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» CONCOURS DE COORDINATION n° 39 - Catégorie Dresseurs


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Elite 3

C-GEAR
Inscrit le : 15/02/2015
Messages : 404

Région : Unys / Elite 3
Mar 2 Jan - 12:50
Finalement, elle a craqué. Des jours passés à tergiverser, à se demander si c’est une bonne idée ou non, pour finalement prendre une décision qu’elle sait être mauvaise. Elle a appelé Akim il y a quelques jours pour lui annoncer que le concours de Flocombe aura lieu le lendemain de la manif’ et qu’elle serait sur Unys à ce moment-là, qu’elle pourrait donc peut-être y faire une brève apparition. Son ami a tout de suite mis les pieds dans le plat, en posant précisément la question qui hante Béatrice depuis qu’il lui a proposé de venir :

« Tu penses que ça va aller si jamais tu tombes sur Camille ? »

Elle n’a pas su comment répondre. Elle ne sait pas. Trois ans ont beau être passés depuis que Camille l’a abandonnée, les sentiments de Béatrice vis-à-vis de cette rupture sont encore très vivaces. Elle n’est même pas certaine de ne plus aimer Camille, malgré toute sa colère. Alors comment va-t-elle réagir si elles se rencontrent lors de la marche pour la cellule LGBT ? A priori Béa se dit qu’elle a bien envie de lui carrer son poing dans la tronche pour sa lâcheté, pour son infidélité, pour toute cette souffrance qu’elle lui fait endurer. Mais il y a ce qu’on s’imagine et ce qu’on fait vraiment sur l’instant présent, et Béa sent que le moment venu elle n’aura pas le courage de la prendre entre quatre yeux pour lui balancer tout ce qu’elle a sur le cœur. Elle se sent encore trop fragile pour ça, même si ça la tue de l’admettre.

Mais c’est pour la cause qu’elle vient, pas pour faire plaisir à son ex ou pour la revoir. C’est ce à quoi elle essaie de s’accrocher alors qu’elle rejoint Akim au point de départ du cortège, devant la mairie de Volucité. Il y a pas mal de monde (ce qui est une très bonne chose) et rapidement Béatrice se retrouve entourée de manifestants cherchant à discuter avec elle. Cela pourrait être une situation très désagréable pour la rouquine qui de base n’est pas très sociable, mais comme on lui parle majoritairement de sa prestation sur les transsexuels elle se trouve au contraire très volubile. Elle en profite aussi pour sonder le type de personnes qui sont venues et constate que comme d’habitude il y a assez peu d’hétéros dans le lot. C’est triste de voir que les gens ne se bougent pas dès qu’ils ne se sentent pas concernés.
Alors qu’il est presque l’heure de débuter la marche, Akim reçoit un message sur son portable et attire l’attention de Béa qui est en train de signer quelques autographes. A son expression, la coordinatrice devine de suite qu’elle ne va pas aimer ce qu’il va lui dire.

« Camille me demande si tu veux bien la rejoindre à la tête du cortège. Les caméras des journalistes pourront te voir comme ça, ça attirera l’attention sur nous.

- C’est la raison de ma présence non ?
» grommelle-t-elle. Elle le sait bien, si elle n’avait pas été maitre coordinatrice Camille ne lui aurait jamais demandé de venir. Il n’y a que son potentiel médiatique qui l’intéresse.

Mettant sa rancœur de côté, Béa suit Akim et remonte la foule. A la seconde où elle repère Camille, elle a une brusque montée de désespoir qui la submerge. Elle ressent à nouveau ce mélange de chagrin, de vexation, de trahison, de solitude, aussi intact que le jour où Camille s’est fait la malle, et comprend aussi qu’elle n’a pas avancé. Malgré les années, elle est toujours aussi meurtrie.

« Salut Béa. Merci d’être venue. »

Elle est… cordiale. C’est sans doute la pire attitude qu’elle pouvait avoir, comme si en faisant cela elle niait qu’il y ait eu quoi que ce soit entre elles par le passé. C’est un nouveau coup de poignard pour Béatrice et elle encaisse comme elle peut, mais en même temps cela la soulage un peu que Camille se montre aussi méchante. Elle ne s’attendait pas à des excuses, mais au moins à un soupçon de remords pour s’être enfuie avec une autre ; que son ex ne ressente même pas ça casse un peu l’image idéalisée que Béa a gardée d’elle, et c’est pas plus mal.

« J’en veux pas de tes remerciements. Je suis venue pour servir la cause, comme je le fais à chaque fois. » rétorque-t-elle d’un air acide. Finalement, c’est la colère qu’elle choisit pour lutter contre sa douleur. Comme toujours depuis qu’elle est adolescente. « Dis-moi juste où je dois me placer. »

Camille hésite un instant. Si elle est décontenancée par la rage qu’affiche Béatrice, elle fait tout pour ne pas le montrer.

« Là. Derrière la banderole. Et la presse sait que tu es là. »

Sans un regard de plus, Béa s’installe à l’endroit dit. Son cœur bat vite, douloureusement, et elle ressent l’envie urgente de se soustraire au regard de Camille qui la brûle de l’intérieur. C’est toutefois une question de fierté de ne pas montrer à quel point elle souffre et elle serrera les dents aussi longtemps qu’il le faudra. Se jeter à corps perdu dans la manif’, scander les slogans le plus fort possible, interpeller les journalistes ; c’est à ça qu’elle doit penser. Ce n’est pas pour revoir Camille qu’elle est venue, non.
Du moins, pas consciemment.

***

Camille et elle n’ont pas reparlé pendant la manif’, ni après. Pourtant, le lendemain, Béatrice se sent encore secouée par cette rencontre. Elle n’arrête pas de penser au visage de son ex, à son indifférence blessante, à la violence de sa douleur qui semble indiquer que des sentiments subsistent encore en elle. Elle ne regrette pas d’être venue marcher avec les LGBT d’Unys, non : elle a parfaitement rempli son rôle d’appât et ses déclarations sont passées aux infos nationales, ce qui était le but. Néanmoins, elle doit maintenant payer le prix de ces retrouvailles et faire avec son amertume qui est bien plus vivace que d’habitude. Cela ne l’aide pas vraiment à se concentrer sur le boulot que demande l’ouverture du concours de Flocombe, même si en bourreau du travail qu’elle est elle réussit à dissimuler totalement son mal être derrière une façade de professionnalisme. Est-ce qu’une petite partie d’elle espérait que Camille aurait des regrets et essayerait de se rapprocher d’elle à nouveau ? A-t-elle eu cette faiblesse… ?

Elle ne se force pas à sourire en montant sur la scène du dôme de Flocombe. De toute façon tout le monde est habitué à son expression mal aimable, cela n’attirera pas plus l’attention que d’habitude. Elle avance vers le micro, essaie de se concentrer sur son texte en oubliant la petite moue qu’a eu Camille et qui est si typique d’elle. Elle doit nier ce qu’elle ressent, rien que pour quelques minutes.

« Mesdames et Messieurs, bonsoir et bienvenue au dôme de coordination de Flocombe. » Sa voix est ferme, solennel. Peut-être un peu forcée, mais cela ira. « Comme vous le savez, cette soirée est très spéciale pour la coordination. En effet, le concours de ce soir a la double particularité de proposer deux thèmes au choix, à savoir "NUCLEAIRE" et "L'ENTREE", mais aussi d’être OUVERT AUX DRESSEURS. Ceux-ci n’auront pas la possibilité de gagner des rubans officiels de l’Elite 3, mais il leur sera possible de s’essayer à la discipline et de, peut-être, se découvrir une nouvelle vocation. » A titre personnel elle trouve ça complètement stupide d’ouvrir le concours aux dresseurs, c’est une perte de temps et un affront fait aux véritables coordinateurs de voir leur discipline traitée en simple divertissement, mais elle n’a pas son mot à dire là-dessus. Et puis elle est trop diminuée ce soir pour se montrer vindicative de toute façon. « Souhaitons une bonne représentation à tous les participants de ce soir. »

Elle va s’asseoir à sa place sous les applaudissements du public et pousse un léger soupir discret. Elle n’est pas dans le meilleur état d’esprit du monde pour accueillir les propositions des coordinateurs, mais au moins pourra-t-elle oublier un peu la tristesse qui la ronge depuis hier. Elle l’espère.




LES RÈGLES.
  • Petite particularité de ce concours : les dresseurs ont le droit de participer cette fois-ci ! Ils ne gagneront pas de rubans officiels de l'Elite mais seront jugés dans les mêmes conditions que les coordinateurs de catégorie 1. Que ce soit parce que cela intéresse votre personnage inrp ou parce que vous êtes curieux de tenter l'expérience des concours, c'est ici que vous pourrez exceptionnellement participer à un concours même avec un pseudo bleu ;)

  • Vous avez le droit à 2 pokémons (ou moins si vous le souhaitez), pas plus. Vous pouvez utiliser un maximum de 3 attaques (attaques différentes ou trois fois la même, le compte est identique) par prestation.

  • Les thèmes de ce concours sont NUCLEAIRE ou L'ENTREE, au choix. Il n'est pas nécessaire de préciser le thème choisi au début de votre prestation, le texte devra permettre de le deviner. Soyez original dans votre interprétation de l'un ou l'autre de ces thèmes, nous ne demandons qu'à être surpris ;)

    La difficulté et la subtilité résident dans la manière d’être original tout en nous faisant comprendre de quoi il est question, à travers votre prestation. Il faut que la compréhension du thème se retrouve à la lecture et qu'un spectateur dans la salle, inRP, puisse TOUT SAISIR de ce que vous voulez faire passer..
Vous pourrez apporter des précisions, si vous le désirez, entre balises spoilers, en fin de prestation. Pour autant, ce ne sont là que des compléments d’informations, mais rien de déterminant dans la compréhension du texte, qui doit parler de lui-même aux membres du jury.

Vous avez jusqu’au dimanche 4 février aux environs de 20h (heure française) pour poster votre prestation. Bon concours et bonne chance à tous !


Avatar par Sakae Kurami
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Dresseur Johto

C-GEAR
Inscrit le : 20/01/2015
Messages : 512

Région : Johto
Ven 5 Jan - 4:46
_________— Le prochain dresseur à se présenter est un tout jeune dresseur qui est venu avec son papa de Johto.
____C'était Madame Lima, la maîtresse de Kane, qui leur avait parlé de cette ouverture aux dresseurs de tous âges du concours de coordination qui avait lieu à Unys ce mois-ci. Elle avait dit quelque chose à propos de la sensibilité de Kane. Et de la famille aussi. Kane n'avait pas compris tout de suite, mais quand on lui avait expliqué, il avait tout de suite eu envie de raconter une histoire. Il avait fallu donner aussi envie à Shinara, mais il avait réussi. Il ne demandait pas souvent des choses, c'était ce que son papa avait dit. Apparemment, c'était quelque chose de bien pour qu'il dise oui. C'était pour cela qu'aujourd'hui, il était avec son papa et la sœur de son papa, Shara, tout près de la scène du concours de coordination. Shara avait aussi aidé à dire oui, car il y avait une manifestation de quelque chose dans la région. Kane avait dans les mains deux pokéballs. On lui avait expliqué les règles, et il s'était un petit peu préparé. Il avait aussi un micro dans la main. Sur son épaule, il y eut la main de son papa, jusqu'à ce qu'on lui dise qu'il pouvait monter les quelques marches qui le mèneraient jusqu'au public.

____La scène n'était pas très éclairée. Comme pendant la répétition, il y avait une lumière presque au milieu de la scène, dans laquelle il s'avança. Il portait sur ses épaules un très joli kimono. C'était son préféré. Comme il tombait devant ses orteils, il le réarrangea pour ne pas marcher dessus. C'était à ce moment-là que la musique commença, quelque part derrière lui, avec ses bruits tout doux.


____L'enfant amena son micro à sa bouche, comme on lui avait montré pendant la répétition.
_________— Bonjour. Je m'appelle Kane. D'habitude je ne dis pas beaucoup de choses, mais aujourd'hui je peux vous raconter une histoire.
____Il n'aurait pas pensé que son histoire puisse intéresser quelqu'un. Il n'était pas sûr encore à présent de ce qu'elle pouvait avoir d'intéressant, mais c'était comme quand on lui avait parlé du thème. C'était logique.
____Il laissa, en même temps qu'une deuxième lumière s'allumait tout proche de lui, sa corayon aux éclats de verre sortir de sa ball. Le bleu de sa roche brillait d'une très jolie manière sous la lumière blanche, du plus simple apparat. Elle sourit à Kane, avant de se tourner tout à fait vers le public et lâcher une gerbe de bulles en l'air. Elles commencèrent à retomber, l'entourant elle et le bambin dans florilège de couleurs iridescentes.
_________— Quand j'étais petit, je n'avais pas de papa. C'était ma maman qui s'occupait de moi. Maintenant, ma maman n'est plus avec moi. J'ai quand même beaucoup de souvenirs avec elle. Les premières bulles commencèrent à tomber au niveau de son regard. Elles étaient translucides et colorées. Leur contour s'effaçait par instant à la vue. Il était vain de chercher à les attraper. Pourtant, il tendit la main sous l'une des bulles avec un sourire tendre, qui s'y déposa le plus fugace des instants avant d'éclater. J'en oublie certains, avec le temps. Mais je me souviens quand même d'elle, et surtout des câlins qu'elle me faisait quand il n'y avait que nous.
____Les bulles continuaient de tomber, de moins en moins nombreuses, jusqu'à ce que la lumière qui entourait Sanii la corayon ne s'affaiblisse, très progressivement.
____Kane regarda chacune d'entre elles tomber sur le sol, une à une. Son sourire n'était plus qu'un fantôme, vaguement présent sur son visage, flottant comme un propre souvenir de lui-même. Il y avait des instants qui lui revenaient facilement à la mémoire.
_________— Quand ma maman n'a plus été là, mon papa m'a retrouvé.
____L'enfant marqua un temps, de silence, de réserve. Il baissa vers le sol, fit la moue. C'était à moitié répété, à moitié sincère. Il n'était pas très sûr de ce qu'il voulait dire, ni même de ce que cette partie signifiait tout à fait.
____Il avait bien réfléchi. Son papa l'avait aidé, mais il avait choisi tout seul. Rozu, la roserade à qui Jasper avait confié son fils comme à une nounou, n'était pas là. Comme Jasper. Kane restait seul sur scène, dans le noir et sans souvenir affiché, alors qu'il parlait de ce premier père à présent porté absent.
_________— J'ai été tout seul avec mon papa pendant quelques temps. À l'école, les autres enfants ont souvent deux parents. À chaque fois, j'ai eu un parent tout seul. La lumière sur la corayon s'éteignit complètement, laissant Kane seul un instant. Mais mon papa est parti. Je ne sais pas où il est. Le bambin lança quelques regards alentours, comme à la recherche de ce père qui l'avait accepté, avant de le laisser.
____Il prit une nouvelle respiration, tandis qu'il activait sa seconde pokéball.
_________— Mais avant de partir, il m'a donné un autre papa.
____Ahi, son matoufeu, fit son entrée. Il fit quelques tours de scène, pendant que cette dernière commençait, tout doucement, à se nimber d'une lumière tamisée.
_________— C'est mon papa maintenant. Au début, on ne se connaissait pas bien. Mais maintenant, on se connait très bien. Les tours concentriques du matoufeu se rapprochaient de leur petit maître, jusqu'à venir se lover contre ses jambes, se frotter contre elles. C'est toujours mon papa tout seul. Il n'y a pas d'autre maman avec mon papa. Il y a ma tante, qui s'occupe beaucoup de moi aussi. Et même si on n'est pas une famille avec un noyau au milieu, on est quand même une famille. Au fur et à mesure de la montée de la lumière, il pouvait se discerner au fond de la scène un vague décor domestique. Une famille où je ne suis jamais tout seul et où je me sens bien.
____Ahi courba la tête lorsque Kane se baissa, éloignant le micro de sa bouche, pour lui dispenser quelques caresses. Lorsque le dresseur se releva, le matoufeu dressa son museau vers Kane, et une flammèche s'en échappa. Elle n'était pas gigantesque ; mais elle était bien assez pour illuminer le visage de Kane d'une lueur pleine de chaleur, au milieu de ces spots à la lumière crue. Kane se pencha de nouveau, pour s'asseoir cette fois-ci. Le matoufeu se posta derrière lui, s'orientant de telle sorte que la flamme qu'il créait fut toujours proche de l'enfant et l'auréole encore. Le visage de Kane se détendit avec une évidence propre à l'enfance.
_________— Tout le monde dans ma famille a été ma famille. Tout le monde est encore ma famille, et on marche bien comme ça, même avec plusieurs noyaux. On a plein de souvenirs.
____Autant de souvenirs que de bulles qui, depuis la pénombre des coulisses que la corayon avait rejoint, tombèrent de nouveau sur la scène. Elles étaient cette fois-ci en plus grand nombres, presque envahissantes, déformant légèrement la silhouette du bambin et l'ameublement factice dans le fond de scène.
_________— J'ai plein de souvenirs maintenant, et même si je ne me souviendrai pas de tous, ils sont tous importants. C'est quand même une famille qui fonctionne, parce qu'on s'aime tous. Même avec une maman et deux papas. C'est pour ça que je ne suis pas triste. Je suis même plutôt content. L'important c'est d'avoir au moins un parent qui s'aime. Et qui reste. C'est avec ça, finalement, qu'on fait des noyaux qui tiennent.
____Les bulles continuèrent de pleuvoir avec légèreté sur la scène, pendant que d'autres s'éclataient sur le sol. Cela dura quelques dizaines de secondes. Kane était serein. Il n'y avait pas de morale à son histoire. Il était juste content de pouvoir montrer que les souvenirs des gens étaient importants, et qu'on ne pouvait pas dire que sa famille n'en était pas une, simplement parce qu'il avait eu deux papas et une maman.
____Lorsque la musique se tut enfin, s'effaçant comme l'éclat des bulles sur le sol, l'enfant salua sobrement, avant de repartir avec son matoufeu. Il n'avait pas encore vraiment conscience de la distinction entre coordination et dressage ; c'était aussi une manière pour lui d'en faire une sobre expérience, sans trop de prétention ni d'ambition.




DÉTAILS.:
 
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Dresseur Sinnoh

C-GEAR
Inscrit le : 06/11/2017
Messages : 98

Région : Sinnoh
Dim 4 Fév - 19:25
Ta sœur et toi vous étiez lancé un défi étrange ; celui de participer à un concours de coordination. C'était loin d'être votre domaine de prédilection et pourtant cette idée saugrenue qui de base n'était qu'une simple blague vous plaisait bien. Car en ce début d'année, le concours de cette nouvelle saison était ouvert à tous. Ta sœur t'avait confirmé que jamais vous n'aviez participé à ce genre d’événement par le passé. Et il était bien possible que l'occasion ne se représente pas de ci-tôt. Alors vous vous étiez préparés et durement entraînés pour l'occasion. Et vous voilà maintenant dans la région d'Unys, dans le dôme de Flocombe pour vous frotter aux autres participants sans doute bien plus expérimentés que vous. Mais cela vous étiez égale. Vous faisiez cela pour vous amuser, pour vous confronter tous les deux et rien de plus. Et bien que vous ne vous sentiez pas réellement à votre place, vous étiez heureux d'être ici.

Tu étais resté sagement dans les coulisses durant la prestation de ta sœur. Ton tour viendrait juste après. Tu admirais son interprétation du thème « Nucléaire » que tu trouvais excellente. Par principe, tu avais choisi le second thème, ne voyant pas d'intérêt à copier ta sœur. Tu soupiras lorsqu'elle quitta la scène, lui souriant aussitôt qu'elle te faisait face. C'était désormais à ton tour, ou du moins, au tour de tes pokémons. Tu ignorais si vous étiez réellement prêt. Mais malheureusement, tu n'avais plus la possibilité de reculer. Tu devais assumer cette décision et garder la tête haute, même si ce que tu avais préparé était médiocre.
On te fit signe que tout était prêt et qu'il était désormais temps de te lancer. Toi, tu avais prit la décision de n'être que spectateur et de laisser la gloire à tes pokémons. Alors tu les encouragea en les applaudissant à l’unisson du public. Tes deux compères acteurs du jour te sourirent, amusés par les circonstances, avant de te quitter pour rejoindre la scène.



Le rideau se scinda en deux, dévoilant la scène parfaitement éclairée. En son centre se trouvait une table ronde ainsi qu'une chaise. Sur cette table se trouvait des couverts, ainsi qu'une serviette blanche, le tout parfaitement présenté. En arrière-plan, on pouvait admirer une peinture représentant une clientèle de restaurant qui se délectait joyeusement. Et pour accompagner le tout, on pouvait entendre un léger brouhaha, plongeant ainsi le spectateur dans l'ambiance du décor. Au bout de quelques secondes entra enfin un petit Rotautaupe apprêté d'un haut de costume. Il gardait la tête haute, conduisant jusqu'à sa table une Mysdibule pourvue d'un merveilleux ruban sur son crâne. La petite taupe lui indiqua l'endroit où elle pouvait s'installer, lui délivrant ensuite la carte des menus et des boissons qu'il gardait entre ses griffes depuis tout ce temps. Après une petite courbette, il fit demi-tour et retourna en coulisse, laissant l'autre pokémon seule. Cette dernière se saisie de la carte et fit mine de la lire et de réfléchir à ce qu'elle allait bien pouvoir prendre. Et puis finalement elle leva la patte, la secouant doucement au dessus de sa tête en regardant en direction des coulisses. Aussitôt débarqua son collège poilu. La Mysdibule montra du bout de ses griffes les lignes qui l'intéressait, montrant ainsi son choix de repas. L'échange ne dura que quelques secondes, après quoi le Rototaupe reprit la carte et reparti hors de la vue de tous.

Dans son impatience, le pokémon resté sur scène gigota dans tous les sens, faisant tomber sa serviette à terre. La Mysdibule quitta ainsi sa chaise pour rattraper ce qu'elle avait perdu. A cet instant, le Rototaupe revint vers la table, un plateau en argent entre ses pattes et tenu en équilibre sur sa tête. Sans même prêter attention à sa cliente, il déposa sur sa table ce qui ressemblait plus ou moins à une salade avant de repartir. De son côté, la Mysdibule secouait son bout de tissu, sans se rendre compte que cette grande mâchoire sur son crâne était déjà en train de se délecter de ce qu'elle espérait se mettre sous la dent. En une bouchée, il eut gobé cette salade qui se voulait si bonne. En retournant sur sa chaise, le pokémon aux airs de petite fille fut bien déçue. Elle regarda ce bol vide sans comprendre, rappelant le serveur pour avoir une quelconque explication.

A son retour sur scène, le Rototaupe ne semblait pas comprendre l'énervement de sa cliente. La Mysdibule tenait dans sa patte ce saladier malencontreusement vide, incendiant dans sa langue ce serveur qui n'avait rien demandé à personne. Tous deux haussèrent ainsi le ton. Par leur gestuelle, on pouvait comprendre que le pokémon à la robe jaune réclamait un nouveau plat – un vrai cette fois – alors que la taupe secouait frénétiquement la tête, refusant d'accéder à cette requête. Il s'apprêtait finalement à repartir, épuisé par cette prise de bec sans intérêt. Mais il fut surprit par la réaction excessive de son opposante qui s'était mise à pleurer à chaude larme. La salle était désormais plongée dans le silence, comme si ces personnages dessinés sur la peinture derrière eux ne fixaient plus qu'eux. Paniqué, le Rototaupe s'enfuit vers les coulisses, laissant sa cliente se noyer dans sa tristesse. Mais il ne fallut pas plus de deux secondes avant de l'appercevoir de nouveau, courant en sa direction, un saladier bien garnie entre les griffes. Il déposa la composition sur la table avant de reculer et se courber, comme pour s'excuser. A cet instant, la Mysdibule arrêta instantanément de pleurer, souriant joyeusement, satisfaite de son chantage affectif. Et c'est sur cette mine radieuse qui savourait enfin son plat que les rideaux se refermèrent.



Tu entendais le public applaudir, sans doute par politesse. Tu souriais à ta sœur qui faisait de même, avant de féliciter à ton tour tes deux compagnons revenus à tes pieds, câlinant l'une et caressant le crâne de l'autre. Ta prestation n'avait rien d'exceptionnelle, mais l'important était que tes pokémons se soient amusés à réaliser cette petite scénette. La victoire n'était que dérisoire.



HRP:
 


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Elite 3

C-GEAR
Inscrit le : 15/02/2015
Messages : 404

Région : Unys / Elite 3
Mer 21 Fév - 18:50
Elle a un peu de mal à se mettre dans l’ambiance. Ses doigts agitent frénétiquement le stylo bille qu’elle tient dans la main droite et sa main gauche ne cesse de passer de la table à sa cuisse, comme si elle ne savait pas où la mettre. Le temps des prestations de catégorie 1 elle n’est pas aussi concentrée qu’elle le devrait et elle se fustige. Allons bon, elle se pensait plus forte que cela. A quoi ça sert de jouer la dure et d’avoir une réputation de femme de caractère si elle est incapable de mettre ses problèmes personnels de côté ? Se jeter dans le travail pour oublier sa souffrance, elle connait bien ça pourtant. Elle se ressaisit donc au début de la catégorie 2 et réussit cette fois à s’impliquer vraiment dans ce que proposent les coordinateurs sur scène. Malheureusement, les prestations ne ressemblent pas vraiment à ce qu’elle espérait compte tenu des thèmes. Ne pas faire une prestation coup de poing quand on a nucléaire comme thème ? Ça la fait légèrement grincer des dents. Ces jeunes artistes n’ont-ils donc rien à dire sur ces sujets ? Ou pensent-ils que ce serait trop moralisateurs peut-être ? C’est sûr, c’est inconfortable de mettre le nez de tout le monde dans le tas de fumier, mais si les artistes ne le font pas qui le fera ?

Heureusement, si la catégorie 2 la laisse un peu sur sa faim, les coordinateurs expérimentés de la catégorie 3 lui donnent ce qu’elle attend. Elle constate avec grand plaisir que Schwärtzwind ne lui a pas menti et qu’il est bien revenu sur les planches, ce qui confirme la bonne image qu’elle a de lui. Il compte donc se frotter à l’Elite 2 ? Tant mieux, elle espère pouvoir le vaincre un de ces jours. Il est le seul à attiser ainsi son esprit de compétition, peut-être parce qu’il est suffisamment arrogant pour qu’elle ait envie de lui couper le sifflet sans pour autant perdre son côté sympathique. La prestation qu’il offre ce soir est pour le coup engagée comme Béatrice aime, mais elle regrette un peu que les écrans aient une place si prépondérante sur scène. Elle sait pourtant que Schwärtzwind sait raconter des histoires sans, c’est dommage… Quant à la prestation d’Elimona Torri, elle plait particulièrement à la maitre coordinatrice qui l’applaudit avec conviction quand les lumières s’éteignent. Une prestation qui mêle originalité et message coup de poing, tout ce qu’elle aime.

Arrive enfin la catégorie dresseurs. Béatrice ronge son frein pendant les deux prestations proposées ; loin de faire partie de ces coordinateurs tolérants qui estiment que la coordination doit être ouverte à tous qu’importe le niveau (comme son ex collègue Dominic par exemple), la rouquine est particulièrement exigeante avec sa discipline et ne supporte pas qu’on l’exerce simplement pour le fun. Aussi, si une toute petite partie d’elle-même espérait que les dresseurs étaient aussi capables de porter un message fort, elle grommelle intérieurement en voyant le résultat. Un gosse qui a à peine conscience de ce qu’il fait (et qu’on ne vienne pas lui dire que c’est mignon ou elle se met vraiment en colère) et un petit spectacle pour amuser les enfants, c’est du niveau école primaire et pas concours de coordination. C’est retransmis à la télé, devant des milliers de personnes ! Quelle image cela donne de cet art si délicat ? Et on se demande pourquoi les jeunes gens préfèrent le dressage…

Pendant les délibérations, Béatrice est de mauvais poil et se montre peu enclin à distribuer des rubans. Enervée par cette dernière catégorie dont le principe même l’irrite ? Frustrée de ne pas avoir eu plus de prestations engagées avec de tels thèmes ? Ou tout simplement son humeur sombre et renfermée qu’elle avait avant même de mettre le pied sur la scène du Dôme ? Elle ne sait pas à quel point Camille embrouille son jugement et ça la rend encore plus orageuse. Son agacement déteint sur le reste du jury et quand Béatrice remonte sur scène avec les résultats dans les mains, elle constate qu’elle n’a que très peu de rubans à distribuer. Elle se demande un instant si c’est à cause d’elle que la soirée a été si peu réussie, puis se persuade que cela n’a rien à voir. Elle ne se pense pas assez influente pour avoir orienté à ce point les décisions des autres jurés.

« Mesdames Messieurs, voici les gagnants du concours de ce soir. »

Dans la catégorie dresseurs…:
 



Avatar par Sakae Kurami
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