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» People help the people [PV Nicholas Dyze]


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Dresseur Sinnoh

C-GEAR
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Dim 11 Fév - 18:28
Tranquillement installé sous la véranda du refuge d’Alya, une tasse de thé aux épices sur la table à côté de lui et les jambes couvertes par un plaid arborant une broderie de Cresselia de toute beauté, un de ses vieux cadeaux à la jeune fille quand cette dernière était enfant et qu’elle avait conservée avec affection, Masami lisait avec application les dernières colonnes de la revue médicale de Sinnoh. Si sa belle-fille avait émis quelques doutes quant au maintien de son abonnement, considérant qu’il se faisait plus de mal que de bien à ressasser les nouvelles de son ancien métier, le Kobayaki borné avait insisté, têtu comme pas deux, désireux de se maintenir au courant, comme il le disait. Ce n’était parce qu’il ne pouvait plus exercer pour le moment qu’il devait se couper du monde, pensait-il, cachant tant bien que mal l’espoir ténu qui continuait à l’habiter de parvenir à retrouver son ancienne vie. Et puis, il n’y avait rien de mal à simplement lire des articles scientifiques, non ? Du reste, il y avait rarement des informations pour les légistes, dans ce type de publications. Il l’avait toujours parcourue avec une curiosité presque personnelle, sans véritable abord professionnel. Il aimait simplement savoir ce que les autres médecins, ceux des vivants, faisaient pour changer le monde.

Evidemment, la page parlant de quelques tentatives de greffe de nerfs sur sujets vivants à Johto retint fortement son attention. Avec avidité, il parcourut les quelques lignes résumant le protocole d’essai visant à faire retrouver à un grand brûlé l’usage de son pied. Certes, les différences entre son cas et celui présenté dans le magazine étaient béantes : ce n’étaient ni les mêmes blessures, ni la même aire corporelle. Pour autant, apprendre que les premiers essais avaient été concluants sur des souris lui arracha un sourire. Peut-être, un jour … Doucement, il tenta de bouger les doigts qui sortaient de son attelle, ces derniers répondant faiblement, avec un temps de retard, comme toujours. Malgré tous ses progrès en rééducation, il était impossible de passer outre ce que le sort lui avait arraché. En massacrant son corps, ceux qui avaient attaqué cette banque l’avaient privé de plusieurs de ses fonctions motrices, et il savait pertinemment qu’il ne les récupérerait jamais totalement. Il était infirme. Restait à passer du savoir à l’acceptation.

Etrangement, il était moins préoccupé par sa jambe que par sa main, ce que d’aucun aurait pu trouver bizarre. La signification de cette différence de traitement était pourtant évidente, selon lui. Il pouvait toujours exercer la médecine légale en fauteuil roulant. Sans sa main revanche … il n’était rien d’autre qu’un énième inconnu sans talent. Masami avait toujours éprouvé une intense fierté par rapport à son métier. Il était un professionnel reconnu, peut-être même le légiste le plus connu de Sinnoh. On faisait appel à lui dans toute la région pour procéder à certaines expertises complexes, ou sensibles par rapport aux médias. La police le respectait pour ses compétences, et il lui était arrivé de témoigner assez régulièrement dans des affaires de viols ou de meurtres, les juges ne remettant jamais en cause son professionnalisme. De l’avis des quelques victimes vivantes qu’il avait examiné, en qualité de spécialiste en médecine légale, il était prévenant et compréhensif. Même si son métier ne consistait pas à réparer leurs corps brisés par les coups, il les aidait, en relevant les preuves, à soigner leurs âmes, à réclamer justice. Il en éprouvait une réelle satisfaction. A sa façon, il avait soigné bien plus d’hommes et de femmes que certains de ses plus éminents confrères qui le regardaient avec dédain. Hélas, ces temps étaient révolus.

Il s’aperçut soudain que la nuit était tombée, la lumière se faisant soudain rare. Avec un soupir, Masami fit tourner son fauteuil comme il put, avec sa main valide, grommelant de frustration, avant de le faire avancer bon an mal an jusqu’à l’intérieur, regrettant un instant sa solitude. Alya était partie pour le week-end voir sa petite-amie à Vestigion, lui laissant la garde de la maison et du refuge. Quant aux autres jeunes, ils étaient sortis pour dîner dans le petit restaurant kalosien de Charbourg, et le trentenaire se doutait que la soirée se finirait en boîte. Ils étaient jeunes, au fond. Ils avaient toute la vie devant eux. Autant en profiter. N’empêche qu’il aurait aimé de l’aide … sans forcément vouloir la demander. Sa fierté l’empêchait de reconnaître à voix haute son handicap, même s’il ressentait cruellement ses limites. La sonnerie soudaine à la porte le tira de ses pensées. Son premier réflexe fut évidemment de se lever, ce qui lui arracha immédiatement une douleur abominable à l’aine. Retombant sur son fauteuil, il pesta comme jamais, lâchant dans sa barbe une bordée de jurons colorés, avant de faire rouler l’objet maudit jusqu’à l’entrée. Evidemment, il était trop bas pour voir par le loquet de qui il s’agissait. L’espace d’un instant, l’angoisse monta en lui. Et s’ils étaient venus pour le chercher ? Le finir ? Et si … C’en étaient d’autres ? Que se passerait-il ? Il était une cible facile. Faible. Il était …

« Qui est là ? Le refuge est fermé aux visites pour le week-end, sauf cas d’urgence ! »

Précaution puérile. Mais il n’arrivait pas à ouvrir. Ses mains tremblaient autour de la poignée, ne parvenant pas à la saisir. Il n’était pas guéri. Il avait peur. Encore et encore.


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C-GEAR
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Région : Sinnoh
Mar 13 Fév - 14:05
Pourquoi il respire comme ça ? Pourquoi il a l'air étonnamment chaud ? Est-ce que c'est parce que j'ai fait quelque chose de mal ? Ou bien c'est parce qu'il n'a que quelque jour ? Je ne sais pas quoi faire pour les nouveaux nés. Je me suis dit que le gardé près de moi et le nourrir dans les premiers jours étaient une bonne idée. Je pensais que directement le faire rentrer dans une pokéball était peut-être un peu violent pour un bébé. C'est vrai que les nuits étaient un peu froides mais j'ai pensé que ma chaleur corporelle ainsi qu'une couverture pouvait suffire. Je n'aurais sûrement pas dû dormir à la belle étoile, pas avec un nouveau-né aussi fragile. J'aurais dû continuer mon chemin pour me trouver un endroit chaud, comme un centre pokémon ou un hôtel. Et parce que j'avais encore décidé de dormir à la belle étoile, me voilà totalement perdu au milieu de nulle part à la recherche d'une aide providentielle.

La nuit est tombée rapidement et je n'ai pas de lumière sur moi pour m'éclairer. Chanceux ou pas, cette nuit me permettra au moins de repérer rapidement les bâtiments encore ouverts, peut-être même le centre pokémon s'il brille d'une lumière différente. Mais pour l'instant, les seules lumières que je vois sont trop loin de moi.

La chaleur anormale de mon Goupix pulsait en moi et m'affolais de plus en plus pendant que j'avais la tête levée et tous les sens aiguisés du mieux que je pouvais pour tenter de discerner quelque chose. Tarsal était comme à son habitude appuyée sur ma tête et semblait encore plus préoccupé par l'état du Goupix. Celui-ci était dans une couverture et lover dans mes bras mais je ne pouvais rien faire. J'étais totalement impuissant.

Dans l'obscurité, je crois discerner une forme plus sombre que la nuit. C'est un panneau ? Avec un peu de chance, peut-être qu'il m'indiquera le bon chemin. Je me rapproche au plus près et essaye de discerner quelque chose. Impossible à voir. Je sens Tarsal qui se met à fouiller dans mon sac. Je n'ai pas de lampe torche, de briquet ou quoi que ce soit qui fasse de la lumière alors que cherchait-il ? Finalement, il en sort une pokéball et la lance. Apparaît alors Lixy qui est lui aussi inquiet pour le Goupix, comme tous mes pokémon d'ailleurs. Tarsal semble lui dire quelque chose et après s'être ébroué quelque instant, il s'illumine d'une lumière bleu électrique. Si je n'avais pas les mains prises, je me serais volontiers foutu une claque. J'avais oublié ce détail sur ce pokémon. Dans ma panique, j'oubliais des choses essentielles. Je devais me calmer. Goupix gémis légèrement. Une vague de panique froide me grisa des pieds à la tête. Je devais me dépêcher, et si je ne pouvais pas me calmer, alors j'allais paniquer correctement.

Je déchiffre rapidement le panneau à la lumière du lixy et cours directement après avoir com-pris les mots « refuge » et « pokémon ». Si c'était un refuge, il devait y avoir un médecin, non ?

Je me mets à courir. Je tente au maximum de compenser mes mouvements pour éviter de trop agiter Goupix mais je ne sais pas si j'y parviens. J'arrive rapidement à ce refuge. C'est une grande maison. Je ne prends pas le temps de plus la détaillé tellement j'étais pressé et je m'en moquais mais un détail accrocha tout de même mon attention. Les lumières étaient éteintes.

Pitié, faite que ce ne soit pas fermé. Pitié, faite qu'il y ait au moins quelqu'un.

Je sonne. J'attends. J'entends un léger bruit de l'autre côté, signe qu'il y a bien quelqu'un. J'attends en face de la porte. Tarsal pousse alors un sanglot étouffé. C'était à la fois soudain et inattendue. Ce n'est pas son genre de sangloter tout d'un coup comme ça.

- Qui est là ? Le refuge est fermé aux visites pour le week-end, sauf cas d'urgence !

Il y avait quelqu'un ! Mais c'est étrange, on aurait dit que sa voix tremblée légèrement. Ou alors je l'imagine ? Mais cela expliquerait la réaction de Tarsal. Oh non. Qu'est-ce qu'il allait faire si la personne à l'intérieur était trop effrayée pour le laisser entrer ?

- Je vous en prie, c'est une urgence, mon Goupix est très malade ! Il n'a que quelque jour et j'ai très peur pour lui ! J'ai peur qu'il…

L'émotion me tord la gorge et m'empêche de formuler cette pensée. Rien que prononcé le mot serait trop difficile. Pitié, ouvrez la porte ! Je ne suis pas dangereux ! C'est un refuge alors aidez-moi !

Goupix repousse un gémissement, je panique. Devant cette porte fermée, stoppé là, Goupix souffrant dans mes bras, je panique. Et c'est sans doute à cause de ma panique, de la situation, de l'émotion de la personne de l'autre côté de la porte et son propre état émotionnel qui poussa Tarsal à faire ça. Probablement qu'il s'est dit « À situation désespéré, mesure désespéré ». Oui, c'est sûrement ça. Sinon, pourquoi aurait-il pris le risque de lancer une attaque Téléport ?



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C-GEAR
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Sam 17 Fév - 17:07
« Bon … Ne bouge pas, j’ouv- »

Masami n’eut jamais le temps de finir sa phrase. Pourtant, il s’approchait déjà du loquet, car la voix qui venait de dehors paraissait encore plus paniquée que la sienne, et plutôt jeune. Immédiatement, le légiste avait pensé à un de ces adolescents que des parents plutôt insconscients laissaient sillonner les routes avec des pokémons pour seuls compagnons. Non pas qu’il ait quelque chose à proprement parler contre cette tradition quand elle concernait des jeunes gens, quasiment adultes. Il s’agissait d’un moyen comme un autre d’apprendre à se débrouiller sans ses parents, après tout. En revanche, quand il voyait des mômes d’une dizaine d’années à peine avec un Rattata pour tout défenseur … Son esprit critique ne pouvait s’empêcher de penser qu’un petit coup de fil à l’aide à l’enfance n’aurait pas été de trop. Peut-être qu’à force de cotoyer des cadavres, il avait fini par perdre confiance dans les vivants … Mais il avait trop vu de macchabées déformés par la violence humaine pour ne pas juger son espèce avec sévérité. Le monde n’était pas semblable à ces contes de fée moderne qui passaient à la télévision, à ces émissions qui suivaient de jeunes dresseurs en quête de reconnaissance et de maturité. La plupart du temps, l’univers ne faisait que vous claquer la porte au nez, voir sur les doigts. Il assumait son pessimisme. Objectivement, jusqu’à présent, l’existence lui avait rarement donné tort.

Soudain, un poids plus que conséquent atterrit sur ses genoux, et la chaise roulante, harassée par cette masse qui s’abattait avec vigueur sur ses essieux, crissa dangereusement, avant de se renverser. Dans un fracas infernal, tout ce petit monde tomba pelle-mêle sur le sol du refuge, le pauvre Masami basculant en avant et n’écartant sa main blessée que par réflexe, tentant d’atterrir sur le dos comme il le pouvait. Le choc lui coupa le souffle. Il lui fallut plusieurs secondes pour recouvrer ses esprits, et bouger légèrement son corps meurtri pour vérifier que rien n’était cassé. Au moins la surprise avait-elle fait disparaître temporairement son angoisse. La douleur qu’il ressentit en tentant d’arquer sa jambe lui fit comprendre que de telles galipettes n’allaient clairement pas arranger l’état de son aine, déjà bien malmenée par l’attentat. Se mettant péniblement sur le dos, il laissait échapper un long soupir avant de grommeler, plus pour lui-même que pour les autres arrivants :

« C’était quoi, ça ? »

A croire qu’il avait la poisse jusqu’au bout. Même dans un trou comme Charbourg, il arrivait à se fourrer dans une situation improbable. Sa tête se tourna vers le côté pour essayer de discerner ce qui lui était tombé dessus. Il y avait un gamin blond qui ne devait pas avoir plus de dix-huit ans, à tout casser, un Tarsal et … quelque chose qui couinait dans un coin et qu’il n’arrivait pas à discerner. Malgré son mal de crâne causé par la chute, Masami se souvint que le gosse avait parlé d’un bébé Goupix. Bon, ça devait être ça, la cause de tout ce bazar. Manifestement, il n’avait pas menti, à la porte.

« Je ne peux pas marcher. Remets le fauteuil en état et aide-moi, petit. »


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C-GEAR
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Région : Sinnoh
Lun 19 Fév - 20:09
Je dois bien avouer que je n'ai pas compris tout ce qui venait de se passer. J'étais face à la porte, la voix derrière sembler me prévenir qu'il allait ouvrir et puis le décor avait simplement changé. Un instant, j'étais dehors et le battement de cœur suivant, j'étais à l'intérieur. Pendant un moment de grâce, je me sentis très léger, là, suspendue en apesanteur. Puis, la gravité reprit doucement le pouvoir et avec seulement un léger « oh » de compréhension soudaine, je chute. Et pas à même le sol, à moins qu'il soit irrégulier, très bruyant et pouvais se plaindre. Au final, je me retrouvais maintenant à regarder le plafond, le corps encore parcourue du choc de la chute. Je sers mon petit Goupix contre moi, heureux de ne pas avoir chuter sur lui. Qui sait ce qui aurait pu arriver sinon.

Après avoir entendu l'injonction de l'homme de l'aider à se relever, je me reconnecte à la réalité et me redresse. La tête me tournait un peu, sûrement à cause du choc, alors je pris un léger temps pour fermer les yeux et attendre que ça passe. Plus rapidement que je ne le pensais, tout se calma. Je décidais de prendre ça comme le signe que je n'avais rien de grave.

Je me lève du mieux que je pouvais étant donné que je n'avais pas mes bras de disponible et me retourne. Surprise, un homme avec une attelle était au sol et un fauteuil roulant trôner plus loin. Je réalisai alors qu'il attendait mon aide pour se relever et se remettre sur son fauteuil. Confus et désolé de l'avoir fait attendre, je m'avançais déjà vers lui, puis je me suis rappelé de la raison de ma venue ici. Comment j'allais pouvoir l'aider alors que je portais encore Goupix ? Perdue et n'arrivant pas à trouver de solution, je ne cesse d'aller et revenir sur moi-même entre l'homme au sol et le reste de la pièce, regardant entre ce que je devais faire et s'il n'y avait pas de solution. Probablement que je devais ressembler à un automate qui avait eu un bug durant son mouvement de rotation. Je ne savais ce que je devais faire, je ne trouvais pas de solution. Quelque chose me tire la jambe. En baissant le regard, je vois mon Tarsal qui tend les bras. Même si c'était lui la cause de cette téléportation inattendue et pas très maîtrisé, il avait fait cela avec une bonne intention, pour Goupix. Et là encore, il faisait preuve de bonne intention. Je finis par lui confiai ce petit-être et m'avance finalement vers l'homme au sol.

Pendant que je rapprochais le fauteuil, je ne pouvais m'empêcher de me demander si c'était lui le médecin qui pourrait m'aider. On dit que c'est les cordonniers qui sont les plus mal chaussé alors ça doit sûrement être la même chose avec la santé des médecins.

Après avoir mis le frein sur le fauteuil, je passe mes mains sous ses aisselles et l'aide du mieux que je pouvais pour le hisser sur l'appareil. La tâche n'était pas très simple du fait que je n'étais pas très costaud et qu'il ne m'apportait pas beaucoup de support, pas très étonnant étant donné qu'il a besoin d'un fauteuil roulant. Je réalisai soudainement que peut-être je lui faisais mal en voyant un de ses bras dans une attelle mais tant pis. Ce n'est pas comme si on avait beaucoup de choix, je n'allais pas le laisser sur le sol tout de même.

Finalement, je réussis tant bien que mal à le placer sur son engin. En me redressant, je remarquai que j'entendais des grattements avec de légers jappements. Je réalisai soudainement que mon pauvre Lixy devait se trouver tout seul dehors alors qu'on venait de disparaitre. Sans perdre une seconde, j'ouvris la porte. À peine le battement ouvert, il s'engouffra rapidement, projetant toujours sa lumière bleu électrique. J'appuie ensuite sur l'interrupteur qui illumina soudainement la pièce d'une lumière vive. Une différence aussi drastique de luminosité me fit mal aux yeux quelque instant. Ça, ce n'était pas des halogènes.

Me reconnectant avec la raison de ma venue, je récupère le Goupix malade des bras du Tarsal et me tourne vers l'inconnu.

- Désolé de vous avoir bousculé, mon Tarsal a paniqué et a lancé une attaque Téléport mais il ne la maitrise pas très bien avec autant de monde et dans des lieux inconnus, surtout quand il est aux prises à des émotions violentes, c'est un pokémon empathique. Enfin bref, voilà pourquoi je suis venue au milieu de la nuit. Il n'a que quelque jour et a commencé à avoir du mal à respirer tout d'un coup. Je vous en prie, aidez-le !



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Dresseur Sinnoh

C-GEAR
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Dim 8 Avr - 19:06
L’impotence avait été le plus difficile à accepter, après la perte de sa main. Ne plus pouvoir exercer son métier était un choc déjà conséquent, plus qu’il remettait en cause l’intégralité de son existence, son mode de vie, ses ressources … Au-delà pourtant, sans sa main, il pouvait espérer se reconvertir. Cela attentait profondément à ce qu’il était, mais quelque part, avec le temps, Masami aurait pu changer de voie. Rester cloué en fauteuil en revanche … Même si ses progrès étaient encourageants, il s’agissait ni plus ni moins que de la perte la plus cruelle qui soit pour une personne adulte : celle de son autonomie. Finalement, la liberté d’aller et venir, soit ce qui demeurait constitutif de sa capacité à avancer, lui avait été arrachée. Il n’était qu’un pantin désarticulé, incapable de se débrouiller seul et soumis au bon vouloir d’autrui. Il lui était impossible de prétendre à ce qui définissait l’homme pleinement conscient de ses capacités et à même de les utiliser. Les détails crus de son impuissance l’avaient immédiatement horrifié.

Aller aux toilettes seul lui était difficile, et le faire dans des WC non adaptés était un supplice. Sortir sans une aide, il ne pouvait y penser. En fait, se lever pour boire la nuit, une fois qu’il était couché, relevait du périple. Chaque acte microscopique de la vie normale, de ceux qu’on exécute sans y penser, comme un automate lui était interdit, ou nécessitait des stratégies de contournement dignes de la planification d’un champ de bataille. C’était sa vie : une ruine. Et alors qu’il était au sol, sans pouvoir se relever seul, à la merci d’un adolescent inconnu, Masami constatait une fois de plus l’odieuse réalité avec laquelle il vivait désormais : fétu de paille livré à la bienveillance d’autrui, il ne serait jamais plus qu’une proie, un objet délicat qu’on manipulait comme on pouvait. L’amertume le saisit avec aigreur, et une brusque envie de hurler sur ce môme paniqué monta en lui. Et après, certains s’étonnaient que les patients d’hôpitaux ou ceux en affection de longue durée n’étaient guère agréables à vivre. Il suffisait pourtant de se mettre à leur place deux minutes, avant de les juger. D’être coincé dans une chaise roulante, de ne pas pouvoir faire ses besoins seul, de ne même pas réussir à remonter sur l’objet honni sans aide, d’être là, par terre, sans dignité, avec l’envie de pleurer et de hurler sa rage contre cette injustice subie. Chaque mésaventure de ce type était un lambeau d’amour-propre arraché petit à petit, sans anesthésie, jusqu’à les écorcher vif et les laisser tracer le sillon sanglant de leur propre défaillance.

Alors, Masami se contenta de fixer le garçon, d’attendre qu’il se calme, qu’il se dirige vers lui et l’empoigne comme il pouvait, serrant les dents tandis que ses aisselles étaient brutalement tirées et que ses muscles criaient sous la douleur soudaine de se voir ainsi malmenés. Quand enfin il fut assis, ou plutôt qu’il fut lâché sur le séant du fauteuil, le légiste ne put contenir un grognement de douleur, avant de se reprendre et d’essayer de mettre de l’ordre dans ses pensées. D’après ses dires, le visiteur tardif n’avait pas de mauvaises intentions, mais un Tarsal aux initiatives hasardeuses … et un Goupix nouveau-né malade. Ah, les déboires des jeunes dresseurs … Il aurait pu écrire tout un livre dessus, depuis qu’il logeait là. Enfin, au moins, le blondinet n’était pas venu pour rien. Et surtout, lui-même était opérationnel, hormis quelques contusions sans gravité qu’il soignerait plus tard … Ou plutôt, qu’il demanderait à faire soigner par quelqu’un capable d’atteindre le bas de ses jambes.

« Suis-moi, petit. »

Actionnant seul les roues de son fauteuil, Masami roula vers l’intérieur de la maison, avant de tourner vers la gauche, agrippant une clé au passage sur un meuble.

« Entre. »

A l’intérieur se trouvait une large pièce où trônait une couveuse, un modèle plus ancien que ceux qui officiaient dans les Centres Pokémons, que celui de Charbourg avait bien voulu leur céder et qui remplissait pleinement son office. Le reste de l’endroit était peuplé d’étagères contenant des vitamines en tout genre, de quoi préparer toutes sortes de nourriture pour les pokémons, du matériel léger de sutures ou de soins, un lot conséquent de potions diverses et variées, des instruments de toutes sortes … Bref, il s’agissait d’une infirmerie amateure, certes, mais qui avait un certain potentiel. Et heureusement, car certains des pokémons qu’ils trouvaient étaient dans un état effroyable …

« Dépose ton Goupix dans la couveuse, je vais lancer un scanner rapide. »

Observant la pauvre bête effrayée, Masami attrapa à la volée une couverture douce, qu’ils utilisaient pour les bébés pokémons et la glissa dans la couveuse, afin d’apaiser la petite boule de poil. Se tournant vers son invité, il lui demanda :

« Il a quel âge … ? Ou elle d’ailleurs. Tu sais de quel sexe est-ce Goupix ? Les symptômes sont apparus quand, à peu près ? As-tu pris sa température ? Si oui quand, et qu’indiquait-elle ? »


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C-GEAR
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Mer 6 Juin - 13:11
Est-ce qu'il va pouvoir m'aider ? Il a l'air tellement... apathique. Peut-être que c'est à cause de son fauteuil roulant mais il a l'air tellement passif. On dirait presque qu'il n'a plus aucune force. Et je ne parle pas que de condition physique. Les expressions de son visage me montraient bel et bien qu'il était dans ses pensées et qu'elles ne devaient pas être très agréable. Ça, plus le fait que Tarsal semble se cacher de cet homme derrière mes jambes. Je savais que cette attitude n'était pas due à de la peur mais plutôt à un flot d'émotion négative qui le fait souffrir psychiquement. Mon dieu, apparemment ce type était autant blessé physiquement que mentalement. Est-ce que malgré cela il pourra m'aider ? Je l'espère, sinon pourquoi est-ce qu'il serait dans ce refuge ? Je ne pense pas que ce soit une maison de repos ou même un hôpital pour humain alors s'il s'y trouve c'est qu'il doit avoir certaine connaissance particulière en matière de pokémon, non ? Pitié, faite que si.

En attendant, il faut que j'arrive à me calmer. Ne serait-ce que pour apporter un réconfort à Tarsal et à toutes les émotions qu'il ressent. Je décide alors de simplement faire ce que je fais d'habitude. Je prends des respirations lentes et profondes en essayant d'écarter toutes mes pensées, pour simplement retourner à une plaisante ignorance candide. Cependant, Goupix était toujours dans mes bras et tout mes efforts de concentration se retrouver perturber par la chaleur anormale que je ressentais et les bruits qu'il faisait. Malgré tout mes efforts, je ne parvins qu'à apaiser une partie de moi alors que l'autre resté très inquiète pour mon pokémon. Au moins, j'ai réussi à écarter une partie de mes inquiétudes, c'est déjà ça. J'espère que cela aidera un minimum Tarsal. Je vois du coin de l'œil Lixy se dirigeai vers lui pour se frotter gentiment contre lui. Je sais que même si lui aussi est inquiet, il est également le pokémon le plus optimiste de mon équipe. J'espère que son intervention permettra de soulager l'état émotionnel de mon empathe.

Finalement, l'homme bougea et se dirigea vers l'intérieur du bâtiment vers un endroit précis après avoir attrapé une clé. Quelque part, cela me soulage. Il semblait savoir où il allait et surtout ce qu'il faisait. La vue de la couveuse me conforta plus encore dans cette idée. À son injonction, je déposai Goupix dans la couveuse et le libéra de la couverture avec laquelle je l'avais enveloppé. En contraste avec son pelage roux, ses deux queues blanches paraissent bien pâles. J'espère que c'est uniquement un effet de la luminosité environnante et non le symptôme d'une quelconque maladie. Un peu surpris, je vois l'homme remettre une couverture sur mon pokémon. J'avais pensé que la laissait aurait pu gêner l'examen ou quelque chose dans ce style mais apparemment non. Tant mieux. Ça voulait dire qu'il s'y connaissait mieux que moi et c'était exactement ce dont Goupix avait besoin en ce moment. Les questions qu'il pose ensuite sur un ton médical me rassure encore plus.

- C'est une femelle. Elle est sortie de son œuf il y a une semaine à peu près. Elle a commencé à respirer avec difficulté en même temps que sa température est montée en flèche. C'était il y a quelques heures. Je n'avais aucun thermomètre avec moi alors je ne pouvais pas prendre de réelle mesure mais elle est tout le temps resté près de moi durant cette semaine et je sais que ce n'était pas sa température normale.

J'avais répondu de façon méthodique à chacune de ces questions mais peut-être qu'ajouter des détails qu'il n'avait pas demandés pourrait lui être utile, non ? Après tout, je ne suis pas un spécialiste alors je ne sais pas ce qui est inutile.

- J'ai toujours fait attention à ce que son œuf soit toujours dans un endroit au chaud. J'ai également fait attention à ne pas l'endommager ou lui causer de choc important. Avant son éclosion, je m'étais procuré de la nourriture pokémon liquide et je m'étais renseigné sur comment en fabriquer au besoin ou si je devais y ajouter quelques baies particulières pour palier à toutes les occasions. Comme je voyage uniquement à pied, je l'ai toujours porté dans mes bras sur les routes mais j'ai toujours veillé à ce qu'elle marche un peu chaque jour pour qu'elle prenne des forces. En général, elle marche jusqu'à en être fatigué puis s'endort et je la nourris à son réveil. Je ne l'ai pas non plus fait entrer dans une pokéball parce que j'avais peur qu'elle soit un peu trop jeune pour cela. Et aussi, je dors à la belle étoile mais comme les nuits sont un peu froide en ce moment, je dormais avec elle pour lui tenir chaud avec une couverture en plus. Je ne sais pas si ces informations peuvent vous aider mais j'ai toujours veillé sur elle et ces symptômes ne lui sont jamais arrivés avant et ils sont aussi arrivés très rapidement. Est-ce que vous avez besoin de savoir autre chose ?



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