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» Winter Wonderland


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Dresseur Johto

C-GEAR
Inscrit le : 26/09/2015
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Région : Johto
Dim 7 Jan 2018 - 22:32
L’hiver c’est beau, y’a pas à dire. La neige apporte cet élément empreint d’une légèreté, de ces flocons virevoltant au gré du vent et on y trouve, l’espace d’un instant, un moment de répit. De tout, de ce qu’on a envie de se reposer de. Peut-être est-ce la raison pour laquelle les gens sont d’autant plus généreux lorsque la neige arrive? De cette pureté immaculée tapissait le plancher terrestre, ils arrivent à en oublier leur propre dégoût viscéral de ce qui n’est pas comme eux. C’est ce que je me plais à croire. Il faut une raison pour cette bonté estivale et la neige est le parfait coupable. Les cœurs légers à l’approche de Noël gèlent bien vite une fois les festivités terminées, ceci dit. Après, c’est le froid. La température, les gens entre eux. C’est déjà bien, je crois qu’ils se forcent à être sympathiques un mois par année, leur en demander plus relèverait d’un accomplissement qui dépasse l’entendement. Alors il fait froid, la neige n’est plus cette douce précipitation fébrile et enjôleuse. Elle est mordante, douloureuse. Le vent est sec et poignant, de quoi s’en geler les sorboules. Les gens ne sortent plus, sinon chaudement habillés, prisonniers d’un cocon de vêtement qui les bloque de tout. Par pure bravade, lorsque les gens ont trouvé refuge dans leurs demeures, l’hiver ne montre que son plus beau côté, toujours aussi invitant. Sauf que c’est de s’y méprendre que de croire à une accalmie, une trêve. L’hiver c’est beau, mais diablement traître.

Et ça, ce n’est qu’à la compagne. En ville, la question ne se pose même pas. L’hiver, c’est dégueulasse. Sale, humide et repoussant. Tout le monde est frustré, plus que d’habitude. Parce que la routine ne change pas. Personne ne s’arrête pour regarder autour d’eux et ne font qu’observer ce qui se trouve à leurs pieds. Ce qui y vit n’est rien d’autre qu’une boue informe, à mi-chemin entre le solide et le liquide. C’est froid, ça pue et si c’était vivant, ce serait sans aucun doute le cousin biologique du tadmorv. Mégots de cigarettes, papiers de chewing-gum et déchets en tout genre subsistants dans ce mélange d’eau et de neige glacées. Après, on ne s’étonne pas que l’hiver désire se venger. Y'en a qui appellent ça le réchauffement climatique. Peut-être que c'est le cas. La neige blanche est maintenant noire et brune. Y'a du calcaire qui s'accumule partout. Tout est sale. Est-ce que j'ai dit que c'était sale? Quand même sortir dehors devient une épreuve. On oublie les vêtements propres aussi. Les chemins sont plus étroits, les gens se bousculent. L’hiver en ville, c’est de quoi faire perdre la tête.

Aujourd’hui devait être une journée banale. Grise, mais agréable. Le genre où on reste au chaud, sur son canapé avec un peu de musique et un livre. La neige était faible, mais présente. L’urgence voulait que je me rende au centre Pokémon le plus près; Zuko avait mangé toute la nourriture de Winston quand j’avais le dos tourné et semblait avoir un peu de mal à la digérer. Bref, il fallait braver l’hiver Johtoien. Ce n’est pas de la mauvaise foi, mais lorsque tes deux premiers pas se résument en des chaussures détrempées, ça donne envie d’envoyer chier. C’était une flaque et un peu d’inattention qui avait eu raison de moi à même pas cent mètres de l’appartement. Quelle désagréable sensation, que celle de l’eau s’infiltre dans le tissu et au niveau de la semelle. Qui pénètre la chaussette après, sans consentement, et qui t’arraches une grimace de dégoût. C’est un moment d’incertitude à contempler sa chaussure humide, puis vient la résignation. Il faut aller de l’avant. Marcher donne des frissons dans le dos, ça fait flouish à chaque pas et vu que le tissu boit l’eau, tu patauges dans une mixture de ta propre saleté accumulée au fond de tes vieilles basket en plus de la neige crottée. J’aime pas l’hiver en ville. Le froid semble plus pénétrant, le genre qui t’empêche de respirer ou celui qui gèle toute la condensation dans ta moustache. Celui qui fait mal. C’est pas normal, de l’air qui fait mal. Et je suis pressé parce qu’à la maison, y’a l’autre qui se lamente. Qui savait qu’il ne devait pas manger la bouffe des autres, mais qui a décidé d’en faire à sa tête. Alors je me dépêche. Il fait encore plus froid. Sauf que je ne suis pas le seul qui est pressé. Les automobilistes s’en foutent un peu que t’es à pied. C’est pas ça qui va les empêcher de rouler à pleine vitesse dans cette PUTAIN de flaque et de m’arroser. Et les gens me regardent et je voudrais les envoyer se faire voir, mais je suis pressé. Une vie en dépend! Du moins, c’est ce qu’il laisse croire. Le pied mouillé devient un pantalon mouillé. Il fait froid, ça imbibe le pantalon et maintenant c’est tout le bas de mon corps qui me supplie de rentrer. Que dire de l’humeur –qui serait sans doute dans les talons si ce n’était pas aussi désagréable-. J’ai un Pokémon malade, je suis pressé…LAISSEZ-MOI PASSER.

Sauf que c’est une fois que les courses sont faites, que le Kecleon qui se tape une indigestion se repose enfin, que tu retires enfin ta chaussure et que tu libères ton pied de ce calvaire, il y a l’extase. Il est un peu ratatiné, mais c’est le bonheur. Y’en a qui appellent ça le karma, je crois. La chaleur, enfin. Cette sensation, si banale pourtant, c’est ce qui a de mieux au monde. Sur la même échelle qu’on orgasme, bien que moindre un peu. C’est en regardant dehors, en voyant les flocons tomber que je me dis que c’est pas si pire, au final. Qu’il y a du bon à l’hiver, si ce n’est que pour se réchauffer et boire un chocolat chaud.

« ADAM. Pourquoi mon t-shirt est plein de vomis ??? »

…Sauf que ça ne dure jamais assez longtemps.

Et quelque part dans l’ombre, un Pijako se moquait sournoisement.


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Dresseur Johto

C-GEAR
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Mar 9 Jan 2018 - 6:55
« Pour la dernière fois, je suis désolé Billie. J’avais pas vu qu’il avait vomi là aussi… Dis-lui que t’es désolé, toi!»
«Keeeeeeeec…»

Pauvre Kecleon. Allongé sur le lit, sa petite compresse d’eau froide sur la tête. Au moins, il avait arrêté d’être malade. Pour le reste, il lui fallait du repos. La Pokéball était hors de question, il fallait que je m’assure qu’il allait bien. C’est dommage pour le t-shirt, surtout qu’il semblait neuf. De mon côté, je le célébrais la nouvelle année comme il se devait, c’est-à-dire à quatre pattes à essuyer ses dégâts. C’est à ce moment qu’on se rend compte que même les meilleurs dresseurs peuvent perdre le contrôle. Parce que j’ai beau chercher, j’ai du mal à justifier le fait d’être en sous-vêtements avec un t-shirt à deux heures des festivités en train d’essuyer du vomi de Kecleon. Sans compter le Pijako perché sur le meuble de télévision qui imitait les bruits gutturaux de Zuko qui renvoyait et le Galvaran qui, sentant d’une manière quelconque la panique m’habitant courait partout dans le condo, se mangeant chaque mur vu son inhabilité apparente à freiner sur une surface un tant soit peu glissante.

«Heliiii, Heliiiii» *thonk*
«Winston, arrête de faire ces bruits! Et toi, tu veux bien arrêter de courir partout? Tu vas te blesser.»

Billie, quant à elle, prenait des photos qu’elle enverrait sûrement à tout le monde. Outre cet épisode quelque peu inattendu, la soirée devait en être une de réjouissances. Après avoir fêté en famille, l’heure était aux amis. Ça fait drôle de me dire que les choses ont changé à ce point depuis ce qui s’est passé cet été. J’avais mis un trait sur cette idée ou du moins ne ferait pas d’effort en ce sens. Les gens qui entraient dans ma vie étaient comptés et choisis avec minutie et Billie en était responsable en grande partie. Même si nos débuts étaient basés sur un élan égoïste de sa part, elle m’avait présenté à ses amis.

Après avoir tout ramassé –et pris une bonne douche-, la soirée pouvait commencer. Chacun apportait un plat, un potluck des plus traditionnels. J’avais opté pour la lasagne, un choix qui ne fut pas très compliqué puisque c’est à peu près le seul plat que j’avais maîtrisé au cours de ma vie de jeune adulte, le tout sous la supervision de maman. Jayce et Carmine avaient préparé des amuse-gueules, Riley une tarte aux baies razz et Billie un repas à base de tofu. J’aime pas le tofu, mais si j’en mange pas elle va le savoir. Dans le salon, c’est les enfants qui sont à l’honneur. Par enfants, je veux dire pokémons. La consigne avait été claire. Ils avaient le droit de jouer, mais calmement. Certains avaient choisi de rester dans leur Pokéball, d’autres préféraient socialiser. Zuko dormait toujours, les deux autres étaient dans le salon. Le Komala de Billie comatait dans son coin tandis que son Miradar s’était fait un mot d’ordre de surveiller à ce que tout se passe sans problèmes. Ce qui impliquait surtout de surveiller mes pokémons. Le démolosse de Jayce était allongé sur le canapé, le Phylalli s’était positionné à ses côtés. Les compagnons de Riley, quant à eux avaient tous fait faux bond en cette soirée. D’ailleurs, un assortiment de gâteries leur était offert et presque tous s’en étaient donnés à cœur joie.

Les discussions allaient bon train, c’était agréable de pouvoir discuter avec des gens et d’avoir ce sentiment de légèreté. Celui qui permet de se laisser aller, de dire tout ce qui nous passe par la tête sans avoir peur d’être jugé. Peut-être était-ce le vin ou le temps de l’année qui éveillait ce genre de sentiments. Les anecdotes devinrent de plus en plus osées au fil de la soirée –et j’en épargnerai les détails pour le bien de tous-. Tout le monde riait, tout le monde était heureux et franchement, c’est cool. Y’a de la complicité dans l’air. Jayce et Carmine sont un duo fascinant. J’ai jamais vu un couple aussi gay et aussi viril à la fois. Assez pour me faire douter de ma propre virilité. Riley aimait les hommes, mais semblait faire les pires choix possible. Elle était une belle femme et sa beauté attirait surtout les Machopeur. Ou l’équivalent humain. Des relations courtes, mais passionnelles et puisqu’elle semblait s’y plaire, personne ne la jugeait. Elle avait encore le temps de devenir adulte. Billie était peu démonstrative –sans doute par solidarité envers sa meilleure amie-, mais moi seul savais ce qui se tramait en dessous de la table. Il y avait fort à parier que tous les pokémons dormiraient dans leur pokéball ce soir.

Les Pokémons étaient plutôt silencieux. Les miens, à tout le moins. C’était pas bon signe. À la seconde où je tournais la tête pour observer, un cri tout droit sorti de la chambre prit l’assemblée par surprise. Galvaran sortait de la pièce en trombe, courant sur ses pattes arrière en tenant la peluche préférée de Zuko. Il était suivi par le Pijako qui riait de son méfait. Galvaran était facilement influençable et Pijako le savait trop bien. Le réel coupable était facile à deviner.

«Vous deux! Vous avez fini de l’embêter? Allez, dans la pokéball tous les deux, vous êtes pas possibles ce soir.»

Une fois les trouble-fêtes en punition, Zuko sorti de la chambre, la mine basse. S’arrêtant à mes pieds, il me regarda en tendant les bras dans les airs. Bien qu’en temps normal il avait son caractère, il demeurait le plus câlin du trio.

«Viens ici gros bébé.»

Hop, dans les bras. Il serrait sa peluche sans un mot, réconforté par un peu de chaleur humaine. Sur le canapé, les autres ne tardaient pas à rejoindre leurs Pokémons aussi. Tout en poursuivant les discussions, les pokémons aussi pouvaient avoir un moment de répit auprès de leur dresseur. Ça me fait drôle un peu, de me dire que tout va aussi bien. Ce n’est pas facile tous les jours, mais je peux bien profiter d’un peu de répit. Comme tout le monde ici, en fait.


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Dresseur Johto

C-GEAR
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Région : Johto
Ven 12 Jan 2018 - 23:48
La soirée allait de bon train, les Pokémons se reposaient maintenant dans leur pokéball respective et du côté des humains, les verres s’enchaînaient. De ce fait, l’incidence des discussions pour adultes augmentait au même rythme. Tout avait commencé soudainement et me voilà pris d’assaut avec des choses que j’ai pas forcément envie de révéler.

«…Allez Adam! Soit pas gêné, on est entre amis. Dis-le, c’est quoi ton fantasme? Le plus grand, celui que t’oserais pas trop révéler. Sauf ce soir.»

«J’en sais rien. Même en y réfléchissant. Vas-y, toi, si t’es si excité de parler de ça

Billie, assise juste à côté, croit bon de venir se coller doucement avant de passer à l’attaque.

«De toute façon, il en fait déjà assez comme ça. Des fantasmes réalisés, il en a eu assez pour une vie d’homme.»

Les gens s’exclament, veulent en savoir plus, mais ça ne marchera pas. J’ai pas l’intention de dire quoi que ce soit.

«Si vous avez peur à ce point, moi j’vais vous le dire. Tony Schwärtzwind.»

Tous eurent une réaction euphorique en entendant le nom prononcé par Riley et l’attention changea d’un coup vers elle. C’est pas la première fois que j’entendais son nom, bien que l’idée qu’il figure à titre de fantasme me dépasse un peu. J’peux concevoir qu’il soit doué, ce serait idiot de le nier, mais soyons franc, il n’a rien de si exceptionnel que ça. Est-ce qu’il cache le secret de son charisme dans ses cheveux blancs? C’est de la teinture, pas vrai? Peut-être que je suis daltonien et que c’est comme ça que j’y échappe. C’est pas normal, d’ailleurs, d’avoir les cheveux blancs à cet âge. Ça cache peut-être une maladie auto-immune ou peut-être qu’il ment sur son âge et qu’il reçoit des liftings pour conserver son apparence de jeune mâle alpha? Ouais sauf qu’il se ferait teindre les cheveux si c’était le cas. Puis bon, pour le reste du physique, n’importe qui s’entraînant est capable d’avoir des abdos. Faut pas croire que je suis jaloux ou quoi que ce soit, mais c’est parce que je ne comprends vraiment pas ce qu’elle trouve chez lui…et que je suis curieux, aussi.

«Ok, mais, tu lui trouves quoi? T’en as après son statut de star et c’est tout?»
«Quoi t’es jaloux?»
«Que dalle, j’me demande juste ce que tu lui trouves. Toi, t’en penses quoi?»

La question s’adressait à Billie, celle-ci relevant la tête pour me regarder dans les yeux, songeuse. Elle regarde à gauche, puis à droite avant de focus sur ma personne et de dire, ce petit sourire qui n’annonçait jamais rien de bon au bord des lèvres.

«Eh bien…c’est sûr que si l’option se présentait…»
Elle rit en plus. Venant resserrer son étreinte autour de ma taille, et je ne voyais plus qu’une masse de cheveux bleus.
«En attendant tu fais très bien l’affaire. Un fantasme, c’est pas ce avec quoi tu veux finir tes jours. Tu dois avoir cette nana que tu rêves de voir nue. J’crois pas que ce soit la fin du monde
«Merci de soulager mon ego meurtri. Ça répond pas à ma question, par contre. Tu lui trouves quoi?»

Elle roule les yeux en nous observant et ça me fait secrètement plaisir. Peut-être qu’elle était un peu jalouse de la stabilité qu’elle n’avait pas. Bien que « stabilité » soit un très grand mot.

«Ben je sais pas. C’est un peu le rêve ce type. Déjà il fait attention à lui, il a un corps à faire baver, c’est de vivre la vie où tu fais la fête jusqu’à pas d’heures et que tu te couches seulement lorsque t’as plus une goutte d’énergie. Il doit être sacrément doué au lit en plus. Puis avec sa belle gueule, sa barbe naissante et son attitude, y’a tout pour me faire baver. Des mecs qui ont autant de confiance, c’est ça qui charme les meufs.»

«Bon ça va, c’est rien que je sais pas faire moi-même.»

Elle me balance un coussin à la tronche.

«Que tu crois. Vous êtes pas dans la même ligue. Lui c’est le vrai et à la rigueur, si j’entre dans ton jeu, t’es au mieux la marque maison. Tu peux pas te comparer.»

Il y avait de quoi s’offenser, mais c’était cause perdue. C’est vrai qu’au fond on ne pouvait pas comparer le vrai, moi, versus une personnalité de scène.

«Ouais mais est-ce que tu sais comment il est hors de la scène? Si ça se trouve il t’enverra promener ou tu seras responsable d’un scandale et fera la une des journaux. Les rockstar c’est des voyous. Ils mènent une vie de débauche.»

«T’essaie de me convaincre de quoi, au juste?»
«De rien, j’te préviens.»

Silence dans la salle. Elle semble fâchée, mais réplique peu après.

«Ok, mais toi c’est qui ton fantasme? Qu’on se moque un peu aussi.»

Billie se redresse elle est intéressée, soudainement. À croire que je n’y échapperai pas.




J'insère l'oeuf de Mimiqui et de Flabébé, qui vont éclore le 27 janvier, tout juste pour ma fête!


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Dresseur Johto

C-GEAR
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Région : Johto
Lun 15 Jan 2018 - 23:39
Flash-forward un peu plus tard dans la soirée. Jayce et Carmine étaient partis un peu plus tôt et ne restait désormais que Riley, Billie et moi. L’alcool commençait à cogner et les paupières étaient lourdes, mais on tenait bon. Les discussions allaient du tout au rien, en passant par les faits les plus anodins et anecdotes plus rigolotes que croustillantes. Fallait voir l’expérience comme des gens qui apprenaient à se connaitre. J’avais perdu le fil un peu, fixant le plafond pendant que les demoiselles discutaient. Jusqu’à ce qu’on ose attirer mon attention en scandant mon nom. Ou un truc du genre.

«Adam! T’as été à la Pokemon Academy?»
«Euh oui, pourquoi?»
«Pourquoi t’en a jamais parlé? C’est pas tout le monde qui a la chance d’y aller!»
«L’occasion s’est jamais présentée.»

La Pokémon Academy, l’antre de tous ces gosses de riches qui achètent leur talent. À ce stade-ci, vous savez un peu comment ça s’est passé pour moi. Très bien avant d’aller très mal. Comme quoi je ne fais pas dans la demi-mesure. Ceci dit, si l’on exclut la seconde partie, ce n’était pas si mal que ça. L’académie fonctionnait de deux façons. Au mérite ou au portefeuille. La solution la plus facile était de loin la préférée par les étudiants. Je côtoyais des jeunes de mon âge portant des vêtements valant plus cher que l’ensemble de ma garde-robe, d’autres qui mangeaient dans les restaurants cinq étoiles –quatre étoiles en semaine, faut pas déconner non plus- pendant que moi c’était les ramens à cent pokédollars pour dix paquets. Deux mondes totalement opposés et ceux qui, comme moi, étaient parvenus à être admis par le talent étaient de suite ostraciser. Les groupes se formaient, la hiérarchie s’établissait et nul ne pouvait espérer s’y intégrer sans d’abord devenir le larbin de service –et le demeurer jusqu’à la fin de ses études, c’était pas vrai qu’ils finissaient par t’accepter vraiment dans leur clique. Chez le corps enseignant, on ne faisait rien contre. Au contraire, on appelait ça le réseautage, pratique totalement saine et naturelle. La réflexe naturel est d’accepter sa condition et à se résigner à son sort. D’accepter de faire partie d’une sous-classe d’étudiants et de s’en excuser auprès des autres. Ce qui est très dommage, parce que ça gâche des talents. Je le sais un peu trop bien.

À l’époque, sans avoir la prétention de me croire supérieur…et puis merde on est dans ma tête après tout, j’étais clairement supérieur. Assez du moins pour prendre mon statut d’élève pauvre, mais talentueux et d’en faire quelque chose. Pour commencer, instaurer dès que possible l’idée que je ne suis pas n’importe qui. Ça c’est fait à coup de refus de me plier à leurs exigences, de les confronter sur leur attitude de merde et même d’argumenter avec les profs qui prenaient leur défense. Ça semble simple, mais c’était loin de l’être. Tout devait être réfléchi de sorte que l’on demeure sur mon territoire avec mes règles. Parce que dès que ça devenait une question de fric, j’étais perdant.

Mis à part les étudiants, l’Academy en tant que telle pouvait se vanter d’être à la hauteur de sa réputation. À la fine pointe de la technologie, des éminents professeurs recrutés à travers le Pokémonde pour venir enseigner expressément à Doublonville. Dès lors, si le talent était négociable à l’admission, après ne serait-ce qu’un trimestre les étudiants étaient déjà de très bons combattants. L’horaire était chargé – apparemment- et les examens servaient à casser ceux préférant faire la fête avec leurs semblables. C’était bien là une des seules formes de justice dans cet établissement. Les classes étaient bien orchestrées, mais les simulations de combat remportaient la palme en termes de cours intéressant. Déjà parce que c’était l’occasion rêvée d’humilier un ou deux collègues aux ego mal placés, puis parce que c’est par la pratique qu’on déterminait qui se plaçait au-dessus des autres. Bien se classer dans l’un de ces cours, c’était se donner une chance d’être invité dans les tournois de plus haut calibre et de faire figure de proue en représentant l’école. En plus de ne pas m’aimer, ils n’avaient pas d’autre choix que de m’encourager et c’était doublement génial.

À force de démonstrations de force, ils n’ont pas eu d’autre choix que de m’accepter. Sauf qu’il était déjà trop tard, j’étais plus loin et les rôles étaient inversés. À partir de là, c’était à moi de m’amuser aux dépens de ceux qui souhaitaient m’arriver à la cheville.

J’ose imaginer qu’en dehors de ce climat hostile pour tous ceux ne faisant pas partie de la minorité, l’expérience est merveilleuse. L’uniforme est pas trop moche déjà, bien qu’inconfortable. On s’y habitue, ceci dit, au port du veston et de la cravate. L’apparence publique est très importante après tout. L’architecture à la hauteur de sa prestance et possède même sa propre réserve privée. Quoi qu’on en dise, ce n’est pas de la merde. C’est d’ailleurs à cet endroit que j’ai eu la chance de capturer mes premiers pokémons. J’en garde donc de très bons souvenirs, mine de rien. Puis, avec le diplôme en poche, t’es sûr de trouver du boulot en plus d’être pris au sérieux.

Sauf que voilà, j’ai pas mon diplôme.


«Hého, Adam? C’était comment tes études là-bas?»

Ah, elle n’a pas lâché l’affaire.

«De la merde. Mais y’avait quelques personnes sympas.»
«Comme ceux qui se sont foutus de ta gueule aux retrouvailles?» rétorqua Billie.
«Non, pas eux.»

Parfois, même moi je manque de répartie.


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