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» Les perles de la littérature roumaine


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Coordinateur Kalos

C-GEAR
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Ven 18 Mai 2018 - 18:04
La lourde boîte de carton tombe à mes pieds dans un bruit mat, soulevant un nuage de poussière qui envahit rapidement la petite pièce. Devant moi, Étienne se redresse en époussetant son chandail, puis fait rouler ses épaules en grognant.

– Et voilà, c’est la dernière. Ça ira pour le reste?
– Je crois, oui. Merci!
– À ton service!

Avec un sourire, mon collègue me fait un salut militaire, puis retourne dans la boutique en me laissant seule avec les trois boîtes de livres fraîchement arrivées. Le don d’un vieil homme de bonne famille, qui a décidé de se départir d’une bonne partie de sa collection privée. Je m’agenouille et ouvre le premier carton en éternuant. Voilà bien longtemps que ces bouquins n’ont pas vu la lumière du jour, je le devine aisément à leur couverture ternie et leurs pages jaunies. Je saisis un large volume entre mes doigts et l’extirpe tant bien que mal de la boîte. La couverture de cuir affiche, en lettres embossées, le titre « Dictionnaire de Marine ». Je jette un coup d’œil par-dessus mon épaule. Caroline est dans la librairie, occupée à servir un client. Avec un sourire satisfait, je baisse le nez vers l’ouvrage antique et en tourne délicatement la couverture défraîchie. Dans mon dos, j’entends le doux froufrou des ailes de Jezabelle, le prismillon de ma tante. Le papillon bleu se pose sur mon épaule et admire avec de grands yeux brillants les plans de navires datant d’une autre époque.

– Adria?

Je sursaute. Ma tante est apparue dans l’encadrement de la porte. Prise sur le fait, encore. Caroline me connaît trop bien, elle sait que j’ai tendance à plonger dans les nouveaux arrivages dès que j’en ai l’occasion. Au début, je me ratatinais d’embarras, mais désormais, je me contente de me remettre au travail lorsque je suis démasquée. L’habitude. Je referme le livre avec une pointe de regret pendant que Caroline s’attarde dans la petite pièce.

– Mets-le de côté, j’ai bien envie de le feuilleter, moi aussi.

Nous échangeons un sourire entendu et je me relève pour déposer l’imposant volume sur le bureau de travail. Jezabelle s’envole pour prendre place sur l’épaule de sa maîtresse.

– Rejoins-moi dans la boutique, poursuit Caroline en tournant les talons. J’ai une cliente pour toi.
– Pour moi?

Mais elle ne m’a pas entendue. Elle est déjà sortie et je me retrouve à nouveau seule dans l’espace de rangement saturé de poussière. Surprise, je demeure sur place pendant un court instant. Cette cliente doit chercher quelque chose de bien précis. C’est la seule raison qui pourrait pousser Caroline à faire appel à moi spécialement, puisque je suis celle qui passe le plus de temps à fouiller dans notre collection. Je passe rapidement les mains sur mon chandail et ma jupe, question d’avoir l’air un minimum présentable, et suit ma tante dans la boutique avec une once de curiosité mêlée d'appréhension.

La journée est calme. Le temps est nuageux et il a déjà plu tôt ce matin. Les touristes et les gens de passage se font rares par ce temps, la plupart des clients qui parcourent la boutique aujourd’hui sont donc des habitués. J’en reconnais même un ou deux qui me saluent gentiment alors que je me dirige vers le comptoir. Caroline m’indique du menton la section des livres en langue étrangère, où j'aperçois le dos d’une jeune femme aux longs cheveux noirs. D’un doigt hésitant, je replace mes lunettes, qui avaient glissé sur mon nez, et me dirige vers la cliente.

– Bonjour… est-ce que je peux vous aider?

Cette phrase, je l’ai répétée un nombre incalculable de fois depuis le temps que je travaille ici, mais elle me rend toujours aussi mal à l’aise. Jamais je n’ai réussi à la dire sans une once d’hésitation, retenue dans mon élan par la peur de déranger quelqu'un qui n'aurait pas besoin d'aide. Certains clients peuvent se montrer odieux quand on les embête et, même si je sais qu'il ne faut pas se fier à sa première impression, je ne peux m'empêcher de penser que cette jeune femme ne m’a pas l’air particulièrement commode...



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Sbire Galaxie

C-GEAR
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Sam 19 Mai 2018 - 17:49

« Par conséquent, je voulais m’entretenir avec vous pour savoir si je pouvais retourner au Château Nephilim et y passer la semaine. »

« La semaine ? » répète Ashley, intriguée. « Tu ne t’es jamais absentée aussi longtemps, encore moins là-bas… »

« C’est pour cette raison que je tenais à vous en parler. Je sais que c’est beaucoup vous demander, et que la Team Galaxy tout comme vous-même avez besoin de moi. Mais cet endroit est bien trop grand pour que je puisse trouver ce que je cherche en l’espace de quelques jours seulement. J’ai besoin de comprendre ce que mon père a écrit dans ce journal, et le reste du texte qu’il m’a laissé est écrit en roumain. Je vais avoir besoin de temps pour traduire et comprendre tout ce qu’il y a inscrit. Il y a forcément quelque chose qui nous sera utile à l’intérieur. »

La baronne prend quelques instants pour réfléchir. Comme tu t’en doutais, elle n’aime pas trop que tu lui fasses une telle requête. Cela t’est déjà arrivé de lui demander si tu pouvais t’absenter pour quelques weekends, et elle sait très bien que tu n’y vas pas pour y passer des vacances. La preuve en est, elle a pu voir aux premières loges la facilité avec laquelle tu es parvenue à contrôler Dracul grâce au rituel de Domination laissé par ton vieux fou de père. Par conséquent, tu sais que ce n’est pas parce que tu te rends près de la Caverne Gelée qu’elle est réticente. Au contraire, elle est très loin de voir tout cela comme une perte de temps, et pourtant, le rituel n’est qu’une infime fraction des connaissances que tu as engrangées jusqu’à maintenant. Il y a des choses que tu dois tester, maintenant, et il faut que Petrus te vienne en aide. Mais tu ne veux pas te baser uniquement sur les dires du prêtre noir pour te guider. Jamais tu ne serais assez folle pour lui faire confiance. Mais pour cela, il faut encore que tu sois en mesure de traduire les écrits de ton père. Evidemment, il doit y avoir un grand nombre de dictionnaires pour t’aider là-bas, ce qui explique pourquoi tu cherches à ce point à y passer la semaine. Mais comme tu t’y attendais, ce n’est pas aussi facile.

« Ce serait mieux si tu pouvais t’occuper de la traduction de ce journal ici. » tranche-t-elle finalement. « Si une mission de la première importance doit t’être assignée, je ne préfère pas la déléguer à quelqu’un d’autre parce que tu seras partie pendant une semaine entière. Tu n’auras qu’à acheter le nécessaire et je te ferai un virement bancaire une fois que tu auras tout ce dont tu as besoin. »

Tu hoches humblement la tête. C’est donc tout ce que tu auras d’elle. Ce n’est pas si mal. Cela veut dire que tu n’auras pas à te rendre aussi souvent au Château, et qu’une fois là-bas, tu n’auras rien d’autre à faire que de te concentrer sur l’essentiel. Sur le long terme, ce n’est peut-être pas une si mauvaise idée, finalement.

« Oui, madame. » réponds-tu. « Je ferai le nécessaire en me rendant à Illumis dès demain. »

« Entendu. Retourne à ton poste, nous allons avoir besoin d’un peu plus de couverts, ce soir. Nous avons de la visite. »


Le reste de la journée est des plus ordinaires, pour une Sbire Galaxy qui se fait passer pour une gouvernante et qui passe sa journée à participer aux tâches ménagères avec les autres membres du personnel du manoir. Puis, le lendemain, tu pars dès que possible en direction de la capitale de la région, et fouille la ville à la recherche d’une librairie qui aurait à sa disposition des livres en roumain. Mais comme tu le pensais, c’est plus difficile à dire qu’à faire. Si toutes les librairies ne possèdent pas une catégorie « littérature étrangère », il y en a encore moins qui disposent de livres de cette langue. Après tout, ce n’est pas vraiment le genre de langue que l’on peut qualifier de très connue. C’est à peine si c’est une langue morte, tant la langue commune est parlée à travers le monde. Cependant, tu ne perds pas espoir et tente la prochaine que tu croises, une petite boutique appelée, à juste titre vu le logo du Prismillon présent sur l’enseigne, la Librairie Prismillon. Et il faut dire que, dès que tu rentres, le charme de la petite boutique tranquille à côté d’un café fait tout de suite son effet. En fait, d’une certaine façon, ça te rappelle le salon de thé de Romant-sous-Bois, pas loin de l’Arène, où tu aimais passer du temps en buvant un Earl Grey avec un peu de lecture. Pour être plus exact, ce n’est non pas la disposition de l’endroit, mais plutôt l’odeur qui s’en dégage. Cela a pour mérite d’esquisser un sourire sur ton visage alors que tu profites du fait que personne ne t’ait encore vu pour humer cette délicieuse senteur.

Si tu n’étais pas venue pour une raison précise, tu y aurais passé des heures, intriguée par les nombreux titres qui figurent çà et là. Ne serait-ce que pour voir ce qu’ils ont, savoir ce que tu as déjà lu et lesquels tu aurais pu lire si tu n’étais pas déjà constamment occupée par les missions que l’on t’assigne, le Dressage et tes escapades pour accomplir ta raison d’être en ce monde.

Ce n’est cependant que quand tu entends la voix d’une jeune femme que tu sors de tes pensées. Tu te retournes et aperçois alors une demoiselle aux airs un peu plus jeune que toi, qui fait le parfait cliché du rat de bibliothèque avec ses cheveux roses qui forment une frange longue sur le devant et ses lunettes carrées, bien que ses grosses montures fassent un peu penser au mouvement hipster. Si elle demande si elle a besoin d’aide, en plus de ce look d’intellectuelle, il y a fort à parier qu’elle travaille ici. Et par conséquent, elle tombe à pic.

« Il se pourrait bien que oui. » réponds-tu poliment. « Je cherche des livres en roumain pour pouvoir apprendre la langue, et je me demandais si vous en possédiez. J’ai fait le tour de la plupart des librairies de la ville, mais je n’ai rien trouvé de véritablement satisfaisant, malheureusement. »

Déjà, si elle peut te renseigner sur la simple présence de ces ouvrages, tu seras fixée.







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Dim 3 Juin 2018 - 3:40
À vue de nez, cette jeune femme doit avoir trois ou quatre ans de plus que moi. Alors que je m’approche d’elle, je peux détailler sans peine sa longue chevelure sombre, ses traits durs ainsi que son bras robotique. La vue du membre artificiel me prend de court et c’est tant bien que mal que je parviens à ne pas le fixer, me concentrant plutôt sur le visage de la femme devant moi. Cependant, même si je tente de camoufler mon trouble, je ne peux m’empêcher de serrer ma main gauche dans la droite, instinctivement, comme si la vue de la prothèse avait fait renaître la douleur dans mes doigts. Pour ne pas l’offusquer, je dissimule aussitôt mes mains dans mon dos. Elle doit souvent essuyer des remarques au sujet de son bras et je ne tiens pas spécialement à en ajouter une couche.

En plus de soulager légèrement ma nervosité – moi qui craignais d’importuner cette cliente, me voilà bien honteuse d’avoir jugé trop vite – sa réponse courtoise pique instantanément ma curiosité. Surprise, je la dévisage un bref instant, le temps que mon cerveau traite l’information et me confirme que oui, elle recherche bel et bien des livres en roumain. En voilà une demande particulière, d’autant plus que le roumain n’est pas reconnu pour être une langue couramment utilisée à Kalos… ni nulle part ailleurs, en fait. Je ne suis qu’à peine étonnée lorsque la cliente m’avoue avoir écumé les autres librairies d’Illumis sans rien trouver. Bien embêtée, je me frotte la nuque tout en balayant du regard l’étagère réservée aux livres étrangers.

– Euh, hum c’est... une excellente question. Peut-être…

Je ne termine pas ma phrase. J'ai l'impression qu'une ampoule s'est allumée au dessus de ma tête. Mon cerveau tourne à plein régime alors que je tourne les talons pour me diriger vers une bibliothèque appuyée contre le mur du fond. J’en oublie même d’inviter la pauvre cliente à me suivre. Plantée devant le meuble croulant sous les ouvrages d’auteurs méconnus, je parcours les titres des yeux. J’ai le vague souvenir d’avoir vu quelques traductions d’écrivains roumainophones, rien de bien utile pour quelqu’un qui cherche à apprendre la langue, mais il faut bien commencer la recherche quelque part.

– Est-ce que vous connaissez des auteurs en particulier?

Sans me retourner, je présume qu’elle m’a suivie. Peut-être que je parle dans le vide, mais l’idée ne m’effleure même pas l’esprit. Pour l’heure, je suis trop concentrée sur mes recherches pour être embarrassée à l’idée de possiblement me tourner en ridicule. Ma concentration porte fruit, après une petite minute d’observation, j’esquisse un sourire victorieux et extirpe de la bibliothèque un recueil de poèmes écrit par une femme au nom imprononçable. J’ouvre délicatement le petit livre et fronce les sourcils en comprenant ce qui y est écrit.

– Comme je le craignais, on a surtout des traductions. Cela dit, ces livres doivent bien exister en version originale…

… et je suis pratiquement certaine que nous les avons quelque part, vu la quantité de vieux bouquins étranges qui traînent dans cette librairie. Pensive, je feuillette les premières pages du recueil et en note mentalement le nom de l’éditeur et le titre original. Parfois, je maudis ma tante d’avoir refusé de créer un inventaire numérique de notre immense collection. Tous les ordinateurs, hormis l’antiquité qui nous sert de caisse enregistreuse, sont proscrits ici. Même si l’approche old school de Caroline contribue à l’ambiance particulière de la librairie (et même si je sais que répertorier tous les ouvrages qui se terrent un peu partout dans la boutique serait un travail colossal) je ne cesse de songer qu’il serait beaucoup plus simple de trouver un livre précis en entrant bêtement quelques mots-clés dans un moteur de recherche.

– Je... j’espère que vous n’êtes pas trop pressée.

J’ajoute cette dernière phrase d’un ton désolé, tout en me retournant enfin vers la jeune femme au bras mécanique. Cette recherche risque d’être un peu plus longue que d’habitude.



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Sbire Galaxie

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Dim 10 Juin 2018 - 14:09
Elle est comme toutes les autres, un peu intimidée par la présence de ton bras que tu essaies pourtant de dissimuler le plus possible. Non pas que tu es embarrassée, bien au contraire. En fait, maintenant qu’il est en ta possession, tu ne regrettes absolument pas l’ancien. Pour ainsi dire, si tu n’avais pas peur de te transformer davantage en machine qu’en être humain, tu échangerais tout ce qui n’est pas nécessaire dans ton organisme contre des améliorations cybernétiques si cela te permettrait de vaincre Arceus. Alors, quand la jeune fille se contorsionne un peu pour serrer ta main naturelle à la place, tu n’es finalement pas très surprise ni très regardante. Et puis, elle a l’air déjà assez timide comme ça, il ne faudrait pas en rajouter. Tu l’étais déjà un peu dans ton ancienne vie, après tout, et de très rares personnes savent dans quelles situations c’est encore le cas.

Cela dit, elle semble prendre son travail très à cœur et se met tout de suite à chercher, en te demandant si tu connais quelques auteurs. Et pour le coup, la faute te revient quelque peu. Tu n’as pas vraiment fait de recherches sur de quelconques auteurs connus, mais pour une bonne raison, en réalité.

« Je commence tout juste alors je n’ai pas vraiment de noms en tête. » déplores-tu. « Toutefois, si cela peut vous aider, quelque chose de contemporain serait plus appréciable, afin que je puisse comprendre le vocabulaire et la grammaire plus rapidement. Même de la littérature jeunesse suffira amplement, je cherche surtout à savoir dans quel contexte on utilise telle ou telle tournure de phrase. »

Car c’est bien là ce qui te préoccupe. Certes, Petrus t’a déjà donné des manuels sur l’initiation du roumain, mais la plupart d’entre eux disposent d’innombrables règles de grammaire sans vraiment avoir d’exemples concrets… Sans parler que certains de ces ouvrages sont assez anciens, et que les langues sont capables d’évoluer très rapidement. Mais malheureusement, la plupart des romans que possède cette librairie ont tout l’air d’être des traductions, comme les autres. C’est embêtant, cela voudrait dire que tu vas probablement devoir les commander sur Internet. Et non seulement tu n’aimes pas acheter ce que tu ne peux pas voir de tes propres yeux, mais en plus, cela risque de prendre plus de temps que prévu, et c’est quelque chose qui ne te plait guère. Et pourtant, elle continue de chercher, déterminée à trouver ne serait-ce qu’un seul livre. Sa simple envie de te satisfaire en tant que cliente te fait sourire. Elle aime son travail, ça se voit.

« J’ai du temps, ne vous inquiétez pas. » la rassures-tu. « C’est assez important pour moi, alors j’ai pris ma journée pour m’en procurer autant que possible. »

Tu ne rentres pas davantage dans les détails, pour le moment. Tu trouveras bien quelque chose pour expliquer cela plus tard. Le tout, c’est de ne pas se faire prendre, et c’est un domaine dans lequel tu es toujours meilleure chaque jour.

« Cela dit, je suis étonnée que vous n’ayez pas une quelconque base de données sur votre ordinateur. » poursuis-tu. « Cela doit prendre un temps fou pour mémoriser tout ce que vous avez ou non dans ce magasin, mais j’aime bien le charme que cela donne. Peu de gens sont capables de faire une chose pareille, de nos jours, et on voit vite à quel point cela passionne les libraires ou non. »

En fait, à bien y regarder, tu aurais bien envie de prendre le thé dans un endroit comme celui-ci. C’est clair que ce serait impossible d’installer des tables par ici, mais il y a cette ambiance intemporelle ici que ne possèdent pas les autres boutiques, et qui te fait particulièrement aimer ce lieu. Tu devrais te souvenir de cet endroit pour d’éventuels prochains achats. Ils apprécieraient sans doute d’avoir une nouvelle cliente régulière, en plus de ça.

« Mes excuses, je suis là à bavarder pendant que vous faîtes votre recherche… » fais-tu après t’être rendue compte que tu exagères un peu ton rôle de simple touriste. « Je vous en prie, faîtes comme si je n’étais pas là. »

Malgré tout, tes yeux en profitent pour se balader un peu partout dans la pièce, tentant de savoir quel âge peuvent avoir certains livres en ne regardant que la couverture de ceux-ci. Clairement, il doit y en avoir qui pourraient intéresser plus d’un collectionneur, compte tenu de l’état de certaines éditions. Vendues aux bonnes personnes, elles pourraient valoir un prix fort intéressant.







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Coordinateur Kalos

C-GEAR
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Dim 29 Juil 2018 - 5:35
J’écoute la cliente sans vraiment la regarder, plongée que je suis dans ma recherche. Comme je le supposais, elle ne connaît pas les auteurs qu’elle convoite. C’est tout à fait naturel, compte tenu de la très faible présence du roumain dans la littérature moderne. Je refuse toutefois de baisser les bras aussi vite. J’ai déjà mis la main sur une traduction et je crois en apercevoir une autre du coin de l’œil. Mon petit doigt me dit que les informations contenues dans ces livres me mèneront inévitablement à ce que je cherche. Sixième sens de libraire, dirons-nous.

À mes côtés, la jeune femme continue de parler et, même si je me concentre sur les reliures des livres que je frôle du bout des doigts, je ne perds rien de ce qu’elle me raconte. J’aime écouter les gens parler de leurs intérêts, de ce qui les pousse à choisir tel ou tel livre. Souvent, leurs histoires sont encore plus fascinantes que celles que contiennent les ouvrages qu’ils achètent. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai choisi un métier comprenant une part de service à la clientèle. Même si le contact avec les clients m’angoisse continuellement, j’aime les discussions qu’ils engagent une fois la glace brisée.

Je hoche la tête alors qu’elle déclare préférer les ouvrages récents et les livres au vocabulaire moins recherché. Pas de poésie, donc. Je dépose le premier recueil sur une étagère à part et feuillette un nouveau livre prometteur. Je sens la piste se préciser.

– De la littérature jeunesse… c’est une bonne idée pour apprendre une langue, en effet.

C’est comme ça que j’ai appris l’anglais : en refusant d’attendre la sortie des traductions. Mes professeurs n’auraient pu faire mieux que J. K. Rowling. J’ai un petit sourire à cette pensée.

La cliente poursuit la conversation et je ne peux m’empêcher de lui jeter un regard intrigué quand elle avoue avoir pris sa journée pour trouver ses livres. Je suis certes soulagée que le temps que me prennent mes recherches ne l’importune pas, mais également surprise de découvrir à quel point l’apprentissage de sa nouvelle langue est important pour elle. Loin de la juger, je suis au contraire plutôt fascinée. Se passionner pour une langue pratiquement morte n’est pas un passe-temps courant et je suis curieuse de connaître l’origine de cet intérêt. Je garde cependant mes interrogations pour moi afin de me concentrer sur le survol du best-seller d’un dénommé Marcel Vierny. Je m’arrête sur le titre original et crois soudain me souvenir d’une boîte reçue récemment qui contenait un livre au nom similaire. Je laisse échapper un sourire victorieux.

– J’ai peut-être quelque chose. Suivez-moi!

Je la conduis à travers les bibliothèques recouvertes de plantes et de poussière jusqu’à la porte du fond, qui mène à la petite pièce où sont entreposés les innombrables livres qui n’ont pas trouvé place sur les tablettes de la boutique. J’invite la femme à me suivre malgré la mention « employés seulement » qui figure sur la porte. Cet avertissement ne sert qu’à tenir les curieux à distance. La presque totalité des clients réguliers de la librairie ont déjà franchi le pas de cette caverne aux merveilles au moins une fois.

L’entrepôt est petit et bien rempli : les lourdes étagères de métal qui en tapissent les murs croulent sous les cartons et les piles de livres abîmés. Le sol est également jonché de nombreuses boîtes empilées, dont celles que j’étais en train d’examiner lorsque Caroline est venue me chercher. Je les enjambe en m’excusant pour le désordre auprès de la jeune femme au bras mécanique. Puis, je m’approche d’une étagère et m’assure qu’elle est bien fixée au mur avant de me hisser sur un tabouret pour tenter d’atteindre un carton haut-perché. Derrière moi, la cliente s’étonne de l’absence de base de données dans la librairie.

– La propriétaire tient à garder un système « à l’ancienne ». Selon elle, avoir recourt à un ordinateur gâcherait l’expérience des clients.

Ce serait bien pratique, par contre, mais je garde ce commentaire pour moi.

– Je pense que personne ici ne connaît tous les livres que nous possédons. Je veux dire, il y en a tellement! Mais… oui, c’est un bon exercice de mémoire. On se souvient surtout des livres qu’on a classés après une livraison, donc chaque employé a des connaissances différentes.

Je m’arrête une courte seconde avant de reprendre.

– … et il se trouve que je classe souvent les livres.

Je rougis en disant ces dernières paroles, qui se terminent en un murmure gêné. J’ai l’impression de me vanter, mais je ne peux nier ce que dit la femme aux cheveux noirs : il est vrai qu’on devine aisément qui sont les passionnés ici. Je dois passer pour une grosse intello à l’heure qu’il est.

La boîte que je convoite ne semble pas décidée à bouger de la place où elle prend la poussière depuis je ne sais combien de mois. Elle est lourde. D’habitude, je demande l’aide d’Étienne pour ce genre de tâche qui requiert deux mains en bon état, mais son quart de travail s’est terminé il y a dix minutes et il est probablement déjà parti à l’heure qu’il est. Alors je bataille longuement avec le carton, jusqu’à parvenir à le faire bouger. Pendant ce temps, la cliente s’excuse de bavarder autant alors que je travaille. Le lourd carton sur les bras, me tourne vers elle en descendant prudemment du tabouret.

– Oh. Non, non, ne vous excusez pas. Je… j’aime entendre les histoires des gens.

J’essaie de la rassurer d’un ton hésitant. Je n’ai pas envie qu’elle arrête de parler, mais ne veux pas non plus qu’elle se sente obligée de meubler la conversation, même si un silence me mettrait bien mal à l’aise. Je laisse tomber la boîte au sol, faisant s’élever un nuage de poussière que je chasse de la main. Je m’agenouille ensuite devant le carton et l’ouvre pour en inspecter le contenu.

– Si ce n’est pas trop indiscret… pourquoi voulez-vous apprendre une langue aussi rare?

Je n’arrive pas à repousser ma curiosité et pose finalement d’une petite voix la question qui me brûlait les lèvres. Peut-être que j’aurais dû m’abstenir. Cette cliente parle beaucoup, mais ne m’a encore rien dit à ce sujet. Elle ne désire peut-être pas en parler. Je pince les lèvres et baisse la tête sur les livres aux titres imprononçables que je parcours du bout des doigts.



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Dim 29 Juil 2018 - 12:10
Elle a l’air de parler d’expérience quand tu mentionnes la littérature jeunesse. Peut-être qu’elle a de l’expérience dans la matière ? Pourquoi pas, après tout. Si les gens arrivent à faire apprendre leur langue maternelle à des enfants, alors c’est que le système d’apprentissage des langues pour les jeunes doit plutôt bien marcher, quand même. Peut-être que tu aurais dû commencer par là plus tôt. Mais Petrus, en bon serviteur fidèle, t’a mis sur un piédestal et ne s’est pas préoccupé de ce genre de choses. Ce n’est pas bien grave. Après tout, tu disposes quand même de plusieurs notions. Mais en plus de pouvoir déchiffrer certaines notes de ton père, tu aimerais juste être capable de mieux contrôler Dracul le temps que tu trouves une solution plus adaptée. Si tu parles en roumain à la Ligue, cela risque de paraître un peu suspect, non ?

En tout cas, tu dois être une cliente assez particulière pour cette jeune femme. Elle a cet air curieux qui te rappelle les moments que tu passais à l’église. Peut-être qu’elle n’aime pas le contact avec les clients, mais en même temps, elle doit apprendre beaucoup auprès d’eux, et cela doit égayer ses journées un minimum, quand elle rencontre des gens un peu atypiques. Mais ce n’est que quand elle te demande de te suivre à travers la porte réservée aux employés que tu te rends compte que tu es un minimum privilégié. Ou peut-être pas. Si elle tient à ce point à faire plaisir aux clients, c’est également possible qu’elle les emmène là régulièrement, malgré la consigne. En tout cas, elle explique la raison pour laquelle il n’y a pas de base de données. Apparemment, la gérante tienne à ce que tout fonctionne à l’ancienne, pour que le client se sente le mieux possible. Par conséquent, cela demande un travail de mémoire bien plus important pour les employés, mais elle n’a pas l’air de s’en plaindre. Ou peut-être ne le fait-elle pas simplement parce que tu es là et qu’elle se dit que tu te fiches bien de toutes ces histoires.

« Je comprends, c’est vrai que cela marche, en un sens. » réfléchis-tu à voix haute. « Peut-être que c’est ce qui attire le regard sans que l’on ne s’en rende compte ? Si c’est le cas, c’est plutôt bien pensé. »

Elle continue son travail sans problème pendant que tu bavardes, et c’est lorsqu’elle soulève un carton que tu t’excuses. Il faut dire que par rapport à elle, tu as l’air bien moins chétive, sans même parler de ta prothèse. Par conséquent, cela te gêne un peu de la voir se faire du mal alors que tu es en bien meilleure forme physique. Cela dit, elle te confirme ce que tu pensais jusque-là quand elle te pardonne : elle aime entendre les histoires des gens. L’affirmation qu’elle fait dessine un sourire sur tes lèvres.

« Dans ce cas, je crois que nous avons un point commun. » réponds-tu. « S’il y a bien une chose que j’adorais faire quand j’habitais à Romant-sous-Bois, avant de commencer à travailler, c’était de prendre le thé dehors, un livre à la main, et d’écouter les histoires des gens quand ils étaient de passage. Généralement, c’était des Dresseurs qui venaient défier Valériane, mais ils avaient toujours des anecdotes intéressantes à raconter. »

Tu aimerais pouvoir faire cela au moins une dernière fois. Mais aller à Romant-sous-Bois est risqué pour toi. Trop de gens te connaissent. Et pourtant, il va falloir que tu y ailles au bout d’un moment. Ton statut de Dresseur l’exige, car tu ne pourras pas affronter la Ligue Pokémon sans obtenir le Badge de sa Championne. Il te faudra être discrète. Très discrète.

Heureusement, la vendeuse change le sujet de la conversation, pour éviter qu’elle ne se tarisse. Et sa question est on ne peut plus évidente, à bien y réfléchir. Des gens qui veulent apprendre le roumain, à une telle époque et compte tenu du contexte économique dans lequel vous vous trouvez, ce n’est vraiment pas commun. Ce n’est pas non plus une langue morte, mais tout de même… Cependant, tu as bien préparé ta réponse.

« En fait, je travaille dans un manoir à Yantreizh, en tant que gouvernante de la baronne qui y séjourne. » expliques-tu. « Ma maîtresse est une femme qui a le cœur sur la main et qui n’hésite pas à héberger des femmes et des enfants dans le besoin, surtout si elles ont des problèmes… Des problèmes conjugaux, généralement. Alors nous leur offrons le gîte et le couvert le temps qu’elles puissent remettre un peu d’ordre dans leurs vies. »

La couverture parfaite, qui n’a jamais failli depuis que tu es arrivée au sein de la Team Galaxy. L’avantage, c’est que n’importe qui peut aller vérifier tes dires, et tout sera en ordre.

« Parfois, il arrive que nous ayons quelques problèmes de communication avec ces personnes. » poursuis-tu. « Et cette fois-ci, nous avons accueilli hier soir une dame qui ne parle rien d’autre que le roumain. J’ignore quelle est son histoire, mais c’est la raison pour laquelle je suis devant vous aujourd’hui. J’arrive à comprendre quelques mots, mais j’aimerais qu’elle ne se sente pas trop isolée et qu’elle puisse venir nous parler si elle a la moindre requête. Nous avons déjà un dictionnaire et un manuel de grammaire, mais j’ai besoin d’exemples plus concrets que ce que ces ouvrages peuvent me proposer pour être certaine de ne pas me tromper. Et me voilà dans votre boutique. »

C’est toujours plus crédible que « En fait, je veux dresser un Carmache pour qu’il m’obéisse au doigt et à l’œil et se transformer en machine à tuer ou en créature docile et câline quand j’en ai envie », au moins. Mais maintenant que vous avez commencé à avoir une relation un peu plus poussée que ce que tu pensais, la moindre des choses serait que tu lui demandes de te parler un peu d’elle.

« Et vous ? Pourquoi choisir de travailler dans cette librairie plutôt qu’une autre ? Peu de gens seraient satisfaits de seulement classer des livres toute la journée. Il doit y avoir un peu plus à votre histoire que ce que vous laissez entendre. »







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