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» Profession : Reporter


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Dresseur Alola

C-GEAR
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Dim 18 Mar - 11:06
Je n’ai jamais réellement été journaliste. Ce n’est pas un métier qui m’intéresse, j’ai toujours préféré écrire à partir de moi plutôt qu’à partir de faits réel. « Être journaliste, c’est distribuer du réel à la personne qui nous lit », dans la cadre de la presse écrite. Cette expression vient d’un de mes professeurs de fac, il m’enseignait l’écriture journalistique. J’ai mis du temps à assimiler son expression, mais il se basait sur l’idée qu’un fait n’est réel pour une personne que lorsqu’elle est confrontée à ce fait. Le travail du journaliste étant donc de confronter cette personne avec un fait se serait déroulé à l’autre bout du monde. Cet homme, mon professeur, a été très important pendant ma scolarité, il a toujours été de bons conseils, et c’est lui qui me trouva mon premier travail, dans le journal que tenait l’un de ses amis. A ma sortie de la fac, nous nous sommes quittés de vue lui et moi, et j’avais cru comprendre qu’il était parti enseigner ailleurs, à Kalos il me semble. Je n’avais jamais revu cet homme pendant une dizaine d’années environ, jusqu’à ce qu’on se croise lui et moi, au Congrès du Journalisme et des Métiers des Lettres, à Illumnis.

Comme de nombreux autres professionnels du milieu, je recevais, chaque année, une invitation nominative à ce congrès qui se déroulait dans une ville différente à chaque nouvelle édition. Je n’y avais jamais mis les pieds ; les soirées mondaines où chacun se lance des fleurs sur le travail de l’autre, ce n’était pas mon truc. Cette année, j’avais décidé de changer d’air. Cela faisait plusieurs semaines que je passais à alterner aller-retours entre ma chambre d’hôtel et le terrain vague où j’essayais d’entraîner mes pokémons. J’avais besoin de voir autre chose, et le mail du congrès arrivait à ce moment-là.

Pendant toute la durée du congrès, soit une semaine, j’avais loué une chambre dans un hôtel de moyenne facture dans le centre-ville. Je n’étais pas loin du congrès, environ un quart d’heure de marche, si bien que cela me permit d’effectuer plusieurs va-et-vient entre ma chambre et le congrès. Je croisa Ernst Sandoz – c’est ainsi que mon professeur s’appelait – lors du second jour. C’est lui qui me reconnut.

J’étais dans une des nombreuses allées qui constituaient l’endroit, voguant d’une conférence à une autre.
- Bradley ? Elvis Bradley ? fit une voix dans mon dos, l’intonation de sa voix témoignant une certaine surprise à me voir ici.
Je n’eus pas le temps de me retourner vers la voix qu’un vieil homme, à peu près ma taille, cheveux et barbes grisonnants, yeux sombres, apparut devant moi.
- Ernst ?
L’homme hocha vivement la tête puis s’empressa de sérer chaleureusement ma main.
- Qu’est-ce que tu fous là Elvis ? Je crois bien qu’en dix ans de congrès, c’est la première fois que je te croise ici. En ne te voyant pas à celui de Féli-Cité, j’avais pensé que tu avais arrêté !
- Pour arrêter, il faudrait avoir commencé
, lui répondis-je en souriant. Qu’est-ce que vous devenez professeur ?
Il enseignait toujours, à Illumnis. Il avait dû emménager ici pour se rapprocher de sa famille, et a donc tout naturellement trouvé un poste dans la fac de la ville. Il me détourna de la conférence à laquelle j’étais censé assister, puis nous marchâmes tout en poursuivant notre discussion.
- Et le Pijako Rapporteur ? commença-t-il, j’avais cru comprendre qu’Hector avait pris sa retraite, tu y travailles toujours ?
- Non, j’ai arrêté d’y travailler il y a presque un an. Je travaille seul à présent, je suis sur un livre en ce moment.
- Ah … J’ai hâte de te lire dans ce cas Elvis. Tu fumes encore ?
Il sorti un paquet de cigarettes d’une des poches intérieures de son manteau, il fumait la même marque de cigarettes que moi. Nous sortîmes devant le palais des congrès d’Illumnis afin de pouvoir fumer. Autour de nous, des dizaines de personnes s’activaient, entraient, sortaient, parlaient, fumaient.
- Tu sais Elvis, j’ai toujours pensé que tu aurais fait un bon journaliste, tu as une très bonne plume. Hector et moi avions beaucoup d’espoirs en ce qui te concerne.



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Dim 18 Mar - 15:42
La plaie.

Voilà ce que je répétais à Lily depuis ce matin. La rédactrice en chef du bouiboui local de Fort-Vanitas (Le Flambusard) ; ce monstre m’a traîné jusqu’au salon du journalisme. Ou congrès, peu importe comment ils l’appellent. Par deux fois pendant mes études j’ai du m’y rendre sous la contrainte : désormais j’y suis pour rendre service à mon premier employeur et amie.

Lily est une dame aux cheveux courts et vaporeux : elle a de belles boucles et d’adorables tâches de rousseur ainsi qu’un caractère hyperactif et extrêmement taquin. Elle a aussi besoin d’aide pour le salon du journalisme d’Illumis car plusieurs de ses collaborateurs sont en déplacements pour des reportages. Je lui donne donc un coup de main pour combler ces effectifs réduits : logistique, renseignements, engueulades, sandwichs, me voici transformée en bonne à tout faire. L’endroit est insupportable et ne m’a pas manqué. J’avais été contrainte d’y venir deux fois par le passé, durant mes études, pour trouver des renseignements ou quelques contacts.

Nous étions proches du centre-ville, dans le quartier des affaires administratives. Outre la préfecture et la mairie il y avait également ce bâtiment dans lequel nous étions, taillé pour des réceptions et événements de grande envergue, quelque soit le domaine d’activité. La publicité de l’événement avait largement eu le temps de faire le tour de toutes les universités partenaires quelque soit la région ainsi que les nombreux panneaux publicitaires du pays (et pourquoi pas des autres). Autrement dit nous étions dans une fourmilière.

Sur cinq étages en tout, ce vaste immeuble abrite le salon du journalisme et des métiers de lettres sur seulement deux niveaux ; suffisamment vastes pour transformer la balade en randonnée. Sur une journée complète l’individu moyen fera environ une dizaine de kilomètres sur le salon. Pas fluides bien sûr, relativement compliqués : il est difficile de progresser avec une telle foule. Elle est parfois moins opaque mais l’événement ne dure qu’une courte semaine et attire de nombreux curieux ; elle ne se réduit donc jamais vraiment. Bien à l’abri dans mon stand je suis ravie de les voir défiler sans en faire partie et évite absolument de faire toute course extérieure. Lily a fini par renoncer et se contente de moi en tant qu’hôtesse pour discuter du journal. Le but éventuel de la journée serait de trouver de potentiels acheteurs pour le canard ; celui-ci se porte mal et les fondateurs sont contraints de déposer le bilan. Afin d’éviter à tous un licenciement aussi injuste qu’inévitable, Lily tente le tout pour le tout pour sauver la mise de ses collègues. Malgré la petite fortune que lui a demandé l’organisation du salon pour avoir un stand.

Dès le matin elle s’est mis à courtiser les éventuels naufragés sur notre stand. Je comprends sa détresse et partage son refus à virer tout le monde : autant que je le peux, je reste charmante et souriante pour appâter les clients. Je réponds patiemment même aux questions du style « où sont les toilettes » ou « où est tel stand » et intéresse quelques passants avec une sélection d’articles issus du journal qui valent le détour. Il est rapidement midi et ce n’est pas un coup d’œil à l’horloge qui me sort de ma torpeur commerciale : mon ventre crie famine. Pour la première fois depuis l’ouverture des portes je finis par sortir du stand pour m’éloigner dans la convention à la recherche de bouffe.

Les bonnes odeurs commencent par me guider mais la foule, plus compacte dans l’heure du midi et plus pressée, me détourne de l’allée x qui se situe je ne sais où. Happée par un groupe de benêts habillés en pingouin je finis face à un bar. Le contact avec la foule me rendant nerveuse je décide d’y voir un signe du destin. Ce fameux signe consiste en une bière bien fraîche servie rapidement par le barman débordé. Si tôt finie je commande un sandwich à l’aveuglette et sort aussitôt par la plus proche sortie de secours qui donne à l’espace fumeurs. Je rêve de respirer l’air mais la bouffée de fumée que j’aspire en sortant me fait tousser et détourner les yeux : c’est non sans surprise que je reconnais un professeur que j’ai eu quelques années plus tôt pour un TD d’écriture. Celui-ci faisait des allers-retours entre Illumis et Fort-Vanitas (là où j’ai suivi un master métiers de la rédaction).

Son regard pétillant indique qu’il m’a reconnue.


Ernst Sandoz – Mademoiselle Calahan ! Comment oublier ces cheveux verts ! Cela fait quelques années déjà. Que faites-vous aujourd’hui ?

Je le salue poliment. Ce professeur m’a laissé un bon souvenir et même de bonnes notes. Nous avons échangé quelques emails sans réel suivi toutefois. Je finis par me présenter à l’homme avec lequel il était tout occupé à bavasser plus tôt : il le présente comme un ancien élève également. Visiblement c’est l’heure de retrouvailles improvisées. J’explique rapidement au vieux sage que je suis désormais passé du côté production et nous enchaînons la discussion.



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Dresseur Alola

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Lun 19 Mar - 14:57
Qu’Ernst Sandoz et Hector Nado aient placé de nombreux espoirs en ma personne, je l’avais toujours su. Pendant toute ma scolarité, Ernst a toujours tenté, de façon plus ou moins subtile, de m’orienter vers une filière plus en rapport avec le métier de journaliste. Il a toujours été fier de moi, peut-être un peu trop finalement. Hector, quant à lui, me proposa à de nombreuses reprises, au fur et à mesure qu’il approchait de la retraite, de reprendre le « Pijako Rapporteur » après lui. A de nombreuses occasions, nous avons eu, lui et moi, la même discussion alors que nous étions assis à la même table du même restaurant, et ma réponse a, elle aussi, toujours été la même. Je ne pouvais, en soit, pas leur en vouloir, surtout que je suis persuadé qu’ils ont fait tout ça pour aider un gosse qui avait « une très bonne plume ».
- Professeur, vous savez tout comme moi que je n’étais pas fait pour ce métier. Mon truc à moi, c’est l’imaginaire. Je laisse le réel à ceux qui savent le manipuler.
L’homme me sourit chaleureusement, il avait déjà entendu mon argumentation des dizaines de fois par le passé, peut-être même que l’entendre à nouveau lui fit se remémorer d’anciens souvenirs.
- Qu’êtes-vous venu faire ici professeur ?
- Je suis venu avec des étudiants, mais ils assistent à une conférence en ce moment
, me dit-il en regardant sa montre, ça me laisse un peu de temps libre !
- Et vous profitez du peu de temps libre que vous avez pour parler avec d’anciens étudiants ? lui lançais-je en souriant, vous pensez vraiment trop à votre travail, professeur.
- Et lequel de nous deux appelle l’autre « professeur », Bradley ? me répondit-il avec le même sourire.
On vint ensuite nous déranger, deux jeunes personnes, s’approchèrent de nous avec des tracts en main. On nous les tendit, Ernst en prit un. Il s’agissait là du programme de la journée, et ces deux personnes étaient sans doutes des bénévoles. Le professeur y jeta un œil intéressé, puis me tendit le papier. Ce congrès s’organisait en deux parties évidentes. D’une part, les journalistes, et d’autre part, les autres métiers. En plus des différentes conférences, des séances de dédicaces étaient organisées auprès des écrivains les plus prolifiques de l’année, mais également pour les écrivains plus modestes. Si les quelques grands noms du milieu – ceux qui arrivent à écrire vite des romans que les gens lisent vite à la plage – voyaient venir de nombreuses personnes à leur stand, les écrivains plus modestes passaient la plus grande partie de leurs journées à attendre, voyant ces écrivains médiatisés récolter les lauriers d’un travail souvent bâclé. Aucun doute qu’une fois mon roman publié, je rejoindrai ces écrivains sur le banc de l’oubli, à ruminer contre ceux qui réussissent.
- Dis-moi, Bradley, un homme comme toi, à ton âge, ne devrait-il pas avoir la bague au doigt et être en train de peindre la chambre du bébé à venir ?
C’était typiquement le genre de questions à laquelle je n’avais pas envie de répondre. Je ne pouvais pas en vouloir à Ernst Sandoz d’être aussi curieux, c’est dans sa nature. Il me posait sans doute cette question parce qu’il me souhaitait une vie paisible, une vie rangée, une vie monotone et inintéressante aussi. Heureusement pour moi, je n’eus pas à répondre à la question qu’il venait de me poser.

Une femme visiblement plus jeune que moi, blonde, plutôt petite, s’approcha de nous de la même façon que le firent les deux bénévoles quelques minutes plus tôt. Un sourire en direction du professeur, qu’il rendit aussitôt, me fit comprendre qu’ils se connaissaient.
- Mademoiselle Calahan ! Comment oublier ces cheveux verts ! Cela fait quelques années déjà. Que faites-vous aujourd’hui ?
Je tiqua lorsqu’Ernst Sandoz parla de la couleur de cheveux de la jeune femme. Ce n’était pas la première fois que mon daltonisme me trompa. C’était, elle aussi, une ancienne étudiante du professeur. Elle aussi s’était détournée de la presse écrite que le cours de Sandoz enseignait, elle s’était, selon ses dires, dirigée vers la vidéo. Après un moment où je ne fis qu’écouter, le professeur se tourna vers moi.
- Mademoiselle Calahan, voici Elvis Bradley. Comme vous, c’était l’un de mes étudiants, l’un des plus brillants, peut-être même autant que vous qui sait huhuhu.
Je la salua en lui tendant ma main droite, accompagnant mon geste d’un sourire banal. Sandoz, lui, souriait franchement, sans doute extrêmement fier de retrouver deux étudiants en même temps.
- Et donc, Mademoiselle Calahan, la vidéo est un vaste sujet. Êtes-vous davantage intéressée par l’aspect « investigation » du reportage vidéo ou par son aspect « reporter » ? demanda Sandoz à la jeune femme.



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Lun 19 Mar - 18:22
Le vieux professeur ne tarit pas d'éloges sur mon compte ni sur celui de l'homme à qui je finis par serrer la main. Je ne l'ai auparavant jamais vu mais ne manque pas de remarquer qu'il est plutôt bel homme dans son imperméable avec sa cigarette au bec. Le professeur m'en propose une : je n'en ai pas grillé depuis mon examen ranger et l'idée de l'accompagner avec ma bière me ravit. Le stress me rappelle toujours mes mauvaises habitudes.

Ernst doit être fort heureux de nous revoir à en témoigner toute la volubilité qu'il met dans la discussion. Il est, par ailleurs, devenu plus volumineux avec le temps. Si son tour de taille restait suffisamment raisonnable à l'époque pour qu'il se déplace entre les rangées de tables, il ne pouvait sûrement plus prétendre au même exploit aujourd'hui. L'embonpoint de la retraite rendait ses traits encore plus tirés et en même temps toujours plus sympathiques. Difficile d'avoir un enseignant plus agréable que ne l'est ce vieux Sandoz. Acceptant toujours les retards, que l'on boive notre thé durant ses conférences, à l'affût d'idées nouvelles et jamais fermé à celles des autres. Jamais les échanges n'avaient été si positifs ou enrichissants que lors de son cours d'écriture journalistique. Tous ces bons souvenirs me revenaient en mémoire maintenant que je le revoyais. Ils me mettent dans d'excellentes dispositions ; je suis bien moins agacée par la foule désormais et suis même ravie de rencontrer l'homme que le vieux bonhomme me présente à son tour.


- Mademoiselle Calahan, voici Elvis Bradley. Comme vous, c’était l’un de mes étudiants, l’un des plus brillants, peut-être même autant que vous qui sait huhuhu.

Je ris.

- N'exagérons rien professeur, je ne suis pas devenue écrivain. Je marque une pause. Ravie de faire votre connaissance M. Bradley. Appelez-moi Jill, et vous aussi M. Sandoz.

Il a à peine le temps de minauder qu'aussitôt il revient à la charge avec d'autres questions. Il est aussi bavard que dans mes souvenirs et tout cela m'amuse beaucoup ; je souris bien plus que je ne m'en rends compte et cette rencontre hasardeuse apporte un petit rayon de soleil dans une matinée pénible.

- Et donc, Jill, la vidéo est un vaste sujet. Êtes-vous davantage intéressée par l’aspect « investigation » du reportage vidéo ou par son aspect « reporter » ?

- Je vous reconnais bien là professeur. Vous savez ce qui m'intéresse ? Le voyage. Ne pas être bloquée derrière un bureau. J'ai délaissé l'écriture pour devenir reporter. Je crois vous avoir déjà dit que mon père en était un ?

- Voilà un rappel qui ne fait certes pas de mal ! s'esclaffe-t-il.

- Une boîte de production d'Illumis m'a récemment embauchée. Nous y sommes peu nombreux, j'ai donc eu l'occasion de faire de l'investigation (avec mon boss) comme de la production et du montage. J'achève avec un sourire : en bref je suis partie là où ça bouge. J'ai travaillé un temps pour un quotidien de Fort-Vanitas mais ça n'a pas duré.

J'hésite à donner davantage de détails ; je me sens comme un cheveu dans la soupe des deux hommes. Jusque là ils étaient lancés dans une discussion ; je ne souhaite plus monopoliser l'attention sur moi uniquement et tente de changer de sujet.

- Et vous professeur, que devenez-vous à la retraite ? Les idées enflammées de jeunes étudiants rebelles ne vous manquent-elles pas trop ?

Il finit hilare : à peu de choses près (telles le crâne dégarni et l'embonpoint flagrant), Ernst Sandoz est resté tel que dans mon souvenir. Son rire lui-même n'a pas changé. Il est toujours plein d'entrain, très énergique quelque soit son âge visiblement, prompt à rire et plaisanter dès que l'opportunité se présente. A l'époque c'était une mine de savoir, un puits sans fond de connaissance ; cet homme connaît toute l'histoire de la radio et m'a autrefois passionnée au point de me donner l'envie d'y travailler. Je n'ose lui dire que les pokemons m'ont fait emprunter des chemins jusqu'alors insoupçonnés.

Il nous explique globalement qu'il est ravi d'être à la retraite pour profiter de voyages avec sa femme : ses enfants ont tous grandi et il a le loisir de se déplacer pour assister à des conventions auxquels ses collègues et amis participent encore. Ravi de ne plus connaître les mêmes contrariétés qu'auparavant, il semble heureux et détendu.


- Jill, laissez-moi vous présenter Elvis en bonne et due forme. Cet homme a une plume très prenante, vous-même seriez sous le charme. A quelques égards d'ailleurs, la vôtre me rappelait la sienne à l'époque. Savez-vous qu'il est écrivain ? Il risque d'ailleurs d'être assis sur les bancs des auteurs en dédicace ces prochaines années.

Je comprends à ses manières et son rire qu'il en fait des tonnes, heureux simplement d'être là et de nous croiser. Je passe aussitôt sous silence le compliment qu'il m'adresse : je n'ai jamais qu'écrit un peu de fiction qu'il a pu lire, des balbutiements par rapport au métier d'écrivain. Par politesse, je reprends aussitôt le sujet de conversation du professeur et regarde cette fois Elvis dans les yeux pour m'adresser à lui. Je passe cependant sous silence tous ces compliments aussi ridicules qu'injustifiés.

- Écrivain après un TD d'écriture journalistique ? Voilà qui n'a rien de banal. Est-ce que vous avez une affection particulière pour un style d'écriture précis ?

J'espérais sincèrement qu'il ne réponde pas "la poésie" auquel cas mon âme hermétique allait probablement me larguer dans la discussion ; j'avais en horreur toute prose ampoulée et fastidieuse, totalement contraire à l'idée que je me faisais d'une écriture productive, donc claire et concise à mes yeux.



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Dresseur Alola

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Lun 19 Mar - 22:50
Le professeur et la jeune femme échangent pendant plusieurs minutes quelques mots, tournant principalement autour de ce que faisait Jill. Le voyage l’intéressait, soit, c’est généralement un bon point lorsque l’on souhaite être reporter. J’ai toujours pensé que le monde manquait de reporters, je veux dire, de reporters comme il y en avait avant, à l’époque où l’essentielle majorité du métier ne se focalisait pas à faire des plateaux télés ou à tweeter tel fait divers. Reporter est, selon moi, la cerise sur le gâteau du journalisme. Il y a, aujourd’hui et aux autres coins du monde, des tonnes de sujets qui mériteraient de faire la une, il y a énormément à raconter qui soit, je pense, plus intéressant aux yeux du public qu’un politique détournant de l’argent publique.
Puis, comme pour s’il se rappelait que moi aussi, j’étais là, Ernst Sandoz me présenta à nouveau, en « bonne et due forme » selon ses dires. Il dressa de ma personne un portrait flatteur comme il savait le faire.
- Écrivain après un TD d'écriture journalistique ? Voilà qui n'a rien de banal. Est-ce que vous avez une affection particulière pour un style d'écriture précis ? me demanda la jeune femme suite à la présentation qu’Ernst fit de moi.
- Le cours de M. Sandoz n’était qu’un cours parmi tant d’autre, j’étais en lettres, et devenir écrivain m’a toujours intéressé. Sinon, j’ai écrit de tout, surtout des nouvelles à l’époque où je travaillais pour un journal de Féli-Cité.
- Et les nouvelles qu’Elvis écrivait étaient très appréciées des lecteurs du « Pijako Rapporteur »
, commenta Ernst Sandoz en m’adressant une tape amicale à l’épaule.
En fait, c’était totalement faux. Premièrement, les lecteurs du « Pijako Rapporteur », ça ne courrait pas les rues. Nos tirages se limitaient à environ cinq mille exemplaires, et parmi ces exemplaires, tous n’étaient pas vendus. Au journal, peu après le départ à la retraire d’Hector, une enquête avait été organisée auprès des lecteurs du journal, afin de connaître leurs habitudes de lecture. Lorsque les réponses nous furent retournées, je réalisa que les nouvelles que j’écrivais n’étaient principalement lues que par un lectorat féminin, âgé entre trente et cinquante ans. J’avais à l’époque des ambitions ainsi que la certitude d’avoir une véritable plume que les gens aimaient retrouver, mais au final, je n’étais lu que par les ménagères.
- Mais Elvis est actuellement sur l’écriture d’un roman ! continua le professeur, m’enfonçant malgré dans l’enfer que constituait le fait de parler de moi.
- Mh. Un roman sur mon aventure à Alola oui. Je fais là-bas le Tour des Îles, j'ignore si vous voyez de quoi il s'agit. C’est le nom qu’ils donnent au voyage que fait chaque dresseur et la collecte des badges qui y correspond.
Un immense sourire se dressa sur le visage du professeur, et on pouvait lire dans ses yeux qu’il venait d’avoir une révélation.
- Attends Elvis, ça veut dire que … tu as des pokémons ?
Je le vis se pencher légèrement, sans doutes tentait-il de voir si j’avais des pokéballs à ma ceinture. Son attitude différait totalement de ce que j’avais pu connaître de l’homme. Lui qui m’avait toujours paru sérieux, le voici avec le comportement d’un enfant.
- Oh Elvis, montre-les-nous ! Si ça ne dérange pas Mademoiselle Calahan bien sûr ! quémanda-t-il en adressant un regard appuyé à la jeune femme, comme pour chercher en celle-ci un soutien.
C’était, de toute évidence, une mauvaise idée. Peut-être étais-je trop craintif et que je me faisais des films mais il valait mieux que mes compagnons restent là où ils se trouvaient.
- Navré professeur, mais, mh … la foule les déstabilise, je préfère éviter.
Je marqua un temps, tentant de trouver une façon de changer de sujet. Je me tourna par la suite vers notre charmante interlocutrice, ayant réussi à figurer un moyen de détourner la conversation.
- Jill, vous aviez dit aimer voyager, avez-vous déjà prit le cap d’Alola ? C’est une région pleine de ressources, et le dépaysement y est total. Vous vous y plairez sûrement.



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Mer 21 Mar - 15:54
Elvis - Le cours de M. Sandoz n’était qu’un cours parmi tant d’autre, j’étais en lettres, et devenir écrivain m’a toujours intéressé. Sinon, j’ai écrit de tout, surtout des nouvelles à l’époque où je travaillais pour un journal de Féli-Cité.

Ersnt Sandoz - Et les nouvelles qu’Elvis écrivait étaient très appréciées des lecteurs du « Pijako Rapporteur », commenta Ernst Sandoz en m’adressant une tape amicale à l’épaule.

Le Pijako Rapporteur hein ? Sacré Ernst. Voilà un autre point sur lequel il n’a nullement changé. Toujours soucieux de s’occuper des affaires des autres, il a toujours eu l’habitude d’en faire des caisses. Mieux vaut réfléchir à deux fois avant de lui demander un service : il est typiquement le genre de personnes qui se plie en quatre lorsque vous souhaitez exactement le contraire et n’hésite pas à crier votre réussite ou votre projet sur tous les toits. J’ignore s’il fait cela par vanité, ou s’il tente de s’approprier en partie le mérite dont il se sent responsable : c’est ça de mettre son nez dans les affaires des autres.

Il s’agit d’un aspect qui m’a toujours rebutée et dont je me suis toujours tenue très éloignée. A en voir la gêne de l’écrivain lorsque le vieux professeur le vante à tout va je ne suis pas la seule à déprécier ce comportement. Difficile de lui en vouloir cependant. Ce petit bonhomme gras à la retraite ne ferait pas de mal à une mouche et a toujours eu à cœur de voir ses étudiants s’épanouir : plus que la joie d’aller dire à tous qu’il a formé tel ou tel petit génie, il est le pédagogue et l’éducateur sincère qui tente de créer des chances là où les carrefours des choix ont du mal à se croiser. En d’autres termes, malgré son apparence défraichie et ses manières d’enfants, il mérite le respect.

Pendant ce temps je vois qu’Elvis tente tant bien que mal de calmer les excès du professeur. A l’entendre dire j’aurai le prix nobel de littérature devant moi si j’en crois son entousiasme. Bien que cela fasse plaisir à voir, je comprends les justifications qu’apporte aussitôt l’écrivain sur ses réelles activités.


Ernst Sandoz - Mais Elvis est actuellement sur l’écriture d’un roman ! continua le professeur.

Elvis - Mh. Un roman sur mon aventure à Alola oui. Je fais là-bas le Tour des Îles, j'ignore si vous voyez de quoi il s'agit. C’est le nom qu’ils donnent au voyage que fait chaque dresseur et la collecte des badges qui y correspond.

J’avoue aussitôt ignorer ces faits. A Kalos, on dit simplement qu’on va aller poutrer un champion et on prend rendez-vous ensuite au restaurant pour fêter ça. La discussion m’intéresse plus que les capacités extraordinaires de l’homme : pour n’avoir que très peu visité les îles (voire pas du tout), le rappel de ces contrées exotiques me plonge soudain dans une terrible nostalgie. Je pourrai écouter Elvis en parler une heure entière s’il le faut mais alors que j’ouvre la bouche pour demander quelque chose le professeur m’interrompt brusquement. Il n’a pas conscience que j’essaie d’en placer une et il porte son regard vers la ceinture de l’homme dans un mouvement de tête d’abord louche.

Ernst Sandoz - Attends Elvis, ça veut dire que … tu as des pokémons ?

Il se tourne ensuite vers moi pour que sa supplique soit soutenue : il aimerait les voir. Je me tais aussitôt, refusant de prendre des décisions à la place des autres la plupart du temps et d’autant plus pour des étrangers. Je n’ai pas le temps de refuser qu’Elvis s’exprime et finit par me sauver.

Elvis - Navré professeur, mais, mh … la foule les déstabilise, je préfère éviter.

Jill - Ce n’est effectivement pas une bonne idée ici… et de plus il me semble que les pokemons ont été interdits dans cette convention professeur.

J’en étais même certaine à présent, me rappelant le panneau aussitôt que j’en parle.
Il fait une mine boudeuse que je ne lui reconnais pas. Sans doute la retraite apporte-t-elle plus de tranquilité à celui qui en jouit : je reconnais Ernst Sandoz, mais je le trouve bien plus joyeux qu’à l’époque et plus infantile que je ne l’imaginais. A l’répoque jamais je ne l’aurai cru intéressé par des pokemons. D‘un coup mon choix de carrière me paraissait d’autant plus simple à caser dans la conversation mais je n’étais pas pressée de me retrouver de nouveau sur les projecteurs.

Elvis non plus malheureusement. Nous partagions visiblement la même gêne quant à la place dédiée aux feux des projecteurs. Il est malin et m’attaque de plein fouet avec une question personnelle pour détourner l’attention du prof qui commence à vouloir observer les pokeballs de plus près.


Elvis - Jill, vous aviez dit aimer voyager, avez-vous déjà prit le cap d’Alola ? C’est une région pleine de ressources, et le dépaysement y est total. Vous vous y plairez sûrement.

Jill - Sans doute, je ne fais pas partie de ces gens qui n’aiment pas les fortes chaleurs, bien au contraire. L’ennui est que je n’y suis jusqu’à présent passé qu’une seule fois, sur l’île d’Akala, pour deux jours.

Je n’ose pas dire que ma présence sur place s’est justifiée au speed-dating d’un hôtel ridiculement luxueux à grand renfort de speed dating. D’une, parce qu’il y a de grandes chances pour que je passe pour une conne et de deux, parce que cela va forcément me rappeler le sale coup des jumelles fouines qui sont les miennes et qui se plaisent à intervenir dans ma vie sentimentale. Autrement dit, un aveu difficile à faire à un vieil enseignant et un inconnu. A la place, je décide de mentir.

Jill - Je n’ai pas eu l’occasion d’y retourner depuis mais j’ai prévu d’y passer en avril avec une association pour laquelle je travaille.

Le professeur s’intéresse soudainement à mon activité.

Ernst Sandoz - Tiens donc, une idée de reportage ? me dit-il avec des yeux de ponchiot. Je souris, un peu gênée.

Jill - Non pas vraiment, ce sera cette fois avec une association de défense des pokemons. Ils m’ont demandé de filmer notre virée en bateau.

Là encore je dois me taire pour ne pas dévoiler le fait que la Shepherd a l’intention d’user de mes capacités pour filmer des pêches en zones illégales. J’en ai presque déjà trop dit et fait donc de mon mieux pour renvoyer la balle à Elvis. Non sans amusement ni malice.

Jill - Et vous Elvis, depuis combien de temps vivez-vous dans les îles maintenant ?

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Mer 21 Mar - 21:26
Le soutien que la jeune femme m’apporte face à la curiosité d’Ernst Sandoz est le bienvenu. Je me rends bien compte que la situation aurait été plus délicate si elle témoignait de la même curiosité que le professeur. Nous étions visiblement, elle et moi, rodés face à l’attitude du vieil homme, et tout à fait conscients du potentiel gênait qu’elle pouvait avoir.

La question que je posa à Jill eut au moins le mérite de détourner l’attention du professeur, qui, aussitôt la question posée, s’intéressa au niveau sujet au centre de la conversation, à savoir les voyages de la jeune femme.
- Sans doute, je ne fais pas partie de ces gens qui n’aiment pas les fortes chaleurs, bien au contraire. L’ennui est que je n’y suis jusqu’à présent passé qu’une seule fois, sur l’île d’Akala, pour deux jours.
- Vous aviez bien fait, Akala est une île magnifique. Les plages y sont magnifiques, et le centre des terres a lui aussi ses charmes. Avez-vous pu visiter le parc volcanique ? On m’en a dit le plus grand bien.
J’avais, moi aussi, mis les pieds sur l’île d’Akala, principalement pour le speed-dating organisé par le club Hano-Hano, mais il s’agissait là d’un sujet que je préférais taire. En parler dans cette conversation, avec Ernst Sandoz à quelques mètres de moi reviendrait à me tirer une balle dans le pied. Le connaissant, il m’assaillirait de questions comme pourrait le faire un interviewer en quête d’un scoop. D’autant plus que je n’ai aucune envie de parler de ma vie sentimentale inexistante. La curiosité du professeur est définitivement son grand défaut.
- Je n’ai pas eu l’occasion d’y retourner depuis mais j’ai prévu d’y passer en avril avec une association pour laquelle je travaille.
Jill indiqua ensuite, à la suite d’une question posée par Sandoz, qu’elle faisait partie d’une association de défense des pokémons. Le milieu associatif m’était parfaitement inconnu, et encore plus lorsqu’il s’agissait d’une association en rapport avec les pokémons. Je ne suis pas ignorant, et je me doute qu’il y a des abus avec la question pokémon, bien que j’ignore les formes que cela puisse prendre.
- Quel est le nom de cette association ? demandais-je alors, principalement pour ne pas rester simple spectateur de cette conversation. Est-elle originaire d’Alola ?
Le professeur s’était à présent tu et écoutait son ancienne élève avec la plus grande attention. Je le connaissais bien, et je me doutais que ce silence annonçait en fait qu’il était en train de réfléchir à une quelconque façon d’intervenir dans cette discussion. Malheureusement pour lui, il n’eut pas le temps d’intervenir, Jill changea aussitôt de sujet.
- Et vous Elvis, depuis combien de temps vivez-vous dans les îles maintenant ?
Il était amusant d’observer Ernst Sandoz se tourner la tête en fonction de la personne au centre de la conversation. Il avait maintenant l’attitude d’un arbitre de tennis qui orientait son attention au fur et à mesure que les joueurs s’échangeaient la balle.
- Je suis arrivé à Alola en … Avril, ou Mai il me semble, dis-je après un court moment de réflexion. Je loue un appartement à Ekaeka depuis quelques mois. C’est une ville très différente de celles que l’on peut trouver ici, sûrement parce qu’elle est très orientée vers le tourisme. C’est comme si la ville était toujours en période de vacances. Vous vous y plairiez sûrement, concluais-je en parlant directement à Jill.
- Et bien, tu n’as qu’à profiter du passage de Jill en Avril pour lui faire visiter la ville, ajouta Ernst Sandoz en nous adressant à tous les deux un sourire traître.
Evidemment. Je lui avais tendu, malgré moi, la perche parfaite. Le professeur Sandoz ne se rendait sûrement pas compte de la gêne que pouvait occasionner les remarques qu’il disait avec ton innocent qui empêcherait n’importe quel adulte sensé d’en vouloir à un vieil homme qui parle sans arrière-pensée.
- Jill sera sûrement très occupée Professeur, répondis-je rapidement, cherchant du regard un quelconque soutien chez mon interlocutrice.


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Jeu 22 Mar - 21:33
La discussion n’est pas inintéressante mais le professeur a tendance à interrompre facilement ses interlocuteurs. Il se tient néanmoins tranquille lorsqu’Elvis raconte son arrivée à Alola. Depuis quelques mois seulement donc. Je lui réponds que le parc volcanique a totalement échappé à mon attention ; j’avoue ne pas avoir eu le temps de faire plus que deux jours de randonnée sur l’île. L’hôtel ne m’aura retenue que le temps d’un speed dating déstabilisant et d’un bain tant espéré depuis de longs mois. Pour le reste je garde les souvenirs d’une flore luxuriante et colorée qui ne ressemble en rien aux paysages que j'ai vu jusqu’à présent.

J’explique que je n’ai encore pu visiter beaucoup de régions pour l’instant mais que je vais probablement retourner dans les îles au mois d’Avril. La Shepherd m’a notamment proposé de les rejoindre le temps d’un tour des îles en bateau. Les activités que nous aurons seront pacifistes, il s’agira de filmer dans la plus grande discrétion si nécessaire. Pour ce que j’en sais du moins. Cette mission me préoccupe plus que je ne veux bien me l’avouer, or l’écrivain finit par me tirer de mes pensées à ce propos.


Elvis - Quel est le nom de cette association ? demande-t-il alors. Est-elle originaire d’Alola ?

Jill - Non, mais j’imagine qu’ils ont un bureau pour les îles aussi. Je travaille parfois pour la Pokemon Shepherd, une association de défense et de protection pour ces créatures.

Le vieux professeur semble estomaqué. Il n’imaginait pas jusqu’à présent que j’ai pu faire carrière avec les pokemons. Aussitôt, il gigote sur place et brûle de me demander de plus amples détails ; or il décide de ne pas interrompre grossièrement Elvis qui répond à ma question.

Elvis - Je suis arrivé à Alola en … Avril, ou Mai il me semble, dit-il après un court moment de réflexion. Je loue un appartement à Ekaeka depuis quelques mois. C’est une ville très différente de celles que l’on peut trouver ici, sûrement parce qu’elle est très orientée vers le tourisme. C’est comme si la ville était toujours en période de vacances. Vous vous y plairiez sûrement.

J’allais lui dire qu’il y a peu de chances pour qu’une station balnéaire me plaise étant donné mon horreur de la foule et de mon attrait pour la nature, espérant engager par là une discussion sur les paysages locaux qui me font envie mais le professeur est plus rapide pour saisir sa chance d’en placer une.

Ernst - Et bien, tu n’as qu’à profiter du passage de Jill en Avril pour lui faire visiter la ville.

Elvis - Jill sera sûrement très occupée Professeur.

Elvis me lance un coup d’œil discret ; aussitôt j’avoue que je n’en aurai nullement le temps car je suis appelée dans ces contrées dans l’unique but de participer à une mission. Le vieux mord à l’hameçon et me demande si j'ai d'autres activités que la production. Je finis par tout avouer sous la pression : il pose toutes sortes de questions et je ne peux décemment pas révéler à n’importe qui le but de mon travail. Je décide donc d’être franche pour tenter de parer toutes ses attaques.

Jill - Je voyage en tant que ranger et effectue des missions pour le Polygone d’Hoenn. Je couple ces déplacements aux besoins de la boîte de production, soit pour des tournages, soit pour des prises. Dans l’ensemble je dois dire que ça fonctionne mieux que ce que j’avais prévu.

J’affiche un sourire coupable en direction des deux hommes. Finalement si j’en suis arrivée là aujourd’hui c’est aussi par chance. Celle d’avoir été adoptée par d’excellents compagnons, à la fois puissants, affectueux et forts fidèles. Une chance aussi d’avoir un père dans le métier qui a ouvert la voie le premier et m’a montré que mes envies de voyages pouvaient se coupler à toutes sortes d’activités tant que l’on a un minimum de volonté.

Ernst Sandoz – Voilà un choix qui n’a rien de banal mais je ne doute pas de votre volonté : elle ne vous a jamais fait défaut jadis.

Il semble s’amuser : son regard pétille et son sourire n’en finit plus de s’étirer. Malgré sa trop vive curiosité je constate qu’il est agréable de le voir se réjouir pour nous. Il me félicite pour mon culot, ce qui me fait rire et me demande sans hypocrisie s’il serait possible de le contacter pour lui annoncer mes futures productions. J’accepte volontiers puis tente de nous mettre à l’abri, Elvis et moi, d’autres questions indiscrètes.

Jill – Qu’avez-vous prévu aujourd’hui messieurs ? Vous êtes venu pour des conférences précises ou simplement vous promener ?



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Sam 24 Mar - 0:47
Heureusement pour moi, Jill alla dans mon sens pour contrer la bienveillance intrusive du professeur. Elle parvient également, assez habilement, à amener Ernst Sandoz vers un nouveau sujet de conversation, les activités de son ancienne élève. C’était étrange mais également amusant à la fois d’observer tous les efforts que nous mettions en œuvre pour balader le professeur dans cette conversation. Elle comme moi étions vraisemblablement rôdés face à l’attitude de notre ancien professeur de TD.

Notre interlocutrice nous avoua être rangeuse. J’ignorais à quoi elle faisait référence, mais ne souhaitant pas interrompre son explication – mais également passer pour un ignorant -, je ne dis rien. Je mis un certain temps, au fil de la discussion, à me faire une idée de ce que signifiait ce terme. Un ranger, c’était un défenseur des pokémons et de la nature. Si la plupart effectuait des missions sur le terrain, il n’était pas rare d’en voir collaborer avec des associations du genre de celle dont nous avait parlé Jill.

Ernst Sandoz était aux anges. Son ancienne avait une vie bien remplie et il en était ravi. Il dégoulinait de fierté. De toute évidence, il ne s’attendait pas à ce que Jill soit aussi polyvalente, et je ne pouvais que le comprendre.
- Voilà un choix qui n’a rien de banal mais je ne doute pas de votre volonté : elle ne vous a jamais fait défaut jadis.
Le vieil homme avait raison, cela ne devait pas être facile tous les jours et l’emploi du temps de la jeune femme devait être très chargé. Une volonté de fer devait être indispensable pour ne pas céder sous la pression.
- Qu’avez-vous prévu aujourd’hui messieurs ? Vous êtes venus pour des conférences précises ou simplement vous promener ?
- Je ne vais pas tarder à aller rejoindre ma femme
, répondit Ernst Sandoz après avoir jeté un rapide coup d’œil à sa montre. Nous avions prévu de manger ensemble dans un restaurant, dans le centre-ville.
Les deux individus posèrent ensuite leurs yeux sur moi, attendant ma réponse. J’avais faim moi aussi, mais en parler me garantirait à coup sûr une invitation de la part du vieux professeur, et il était hors de question que j’y aille seul. Le repas serait sûrement intéressant, tout comme la conversation, mais le repas en question allait, je le sens, durer une éternité.
- Pour ma part, commençais-je, je n’en sais rien. Je suis venu ici par simple curiosité, par envie de changer d’air. Je n’ai donc rien prévu pour le reste de ma journée, ni pour la semaine d’ailleurs. Je ne sais même pas si je vais rester pendant toute la durée du congrès.
En soit, c’était absolument vrai. Je ne savais réellement pas ce que j’allais faire du reste de ma journée. Je pourrai assister à deux-trois conférences dont le sujet me dira vaguement quelque chose, tout comme je pourrai rentrer à l’hôtel pour tenter d’écrire quelques lignes à mon roman.
- Je te reconnais bien là Bradley, toujours aussi indécis, commenta le professeur avec un sourire au coin des lèvres.
- Et vous Jill ? demandais-je alors à mon interlocutrice. Qu’avez-vous prévu de faire ?
L’attention de la conversation se posa maintenant sur la jeune femme. Depuis que Jill nous avait demandé ce que nous souhaitions faire ensuite – et surtout depuis qu’Ernst Sandoz avait répondu -, celui-ci s’était mis à regarder sa montre de plus en plus fréquemment, visiblement soucieux de ne pas rater l’horaire que lui et sa femme s’étaient fixés.
- Oh j’y pense, fit le professeur peu de temps après que Jill nous ait répondu. Ce soir, ma femme et moi allons dîner avec un ancien collègue professeur, aimeriez-vous vous joindre à nous ? nous demanda-t-il ensuite.


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Mar 27 Mar - 18:51
Ernst Sandoz - Je ne vais pas tarder à aller rejoindre ma femme, répondit le professeur après avoir jeté un rapide coup d’œil à sa montre. Nous avions prévu de manger ensemble dans un restaurant, dans le centre-ville.

L’heure tourne en effet ; je sens mon portable vibrer dans ma poche et d’un coup toutes mes pensées se tournent vers Lily. Il semble que cette conversation se soit un peu allongée. Visiblement les deux hommes n’ont pas de projets précis quant à la suite des événements. Elvis dit venir se balader et changer d’air tandis que notre ancien professeur s’agite de plus en plus. Il craint de se mettre en retard mais semble tiraillé entre la volonté de continuer à bavasser ; d’ailleurs, dès qu’Elvis répond qu’il est simplement venu se promener il ne peut s’empêcher de faire à nouveau une remarque. Soudain leurs regards se retournent vers moi.

Elvis - Et vous Jill ? me demande alors Elvis. Qu’avez-vous prévu de faire ?

Jill - Je suis venue aider une amie, mon ancienne rédactrice en chef. Juste après mon diplôme elle m’a embauché à Fort-Vanitas, pour le Flambusard, le petit journal local. Elle a besoin de soutien et tient un stand dans l’allée F. Passez donc nous voir si d’aventure vous passez à côté du stand 32.

J’adresse ces détails davantage à l’enseignant qui peut-être connaît le journal de nom. Son regard brille un instant puis s’illumine : il a effectivement déjà rencontré le propriétaire du journal. Aussitôt il se relance dans une quête aux potins malgré les coups d’œils répétés vers son poignet.

Ernst Sandoz - J’ai connu le créateur du journal, Gaspard Melpot. Ce n’est pas sa fille qui a reprit le poste de rédacteur en chef après son départ en retraite ?

Jill - Pour peu de temps. Elle a été embauchée ailleurs et a laissé la boîte à Lily Evans, celle pour qui j’ai travaillé. Nous sommes là pour trouver de nouveaux lecteurs.

C’est par pudeur que j’évite de leur parler des difficultés de mon amie. J’aime autant qu’elle en parle d’elle-même dans une potentielle tentative de séduire quelques acheteurs plutôt que de relater ses déboires professionnels. Ce serait tout à fait contraire au coup de main que je tiens à lui filer. Heureusement pour moi – mon portable continue d’insister, elle doit être pressée – le professeur finit par paniquer pour de bon en voyant l’heure à sa montre et bafouille rapidement une invitation.

Ernst Sandoz - Oh j’y pense, fit-il. Ce soir, ma femme et moi allons dîner avec un ancien collègue professeur, aimeriez-vous vous joindre à nous ?

Jill - Merci pour l’invitation professeur mais ce soir je suis déjà prise.

J’ajoute un petit clin d’œil en guise d’humour et lui avoue que ma soirée est déjà réservée par Lily, auquel cas j’avoue que cela aurait pu être plaisant. Quoique passer une soirée entière en bavardages après une longue journée de brouhaha reste au-dessus de mes forces.

Jill - Si nous ne nous revoyons pas dans la convention je vous souhaite une bonne continuation, profitez de votre retraite.

Elvis lui fait ses salutations également et le bonhomme finit par partir d’un pas pressé dans la foule qui semble s’intensifier à l’intérieur. Je me tourne vers Elvis ; il est grand temps que j’y retourne.

Jill - Va falloir que j’y aille, on m’attend au stand. Ravie de vous avoir rencontré et si jamais vous cherchez de nouveaux lecteurs ou que vous voulez tenter une publication à Kalos, passez nous voir au stand, on pourra sans doute faire quelque chose.



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Mer 28 Mar - 19:08
La demande du professeur essuie un premier refus de la part de Jill, ce qui me permet à moi aussi de répondre par la négative à Sandoz. Ce repas ne m’intéressait de toute façon pas énormément et tout le potentiel qu’il aurait pu avoir s’est envolé – heureusement pour moi – avec la réponse de notre interlocutrice.
- Navré professeur, une autre fois peut-être.
Je ne donna aucune excuse, parce que je n’en avais aucune. Je n’avais rien de prévu en ce qui concernait ma soirée, si bien qu’elle allait probablement se résumer à à des tentatives ratés d’écriture et à plusieurs verres de whisky. Ma réponse semble refroidir le vieil homme pendant une ou deux secondes, tout a plus, le temps qu’il lui fait pour passer à autre chose. Il nous regarde tous les deux à tour de rôle, puis nous sourit.
- Vous avez raison ! Vous êtes jeunes, profitez-en pour ne pas assister à des repas entre vieilles personnes, nous lance-t-il sur un ton chaleureux, ricanant doucement. A une prochaine !
Il conclut ses paroles avec un nouveau sourire puis s’éloigne lentement, sûrement en route pour rejoindre sa compagne. Nous nous retournons ensuite l’un vers l’autre, puis elle ajoute :
- Va falloir que j’y aille, on m’attend au stand. Ravie de vous avoir rencontré et si jamais vous cherchez de nouveaux lecteurs ou que vous voulez tenter une publication à Kalos, passez nous voir au stand, on pourra sans doute faire quelque chose.
- Bien, j’essaierai d’y penser. Bonne continuation Jill,
ajoutais-je ensuite avant de m’éloigner à mon tour.
Je me mis ensuite en quête d’un endroit où manger. Je quitta la convention pour tenter ma chance dans une sandwicherie dans les quartiers avoisinant le palais des congrès. Une fois mon sandwich dans le ventre, je zyeuta, assis sur un banc, le programme de la convention que Sandoz m’avait donné. J’étais là au moins jusqu’à ce soir, donc il valait mieux que je trouve de quoi m’occuper. Une conférence attira mon attention. Elle n’avait pas l’air exceptionnelle ni totalement intéressante mais, parmi toutes celles qui étaient planifiée à cet horaire-là, c’était de loin la moins ennuyante. Présentée par « un jeune historien de journalisme brillant », la conférence visait à aborder d’un œil « critique » les rapports entre journaliste et pouvoir. Salle Albert Londres, peu avant seize heures.

Une fois dans la salle, je cru reconnaître une ou deux figures connues du journalisme, entourée du même nombre de figures plus ou moins connues de la politique locale, des députés. Parmi eux, un jeune inconnu – qui se révélera plus tard être ce fameux « brillant historien ». Il ne s’en doutait peut-être pas, mais il venait, à mes yeux, de saboter sa conférence. C’était, en un sens, dommage. La conférence débuta, mon ennui aussi.

Assis au milieu d’une rangée, il m’était impossible de partir. Mon attention quitta rapidement le discours de l’intervenant, cherchant dans la salle un nouvel élément digne d’intérêt. Un rideau, un pupitre, le plafond, mon portable. J’eus envie de me renseigner sur l’homme, mais je ne trouva rien d’intéressant à part un parcours classique dans une fac du coin. Ce n’était donc personne. Dix-sept heure quinze, la libération. Cigarette à la bouche, je m’empressa de quitter le palais des congrès pour pouvoir, enfin, être tranquille. Cette cigarette était de celles qui vous libérait, de celle que vous savourait.

Je divagua par la suite dans les différentes allées de la convention, errant sans réel but si ce n’est celui de tuer le temps. Mon errance m’amena à emprunter l’allée 4, puis à tourner pour l’allée E, puis l’allée F. Marchant peinardement au centre de l’allée, évitant par moments les groupes de personnes qui s’étaient formés afin de discuter en plein passage – je haïssais ces gens-, mon attention se posa, au détour d’un regard placé là à l’improviste, sur une chevelure « verte » que je reconnu. Jill, qui, alors que la femme à ses côtés étaient aux prises avec un homme assez jeune pour ne pas avoir terminé ses années de fac, semblait s’ennuyer.
- Alors, le Flambusard attire du monde ? lançais-je alors à la jeune femme une fois m’être suffisamment rapproché pour qu’elle puisse m’entendre.


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Mar 3 Avr - 17:27
Une fois de retour au stand Lily me demande pourquoi j’ai mis tant de temps à aller chercher des sandwiches. Quand elle se rend compte que je l’ai oubliée, elle peste et me sermonne. Quelques instants plus tard elle se met en route et fait un incroyable aller-retour ; en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire elle a bravé l’allée F alors bondée et a joué des coudes pour se faire une place. Haut perchée sur ses talons, sa hargne et sa gourmandise se disputent le temps : pas question de traîner, elle a la dalle.

Elle se fraye ainsi un chemin d’une manière très énergique (et à grands renforts de coups de coude). Il ne lui aura pas fallu vingt minutes pour faire l’aller-retour entre notre stand et celui qui fait des sandwiches dans une allée à proximité.

Une fois revenue, elle déguste tranquillement et entame la conversation, la bouche pleine.


Lily – Hmpfhmpffffhhhfffpm ?
Jill – Un ancien prof de fac plutôt bavard, mais sympathique, avec un de ses anciens élèves. Je lui ai proposé de passer.
Lily – Hmppf hmpf hpf ? Hmpf hm ?
Jill – Non le prof. Après j’ai lancé l’invitation à la cantonade.
Lily – Hmmpf mmmpf hm ?
Jill – Un écrivain apparemment, mais jsais pas ce qu’il écrit à part son tour des îles d’Alola.

Soudain, elle avale, une lueur dans le regard.
Lily et moi avions assez travaillé ensemble pour se comprendre à demi-mot, alors même quand elle s’exprimait ainsi, je comprenais son charabia. Nous n’avions certes pas fait une longue carrière à deux mais nous étions proches. L'habitude de bouffer sur le pouce en cinq minutes pour finir un article m'a permis entre autres d'apprendre à décoder ce qu'elle dit quand elle mange. Elle finit d'avaler ce qu'elle mâche.


Lily – Tu lui as donné la carte du journal au moins ?
Jill – Désolée, je ne l’avais pas sur moi. Mais il sait où est le stand.

Trop tard, elle est abattue et retombe mollement sur son siège. Je me sens coupable sur ce coup. J’ai accepté de braver ce dont j’ai horreur pour aider une amie : or non seulement j’oublie son sandwich mais en plus je manque à tous mes devoirs. Lily n’a rien exigé de moi, je trouve que je lui rends bien mal service pour l’occasion mais sa bonne nature n’en prend pas ombrage. Elle se contente de soupirer puis de s’étirer. Quelques minutes plus tard, un groupe de lycéens passe ; elle les alpague avec énergie. Ravie de voir que mon incompétence n’a pas entamé sa précieuse énergie, je fais davantage d’efforts de mon côté pour alpaguer quelques passants. Nous n’obtenons cependant pas grand-chose d’autre que quelques abonnements ponctuels au journal, rien qui ne soit de nature à le redresser. Au fil des heures qui s’écoulent, Lily s’inquiète.

Aucune de nous n’a prit une pause de l’après-midi. Le bouiboui que nous vendons étant local il intéresse difficilement de potentiels acheteurs. Lily ne baisse pas les bras ; elle est plongée dans une conversation avec un étudiant. Pour ma part je bouquine tranquillement dans un coin, soulagée de pouvoir jouir de quelques minutes de repos. J’ai passé une bonne partie de l’après-midi à élever la voix pour attirer quelques passagers.

Jusqu’à ce que l’un d’entre eux ne vienne à moi ; ce qui aurait rendu les choses plus simples s’ils avaient tous fait ainsi. Je reconnais la voix avant de voir le visage.


- Alors, le Flambusard attire du monde ? me dit Elvis avec un sourire en coin.

Bingo ; aussitôt j’y vois une occasion en or. J’attends impatiemment que Lily ne se débarrasse de son pré pubère ; pour cela je lui presse le bras, signe sur lequel nous sommes d’accord pour signaler quelque chose d’important.


Jill – On se débrouille pas si mal finalement. On est à la recherche de nouveaux auteurs à publier si tu veux tout savoir. Pause, pour ne pas le faire fuir tout de suite. Je peux te proposer un café Elvis ?

Je lui montre au passage l’un de nos sièges et l’invite à s’installer ; pendant ce temps Lily remercie l’étudiant pour son intérêt et le congédie après qu’il ait fini de poser toutes ses questions. Puis elle se tourne vers Elvis avec des yeux de prédateur et prend place à côté de moi, une lueur un peu folle dans le regard. Je la connais bien ; elle va tenter de le recruter, c'est sûr.

Jill – Elvis, celle dont je parlais tout à l'heure, Lily Evans, rédac en chef du Flambusard. Lily voici Elvis Bradley, l'écrivain d'Alola.



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Ven 6 Avr - 18:13
- On se débrouille pas si mal finalement. On est à la recherche de nouveaux auteurs à publier si tu veux tout savoir, me répondit Jill en me tutoyant. Je peux te proposer un café Elvis ?
Je lui réponds par l’affirmative, puis on me fait passer de l’autre côté du stand, m’invitant à prendre place. A peine ai-je le temps de prendre place que Jill me tend un café noir servi bouillant dans un verre en plastique, je jette un coup d’œil à ma droite ; il provient d’une cafetière thermos. Les deux femmes faisaient avec les moyens du bord, elles avaient sans doute dû amener elles-mêmes la cafetière, le café étant l’une des seules ressources disponibles pour tenir dans le temps dans ce genre d’événement.
- Merci, dis-je à Jill en prenant le café.
La femme aux cheveux verts s’assied face à moi, accompagnée quelques secondes plus tard par sa collègue, Lily Evans. Les deux femmes posent leurs yeux sur moi, j’ai envie de me faire une cigarette.
- Elvis, celle dont je parlais tout à l'heure, Lily Evans, rédac en chef du Flambusard. Lily voici Elvis Bradley, l'écrivain d'Alola.
Je tends une main à la collègue de Jill, main qu’elle serre fermement.
- Enchantée, vous passez une bonne convention ? me demande-t-elle, sérieuse, en souriant.
- Peut-on réellement passer une bonne convention ici ? lui répondis-je en haussant les épaules, avant de m’enfiler les premières gorgées de mon café brûlant. Et vous ? Le Flambusard a-t-il trouvé ses auteurs ?
Si toutes les personnes s’étant arrêtées à ce stand avaient le même profil que le jeune homme qui était là quand je suis arrivé, alors le Flambusard avait sans doute perdu son temps ici. De toute évidence, ce salon n’est vraiment utile que pour les journaux et les auteurs qui ont déjà un public. Les petits journaux comme celui pour lequel travaille Jill.
- Pas vraiment non. La plupart des personnes qui viennent nous voir sont des étudiants en quête d'un stage, me répond la rédactrice en chef. Jill m’a dit que vous étiez écrivain, qu’écrivez-vous ?
- De la fiction, j’ai principalement écris des nouvelles, et je suis actuellement sur l’écriture d’un roman.
Les yeux de Lily Evans s’écarquillent, et sans me laisser le temps d’en rajouter, elle revient à l’attaque avec une nouvelle question.
- Et vous n’avez jamais songer à écrire autre chose ?
Suis-je parti pour une nouvelle série de questions-réponses de même ampleur qu’il y a quelques heures plus tôt en compagnie du professeur Ernst Sandoz ? Lorsqu’ils s’adressent à moi, les gens ont toujours le même genre de questions. « Qu’écrivez-vous ? Pourquoi n’écrire que de la fiction ? D’où vous viennent vos inspirations ? ». Ces questions me suivent depuis que je suis écrivain, il est rare de trouver une conversation dans laquelle on ne me les pose pas ; elles me fatiguent.

La question de mon interlocutrice est néanmoins différente dans le sens où elle est intéressée, ce n’est pas qu’une simple politesse. La rédactrice en chef du Flambusard semble réellement attendre une réponse de ma part. Elle attend telle une prédatrice prêt à fondre sur sa proie pour ensuite la dévorer. Je mets un certain temps avant de percuter. Sa proie, c’est moi, et me dévorer, c’est me faire écrire pour le journal qu’elle dirige.
- Ecrire autre chose ? Vous voulez dire pour le Flambuard ? répondis-je à Lily Evans en souriant.


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