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» Lettre ouverte à mon géniteur


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Dresseur Alola

C-GEAR
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Messages : 176

Région : Alola
Dim 7 Jan - 23:31
Au coin d'une table, Eliott s'affairait à rédiger une lettre. C'était comme ça tous les mois de janvier depuis qu'il était en âge d'avoir réellement compris ce qui a pu se passer ce jour là. Il y avait des passés difficiles qui sont difficiles à porter et qui nous hantent spécifiquement à un moment précis de l'année. Une fois terminée, Eliott la déchira et la jeta dans la poubelle avant de retourner à ses quotidiennes occupations. Dans l'encadrement de la porte, sa mamé l'observait discrètement et une fois qu'il était parti, fouilla dans la poubelle pour lire ce qu'il avait écrit.

Lettre ouverte à mon génisseur a écrit:


Géniteur,

Je sais que tu n’auras jamais cette lettre ou, le cas échant, que tu ne prendras même pas le temps de la lire. Comme à ton habitude, tu fais toujours ce qui te plait sans te soucier le moins du monde de ce que moi ou Amy pouvons ressentir. Je me souviens encore de tes dernières paroles lors de ce mois de Janvier, juste après les fêtes. « Je n’en ai pas pour longtemps, je reviens avec les médicaments pour Maman . Je compte sur toi pour garder la maison » Tu parles c’était juste pour trouver un prétexte et te défiler. J’ai vu que l’handicap de maman te posait beaucoup de problèmes de conscience. Comment vivre avec quelqu’un qui jour après jour avait du mal à se rappeler de qui on était ? Quand j’ai été plus grand, j’ai su que cette maladie n’était pas curable avec des médicaments. Tu as profité de notre ignorance sur le sujet pour fuir. Et puis tu n’aimais pas la neige de Frimapic, tu te plaignais tout le temps. Ben tu sais quoi ? Moi non plus. Mais il aura fallu que je me transporte sur un autre coin du globe car je n’arrêtais pas de pleurer quand j’étais petit.

De la haine, j’en ai tellement en moi qu’elle sort de tous les pores de mon être. Amy ne connait pas la vérité et elle ne le saura jamais. Tu es un parfait inconnu pour elle, pour nous tous. Quand je repense à ce jour fatidique, je me rappelle pertinemment que la violente tempête de neige qui en avait suivi et du vide dans la maison. Je me rappelle trop bien de l’incompréhension de ta mère lorsqu’on lui avait dit que tu n’étais pas là depuis trois jours et qu’on pensait que tu étais mort dans la montagne. Ah et puis l’affolement des grands-parents quand ils nous ont retrouvé. Il faisait -20°C et la maison était à moitié enterrée dans la neige ! Mais putain, qu’est-ce qui t’es passé par le crâne pour nous lâcher comme ça ? Je sais que je n’étais pas toujours un enfant intelligent ou intéressé de tout, je n’étais certainement pas le fils que tu espérais mais Amy n’était qu’un bébé, elle avait tout son avenir devant elle ! Qu’est-ce que tu voulais que je fasse avec elle ? J’avais QUATRE ans seulement. Amy n’arrêtait pas de vomir ce que je lui donnais et je ne savais plus quoi faire pour faire taire ses pleurs. Quand les urgentistes sont venus, elle était en anémie et aurait pu claquer si j’avais attendu ta venue encore une seule journée. Maman était difficilement gérable et tu m’avais demandé de m’occuper d’eux. MAIS COMMENT AS-TU PU ? Et surtout… Comment aurais-je pu ? En fait, tu n’as pas essayé de nous abandonner, tu as voulu nous tuer. En cela, je ne te considère plus comme un père mais comme un géniteur. Et je protègerai Amy de toi, qu’importe si je dois me battre contre des fantômes pour préserver son innocence. Elle a droit à un futur.

Alors voilà, grâce à toi, j’en garde encore le beuglement tonitruant de la tempête de neige qui fait trembler les pans de bois, souvenir glaçant qui m’accompagne encore dans mes nuits les plus noires. Je n’ai pas compté le nombre d’heures où j’ai regardé cet horizon blanc et morne en espérant que tu reviennes vite car Amy ne faisait que hurler et je ne savais pas quoi faire pour l’aider. Et plus généralement, c’est le froid qui me fait peur. Parce que le froid c’est ce que j’ai pu ressentir lorsque j’étais tout seul la nuit à attendre ta venue. La nuit noire sans lune ne me renvoyait que des vagues glaciales me couvrant comme un linceul de glace. Parce que à présent, à chaque fois que je vois de la neige, je me rappelle avec une précision ahurissante de cette soirée et que j’aurai pu – non j’aurai du ! – t’empêcher de partir et ne pas me laisser m’illusionner que moi aussi je pouvais être un grand. Mais le pire dans tout ça ? C’est que malgré le mal que tu nous as fait, j’ai encore gardé ma putain d’âme d’enfant et que j’espère encore et toujours te voir venir avec les médicaments entre les bras. Du coup, Papé et Mamé ont dans un premier temps emménagé avec nous pour s’occuper de Maman. Son état s’était aggravé, elle ne nous reconnaissait plus du tout et ne s’occupait plus d’Amy. Et puis moi… Je pleurais souvent aussi dès qu’il y avait de la neige qui tombait. Avec les enfants du village, j’étais devenu agressif dès qu’on disait du mal de mes parents. Mais le pire était survenu après. Papé et Mamé m’ont raconté que lorsque la date anniversaire avait eu lieu, j’étais devant la porte de la maison et j’attendais Papa. Et qu’à un moment donné, j’étais sorti pour aller te chercher. Est-ce que tu as la moindre idée du carnage que tu as pu faire ? Papé et Mamé ont fini par prendre une décision : quitter tout ce qu’ils avaient construit ici et retourner dans les terres natales de Papé, originaire d’Alola. Là-bas, il n’y a jamais de neige, je pourrais enfin me construire comme il le fallait. Alors voilà, nous sommes actuellement en janvier, il n’y a pas de neige mais j’entends encore ta voix spectrale sortir du plus profond de ma mémoire et venir me hanter de ton absence. Et malgré la chaleur, je reste glacé jusqu’à l’os, dans l’attente encore, de te voir revenir un jour derrière une vitre.

Et ce jour là, je te tuerai de mes propres mains.

Son regard s'était arrêté sur les derniers mots. Elle en avait du mal à le croire. Elle savait qu'Eliott n'aimait pas son père mais c'était la première fois qu'elle avait la preuve irréfutable de sa haine profonde envers lui et jusqu'où il est prêt à aller. Et il était inconcevable pour elle qu'une telle chose puisse arriver, ce n'est tellement pas dans le caractère du bonhomme....

La mamé jeta la missive dans la poubelle, comme si elle lui avait brûlé les mains. Elle devait en parler à son mari et lui dire la vraie raison pour laquelle tout cela était arrivé. Ils lui avaient caché la vérité depuis bien trop longtemps. Et peut-être qu'Amy serait un bon point de départ.

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Dresseur Alola

C-GEAR
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Région : Alola
Mar 9 Jan - 17:35
Finalement et contre tout attente, la Mamé remis les peids dans la chambre d’Eliott et prit la lettre odieuse pour la réécrire. Depuis qu’elle avait fait cette découverte, elle se demandait où est-ce qu’elle avait échoué dans l’éducation d’Eliott pour en arriver à un tel point de paroxysme. Certes elle n’était pas la mère du petit et elle ne songerait jamais à remplacer dans son esprit l’image maternelle de sa mère mais quand même… Alors qu’elle réécrivait le texte avec parfois toute la dureté des mots qui était sorti de sa plume, elle songeait à des potentiels indices qui auraient pu la mettre en garde. Et… A bien y repenser, il y avait ce fameux repas de Noël lorsque Amy avait 7 ans et donc Eliott 11. Les remarques du gamin étaient déjà… Assez troubles.

Elle se souvenait…

~~~

C’était lors du repas de Noël. Contrairement à des noëls traditionnels qui se passaient un peu partout dans le monde avec les sapins et la neige, à Alola c’était vraiment une journée de fête et de partage. Le soleil était généralement radieux et ils sortaient la table dehors pour manger tous ensembles, humains comme pokémons. Il y avait elle, son mari, les deux petiots, Tropicana et Jacot qui passaient mettre un peu d’ambiance au sein de la maison. Les enfants mettaient la table tandis que la mamé s’affairait à préparer de bons plats locaux. Comme à son habitude, le papé s’affairait à préparer le grand feu pour faire griller le poisson pêché le matin même par les voisins. Comme la famille Terrebel était nouvelle et n’avait pas de bateau, il était compliqué pour eux d’aller chercher du poisson dont par politesse, ils en laissaient un peu de côté contre rémunération. Eliott était toujours fasciné par les espèces ayant pu être attrapées. Ctte fois-ci, ils avaient pu leur attraper du requin. Un scientifique déplorerait que ce Sharpedo fût trop petit pour être pêché et consommé mais cela leur suffisait à tous et à toutes et un pokémon commun ne déséquilibrerait pas l’écosystème, chose dont les Aloliens restent très conscient. Amy était restée avec la mamé pour aider à la préparation des plats tandis qu’Eliott taillait le bois pour faire des broches et faire cuire le poisson. Finalement, une délicieuse odeur de poisson grillé planait au-dessus de la table alors que tout le monde était arrivé ainsi que de Tropicana, arrivant de son pas lourd jusqu’à la table du repas et essayant par la même occasion de chiper une part du poisson, ce qui fit crier la mamé sous les rires bienveillants des enfants et du papé. Après tout, Noël n’était pas que pour les humains mais aussi pour les pokémons et comme l’égalité était une notion très forte en chacun des membres de la famille, tout le monde était convié à ce moment de partage. Même le Jacot, d’habitude ronchon et de mauvais poil, était venu et attendait patiemment posé sur son perchoir, lâchant parfois un étrange mix de chants traditionnels parsemés de jurons, ce qui faisait toujours réagir la mamé. A se demander qui lui avait appris de telles obscénités !...

Avant de se mettre à table, ils ont l’habitude de prier les dieux pour les remercier de leur avoir permis de manger ce poisson avant d’attaquer leur assiette. Même le Jacot ne pipait mot. Et une fois ce moment de recueillement passé, ils attaquaient. « Ne mange pas trop vite Eliott ! » Une remarque sempiternelle qui sortait toutes les 2-3 minutes de la bouche de la mamé. Mais Eliott profitait vraiment de tous ces moments avec un naturel qui tranchait avec toutes les horreurs qu’il avait vécu. Il y eu également le dessert et ensuite la remise des cadeaux. Généralement, cela commençait par les enfants et avec l'aide de l'école, Amy avait pu confectionner un beau collier de fleur ou les yeux. Eliott de son côté avait fait les fonds de son portefeuille pour acheter un livre à chacun. Pour la mamé, c'était sur les jardins botaniques et la culture des baies, pour son papé c'était sur les plus grandes inventions dans l'histoire. Enfin pour Amy, il lui était parti chercher un gros coquillage qui lui permettait d’entendre le bruit de la mer. Les pokémons avaient aussi droit à leur cadeau : un assortiment de fruits pour le Jacot (et sortait un juron pour les remercier) et un régime entier de banane pour Tropicana qui comme une folle se jetait dessus. Ensuite, la mamé offrait généralement des nouveaux vêtements qu’elle avait pris le temps de tisser les vêtements. De part son ancienne profession où elle travaillait dans une usine de confection de vêtements, ces cadeaux étaient vraiment sympa et elle avait du goût. Le papé offrait quant à lui des petits automates qu’il créait dans son atelier. C’était plus difficile à faire pour le papé car Eliott a toujours le nez fourré dans ses affaires, fasciné par la mécanique des rouages et comment quelques pièces de métal pouvaient donner lieu à de la vie et partager de l’émerveillement. Et lors de ce Noël là, Amy avait reçu un Galopa qui donnait l’impression qu’il galopait lorsque la manivelle tournait. Et, peut-être était-ce une erreur ou une volonté du papé – la mamé lui avait demandé plusieurs fois si c’était le cas mais il assurait qu’il n’imaginait pas une telle réaction – mais Eliott reçut une petite maison de Noël où, lorsqu’il tournait la manivelle, les pans du toit s’ouvrirent et faisaient apparaître un Polarhume comme endormi dans la maison, les yeux mi-clos. Le pokémon ouvrait un œil au bout d’un moment mais pas tout de suite, comme pour signifier que le pokémon prenait conscience que quelqu’un l’observait. C’était une très belle pièce à n’en point douter et Eliott l’adorait beaucoup mais comme une porte sur les terribles songes du souvenir, son esprit associait le cadeau d’une autre manière et beaucoup plus terrible. Il était le Polarhume endormi dans la maison lorsque son père était parti. Visiblement ému, des discrètes larmes coulèrent sur ses joues.

~~~

Eliott avait 17 ans à présent et elle avait cru que le temps panserait les plaies pour de bon. Il a grandi et a évolué sur bon nombres de choses et continuera de s’épanouir mais seulement lorsqu’il aura fait la paix avec son passé. Il avait de cette délicatesse dans son cœur et son esprit qu’elle se devait de préserver des choix égoïstes d’adultes pas toujours si adultes que ça. Parce qu’au-delà de tous ces cadeaux, il y avait la lettre qu’il recevait. Une fois par an. Des lettres de son père. Des lettres cachées pour l’équilibre du petit. Bientôt il allait avoir 18 ans. Bientôt il saurait tout. Et tout le monde devra être là pour passer au dessus de la crise qui corrode le bien-être d’Eliott car cette réaction qu’il a eu juste pour un simple automate ou à travers cette lettre manuscrite risquerait bien d’être plus violent que tout ce qu’ils pouvaient envisager.
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Dresseur Alola

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Région : Alola
Lun 15 Jan - 18:59
Eléanore n’était pas certaine du moment opportun pour faire éclater l’abcès qui enfle dans le cœur d’Eliott au sujet de son paternel. Elle observait du coin de l’œil et voyait son petit-fils grandir. Jouer à nouveau les mères avec la chair de sa chair sans pour autant en être la génitrice, cela l’avait toujours un peu gêné. Et puis, contrairement à ce que l’on pourrait penser, Eliott était certes très poli et courtois mais, toujours par le biais de petites piques faisait rappeler que non, Eléanore n’était pas sa mère et que lorsqu’il avait envie de faire quelque chose, il se donnait la permission de le faire. Auraient-ils du se comporter autrement ? Qui avait raison ? La grand-mère ? Le petit fils ? Cette famille en apparence unie était pourtant déchirée et chacun essayait de penser ses blessures. Le gamin ne se rappelait peut-être pas mais quand ils avaient ramenés les petits avec eux dans leur maison à Joliberges, Eliott avait une passion dévorante pour aller sur le marché portuaire.

***

Contrairement aux autres îles d’Alola, le port de Joliberges était certainement le port le plus réputé du coin compte tenu de la grandeur et des habitants de tous horizons qui y venaient. Certes, il y avait les pêcheurs locaux qui connaissaient bien où pêcher, quitte à garder jalousement l’endroit de leurs spots. Mais le port de pêche avait, au cours du temps, finit par se démocratiser et attirer toujours plus de monde. Le maire de la ville avait toutefois pris soin de ne pas vouloir trop étendre le marché sous peine de défigurer le littoral. Bien que plusieurs personnalités se soient succédé et que chacune n’était généralement pas en accord avec le précédent postulant au poste, tous ceux qui ont été maire ont respecté cette volonté de la toute première personne et qui a permis au fil du temps de faire connaitre cette petite ville. Si son fils n’aimait pas plus que ça cette bourgade, Eliott en revanche aimait beaucoup ce lieu et insistait pour demander à sa grand-mère de sortir le dimanche pour aller sur ce marché.

Il faut dire que ce lieu reste assez unique et pour toute personne extérieure désireuse de voir un melting-pot de cultures et de pêches plus ou moins traditionnelles, c’est le lieu idéal. Dans les allées aux tentures de bleue et de vert parfois criards, il n’est pas rare de se retrouver étourdi une fois que l’on rende dans ce brouhaha où nos sens sont en éveils. « Achetez mon poisson, il n’est pas cher ! » tandis que d’autres marins hèlent les passants pour les embarquer le temps d’une journée en mer chercher d’autres poissons. Eliott aimait beaucoup regarder les étals de poisson et voir toutes les espèces qui pouvaient peupler la mer. L’odeur eau de mer chauffée par le soleil ne semblait pas spécialement le déranger mais parfois, il s’écartait vivement de certains stands qui semblaient plus que douteux en termes de fraîcheur de poisson.

Mais ce qui fascinait le plus Eliott était les bateaux. Et c’est certainement depuis cette époque qu’il a toujours voulu construire plein de choses, vu qu’Alexander a, par son métier, transmis également un peu de son amour pour la mécanique au petit garçon. Eliott voulait pendant un moment voyager sur un bateau et aller en mer. C’était son délire du moment. Mais cela devenait bien plus compliqué lorsque l’enfant sage usa des mots justes pour parler d’une situation complètement insensée, ce qui fit hausser le sourcil du marin. Car voilà, le gamin disait qu’il n’avait plus de parents et qu’il était libre pour partir avec eux. Eléanore avait tôt fait de lui rétorquer que ce n’était pas le cas, qu’il vivait avec eux mais… Avait-il réellement tort ? Son idiot de fils avait plus ou moins laissé tomber sa petite famille tout ça pour des histoires de pokémons dangereux ? Le gamin insistait. Elle dut lui mettre une gifle et le forcer à rentrer sous les pleurs du gamin qui n’avait rien fait de mal que d’édicter la vérité.

***

Cette gifle, c’était comme si elle se l’était mise aussi. Mais que pouvait-elle faire de plus ?


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