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» All Of Me


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Ex-Champion

C-GEAR
Inscrit le : 13/01/2015
Messages : 2528

Région : Johto, Alola & Unys
Lun 9 Juil - 19:20
Matt avait pensé à tout, comme toujours. Le matin avant le discours que je devais prononcer devant le comité et mes collègues il avait fait déménager mes affaires personnelles de ma chambre : mes vêtements, tout mon équipement de dressage, les affaires personnelles ainsi que ma console de jeu à laquelle je tenais. Je laissais la nourriture et le vin en place, ayant laissé un message à Hélène pour lui dire qu'elle pouvait récupérer l'alcool, que je n'en buvais plus. Pas dans mon état, ce serait de l'inconscience pure. Tout cette affaire ressemblait de plus en plus à une fuite pure et simple, j'en avais bien conscience, mais il était désormais trop tard pour faire marche arrière et je le savais, je le savais très bien que si je le voyais de nouveau, en face à face, il ferait tout pour me convaincre de rester... Et mes sentiments me trahiraient de nouveau. Je ne voulais pas lui infliger cela, je ne voulais pas le mettre face à un choix qui, dans tous les cas, ne ferait que me faire souffrir davantage. Je n'avais jamais fuis dans ma vie, j'avais toujours fait face... Mais cette fois était la fois de trop, il était temps de m'éclipser, de faire table rase du passé et d'entamer une nouvelle vie, loin de tout, loin de lui. C'était le seul moyen pour que je puisse un jour l'oublier, pour que mes sentiments s'éloignent lentement... Cela finirait par venir, j'en étais certaine, mais il faudrait encore beaucoup de temps pour que ce soit le cas, ils étaient bien trop forts...

Hélène a ris lorsque je lui ai expliqué les raisons de ma dépression et, si je l'ai mal pris sur le coup, je comprend désormais sa réaction. Si je le pouvais je rirais aussi de moi-même tant je suis ridicule, et mon dernier comportement en tant que maîtresse de la ligue ne fait que le confirmer. Si j'avais eu plus de courage je l'aurais confronté, je lui aurais dit le fond de ma pensée... Au lieu de cela nous sommes partis avec Matt, nous avons rejoins l'extérieur et nous avons pris un taxi, dans la plus grande des discrétion ; hors de question que quelqu'un nous voie ou, pire, prenne des photos de nous. Pas à cet instant précis, alors que j'avais encore les yeux embrumés par les larmes et le regret, que je regardais une dernière fois le QG, doutant d'y revenir un jour. Heureusement notre départ se déroula comme prévu, j'avais confié mon téléphone à Matt pour ne pas le regarder, me doutant qu'il sonnerait, encore et encore, sans que je n'ai le courage de décrocher. Celui-ci compris et le garda avec lui pendant tout notre voyage, qui s'avéra particulièrement long pour rejoindre les îles. Je passais tout le trajet la tête posée contre le hublot, à fixer les océans, lorsque je n'étais pas en train de vomir aux toilettes ; heureusement que nous avions pris un vol discret, réservant une section pour nous deux. Au diable les convenances, je ne voulais surtout pas que l'on puisse nous repérer...

Une fois arrivée dans la région, ce fut plutôt simple de rejoindre le bateau pour m'y installer, mes affaires y étant transportées, alors que Matt se dévouait pour faire de grosses courses, remplissant la réserve de nourriture en tout genre, en grosses quantité pour les aliments ne se périssant quasiment pas... Vu ou nous allions vivre il valait mieux ne pas avoir besoin de faire les courses trop souvent. Il fallait que l'on stocke les denrées et que l'on tente de vivre avec les produits de l'île pour éviter de faire des aller retour trop réguliers avec le bateau, même s'il était confortable de se dire que l'on pouvait s'en servir pour aller récupérer des vivres dans des lieux un peu plus grands et mieux approvisionnés. Je lâche un soupir et fixe la mer, silencieuse, attendant le retour de Matt. Voir toute cette étendue me fait penser à mon vieil ami, rester aux îles écumes... Je l'ai prévenu de ce qu'il se passait, je ne pouvais pas le laisser ainsi, mais le verrais-je de nouveau un jour ? Il m'a prévenu qu'il était le gardien de son océan pour le moment, qu'il ne pouvait pas forcément s'en éloigner... Mais il m'a aussi dit qu'il tenterait de me rejoindre un jour, ne serait-ce que pour quelques temps. Je ne sais pas exactement comment son rôle fonctionne, tout cela semble bien flou pour nous humains, mais je garde l'espoir qu'il puisse venir me voir avant qu'il ne soit trop tard... Après tout, la notion de temps est bien différente pour lui.

Je sors de mes pensées lorsque mon amis revient, les mains chargées par les sacs de course. Je l'aide à tout ranger dans le bateau avant de prendre les commandes et de quitter le port, en direction de Poni. La mer est calme, le trajet se fait sans encombres et, une fois l'île en vue, je cherche les canyons pour pouvoir me repérer, la villa étant cachée derrière ces montagnes... Je la rejoins assez rapidement et je manœuvre la bateau pour qu'il soit correctement ancré au ponton, l'attachant avant de lâcher les commandes pour aller voir la maison, qui m'appelle. J'y ai passé de bons moments ces derniers temps, même s'ils ont été voir, ne pouvant me déplacer que lors de mes semaines de repos... La voir a quelque chose de rassurant, il faut bien l'avouer.

Nous nous y installons tranquillement, remplissant les placards, ramenant les cartons contenant mes effets personnels. Je relâchais mes pokémons de leurs pokéballs sur la plage de sable fin longeant la villa alors que Klein restait à mes côtés, imperturbable ; il était toujours triste, je le voyais bien, mais l'environnement semblait tout de même lui faire du bien. Je regardais un peu mes pokémons s'étirer sur la plage ou entrer dans l'eau pour y nager avant de retourner à l'intérieur, aidant à Matt à ranger ce qu'il restait... Avant de m'asseoir dans le canapé, soudain bien las. Toute cette agitation m'avait aidée à ne pas penser aux sujets qui fâchent, mais maintenant... Tout me revenait de plein fouet.

- Eh bien voilà, c'est fait. Matt s'assit à côté de moi en me regardant, lâchant un soupir.
- C'est fait, oui... Ça me paraît encore... Surréaliste. Je tourne la tête lorsque Matt me tend quelque chose, un petit objet que j'avais oublié. Mon téléphone. Je le fixe avant de le prendre, d'une main tremblante.
- Il va bien falloir que tu le prennes... Il a beaucoup vibré. Il se lève suite à cela et s'éloigne, disparaissant dans la salle de bain.
- Traître.

Mais je sais qu'il a raison, je ne peux pas faire l'autruche toute ma vie. Je sens mon coeur battre douloureusement contre ma poitrine alors que je ne fais que fixer le téléphone dont l'écran est éteint mais, au bout d'une longue minute, je l'allume et vois alors le nombre impressionnant d'appels manqués... De Ruven. L'heure correspond à la fin de la conférence, il a donc cherché à me voir, j'imagine qu'il s'est rendu dans mon appartement... Jamais je n'aurais pu lui faire face, j'en ai la certitude maintenant, alors que mon cœur bat encore plus fort, me fait souffrir. Mon estomac aussi est en train de se retourner et la douleur est lancinante lorsque je réalise qu'il a laissé un message. Je reste immobile pendant de longues minutes, incapable de me prendre en main, de le lire. J'attend que mon cœur se calme, j'essaie de penser à autre chose... En vain, cela me fait bien trop souffrir. J'ai peur d'entendre ses reproches, sa colère, mais il faut que je le fasse... Peut-être que cela me permettra de fermer la porte, de tourner la page. J'enclenche alors la messagerie et glisse le téléphone à mon oreille.

- Liz ! Liz je t'en supplie parle-moi ! Pourquoi refuses-tu de me répondre ? Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi est-ce que tu pars ? Je n'arrive plus à te voir depuis presque trois mois, Matthew me dit de te laisser tranquille et voilà que tu t'en vas sans un mot ! Qu'est-ce que j'ai fait pour que tu m'évites comme ça ? Je t'en prie décroche, je veux juste que tu m'expliques ce qui se passe, je ne veux pas que tu partes comme ça sans savoir pourquoi tu vas si mal, dis-moi au moins si cela a un rapport avec moi ! Je ne comprends plus Liz, il faut que tu me parles... Je t'en prie... Je suis désolé si c'est de ma faute... S'il te plait... Ne me laisse pas com...

Le message coupa brusquement, me laissant dans le silence. Je fixais l'appareil d'un air vide, terriblement touchée par le message et par le désespoir que je pouvais sentir dans sa voix, qui n'était pas feint. J'avais pourtant tout fait pour que notre amitié ne soit plus aussi forte, pour qu'il se détache de moi... Mais cela n'avait pas fonctionné. Je ne sais pas exactement ce qu'il ressent à mon égard mais cela n'a pas fonctionné, et voilà que j'étais la responsable de ce message, de cette détresse.

J'eu le réflexe, au dernier moment, de l'enregistrer.

Je me leva alors et tenta de m'occuper l'esprit comme je le pouvais, rangeant, nettoyant, nourrissant certains de mes compagnons. Il faisait déjà nuit dehors, Matthew m'avait demandé si je voulais me coucher mais j'avais décliné, préférant passer du temps sur la plage, mon téléphone posé sur le sable. Plusieurs heures passèrent alors que mes compagnons m'avaient rejoint, tous touchés par mon état, inquiets. N'y tenant plus je finis par attraper l'appareil alors que mon cœur battait de nouveau douloureusement contre ma poitrine, me meurtrissant à chaque battement. J'avais eu peur de sa colère, de ses reproches, mais il n'y avait eu qu’incompréhension et regrets... Je ne pouvais pas faire cela, je ne pouvais pas ne pas lui répondre, je l'aimais trop pour cela...

Je me mis à pianoter, frénétiquement, sans chercher de cohérence, voulant juste parler, m'exprimer, ne pas le laisser ainsi. J'étais consciente qu'il était plus de quatre heure du matin chez lui mais je ne pouvais plus attendre que la nuit passe.

Ruven... Je suis sincèrement désolée que les choses se soient conclues ainsi. Moi-même j'ai encore un peu de mal à croire que je l'ai fait, mais je ne voyais plus d'autres choix. Je pensais que les choses seraient plus faciles ainsi, qu'en m'éloignant mon départ n'en serait que moins douloureux pour nous tous, mais je me suis trompée. Je me suis retirée du monde mais l'éloignement ne m'a pas libérée de ma douleur... Je ne peux pas te dire pourquoi, je ne veux pas en parler comme cela, par simple message... Mais j'ai faillit, je n'ai pas été à la hauteur, et j'ai du faire un choix, douloureux. J'espère que tu me pardonneras...

Mon cœur battait de plus en plus fort, de plus en plus douloureusement. J'hésitais même à tout supprimer mais, avec un dernier soupçon de vaillance, j'envoyais le message avant de me laisser tomber dans le sable en soupirant. Je l'avais fait.


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