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» Ne pas faire de vagues


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Modo Jeux & Sbire

C-GEAR
Inscrit le : 17/09/2013
Messages : 1660

Région : Johto
Lun 22 Oct - 20:00
Le but, en parlant et taquinant son chéri sur son sommeil, n’était clairement pas de le mettre mal à l’aise. Il était sérieux en prime, lorsqu’il disait qu’il l’enviait. Il préférait largement sa situation que la sienne, si on lui demandait son avis. Mais bon, il fallait croire que Morphée ne l’aimait pas assez pour l’attirer rapidement dans ses bras. « Bah, on s’habitue, à force. Plus ou moins. » A la base, il ne souhaitait pas parler à la place d’Azamir. Il avait bien compris que le ranger avait, lui aussi, quelques troubles niveau sommeil. Peut-être pas autant que le schizophrène. Mais en tous les cas, Shin’ avait toujours fonctionné ainsi. Il n’avait jamais été un gros dormeur et son jeune âge lui permettait d’encaisser le coup sur le long terme. Pour autant, il lui arrivait aussi de s’écrouler lorsqu’il était beaucoup trop crevé mais ça… C’était plutôt rare. Sinon, il s’était rendu compte que les trois nuits passées auprès de son chéri avaient été plus douces et réparatrices pour lui. Pour autant, il ne savait pas trop s’il pouvait l’évoquer, n’ayant pas spécialement envie de jeter un froid si cela insistait sur le fait qu’ils ne pouvaient pas –à cause de leurs obligations réciproques – dormir régulièrement ensemble. L’idée de repenser à la distance qui les séparait était mauvaise, aussi il ne tarda pas à la chasser. Il avait encore du temps avant de devoir se séparer de son amoureux, alors autant en profiter autant que possible.

La conversation battait son plein, si on faisait abstraction des commentaires lourds de Hei. Il semblait, d’ailleurs, s’en être rendu compte. Le sbire quant à lui, essayait plutôt de suivre et d’alimenter la discussion, constatant qu’Azamir y participait de bon cœur. Il s’en sentait quelque peu rassuré, notamment en vue de ce qui s’était passé, la dernière fois qu’ils s’étaient vus. Il ne savait pas réellement dans quelles mesures Ferir lui avaient racontés les retrouvailles qu’ils avaient eues, à son ancienne demeure… Car le sbire était persuadé qu’il l’avait fait. Il n’imaginait pas que son amoureux ait pu passer cette discussion sous silence, surtout en vue des enjeux. Il faudrait peut-être qu’il se renseigne à ce sujet… Mais il avait l’impression que ce serait de la curiosité mal placée. A voir, donc. Il s’amusa des ressemblances qui existaient entre Azy et lui, appréciant la légèreté de la chose, constatant le léger sourire qui se dessinait au coin de ses lèvres, y trouvant un certain réconfort. On était loin de la colère et de la rancœur que le sbire pensait que le ranger éprouvait.

Le moment qu’il redoutait arriva enfin et il se perdit bien trop dans ses réflexions, ne voyant pas le temps passé. Ni le monde évolué autour de lui. Ce fut pourquoi il sursauta, lorsque son chéri lui adressa ses premiers mots. Il fut perturbé pendant un court moment, constatant que les deux colocataires étaient partis. C’était sans doute pour cela que Ferir s’excusait pour le comportement de Hei… Comportement pour lequel il n’y était pour rien, ce que le sbire ne manqua pas de dire à voix haute, lorsqu’il eut fini d’assimiler les informations. Il ne sut réellement comment interpréter la réponse qu’il obtint, sur ce sujet. Il ne voulait pas non plus que son amoureux s’imagine qu’il s’agissait d’un reproche dissimulé. Clairement, ce n’était pas le cas… Même s’il était vrai qu’il s’excusait souvent pour des choses dont il n’avait pas le contrôle. Aux yeux du sbire néanmoins, cela n’avait que peu d’importance. Cela faisait partie de son caractère et il l’acceptait comme il était, sans chercher à le changer.


« Ouais tu m’étonnes… Mais ça ira. »
Il n’était pas réellement surpris d’apprendre que Ferir aussi, n’avait pas forcément apprécié les paroles du coloc’. Il repensa à cette histoire de stress, quant à la rencontre avec son fils, se disant vaguement que ce serait peut-être le moment de lui dire qu’il n’avait pas à s’en faire et chercher à le rassurer sur ce point. Pour autant, il était plutôt obnubilé par son propre problème qui avait été, de toute évidence, repéré par son petit ami. Il était nécessaire, maintenant, de dire la vérité. Ce n’était pas simple. Après tout, les grandes révélations sur lui-même, ce n’était pas lui qui les avait faites, quand on y réfléchissait. Kane et son ex, c’était Shara, sa schizophrénie aussi. Il avait esquivé le malaise… Mais là clairement, il ne pouvait pas appeler sa sœur pour qu’elle dise les choses. Il fallait qu’il se prenne un peu en main, aussi. Et qu’il soit honnête avec Ferir. C’était… Quelque chose qui lui tenait à cœur et plus il se taisait, plus il se sentait honteux. Honteux de ne pas réussir à parler, honteux de ne pas respecter son engagement. Après avoir laissé paraitre des comportements nerveux qui trahissaient tant son embarras, il finit par parler. Ce n’était peut-être pas les meilleurs des mots à dire et il se demanda rapidement s’il avait été assez clair, dans ses propos. Il en doutait un peu, d’où sa nécessité de préciser qu’il n’était pas anorexique. Si, à la base, la phrase avait vocation de rassurer, l’effet était peut-être totalement opposé.

Il n’osait pas regarder le Kantonien, craignant trop de voir des sentiments sur son visage qui lui déplairait. Il avait cette impression de pouvoir lire en lui comme dans un livre ouvert mais son stress apparent pouvait déformer la réalité… Et ça ne donnerait rien de bon. Pour autant, avoir commencé à dire son problème, cela l’aidait à se détendre un peu… Bien qu’il redoutait toujours la réaction de son amoureux. Il se raidit un tantinet en sentant le contact de ses mains contre les siennes, se détendant rapidement en constatant qu’il n’avait pas de mauvaises intentions, il n’allait pas se moquer, non plus. C’était même idiot de penser qu’il l’aurait fait, en vue de sa gentillesse. Le sbire se sentait, dorénavant, plutôt mal d’avoir pu penser une seconde que cela aurait pu être le cas. La nervosité avait vraiment un sale effet sur son mental. Il se mordit la lèvre en entendant la question. Pourquoi il ne lui en avait pas parlé avant ? Eh bien… Parce qu’il était con, c’était une réponse, non ? Il doutait néanmoins que Ferir apprécie les mots. Il avait cru comprendre que son petit ami n’aimait pas spécialement qu’il s’auto-insulte –ce qui était plutôt logique, d’ailleurs-.

Il déglutit avec difficulté, son regard posé sur ses mains. Il avait un tantinet refermé ses doigts sur ceux de son amoureux, laissant échapper un petit rire quant à l’estomac sans fond. L’expression l’aidait un peu à chasser son stress et il n’allait pas le contredire.
« Je suis désolé… » De ne pas avoir dit la vérité plus tôt ou de ne pas parvenir à manger, là était toute la question. Il n’était pas sûr de le savoir lui-même. Il eut tendance à se renfermer un peu sur lui-même, allant s’asseoir sur le bord de la table. Il gardait néanmoins l’une des mains de Ferir dans la sienne, ne parvenant toujours pas à lever les yeux vers lui. « J’t’avoue… Que je comptais un peu là-dessus, justement… » Une grimace se dessina sur ses lèvres. L’avouer était peut-être rude, mais cela restait dans la franchise qu’ils avaient convenue. « C’est… Ce n’est pas contre toi. C’est juste… Que c’est ridicule. J’veux dire, ne pas réussir à manger. C’est absurde. Je le sais. Et je ne l’accepte toujours pas. » Un peu comme sa schizophrénie. Il s’abstient du dernier commentaire, ne pensant pas qu’il apporte quoi que ce soit de bon.

Les questions qui suivirent le fit se perdre un peu plus dans ses réflexions. Il laissa échapper un soupir avant de focaliser son regard sur Tsuku qui continuait de dormir. Maintenant qu’il était lancé, autant
continuer. Il ne pouvait plus faire marche arrière et peut-être… Peut-être que cela lui ferait du bien. « Ça m’arrive de la ressentir, quand j’ai rien avalé depuis deux jours. Mais c’est surtout parce que mon corps ne suit pas… Mais ça fait un moment que j’ai plus été dans cet état. » Il avait essayé de le rassurer, un minimum. Pas persuadé que ça ait vraiment fonctionné. « J’ai… J’ai ce problème depuis que je suis gamin, aussi loin que je m’en souvienne, du moins. Je ne peux pas vraiment dire que je mangeais à ma faim, quand j’étais gosse. C’est plus ou moins resté en grandissant. Y a des périodes où j’arrive presque à avoir une alimentation normale. Presque. Mais en général… J’ai pas d’appétit. Je me force pas mal quand je suis avec Kane, parce que je ne veux pas qu’il s’inquiète pour moi. Il parait que mon traitement aide pas non plus pour ça, je ne sais pas trop. Ça fait partie des trucs que j’essaie d’arranger avec mon psy, même si le résultat n’est pas vraiment là. » Sans doute parce qu’il était difficile d’aborder le sujet, même pour le praticien. Il eut une légère moue, maitrisant un frisson. Il osa lancer un léger regard vers Ferir, avant d’enchainer : « Je ne sais pas si j’ai été très clair… Si t’as d’autres questions… » Il essayerait de lui répondre, même si, pour le coup, ça ne lui faisait pas vraiment du bien. Comme à chaque fois qu’il repensait à son enfance.


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So what if I'm sicker than sick?
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Ranger Kantô

C-GEAR
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Dim 28 Oct - 16:53
Point de vue de Ferir

J’aimerais vraiment croire en la réponse de Shin, que tout ira, mais je n’en suis pas sûr. Même si Hei semble avoir compris, de ce qu’Azy me dit de lui, il peut être parfois insistant et particulier. Je suppose qu’on verra cela au cours de la soirée. Peut-être va-t-il choisir de s’effacer. Même chez moi, il tendait parfois à s’isoler. Ici, il est chez lui donc il peut faire ce qu’il veut. Tant que ce n’est pas dans un but de nous rendre mal à l’aise... Mais... je ne pense pas que c’était son objectif, au fond. En tout cas, je hoche doucement la tête après les paroles de mon petit ami, ne poursuivant pas sur ce sujet. Je constate qu’il y a autre chose qui le dérange. Ce n’est pas que ça donc il me faut savoir. C’est le moment pendant que nous sommes que tous les deux. Il pourra s’ouvrir à moi. J’ai confiance en mon meilleur ami pour retenir son colocataire s’il essaie de se montrer curieux et de venir nous rejoindre. Il ne le laissera pas faire et lui ne cherchera pas à le faire non plus. Je peux me concentrer entièrement sur la discussion à venir sans craindre d’être interrompu. Et j’ai eu raison de poser la question. Il y avait bien autre chose, quelque chose de plus grave. J’attends les explications, de savoir de quoi il s’agit. Je n’ai aucune idée de ce que ça peut être, s’il n’y a pas de rapport avec Hei. Peut-être avec Kane, mais il prenait du mieux et je crois que Shin m’en aurait parlé directement s’il y avait quoi que ce soit. Donc j’ai du mal à imaginer le pourquoi mon copain se trouve dans un tel état... Tu es loin d’envisager un trouble alimentaire. Bien que tu saches que cela existe, ton rapport avec la nourriture est si bon que ça ne te vient pas à l’esprit. Tu t’es déjà posé des questions à savoir pourquoi Shinara est maigre, plus que toi. Pourquoi il mange moins, comme ce fut le cas ce midi. Ça ne va jamais plus loin, ne croyant pas qu’il y ait là un problème de cette envergure. Un problème face auquel il sera difficile pour toi de savoir quoi dire ou quoi faire. J’espère qu’il se confiera, bien que jamais je ne le forcerai à quoi que ce soit. Même si c’est pour son bien.

Tu as appris à ne pas lourdement insister comme il t’arrivait de le faire, quand tu étais adolescent.

Son malaise est évident. Il y a tellement de signes, son comportement le trahit entièrement. Il y a une honte que je ne parviens pas à identifier. Je me sens mal aussi de le voir comme ça, désireux de le soulager de tous les maux. Je ne sais pas à quoi m’attendre jusqu’à ce que Shin parvienne à me parler, toujours sans me regarder. Je suis surpris, mais je veux le soutenir du mieux que je le peux. Je veux qu’il puisse compter sur moi, qu’il sache que je ne le jugerai jamais de rien. J’ai pu voir qu’il s’est raidi quand je lui ai saisi les mains, bien que c’est un état qui n’est pas resté. Heureusement. Mon but n’est pas d’empirer son malaise... Pour le moment, je cherche surtout à comprendre. C’est un problème que je ne connais pas vraiment, et en plus j’ai un excellent rapport avec la nourriture. Je me sens coupable de ne pas avoir cherché plus loin pour lui, malgré le fait que j’avais fait quelques observations chez lui, différentes de chez moi. Ça ne doit pas le rendre très à l’aise de discuter de ça dans un environnement qu’il ne connaît pas vraiment non plus. Peut-être que j’aurais pu m’abstenir de demander pourquoi il ne m’en a pas parlé avant. C’est sans doute pour ça que je poursuis. Je me sens légèrement rassuré en entendant son rire suite à mes paroles. Mais c’est de courte durée. J’avoue que je ne comprends pas pourquoi il s’excuse d’abord. C’est peut-être de ne pas m’en avoir parlé avant. Je le suis quand il se recule pour s’asseoir sur le bord de la table, raffermissant ma prise sur sa main. Je ne veux pas qu’il me lâche. Ça nous aide tous les deux d’avoir un contact physique, dans ce genre de situation. Je ne sais pas comment prendre sa première remarque. De savoir qu’il profitait (faute de trouver un meilleur mot sur l’instant) du fait que je suis un gros mangeur pour ne pas me parler du souci... non, je ne sais vraiment pas comment je dois le prendre. Mais j’attends, écoutant la suite. Même avec ces autres explications, je me sens perdu, à ne pas savoir exactement comment réagir. C’est une étrange sensation qui ne m’arrive pas très souvent.

C’est surtout parce que tu ne sais pas comment résoudre des problèmes d’ordre du psychologique. Tu sais écouter, conseiller, mais agir dans le concret, tu crains de proposer quelque chose qui empire la situation.

Ne dis pas que c’est ridicule, tentai-je doucement. Ce n’est pas avec ce genre de pensée que ça t’aidera... Se pousser dans du négatif n’amène jamais rien de bon, ça j’en suis convaincu. Par la suite, j’essaie de comprendre un peu mieux, osant poser des questions. Je sais que ça ne lui plaît pas, Shin esquive toujours mon regard. Son soupir est éloquent aussi. Néanmoins, il y répond. J’essaie de ne pas m’alerter quand j’apprends qu’il ressent la faim après deux jours sans avoir mangé. Deux jours! C’est peut-être mieux qu’il ne me regarde pas en fait, parce que je ne parviens toujours pas à avoir un quelconque contrôle sur mes expressions faciales. Je ne suis pas très étonné de la suite, que son corps ne suive pas dans ce genre de cas. Mais je reste silencieux, le laissant continuer. Il vaut mieux ne pas l’interrompre, il risquerait de ne pas reprendre. Je ne peux empêcher un élan de tristesse en apprenant qu’il ne mangeait pas à sa faim, enfant. C’est vraiment comme Azy... Il portait des pulls amples pour que ça ne se voie pas, mais quand je venais lui faire des câlins, ça devenait tout de suite plus évident... Bref, ce n’est pas facile à entendre et je ne peux qu’imaginer à quel point ce n’est pas facile à dire non plus, surtout face à un grand amateur de bouffe comme moi... J’apprends ensuite qu’il se force en présence de Kane, mais aussi que son traitement coupe l’appétit. Du moins, c’est ainsi que je l’interprète. Ce n’est qu’après tout cela que mon petit ami me regarde enfin, même si ça ne reste pas. Quand il me demande si j’ai d’autres questions, je m’approche doucement pour le serrer contre moi, relâchant sa main par la même occasion. Je parle ensuite d’une voix basse. Je ne te force pas à continuer d’en parler. J’hésite à dire que je constate que ce n’est pas facile, préférant finalement taire ça. Je t’avoue que je ne sais pas comment réagir. Autant être honnête et admettre ensuite mes limites. Si un psychologue a du mal à l’aider, alors qu’est-ce que moi je pourrais faire de plus? Je ne suis pas un professionnel dans ce domaine...

Te l’admettre te peine, croyant ne pas être à la hauteur pour bien soutenir Shinara, pour lui venir en aide. Tu es un expert Pokémon et un expert en biologie. C’est déjà tout un lot de connaissances.

Je ne voudrais pas te dire des bêtises ou des choses qui ne se peuvent pas,
continuai-je ensuite, le resserrant un peu contre moi. C’est tout ce que je peux faire, le soutenir de cette façon. Je reste ainsi quelques instants avant de légèrement me reculer pour le regarder. Je suis tellement désolé pour ce que tu as vécu... Je ramène une main pour lui caresser la joue, espérant qu’il me laissera faire. Je n’ai jamais pas de solution miracle pour le coup, je me sens pris au dépourvu. J’ignore s’il faut que je réagisse à tout ce qu’il m’a dit, il vaut peut-être mieux que je ne le fasse pas, pour l’aider à chasser son mauvais état d’esprit. Mais j’ai tout de même une question. J’hésite un peu, avant d’oser la demander, lui caressant le milieu et bas du dos de mon autre main. Quand tu te forces à manger, ça se passe bien? Je me doute que ça ne doit pas toujours être le cas... Il y a des aliments que tu aimes et qui passent bien? Je veux éviter de le bombarder de questions donc je m’arrête là. Mais pour ce soir, si on peut trouver quelque chose pour qu’il avale au moins quelques bouchées, ça sera un bon début.



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Modo Jeux & Sbire

C-GEAR
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Mar 30 Oct - 10:34
S’ils avaient pu continuer à parler du malaise qu’avait instauré Hei, il l’aurait fait volontiers. Certes, la conversation ne serait pas des meilleurs et resterait dans un cadre… Bizarre, mais au moins, le sbire n’aurait pas eu à dévoiler cette part de vérité. Il savait, pourtant, qu’il devait s’exprimer là-dessus. Il se rappelait parfaitement ce moment où ils avaient décidés d’être honnête l’un envers l’autre et mis à part son travail, il s’était convaincu de le faire. Surtout qu’il savait que Ferir ne le jugerait pas bêtement et qu’il ferait de son mieux pour comprendre. Pour autant, il s’agissait d’un problème qu’il avait depuis qu’il était gamin et il n’avait jamais vraiment réussi à s’en débarrasser. Une fois peut-être, quand sa relation avec son ex avait été au sommet… Mais ce laps de temps avait été bien trop court pour qu’il le maintienne. Il n’avait pas, d’ailleurs, envie de parler de ce passage de sa vie. Il préférait largement le terrer dans un coin de son esprit, le laissant pourrir ainsi. Il fallait qu’il fasse table rase du passé, de toute manière. Ce n’était peut-être pas le plus judicieux, néanmoins il ne se voyait pas parler de son ancienne relation à son chéri. Il trouvait ça… Trop étrange.

Son corps le trahissait, c’était certain. Si le Kantonien n’avait que des doutes sur son éventuel trouble actuel, en vue de ses réactions, il ne pouvait que se persuader que quelque chose n’allait pas. Il fallut pourtant du temps au schizophrène pour réussir à mettre des mots sur le mal qui l’habitait. Malgré tout ce temps, il ne l’assumait toujours pas et sans doute ne le ferait-il jamais. Il ne fut pas surpris par les premiers paroles de son amoureux, laissant échapper un rapide rire. C’était bien, qu’il mange ainsi. Pour dire vrai, le sbire l’enviait pour ça… Mais il ne parvenait pas à adopter le même comportement. Allant s’adosser à la table comme s’il craignait que ses jambes ne le lâche en ne supportant plus son faible poids, il fut rassuré par cette emprise sur ses mains, malgré sa raideur lorsque le contact l’avait tout d’abord surpris. Il dut s’y prendre plusieurs fois, pour s’exprimer. Ce n’était pas facile, d’autant plus qu’il admettait avoir abusé de la crédulité de son partenaire. C’était mal, il le savait. Il n’aurait peut-être pas dû le dire, d’ailleurs. Mais l’idée d’être honnête trottait toujours dans sa tête et il cherchait à respecter leur promesse.

Après des excuses qui étaient sans doute, injustifiées, il exprima son mal-être, face à la bêtise de son comportement. Il était convaincu qu’il avait raison, mais la réponse de son chéri le laissa pensif. Une légère moue se dessina sur son visage alors qu’il n’osait pas ancrer son regard dans le sien. Il avait raison, une part de lui l’admettait. Mais l’autre partie avait tendance à continuer à le tirer vers le bas et il ne parvenait pas à l’envoyer balader. Le malaise était trop présent, dans son esprit. Instinctivement, il tourna son intention vers la porte, s’assurant ainsi que ni Azamir ni Hei ne viendraient les déranger dans leur conversation alors qu’il tentait de s’ouvrir. Il resserra son emprise sur les mains de son partenaire, répondant alors à ses interrogations. Heureusement qu’il ne remarquait les mimiques de son visage, au risque de se refermer davantage. Il avait bien compris que Ferir n’avait aucun problème avec la nourriture, bien au contraire. Il savait aussi que pour certain, il était impensable de rester toute une journée sans manger… Et que son propre comportement, de rester deux jours sans rien avaler, était inquiétant.

Shinara chercha la force, au plus profond de lui, pour continuer à parler. Il évoqua son enfance chaotique, alimentairement parlant. Il n’avait pas spécialement envie de rentrer dans le détail, notamment sur le fait que son père, en théorie, ne l’avait jamais privé. C’était juste… Juste qu’il y avait des conditions pour accéder à la nourriture, condition que son manque d’attention et ses difficultés d’apprentissage l’empêchait de remplir. Du coup, il avait toujours eu cette impression que tout était de sa faute. Sans doute que cela n’aidait pas à passer à l’étape suivante. Ferir l’avait laissé parler tout du long, ne souhaitant sans doute pas l’interrompre au risque de le bloquer. Lorsqu’il eut fini, il osa jeter un coup d’œil à son chéri, ne parvenant pas à déterminer néanmoins l’expression peinte sur son visage. Il détourna les yeux, demandant ensuite s’il avait été assez clair. S’il devait réexpliquer, ce serait difficile pour lui, mais il le ferait. Il déglutit avec difficulté, sentant les bras de son partenaire le cercler doucement pour une étreinte. Il s’abandonna dans ses bras, posant sa tête sur son épaule, nichant son visage dans son cou. Ses mains s’accrochèrent à son t-shirt, fermant les yeux un instant. Il se laissait bercer par l’instant, comprenant qu’il n’était pas évident de trouver quoi dire, dans ce genre de situation. Mais la présence de Ferir lui permettait de retrouver un semblant de calme. Aux premiers murmures, il ne sut pas quoi répondre. Il se contenta d’acquiescer, comprenant la difficulté à trouver quoi dire, après tout ce qu’il venait de déballer. Il dissimula une moue lorsqu’il sentit son partenaire se reculer un peu pour lui faire face, essayant de tenir son regard. Pour autant, il détourna les yeux lorsqu’il s’excusa pour ce que le sbire avait vécu… Bien qu’il n’y était pour rien.

Sa main sur sa joue le fit revenir à la réalité, alors que son esprit avait tendance à plonger dans le passé. Il glissa sa main sur celle de son chéri, fermant les yeux pour profiter de la caresse. Il déposa aussi un baiser en son creux, démontrant ainsi qu’il appréciait toutes ses petites attentions. Elles l’aidaient à aller de l’avant, l’empêchant de définitivement craquer. Il n’avait clairement pas envie de fondre en larmes, au risque de se trouver d’autant plus ridicule, malgré les mots d’encouragements. Il se laissa une nouvelle fois bercer par les caresses dans son dos, réagissant un peu plus aux questions qui suivirent. Au moins, il parvenait dorénavant à observer et tenir le regard de son amoureux. Il se pinça les lèvres, cherchant le meilleur moyen de répondre. Être honnête, en plus.
« Ça dépend. Parfois j’ai juste des maux de ventre et ça passe, parfois… Ça me fait vomir et je suis encore plus faible qu’avant alors… » Il haussa les épaules, ne sachant quoi dire de plus. Il fut envahi par la pensée fugace qu’il s’agissait d’une bonne définition de l’anorexie, en réalité. Et il se sentit frissonner à cette idée. « Des takoyakis. » La réponse lui était venue naturellement et il eut un sourire idiot ensuite, avant de passer sa main dans ses cheveux d’un air nerveux. « J’en mangeais souvent quand j’étais gamin, avec Tani… C’était le seul truc que je pouvais manger à ma faim, ou quand j’allais manger chez les Mina… Mais c’était rare, ça, très rare. Après je ne peux pas me nourrir exclusivement de takoyakis non plus, niveau repas équilibré pour Kane, c’est pas le must. » Il savait aussi que c’était particulièrement étrange, comme comportement et que cela n’avait pas de sens.

« Sinon… Les produits de la mer en général. Faut croire que j’ai quand même été marqué par le régime alimentaire de ma ville natale. »
L’idée l’enchantait guère, il devait l’avouer. Mais le plus souvent, ce qu’il vomissait le moins était les crustacés et autres poissons. Il se mordit la lèvre inférieure, ayant tendance à se redresser un peu. « Je sais que Sha a une technique à la con qui fonctionne bien. Un peu… Un peu comme à midi, en fait. Elle prend toujours plus que ce qu’elle peut manger, parce qu’elle sait que je vais piquer dans son assiette. C’est pas très poli mais… Je crois que de savoir que je n’ai pas à finir ce que j’ai dans l’assiette me rassure. Enfin je ne sais pas trop, mais quand je ne m’en rends pas forcément compte ça a l’air de bien fonctionner. » S’il pouvait lui donner une astuce… Bien que maintenant qu’il l’avait évoqué, il se demandait si ce soir elle allait réellement fonctionner. Il lança un nouveau regard vers l’intérieur de la maison, pensif. « Ils… Ils vont trouver ça bizarre, non ? … » C’était peut-être un peu tôt pour s’inquiéter de l’avis d’Azamir et Hei sur la question, mais elle avait germé dans son esprit et il l’avait laissé s’échapper de ses lèvres.


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Ranger Kantô

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Ven 9 Nov - 4:31
Point de vue de Ferir

Ce n’est franchement pas facile pour moi de savoir comment bien réagir face au problème de Shin. J’essaie de le comprendre, mais aussi de ne pas aller vers des phrases toutes faites. J’ignore comment l’aider, concrètement. Ça me fait me sentir mal pour lui, mal de ne pas être le support dont il a besoin. Je me doute que ce n’est pas en lui disant de manger que ça ira. Il y a une source derrière et que je ne veux pas le forcer à me raconter tout pour en arriver à peut-être même pas identifier le souci... Je ne suis pas psychologue. Par contre, je crois que ça doit avoir un lien avec son enfance, de ce qu’il me dit. C’est comme pour Azy, ce qu’ils ont vécu a eu de l’influence sur leur développement. Par contre, s’il voit régulièrement un professionnel, c’est surprenant qu’il ne parvienne pas à déterminer la cause de ce trouble pour ensuite régler la situation... Après ce début d’explication et la question pour savoir s’il a été clair, je ne peux m’empêcher de le serrer contre moi, doucement. S’il n’avait pas voulu, je me serais reculé sans insister. Au contraire, il s’agrippe un peu plus à moi, son souffle dans mon cou me chatouille presque tellement il est proche. Je cherchais quoi dire, mais je ne veux pas me lancer dans des phrases qui n’ont pas de sens, ou des encouragements vains. C’est une situation particulière qui ne se réglera pas avec seulement une attitude positive et des « t’as qu’à manger ». Je ne veux pas non plus le vexer par ce que je pourrais dire avec ma maladresse. Donc il vaut mieux que je mentionne ne pas savoir quoi dire, exactement. Ce à quoi je distingue qu’il acquiesce. Peut-être que je me suis reculé trop vite, pour lui parler en le regardant. Mon malaise me fait souvent agir n’importe comment... Je dois porter une attention pour que ça n’arrive pas. Je ne peux m’empêcher de m’excuser face à ce qu’il m’a dit quant à son enfance. Je n’ose pas approfondir malgré ma curiosité. Ce n’est pas le bon endroit pour ça. Quand nous serons que tous les deux, chez lui ou chez moi, ça sera plus approprié. C’est difficile de ne pas savoir, avec cette impression que tant que je ne saurai pas, je ne pourrai pas lui être vraiment utile.

Il y a encore cette pensée magique qui te vient en tête, celle que tu si tu le pouvais, tu lui retirerais comme par enchantement tout ce négatif dû à son passé...

Ce que je peux faire, c’est d’essayer de lui démontrer que je ne juge en rien, que je veux l’aider et l’apaiser. Grâce à des gestes, grâce à des attentions. Je fais de mon mieux et ça semble avoir un minimum d’effet. Shin réagit bien au touché sur sa joue, il me chatouille presque en déposant un bisou dans le creux de ma main. J’aurais aimé arrêter la conversation à ce moment, mais j’avais besoin d’un peu plus d’informations. Surtout que nous allons justement manger bientôt, si je peux trouver un moyen de rendre ça un peu plus agréable, je le ferai. Mes questions doivent le rendre un peu mal à l'aise, j'imagine. Peut-être plus la seconde que la première. Des maux de ventre ou des vomissements... C’est vraiment ancré profond en lui comme problème. J’avais raison de croire que ça ne s’arrangerait pas qu’avec des paroles gentilles... Et je ne sais pas plus quoi faire pour l’aider, ou alors, l’idée que j’ai pourrait être utile. Je ne sais pas trop et j’hésite, mais je finis par la mentionner d’une voix pas assurée. Tu crois qu’en mangeant de petites portions, mais plus souvent dans la journée, ça t’aiderait à manger sans avoir de conséquence? Il l’a sans doute essayé, c’était idiot à dire. Je me mordille la lèvre, espérant ne pas avoir fait le commentaire de trop. Mais on enchaîne sur la seconde question. La réponse est spontanée, au moins ça démontre qu’il aime réellement ce mets. C’est vrai qu’en y repensant, c’est la seule fois que je l’ai vu manger avec beaucoup d’appétit. Le matin, je me réveille souvent après lui donc je ne sais pas trop... Bref, j’écoute la suite, apprenant qu’il s’agit d’un repas qu’il mangeait souvent en compagnie de son meilleur ami, avant. La réflexion qui suit est pleine de sens et je réalise à quel point ça vient compliquer les choses. Je me disais que pour qu’il regagne l’appétit et habituer l’estomac à avoir de plus en plus de nourriture à digérer, qu’il vaut mieux qu’il avale des aliments qu’il aime vraiment. Après, il me précise que ça va avec les produits de la mer. La phrase suivante me porte à croire que ça ne lui plaît pas beaucoup... Il vaut mieux que tu ne te brimes pas, si tu aimes quelque chose. Si les poissons et fruits de mer te plaisent, peut-être que tenter d’en inclure dans les repas, en petite portion, t’aiderait? Ma question est sortie sur un ton moins assuré. Je ne suis vraiment pas sûr de ce que je dis, en plus j’avais mentionné qu’il valait mieux que je ne parle pas, dans ces conditions. M’enfin, j’ignore si tu as tenté des trucs ou quoi donc tu peux me dire si mes propos sont inutiles...

Toujours ce sentiment d’impuissance qui règne, très désagréable. Tu as tant de plaisir avec la nourriture que tu aimerais que ton amoureux puisse en avoir, lui aussi.

Shin m’explique ensuite la technique de sa sœur, résumant ce qui s’est passé ce midi. Il a volé quelques frites dans mon assiette, mangeant un peu de cette façon. Je trouve que ce n’est pas suffisant, mais c’est mieux que rien. J’ai alors un petit sourire pour tenter de le rassurer. Ça ne me dérange pas si tu veux piger dans mon assiette, tu peux toujours. On pourra tenter ce soir aussi, si tu crois que ça ira. Je ne sais pas si ça fonctionnera alors qu’Azy et Hei seront présents, et aussi qu’on vient d’en parler. D’ailleurs, je ne suis pas le seul à penser à eux à cet instant. Mon petit ami regarde vers la maison et s’inquiète de leur avis sur la question. Ma main vient lui caresser doucement la joue. Azy ne se permettra pas de commentaires, ne t’en fais pas. Bon, c’est tout de suite plus délicat en ce qui concerne le colocataire... Il faut que je trouve comment le dire. Hei, je ne sais pas. Autant être honnête, même si je ne suis pas sûr que c’est une bonne idée. Par contre, je ne le laisserai pas faire des remarques déplaisantes. Ce n’était déjà pas très agréable tout à l’heure, alors je ne veux pas qu’il aggrave le problème en ne sachant pas se retenir. Tu crois que... des pizzas aux fruits de mer ça irait? Ils ont peut-être ce qu’il fait pour en faire, et je peux en manger avec toi. Puis, tu sais, tu n’es jamais obligé de terminer le contenu de ton assiette. Je serai là pour jouer la poubelle, ou alors on garde le reste dans un plat au frigo. J’ai un nouveau sourire, essayant de le déculpabiliser, s’il y a de tels sentiments derrière son trouble. Avec moi, il n’y aura pas de gaspillage, pas de remarques, pas de jugements. Je vais tenter de ne pas m’inquiéter outre mesure pour qu’il ne se sente pas mal. Il y a au moins ça que je peux faire pour l’aider... J’aimerais vraiment pouvoir faire plus. Je t’aime. Doucement, je viens le coller plus, le serrant dans mes bras.

Tu voudrais tant que l’amour soit suffisant pour régler ce genre de trouble...



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Sam 10 Nov - 15:42
La présence de son petit ami, malgré sa gêne apparente, lui faisait du bien. L’étreinte lui permit de mettre un peu d’ordre dans ses idées, bien qu’il se retrouvait toujours autant perturbé. Cela faisait si longtemps qu’il trainait son problème alimentaire qu’il avait tendance à baisser les bras, parfois. Il en connaissait plus ou moins la cause, mais ce n’était pas pour autant qu’il parvenait à le résoudre ou tout simplement en parler ouvertement. Il avait beau savoir que son chéri ne le jugerait pas, il n’y arrivait pas. Les mots se perdaient dans sa gorge et révéler toute l’histoire d’un bloc était hors de sa portée. Petit à petit, peut-être en serait-il capable… S’il ne jouait pas trop sur la corde de la patience. Ferir était adorable, mais l’entendre se plaindre continuellement n’était certainement pas une bonne idée, en son sens. Après tout, ils étaient là, surtout, pour passer un agréable moment, pas pour l’entendre raconter sa vie.

Il dissimula sa moue lorsque le câlin se termina, son partenaire cherchant quoi dire pour lui remonter le moral, trouver une solution. Evidemment, il avait déjà essayé de procéder à ses propositions ; pour autant, il n’avait aucune envie de l’envoyer baladé. Non, en réalité, il avait plutôt un petit sourire doux qui vint à peindre son faciès ; il était touché par la volonté affichée de son amoureux à trouver une solution.
« Comme un chat ? » La pensée avait surgit dans sa tête et il s’était permis de l’émettre à voix haute, un peu involontairement. Il repensait à Ahi, le Flamiaou de son fils. Quand ils l’avaient trouvé, abandonné à la Tour Cendrée, il avait fallu un petit temps avant de pouvoir l’envoyer dans sa pokeball. Le félin vivait toujours plus ou moins dans l’appartement. Ce que le sbire avait retenu, c’était qu’il ne mangeait pas énormément, un peu comme lui. Jusqu’à ce qu’il s’aperçoive qu’en réalité, le chat revenait régulièrement à sa gamelle… Alors forcément, la proposition de Ferir lui avait fait penser à ça. Il étouffa un petit rire, y réfléchissant plus sérieusement. « J’ai déjà tenté. Ça marche parfois… Parfois non. J’ai des phases où ça va, d’autres où ça ne va pas. En ce moment… Ça ne va pas vraiment. » Il se mordit la lèvre inférieure. Il avait cette impression de ne pas vraiment répondre à la question, mais son esprit s’était surtout focalisé sur l’aveu. Dire clairement qu’il n’allait pas bien, de ce côté, n’était pas habituel pour lui. Et ça le perturbait énormément.

Ensuite, Ferir poursuit son investigation. Son idée de le faire se focaliser sur les plats qu’il préfère n’était pas mauvaise. Loin de là. Mais ce n’était sans doute pas très sain de manger continuellement des takoyakis… Alors il fit l’effort de poursuivre sa réflexion, parlant des fruits de mer. La pensée d’avoir adhérer au régime alimentaire d’Oliville lui déplaisait, notamment parce que ce n’était pas quand il y vivait qu’il avait le plus mangé. C’était même l’opposé. Pour autant… Il ne mentait. Il avait l’impression que son estomac tolérait plus facilement les crevettes et autres aliments de l’océan que de la viande rouge ou blanche. C’était un peu bizarre, mais véridique
. « Peut-être… » C’était plein de sens, comme réflexion. Le faire manger avec des plats qu’il affectionne, ça devrait être bien plus efficace qu’avec des produits alimentaires qu’il déteste. Toutefois, il avait des difficultés à être emballé par l’idée. Au fond, sa crainte, c’était de finir par se dégouter de ses aliments et de ne plus rien réussir à avaler. Et, dans ce cas-là, c’était direction l’hôpital direct. Autant dire que cela ne l’enchainait pas et sans doute allait-il trop dans des réflexions poussées, augmentant son mal-être.

Il releva la tête toutefois, quand Ferir lui annonça qu’il pouvait lui dire, si ses idées étaient inutiles. Shin’ eut un léger sourire désolé, puis doux. Il glissa sa main dans son dos, sous le vêtement. Juste… Pour profiter de sa chaleur.
« C’est pas inutile. C’est… Adorable. Que tu essaies comme ça de m’aider, que tu t’inquiètes pour moi comme ça… Je trouve ça… Adorable. Même si je me trouve égoïste, pour le coup. » Un petit rire, il essayait de prendre le problème avec plus de légèreté, histoire de ne pas inquiéter davantage son petit ami. Pas sûr que ce soit réellement efficace… Alors il opta pour donner la technique de sa sœur. Elle imaginait peut-être que le sbire ne s’était pas rendu compte de son procédé, mais il l’avait grillé dès la première fois qu’elle avait agi ainsi. Et en réalité, il avait plus l’envie de la remercier, pour ça. Çà l’aidait, au final, plus qu’il n’aurait pensé. La présence de Kane aussi, le faisait manger plus régulièrement que lorsqu’il était seul. Mais même avec tout ça, il avait encore ses lacunes qu’il ne parvenait pas à faire disparaitre. Il acquiesça silencieusement, lorsque son amoureux lui proposa de piger dans son assiette pour ce soir. Pour le coup, il avait encore moins faim qu’avant, mais peut-être que l’odeur de la nourriture lui permettrait de raviver un peu son appétit. Ça marchait, parfois.

Un regard vers la maison lui rappela qu’ils n’étaient pas seuls, ce soir. Et que leur conversation s’éternisait peut-être un peu… Mais il ne sentait pas prêt de retrouver les deux colocataires. Il s’inquiéta à voix haute de leur réaction, face à son comportement. Ferir ne tarda pas à le rassurer quant à Azamir, qu’il ne ferait pas de réflexions. Il le croyait sur paroles, pour le coup. En revanche, comme il aurait pu l’imaginer, ce ne serait pas aussi simple avec Hei… Il avait vu une partie de son tempérament ce soir. Si Hei se permettait de lui faire des remarques comme il l’avait fait avec le ranger, cela risquait de mal se passer… Le sbire ayant tendance à être un peu trop virulent dans ce genre de situation. Surtout qu’il n’avait pas toujours sa langue dans sa poche… Mais heureusement, son petit ami lui assura qu’il ne laisserait pas l’homme faire de commentaires déplaisants. Il acquiesça une nouvelle fois, lui faisant confiance pour le coup. Il chassa l’idée lorsque l’idée de manger des fruits de mer ce soir, sur la pizza, pourrait aider.
« On peut essayer… » Il voulait bien faire l’effort, d’au moins, essayer. Si cela n’était pas concluant, tant pis. Mais c’était toujours mieux que de rester bêtement sur sa position.

En revanche, il eut davantage de réactions lorsque le gaspillage de nourriture fut évoqué, sur le fait qu’il n’était pas obligé de finir son assiette, aussi. Il eut tendance à se crisper un peu, détournant le regard. Il remarquait bien pourtant que son partenaire tentait de le faire retrouver un sourire et il s’en voulait réellement de réagir aussi négativement. Il se mordit la lèvre inférieure, finissant dans ses bras, frémissant dans cette étreinte. Les trois mots le firent frissonner et il enfuit son visage dans le t-shirt de son partenaire, ses bras serrant sa taille.
« Si… Je… Je ne sais pas si ça peut t’aider mais… Tu sais, Kamiya, mon... père… » Le prénom était difficile à dire, pour lui. Tout comme l’appellation, lui donnant la désagréable impression de lui écorcher la bouche. « Il… Il ne m’a jamais vraiment… Privé de nourriture. En fait, il s’arrangeait pour me faire croire que je ne l’avais pas mérité… Avant chaque repas, je devais réciter un verset de la Bible et… Comme je n’y arrivais pas ben… je n’avais pas le droit de manger… » L’avouer était difficile. Il eut tendance à enfouir davantage son visage contre le torse de Ferir, n’ayant aucune envie qu’il puisse voir son visage. « Et si, par miracle, j’y arrivais… J’avais intérêt à finir mon repas… Et comme j’avais déjà des troubles alimentaires en étant gamin… ‘Fin voilà… » Il frémit, transpercer par un puissant frisson qui le fit trembler soudainement. Il se tut, continuant à se tenir à son chéri comme s’il était la bouée qui l’empêchait de sombrer dans les abysses. Il se mordit la lèvre inférieure, finissant par se détendre légèrement.

« Je… Je suis désolé. Tu peux… Tu peux oublier ce que je viens de dire, si tu veux… Ce n’est pas important. » Il n’assumait absolument pas d’avoir donné toutes ses informations. Il craignait d’avoir méchamment terni l’humeur de Ferir et il s’en voulait déjà pour ça.


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