucun trouverait déjà trop longue. Si sentir mon corps contre elle apaisait une partie de son tourment, qui pouvait me juger de le lui accorder ?

Finalement, nous fûmes interrompus par le grincement d'une porte. Je relevai la tête vivement, surpris de voir arriver une tierce personne et inquiet qu'elle détourne ce qu'elle voyait pour alimenter davantage les rumeurs qui couraient sur Liz et moi. Heureusement il ne s'agissait que de Matthew, que pour être honnête j'avais totalement oublié.


« Liz ?... Oh, j'interromps quelque chose. »

Son regard sur nous ne me plaisait pas vraiment, je le sentais accusateur. Je suppose que je ne pouvais pas lui en vouloir : il était celui qui avait soutenu Lizbeth tous ces mois, il était bien placé pour savoir l'effet dévastateur que je pouvais avoir sur elle. J'étais juste agacé qu'il ne se rende pas compte que je n'avais rien voulu de tout ça et que je ne contrôlais pas ce que mon amie ressentait.
En tout cas, son arrivée devait rendre Liz honteuse car elle se détacha rapidement de mes bras et fit disparaitre ses larmes. Alors que le jeune homme venait me saluer formellement, elle s'éloigna de nous et fit mine de rentrer à l'intérieur. Je serrai la main de l'ex-agent sans aucune assurance, encore perturbé par ce qui venait de se passer.


« Bonjour Matthew... Cela fait longtemps oui, mais je commence à me dire que peut-être pas assez. » avouai-je à voix basse. Peut-être ne comprendrait-il pas correctement ce que je voulais dire par là, mais à vrai dire j'étais trop concentré sur Lizbeth pour m'en inquiéter.

Mon amie entra dans la maison et je la suivis après une hésitation. Lear ne me demanda pas s'il pouvait venir avec nous, ce qui me donna à croire qu'il surveillait mon aura et savait déjà que le moment n'était pas approprié. Klein aussi paraissait troublé car il suivait sa maitresse de près et ne cessait de regarder dans ma direction. Cette ambiance me mettait franchement mal à l'aise, et à nouveau je me demandais si je faisais bien de rester. Quelle était la probabilité que les choses s'améliorent au cours des prochaines heures ? Malheureusement elle me paraissait assez faible. Mais avais-je vraiment le choix ?
En pénétrant dans le salon je jetai un coup d’œil autour de moi. Je connaissais cette maison mais n'avais jamais eu l'occasion de la voir depuis que Lizbeth l'avait aménagée pour elle. C'était plutôt joli. Alors que je reconnaissais peu à peu ce qui autrefois décorait ses appartements à la Ligue, mon amie me demanda si je voulais boire quelque chose. Sans me regarder dans les yeux, ce qui me peina un peu plus.


« Ne t'embête pas, je prendrais ce qui t'est le plus simple à préparer. Une bière si tu as. »

Elle m'indiqua de prendre place sur le canapé et partit vers la cuisine. Ce fut là, alors qu'elle s'éloignait de profil, que je remarquai pour la première fois que sa silhouette avait franchement changé. De face j'avais bien constaté qu'elle avait pris un peu de poids, ce qui ne m'avait pas paru bizarre car elle avait arrêté le sport et s'était peut-être réfugiée dans la nourriture... Mais là je me rendais bien compte qu'il y avait plus que ça. L'impression de rondeur qui avait marqué mon oeil de face était en fait très centralisée sur la zone du ventre. Rien d'énorme, mais assez pour que cela ne puisse pas être une simple prise de poids passagère. Assez pour que je commence à me poser de sérieuses questions.
Lizbeth était-elle enceinte ?? D'un côté ça me paraissait complètement fou (de qui ? depuis combien de temps ?), de l'autre ça expliquait certaines choses. Si elle s'en était rendue compte avant de partir de la Ligue, cela justifiait en partie sa démission soudaine. Il fallait qu'elle se réfugie ici, loin de tout, avant que cela ne se voit et que les journalistes se jettent sur l'affaire comme sur une carcasse fraiche. Et en même temps, si cela datait d'avant son départ c'était très surprenant. Comment pouvait-elle être enceinte alors qu'elle était amoureuse de moi ? Non pas que je ressente la moindre jalousie, évidemment, mais Liz m'avait déjà dit qu'elle n'avait des relations sexuelles qu'amoureuse – et j'étais absolument certain de n'avoir jamais été saoul avec elle au point qu'il se passe quelque chose que j'aurais oublié. Etait-elle si malheureuse qu'elle avait oublié ses convictions pour trouver du réconfort auprès de quelqu'un ? Matthew peut-être ? Oh, j'étais sûr que c'était Matthew. Peut-être m'étais-je totalement planté en fait, peut-être qu'elle et Matthew étaient de nouveau ensemble maintenant. Ce qui expliquerait pourquoi le jeune homme m'avait regardé autant de travers...

Les hypothèses fusaient dans ma tête. J'en balayai une dizaine le temps que Liz prépare les boissons, envisageant même qu'elle ne soit pas enceinte et que la rondeur de son ventre soit liée à autre chose. Toutefois, quand elle revint et que je vis que ce qu'elle avait pris pour elle était sans alcool, je ne pus contenir la question plus longtemps.


« Euh, Lizzy... Je ne sais pas trop comment te demander ça mais... Tu..Tu es enceinte, non ? »


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