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» Les princes existent... au rayon biscuit


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Dresseur Alola

C-GEAR
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Mer 14 Fév 2018, 20:42
___Océan reposa le prospectus sur son bureau, un sourire aux lèvres. Près de lui, Ambre attendait son verdict. Sans un mot, elle le fixait. Elle n’était montée que pour passer voir Kàrma, mais quand elle avait vu la brochure délaissée sur une pile de courrier, elle n’avait pas pu s’empêcher de lui demander s’il l’avait lu. Ce qu’il avait ainsi fait peu après.
___Il ne regrettait pas ce qu’il venait d’apprendre.
    « Effectivement, c’est assez intéressant. »

___Les coins des lèvres de son amie s’inclinèrent dans un sourire malicieux.
    « J’en étais convaincue. Alors ? Tu comptes aller au speed dating je parie ? »

___Océan retira l’élastique de ses cheveux pour les libérer avant de répondre. Ses yeux sombres brillaient d’un éclat qui en disait bien assez. Il avait une idée derrière la tête, une idée qui ne se résumait pas à une simple participation à quelque chose d’aussi primitif.
    « Raté. Ces choses-là m’ennuient beaucoup trop, à force d’en faire. »

___Sans compter que briser le cœur de jeunes gens en mal d’amour n’était sûrement pas très bon pour son karma.
    « Tu y vas avec Luna, toi ?
    -Iep. Tu veux faire le voyage jusqu’à Hano-Hano avec nous ?
    -Tu me le paies ?
    -Rêve. »

___Tout en parlant, Océan avait attrapé son téléphone et cherchait maintenant un nom précis dans sa liste de contact. Cela ne l’empêcha pas de répondre au refus de celle qui le regardait toujours, une exaspération factice sur le visage.
    « Bon, je vous ferai donc gratuitement don de ma présence. »

___Voyager seul ne l’aurait pas déranger, mais le faire avec les deux filles serait sans doute bien plus divertissant.
    « C’est redondant tout ça. Mais merci beaucoup de votre bonté, votre grâcef. »

___Le sarcasme qui suintait dans ses mots fit rire Océan.
    « Que le karma en prenne note. »

___Elle leva les yeux au ciel.
    « Mais bien sûr. »

___A ce moment, Océan trouva enfin le contact qu’il cherchait dans son téléphone, noyé au milieu de tant d’autres. Il commença son message, puis jeta un coup d’œil à Ambre.
    « Vous avez déjà pris vos billets ?
    -Pas encore, répondit-elle en secouant la tête. On les prendra ensemble du coup. Par contre, ajouta-t-elle d’un ton presque menaçant, à l’instant où on arrive au Club, tu nous laisseras et tu feras tes affaires dans ton coin. »

___Il voyait dans son regard qu’elle ne plaisantait pas. La faute sans doute à la fois où il avait attiré une femme inconnue en lui affirmant qu’elle pourrait avoir droit à un peu de sexe à quatre, avec deux filles et lui-même. Ce souvenir était sûrement encore trop vif dans l’esprit de la brune. Si, lorsque Luna et Ambre avaient refusé sèchement, cela n’avait eu pour seule conséquence de faire rire Océan, puis se plaindre qu’il venait de perdre une bonne occasion simplement parce qu’elles n’étaient pas drôle, ce qui avait suivi avait marqué les jeunes femmes. Celle qu’il avait ainsi invitée les avaient suivies lorsqu’elles étaient rentrées seules chez elles, et avait agressé Luna. Si rien de grave n’était arrivé, Ambre avait beaucoup de rancune envers Océan pour cet incident.
___Il leva les mains en signe de paix.
    « Juré. »

___Avec son geste, Ambre remarqua le début de message affiché sur l’écran du téléphone d’Océan, bien qu’elle soit incapable de le lire. Elle le regarda avec une curiosité mêlée de suspicion.
    « Tu comptes y faire quoi d’ailleurs, si tu ne vas pas au speed dating ? Tu vas y emmener un de tes coups d’un soir ?
    -Non, pas le soir de la Saint Valentin. C’est trop risqué pour le karma. »

___Il reporta son attention sur le message et, comme il n’ajouta rien, Ambre le relança.
    « Et donc… ? »

___Les doigts d’Océan continuèrent leur chemin sur le clavier sans qu’il ne réponde à voix haute. Pour le moment, il n’avait pas envie de lui en parler.

Message
Aujourd'hui 19:38

Il y a un évènement pour le 14 février à Hano-Hano, ça te tente ? Je te paie ton billet si t’as besoin (sauf si t’es déjà en train de faire ton camping sous un des ponts de l’île, qui sait). Et si tu veux une autre raison que ma personne pour venir, il y a buffet à volonté ~



___Les yeux gris du jeune homme sondèrent son message lorsque le reste de son corps s’immobilisa. Lui-même était surpris de sa proposition ; si l’inviter elle avait été la première pensée qui l’avait traversé, il ne pensait pas réellement y tenir assez pour lui proposer de lui offrir le voyage. Il aurait très bien pu se tourner vers d’autres alternatives si elle avait refusé sa proposition avec cette excuse-là. Pourtant, ses pensées venaient de parler d’elle-même. Il espérait un consentement. Ce n’était pas pour autant une marque d’affection, loin de là. En revanche, c’était bien la preuve de son intérêt. Il jeta un coup d’œil un peu plus haut pour vérifier le destinataire. Savannah.
___Sans hésitation, il envoya le message. Peu importait cet étonnement pour son propre geste, c’est ce qu’il avait envie de faire, alors il le faisait.




___Noyé au milieu des couples déjà mielleux, Océan se fraya un chemin jusqu’au pont de débarquement. Il faisait un temps parfait pour la fête des amoureux. Les rares nuages trainant paresseusement dans le ciel baigné par la lumière crépusculaire du début de soirée, et le vent de la mer était si doux qu’il ne faisait frissonner personne. Habillé d’un t-shirt gris sans manche et un simple jean, le jeune homme jurait avec certains qui étaient là sur leur trente-et-un, mais il n’y prêtait aucune attention. Son regard cendré parcourait la foule à la recherche d’une chevelure de feu. Luna et Ambre venait de partir, après un dernier signe d’au revoir. Il ne restait plus qu’à retrouver Savannah. A sa plus grande satisfaction, elle avait accepté sa proposition. Que ce soit pour lui ou pour la nourriture l’importait peu. Cette soirée était prometteuse. Cela faisait un moment qu’ils ne s’étaient pas vus. Savannah ne lui manquait pas, mais sa présence était loin d’être désagréable. Aussi différents qu’ils soient. Il y avait quelque chose de chatoyant dans le lien qu’ils possédaient.
___Finalement, il aperçut la femme aux cheveux rouges. Aussi agilement qu’il put, il traversa la foule pour l’atteindre. Comme elle lui tournait le dos lorsqu’il y parvint, il passa un bras autour de ses épaules pour l’accoster, négligemment. En revanche, son ton, lui, n’eut rien de nonchalant. C’est la bouche à quelques centimètres de son oreille qu’il la salua d’une voix grave.
    « Bonsoir, mademoiselle. »


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Dresseur Alola

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Mer 14 Fév 2018, 22:30
Les princes existent... Au rayon biscuit



Ça ne durerait pas. C’était ce que tu t’étais promis la semaine dernière. Et celle d’avant. Et celle d’avant également. En fait, c’était la promesse que tu t’étais faite le jour même où Micah t’avait proposé de vivre chez lui quelques temps. Lorsqu’il avait enfin appris la vérité sur la relation épineuse vous liant ta mère et toi, il avait très vite compris que sa petite sœur, incapable de garder un travail plus d’une semaine, ne devait pas connaître la vie luxueuse qu’elle prétendait. Il avait prononcé ses vœux depuis moins d’une heure que déjà tu l’embêtais. Pendant un instant, tu t’étais sentie mal d’interférer ainsi avec la plus belle journée de sa vie… Et malgré tout, son empathie avait été ton plus beau cadeau depuis longtemps. Mais tu ne comptais pas en abuser. Tant que tu n’étais pas capable de subvenir à tes besoins, tu étais convaincue que ta place était à l’extérieur avec tes semblables. C’est là-bas, au cœur de la ville, que tu pouvais changer les choses, pas dans le confort d’une chambre douillette. Tu avais donc accepté avec la ferme intention de partir très rapidement.

Mais ça, c’était trois semaines plus tôt.

Assise sur ton lit, les jambes repliées contre ta poitrine, tu déposas ta tête sur tes genoux en soupirant. À tes pieds, Alpha hululait doucement sans vraiment se soucier de toi. À bien y repenser, Bêta aurait été un compagnon plus actif et divertissant, mais Callie refusait catégoriquement d’avoir un félin de cette taille en liberté dans sa maison. Malheureusement, c’était compréhensible. Sans quoi tu ne te serais jamais soumise à la dictature de ta belle-sœur. Elle était sympa, mais définitivement pénible. Depuis toujours, Micah était le plus caractériel de vous deux. Plus jeune, il rejetait systématiquement toute forme d’autorité, à l’exception de vos parents, et n’hésitait pas à faire le fendant à la moindre opportunité offerte. Tu concevais difficilement qu’il ait suffisamment changé pour pouvoir considérer Callie comme quelqu’un d’agréable à côtoyer… Mais en quoi était-ce ton problème ? Elle l’avait sans doute amadoué et remodelé à sa sauce. Tant mieux pour eux.

Te laissant tomber sur le dos, la tête contre l’oreiller, tu étendis tes jambes jusqu’à frôler Alpha du bout des orteils. Bien entendu, le brindibou ne bougea pas. Tu détestais cette vie bien rangée. Même si elle te permettait de fuir efficacement la police. Quoi que, depuis un mois et demi, elle devait être beaucoup moins intéressée par le dossier. En ce qui te concernait, tu avais pu recommencer à participer à des manifestations, mais, loin d’Ekaeka, elles étaient bien moins nombreuses. Pour ne pas dire inexistantes. Bref, ton quotidien était aussi ennuyeux chez ton frère qu’à la ferme. Ça ne durerait pas.

Absorbée par tes pensées, tu mis un moment à remarquer l’écran allumée de ton portable sur la table de chevet. D’instinct, tes sourcils se froncèrent avant même que tu ne tendes une main dans sa direction pour le saisir. Depuis ton retour à la rue, l’intérêt des gens pour toi avait drastiquement chuté. Même si tu pouvais toujours compter sur quelques véritables amis, la plupart s’étaient volatilisés comme par enchantement au bout de quelques semaines. De fil en aiguille, la simple réception d’un SMS était devenue un événement rarissime et presque exceptionnel. Tu songeas même à sortir le champagne avant que le nom de l’expéditeur n’apparaisse à l’écran. Océan. Recevoir des nouvelles du jeune homme alors que votre dernier tête-à-tête remontait à tout ou plus un mois était une toute autre sorte de miracle.

En prenant connaissance du message, tu sentis l’étonnement se trahir sur tes traits. Ce qu’il te proposait était aussi inattendu que suspicieux. Lui, payer pour toi ? Naturellement, tu t’étiras le cou pour vérifier par la fenêtre s’il n’y avait pas des grukui ailés à l’extérieur, mais aucune manifestation de ce genre ne sembla pointer le bout de son nez. Le faisait-il vraiment par… Non, en fait tu ne comprenais pas quel était le motif de son invitation. Tu savais seulement que la refuser serait une grossière erreur, car, après tout, qui savait quand la générosité du jeune homme attendrait à nouveau de tels sommets.

Message
Aujourd'hui 19:46

Le 14 février, vraiment ? Rassure-moi, tu n’as quand même pas l’intention de me déclarer ta flamme ? Va pour la bouffe gratuite. De toute manière, je suis déjà dans le coin. J’ai trouvé un pont très confortable juste au-dessus d’un ruisseau, je te ferai visiter.



Océan était définitivement un vrai phénomène… Et ce n’était pas pour te déplaire.



En arrivant, tu hésitas un moment avant de t’avancer vers votre point de rendez-vous. Quand Callie et ton frère t’avaient vu sortir le soir d’un 14 février, leur esprit s’était embrasé et tu n’avais rien pu faire pour les calmer. Toutes tes tentatives pour expliquer que seule la bouffe gratuite t’intéressait vraiment avaient été un échec cuisant et tes protestations n’avaient pas été suffisantes pour empêcher le massacre. Malgré tout ce n’est qu’en voyant la brunette t’amener dans sa chambre, Micah sur les talons, puis ouvrir les portes de sa commode que tu avais compris l’ampleur du problème. D’autant plus que, pendant toute la durée de la torture, tu avais dû supporter les commentaires parfois inadéquats de ton jumeau qui ne manqua pas de souligner que "tu ressemblais enfin à une vraie fille ". Tu n’avais pas relevé la gratuité de ses paroles, mais ton regard avait parlé pour toi.

Au final, ce n’est qu’après avoir noué les mèches rousses qui encadraient normalement ton visage qu’elle t’avait enfin relâchée, visiblement satisfaite. Il t’avait fallut un moment pour trouver le courage de confronter ton regard à la glace lorsqu’elle t’y avait poussé. Et forcément, le résultat t’avait laissée amère et complexée. Ce corps imparfait te dégoûtait tellement violemment qu’admirer cette transformation extrême avait été douloureux. La robe blanche qu’elle t’avait choisie dénudait à la fois tes épaules et ton dos, osant même pousser le vice jusqu’à mettre ta poitrine ridicule en valeur. Cette tenue te criait en boucle l’adjectif qui te qualifiait le mieux : incomplète. Ça avait été une épreuve difficile pour toi qui cachait ordinairement tout sous des pulls, des pantalons et des t-shirt noirs…

Et ce l’était d’autant plus maintenant, alors que tu devais rejoindre Océan au pont de débarquement. Respirant un grand coup, tu seras tes doigts sur les pans de ta robe pour tenter de faire disparaître le stress et l’inconfort. Ce qui s’annonçait être une agréable soirée avec de la bouffe gratuite venait de prendre une tournure ridicule grâce à son jumeau. Malgré tout, poser un lapin à Océan alors que vous étiez tous deux sur place serait encore plus ridicule. Tu devais avancer, quels que soient tes sentiments. Et puis, qui sait, peut-être ne remarquerait-il pas. C’était agréable de s’accrocher à cet infime espoir et c’est grâce à lui que tu pus traverser la foule tel que prévu.

Balayant la zone du regard, tu fus toutefois surprise de ne pas y voir ton « valentin ». Suspicieuse, tu t’apprêtais à lui souhaiter silencieusement de ne pas t’avoir laissée en plan lorsqu’un bras se referma autour de tes épaules, t’arrachant un hoquet de surprise que tu étouffas difficilement pour te concentrer sur ce chuchotement dans le creux de ton oreille.

Un sourire amusé s’étira aussitôt sur tes lèvres.
Il n’y avait qu’Océan pour se permettre une telle proximité avec toi.

Malheureusement pour lui, tu refusais de te laisser troubler par sa fâcheuse tendance à réduire au maximum la distance entre vous. Si cela t’avait rendue nerveuse la première fois, les heures passées ensemble avaient toutefois prouvé que ce petit jeu pouvait se jouer à deux. Au plus grand malheur de tes hormones, tu refusais de te défiler devant ton opposé.

Te retournant pour lui faire face, tu passas discrètement un doigt entre sa taille et son pantalon pour le tirer vers toi, diminuant encore la distance entre vos deux corps. Sans abandonner ton rictus, tu approchas légèrement ton visage du sien pour qu’il puisse t’entendre sans que tu ais besoin de crier malgré les discussions tout autour de vous. Tu pris alors la parole d’une voix mielleuse. « Bonsoir monsieur… À tout hasard, seriez-vous mon mystérieux valentin ? » Demandas-tu en glissant doucement l’index de ta main libre le long de son torse alors que ton regard, lui, semblait parfaitement innocent.

Pour être franche, Océan connaissait de toi ce que personne n’avait jamais imaginé.
Et puis, au moins, comme ça, il te permettait d’oublier momentanément la tenue inconfortable que Callie t’avait forcée à enfiler.
Fichu quatorze février.


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Dresseur Alola

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Jeu 15 Fév 2018, 11:21
___S’il y avait quelque chose qu’Océan trouvait des plus plaisants chez la jeune femme, c’était son refus de lui laisser la main. Là où la plupart des autres personnes étaient soit intimidées, soit charmées par ses actions ne tenant compte d’aucune autre limite que les siennes, Savannah, elle, lui rendait coup pour coup. Là où les autres se figeaient, rougissaient, s’esquivaient, lui criaient dessus ou tombaient dans ses bras, elle rentrait dans son jeu. Ni plus, ni moins. Et il aimait jouer, oh ça oui, Océan Caldin aimait jouer.
___Elle rapprocha leurs corps d’un geste, et le sourire espiègle sur les lèvres de l’étudiant se transforma, s’accentua en quelque chose de plus dépravé, de plus… prédateur. Autour d’eux, certains affichèrent des moues agacées, gênés de devoir contourner ce qu’ils voyaient comme un couple un peu trop pressé. Il n’y prêta aucune attention, pas même lorsqu’un épaule le frôla un peu plus qu’elle n’aurait dû. Toute son attention était centrée sur celle à la chevelure de cheveux, dont le visage était si proche, dont il sentait le moindre toucher sur son corps. Sur la question qu’elle lui posa, d’un ton qui renforça l’expression sur le visage du jeune homme. Sa réaction fut immédiate. L’espace restant entre eux, il l’effaça, frôlant le coin des lèvres de Savannah. Peu importait l’air qu’elle se donnait elle, il n’y avait aucune innocence en lui. Sa main qui était auparavant passée autour des épaules nues resta contre l’une de celles-ci, tandis que l’autre se posa sur sa taille, le bout de ses doigts caressant la peau de son dos découvert. Il répondit de cette même voix, basse et grave, qui semblait pouvoir se perdre au milieu de la foule, mais qui ne pouvait que trouver son chemin jusqu’à elle.
    « Ça mademoiselle, c’est à vous de me le dire. »

___Sur ces mots, son regard descendit le long de la courbe du visage dont il s’écarta, juste assez pour observer ce qu’il n’avait pas encore pu contempler, dévala sa nuque, se posa sur ses épaules nues. Sans en ressentir la moindre gêne, il continua son chemin visuel jusqu’au décolleté, puis le finit au bas de cet élégant vêtement envelopper ce plaisant corps. Il remonta des yeux étincelants jusqu’à ceux de Savannah.
    « Jolie robe. »

___Cette fois, il n’y avait ni taquinerie, ni malice dans sa voix. Il disait simplement ce qu’il en pensait, sans blague ni artifice. S’il n’était pas quelqu’un qui complimentait pour le plaisir de l’autre, en revanche, il donnait son avis comme bon lui semblait. Un instant, son regard s’égara à nouveau un peu plus bas, avant de remonter. Finalement, comme si rien ne venait de se passer, ou plutôt, avec une normalité déstabilisante, il s’écarta, laissant un espace déjà bien plus convenable selon les normes de la société entre Savannah et lui.
    « Et puis, ton valentin ? Je croyais que tu venais pour la bouffe gratuite ? »

___Il jeta un coup d’œil autour de lui.
    « C’est par là, d’après Ambre. »

___Attrapant la main de Savannah, il commença à se faufiler avec elle à travers la foule. Son regard balaya de nombreuses fois les couples qui roucoulaient plus ou moins autour d’eux, les célibataires qui regardaient avec intérêt ceux qui ne tenaient pas la main ou n’étaient pas dans les bras de quelqu’un d’autre. Il y avait même des duos qui se disputaient, même en cette soirée. Tout cela, Océan ne le connaissait pas. A quoi bon rester avec ceux qui apportaient gêne et agacement dans sa vie ? A quoi bon risquer des blessures qui ne peuvent se soigner physiquement ? La luxure et la liberté dans laquelle il vivait étaient un cocon bien plus confortable.
___Lorsque la foule sortant du quai d’embarquement fut enfin dispersée, alors qu’ils approchaient du Club où déjà résonnaient des bruits de conversations mêlés à ceux de l’eau, il relâcha la main de sa partenaire du soir, jetant un nouveau regard vers elle. Il savait qu’il avait bien choisi en proposant à la jeune femme de venir avec lui pour cette soirée, qui était bien plus prometteuse qu’un soir passé avec un coup d’un soir ou à un speed dating comme l’avait imaginé Ambre –ainsi que Luna, avait-il appris–. Il le savait déjà le soir où il avait envoyé le message, mais à cet instant, cette certitude se parait de satisfaction. Il y avait cette multitude de ressemble et de différence qui faisait des étincelles entre eux, des étincelles qui ne donnaient qu’une envie à Océan : les toucher, les frôler, jongler avec tel un enfant passant un doigt par-dessus la flamme d’une bougie. Peu lui importait les risque de se brûler, le jeu et l’exaltation le valaient bien assez.


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Dresseur Alola

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Jeu 15 Fév 2018, 13:56
Les princes existent... Au rayon biscuit



L’idée de succomber grossièrement au charme certain d’Océan puis d’être exposée tel un vulgaire trophée à son bras ne t’avait jamais intéressée. Tu ne voulais pas être de celles-là… De ces écervelées si prévisibles qu’elles tombaient presqu’aussitôt dans l’oubli sans en tirer le moindre mérite. Tu étais plus qu’un plaisir de passage, plus qu’un passetemps éphémère. Tu souhaitais ardemment que ton souvenir se grave dans la mémoire de ton homologue et qu’il y reste aussi longtemps que possible. Tu ne demandais rien de plus. Rien de plus que ne pas être « une parmi les autres ». Même si tu n’étais pas certaine de pouvoir qualifier ta relation avec Océan d’amicale, vous étiez toutefois beaucoup plus que de simples animaux en ruts... Après tout, à l’exception de quelques baisers volés, il ne s’était jamais rien passé entre vous.

Océan était ton égal. Tu n’étais ni sa chose, ni son jouet.
Ce n’était peut-être pas ton ami au sens premier du terme, mais vous étiez loin du vulgaire coup d’un soir.

Ton assurance s’affermit davantage lorsque tu le vis répondre favorablement à ta petite initiative. Contrairement à la première fois, son audace ne te faisait plus peur. Tu avais appris à t’adapter, à calquer tes pas aux siens afin de ne pas te laisser devancer. Océan te donnait l’opportunité d’être ce que tu n’avais jamais été à l’extérieur de votre relation. C’était d’ailleurs pour cette raison que sa compagnie était loin de t’être désagréable. Vous aviez refait les règles du jeu pour mieux vous l’approprier et n’était pas pour te déplaire… Tant que vous en restiez-là.

Ton propre sourire perdit de sa candeur lorsqu’il vint frôler le coin de tes lèvres. Même si elle avait été difficile à apprivoiser, tu appréciais désormais cette désinhibition totale dont il était le pantin. Océan était ton parfait contraire et, pourtant, mi-chemin entre vos deux extrêmes, vous parveniez à vous rejoindre dans une sorte d’attraction inexplicable. Néanmoins, ton plaisir fut de courte durée et tu désenchantas rapidement lorsque sa main vint frôler la peau mise à nue de ton dos. Sentant tes doigts se crisper légèrement sur ses vêtements, tu tentas malgré tout de masquer ton trouble afin de ne pas perdre la face devant lui. L’espace d’un instant, tu étais parvenue à oublier le vulgaire costume dont tu avais été accoutrée… Mais maintenant que tu sentais ton épiderme frissonner à ton contact, il t’était devenu impossible de tirer un trait sur ton inconfort. L’envie de disparaître était revenue… Et en force qui plus est.

Incapable de répondre à sa réponse, tu sentis le nœud dans ton estomac grossir lorsqu’il s’écarta pour te détailler du regard. Instinctivement, tu ramenas tes bras contre toi pour tenter de faire disparaître une partie de ce corps incomplet, mais tu savais que c’était impossible. Aussi, lorsqu’il accueilli sa découverte d’un regard étincelant, tu te sentis incapable de supporter son regard. Seul son compliment, prononcé d’une voix suintante de sincérité, parvint jusqu’à toi. « J’aimerais pouvoir en dire autant de toi. » Répondis-tu au tac-tac, incapable de formuler le moindre remerciement tant cette situation t’embarrassait. Tu regrettais qu’il ne porte ni pull, ni gilet à subtiliser afin de masquer un tant soit peu le tableau… Mais qu’espérais-tu vraiment au regard d’une telle température ? La haine gratuite que te portait soudain ce quatorze février était parfaitement mutuelle.

Tu ne cherchas pas à le retenir contre toi lorsqu’il prit la décision de s’éloigner. Tu devais te reprendre en main, tu le savais, et pourtant… C’était difficile de te sentir moins monstre et de reprendre confiance en toi malgré l’approbation d’Océan sur ta tenue. Ce ne fut que lorsqu’il rebondit sur cette histoire de valentin que tu eus le courage de redresser la tête pour saisir la perche qu’il te tendait sans même s’en rendre compte. La bouffe gratuite oui. C’était pour ça que tu étais ici après tout… Le reste n’était que superflu. Tu ne pouvais pas te rétracter de la sorte devant Océan et perdre un peu de ta superbe à ses yeux. « Je n’ai jamais précisé la nature de ce que je venais manger... » Affirmas-tu sans la moindre hésitation, composant sur ton visage un sourire ambigu à la hauteur de ton commentaire. Tu devais oublier. Imaginer que tu portais sur tes épaules le pull que tu avais tiré au visage du marchant lorsque tu t’étais invitée chez Océan le mois dernier. Avec un peu d’auto-persuasion, ça passerait sans doute tôt ou tard.

Curieuse, tu le regardas alors saisir ta main puis te tirer vers le club, malgré la foule abondante. Tu te souvenais avoir un jour affirmé que les rassemblements t’énervaient lorsque le motif n’était pas écologique, éthique, social ou qu’importe… Tu pouvais maintenant confirmer pour la trentième fois que les choses n’avaient pas encore changées. Embêtée, tu te rapprochas instinctivement d’Océan afin d’être certaine que la foule ne t’avalerait pas. Lui semblait beaucoup plus confortable dans cette situation… Ce qui était ironique dans la mesure où vos caractères respectifs auraient pu laisser présager le contraire. Sitôt éloignés du pont d’embarquement, sa main quitta la tienne et tes poumons se remplirent exagérément d’air. Sans t’en rendre compte, tu avais retenu ton souffle pendant toute votre progression. Maintenant que vous étiez sortis du noyau, tu te sentais un peu mieux. Et puis juste devant vous, sous tes yeux légèrement ébahis, mais pas trop, la silhouette du Club parvint à te faire oublier momentanément ce trop-plein d’être humains.

Curieuse, tu abandonnas ta contemplation du capitalisme pur pour reporter sur ton partenaire toute ton attention. « Tu as pris une chambre ? » À bien y repenser, ce n’était peut-être pas le meilleur moyen d’aborder le sujet. Balayant du revers de la main tous les sous-entendus pouvant naître d’une telle question, tu te rattrapas sans le moindre embarra. Ou presque. « Enfin, je veux dire… Tu as l’intention de dormir ici ? » Tu ne savais pas exactement pourquoi tu voulais connaître cette réponse, mais elle te semblait importante. Après tout, ce serait bête pour lui de ne pas saisir l’opportunité… Ce n’était pas parce qu’il avait accepté de s’embêter de ta présence qu’il devait se priver des plaisirs qu’il pouvait tirer d’un événement rempli de célibataires en mal d’amour. Et puis au fond, ce n’était que pure curiosité. Tu t’abandonnais rarement à ce genre de comportement, mais tu restais humain au fond de toi.

Après tout, même la flamme ardente d’une bougie pouvait s’éteindre…

Nullement intimidée, tu t’avanças sur le tapis rouge à l’entrée sans accorder trop d’importance à la décoration haut perché et à l’argent qui suintait de chaque fleur locale. Pour quelqu’un habitant sous un pont, c’était presque vulgaire d’être confronté à autant de richesses. Malgré tout, tu ne soulevas pas le léger embêtement qui se creusa dans le creux de ton ventre. Te retournant plutôt vers Océan un peu derrière toi, tu fixas instant son visage, profitant inconsciemment du spectacle pour détailler la forme de ses traits, de ses lèvres ou encore la douceur apparente de sa chevelure. Si un jour tu t’étais posée des questions sur ton orientation, tu confirmais maintenant que si tu devais te découvrir une attirance envers les femmes, les hommes resteraient malgré tout loin devant… « Allez, plus rapidement. Ce n’est pas à ce rythme que je vais pouvoir débuter mon repas… » Le taquinas-tu, soutenant ton commentaire d’un clin d’œil.

Difficile de définir votre relation à tous les deux, mais une chose était certaine : Océan n’avait nul autre semblable dans ton entourage. Ou sur terre.


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Dresseur Alola

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Jeu 15 Fév 2018, 17:24
___Cette main qui s’était resserrée autour de son t-shirt, Océan l’avait bien senti. S’il ne dit rien et fit comme s’il ne l’avait pas remarquée, c’était car il se doutait de ce qui était à l’origine de cette réaction. Pour autant, il laissa sa main contre la peau fraiche de Savannah. Elle ne s’acceptait peut-être pas assez, mais ce que les autres pensaient, que ce soit des autres, de lui ou d’eux-mêmes, n’avait jamais arrêté d’Océan. Pourtant, il aurait pu s’arrêter à ce mur, pourrait le laisser définitivement insatisfait concernant Savannah. Il aurait pu tourner les talons et la laisser, elle et ses problèmes personnels. Ce n’est pas comme s’il avait besoin d’elle. Alors pourquoi s’encombrer quelqu’un qui se crispait aux contacts corporel ? Ils avaient beau avoir ce petit jeu auquel elle était des plus divertissantes, il avait pu constater ce manque d’acceptation qui pulsait dans les veines d’un corps qu’elle voulait sans doute différent. Même pour quelqu’un qui ne faisait pas attention aux autres, il l’avait vu, il l’avait senti. Il l’avait aussi respecté aussi, mais plus par cette étrange obligation envers le karma qui l’empêchait d’aller au-delà de ce qui était tolérable que par respect de ce qu’elle ressentait. C’était là bien quelque chose qui l’aurait poussé à quitter la compagnie de bien d’autres filles.
___C’était pourtant ce qui l’intriguait chez elle.
___C’était le mélange de tout ce qui forgeait Savannah, c’était cette flamme qui chancelait face à trop d’ardeur de la part d’Océan qui empêchait celui-ci de se lasser des faiblesses de ce jeu. Il en connaissait beaucoup oui, des personnes qui trouvaient qu’une partie d’eux n’est vraiment ni gracieuse, ni jolie, il y avait bien tous ces gens avec tous leurs complexes et leurs contrariétés. Seulement, quelqu’un qui rejetait son propre corps, il n’en connaissait pas d’autres. Et Océan aimait l’inconnu. Il l’avait toujours aimé. Surtout lorsque l’inconnu jouait son jeu. Tout cela ; le caractère de la jeune femme, cette contrarié dans son propre corps, cette frivolité dans leur relation, tout cela, c’était les étincelles d’un brasier pour lequel Océan n’avait qu’un caprice. L’atteindre. Il voulait toucher le brasier, jouer avec le feu, l’apprivoiser. S’il aimait être satisfait, il aimait aussi quand tout ne se présentait pas offert sur un plateau. Bien au contraire. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas fait face à un tel défi. La présence de la jeune femme ici n’était pas un hasard. Elle n’était pas qu’une distraction, comme l’aurait été beaucoup trop à sa place. Il y avait ces jeux, il y avait ces provocations, il y avait ces difficultés. Elle avait son intérêt.
___A la remarque de Savannah sur son style vestimentaire, Océan jeta un coup d’œil à celui-ci avant de la regarder avec insolence.
    « Je me disais que priver tant de personnes d’une si belle vue avec des vêtements trop habillés aurait été bien dommage. »

___Une fois légèrement plus loin du corps de la jeune femme, il fit mine d’observer les alentours en ajoutant avec nonchalance :
    « Tu devrais faire de même d’ailleurs. Faire profiter les gens des jolies choses, ça ne peut qu’être bon pour le karma après tout. »

___Puis il y eut ce regard émeraude plongé dans les siens, et ces paroles assertée avec assurance. Les yeux d’Océan se plissèrent, ses dents mordirent l’intérieur de sa joue. S’il répondit à son sourire qui en disait bien assez, elle ne put le voir. Sans lui laisser le temps de réagir, il refit le pas en avant qui les avait séparés si peu avant, et ses mains accrochèrent la taille de la jeune femme alors qu’il l’amena contre lui. Profitant de leur taille presque identique, il put immédiatement chuchoter à son oreille, avant qu’elle n’ait le temps de faire quoi que ce soit contre lui.
    « Vous devriez faire attention à vos paroles jeunes fille, elles pourraient être fort mal interprétées… et, je le crains, dangereuses pour vous. »

___Ses lèvres et ses dents frôlèrent le lobe de l’oreille de Savannah lorsqu’il se recula d’elle aussi vite qu’il s’était approché. Avec un sourire taquin aux lèvres, il l’entraina avec lui à travers la foule. La proximité que cela força avec la rouquine ne le déplaisait pas, pour autant, il fut bien content de voir enfin plus clair autour de lui. Le bruit des vagues se fit enfin plus fort que la rumeur des voix des touristes tandis qu’ils s’approchaient du club, ce qui tira un sourire à Océan. Aussi risible que cela fut avec son prénom, il adorait les plages, l’eau et la mer. Et l’océan.
___A la question de Savannah, il observa le bâtiment qui se faisait de plus en plus net au fur et à mesure de leurs pas. Le léger impair qu’elle commit étira un peu plus les coins de ses lèvres qui affichaient déjà une expression narquoise.
    « Eh bien, j’ai pris une chambre pour deux. Mais je comprendrais si tu préfères dormir sous ton pont, évidemment. »

___Le sarcasme accentua l’expression sur son visage alors qu’il reporta son attention sur elle. Ils avaient déjà dormi ensemble après tout. Accepterait-elle en pensant qu’il n’y avait donc pas de risque, puisque c’était déjà arrivé ? Il se doutait que non. Elle le connaissait bien assez maintenant. Et elle n’était pas stupide. Alors accepterait-elle malgré tout, ou refuserait-elle par prudence ? Il était curieux de sa réaction. Sans compter que lui-même ne savait pas de quoi la soirée serait faite. Lorsqu’il l’a invitée, c’était pour sa personne. Son corps y jouait un rôle, c’était une chose certaine avec Océan ; mais ce n’était pas pour occuper sa nuit précisément qu’il l’avait invitée elle. C’était un tout. Insisterait-il plus tard si elle disait non ? Lui-même ne le savait pas, à cet instant. Il était comme ces vagues s’échouant non loin d’eux. L’une après l’autre, paresseusement, dans un éternel mouvement. Océan était ainsi. Toujours dans l’instant, avec nonchalance, indifférent à l’idée d’anticiper ce qui l’attendait.
___Il la suivit lorsqu’elle suivit le tapis rouge déroulée là pour les mener jusqu’au hall. Son regard se balada entre les diverses décorations et le sable, le haut bâtiment et l’eau turquoise qui s’assombrissait peu à peu, aussi imperceptiblement qu’inexorablement. Il aperçut les tables du speed dating, et les personnes qui s’y trouvaient déjà. Puis, après être passés sur les visages de ces inconnus, ses yeux se posèrent à nouveau sur Savannah, croisant ses iris verdoyants. Elle l’observait ; alors il lui rendit la pareille. En passant ainsi l’inspection de ces inconnus à celle de la jeune femme, sa certitude satisfaite devint un son victorieux dans son esprit.
___Son choix était parfait.
___Puis un autre son résonna, celui de la voix de Savannah. Il laissa échapper un rire.
    « Tes manières laissent à désirer tu sais. »

___Sans la faire attendre davantage, il accéléra le pas pour se mettre à sa hauteur, avant de marcher jusqu’au banquet dressé non loin. Déjà de nombreuses personnes s’y trouvaient, discutant deux par deux pour la plupart, en petits groupes pour d’autres. Il contourna une jeune adulte aux grands yeux bleus et aux cheveux courts et blonds ainsi qu’un garçon bien bâti aux cheveux rouges qui semblait être son petit ami, et enfin, ils eurent accès au saint Graal. Océan se servit, satisfait de passer sa soirée-là plutôt que dans son appartement avec ses pâtes, ou au cabaret avec ses cigarettes. Puis son attention se porta à nouveau sur Savannah et, peu après, juste derrière elle, où il apercevait quelques piscines. Ses yeux se plissèrent.
    « Si je te jette à l’eau de force, parce que je suppose qu’il n’y a que comme ça que j’y parviendrai, à combien je risque d’être tué par noyade sur une échelle de un à dix ? »

___S’il parlait sur le ton de la blague et ne semblait pas sérieux, c’était bel et bien une envie qui venait de lui traverser l’esprit. Il laissait son regard le trahir. Seulement, il se doutait que proposer à la jeune femme de se mettre en maillot de bain pour un petit plongeon était peine perdue. L’idée ne le quittait pas pour autant, mais il savait qu’il ne risquerait pas de la voir partir si vite ce soir, que ce serait contre-productif pour lui et ses envies. Cela lui arrivait parfois ; une envie en entravant d’autres. Et avec Savannah, ce n’était pas la première fois… et sûrement pas la dernière.


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Sam 17 Fév 2018, 14:38
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Sentir les mains d’Océan sur tes hanches t’avait surprise sans pour autant te déranger. Même si tu nourrissais des doutes quant à son indifférence après un tel commentaire, tu ne t’attendais pas à une réaction aussi instantanée de la part du jeune homme. Ainsi, lorsqu’il vint souffler l’ombre de ses menaces dans le creux de ton oreille, tu sentis un sourire ravi s’ériger sur tes lèvres. Même si c’était un jeu dangereux dans lequel il valait mieux ne pas embarquer, tu étais malgré tout curieuse de tester les limites du jeune homme. Tu savais que tu ne pourrais pas répondre à ses attentes si tu venais à franchir la ligne directrice de votre relation… Mais combattre quelque chose d’aussi primitif que le désir de provoquer était un combat perdu depuis longtemps.

Tu espérais seulement que les choses ne dégénèreraient pas comme cela avait déjà été le cas par le passé avec d’autres personnes… Quoi qu’entre elles et ton valentin improvisé, il y avait tout un monde.

Ayant décidé de garder silence et de reporter à plus tard cette conversation, vint plutôt ta maladresse au sujet des chambres une fois que le son des touristes se fit moins bruyant dans vos oreilles. Tu ne voulais pas qu’Océan pense à tort que tu avais posé cette question, car tu attendais quelque chose de lui… Ce serait un quiproquo dérangeant. Tu n’étais définitivement pas en mesure de lui offrir quoi que ce soit de toi. Peut-être que si les raisons financières derrière ce corps incomplet n’avaient pas existé, les choses auraient été différentes. Peut-être que cette robe t’aurait plu et que croiser ton reflet dans la glace n’aurait pas eu le même effet… Mais ils étaient nombreux à le dire : avec des « si », on mettrait Illumis en bouteille. Tu devais composer avec la situation telle qu’elle était à l’heure actuelle… Et si tu ne pouvais pas te permettre de pousser le vice aussi loin, pour autant, sa réponse ne t’étonna pas. « Bonne question. On entend le bruit des vagues depuis ta chambre ? Ça me rappellera chez moi. » Affirmas-tu, un sourire en coin aux lèvres.

En réalité, tu n’avais pas du tout envie de rentrer chez Micah pour reprendre en main la vie parfaitement rangée qu’il t’avait offert. Même si la nourriture était délicieuse et que dormir dans un véritable lit était plus agréable que le sol bétonné d’une ruelle ou le banc d’une station d’autobus, quelque chose dans ce moule de perfection freinait inconsciemment ta quête de satisfaction.

Il n’y avait aucune étincelle à cette vie ordinaire.
Rien pour embraser le feu en toi, pour extérioriser la passion dévorante dont tu étais l’esclave.
Tu te sentais assimilée, éteinte, effacée.
Incomplète. Autant physiquement qu’intellectuellement.

Les journées étaient à chaque fois sensiblement les mêmes et, au moment de fermer les yeux la nuit, tu savais déjà de quoi demain serait fait. La même routine, encore et encore. Sans la moindre imperfection, sans la moindre surprise pour venir fissurer le moule dans lequel Callie et Micah étaient entrés… Ce n’était définitivement pas un quotidien pour toi. Tu avais besoin de plus, beaucoup plus. Pour autant, tu connaissais les risques si tu venais à accepter la proposition d’Océan. Tu n’étais pas assez stupide pour croire que s’il ne s’était rien passé la première fois alors c’était forcément qu’il n’y aurait rien à l’avenir non plus. D’autant plus que voir clair derrière les intentions du jeune Caldin n’était pas un exploit en soit… Ce n’était pas comme s’il s’en cachait ou qu’il cherchait à abattre discrètement ses cartes. Bien au contraire. Il était un joueur rusé, mais certainement pas énigmatique. Il n’était pas de ceux qui tiraient satisfaction en cachant jalousement leur jeu, espérant ainsi faire tomber l’adversaire plus facilement… Il était moins fourbe que ça. Mais aussi beaucoup plus victorieux que la plupart des hypocrites.

Et c’était sans doute ce qui te plaisait le plus en lui.

« Ce n’est pas ma faute, j’ai grandi avec des hommes après tout. » Sans t’insurger de son commentaire, tu te contentas de hausser les épaules sans le moindre complexe. Même s’il était vrai que tu n’avais pas mangé depuis ton réveil, tu n’étais pas pour autant affamée. C’était seulement un prétexte pour forcer Océan à accélérer le pas… Ce qu’il ne manqua pas de faire, te donnant raison dans la foulée. Satisfaite, tu le suivis jusqu’au banquet non loin, retenant un soupire lorsque tu remarquas à nouveau toutes les têtes agglutinées autour de ton objectif. Toutes cette foule te rendait malade, ramenant à la surface des souvenirs de fêtes improvisées pendant lesquelles tu avais été forcé, plus jeune, de longer les murs pour ne pas être avalé par fêtards. Lysandre n’avait jamais eu sa place dans ce genre de soirée… et toi non plus d’ailleurs. Vous aviez au moins ça en commun.

Réussissant enfin à te frayer un chemin jusqu’au saint-graal du club, tu tendis une main vers les assiettes rehaussées d’un filet doré puis attrapas en premier lieu un petit pain avant de balayer du regard le reste des propositions. Tu ne connaissais rien à toutes les victuailles étalées devant tes yeux. Tout était trop luxueux, loin de ton univers pour que tu puisses identifier ne serait-ce qu’un dixième des plats offerts. Tu soupiras doucement avant de saisir quelque chose au hasard, t’arrêtant aux formes et aux couleurs pour arrêter ton choix. Finalement, ce fut la question d’Océan qui te freina dans ta découverte, t’obligeant à tourner ton regard verdoyant dans sa direction pour être certaine d’avoir bien entendu. « Bonne question. Ça dépend de ton timing… Si tu me laisses terminer mon assiette avant, ça joue entre neuf et onze sinon ça frôle le neuf cents. » Mais il rigolait non ? Suspicieuse, tu abandonnas systématiquement le remplissage de ton assiette pour franchir le mètre qui vous séparait. Même si, en surface, les intentions d’Océan étaient faciles à déchiffrer, c’était néanmoins une toute histoire lorsqu’il était temps de séparer le vrai du faux. Lire dans l’esprit de cet idiot était un exploit que tu n’étais pas capable de réaliser.

Déposant la raison de ta venue sur une table à portée de main, tu te rapprochas du jeune homme pour glisser naturellement tes bras autour de son cou. Un sourire au visage, les yeux remplis d’espoir, tu pris la parole d’une voix faussement suppliante. « Mais tu n’oserais quand même pas me faire ça, n’est-ce pas ? » S’il se risquait à franchir le faussé entre la blague et la tentation, il ne verrait pas de quoi demain serait fait. Tu n’avais qu’apporté que cette robe avec toi et elle était blanche de surcroît. Il n’allait quand même pas vraiment te faire ça ? « Je n’ai aucune tenue de rechange en cas d’imprévu… » Tu n’étais pas vraiment certaine que ce soit un argument de taille avec Océan. Au contraire. Prenant une grande inspiration, tu te séparas de lui pour reprendre ton assiette sans jamais le quitter des yeux. Nonchalamment, tu attrapas un raisin en soupirant. « Dans tous les cas, laisse-moi au moins terminer mon assiette avant de préparer ton suicide. » Car c’était forcément ce qui allait arriver s’il osait te faire ça. Tu savais que ça ne semblait être qu’une blague… Mais comment pouvait-on en avoir la certitude lorsqu’elle sortait de la bouche de ton vis-à-vis ? « Par hasard, comme c’est toi qui a lu les informations à ce sujet, tu crois qu’il y a un endroit plus tranquille qu’ici dans ce club ? »


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Lun 19 Fév 2018, 01:26
___La répartie de Savannah fit rire Océan. C’était peut-être aussi là, une partie de la clé de leur relation. Elle était assez aiguisée, assez farouche pour ne pas le laisser seul dans ses propres facéties. Que ce soit taquin ou provocant, elle était toujours là, prête à retourner à l’envoyeur, sans se laisser faire. Le regard cendre d’Océan étincela.
    « On pourra aller vérifier ça si tu veux. »

___Le ton de sa voix trahissait un sous-entendu qu’il ne cherchait pas à cacher. Il pourrait pourtant, il pourrait très facilement. Depuis des années, il jouait dans des pièces de théâtres, ne cessant de s’améliorer. Jouer un rôle ou mentir n’avait absolument rien de difficile pour lui. Il aurait pu prétendre n’être réellement là que pour de bonnes intentions humanitaires, ou par simple envie de se divertir sans la moindre arrière-pensée. Il aurait pu, même avec Savannah. Il aurait bien fini par l’embobiner. Seulement, il n’en avait nulle envie. Ce n’était pas ainsi qu’il avait envie de mener les choses. Alors il ne cherchait pas à contrarier ses envies. Il tenait à ses provocations audacieuses, presque risquées. Et si cela l’amenait à finir la nuit loin de la rouquine, il l’assumerait. Il n’aurait qu’à tenter une autre fois.
___L’espace d’un instant, il se demanda où elle vivait actuellement ; puis la question s’effaça, trop futile pour lui, pas assez intéressante en ce moment pour qu’il s’y accroche. En revanche, à l’excuse qu’elle lui offrit concernant son comportement, il haussa un sourcil perplexe.
    « J’ai la désagréable sensation que tu insinues que les hommes n’ont pas de manières, sache que tu me vexe. »

___Faussement vexée, il la dévisageait avec déception. Pourtant, ce n’était pas comme s’il s’accrochait à un genre précis. Il était bien le premier à changer de comportement et d’identité de genre comme cela lui chantait, après tout, et qui n’avait que faire de ce qui pouvait être attendu de lui en tant qu’étudiant de vingt-trois ans. Amusé, il la suivit et l’observa se servir, sans geste précis. Il fallait avouer qu’on reconnaissait bien là le niveau de luxe de l’hôtel, couplé à l’évènement exceptionnel. Océan lui-même voyait des aliments qu’il n’avait que très rarement mangés dans sa vie, lors de riches dînés avec des personnes qui l’étaient tout autant.
___Le jeune homme se mordit les lèvres pour ne pas éclater de rire en constatant la surprise que créa sa question, que Savannah semblait incertaine d’avoir bien entendu. D’un regard, il confirma que son ouïe ne lui avait pas joué défaut. La réponse qu’elle lui donna le fit rire à nouveau, de ce même grain de voix moqueur et amusé à la fois. De cet éclat qui laissait le doute planer sur son sérieux.
    « Neuf à onze ? Je peux donc espérer quand même une chance sur dix de survie, c’est relativement intéressant. »

___Les neuf cents restaient trop menaçants pour qu’il ne les prennent pas au pied de la lettre. Rester en vie faisait partie d’une de ses priorités après tout. Profiter de la vie, s’il se fait assassiner par une furie à la chevelure de feu, serait plutôt compliqué.
___Il l’observa franchir le gouffre qui les séparait et passer ses mains contre lui après avoir déposé l’assiette qu’elle remplissait pourtant quelques secondes avant. Le refus de se jeter à l’eau était donc plus fort que l’envie de manger ? Donnée intéressante. Cette fois, il ne fit pas le moindre geste, la laissa jouer son numéro. Cela le divertissait bien trop pour qu’il n’en profite pas. Cette voix et cet air suppliants étaient bien trop parfaits. Il plongea dans ces yeux aux iris verdoyants, amusé.
    « Quel dommage ce serait effectivement que tu n’aies aucune affaire pour te changer… Il faudrait seulement attendre que ça sèche. »

___Malgré le sourire immoral qu’il afficha, il savait que cette option, il ne la prendrait que sur un réel coup de tête. Déjà car forcer les choses n’était pas quelque chose qu’il aimait faire, et le karma encore moins. Et puis, il fallait avouer que ce serait un grand gâchis. Lorsqu’elle s’écarta, alors qu’elle était occupée à gouter un raison, le regard d’Océan longea à nouveau la robe et les courbes qu’elle recouvrait.
    « Mais je conviens que ce serait vraiment dommage de t’ôter trop vite une robe qui te va si bien. »

___A ces mots, ses yeux revinrent sur le visage de Savannah. Il voulait voir exactement quelle serait sa réaction. Il fallait qu’il sache le mieux possible, s’il voulait pouvoir espérer l’emporter.
___Il se plaça ensuite à nouveau à côté d’elle, bien assez proche pour que leurs épaules se frôlent, faisant mine de ne pas le remarquer, se penchant pour saisir à son tour un grain de raisin. Lorsqu’il se redressa, pourtant, son expression parlait pour ses actions.
___La question qu’elle lui posa était pertinente, mais alors qu’il s’apprêtait à lui répondre, il sentit une légère tape dans le dos.
    « Yo ! »

___Surpris, il se retourna pour faire face à Ambre et Luna, main dans la main. Tu ne masquas pas ta surprise.
    « Je croyais que vous ne vouliez pas avoir affaire à moi une fois débarquées ?
    -Sympa l’accueil, grogna-t-elle, le nez plissé. On se demandait qui était cette jolie jeune femme. Luna ne me croyait pas quand je lui disais que tu avais invité quelqu’un pour ce soir. »

___Océan leva les yeux au ciel, mais fit un signe vers la principale concernée.
    « C’est Savannah. D’ailleurs, est-ce que l’une d’entre vous a des affaires de rechange qu’elle pourrait lui prêter ? Si par un malheureux coup du sort, sa robe prenait l’eau. Ce n’est qu’hypothétique, évidemment. »

___La brune et la blonde se jetèrent un regard entendu, avant de pousser un soupir. Tandis que Luna te confirmait qu’elle en avait, Ambre s’approcha de Savannah et lui adressa un signe de tête exagéré pour lui offrir tout son soutien et toute sa compassion.
    « Moi c’est Ambre, et elle c’est Luna, et on est celles qui supportent chaque semaine. N’hésite pas à partir à toute jambe s’il est trop lourd, ça vaut souvent mieux. Et si vous avez besoin de nous… Elle jeta un regard à son ami Hypothétiquement… Nous sommes dans la chambre 707. Mais ce n’est qu’en cas d’extrême urgence, ok ? »

___Le sourire éclatant d’Océan fut la seule réponse qu’elle obtint. Après un soupir, elle regarda à nouveau vers la jeune femme.
    « Ravie de t’avoir rencontrée, Savannah. Et… Bon courage pour la soirée. »

___Puis, accompagnée de sa petite amie, elle disparue aussi vite qu’elle était arrivée. Océan passa une main dans ses cheveux de jais. Amusé, il regarda vers sa valentine du soir.
    « Tu vois, ce n’est plus un problème ! »

___Et lui, il avait maintenant une idée derrière la tête, bien qu’il ne sache pas si l’opportunité se présentera. En tout cas, si c’était le cas, il la saisirait. Cependant, pour le moment, il préférait pouvoir la contempler un peu plus longtemps dans cette robe.
    « Ceci étant fait... Prépare ton festin et suis-moi, on va bien trouver un coin tranquille. »

___Pour avoir déjà passé une ou deux nuits dans ce club très privé, Océan avait quelques idées en tête, mais n’était pas certains de pouvoir les appliquer. Après tout, il y avait tellement de choses ici ce soir. Alors autant rester sur quelque chose de sûr. Tandis que le soleil se nappait de sombres couleurs crépusculaires, le jeune homme se dirigea vers la plage avec Savannah une fois leurs assiettes remplies. Là, certaines tables étaient déjà bien occupées, mais il parvint à en trouver une, suffisamment à l’écart pour ne pas être importuné par la présence des autres, ni par leur bruit. Un instant, son regard s’égara vers les ombres formées par les tables alignées pour le speed dating, à l’opposé. Il se demanda un instant quel genre de personnes pouvaient y être en ce moment même ; puis il reporta son attention sur Savannah. Ses yeux descendirent à nouveau, le long de sa mâchoire, de ses cheveux, de la naissance de sa poitrine, jusqu’à ce que la table entre eux lui coupe la vue. Les coins de ses lèvres s’ourlèrent, et soudain, ses jambes étaient contre celles de Savannah, bien que si son jean fasse barrage entre leur peau. Il observa son vis-à-vis avec une lueur de défi brillant dans son regard.


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Mar 20 Fév 2018, 05:39
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Tu n’étais pas certaine qu’Océan ait la moindre chance de survivre s’il venait à te jeter à l’eau, mais tu n’osas pas mettre l’accent sur cette réalité. Après tout, tu pourrais peut-être te montrer conciliante s’il y avait des circonstances atténuantes autour de son crime… Et puis, l’espoir permettait aux gens de croire à la possession d’un certain contrôle, même s’il était factice. Ce n’était pas le meilleur moyen de t’éviter des problèmes, mais tu paraissais beaucoup moins rabat-joie en lui sous-entendant une chance de réussite qu’en rejetant systématiquement en bloc son idée. Du moins, c’était ainsi que tu voyais les choses. Il y avait entre toi et Océan un jeu que le moindre commentaire trouble-fête pouvait rendre mortellement ennuyant… Et ce n’était pas plus ton désir que ce n’était le sien. Si on mettait momentanément la nourriture de côté, vous étiez également ici pour tirer du bon temps non ? Si ça n’avait été qu’une histoire de gratuité, tu ne serais jamais entrée dans cette danse provocatrice dont il avait été l’initiateur. Tu aurais avancé machinalement vers le buffet puis tu serais repartie une fois repue. Et Arceus savait que ton indifférence pour le genre humain te donnait le pouvoir de le faire.

Or, si tu continuais de renvoyer la balle avec toute la répartie que tu possédais, c’était qu’il y avait une raison. Et cette raison, quelle qu’elle soit, méritait que tu pèses tes mots.

Sa réponse à ta tentative ridicule pour attiser sa sympathie t’arracha une moue absurde lorsque tu te détachas de lui. « Quel homme cruel. Forcer une demoiselle à s’exposer dans une telle tenue. Comme c’est embarrassant ! » Soupiras-tu, faussement outrée par ses propos. Ignorant les règles de bienséance et les couples prétendant être plus importants qu’ils ne l’étaient vraiment, tu t’accotas contre la table sur laquelle tu avais déposé ton assiette. Heureuse de pouvoir prolonger votre tête-à-tête avant qu’un autre imprévu ne s’interpose entre elle et toi, tu entrepris d’examiner silencieusement son contenu afin de découvrir quelles mutations génétiques avaient été faites sur cette carotte ou cet œuf pour qu’ils aient cette tête.

Ce fut la voix claire et limpide d’Océan qui vint toutefois interrompre ton étude.

Troublée, tu gardas tes yeux rivés sur ton assiette le temps d’une demi-seconde pendant laquelle tes gestes s’interrompirent brusquement. Si vous aviez aisément jonglé entre les sous-entendus et les provocations depuis le début de la soirée, cette fois, en revanche, le message était on ne peut plus clair. À cet instant, seul l’orgueil t’empêcha de donner plus d’importance à qu’il n’en méritait au nœud dans ton estomac. Tu n’avais plus qu’à assumer non ? Depuis le début, tu avais souhaité attiser la convoitise chez Océan. Incapable d’écouter ta propre raison, tu avais alimenté de tes mains le feu qui crépitait d’abord doucement entre vous. Désormais, de quel droit t’étonnais-tu de la taille du brasier ?

Redressant légèrement la tête pour confronter ton regard au sien, tu esquissas un sourire amusé sans rien perdre de sa progression jusqu’à toi. Son épaule frôlant la tienne, tu expiras doucement avant d’acquiescer avec assurance. « Je suis d’accord. Et puis, quel gâchis ce serait de devoir se retirer aussi rapidement alors que la soirée ne fait que débuter... » Incapable de repousser Océan, tu tentas toutefois de remettre à plus tard la suite des événements. Si ce n’était pas la première fois que tu te rapprochais de quelqu’un, le calvaire était toutefois le même à chaque nouvelle nuit. Par crainte de dégoûter les autres autant que tu te dégoûtais toi-même, tu tentais de t’effacer et de faire passer ton propre plaisir au second plan. Depuis, tu ne comptais plus le nombre de fois où l’on t’avait qualifiée de sainte-nitouche ou encore d’hypocrite lorsque tu avais cherché à te défiler. Les gens comme toi étiez définitivement destinés à une vie solitaire à l’écart des hétéronormatifs… Vous n’existiez qu’en marge de la société.

Dans l’ombre, tels les monstres que vous étiez.

Prenant une grande inspiration, tu t’apprêtais à redire quelque chose pour relancer la conversation lorsqu’une voix féminine vint t’interrompre avant même que tu n’ais commencé. Intriguée et légèrement méfiante malgré tout, tu te détendis toutefois rapidement lorsque ton regard croisa celui du couple non loin de vous. Curieuse, tu écoutas d’une oreille discrète leur conversation sans prendre l’initiative de t’avancer pour te présenter toi-même. « Jolie » fût le seul mot que tu retins sur un temps. Cette soirée te semblait de moins en moins ordinaire. Tu avais toujours été une combattante, une amazone comme Beaudoin s’était amusé à te qualifier… Toute la délicatesse derrière un tel compliment ne te concernait aucunement. La seule chose face à laquelle tu acquiesças, c’est lorsque la brune souligna l’improbable invitation d’Océan. Même en ayant le SMS sous les yeux, toi aussi, tu avais eu du mal à y croire.

Soupirant, tu tentas d’oublier la question qui suivit l’arrivée des jeunes femmes. Manifestement, Océan ne comptait pas abandonner la possibilité hypothétique qu’il puisse te jeter à l’eau… Embêtée, tu plissas légèrement le nez devant son entêtement. Avait-il au moins conscience que tu ne comptais pas te laisser faire si facilement ? Roulant légèrement des yeux, tu te ravisas toutefois de protester lorsque la brunette s’avança vers toi en te saluant d’un signe de la tête. Son commentaire, loin d’être exagéré, t’arrachas même un sourire franc. « Je prends note, merci. » Inutile de pousser le dialogue plus loin. De toute évidence, le couple avait d’autres plans qui ne vous incluait pas et il ne souhaitait pas s’attarder inutilement. Si bien que quelques secondes plus tard, toi et le jeune Caldin étiez de nouveau en tête-à-tête.

« Ce n’est absolument pas une raison pour le faire. » Sifflas-tu avec un amusement difficile à dissimuler. En toute honnêteté, tu aurais aimé que Luna confirme ne rien avoir apporté de plus, mais ta bonne étoile venait visiblement de s’éteindre. Tu allais devoir rester sur tes gardes… Mais serait-ce suffisant ? Finissant de remplir ton assiette, tu le talonnas toutefois jusqu’à la plage sans faire de drame. L’idée d’être séparée des touristes, souvent bien plus bruyants que les aloliens, suffisait à évincer toutes tes appréhensions au sujet d’Océan... Ce qui était une sorte d’exploit en soit puisque ton vis-à-vis semblait avoir des idées fixes derrière la tête et qu’il était impossible de les sonder.

Heureusement, le sable au cœur de cette activité s’étendait sur plusieurs mètres. Ainsi, même si les tables étaient déjà bien occupées pour la plupart et que de nombreuses personnes profitaient déjà d’un tête-à-tête, trouver une place suffisamment à l’écart des autres couples pour ne pas être envahi par le son de leur voix ne fut pas une tâche très compliquée. Non loin, les tables installées pour le speed-dating semblaient être de loin les plus intrigantes, mais ton regard ne s’y arrêta qu’une demi-seconde avant que l’assiette posée sous tes yeux ne requière plus d’attention. Pendant un court moment, elle parvint même à te faire oublier Océan et son regard baladeur. Tu regrettais de plus en plus le port de cette robe. Non pas qu’être regardée comme une femme te déplaisait, bien au contraire, mais tu avais le sentiment profond de ne pas mériter cet intérêt.

Tu te sentais usurpateur, trompeur. Comme si, finalement, tu n’avais que maquillé d’une apparence féminine l’homme que tu étais vraiment. Ce sentiment, même si tu le connaissais au quotidien, était beaucoup moins fort lorsque tu portais des vêtements amples.

Sentant ses jambes contre les tiennes, tu abandonnas à nouveau ton assiette pour croiser la lueur de défi brillant dans son regard. Décidément, il ne cesserait jamais te surprendre. Nullement intimidée, tu sentis un sourire ravageur s’étirer sur tes lèvres au moment de retirer discrètement ton escarpin. Sans la moindre hésitation, tu frôlas sa jambe de ton pied, faisant légèrement remonter l’ourlet de son pantalon pour sentir le contact de sa peau contre la tienne. Ce comportement, tu en avais la certitude, ne pouvait exister qu’auprès d’Océan. Jamais tu ne te le permettrais auprès de quelqu’un d’autre, qui qu’il soit… Après tout, il était le seul à te faire sentir suffisamment femme pour que tu acceptes de briser un peu les barrières t’entourant. Ses provocations, sa manière de te troubler, de venir chercher des réactions : tout était suffisamment calculé pour te forcer à réagir, ne pouvant accepter de te laisser écraser par son assurance inégalable. « Je vous trouve bien entreprenant monsieur Caldin. » soufflas-tu d’une voix à la fois amusée et solide. Ramenant ton pied vers, toi tu te relevas alors pour te pencher au-dessus de la table afin de rapprocher ta bouche de son oreille afin de pouvoir y murmure. « Faites attention, ça pourrait être dangereux. » Frôlant sa joue de tes lèvres au passage, tu te laissas enfin retomber sur ta chaise.


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Sam 24 Fév 2018, 09:30
___Océan rit face à la fausse révolte de la jeune femme. C’était parfait. Sans doute se serait-il lassé, si elle s’était contentée d’encaisser ses remarques, ou si elle ne faisait que balayer ce qu’il disait. Mais Savannah ne balayait pas les sujets, et c’était exactement ce qu’espérait son partenaire du soir.
    « Loin de moi l’envie d’être cruel voyons. Je pensais simplement que tu étais assez aventurière pour ne pas t’inquiéter de simples vêtements, noyés ou non. »

___En revanche, comme il le pensait, elle eut plus de réaction lorsque ses propres mots se firent plus rentre-dedans. Elle se figea, juste assez longtemps pour que ce soit perceptible. Océan afficha un sourire en coin. Touchée. Si le temps qu’elle lui réponde il avait eu le temps de s’approcher d’elle et de la table à côté, elle sut se reprendre avec une voix assurée. Si elle n’avait été qu’une inconnue, et s’il avait été moins attentif, Océan aurait pu croire que sa première réaction n’aurait été qu’un mirage. Elle s’était reprise si vite, avec toute la conviction du monde. Seul son intime certitude d’avoir vu ce qu’il avait vu et la connaissance qu’il avait sur certains choses concernant la jeune femme l’empêchait d’y croire. Il avait touché juste, mais elle s’était redressée aussi tôt. Le sourire de l’étudiant s’étira. Aussi clair qu’il fût dans ses propos, elle ne le laissait pas garder la main. Ce qui aurait pu se terminer bien vite et bien simplement sur un ennui mortel créait un ravissement fébrile en Océan.
___Seulement, peu lui importait combien elle repoussait, esquivait et s’en sortait par des pirouettes dans leur jeu en usant des brèches qu’il disposait lui-même ; l’étau finirait par se resserrer. Inexorablement. Et il était persuadé qu’ils en avaient tous les deux conscience.
___Tout en s’écartant, leurs épaules nues toujours l’une contre l’autre, il chuchota :
    « Oui, autant faire durer le plaisir… »

___Il eut sans doute de la chambre de s’être écarté lorsqu’Ambre et Luna arrivèrent, car sinon, les deux filles n’auraient pas hésité à venir mettre leur grain de sel dans la conversation. Non pas qu’il n’aurait pas su s’en débarrasser s’il en avait eu envie, mais ne pas se retrouver confronter à une telle situation ne le dérangeait pas vraiment. Au contraire, elles partirent d’elle-même, sans s’attarder ; sans doute avaient-elles à faire de leur côté. Un soubresaut de rire agita les épaules d’Océan à cette pensée. Oh oui, sûrement. Ambre lui en avait assez parlé pour qu’il ait une vague idée de ce qui attendait les deux amoureuses. Une bonne Saint Valentin dans les règles de l’art. Du moins, pour ce que la brune lui en avait dit. Ce n’était pas comme si Océan en avait déjà connu, des Saint Valentin normales de couples.
___La remarque de Savannah tira un regard moqueur au jeune homme.
    « Non, c’était simplement pour rassurer mademoiselle je-n’ai-que-cette-robe-alors-épargne-moi. »

___Ses yeux étincelèrent.
    « Je n’ai pas besoin de raison pour le faire. »

___Il n’en avait jamais eu besoin. Il ne se conformait pas aux avis ni aux attentes des autres, ne pliait qu’à ses propres volontés. Pourquoi s’encombrer de raisons quand il en a simplement envie ? Ce n’était qu’un embarras futile. C’était tout ce qu’il voyait, tandis qu’il avançait sur la plage avec Savannah, dans tous ces couples et dans tous ces célibataires autour d’eux qui faisaient des pieds et des mains pour plaire à l’autre, pour ne pas faire de pas de côté. A quoi bon retenir ce que l’on est ? A quoi bon refuser de s’écouter ? Là aussi, Savannah l’intéressait. Elle était de ceux qui jugés par la société pour leurs choix, alors qu’ils ne voulaient rien de plus qu’être eux-mêmes. Sans doute était-ce le jour où il avait su ça qu’elle avait retenu son attention. Si lui ne cherchait pas à se dresser face au monde, il ne l’acceptait pas pour autant ; s’il ne criait pas son désaccord, il le vivait à chaque instant. Qu’il soit dans son bon droit ou non, Océan n’agissait comme il le souhaitait, sans chercher à savoir si cela est discutable ou non du point de vue des autres. Et ceux indignés de son comportement n’était à ses yeux que des humains jaloux de sa liberté et de son indépendance.
___Une fois assis à la table sur la plage, son regard plein de défi croisa celui de Savannah lorsqu’elle sentit ces jambes insistantes contre les siennes. Comme il l’espérait, elle y réagit par sa propre provocation. Lorsque le pied de la jeune femme se glissa légèrement sous son jean, un frisson imperceptible parcourut Océan, lui qui semblait pourtant fait de glace et non de feu. Ces étincelles entre eux ne semblaient pas prêtes à s’éteindre. Il affronta sa remarque d’une expression moqueuse et assurée. Lui, entreprenant ? S’il ne l’était pas, sa vie manquerait tant de saveur. Mais avant qu’il n’ait le temps de répondre, déjà Savannah s’était levée et penchée vers lui pour souffler quelques mots, avant de se rasseoir sur sa chaise. Le frôlement sur la joue du jeune homme dispersa un peu plus les braises d’un feu qu’elle ne devrait pas allumer si elle n’était pas prête à l’assumer. Il la fixa quelques instants, intensément, tellement que son regard de cendre semblait pouvoir brûler. Puis il se leva, à son tour. En revanche, contrairement à Savannah, il ne s’encombra pas d’une table entre eux. La contournant en deux pas, il posa ses mains sur les accoudoirs de la chaise sur laquelle la jeune femme était assise, se penchant vers elle, le prenant au piège. L’un des genoux d’Océan vint se poser juste à côté de ses jambes à peine couvertes par le fin tissu de sa robe, et il finissait de l’emprisonner, si proche d’elle que leur souffle se percutaient.
    « Il se trouve, mademoiselle Lucchese, que j’aime le danger. Il embrase ma vie. »

___Il se pencha encore un peu plus, assez pour frôler les lèvres de la jeune femme. Cette difficulté avec elle-même, qu’elle tentait de cacher derrière les réponses à ses provocations, était le seul vecteur de danger, et ne le concernait pas réellement.
    « N’est-ce pas vous qui jouez un jeu dangereux ? »

___Il sourit d’un air moqueur, écartant à peine leur visage pour la regarder dans les yeux. Il se demandait si elle finirait par fuir. Si son côté farouche et sauvage, inébranlable, finirait par céder face à ses peurs et ses luttes internes. Dans le fond, lui aussi jouait dangereusement avec le feu. Mais le plaisir qu’il en tirait valait tous les risques.


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Mer 28 Fév 2018, 14:32
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Tu n’étais pas rassurée. Inutile de le nier ou de cacher l’évidence absolue : l’idée que l’on puisse te prêter des vêtements en cas d’accident volontaire n’était pas un soulagement en soi. Si tu avais eu un infime espoir pour que ton manque de ressources en cas de pépin suffise à chatouiller la bonne conscience d’Océan, celui-ci venait de s’envoler en fumée. Tu savais que le jeune homme n’hésiterait pas si l’occasion venait à s’offrir. Alors quelles solutions s’offraient encore à toi ? Tu pouvais toujours le menacer ou lui mettre la corde a cou, sa mort ne sècherait pas tes vêtements si quelque chose venait à se produire. La seule conclusion que tu tirais, c’était qu’il valait mieux te tenir à l’écart de tout ce qui ressemblait à de l’eau. Si tu réussissais à faire ça, alors les risques étaient systématiquement réduits à néants. Sauf si Océan te versait un verre d’eau sur la tête, mais cette impolitesse ne semblait pas lui correspondre… Il accumulait peut-être les défauts, c’était sans doute votre point commun le plus important, mais le manque de classe ne semblait pas en faire partie. Tu ne t’inquiétais pas plus que nécessaire à ce sujet.

« Voilà qui est rassurant. » Soupiras-tu avec amusement devant son manque de compassion pour toi. Tu devais peut-être te faire à l’idée que ce combat-ci, tu ne le rempoterais sans doute pas. C’était une pilule difficile à digérer, mais tu n’étais pas en mesure de faire opposition au manque de moralité d’Océan. Ta seule arme n’était pas physique et ce n’était pas elle qui allait retenir la main de ton valentin si vous veniez à passer près d’une piscine.

Surtout s’il poussait le vice jusqu’à t’amener manger au bord de la plage.

Décidant malgré tout de ne pas accorder trop d’importance à la menace voilée qui planait au-dessus de toi, tu tournas rapidement la page sur votre dernière conversation. Indifférents aux couples et célibataires tout autour de vous, le jeune homme et toi sembliez plutôt décidés à alimenter le feu qui brûlait entre vous. Tu savais que le contact de ton pied contre sa jambe ne le laisserait pas indifférent. Le modus operandi d’Océan n’était plus un mystère pour toi et tu étais curieuse de voir jusqu’où il était possible de pousser le jeu. Tu savais aussi que tu aurais tôt fait de le regretter lorsque tu ne serais plus en mesure de lui donner ce qu’il recherchait, mais l’instinct était cette fois plus fort que la raison. Les risques pour que tu te fasses traiter d’allumeuse étaient grands, mais te coucher devant lui n’était pas une solution envisageable. Tu ne voulais pas lui donner ni cette satisfaction, ni cette possibilité de se détourner de toi.

Pas ce soir.

Certes, tu n’accordais aucune valeur sentimentale à la St-Valentin, étant plutôt ceux assurant que ce n’était qu’une fête commerciale, mais perdre ta seule chance d’en faire quelque chose de bien te rendrait sans doute amère. Même si la finalité risquait d’être beaucoup moins drôle et amusante… Au fond, c’était peut-être l’ambiance qui te montait un peu trop à la tête. Tu avais déjà entendu entre deux bribes de conversation que certains aliments comme le cacao, les huitres, le safran ou la vanille étaient aphrodisiaques. Peut-être avaient-ils trop forcé ? Tu aurais pu en avoir le cœur net en jetant un coup d’œil à ton assiette, mais le regard embrasé d’Océan t’en empêcha définitivement. Arborant toujours un rictus provocateur, tu soutins le contact de ses yeux sur toi sans sourciller, assumant parfaitement les conséquences que tes gestes. Après tout, c’était lui qui t’avait cherché. Il n’allait quand même se plaindre de t’avoir trouvé ?

Pendant un court instant, tu crûs que les choses en resteraient-là et que chacun attaquerait sa part du buffet, mais le mouvement de ton vis-à-vis pour se lever te confirma rapidement le contraire. À la fois surprise et curieuse, tu le suivis du regard sans esquisser le moindre mouvement pour fuir. C’était beaucoup plus drôle de le laisser aller au bout de son idée, quelle qu’elle soit.

Redressant légèrement le dos lorsqu’il déposa ses mains sur les accoudoirs de ta chaise pour t’emprisonner sur celle-ci, tu relevas également la tête pour garder tes yeux ancrés aux siens. Tu ne pouvais pas lui donner la satisfaction de baisser le regard devant lui, trahissant ainsi l’inconfort inexistant de votre proximité. À ce stade-ci de votre joute mentale, tu te sentais encore capable de t’élever à son niveau… Pour le moment. « Faites attention de ne pas vous brûler les ailes… » murmuras-tu simplement avant qu’il ne se penche un peu plus, venant frôler à nouveau tes lèvres. Sentant un frisson parcourir l’une à l’une chaque vertèbre de ta colonne vertébrale, tu respiras un peu plus profondément pour calmer les battements de ton cœur. Évidemment qu’Océan ne te laissait pas indifférente. C’était clair depuis le premier jour. Tu pouvais jouer les fières et sortir le grand jeu, mais l’instinct était difficile à contenir. Après tout, tous les hommes étaient des loups… Toi y compris.

Étrangère à la proximité entre vous, tu tentas de ne pas te laisser embarrasser par la distance réduite entre vos visages. Tu n’avais pas l’habitude d’être physiquement près des gens… Mentalement non plus d’ailleurs. C’était quelque chose de nouveau qui pouvait vite devenir déroutant si tu n’étais pas prudente. À ce petit jeu-là, Océan était beaucoup plus expérimenté que toi. Même Lysandre n’avait jamais été un grand tactile, préférant se tenir éloigné des gens autant sur le plan physique que psychologique. Une ex t’avait déjà larguée pour cette raison d’ailleurs. Si elle te voyait agir de la sorte aujourd’hui, elle serait sans doute choquée… Après tout, combien de temps avait-elle espéré pouvoir allumer le désir en toi ? Au final, ton indifférence l’avait fait fuir et elle t’avait largué. Depuis, tu n’avais pas retenté l’expérience d’une vie de couple. Malgré tout, quelque chose d’humain semblait subsister aux creux de ton ventre, au plus profond de tes entrailles.

« Peut-être bien. » confirmas-tu, laissant tes lèvres s’ourler d’un nouveau sourire taquin. Ignorant les regards choqués qui pouvaient s’attarder sur vous, tu laissas tes yeux dévorer ton vis-à-vis. Tu savais que répondre à cette invitation était une bonne idée et que tu ne le regretterais pas… Mais jamais tu n’avais imaginé avoir à ce point raison. Amusée, ta main vint se poser sur son genou avant de remonter légèrement le long de sa cuisse. « Mais vous n’êtes pas seul à aimer le danger vous savez… Bien au contraire. » Ceci dit, tu retiras ta main de sa jambe pour la déposer sur la sienne et la forcer à se retirer de l’accoudoir sur laquelle elle prenait appui. « Maintenant, j’aimerais bien savourer mon entrée avant d’attaquer le plat principal si vous le permettez. » Demandas-tu en le repoussant légèrement pour creuser un peu plus la distance entre vous. Tu ignorais si ton clin d’œil au commentaire que tu avais passé avant que vous n’entriez dans le club serait saisi, mais ça t’importait finalement assez peu. L’image à elle seule était assez satisfaisant et amusante pour justifier le sens de tes paroles.

Au fond, Océan avait parfaitement raison : tu jouais à un jeu dangereux. Un jeu qui te dépassait et qui pouvait te causer plus d’ennuis que de satisfaction.


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Mer 28 Fév 2018, 23:13
___Un sourire narquois s’afficha sur le visage d’Océan lorsqu’il sentir le souffle plus appuyé de Savannah après son énième provocation. Leurs lèvres étaient bien trop proches pour qu’il ne sente pas le moindre changement dans son attitude. Il ne se lasserait jamais de ces choses de la vie. De ces respirations qui s’emballent, de celles qui se retiennent, des autres qui tentent de garder leur régularité mais que leur exagération trahissait. Des réactions qui le satisfaisaient et le confortaient tant dans son envie de défier les nerfs des autres, toujours plus. Leurs nerfs, et pas que. Ce qu’Océan aimait plus que tout provoquer, c’était le désir.
___Il laissa l’une de ses mains rejoindre l’épaule de Savannah, y savourer le grain de sa peau, avant de revenir presque aussitôt sur l’accoudoir. Chaque chose en son temps. Si brûler les étapes n’avait jamais été un grand embarras dans sa vie, il aimait aussi goûter l’attente et la patience, la frustration et l’expectative. Sans compter que ses gestes n’étaient pas aussi irréfléchis qu’ils n’y paraissaient. Il aurait pu, à l’instant où il l’avait emprisonnée sur sa propre chaise, laisser ses doigts partir explorer le corps face à lui, même si ce n’était que pour y taquiner toutes cette peau dénudée qui n’avait cessée d’attirer son regard depuis qu’il l’y avait posé la première fois. Il aurait pu se laisser tenter, mais s’il l’avait fait, sans doute aurait-elle trouvé moyen de se défiler, ou se serait-elle crispée, ou quoi que ce soit d’autres. En tout cas, cela n’aurait été aucune des réactions qu’Océan aurait souhaité. Il n’était pas là pour forcer les barrières de la jeune femme, mais pour jouer avec, pour y exploiter la moindre brèche et, au final, les faire voler en éclat. La pousser à se réfugier derrière ces barrières n’auraient rien eu d’avisé dans ce but.
___Elle mentionna le danger de se brûler les ailes, ce qui amusa le jeune homme. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait plus d’ailes à brûler. S’il avait un jour été un ange, cette époque n’existait plus, et rien n’en subsistait. Il avait vendu son âme au diable, et son corps avec.
___Il baissa les yeux vers ces lèvres avant de s’en rapprocher, tant et si bien qu’il sentit leur effleurement, presque fantôme, à chaque mot.
    « Au moins j’aurais quelqu’un à emmener avec moi dans ma chute… »

___Il ne lui avait pas répondu plus fort qu’elle-même avait parlé, de sombres murmures, promesses de ténèbres décadentes.
___Elle soutint son regard, accueillit la confrontation qu’il lui imposait. Elle l’observa, sans la moindre innocence, et il ne se priva pas d’en faire de même. Aussi souvent que cela lui arrivait, il ne se lassait pas de cette vue. Il passa de ces yeux émeraude à la forme de sa mâchoire, s’égara dans sa longue chevelure de feu. Océan n’en avait que faire, que les détails puissent trahir un ancien genre, une identité qui n’avait pas été la bonne. Si tout ce dont il avait besoin pour être satisfait, c’était de l’apparence, alors il aurait pu se servir au Val, ou même à l’université. C’était loin d’être un problème, surtout pour lui. Sans timidité ni tabou pour l’empêcher de tenter ce dont il avait envie, il savait très bien s’en sortir. Mais Savannah n’avait pas besoin de la plastique que certaines des clientes d’Océan avait. Pour lui qui savait apprécier aussi bien les traits masculins que féminins, les corps d’un genre ou de l’autre, la jeune femme n’avait rien à envier à ceux ayant eu la chance de naître dans le bon corps. S’il pouvait deviner les parts de son physique qui trahissait encore sa transition, il n’y voyait aucun défaut. Bien au contraire, cela le changeait de pouvoir apprécier un visage plus affirmé et carré, des yeux sachant ressembler à autre chose qu’à ceux d’une biche effarouchée ou d’une mangeuse d’homme. Certes, toutes les femmes n’étaient pas ainsi ; mais il y en avait bien assez parmi celles qu’il rencontrait pour apprécier ces différences, au lieu d’en être désenchanté.
___La main qu’il sentit remonter le long de sa cuisse fit étinceler les yeux d’Océan. Il sentit un frisson d’impatience le parcourir, mais il se contenta de fixer la jeune femme d’un regard indécent, et de se mordre la lèvre ouvertement. Seulement, elle le repoussa ; il se laissa faire. Il était bien assez gentleman pour la laisser se rassasier en paix. Au moins un moment.
___Le jeune homme se redressa, non sans un haussement de sourcil.
    « Pour quelqu’un qui aime le danger, vous le repoussez bien rapidement. »

___Cependant, malgré sa remarque, il se rassit sagement.
    « Mais oui, bien sûr, prenez donc votre… entrée. Il faut prendre des forces pour le plat principal après tout. »

___Cette fois, à part le ton grave et aguichant de sa voix, nulle bras, nul pied baladeur ne vint se perdre contre Savannah. Les jambes ramenées vers lui et la paume de sa main soutenant sa tête, Océan l’observa, tout simplement, un moment, avant de se servir lui-même dans l’assiette qu’il avait amené là. Seulement, sans réelle faim, il ne tarda pas à laisser ses victuailles tranquille, pour regarde à nouveau la jeune femme ; ensuite, il jeta un coup d’œil aux alentours. Peu à peu, une partie des couples quittaient leurs tables pour se diriger vers l’hôtel tandis que les autres profitaient des derniers rayons du soleil pour admirant le couchant. Bientôt, il ne resterait plus que les torches pour les éclairer.
___Il ne bougeait pas, ne tentait rien. Non pas qu’il fût fatigué de son propre petit jeu, mais il voulait goûter au calme, loin du brasier, bercé par les vagues de l’océan. Voir ce le différent contraste jouer sur les actions et les réactions de Savannah. Voir ce qu’elle-même ferait, sans qu’il n’ait à la pousser. Non pas que cela risquât de durer longtemps ; mais il en avait envie à cet instant, alors il essayait.
___Finalement, il reprit la parole.
    « Alors ? Tu ne m’as pas donné de vraie réponse encore. Tu comptes délaisser le confort d’une chambre étoilée pour retourner sous ton pont cette nuit ? Ne compte pas sur moi pour te raccompagner, si jamais. Ce serait bien dommage de délaisser le gigantesque et confortable lit qui attend dans la chambre que j'ai payée. »

___Le ton soudain flegmatique du jeune homme trancha avec la provocation et les sous-entendus dispensés d’une voix bien plus sensuelle et insolent. Il parlait simplement sur le ton de la conversation, avec son flegme et son détachement habituel. En fait, même si le moment fatidique n’était pas encore venu, il avait envie de savoir. Elle ne signait rien, après tout, si elle acceptait. Si elle refusait net, jamais il ne la forcerait à quoi que ce soit et, dans le pire des cas, elle se réveillerait peut-être dans une chambre abandonnée par Océan parti voir s’il pouvait trouver quelqu’un d’un peu trop seul pour passer la nuit.
___Même si ce quelqu'un ne serait sûrement pas d'aussi plaisante compagnie que Savannah.


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Ven 02 Mar 2018, 16:00
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Tu ne comptais pas laisser Océan t’entraîner dans sa chute. À côté de lui, tu avais beaucoup trop à perdre. Tu n’étais certes ni un ange ni une sainte, mais tu étais beaucoup plus près du ciel que de la terre… Tu étais faite de mystères et de secrets, incapable d’assumer les conséquences d’un glissement de cette envergure. Vivre dans le mensonge ne te rendait pas heureuse, mais les conséquences que pouvait entraîner la vérité te semblaient bien pire que le poids de ta conscience. Après tout, qui écouterait la voix d’un monstre ou d’un être humain imparfait ? À l’extérieur des groupes LGBT que tu fréquentais sur une base régulière, tu n’étais rien de plus qu’un usurpateur. Tu ne voulais pas que la vérité ne s’ébruite… Après tout, qui serais-tu lorsque les minorités et les faibles que tu défendais te rejetteraient ? Loin de tes semblables, tu n’étais rien de plus que le pantin de la justice. Un pantin sans envie ni personnalité.

Tu ne pouvais pas tomber de ton piédestal. Plus qu’un simple caprice, c’était toute ta vie qui tenait au creux de la main de ton ascension vers le soleil.

Avoir foi en quelqu’un était un choix difficile. Tu t’exposais physiquement et moralement, abandonnant une part de toi à un être humain sur qui tu n’avais aucune emprise ni contrôle. Derrière les apparences de feu et d’indépendance que tu renvoyais se cachait en réalité un esprit à la fois fragile et anxieux. Tu étais terrifiée par l’idée d’être rejetée sur l’unique part de toi-même que tu repoussais en bloc. Ainsi, jamais encore tu n’avais considéré la possibilité d’accorder réellement ta confiance… Ça avait été un choix difficile, mais sécuritaire. Tu ne sentais pas prête à transcender. Répondre à tes désirs et prendre le temps de vivre était une idée beaucoup trop angoissante.

Le combat que menaient la raison et la passion t’était fatiguant. Comment l’histoire se clôturait-elle au final ? Tu voyais l’éclat dans les yeux d’Océan autant que tu sentais l’envie dans le creux de ton ventre. Si tu étais née femme, sans complexes et sans tabous, toute cette dualité en toi n’aurait jamais existé… Ce corps ne te causait au final que des problèmes. Tu le détestais de tout ton être comme jamais personne n’avait haï sur terre. Repousser le jeune homme sous le couvert d’un appétit grandissant n’était qu’un prétexte. Ce n’était pas la peur du danger qui te causait du tort, mais une peur brûlante de toi-même. D’aussi loin que tu te souviennes, tu avais toujours aimé transgresser les limites qui t’étaient imposées. Jamais tu n’avais reculé devant les conséquences de tes actions et jamais elles n’avaient dicté ta conduite… Tu étais une rebelle dans l’âme et ce besoin de provoquer la terre entière n’était qu’un exemple parmi tant d’autres pour l’illustrer. Le danger ne t’effrayait pas. C’était plus compliqué que ça… Si tu avais eu la certitude que tu n’avais rien à craindre, franchir tes propres murs aurait été un jeu d’enfant. Mais comment pouvais-tu caresser l’espoir de l’impossible ?

Décidant de ne pas rebondir sur la remarque de ton partenaire, tu te contentas d’un sourire poli avant qu’il ne reprenne sa place face à toi. Le reste de la conversation, heureusement, fut beaucoup plus satisfaisante. S’éloignant des propos que vous aviez tenu pendant cet instant de proximité, Océan rebondit plutôt sur ton clin d’œil précédent. Cette fois, ton rictus se fit plus sincère et intéressé. « J’espère qu’il sera à la hauteur de mes attentes, je serai terriblement déçue autrement. » Affirmas-tu en jetant un deuxième raisin dans ta bouche. Tu ne savais pas jusqu’où ce petit jeu vous mènerait ni quel en serait la finalité, mais tu n’avais aucune raison de reculer tout de suite. Peut-être qu’Océan te tiendrait rancœur une fois que tu serais amenée à le faire, mais en attendant… Gâcher l’ambiance par ridicule prudence et peur stupide serait sans doute ta plus grosse erreur. Sans parler d’amitié ou… d’autre chose de plus absurde encore, la présence brûlante du jeune homme ne t’était pas désagréable et tu ne souhaitais pas mettre un terme à votre rencontre. Pas tout de suite, pas dans des circonstances aussi navrantes.

Vous aviez encore beaucoup à tirer de ce 14 février après tout…

Attaquant distraitement le contenu final de ton passage au buffet, tu tentas de ne pas accorder trop d’importance au regard du jeune homme sur toi. Cette fois, il ne fit aucun geste dans ta direction, te laissant savourer cette assiette dont tu avais tant parlé. Mentalement, tu l’en remercias sans pour autant faire le formuler de vive-voix. Après tout, la raison officielle de ta présence au Club était de profiter du buffet à volonté… Même si c’était un détail que Micah et Callie ne semblaient pas avoir percuté au moment de te tirer vers leur chambre, c’était quand même le moteur de ton déplacement. Dans la version reconnue de l’histoire, Océan n’était qu’un petit bonus à quelque chose de plus grand encore : la nourriture gratuite. Pas la peine toutefois de survoler la version officieuse.

Prenant une grande inspiration, tu te contentas de profiter de la beauté et de la tranquillité du moment. Les derniers rayons du soleil commençaient à tirer leur révérence et, bientôt, l’éclairage artificiel du club viendrait anéantir les étoiles dans le ciel… Mais en attendant, voir la source de toute vie disparaître derrière l’océan était un spectacle magnifique dont tu ne te privas pas entre deux bouchées. Tu n’avais pas beaucoup d’affinité avec l’eau. Tu avais toujours été un brasier mordant motivé par l’action et l’impulsivité… Tu paraissais presque vulgaire à côté de cette quiétude tranquillisante. Tu en étais tout le contraire.

Ce fut finalement la voix flegmatique d’Océan qui te tira à ta contemplation. Surprise, tu ramenas ton regard teinté de vert sur ton valentin. Même pas il ne comptait te raccompagner si tu venais à refuser ? Ce n’était pas vraiment surprenant en soit, bien au contraire, mais l’entendre l’affirmer sans la moindre honte était un peu décevant. D’instinct, tes sourcils se froncèrent dans une expression faussement dramatique. « Comme tu n’as pas l’intention de me ramener chez moi, je crois bien que je n’ai pas d’autres choix. Après tout, ce serait un véritable drame si je venais à me faire agresser sur le chemin du retour, sans personne pour me secourir ! » Malgré toutes tes tentatives, ta voix se brisa légèrement sur la fin et un rire étouffé vint s’intercaler entre les mots. À bien y repenser, tu devais faire partie de cette catégorie de gens qui utilisait l’humour comme arme de défense contre leurs sentiments. Après tout, à défaut d’être capable d’exprimer tes émotions et d’être sincère, tu pouvais toujours faire des blagues.

Te laissant submerger par la quiétude du moment, tu jetas un dernier coup d’œil sur l’océan derrière toi avant que tes lèvres ne s’ourlent d’un sourire énigmatique. Reculant ta chaise, tu te relevas sans la moindre hésitation avant de te retourner vers Océan. « Tu aimes l’eau non? Dommage pour toi sinon, vu ton prénom. » Sans attendre sa réponse, tu retiras à nouveau tes escarpins afin de sentir le grain du sable sous tes pieds. « Histoire de pousser le cliché des films à l’eau de rose au maximum, je te propose de marcher un peu sur le bord de la plage… Pour la digestion, évidemment. Et puis, profites-en : ce sera peut-être ta seule opportunité pour me jeter à l’eau. » Mais comme tu venais d’en parler, tu avais la quasi-certitude que le côté prévisible de son geste le découragerait de le faire.

Ta stratégie pour te protéger de sa cruauté était infaillible.


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Dresseur Alola

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Lun 12 Mar 2018, 23:19
___Un sourcil levé, les lèvres arquées, le regard plongé dans celui de Savannah, Océan répondit à sa remarque d’un reniflement amusé. Il ne la quitta pas des yeux lorsque les doigts de la jeune femme se portèrent à sa bouche pour continuer à manger. Il l’observait, l’analysait et la contemplait, tout à la fois. Lire derrière le jeu de la jeune femme n’était pas sa première préoccupation, mais il se demandait jusqu’où elle irait avant de se braquer. Ne risquait-elle pas de s’enfoncer trop loin pour faire demi-tour ? C’était une possibilité. Une possibilité qui ne déplaisait pas à Océan, loin s’en faut.
___La main sur laquelle reposait son menton partit se perdre dans ses cheveux de jais soigneusement attachés. Son éternel sourire narquois ne tarda pas à revenir sur son visage.
    « Je suis persuadé qu’il dépassera toute vos attentes, il n’y a pas de crainte à avoir. »

___L’amusement et l’attrait du désir se succédaient telles de lentes vagues dont la marée montait peu à peu. Océan aimait ces mélanges de sensations, ces émotions qu’il prenait à la fois avec sérénité et provocation. C’était ce qui le faisait se sentir si vivant, et si maître de sa vie. Libre et libéré, épousant et étreignant tout ce qui venait à lui.
___Tandis que le regard émeraude de Savannah se perdit sur le paysage les entourant, celui d’Océan resta posé sur elle. Des couchers de soleil sur la mer, il avait pu en contempler encore et encore, surtout à Alola, il connaissait ce spectacle par cœur. Non pas qu’il le dédaigne pour autant. Il aimait cela, tout comme il aimait naturellement le son de l’eau, l’air salé des mers et des océans et l’horizon infini qu’ils offrent. Seulement, bien qu’il reconnaisse la singularité de chaque spectacle tel qu’un coucher de soleil, il avait quelque chose d’encore bien plus singulier et unique face à lui, qu’il n’avait pas simplement en rejoignant la première plage venue. Alors ses yeux aux reflets d’acier et de cendre ne quittèrent pas Savannah.
___Lorsqu’il posa sa question, et surtout, lorsqu’il affirma ne pas la raccompagner, Océan les sortit tous deux de leur contemplation. Elle se montra outrée ; pendant un instant, il faillit y croire. Faillit. Il n’eut même pas à y réfléchir lorsqu’elle se trahit elle-même au dernier moment, et il répondit d’un rire.
    « Allons, t’inciter à rester ici ressemble plus à une faveur qu’à un manque de considération pour un potentiel drame. Je me découvre peut-être des penchants humanistes. »

___Quand les Gruikui auront des ailes.
    « Surtout quand l’on pense à la perte que ce serait si je venais à être attaqué moi en te raccompagnant. Et si je finissais défiguré, ou pire ? »

___Les dents du jeune homme étincelèrent sur ces mots alors qu’il relevait fièrement le menton, l’air sûr de ses propres paroles. Incorrigible, il amena le dos de sa main contre son front dans une mimique tragique.
    « Une telle perte pour l’humanité ! »

___Elle se leva peu après. Surpris, Océan posa un regard interrogateur sur Savannah, mais il n’eut pas le temps de lui poser de question que déjà elle prenait la parole. Il leva les yeux au ciel sur la remarque concernant son prénom. Cette blague lui avait déjà été faite tant de fois qu’il ne les comptait plus. Il avait déjà abandonné plus d’une personne pour ce seul motif. Un humour douteux suffit à rayer une personne de sa liste de fréquentations. Heureusement, Savannah bénéficiait du bénéfice du doute, car il savait qu’elle était capable de mieux. Elle usait là d’un joker qu’il lui offrait généreusement. Il effaça cette allusion à son prénom en levant les yeux au ciel, avant de les poser à nouveau sur la jeune femme, maintenant occupée à se mettre pied nu. Il eut très vite une explication, à laquelle il haussa des sourcils perplexes. Elle était réellement en train de se pousser elle-même vers le danger ? C’était plutôt présomptueux. Pensait-elle sincèrement qu’il n’oserait pas le faire ? En tout cas, Océan ne comptait pas cracher sur une telle opportunité. Et puis, il pouvait y avoir plus désagréable pour sa soirée que profiter de la plage et de la compagnie de son invitée.
    « Et après c’est toi qui parle de se brûler les ailes. Mais après tout, quel Valentin n’accèderait pas au souhait de sa Valentine ? »

___Retirant chaussures et chaussettes, il retroussa légèrement son jean et se releva. Il prit un air important, le dos droit, le coude tendu vers Savannah pour lui offrir, gentleman.
    « Mademoiselle. »

___Lorsqu’ils rejoignirent le bord de plage, le soleil finissait de sombrer dans l’océan, laissant la scène baigner dans la semi-obscurité créée par les torches. Volontairement, Océan tint à marcher non loin de l’eau. Plusieurs fois, il en était si proche qu’il en sentait la froide caresse sous la plante de ses pieds. Outre la facétie qu’il comptait bien réussir à réaliser si l’occasion se présentait, il aimait vraiment cette sensation. L’envie de se jeter à l’eau le démangeait presque. Mais il avait plus important et mieux à faire pour l’heure. La proposition de Savannah le laissait encore surpris. Il doutait qu’elle ait la moindre envie de le voir exécuter ses plans. Alors pourquoi lui offrir sur un plateau d’argent la possibilité de satisfaire ses envies ? Elle lui avait en quelque sorte coupé l’herbe sous les pieds, mais ce n’était que pour lui offrir un terrain encore meilleur. Si la logique de la jeune femme lui échappait, il n’en était pas importuné. Bien au contraire.
___Savourant sa marche, il laissa son regard dériver tandis que ses pensées défilaient. Au loin, devant et derrière, des couples marchaient eux aussi tranquillement sur la plage. Océan laissa son regard s’arrêter un instant sur celui devant eux. Le bras de l’homme était passé autour des épaules de la femme, et à ce moment, il se pencha pour l’embrasser, d’abord si légèrement qu’ils continuèrent à marcher, puis passionnément, s’arrêtant pour en profiter. Les épaules d’Océan s’agitèrent d’un léger rire, mais il n’émit aucun son. Lorsqu’ils dépassèrent du couple après l’avoir contourné, une fois assez loin à son goût, le jeune homme se pencha vers l’oreille de Savannah.
    « Plutôt que te jeter à l’eau, je pourrais prendre exemple sur eux après tout non ? »

___Sa question rhétorique ne resta en suspens qu’un moment. Au bout de quelques pas, il s’arrêta net, posant ses mains sur les hanches de Savannah pour la mettre face à lui et la retenir. La regardant avec intensité et le plus grand sérieux, il resta ainsi quelques secondes, puis il se pencha, provocateur et désireux. Leur corps se frôlait, leur souffle aussi. Ses mains vinrent alors se perdre contre le dos de la jeune femme, caressant sa peau nue. Il ne put cependant rien savourer, trop conscient du risque de rejet de Savannah. Un sourire trahit ses intentions le temps d’un souffle avant qu’il n’agisse. Aussi lestement qu’il put, il la fit reculer, assez pour qu’il sente lui-même l’eau caresser ses chevilles. Ce seul contact avec la mer alluma une étincelle dans son regard, enfantine, provocatrice, exaltée, satisfaite. Il capta une seconde le regard de la jeune femme puis, sans remord, il la poussa jusqu’à la faire tomber dans l’eau.


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Mélodie E. Chevalier


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