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» I won't remain nameless


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Coordinateur Hoenn

C-GEAR
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Messages : 85

Région : Hoenn
Mar 9 Jan - 21:35
« Un nom représente une identité, un sentiment profond et détient une signification énorme pour son propriétaire. »
Cette phrase, pouvant sembler banale, fut un déclencheur pour toi. Jamais tu n'oublieras ce jour, qui représente à tes yeux une seconde naissance.



Tu refermas le livre que tu venais de terminer et le déposa sur ta table de chevet. Il vint rejoindre une pile de bouquins qui devenait de plus en plus conséquente, te persuadant qu'une visite à la bibliothèque pour leur restituer leur bien serait une bonne idée. Tu en profiteras pour emprunter d'autres livres, en espérant en trouver d'aussi intéressants que celui que tu venais d'achever. Into The Wild est le nom de l’œuvre. Il s'agit de l'histoire d'un homme dans un monde fantastique qui, rejetant la société moderne de consommation et les codes dressés par celle-ci, entame un voyage initiatique vers une région froide et calme nommée Alaska et où la nature y exerce la totalité de ses droits. Tu aimes bien ce genre de bouquins, qui te présentent un monde lointain et pourtant si similaire au nôtre, et te permet une expérience évasive que tu ne refuses jamais et toujours agréable, surtout dans cet environnement où tu te sens par moments intellectuellement étouffée.
Si tu as le temps de lire tous ces livres, c'est parce que ce sont les vacances d'été. Pas n'importe lesquelles qui plus est. Tu as dix-huit ans; tu as bouclé ta dernière année d'étude générale et tu es actuellement dans une période de transition. Ayant travaillé dur, ta réussite fut brillante, t'offrant à la fois des vacances longues et paisibles et un large choix d'Université; et même pour cela, tu ne semblais pas mise dans le doute. Tu étais certaine, depuis ta rencontre avec Oriol, que la voie des ingénieurs civils serait la tienne, la seule décision te restant à prendre étant de choisir ton université. Néanmoins, c'était loin d'être une décision pressante et tu la laissais pour la fin de l'été.

Cela t'avait donc laissé une incroyable quantité de temps libre pour ces presque trois mois ensoleillés. Toi qui es du genre intellectuel solitaire, tu as passé la majorité de ton temps dans ta chambre a dévorer des livres en tout genre, profitant de l’exceptionnelle lumière solaire en lisant la fenêtre ouverte. Parfois.
Tu te diriges donc vers la bibliothèque de ton orphelinat, probablement ton endroit préféré de ces lieux, d'abord parce que le calme y est imposé et que cet endroit est le rassemblement de la culture et de l'intelligence au Tournesol. Si tu étais un lieu, c'est certainement ce que tu serais. Elle était en plus particulièrement bien fournie, se trouvant dans un orphelinat assez bien loti et convenablement financé, un fait qui contrastait fortement avec le quartier dans lequel le Tournesol se trouvait. Tu n'allais certainement pas t'en plaindre, surtout maintenant que tu as tout le temps que tu veux pour prendre ton manteau de rat de bibliothèque.
Malgré cela, il y a toujours quelque chose que tu appréhendes quand t'y rends, toujours cette même question qui te turlupine:"Que vais-je donc lire". Tu n'avais pas de style favori, appréciant tout type d'ouvrage à condition qu'il soit de qualité à tes yeux. La seule restriction que tu t'étais mise fut d'éviter de t'attaquer aux bouquins scientifiques pour cet été; c'est sûr et certain que tu allais manger des écrits sur l'algèbre et la mécanique à toutes les sauces possibles. Autant t'éviter l'overdose avant que le système scolaire ne t'en apprenne la véritable signification. Tu te laissais donc balader dans les allées de la bibliothèque, feuilletant de temps à autre des livres que tu sélectionnais au hasard. Il n'y avait donc pas de logique qui mettait en lien les différentes œuvres que tu avais lues, et c'était pour le mieux.

Te voilà donc en train de te balader dans la bibliothèque. La première chose que tu dois faire est de rendre les livres que tu as empruntés en les signalant à l'accueil puis en allait les replacer dans la section adéquate. Même si ça te prenait du temps, cette obligation avait le mérite de te guider un peu dans ta recherche en te faisant marcher un peu partout dans l'antre des livres. Tu te balades ainsi, replaçant les livres que tu avais pris la dernière fois et sélectionnant de temps à autre les bouquins avoisinants, à la recherche des prochaines pages que tu comptais dévorer. Into The Wild sera le dernier que tu replaceras, espérant avoir trouvé ton bonheur d'ici là, afin de ne pas avoir à lire deux fois d'affilées des livres du même genre.
Tu es partie dans ton cérémonial. Tu reposes un livre, tu en ouvres deux et tu les remets presque immédiatement si la quatrième de couverture ou les dernières pages ne te conviennent. Tu continues ainsi pendant une bonne vingtaine de minutes et tu t'inquiètes un peu, car tu vois dangereusement la fin de ta pile arriver, te préparant mentalement à devoir lire une autre autobiographie fictive.
Veuillez rester attentif, car c'est à ce moment-là que se trouve le cœur de cette histoire.
Lorsque tu ranges l'avant-dernier livre à rendre, tu es dans la section philosophie. Ce qu'il y a de particulier avec cette section, c'est que tu n'y prends jamais rien, mais tu perds des heures à feuilleter les bouquins, au point que le contenue de la moitié de ceux que tu as touchés ici ne t'est plus inconnue. Incapable de résister, te voilà de nouveau repartie dans cette fâcheuse habitude.

« Anciens proverbes et dictons. » dis-tu en déchiffrant les inscriptions sur la couverture d'un livre qui semblait avoir pris la poussière. Tu sembles intéressée. Tu l'ouvres donc et commences à le feuilleter.
Comme prévu, il s'agit d'un recueil de proverbes datant d'outre-tombe. Exactement le genre de chose qui te fait rester là des heures, car tu n'as pas besoin de lire le livre en entier ou même du début. Tu commences alors à lire les proverbes. Certains sont bien connus, d'autres te font rire et il y en a même que tu ne comprends même pas. Tu passes bien dix minutes à te remplir le cerveau de diction que tu n'utiliseras jamais, alors vient le moment où une ligne en particulier attire ton attention, au point que t'étais retrouvée à lire le proverbe correspondant à haute voix.

« Un nom représente une identité, un sentiment profond et détient une signification énorme pour son propriétaire. » lis-tu.
Le temps semblait s'être arrêté autour de toi. Tu écarquillais les yeux, ton regard restant fixé sur cette ligne. À quoi penses-tu, Annie White?
Un nom... voilà à quoi tu penses. Ce nom que tu portes, on te l'a attribué quand tu es arrivée ici, un quatre février. Il est censé représenter ton identité, il est censé de différencier des autres, il est censé être le tien, ce nom... mais es-tu vraiment Annie White. Quelle signification ces deux patronymes ont-ils pour toi? Quelle valeur porte ce nom? "Annie White" ne porte aucun héritage. Il ne t'a pas été donné en espérant, qu'un jour, tu t'épanouisses et que tu fasses en sorte que ce nom et la personne qui la porte soient reconnus. Il y avait un millier d'Annie White, ici. Le Tournesol n'était rien d'autre qu'un refuge d'Annie White. À tous ces enfants dont personne ne voulait, on attribuait ces noms automatiques, en espérant un jour qu'un couple, bienheureux ou malheureux, décide  de prendre la responsabilité qu'est la transmission d'un nom. Pour toi, personne n'a pris cette responsabilité. Tu es restée Annie White. Tu es restée sans identité. Tu n'as pas de nom.

Tu refermes violemment ce livre. Tu regrettes immédiatement son ouverture et tu sens une colère muette bouillonner en toi. Tes doigts se serrent fort autour du livre des proverbes, comme si tu essayais de "blesser" cette chose de papier et d'encres, qui t'as fait réaliser quelque chose qu'au fond tu savais déjà, car c'est ainsi que tu avais toujours vécu. Alors tu pris une grande décision: ce n'est pas comme cela que tu comptais vivre à partir de maintenant. Tu allais la prendre toi-même, cette responsabilité. Tu comptais dès maintenant devenir ton propre héritage; tu allais dès à présent ressentir ce sentiment profond; tu allais t'offrir ta propre identité. Tu as dix-huit ans. Légalement, tu peux le faire. Moralement, tu dois le faire.
Tu regardas inconsciemment le dernier livre sur la pile. Into the Wild. La première chose qui te vint à l'esprit fut Alaska. Cet endroit où le calme et le froid règnent. Oui, c'est ça. Alaska. Tu es Alaska. Cela t'est apparu à l’instant, comme une évidence. Tu imagines cet endroit... et tu te sens chez toi. Tu te sens calme. Tu sens cet attachement. Tu es décidée.
Tu as l'impression que cette coïncidence est miraculeuse, que le moment où tu allais lire ce proverbe était scripté. Mais toi, tu ne crois pas au destin. La seule maîtresse de tes décisions, c'est toi, et toi seule. Tu regardes une dernière fois le bouquin avant de la ranger. Tu aperçois entre deux clignements d'yeux une inscription en dessous du titre. "Compilation didactique d'Oscar Wang". Wang. Tu te rappelais avoir lu ça quelque part... oui, "Wang" est la traduction de roi dans une langue ancienne. Tu adorais ce mot, sa consonance et son message. Cette information semblait anodine, mais tu t'arrêtas un instant.

« Alaska Wang. »
Ton cœur avait commencé à accélérer à la simple prononciation de ces mots. C'était une émotion. Alaska Wang venait de te provoquer une émotion. Le doute n'était plus permis: tu venais tout juste de choisir ton nom.

Tu n'oublieras jamais ce proverbe, qui ne pouvait pas être plus juste. Ce nom qui va être le tien va désormais te porter dans cette nouvelle vie que tu entameras dès que tu quitteras le Tournesol. Tu dois vivre chaque jour en le portant fièrement pour qu'il porte tes sentiments, tes émotions et tes rêves; toutes ces choses que tu pensais inaccessibles pour une Annie White parmi tant d'autres, avant de réaliser que tu es la seule à la tête de ta vie et que ces mots utilisés pour te désigner ne sont que le reflet de ton être.

Ainsi tu ne resteras pas son nom, car, dès à présent, tu es Alaska Wang.



ALASKA
Let bygones
be bygones.

(c) Milo Jô
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