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» Sortie scolaire


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Dresseur Alola

C-GEAR
Inscrit le : 14/01/2018
Messages : 46

Région : Alola
Dim 27 Mai - 13:05
SAMINE ▬ Je ne comprends pas pourquoi tu nous as inscrits à ce truc…

Leo poussa un long soupir, me tapotant la tête. Je n’aime pas quand il fait ça, comme si j’étais idiot. Je ne tarde pas d’ailleurs à dégager son bras, ce qui le fait sourire au passage. Ok donc aujourd’hui, monsieur est d’humeur taquine. Je dois dire que ce n’est pas le meilleur des comportements que j’apprécie chez lui. Quant à savoir de quoi je parle exactement, il s’agit d’une sortie scolaire pour la journée. Allez savoir pourquoi, le lycée nous oblige à faire une activité inter-scolaire, pour avoir une note en respect de la nature ou je ne sais pas trop quoi. C’est un nouveau truc, une note qu’ils ont ajoutée cette année. On est les élèves d’essai, pour voir si ça change vraiment quelque chose –et comment ils vont déterminer l’efficacité, j’en aie fichtrement aucune idée-. Les activités proposées étaient diverses et variées, allant de la visite d’un jardin botanique aux ramassages d’ordures dans un parc… Ou comment utiliser des élèves pour faire le boulot des agents d’entretien. En soi, l’idée ne me dérange pas. En pratique, ça me saoule un peu. Le truc, c’est que ça se fait sur les heures de cours. De ce fait, exit le cours de maths, de langue et d’économie… Trois matières particulièrement détestées par mon colloc’. Ça ne m’étonne pas qu’il ai choisi ce jour…

LEO ▬
Dis-toi que c’est pour apprendre des trucs et que ça nous fait sécher les cours par la même occasion.

Il me sourit, parce qu’il sait que c’est le genre d’argument qui ne fonctionne pas avec moi. J’aurais préféré que ça se fasse sur le temps d’un week-end… Ça aurait été plus logique. Mais là, c’est mes camarades qui n’auraient pas appréciés. Je pense d’ailleurs que personne ne l’aurait fait… A part moi. Clairement, Leo m’aurait laissé en plan dans ce cas-là. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi les élèves désirent à ce point esquiver les cours. Il suffit de voir leur joie quand un prof est absent. Je finis par croire qu’ils s’en fichent totalement de leur avenir, préférant s’amuser plutôt que d’étudier. Je trouve ça con, ou alors c’est moi qui ne suis pas normal. J’imagine que c’est plus le deuxième cas, vu qu’on s’amuse régulièrement à me rappeler que j’agis bizarrement. Bah, je m’en suis formalisé. Puis ce n’était pas comme si je comprenais toujours le comportement des autres…

LEO ▬ Et puis dis-toi que ça va te permettre d’en apprendre plus sur les pokemon.

Cette fois-ci, l’argument fait plus d’effet. J’acquiesce doucement alors que mon regard se pose sur Alira, mon nouveau compagnon. Le chat est roulé en boule à coté de mes pieds, semblant dormir à poings fermés. C’était bizarre à dire, pour un chat d’ailleurs, étant donné qu’ils n’ont pas de poings, mais certes. Ça fait partie des expressions que je ne comprends pas vraiment mais qui m’arrive d’utiliser. Mon regard se pose ensuite sur l’ile de Poni, face à nous. Une voix retentit, nous signalant que le bateau ne va pas tarder à arriver. Sans blague… Une moue se dessine sur mon visage alors que Leo se redresse, s’étirant au passage. Il fait part d’une certaine impatience, contrairement à moi. J’ai fait toutes les recherches nécessaires sur le lieu où nous nous rendons. La SPP, Société Protectrice des Pokemons… Apparemment, ce n’est pas le seul endroit dans notre région, y en a plusieurs. Mais celle de Poni a une bonne réputation, en plus d’accepter l’aide de pauvres lycéens venant de Malié. Je vois pas trop en quoi on va les aider, mais bon…

Mon Flamiaou semble avoir été perturbé par la voix, ouvrant ses yeux tout en s’étirant à son tour. D’une certaine façon, son comportement me fait penser à Leo. Peut-être parce que c’est lui qui me l’a offert pour mon anniversaire, ou alors c’est parce qu’il a fait la même chose quelques secondes plus tôt, soyons logique deux secondes. Le prof vient nous voir, parce que pour valider la note, faut forcément qu’il y ait un adulte avec nous. Il fallait, en plus, que ce se soit M. Call qui nous accompagne. Pff… Il me déteste, ce type. Je crois. Et c’est réciproque. D’ailleurs, il s’adresse plus à mon meilleur ami qu’à moi, nous prévenant qu’on devait se regrouper pour se diriger vers l’établissement. On est une poignée d’élèves, mais on ne doit pas être plus de dix… Neuf exactement. Quand j’observe mes camarades, je me rends compte qu’il n’y a que Leo et moi de notre classe… Y a pas Julie. J’avoue que je suis un peu déçu, mais pas surpris. Ce n’était pas Leo qui m’inscrirait à une sortie avec elle… Je ne saisis toujours pas pourquoi, mais bon. Je pose un instant mon regard sur le bracelet que je garde à mon poignet, un petit sourire se dessinant sur mes lèvres. Ça ne tarde pas avant que j’entende mon meilleur ami soupirer, exaspéré. Il m’attrape par la main pour me faire avancer, me lâchant rapidement lorsque le prof se tourne vers nous. OK… J’ai pas tout compris, mais ce n’est pas grave.

On n’a pas longtemps à marcher avant d’atteindre le refuge. Alira reste à côté de moi, regardant tout autour. Il est curieux, mais il n’aime pas spécialement marcher de ce que j’ai compris jusque-là et il ne tarde pas à m’escalader pour se poser, les deux pattes sur mon épaule. Je sens ses griffes à travers le tissu et j’avoue que je n’apprécie pas vraiment, mais au moins il est léger. M. Call se dirige rapidement vers ce qui ressemble à un accueil, présentant sans doute le groupe pour l’aide de la journée. Moi je m’en fous un peu d’attendre. Mon intérêt se porte plus sur l’un des pensionnaires. Je crois que c’est un Tiboudet. Je n’y connais pas grand-chose, je dois avouer. Si Leo ne m’avait pas dit qu’Alira était un Flamiaou, je ne l’aurais pas su. Bon après j’ai fait quelques recherches pour ne pas être totalement idiot non plus. J’ai pas spécialement remarqué que je me suis éloigné du groupe et que Leo ne m’a pas spécialement suivi, trop occupé à faire son sourire charmeur à un autre élève. Ma curiosité me pousse à m’approcher de l’animal, cherchant à savoir pourquoi il était là. Je devine qu’il a quelques blessures sur le flanc et qu’il n’a pas l’air hyper ravi de me voir m’approcher de lui…



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Dresseur Alola

C-GEAR
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Région : Alola
Dim 17 Juin - 13:35
Heureusement que c'est moi qui vais dans la réserve et pas Maman, elle criserait carrément. Non pas que ce soit spécialement le bazar, objectivement tout se retrouve assez facilement : c'est juste que Maman est un monstre du ménage et qu'elle ne supporte pas quand quelque chose dépasse. Alors ces paquets de croquettes pas classés par type de pokémons, ces boites de bandages qui ont été fourrées en vrac dans une étagère et non alignées pour économiser de la place, ça la rendrait folle. Je suis persuadé que Samira, l'employée à temps plein, estime que tout est propre et à portée de main, mais je connais ma mère et ça ne suffira pas. Si je ne veux pas que les choses dérapent entre elles, je vais être obligé de ranger tout ça quand le groupe scolaire sera parti.
Je prends avec moi la caisse qui contient les paires de gants renforcés et revient à l'accueil où Maman découpe les étiquettes "Stagiaire" qu'elle a imprimées tout à l'heure. Je repère tout de suite qu'elle jette des regards nerveux à la pendule dodrio en face du bureau.

« J'ai cinq paires de gants, je pense que ça sera suffisant. » dis-je en posant la caisse sur une étagère.

« Merci Zack. » Elle déverrouille son téléphone, le consulte deux secondes et pousse un soupir agacé. « Samira ne répond pas. Franchement, tu ne crois pas qu'elle pourrait faire un effort ? Malade ou pas malade tu te débrouilles pour venir un jour pareil ! Comment on va gérer tous ces jeunes à nous deux hein ? Ils vont faire n'importe quoi avec les pensionnaires.

- T'inquiète M'man, il y aura leur prof pour les surveiller. Et puis ça ira sans doute très bien, ça va bien nous aider d'avoir des bras supplémentaires. Te fais pas de bile.
»

Elle me fait vaguement oui de la tête mais je sens que la pilule est dure à avaler. Malheureusement je doute que mes efforts suffisent à la faire passer ; c'est dans la nature de ma mère d'être anxieuse quand tout ne va pas comme elle veut. Je n'imagine même pas dans quel état elle serait si j'avais eu cours aujourd'hui. Moi aussi je suis un peu inquiet de ce groupe qui arrive et qu'il va falloir surveiller attentivement, mais si je le lui montre Maman va vraiment perdre ses moyens.

« Bon, j'vais faire le tour de ce qu'il y a à faire et préparer une liste. On pourra répartir les tâches les moins dangereuses sur la plage horaire où ils seront là.

- D'accord, tu reviens d'ici dix minutes ? Je vais avoir besoin de toi quand ils arriveront.

- OK.
»

Je prends un calepin et un crayon et sors par la porte de service qui permet d'accéder aux enclos. A peine ai-je mis un pied dehors qu'un froissement d'ailes se fait entendre au-dessus de ma tête ; pas besoin de lever la tête pour savoir de qui il s'agit.

« Ça va Mille ? » Le prismillon pose ses pattes sur mon épaule et rabat ses ailes. Il ne pourra pas rester accroché comme ça très longtemps, mais comme d'habitude il me suit partout où je vais dans la SPP. Comme depuis qu'il est pérégrain.

Je commence mon inspection, le plus rapidement possible. L'enclos des types vols a besoin qu'on vienne faire le plein de graines et qu'on vérifie les attelles de ceux qui ont un problème aux ailes. Celui des tiboudets et bourrinos a encore de la nourriture mais il doit être lavé et la paille changée, les pokémons ont laissé des excréments partout – ah, et il faut vérifier l'état de la plaie de celui qu'on a mis en quarantaine d'ailleurs. Je fais le tour des cages, sans trop m'attarder pour ne pas stresser Maman encore plus, et note encore une dizaine de choses à faire. Il s'agit là des tâches de base, celles qui sont nécessaires mais pas les plus importantes selon moi ; si on pouvait vite s'en débarrasser pour pouvoir se concentrer sur le reste, ce serait parfait. Quitte à avoir un groupe d'étudiants en renfort, autant que cela nous serve pour faire des activités à plus forte valeur ajoutée comme imaginer des moyens d'attirer des adoptants à la SPP, concevoir des programmes pour permettre aux pensionnaires les moins domestiqués de retourner à l'état sauvage, partir faire un tour de Poni pour vérifier si aucun pokémon n'a besoin d'être ramené au centre pokémon... Toutes ces choses que Maman voudrait mettre en place mais ne peut pas à cause du nombre toujours plus important de pensionnaires à gérer.

Le tour fini je reprends le chemin de l'accueil en suçant une pastille aux plantes, ma gorge commençant à s'irriter. Arrivé à cinquante mètres, je me rends compte que les lycéens sont arrivés pendant que je faisais mon inspection : ils forment un groupe d'une dizaine de personnes qui attend près de l'accueil et il semblerait que leur prof discute avec ma mère. Elle doit être en panique que tout le monde soit arrivé alors que je n'étais pas là pour l'aider à superviser... J'espère qu'elle arrive à gérer son anxiété devant l'enseignant, sinon comme je la connais elle risque de lui paraître assez mal aimable.
Je suis en train de revenir au semi pas de course quand je repère soudain un élève à l'écart des autres, tout près de l'enclos où on a isolé le tiboudet blessé qui est arrivé il y a deux jours. Il a l'air de vouloir s'approcher encore davantage et je change ma trajectoire pour me diriger droit sur lui.

« Salut, si j'étais toi je n'approcherais pas plus ! » lui lancé-je avec un sourire aimable. Il a de la chance que ce soit moi qui l'ai repéré et pas Maman, elle aurait été bien plus agressive.

J'arrive à sa hauteur alors qu'il s'est arrêté pour se tourner vers moi. Il s'agit d'un garçon à l'air plutôt blasé mais pas insolent, avec un flamiaou perché sur l'épaule et des lunettes d'aviateur très chouettes dans les cheveux.

« Ce tiboudet vient tout juste d'arriver ici, il est complètement sauvage. » expliqué-je calmement. « Comme tu le vois il est blessé aux flancs, on pense qu'il s'est fait attaquer par des lougarocs dans la montagne. Vu qu'il n'a pas l'habitude des humains et qu'il est stressé par sa blessure, il risque de paniquer et de te mordre si tu t'approches trop. » Je jette un regard vers ma mère. Elle parle encore avec le prof, j'ai deux minutes avant qu'elle ne m'appelle à l'aide. « Ton flamiaou a l'air super jeune, t'es un nouveau dresseur ? Si oui t'as bien fait de choisir de nous aider, ça va t'apprendre plein de trucs. A te méfier d'un pokémon blessé par exemple, c'est un bon début. »


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Dresseur Alola

C-GEAR
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Ven 22 Juin - 16:09
Je ne suis pas spécialement curieux de nature. Y a tellement de trucs dans mon entourage qui m’interpellent mais que je suis incapable d’expliquer… Et puis même quand on m’explique, je ne comprends pas toujours tout. J’ai l’impression d’être con dans ce genre de situation alors j’évite de poser des questions, pour ne pas me sentir idiot. Ce n’est pas spécialement agréable, comme sensation. Je me demande pourquoi ce pokemon est là, pourquoi il est blessé. Je me demande si c’est dû à l’être humain, ou s’il s’est blessé ailleurs… Ou peut-être qu’il a été attaqué par une autre créature. Je lance un regard à Alira qui ne réagit pas vraiment, lâchant un énième bâillement. Apparemment, lui non plus n’est pas très curieux. Là-dessus, on se ressemble. Pour autant, il y a un je-ne-sais-quoi qui m’attire vers l’animal, malgré le regard noir qu’il me lance. Je ne sais pas interpréter les réactions physiques et je confonds souvent l’hostilité avec de l’indifférence. Il parait que c’est simple à faire pourtant, la différence. Je ne suis pas d’accord.

Pour autant, je me stoppe dans mon avancée quand j’entends une voix derrière moi. Je me retourne pour faire face à ce nouveau venu qui affiche un sourire bienveillant, sans doute. Quant à moi, je fronce plutôt les sourcils. Je sens que je vais encore dire un truc que je ne devrais pas mais…

SAMINE ▬ T’es pas moi. Tu ne peux pas être moi.

Le fait d’être tutoyer ne me dérange pas et je ne me gêne pas pour faire pareil. Je sais que normalement, le vouvoiement est de mise, surtout quand on s’adresse à quelqu’un qu’on ne connait pas et qui est plus âgé que soi. Je sais tout ça mais… C’est juste trop chiant. Ce n’est pas naturel, comme façon de parler. Surtout que je suis quasi-sûr d’avoir parlé trop vite et que ma réponse n’a pas de sens. Et pourtant, c’est le cas. Je pense être face à une façon de parler que je n’arrive pas à saisir. Mais, au moins, je me suis arrêté dans ma marche. Alira se redresse un peu, observant avec moi le jeune homme qui s’adresse à moi. Il a des cheveux bleus. Ça m’étonne, comme couleur. Ce n’est pas très commode, mais je me passe de commentaires, surtout qu’il est en train de me parler de la créature. J’acquiesce doucement, assimilant avec difficulté les informations qui me sont données. Ce que je retiens ? Ne pas approcher, entre autres.

SAMINE ▬ On le stresse alors, si on reste ici à le regarder ?

Ce gars m’a dit que le Tiboudet est stressé par la présence humaine alors… Ça me parait sensé de me reculer, ce que je fais. Je recule d’un pas, mais je continue à regarder le cheval, toujours intrigué par sa carrure. En ville, je n’ai pas vraiment l’occasion de rencontrer ce genre d’animal et je dois avouer que c’est un peu triste. On m’a raconté que notre région était emplie de pleins de pokemon et d’animaux différents et je pensais qu’on se foutait de moi, étant donné qu’à Malié, il n’y a pas autant de bêtes… Mais en même temps, la ville, ce n’était surement pas le meilleur endroit pour eux. Alira ne s’en formalise pas spécialement parce que c’est un chat mais les autres espèces… Hum. Je sors de ma réflexion à la suite de la conversation, tournant mon regard vers le type. Je fronce à nouveau les sourcils, penchant la tête sur le côté en vue de mon incompréhension.

SAMINE ▬ Je ne sais pas si Alira est jeune. Tu vois ça comment ?

Je lance un regard vers le chat qui ferme les yeux de paresse. Il n’a pas l’intention de bouger et je crois qu’il comprend parfaitement qu’on parle de lui, mais il s’en fiche pas mal. Je disais quoi avant ? Que je n’étais pas curieux de nature, hein ? Et ben pourtant j’ai l’impression qu’il y a quelque chose qui me pousse à vouloir davantage sur les créatures qui nous entourent, bien plus que pour les humains. Peut-être… Peut-être parce qu’ils ne peuvent pas se moquer de moi, si je ne les comprends pas, tout comme je ne peux me moquer d’eux.

SAMINE ▬ On est forcément dresseur quand on a un pokemon ? Parce que… Parce que Leo m’a offert Alira pour mon anniversaire, c’est tout. Il ne m’a pas dit que ça faisait de moi un dresseur. Et j'ai pas choisi de venir, c'est obligatoire. C'est Leo qui m'a forcé, pour nous faire sécher les cours. Je trouve ça con. Ça aurait été plus intelligent de le faire sur notre temps libre.

Au moins ça, c'est dit. Je me retourne, cherchant des yeux mon meilleur ami. Je repère aisément sa tignasse blonde, alors qu’il est occupé à discuter maintenant avec le mec à qui il faisait les yeux doux auparavant. Il ne perd pas son temps, lui…



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Dresseur Alola

C-GEAR
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Région : Alola
Mer 11 Juil - 13:55
« T’es pas moi. Tu ne peux pas être moi. »

D’abord, je ne comprends vraiment pas pourquoi il me dit ça. Il a un problème ? Ça n’a pas de sens ce qu’il dit, sauf s’il est dans un trip bizarre auquel cas je ne vais pas trop rester près de lui… Puis je me repasse le fil de ce que je viens de dire. OK, ce doit plutôt être une tentative d’humour un peu chelou. C’était d’autant moins évident que le jeune homme n’a pas un sourire en balançant sa vanne, juste les sourcils froncés. Je vais faire comme si je n’avais pas entendu…
Arrivé à sa hauteur, je lui explique pourquoi il n’est pas prudent qu’il s’approche trop près du tiboudet. Même s’il ne semble pas suivre tout de mon discours, il capte au moins l’information essentielle et fait un pas en arrière.

« On le stresse alors, si on reste ici à le regarder ?

- Si tu restes assez loin, je pense que ça va. Le tout c’est qu’il n’ait pas l’impression que tu vas le toucher.
»

Lui se perd dans la contemplation du cheval et moi je vérifie si ma mère a besoin de moi. Pour l’instant ça a l’air d’aller, elle gère. De toute façon je lui fais confiance pour crier après moi quand il faudra.
Du coup, plutôt que de retourner tout de suite à l’accueil je jette un coup d’œil au flamiaou que le garçon a sur l’épaule. Peut-être que c’est un simple pokémon de compagnie, mais comme il s’agit d’un flamiaou je penche plutôt pour la théorie du dresseur très débutant. Je trouve que c’est une très bonne chose qu’il ait choisi de venir ici avec sa classe, la SPP c’est l’une des meilleures écoles pour apprendre vraiment à s’occuper d’un pokémon et prendre conscience de sa responsabilité envers lui. Comme j’ai pas de problème pour discuter avec les gens que je ne connais pas, je me lance et lui fais la remarque. Sa première réaction est de froncer les sourcils à nouveau.

« Je ne sais pas si Alira est jeune. Tu vois ça comment ? »

Il ne connait pas l’âge de son pokémon ? C’est pas courant pour un premier. Soit on le lui a donné soit il l’a trouvé quelque part, je ne vois que ça.

« A sa taille déjà, il est plutôt petit. En plus ses griffes sont pas très épaisses, elles doivent être encore un peu molles. C’est soit parce qu’il est jeune, soit parce qu’il n’a pas encore eu trop l’occasion de les faire, ou les deux.

- On est forcément dresseur quand on a un pokemon ? Parce que… Parce que Leo m’a offert Alira pour mon anniversaire, c’est tout. Il ne m’a pas dit que ça faisait de moi un dresseur. Et j'ai pas choisi de venir, c'est obligatoire. C'est Leo qui m'a forcé, pour nous faire sécher les cours. Je trouve ça con. Ça aurait été plus intelligent de le faire sur notre temps libre.
»

Je hausse les sourcils. J’arrive pas à savoir s’il se montre désagréable ou juste beaucoup trop franc. Il n’a pas du tout un ton agacé ou mal aimable, il est juste… neutre. C’est assez déstabilisant honnêtement. Je suis son regard alors qu’il se tourne vers ses camarades ; à priori, il observe un jeune homme. Le dénommé Leo sûrement.

« Si tu ne fais pas combattre ton flamiaou, t’es pas un dresseur non. » dis-je avant de me racler la gorge. Tss, je ne sais pas ce qu’il y a dans l’air aujourd’hui mais je sens qu’elle fait des siennes. « Désolé, si j’ai dit ça c’est parce que j’étais parti du principe que tu avais reçu ce pokémon d’un professeur, on donne souvent des flamiaous aux dresseurs débutants. Mais je crois comprendre que le tien est plutôt un pokémon de compagnie. »

Ça expliquerait totalement son air endormi en plus. Les pokémons qui ne combattent pas sont souvent plus inactifs.

« Et OK, on ne nous avait pas dit que vous étiez obligés. Dommage. J’espère que ça t’intéressera quand même et que tes camarades n’ont pas juste en tête de sécher les cours, sinon ça va être vite pénible... » Ah, ma mère me fait un signe insistant pour que je vienne. « On va y aller je crois. »

Je lui adresse un dernier sourire amical avant de rejoindre les deux adultes à l’accueil.

« Mon fils Zack. » me présente ma mère, sans sourire. « Il va prendre quelques-uns des élèves en charge, il est aussi compétent que n’importe quel salarié de la SPP.

- Bonjour.
»

Je serre la main du prof en souriant aimablement, même si j’ai bien remarqué que ma couleur de cheveux le laisse perplexe. J’ai l’habitude, je ne m’en formalise pas. Nous débriefons rapidement sur le programme de la journée : d’abord une visite un peu chiante de la SPP afin d’expliquer à quoi servent les différentes pièces, les outils qu’on utilise et comment sont organisés les enclos. Puis Maman et moi prendrons des groupes séparés pour faire les tâches que j’ai eu l’occasion de lister tout à l’heure. Après manger, si on a été assez rapides, on pense faire trois groupes de travail distincts selon ce qui intéressent les élèves ; pour ma part, je prends les plus aventuriers pour un tour de l’île afin de repérer les pokémons en difficulté. Je suis le seul à faire ça de manière régulière. Ma mère et Samira n’ont vraiment pas le temps avec tout ce qu’il y a faire sur place, alors que pourtant je trouve que c’est une tâche essentielle. Le nombre de personnes qui profitent d’un séjour sur Poni pour y abandonner un pokémon en pleine nature, là où elles pensent qu’on ne les prendra pas sur le fait… Je devrais compter le nombre de pokémons complètement perdus voire blessés que je retrouve par an tiens. Et encore, ce serait sans compter ceux que je n’ai pas la chance de repérer.

Maintenant que tout est clair, ma mère et moi nous approchons des lycéens afin d’entamer la visite. En tant que directrice Maman a tenu à la mener elle-même, mais contrairement à moi elle n’est pas sociable et ça se voit. Je me tiens près d’elle, un peu sur le côté, afin de constituer une présence rassurante.

« Bienvenue à la cellule de Poni de la Société Protectrice des Pokémons. Je suis Madame Rivaldi, la directrice, et voici mon fils Zack qui est bénévole ici depuis des années. » Je fais un léger signe de salutations de la main. « Avant de vous faire faire un tour des lieux, sachez que nous accueillons ici des êtres vivants pour la plupart traumatisés et qu’il y a donc des règles à respecter. On ne court pas, on ne crie pas, on se tient à une longueur de bras des enclos, on n’essaie pas de toucher les pokémons sans autorisation, on ne leur envoie pas de la nourriture. Si vous avez des pokémons sur vous, » elle jette un regard appuyé vers le jeune garçon avec qui j’ai parlé il y a quelques minutes « vous ne les laissez s’éloigner de vous sous aucun prétexte. Aussi, quand tout à l’heure on vous donnera le matériel de sécurité, vous aurez l’obligation de le porter correctement et de ne pas l’enlever. Je n’hésiterai pas à vous virer s’il y a le moindre débordement. »

Elle balance tout ça sans le moindre sourire. D’ailleurs, elle a même son air autoritaire qui me faisait trembler quand j’étais petit. Quel dommage que son attitude la fasse passer pour une mégère alors que je sais à quel point elle peut être une femme généreuse.

« Maintenant, suivez-moi de près. On va aller faire le tour des enclos pour commencer, cela vous permettra de vous rendre compte du nombre et de la diversité de nos pensionnaires. »

Elle me lance un petit regard de commandant et je hoche la tête, comprenant très bien ce qu’elle me demande. Alors qu’elle prend la tête du groupe, je me laisse dépasser afin de me retrouver à l’arrière. De là je peux rabattre ceux qui essaieraient de rester à la traîne ou de partir tout seul et c’est précisément ce que ma mère attend de moi. Même si bien sûr je vais faire en sorte de bien faire mon boulot, je voudrais en profiter aussi pour avoir l’air plus abordable qu’elle afin que les élèves n’hésitent pas à me poser les questions qu’ils n’oseraient pas lui poser. Je n’ai pas envie qu’ils se sentent oppressés par sa rigidité.


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Dresseur Alola

C-GEAR
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Mer 18 Juil - 11:16
L’humour, c’est un principe que je ne maitrise mal, voire pas du tout. J’arrive plus ou moins à le comprendre, surtout quand ça vient de Leo. Mais quand il s’agit de faire moi-même des blagues… Ce n’est pas évident, du tout. Et quand je le fais c’est souvent complètement contre ma volonté, comme à cet instant. Je constate que ma réponse laisse mon interlocuteur plutôt sceptique et qu’il m’observe un peu plus longuement, choisissant finalement de faire comme si je n’avais rien dit. Je ne dis rien, parce que c’est la réaction que j’ai le plus souvent, quand on ne comprend pas un truc que je dis. Je ne me vois pas expliquer le pourquoi du comment, surtout que pour moi, c’est logique. Je crois comprendre qu’il s’agissait d’une expression que j’ai encore prise au premier degré. Bah, ce n’était pas comme si c’était la première fois que ça m’arrivait.

Mon attention se reporte rapidement sur le Tiboudet et j’écoute le jeune homme, effectuant un pas en arrière. Je ne désire agacer l’animal, d’autant plus que j’ai tendance à me méfier de ses sabots. Il m’arrive de manquer de vigilance face à un potentiel danger, j’ai donc plus ou moins appris à me montrer prudent dans ce genre de situation. Enfin, à partir du moment où j’ai compris qu’il y avait un danger dans les environs, ce qui n’est pas toujours évident, je dois l’avouer. J’acquiesce à la suite, me répétant plusieurs fois pour retenir qu’il ne fallait pas que je touche le cheval, même si aucune mauvaise intention ne m’anime. Je sais, pour en avoir parlé avec Leo, que je suis perturbant dans mes gestes étant donné que mon visage impassible ne permet pas de comprendre mes intentions… Mais je ne sais pas vraiment comment je suis sensé faire pour afficher mes pensées. Il y a des gens chez qui, apparemment, on peut lire comme dans un livre ouvert… Je ne fais clairement pas parti de ses gens-là.

L’autre me parle ensuite d’Alira, toujours tranquillement posé sur mon épaule. Il n’a pas l’air de comprendre qu’on parle de lui. Peut-être qu’il est aussi perdu dans ce monde que moi, ça expliquerait qu’il ne cherche pas à me griffer, pas comme il le fait avec mon meilleur ami. En tous les cas, je cherche à savoir comment on peut estimer l’âge de mon Flamiaou. J’écoute avec attention ses mots, tentant de regarder le félin. Petit ? Etant donné qu’il est le premier de son espace que je vois, je ne pourrais pas le dire alors je vais faire confiance à cet homme. Par contre pour les griffes, j’ai tendance à vérifier par moi-même et il a relativement raison, en fait. Je ne le dis pas, mais je suis quand même impressionné par cette facilité avec laquelle il a déduit le jeune âge d’Alira. Ou alors c’est moi qui ne suis un peu trop nul au niveau pokemon pour m’en rendre compte. Après tout, je ne suis pas issue de ce monde et le chat est la première créature que j’adopte donc… J’ai encore beaucoup de choses à apprendre, c’est certain.

Je me montre particulièrement curieux, concernant Alira. Cet homme semble s’y connaitre un minimum alors j’essaie d’en apprendre davantage. Je sais qu’habituellement, on fait combattre ses pokemon contre des créatures sauvages. Mais… Est-ce que je suis obligé de dire que je ne saisis pas le principe ? En ce qui concerne mon Flamiaou en tous les cas, depuis que je l’ai eu, il n’a absolument pas agi de manière agressive. Il ne m’a pas fait comprendre qu’il voulait se battre, il a même d’ailleurs plutôt tendance à s’isoler pour dormir. Il mange quand il veut, il sort pour s’occuper. Il fait sa vie, quoi. Alors peut-être qu’il se bat avec les matous de notre rue… Ça ne m’étonnerait pas. Il ne réclame pas spécialement ma présence non plus, mais aux bruits qu’il fait quand je le caresse, je comprends qu’il aime plutôt ça. Il a tendance à me coller quand je le brosse –pour que son poil reste soyeux, c’est efficace-. Bref. L’homme m’explique que si je ne combats pas, ça veut dire que je ne suis pas un dresseur et que si j’avais eu Alira d’un professeur, je l’aurais sans doute été. Mon visage est marqué par la concentration qu’il me faut pour assimiler les paroles.

SAMINE ▬ Je crois bien que c’est pour ça que Leo me l’a offert… Même si non en fait, je ne sais pas pourquoi il me l’a offert. Il m’a juste dit qu’on se ressemble, Alira et moi et ça le faisait marrer.

Le concerné finit par enfin redressé la tête, ouvrant ses yeux endormis. Il me lance un regard, avant de miauler doucement et de venir me lécher le visage. Je suis plutôt surpris par son comportement, mais j’ai tendance à le laisser faire. J’ai déjà des difficultés à interpréter le comportement humain, alors le comportement des pokemon… Je préfère laisser tomber, pour le moment.

SAMINE ▬ Moi je serais venu sur le temps du week-end, je ne voulais pas sécher les cours.

Trop honnête, peut-être. Une légère moue se dessine sur mon visage alors que je fourre mes mains dans mes poches. Je dois avoir une expression plutôt boudeuse, démontrant mon regret de ne pas être en cours ce jour. Pour autant, je ne trouve pas qu’être ici soit une mauvaise chose, loin de là. J’aurais juste préféré que ce soit sur le temps libre, encore une fois. En tous les cas, l’homme finit par lui fausser compagnie, signalant que la journée allait réellement débutée. Alors qu’il rejoint la dame de l’accueil ainsi que notre prof, je me redirige vers les élèves et je vois Leo faire un clin d’œil au type de tout à l’heure, venant se placer ensuite à côté de moi. Il a un sourire malicieux sur son visage et il vient murmurer à mon oreille.

LEO ▬ Alors Sami, on drague aussi ?

Sa remarque le fait rire, moi je me contente de hausser un sourcil. Je ne vois pas où il veut en venir et il le comprend bien en avisant mon faciès, ce qui le fait sourire d’autant plus. D’ailleurs, je me renfrogne un peu puisqu’il m’a appelé Sami… Mon prénom, c’est Samine. Pas Sam et encore moins Sami. Il le sait très bien, pourtant, ça ne l’empêche pas de le dire ainsi, pour m’embêter. Il se rend bien compte que ça a fonctionné et il est plutôt fier de lui. Pendant qu’il est occupé à rire, le laisse échapper un soupir. S’il est de cette humeur de toute la journée, je vais finir par lui fausser compagnie, à un moment ou un autre. De toute manière, je sais qu’il va m’abandonner pour continuer à draguer le mec de tout à l’heure. J’espère sincèrement que ce soir, je n’aurais pas à utiliser mon casque anti-bruit… J’aimerai être tranquille à l’appart, étant donné qu’on a cours en plus le lendemain. En attendant, les adultes discutent et je peux constater que M. Call a eu un regard bizarre quand l’homme de tout à l’heure s’est approché d’eux. J’aurais bien demandé son avis à mon meilleur ami, mais le prof et les responsables de l’établissement s’approchent de nous. Je sens bien qu’il est préférable de ne pas interrompre cette femme quand elle parle alors j’écoute, affichant cet air neutre qui me caractérise si bien.

J’apprends donc que le type qui m’a parlé, tout à l’heure, est le fils de la directrice et qu’il s’appelle Zack. Au moins, ça explique pourquoi il sait autant de trucs sur les pokemon, bien que j’en aie appris qu’une infime partie. J’écoute attentivement ce que la femme dit, ignorant les deux élèves à côté de moi qui chuchotent entre eux. Il semble me lancer un regard en coin avant de pouffer de rire. Je vois Leo leur lancer un regard noir avant de lever les yeux vers le ciel, lâchant un petit soupir. J’arque un sourcil, ne saisissant pas le problème et je comprends que la directrice s’adresse à moi, lorsqu’elle mentionne les pokemon qui les accompagnaient. Je lance un regard à Alira qui baille comme seule réponse. Je pense… Je pense qu’il ne sera pas trop difficile à maitriser, ni qu’il ne créera pas de problème. J’acquiesce doucement, faisant signe que j’ai compris –pour une fois !-. A aucun moment en tous les cas, je ne suis troublé par le ton employé par la dame. C’était clair, concis. C’était parfait en somme pour moi. J’ai compris tout ce qu’il y avait à comprendre. Si seulement tout le monde pouvait s’exprimer comme elle, je n’aurais pas tant de difficulté à suivre les conversations.

ELEVE LAMBDA ▬ Nous aussi, on a notre lot d’êtres vivants traumatisés. Handicapé même, plutôt.

Cette fois-ci, j’entends parfaitement les mots et je vois le regard tourné vers moi, tandis que sa camarade ricane à son tour. Je fronce les sourcils et je sens Leo se crisper à côté de moi.

LEO ▬ Ferme ta gueule toi et occupe-toi de ton cul.

Nul doute que Zack avait entendu le langage fleuri de mon meilleur ami, étant donné qu’il était en train de se placer derrière le groupe – il avait peut-être aussi entendu les premiers mots de l’élève-. M. Call en revanche a suivi la directrice et il ne semble pas s’être rendu compte que le ton montait un peu au sein du groupe, bien que je ne saisisse pas totalement la colère sourde qui anime Leo. J’ai bien compris qu’on m’insultait, mais… Mais ce n’était pas la première, ni la dernière fois que ça m’arrivait. Et puis je ne me sens pas forcément mal, vis-à-vis de tout ça. Les deux adolescents se toisèrent pendant quelques secondes, avec moi au milieu. Ce n’est pas le tout mais s’ils continuaient comme ça, ils allaient vraiment se faire remarquer et se faire punir. D’autant plus que moi, la visite, ça m’intéresse. Du coup, j’ignore l’autre élève et son ami et j’ai plus tendance à attraper le poignet de Leo pour qu’on avance.

ELEVE LAMBDA ▬
Sale PD.
LEO ▬ Répète un peu pour voir ?!

Mon meilleur ami a déjà fait volte-face, se dégageant de ma poigne, prêt à se jeter sur l’autre type. Plus par reflexe qu’autre chose, j’ai tendance à me mettre devant lui pour l’empêcher de faire une connerie. J’ai pas spécialement envie de finir en retenu à cause d’une dispute absurde dont je ne saisis pas le sens. Je ne vois pas pourquoi Leo s’énerve autant, mais j’imagine que c’est à cause des mots utilisés. Je sais qu’il déteste être insulté –sans doute comme la majorité des gens- et qu’il déteste qu’on m’insulte, sans doute parce que je ne suis pas capable d’interpréter la portée des mots à mon intention.

SAMINE ▬ Laisse-le parler et calme-toi, tu veux ? Les autres sont déjà en train de partir.
ELEVE LAMBDA ▬ Tu devrais écouter ton pote l’autiste.

Autiste. C’est une maladie qu’on me donne souvent. L’appellation ne me dérange pas puisque c’est un comportement qui, au final, se rapproche assez du mien. Pour autant, je vois bien que ça continue d’agacer Leo ce qui me force à attraper ses deux poignets cette fois pour qu’il ne fasse pas de bêtises. Il a déjà défoncé une fois la gueule d’un type qui lui avait mal parlé, ça s’était soldé par un renvoi temporaire d’une semaine… Et un avertissement, au cas où cela se reproduirait. J’ai pas envie que mon meilleur ami se fasse virer du bahut, surtout à cause d’un autre gars imbécile dont je ne connais même pas le nom. A vrai dire, je m’en fiche. Face au fait que j’empêche le blond à agir –je sais qu’il meurt d’envie d’abattre son poing dans la gueule de l’élève-, ce dernier affiche un sourire satisfait avant de se mettre en route, rejoignant le groupe devant. J’ai du mal à évaluer l’expression de la fille qui l’accompagne, sans doute sa petite amie. Elle ne donne pas l’impression d’avoir aimé l’échange pour autant, bien qu’elle s’est tut tout du long. Je finis donc par lâcher Leo qui peste, serrant les poings.

LEO ▬ Un jour, faudra que t’arrêtes de laisser les autres t’insulter, Sam.
SAMINE ▬ Samine.

Je vois un brin de surprise se dessiner dans le regard de mon ami et il finit par laisser échapper un soupir. Il voit bien que je bloque plus sur cette abréviation que sur le conseil qui me donne et je crois que ça l’énerve un peu. Mais j’ai plus l’impression qu’il s’en veut à lui plus qu’autre chose. Il finit par m’ébouriffer les cheveux, geste affectif qu’il a souvent à mon égard avant de se mettre en marche, fourrant ses mains dans ses poches. En attendant, il y a toujours Zack derrière nous qui a assisté à toute la scène et j’ai tendance à me tourner vers lui, bien que je n’aie aucune idée de ce qu’il faut dire dans ce genre de situation.

SAMINE ▬ Euh… Désolé ?

Peut-être un truc du genre.



Je parle en #3333ff
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Dresseur Alola

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Mer 1 Aoû - 18:19
« ...a notre lot d’êtres vivants traumatisés. Handicapé même, plutôt. »

C'est ce que je capte alors que j'arrive à la queue du groupe. Je ne sais pas de quoi parle ce gars mais quelque chose me dit que c'est une vacherie : il a la tête du petit con provocateur. Est-ce que c'est de ma mère dont il se moque ? Non, je ne crois pas, ce n'est pas elle qu'il regarde. Il semble plutôt fixer le jeune homme avec lequel j'ai parlé tout à l'heure, celui avec le flamiaou. Cette intuition est confirmée par la réaction de l'ami qui l'accompagne, plutôt virulente. C'est un peu bizarre, j'ai l'impression qu'ils ont tout à fait conscience que je suis là et que je les entends, mais ils s'en foutent. Ils sont là à se regarder comme s'ils allaient se sauter à la gorge et ça ne me plait franchement pas.

« Les gars, on avan...

- Sale PD.

- Woh !
»

Ça a escaladé super vite. Franchement je suis un peu sonné pour le coup. Non seulement c'est très violent mais en plus je ne sais pas comment je suis censé réagir. Je ne suis pas un éducateur, ni leur prof, et j'ai à peine la crédibilité d'un adulte. Est-ce que je suis censé les rabrouer ? M'interposer pour calmer le blond qui semble prêt à en venir aux mains ? Pour cette dernière partie c'est son ami qui s'en occupe. Lui ne semble pas spécialement affecté par l'agressivité verbale des deux autres, à croire qu'il s'en fout. J'en sais rien en fait, il a le même air indéchiffrable que tout à l'heure, et ce alors même que les autres l'insultent à nouveau. Moi par contre ça commence à me gaver qu'ils fassent ça sous mon nez.

« Ça va là, on va se calmer ? » grondé-je en direction des deux abrutis de service.

Je pense que mon intervention n'y est pour rien mais ils se décident finalement à lâcher leurs cibles et à rattraper le groupe, qui a commencé à s'éloigner sans nous. Je laisse le garçon au flamiaou (qui s'appelle Samine, apparemment) calmer son pote et celui-ci ne tarde pas à reprendre la marche. L'adolescent me jette un regard. C'est assez gênant comme situation, et bizarrement alors même qu'il s'est fait insulter devant moi je crois que c'est moi le plus embarrassé des deux.

« Euh… Désolé ? » dit-il finalement.

« C'est moi qui suis désolé. » répliqué-je en passant une main dans mes cheveux. « Désolé que tes camarades de classe soient cons. »

Je sais, je ne suis pas censé dire ça. En tant qu'encadrant je devrais rester impartial je suppose, mais après cette scène je ne peux juste pas. Entendre un garçon presque majeur considérer qu'être gay ou handicapé est une insulte, je trouve ça lamentable. Je pensais franchement que ma génération était ouverte d'esprit et avait dépassé ces préjugés à la con, mais faut croire que non. Et puis en plus je m'en fiche un peu de rester policé : j'ai pas de compte à leur rendre et j'ai à peine cinq ans de plus qu'eux, donc je peux me permettre.

« Et entre nous, ton pote t'aide pas vraiment en s'énervant comme il fait, il leur donne encore plus de raisons de t'emmerder. Ils avaient l'air beaucoup trop heureux quand il a voulu les frapper. » Je n'ai jamais été la cible de moqueries aussi violentes, mais clairement avoir les cheveux bleus et des piercings ne m'a pas apporté que des compliments au lycée. Comme Samine j'ai toujours laissé couler et je sais d'expérience que tout ça ça finit par passer. « Bref, je te suis. »

Nous rattrapons le reste du groupe qui n'a pas beaucoup avancé, heureusement. Ma mère est devant, jetant des regards furtifs vers les adolescents pour vérifier qu'aucun ne fait une connerie alors qu'ils entrent dans la zone des enclos. On dirait une rapasdepic qui garde son nid.

« Nous avons au total une trentaine d'enclos. C'est très insuffisant pour gérer la quantité de pokémons qu'on dépose chez nous ou que nous trouvons dans la nature, nous sommes donc obligés de regrouper plusieurs pokémons dans un même habitat. Ce qui, avec des pokémons de différentes espèces, tailles, types, caractères et j'en passe, devient vite un vrai casse-tête. » Elle s'arrête devant la cage aux oiseaux, comme on l’appelle. « Ici par exemple, nous avons regroupé tous les pokémons de type vol qui n’ont pas d’instinct de prédation les uns envers les autres. Ils se nourrissent tous de poissons ou d’insectes et tolèrent la présence de congénères. »

Elle laisse un peu de temps aux lycéens pour regarder à l’intérieur. Cet enclos c’est mon préféré : il abrite une dizaine de pokémons vols, parmi lesquels des piclairons, un vostourno, un békipan et un étourmi. J’ai toujours été attiré par les pokémons volants, je les trouve très intéressants. C’est pour ça que j’ai tant tenu à soigner Belladone moi-même quand j’avais huit ans, je voulais m’en faire une amie et j’espérais quelque part qu’elle voudrait rester avec moi. D’ailleurs, la moitié de mes pokémons personnels sont de type vol maintenant que j’y pense.

« Ici vous voyez cohabiter deux types de pensionnaires. Ce vostourno, par exemple, est un pokémon sauvage que le centre pokémon de Poni nous a confié le temps qu’il finisse sa convalescence. Il repartira sitôt que son aile sera totalement guérie. A l’inverse, l’étourmi que vous distinguez sur le perchoir en haut à droite a été abandonné par son dresseur de Sinnoh il y a quelques mois. Il a été domestiqué très jeune et est totalement incapable de survivre seul dans la nature. Lui restera à la SPP jusqu’à ce qu’un autre dresseur l’adopte, ou dans le pire des cas jusqu’à sa mort. »

Ma mère regarde le petit oiseau d’un air lugubre. Malheureusement, que des pokémons passent leur vie entière chez nous n’est pas si rare. S’ils n’ont pas la chance d’être forts ou mignons, certains restent des années et des années enfermés ici. La plupart du temps ils finissent leur vie dans le jardin de mes parents, là où ils peuvent goûter à la liberté et aux grands espaces. Ou bien l’un des membres de notre famille les adopte – par exemple moi avec Millepertuis. On finit par se blinder à force, mais avec certains pokémons ça continue de faire mal au cœur.

Maman poursuit la visite. Elle fait le tour des enclos, s’assurant avec une fermeté implacable qu’aucun lycéen ne s’approche trop près des grilles, et moi je vérifie à l’arrière qu’aucun n’essaie de tromper sa vigilance. Il y a quelques petits malins pour essayer de passer leurs doigts mais je les reprends, sans faire preuve d’autorité comme ma mère car ce n’est pas mon style. Après avoir fini le tour, nous retournons à l’intérieur du bâtiment pour aller du côté des différentes réserves. Cela intéresse un peu moins les élèves et à raison : les rangées de sacs de croquettes et de matériel d’entretien font moins rêver que les pokémons. C’est pourtant tout aussi important de bien comprendre à quoi servent les différents outils et l’étendue des tâches qui nous incombent.
Maman finit par la salle où se trouvent les vêtements de sécurité.

« Bien, nous allons pouvoir passer aux travaux pratiques. Je vous invite à prendre une paire de chaussures renforcées et de lunettes de protection chacun. Ceux qui voudront s’occuper des pokémons blessés avec Zack, vous prendrez aussi une paire de gants dans la caisse juste là – attention, il n’y en a que cinq. »

Je me tiens à côté de la caisse en question, afin de pouvoir identifier ceux qui viennent et qui s’occuperont des cas un peu compliqués avec moi. Je repère le garçon au flamiaou, Samine, qui se trouve à portée de voix et me décide à l’inciter un petit peu.

« Samine, si tu es intéressé par le tiboudet, tu devrais venir avec moi. On va s’occuper de sa blessure. »


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Lun 27 Aoû - 19:53
C’est assez fréquent, ce genre de situation. Ça m’arrive assez régulièrement, en classe ou au lycée. Je crois que les gens n’aiment pas ma façon de les regarder ou de réagir… Mais comme je suis bien incapable de savoir comment je devrais réagir, justement, ça ne m’affecte pas plus. C’est plus gênant quand les coups se mêlent à la partie. Je suis, en théorie, pas d’un naturel bagarreur. Pour autant, si on m’attaque, je sais parfaitement rendre l’assaut et ça, je crois que ça ne plait pas beaucoup à mes assaillants. J’ai bien entendu Zack qui essayait de calmer le jeu, sans pour autant y parvenir. L’autre élève semble être ce que Leo appelle un petit con, et Leo ben… Il répond, bêtement. Je n’aime pas quand il fait ça, il a l’air aussi idiot que l’autre, pour le coup. Sa réaction quant au « PD » m’énerve un tantinet. Ce n’était qu’un mot, pourtant. Je ne suis même pas sûr d’en comprendre la signification mais… Je crois que ça a un rapport avec notre relation, le fait qu’on soit deux mecs, tout ça. Et si c’est ça, je ne comprends vraiment pas pourquoi mon meilleur s’excite de cette manière… Ce n’était pas censé être un secret, ça ? Vu qu’il ne veut pas que son père l’apprenne. Mais en soi, j’imagine que tout le bahut est au courant, en vue de l’air satisfait qu’affiche l’autre élève. Ou alors la réaction du blond confirmait les rumeurs. Et du coup, c’était encore plus crétin de sa part de se vendre de cette façon.

Zack haussa le ton, notamment lorsque l’insulte à mon intention fut lancée. Peut-être pour prendre ma défense, ou simplement parce que cette histoire l’agace autant que moi. On est en train de se faire devancer par le groupe et on risque de louper le début de la visite. J’avoue que ça m’attriste un peu, pour le coup. Leo m’a forcé à venir ici, et maintenant, il s’attendait peut-être à ce que je reste les bras croisés, à ne rien faire ? C’est mal me connaitre. Je n’aime pas ne rien faire. Je suis déjà lent quand je fais des trucs alors si je suis inactif, c’est la cata’. Et quand je ne fais rien, mon cerveau cesse aussi de fonctionner et j’ai l’impression d’être un légume –je crois que c’est ça, l’expression-. Après que Leo ait fini de me donner un conseil auquel je ne porte pas plus d’attention que ça, il m’ébouriffe les cheveux comme si j’avais cinq ans et se remet en route, me laissant là pour l’instant. J’avais bien l’intention de le suivre, mais il me semble opportun d’adresser quelques mots au garçon qui a assisté à la scène alors qu’il avait rien demandé.

ZACK ▬ C'est moi qui suis désolé. Désolé que tes camarades de classe soient cons.
SAMINE ▬ Ils sont tous plus ou moins comme ça. Sauf Leo. Et Julie.

J’ai haussé les épaules, tout en parlant. Je crois que Zack essaie de se montrer compatissant à mon égard, mais comme je ne comprends pas le concept… Mais au moins, je lui réponds. C’est déjà ça, pas vrai ? Je crois qu’il n’est pas super à l’aise non plus mais je ne dis rien. Je fais souvent cet effet aux autres, de toute manière. Je ne m’attends pas à ce que ce soit différent pour cette fois.

ZACK ▬
Et entre nous, ton pote t'aide pas vraiment en s'énervant comme il fait, il leur donne encore plus de raisons de t'emmerder. Ils avaient l'air beaucoup trop heureux quand il a voulu les frapper.
SAMINE ▬ Que Leo s’énerve ou pas, ils continuent quand même de m’appeler l’autiste entre eux alors… Mais je m’en fiche. Ça me fait rien alors c’est peut-être que c’est vrai. C’est pas une insulte d’appeler un autiste « autiste », vu que c’est le nom de sa maladie.

Je sais d’avance qu’il va avoir du mal à comprendre, à suivre ma logique. On me dit souvent que j’ai un avis trop « terre-à-terre », trop littéraire. J’ai beau essayé de comprendre ce que ça veut dire, je n’y parviens pas vraiment. Alors pour une fois que c’est quelqu’un qui comprend pas ce que je raconte… Je ne vais pas trop me plaindre.

SAMINE ▬ En général, Leo n’est pas quelqu’un de violent. Mais… Il s’occupe de moi depuis qu’on s’est rencontré, au début du collège, alors je crois qu’il perd parfois patience. Il s’est mis en tête de me protéger ou quelque chose qui y ressemble. Je ne sais pas pourquoi. Mais c’est plus supportable depuis qu’il est avec moi.

Je me suis déjà remis en route, cherchant à rejoindre le groupe. Je n’ai pas envie que M. Call se rende compte de mon absence et qu’il vienne à m’engueuler devant le reste des élèves. Il a ce don pour me mettre dans des situations bizarres où les autres se moquent de moi. Je ne suis pas sûr que ce soit très professionnel et mon meilleur ami semble penser que je devrais me plaindre à la direction du bahut mais… Je n’en ai pas réellement envie. Déjà parce que ça va attirer encore plus l’attention sur moi, mais surtout ça va alerter ma mère, comme je suis encore mineur. Et ça, merci, mais non merci. Plus loin de ma vie ma mère se trouve, mieux je me porte. Ce n’est pas pour rien que je vis en collocation avec Leo… Je n’aurais pas supporté de vivre avec les conquêtes et les histoires sexuelles toutes la journée de ma génitrice, tout comme je suis bien incapable de supporter Cally plus de dix minutes. C’est ma demi-sœur, certes, mais s’il y a le demi dans l’appellation, c’est qu’il y a une raison. En règle générale, je n’aime pas les enfants. Ils sont bruyants et je ne les comprends pas quand ils parlent parce qu’ils n’articulent pas. Et Cally est un véritable pot de colle, elle m’aurait empêché de travailler. Bref. Tout ça pour dire que je n’allais certainement pas suivre le conseil de mon meilleur ami, une fois de plus.

On n’eut pas trop de difficulté à rattraper le groupe et ça me rassure. J’entends la propriétaire des lieux s’exprimer alors que je cherche distraitement Leo du regard. Je le repère dans un coin, écoutant sans vraiment faire attention. Il a le visage fermé, le regard absent. Ses bras sont croisés contre sa poitrine, signe qu’il est énervé et qu’il veut qu’on le laisse tranquille. Ca, à force, j’ai fini par le comprendre. Alors je ne l’approche pas, me concentrant plus sur cette cage aux oiseaux. Je suis intrigué, curieux. Je n’ai aucune idée quant aux noms des pokemon qui se trouvent face à nous et je sens Alira se redresser, sur mon épaule. Il semble fixer l’une des créatures avec intérêt. Je fronce les sourcils en le regardant faire, bougeant un peu mon épaule pour le perturber. Au final, je finis surtout par l’attraper par le ventre et je le garde contre moi, l’empêchant de faire une bêtise. J’ai tendance à me reculer un peu, repensant aux paroles de Zack avec le Tiboudet. Les pokemon blessés n’aimaient pas qu’on les approche de trop près et moi, avec un Flamiaou qui avait sans doute très envie de transformer le pauvre Etourmi en casse-croute, je ne dois pas aider à leur guérison. Et puis la proprio a demandé ce que les personnes avec des pokemon les contrôle donc… Je ne sais pas si je m’y prend bien, mais Ali a l’air de comprendre l’idée, dans mes actions. Après s’être vaguement débattu, il lâche un petit miaulement et je desserre ma prise, la laissant se remettre sur mon épaule. Et durant toute la visite, il n’en bougea pas.

J’avoue que je ne vois pas vraiment le temps passé. Chaque visite, chaque enclos attire mon attention et j’attends les paroles de la femme avec une certaine impatience, un certain intérêt. C’est assez fréquent chez moi, étant donné que j’estime que cela est une sorte de cours. Je sais qu’on ne va pas avoir d’interrogation là-dessus, mais ça ne m’empêche pas de m’y intéresser. Jusqu’à présent, je ne me suis jamais intéressé aux pokemon. Maintenant que j’en ai un, je me dis qu’il serait bien que j’apprenne comment m’occuper de lui correctement. Jusqu’à présent Alira ne semble pas se plaindre de la vie qu’il a, mais je me demande parfois s’il a tout ce dont il a besoin. Bon, là-dessus, j’avoue que Leo m’aide beaucoup, notamment en termes de nourriture. Du coup, quand on visite la partie rationnement, contrairement à mes camarades, je suis des plus attentifs. Je guette aussi mon Flamiaou, au cas où il aurait envie de se jeter sur un sac de croquettes…

Lorsqu’on arrive près des vêtements de travail, j’entends plusieurs de mes camarades s’exciter par la dame a parlé de travaux pratiques. Ils semblent se réveiller petit à petit. Quant à moi… Je ne suis pas des plus à l’aise. Entre apprendre et pratique, c’est un monde gigantesque. Je ne suis pas très doué pour faire des choses. Ce n’est pas pour rien que j’ai une note pitoyable à chaque fois, pendant les TP de chimie… Alors j’ai tendance à me mettre un peu en retrait, cherchant Leo du regard sans le trouver. Alira quitte mon épaule pour se dégourdir les pattes, mais il reste proche de moi alors je ne pense pas que ce soit dérangeant. Je suis un peu surpris en revanche d’entendre Zack s’adresser directement à moi. Je ne sais pas si c’est une bonne idée… Mais le Tiboudet m’intrigue vraiment, alors je ne mets pas longtemps à me décider.

SAMINE ▬
D’accord.

Je ne suis pas très bavard, pour le coup. Je ne fais pas trop attention aux autres élèves qui viennent avec nous et ça m’importe peu. Je ne vois pas mon meilleur ami en tout cas, ni les deux élèves qui m’ont insulté tout à l’heure. Bon, au moins, j’aurais la paix, je pense. Je ne suis pas sûr de connaitre les autres en revanche. Il y a juste deux filles qui se sont jetées sur l’atelier, gloussant en lançant des regards pas très discrets à l’attention de Zack. Leur rire est désagréable, je trouve. En tous les cas, j’ai récupéré tout ce qu’il fallait pour débuter sans risquer de me blesser. En théorie.

SAMINE ▬
Alira peut rester avec moi ou c’est trop dangereux pour le Tiboudet ? Il est plus éveillé qu’avant.

Bon ok, d’accord. J’ai l’air un peu idiot à dire ça, surtout qu’il se met à bailler et à s’étirer comme un pacha. Pour autant, après coup, il semble plus vif alors… Je ne voudrais pas qu’il crée de problème.



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Dim 7 Oct - 11:41
Le jeune homme m'entend et se tourne vers moi. Je ne le connais pas du tout et nous ne nous sommes parlés que quelques minutes à peine, mais spontanément je l'aime bien. Ouais il est un peu bizarre, il a le visage fermé et je ne comprends pas tout à fait sa logique, mais par contre j'ai bien remarqué pendant la visite qu'il écoutait avec intérêt et se montrait respectueux des consignes données par ma mère. Pour être moi-même un garçon sérieux, j'apprécie les gens qui le sont aussi.

« D'accord. »

Cool. J'hoche légèrement la tête avec un sourire, pour lui confirmer que c'est bon il fait partie du groupe, et lui désigne la caisse de gants pour qu'il aille se servir. Deux filles qui semblent être copines viennent à leur tour prendre des protections. Elles gloussent entre elles d'une façon que je trouve stupide, ce qui ne m'inspire pas vraiment confiance pour la suite. S'occuper de pokémons sauvages blessés ça demande d'être concentré et rigoureux, on n'est jamais à l'abri que la créature réagisse de façon inattendue... Il va falloir que je sois particulièrement ferme avec elles si elles pensent que venir dans mon groupe est une synécure.

« Alira peut rester avec moi ou c’est trop dangereux pour le Tiboudet ? Il est plus éveillé qu’avant. »

C'est Samine qui vient de me poser la question.

« Il vaut mieux que tu le rentres dans sa pokéball. Tu seras moins concentré sur ce que tu fais si tu dois le surveiller. »

Tous les autres élèves ont choisi de rester avec ma mère, nous serons donc quatre en tout. Ce qui n'est pas plus mal au final, je n'aurais pas grand monde à surveiller.

« Zack. »

C'est ma mère qui vient près de moi. Elle a ses propres lunettes de protection dans les mains et me tend les miennes.

« Merci.

- Protège-les, il ne faut surtout pas que l'un des élèves se blesse.

- Ne t'en fais pas.
»

Je lui souris, avec l'air du gars qui maîtrise tout à fait ce qu'il fait, et ça semble la convaincre. C'est l'une des choses dont je peux être fier : j'ai toute la confiance de ma mère, et ça peu de gens peuvent s'en targuer.

« Allez mon groupe, on va aller préparer les repas. » dit-elle, et en quelques instants la pièce se vide de la moitié de ses occupants.

J'enfile une paire de gants et coince les lunettes de protection dans mes cheveux. Je percute soudain que les deux filles n'arrêtent pas de me zieuter avec l'air de ne pas y toucher. Est-ce qu'elles se moquent de moi ? A cause de mes cheveux peut-être ? Ou bien est-ce qu'elles me matent ? A la limite je préfèrerais qu'elles se paient ma tête, l'idée d'émoustiller deux adolescentes aussi peu malines me met plus mal à l'aise qu'autre chose. Heureusement que Samine est là pour que je ne me retrouve pas seul avec elles.

« Bon, d'abord, je vous fais un topo de ce qu'on a à faire. » annoncé-je en essayant d'avoir l'air aussi pro que possible. Que certaines n'aient pas des envies de faire ami-ami avec moi. « On va commencer par aller à l'infirmerie chercher des bandages propres, du désinfectant et les traitements que le centre pokémon nous a demandé de donner à certains pokémons. Ensuite on ira aux enclos. Vos camarades ont en charge de nettoyer les box et de donner à manger aux pensionnaires ; nous on va se focaliser uniquement sur les pokémons qui ont besoin de soins. Il y en a sept en ce moment. »

Je me fais une moue plus sérieuse et fixe chacun des trois adolescents dans les yeux. Le vrai message est maintenant.

« Les pokémons blessés, d'autant plus quand ils sont sauvages, sont sous tension et peuvent vite prendre vos tentatives de les aider pour des menaces. Heureusement nous aurons Cora avec nous : c'est une roigada qui nous aide à calmer les pokémons avec des vibras soins, voire qui les endort s'ils sont trop nerveux. Mais ne pensez pas que parce qu'elle est là vous pouvez relâcher votre vigilance. J'ai déjà été plusieurs fois à l'hôpital à cause de pokémons qu'on pensait tranquilles et qui pétaient un câble sans prévenir. »

Bon, j'ai visiblement effrayé les deux filles qui se rendent peut-être enfin compte de ce qui les attend. Tant mieux.

« Du coup, trois consignes à respecter : parlez à voix basse, faites des gestes lents, ne prenez pas d'initiative sans mon accord. Et tout se passera très bien ! »

Je clôs ce discours plutôt inquiétant par un grand sourire enthousiaste. C'est sûr que la partie sécuritaire du processus n'est pas très fun, mais à côté de ça soigner les pokémons est bien plus intéressant et valorisant que de lessiver le sol crotté. J'espère que ça leur plaira.

Comme annoncé, j'emmène d'abord mon groupe à l'infirmerie. Trois pansements doivent être changés, quatre médicaments doivent être donnés et une piqûre doit être faite sur un rocabot diabétique dont on vérifie régulièrement le taux de glycémie. On réunit tout ce dont on a besoin dans une boite que je confie à Samine ; il pourra la poser à l'entrée des enclos quand on y sera.
Direction l'extérieur maintenant. Sur le chemin je me fais rejoindre par Millepertuis qui se pose sur mon épaule et observe les adolescents d'un air timide.

« Je vous présente mon prismillon ! Il était dans un de ces enclos avant, je l'ai adopté il y a quelques années. On ne pouvait pas le réinsérer dans la nature parce qu'il n'y a pas de prismillons à Alola et que ça perturberait l'écosystème de Poni s'il venait à se reproduire ici. Les gens ne pensent pas à ce genre de choses quand ils abandonnent leurs pokémons à un endroit donné... »

Personnellement je dirais que les gens qui abandonnent des pokémons ne pensent tout simplement pas, mais je vais garder cette opinion pour moi. Je ne connais pas le passé de ces lycéens ni celui de leurs proches.
Dehors, on repère tout de suite le reste de la classe qui s'est scindé en deux groupes et qui nettoient les enclos sous la supervision de ma mère et de leur prof. Clairement la tâche semble les contrarier un peu (et à raison, des pokémons qui vivent dans une cage toute la journée sont beaucoup plus sales qu'on ne l'imagine) mais ça va aller clairement plus vite que si Maman et moi devions nous en charger seuls.

« Cora ! »

La roigada est debout derrière le grillage du premier enclos et observe ces nouveaux bénévoles d'un air amusé. A mon appel elle tourne légèrement la tête et, en brillant pokémon psy qu'elle est, s'introduit directement dans mon esprit pour répondre.

« Tu as besoin de moi, Zack ?

- Oui, s'il te plait.
» Comme j'ai parlé à voix haute et que ça peut surprendre les trois adolescents, j'ajoute à leur attention : « Je ne sais pas si vous connaissez les roigadas mais ils sont extrêmement intelligents et télépathes. Si vous parlez à Cora elle vous répondra par la pensée, elle parle l'alolien comme vous et moi. En plus elle a beaucoup d'humour. »

Avec la télépathe qui nous rejoint, nous sommes désormais prêts à nous mettre au travail. Il y a le vostourno de la cage aux oiseaux qu'il faut inspecter, afin de voir si son atelle est bien mise et si son aile guérit bien, mais comme les autres lycéens sont en train de nettoyer les déjections de l'enclos je garde ça pour la fin. Je me dirige donc vers le premier box le plus proche et dans lequel se trouve l'un des pokémons sur ma liste : celui du tiboudet en quarantaine.

« Bien, commençons par lui. Samine le sait déjà mais ce p'tit gars s'est fait attaquer par des lougarocs, il est méchamment blessé au flanc. Il est arrivé il y a peu de temps et il est très farouche, il faudra donc faire très attention à ce qu'il n'essaie pas de mordre ou de ruer. »

La créature a en effet l'air assez stressée de nous voir arriver tous les quatre : je le constate parce qu'elle gratte du sabot sur le sol et se tourne de façon à cacher sa plaie. Je pense que nous ne sommes pas trop de quatre pour la maîtriser au moment de la désinfecter.
Pour commencer, je donne l'exemple et descends les lunettes de protection devant mes yeux. Elles sont assez inesthétiques et m'obligent à porter des lentilles quand je suis à la SPP, mais dieu sait qu'elles m'ont empêché plusieurs fois d'être éborgné.

« Allez Cora, je te laisse montrer à nos invités ce dont tu es capable.

- Admirez le spectacle !
»

Une seconde, puis soudain émane de la roigada de petites vibrations régulières. Elles sont invisibles mais on les sent qui touchent la peau, pénètrent les os et délassent les muscles. Normalement Cora peut focaliser ses vibrations sur sa cible, mais la plupart du temps elle émet en un cercle concentrique pour que tout le monde puisse en profiter. Comme je sens mes raideurs se détendre, j'imagine que mon groupe en bénéficie aussi.
Le tiboudet ne se calme pas vraiment, mais au moins il perd son attitude vaguement menaçante. Je pense que je peux faire entrer tout le monde sans qu'il ne nous charge d'emblée.

« J'ouvre la porte. A partir de maintenant, on baisse la voix et on bouge lentement. Samine, est-ce que tu peux prendre une compresse, le désinfectant et un gros pansement propre ? » Puis, comme ce garçon me parait suffisamment maitre de lui, je décide de tenter le coup : « Essaie de l'approcher tranquillement. Je me tiens juste derrière, s'il y a quoi que ce soit mon prismillon lancera une poudre dodo. »


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Dresseur Alola

C-GEAR
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Région : Alola
Lun 5 Nov - 19:53
Je n’ai jamais compris exactement pourquoi les filles gloussent. C’est un bruit dérangeant, je trouve. Les deux de ma classe sont pas trop loin de moi, mais je ne parviens pas à comprendre ce qu’elles se murmurent. Tout ce que je sais, c’est qu’elles semblent captivées par Zack et se susurrent des informations qu’on ne peut pas entendre… Ce n’est pas comme si j’avais vraiment envie de comprendre, après. J’essaie plutôt de me concentrer sur Alira pendant que notre guide échange quelques mots avec sa mère. Portant ma main à la ceinture, je parviens sans mal à me saisir de la pokeball du chat mais je bloque un peu, je dois l’avouer. Depuis que Leo m’a offert le félin, c’est plutôt rare qu’il squatte dans la sphère. Comme je ne comprends pas trop le principe –enfin, je n’arrive surtout pas à déterminer si c’est un enfer dans la sphère pour les pokemon ou non-, j’hésite à le faire rentrer dedans. Quand il s’en échappe, Ali a l’air tellement mieux… Mais si je ne veux pas créer de problèmes, surtout lorsque nous serons proches du Tiboudet, il vaut mieux que je m’exécute.

Le Flamiaou disparut dans un éclat écarlate, pris au dépourvu alors qu’il ouvrait grand sa gueule pour laisser échapper un long bâillement. De toute évidence, il ne l’a pas vu venir, et peut-être se vengera-t-il plus tard… Il peut être borné, quand il s’y met. J’espère juste toutefois qu’il ne sortira pas de lui-même, sans qu’on lui demande. J’ignore comment il y parvient et si c’est normal, mais ce ne serait pas la première fois qu’il sort de la pokeball sans que je l’aie convié. Je trouve ça plus… Sain, quand même, puisque ça respecte plus l’envie de ma créature. Mais si là, je l’ai congédié ce n’était pas pour qu’elle se pointe dans cinq minutes. Je suis un peu perdu dans mes pensées je dois avouer, et je revins à la réalité lorsque Zack reprend la parole pour leur expliquer la situation. Les filles sont attentives, le fixant avec un peu trop d’intérêt sans doute, continuant de glousser. Que ce bruit est désagréable, bon sang.

Savoir si elles ont compris le message, c’est difficile à dire. Ça m’agace un peu je dois dire, j’ai du mal à me concentrer à cause d’elles. Toutefois, je parviens à comprendre l’essentiel –je crois- de notre mission et j’acquiesce doucement, plus pour moi que pour lui répondre vraiment. Je reste concentré, essayant de ne pas me laisser distraire. Pourtant, je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi tout le reste du groupe a préféré nettoyer les box plutôt que les soins… Ça me parait quand même moins intéressant. Intéressant quand même, mais moins. Peut-être ont-ils peur, car ce que nous apprend Zack sur les pokemon sauvages blessés semble inquiéter les deux filles qui échangent dorénavant des regards inquiets, venant à se saisir de la main de l’une et l’autre. Au moins les gloussements ont arrêtés. Par contre moi… La peur, je n’ai pas souvenir de l’avoir ressentie un jour. Leo dit que c’est une aubaine, moi je pense que c’est plus embêtant qu’autre chose. Disons que ce n’est pas pratique au quotidien et que ça justifie un séjour à l’hôpital, après avoir traversé sans avoir portés assez attention à la circulation. Mon meilleur ami avait été complètement tétanisé. Et moi ben… J’ai juste compris qu’une fracture de la hanche, ça fait super mal.

Je me répète les trois consignes en boucle, une fois que notre guide les a énoncés. J’essaie de ne pas montrer que je n’ai aucune idée de ce qu’est un Roigada. Je doute que les filles le savent, elles aussi. Bref, on enchaine en allant à l’infirmerie, récupérant le matériel dont nous aurons besoin. Ça ne me dérange pas de porter les affaires, de toute manière ce n’est pas bien lourd. Quand on ressort, un papillon vient rejoindre Zack qui ne tarde pas à nous le présenter. Les filles lâchent une exclamation étrange, comme si elles étaient sous le charme.

SHEILA ▬ Il est trop beau !
ANNA ▬ J’aimerai trop en avoir un !

Clairement, elles n’ont pas écouté un traitre mot de ce que Zack a dit, quant à l’abandon des pokemon dans la nature et l’impact écologique qui en résulte. Tout ce qu’elles ont compris, c’était que le jeune homme l’avait recueilli, ce qui faisait de lui un brave chevalier à disposition des plus faibles, ce qui leur donnaient encore plus d’étoiles dans les yeux.

SAMINE ▬ Pourquoi les gens abandonnent leurs pokemon ?

Sans doute la réponse était évidente, mais je ne parviens pas à saisir. Je sais que j’ai mis Leo dans l’embarras quand il m’a offert Alira et que j’ai demandé ce qui se passait, si je refusais son cadeau. Mais tout ceci a plus d’importance que je ne l’aurais cru. Si je n’avais pas accepté le Flamiaou, il aurait sans doute fini à la rue avec les autres chats abandonnés de mon quartier… Est-ce que c’était si mauvais, comme vie ? J’imagine que oui, quand même. Certains des félins sont tellement maigres qu’ils viennent vers les gens pour réclamer de la nourriture, ou alors ils fouillent les poubelles pour trouver de quoi survivre. C’est quand même un peu triste, tout ça. Mon regard observe le Prismillon, pensif. J’ignore totalement le regard des filles qui me jugent, après avoir posée une question qu’elles trouvent idiote.

On se dirige dorénavant vers le premier enclos, remarquant au loin l’autre groupe plus nombreux qui s’occupe de nettoyer les cages. Mon attention s’arrête naturellement sur mon meilleur ami qui parait plus intéressé par le gars qu’il draguait tout à l’heure que par ce que la mère de Zack et leur prof leur disent. Ça ne m’étonne pas vraiment. En revanche ce qui m’étonne plus, c’est que les filles s’adressent à moi durant le trajet.

SHEILA ▬ Eh Samine, Julie, c’est ta petite amie ?
SAMINE –après un temps de réflexion- ▬ Oui.
Elles gloussent à nouveau, ce qui me fait froncer les sourcils. Je ne vois pas le problème, dans ce que je viens de dire, mais je me sens comme obligé de développer.
SAMINE ▬ Elle est plus petite que moi et c’est mon amie… Qu’est-ce qu’il y a de drôle ?
Cette fois-ci, elles rient à gorge déployée. Je ne comprends d’où vient la question à la base et il ne me semble pas qu’elles soient copines avec Julie, pourtant. Mais je saisie tout de même que j’ai encore mal compris une question simple et j’ai la fâcheuse tendance à me mettre sur la défensive.
ANNA ▬ Mais t’es gay toi, non ?
SAMINE ▬ Je ne suis pas particulièrement joyeux…
Et elles rient d’autant plus. Je me sens attaqué, comme à chaque fois. Alors je me renfrogne, baisant le regard. J’ai rien compris, comme à chaque fois. Ce que je sais, c’est qu’elles se moquent ouvertement de moi et que je commence à en avoir marre. Ça m’affecte plus que d’habitude, sans que je ne puisse expliquer pourquoi exactement. Je me mets bêtement à fixer mes pieds, continuant de tenir la boite entre mes mains. Au final, j’aurais préféré que Leo reste avec nous et qu’elles aillent voir ailleurs. J’en viens même à me dire que c’était plus agréable quand elles ne me voyaient pas et qu’elles gloussaient uniquement sur Zack. Surtout qu’une fois encore il a dû entendre la conversation et qu’il doit me prendre pour un parfait imbécile. Pff. Ce n’était clairement pas la première fois et ce ne sera sans doute pas la dernière.

Au moins, on arrive à l’enclos et mon regard s’attarde sur la créature qui nous attend. Alors c’est ça, un Roigada ? Je suis assez intrigué, je dois l’avouer pour oublier un peu les moqueries des filles. Je suis d’autant plus surpris quand Zack lui parle comme si Cora lui avait parlé. L’étonnement est là, je dois l’admettre. J’apprends ainsi que les pokemon peuvent parler notre langage, notre guide se chargeant de nous expliquer le principe de la télépathie.

SAMINE ▬
Ce n’est pas super bizarre comme truc ?
CORA ▬ On s’y habitue.

Ah ! Je ne peux m’empêcher de lâcher une exclamation de surprise, manquant de lâcher le matériel que j’ai encore en mains. Mon regard se braque rapidement sur la créature qui semble plus amusé qu’autre chose. Du moins je crois. Je reste quelques secondes la bouche ouverte, hébété. Je ne m’y attendais pas et c’est la première fois que ça m’arrive, je trouve ça assez… Déstabilisant. J’ai l’impression d’entendre encore la voix résonnée dans ma tête. Je ne saurais dire pourquoi, mais je trouve ça assez désagréable, en premier lieu. Peut-être que c’est une question d’habitude, effectivement. Je reste silencieux, ne remarquant pas les filles qui ont recommencées à chuchoter entre elles. Elles n’osent pas, de toute évidence, s’adresser directement à la créature. Nous sommes dorénavant devant l’enclos du Tiboudet qui ne parait pas trop apprécier notre présence. Il me parait plus nerveux que tout à l’heure, comme s’il anticipait la douleur que le soin allait lui prodiguer. Le désinfectant, ce n’est pas le plus agréable. Je dépose la boite au sol, écoutant ce qui est dit. J’acquiesce doucement alors que les filles se lancent des regards, la mine inquiète. Si l’animal est dangereux, elles ne voulaient clairement pas allées dans l’enclos. Elles eurent tendance à reculer d’un pas, me laissant alors le plus proche de la créature avec Zack. Cora s’infiltra alors encore dans notre esprit pour nous signaler qu’elle débutait ses vibrations, laissant les donzelles elles aussi surprises par cette voix qui résonnait dans leurs crânes.

Rapidement, la quiétude s’empare de mon corps. Je me sens… Bien. Apaisé. J’ai l’impression que mes muscles se détendent et c’est vraiment agréable. J’imagine que c’est la même chose pour tout le monde et surtout pour le Tiboudet. Mon attention est clairement tournée vers lui et j’ai l’impression que c’est efficace. La nervosité qui l’habite se dissipe un peu.

SHEILA ▬ Vous êtes un dresseur hors pair !

A l’attention de Zack, évidemment. Pour le dressage de la Roigada. Pas trop sûr que la créature apprécie, surtout qu’elles en viennent à nouveau à glousser comme des imbéciles. C’est fatiguant, tout de même. Pour autant, je continue de fixer le Tiboudet et les mots que m’adresse notre guide me laissent un peu sceptique. Je saisie ce qu’il m’a demandé de prendre, écoutant savamment la suite tout en mettant à mon tour les lunettes de protection. Entrer dans l’enclos tout seul, hein ? Ça ne me fait pas broncher. Comme je n’ai pas vraiment de notion de danger, je n’ai pas forcément peur non plus. Je sais, en revanche, que je peux avoir mal si jamais j’effraie la créature. Aussi, lorsque je pénètre dans l’habitat, je m’arme de patience et de lenteur. Doucement, tout doucement. Je ne suis pas nerveux et je ne sais pas si le Tiboudet le sent, mais il me laisse l’approcher assez facilement, au final. J’arrive même à caresser un peu sa crinière, un fin sourire se dessinant sur mes lèvres. Je ne saisies pas trop pourquoi, mais je suis plutôt fier de moi. Pas besoin du Prismillon, finalement.

Il ne me faut pas trop longtemps pour mettre en pratique ce que Zack m’a dit. Il me faut juste un peu plus amadouer la créature pour qu’elle me laisse m’approcher assez prêt de sa blessure, pour que je puisse désinfecter le tout. Un hennissement me fait comprendre qu’il n’a pas trop apprécié et il a tendance à continuer à creuser, avec son sabot. Il n’aime pas ce que je fais, c’est certain. J’ai un instant de doute, levant les yeux pour voir Zack, pour m’assurer que je ne le fais pas mal. Cora s’immisce une nouvelle fois dans mon esprit –cette fois-ci, je n’en suis pas surpris- pour m’intimer à continuer, que je m’en sors bien. Si elle le dit, c’est que ça doit être vrai. L’animal continue toutefois de guetter les filles qui sont restées le plus loin possible d’elles. Pourtant, en me voyant faire, l’une d’entre elles essaient de se rapprocher.

ANNA ▬ Ça a pas l’air si compliqué, finalement.

Elle est plus vive dans ses gestes que moi et le Tiboudet s’en aperçoit. C’est con, parce que j’étais en train de m’appliquer sur sa blessure… Et qu’il n’apprécie guère le comportement de la nana qui agit bien trop vite pour que Zack ai le temps de la rattraper. J’aurais dû comprendre qu’il fallait que je m’écarte mais… J’ai dit que je n’avais pas la notion de danger ? Eh bien voilà. L’équidé se cambre, j’ai juste le temps de voir un sabot pas loin de ma tête et au moins, j’ai le réflexe de me reculer rapidement, finissant sur les fesses après avoir perdu l’équilibre. Je crois quand même avoir senti un léger coup sur mes lunettes et je ne sais pas quelle catastrophe aurait pu y avoir si je n'avais pas les lunettes. Le Prismillon intervint dans la seconde, faisant naitre de ses ailes une poudre rose autour de l’animal qui finit par somnoler, finissant lui aussi au sol, profondément endormi. Une moue se dessine sur mon visage, tournant mon attention vers la fille.

SAMINE ▬ T’étais obligée d’intervenir ?

Je laisse échapper un soupir, résistant à l’envie de rajouter un « crétine » derrière mes mots. Mon regard se pose sur la créature endormie… J’avais presque fini de la soigner, en plus. Sans accroc ni rien.



Je parle en #3333ff
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