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» feelings? no thanks (pv edwin)


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Coordinateur Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 20/04/2018
Messages : 29

Région : Kantô
Ven 12 Oct - 16:58
La fraîcheur de la nuit ne lui était ni étrangère ni désagréable, en dépit d'un frisson venant étreindre ses épaules, et la forçant à venir réchauffer ses mains dans les poches de son hoodie enfilé à la hâte. Un empressement qui peinait vraiment à prendre les rênes sur son corps encore endormi, engourdit par un sommeil avorté un peu trop tôt à son goût — beaucoup trop tôt à vrai dire. Autant le dire alors, elle n'était pas certaine de ce qui l'avait convaincue de se lever, elle qui n'était pas du genre à sacrifier son confort pour autrui, ou du moins pas si facilement ; et qu'était-il pour elle, de toute façon? Personne, pas vraiment. Une rencontre fugace accompagnée par la pluie fine du matin et une fatigue adoucissant peut-être les contours trop bruts de sa méfiance naturelle. Depuis, elle n'avait même pas repensé à ce rendez-vous accepté un peu trop facilement, pas plus qu'à leur rencontre dont il ne restait qu'un étrange feeling, quelque chose qui ne s'apparentait à rien de négatif mais qu'on ne pouvait décrire avec des mots.

Ou peut-être qu'elle s'imaginait tout ça, au fond. Que l'ennui était sa motivation. Et qu'elle devrait peut-être retourner dans son lit, finalement.

Sa démarche était lente, incertaine peut-être ; sa seule compagnie était le silence tout relatif de la nuit à demi-endormie, ayant laissé son compagnon habituel chez elle. Il avait besoin de son repos, il se faisait vieux. Ca et le fait qu'elle s'était montrée plus hâtive qu'à l'accoutumée, ne désirant pas alerter sa mère qu'elle savait déjà couchée elle aussi. Et ce même si les sorties nocturnes étaient loin d'être inhabituelles pour elle. Oh, dire qu'elle l'évitait serait peut-être un peu fort mais pas totalement faux ; faire face aux problèmes? Très peu pour elle. Mais non, se trouver des excuses était plus simple, et puis.
Et puis quoi, à vrai dire? Ses pensées, encore engluées dans le sommeil pas totalement évaporé tournaient en rond, s'emmêlaient jusqu'à ce qu'elle en perde le fil. Franchement, qu'est-ce qu'elle foutait là?

Là, c'était le parc qu'elle avait supposé être sa destination après un appel qu'elle n'attendait surement pas. Edwin, hein? Ils n'étaient pas amis, encore une fois, se connaissaient à peine. Et si quelqu'un venait à lui demander pourquoi elle avait accepté d'aller le rejoindre en plein milieu de la nuit, alors qu'il n'était clairement pas sobre, Madelaine n'aurait pas su se justifier. Heureusement alors que personne ne risquerait de la question sur ses choix discutables.

La cigarette à demi-consumée trembla entre ses lèvres alors qu'un soupir s'en échappait, les restes d'un bâillement étouffé. Il avait parlé d'un parc, et d'après les maigres détails qu'elle avait pu obtenir de lui, c'était probablement celui-ci, sans parler qu'Argenta n'en avait pas tant que ça. Huh, se balader dans ce genre de coin en pleine nuit, ça n'était jamais très sûr, vraiment pas très malin. Peut-être qu'elle comptait sur son expression naturellement peut avenante pour ne pas être dérangée : si elle n'avait rien d'intimidant ou de même impressionnant d'un premier coup d’œil, son minois avait toujours cet air à la fois farouche et profondément ennuyé par tout ce qui l'entourait, sans qu'elle n'ait à se forcer. Quelque chose qui lui avait déjà desservi par le passé, mais apportait aussi son lot de paix bien méritée. Enfin, ça n'était pas une mean resting bitch face qui la sauverait d'une agression potentielle pour autant, mais la pensée s'effaça aussi vite qu'elle était survenue, ne laissant derrière elle qu'une réflexion creuse et des questions auxquelles elle ne répondrait surement jamais.

La silhouette qui se dessinait sur un banc à quelques mètres de là avait fini par lui faire plisser les yeux, cherchant à savoir si c'était celui qu'elle cherchait. Difficile à dire, même avec la lumière vacillante d'un lampadaire à proximité. Conclusion qui la força à se rapprocher un peu plus, avant d'avoir confirmation. Une moue vint pincer ses lèvres alors qu'elle l'observait d'un œil circonspect. Pas de jugement pour autant, juste un établissement des faits, avant de finalement ouvrir la bouche. « You look like shit. » Rude, elle l'était toujours et ça n'était même pas pour être méchante : le ton de sa voix était factuel et dépourvu d'émotion négative, et juste assez fort pour que lui puisse l'entendre sans pour autant déranger la quiétude relative du coin. Son but n'était pas de le brusquer après tout, ni même de lui faire regretter de l'avoir appelée. « What happened to you, huh? » La voilà qui prenait place à ses côtés, le mégot écrasé sous la semelle de sa chaussure ; un peu de distance entre eux, par habitude, alors qu'elle se penchait légèrement pour observer son visage. Et pas un mot de plus, alors que ses sourcils faiblement haussés trahissait d'un semblant d'inquiétude. Ou quelque chose du genre.


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Dresseur Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 22/06/2016
Messages : 194

Région : Kantô
Jeu 1 Nov - 6:03
Il ne savait pas trop qui remercier de s’être retrouvé dans cet état. Il savait, au fond, qu’il était le seul à blâmer dans cette affaire, mais il n’assumait rien. Rien de ce qui s’était passé en cette soirée, rien de ce qui s’était passé par la suite. Il devait y avoir un genre de glitch dans la matrice, un truc incompréhensible qui s’était produit. Ah! Sûrement une connerie du genre. Après tout, il n’avait rien fait pour mériter tout ça, hein? Hein? Et c’était là que les angoisses remontaient, des bribes de souvenirs, des gestes particuliers ainsi que des choses dites. Des « peut-être », rien de plus que des suppositions, mais dans l’infime possibilité où il ait posé un geste particulièrement déplacé, il y voyait la source de ses maux, exacerbée au point d’englober tout le reste. Comme s’il devait être tenu responsable de la plus petite des maladresses, comme s’il s’agissait de la raison pour laquelle l’épée de Damoclès s’était abattue sur sa tête. Et tous ces fragments de souvenirs où ses gestes avaient pu causer un malaise engloutissaient tout le bon qui se trouvait autour, le plongeant dans le néant, forcé à se résigner à son malheur…

Ça avait commencé un peu après l’incident. Il s’était rendu à l’épicerie, avait acheté un pack de bière, comme convenu. Dépité, avec un sourire en coin tout de même. C’était surtout un sourire honteux, parce qu’il savait qu’il était en train de donner de raison à tous ses proches. Sauf que c’était plus fort que lui, c’était un besoin qu’il n’arrivait pas à rationaliser et dans cet instant de détresse, il n’était pas en mesure de lutter contre lui-même. Il voulait se dérober à son propre esprit, s’éteindre maintenant. Il savait ce qui l’attendrait au réveil, mais pour l’instant, il voulait oublier. Une fois à la sortie, il trouva un coin tranquille, un peu à l’écart du monde en cette fin de soirée et il commença à boire. Un peu plus tard, il troqua quelques bières contre un peu de compagnie, des types pas vraiment plus vieux que lui et dans le même genre d’état d’esprit, de surcroît. Sans trop s’avancer, il expliqua brièvement sa situation et grâce au genre de réconfort que seul un inconnu pouvait offrir, il trouva un semblant de répit. Éventuellement, l’un des chats de ruelle lui proposa quelque chose pour l’aider dans sa quête d’abandon. Sans trop chercher à savoir de quoi il en retournait, il accepta.

La suite de son aventure se passe d’explications. C’était un mélange de rêveries, de fresques peinturées à même le ciel, de sensations étranges et de réalisations métaphysiques. Sans trop qu’il ne s’en rende compte, trois heures venaient de passer. Au milieu de la quatrième heure, l’introspection fit son entrée. Dans cet état des plus vulnérables, il ressassa tout ce qui s’était passé, cherchant à rationaliser ce qu’il ressentait, de trouver une justification à ce fiasco. Sauf que plus il y pensait, plus son mal revenait au galop et il se sentait tellement seul. Une solitude angoissante où il avait l’impression d’être seul au monde et pour cause; le parc était complètement désert à cette heure-ci. Rapidement, le court instant de bonheur se transformait en cauchemar et pour se préserver du mal qui s’emparait de lui, il se recroquevilla sur le banc, ses genoux venant se porter à son menton. Dans un élan de lucidité, il parvint à faire un geste insensé, mais qui se voulait salutaire. Il venait de demander à Madelaine de le rejoindre, une personne qui lui était encore inconnue. Pourtant, s’il ne l’avait pas fait, il n’aurait pas su comment se sortir de sa propre tête.

Elle arriva un peu plus tard alors qu’il était toujours couché sur le banc, incapable de trouver le sommeil. Ses pupilles étaient dilatées jusqu’à camoufler complètement l’iris et le bruit de ses pas l’alerta. Couché sur le banc, la tête basculée vers l’arrière, il la regarda s’approcher. Il était content de la voir, peut-être même un peu trop. Comme un naufragé qui reçoit de l’aide alors qu’il était sur le point d’abandonner, il lui offrit un grand sourire plein d’espoir, ne captant même pas la remarque qu’elle venait de faire à son égard.

« Heey! You came! I’m happy to see you. »

Il se redressa, maladroitement, afin de mieux l’observer. Il commençait à avoir froid, mais ce n’était pas grave. En réalité, il ne savait même pas quoi lui dire ou plutôt, il craignait sa réaction s’il venait à se délester de ce poids qui lui pesait sur le cœur. Ceci dit, s’il ne le faisait pas, il n’arriverait jamais à s’en sortir. Il devait tenter sa chance, c’était ce que l’excès de franchise provoqué par la drogue lui faisait.

« I, huh. I’m really glad you came by… »

Il baissa les yeux, son sourire devenant presque triste. Il n’osait pas trop la regarder en face, de peur d’être jugé, mais il trouva le courage de lui dire tout de même.

« I just…feel very lonely right now. I… I don’t want to be alone, so please, can you stay with me? »

Il leva finalement le regard vers elle, en attente d’une réponse. Il ne savait pas comment s’y prendre, ne savait pas comment chercher les bons mots. Il voulait juste de la compagnie. Bien loin de la personne confiante qu’il lui avait présentée plus tôt ce matin, à cet instant il en était tout l’opposé.
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Coordinateur Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 20/04/2018
Messages : 29

Région : Kantô
Ven 2 Nov - 0:27
Elle avait eut, à l'approche du banc, un instant d'hésitation infime ; alors que son regard découvrait sa silhouette étendue, sa raison, brièvement, l'avait faite se questionner sur la raison de sa présence ici, de sa venue pour lui. Pas besoin de le redire, les faits étaient déjà établis depuis qu'elle avait accepté et leur relation n'en était pas vraiment une. Juste l'histoire d'un moment éphémère aux petites heures du matin et c'était tout.

Et pourtant, un pourquoi flottait toujours dans son esprit, sans l'espoir d'être résolu.

Les mots sans délicatesse qui s'étaient échappés de ses lèvres ne semblaient même pas l'avoir effleuré. Non, il eut un sourire à lui offrir en retour, et ça, Madelaine ne s'y attendait pas. Il n'avait, après tout, pas de raison d'être content de la voir à ce point, non? Encore une interrogation en suspend, une de plus qui ne traverserait pas le seuil de ses lèvres — et qui avec elle amenait à semblant d'embarras qu'elle ne connaissait que trop bien. « Don't mention it, huh — I couldn't sleep anyway. » Liar. Mais la preuve était soigneusement dissimulée sous l'épaisseur de son ensemble de jogging molletonné, il n'en saurait rien. Pourquoi mentir? Probablement parce qu'elle ne voulait pas qu'il regrette de l'avoir appelée, pas alors qu'il était comme ça — et elle ne savait même pas ce qu'il avait vraiment.

Pas un mot ne fila alors qu'elle rencontrait son regard. La solitude, elle connaissait, et s'en était faite une compagne agréable, la plupart du temps. Sauf qu'à cet instant, ça n'avait pas d'importance, pas alors qu'elle scrutait son regard sans trop comprendre comment elle s'était retrouvée là. Avec peu de mots, un poids déjà s'était installé sur ses épaules, plus encore alors qu'elle réalisait doucement que quelque chose clochait — et elle n'était pas préparée à dealer avec le mal-être des autres.

La facilité avec lesquels ses certitudes s'effondraient avait quelque chose de troublant, un malaise qui n'avait rien de nouveau mais qui n'était pourtant jamais agréable à admettre. Elle était venue ici en pensant trouver un type ayant trop bu et besoin d'aide pour ne pas s'étouffer dans son vomi, rien de bien nouveau pour elle — ses amis n'avaient pas toujours été très sages. Au lieu de ça, la voilà face à quelque chose la prenant de court : une demande pourtant simple (un peu de compagnie) mais formulée d'une façon faisant écho à sa propre mélancolie, de façon inattendue. Était-ce son regard? Le ton de sa voix? Peut-être le tout, au final. Chose certaine, elle se sentait bête et son absence de réponse s'éternisait probablement trop au goût de celui lui faisant face.

La nonchalance était un habit lui allant toujours comme un gant, mais soudainement, elle peinait à s'y sentir à l'air ; un soupir laborieux finit par filer d'entre ses lèvres alors qu’elle s'adossait au banc, scrutant le ciel sombre à la recherche d'un courage qu'elle n'avait jamais possédé jusque là. « Sure. Un léger raclement de gorge, un reniflement tout sauf élégant. Allez, elle n'allait quand même pas se laisser avoir par ses propres émotions, si? « And what kind of person would I be if I left you like that? You look like a sad, lost puppy. » Une tentative d'humour ponctuée par un soupir alors que ses prunelles pâles se reposaient sur lui, mordillant ses lèvres d'un air pensif. Tout ça l'interpellait, autant son attitude à des miles de celle qu'il affichait ce matin que ce qu'il ne semblait pas avoir encore dire. Parce que c'était le feeling qu'elle avait, l'impression que ce n'était pas tout. Sauf qu'elle n'était pas sure d'être la personne adéquate à qui confesser ce qui lui pesait, qu'importe ce dont il s'agissait. Sauf qu'elle avait accepté de rester, hein? « Weren't you supposed to meet up with your friends or something? » La question sonnait un peu con, surtout vu sa gueule. Mais pour une fois, voilà que la jeune femme tentait de prendre des pincettes, d'être un peu moins brute avec ses paroles. « And what about your face? You weren't looking that bad this morning. » Juste un peu.


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