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» Higher Ground


Hélène Joannis
Ligue 4

C-GEAR
Inscrit le : 08/07/2018
Messages : 915

Région : Johto - Alola
Lun 30 Juil - 13:39
Cela fait maintenant plus d'une semaine que je suis arrivée au QG de la ligue et que j'y ai posé mes valises. Enfin je peux considérer que j'ai un chez moi fixe et stable, le contrat ayant été signé. Certes je sais que les maîtres de la ligue font rarement ce métier pendant des années et des années mais, en attendant, cela me procure une expérience inédite et une renommée à laquelle je ne pensais pas accéder un jour. Je dois encore préparer mon équipe aux matchs de la ligue pour que mon nom puisse être tiré par les prochains challengers mais je vais faire en sorte que cela soit rapide, j'ai bien compris qu'ils étaient embêtés actuellement à cause des différents changements qui s'étaient produits... D'ailleurs il régnait une étrange atmosphère au sein du QG, si étrange que même le rattata de bibliothèque que je suis l'a ressenti au fil des jours. Est-ce que cela m'a dérangé ? Non, pas vraiment. Je ne sors pas beaucoup de mon appartement à part pour prendre des bains de soleil et je ne cherche pas franchement le contact, j'ai un peu de mal à m'ouvrir aux autres. Par contre j'ai eu plusieurs correspondances via sms et email, que ce soit avec ma mère ou quelques rares amis tels que Lizzy et Edel. La première semblait avoir du mal à se remettre de ce qui s'était passé et je faisais des efforts pour continuer de lui envoyer des messages réguliers alors que j'avais de moi-même contacter le second pour lui apprendre la nouvelle, m'amusant au passage qu'il soit lui aussi devenu un maître coordinateur quelques temps plus tôt. Une simple coïncidence ? En tout cas, si c'était bel et bien le cas, elle était grosse.

Je rejoins une salle d'entraînement en début d'après-midi et fais sortir Arsenic de sa pokéball ; c'est à lui d'être briefé et de s'entraîner pour apprendre à maîtriser sa force, avec la meilleure coach qu'il soit : Arwen. Nous passerons plus de deux heures dans l'immense pièce afin d'entraîner le Brutapode correctement, trouver la bonne puissance pour le jour où il devra combattre sur le grand stade de la ligue. Ce n'est pas parfaitement au point lorsque je décide d'arrêter, mais je n'ai pas envie de faire de trop longs entraînements et je dois bien avouer que mes études me manque déjà... Je rappelle l'insecte dans sa pokéball et quitte la zone, retournant à mon appartement sans croiser personne, ce qui m'arrange.

Une fois de retour dans mon petit confort je me sers un verre de vin et m'installe à mon bureau, fourrant de nouveau mon nez dans mes notes... Au sens propre du terme, pour pouvoir me relire correctement. Je m'y perd très vite, absorbée par l'étude des poisons, et ne vois pas le temps passer... Jusqu'à ce que, au bout d'un temps considérable, quelqu'un ne toque à ma porte. Je relève la tête en fronçant les sourcils, étonnée ; est-ce encore un membre du personnel venu me faire signer un quelconque papier ? Ils enchaînent depuis mon arrivée.

- Ouais, j'arrive...

Je lâche un soupir et me relève, réajustant mon paréo sans prendre la peine de remettre mes chaussures, allant ouvrir la porte avec Arwen à mes talons, la malamandre se montrant curieuse... Mais lorsque j'ouvre je comprend aussitôt pourquoi : ce n'est pas du tout un membre du personnel.

- Mais c'est toi !

La surprise est agréable il faut bien l'avouer.


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Edel Aubier
Elite 3

C-GEAR
Inscrit le : 20/11/2017
Messages : 296

Mar 31 Juil - 20:32
Être champion d'Élite impliquait avoir un planning constamment chargé. Évidemment, je m'y attendais plus ou moins en acceptant le poste : on reçoit rarement un salaire si élevé en restant libre week-ends comme soirées, même en retirant les divers primes de risque (ajoutée lorsque l'ancien champion Dominic s'était fait blesser par balle), droits à l'image, recettes publicitaires et autres revenus bonus dont je m'étais rapidement exercé à comprendre toutes les subtilités. Néanmoins, peut-être parce que je ne consultais pas moi-même la presse people, je n'aurais jamais imaginé que tant de personnes aient à ce point, partout, tout le temps, besoin des champions. Inaugurations, festivals, tournages de spots publicitaires, séances photos, interview, soirées privées... Nos collègues de la Ligue étaient un peu plus plébiscités que nous par le grand public, mais en contrepartie, c'étaient des domaines aussi différents que ceux de l'art ou de la défense et protection des Pokémon qui requéraient majoritairement notre présence. Un tel emploi du temps trouvait sa juste contrepartie dans l'immense confort et la stabilité qui nous étaient offerts et, pour le moment, je me satisfaisais largement de ces quelques désagréments par le plaisir de pouvoir profiter d'un appartement gratuit dans une résidence avec piscine, spa, salle de sport et tout ce que l'on pouvait espérer. J'étais tout de même embêté de ne plus pouvoir me déplacer aussi librement qu'avant, tant parce que l'on me reconnaissait dans la rue que parce que je devais être rentré à telle heure pour tel rendez-vous (sous peine d'être à moitié assassiné par mon agente Élise.) Ces derniers temps, nous avions été légèrement moins demandés car tous les regards s'étaient tournés vers la Ligue, où s'étaient apparemment déroulés quelques chamboulements ; malgré tout, il m'était toujours difficile de prendre quelques jours de congés pour aller voir Camille à Johto... ou bien pour rendre visite à une ancienne amie, très récemment installée dans l'institution jumelle de la mienne, à Sinnoh.

Car Hélène Joannis était la nouvelle Maîtresse de la Ligue ! C'était elle-même qui m'avait appris, par SMS, la nouvelle, avant que le Comité ne nous en informe officiellement. J'avais rencontré cette femme il y a plusieurs années au cours de mon voyage à Alola, ayant eu besoin de son savoir scientifique sur les Pokémon Poison, et, tous les deux francs et un peu décalés du commun des mortels – dans des directions différentes –, nous nous étions très vite bien entendus. Pour diverses raisons, nous avions cessé de nous voir au bout de quelques temps, mais nous étions restés en contact par téléphone et par mail et c'était ainsi que j'avais appris ses diverses avancées, tout comme je l'avais informée récemment de ma propre nomination en tant que champion d'Élite. Tous deux élus à l'un des postes les plus prestigieux des régions, et à si peu d'intervalle, c'était quand même une sacrée coïncidence ! Je me réjouissais d'avance à l'idée de la croiser désormais pour des raisons professionnelles, mais je n'avais pas envie d'attendre que l'une de ces occasions survienne pour aller la saluer en personne.

La semaine fut particulièrement éreintante, mais cela se calma à l'approche du week-end, mon planning ne comportant plus qu'une participation à un vernissage le samedi. L'envie de prendre une petite journée de vacances loin du quartier général me démangeait de plus en plus ; or, par chance, Camille venait justement me rejoindre à Sinnoh à l'occasion des vacances scolaires. Le samedi matin, je passai un tee-shirt à bandes blanches et bleues des plus simples et un short, je plaquai mes cheveux contre mon crâne à l'aide de barrettes, je les couvris d'un bob et j'enfilai des lunettes de soleil. Ainsi accoutré et après avoir fait rentrer dans leurs pokéballs les Pokémon qui m'accompagneraient, j'attendis Camille de pied ferme et, quand il arriva, je ne le laissai même pas terminer son « Booonj...! » lancé de sa voix tranquille en entrant dans l'appartement.

CAMILLE ! Prête-moi Olga ! Tout de suite ! Ne pose pas de questions ! Je t'expliquerai !

J'avais bondi sur mon ami d'un air paniqué et celui-ci, naturellement effrayé par l'allure d'urgence que je donnais à la situation, me confia sans tarder la pokéball de sa Rhinolove que je fis apparaître et sur laquelle je grimpai dans l'instant. « Garde mes clés ! Prends-en bien soin ! » m'exclamai-je encore en faisant tomber mon trousseau dans ses mains, ne souhaitant tout de même pas l'enfermer dans la résidence ; enfin, sans lui laisser le temps de plus m'interroger sur la situation, je m'enfuis par la fenêtre laissée ouverte en le gratifiant d'un pressé « Merci pour Olga ! Je reviens bientôt ! » et entamai mon long vol vers Sinnoh, désireux de m'éloigner du quartier général au plus vite avant que Camille ne commence à se douter du tour que je lui avais joué.

Lorsque j'eus mis suffisamment de distance entre Élite et nous-mêmes pour qu'Olga ne puisse plus entendre Camille s'il la rappelait à lui – l'ouïe extrêmement fine des Rhinolove pouvait parfois s'avérer traître quand on les soustrayait à leur dresseur –, je ralentis un peu le rythme de notre vol mais gardai le cap vers la Ligue. Camille risquait de se faire incendier par mon agente lorsqu'elle découvrirait que c'était par son intermédiaire que je m'étais enfui, séchant de fait le vernissage, mais j'étais obligé de lui demander de me prêter Olga plutôt que d'emprunter l'un des Pokémon Vol de l'Élite si je voulais partir sans me faire repérer ; de la même façon, j'espérais bien m'introduire dans la Ligue sans ameuter tous les journalistes du voisinage. Bah, Élise avait déjà rencontré Camille et je ne pensais pas qu'il m'en voudrait longtemps... Quant à ce fameux vernissage, rien que l'idée de passer deux heures debout au milieu de gens de la haute aux discussions aussi peu intéressantes que le prix de leur costume était élevé me déprimait d'avance : il me serait bien plus plaisant d'aller retrouver mon amie spécialiste des poisons que je n'avais pas vue depuis si longtemps. Je me demandais si elle avait changé ; était-elle toujours aussi grande qu'avant ? J'espérais secrètement qu'elle eût rapetissé par je-ne-savais quelle bonté du destin qui se serait dit, comme moi, que ce n'était quand même pas juste qu'en plus d'être plus vieille, elle fût plus grande que moi, mais il y avait quand même peu de chances pour que ce vœu se fût réalisé.

Parvenu à la Ligue, j'hésitai un instant à surgir à l'improviste chez elle par la fenêtre de sa chambre, mais ne sachant pas où son appartement était situé dans l'immeuble résidentiel, je fus contraint de me présenter au gardien. Je lui fis croire que mon arrivée était prévue et le portail me fut bientôt ouvert, l'employé ayant peu de raisons de se méfier d'un champion. J'avais rangé mes lunettes, rappelé Olga et fait sortir Pops. Grimpant dans les étages, je me demandai à moitié si je croiserais un autre champion mais, par chance pour moi, je ne rencontrai personne (j'espérais qu'Élise serait avertie le plus tard possible que je m'étais rendu à la Ligue). Enfin, je frappai à la porte que l'on m'avait indiquée... et Hélène m'ouvrit en me montrant que j'avais réussi ma surprise.

Salut champiooonne ! ...Oh ! J'avais eu un mouvement de recul en découvrant la couleur singulière de la peau d'Hélène, d'autant plus visible qu'elle était, fidèle à elle-même, à peine vêtue d'un maillot de bain couvert d'un paréo. Sa peau... Sa peau était violette. Et non, ce n'était pas un tatouage, ni de la peinture, ni une illusion d'optique. Ça alors... C'était possible, une peau comme ça ? Est-ce qu'elle souffrait d'une maladie mortelle ? Avais-je vraiment manqué quelque chose d'important durant toutes ces années où nous ne nous étions pas vus ? J'aurais dû mieux écouter le Comité quand ils nous avaient annoncé les nominations des deux nouveaux champions l'autre jour, ils en avaient peut-être dit un mot. Ou bien plus m'intéresser à ce qu'elle faisait en dressage. C'était vrai, je ne m'intéressais pas beaucoup aux actualités dressage, mais quand même, j'aurais pu regarder un ou deux des challenges récents auxquels elle avait participé. J'ouvrais des yeux ronds, mais je me repris assez vite en me mettant à rire face à cette couleur finalement peu prononcée, mais qui lui donnait quand même, à l'abord, un côté un peu plus extraterrestre qu'humaine : ...Dis-moi, on ne t'a jamais dit que ce n'était pas aux rayons radioactifs qu'il fallait s'exposer pour bronzer ? T'as la peau toute violette !

Souriant toujours, je parcourus brièvement la pièce de mon seul œil valide : un bureau jonché de livres et de notes suivant l'ordinaire d'Hélène, un verre de vin, la Malamandre à la couleur... maintenant aussi particulière que celle de sa dresseuse, de laquelle Pops s'approchait ; puis mon regard se reposa sur la nouvelle Maîtresse de la Ligue.

Je vois que t'es toujours aussi peu fringuée qu'à Alola, en tout cas. Les bonnes habitudes ne changent pas ? Et toujours aussi grande, ajoutai-je mentalement en toisant un instant la dresseuse, mais autant ne pas le faire remarquer. C'est parce que t'es devenue chromatique comme Arwen qu'ils t'ont prise à la Ligue ? Je m'égayais encore alors que cela ne faisait pas cinq minutes qu'elle m'avait ouvert la porte... mais décidément, cette couleur de peau était vraiment trop amusante.


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Hélène Joannis
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Région : Johto - Alola
Dim 5 Aoû - 10:27
Cette journée semblait pourtant être comme toutes les autres depuis mon arrivée, ayant pris le temps d'entraîner mes compagnons avant de retourner dans mon appartement pour reprendre mes études. Cela fait maintenant bien longtemps que j'étudie un type de poison en particulier, celui de Zéro, mais je fais très peu d'avancées, cette substance n'a rien à voir avec toutes celles que j'ai étudié avant... Mais c'est aussi un défi que j'ai relevé et que je compte bien résoudre. Malheureusement, je ne pratique pas de mithridatisation avec ce poison en particulier, je n'ose pas, ce qui est vraiment une première ; je garde de trop mauvais souvenirs de mon empoisonnement par le pokémon, j'ai bien peur que mon corps n'en supporte pas une autre dose, même minime... Comme quoi même moi il peut y avoir des poisons qui me font peur, je ne suis pas non plus suicidaire. J'ai beaucoup étudié le sujet à l'époque pour ne pas aller trop loin, je me suis inspirée d'autres chercheurs avant de commencer les injections... Mais là je n'ai aucun exemple sous la main, je suis peut-être bien la première à pouvoir étudier cette espèce, je ne peux pas faire n'importe quoi à son sujet. Je lâche un soupir en m'étirant contre ma chaise, fermant les yeux pour les reposer un peu ; je suis toujours obligée de forcer pour pouvoir lire et écrire et, lorsque j'en oublie le temps qui passe, je finis avec des migraines oculaires fort peu agréables.

Je me redresse lorsque l'on vient toquer à ma porte et me lève paresseusement, prête à faire face à un énième secrétaire ou agent venu me faire signer des papelards... Mais ma surprise est fort lorsque je tombe nez à nez avec un visage que je peux reconnaître même avec ma vue impactée : Edel ! Mon visage entame un semblant de sourire tant je suis ravie de le voir mais je me doute que cela ne ressemble pas à grand chose. Il faudra peut-être que je lui explique, sinon il risque d'être désemparé par mon changement d'attitude à son égard... Mais je n'ai pas le temps de dire autre chose qu'il recule d'un pas, certainement choqué par mon apparence ; n'est-il pas au courant ? C'est vrai que je ne lui en ai pas parlé par messages, mais avec les magazines... Quoique il est capable de les avoir tous zappé.

Venant de quelqu'un d'autre j'aurais certainement lancé une pic amère vis à vis de sa réaction mais, venant de Edel, il s'agit certainement de pure surprise. Cela se confirme lorsqu'il reprend la parole et je lâche un bref rire, le sien étant communicatif.

- Je n'avais pas le mode d'emploi sous la main, j'aurais du te passer un coup de fil avant ! J'ouvre un peu plus la porte de l'appartement pour lui permettre d'entrer, tandis que Arwen accueille Edel en sautillant sur place, un comportement rare chez la Malamandre, qui prouve bien qu'elle l'apprécie. Allez, entre mon p'tit !

Après tout, qu'il ne pense pas que je vais oublier de la charrier sur sa taille, j'ai quelques bons souvenirs à ce sujet. Je lâche un soupir amusé à ses mots tout en refermant la porte derrière lui.

- Malheureusement, le temps ne suit pas. Tu te rends compte, il m'arrive de devoir m'habiller parce qu'il fait moche ? Inconcevable.

Je m'éloigne pour aller chercher un verre supplémentaire et sers une rasade de vin blanc avant de le tendre à Edel, attrapant le mien au passage ; profitons de sa venue pour trinquer un peu à cette nouvelle fonction... Et puis bon, c'est toujours agréable de boire un coup avec un ami.

- Ils se sont dis que ça donnerait un coup d'jeune à la ligue d'embaucher quelqu'un d'un peu exotique vois-tu ~ Je trinque contre son verre avant de boire une gorgée de vin, fermant les yeux pour profiter de son goût. Ou alors j'ai été recommandée à ce poste, je te laisse deviner !

Je le guide ensuite vers le canapé en cuir et je m'y installe tranquillement, croisant les jambes sans le quitter du regard. Je suis trop loin pour pouvoir le voir correctement, je ne sais pas si son visage a beaucoup changé depuis notre dernière visite, si il est toujours aussi charmant ou si l'âge a commencé tout doucement à le rattraper, même si il est plus jeune que moi... Peut-être aurais-je l'occasion de me rapprocher mais, pour le moment, je vais éviter de rajouter une couche de bizarre.

- Et toi alors, grand maître coordinateur, comment as-tu fait pour atteindre ce rôle prestigieux ?


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Edel Aubier
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C-GEAR
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Messages : 296

Lun 3 Sep - 19:12
Mes retrouvailles avec Hélène débutaient d'une manière pour le moins surprenante et, si je supposais que ma venue inopinée ne lui déplaisait pas étant donné que c'était elle-même qui m'avait avertie de sa nomination, je regrettais soudain de ne pas avoir pris de nouvelles plus approfondies de sa part ces dernières années. C'était vrai : ne pas m'être tenu au courant des actualités dressage, c'était une chose, mais Hélène était une amie de longue date et, même si nous avions tous les deux été occupés, j'aurais pu insister pour que nous ayons de temps à autres de longues discussions ensemble sur ce que devenaient nos vies, comme autrefois – un peu plus que ces petits messages qui nous avaient permis de rester en contact, par lesquels nous nous confions même parfois l'un à l'autre sur des problèmes précis, mais qui ne reflétaient qu'une petite parcelle de notre quotidien. Mais cela avait toujours été comme ça, avec Hélène : nous avions eu des périodes où nous étions très proches et d'autres où, pour des raisons diverses, nous communiquions beaucoup moins, tout en sachant par un accord tacite que cela ne changeait rien à notre amitié.

Tout en plaisantant avec elle sur sa nouvelle couleur de peau, je ne pus m'empêcher d'épier son expression pour essayer de déceler un indice sur ce qui avait bien pu lui arriver. Même si la surprise de cette teinte violacée m'avait bien fait rire – et cela continuait –, je n'avais jamais rencontré personne qui arborait une telle couleur avant cet instant et, à moins que la passionnée des poisons se soit subitement pris d'envie de se faire un tatouage intégral mettant son type à l'honneur, je songeais à présent que cela avait tout l'air d'être le symptôme d'une maladie... Mais quel genre de maladie ? Une pathologie génétique déclenchée tardivement chez Hélène et contre laquelle elle n'avait rien pu faire ? Les séquelles d'une catastrophe chimique à laquelle elle s'était exposée ? Sans en connaître les détails, je savais que les recherches d'Hélène, lorsque nous vivions encore à Alola, la conduisaient parfois loin... Et au contact des Pokémon, nous pouvions être les victimes de tant de phénomènes physiques inattendus. J'étais d'ailleurs bien placé pour le savoir.

« Eh oui, voilà ce qui arrive quand on veut aller bronzer sans prévenir son ami Edel ! » Hélène ouvrit un peu plus largement sa porte d'entrée et je baissai les yeux vers sa Malamandre qui venait vers moi en sautillant sur place, apparemment ravie de me revoir. J'étais content de constater qu'elle ne m'avait pas oublié et je me penchai pour caresser le dessus de sa tête. « Et saluuut toi ! ...POPS ! » Mon Coudlangue venait de gratifier Arwen d'une franche léchouille de sa langue géante, un geste affectif qui signifiait, dans le langage de ces Pokémon, « je t'aime bien » – la langue n'étant alors pas recouverte de substance anesthésiante. Lui non plus n'avait pas oublié Arwen... mais enfin, à présent, le mal était fait.

Quand Hélène m'invita gentiment à entrer, je fis un pas dans son appartement puis m'immobilisai. « Attends... Répète un peu ce que tu viens de dire pour voir ? ...Tu crois vraiment que c'est comme ça qu'on parle à un maître coordinateur ? Grande perche ! » Non mais pour qui elle se prenait ! « Mon p'tit » ! Et puis quoi encore ! C'était pas un peu fini, de m'appeler comme ça ? Surtout que depuis que j'étais devenu champion, j'avais pu m'acheter plusieurs paires d'excellents bottillons à semelle compensée pour remplacer les anciens, des bottillons tout neufs que je portais d'ailleurs aux pieds ! Mais c'était elle, aussi, qui était toujours décidément bien trop grande : un mètre soixante-seize pour une femme, non mais, a-t-on jamais vu ça ! Oui, parce que je me souvenais encore de sa taille, évidemment. Elle, par contre, ne connaîtrait jamais la mienne ! C'était à partir de quel âge que l'on commençait à rétrécir ? Je me redressai instinctivement, comme à chaque fois que l'on me faisait ce genre de remarque, car j'avais tendance à me tenir le dos un peu courbé, ce qui n'arrangeait pas mon affaire.

Intérieurement, pourtant, je souriais. Alors que les surnoms de ce type prononcés à mon égard avaient, d'ordinaire, le don de m'énerver, Hélène était la seule qui pouvait m'appeler « mon p'tit » sans craindre que ma mauvaise humeur ne s'estompe car je savais que, venant d'elle, ce n'était jamais antipathique ni méchant ; et, en cet instant, cela me rappelait surtout de bons souvenirs. J'avais presque oublié qu'elle avait tendance à me surnommer comme ça ; mais je retrouvais l'Hélène que je n'avais pas vue depuis des années, comme à travers sa légère tenue ou... la pile de bouquins que je voyais entassés sur son bureau. « Intolérable en effet. Réjouis-toi de ne pas être à ma place à Sinnoh, il fait encore plus froid. On va à la plage profiter du beau temps quand tu veux ! » Depuis tout à l'heure que j'observais Hélène, j'avais quelque difficulté à déterminer ce qu'elle ressentait exactement face à ma venue. Elle m'avait accueilli comme si elle était sincèrement contente de me voir, mais, en plus de sa peau violacée, j'avais l'impression qu'il y avait quelque chose de bizarre sur son visage... Je la voyais comme crispée, sans parvenir très bien à déterminer ce qui me faisait dire cela. Quand je lui avais fait ma première remarque sur sa peau, elle avait à peine souri, mais elle avait pourtant ri et poursuivi ensuite comme si de rien n'était. Comme je venais d'arriver, je ne voulais pas l'interroger immédiatement à ce sujet, mais... je sentais que nous aurions des choses à nous dire.

« Aaaah. Eh oui, toujours fidèle à toi-même. Merci très chère », commentai-je en acceptant le verre de vin blanc qu'Hélène venait de remplir et en humant son parfum : décidément, j'aimais les bonnes vieilles habitudes lorsqu'elles avaient cette odeur, et bientôt ce goût-là. « On trinque à nos retrouvailles ? Et puis au bon vieux temps ! » Je savourai longuement la première gorgée : décidément, rien de meilleur que le vin blanc. Et celui-là avait l'air de bonne qualité : j'aurais bien regardé la bouteille, mais je refis un commentaire à Hélène au sujet de sa peau et... sa réponse me fit m'esclaffer. « Un "coup d'jeune " ? Arf, j'suis désolé pour toi ma vieille mais ça peut pas être toi qu'ils ont embauchée alors, y'a erreur sur le contrat ! » Il me fallait bien quand même me venger du « mon p'tit »... Mais je recouvrai ensuite un peu de mon sérieux. Recommandée au poste... « Hm... Ah – est-ce que tu es toujours amie avec Lizbeth Grandt ? » J'avais plusieurs fois par le passé entendu Hélène parler de celle qui deviendrait plus tard la championne aquatique et, si je n'avais pas immédiatement fait le lien entre les deux changements simultanés àla Ligue et sa nomination, l'idée d'un arrangement entre elles deux, si le Comité avait pu laisser passer ça, me semblait désormais une supposition probable.

Hélène s'était assise sur son canapé profond et confortable pour déguster son vin et discuter et je l'avais imitée, me plaçant, suivant une habitude devenue réflexe, de façon à ce qu'elle soit située à ma droite, c'est-à-dire du côté de mon œil et surtout de mon oreille valides. « Délicieux, ce vin. » Pops avait un peu quitté Arwen pour fureter partout dans la pièce, mais je m'attendais à ce qu'il revienne bientôt à la charge : la Malamandre avait toujours sur les Pokémon mâles un pouvoir assez... subjuguant. Et pas seulement sur les Tritox.

C'était à présent vers moi que revenait la question de la nomination récente en tant que champion, et je me renversai sur le dossier du canapé pour y répondre. « Oh, moi, tu sais... Ils ont reconnu le talent là où il était, voilà tout ! » Je marquai un petit silence pour laisser apprécier mon effet, mais repris bientôt avec un long soupir : « Non, très franchement, je n'ai malheureusement pas de récit croustillant à te faire sur ma nomination tel qu'arrangement secret avec une personnalité haut placée du Comité ou je ne sais quoi. Ils avaient besoin de quelqu'un, ils m'ont contacté avec quelques autres coordinateurs de haut niveau, on a passé des tests et j'ai gagné, voilà tout. J'en suis le premier surpris d'ailleurs, étant donné que pendant des années, certaines mauvaises langues de chez eux ont traité mon art d'"enfantillages de bas étages" et tu-sais-quoi, tout ça parce que je donnais des spectacles ailleurs que dans les Dômes. Je suis content de leur en avoir bouché un coin, tiens, à ceux-là. » Hélène savait de quoi je parlais, je lui avais montré quelques articles par le passé. Je bus une nouvelle gorgée de vin, pensif. « Ah, d'ailleurs il y avait un spé poison qui passait les tests avec moi ! Mais il valait pas ta couleur de peau. »

Je me redressai un peu dans le canapé afin de faire mieux face à Hélène et repris d'un ton à nouveau badin : « Bon, et toi alors, qu'est-ce tu racontes de beau ? Ça fait des lustres qu'on s'est pas vus, t'as bien dû prendre une ride ou deux ? » Ce n'étaient pas particulièrement sur les rides que je l'interrogeais, mais Hélène comprendrait, et je ne voulais pas non plus me montrer trop insistant sur un sujet dont j'ignorais encore tout alors que je venais à peine d'entrer chez elle. Si on en restait aux rides, par contre... Trente-six ans, elle avait trente-six ans, si je ne me trompais pas. Eh bien, non seulement ses remarquables yeux dorés et sa longue et épaisse chevelure sombre n'avaient pas bougé, mais en plus, de ce que son maillot de bain couvert d'un paréo me laissaient voir à présent que je la regardais plus en face... son corps, lui non plus, n'avait rien perdu de sa forme.


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Hélène Joannis
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Région : Johto - Alola
Lun 17 Sep - 12:42
- Promis, la prochaine fois que j'irais faire bronzette je t’appellerais avant !

C'est dans ce genre de moments que j'aimerais pouvoir sourire jusqu'au bout des oreilles pour lui montrer à quel point je suis ravie de le revoir, après tant d'années. Nos travail respectifs et la distance nous avaient petit à petit éloignés, même si le contact ne s'était jamais complètement éteint grâce aux téléphones, et c'était avec beaucoup de joie que je l'invitais à entrer dans mon nouvel appartement, tandis que Arwen le saluait lui aussi à sa manière, sa queue balayant joyeusement le sol alors qu'elle acceptait la léchouille de Pops sans ciller, lui renvoyant la balle à sa manière, en se frottant à lui avec un sourire en coin ; si je ne pouvais plus sourire comme autrefois la Malamandre, elle, était capable de le faire pour deux. J'allais refermer la porte derrière Edel mais celui-ci s'immobilisa sur le pas de la porte, réagissant comme à son habitude au sobriquet, qui m'était revenu si naturellement... Comme si rien n'avait changé, que nous étions retournés à cette époque... Je le toise avec amusement et le laisse s'énerver faussement, avant de le pousser aux fesses sans la moindre gêne, refermant la porte derrière lui.

- C'est c'la oui, avance petit Edel ! Il m'a cherché il m'aura trouvé... Comme d'habitude.

Sa remarque sur ma tenue peu habillée me ferait franchement sourire si je le pouvais et je me contente de le regarder avec les yeux brillants, lui répondant aussitôt de mon air habituel, mettant en avant le temps parfois peu clément de cette région... Heureusement que l'été y est chaud et long, sinon j'aurais du mal à m'y faire, pas comme à... A Sinnoh, justement.

- Brr, Sinnoh, quelle horreur. Promis dès que je passe quelques jours au pays je t'appelle ! Cela pourrait être très drôle de s'afficher ensemble sur une plage publique, maintenant que nos visages sont connus ; les journalistes people pourraient s'amuser à faire courir des ragots comme ils aiment tant le faire. Autant dire que cela ne me ferait ni chaud ni froid.

Amusée à cette perspective - que je ne compte pas oublier - j'allais verser un verre de vin à mon ami avant de m'en prendre un aussi pour que nous puissions trinquer comme il se doit à nos retrouvailles. Il semblait d'ailleurs ravi de le faire et, après avoir humé le vin, nous partagions une gorgée de vin, le silence s'installant pour une courte durée entre nous avant que nous discutions de nouveau, verres en main. Je le toisais de haut en parlant de ma nomination à ce poste, m'amusant un peu non sans évoquer la véritable raison de ma venue ici ; sans Lizbeth jamais le comité ne se serait penché sur mon cas, ou alors brièvement avant de décider que je ne ferais pas l'affaire. Mais l'avis d'une maîtresse de la ligue ayant largement fait ses preuves avait permis de faire pencher la balance... Heureusement pour moi.

- Hey, je n'suis pas la plus vieille ici ! Et physiquement j'en parais dix de moins ~ D'ailleurs j'étais consciente que certains pouvaient se questionner à ce sujet, mais j'étais juste faite ainsi, je conservais un visage assez jeune... Même si il était désormais bien difficile de me donner un âge étant donné la couleur de ma peau. Toujours, elle est amusante. Enfin, pas trop en ce moment. Je tentais un sourire, raté, avant de me reprendre. D'ailleurs le vin lui appartient, j'en ai encore une caisse ! Elle a arrêté d'y toucher du coup j'ai récupéré le trésor ~

Nous nous étions installés dans l'un des canapés de l'appartement tout en discutant et, après quelques instants, je décidais de me rapprocher un peu de lui, sans le toucher pour autant ; on ne sait jamais, peut-être est-il moins tactile qu'autrefois. Cela me permis tout de même de me faire une meilleure idée de son visage, qui n'avait pas beaucoup bougé non plus. J'aurais aimé le voir plus distinctement, comme autrefois. Je soupirais discrètement et bus une gorgée de vin pour penser autre chose, faisant dériver le sujet sur la nomination de mon ami à son prestigieux poste. Je l'écoute donc cérémonieusement, non sans lâcher un petit rire au début de sa phrase, avant de hocher la tête à ses mots.

- Je suis ravie que tu leur en aies mis plein la vue, tu le mérites amplement !

J'attrapais la bouteille pour nous servir une petite rasade de vin, qui nous accompagnerait pour la suite de la conversation. Edel venait de me poser une question innocemment, mais je savais bien qu'il s'interrogeait quant à mon apparence, et je ne pouvais pas lui en vouloir. Je m'installais un peu plus confortablement, croisant les jambes, cherchant par où commencer. Par le plus drôle certainement.

- Si tu trouves une seule ride je t'offre une bouteille ! Je haussais ensuite un sourcil en l'observant... J'avais beau avoir une vision qui pourrait presque rivalisée avec celle de Arthur je n'étais pas non plus stupide. Dis donc, je sais que je suis sublime mais ne serais-tu pas en train de me mater ?

Je souriais avec mes yeux tout en parlant, amusée et pas du tout dérangée par la perspective ; il m'en faudrait bien plus, surtout venant de lui... Mais je finis par reprendre mon sérieux, consciente que je lui devais bien quelques explications.

- Je fais toujours des recherches sur les poisons... J'ai analysé la plupart des poisons existants sur terre et j'en suis immunisée mais, hey, tu sais ce que c'est dans la recherche... On veut toujours aller plus loin. Je travaillais avec les scientifiques du paradis aether à l'époque et nous avons découvert une espèce qui n'avait jamais été vue auparavant... C'est une sacrée bestiole, que je suis encore en train d'étudier et qui échappe toujours à tout contrôle. A l'époque elle s'en est prise à l'équipe et elle m'a inoculé son poison... J'ai vécu grâce à mes expériences, mais j'ai tout de même subit quelques séquelles, l'une d'elle étant bien plus visible que les autres.

Je bus une gorgée de vin suite à mon explication, tout à fait détendue ; c'était une sacrée expérience, que je ne regrettais pas vraiment... Si l'opération était à refaire je la referais. C'est ça la science, il faut savoir prendre des risques pour atteindre ses objectifs...


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Edel Aubier
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Ven 19 Oct - 19:16
Cela faisait à peine quelques minutes que j'étais chez Hélène, et nous nous comportions déjà comme si toutes ces années sans nous voir n'avaient jamais eu lieu. Bien sûr, il y avait eu quelques instants de stupeur lorsque j'avais ouvert la porte et que j'avais découvert sa nouvelle apparence, pour le moins ébouriffante ; mais très vite, mon rire l'avait emporté. Sa transformation m'intriguait, sans l'ombre d'un doute, mais je n'étais pas du genre à m'encombrer de vétilles formelles qui ne faisaient qu'embarrasser les entrevues, et je savais qu'Hélène me rejoignait sur ce point – comme sur tant d'autres. Je l'interrogerais directement tout à l'heure, si elle ne m'éclairait pas avant. Mais mon étonnement n'affaiblissait aucunement le plaisir que j'avais à la revoir, ni le naturel avec lequel nous avions immédiatement recommencé à nous parler : tout au plus l'examinais-je, entre deux boutades, avec plus d'attention que je ne le faisais d'ordinaire. Pops et Arwen non plus n'avaient pas tardé à se retrouver, la Malamandre répondant à la léchouille du Coudlangue par un affectueux frottement de son corps reptilien, sans doute d'autant plus encourageant pour nous. Décidément, il me semblait avoir été propulsé en un instant à l'époque où nous nous fréquentions à Alola, et j'en venais presque à me demander pourquoi nous avions cessé de nous voir pendant ces quelques années... Non, je savais très bien pourquoi nous avions cessé de nous voir. Mais ces retrouvailles aujourd'hui avaient été une excellente idée.

« Au pays » ! Ah, il n'y a bien plus que toi pour me parler d'Alola ainsi, commentai-je avec un soupir qui marquait bien ce que j'en pensais. De mon faible nombre de proches, Hélène était la seule qui n'avait jamais connu de moi que le « nouveau » Edel et, comme nous nous étions rencontrés à Alola, elle m'avait toujours plus ou moins considéré comme bel et bien installé dans la région et je n'avais donc jamais eu à me justifier auprès d'elle sur la raison pour laquelle je n'avais pas effectué mon « voyage Pokémon » dans ma région d'origine ou pourquoi je revendiquais mon rattachement à Alola. J'avais fait d'Alola ma région d'adoption, ce n'était tout de même pas compliqué à comprendre ! Mais pour la plupart des journalistes, oui, apparemment. — Parfait alors : je commence à bien savoir comment m'échapper de l'Élite malgré la surveillance assidue de mon agente, en plus.

Nous prîmes le temps d'apprécier quelques gorgées du vin blanc qu'Hélène dégustait déjà avant que je n'arrive, puis la nouvelle championne entama une discussion plus sérieuse en évoquant d'abord la raison principale qui m'avait fait lui rendre visite : sa nomination à ce poste. Décidément, sa façon de se mettre en scène lorsqu'elle affirmait sa jeunesse apparente m'amusait toujours autant, et je lui répondais sourire sur sourire ; elle avait beau avoir trente-six ans, il fallait, en plus, admettre que cela ne se voyait pas, et à scruter son visage, je n'avais en effet pas l'impression que ces quelques années aient beaucoup agi sur lui... et ce, malgré sa couleur et son aspect étrangement figé qui me frappait décidément, en lui donnant l'air encore plus stoïque qu'autrefois. « Attends, tu peux me rappeler combien t'as de différence avec monsieur barbiche, déjà ? » Malgré ses postures de tombeur, Baldwin était l'aîné des champions et il ne me semblait pas, sauf erreur, qu'Hélène fût très éloignée de lui. « ...Cherche pas, ma vieille, tu resteras toujours ma vieille et c'est pas te teindre la peau qui y changera quoi que ce soit ! » Et je conclus en portant mon verre à mes lèvres d'un air fataliste pour masquer, à demi, l'un de mes nouveaux sourires – car non, de ce que je voyais pour le moment d'Hélène, ses cinq ans de plus que moi ne se remarquaient de toute évidence pas.

Ayant pris place sur le canapé, ce fut avec justesse que je résolus l'énigme posée par Hélène sur sa « recommandation », même si elle resta très vague pour parler de Lizbeth Grandt, avec un dédain qui m'amusa. À voir le sérieux de mon amie, il devait être arrivé quelque chose d'ennuyeux à l'ex-championne aquatique... mais la suite du propos me fit hausser haut les sourcils. « Encore une caisse ! » m'exclamai-je. « Eh bien ! Je vois que ça sert d'avoir des amis... surtout pour partager après avec ton cher Edel ! » Je ne doutais pas qu'Hélène et Lizbeth étaient plus proches que ce que ses dernières paroles laissaient deviner, mais même sans nous voir souvent, nous nous étions toujours comportés ainsi, ensemble : directs, nonchalants, supérieurs au reste du monde et toujours prêts à nous taquiner l'un l'autre. C'était naturel... et c'était plaisant.

Tandis que je racontais à Hélène comment ma propre nomination en tant que champion s'était déroulée, elle se rapprocha un peu de moi sur le canapé comme pour mieux me regarder et nous resservit en vin, ce que je ne refusai pas. Décidément, on était bien accueilli ici ! Son comportement, semblable au passé, me confirmait qu'elle était réellement contente de me revoir, même si, jusqu'à présent, ses esquisses de sourire semblaient systématiquement rester bloquées sur ses lèvres avant d'avoir pu se dessiner tout à fait. J'étais resté pensif à la fin de mon récit, mais ses félicitations ravivèrent mon sourire : « Hm ? Merci ! Et toi, je suis certain que tu feras une excellente championne ! Même si tu risques de terrifier tous les petits jeunots » – je la parcourus ostensiblement du regard en ajoutant ces mots, pensant une fois de plus à sa nouvelle couleur avec laquelle je n'avais pas fini de l'asticoter, même si elle comprendrait ma phrase comme elle le voulait car il n'y avait aucun doute sur le fait qu'Hélène était une dresseuse talentueuse. Cela me faisait aussi plaisir qu'elle se souvînt de ma coordination, quand bien même ce n'était pas son domaine.

Je ne la quittai cependant pas des yeux puisque, souhaitant désormais la questionner sur son physique, je m'étais tourné pour lui faire face afin de mieux la voir, exercice d'autant plus simple qu'elle s'était rapprochée, et que cette contemplation me happa plus que je ne l'avais prévu. À présent que je la regardais vraiment, ce qui me plaisait auparavant chez Hélène me frappa à nouveau de plein fouet, sans que les quelques années qui avaient passé ne semblent l'avoir altéré, ou à peine ; et alors même que je retrouvais ces beautés s'y ajoutait désormais – chose la plus étonnante que j'eusse pu voir chez une femme – cette étrange couleur violette. Mais cette couleur, qui m'avait vivement surpris au premier coup d'œil et qui aurait pu – pensais-je – en arrêter plus d'un, me paraissait finalement... profondément attrayante. Oui, je n'avais encore jamais vu cette couleur de peau chez une femme, ni chez aucun être humain, et c'était cette singularité, justement, qui avait quelque chose de... particulièrement intriguant...

Hélène était particulièrement douée, aussi, pour révéler de larges pans de peau dénudée avec la petite tenue qui lui était habituelle. Je l'avais regardée dans les yeux pour l'interroger, sous-entendant ma question plus sérieuse sur ce qui l'avait à ce point transformée, et je laissai échapper un rire suite à sa réponse : « Ha ! Si c'est pour une bouteille, je t'en trouve tant que tu veux, des rides, ma vieille ! » Mon propre visage n'était pas trop marqué, et je ne croyais pas avoir beaucoup changé depuis la dernière fois que nous nous étions vus : mes cheveux variaient régulièrement de longueur, mais elle les avait connus longs comme courts et ils étaient déjà uniformément blancs, alors... Et je manquai de recracher ma gorgée de vin en entendant sa phrase suivante. « Détrompez-vous, ma chère ! C'est pour me demander ça que tu t'es rapprochée et que tu me fixes depuis tout à l'heure ? » Bon, j'avais vite été démasqué ; mais cela allait peut-être me servir à en savoir plus sur ce qui était arrivé à Hélène. « Non, je me demandais seulement si tu étais vraiment devenue violette ou si ce n'était qu'une blague pour tester tes prétendants... » Vraiment, entièrement, il n'y avait à qu'un pas ; mais cette fois, c'était une question frontale, car je souhaitais réellement qu'Hélène, puisque nous étions amis, m'apporte une explication sur ce qui lui était arrivé, et je l'écoutai sérieusement lorsqu'elle entama enfin son discours.

Un empoisonnement par un Pokémon inconnu, et plus puissant que la norme s'il échappait toujours à « tout contrôle », y compris à celui d'Hélène, pourtant spécialiste en créatures Poison... Je hochai plusieurs fois la tête au fur et à mesure de ses paroles, attentif. Cela ne m'étonnait pas qu'elle ait travaillé avec les scientifiques du Parais Aether, même si je ne les aimais pas, pour avoir eu une fois affaire à eux au cours de mon périple à Alola. Ces expérimentations scientifiques dont elle me parlait, cela me rappelait le genre de choses auxquelles se livrait la Team Galaxie quand j'en faisais partie, auxquelles je m'étais livré moi-même, quoique de façon bien moins encadrée. Mais cela ne me surprenait pas du tout venant d'Hélène, dont la soif de connaissances surpassait souvent tout le reste. C'était une chance que sa pratique de la mithridatisation l'ait sauvée.

Eh bien... Te transformer en myrtille géante suite à une expérience un peu trop poussée avec un Pokémon sorti de nulle part, ça te ressemble bien. Je continuais à marquer des pauses, pensif, buvant une gorgée de vin, réfléchissant encore à tout ce qu'elle venait de me dire. Une bestiole que tu es encore en train d'étudier, tu dis ? Et, dis-moi, les autres séquelles... Cette fois, je fis une grimace pour clarifier mes dires : Ça a un rapport avec le fait que tu aies l'air encore plus iceberg qu'avant ?

Je terminais sur le ton de l'humour ; mais ces révélations étaient stupéfiantes, et j'avais un peu de mal à admettre que j'avais passé tous ces mois à échanger des SMS et même parfois des coups de fil avec elle sans avoir eu la moindre idée de ce qui lui était arrivé. Je ne pouvais m'empêcher de faire le lien avec ce jour où la saleté psychique m'avait trituré le cerveau et m'aurait laissé mort, ou presque, si Pyon-Pyon n'était pas intervenue pour stopper l'étendue des dégâts... Mais, dans mon cas, le Pokémon en face n'avait rien d'extraordinaire, ce n'était pas de mon plein gré que je m'y étais frotté, et je n'en avais pas retiré de séquelles aussi flagrantes. En même temps, une peau arc-en-ciel aurait pu faire un combo sympathique avec mes cheveux dépigmentés.


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Hélène Joannis
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Région : Johto - Alola
Mar 22 Jan - 12:16
- Oh, un pro de l'escapade ? Tu me donneras quelques leçons, il paraît que je vais me coltiner un garde du corps en plus de l'agent, la galère.

C'est tout naturellement que je l'amenais jusqu'au canapé, où je m'y installais moi-même avec beaucoup de confort, les jambes repliées, un verre à la main, le visage tourné vers mon ami. C'était agréable de pouvoir le voir même si, il fallait l'avouer, je regrettais aujourd'hui ma vision altérée ; j'aurais aimé pouvoir le scruter davantage afin de m'assurer qu'il avait toujours ce beau visage qui me plaisait tant, mais ce n'était plus aussi simple aujourd'hui. Cependant cela ne me bloquait pas pour autant et nous discutions comme de vieux amis, les verres à la main, la conversation allant aisément d'un sujet à un autre, bien qu'elle revenait tout de même régulièrement sur mon apparence et, tout particulièrement, sur mon âge. Il est vrai que la jeunesse éternelle n'est pas donnée à tout le monde, ce n'était donc pas étonnant que nous en parlions ; j'eus tout de même un rictus lorsque Edel évoqua l'un de mes collègues, que j'avais un peu de mal à porter dans mon cœur pour le moment vis à vis de mon amie.

- L'autre tombeur la ? Of c'est un papy lui, on doit facile avoir une dizaine d'écarts. A mon avis il se baladera bientôt avec une canne, il pourra faire un duo avec Arthur ! Je haussais un sourcil lorsque Edel reprit la parole, me donnant un sobriquet peu charmant, mais que j'acceptais... J'avais de quoi répliquer. Et toi tu pourras mettre tous les talons de la terre tu resteras toujours mon p'tit Edel, on s'refait pas !

La conversation continua d'avancer, dérivant ensuite sur mon arrivée à la ligue ; je lui avouais sans le moindre soucis que j'étais ici grâce à mon amitié de longue date avec Lizbeth, qui m'avait recommandé auprès du comité et avait défendue mon dossier afin de me donner toutes mes chances. Je lui devais beaucoup, j'en étais consciente, mais cela ne m'empêchait pas de me moquer gentiment de sa situation même si, au fond, je la plaignais sincèrement ; elle s'était foutue dans une sacrée merde, et cela ne m'étonnais même pas. Je lui avais dit à plusieurs reprises qu'elle était beaucoup trop gentille, mais bon, ce n'était pas à son âge qu'elle risquait de changer.

- La caisse t'est réservée, t'as intérêt à venir souvent pour qu'on puisse siffler ce délicieux vin ensemble ! C'était ma manière à moi de lui dire de revenir, et pas qu'occasionnellement, et je savais que le message était bien passé.

La suite de la conversation fut un peu plus joyeuse alors que j'écoutais Edel qui m'expliquait la fin de son parcours et son arrivée à l'élite, tout en buvant une longue gorgée de vin, sans le quitter des yeux. Je profitais d'ailleurs de l'occasion pour me rapprocher de lui, souriant presque en réalisant que j'arrivais maintenant à le voir à peu près correctement, ce qui me permis de l'observer et de le détailler pour la première fois ; il n'avait pas changé. Je sortis de mes pensées, le complimentant sur sa réussite, sincère, avant d'avoir un rire amusé à sa réponse.

- J'espère bien réussir à en terrifier plein, c'est tellement drôle !

Alors qu'il se tournait un peu plus vers moi, je n'eus aucun mal à constater qu'il m'observait - physiquement - et que la vue semblait bien lui plaire, comme à l'époque. En ces temps désormais éloignés, nous avions eu une relation plutôt ambiguë et, encore maintenant, il m'arrivait de me poser des questions sur son comportement de l'époque ; peut-être avais-je été bien trop hâtive à ce moment la, je le pensais plaisantin et léger de mœurs mais... Maintenant qu'il était devant moi et que les années avaient passées, je réalisais bien que je lui plaisais toujours, et que la réciproque était vrai, même si je ne le montrais pas de manière aussi peu subtile que lui.

Je sortis d'un coup de mes pensées, me reprenant bien vite avec un petit pari. Evidemment, Edel plongea tête la première et je ne pu m'empêcher de lui répondre au tac au tac ; c'est dans ce genre de moments que j'aurais aimé lui offrir l'un de mes sourires taquin mais, hélas, cela devrait attendre une hypothétique guérison. Lorsque je pourrais étudier le poison contenu à l'intérieur de Zéro peut-être que, la, j'aurais un début de piste. Je ne perdais pas espoir.

- Alors viens chercher, mais tu vas être déçu... Peut-être ~ J'avais ouvert les bras en grand, un air taquin sur le visage, tout en me demandant quelle allait être sa réaction. La conversation reprit bien vite et je ris de nouveau à son dernier mot. Je ne pouvais pas me contenter de l'ignorer, c'était trop tentant. Mes prétendants ? Voyons, tu sais bien que je les fais tous fuir rien qu'avec mon sale caractère ~

Il était temps de reprendre un peu de sérieux et, sans transitions, je repris la parole pour lui expliquer ce qui m'était arrivé ces dernières années. Ma collaboration avec les scientifiques du paradis Aether, l'arrivée de Zéro dans notre monde (même si je n'entrais pas dans ce genre de détails, pour le moment en tout cas) et son attaque ; le pokémon avait tout de même tué tous les scientifiques qui n'avaient pas eu le temps de s'enfuir, et j'aurais fait parti des victimes si je n'avais pas été une addicte aux poisons. Je conclus donc mon explication, évoquant sans y faire attention les séquelles que j'avais subit ; généralement je ne parlais que de ma peau mais, avec Edel, je l'avais évoqué sans faire attention. Evidemment, il s'y engouffra aussitôt et je lâchais un soupir, m'installant un peu mieux dans le canapé avant de reprendre.

Mf... Habituellement je ne parle pas du reste, il n'y a bien que ma mère qui soit au courant de ma santé actuelle. Mais c'est vrai que tu m'as connu à une autre époque, je ne peux pas te faire croire que je suis réellement un iceberg, tu n'y croirais pas une seconde. Je glissais une main le long de ma longue chevelure, jouant un instant avec une mèche avant d'attraper de nouveau mon verre. J'ai appris à mes dépends que le poison de ce pokémon semble spécialisé dans l'attaque des nerfs. Les autres scientifiques sont vraisemblablement morts d'une paralysie des poumons mais, en règle générale, c'est leur corps tout entier qui s'est paralysé. Une mort peu agréable, comme tu t'en doutes. Mais bref, les nerfs donc. Mon corps a réussit à combattre suffisamment le poison pour que je m'en sorte, mais il était trop puissant et, en effet, ma froideur apparente est l'une des séquelle. J'ai eu plusieurs paralysies faciales ; elles se sont un peu estompées avec le temps, heureusement, mais je garde quelques traces au niveau de mes lèvres et je n'arrive quasiment plus à sourire, même en forçant. Je m'arrêtais pendant un instant, hésitant sur la suite. J'en avais déjà beaucoup dit mais, quant à la suite, je ne l'avais évoqué qu'avec une seule personne... Mais au fond, j'éprouvais un profond attachement vis à vis de mon ami et je savais qu'il n'en parlerait pas autour de lui... Lui en parler pouvait me faire du bien, et lui prouver qu'il avait toute ma confiance. Quant au reste... Mes nerfs optiques ont aussi été touchés par le poison, ce qui m'a rendu plus myope qu'un rototaupe. C'est pour ça que je me suis autant rapprochée de toi par ailleurs, sinon je suis incapable de voir ton visage. J'ai aussi quelques lésions au niveau des poumons mais là, encore, j'arrive à gérer. Il faut juste que j'évite tous les efforts physiques mais bon, les scientifiques ne sont pas de grands sportifs après tout.

Comme il voulait des réponses, il était maintenant servi.


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Edel Aubier
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Mar 12 Mar - 21:52
Un garde du corps ? Je m'apprêtais à trinquer avec Hélène qui avait rempli nos verres tout en discutant avec moi, mais ses derniers mots m'arrêtèrent brusquement dans mon geste. Nous venions à peine de nous retrouver, nous évoquions de potentielles vacances dans notre région préférée... Et voilà qu'elle m'apprenait qu'en plus de son agent, j'allais aussi devoir l'aider à fausser compagnie à un garde du corps quand je voudrais passer un peu de temps avec elle ! – Voilà autre chose ! Tu es devenue une princesse ou quoi, pour qu'ils t'associent un garde du corps ? Ou alors, les toutous de la Ligue sont vraiment plus précieux que nous à l'Élite, et vous en avez tous un ? Je ne m'étais pas rendu compte que le sujet m'avait fait durcir la voix et resserrer mes doigts sur mon verre, sans que je ne sache moi-même bien pourquoi ; mais quand je m'en aperçus, je retrouvai bien vite mon léger sourire moqueur. – Enfin, c'est plus dur de se débarrasser d'un garde du corps que d'un agent, mais ce n'est pas ça qui fera obstacle... Si tu ne connais pas encore mes petits talents, je me ferai une joie de te les apprendre ! Et, cette fois, je trinquai dignement avec elle. Je m'étais peut-être énervé un peu vite et j'espérais ne pas l'avoir trop fait paraître... Mais enfin, si je devais à l'avenir être empêché de voir ma vieille amie par une mesure de sécurité de la part de Monsieur Je-ne-sais-qui, je ne serais pas d'accord !

Dans les plaisanteries qui suivirent, je fus ravi de retrouver l'Hélène avec qui j'avais continué à échanger de temps en temps par téléphone : elle avait beau avoir changé physiquement, notre discussion me laissait l'impression qu'elle était restée la même. « Des semelles compensées ! Ce sont des semelles compensées », me plaignis-je. « Et ça ne se voit quand même pas tant que ça ? » Hélène était vraiment trop grande... C'était peut-être le seul vrai défaut que je lui trouvais. Nous nous étions assis sur le canapé pour discuter plus tranquillement et je haussai les sourcils suite à ce qu'elle ajouta au sujet de la caisse léguée par Lizbeth, alors même que je n'avais rien demandé. « Ah, tu vois que tu sais être gentille avec ton vieux copain, quand tu veux ! J'accepte l'invitation avec plaisir, je ne vais certainement pas laisser ce délicieux vin m'échapper », répondis-je en faisant tourner le liquide délicatement teinté dans mon verre avant d'en avaler une gorgée : ni le vin, ni, aurais-je pu ajouter, celle qui me l'offrait... Mais ses paroles m'indiquaient que je pourrais bel et bien, désormais, revenir la voir, et je m'en réjouissais. Hélène s'était particulièrement rapprochée de moi, ce qui me surprit tout d'abord, mais je profitai d'avoir tourné la tête vers elle pour la contempler : c'était la première fois que je la regardais vraiment depuis que j'étais entré chez elle, et si son expression avait toujours un détail qui me déroutait, si sa peau avait bel et bien adopté cette couleur particulière... je devais lui accorder qu'elle avait des raisons de parler de « jeunesse éternelle » : je la trouvais toujours aussi belle qu'avant, et peut-être même encore plus, avec cette teinte d'un autre monde. Oui, la peau violette la dotait presque d'un charme supplémentaire... Comment était-ce possible ? Décidément, le Kadabra devait vraiment m'avoir retourné le cerveau. Évidemment, la façon dont je la regardais ne passa pas inaperçue et je niai vigoureusement sa remarque en attaquant à mon tour, mais la réaction qu'elle eut alors me laissa un instant sans voix.

J'étais obligé de répondre à son pari de lui trouver une ride pour remporter une bouteille, et peut-être était-elle, dès lors, obligée de m'inviter à chercher immédiatement. Mais quand même, cela n'aurait-il pas pu rester de simples mots en l'air alors que cela ne faisait peut-être qu'un quart d'heure que j'étais arrivé, que nous ne nous étions pas vus depuis des années avant ça et que je n'étais pas encore certain d'avoir entièrement recouvré mes aises devant elle...? Mais peut-être ne s'en rendait-elle pas compte – peut-être n'avait-elle pas compris... Peut-être n'avait-elle jamais compris. Elle avait ouvert ses bras en grand pour m'inviter à venir, ses longs cheveux tombant sur ses épaules nues et autour des courbes de ses seins, les yeux pétillant d'un air taquin quand bien même ses lèvres restaient plus figées qu'à l'accoutumée et l'espace d'un instant, je me souvins du jour où je lui avais proposé de sortir avec moi, et où elle avait cru que je blaguais. Ce souvenir était resté si cuisant dans ma mémoire que je me le rappelais presque comme si c'était hier. Bon, d'accord, j'avais employé exactement le même ton pour le lui demander que quand je blaguais et, ensuite, j'avais continué à plaisanter avec elle de la même façon. Mais quand même. Quand j'étais rentré au Centre, c'était sur Camille que j'avais déchargé mon irritation – pauvre Camille. Et si, ensuite, c'étaient les circonstances de nos vies qui avaient conduit à ce que nous cessions de nous voir, j'en avais en réalité été plutôt soulagé et n'avais pas cherché à lutter contre.

Et voilà qu'elle ouvrait grand ses bras vers moi comme si de rien n'était, après s'être rapprochée de moi d'une façon déjà un peu surprenante, au point que je m'étais vaguement demandé si elle n'avait pas déjà bu plus d'un ou deux verres de vin avant mon arrivée. Mais peut-être que, justement, rien n'était. Peut-être que tout cela était trop lointain pour elle, peut-être n'avait-elle jamais réalisé... Conservant mon léger sourire, je m'avançai vers elle comme elle me le demandait, posant une main derrière la sienne afin de me soutenir, jusqu'à ce que nos corps se touchent presque, la dévisageant afin de trouver une ride et mon épaule droite frôlant la sienne. « Hm... » N'y avait-il pas quelques plis au coin des yeux, là où, souvent, apparaissaient les tout premiers indices de vieillesse ? Mais alors que je me rapprochais de plus en plus de ses iris dorés qui me fixaient intensément tandis que j'en évitais le regard, alors que j'aurais sans doute dû toucher le haut de sa joue pour affirmer ma victoire, je me retirai soudain, reprenant ma position initiale. « Ma foi, je crains de devoir m'avouer vaincu pour ce premier round. Mais c'est ta peau violette qui m'a perturbé », décrétai-je en posant les yeux sur Pops et Arwen, avant de boire d'une traite plusieurs gorgées de vin. La peau violette, bien sûr. Je m'étais dérobé. Cependant, cela m'avait permis d'orienter la conversation de façon plus directe sur les changements physiques d'Hélène, et c'est ainsi qu'elle commença enfin à me raconter ce qui lui était arrivé.

Je l'écoutai avec attention, ne manquant pas lorsqu'elle se taisait de relancer son discours avec des commentaires qui visaient à détendre l'atmosphère mais aussi à l'inciter à m'en dire plus. Ce qu'elle me racontait était plutôt inquiétant ; j'avais profité du début de son récit pour remplir à nouveau nos verres, mais je me figeai lorsqu'elle évoqua la mort des autres scientifiques qui avaient participé à l'expérience. Bon sang... Alors, j'avais failli la perdre – et pendant toutes ces années, elle ne m'avait pas dit un seul mot à ce sujet. Je hochais la tête tandis qu'elle évoquait sa paralysie : ce qui me troublait depuis tout à l'heure dans son expression sans que je ne parvienne à mettre de mots dessus venait donc de là. Ne plus réussir à sourire... Quel malheur. Pour la plupart des gens, cela ne ferait pas une grande différence, mais pour moi qui l'avait toujours vue taquine... J'attendis patiemment qu'elle rompe son silence tandis qu'elle hésitait à me raconter la suite, et elle finit par m'avouer le mauvais état dans lequel se trouvaient désormais ses nerfs optiques. J'avais enfin l'explication de son rapprochement encore plus franc que de coutume, et je ne m'étonnai pas de ce qu'elle n'en ait parlé à personne : des problèmes de santé de cette ampleur auraient pu compromettre son accès au poste de championne, quand bien même la cécité n'avait pas paru être un si gros obstacle dans le parcours de son collègue Arthur.

...Eh bien... Lorsqu'elle eut terminé de parler, je restai un moment silencieux, l'esprit bourdonnant de tout ce que je venais d'apprendre, et ce ne fut qu'avec peine que je repris la parole pour ne pas laisser une atmosphère trop pesante s'installer. – ...Si je comprends bien, je devrais peut-être me mettre à la mithridatisation, moi aussi, ça a l'air de pouvoir vraiment sauver des vies ? J'avais relevé les yeux vers elle et mon sourire habituel avait lentement retrouvé le chemin de mes lèvres, mais il s'estompa au bout de quelques secondes et je secouai la tête. – Par Arceus ! Alors, tu as failli mourir. Cette bestiole n'a pas l'air de rigoler. Je l'avais à nouveau quittée des yeux. Et je n'en savais rien, songeais-je – et tu continues tes expériences sur elle. J'avais replongé dans mes pensées. Mais tout ça ne m'étonnait pas d'Hélène. Ce n'était toutefois sans doute pas très aimable de ma part que de rester aussi sérieux : je me forçai donc à relever une bonne fois pour toutes les yeux vers mon amie et à reprendre la parole. – ...Eh bien, je suppose que je dois te souhaiter la bienvenue dans le club de ceux qui n'y voient pas clair, alors ? Rassure-toi, la peau violette, ça te va plutôt bien. Et je serais curieux de rencontrer la créature dont tu parles, un jour, à l'occasion, puisque tu te trimballes encore avec elle. Je continuais cependant de réfléchir et, après une nouvelle pause, je me décidai à reprendre : – Mais dis-moi... Je n'ai aucune idée de si elle pourrait faire quelque chose pour toi, je ne sais pas si elle peut régler les problèmes de poison et ça fait peut-être trop longtemps que celui-ci t'a touchée pour qu'elle puisse encore agir sur quoi que ce soit, mais... Tu sais que Tokopiyon a de sacrés pouvoirs de guérison ? Elle pourrait peut-être corriger au moins une petite partie des séquelles, si je lui demandais...

C'était à l'époque où Hélène et moi commencions à nous voir que j'avais fait la rencontre de Pyon-Pyon, et je lui avais parlé un jour, peut-être à demi-mot, de l'aide que celle-ci m'avait apportée alors que j'en avais eu si grand besoin. Elle connaissait par moi les fabuleux pouvoirs de la Gardienne d'Akala. Je n'étais en rien sûr de moi dans ma suggestion, n'ayant encore jamais vu Pyon-Pyon à l'œuvre sur des dommages anciens et causés par du poison, et j'étais bien placé pour savoir qu'il y avait des perturbations contre lesquelles elle ne pouvait rien faire ; la créature dont parlait Hélène avait d'ailleurs l'air d'être dotée de capacités encore plus inhabituelles. Pourtant, cela pouvait valoir la peine d'essayer, et j'aurais été heureux de faire cela pour mon amie.


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Hélène Joannis
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Région : Johto - Alola
Dim 17 Mar - 14:34
- Tu n'es pas au courant ? J'étais étonné par la réaction de Edel, après avoir évoqué le garde du corps ; cette affaire avait pourtant fait le tour des journaux... Mais il ne les lisait peut-être pas. Moi non plus à vrai dire. Liz s'est faite agressée, y'a quelques mois de ça, elle s'est prise une balle dans l'épaule. Depuis le comité a décidé qu'il y avait un risque, et nous devons désormais faire avec ces garde du corps... Mais c'est pas ça qui m'empêchera de vivre comme bon me semble, t'inquiètes.

Je lâchais un rire lorsque Edel corrigea mes mots, parlant de semelles compensées. Il ne changerait jamais... J'avais personnellement bien du mal à voir la différence entre des talons et cela, le résultat était le même : paraître plus grand qu'on ne l'était. Même si, certes, sa technique était plus discrète. Mais au fond sa petite taille était mignonne et je lui avais déjà dit par le passé... Attendons un peu avant de lui redire, il risquerait de mal le prendre. Je préférais plutôt lui parler de ce délicieux vin, un héritage précieux que je ne comptais pas gâcher, ni partager avec n'importe qui : je lui fis donc comprendre qu'il avait intérêt à se pointer régulièrement si il voulait en profiter. Sur ce nous buvions une gorgée sans nous quitter des yeux, me rapprochant tranquillement pour pouvoir réellement en profiter, de ses yeux. C'était dans ce genre de situation, bien particulière, qu'il pouvait m'arriver de regretter un peu l'expérience malencontreuse qui s'était passée, alors que je ne pouvais plus profiter de ma vue comme auparavant.

Joueuse, taquine, je réagissais à ses pic au tac au tac, n'hésitant pas à aller jusqu'à le provoquer en jouant avec ses mots, m'ouvrant à lui comme je le faisais autrement, et peut-être même plus. Il faut croire que ce temps que nous avions passé loin l'un de l'autre me donnait davantage envie de me rapprocher, maintenant que nous en avions l'occasion. A bien y penser il était dommage que nous ayons perdu tant de temps... Mais d'un autre côté j'étais ravi que notre relation puisse de nouveau avancer. Je sortis de mes pensées lorsqu'il se rapprocha de moi, jouant le jeu, nos corps se frôlant l'un l'autre. La sensation était agréable, après tout je l'avais toujours trouvé à mon goût et c'était encore le cas aujourd'hui... Il se rapprochait tant de mon visage que je commençais à me demander si il n'avait pas une idée bien précise en tête... Mais il se retira rapidement, s'éloignant de quelques centimètres tout en semblant reprendre contenance. Je n'étais pas certaine de son comportement, ni de celui que je devais avoir. Je ne savais même pas comment j'aurais réagit, s'il avait agit différemment.

- T'es mignon. Ça, au moins, ça venait du cœur.

L'atmosphère devint beaucoup moins légère lorsque je pris enfin le temps d'expliquer à Edel ce qui m'était récemment arrivé. Je lui devais bien ça, il ne connaissait pas ma condition physique actuelle (comme 90% de mon entourage) mais je ne voulais pas la lui cacher comme je le faisais avec mes nouveaux collègues, le comité ou mes connaissances du milieu scientifique. Pas à lui. Ses quelques interventions au cours de mon dialogue fit du bien, il réussit à détendre une atmosphère qui commençait à se tendre ; j'étais bien consciente que ce n'était pas rassurant d'entendre dire que tous les scientifiques qui étaient avec moi ce jour là étaient mort... Mais c'était la stricte vérité. Une longue et terrible journée que celle-ci...

- Evidemment. Ce n'est pas par plaisir que je m'injecte des poisons mortels depuis si longtemps, faut savoir se couvrir dans ce métier. Certains de ces scientifiques se moquaient de moi, grand bien leur fasse désormais. Je tentais un vague sourire lorsque Edel prit un ton plus léger, essayant de détendre l'atmosphère. Je hochais la tête à ses mots, ravie par ce compliment. Je me trimbale encore avec elle, comme tu le dis si bien, mais elle n'est pas sous mon contrôle, pas encore du moins. Arwen et moi sommes les seuls qui pouvons nous approcher sans risque, nous sommes capable de résister à son poison... Alors si je te la présente, ce sera avec une vitre très épaisse entre vous deux. Mais pourquoi pas, un de ces quatre, quand je travaillerais avec elle.

Je haussais un sourcil surpris lorsque Eel évoqua Tokopiyon ; je me souvenais qu'il m'en avait parlé à l'époque, évoquant l'aide apportée par le pokémon gardien. Je ne l'avais jamais rencontré moi-même, mon intérêt étant porté ailleurs, mais je connaissais la réputation de soigneur de ce pokémon...

- Je ne sais pas... Essayer ne coûte rien, bien sur, mais je ne suis pas certaine qu'elle puisse me soigner. Ce pokemon vient d'ailleurs, je n'avais jamais vu un poison comme le sien... Je travaille pour tenter de trouver un moyen de me soigner mais pour le moment je n'arrive à rien, son manque de coopération n'aide pas...

Je lâchais un soupir tout en attrapant mon verre, terminant ce qu'il me restait de vin. Je fis une grimace en voyant le verre vide, me rajoutant une petite rasade d'alcool avant d'en faire de même avec le verre de Edel, sans lui demander ; il était mon invité alors il se devait d'accepter mes invitations.


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Edel Aubier
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Mar 26 Mar - 10:32
Je haussai les sourcils lorsqu'Hélène m'expliqua la raison pour laquelle elle se voyait attribuer de force un garde du corps. « C'est vrai, ça me dit quelque chose... » S'il y avait un domaine auquel je ne prêtais pas attention, c'était bien les médias, et pourtant, je veillais à parcourir régulièrement les journaux afin de m'assurer qu'aucune information potentiellement importante pour moi ne m'échappe. À présent qu'elle l'évoquait, l'attaque subie par l'ex-championne de Ligue remontait en effet vaguement à ma mémoire... « Mais ça confirme ce que j'avançais : ils tiennent plus à vous qu'à nous ! » ajoutai-je avec un fin sourire : si je ne me trompais pas, Lizbeth n'était pas la seule championne à avoir essuyé une agression au cours de ces dernières années, mais aucun garde du corps individuel ne nous avait été imposé. Sans doute la popularité de la Ligue était-elle légèrement supérieure à celle de l'Élite ; pourtant, je ne pouvais pas croire qu'au fond de notre QG, sur les rivages de Sinnoh, nous étions à l'abri de toutes revendications... Enfin, cela m'arrangeait : si j'avais dû avoir un garde du corps sur le dos, j'aurais vite fait de marchander avec lui pour m'en débarrasser sous peine d'en faire la nouvelle cible favorite de mes Pokémon à l'entraînement. Et je ne pouvais nier la satisfaction que j'avais ressentie en entendant le dédain avec lequel Hélène parlait du sien. Mais tout de même... d'étranges doutes m'avaient saisi. Après tout, cela faisait des années que nous ne nous étions pas vus. Que pouvait-elle bien avoir vécu durant tout ce temps ? Je supposais que si elle s'était mariée, par exemple, ou qu'elle avait eu des enfants, elle m'en aurait parlé ; mais enfin, elle avait quand même trouvé le moyen de devenir violette sans m'en dire un mot. Alors, de quoi... et de qui était composé son quotidien, aujourd'hui ? En plus du garde du corps, y aurait-il d'autres personnes qui feraient obstacle lorsque je voudrais passer du temps avec elle...? Je ne savais pas pourquoi ces pensées me venaient maintenant, et ce n'était certainement pas maintenant que je lui poserais la question. Je gardai donc mes interrogations pour moi et me contentai de lui sourire en lui promettant de lui apprendre mes talents d'évasion, avant de trinquer enfin avec elle.

La discussion légère qui s'ensuivit me fit me sentir de retour des années en arrière plus vivement que jamais. Nous étions ainsi nonchalamment installés sur un bon canapé autour d'un verre de vin blanc, bavardant avec insouciance en échangeant des plaisanteries pas toujours innocentes, et l'on aurait pu remplacer le canapé par des chaises de jardin, le plafond par un parasol et la pièce par la terrasse aux palmiers d'un des cafés d'Alola où nous nous retrouvions parfois sans que cela n'eût changé grand chose à la teneur de notre discussion. Cela faisait, quoi, sept, huit ans que nous nous étions rencontrés ? Combien de temps depuis que nous avions cessé de nous voir ? Et notre relation, passés les premiers temps où nous faisions connaissance et où j'étais encore tout fraîchement arrivé à Alola (mes pas n'avaient pas encore croisé ceux du Kadabra, alors...), n'avait pour ainsi dire presque pas bougé d'un iota.

Non : elle était toujours aussi ambiguë. Je m'étais approché d'elle comme ses bras grands ouverts et son défi m'y incitaient, je m'étais brusquement retiré après avoir laissé planer le doute comme il nous arrivait parfois de le faire, mais pour elle, apparemment, il n'y avait jamais eu de véritable doute – c'était seulement chez moi –, je m'efforçai de masquer mon trouble, et elle me déclara... « T'es mignon. » J'avais le nez dans mon verre et je fus à un doigt de recracher ma gorgée. Qu'est-ce que c'était que cette remarque ? Toujours aussi ambiguë et, par Arceus ! Heureusement que j'étais doué pour cacher mes émotions... Encore un peu, et je me serais presque mis à rougir comme un adolescent. Et puis quoi encore. Rougir ! Non, je pouvais vraiment remercier mes talents de comédien. Qu'est-ce qui m'arrivait pour que je me trouble aussi facilement ? Je n'avais jamais été comme ça. Mais c'était, sans doute, de la revoir après si longtemps... Elle me faisait toujours le même effet, si bien que celui-ci, subitement de retour après une telle absence, en était décuplé.

Et toi, toujours séduisante. Dis-moi, tes merveilleux placards ne recèleraient-ils pas aussi quelque biscuit à grignoter pour accompagner ce vin ? Je lui avais répondu d'un ton égal, mais j'espérais vraiment qu'elle sorte un paquet de n'importe quoi que je puisse me mettre sous la dent : quand j'étais troublé, j'avais besoin d'avaler quelque chose, si bien que si cela continuait comme ça, j'allais finir la bouteille avant qu'elle n'ait eu le temps de se resservir.

J'avais cherché à transformer la situation pour la pousser à me parler enfin de ses changements physiques, et je ne fus pas déçu. Je l'écoutai très sérieusement pendant qu'elle me racontait le danger qu'elle avait traversé, ne manquant pas de me tendre lorsqu'elle évoqua la mort de ses collègues scientifiques. Si j'avais imaginé ce par quoi elle était passée pendant que nous échangions des SMS sur la qualité du restaurant de malasadas qui avait ouvert à Johto ou sur des suggestions de teintures pour mes cheveux... Mais enfin, de nous deux, elle n'était pas la seule à avoir ses secrets, et j'avais conscience, tandis qu'elle me parlait, qu'elle était en train de révéler des choses dont presque personne n'était au courant. « Ah bon ? Moi qui étais persuadé que c'était une de tes petites passions secrètes », répondis-je pour plaisanter lorsqu'elle me précisa qu'elle ne pratiquait pas la mithridatisation par plaisir. Je me reconnaissais quand même un peu surpris par le fait que cette technique ait eu un véritable intérêt... mais si l'on m'avait dit qu'une seule personne, de tout un groupe attaqué par un énigmatique Pokémon poison, devait s'en sortir, j'aurais, sans hésiter, parié sur Hélène.

La suite de son discours m'intéressa tout autant : la créature mystérieuse était donc toujours avec elle, et si elle ne parvenait pas encore à la contrôler, elle et sa Malamandre pouvaient cependant l'approcher sans risque. « Tu connais ma curiosité... » répondis-je lorsqu'elle me confirma qu'elle me la présenterait peut-être un jour, avec un léger sourire qui pouvait signifier que je n'y attachais pas tant d'importance ; mais je la regardais avec une attention nouvelle, tout à mes réflexions. Un nouveau Pokémon... Je n'avais jamais tenté de me mêler de ses recherches. En ayant vécu à Alola, je n'avais pu manquer de percevoir les échos troubles d'actions mystérieuses auxquelles se livraient certains groupes scientifiques et sur lesquels semblait planer le plus grand secret, mais je n'avais jamais cherché à en savoir plus, préférant me tenir à l'écart de ce type de problèmes – j'avais déjà assez à faire avec les miens. Toutefois, je ne pouvais rester indifférent à ce que me faisait entrevoir Hélène... ne fût-ce, exactement, par pure curiosité. Mais enfin : « quand je travaillerais avec elle »... Cela me fit avoir un sourire franc. Je la reconnaissais bien là !

Je ne peux évidemment rien promettre pour Pyon-Pyon, mais elle est quand même l'un des Tokos, ce n'est pas rien. Maintenant, comme je te dis, je ne suis pas sûr qu'elle puisse agir sur les blessures anciennes, je ne l'ai jamais vue faire ça... Mais elle pourrait peut-être quand même atténuer au moins un peu l'une de tes séquelles. C'est comme tu veux, mais si, pour le moment, tu n'arrives à rien de ton côté... Je peux l'appeler facilement, il lui faut juste un peu de temps pour venir puisqu'elle reste à Alola. Je comprendrais Hélène si elle préférait, pour le moment, persévérer dans ses recherches afin de trouver seule le moyen de se soigner, d'autant que pour recevoir les pleins bienfaits des pouvoirs guérisseurs de Pyon-Pyon, il aurait sans doute fallu se rendre jusque dans son temple. Toutefois, sur un mot de mon amie, je l'aurais appelée et lui aurais demandé de déployer tous ses pouvoirs pour tenter le coup.

Pris au milieu de ces informations, j'en avais oublié de nous resservir en vin, mais j'accueillis avec plaisir l'initiative et la remerciai d'un geste avant de porter, en même temps qu'elle, mon verre à mes lèvres. La compagnie d'Hélène, une bonne bouteille de vin blanc, l'après-midi pour nous... J'aurais encore pu lui poser de nombreuses questions au sujet de la créature qui l'avait empoisonnée, mais je ne voulais pas recouvrir la gaieté de nos retravailles d'une chape de gravité si pensante que nous ne pourrions plus la soulever ensuite. Les autres questions attendraient donc : nous avions tout notre temps pour cela.

Et alors, dis-moi, que penses-tu de la Ligue ? m'enquis-je en me recalant dans le canapé, quand nous nous fûmes remis à discuter plus tranquillement. – Tu as un peu visité ? Pour ma part, je n'échangerai plus le QG de l'Élite contre rien au monde ! On a tout là-bas : restaurant, salle de jeux, un super garde-manger... Et devine ce qui se cache même tout au fond de l'immeuble... J'attendis quelques instants afin de faire mon effet, et puis, je m'exclamai avec tout l'ardeur possible : – ...un SPA !


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Hélène Joannis
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Région : Johto - Alola
Mer 8 Mai - 19:33
Mon compliment n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd (ce qui était assez ironique comme expression quand on y songeais), et je sentis que la situation l'avait troublé... Mais il l'avait bien cherché, lui aussi ne s'était pas privé pour se rapprocher de très près, jusqu'à me faire me poser des questions quant à sa motivation première... Je mentirais si je disais que la situation ne me plaisait pas, j'appréciais cette proximité retrouvée et ces taquineries qui reprenaient entre nous, comme si nous n'avions jamais été séparés par la vie ; est-ce que cela avait vraiment été le cas ? Nous n'avions jamais coupé les ponts, même si nos contacts s'étaient faits à distance depuis longtemps... Pour de telles retrouvailles cela valait le coup. Je commençais à me demander à quoi aller ressembler les prochaines minutes lorsque Edel me fit un compliment des plus agréable, avant d'enchaîner. Amusée, je me redressais tout en m'étirant avant d'aller ouvrir un placard ou deux, cherchant les vivres qui avaient été mises en prévision de mon arrivée ; je trouvais plusieurs paquets d'apéritifs et les ramenais sur la table, les ouvrant avant d'en tendre un à Edel qui, je le savais, lui plairait.

- Cela suffira t-il à combler ton insatiable appétit ? J'attrapais mon verre de vin pour en prendre une brève gorgée, amusée. Je le connaissais bien, c'était intéressant de noter qu'il ait subitement eu cette envie...

Un peu de nourriture ne lui ferait pas de mal au vu de la tournure de notre conversation ; je lui racontais avec un calme olympien ce qui s'était passé au paradis aether, évoquant la mort des scientifiques qui travaillaient sur le projet avec moi... C'était d'ailleurs parce qu'ils avaient tous péri que mon secret était aussi bien gardé, j'avais fait très attention aux informations que je pouvais faire circuler et peu de personnes savaient ce qu'il s'était réellement passé ce jour là... Edel en faisait parti, même s'il ne devait pas se rendre compte d'à quel compte l'information était confidentielle, et il en allait de même pour mon état de santé. Je fini mon explication en parlant de Zéro avec lui - Zéroïd de son nom, celui que nous lui avions donné au laboratoire après sa capture - lui promettant de lui présenter cette créature un jour, tant que la sécurité y était ; hors de question de lui faire courir le moindre risque. Je préférais encore que Zéro s'attaque à une foule.

Je sentis quelque chose d'étrange au fond de ma poitrine lorsque Edel évoqua Tokopyon, mais cette sensation s'évapora rapidement ; pendant un instant l'espoir de guérir m'avait étreint, mais je devais rester rationnelle et écarter la possibilité d'une réussite. Surtout que Pyon avait son caractère, même si je n'avais jamais eu l'occasion de vraiment le constater de mes yeux... Jusqu'à maintenant du moins.

- Tant qu'à faire, autant faire d'une pierre deux coups ; on arrivera bien à se caser des vacances pour retourner sur les îles, et on profitera de ce moment là pour lui demander d'essayer.

Cela me permettrait de retourner voir ma mère, cela faisait un temps que je n'avais pas eu l'occasion de la voir et de discuter recherches avec elle... Elle aurait peut-être de nouvelles pistes pour toute cette histoire, qui sait. Je sortis de mes pensées pour nous resservir une rasade de vin, ayant toujours été généreuse dans ce genre de situation... Ce n'est pas comme si nous allions pouvoir nous poser et discuter comme cela tous les jours, nous avions des obligations. Edel reprit la parole et je m'installais confortablement dans le canapé, l'écoutant sans piper mot, le vestige d'un sourire amusé ancré sur mes lèvres. Il semblait visiblement très fier de ses installations, c'était plutôt mignon.

- Le QG en lui-même est encore plus impressionnant que je ne le pensais, ils ont mis la dose. On a tout cela, ainsi que des salles de sport, une grande piscine, les terrains d'entraînement... On a aussi un spa. Enfin, c'est même tout un complexe, ils ont toute la panoplie. Je lâchais finalement un petit rire en me rappelant de son air très fier. Tu ne pensais tout de même pas que vous alliez en avoir un et pas nous !

C'était vraiment facile de le taquiner, et tellement agréable. J'attrapais un gâteau apéritif et le fit disparaître derrière mes lèvres, arrosant le tout d'un trait de blanc. Je reposais mon verre avant de me lever.

- Ca te dirait d'aller voir ? J'irais bien m'y réchauffer un peu ~


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Edel Aubier
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Ven 10 Mai - 13:28
Sauvé par les cacahuètes. Pour masquer ma montée d'émotion vraiment digne d'un lycéen en plein éveil sensuel, j'avais eu besoin de changer de sujet et d'avaler quelque chose, le premier aliment à portée de main, et je partis donc à l'assaut du sachet de cacahuètes qu'Hélène me tendit et dont je fis disparaître une bonne part avant même qu'elle n'ait fini d'ouvrir les autres paquets : « C'est parfait, merci. » Je ne jetai qu'ensuite un œil à ce qu'elle avait disposé sur la table : mélange alolien, chips... Elle avait de bons goûts, et se souvenait des miens. J'adorais les cacahuètes, je pouvais en avaler un sachet entier sans même m'en rendre compte. Je songeai alors qu'elle devait aussi se souvenir de mes habitudes : ma manie du grignotage, qui se déclenchait avec d'autant plus d'ardeur lorsque j'étais troublé ou énervé... Mais enfin, elle devait également savoir que je n'avais pas besoin de cela pour grignoter, pas plus que pour terminer un verre, ou un deuxième, de délicieux vin blanc ? J'espérais dès lors que la première hypothèse ne l'effleurerait pas...

Même après tout ce temps, elle me connaissait si bien. C'est que nous avions été si proches, lorsque nous vivions à Alola ! Nous avions, bien sûr, chacun nos occupations, mais nous avions passé tant d'après-midis ensemble, à la terrasse de notre café préféré ou sur une plage, à discuter bien plus que la raison quasi professionnelle pour laquelle je l'avais d'abord contactée n'aurait permis de l'envisager. De ma vie d'adulte, elle avait été ma deuxième véritable amie, après Camille, qui avait dû rentrer à Johto passés les premiers mois de notre voyage à Alola, et je m'étais senti au bout de quelques temps me rapprocher d'elle d'une toute autre manière que je ne l'imaginais. Malgré les ambiguïtés, nous n'avions pourtant été qu'amis et, après plusieurs années sans nous voir, je pensais que ces retrouvailles se passeraient dans un parfait naturel de ma part ; quelle bêtise ! Je commençais à regretter de ne pas avoir regardé de photos d'elle, avant de débarquer à l'improviste : non seulement j'aurais été au fait de sa peau violette, mais je me serais rendu compte qu'elle n'avait, à part ça, pas beaucoup changé – je me serais habitué à la trouver toujours aussi belle, avant de la découvrir en vrai. Enfin, je mis justement mon trouble passager sur le compte de la soudaineté de ces retrouvailles. J'étais persuadé qu'il n'en resterait plus une trace dès que mon cerveau aurait compris que je me remettais simplement à fréquenter une vieille amie : nous avions d'ailleurs très vite retrouvé notre complicité d'antan.

Grâce à ce petit intermède apéritif, je repris sans difficulté le fil de la conversation pour orienter enfin celle-ci vers les changements physiques d'Hélène. Le mélange alolien avec coco et cubes de baies palma séchées ne fut pas de trop tandis que je l'écoutais me raconter le violent empoisonnement qu'elle et son équipe avaient essuyé, et que je réfléchissais au mystérieux Pokémon qu'elle étudiait désormais. Malgré la perte de son sourire, je ne la trouvais, à lui parler, pas tant changée que ça : son expression se lisait encore dans ses yeux lorsqu'auparavant, elle m'aurait adressé un sourire mutin, je la connaissais trop bien pour la croire véritablement froide avec moi. Je compatissais en revanche vraiment à la diminution de ses facultés physiques, comme à celle de sa vue : pour avoir eu la mienne drastiquement altérée après l'attaque du Kadabra, tout comme mon ouïe, du côté gauche, tout du moins, je ne pouvais que compatir à la défaillance de ce sens chez elle. Il devait être vraiment triste de ne plus pouvoir admirer les beaux paysages... ni même de voir nettement les amis à qui elle parlait, comme moi. J'aurais aimé l'aider, voilà pourquoi je ne tardai pas à évoquer Pyon-Pyon ; et mes lèvres dessinèrent un large sourire devant ce qu'elle suggéra alors.

« Mais oui ! Excellente idée ! Ce serait parfait : enfin de la liberté, du soleil...! On pourra passer dans son temple, à Akala. En plus, tu sais quoi, je suis allé à Alola l'autre jour, à l'occasion d'un concours à lancer, et, est-ce que tu y crois ? J'ai à peine eu le temps de me promener un peu...! Fais-moi signe quand tu auras un congé, j'en parlerai à mon agente ! » Ou plus exactement, je lui annoncerais que je partais en vacances, que mon planning le veuille ou non, parce que je n'allais certainement pas laisser passer une occasion de retourner à Alola avec Hélène. Et si vraiment il le fallait, après, je ferais sans broncher, quelques jours, tout ce qu'elle me demandait. Jusqu'à la fois d'après. Je sentais qu'on allait bien s'entendre, la petite Élise et moi !

Nous nous étions confortablement réinstallés dans le canapé en buvant le vin dont l'arôme commençait à m'emplir agréablement et en discutant des installations de nos quartiers généraux respectifs. C'était avec un vrai plaisir que j'avais découvert celles de l'Élite mais, à entendre Hélène, la Ligue n'avait pas grand-chose à nous envier. Salle de sport, terrains d'entraînement, nous en avions aussi... mais mes yeux brillèrent d'une toute autre manière lorsqu'elle évoqua le spa dont les collègues du Conseil 4 disposaient donc également. Ce mot avait un attrait presque magique sur moi. J'avais pourtant déjà bien profité du nôtre, qui pouvait aussi se qualifier de véritable « complexe »... Mais je frémissais d'avance rien que d'imaginer les nouveaux trésors qui se cachaient dans le bâtiment d'Hélène. À quoi pouvait ressembler le spa des Maîtres Dresseurs ? Était-il construit sur le même modèle que le nôtre ? « Oh, moi qui pensais te donner une bonne raison de venir me voir », commentai-je avec une moue exagérément plaintive en faisant tourner mon verre dans ma main. « Et puis, ce sont les coordinateurs qui savent se détendre et profiter de la vie, pas les champions de la Ligue qui sont toujours en train de courir partout ! » Je buvais une gorgée... quand Hélène se leva du canapé avec une proposition qui avait tout pour me plaire.

Je me redressai, les yeux illuminés. « ...Ho-ho ! Alors, tu peux encore m'accorder un peu de ton temps ? » Je me levai à mon tour et attrapai la main d'Hélène pour esquisser un joyeux pas de danse « C'est accepté, très chère ! Allons voir si ce spa de la Ligue vaut celui de l'Élite ou si tu vas être obligée de venir chez moi pour profiter du nôtre ! » Je regardai Pops, puis la table, me demandant s'il y avait quoi que ce soit à emmener. « Hm, j'imagine que tu n'as pas de maillot de bain pour homme à me prêter ? J'en emprunterai un aux vestiaires ! » J'arborais un grand sourire, déjà réjoui et amusé, et repensais à nos nombreuses baignades ensemble quand nous étions à Alola : décidément, il ne manquait plus que les palmiers et nous serions bel et bien de retour au bon vieux temps... sauf qu'il y aurait l'eau chaude, et les remous, et peut-être les tables de massage et tout le reste en plus. Je demandai à Pops si Arwen et lui venaient aussi, et nous sortîmes dans le couloir en quête du spa promis.

Hélène semblait prête à se mettre à l'eau à tout instant de la journée mais, de mon côté, je dus occuper une cabine, et emprunter un des maillots mis à disposition par l'institution. Ce fut ainsi que je me retrouvai torse nu à arborer un boxer (ils n'avaient malheureusement pas de shorts de bain) flanqué des couleurs et du logo de la Ligue. Le large tatouage alolien, dessinant un symbole traditionnel d'Akala, s'étendait en cercle sur le côté gauche de ma poitrine, encre noir sous ma peau pâle. Si ce motif apparaissait comme un simple ornement pour la majorité des gens, tout Alolien au fait des traditions de sa région pouvait y reconnaître un signe tribal d'appartenance à l'une des îles, très rarement octroyé à ceux qui n'y étaient pas nés. Il m'avait été tatoué sur le cœur...

« Alors, qu'est-ce que t'en dis ? Je fais des infidélités à l'Élite, je travaille pour la Ligue maintenant ! » commentai-je en sortant de la cabine et en pavanant devant Hélène, fier comme un Plumeline dans mon maillot de bain aux couleurs du Conseil 4. L'un des inconvénients quand on allait se baigner, c'était que l'on devait abandonner ses chaussures à semelles compensées, mais Hélène m'avait si souvent vu pieds nus que cela ne m'embarrassait plus outre mesure – même si j'aurais rêvé qu'elle abandonne un jour mon surnom de « petit Edel ». Cela faisait quand même longtemps que nous ne nous étions pas baignés ensemble... « On peut y aller ? »


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Hélène Joannis
Ligue 4

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Région : Johto - Alola
Mer 5 Juin - 15:53
- Le soleil des îles me manque terriblement, cela fait bien trop longtemps que je suis partie... Le jour où je pars à la retraite je retournerais m'y installer. Sans surprises, Edel était partant pour ces petites vacances... C'était tout nous : à peine nous venions de nous retrouver après plusieurs années loin l'un de l'autre que nous prévoyions déjà une escapade à deux. Je verrais rapidement quand je peux poser un congé, dès qu'il y aura une baisse d'activité.

Cette perspective de vacances au soleil à deux était des plus réjouissante, cela nous permettrait de nous retrouver dans un cadre qui nous était familier, et de laisser les choses reprendre comme autrefois... Même si à ce sujet, les choses étaient bien parties, avec un air de flirt en plus ; c'était beaucoup trop tentant. Sa présence me rappelait beaucoup de bons souvenirs et je ne pouvais pas m'empêcher de le taquiner, il m'a tellement manqué... Je me demande d'ailleurs si je ne devrais pas l'évoquer à voix haute lorsque Edel me devance en parlant installations ; la conversation me fait intérieurement sourire et je n'hésite pas à le clouer sur place en lui apprenant que nous en avons tout autant que chez eux, si ce n'est plus ; la petite gue-guerre entre membres de la ligue et de l'élite n'en est qu'à ses débuts, à notre plus grand plaisir.

- Moi, courir partout ? Jamais de le vie ~ Ce qui était ironique, vu que je remplaçais une accro aux sport de tout genre. Je me levais alors pour embarquer Edel, bien décidée à aller découvrir ces fameuses installations à ses côtés. Ca tombait bien, j'étais déjà en tenue ! Je t'accorderais tout le temps du monde s'il le faut ~

Ça, c'était fait.

Après quelques échanges concernant la tenue de Edel je quittais l'appartement, prenant soin de le fermer une fois Arwen à nos côtés. La Malamandre n'était pas intéressée par la visite au spa, mais elle alla s'allonger au soleil non loin de l'appartement tout en baillant alors que nous nous éloignions d'un pas tranquille, direction les installations flambant neuves du QG. Le spa n'était pas la porte à côté, malheureusement, mais rien d'insurmontable, nous ne vivions pas non plus dans un château ; après cette courte interlude je laissais donc le soin à Edel de se changer, alors que je prêtais une serviette, l'attendant tranquillement. Il revient, armé d'un boxer aux couleurs de l'endroit, sur lequel j'arrivais à deviner le logo de la ligue... Décidément ils ont vraiment tout prévu. Sa réaction m'amusa et, évidemment, je rebondis sur celle-ci sans perdre de temps.

- Tu devrais porter nos couleurs plus souvent, ça te va comme un charme !

Dommage que je ne puisse pas profiter de la vue, mais bon, je me rattraperais plus tard...

Je le regarde à sa remarque, hochant la tête d'un air entendu avant de rentrer dans les installations : pour bien démarrer, un petit spa assez intimiste, en bois ; la salle était fermée mais elle possédait une grande baie vitrée donnant vers le mont argenté et la nature... Ils avaient vraiment bien choisit l'endroit. Je me glissais dans l'eau, lentement, laissant le temps à ma peau de s'habituer à la chaleur avant finalement de pouvoir m'y asseoir, lâchant un soupir d'aise.

- Parfait, je m'installe ici... Les yeux clos je m'adossais contre le bois, assise sur le banc se trouvant dans l'eau, profitant de l'instant...


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Edel Aubier
Elite 3

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Lun 1 Juil - 12:34
Cette visite à Hélène était décidément la meilleure idée que j'avais eue de la semaine. Non, du mois. Non : de l'année, même. Est-ce que j'exagérais ? Si réellement c'était le cas, alors ce n'était pas de beaucoup, car cela faisait très longtemps que je ne m'étais pas senti aussi bien qu'en ces instants où nous parlions de retourner à Alola ensemble, de partir à la conquête des spas, de tout et de rien comme au bon vieux temps où nous n'étions qu'un coordinateur égaré et une scientifique aux loisirs curieux qui flânaient sous les palmiers en dégustant des glaces parfum baies nanana. L'étrange gêne que j'avais pu ressentir un peu plus tôt dans la discussion, lorsque notre proximité avait pris – comme déjà par le passé – des allures de flirt, était oubliée, et c'était à présent entièrement détendu que j'échangeais avec celle qui, autrefois, avait coloré une bonne partie de mon voyage à Alola. Que n'avais-je pas cherché à la revoir plus tôt ! Elle était la seule avec qui je pouvais partager une telle insouciance, la seule à incarner pour moi tout ce qui me manquait de l'archipel. Bien sûr, c'était en compagnie de Camille que j'étais parti et nous avions passé une large partie de ce séjour ensemble, y compris lorsqu'il avait dû revenir en cours de route ; mais l'amitié qui me liait à lui était différente de celle que j'avais pour Hélène. Camille et moi nous étions rencontrés bien avant Alola, il m'avait vu dans des moments difficiles, et entendu de moi des récits que je n'avais racontés à personne d'autre qu'à lui. Tout cela avait conféré une gravité irrémédiable à notre relation, y compris lorsque nous riions avec la plus grande légèreté ; avec Hélène, il n'y avait rien de tout ça. Je l'avais connue à Alola même, il y avait bien des choses que je lui avais tues sur moi, et pourtant, je m'étais toujours senti parfaitement bien avec elle. Je savais qu'à son contact je pouvais être naturel, même si je ne m'étais pas toujours ouvert à elle autant que je l'aurais pu. On m'avait parfois demandé pourquoi je n'étais pas resté vivre à Alola. Diverses raisons m'avaient poussé à retourner à Johto après ma première Élite ; mais le souvenir de mon amie restait intimement lié pour moi à cette région dans laquelle ma vie avait pris un nouveau départ. Et puis, il y avait aussi qu'Hélène m'attirait, je ne pouvais l'ignorer. Nous travaillions tous deux dans des endroits différents, désormais, mais la retrouver, c'était comme intégrer de nouveau une part d'Alola à mon quotidien.

Je ne me fis pas répéter deux fois la proposition d'aller découvrir le spa de la Ligue. Au grand dam de Pops, Arwen ne semblait pas avoir envie de se baigner : ce fut le désespoir, car le Coudlangue paraissait très volontaire pour se mettre à l'eau, mais il voulait aussi rester avec son amie et je pus lire sur son visage rose le déchirement que ce dilemme atroce faisait naître en lui. « ...Bah, va profiter du soleil ! Tu nous rejoindras si Arwen te fait des misères ! » Le fait que je décide pour lui sembla soulager le Pokémon qui courut, en rebondissant à moitié, pour rattraper la Malamandre déjà partie lézarder dehors. Je devais admettre que cela m'arrangeait un peu, car Pops était tellement gros et joueur qu'il aurait pris... disons, une certaine place dans le spa. Quand nous n'étions que tous les deux, je m'en arrangeais volontiers, mais cet après-midi, j'avais bien envie de profiter d'un petit moment de tranquillité seul avec Hélène.

Mon amie parut apprécier ma petite parade dans le maillot de bain d'emprunt : j'avais l'impression de pouvoir essayer tous les services de la Ligue comme si j'y travaillais vraiment, c'était amusant. « Eh oui, cela sied à merveille à mon beau corps d'athlète ! » En vérité, je ne pouvais m'empêcher de me demander parfois si Hélène aussi prêtait attention, un peu, à mon apparence physique, ou si j'étais le seul à accorder quelque intérêt à la sienne, plus que pour en plaisanter, veux-je dire. En tout cas, je ne croyais pas avoir beaucoup changé depuis l'époque où nous nous prélassions sur les plages d'Alola. Le timide bronzage que je parvenais alors à gagner avait entièrement disparu pour laisser place à ma peau trop pâle, mais j'étais toujours aussi mince, presque maigre sur les bords (ce n'était pourtant pas faute de grignoter), et avec cependant une certaine musculature car je m'entraînais physiquement avec mes Pokémon.

Quand nous entrâmes dans le spa, je laissai échapper un sifflement d'admiration. « Eh bien... Pour ce qui est de la déco, je le reconnais. Vous nous arrivez... au moins à la cheville. » La grande baie vitrée avec vue sur le Mont Argenté, c'était quand même assez exceptionnel. Mais lorsque mon regard descendit vers les installations en elles-mêmes, ma contemplation toute poétique se changea en un élan d'impatience. Hélène était déjà en train de se glisser lentement dans l'eau, ses gestes gracieux contre le rebord de bois sombre ; mais la majeure partie de mon attention se trouva accaparée par la baignade qui m'attendait. Je me mis debout sur le petit banc où s'était assise mon amie, les pieds dans l'eau, jaugeant encore quelques instants le bassin du regard ; et puis, je m'écriai : « Le premier entièrement à l'eau ! » Et je m'y laissai tomber, les bras tendus, ne manquant sans doute pas d'éclabousser un peu Hélène au passage.

Je ressortis presque immédiatement la tête hors de l'eau. « Elle est chaude ! » Mais j'y replongeai ensuite et fis deux ou trois mouvements de crawl, autant que possible dans un tel bassin : c'était surtout pour me dépenser et me sentir entièrement environné de cette eau brûlante et pleine de remous. Je me tournai sur le dos, relevai la tête à la surface pour inspirer en écartant mes cheveux mouillés de mon visage, puis rejoignis Hélène contre le rebord où des tourbillons de grosses bulles glougloutaient. Je m'accoudai auprès d'elle, renversant la tête contre le rebord et étendant mes jambes le plus loin possible.

Aaah, qu'est-ce qu'on est bien... Et pas de Corayon pour nous mordiller les orteils !

Je remuai les miens en guise de preuve. Les bulles offraient un véritable massage de dos, mon corps était déjà engourdi par la chaleur, Hélène était juste à côté de moi : la définition du bien-être en compagnie de mon ancienne acolyte des après-midis plage. « Il manquerait juste le rayon de soleil pour bronzer et le petit cocktail. » Je soulevai paresseusement une paupière en direction d'Hélène, souriant. Elle était vraiment belle, avec sa peau violette que je voyais de très près à présent, la frôlant presque.


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