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» Summer Rain


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Ligue 4

C-GEAR
Inscrit le : 14/12/2013
Messages : 5236

Région : Kalos / QG Ligue 4
Ven 9 Mar - 12:41
« Tu étais déjà venue à la Ligue Pokémon ? »

Alyssa fit non de la tête. Contrairement aux dresseurs ou aux amateurs de matchs Pokémon, le regard qu’elle posait sur le prestigieux bâtiment ne brillait pas d’émerveillement. Il semblait plutôt fatigué, ce qui était normal étant donné la soirée horrible qu’elle venait de passer, et était aussi empli d’un paradoxal mélange d’appréhension et d’espoir. Je suppose que le mien évoquait des sentiments très similaires.

« Ça c’est le bâtiment public, c’est là que se trouve le stade. » indiquai-je en l’entrainant vers l’entrée. « Nous n’entrons pas par-là habituellement car il y a une entrée plus discrète, mais comme c’est la première fois il va falloir que je te déclare.

- D’accord.
»

Je perçus le malaise dans sa voix et fronçai légèrement les sourcils. Je n’aimais pas du tout la précipitation dans laquelle se faisait l’arrivée d’Alyssa et je pense qu’elle non plus. Jusqu’au départ de l’hôtel ce matin elle comme moi avions été sur un petit nuage, tout à notre euphorie de commencer une nouvelle vie ensemble loin d’Alois et de la dépression de ma fille ; toutefois, depuis que nous avions entamé le chemin du retour, nos doutes étaient remontés à la surface. Est-ce qu’elle serait heureuse avec moi ? Est-ce nous allions bien nous entendre au quotidien ? Est-ce qu’elle n’allait pas être trop perturbée de quitter Hoenn et toutes les habitudes qu’elle y avait prises ? Est-ce qu’elle allait être bien accueillie par toutes les personnes avec qui je vivais à la Ligue ? Et Haby ? Et Zoé ? Et mes parents ? Tellement de paramètres qui pouvaient transformer ce qui devait être pour Alyssa une renaissance en un nouveau calvaire. Et puis il y avait des soucis d’organisation plus immédiats qui entachaient la joie de nous retrouver avec quelques semaines d’avance, comme par exemple l’obligation d’aller lui racheter une garde-robe intégrale ou le fait que mon emploi du temps n’était pas aménagé pour que je puisse rester auprès d’elle dans les jours à venir – sans parler du séjour à Alola que Liz et moi avions prévu depuis un moment et qui devait avoir lieu la semaine prochaine. Au final, j’espérais que tous ces tracas ne seraient que passagers et que dans un mois tout irait pour le mieux.

J’emmenai Alyssa se faire reconnaitre par les services de sécurité de la Ligue afin qu’elle puisse aller et venir dans les locaux. Puis, j’entrepris de lui faire faire le tour du bâtiment administratif afin qu’elle puisse voir les lieux qui pourraient avoir de l’intérêt pour elle : le stade, l’accès aux vestiaires, l’aile réservée au Comité (Monsieur Hiller lui fit bon accueil d’ailleurs) et quelques autres services qui s’occupaient des champions. Tout du long je sentis des regards curieux se poser sur nous et je vis que cela mettait Alyssa mal à l’aise. C’est vrai, c’était la première fois qu’elle se retrouvait dans un lieu où elle était officiellement la fille d’un champion de Ligue. Cela ne facilitait pas les choses…
Tandis que nous sortions du bâtiment ouvert au public pour accéder aux zones réservées au personnel, je pris mon portable pour pianoter un message. Je n’avais prévenu personne hier soir comme j’avais récupéré Alyssa très tard dans la nuit, mais dès ce matin j’avais envoyé un certain nombre de messages pour alerter les principaux concernés par cette nouvelle. Le Comité évidemment, puis Haby (qui ne s’était pas alarmée de l’arrivée d’une adolescente dépressive dans sa vie mais s’était plutôt insurgée du comportement d’Alois, comme je l’espérais d’elle), mes parents et enfin Lizbeth. Dans son cas ce n’était pas parce que ma fille allait chambouler sa vie mais parce qu’elle connaissait très bien la situation. Elle m’avait en effet beaucoup soutenu ces derniers jours, d’abord concrètement en m’aidant à débarrasser ma chambre pour accueillir les affaires d’Alyssa, mais aussi moralement comme je lui avais raconté toute l’histoire de notre relation ainsi que mes doutes et mes espérances. C’était à cette facilité que j’avais à me confier à elle que je voyais que les liens s’étaient franchement resserrés entre nous depuis notre petite virée à Amaillide ; d’habitude je n’aimais pas parler de mes faiblesses et de ce que je ressentais, mais le fait est que j’avais une grande confiance en Lizbeth. C’était d’ailleurs à elle que j’écrivais un SMS, que j’envoyai comme suit :


Ruv a écrit:
On vient d’arriver, je l’emmène poser ses affaires et on va faire le tour du proprio. Dispo d’ici 30 min ?

« Je crois qu’il n’y a que nous et Lizbeth cet aprèm, tu vas pouvoir t’habituer un peu au lieu avant de rencontrer tout le monde. » indiquai-je pour rassurer Lyssa qui triturait nerveusement ses cheveux. « Ça va aller ?

- Euh… je crois.
» Son visage disait tout le contraire. Elle donnait à nouveau cette sensation de s’excuser d’être là que je trouvais si triste.

« Tu vas voir, Lizbeth est très gentille, tu n’as pas à t’inquiéter. Elle est même contente que tu arrives. » J’ignorais si c’était tout à fait vrai, mais en tout cas elle m’avait encouragé à aller jusqu’au bout de la procédure pour récupérer Lyssa et la faire venir à la Ligue. Je suppose donc, en un sens, qu’elle n’était pas dérangée par sa présence.

Nous ne croisâmes pas grand monde jusqu’à atteindre mes appartements, hormis Alexei qui nous salua formellement et souhaita la bienvenue à Alyssa. Rien dans son expression ne trahissait qu’il avait été celui qui m’avait épaulé au début quand je venais tout juste d’apprendre son existence : comme d’habitude, il était parfaitement stoïque.
Je m’arrêtai devant la porte de ma – ou plutôt, notre – chambre et laissai une seconde à Alyssa pour mémoriser le lieu.


« Il faut que je te fasse un double des clés. » pensai-je à haute voix. « Tu me le rappelleras tout à l’heure ? »

Elle hocha la tête alors que j’ouvrais. Je me poussai un peu pour la laisser passer devant et refermai derrière nous, le temps qu’elle embrasse la pièce du regard. Il n’y avait pas grand-chose à voir de toute façon car les appartements des champions avaient des airs de studio : un petit coin salon qui servait pour les invités privés (le véritable salon étant, lui, commun), une chambre avec un dressing et une salle de bain plutôt spacieuse.

« Bienvenue chez toi. C’est pas très grand je sais…

- C’est très bien Papa.
» Elle tourna la tête pour regarder autour d’elle, ce qui me permit de voir qu’elle souriait. Comme cette nuit, quand j’étais venu la chercher, elle avait l’air vraiment heureuse. « J’aime bien cette pièce. »

C’est vrai que tout devait lui paraitre mieux que la maison de son grand-père, songeai-je ; au moins ici était-elle accueillie.
Je posai sur le lit le sac contenant le peu d’affaires qui lui restait pendant qu’elle se dirigeait vers les photos de la table de nuit. Son premier réflexe fut de prendre celle où elle se trouvait avec sa mère et elle se perdit dans sa contemplation un petit moment. Je ne fis rien pour la tirer de ses pensées ; de mon côté, je m’évertuais à aménager un couchage sur le canapé du salon en prévision de ce soir. Je vis ensuite qu’Alyssa prenait la photo où Haby et Zoé m’embrassaient chacune sur une joue alors que je dormais – l’une de mes préférées.


« Qu’est-ce qu’elle est belle. » dit-elle à voix basse. J’ignorais si elle parlait de la photo, de sa petite sœur ou de ma petite amie. Peut-être des trois.

« Je n’ai pas eu le temps de préparer Zoé à te rencontrer. » dis-je en déployant le drap. « Mais comme elle est encore petite je pense que ça va bien se passer. Tu appréhendes un peu ?

- Un peu oui. Je n’ai jamais eu d’enfant dans mon entourage, je ne sais pas très bien comment me comporter.

- T’inquiète pas, y a pas d’attitude particulière à avoir. Juste deux choses importantes : ne pas se montrer condescendant, s’intéresser vraiment à eux, c’est tout. C’est pas bien compliqué de se faire aimer des enfants.
»

Elle acquiesça et reposa le cadre sur la table de nuit. Je lui indiquai qu’elle pourrait mettre les photos dont elle aurait envie à côté des miennes (sans citer le nom de Loup, au risque de la faire rougir jusqu’aux oreilles) puis rangeai avec elle ses maigres possessions. Quelques vêtements, des petits objets anodins mais qui devaient être des souvenirs, et surtout son violon. Je savais qu’elle n’en avait plus joué depuis la mort d’Enora malgré sa passion pour la musique. Je pense que le jour où elle s’y remettrait serait une grande victoire pour nous deux.
Nous trainâmes un peu dans la chambre le temps que Lyssa s’approprie les lieux, puis je lui proposai de sortir faire le tour du bâtiment. Elle accepta sans souci, sûrement parce qu’elle était un peu rassurée maintenant qu’elle avait vu sa nouvelle maison, et me suivit alors que je partais vers la pièce commune.

Ce fut là que nous trouvâmes Lizbeth. En la voyant je lui adressai un sourire immense qui disait tout de l’émotion que j’avais à lui présenter ma fille ainée, émotion qu’elle devinait sans doute très bien pour m’avoir entendu en parler il y a deux jours.


« Salut Lizzy ! »

Je la rejoignis et, emporté par ma joie, embrassai ses joues avec encore plus de chaleur que d’habitude. Alyssa me suivit avec un petit sourire intimidé et s’arrêta à une distance respectueuse, attendant d’être présentée. Pour la mettre plus à l’aise, c’est vers elle que je me tournai d’abord :

« Lyssa, je te présente Lizbeth Grandt, mon amie avant d’être ma collègue. » Et vers la seconde intéressée : « Pas besoin de préciser qu’Alyssa est ma fille, ça crève les yeux non ? »

Ou pas, je n’avais tout simplement rien donné à cette jeune fille hormis la forme de son visage et un peu celle de sa bouche. Franchement, si le test de paternité n’avait pas été formel, j’aurais encore des doutes aujourd’hui.



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Ex-Champion

C-GEAR
Inscrit le : 13/01/2015
Messages : 2526

Région : Johto, Alola & Unys
Jeu 5 Avr - 17:01
Mes conversations avec Matthew m'ont fait beaucoup de bien et, les jours suivant mon retour du week-end au ranch, j'ai passé beaucoup de temps à ses côtés. Il m'a même accompagné lors de mes séances de sports - écourtées par mon épaule - et nous avons joué aux jeux vidéos dans mon appartement, comme des enfants. Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas autant laissée aller, même si le week-end à Amaillide était un sacré exemple en terme de laisser aller... Mais cela m'a laissé dans un drôle d'état. Matt m'a aidé à y voir plus clair dans mes sentiments et, surtout, à les accepter tels qu'ils sont. J'ai beau lui avoir dit dès le début que je ne voulais pas les refouler, j'y ai tout de même souvent pensé... Mais il a su avoir les bons mots. On a qu'une vie et je ne dois pas la gâcher en faisant toujours passer les autres avant moi... J'ai su m'affirmer dans mes disciplines, je ne vois pas pourquoi je ne le ferais pas dans ma vie sentimentale, même si celle-ci est une catastrophe pour l'heure. Tomber amoureuse de son collègue, déjà en couple qui plus est, c'est moi tout craché... Mais maintenant que j'ai relativisé, je le vis assez bien. Pour l'instant je me contente de mon petit bonheur, je suis contente lorsque je le vois, souriante, enjouée, même si je regrette de ne pas pouvoir lui avouer ce que je ressens pour lui. J'aurais sûrement hésité même s'il avait été célibataire, il m'a déjà fait comprendre qu'il n'aimait pas les couples au travail... Ce que nous serions une fois ensemble, sauf si l'un de nous devait quitter sa fonction.

Ces derniers temps, j'ai eu de nombreuses occasions de le voir. En effet, j'ai appris (quelle surprise !) qu'il avait eu une fille avec une femme, il y a longtemps, et qu'il avait appris il y a peu sa filiation avec cette adolescente... Je n'ai pas suivit l'affaire en détails mais en tout cas je me suis retrouvée assez occupée, lui ayant proposé de l'aider à préparer la chambre de la jeune fille... Puisqu'elle va s'installer à la ligue ! Cela m'a fait bizarre au début mais, en y pensant bien, je suis contente qu'une nouvelle tête nous rejoigne. En parallèle j'ai continué de mûrir mon projet pour nous rendre à Alola afin de trouver une résidence secondaire et la date du grand départ est tombée... Ne reste plus qu'à savoir si nous serons deux ou trois mais, ça, seul l'avenir nous le dira.

La jeune fille est finalement arrivée bien plus tôt que prévu, Ruven me l'apprenant par message. Heureusement, nous avions préparé sa chambre ensemble (et dans une sacrée ambiance, de vrais enfants !) et elle n'aurait donc plus qu'à installer ses affaires et à se poser. Je ne sais pas si nous aurons l'occasion de nous retrouver tous les deux mais, dans le doute, je mis une bouteille de ce délicieux blanc dans mon frigo personnel, prête à l'ouvrir avec lui pour fêter l'arrivée de sa fille à la ligue... Et puis, j'avais autre chose à fêter : je ne lui avais pas encore parler de mon rôle d'égérie, ça pourrait être l'occasion !

Alors que je suis installée dans mon canapé à lire un livre - même si je ne porte plus d'écharpe pour mon épaule, je suis toujours en arrêt - mon téléphone sonne, m'avertissant d'un message. Je l'attrape aussitôt et mon visage s'illumine en voyant le nom de l'expéditeur.

Lizbeth a écrit:
Avec grand plaisir, je vous attend au salon ! :D

Je me lève aussitôt et me prépare avant de partir, me coiffant les cheveux et donnant une petite touche à mon maquillage léger... Je n'en mettais même pas avant mais avec tout ce chamboulement je me suis mise petit à petit à prendre soin de mon image, même si je n'ose pas trop en faire pour ne pas me faire griller. C'est un peu stupide comme réflexion, mais bon... Une fois prête, je sors de mon appartement avec Klein à mes pieds et je vais attendre le père et sa fille dans le salon, assez impatiente de les voir...

Je me lève d'un bond lorsque j'entend des bruits de pas et j'accueille les deux personnes avec un grand sourire, toute excitée à l'idée de rencontrer la fameuse fille de Ruven...

- Hey, coucou ! Je lui fais la bise avec enthousiasme, sentant sa joie de vivre à cet instant : ça fait vraiment plaisir à voir. Je laisse ensuite Ruven me présenter à sa fille et je lui tend la main, pour commencer doucement. Je suis ravie de faire enfin ta connaissance Alyssa, ton père m'a beaucoup parlé de toi !

Klein leva la patte vers Alyssa tout en lâchant un "Kwak" amical, visiblement décidé à faire des efforts pour intégrer la jeune humaine dans le groupe. Le geste me fit sourire, avant que je ne réagisse à la petite boutade de mon ami.

- Ça ne fait pas un pli, elle est aussi belle que toi ! Tentant de la mettre un peu à l'aise, je décide de continuer la conversation pour qu'elle ne se sente pas délaissée, la sentant assez timide dans sa manière de se tenir... et Ruven m'avait prévenu. Alors Alyssa, que penses-tu du QG de la ligue ? Impressionnant non ? La jeune fille semble un peu surprise que je m'adresse aussi familièrement à elle mais au moins me répond-elle.
- Oui, c'est... C'est vraiment immense ici... Bon, sa timidité est encore bien présente, mais je suis sûre qu'avec le temps elle va se détendre... Il faut dire que ça fait beaucoup de choses à digérer d'un coup, et qu'elle n'est pas non plus n'importe où.
- Tu vas voir, on s'y habitue vite... Si tu aimes nager, je te montrerais les installations aquatiques. Je suis sûre que Klein serait ravi d'avoir de la compagnie !
- Euh, oui, pourquoi pas... Ma proposition ne semble pas l'avoir mise à l'aise ; je pourrais surenchérir, notamment en lui parlant jeux vidéos, mais je ne la connais pas assez et elle pourrait me trouver lourde... Si ce n'est pas déjà fait ! Les adolescents peuvent être difficiles paraît-il...
- M'enfin, je suis sûre que ton père te montrera tout ça, il doit avoir hâte de te faire visiter les locaux ! Un large sourire orne aussitôt le visage de ce dernier ; prévisible, vu comment il était excité comme une puce par l'arrivée de sa fille... Il l'adore, c'est vraiment adorable.
- Qu'est-ce que tu crois, j'ai déjà commencé ! C'était la première fois qu'Alyssa voyait le stade de la Ligue d'ailleurs. J'ai un sourire nostalgique en imaginant la réaction de la jeune fille, qui me rappelle ma première venue à moi aussi, il y a bien longtemps. A cette époque jamais je n'aurais cru que je vivrais un jour ici...
- Je l'avais déjà vu à la télé, j'ai regardé quelques matchs... Elle semble un peu gênée en parlant de tout cela, mais je n'en comprend pas tout de suite la raison, ne cherchant pas vraiment à décortiquer chacune de ses paroles, voulant simplement qu'elle soit à l'aise avec moi. Mais je l'ai trouvé beaucoup plus impressionnant en vrai.
- Ca nous le fait à tous ! C'est vraiment impressionnant de se retrouver sur le stade... Encore plus quand la foule nous acclame ! Mais le QG en lui-même sera beaucoup plus intéressant pour toi, il y a beaucoup d'installations différentes. D'ailleurs, tu as un pokémon ? Après tout, quand on parle du stade difficile de ne pas penser à ces créatures qui m'accompagnent tous les jours...
- Non, je n'en ai jamais eu. Je ne m'y intéressais pas beaucoup avant de rencontrer Papa. A cet instant précis, je vois Ruven faire une drôle de tête, puis un clin d'oeil ; il ne me faut pas longtemps pour comprendre qu'il a décidé de lui faire connaître son monde. Je suis sûre qu'il va lui offrir un pokémon feu ! Je lui couperais bien l'herbe sous le nez en lui offrant un pokémon aquatique tiens, ce serait drôle !
- Tu vas découvrir un tout nouveau monde du coup ! Et avec ton père à tes côtés tu seras très bien accompagnée. Je lui fais un sourire doux, la trouvant vraiment craquante... Tout comme son père !


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Ligue 4

C-GEAR
Inscrit le : 14/12/2013
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Région : Kalos / QG Ligue 4
Ven 13 Avr - 23:51
Lizbeth se montra enthousiaste et accueillante, comme je l’espérais d’elle. Je rayonnais de joie tandis qu’elle échangeait une poignée de main amicale et quelques mots de bienvenue avec Alyssa. Cela faisait des semaines que j’attendais ce moment et il se passait exactement comme je le voulais.
Quand je plaisantai sur le manque flagrant de ressemblance entre ma fille et moi, Liz n’en profita pas pour me railler. Au contraire même.


« Ça ne fait pas un pli, elle est aussi belle que toi ! »

Ça me fit tout bizarre. Même si Liz et moi étions proches nous passions bien plus de temps à nous taquiner qu’à nous faire des compliments ; ceux-ci étaient plutôt réservés à des occasions où l’autre avait un coup de mou ou quand nous avions un peu bu. Je n’en étais pas moins très flatté qu’elle me trouve à son goût et qu’elle me le dise aussi naturellement, comme si ça tombait sous le sens. Si nous n’avions été que tous les deux je m’en serais donné à cœur joie pour la chambrer là-dessus, mais devant ma fille je me contentais d’un petit sourire crâneur.
Liz entreprit de faire un peu la conversation, obligeant Lyssa à lui répondre malgré sa timidité. J’avais une petite idée de la gêne qu’elle devait ressentir alors que mon amie lui proposait déjà d’aller faire un tour du côté de la piscine mais je n’intervins pas. Il fallait aussi que ma fille se débrouille toute seule si je voulais qu’elle s’intègre bien ici.


« M'enfin, je suis sûre que ton père te montrera tout ça, il doit avoir hâte de te faire visiter les locaux !

- Qu'est-ce que tu crois, j'ai déjà commencé !
» répliquai-je avec enthousiasme. « C'était la première fois qu'Alyssa voyait le stade de la Ligue d'ailleurs.

- Je l'avais déjà vu à la télé, j'ai regardé quelques matchs...
»

Elle s’interrompit. Je crois qu’elle craignait un peu que Lizbeth lui pose des questions sur ce qu’elle avait pensé de ses propres matchs et de ses Pokémon alors que je savais très bien que les seuls matchs qu’elle avait regardés étaient les miens. Ce n’était pas du tout pour le combat en lui-même d’ailleurs, si je lui en reparlais quelques jours après elle ne se souvenait déjà plus des tactiques employées : c’était juste pour me voir. Elle ajouta pour noyer le poisson :

« Mais je l'ai trouvé beaucoup plus impressionnant en vrai.

- Ça nous le fait à tous ! C'est vraiment impressionnant de se retrouver sur le stade... Encore plus quand la foule nous acclame !
» J’approuvai d’un signe de tête. Même encore maintenant, alors que ça faisait presque un an et demi que j’exerçais la fonction de champion de Ligue, j’étais encore euphorique en entendant les acclamations et les cris de fan. « Mais le QG en lui-même sera beaucoup plus intéressant pour toi, il y a beaucoup d'installations différentes. D'ailleurs, tu as un pokémon ?

- Non, je n'en ai jamais eu. Je ne m'y intéressais pas beaucoup avant de rencontrer Papa.
»

Comme je me tenais derrière Alyssa et qu’elle ne pouvait pas me voir, j’attirai l’attention de Lizbeth en faisant une petite moue qui semblait dire "t’inquiète, c’est temporaire". En fait, depuis l’anniversaire d’Alyssa j’avais en tête de lui offrir un Pokémon et j’attendais simplement de pouvoir l’emmener à Kalos pour que nous puissions nous rendre à l’élevage de Némélios d’où venait Molly. J’avais remarqué que Lyssa aimait bien cette espèce et qu’elle s’entendait avec Molly (étrangement), un Hélionceau serait donc parfait pour débuter. Et puis bon, je ne me voyais pas offrir autre chose qu’un Pokémon feu à l’une de mes enfants.

« Tu vas découvrir un tout nouveau monde du coup ! » Le petit sourire de Lizbeth m’indiquait qu’elle avait compris mon message silencieux. Je lui faisais confiance pour ne pas vendre la mèche. « Et avec ton père à tes côtés tu seras très bien accompagnée.

- C’est sûr qu’il y a pire qu’un champion de Ligue pour débuter !
» plaisantai-je en attrapant l’épaule de ma fille aînée. « Je ne désespère pas de te donner envie de t’y intéresser. Ça fera très plaisir à Loup en plus. »

Presque aussitôt le visage d’Alyssa s’empourpra un peu ; si elle n’osait pas m’avouer qu’elle était amoureuse de ce garçon, son corps parlait pour elle. Je me redis qu’il faudrait vraiment qu’ils se bougent tous les deux, c’était frustrant de les voir se couver du regard sans concrétiser. Il faudrait peut-être que j’ai une petite discussion avec ce jeune homme.

« Rien à voir mais tu as déjà mangé Liz ? J’vais voir pour préparer un truc vite fait. On doit aller faire du shopping cet après-midi et il ne faut pas qu’on tarde trop à partir. »

Elle m’indiqua que non et qu’elle voulait bien se joindre à nous. Nous migrâmes donc dans la cuisine des champions, plutôt sommaire depuis que Maceo et ses talents de cuisinier étaient partis, et je me lançai dans un plat de pâtes rapide. En même temps que je m’affairais je demandai à Liz si elle avait quelque chose de prévu cet après-midi, ce à quoi elle me répondit que pas encore. A ma grande surprise, ce fut Alyssa qui prit son courage à deux mains et reprit :

« Lizbeth, je voulais savoir, pardon si c’est trop personnel, mais Papa m’a dit ce qui vous est arrivé… Est-ce que votre épaule est guérie ? »

Je lui jetai un petit regard, souriant avec douceur. Ça me faisait très plaisir de la voir faire des efforts pour s’intégrer : non seulement c’était de très bonne augure pour la suite, mais en plus ça signifiait qu’elle avait un peu plus d’assurance maintenant qu’elle était avec moi. Je me détachai de la conversation alors que les deux filles parlaient, laissant Alyssa s’assumer toute seule, et cherchai dans le placard un paquet de pâtes suffisamment rempli le temps que l’eau bout. Il se passa quelques minutes de conversation tranquille pendant que je préparais la table, puis je remarquai que ma fille me regardait en se mordillant légèrement la lèvre.

« Qu’est-ce qu’il y a ?

- Euh… Tu comptes faire quoi avec les pâtes ?

- Baaaah…
» J’ouvris le frigo en quête d’inspiration. La cuisine était bien quelque chose qui ne m’intéressait pas du tout, même si j’aimais manger quand c’était les autres qui faisaient. Devant une montagne d’ingrédients, je ne savais jamais quoi en faire. « On a du jambon. »

Elle eut un petit rire indulgent.

« On dirait que tu fais à manger pour Zoé ! Je peux regarder ? »

Je la laissai accéder au frigo et aux placards qu’elle parcourut rapidement. A la voir faire je compris qu’elle avait l’habitude de cuisiner. Est-ce que c’était elle qui faisait à manger chez son grand-père ? Ou peut-être que c’était quelque chose qu’elle faisait déjà avec Enora, finalement.

« Je peux faire une salade de pâtes avec des tomates, du fromage frais et des herbes. Et des morceaux de jambon si tu y tiens Papa. Ça peut aller très vite, j’aurais juste besoin que tu m’aides avec les tomates.

- Euh, d’accord.
»

Bon, j’étais légèrement ridicule devant ma collègue mais tant pis, je ne comptais surtout pas interrompre ma fille alors qu’elle prenait des initiatives. Je pense que quelque part elle voulait aussi montrer à Lizbeth et à moi qu’elle ne comptait pas être un parasite à la Ligue et qu’elle voulait aider.
Lyssa se mit donc aux fourneaux et je fis sa petite main en découpant les tomates. J’en profitai pendant ce temps pour expliquer à Lizbeth pourquoi on devait absolument faire les boutiques cet après-midi car je n’avais pas eu l’occasion de lui raconter tous les détails d’hier soir. Elle savait que Alois avait mis ma fille à la porte mais pas dans quelles conditions – conditions qui la choquèrent quand je les lui exposai.


« Donc voilà. En tout il lui reste quoi, trois tenues ? Elle ne pouvait pas en prendre plus sans faire craquer le sac. » Ma fille restait silencieuse. Concentrée sur son plat ou désireuse de ne pas parler du drame de la veille, je ne saurais dire. « Il y a donc toute la garde-robe à racheter, plus les produits de toilette, plus des trucs auxquels je ne pense pas là maintenant mais qu’on verra sur place. Je pense qu’on est parti pour y passer l’aprem.

- Au pire on fait ça en plusieurs fois tu sais, si tu as des choses à faire…

- Non non chérie. Je préfère que tu aies tout ce dont tu as besoin maintenant. Et puis tant qu’à y être, on fait ça bien.
» Je goûtai une pâte en soufflant dessus. « Je crois qu’elles sont prêtes.

- Tu veux bien les égoutter s’il te plait ? On va les mélanger au reste.
»

Je m’exécutai et deux minutes plus tard nous nous mîmes à table. Il n’y avait pas photo, Lyssa faisait bien mieux à manger que moi : elle avait beau avoir préparé ça en dix minutes chrono c’était bon, voire savoureux. Je ne me privai pas de la complimenter et cela lui fit plaisir. Pendant le repas nous parlâmes de choses et d’autres tous les trois, avec de moins en moins de malaise du côté de ma fille que Lizzy arrivait à détendre. Cette dernière finit d'ailleurs par se proposer à nous accompagner faire les boutiques, ce qui me surprit beaucoup.

« T’es sûre ? On en a pour des heures hein. »

Elle persista dans sa décision, étonnamment ; je ne voyais pas trop quel intérêt elle pouvait avoir à se perdre dans les magasins avec nous. Ceci dit, comme elle était toujours en arrêt à cause de son épaule, elle devait s'ennuyer. Il n'y avait personne d'autre à la Ligue aujourd'hui car tous les autres champions étaient en déplacement, elle avait peut-être peur de se sentir seule. J'espérais qu'elle ne regretterait pas en se rendant compte d'à quel point c'était long et fastidieux... mais à part ça j'étais quand même content qu'elle soit là. Ça me ferait quelqu'un avec qui parler pendant qu'Alyssa faisait des essayages ainsi qu'un point de vue féminin bienvenu.

Quand nous eûmes fini de manger, ce fut donc à trois et non à deux que nous prîmes un taxi pour aller à Céladopole. Nous nous fîmes conduire jusqu'à l'allée la plus chic, celle où les boutiques hors de prix attiraient une clientèle qui avait l'habitude de voir des célébrités et n'en faisait pas grand cas. Je crois que ce fut à ce moment précisément qu'Alyssa se rendit compte qu'elle avait un père riche et que sa petite vie d'anonyme était bien terminée. Elle regardait les enseignes avec stupéfaction, comme si un nouveau monde s'ouvrait soudain à elle, et observait les clients plus ou moins connus un peu trop fixement. Toutefois, elle dut rapidement interrompre sa contemplation car nous avions du pain sur la planche : j'entrainais les deux filles dans le premier magasin de vêtements pour femmes et énumérai tout ce qu’on devait trouver d’ici la fin de la journée et dont j’avais fait une liste rapide sur mon portable. Je m’en étais tenu aux vêtements d’été / début d’automne à savoir hauts divers et variés, jeans ou pantalons, jupes, robes, gilets, chaussures ou bottes, collants, chaussettes, sous-vêtements, vestes, manteau, foulards, pyjamas, robe de chambre, maillots de bain (bien utiles pour notre virée prochaine à Alola), sans oublier tous les à-côté comme des rubans pour ses cheveux ou un sac à main. A mesure que je faisais la liste je vis ma fille pâlir. Elle devait s’attendre à ce qu’on achète quelques trucs en vrac et à ce que ça fasse l’affaire mais c’était bien mal me connaitre : j’aimais trop la mode pour ne pas rhabiller Alyssa de pied en cap. J’eus d’ailleurs l’occasion de remarquer que je connaissais mieux la mode féminine qu’elle alors que nous commencions à faire le tour des rayons et que je suggérais des assemblages qui ne lui avaient jamais effleuré l’esprit.


« Et je t’interdis de regarder les prix ! » dis-je alors qu’elle poussait une exclamation de surprise devant l’étiquette d’une jupe patineuse à imprimés floraux. « Ça c’est mon problème, toi tu prends ce qui te plait ! »

Il lui fallut encore une dizaine de minutes pour intégrer l’idée, puis enfin elle s’autorisa à envisager tous les beaux articles disponibles et commença à trouver son bonheur. Lizbeth et moi lui fîmes quelques suggestions, elle d’un point de vue de femme et moi d’un point de vue d’homme, et au bout d’une vingtaine de minutes nous pûmes aller aux cabines d’essayage les bras bien chargés. Une vendeuse très mignonne se fit un plaisir de s’occuper de nous et amena d’autres articles qu’elle estimait convenir à Alyssa, essayant par la même d’en vendre à Lizbeth qui attendait avec moi sur le côté. Au bout d’un moment mon amie se laissa tenter et je me retrouvai tout seul assis devant les cabines, à attendre que les deux filles sortent me montrer ce que ça donnait. Si Alyssa restait sur des vêtements assez discrets (je crois qu’elle n’osait pas regarder des trucs trop sexy devant moi), Liz se montra plus féminine et n’hésita pas à me soumettre des robes décolletées ou des ensembles très élégants. Pour l’une comme pour l’autre je donnai une critique sincère et argumentée, sans m’ennuyer. J’aimais bien la mode féminine, plus variée que la nôtre, et appréciais aider les filles proches de moi à être mises en valeur.

Nous sortîmes de ce premier magasin avec de nombreux sacs et en fîmes deux trois autres pour compléter ce qui manquait. L’un d’entre eux avait un rayon hommes bien fourni et je ne pus résister à l’envie d’y jeter un œil alors qu’Alyssa faisait un tour de son côté. Dans cet univers fait de chemises, de cravates, de vestes et pantalons assortis, je me sentais comme un poisson dans l’eau. J’aimais vraiment m’offrir des beaux vêtements de qualité mais décidai de me limiter à un seul article ; j’étais aisé mais quand même, acheter une garde-robe complète à une adolescente dans des boutiques comme celles-ci allait faire un gros trou dans mes finances. Lizbeth, qui avait préféré me suivre plutôt que de rester avec Alyssa, eut l’occasion de constater que j’étais d’une exigence folle quand il s’agissait de mes chemises : j’analysais la coupe, la matière du tissu et sa qualité, les coutures, la forme du col, des poignets et du dos, ainsi que les boutons et la manière dont ils étaient cousus. Ce jour-là j’avais décidé de trouver une chemise violet foncé, couleur que la plupart des femmes trouvaient sexy sur les gars à la peau claire et aux cheveux assez sombres. L’avantage, c’était que j’avais justement une femme avec moi pour en juger.


« Je te fais un petit défilé ? » demandai-je en prenant une troisième et dernière chemise sous le bras. « L’objectif c’est que ça donne envie à Haby de me désaper, je te fais confiance pour me dire si ça marche – mais tu te retiens hein, te laisse pas submerger par mon fameux "sex appeal légendaire". »

Je lui lançai un clin d’œil rieur avant de disparaitre dans une cabine. Je pris le temps de valider moi-même les chemises avant de les montrer à mon amie (ce qui me permit d’en écarter une à la coupe trop lâche) et lui soumis donc le choix entre deux. Elle jeta son dévolu sur l’une, validant à la fois la couleur et la chemise en elle-même, et je crois à son expression que ça m’allait sincèrement bien.
Nous retrouvâmes ensuite Alyssa et terminâmes notre tour par une boutique de sous-vêtements féminins (je restai à la porte cette fois, je pouvais conseiller n’importe quelle nana sans sourciller mais pas ma propre fille) et par une autre spécialisée dans les cosmétiques et articles de toilette. Là dessus je n’y connaissais pas grand chose et laissais donc les filles prendre ce qu’elles estimaient nécessaires pour Alyssa, me contentant de porter les sacs.

Il était vingt heures passées quand nous revînmes à la Ligue, le coffre du taxi plein à craquer et des sacs supplémentaires sur les genoux. Alyssa avait l’air tout bonnement lessivée (il faut dire, en plus, que la nuit dernière avait été courte pour nous deux) et même après avoir fait une pause pour manger elle demanda à ce qu’on ne s’occupe des sacs que demain matin. J’acceptai avec soulagement, commençant moi-même à accuser le coup, et lui laissai donc notre chambre pour qu’elle puisse appeler Loup tranquillement et lui raconter tout ce qui s’était passé depuis hier après-midi. Au final je me retrouvai dans le salon avec Lizbeth, bien silencieux sans les autres.


« Pfiou, je suis mort. » commentai-je en m’asseyant sur l’accoudoir du canapé. « Ça va toi, tu ne regrettes pas trop d’être venue avec nous ? »



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Mar 17 Avr - 20:04
Bien que Alyssa soit clairement du genre timide, elle prend tout de même la peine de me répondre et semble ravie d'être ici, ce qui est encore le principal dans l'histoire. Nous discutons un peu entre nous, ce qui me permet d'apprendre au passage que Ruven compte offrir à sa fille son premier pokémon, afin qu'elle aussi puisse mettre un pied dans notre univers. Je ne le montre pas, mais je dois bien avouer que cela me donne envie d'en faire de même, pour qu'elle puisse avoir deux compagnons qui joueraient ensemble... Il va falloir que je réfléchisse sérieusement à cette possibilité mais, surtout, que cela n'entrave pas la démarche de mon ami, c'est hors de question. Même si j'aimerais garder la surprise je vais tout de même en parler avec lui, pour avoir son avis ; je ne voudrais pas m'immiscer trop profondément dans leur relation et que cela le gêne, ou créer un soucis entre nous. C'est certain que j'aimerais faire un peu plus partie de leur famille, mes sentiments pour Ruven me poussent tout naturellement dans cette direction, mais je ne dois pas sauter d'étapes et encore moins m'incruster entre eux, ce serait vraiment mal venu alors que Ruven vient tout juste de la retrouver. En plus, il prendra sûrement l'idée bien si je lui en parle avant, nous allons de nouveau faire jouer faire jouer notre rivalité de type comme nous l'avons déjà fait par le passé et c'est toujours amusant...

Je sors de mes pensées et me tourne vers Ruven, lui offrant instinctivement l'un de mes plus beaux sourire. Il va falloir que je me calme un peu ou il va finir par comprendre et il en est hors de question... Un jour peut-être, je ne sais pas de quoi sera fait l'avenir, mais en attendant je veux garder cela pour moi, ne pas briser la belle alchimie qui s'est instaurée entre nous...

Je veux juste profiter de l'instant présent.

- Non pas encore ! Je peux me joindre à vous ? Nous rejoignons la cuisine commune et je laisse la cuisine entre les mains de Ruven, plutôt curieuse de le voir faire. Il a une petite fille, il se débrouille peut-être bien ? Cependant, mon attention est détournée par une question de Alyssa, que je trouve touchante. Je souris à la jeune fille avant de lui répondre, glissant ma main valide sur mon épaule touchée. Ce n'est pas encore parfaitement guérie, mais c'est en très bonne voie ; la preuve, je ne porte plus d'écharpe !

Qu'est-ce qu'elle a pu m'embêter celle-là, à me coincer ainsi l'épaule et la main par la même occasion. Heureusement, tout cela est derrière moi et je ne compte pas me faire avoir comme cela une seconde fois... Luna me tuerait !

L'atmosphère se détend rapidement et je reste un peu en retrait lorsque la fille reprend son père, visiblement surprise qu'il semble décidé à nous faire un simple plat de pâtes. Je lâche un rire lorsqu'elle compare son futur repas à ce qu'il donnerait à sa plus jeune fille et je regarde Alyssa s'affairer, étonnée qu'elle soit si à l'aise ; à son âge, je ne cuisinais quasiment pas... Enfin bon, mauvais exemple, je suivais un régime très stricte et je ne me faisais absolument jamais plaisir au niveau nourriture, les choses ont bien changées depuis...

Nous discutons avec Ruven pendant qu'ils préparent la cuisine et j'en apprend davantage sur les raisons de cette venue précipitée : cela me met aussitôt hors de moi. Cependant je me contiens pour ne pas mettre Alyssa mal à l'aise et je me contente donc de hochements de tête alors que Ru finit de m'expliquer la situation, et les raisons de ce shopping précipité. C'est vraiment inhumain d'agir ainsi, cela me rendrait presque malade pour la pauvre Alyssa... Heureusement qu'elle a son père pour prendre soin d'elle. D'ailleurs elle est bien silencieuse et je me doute que la conversation ne l'a pas mise à l'aise ; heureusement les pâtes sont prêtes et je les aident à finir le repas puis à mettre la table avant de nous installer pour profiter du repas, bien meilleur que prévu : je ne manque pas de féliciter Alyssa, me retenant au dernier moment de lâcher un "prête à être mariée !" qui pourrait mal passer si Ruven décidait de faire le papa poule. Par contre, je lâche autre chose, qui me trottait en tête depuis que nous avions discuté de la condition de la jeune fille.

- Ça ne vous dérange pas si je viens cet après-midi ? Avoir un avis féminin pourrait aider Alyssa !

Ru semble surpris et j'insiste, lui expliquant rapidement que ce serait un plaisir de pouvoir aider Alyssa à se refaire une garde robe digne de ce nom ; j'évite de rajouter que cela me fait tout autant plaisir de passer du temps avec lui, ce serait un peu grillé.

Une fois tous les trois prêts - Klein préféra rester pour bronzer à la piscine - nous prenons un taxi et discutons tranquillement sur le trajet, ravie de me trouver là. Nous finissons notre course dans le quartier le plus huppé de Céladopole, une ville connue dans le milieu de la mode. J'ai un sourire amusé en passant devant le magasin de la marque qui m'a engagée en tant qu'égérie... Heureusement le contrat n'a pas encore été officialisé, ils attendent le premier shooting à Alola pour cela, sinon j'aurais été grillée avec ma tête en premier plan...

Nous entrons dans une boutique de luxe et Ru nous énuméra sa liste, fort précise, de tout ce qu'il comptait acheter à sa fille. Dans un premier temps je l'ai suivis de loin, les observant avec un sourire amusé tout en jetant quelques coups d’œil aux vêtements, magnifiques. Je finis par me rapprocher en voyant que Alyssa commençait vraiment à s'y intéresser et nous pûmes la conseiller, Ruven et moi ayant des goûts communs ; d'ailleurs je ne pensais pas qu'il était aussi au taquet sur la mode... Il a l'air d'adorer cela ! Et je dois bien avouer qu'il a plus de goûts que moi lorsqu'il s'agit d'assortir les tenues.

Alors que nous attendons que Alyssa essaie ses tenues, je me fais aborder par une vendeuse très professionnelle mais tout aussi charmante, qui ne semble pas étonnée de nous voir ici. Je me laisse tenter en me disant que cela ne me ferait pas de mal de me racheter quelques pièces et je la suis, choisissant des tenues me mettant en valeur, ayant envie de me faire plaisir et de me mettre en avant... Je sélectionne aussi un chapeau qui me fait sourire et j'embarque le tout dans une cabine spacieuse... S'en suit un défilé de mode où je n'hésite pas à me mettre en valeur, ravie de mes choix. Nous en discutons d'ailleurs avec Ru et celui-ci semble s'accorder pour dire que la petite robe en dentelle noire que je viens d'essayer me va à ravir ; il ne m'en faut pas plus pour que celle-ci aille sur la pile des "à acheter" avec d'autres ensembles ainsi que le fameux chapeau...

Nous changeons ensuite de magasins, de nombreux sacs dans les mains (surtout dans celles de Ru, qui porte tous les achats de sa fille), et je flâne avec lui dans le rayon homme, amusée de le voir ainsi, à toucher les vêtements, observer leurs coupes, ne laissant rien passer... Il adore vraiment la mode, c'est amusant de le voir ainsi, différent... D'ailleurs, je note qu'il y a quelques cravates qui ont attiré son regard, même s'il décide finalement de ne se prendre qu'un seul article, une chemise. C'est donc à son tour de faire un petit défilé... Cependant, il en parle en mentionnant sa copine, ce qui me fait plutôt bizarre sur le coup. Je sais bien qu'il est en couple, ce n'est pas comme si il ne m'en avait jamais parlé auparavant, mais à chaque fois qu'il parle d'elle, cela me fait un pincement au cœur...

Heureusement, je me maîtrise bien mieux que la dernière fois et je me reprend, me rappelant de mes bonnes résolutions. Ne te fais pas de mouron comme ça Liz !

- Tu es sûr de toi ? Tu devrais savoir que ton sex appeal légendaire est bien trop fort pour la faible femme que je suis, je risque de craquer ~

Au moins, il ne pourra pas dire que je n'ai pas été sincère avec lui... Parce que je le suis, évidemment. Ce serait mentir que de dire qu'il ne m'attire pas, ne serait-ce que physiquement, en oubliant le reste...

Evidemment, il est magnifique. Nous discutons de ses choix et nous tombons rapidement d'accord sur l'une des deux chemises, la plus belle. J'espère secrètement qu'il l'a porte de temps en temps au QG, pour le plaisir des yeux... Même si je dois bien avouer que, quoi qu'il porte, je le trouve toujours aussi séduisant. Après tout ce n'est pas le vêtement qui fait l'homme, ça se saurait. Sourire aux lèvres nous retrouvons Alyssa puis nous finissons à la caisse ; je prétexte alors avoir vue au loin une superbe robe et je leur dis que je les rejoins, allant en réalité acheter un cadeau pour Ruven, en ayant largement les moyens après tout... Et parce que ça me fait plaisir.

Je les rejoins rapidement, le sac dans la main, sans qu'on ne me pose plus de questions. Nous nous rendons finalement dans les derniers magasins (j'en profite pour m'acheter un maillot de bain à ma taille pour Alola, ce qui est assez difficile en temps normal à cause de mon bonnet) et j'aide Alyssa pour ses derniers achats ; le courant passe de mieux en mieux entre nous, cela me fait plaisir. Cela marquera la fin du shopping et, après avoir chargé le taxi comme une mule, nous nous laissons transporter jusqu'au QG...

Sans surprises, Alyssa nous laisse juste après le repas, lessivé. Je lui souhaite une bonne nuit tout en réalisant, un peu tard, que le timing est parfait. Nous voilà seuls avec Ruven et nous nous dirigeons tranquillement vers le canapé, recommençant à discuter un peu, notamment de la journée. J'ai un sourire amusé lorsqu'il dit être claqué, et je veux bien le croire ; je tiens mieux le choc que lui mais, pourtant, j'ai envie d'un bon lit.

- Je ne regrette rien, c'était vraiment chouette ! Je suis contente d'avoir pu passer cet après-midi avec vous deux. Il faut dire qu'il suffit que je sois avec lui pour que ma journée soit meilleure, alors évidemment... En plus je dois bien avouer que sa fille est adorable, c'est une adolescente calme et souriante, qui semble se remettre de sa précédente situation. Ah, attends, assieds toi !

Je le laisse et je m'éloigne pour rejoindre mon frigo, en sortant une certaine bouteille de vin blanc. J'en profite pour attraper l'un de mes sacs de shopping, le fameux, puis revient auprès de lui avec deux verres entre les doigts.

- Nous avons beaucoup de choses à fêter ce soir ! J'ouvre la bouteille, avec un sourire taquin en direction de Ruven, et sers les deux verres avant de m'installer près de lui dans le canapé, mon verre à la main. Tout d'abord, à l'arrivée de ta fille !

Nous trinquons puis buvons une gorgée du blanc, qui me semble encore meilleur que la dernière fois. Sûrement parce que, cette fois-y, je prend le temps de le savourer, et je ne compte pas en descendre une bouteille entière à moi seule.

- A notre voyage à Alola qui approche ~

Nous trinquons de nouveau, je bois une gorgée de vin blanc et je le regarde avec un sourire en coin, toujours plus taquine.

- Et à mon nouveau contrat ~

Je sors alors de ma veste un imprimé que la firme m'a envoyé en avant première : leur grande annonce pour apprendre à tous leurs clients qui serait leur future égérie... Que Ru allait pouvoir apprendre bien avant tous les autres.


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Jeu 17 Mai - 19:55
La virée shopping de cet après-midi avait duré des heures et n’avait concerné que ma fille. Pourtant, ce fut avec un enthousiasme sincère que mon amie répondit qu’elle avait vraiment apprécié ce moment. Peut-être qu’elle aimait la mode autant que moi et avait juste pris plaisir à se promener dans les boutiques ? Ou bien était-ce plutôt le fait de ne pas être restée seule avec son épaule blessée toute la journée ? Dans tous les cas c’était étonnant, mais rassurant en même temps ; je m’en serais voulu de l’avoir ennuyée.

« Et ça m’a fait plaisir que tu viennes. » renchéris-je avec un sourire. C’était très plaisant de se sentir soutenu dans cette période compliquée.

Sans transition, Lizbeth parut soudain se rappeler quelque chose et fila vers sa chambre en m’invitant à m’asseoir. Je m’exécutai, intrigué, et me calai légèrement de travers sur le canapé en croisant les jambes. Si c’était quelque chose qui nécessite qu’elle aille dans sa chambre, c’était donc un objet. Ah, peut-être la robe qu’elle avait acheté sans me demander un avis au préalable ? Se montrer les vêtements était plutôt un truc de couple mais bon, peut-être que celui-là avait quelque chose de spécial ou que Liz avait remarqué mon goût pour la mode et pensait que ça m’intéresserait. A moins que notre relation ait atteint un stade où elle me traitait comme sa bonne copine. Franchement, ça me mettrait un petit coup à l’ego.

Quand elle revint une minute plus tard, elle avait effectivement un sac de shopping dans les mains ainsi qu’une bouteille de vin blanc et deux verres. Je ne pus m’empêcher de sourire largement en remarquant ces derniers détails ; nous deux et le vin blanc, c’était une blague récurrente désormais.


« Oula, tu es sûre que c’est une bonne idée ça ? Ma fille est à côté et je crois qu’elle me voit encore comme un homme respectable.

- Nous avons beaucoup de choses à fêter ce soir !
» se justifia mon amie en débouchant le vin, même si son sourire taquin me donnait l’impression que tout cela n’était pas complètement innocent. Elle nous servit et s’installa dans le canapé à côté de moi, levant déjà son verre : « Tout d'abord, à l'arrivée de ta fille !

- Oui ! A Alyssa !
»

Nous trinquâmes et bûmes une gorgée. C’était un bon vin, pas quelque chose que l’on descend simplement pour se faire tourner la tête. Je voyais que Liz aussi prenait son temps ; elle ne voulait sûrement pas réitérer le dérapage d’Amaillide.

« A notre voyage à Alola qui approche ~

- Et à ta nouvelle maison qu’on y trouvera !
»

Un nouveau tintement, une nouvelle gorgée. Je commençais à être curieux de savoir ce qu’elle voulait fêter d’autre, à ma connaissance il n’y avait plus d’évènement particulier qui puisse mériter de sortir une bouteille de vin.

« Et à mon nouveau contrat ~

- Hum ?
»

Je ne savais pas de quoi elle parlait, mais à priori vu son sourire malicieux c’était tout à fait voulu. Sans rien dire, Liz sortit du revers de sa veste une fine liasse de feuilles agrafées et me la tendit pour que j’en prenne connaissance moi-même. Pendant une seconde je me demandai si elle était en train de me dire qu’elle quittait la Ligue et m’en sentis très inquiet, puis je lus les premières lignes et fus aussitôt rassuré. Le co-contractant était une grande marque de mode, chez laquelle nous avions d’ailleurs acheté quelques trucs cet après-midi, et l’objet du contrat était de faire de Lizbeth leur égérie pour leur prochaine campagne de pub. Un sourire enthousiaste remplaça la petite moue soucieuse que j’avais eu l’espace d’un instant.

« Oh, c’est génial ça ! » commentai-je en parcourant rapidement le reste du document. « Ça va être une expérience sympa. En plus c’est une bonne marque, ils font toujours des beaux vêtements. Tu vas faire quoi du coup, des shootings photo ? Des vidéos publicitaires ? Tu commences quand ? »

Elle me répondit qu’il s’agissait en priorité de shootings et ajouta, avec un brin de malice, que le premier se tiendrait à Alola pendant qu’on y serait. Je comprenais mieux pourquoi elle avait voulu m’en parler ce soir !

« Aaah, petite cachottière ! Je pourrai y assister alors ? Je suis curieux de savoir comment ça se passe. » Je pris mon ton et mon sourire taquin et ajoutai : « Oh, et si c’est à Alola, suis-je en droit d’espérer que ce sera pour leur ligne de maillots de bain ? Là j’aurais vraiment envie de voir ça. »



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Dim 20 Mai - 10:53
Une fois de retour et Alyssa couchée, nous nous retrouvons tous les deux, comme nous en avons maintenant l'habitude. Même si j'essaie parfois d'éviter sa compagnie lorsque je suis d'humeur maussade, pour qu'il ne se (et ne me) pose pas de questions, c'est toujours un plaisir de passer du temps avec lui et, désormais, sa fille adolescente. J'espère d'ailleurs ne pas lui avoir laissé une mauvaise impression, elle semble assez peu sûre d'elle et assez timide (pas étonnant quand on connait un peu son passé) et je ne voudrais pas qu'elle me trouve un peu envahissante... Après c'est vrai que nous nous sommes bien entendues dans le magasin de sous-vêtement, nous avons un peu discuté et elle ne semblait plus aussi intimidé, peut-être même un poil curieuse... Je ne suis pas forcément douée pour lire les émotions des gens, mais je pense que notre relation a plutôt bien démarrée et que cela devrait continuer sous de bonnes auspices... A commencer par le voyage à Alola. Malgré tout ce qui me tiraillait actuellement j'avais vraiment hâte de pouvoir partir, d'aller nous échapper ailleurs et de savourer tranquillement ces vacances bien méritées... Quelle bonne idée le comité a eu en faisant fermer quelques semaines la ligue ! Sans cela, il aurait été compliqué pour Ruven de prendre de vraies vacances afin de m'accompagner, voire impossible, puisqu'il y a déjà un membre en moins à la ligue avec mon épaule... Même si celle-ci commence à aller mieux, mais bon, ils n'auraient pas réduis mon arrêt pour autant.

Je vais chercher le cadeau et la bouteille de vin après lui avoir demandé de rester dans le canapé, pressant le pas pour ne pas le faire attendre plus que nécessaire. Je reviens avec le précieux chargement dans mes bras et je pose le tout sur la table basse, riant à la remarque de mon ami avant de lui répondre tout en ouvrant la précieuse bouteille, que nous aimons tant. Cette fois il est hors de question de la descendre aussi rapidement, nous allons en savourer chaque gorgée et en garder pour plus tard...

Je m'installais dans le canapé après avoir rempli les verres de vin et nous trinquons, tout d'abord à la venue de Alyssa à la ligue, qui est clairement la chose la plus importante de la soirée : la famille avant tout ! Nous trinquons ensuite à notre voyage à Alola qui ne va plus tarder et Ruven, de son côté, mentionne aussi la maison que j'espère y trouver. J'en ai un large sourire tout en buvant de nouveau du vin, espérant en effet que j'y trouverais mon bonheur... A vrai dire, je m'y vois déjà. Je sors de mes pensées et, prenant un air mystérieux, je parle de ma troisième raison de la soirée, celle que mon ami ne connaît pas encore... A vrai dire, il n'y a que Matt de courant au QG, parce qu'il a réceptionné le contrat en premier. Je vois à l'air de Ruven qu'il se pose des questions, il a l'air plutôt soucieux... Peut-être pense t-il que ce nouveau contrat va remplacer mon actuel ? Je sors rapidement les papiers et je les lui tend, l'observant avec un sourire amusé aux lèvres. Comme prévu, l'idée l'enthousiaste tout particulièrement... Rien d'étonnant à cela vu comme il aime la mode !

- Ce sera majoritairement des shooting photo, et je commence peu de temps après notre arrivée à Alola, ça les arrangeait ! Je ne savais pas comment il allait prendre cette annonce, je n'avais pas envie qu'il pense que j'avais prévu le voyage pour faire les shootings, alors que j'avais appris pour le contrat après avoir prévu de m'y rendre... Mais je m'étais inquiété pour rien vu son sourire ravi. Bien sur, je suis sûre qu'ils seront ravis d'avoir un autre membre de la ligue de présent ! Je lâche un rire amusé lorsqu'il mentionne les maillots de bain, tout en espérant un peu au fond de moi qu'il soit sérieux. Je vais poser pour la collection été, y'a des chances en effet !

Ruven semble ravi de l'apprendre, autant que moi. Nous trinquons enfin à cette bonne nouvelle et je bois une bonne gorgée de vin, yeux clos, me concentrant sur son goût. Je sens aussi mon cœur battre contre ma poitrine, sûrement parce qu'il est tout près de moi, mais j'essaie de rester calme et de ne pas trop sourire bêtement, histoire de ne pas me faire griller. Je pose finalement mon verre et je tend le bras pour attraper le sac de shopping de cette après-midi, en sortant une jolie boîte longue joliment décorée.

- Au faite ! Je suis un peu en retard mais... Je lui tend la boîte, un grand sourire aux lèvres. Joyeux anniversaire Ruven !

Là, je l'ai pris par surprise. Je le regarde avec amusement ouvrir son cadeau et je constate tout de suite qu'il l'aime : j'ai un large sourire en le voyant ainsi, contente d'avoir réussie mon coup. Et surtout d'avoir pensé à son anniversaire passé pour pouvoir lui offrir sans que ce ne soit suspect. Nous discutons encore un bon petit moment, dans la bonne humeur, et nous buvons un autre verre avant que je ne me lève pour aller mettre un bouchon à la bouteille et la ranger dans le frigo du salon commun, après avoir fait un clin d’œil à Ru, les souvenirs flous de cette soirée étant encore bien présents dans nos esprits. Nous en parlons d'ailleurs, commentant les magnifiques photos prises par son ancien garde du corps, mais nous finissons par nous lever pour retourner dans nos appartements communs, le temps passant vite...

###

Deux jours plus tard, me voilà prête à partir à Alola, munie de mes deux valises et d'un Klein enthousiaste qui passe son temps à sautiller à côté de moi. J'attend Ruven à la sortie du QG, la plus discrète, là où les taxis viennent nous prendre pour nous emmener ailleurs... En l'occurrence à l'aéroport. J'en sautillerais presque comme une gamine tant je suis impatiente...


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Dim 17 Juin - 11:52
A ma demande d’assister au shooting, Liz répondit avec un grand sourire :
 
« Bien sûr, je suis sûre qu'ils seront ravis d'avoir un autre membre de la ligue de présent ! » Je ne voyais pas trop le rapport, à priori il n’était pas prévu que moi je porte quoi que ce soit. Même si ça m’aurait plu, soyons franc : n’avais-je pas un côté diva qui ne demandait qu’à s’exprimer ? Quant à ma plaisanterie, elle la fit rire. « Je vais poser pour la collection été, y'a des chances en effet !

Paaaa-rfait.
 »
 
Je ne poussai pas la blague plus loin car même si je ne m’inquiétais plus autant qu’à Amaillide de ce que Liz pensait de moi j'y faisais toujours un peu attention. Pas autant que je le devrais, c’est vrai ; pour être tout à fait sûr de ne pas paraitre ambigu il faudrait que j’arrête tout sous-entendu qui pourrait s’apparenter à du flirt, mais honnêtement je ne pouvais pas. C’était mon style d’humour avec les gens qui y étaient réceptifs et ça aidait Liz à garder confiance en elle avec les hommes. Je n’avais pas oublié les craintes qu'elle m'avait confiées quant à son avenir amoureux et c'était ma manière de l'inciter à rester positive.
Nous trinquâmes à ce nouveau contrat, puis Liz posa son verre pour récupérer le sac de shopping qu'elle avait amené avec elle. C'est vrai que j'en ignorais encore le contenu ; une nouvelle robe alors ? A priori non, puisque ce fut une longue boite à l'aspect plutôt chic qu'elle en sortit. Je m'aperçus avec surprise que je pouvais deviner ce qu'elle renfermait.


« Au faite ! Je suis un peu en retard mais... » Elle me la tendit avec un grand sourire. « Joyeux anniversaire Ruven ! »

C'était pour le moins inattendu. Mes trente-neuf ans remontaient à plus d'un mois et demi et je les avais déjà fêtés avec mes collègues - les circonstances m'ayant obligé à rester à la Ligue ce jour-là j'avais ramené du champagne pour boire un verre avec eux. Je n'espérais donc absolument pas que Lizbeth revienne dessus, ce qui au final me faisait encore plus plaisir.

« Oh, merci, tu es trop mignonne ! »

Je pris le paquet de ses mains. Je reconnaissais la marque sur l'étui, il s'agissait du magasin dans lequel Liz et moi avions trainé dans le rayon pour hommes. Elle m'avait donc pris quelque chose aujourd'hui, pendant notre séance shopping ? Cela me touchait pas mal qu'elle ait voulu me faire plaisir juste en me voyant admirer des vêtements que je ne me permettais pas d'acheter. D'autant que, même si notre métier nous rendait aisés, je connaissais le prix de cette marque et je savais que ce n'était pas un petit cadeau qu'elle m'offrait.
J'ouvris la boite et découvris à l'intérieur une superbe cravate bordeaux aux finitions impeccables. Je me souvenais l'avoir observée avec attention dans la boutique et je suppose que Lizbeth l'avait remarqué.


« Elle me plait vraiment beaucoup, merci ma belle ! » J'embrassai ses joues pour la remercier et constatai qu'elle avait l'air absolument ravie d'avoir visé juste. Quelle femme adorable.

Après cela nous continuâmes de discuter de choses et d'autres tout en buvant modérément du vin. Ce fut vraiment un moment agréable et je réalisai la chance que j'avais d'avoir pu trouver en l'une de mes collègues une aussi bonne amie. Passer cette soirée avec elle ne me rendit que plus content d'aller à Alola ensemble dans deux jours : j'étais sûr que ça allait être génial.


***

« Papa, le taxi va arriver !

- Oui oui, je termine !
 »

Je finis de me raser en vitesse, retirai la mousse, m'essuyai le visage, enfilai le t-shirt léger que j'avais sélectionné pour passer incognito dans les aéroports, vérifiai que le déodorant n'avait pas laissé de traces dessus, pris le peigne pour...

« Papa !

- Pars devant chérie, je vous rejoins dans deux secondes !

- J'ai vu sur ton portable que Lizbeth t'a envoyé un message, elle et vos gardes du corps nous attendent déjà dehors.

- Je sais mais elle et Mev ont l'habitude avec moi, allez vas-y !
»

J'entendis la porte de la chambre se refermer alors que j'arrangeai mes cheveux. Cela faisait à peine quatre jours qu'Alyssa était confrontée à ma routine matinale et je crois qu'elle commençait tout juste à prendre conscience du temps qu'elle me prenait. Elle s'habituerait vite à devoir attendre après moi.
Pour aller plus vite je laissai tomber les étapes les plus facultatives du procédé (la recherche de cheveux blancs, les soins après rasage, ce genre de finitions) et allai à l'essentiel : peigne, parfum, vérification de dernière minute des défauts éventuels, OK. Je jetai mes affaires dans ma trousse de toilette, la fourrai dans mon sac de voyage, checkai une dernière fois que j'avais bien mes papiers et ceux d'Alyssa, puis pris le tout sous le bras et courus jusqu'au point de rendez-vous. Lorsque j'arrivai le taxi était déjà là et les valises chargées.


« Salut Liz ! » lançai-je avec bonne humeur. Je ne pensai pas à m'excuser de mon retard : c'était tellement habituel chez moi que j'avais proposé notre heure de rendez-vous en en tenant compte. « Prête pour les vacances ? »

Je lui fis rapidement la bise avant que le taxi nous fasse comprendre qu'il vaudrait mieux se dépêcher si nous ne voulions pas rater notre vol. Je dis donc bonjour au garde du corps de Lizbeth et à Mev (de loin car pudique comme elle était je n'osais pas lui proposer de l'embrasser pour la saluer), mis mes affaires dans le van et m'installai à l'arrière, entre ma fille et ma garde du corps. Nous discutâmes pendant le trajet (enfin surtout Liz et moi, tous les autres étant peu bavards) et je commençai à recevoir plusieurs SMS de ma cousine Alira. Maintenant que l'heure de la rencontre approchait, j'étais de plus en plus anxieux à l'idée de la présenter à Alyssa et à ma collègue. C'était une gentille fille bien sûr, elle avait d'ailleurs accepté sans hésitation de nous accueillir tous les trois et avait même cherché une solution pour héberger nos gardes du corps... mais elle était quand même spéciale. Et pas dans le bon sens du terme.

Alira Baldwin a écrit:
H-6 avant de retrouvé mon BB cousin adoré <3 Tes toujours sur que tu veux pas la chambre double avec Lizbeth Grandt ? Si tu change d'avis, je l'est préparé quand même et j'ai mit des surprises sous l'oreiller ;) ;) ;)

... fut le SMS que je reçus alors qu'on était en train d'arriver à l'aéroport. Typique d'elle.

Ruv a écrit:
Je suis sûr, je te rappelle que j'ai une copine. Donne-la à Alyssa plutôt, elle sera contente d'avoir une grande chambre (mais je t'en prie, retire tes surprises de sous l'oreiller avant).

« Alira a hâte de nous voir. » commentai-je en tapant ma réponse. « Elle ne viendra pas nous chercher à l'aéroport parce qu'elle n'a pas de voiture, mais elle m'a dit hier qu'elle avait pris son après-midi et qu'elle nous attendait chez elle. »

Nous marchâmes jusqu'au terminal pour Alola, enregistrâmes nos bagages, passâmes les contrôles de sécurité puis nous installâmes dans le hall d'attente où Mev et le garde du corps de Lizbeth se déployèrent pour nous assurer d'être tranquilles. L'ambiance était enjouée entre nous, et même Alyssa qui était si réservée me paraissait assez enthousiaste. Alors qu'elle expliquait à Lizbeth n'avoir jamais été à Alola de sa vie, je vérifiai mon portable et y trouvai un nouveau SMS de ma cousine :

Alira Baldwin a écrit:
Je te connait BB, tkt pas ;) Je dirait rien à ton officielle !

Je poussai un lourd soupir. Le séjour promettait d'être long.


« Alira est ta cousine germaine Papa ?

- Oui, du côté de mon père.
 » Je décalai mon portable sur le côté pour que les filles ne puissent pas lire mon écran. « J'étais toujours invité à aller chez mon oncle à Alola pendant les vacances et Alira et moi étions très proches jusqu'à mes vingt ans environ. C'est quand j'ai pris mon indépendance que j'ai commencé à ne plus trop la voir, parce que... non, je ne dis rien, vous vous ferez votre propre idée. »

Je tapai une réponse rapide :

Ruv a écrit:
Tu sais, je suis fidèle maintenant. Et Liz n'est pas ce genre de filles de toute façon.

« T'as commencé à regarder les sites des agences immobilières ? » demandai-je à la concernée sans rien laisser paraitre de la teneur de ma conversation avec Alira – qui m'envoya une nouvelle réponse d'ailleurs.

Alira Baldwin a écrit:
Oh :( Tes plus drole. Mais si tu change d'avis tu sais que tu peut compté sur moi pour emmener ta fille ailleurs... ;D

Misère.



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Dim 8 Juil - 17:40
La soirée s'était déroulée comme elle l'aurait du : nous avions partagé un verre de vin autour de bonnes nouvelles, entre autre notre folle escapade à Alola, mon nouveau contrat ainsi que le cadeau d'anniversaire très en retard pour Ruven. Je ne savais pas si il allait gober l'excuse mais, visiblement, ce fut le cas. J'avais hésité à simplement la lui offrir, comme ça, mais je me souvenais encore de la discussion que nous avions eu au ranch et je n'avais pas envie qu'il remette le couvert... Surtout qu'il allait finir par se douter de quelque chose et je ne voulais pas briser notre amitié ainsi, j'y tenais trop, même si je tenais tout autant aux sentiments que j'avais développée pour lui. Mais je dois dire que voir son sourire me fit vraiment plaisir, même si je ne savais pas trop comment interpréter son "mignonne", que l'on dirait plus à une petite fille qu'à une femme, mais enfin, il s'agissait de Ruven après tout. Il se rattrapait par la suite et je crois que j'ai rougis lorsqu'il m'a fait la bise, alors même que ce n'était pas la première fois... Mais avec lui j'avais tendance à rougir facilement.

Le reste de la soirée fut donc aussi parfaite qu'elle pouvait l'être et après avoir discuté encore un peu autour de nos verres nous finîmes par quitter le salon pour retourner dans nos chambres, prêts pour un bon petit somme, sourire aux lèvres...

Nous voilà prêts à partir... En tout cas, je le suis. Ruven n'est pas encore arrivé au taxi alors que les minutes défilent et que notre avion partira sans nous si nous sommes en retard... Mais j'attend calmement, immobile alors que le voiturier entasse mes valises puis celles de Alyssa, lorsque celle-ci vient d'arriver, en avance, s'excusant pour son père. Je la salue avec le sourire et la laisse s'installer dans le taxi alors que Ru ne tarde pas à arriver, souriant lui aussi, plein de bonne humeur. Je lui rend sa bise, tout aussi souriante que lui.

- Coucou ! Je suis fin prête, on attendait que toi !

Nous voilà partir, tous installés dans le taxi, obligé de se dépêcher pour que nous arrivions à temps à l'aéroport. Nous discutions pas mal dans la voiture, même si Ruven semblait aussi accaparé par son téléphone, finissant par expliquer qu'il discutait avec sa cousine, qui nous hébergerait pour l'occasion. Nous arrivons finalement à l'aéroport et après avoir passé les contrôles de sécurité nous nous installons dans un coin calme, sécurisé par nos gardes du corps, et reprenons notre discussion alors que la cousine de Ruven semble particulièrement bavarde, puisqu'ils sont encore en train de s'échanger des sms...

- Tu m’intrigues là ! Elle est spéciale ? La conversation est détournée par une question de Ruven. J'ai commencé, mais rien de probant. Ce sera mieux de voir sur place pour me faire une idée...

Nous continuons de papoter un peu, jusqu'à ce qu'un message nous avertisse que l'embarquement allait commencer. Je me levais - manquant de prendre la main de Ruven par un drôle de réflexe, avant de me reprendre au tout dernier moment - et me diriger rapidement vers les lieux, histoire d'oublier cet instant de confusion. Nous passions à part du reste du groupe, pour éviter de nous y mêler et d'avoir des soucis avec les fans, puis nous étions escortés en première classe et je prenais place aux côtés de Ruven, dans un coin tranquille. Pour six heures d'avion, il valait mieux que nous soyons confortablement installés...

- Au moins il y a des télés pour se mater quelques films... Et sûrement de bons cocktails !

Décidément, je pense un peu trop alcool ces temps-ci... Mais bon, c'est l'ambiance qui veut cela ! L'avion finit par décoller et passée cette période peu agréable nous pouvons nous détendre un peu, retirer les ceintures et profiter davantage des lieux... Et j'en profite au passage pour me commander un cocktail des îles !


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Mer 11 Juil - 18:15
« Tu m’intrigues là ! Elle est spéciale ?

- Ouais c’est ça. Spéciale. C’est le mot.
» Je n’avais vraiment pas envie de développer, sinon tout le monde ici renoncerait à aller crécher chez Alira… même si, tout compte fait, est-ce que ce ne serait pas une bonne chose ? Cela me donnerait une excuse pour ne pas honorer les invitations insistantes de ma cousine. Hum. Fallait que j’y réfléchisse.

« J'ai commencé, mais rien de probant. Ce sera mieux de voir sur place pour me faire une idée...

- T’as raison. On a le temps de toute façon, en plus j’ai déjà une petite idée de l’île que tu vas préférer. Mais je ne dirais rien, je ne voudrais pas t’influencer.
»

Je ne savais pas quoi répondre au SMS embarrassant d’Alira et m’en débarrassai donc en prétextant que je devais mettre le téléphone en mode Avion, même si c’était faux pour l’instant. Cela me permit de discuter sereinement avec les filles jusqu’à l’annonce de l’embarquement. Ce fut Liz qui se leva la première alors que je débranchai mon portable mis en charge et elle commença même à s’éloigner de quelques pas vifs, comme si elle craignait déjà d’être en retard. Pour ma part je ne me pressai pas, ayant franchement l’habitude de prendre l’avion toutes les semaines.
Ce fut au moment de me lever que je remarquai l’expression d’Alyssa. Elle regardait Lizbeth avec un drôle d’air et j’eus soudain la sensation d’avoir raté un truc.


« Qu’est-ce qu’il y a ?

- Euh, non rien.
» Elle secoua la tête avec un petit sourire d’excuse. « J’ai cru voir quelque chose mais non. »

Je faillis lui demander ce que c’était, mais comme au final ce n’était pas très important je préférai plutôt vérifier que nous n’avions rien oublié à nos places. Je me laissai ensuite porter par tout le processus d’embarquement auquel nous célébrités étions soumis et que je connaissais sur le bout des doigts. Nous rentrâmes parmi les derniers dans l’avion afin d’éviter d’être repérés et fûmes installés dans une suite privée en première classe. Je pris un siège côté couloir, Liz celui côté hublot à côté de moi, et Alyssa se retrouva de l’autre côté avec deux sièges pour elle toute seule. Mev et le garde du corps de Lizbeth se séparèrent pour surveiller les deux entrées de la suite, à l’extérieur.

« Au moins il y a des télés pour se mater quelques films... Et sûrement de bons cocktails ! » s’enthousiasma Lizbeth, ce qui me fit rire.

« Ce sera notre nouveau vin blanc c’est ça ? » Je passai rapidement en revue la carte des boissons et en effet, la compagnie Alolair avait toute une page de cocktails. « J’sens que je vais te suivre après le décollage, on commencera vraiment à se sentir en vacances comme ça. »

Comme nous étions montés en dernier il ne fallut pas longtemps pour que l’avion démarre et décolle après cela. Si au début de ma carrière je n’aimais pas trop ça ça me faisait ni chaud ni froid maintenant. Quelques minutes plus tard, à peine les voyants se furent-ils éteints que je défis ma ceinture et me tournai vers Alyssa.

« Tu veux quelque chose ma chérie ? On va prendre des cocktails avec Liz. »

Je la laissai choisir tandis que ma collègue appelait une hôtesse – qui s’avéra être une jolie brune à qui je ne pus m’empêcher de sourire un peu trop. Liz prit un cocktail des îles, puis je laissai Alyssa indiquer sa commande tandis que je zieutais à nouveau la carte des cocktails. Exit pina colada, mojito et autres trucs un peu trop conventionnels : je cherchais les assemblages originaux.

« Huuum, je le sens bien celui-là. Vodka, gingembre, pêche, piment. Ça n’a pas l’air d’aller ensemble, ça me rend curieux. Allez, je pars là-dessus. »

Tandis qu’elle partait chercher nos commandes, je jouai un peu avec l’écran tactile incrusté dans le mur en face de moi. Je n’étais pas très cinéphile mais avec le nombre d’aller-retour que je me tapais par semaine j’avais presque fini de faire le tour de la bibliothèque d’Air Kalos ; heureusement, ici le choix était un peu différent. Je regardai rapidement les films disponibles dans les catégories Action et Thriller, celles que j’avais tendance à préférer au cinéma.

« Ça te dit qu’on regarde ensemble ? » demandai-je à Lizzy. « On peut mettre la télé sur haut-parleur pour ne pas être chacun sur son écran. Lyssa, ça te dit ?

- Je pense que je vais lire un peu pour le moment.
» dit-elle en branchant son casque. « Je vous rejoins peut-être tout à l’heure.

- D’acc.
»

Nous choisîmes le film le temps que les cocktails arrivent. Après plusieurs tergiversations, nous jetâmes notre dévolu sur un thriller vieux de quelques années mais que nous n’avions pas vu ni l’un ni l’autre. J’étais en train de faire les réglages sur mon écran quand l’hôtesse revint avec les boissons – la couleur rougeâtre de la mienne me plut aussitôt. Quand elle fut partie je levai mon verre pour proposer que l’on trinque.

« Bon eh bien, à ces vacances qui commencent ! Même si vu tout ce qu’on a à faire ce n’en sera pas vraiment, mais qu’importe. »

Nous toquâmes et bûmes une gorgée. Mon cocktail avait un goût épicé des plus intéressants qui supplantait le goût de la vodka - ce qui était très dangereux pour ma sobriété. Il faudrait que je fasse attention à le boire lentement.

« Bon, t’es prête ? Je lance le film ? »



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Jeu 12 Juil - 19:44
Ruven m'intrigua très fortement lorsqu'il me parla d'une île ayant le potentiel pour me plaire : j'avais déjà étudié un peu les différentes îles mais je dois bien avouer que, sans les voir, cela reste difficile de se faire une vraie idée de leurs charmes. Cependant je n'insistais pas pour en savoir davantage, je voyais bien qu'il avait envie de garder cela pour lui, pour pouvoir me le ressortir plus tard, au moment opportun. Je mis donc cette conversation de côté et nous partîmes sur autre chose, détendus, jusqu'à ce que l'annonce ne nous informe qu'il était temps d'embarquer à bord de l'avion. Après une presque bourde de ma part (et sans réaliser que la fille de mon ami avait vu quelque chose) je me dépêchais de m'y rendre avec mes affaires, Klein trottinant à mes pieds. J'étais gênée d'avoir faillit avoir un tel geste avec mon ami, il aurait pu comprendre quelque chose (même si j'aurais rebondit, d'une façon ou d'une autre) et je ne voulais pas qu'il se pose des questions... Ce serait malvenu venant de ma part. Heureusement personne n'avait rien vu et nous fumes escortés jusqu'à une loge vip de l'avion où tout le confort nous était accordé ; j'avais conscience que je vivais dans un monde totalement différent de celui du restant des passagers de l'avion mais je dois bien avouer que cela ne me faisait pas culpabiliser, c'était le résultat d'une adolescence consacré à la natation, de longues années d'efforts intenses, de privations en tout genre, de défaites, de coups bas, de remises en question... A côté de cela il fallait bien avouer que mon post de maître de la ligue était particulièrement simple, en quelque sorte. La tension était tout de même moins forte, même si elle était là, et le travail moins intense, même si je me forçais à garder une forme physique parfaite par le biais de mes entraînements quotidiens.

Cependant je vais essayer de me détendre un peu pendant ces vacances, de ralentir la cadence. Nous allons déjà avoir beaucoup à faire mais autant que ma natation se fasse dans l'océan qu'une piscine vu l'endroit où nous nous rendons... Et puis je suis sûre que Ruven préférera largement me suivre si je lui propose une petite virée en mer, histoire qu'on ne perde pas nos bonnes habitudes ; d'ailleurs va t-il continuer nos footings matinaux ? Je suppose que je verrais cela bien vite. Je sortais de mes pensées tout en m'installant tranquillement et en parlant de tout ce qui nous était proposé : ce fut tout naturellement que j'en vins à parler de cocktails, sans réaliser que je n'aurais peut-être pas eue cette pensée il y a un an de cela. Matt soupirait s'il pouvait me voir, mais il a décidé de ne pas venir pour travailler tranquillement et nous laisser ensemble.

Je lâche un rire léger lorsque Ruven parle de notre boisson favorite et je me tourne vers lui avec un large sourire, hochant la tête.

- Tout à fait ! Le vin ne correspondait pas très bien aux îles vois-tu, je m'adapte !

Le voyage commençait bien, Ru était prêt à me suivre et, une fois que l'avion avait décollé et que nous avions pris nos aises, nous demandions à l'hôtesse de venir pour passer commande alors que je trafiquais un peu les boutons du siège pour m'installer confortablement, reculant un peu le dossier pour m'affaler : là j'avais l'impression d'être en vacances ! J'attrapais la carte des cocktails que j'analysais d'un œil tandis que, de l'autre, j'observais l'hôtesse qui semblait particulièrement enthousiaste ; elle devait être contente de nous servir j'imagine.

- Je te laisse faire dans l'original et je vais être cliché, je vais prendre un Mojito pour commencer !

Par la suite Ru me proposait de regarder un film et, tandis que sa fille déclinait l'invitation, je l'acceptais avec un large sourire. Je dois bien avouer que cela me donnait l'impression que l'on était ensemble, a voir un film l'un à côté de l'autre, et avec un verre à la main, nos cocktails venant d'arriver. Je posais le mien sur la tablette près de mon siège avant d'imiter mon collègue et de me redresser pour trinquer avec lui, toujours aussi souriante.

- A nos vacances ! Je bus moi aussi une gorgée, qui me plut. Le cocktail était de bonne qualité, frais et mentholé, tout ce qu'il me fallait. Je suis prête, vas-y !

Je ne connaissais pas le film en question, ce serait donc une première. Il faut dire que je n'étais pas une grande cinéphile, je n'allais jamais au cinéma et je n'avais pas beaucoup de temps pour me poser le temps d'un film hormis certains soirs...

Le film démarra alors et je me concentrais sur les images qui défilaient et le son, attentive, silencieuse. Cependant, je réalisais bien vite que mon ami n'avait pas la même approche : il commentait quasiment tout ce qu'il voyait, relevait des détails... Il vivait le film. Je finis par me prendre au jeu, amusée, lui répondant, tentant moi aussi de voir la petite bête... Jusqu'à ce que l'intrigue ne se lance réellement et que l'horreur ne se mette en place. Au début, cela allait ; les commentaires de Ruven étaient suffisants pour me détourner des scènes étranges qui se déroulaient sous les yeux... Jusqu'à ce qu'il y ait ce baiser et ce... Cadavre... ?

- AH ! Mais c'est dégueulasse !

J'ai détourné le regard d'un air dégoûté après avoir sursauté sur mon siège, ne m'attendant pas à ça. J'en ai même pris la main de Ruven dans la mienne, celle-ci n'étant pas loin, avant de la lâcher en rougissant de plus belle. Où comment se foutre la honte !

Je regardais le reste du film d'un œil, n'ayant pas envie de me faire de nouveau avoir par certaines scènes déroutantes... Heureusement que mon ami avait sa verve, cela m'aida à tenir jusqu'à la fin, où je pu souffler un bon coup.

- Pitié, mets un Disney pour le prochain...


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Jeu 26 Juil - 23:30
C’était vraiment quelque chose que j’adorais chez Lizbeth : elle était toujours enthousiaste pour tout. Il s’agissait juste de regarder un film ensemble et pourtant elle paraissait absolument ravie de ma proposition. Je crois que comme moi elle aimait vraiment partager des choses avec les autres.
J’éteignis le plafonnier au-dessus de ma tête et lançai le visionnage. Au début je m’exhortai à fermer la bouche, connaissant ma tendance à commenter les films qui agaçait énormément mon entourage. Ce n’était pas pour gâcher leur expérience que je faisais ça, c’était juste parce que j’avais beaucoup plus de mal que les autres à m’immerger dans les films. Je n’oubliais jamais qu’il s’agissait d’une création totalement fictive, que les acteurs avaient des vrais noms et qu’ils étaient payés pour faire ce qu’il faisait, qu’un mec avait bidouillé sur son ordi pour faire apparaitre ce gros monstre… Aussi, même si je suivais le scénario (à peu près, il ne fallait pas que ça devienne trop compliqué ou je me perdais complètement), je n’arrivais pas à me concentrer uniquement dessus. Et dès que je remarquais une incohérence, un mauvais jeu d’acteur, un effet spécial bizarre… je ne pouvais pas m’empêcher de le faire remarquer aux autres. Toutefois, j’allais faire un effort devant Lizbeth pour qu’elle ne pense pas de moi que j’étais relou.

Cette bonne résolution tint à peu près trois secondes.


« Ah tiens, je crois que ça a été tourné à Unys ça non ? Il me semble que c’est le mont Renenvers qu’on voit au loin. »

Deux secondes de plus.

« Pouah, la musique de l’angoisse. »

Encore deux avant que je ne pouffe carrément.

« Non mais cette police d’écriture bleu criard là. Le gars du générique c’était un stagiaire, c’est pas possible autrement. »

Bon Ruv, tu la fermes oui ou non ? Je me raclai la gorge et bus un peu de cocktail pour redevenir silencieux. Allez, le générique à la limite on s’en fiche un peu, mais à partir du moment où l’histoire se lance il fallait vraiment que je me tais…

« Aaaah, il a une bonne tête de tueur lui. J’suis prêt à parier que c’est lui l’antagoniste à la fin. »

C’était plus fort que moi. Au final j’espérais que Liz se sentait suffisamment à l’aise avec moi pour me dire quand elle me trouverait insupportable…
Pas du tout au final. Non seulement elle ne me fit pas part de son irritation mais plus que ça elle finit par me répondre et par faire ses propres commentaires aussi. Oh oui ! Quelqu’un qui n’avait pas envie de me tuer en regardant un film avec moi ! J’étais vraiment content, et de fait m’en donnais à cœur joie pour exprimer tout ce que je pensais. Le film en soi était pas mal, même si selon moi le scénario n’était pas très clair à certains moments (les jumelles maléfiques dans le couloir, elles sortaient d’où déjà ? et pourquoi ce gamin est con et se cache les yeux plutôt que de partir en courant ?). Par contre, il impressionnait un peu ma collègue qui se montrait de plus en plus concentrée et silencieuse. C’est fou ça, comment pouvait-on être effrayé par un truc totalement fictif ? Ça me dépassait.
Ce fut au moment d’une scène particulièrement bizarre incluant un baiser et un cadavre de femme répugnant que Liz eut la plus grosse réaction. Elle s’exclama, sursauta sur son siège et serra ma main qui trainait sur l’accoudoir. Quand elle la lâcha avec un rougissement très visible, je ne pus m’empêcher d’éclater de rire.


« Bah alors ? » me moquai-je en en faisant des caisses. « Ça dompte des dragons mais ça flippe devant un maquillage un peu trop bien fait ? Tu veux que j’appelle ton garde du corps pour te protéger ? »

Par la suite je tentai de faire baisser la tension en démontant tous les moments un peu intenses mais mon amie était définitivement flippée. Je crois qu’elle accueillit avec soulagement la fin du film.

« Pitié, mets un Disney pour le prochain... » dit-elle, ce qui déclencha à nouveau une hilarité moqueuse de ma part.

« Ce que tu es sensible ! Je trouvais ça super surjoué sur la fin. Mais OK, le prochain je te laisse choisir. » Un sourire taquin. « Tu veux que je mette le filtre parental pour qu’on soit sûr que tu ne feras pas des cauchemars ce soir petite Lizzy ? »


***

Nous partîmes sur un autre film, moins stressant cette fois. Je crois que je m’endormis d’ennui avant même d’atteindre le quart ; je ne saurais dire si c’était parce que le film n’était pas intéressant ou si c’était parce que j’avais atteint mon quota de tolérance au cinéma. Toujours est-il que quand je me réveillai il ne restait plus que dix minutes de film et que je n’y compris absolument rien. Je n’osai pas demander à ma collègue de me raconter le scénario et me contentai donc de lui demander s’il était bien quand le générique se mit à défiler. Pour les deux dernières heures de trajet, nous laissâmes l’écran tranquille et discutâmes de choses et d’autre. Le temps me parut filer bien plus vite de cette façon.

Nous atterrîmes aux alentours de 13h heure locale. Il fallut attendre que l’avion se vide totalement pour pouvoir descendre incognito et j’en profitai pour rallumer mon portable. J’envoyai un SMS à Haby et à Alira pour les prévenir que nous étions bien arrivés ; la deuxième me remit le grappin dessus presque aussitôt.


Alira Baldwin a écrit:
HIHIHI, H-1 BB ♥️ J’ais trooooop hâte ! Tu m’appel quand vous êtes presque arriver hein ???

Je ne saurais dire si elle était mignonne ou embarrassante.

Nous débarquâmes, passâmes la douane et prîmes une voiture pour aller chez ma cousine. C’était un régal de regarder le paysage tropical si particulier de Mele-Mele à travers la vitre mais cela me faisait presque encore plus plaisir de voir le regard émerveillé de ceux qui voyaient les îles pour la première fois. Personnellement cela me rendait surtout nostalgique ; combien de fois avais-je vu ce paysage défiler quand mon oncle venait me chercher à l’aéroport d’Ekaeka avec Alira ?
Nous n’entrâmes pas dans la ville car la maison de ma cousine se trouvait à la périphérie, là où l’environnement n’était pas encore très urbanisé. Je pense que si elle avait pu choisir Alira aurait pris un appart bien plus en centre-ville, non loin des centres commerciaux et des boites de nuit, mais elle avait hérité de cette maison à la mort de mon oncle et n’avait pas pu se résoudre à la vendre. C’était une petite demeure typique des îles aloliennes, avec une façade colorée et une terrasse ombragée qui en faisait tout le tour. Le terrain n’était pas très grand mais il comportait une piscine qui prenait presque toute la place ; elle n’était pas si imposante quand mon oncle était encore en vie mais Alira préférait largement faire la nymphe au bord de l’eau plutôt que de tondre la pelouse. D’après mes derniers souvenirs l’intérieur était décoré avec goût, même si ça se voyait un peu qu’une femme seule y vivait, et comportait quatre chambres de petite taille. Plusieurs fois j’avais dit à Lili de faire tomber des murs pour qu’elle puisse avoir une grande suite pour elle, mais aux dernières nouvelles elle refusait encore de faire des travaux.


« Ah tiens, voilà la station-service abandonnée. J’appelle Alira, on y est presque. »

Je poussai un léger soupir avant de taper son numéro. Franchement, j’appréhendai.
Elle décrocha dans les cinq secondes.


« Alloooooooo ?

- On arrive.

- Ouiiiiiiiii !
» Olala, elle avait l’air beaucoup trop excitée, je le sentais mal… « Je cours vous ouvrir le portail, j’ai été me garer dans la rue pour que vous ayez la place ! Hihi, je suis trop excitée de te voir ! Et de voir ma nièce ! Et de rencontrer Lizbeth Grandt ! D'ailleurs j’ai peur de gaffer devant elle, tu me connais je suis un peu maladroite !

- "Un peu".

- Tu me dis hein si je fais un truc qui faut pas !

- T’es sûre ? Ça va vite devenir relou.

- Pffff, t’es toujours aussi bête toi hein ? Allez, à tout de suite Bébé, que je te fasse un gros câlin !
»

Elle raccrocha alors que je perdais des couleurs. Mais quelle énorme connerie étais-je en train de faire, franchement ?

« Euh, finalement, ce serait peut-être mieux que je vous mette un peu en condition… » Je le sentais venir, elle allait leur paraître vraiment trop bizarre et moi je n’en pourrais plus de honte. Autant essayer de limiter la casse. « Hum, bon, comment dire ça… Disons qu’Alira est comme moi, mais en bien pire. »

Je grimaçai. Pas terrible pour mon image, mais là pour le coup c’était le plus parlant.

« Je veux dire, vous me connaissez, vous savez comme je peux être à l’aise avec les gens et vite chaleureux... Elle, elle est TRES à l’aise avec les gens et TRES chaleureuse. Et vu l’état d’excitation dans lequel elle est là, ça ne va pas louper. N’hésitez pas à lui mettre un frein tout de suite sinon ça va escalader rapidement, elle n’a aucune limite. » Je vis soudain droit devant la maison, le portail ouvert… et une grande blonde de quarante-cinq ans, toute en décolleté et en short moulant, qui se tenait à côté. « Oh mon Dieu, je suis pas prêt. »

La voiture s’engagea dans l’allée alors qu’Alira nous faisait de grands signes des bras, un sourire immense accroché aux lèvres.


« Elle a l’air… gentille, non ? » hasarda Alyssa, perplexe.

Je crois que ce n’était pas tellement l’attitude d’Alira qui la surprenait mais plutôt son allure. Il faut dire, il y avait de quoi : ma cousine avait six ans de plus que moi mais ses injections au botox lui en donnait six de moins. Ajoutez à cela ses longs cheveux blonds cendrés coiffés comme dans les magazines de mode, son top qu’on verrait plus sur une adolescente de seize ans et ses longues jambes qu’elle mettait clairement en avant, et voilà la représentation parfaite de la bimbo qui ne veut pas vieillir. Ce qui, malheureusement, décrivait extrêmement bien Alira.

Je sortis le premier de la voiture. A peine fus-je debout que Lili se jetait dans mes bras, me serrant à m'en étouffer.


« BÉBÉÉÉÉÉ ! Enfin, ça fait TELLEMENT longtemps ! » Elle se mit à rire de joie et posa un bisou bruyant au coin de mes lèvres. « Comment va mon bébé cousin adoré ? Han, t'as vieilli !

- ... Bonjour Lili. Bah, j'ai pris quatre ou cinq ans depuis la dernière fois. Y a bien que toi qui ne vieillis pas.

- HAHA, flatteur va !
» Elle n'avait visiblement pas compris que je faisais référence à ses opérations de chirurgie esthétique. Tant pis.

Elle frotta sa joue contre mon épaule, un peu comme si elle venait de retrouver son doudou préféré – ce qui n'était peut-être pas si loin de ce qu'elle ressentait, après tout elle me trainait partout avec elle quand j'étais petit – puis elle remarqua Mev qui venait de sortir de la voiture.


« Oh ! Mais tu ne m'avais pas dit que tu venais avec ta copine !!! » Je faillis m'étrangler, et je crois que Mev aussi.

« Euh non ! Non non, c'est pas du tout ça !

- Ah ? Une belle rousse sexy, c'est pourtant bien ton style ça !
»

Je faillis répliquer que c'était faux, sauf qu'à bien y regarder c'était vrai. Haby était juste précisément ça : une belle rousse sexy.

« Non tu n'y es pas du tout. Je te présente Mev Kent, c'est ma garde du corps. »

Alira ouvrit la bouche, hébétée.

« Attends, c'est possible ça ? Naaaan, tu me fais marcher, les femmes ne peuvent pas être gardes du corps ! D'un homme en plus ? Tu me prends vraiment pour une cruche haha. »

Je jetai un regard embarrassé et désolé en direction de Mev. Je me doutais bien qu'elle n'appréciait pas ce genre de remarque, elle était du genre femme forte et fière de l'être, mais heureusement elle resta parfaitement calme. Elle fit simplement remarquer à Lili qu'elle travaillait pour la police et qu'elle était parfaitement habilitée à assurer ma sécurité.

« Ah bah y a plutôt intérêt ! Je voudrais pas qu'on abîme mon cousin ! » Alyssa s'approcha timidement à ce moment-là et Alira daigna enfin arrêter de m'étouffer contre elle. « Ooooh, c'est ma petite nièce ? »

Je lui fis signe que oui et vis, impuissant, ma fille subir le même sort dans les bras de ma cousine.

« Coucou Alyssa !

- Euh, bonjour...

- Tu peux m'appeler Tatie Lili ! Hihi, la dernière fois que j'ai vu la petite Zoé elle ne savait pas encore parler, tu seras la première à m'appeler comme ça ! Je suis trop contente !
»

Elle lui fit une bise à pleine bouche. Visiblement Alyssa n'était pas super à l'aise mais tentait de sourire gentiment malgré tout. Et dire que c'était le premier membre du côté de ma famille qu'elle rencontrait...

« Oh, mais attends... Mais on ne se ressemble pas du tout ! » s'exclama-t-elle après l'avoir brièvement inspectée. Une petite voix dans ma tête cria "et encore heureux". « C'est nul ça, comment est-ce que je vais faire moi pour qu'on me croit quand je vais dire que tu es ma nièce ?

- Tu sais que techniquement ce n'est pas ta nièce Lili, on n'est que cousins toi et moi...

- Ooooh, t'es vilain Bébé, bien sûr que c'est ma nièce ! D'ailleurs tiens, si, ça se voit, elle a la poitrine des Baldwin ! Regarde, on a la même !
»

J'avais envie de mourir. Alors qu'Alira se penchait pour me prouver que son décolleté ressemblait à celui de ma fille (mon dieu), je vis Lizbeth par-dessus son épaule. Je n'osais même pas imaginer ce qu'elle lui réserverait quand elle la remarquerait enfin...



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Lun 30 Juil - 17:19
- Mes dragons ne sont pas... Dégoûtants, rien à voir avec ce truc ! Gnagnagna.

Ça a été plus fort que moi, je n'ai pas pu me contenir face à cette scène que je vois encore tourner dans mon esprit et j'ai attrapé sa main par réflexe, parce que je sais qu'un contact avec Ruven a le don pour m'apaiser immédiatement... C'est d'ailleurs ce qu'il se passe à l'instant, même si je le lâche aussitôt, les joues rouges de gêne... Généralement j'évite de me montrer tactile pour ne pas le déranger, même si cela me plaît avec lui... Au moins mon geste passe crème a cause de cette scène ignoble mais je perd dix ans d'âge mental au vu de ma réaction a son pic sur mon garde du corps. Je n'ai pas pu m'en empêcher.

Le reste du film se passe tout de même mieux ; au final cette scène était la pire de toutes. Le film se termine finalement et je lâche un soupir de soulagement, ayant sentie toute la tension de la fin du film. Je lâche une petite phrase en m'affalant dans le fauteuil et en attrapant mon cocktail, que j'avais oublié a cause du film. Je me tournais vers Ru et sa réflexion et lui tirais la langue avec moult maturité... Tant pis, au moins il n'y a que lui qui l'a vu et il a vu bien pire de ma part... Comme ce qui s'est passé au ranch. Ce n'est pas des petites frayeurs ("petites") et quelques tirages de langue qui risquent de l'étonner ou de la choquer, il n'est vraiment pas à ça près, fort heureusement pour moi. En tout cas je pu choisir le second film et le lançais dans la foulée, mon verre à la main, bien plus rassurée par le faite qu'il s'agissait d'une comédie romantique... je sirotais donc tranquillement mon verre en regardant les images défiler, lorsque je réalisais que Ru avait un peu glissé de sa place... Et qu'il s'était endormi. Je le regardais avec une certaine tendresse, amusée, avant de me concentrer sur le film en réalisant que sa fille n'était pas très loin. J'arrivais plus ou moins à me contenir pendant le film et tournais la tête en le sentant bouger, alors que le film n'allait pas tarder à se terminer... Je lui offrais un sourire taquin.

- Coucou le beau au bois dormant ~

Une fois le film terminé je coupais l'écran et m'installais de nouveau dans ma fauteuil, me plaçant de façon à être face à Ruven cette fois. Nous nous mirent à discuter de choses et d'autres, de sujets d'actualités comme de simples banalités, sans pouvoir nous arrêter : il y avait toujours quelque chose que nous voulions partager l'un avec l'autre et c'était un sentiment si agréable, si touchant... J'en fus presque déçu lorsque l'hôtesse nous annonça que l'avion allait se poser et je me remettais la ceinture, prête à quitter ce havre de paix...

###

Notre départ se fit en toute discrétion et, une fois en voiture, je parlais moins, profitant davantage des paysages à couper le souffle que m'offrait cette île. Je venais à peine d'arriver et, déjà, je n'étais pas déçue par le voyage : tout était coloré, ensoleillé et rafraîchissant, rien à voir avec Kantô et même Unys, que j'appréciais pourtant beaucoup. Je me perdais dans ma contemplation et m'en détourna uniquement lorsque Ruven appela sa cousine pour la prévenir que l'on arrivait... Et au ton de sa voix je sentais qu'il y avait quelque chose d'étrange, qui semblait le blaser ou le gêner. Y avait-il un soucis qu'il avait oublié d'omettre ? Visiblement c'était le cas puisque Ruven reprit rapidement la parole et nous annonça de but en blanc que sa cousine avait un caractère particulier et, visiblement, proche du sien. Sauf qu'elle était plus... Plus.

- Je suis en train de me demander dans quoi tu m'as embarqué Ru ! J'avais un peu de mal à imaginer ce qui nous attendait... Je n'avais personnellement aucun problème avec le comportement de Ruven, je le trouvais simplement parfait, mais pour qu'il en parle ainsi... D'ailleurs nous venions d'arriver et je pu voir sa cousine en chair et en os. Et alors que Alyssa cherchait ses mots, je haussais un sourcil en lâchant la première chose qui me vint. Et très... Blonde. Là dessus vous ne vous ressemblez pas beaucoup tous les deux. C'est aussi ton genre, les shorts moulants ?

C'était plus fort que moi, je ne pouvais pas m'empêcher de le taquiner alors que nous nous garions, prêts à découvrir la fameuse Alira, la cousine. Je laissais Ruven sortir le premier du véhicule et haussais un sourcil en voyant la femme lui sauter ainsi dans les bras ; dans d'autres circonstances j'en aurais sûrement senti une certaine jalousie, mais là... J'espérais juste que mon ami s'était bien préparé à la réception. Je réprimandais un rire lorsque Ru fit une réflexion à sa cousine (adepte de chirurgie ?) que celle-ci ne comprit pas, avant de m'étouffer à moitié à la réflexion suivante de la femme, face à la garde du corps de Ru. Ohla ça commençait mal ! Je dois bien avouer que cela me fit un peu mal sur le coup, j'aurais préféré ne pas entendre ce genre de choses, mais je pris sur moi pour rester calme, pour que Alyssa ne remarque rien... Mais celle-ci semblait plutôt chercher du courage pour sortir, ce qu'elle finit par faire. Je n'aurais pas aimé être à sa place je pense, la cousine de Ruven se montrait plutôt envahissante et j'avais bien remarqué que Alyssa était assez timide, qu'elle était perdue dans ce monde encore nouveau pour elle...

Après une remarque déplacée sur la prétendue poitrine de Alyssa, je pris mon courage à deux mains pour sortir de la voiture à mon tour, prête à affronter la cousine.

- Oh ! Oh, Madame Grandt, je suis désolée, j'aurais dû vous accueillir la première, pardon, je... Je haussais un sourcil en me rapprochant, plutôt étonnée par son comportement. Elle avait l'air d'être une autre personne, moins exubérante, presque gênée par ma présence. Etait-ce mon statut ? Mais Ru avait le même...Je.. Je peux vous faire la bise ? J'ai le droit ?
- Oh, euh... Oui, bien sur ! Je manquais de dire qu'elle était un peu de la famille, mais cela aurait pu paraître déplacé, et Ru aurait pu se poser des questions. Je préférais avoir une approche plus légère. Je suis ravie de vous rencontrer, j'étais curieuse de rencontrer la cousine de Ru !

Un large sourire occupe alors le visage de la bimb... Cousine de Ruven, qui s'empresse de venir près de moi pour me faire la bise, ses mains posées sur mes épaules tout en gloussant de joie. Bon, il semblerait qu'elle n'ait pas tenue longtemps avec moi... Au moins ne me fait-elle pas un câlin. Elle continue d'avoir un rire étrange, tel un gloussement, et continue de me parler avec son enthousiasme retrouvé.

- Huhu, il vous a parlé de moi en bien j'espère ! Il ne faut pas l'écouter sinon, c'est un vilain avec moi ! Sans comprendre comment, je me retrouve avec une Alira contre moi, qui me lâche encore quelques mots à l'oreille. Même s'il n'osera pas dire qu'il m'adore !

La proximité est un peu dérangeante, mais je prend sur moi en me disant qu'elle est ainsi avec tout le monde. Il n'empêche que j'aurais préféré que ce soit un autre membre de sa famille qui se rapproche autant de moi... Mais on ne peut pas toujours tout avoir.

- Oh que oui ! Il m'a dit que vous vous ressembliez et je suis bien d'accord, vous êtes son portrait craché Alira ! J'offrais un sourire taquin à Ruven, très fière de moi.
- T'entends ça Bébé ? Haha, je crois que je vous aime déjà Lizbeth ! EUH, pardon ! Madame Grandt ! Je haussais un sourcil et détournais le regard de mon ami pour lui répondre, gardant un sourire poli aux lèvres.
- Vous pouvez m'appeler Lizbeth, après tout nous allons nous voir souvent ! Vous nous faites visiter ? Je décidais de la canaliser un peu, pour éviter qu'elle ne reparte dans de trop grands élans de joie.

Ma demande, pourtant, semble avoir l'effet contraire et je le constate en l'espace de quelques secondes, lorsqu'un graand sourire apparaît sur son visage : elle est plus que ravie, un vrai bonheur pour elle apparemment.

- Oui, venez poser vos affaires et visiter ! Et après on boit ! Alira se détourne vers sa maison et j'en profite pour rejoindre le coffre mais, à peine ai-je le temps de l'ouvrir qu'elle se tourne à nouveau vers nous. Euh, est-ce que je peux abuser et demander à ce qu'on tutoie ? J'arrive jamais à tutoyer longtemps. Je hoche la tête et lui répond sobrement.
- Ça ne me dérange pas.

J'attrapais les affaires et les sortais du coffre, les tendant à leurs propriétaires au fur et à mesure...


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Ven 24 Aoû - 14:19
Je ne voulais pas voir ça. Franchement, qu’est-ce qui m’avait pris d’embarquer ma collègue dans un guet-apens pareil ? Il aurait sans doute mieux valu que nous allions à l’hôtel… Alors certes, au moment de préparer ce voyage je me sentais coupable d’aller à Alola sans prévenir Alira qui m’invitait à venir depuis des années, mais j’aurais sans doute pu abandonner Lizbeth et Alyssa quelques heures pour lui rendre visite tout seul. Quoi que non, en fait : Alira n’aurait jamais accepté que je sois sur l’île et que je ne dorme pas chez elle. Encore plus alors que j’étais en si bonne compagnie. J’étais donc piégé depuis le début, hein ?
Je déglutis quand ma cousine remarqua enfin Lizbeth. Elle devint toute rouge, puis soudain se confondit en excuses pour lui avoir, selon elle, manqué de respect. Liz sembla étonnée par cette réaction et je compris pourquoi : j’étais aussi célèbre qu’elle et pourtant ça n’avait rien changé à la familiarité extrême que me témoignait Alira. Je crois qu’au fond c’était parce que ma cousine ne me voyait pas comme une star mais toujours comme le jeune garçon qu’elle avait dévergondé et qui draguait ses copines quand on était jeune. Alors que Lizbeth, elle… elle avait la vraie "aura" d’une star.

Liz, sympa comme elle était, autorisa Lili à lui faire la bise et s’estima contente de faire sa rencontre. Grossière erreur ! Ma cousine exulta d’une espèce de fierté euphorique et s’empressa de coller ses joues contre celles de Lizbeth avec un rire de jeune groupie. Quand je pense que cette nana avait quarante-cinq ans… Elle était encore parfaitement fidèle à ce qu’elle était quand elle en avait dix-huit. A l’époque je la trouvais super cool, je suppose donc que c’était moi qui avais mûri depuis.


« Huhu, il vous a parlé de moi en bien j'espère ! Il ne faut pas l'écouter sinon, c'est un vilain avec moi ! » Lili se pencha ensuite vers l’oreille de Liz, ce qui ne me disait absolument rien qui vaille. J’aurais tout donné pour entendre la connerie qu’elle était en train de lui souffler, d’autant que Liz arborait maintenant un sourire taquin.

« Oh que oui ! Il m'a dit que vous vous ressembliez et je suis bien d'accord, vous êtes son portrait craché Alira ! »

Oh la traitresse ! Je fronçai les sourcils devant ce coup bas, qui non seulement n’était pas très flatteur pour moi mais qui en plus faisait bien trop plaisir à Alira. Nul doute qu’à terme elle allait encore se vanter de m’avoir tout appris, en plus de dire que mon caractère n’était qu’une tentative de l’imiter.
Heureusement pour moi j'avais un petit répit avant que cela n'arrive car pour l'heure Alira était perturbée par la familiarité spontanée qu'elle avait eue avec Lizbeth. Je n'étais absolument pas étonné que ça lui ait échappé, comme moi Lili n'aimait pas le formalisme. Je me demandais d'ailleurs si ce n'était pas elle qui m'avait refilé sa manie de tutoyer tout le monde. Après tout mes parents ne m'avaient certainement pas élevé comme ça...
Ma collègue l'autorisa à l'appeler par son prénom (évidemment) et proposa que l'on fasse le tour du propriétaire. C'était une excellente idée, ces retrouvailles étaient déjà trop longues à mon goût.


« Oui, venez poser vos affaires et visiter ! Et après on boit ! » Oh, je n'avais pas hâte qu'Alira commence à boire. Elle tenait très bien l'alcool, mieux que moi en tout cas, mais quand elle avait un coup dans le nez elle draguait tout ce qui bouge, homme comme femme. Je n'aimerais vraiment pas que Liz en fasse les frais.

Je soupirai légèrement alors qu'Alira nous ouvrait le chemin, puis croisai le regard de ma fille. Elle ne s'était pas tout à fait remise de l'accueil qui lui avait été fait mais ne m'en sourit pas moins. C'est gênant mais assez drôle, semblait-elle dire. Mieux valait qu'Alira soit trop chaleureuse avec elle que froide comme son grand-père, je suppose. Je lui souris aussi avec un petit air de connivence, quand ma cousine demanda à Lizbeth si elle l'autorisait à la tutoyer. Bah tiens, elle n'avait même pas tenu dix minutes.


« Ça ne me dérange pas. » Le ton était plus ferme qu’avant, ce qui me rassura un peu. Liz n’avait pas l’intention de laisser Alira prendre davantage ses aises que ça.

Je l’aidai à décharger nos bagages et la laissai partir devant en compagnie d’Alyssa. Moi je connaissais la maison par cœur pour y être venu en vacances pendant des années, je me permis donc de les rattraper alors qu’elles étaient déjà entrées dans le salon. Nous fîmes le tour du rez-de-chaussée plutôt vite, puis Alira nous emmena à l’étage où se trouvaient nos chambres. Elle attribua la première à Alyssa, ce qui m’apprit qu’elle n’en avait fait qu’à sa tête et ne lui avait pas laissé la chambre double. Incorrigible.


« Celle-là c’est la tienne Lizbeth, je t’ai donné la plus grande ! »

C’était donc Lizbeth qui héritait de la chambre parentale du 1er étage, une assez grande pièce avec un lit king size, deux commodes et une déco subtilement sensuelle. C’est à la vue des deux portes à l’intérieur que je me rappelai de l’architecture de la maison et me rendis compte qu’Alira n’avait pas tout à fait abandonné son idée d’origine.

« Cette porte-là mène directement à la salle de bain, et l’autre à la chambre de Bébé. Je crois qu’à la base c’était un grand dressing mais les anciens proprios en ont fait une chambre et n'ont pas condamné la porte. J’ai perdu la clé et elle n’est pas verrouillée, il faudra faire attention… »

Le sourire complice qu’elle me lança me convainquit que tout cela était très volontaire. Quelle diablesse ! Mais qu’est-ce qu’elle ne comprenait pas dans la phrase "Je suis fidèle" ? Est-ce que l’idée que je cède l’amusait ? Ou est-ce qu’elle ne me croyait tout simplement pas ?
Je dus garder mon agacement sous silence car Alira fit tout pour ne pas se retrouver seule avec moi et subir mon courroux. Elle nous laissa une seconde pour poser nos valises, le temps d’expliquer à nos gardes du corps qu’elle avait l’autorisation pour qu’ils dorment chez son voisin absent (ce dont je doutais, à mon avis elle allait juste abuser qu’il lui ait confié les clés pour arroser ses plantes), puis nous ramena en bas afin de nous servir à boire. Pour ma part je me laissai tenter par un punch.

« Alors, quel est votre programme ? » demanda Alira en s’asseyant à côté de moi. « Quelqu’un n’a pas pris la peine de m’expliquer au téléphone ! »



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Mer 26 Sep - 12:15
Ruven nous avait prévenus, sa cousine était assez particulière ; je compris en me retrouvant face à elle, dans ses griffes. Cependant je ne comptais pas rester passive et j'en profita plutôt pour me moquer gentiment de lui, m'amusant avec Alira en jouant avec les mots tout en jetant quelques coups d’œils amusés à Ruven. Cependant je sentais bien que la femme avait un caractère explosif et qu'il fallait éviter de lui laisser le champ libre ; je proposais donc que nous allions visiter sa maison pour qu'elle puisse se calmer (peut-être) avant de conclure notre conversation d'un ton un peu plus ferme, plus neutre. Même si j'étais quelqu'un de naturellement amical il fallait tout de même que je marque une limite, surtout au vu du caractère exubérant de cette personne. Cela semble la calmer, au moins un instant, et je la suis à l'intérieur de la maison aux côtés de Alyssa, Ruven traînant un peu dernière. Je serais tentée de ralentir le pas pour rester à ses côtés mais ce ne serait pas poli et il finirait par se poser des questions à force ; je prend donc sur moi pour écouter les explications de la maîtresse de maison, qui semble plutôt fière de son chez elle. Ruven nous rejoignit rapidement et nous passâmes à l'étage, Alira semblant impatiente de nous y emmener pour une raison qui m'échappait encore...

Alyssa fut la première à avoir sa chambre et, après y avoir déposé ses affaires, nous passèrent à la suite : une très grande chambre, cosy, avec un lit double spacieux et une décoration agréable mais plutôt étonnante.

- Merci pour la chambre, elle est très belle. Mais cette visite n'était pas tout à fait terminée ; j'appris que j'avais ma propre salle de bain mais, surtout, qu'une porte me reliait directement à la chambre de Ruven. Je haussais un sourcil sans oser le regarder, essayant de prendre cela à la rigolade... Mais la façon dont elle en parlait... Cherchait-elle un rapprochement ? Si seulement elle savait. Je réussi tout de même à prendre sur moi pour rester sur le ton de la rigolade, même si j'offrais à Ruven un clin d’œil. Je ferais attention, on peut se brûler lorsqu'on joue avec le feu.

Ce que Alira ne savait pas, c'était que je m'étais déjà brûlée... Ruven était tel le soleil, je voulais m'en rapprocher mais plus je le faisais et plus la douleur était vive. Je camouflais un soupir à cette pensée alors que nous mettions nos affaires en place, de petites affaires étant traitées avant que nous ne descendions pour retourner au salon. Je pris place dans un fauteuil, un verre de punch à la main, alors que Alyssa avait le droit à un jus de fruit. Alira ne perdit pas de temps pour nous interroger et je décidais de prendre les devants.

- En faite, c'est moi qui voulais venir. Je suis à la recherche d'une résidence secondaire, dans un coin calme, et Ruven s'est proposé de m'accompagner... Et je ne sais pas pour Ru mais de mon côté je vais aussi en profiter pour observer la faune locale, il y a sûrement quelques pokémons qui m'intéresserait pour mes équipes.

Je taisais totalement le shooting que nous allions faire le lendemain ; j'avais le pressentiment que, si Alira était au courant, elle ferait absolument tout pour y participer... Or ce ne serait pas très professionnel et je voulais profiter de ce moment tranquillement, si possible avec Ruven... Nous verrons bien comment les choses allaient se faire. Je bus une bonne gorgée d'alcool tout en réfléchissant à tout cela mais son goût me sorti de ses pensées.

- Vraiment délicieux ce punch, il faudra me donner la recette !


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Lun 29 Oct - 21:17
Lizbeth prit l'initiative de répondre à la question d'Alira. Alors qu'elle lui expliquait les raisons de notre présence en Alola, j'observais discrètement sa manière de lui parler. Elle ne semblait pas en vouloir à ma cousine d'essayer de la pousser dans mes bras, heureusement. Ou bien Liz n'avait-elle pas remarqué que c'était le but qu'elle s'était fixé ? Je ne pense pas qu'elle ait pu passer à côté, c'était assez peu subtil et mon amie n'était pas bête... Quoi que, maintenant que j'y pensais, il lui arrivait parfois de se montrer franchement innocente. Pensait-elle peut-être qu'Alira ne faisait que plaisanter ? Si c'était le cas j'espérais qu'elle continuerait de le penser, je ne voulais pas qu'il y ait de tensions à cause de la bêtise de Lili. De toute façon, j'avais bien l'intention de coincer mon aînée dans un coin pour lui dire d'arrêter de faire ça. Autant Liz et moi déconnions souvent avec des sous-entendus déplacés, autant j'étais mal à l'aise dès que ça devenait un peu sérieux. Le spectre d'Amaillide me hantait toujours, même si Liz n'avait envoyé aucun signe flagrant qui pourrait me faire douter de son amitié pour moi...

En tout cas, je notai qu'elle avait délibérément omis de parler du shooting de demain. Je pense que c'était intelligent de sa part. Nul doute qu'Alira aurait été folle si elle avait appris que des photographes professionnels allaient prendre Liz en photo avec des fringues de marque, elle aurait voulu être présente pour tenter de se faire repérer. Alors que là, l'immobilier et la capture de pokémons, ça ne l'intéressait clairement pas. Elle n'avait qu'un seul pokémon et ça lui convenait très bien... Tiens d'ailleurs, où était-il ?


« Oh !! Il y a une maison à vendre à deux rues d'ici !! » s'exclama Alira avec un enthousiasme appuyé. « Vous devriez aller la voir ! Ce serait tellement cool que tu viennes habiter près de chez moi Lizbeth !

- Lili, Lizbeth a besoin d'un endroit calme... Nous sommes trop près d'Ekaeka ici. Elle se ferait embêter en permanence.

- Ah, oui...
» Elle était sincèrement déçue. Je pense qu'elle s'était déjà imaginée fréquenter Liz régulièrement et s'en faire une amie, telle que je la connaissais. « Je suppose que vous irez à Poni alors...

- Oui, c'était ce que j'avais en tête.
» Je me tournai vers mon amie avec un sourire : « Tu vas voir, l'île va te plaire, elle est restée très sauvage. Je pense que c'est parfait pour ce que tu recherches, et on y trouvera à coup sûr des pokémons très intéressants. »

Je bus un peu de punch alors qu'Alira donnait son avis sur la question (à savoir, que Poni était beaucoup trop tranquille à son goût et qu'elle était sûre que Lizbeth finirait par s'y ennuyer). Puis j'attendis qu'il y ait un blanc dans la conversation pour m'insérer avec un autre sujet :

« Dis Lili, je n'ai pas vu Dee Jay depuis qu'on est arrivé ?

- Ah, oui ! Je l'ai prêté à Marco, il va affronter le capitaine d'Ekaeka demain et il voulait s'entrainer avec cet après-midi !

- Hein ?
»

Mais qu'est-ce qu'elle racontait ? C'était qui ce Marco ? Quel dresseur va faire son tour des îles avec un félinferno qui ne lui appartient pas ? Je fronçai les sourcils.

« Qu'est-ce que c'est que cette histoire...

- Ah non, ne fais pas ta tête de fâché ! C'est toi qui m'as dit que Dee Jay avait besoin de se défouler, et puis je n'allais pas dire non à mon chéri quand même !

- Ton... ? Oh Lili...
» Je soupirai et noyai ma lassitude dans une nouvelle gorgée de punch. « Tu le connais depuis combien de temps au juste ?

- Depuis deux semaines. Mais je te vois venir Bébé ! On a eu un coup de foudre l'un pour l'autre, alors c'est comme si on se connaissait depuis des mois !
» Alors que je fronçais les sourcils encore plus fort, Alira chercha le renfort de Lizbeth : « Lizbeth, toi tu connais peut-être ça ? Mon cousin est un handicapé sentimental, il ne peut pas comprendre ce genre de choses !

- Tout ce que je vois, c'est que tu as donné Dee Jay à un quasi inconnu.
» Mon ton s'était franchement durci. « Tu ne t'es pas dit qu'il se foutait peut-être de toi ? Et s'il t'a menti et que tu ne revois plus jamais ton félinferno ? Alira bon sang !

- Mais non ! Marco ne me ferait jamais ça !
»

Je posai sèchement mon verre et me mis debout. Cela inquiéta ma cousine qui sauta sur ses pieds.


« Qu'est-ce que tu fais ?

- Je vais vérifier que tu n'as pas fait une énorme connerie. Ta naïveté me fatigue.

- Mais laisse Bébé ! Tout va bien je te dis ! Tu ne me fais jamais confiance !

- En matière d'hommes, non.
»

J'étais peut-être dur avec Alira, mais pour ma défense les années avaient érodé ma patience envers elle. Du fait de la grande complicité que nous partagions dans notre jeunesse, j'avais toujours été son confident. Aussi, chaque fois que je l'avais au téléphone, elle me prenait la tête avec ses histoires de cœur qui suivaient toujours les mêmes étapes : elle rencontrait le prince charmant, ils filaient le parfait amour pendant quelques jours / semaines, puis il la jetait et devenait au passage l'être le plus abject de la Terre. J'avais tant de fois entendu ce schéma se répéter, et surtout sans qu'Alira n'évolue d'un iota d'une histoire à l'autre, que cela m'exaspérait un peu. J'étais surtout énervé que ma cousine (qu'au fond j'aimais vraiment) soit prise pour une cruche par des hommes peu scrupuleux qui abusaient de sa crédulité. C'était le problème d'être une femme à la fois très libre de son corps et très romantique : elle attirait des gars qui ne cherchaient pas la même chose qu'elle, et qui malheureusement savaient lui faire croire le contraire. Longtemps j'avais essayé de la protéger d'elle-même et d'être son garde-fou, jusqu'à ce que passé la trentaine je considère avoir d'autres chats à fouetter. Mais aujourd'hui, comme j'étais sur place et que sa bêtise mettait en danger un autre être vivant, j'allais encore une fois régler ses problèmes.

Je sortis la pokéball de Lear et le fis apparaître dans le salon. Tandis que je lui expliquais brièvement ce que j'attendais de lui, je demandai à Alira si elle connaissait l'adresse de ce Marco ou un autre lieu où il se rendait souvent.


« Il est moniteur de plongée, son local est sur le port... » bredouilla-t-elle, intimidée par ma colère. « Tu.. tu ne comptes pas lui faire de mal, Bébé ?

- Pas s'il est clean.

- Je viens avec toi alors !

- Non. Je ne veux pas que tu sois vue avec moi, c'est pour ta sécurité.
» Et pour que la presse n'aille pas encore dire que je me tapais une bimbo blonde, pensai-je ; Haby avait déjà grimacé en apprenant que j'accompagnais Lizbeth à Alola, là elle me tuerait. « Lyssa, tu devrais rester ici aussi.

- Oui, je préfère.
»

Je me tournai vers Lizbeth et l'interrogeai du regard. Le problème d'Alira ne la concernait absolument pas mais elle préférait peut-être rester avec moi qu'avec ma cousine et ma fille qu'elle connaissait à peine... C'était comme elle voulait.



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