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» « Lord, what fools these mortals be ! »


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Elite 3

C-GEAR
Inscrit le : 20/11/2017
Messages : 112

Lun 2 Juil 2018 - 14:27
J'ouvris les yeux.
Et le monde bascula tout entier autour de moi.

Woooh. Wooooooh. Attendez un instant. Qu'est-ce qu'il venait de se passer ? J'étais allongé dans mon lit, les yeux rivés au plafond, comme de juste lorsque je me réveille – bien que, d'ordinaire, j'aie plutôt les yeux rivé sur mon oreiller ou le mur d'en face car je dors rarement sur le dos, mais je bouge aussi beaucoup en dormant et adopte régulièrement des positions nouvelles donc ce fait, en soi, ne m'aurait pas étonné – et voilà que, soudainement, tout mon champ de vision avait basculé et s'était soulevé. Exactement comme si je m'étais assis... sauf que je n'avais pas eu le sentiment d'esquisser le moindre geste. Non, mon champ de vision s'était redressé de lui-même sans que je n'aie eu la sensation du poids de mon corps encore théoriquement engourdi, du frottement du drap sur ma peau, même du matelas sur lequel je m'appuyais. Rien de tout cela. Et d'ailleurs, je n'avais toujours aucune de ces sensations du tout. Du calme. Je m'étais redressé d'un bond, c'était tout. Un bruit extérieur avait dû me réveiller brusquement, j'avais d'ailleurs entendu un drôle de cliquetis, maintenant que j'y pensais, mais j'avais encore l'esprit particulièrement embrumé, c'était pour cela que je ressentais une impression si étrange. Comme si mon corps avait presque entièrement disparu pour se réduire à ma tête et, vaguement, au haut de mon buste, ainsi qu'à une espèce de bout de bras. C'était vraiment une impression extrêmement étrange. Que s'était-il passé pour que je ressente cela ?

Je baissai les yeux vers mon corps.
Je n'avais plus de corps.
Je n'avais plus de corps.

À l'instant même où je réalisai cela, mon champ de vision bondit de nouveau et je me retrouvai propulsé en hauteur, jusqu'à ce que le sommet de mon crâne vînt frapper le plafond. Aïe ! Je n'eus même pas le temps de m'interroger sur la façon dont ce mouvement m'avait été possible que je redescendis brutalement jusqu'à hauteur de mon matelas, une très longue descente, trop longue et trop rapide et, juste avant que je ne le touche – que ce qui devait être mon menton ne le touche, puisque ce que j'avais connu pendant si longtemps comme mon corps semblait s'être volatilisé – mon champ de vision se mit à remonter tout aussi brutalement, mais – STOP. Je pensai ce mot très fort et en fermant les yeux et après quelques vacillements, les montagnes russes s'arrêtèrent.

Très bien. Bon. Veillant à conserver mon équilibre toujours incertain, je regardai prudemment autour de moi, craignant à-moitié qu'une nouvelle surprise ne survienne sous la forme la plus inattendue possible puisqu'il en était ainsi depuis que je m'étais réveillé ou que mon champ de vision ne se remette à bondir en tous sens sans que je ne parvienne à le stabiliser. Je me trouvais dans ma chambre du quartier général de l'Élite : jusque-là, rien d'anormal. Cela ne faisait pas très longtemps que j'étais en poste, mais je m'étais quand même suffisamment installé pour considérer cette chambre comme la mienne et il ne me semblait pas que quoi que ce soit se fût passé qui eût dû m'étonner quant au fait de me réveiller ce matin dans cette chambre. En revanche, je ne voyais aucun de mes Pokémon : cela, c'était plus surprenant. Tous ne dormaient pas toujours en-dehors de leur pokéball, mais il y en avait certains que je laissais constamment en liberté et normalement, Pops aurait dû dormir là, sur son énorme coussin moelleux, et Calcifer dans sa boîte en carton, ou bien Knock aurait dû me sauter dessus pour saluer mon réveil, en tout cas quelque chose. Mais rien : aucun d'eux n'était présent et l'appartement était anormalement silencieux. Je baissai à nouveau les yeux vers l'endroit où aurait dû se trouver mon corps, car c'était son absence qui me troublait le plus. Ce léger mouvement me fit à nouveau vaciller et je voulus tendre les bras pour retrouver mon équilibre : hou-là. Houuu-là-là. Effectivement, quelque chose se tendit de chaque côté de ce qui devait désormais me servir de buste... mais ce furent deux espèces de tiges gris métallique auxquelles pendaient d'énormes clefs que mon mouvement fit cliqueter les unes contre les autres. « Ah ! » Qu'est-ce que c'était que ça ? J'avais crié à voix haute, et ma voix, a priori, semblait inchangée, mais ce n'était pas sur ce point que je me questionnais pour l'instant. Qu'est-ce que c'étaient que ces tiges grises ? Il m'avait poussé des tentacules ?! J'avais recouvré mon équilibre, mais je n'étais pas plus éclairé pour autant.

Houuuh-là. ...Du calme. Garde ton calme. Il fallait observer les choses méthodiquement. Je n'avais plus mon corps d'humain ; quelque chose l'avait remplacé ; j'étais en train de léviter ; et je me trouvais dans ma chambre, apparemment inchangée par rapport à d'habitude, si ce n'était qu'elle était vide. Voyons... Est-ce que j'étais mort ? L'idée me frappa brusquement comme la résolution évidente de tout ce qu'il m'arrivait d'étrange depuis mon réveil. Mais oui ! Ce devait être cela ! J'étais mort et j'étais devenu une âme : c'était pour cela que je flottais et que j'avais perdu mon corps. Alors, finalement, après tout ce temps, ma mort physique arrivait... Elle en avait mis, du temps. Pourquoi se décidait-elle à sonner maintenant en particulier ? Alors que j'étais entouré, que je me lançais dans un nouveau projet après plusieurs années de réussites... Mais enfin, s'il devait en être ainsi, je l'acceptais.

...Malgré tout, même en admettant que j'étais mort, la situation avait quelque chose de bizarre. Si, vraiment, j'étais une âme, où dont était passé mon corps ? N'aurait-il pas dû se trouver en-dessous de moi, allongé sur mon lit, les muscles et le visage figés comme un corps qu'a quitté le souffle de la vie ? ...Peut-être avais-je déjà quitté le monde des mortels, et me trouvais-je à présent dans l'au-delà que seules les âmes peuvent visiter, un univers dans lequel je devrais désormais demeurer pour l'éternité. Cela expliquerait le vide surprenant de mon appartement – à moins que l'alerte de ma mort n'eût déjà été donnée il y a un moment déjà et que l'on eût vidé ma chambre de mon corps et de ses autres occupants avant que mon âme ne se réveille. Mais alors, c'était donc cela, ce qu'il y avait après la mort ? Un monde identique au nôtre, dans lequel on était condamné à errer, sous forme d'âme, à tout jamais ? Oh là ! Je ne l'espérais pas ! J'avais toujours supposé qu'il n'y avait rien après la mort : nada, le vide, le néant, un grand trou noir. Ou plutôt, j'avais toujours espéré qu'il en fût ainsi. La fin de tout. Alors, une mort à ce point semblable à la vie ? Et pour l'éternité ? Pitié ! Faites que ce ne soit que temporaire !

...À moins que je ne me fusse réincarné ? Cela aurait expliqué l'étrange corps tintant qui m'avait été donné en lieu et place du mien, car je n'étais pas une âme immatérielle comme l'évoquaient les rares textes de théologie que j'avais lus avec attention. Mais non, cela ne se pouvait pas : quand on se réincarnait, on perdait tous les souvenirs de son existence d'avant, non ? Sinon, cela n'avait aucun sens ! ...Un miroir. Il y avait un miroir en pied dans un coin de ma chambre, à moitié caché sous le manteau, le foulard et les autres vêtements que j'avais tendance à suspendre dessus au lieu de les accrocher aux meubles faits pour ça mais qui était quand même suffisamment dégagé pour que l'on puisse se voir dedans. Je décidai d'avancer vers lui sans me poser de questions, et je fus ravi de constater que cela fonctionnait : quand on lévitait sans jambes ni ailes pour vous permettre de vous transporter, il suffisait de vouloir le déplacement, et l'on se déplaçait. Je luttai malgré tout pendant une ou deux secondes pour bien me positionner face à l'étroit encadrement du miroir, frappé au début par l'impression que mon corps ne s'y reflétait pas car je ne trouvais pas le bon angle, mais je parvins enfin à lui faire face : j'allais pouvoir découvrir mon nouveau corps.

...Qu'est-ce que c'était que ça ?



5 niveaux en plus pour moi s'il vous plaît ! ^^

Espèce : Trousselin
Niveau : 10
Talent : Magicien
Attaques : Verrou Enchanté / Charge / Vent Féérique / Étonnement
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Elite 3

C-GEAR
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Lun 2 Juil 2018 - 22:22
« Ah ! ...Aaah ! » Je poussai un double cri en découvrant mon corps, plus horrifié et perplexe qu'effrayé étant donné que j'avais déjà admis m'être changé en une espèce de tête sur tiges de fer volante. Mais ça... Qu'est-ce que c'était que ça ? Je tempérai ma stupeur en identifiant la forme vivante que me renvoyait mon reflet dans le miroir. J'avais déjà vu pareille incongruité créée par la nature en la fin d'une certainement trèèès longue soirée... C'était un Pokémon – un Trousselin. J'étais un Trousselin. Un foutu trousseau de clefs hanté, avec une serrure à la place de la tête, un corps rose bonbon atrophié et des clefs plein les tiges de fer qui me servaient de bras lorsqu'elles se dessoudaient. Et j'étais minuscule : c'était pour cela qu'avec mon équilibre aérien encore vacillant, j'avais eu du mal à me refléter dans le petit encadrement du miroir, dans lequel, cependant, je me voyais à présent en entier alors qu'un être humain n'aurait probablement distingué que la moitié de sa tête et une partie de sa chemise s'il n'avait pas poussé les vêtements suspendus sur le côté.

Un Trousselin. J'étais donc devenu un Pokémon : telle était l'explication des sensations bizarres et nouvelles qui étaient les miennes depuis mon lever ainsi que du petit bruit de tintement qui accompagnait chacun de mes mouvements, provoqué par les clefs que je transportais. Je tentai de remuer ce qui me servait de bras, et l'anneau du trousseau reflété par le miroir se scinda pour se changer en deux tiges qui s'agitèrent suivant les mouvements que j'imaginais : pas de doute, cette petite chose en face de moi qui me regardait était bien mon nouveau corps. ...Mais qu'est-ce que c'était que ce Pokémon ? Je savais que certains coordinateurs ou dresseurs appréciaient les Trousselin et, bien sûr, il fallait reconnaître qu'ils étaient plutôt mignons, mais à part cela...Comment pouvait-on vouloir s'encombrer d'un tel Pokémon ? Un trousseau de clefs ! Un trousseau de clefs hanté ! Ou peut-être pas théoriquement hanté, mais c'était l'impression qu'ils me donnaient, à avoir tout l'air d'un banal objet mais à vivre, léviter et se battre comme si de rien n'était. En plus, ils étaient trop petits pour pouvoir convenablement être utilisés en coordination hormis en cas d'emploi d'une mise en scène spécifique, et leur absence de véritables pattes, ailes ou même queue les rendait inaptes à la plupart des tours que l'on pouvait imaginer pour un spectacle. ...Et puis, pourquoi fallait-il que moi, je me réincarne en Trousselin ? Ce n'était pas possible ! Il devait y avoir une erreur... Les Trousselin étaient des Pokémon de type Acier et Fée, le plus lumineux de tous les types, celui contre lequel les attaques ténèbres étaient peu efficaces ! Bien sûr, je trouvais qu'ils avaient l'air de petits spectres, mais c'étaient les forces d'amour et de lumière qu'ils maîtrisaient ! Cela ne pouvait pas être le Pokémon qui avait été choisi pour moi ! ...À moins qu'il ne s'agît encore d'une piquante ironie de la part des forces qui régissaient notre monde ? Fallait-il donc qu'elles nous poursuivent jusque dans la mort ? Si c'était ainsi que je devais le prendre, cela ne m'aurait, finalement, pas plus étonné que ça, mais...

...Mais il y avait quelque chose qui clochait. D'abord, se réincarner ainsi, en conservant sa conscience d'avant, en réapparaissant là où notre ancien moi vivait et sans aucune explication, c'était vraiment trop étrange. Et puis, comment cela se faisait-il que je n'aie absolument aucun souvenir de ma mort ? Bien sûr, j'avais pu mourir pendant mon sommeil, d'une crise cardiaque ou du cerveau qui déraillait : c'était un type de mort auquel je m'attendais plus ou moins et contre lequel la garde de mes Pokémon n'aurait pu me prémunir. À moins que leur absence ne signifiât que quelqu'un s'était débarrassé d'eux et m'avait attaqué. Mais non, cela n'avait pas de sens, je me serais réveillé, ou il serait resté une trace... Je ne parvenais pas à mettre le doigt sur ce qui clochait particulièrement, mais c'était plutôt que tout clochait partiellement : aucune pièce du puzzle ne s'accordait aux autres. Je réalisai d'ailleurs soudain que si j'avais changé de corps, ma vue et mon ouïe, eux, ne s'étaient pas arrangés : je ne voyais toujours pas le monde véritablement en relief à cause de mon œil gauche qui faisait des siennes et je n'avais pas l'impression d'avoir recouvré l'ouïe de mon oreille du même côté, sans quoi j'aurais probablement été encore plus perdu à mon lever. Pourtant, j'y voyais plus ou moins correctement de mon cher œil droit alors que je ne portais pas mes lunettes et, a priori, pas de lentille. Bizarre. Et je me sentais encore tout engourdi. C'était un peu comme... un peu comme si je rêvais. Comme si je rêvais, mais qu'en même temps, j'étais conscient de tout ce que je faisais. Étrange. Alors, c'était un rêve ?

Je me retournai pour regarder mon lit que j'avais laissé défait, derrière moi. Quand j'avais ouvert les yeux, c'était comme si je me réveillais d'un long songe. Un rêve... cela aurait expliqué bien des choses. Et en même temps, pour un rêve, cela paraissait si réel ! Qu'est-ce que j'avais bien pu faire hier qui provoquât en moi une telle hallucination ? Est-ce que je m'étais encore frotté à un Pokémon Psy ? Je me creusai la tête pour tenter de me souvenir de la façon dont s'était passée la soirée. Hier... C'était le week-end ; Camille était monté à Sinnoh pour me faire un coucou parce qu'il n'avait pas eu trop de travail ces jours-ci. Nous étions sortis, avions longuement discuté, avions mangé en ville, avions encore longuement discuté, étions rentré chez moi, avions bu. Bu et longuement discuté. Une soirée ordinaire de retrouvailles avec Camille, en somme – peut-être seulement un peu poussée. Alors ? L'alcool ? D'accord, j'avais peut-être forcé hier soir, ce n'était pas tous les jours que je faisais de tels excès... Mais enfin, je tenais particulièrement bien l'alcool. Ce n'était pas pour me vanter, cela pouvait même être contraignant, parfois, mais c'était un fait. J'étais bien plus du genre à voir rouler les autres sous la table que l'inverse, et il était extrêmement rare que je me détende au point de ne plus me maîtriser. D'ailleurs, il ne me semblait pas qu'une telle chose fût arrivée hier. Je ne me souvenais plus exactement de la façon dont s'était déroulée l'ensemble de la soirée, c'était vrai, mais... Je me souvenais que nous avions décidé que Camille dormirait ici, et que nous nous étions couchés. Je reconnus la couverture étendue sur le canapé, et il y avait deux verres ainsi qu'une bouteille par terre ; mais pas plus de trace de Camille que de mes Pokémon.

Ç’aurait quand même vraiment été étrange que j'aie hier bu au point que l'alcool provoque en moi un rêve aussi fou et réaliste ; mais enfin, c'était possible. À moins que ce rêve ne fût le fait de ma seule imagination débordante d'artiste ? Je lui trouvais dans tous les cas quelque chose de bizarre... Mais en même temps, la certitude que ce fût un rêve me rassurait un peu. Un rêve était une construction temporaire de l'esprit : je n'aurais donc pas à passer le restant de l'éternité sous une forme de Trousselin ! Encore fallait-il être sûr qu'il s'agît bien de mon rêve, et non pas d'un piège conçu par un Pokémon Psy ou toute autre entité malveillante, mais... pour le moment, je préférais ne pas y penser, et me dire que ce que je vivais n'était que le fruit de ma petite fête avec Camille doublée de l'imagination de mon cerveau parfois un peu abracadabrant. Si ce rêve durait trop, alors, je me reposerais la question. Mais pour le moment...

Autant profiter de ce nouveau corps !



Je ne fais aucune action pour ce tour :)

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C-GEAR
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Ven 6 Juil 2018 - 15:57
Avant toute chose, je devais sortir d'ici.

Je parcourus une nouvelle fois ma chambre des yeux. La porte d'entrée comme la fenêtre étaient fermées, mais puisque j'avais adopté le corps d'un Pokémon volant, je me serais fait une joie de sortir par cette dernière pour explorer le monde de mon rêve – et de façon un peu confortable que suspendu à la Rhinolove de Camille comme il m'était déjà arrivé, une fois, de franchir une fenêtre. Malheureusement, pour des raisons de sécurité propres à la résidence des champions d'une institution aussi renommée que l'Élite, les fenêtres de mon appartement ne fermaient pas seulement par la poignée ordinaire, mais aussi par deux loquets renforcés sur lesquels il fallait tirer avec force tout en appuyant simultanément sur un petit bouton qui les verrouillait, et ce, de chaque côté des battants : un dispositif travaillé... que, bien évidemment, je prenais de mettre en place avant de me coucher – et hier soir n'avait pas échappé à la règle. Dans mon corps d'humain, je savais désormais l'ouvrir en une une faction de secondes à peine : tout comme il était important de veiller à se prémunir contre les possibles infractions de son chez-soi, il fallait également être capable de s'échapper de tout lieu en un claquement de doigts. J'avais également appris à plusieurs de mes Pokémon à le faire, des fois que je me trouverais enfermé à l'extérieur et qu'eux seraient dans la chambre. Mais sous cette forme de Trousselin... c'était une toute autre affaire : je devais mesurer vingt, vingt-cinq centimètres à tout casser, les tiges de fer qui me servaient de bras semblaient aussi fines que des coton-tiges et je n'avais pas l'impression que le métal dans lequel j'étais fait fût très lourd. Jamais je ne parviendrais à soulever un seul de ces loquet !

Je m'approchai en flotillant de la fenêtre, mais ce ne fut que pour confirmer ce que je savais déjà : elle était bien verrouillée, et nul doute que celles de la petite pièce adjacente et de la salle de bain le seraient aussi. Le paysage qui s'étendait devant moi paraissait en tout cas semblable à celui du monde de veille : pour le moment, on ne pouvait pas dire que ce rêve fût très imaginatif... Mais sans doute mon cerveau concentrait-il toutes ses ressources sur l'incroyable impression de réalisme qui se dégageait de tout ce que je vivais. Un rêve lucide, sous la forme d'un Trousselin... quelle idée ! Mais pour le moment, parmi toutes les hypothèses que j'avais échafaudées, c'était tout de même la plus plausible... Attendez. Si je rêvais, je devais pouvoir modeler mon univers, non ? Transformer mon environnement par la seule force de ma pensée, ou bien utiliser des pouvoirs... Tout ce que faisait notre cerveau d'habitude pendant notre sommeil, mais cette fois-ci, puisque j'étais lucide, en le contrôlant ! Et je voulais sortir de cette chambre ? C'était le moment d'essayer. L'important, c'était de se persuader que l'on pouvait le faire, pour que notre conscience logique ne s'y oppose pas ! Je vais traverser cette fenêtre. Une vitre ? Quelle importance ! Je vais traverser tranquillement cette fenêtre pour sortir. Je vais traverser cette fenêtre. Je vais...

SBLONK. Ma nouvelle peau de métal s'était cognée contre la vitre, sans que cela ne me fît bien mal, heureusement. D'accord. Donc, je ne pouvais pas traverser la vitre. ...À quoi cela servait-il de faire un rêve lucide si je ne pouvais pas contrôler ce qui m'arrivait ? Enfin. Si je devais accepter cet univers tel qu'il était, soit : tant pis pour la fenêtre, je sortirais par la porte.

...Alors ça, c'était la meilleure. Non seulement, avant de me coucher, je prenais soin de verrouiller convenablement les fenêtres afin de minimiser les risques d'une intrusion indésirable chez moi... Mais je veillais aussi à fermer de deux tours de clef la porte de mon appartement. Et plutôt que de déposer la clef dans le panier près de l'entrée avec les autres, je la gardais toujours sur moi, accrochée au petit trousseau aux côtés de celle de la boîte aux lettres et de celle de chez Camille à Johto, au cas où j'aie soudain besoin de retourner là-bas. Sauf que, bien entendu, les vêtements et objets que je portais sur moi lorsque je m'étais endormi avaient disparu en même temps que mon corps. Les clefs avec. Voilà donc qu'à cause de ma prudence, je me retrouvais enfermé chez moi. « Rrrah ! »

Je voletai en petits cercles dans un tintement rageur. Enfermé dans ma chambre et dans ce corps sans bras de vingt-cinq centimètres, c'était vraiment stupide ! Je ne pouvais même pas utiliser ma trappe secrète, car elle aussi serait trop lourde à ouvrir. Mais attendez un instant... Tintement. J'effectuai un nouveau petit mouvement brusque, et les clefs qui pendaient en bas de mon corps miniature cliquetèrent. Clefs. J'étais un trousseau de clefs ! Comme je l'avais fait tout à l'heure, je scindai la boucle de métal en deux tiges que je pouvais agiter un peu comme des bras et examinai les objets qui y étaient suspendus. La clef de chez Camille... la clef de ma boîte aux lettres... la clef de mon appartement ! « Hah ! » J'eus un petit éclat de rire tout haut face au ridicule de la situation. Donc, j'étais devenu mon propre trousseau de clefs. Eh bien, au moins, j'avais la solution pour me sortir d'affaire. Les clefs de chez Camille et celle de ma boîte aux lettres ne me seraient sans doute d'aucune utilité. Pourtant... en les observant, je ressentis soudain un violent attachement pour ces petits objets de métal. Comme s'ils étaient la plus grande richesse que j'eusse jamais possédée... comme s'ils étaient une part de moi. Aussitôt, je secouai la tête (ce qui me fit me secouer en totalité). Allons, c'était stupide ! Est-ce que c'était le fait d'être moi-même devenu un trousseau de clefs qui me faisait penser ainsi ? Mon cerveau aurait quand même pu trouver transformation plus heureuse, mais il fallait lui accorder le bénéfice de l'originalité. Restait une quatrième clef, pendue à mon "bras" droit, que je ne parvenais pas à identifier mais qui ne faisait certes pas partie du trousseau qu'humain, je portais sur moi. Une clef-mystère ? Allons bon. Je n'avais plus qu'à découvrir ce qu'elle ouvrait... Et, puisque je pouvais sortir par la porte, j'aurais toutes les occasions de l'essayer.

Je m'attaquai tout d'abord au verrou supérieur, tirant de toutes mes forces sur mes bras-tiges de fer pour le fer tourner et l'ouvrir, avec succès. Ensuite, je glissai tant bien que mal à l'aide de ces mêmes simili-bras la clef de mon appartement, première que je transportais à ma gauche, dans la porte d'entrée. Malgré ma petite taille, je n'eus aucun mal à la tourner dans la serrure et cette seule action me procura un plaisir inattendu : j'avais, en cet instant, presque l'impression d'avoir été un Trousselin toute ma vie. La porte s'ouvrit enfin et je sortis.

Le couloir était vide et silencieux... une solitude qui ne fit qu'attiser ma curiosité. Momentanément, mon désir de retrouver l'extérieur en volant se trouvait remplacé par l'envie d'explorer un peu ces environs immédiats depuis mon nouveau point de vue de Trousselin. Pour le moment, je semblais seul dans mon rêve ; et puisque mon imagination avait décidé que je serais le Pokémon des clefs... J'allais en profiter pour percer des secrets du quartier général !



Tentative d'ouverture d'un coffre.

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