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» feelings? no thanks (pv edwin)


Madelaine Cerny
Coordinateur Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 20/04/2018
Messages : 35

Région : Kantô
Ven 12 Oct 2018, 16:58
La fraîcheur de la nuit ne lui était ni étrangère ni désagréable, en dépit d'un frisson venant étreindre ses épaules, et la forçant à venir réchauffer ses mains dans les poches de son hoodie enfilé à la hâte. Un empressement qui peinait vraiment à prendre les rênes sur son corps encore endormi, engourdit par un sommeil avorté un peu trop tôt à son goût — beaucoup trop tôt à vrai dire. Autant le dire alors, elle n'était pas certaine de ce qui l'avait convaincue de se lever, elle qui n'était pas du genre à sacrifier son confort pour autrui, ou du moins pas si facilement ; et qu'était-il pour elle, de toute façon? Personne, pas vraiment. Une rencontre fugace accompagnée par la pluie fine du matin et une fatigue adoucissant peut-être les contours trop bruts de sa méfiance naturelle. Depuis, elle n'avait même pas repensé à ce rendez-vous accepté un peu trop facilement, pas plus qu'à leur rencontre dont il ne restait qu'un étrange feeling, quelque chose qui ne s'apparentait à rien de négatif mais qu'on ne pouvait décrire avec des mots.

Ou peut-être qu'elle s'imaginait tout ça, au fond. Que l'ennui était sa motivation. Et qu'elle devrait peut-être retourner dans son lit, finalement.

Sa démarche était lente, incertaine peut-être ; sa seule compagnie était le silence tout relatif de la nuit à demi-endormie, ayant laissé son compagnon habituel chez elle. Il avait besoin de son repos, il se faisait vieux. Ca et le fait qu'elle s'était montrée plus hâtive qu'à l'accoutumée, ne désirant pas alerter sa mère qu'elle savait déjà couchée elle aussi. Et ce même si les sorties nocturnes étaient loin d'être inhabituelles pour elle. Oh, dire qu'elle l'évitait serait peut-être un peu fort mais pas totalement faux ; faire face aux problèmes? Très peu pour elle. Mais non, se trouver des excuses était plus simple, et puis.
Et puis quoi, à vrai dire? Ses pensées, encore engluées dans le sommeil pas totalement évaporé tournaient en rond, s'emmêlaient jusqu'à ce qu'elle en perde le fil. Franchement, qu'est-ce qu'elle foutait là?

Là, c'était le parc qu'elle avait supposé être sa destination après un appel qu'elle n'attendait surement pas. Edwin, hein? Ils n'étaient pas amis, encore une fois, se connaissaient à peine. Et si quelqu'un venait à lui demander pourquoi elle avait accepté d'aller le rejoindre en plein milieu de la nuit, alors qu'il n'était clairement pas sobre, Madelaine n'aurait pas su se justifier. Heureusement alors que personne ne risquerait de la question sur ses choix discutables.

La cigarette à demi-consumée trembla entre ses lèvres alors qu'un soupir s'en échappait, les restes d'un bâillement étouffé. Il avait parlé d'un parc, et d'après les maigres détails qu'elle avait pu obtenir de lui, c'était probablement celui-ci, sans parler qu'Argenta n'en avait pas tant que ça. Huh, se balader dans ce genre de coin en pleine nuit, ça n'était jamais très sûr, vraiment pas très malin. Peut-être qu'elle comptait sur son expression naturellement peut avenante pour ne pas être dérangée : si elle n'avait rien d'intimidant ou de même impressionnant d'un premier coup d’œil, son minois avait toujours cet air à la fois farouche et profondément ennuyé par tout ce qui l'entourait, sans qu'elle n'ait à se forcer. Quelque chose qui lui avait déjà desservi par le passé, mais apportait aussi son lot de paix bien méritée. Enfin, ça n'était pas une mean resting bitch face qui la sauverait d'une agression potentielle pour autant, mais la pensée s'effaça aussi vite qu'elle était survenue, ne laissant derrière elle qu'une réflexion creuse et des questions auxquelles elle ne répondrait surement jamais.

La silhouette qui se dessinait sur un banc à quelques mètres de là avait fini par lui faire plisser les yeux, cherchant à savoir si c'était celui qu'elle cherchait. Difficile à dire, même avec la lumière vacillante d'un lampadaire à proximité. Conclusion qui la força à se rapprocher un peu plus, avant d'avoir confirmation. Une moue vint pincer ses lèvres alors qu'elle l'observait d'un œil circonspect. Pas de jugement pour autant, juste un établissement des faits, avant de finalement ouvrir la bouche. « You look like shit. » Rude, elle l'était toujours et ça n'était même pas pour être méchante : le ton de sa voix était factuel et dépourvu d'émotion négative, et juste assez fort pour que lui puisse l'entendre sans pour autant déranger la quiétude relative du coin. Son but n'était pas de le brusquer après tout, ni même de lui faire regretter de l'avoir appelée. « What happened to you, huh? » La voilà qui prenait place à ses côtés, le mégot écrasé sous la semelle de sa chaussure ; un peu de distance entre eux, par habitude, alors qu'elle se penchait légèrement pour observer son visage. Et pas un mot de plus, alors que ses sourcils faiblement haussés trahissait d'un semblant d'inquiétude. Ou quelque chose du genre.



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Edwin Corsica
Dresseur Kantô

C-GEAR
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Messages : 265

Région : Kantô
Jeu 01 Nov 2018, 06:03
Il ne savait pas trop qui remercier de s’être retrouvé dans cet état. Il savait, au fond, qu’il était le seul à blâmer dans cette affaire, mais il n’assumait rien. Rien de ce qui s’était passé en cette soirée, rien de ce qui s’était passé par la suite. Il devait y avoir un genre de glitch dans la matrice, un truc incompréhensible qui s’était produit. Ah! Sûrement une connerie du genre. Après tout, il n’avait rien fait pour mériter tout ça, hein? Hein? Et c’était là que les angoisses remontaient, des bribes de souvenirs, des gestes particuliers ainsi que des choses dites. Des « peut-être », rien de plus que des suppositions, mais dans l’infime possibilité où il ait posé un geste particulièrement déplacé, il y voyait la source de ses maux, exacerbée au point d’englober tout le reste. Comme s’il devait être tenu responsable de la plus petite des maladresses, comme s’il s’agissait de la raison pour laquelle l’épée de Damoclès s’était abattue sur sa tête. Et tous ces fragments de souvenirs où ses gestes avaient pu causer un malaise engloutissaient tout le bon qui se trouvait autour, le plongeant dans le néant, forcé à se résigner à son malheur…

Ça avait commencé un peu après l’incident. Il s’était rendu à l’épicerie, avait acheté un pack de bière, comme convenu. Dépité, avec un sourire en coin tout de même. C’était surtout un sourire honteux, parce qu’il savait qu’il était en train de donner de raison à tous ses proches. Sauf que c’était plus fort que lui, c’était un besoin qu’il n’arrivait pas à rationaliser et dans cet instant de détresse, il n’était pas en mesure de lutter contre lui-même. Il voulait se dérober à son propre esprit, s’éteindre maintenant. Il savait ce qui l’attendrait au réveil, mais pour l’instant, il voulait oublier. Une fois à la sortie, il trouva un coin tranquille, un peu à l’écart du monde en cette fin de soirée et il commença à boire. Un peu plus tard, il troqua quelques bières contre un peu de compagnie, des types pas vraiment plus vieux que lui et dans le même genre d’état d’esprit, de surcroît. Sans trop s’avancer, il expliqua brièvement sa situation et grâce au genre de réconfort que seul un inconnu pouvait offrir, il trouva un semblant de répit. Éventuellement, l’un des chats de ruelle lui proposa quelque chose pour l’aider dans sa quête d’abandon. Sans trop chercher à savoir de quoi il en retournait, il accepta.

La suite de son aventure se passe d’explications. C’était un mélange de rêveries, de fresques peinturées à même le ciel, de sensations étranges et de réalisations métaphysiques. Sans trop qu’il ne s’en rende compte, trois heures venaient de passer. Au milieu de la quatrième heure, l’introspection fit son entrée. Dans cet état des plus vulnérables, il ressassa tout ce qui s’était passé, cherchant à rationaliser ce qu’il ressentait, de trouver une justification à ce fiasco. Sauf que plus il y pensait, plus son mal revenait au galop et il se sentait tellement seul. Une solitude angoissante où il avait l’impression d’être seul au monde et pour cause; le parc était complètement désert à cette heure-ci. Rapidement, le court instant de bonheur se transformait en cauchemar et pour se préserver du mal qui s’emparait de lui, il se recroquevilla sur le banc, ses genoux venant se porter à son menton. Dans un élan de lucidité, il parvint à faire un geste insensé, mais qui se voulait salutaire. Il venait de demander à Madelaine de le rejoindre, une personne qui lui était encore inconnue. Pourtant, s’il ne l’avait pas fait, il n’aurait pas su comment se sortir de sa propre tête.

Elle arriva un peu plus tard alors qu’il était toujours couché sur le banc, incapable de trouver le sommeil. Ses pupilles étaient dilatées jusqu’à camoufler complètement l’iris et le bruit de ses pas l’alerta. Couché sur le banc, la tête basculée vers l’arrière, il la regarda s’approcher. Il était content de la voir, peut-être même un peu trop. Comme un naufragé qui reçoit de l’aide alors qu’il était sur le point d’abandonner, il lui offrit un grand sourire plein d’espoir, ne captant même pas la remarque qu’elle venait de faire à son égard.

« Heey! You came! I’m happy to see you. »

Il se redressa, maladroitement, afin de mieux l’observer. Il commençait à avoir froid, mais ce n’était pas grave. En réalité, il ne savait même pas quoi lui dire ou plutôt, il craignait sa réaction s’il venait à se délester de ce poids qui lui pesait sur le cœur. Ceci dit, s’il ne le faisait pas, il n’arriverait jamais à s’en sortir. Il devait tenter sa chance, c’était ce que l’excès de franchise provoqué par la drogue lui faisait.

« I, huh. I’m really glad you came by… »

Il baissa les yeux, son sourire devenant presque triste. Il n’osait pas trop la regarder en face, de peur d’être jugé, mais il trouva le courage de lui dire tout de même.

« I just…feel very lonely right now. I… I don’t want to be alone, so please, can you stay with me? »

Il leva finalement le regard vers elle, en attente d’une réponse. Il ne savait pas comment s’y prendre, ne savait pas comment chercher les bons mots. Il voulait juste de la compagnie. Bien loin de la personne confiante qu’il lui avait présentée plus tôt ce matin, à cet instant il en était tout l’opposé.
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Madelaine Cerny
Coordinateur Kantô

C-GEAR
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Région : Kantô
Ven 02 Nov 2018, 00:27
Elle avait eut, à l'approche du banc, un instant d'hésitation infime ; alors que son regard découvrait sa silhouette étendue, sa raison, brièvement, l'avait faite se questionner sur la raison de sa présence ici, de sa venue pour lui. Pas besoin de le redire, les faits étaient déjà établis depuis qu'elle avait accepté et leur relation n'en était pas vraiment une. Juste l'histoire d'un moment éphémère aux petites heures du matin et c'était tout.

Et pourtant, un pourquoi flottait toujours dans son esprit, sans l'espoir d'être résolu.

Les mots sans délicatesse qui s'étaient échappés de ses lèvres ne semblaient même pas l'avoir effleuré. Non, il eut un sourire à lui offrir en retour, et ça, Madelaine ne s'y attendait pas. Il n'avait, après tout, pas de raison d'être content de la voir à ce point, non? Encore une interrogation en suspend, une de plus qui ne traverserait pas le seuil de ses lèvres — et qui avec elle amenait à semblant d'embarras qu'elle ne connaissait que trop bien. « Don't mention it, huh — I couldn't sleep anyway. » Liar. Mais la preuve était soigneusement dissimulée sous l'épaisseur de son ensemble de jogging molletonné, il n'en saurait rien. Pourquoi mentir? Probablement parce qu'elle ne voulait pas qu'il regrette de l'avoir appelée, pas alors qu'il était comme ça — et elle ne savait même pas ce qu'il avait vraiment.

Pas un mot ne fila alors qu'elle rencontrait son regard. La solitude, elle connaissait, et s'en était faite une compagne agréable, la plupart du temps. Sauf qu'à cet instant, ça n'avait pas d'importance, pas alors qu'elle scrutait son regard sans trop comprendre comment elle s'était retrouvée là. Avec peu de mots, un poids déjà s'était installé sur ses épaules, plus encore alors qu'elle réalisait doucement que quelque chose clochait — et elle n'était pas préparée à dealer avec le mal-être des autres.

La facilité avec lesquels ses certitudes s'effondraient avait quelque chose de troublant, un malaise qui n'avait rien de nouveau mais qui n'était pourtant jamais agréable à admettre. Elle était venue ici en pensant trouver un type ayant trop bu et besoin d'aide pour ne pas s'étouffer dans son vomi, rien de bien nouveau pour elle — ses amis n'avaient pas toujours été très sages. Au lieu de ça, la voilà face à quelque chose la prenant de court : une demande pourtant simple (un peu de compagnie) mais formulée d'une façon faisant écho à sa propre mélancolie, de façon inattendue. Était-ce son regard? Le ton de sa voix? Peut-être le tout, au final. Chose certaine, elle se sentait bête et son absence de réponse s'éternisait probablement trop au goût de celui lui faisant face.

La nonchalance était un habit lui allant toujours comme un gant, mais soudainement, elle peinait à s'y sentir à l'air ; un soupir laborieux finit par filer d'entre ses lèvres alors qu’elle s'adossait au banc, scrutant le ciel sombre à la recherche d'un courage qu'elle n'avait jamais possédé jusque là. « Sure. Un léger raclement de gorge, un reniflement tout sauf élégant. Allez, elle n'allait quand même pas se laisser avoir par ses propres émotions, si? « And what kind of person would I be if I left you like that? You look like a sad, lost puppy. » Une tentative d'humour ponctuée par un soupir alors que ses prunelles pâles se reposaient sur lui, mordillant ses lèvres d'un air pensif. Tout ça l'interpellait, autant son attitude à des miles de celle qu'il affichait ce matin que ce qu'il ne semblait pas avoir encore dire. Parce que c'était le feeling qu'elle avait, l'impression que ce n'était pas tout. Sauf qu'elle n'était pas sure d'être la personne adéquate à qui confesser ce qui lui pesait, qu'importe ce dont il s'agissait. Sauf qu'elle avait accepté de rester, hein? « Weren't you supposed to meet up with your friends or something? » La question sonnait un peu con, surtout vu sa gueule. Mais pour une fois, voilà que la jeune femme tentait de prendre des pincettes, d'être un peu moins brute avec ses paroles. « And what about your face? You weren't looking that bad this morning. » Juste un peu.



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Edwin Corsica
Dresseur Kantô

C-GEAR
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Région : Kantô
Ven 11 Jan 2019, 03:11
Ses mots flottaient dans l’air, transportés en vaguelettes qui ondulaient dans l’espace les séparant, s’écrasant contre lui avec cette nonchalance qui leur était propre. Edwin ne s’en offensait pas, il ne considérait pas même le côté égoïste de sa demande dans un premier temps, ne faisait qu’être si content qu’elle soit présente. Comme d’une surprise, mais surtout, c’était le soulagement qu’il ressentait. Son monde, depuis quelques heures complètement dénué de sens et de vie, venait d’accueillir une autre âme, l’éloignement aussi rapidement des images surréalistes projetées par son cerveau, ainsi que des émotions néfastes qui l’angoissaient. De sa seule présence, elle avait su faire taire ses maux. Déjà ça, c’était une victoire.

Elle prit place à ses côtés, mais il n’osait pas trop la regarder d’aussi près. Quelque chose de trop intime et d’invasif. Il ne trouvait pas les mots pour justifier son sentiment, se contentait de le vivre pleinement en terme d’émotions primaires et confuses. Était-ce sa propre vulnérabilité qui le dérangeait ainsi? Il s’était même renfermé sur lui-même, très subtilement, visible dans la courbature de son dos et de ses épaules relevées, la tête penchée, fixant le sol. Encore une fois ses mots viennent l’ancrer à la réalité, bien que son propos ait su raviver une série de souvenirs et d’émotions bien particulières. Si elle l’avait laissé comme ça? C’était gentil de sa part. Ceux l’ayant abandonné par le passé étaient nombreux et jusqu’à présent, aucun ne lui avait offert le privilège de donner son opinion avant de s’éclipser. Il se retrouvait pensif, mais serein. Qu’aurait-il voulu dire à ces personnes? Rien…sans doute. Sa bonne répartie ne tenait pas compte de ce genre de scénarios, malheureusement. Il n’avait que son expérience pour toute réponse.

« I don’t know? I think you’d be a normal, sane person. You’ve been told, I’m sure. Never hang out with the bad kids, huh. Even if they’re sad, or alone…»

Et peut-être qu’ils le seraient moins, si c’était le cas. Peut-être qu’ils ne chercheraient pas à l’enterrer autrement, aussi. Sauf que ce serait égoïste, encore une fois, de demander une telle chose des autres. Et dans son monologue intérieur, il se rend compte de ce qu’il lui demandait de manière détournée. Alors, il se redresse, s’étire de tout son long. La sensation est étrange, comme s’il était parcouru de chatouillement, comme s’il était étranger à son propre corps. Il y va d’un sourire simple.

« Thankfully, I’m nothing like that! Just a bit lonely is all. »

La résilience, il a appris ça assez tôt dans sa vie. Si la tentative demeurait maladroite, l’idée était surtout de passer à autre chose. Sauf que les deux questions suivantes le ramenèrent immédiatement là où il aurait préféré ne pas aller. À quoi bon mentir, maintenant.

« Yeah, well… I don’t think there are any “friends” anymore. I did something stupid and huh…well they got pretty mad. I got mad, too. Shit… This was supposed to be a nice trip… Now they just…ditched me. It almost feels like a script, y’know? That I fell into some kind of trap and everything just unraveled before me… Hah, maybe that was the plan all along. »

Il passa ses mains sur son visage, ne sentit même pas la douleur provoquée par ses blessures. Il n’arrivait pas à savoir pourquoi tout ça arrivait.

« Y’know when was the last time I’ve felt so scared? When my parents just left for three days straight without warning because they decided to…» Il réalisa ce qu’il était en train de lui révéler à cet instant. La perte d’inhibition n’était peut-être pas le meilleur aspect de la drogue, à cet instant. « …Forget that, I’m sorry. »

Néanmoins, il voulut lui demander quelque chose.

« Say, have you ever took something for granted to the point where it seemed impossible that this particular thing would ever go away? »

Et qu’il avait bâti les fondations de sa vie sur cette même chose qu’il considérait comme son oasis, son répit de toute cette vie qu’il détestait tant. Finalement, il regarda Madelaine à nouveau, ce sourire doux-amer au visage. Il était reconnaissant, qu’elle soit venue. Qu’elle l’écoute. Il voulait la regarder un peu, parce que le lendemain, lorsqu’elle aussi serait partie pour de bon, il pourrait garder un bon souvenir de toute cette histoire. Elle serait la fleur qui pousse dans le ciment, faute d’une métaphore plus originale.

« You know, I don’t know you very much, but I think you’re a good egg. Even if you look hard to approach. Yeah, you’re the kind of person that I’d like to know. »


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Madelaine Cerny
Coordinateur Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 20/04/2018
Messages : 35

Région : Kantô
Ven 18 Jan 2019, 18:14
S'il y avait bien quelque chose pour laquelle elle ne s'était jamais sentie qualifiée, c'était bien d'être la personne idéale pour panser un cœur en peine. Écouter, elle en était capable, mais elle n'était pas de ceux proposant une épaule réconfortante pas plus que des paroles apportant ne serait-ce qu'un modicum de consolation. Était-ce qu'il voulait d'elle? Elle n'était pas certaine de savoir le définir clairement, peut-être à cause de l'écart entre son attitude et ses paroles, ne s'accordant pas tout à fait. Il y avait quelque chose – il y avait toujours quelque chose – mais le mystère, pour l'heure, restait entier.

Sad and alone, huh? Ça par contre, il n'aurait pas eu besoin de le dire pour qu'elle le déduise : l'observer était amplement suffisant. Quand à savoir s'il était vraiment un de ces bad kids, ça restait à définir. Il n'avait après tout rien fait jusque-là qui lui laissait penser ça, et ce en dépit de ce qu'elle avait pu lui dire lors de leur première rencontre. Enfin, Madelaine n'avait rien de naïf, et elle savait par expérience que la vérité était rarement visible à fleur de peau. Un sentiment renforcé d'ailleurs par la façon dont il semblait tenter de se rattraper, comme pris en tort par ses propres mots ; si aucun mot ne filait entre ses lèvres, elle continuait de l'observer du coin de l’œil, mordillant sa lèvre d'un air absent.

Ah, parlant de vérité. Voilà que le voile se retrouvait peu à peu levé, au moins concernant sa situation actuelle — déplorable, si on venait à lui demander son avis. Que dire? Attendait-il qu'elle dise quelque chose, d'ailleurs? La jeune femme n'en était pas totalement certaine, ses sourcils se fronçant brièvement, le visage tourné vers lui cette fois. Les seules paroles qui lui venaient à l'esprit n'avaient rien de très réconfortantes, si bien qu'elle préféra, pour une fois, ne pas laisser sa langue communiquer la rudesse de ces dernières. Non, au lieu de cela elle préféra simplement hocher la tête, signifiant au moins qu'elle consentait à l'écouter malgré le tournant morose que prenait la conversation, tout à coup.

« In a way, I think so. » Déglutissant brièvement, elle passa une main sur son front, réarrangeant sa frange sans réel but, une habitude parmi tant d'autres. « My friends left me too. Well, not really like yours did, we didn't have a fight and we're still friends but. The end game is pretty much the same : I'm alone and I never thought it would happen. I always imagined we would stay together far longer than that, and yet— » C'était la première fois qu'elle livrait à quelqu'un son ressentit sur le départ de ses amis les plus proches, touts promis à des futurs bien plus brillants que le sien. « I won't pretend I know exactly how you feel either. But for what it's worth, I can at least tell you I know how being lonely feels. » La compassion n'était pas quelque chose qu'elle avait l'habitude de montrer, pas ouvertement. Et si elle n'oserait pas un geste en sa direction, pas même une main réconfortante contre l'une des siennes, voilà au moins qu'elle lui adressait un sourire, qui a défaut d'être assuré, avait quelque chose de chaleureux, et surtout de compréhensif.

La solitude, après tout, prenait bien des formes, et si la nature de cette dernière variait, la finalité était souvent bien similaire.

Elle avait fini par se redresser quelque peu, après un instant de silence. Le frais semblait s'être décidé à se faire plus agressif, d'autres frissons venant mordre sa nuque et son échine. « Hard to approach, huh? Yeah, I get that often. Something about a mean resting bitch face or whatever. » Si les minutes précédentes semblaient avoir été dédiées à des confessions bien plus sérieuses, le rictus qu'elle affichait alors avait quelque chose d'un tantinet joueur. « Not gonna complain though, at least most people leave me be. » Reniflant légèrement, le froid faisant toujours des siennes, elle laissa échapper un bref soupire.

La vérité, c'était qu'elle était malgré tout touchée par ce qu'il venait de dire, et ça la troublait un peu.

« You ain't too bad yourself either. That said— » Un autre soupire, alors qu'elle quittait le banc, rentrant légèrement ses mains dans les manches de son hoodie, frissonnant. « It's getting cold. If you don't know were to go, you can come home with me. Well, I'm not really giving you a choice here, anyway. You can't stay outside like that. » Il était bien rare qu'elle propose ce genre de choses à qui que ce soit, mais la situation n'était pas habituelle, de toute façon. Puis, elle l'avait déjà dit, elle n'aurait pas le cœur à juste l'abandonner comme ça. Ce qui ne l'empêcha pourtant pas de prendre le soin de ponctuer sa proposition plus qu'affirmative d'un haussement d'épaules emprunt de nonchalance, son regard posé sur lui. « You think you can walk? I know I look strong and all, but I don't think I can lift you, y'know. » Une pointe d'humour, pour oublier le froid de ce matin gris.



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