AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  FAQ de MPFAQ de MP  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  





 

 
» Les jardins de nos douleurs communes (PV Benedict)


avatar
Dresseur Sinnoh

C-GEAR
Inscrit le : 30/11/2017
Messages : 158

Mer 3 Jan - 18:51
« C’est l’heure de la promenade, Monsieur Kobayaki ! »

Tandis qu’une voix qui se voulait enjouée sortait Masami de son semi-coma contemplatif, ce dernier ne put s’empêcher de constater intérieurement qu’il avait atteint le stade pathétique où il était traité comme un vieillard … ou un prisonnier. Etant donné l’aspect définitivement lugubre des quatre murs blancs entre lesquels il était enfermé depuis tant de semaines, et son incapacité à se débrouiller seul, la comparaison avec une maison de retraite ou d’arrêt n’était pas illogique, quand bien même elle achevait de le déprimer. Il se laissa néanmoins asseoir sur le fauteuil roulant amené par l’infirmière Geneviève, ayant encore du mal à tenir debout plus de quelques secondes. Pourtant, les progrès étaient présents … La rééducation était simplement désespérément lente. Avec précaution, la jeune femme en blouse entreprit de protéger son œil droit encore fragile avec un bandeau, les médecins ayant jugé qu’une exposition directe avec la lumière du jour restait prématurée, tant que la cornée n’était pas parfaitement remise de son opération.

Une fois installé et harnaché, le légiste se laissa pousser tranquillement, arrivant finalement dans le jardin de l’hôpital où il huma l’air frais avec délice, les rayons du soleil sur sa peau le revigorant presque instantanément. Il faisait beau sur Sinnoh ce jour-là, du moins, à l’ouest. Masami était à peu près certains que les habitants de Verchamps devaient comme d’habitude crouler sous les trombes d’eau. A se demander comment autre chose que des Maraistes pouvaient vivre dans cet amas boueux … Le trentenaire ne se souvenait pas d’être une fois venu dans la ville sans qu’il ne pleuve ! Comme d’habitude, l’infirmière Geneviève le mena près de son banc préféré, légèrement à l’écart, à l’ombre de quelques platanes et bientôt, il se sentit bercé par l’odeur douce d’humus et la brise délicate de ce début d’après-midi.

« Je repasse vous chercher vers seize heures, Monsieur Kobayaki ? »

« Oui, merci Geneviève. A tout à l’heure. »

Tandis qu’il observait la jeune femme s’éloigner rapidement, l’homme tenta de se caler un peu plus confortablement dans son siège, regardant la silhouette diminuer au fur et à mesure puis se faire engloutir par les portes de l’hôpital. Tournant la tête de droite à gauche pour s’assurer qu’il n’y avait aucun personnel soignant en vue, Masami attendit encore quelques minutes, puis se mit à farfouiller dans la poche du blouson qu’il avait réclamé de sa main non emprisonnée dans une attelle, dénichant après plusieurs secondes de recherches frénétiques l’objet de tous ses désirs : son paquet de cigarette. Sortant d’un autre recoin son briquet, il lui fallut un long moment de combat acharné pour en allumer une, mais la sensation de bien-être qui l’envahit quand il respira enfin l’odeur goudronnée valait largement tous ses efforts. Il savait que, s’il était surpris ainsi, il serait bon pour un nouveau sermon, sauf qu’à cet instant, il s’en moquait éperdument. C’était son petit espace de liberté, son refuge, sans quoi il ne manquerait pas de devenir complètement cinglé à force de ne rien pouvoir faire. Il ne savait pas combien de temps avait pu s’écouler avant qu’il ne perçoive un bruissement dans sa direction : trop, sans doute.

« Qui est là ? »

Impossible de se débarrasser du tout en si peu de temps. Il était condamné à prier Arceus pour que ce ne soit pas un médecin ou un aide-soignant en pause qui ne manquerait pas de le dénoncer. La peste soit des gens consciencieux. Ce qu’il vit arriver le fit soupirer de soulagement : c’était un jeune homme sans blouse médical ou stéthoscope. Il n’était pas à exclure que sa garde soit simplement finie, mais … Il y avait un espoir. Masami le détailla un peu, avant de déclarer, une fois dans son champ de vision :

« Vous n’êtes pas médecin au moins ? Sinon … Je vous laisse cinq minutes de sermon. Sauf si vous êtes du genre à pouvoir être corrompu par une cigarette. »


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Dresseur Sinnoh

C-GEAR
Inscrit le : 06/11/2017
Messages : 109

Région : Sinnoh
Lun 8 Jan - 7:48
Deux semaines. C'était le temps qu'on t'avait annoncé ce matin. Tu n'avais plus que deux semaines à passer ici bas. Après quoi, tu serais libre de reprendre le cours de cette vie dont tu ignorais tout. Cette nouvelle aurait dû te ravir autant que ta sœur l'a été à cet instant. Et pourtant, tu n'en avais rien à faire. Tout ceci te semblait totalement irréaliste. C'était comme si le monde en dehors de ces murs n'existait plus. Après tout, tu ne te souvenais d'à peu près rien, en dehors de maigres souvenirs d'enfance. Alors, en ce bon matin de réjouissance pour ta jumelle et ton médecin, tu restais stoïque. Tu les regardais sourire sans réagir, tu les écoutaient te dire des trucs qui n'avaient aucun sens sans rien ressentir. Et cela ne semblait pas les déranger. Parce qu'il avait l'habitude de te voir si peu réactif. Car pour toi, il était impossible de t'imager quoi que ce soit, de penser qu'en dehors de ces murs le monde pouvait être différent de ce que tu avais connu durant les deux mois qui venaient de passer. Tu avais sans doute un peu peur de ce qui t'attendais, tu n'en étais pas certain. Mais tu ne voulais pas pour autant y penser pour le moment. Après tout, tu avais encore du temps devant toi pour te soucier de ce « problème ».

De retour dans ta chambre après ce rendez-vous express, tu passas le reste de ta matinée allongé sur ton lit à lire le dernier bouquin que cette délicate infirmière t'avait apporté. Elle venait chaque jour avec un ou plusieurs livres susceptibles de te plaire, car elle savait à quel point tu n'éprouvais aucun désire pour cette télévision qui occupait ta chambre – bien que tu laissais allumé la chaîne des dessins animés pour ton Dedenne. Tu ne comprenais pas réellement pourquoi, mais ce genre de programme le passionnait plus que tout autre chose. Tu dus toutefois attendre midi pour recevoir la visite de ton infirmière attitrée, te forçant donc à finir ce livre que tu trouvais finalement ennuyant. Par chance, elle t'apporta avec ton repas un nouveau livre qu'elle-même avait lu et adoré. Tu acceptas alors ce seul présent, totalement confiant, avant de t'attaquer à ton repas. De toute façon, tu n'entameras ta lecture que dans la soirée ou au petit matin. Car une partie de ton après-midi allait être consacré à ton psychiatre, chez qui tu te rendis avec pour seule compagnie ton Rototaupe, laissant le hamster devant la télévision qu'il n'arrivait pas à quitter des yeux.

Il était déjà quinze heures quand tu quittas son bureau, ta taupe perchée sur ton épaule, te réclament une nouvelle pièce à loger dans sa poche ventrale qui débordait presque tant elle était remplie. Au moins, avec lui tu n'avais plus besoin de porte-monnaie, bien que tu devais garder en poche de quoi le sustenter dans la journée au risque de le voir dérober aux autres ce que toi tu ne pouvais lui offrir – comme il l'avait fait à plusieurs reprises durant ton séjour ici.
Comme à ton habitude, tu te dirigeas vers le jardin de l'hôpital où tu aimais te rendre chaque jour. Tu étais maintenant capable de t'y rendre seul et d'assumer ta routine quotidienne sans imposer à qui que ce soit de s'y plier pour te contenter. Alors, comme toujours, tu pris cette allée qui te menait jusqu'à ce banc que tu aimais occuper. Et tu fus surprit de découvrir que quelqu'un se trouvait là, à ta place. Ou du moins, non loin d'elle. Il fallait dire que tu venais en général bien plus tôt que cela, vers treize heures environ, quand tout le monde terminait de manger. Ainsi tu étais toujours tranquille, seul avec tes pensées et avec tes pokémons. Tu devras alors te contenter de cette compagnie que tu espérais silencieuse, ou du moins, pas trop ennuyante. Tenir un brin de conversation ne t'ennuyais pas vraiment, tu restais assez accessible et sociable. Mais tu avais horreur des gens qui se trouvaient avec toi dans cet hôpital, tous aussi pessimistes les uns que les autres. Et surtout, ils te rappelaient que toi aussi, tu étais une sorte de « malade », une personne pas totalement « normale ».

En te rapprochant de cet homme qui devait être dans tes âges, tu souris. Celui-ci te fixais sans aucune gêne, t'analysant de la tête au pied. Tu ne savais pas bien à quoi tout cela rimait, mais tu ne cessas de sourire, ne pouvant t'empêcher d'avoir l'air sympathique. Après tout, tu ne voulais pas tomber dans ce cercle vicieux qu'était l'aigreur. Tu t'apprêtas alors à le saluer d'un bref bonjour – et rien de plus – avant de t'asseoir, mais cet homme dans son fauteuil d'acier ne te laissa pas ce plaisir, cherchant à te corrompre sans raison. « J'en serais presque flatté, mais non, je ne suis pas médecin. Je ne suis qu'un simple patient, comme vous. » Tu haussas les épaules, t'installant sur ton banc fétiche. Et c'est à cet instant que ton Rototaupe quitta ton épaule, te fixant et grommelant en tapotant ton ventre qui tintait suite à l'entrechoquement de cet amas de fortune se cachant là. Sans dire mot, tu fouillas dans ta poche pour en sortir une pièce, plutôt petite, mais qui satisfaisait pleinement l'animal qui s'en alla à l'autre bout du banc pour admirer son nouveau jouet en toute tranquillité. Tu le quittas à cet instant du regard, te concentrant de nouveau sur l'inconnu. « Je ne dirais rien. Pour ça. » Tu désignas d'un mouvement de tête ce qu'il avait essayé de cacher en vain. « En un sens, je n'en verrais pas vraiment l'intérêt. » Tu te laissas tomber au fond de ton « siège », prenant une grande inspiration tout en profitant de cet air frais qui caressait tendrement ton visage. Tu avais fermé les yeux pour mieux t’imprégner de tout ça, forçant un silence entre vous. Et en un sens, tu ne savais pas quoi dire de plus, mis à part un commentaire inutile sur le beau temps ou demander comment ça allait. Une question qui, en ce lieu, s’avérait être complètement stupide.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Dresseur Sinnoh

C-GEAR
Inscrit le : 30/11/2017
Messages : 158

Lun 8 Jan - 16:18
« Disons que la clope, c’est pas trop conseillé quand on a pris une balle dans les poumons. Mais merci, du coup. »

De sa main valide, Masami éloigna la cigarette de sa bouche pour expirer dans la direction opposée à celle de l’homme qui l’avait rejoint un nuage grisâtre et fin. Il se complut quelques instants dans ce silence agréable, observant simplement son comparse impromptu, bercé par le bruit du pokémon jouant avec ses pièces. De plus près, le nouveau venu lui paraissait moins jeune : sans doute que le soleil l’avait aveuglé … ou juste qu’avec un seul œil ouvert sur le monde, ses perceptions à distance étaient particulièrement mauvaise. Le plus déconcertant chez son voisin demeurait cet entrelacement de tatouages qui pointaient autour de son cou, sorti de son haut. Le légiste n’avait jamais ressenti le besoin d’en avoir : tout d’abord, ses parents ne le lui auraient pas permis, quand il vivait encore chez eux, au vu de leurs hautes conceptions de ce qui était acceptable ou pas, élégant ou non. Et quand il était parti de chez lui … le Kobayaki n’avait pas remis en cause ce dogme familial, n’étant juste pas attiré par cette ornementation de la chair. Il n’y avait pas pensé, tout bêtement. Cela ne l’empêchait pas de se demander quelles étaient les significations de ces dessins gravées sur cette peau, les circonstances dans lequelles ils avaient été tracés. Etait-ce un acte de rébellion, jeune ? Vu leur profusion, il en doutait. Un goût personnel, alors ? Assurément. Mais pourquoi ces motifs ? Que représentaient-ils ? Etait-ce une envie ésotérique, des symboles d’un passé révolu, une déclaration discrète à une jolie fille ou un beau garçon ? Peut-être tout cela à la fois.

L’un des rares passe-temps, dans un hôpital, c’était finalement d’imaginer la vie des autres, puisque la sienne n’est généralement pas au mieux. Masami avait fini par se laisser aller à ce léger péché de malade, car cela trompait son ennui. Il aimait regarder les occupants du jardin, se plaire à remplir leur existence de péripéties aventureuses, à tenter de deviner les liens de ceux qui venaient à plusieurs, entourés. Du coup, avoir un sujet d’observation à côté de lui trompait momentanément son abyssal désespoir de ne pouvoir rien faire. Il était d’humeur à apprécier un peu de compagnie, tout simplement, dans l’hypothèse où cette dernière se révélerait plaisante. A y regarder de plus près, malgré ses traits premiers, l’arrivant avait manifestement à peu près son âge, ce qui le changeait des vieillards grabataires ou des gamins survoltés qui occupaient une part non-négligeable de ce petit bocage urbain. En tout cas, l’autre ne paraissait pas très causant, mais poli, souriant, quoiqu’un peu perdu, sans que Masami ne puisse déterminer si c’était en raison de leur soudaine proximité, ou s’il s’agissait d’autre chose. Etait-il un grand timide qui ne savait que dire ? Un taciturne aimant sa tranquillité ? Ou juste un patient un peu paumé, comme lui, qui ne savait comment lier une conversation qui ne finirait pas par les pires lieux communs entendus en ces lieux. Même s’il faudrait sans doute passer par là, au moins pour avoir quelque chose à dire dans un premier temps. Lentement, le regard du légiste dériva vers le pokémon cliquetant, et il l’observa un peu mieux, avant de commenter, curieux presque malgré lui :

« Pas besoin d’un porte-monnaie, avec un pokémon pareil. Plutôt pratique. »

Avant d’ajouter :

« Je ne connais pas cette espèce. Il n’est pas de Sinnoh, non ? »

Il avait encore de bons souvenirs de sa formation optionnelle en médecine légale pokémon, et il ne se souvenait pas avoir étudié cette créature, sachant que les professeurs se concentraient essentiellement sur les bestioles venant d’Hoenn ou Sinnoh, parfois Kanto. Bon après … Aussi glauque que cela puisse paraître, ses connaissances venaient essentiellement de cadavres à disséquer, donc il n’était pas complètement certain que les pauvres formes qu’il avait ouvertes soit complètement semblable à l’image que renvoyait la chose en chair et en os … et surtout bien vivante. Il en était là de ses réflexions, quand le souvenir le frappa brusquement.

« On ne s’est pas déjà croisé dans l’aile psy ? Si … j’en suis presque certain. »

Presque.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé



C-GEAR
Revenir en haut Aller en bas
 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Sujets similaires
-
» DES JARDINS A VISITER
» villes, communes, departements et arrondissements en Haiti
» Dictionnaire de plantes communes et magiques
» JDR "Nains et Jardins"
» [UploadHero] Effroyables jardins [DVDRiP]

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Master Poké :: Le Pokémonde :: Région Sinnoh - 4E G E N :: Féli-Cité-