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» Epilogue : Famille


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Dresseur Alola

C-GEAR
Inscrit le : 18/09/2013
Messages : 607

Région : Alola
Sam 2 Déc - 23:05
Je l’avais serrée dans mes bras si fort qu’elle paraissait réelle. Je n’arrivais pas à défaire mon étreinte, tant j’avais peur qu’elle ait disparu lorsque je relâcherais mes bras. Je m’étais mis à pleurer chaudement sur son épaule et je lui avais demandé pardon. Pardon parce que jamais je n’allais réussir à continuer. Jamais ne n’allais trouver la force de me lever le lendemain et de me présenter à mon second combat de Ligue. Jamais. Car cela ne voulait plus rien dire. Cela n’avait plus jamais rien voulu dire à partir du moment où elle était partie. Je savais qu’elle n’était pas réelle, car il était impossible qu’elle le soit, car je l’avais vue mourir, mais elle était là et c’était tout ce qui importait. Je voulais passer l’éternité en la serrant dans mes bras, quitte à ne plus jamais bouger.

- Pardonne-moi Katarina. Tu voulais que je sois libre, je te l’avais promis, mais je n’y arrive pas. Ca n’a plus de sens si tu n’es pas avec moi.

Je sentis sa main sur l’arrière de mon crâne. Mes forces m’ayant abandonnées, j’étais à genoux devant elle, pleurant son image et serrant sa taille de toutes mes forces. J’avais la tête appuyée sur son ventre, son ventre plat qui me faisait mal, mais une douleur qui ne serait jamais assez grande pour m’ôter le bonheur factice de la revoir.

- Ce n’est pas grave. Ce n’est pas grave, sa voix était tendre, c’était celle dont je me souvenais. C’était elle. J’ai voulu que tu sois libre, mais il n’y a pas qu’un seule chemin vers la liberté. La Ligue était une idée, la plus évidente, et je savais qu’elle te plairait, au départ. Mais maintenant c’est déjà bien. Le match d’aujourd’hui était diffusé, tu as obtenu plus de badges que beaucoup. Et tu as Erwin aussi, maintenant on ne peut plus te laisser disparaître comme ça. Et tu es devenu fort, très fort, tu peux te défendre.

Ces mots rassurants étaient doux à mes oreilles. Ils me donnaient l’impression que je n’étais pas qu’un énorme échec, que même si je ne me relevais pas aujourd’hui, je pourrais me relever un jour.

- A quoi bon tout ça si tu n’es pas avec moi ? J’ai besoin de toi. Je ne veux pas être libre sans toi.
- Raven…, elle pris son temps avant de poursuivre sa phrase. Tu devrais te relever. Je crois qu’il y a quelqu’un ici qui a besoin de toi.
- Hein ?

D’un geste, elle me désigna une direction et, lorsque je regardais, je reconnaissais une personne que je n’avais vu qu’une fois, mais qui avait assez marqué mon esprit pour que je m’en souvienne. C’était Sarah, la propriétaire de Mi-Ha, la shaofouine dont je m’occupais. Elle me regardait avec un air amusé.

- Hé béh ! Je pensais pas qu’un combat pouvait faire autant d’effet ! Mais c’est vrai que c’était intense ! J’ai tout regardé depuis les gradins et tout et tout, c’était génial ! Je suis contente que t’ais utilisé Mi-Ha, même si un tout petit peu. Elle t’as permis de faire de sacrés trucs !

Je me redressais vivement, me demandant ce qu’elle pouvait bien penser de m’avoir vu tout seul à genoux par terre et pleurant. Je tentais également de sécher mes larmes. En regardant à mes côtés, je constatais que Katarina était toujours à côté de moi et qu’elle me souriait, un sourire fait uniquement pour me donner de la confiance.

- Il fallait bien, je t’avais promis, non ?, une boule se formait dans mon estomac lorsque je réalisais que j’allais devoir lui dire que je n’irais pas jusqu’au second combat. Mi-Ha est très forte et intelligente.
- Evidemment ! C’est mon pokémon !, ria l’adolescente. Aah je suis tellement contente que j’en oublie la politesse ! Bonjour madame ! Moi c’est Sarah, j’ai rencontré Raven à Janusia. Le shaofouine trolaclasse que vous avez vu dans le stade aujourd’hui c’est le mien !

Je restais bête pendant de longs instants. Katarina ne s’était pas défaite de son sourie et salua à son tour Sarah. Elles se mirent à discuter de ce qu’elles avaient, vu, elle lui expliqua qu’elle était ma femme et venait de me retrouver. Moi, je n’y comprenais rien. Pourquoi est-ce que Sarah pouvait voir Katarina ?

L’adolescente demanda à voir son pokémon, ce que je lui accordais avec plaisir. Elles s’en allèrent un peu plus loin à l’extérieur, dans un parc aménagé pour le repos et les visiteurs. J’imaginais qu’elles avaient besoin de se retrouver après tant de temps passé loin l’une de l’autre. Dans les faits, cela ne faisait que quelques semaines, mais lorsque l’on est toujours avec un être que l’on aime de tout son cœur, la moindre séparation peut faire mal. Je savais de quoi je parlais et, lorsque je posais les yeux sur Katarina qui était restée près de moi, je me souvenais que tout ceci était impossible et que nous avions été séparés pour tout le temps que je vivrais.

- Je ne comprends pas. Je suis heureux que tu sois avec moi, mais je ne comprends pas. C’est impossible, pas vrai ?, prononcer ces mots me faisait mal.
- C’est vrai. Il est impossible que je sois là. Tu le sais, je le sais. Et si toi tu ne sais pas pourquoi je suis là alors je ne peux pas savoir pourquoi je suis là non plus.
- Je… Ne comprends pas plus… Est-ce que tu es dans ma tête ?, est-ce qu’une réalité sans elle avait été si insupportable que mon esprit s’était rendu malade au point de me donner des visions ? Est-ce que je suis devenu fou ?
- Peut-être que je suis dans ta tête, après tout c’est la seule explication plausible. Mais tu n’es pas fou, d’accord ? Tu essayes juste… De te défendre, le temps de te relever, d’accord ?
- D’accord, j’avais toujours écouté Katarina, pourquoi est-ce que je me serais arrêté alors que ses paroles et sa présence me faisaient tant de bien ? Je suppose que si je ne comprends pas pourquoi Sarah te vois, tu ne comprends pas non plus ?, elle secoue la tête.

Il y avait plusieurs vérités que je pouvais dégager à ce moment-là. Katarina n’existait pas. Ou du moins elle n’existait pas comme mes rêves voudraient qu’elle existe, même si mon cerveau faisait tous les efforts du monde pour me faire croire qu’elle était là. Mensonge que j’acceptais sans opposer la moindre résistance, mais qui n’existait que pour moi. L’attitude du personnel du restaurant où nous nous sommes rendus le soir, avec Sarah, me le confirma lorsque le serveur nous installa à une table pour deux alors que, pour moi, nous étions trois. Katarina était une vision créée pour soulager mon esprit. La seconde vérité que je pouvais dégager est que Sarah existait. L’attitude du serveur que je viens d’évoquer l’affirmait, ça ainsi que la réalité du pokémon qu’elle m’avait confié ainsi que sa capacité à interagir avec les gens. Là où il y avait quelque chose qui coinçait, c’était dans le fait qu’elle était tout à fait capable de voir Katarina, de lui parler, d’interagir avec elle, de la toucher. Et ça, c’était absolument incompréhensible. C’est pourquoi, durant le dîner, après lui avoir expliqué que je ne pourrais pas me rendre au prochain combat de Ligue, ce qu’elle prit étonnamment bien et en me faisant juste promettre d’y retourner un jour, je décidais de l’interroger un peu.

- Dis Sarah, je ne sais plus si tu me l’as déjà dit, mais tu viens d’où ?
- Charbourg ! C’est à Sinnoh, une ville minière.
- Et tes parents te laissent voyager à ton âge ? Ils doivent te trouver très responsable… Attends ! Tu m’as dit que Mi-Ha était ton seul pokémon, non ? Comment tu fais maintenant que tu ne l’as plus ? Comment tu vis ?
- Mes parents… Mes parents… Je crois que je n’en ai pas. En fait. Oui c’est ça !, elle sembla passer dans un faible état de panique. J’ai pas de parents, je me débrouille toute seule depuis petite, donc t’inquiète ! T’inquiète ! Euhm dis ! Euh… Vous vous êtes rencontrés comment avec Katarina ?, elle tentait visiblement de changer de sujet, ce qui ne me plut pas car je commençais à sérieusement m’inquiéter. Pour elle autant que pour le fin mot de cette histoire.
- Je te le dis si toi tu me dis ce que tu me caches.
- Comment ça ce que je te cache ? Je cache rien !
- Il y a forcément quelque chose ! Tu ne peux pas voir Katarina elle, elle… Tu peux pas, c’est tout !, je m’énervais tout seul, montant le ton au restaurant. Katarina posa une main sur mon épaule, m’intimant de me calmer et elle pris la parole à ma place.
- Excuse-le Sarah. C’est encore dur à dire pour lui, mais je suis morte il y a quelques temps. La seule explication à ma présence et que je suis une vision produite par Raven, mais qui ne devrait être visible que par lui. Il est donc… Très étrange que tu me vois et nous aimerions comprendre pourquoi.

Il y eu un silence, l’expression faciale de l’adolescente témoignant clairement de son choc face à la situation. Ce qui voulait dire qu’elle n’avait aucune idée de la condition de Katarina, et rendait les choses encore plus obscures et incompréhensibles. Elle nous fixa successivement tous les deux avant de se prendre la tête dans les mains.

- Putaiiiin…, elle nous regarda ensuite avec un air désœuvré. Je sais pas. Si je réponds pas aux questions, c’est parce que je sais pas. Je me souviens vaguement venir de Charbourg, mais c’est tout. C’est tout… Je… A un moment j’étais à Janusia et je ne me souvenais de rien d’avant, j’étais debout au milieu de la rue et je cherchais quelque chose mais je ne savais pas quoi et je ne comprenais pas où j’étais. Je n’avais jamais mis les pieds à Janusia. Au départ je pensais que c’était un rêve, mais… Mais si c’est ça c’est que je ne me suis jamais réveillée. Parce qu’à un moment je t’ai vu en train de prendre ton café et j’ai… J’ai su que je voulais venir vers toi et que je devais m’assurer de te revoir, donc je t’ai confié Mi-Ha. Mais je ne sais pas pourquoi. Je ne te connaissais pas. C’était comme si quelque chose qui n’était pas moi me forçait à venir vers toi.

Le reste de la soirée fut passer à tergiverser sur les informations que nous avions. Je racontais également à Sarah comment j’avais rencontré Katarina, et par conséquent ma vie et mon enfance en passant un peu par ma famille, comme je lui avais promis de parler de moi. Katarina s’occupa des moments les plus difficiles, mais même elle n’eut pas la force de dire clairement ce qui était arrivé à notre enfant. Je me souviens qu’à ce moment-là nous avons pleuré un peu et demandé l’addition du restaurant pour pouvoir en sortir et ne pas nous donner en spectacle.

Nos pleurs ont duré quelques temps et pleurer notre enfant ensemble a été un soulagement d’un certain point de vue. Pouvoir partager une souffrance, même si elle n’est qu’une image, avec l’autre personne qui a perdu quelque chose d’important. Nous ne sommes pas allés nous coucher cette nuit-là. A la place, j’ai demandé à Toghan de nous emmener loin par la voie des airs. Sur son dos, nous continuions de parler de nos découvertes perturbantes et à chercher une explication sur le mystère qui entourait Sarah. Seulement, rien ne vint.

- Nous pourrions essayer de vivre tous ensemble quelques temps. Si Sarah a éprouvé le besoin de venir vers toi, Raven, peut-être qu’être ensemble pourra faire ressurgir des explications.

Sarah accepta avec enthousiasme cette proposition et je ne refusais pas non plus, même si cette situation me mettait mal à l’aise dans le sens où nous allions vivre avec une adolescente. Considérant mon âge, dont j’avais petit à petit pris conscience depuis que j’étais sorti de l’annexe, elle avait l’âge d’être ma fille. J’avais l’impression que Katarina nous proposait une sorte de simili de vie de famille. C’était assez étrange. Comme une perspective à la fois douce et douloureuse.

L’adolescente finit par s’endormir sur le dos du dragon et je la tenais près de moi pour être certain qu’elle ne tombe pas. Je l’imaginais s’être déchaînée dans les gradins du stade et être désormais épuisée. Katarina s’approcha également de moi et j’eu l’impression de sentir sa chaleur contre moi.

- Est-ce que tu as peur ?
- Ouais. Ca te fait pas flipper un peu toi, tout ça ? J’ai peur de te perdre à nouveau, mais j’ai aussi peur pour Sarah. J’ai un peu peur de ce qu’on va découvrir, mais j’ai aussi peur de ce qui est derrière tout ça, c’est… On se croirait dans un film, un peu.
- Je suis sûre que ça va aller. Peu importe ce qui est derrière tout ça, ça a l’air de faire des choses bien pour le moment, non ?, elle posa un regard bienveillant sur Sarah. Quant à moi… Ne t’en fais pas. Si je suis là par toi, je ne partirais que si un jour tu acceptes que je ne sois plus là.

Je ne répondis rien, mais pensait très fort que cela n’arriverait jamais. Jamais je n’accepterais qu’elle s’en aille à nouveau. Jamais plus rien ne me la prendrait, même pas moi.

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Dresseur Alola

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Sam 2 Déc - 23:06
Je m’étais étonnement bien accommodé à la vie avec Sarah, même s’il y avait toujours des moments où mon moral retombait et où je ne pouvais m’empêcher de calquer sur elle l’image de mon enfant qui ne serait jamais. Katarina ne l’évoquait jamais, sûrement parce que je ne voulais pas qu’elle le fasse.

Nous nous étions installés à Méanville, car c’était une ville que moi et Katarina connaissions pour y avoir déjà vécu. C’était l’endroit où nous avions envisagé de vivre ensemble par le passé et il nous avait paru naturel d’y retourner. Quelques médias avaient un peu parlé du fait que je ne m’étais jamais présenté à mon deuxième combat au stade de la Ligue et j’avais donc envoyé un mail d’excuse à l’adresse contact de l’organisation. Cela avait suffi à ce que l’on ne parle plus de cet incident, mais je n’avais pas pour autant disparu de l’esprit des gens, à ce qu’il semble. Les matchs de Ligue n’étant pas si fréquents que ça, plusieurs personnes qui m’avaient reconnus dans la rue et était venu me demander les raisons de ma disparition du stade. Je leur donnais en réponse un mensonge, lié à l’état de santé d’un de mes pokémons. Il ne me plaisait pas de leur mentir, surtout en me servant de mes compagnons comme excuse, mais c’était mieux que d’admettre la vérité. Ainsi je passais pour un dresseur bienveillant.

Mes pokémons, d’ailleurs, avaient eu du mal à comprendre la situation. Quand je tentais de leur expliquer que Katarina était là pour moi et Sarah, ils me lançaient des grimaces d’incompréhension, ce qui n’avait rien d’étonnant puisqu’ils étaient incapables de la voir. J’avais heureusement réussi à convaincre Joruk, mon majaspic, qui s’imposait comme le chef du groupe et qui leur avait fait admettre que si je disais que Katarina était là, c’est qu’elle était là. J’avais cependant remarqué que leur attitude avait un peu changée à mon égard depuis, ils me lançaient parfois des regards attristés, comme s’ils étaient impuissant devant la descende dans la folie de leur dresseur. De mon point de vue, je ne devenais pas fou. Ce n’était qu’une seule vision, rien de bien dramatique. Et une vision agréable, alors je ne voyais pas pourquoi j’aurais dû lui associer des caractéristiques négatives. Etant le plus proche de moi, Joruk passait beaucoup de temps en ma compagnie et m’écoutait lorsque je lui décrivais ce que Katarina faisait et disait. Il était celui de l’équipe qui l’avait le mieux connue et s’était également attaché à elle. Je sentais que lui aussi s’inquiétait pour moi, mais qu’il était également apaisé à l’idée qu’elle soit peut-être revenue, même sous la forme d’un fantôme.

Sarah n’avait pas voulu s’inscrire à l’école, même lorsque j’avais insisté sur le fait qu’elle était jeune et ne devait pas négliger son éducation. Elle m’avait répondu, que de toute façon, comme je n’étais ni son père, ni son tuteur légal, ça ne passerait jamais. Katarina m’avait confirmé que ce n’était effectivement pas possible. Tant pis. Cependant, comme nous avions découvert que notre voisine de palier était une femme d’un âge un peu avancé avec des talents artistiques, Sarah avait insisté pour que cette dernière lui enseigne ce qu’elle pouvait de peinture, pour pouvoir faire des portraits. Lorsque j’avais interrogé l’adolescente sur ce désir, elle m’avait juste répondu qu’elle avait envie d’essayer et je n’y avais pas accordé plus d’attention.

Le temps passait sans que rien de notable n’arrive et nous avons vécu ainsi pendant plusieurs mois. Une sorte de lien s’était créé pendant cette période entre l’adolescente et nous deux. Enfin moi, si Katarina était une projection de mon esprit. Je me sentais de plus en plus responsable d’elle et avait commencé à lire des magazines et autres livres plus ou moins crédibles concernant l’éducation des adolescents. Quand Katarina m’avait vu avec ça, elle avait souri. Sarah, elle, m’avait dit que c’était un ramassis de connerie et que si je voulais la comprendre je n’avais qu’à passer du temps avec elle, ce que je faisais déjà.

- Ouais, hmpf, ‘fin, voilà, marmonnais-je tandis qu’elle se moquait d’un article où étaient recueillis les témoignages de femmes ayant des problèmes avec leurs enfants.
- De toute façon, même si c’était crédible, qu’est-ce que tu veux faire de ça ? Je peux pas comprendre ces trucs-là, j’ai pas eu de parents j’te rappelle !, elle tapote du bout des doigts sur le papier glacé. … Enfin je crois. J’ai bien dû en avoir, ou quelqu’un d’autre, peut-être… Sinon je vois pas comment j’aurais survécu.
- Tu ne te souviens toujours de rien ?
- [b]Pas vraiment. J’ai l’impression de rêver de tout ça parfois, mais j’arrive pas à m’y raccrocher quand je me réveille.

- Ce n’est pas grave, Katarina intervint d’une voix douce. Pas besoin de vous presser. Nous irons à Charbourg bientôt, peut-être que ça te permettra de faire remonter des souvenirs.

Je n’avais pas oublié que nous avions prévu de passer un week-end à Charbourg, la ville dont Sarah se souvient venir. Nous avons déjà, au début, contacté la mairie de la ville pour savoir si elle n’était pas portée disparue, même sans avoir son nom de famille, car une jeune fille perdue aurait été signalée, mais cela n’avait rien donné. Nous nous disions que, peut-être, les gens qui la connaissaient avaient déménagé depuis le temps et qu’il était possible qu’un autre lieu lui revienne en y allant. Cependant, aussi étrange que cela soit, l’idée de ce séjour semblait stresser Sarah. Elle avait toujours l’air très mal à l’aise lorsque cette ville était évoquée. J’en étais venu à me demander si elle se souvenait en réalité de choses dont elle ne nous parlait pas, mais n’osais pas l’interroger sur le sujet de peur de me tromper et qu’elle pense que je ne lui faisais pas confiance. Je décidais cependant qu’il fallait tout de même que je trouve le temps de lui parler avant d’y aller, pour au moins essayer de savoir si elle était vraiment mal à l’aise ou non. Je profitais donc d’un moment où nous étions en train de regarder une émission idiote à la télévision pour engager la conversation.

- C’est bientôt qu’on y va, Sarah émit une onomatopée qui me fit comprendre qu’elle ne voyait pas trop de quoi je parlais, trop absorbée par la télévision pour chercher. A Charbourg, je veux dire.
- Ah… C’est vrai.
- T’as pas l’air enthousiaste.
- Non c’est pas ça… J’ai…, elle appuya serra mon bras. J’ai un peu peur, en fait.
- Peur de quoi ?
- Bah… De plusieurs choses. Parce que d’un côté je me dis que si je me souviens pas c’est peut-être pour une raison. Ca arrive que le cerveau bloque volontairement des souvenirs par protection je crois, alors ça se trouve c’est des trucs dont je veux absolument pas me souvenir qu’il y a là-bas, elle marque une pause. Et puis si je me souviens et que je me rends compte qu’il y avait des gens qui s’occupaient de moi… Bah déjà ils doivent en avoir un peu rien à foutre de moi parce qu’avec tous les services pour chercher les gens maintenant, ils ont pas dû en activer beaucoup, voir même pas du tout. Et puis même si c’est pas ça et qu’ils s’inquiètent vraiment, moi je me souviens pas d’eux, j’ai pas envie d’aller avec eux. Je… Je préférerais rester avec vous.

Ses paroles me touchèrent car je me disais, moi aussi, depuis quelques temps, que je ne voulais pas qu’elle s’en aille. Je m’étais beaucoup attaché à elle, mais pas dans le sens d’une amie comme cela pourrait se faire avec une colocataire, mais plutôt… Plutôt dans le sens où je me rendais compte qu’elle avait pris dans mon esprit la place de l’enfant que j’avais perdu. C’était peut-être cruel pour celui qui n’était pas né de penser comme ça, surtout que je ne l’avais pas réellement oublié, mais je dois dire que Sarah m’aidait beaucoup à panser cette blessure. J’avais envie de m’occuper d’elle comme j’aurais pu le faire avec mon propre enfant, même si je ne savais pas si je pourrais un jour l’admettre. Surtout si elle devait repartir en retrouvant ses souvenirs.

- Même si on est séparés, ça veut pas dire qu’on se verra plus, après avoir perdu Katarina, la distance physique ne me semblait rien d’irréversible. Et si t’es pas bien là-bas, t’auras qu’à m’appeler, je viendrais te chercher, d’accord ?

L’air un peu plus rassuré qu’auparavant, Sarah hoche la tête et m’adresse un sourire avant que nous ne nous replongions tous les trois dans la télé. Katarina appuya sa tête contre mon épaule et je passais mon bras autour d’elle. Elle avait l’air plus heureuse depuis ma discussion avec Sarah.



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Dresseur Alola

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Région : Alola
Sam 2 Déc - 23:07
Charbourg avait l’air d’une grande ville vue par google map, mais c’était à cause de sa grande zone industrielle. Une bonne partie de la superficie de son territoire était consacrée à l’exploitation du charbon de la grande mine dont le gisement semblait intarissable. Nous avions opté pour le train plutôt que le dos de Toghan, le voyage étant long et la température trop froide pour s’aventurer dans les hauteurs. Sarah était nerveuse pendant le voyage et je faisais de mon mieux pour la rassurer.

La gare de Charbourg se trouvait à proximité de la zone minière, comme beaucoup de travailleurs venaient d’autres villes et utilisaient ce transport pour se rendre sur leur lieu d’exercice. Katarina et moi avions prévu de commencer par faire un tour dans le centre ville, nous disant que Sarah s’y était sûrement également promenée au moins une fois si elle vivait ici à un moment, mais cette dernière nous arrêta avant que nous ayons eu le temps de prendre la direction du centre.

- Qu’est-ce qu’il y a ?, demandais-je d’un ton inquiet.
- Est-ce qu’on pourrait aller à la mine d’abord ? Je crois que ça me dit quelque chose !

Sachant que nous n’allions pas dire non, l’adolescente pris immédiatement la direction du lieu d’extraction. Si elle n’était pas tranquille avant, elle avait soudainement l’air plus enthousiaste. C’était peut-être l’excitation de découvrir quelque chose, même si elle restait effrayée. Nous nous empressions donc de la suivre pour la trouver un peu plus loin, plantée derrière les grillages de sécurité empêchant les civils de se rendre sur le lieu de travail des ouvriers. Lorsque j’arrivais à sa hauteur, tentant de capter son regard derrière ses mèches de cheveux blonds, je la voyais les yeux écarquillés et tremblants.

- Il y a un orphelinat à Charbourg. Cet orphelinat a été ouvert suite à l’augmentation des exploitations minières : de plus en plus de locaux allaient travailler là. Mais avec la multiplication des incidents, il y a aussi eu multiplication des décès. Beaucoup d’enfants se retrouvaient sans parents, ou avec un parent unique qui ne pouvait pas les assumer. Alors ils finissaient à l’orphelinat… … …, elle se tourna vers moi avec une expression que je ne saurais définir sur le visage. Mes parents sont morts dans cette mine. Je ne sais plus qui ils étaient, peut-être que j’étais si petite que je ne l’ai jamais su, mais je sais qu’ils sont morts ici.
- Alors tu as dû finir dans cet orphelinat.
- Peut-être, aller un va demander !, elle commença à marcher rapidement dans la direction dont nous venions, moi je ne bougeais pas. Allez venez Raven ! Kat !
- Sarah… C’est tout ce que ça te fait ? De te souvenir que tes parents sont morts là ? Ou qu’ils sont morts, tout simplement ?, sa réaction était de mon point de vue très étrange.
- Oui, c’est tout. Peut-être parce que je ne les ait jamais connu, c’est mes parents mais seulement génétique, parce que s’ils ne se sont jamais occupés de moi, je ne vois pas comment ils pourraient me manquer !, elle nous adressa un large sourire : Et puis si je suis orpheline, vous pourrez m’adopter !

Cette remarque m’arracha un sourire tandis que Katarina posait sur nous un sourire bienveillant. Je me rendais compte que je ne pouvais que comprendre Sarah dans cette réflexion car, aujourd’hui, mes parents ne me manquaient plus. J’avais pu croire qu’ils me manquaient par le passé, car je me faisais une image d’eux qui n’était pas vraie. Depuis qu’ils avaient fait ce qu’ils ont fait à Katarina, cette image avait volé en mille morceaux sans aucuns espoirs d’être un jour reconstituée. Plus jamais ils ne me manqueraient.

Nous nous rendions à l’office du tourisme de Charbourg pour nous procurer une carte de la ville et savoir où se trouvait l’orphelinat. Sarah ne semblait pas se souvenir des rues et ne pouvait pas conséquent pas nous guider. Il nous fallut deux bonnes heures pour nous rendre à destination, en comptant un arrêt pour prendre un café. Bientôt nous étions devant la porte principale de l’orphelinat et Sarah n’en menait plus aussi large qu’avant. Elle doutait et se demandait ce qu’elle allait bien pouvoir dire si elle devait justifier une disparition aussi longue. Au moment où j’allais poser la main sur la poignée et ouvrir pour pénétrer dans l’enceinte, elle retint mon bras.

- Je veux plus Raven ! J’ai la trouille, elle ne me laissa pas le temps de la rassurer avant de continuer : J’ai la boule au ventre depuis qu’on est arrivés, j’ai essayé de m’accrocher à un semblant de souvenir pour venir jusqu’ici et avoir l’air bien, mais c’est pas vrai, je suis pas bien. Je sens qu’il y a un truc qui va pas. Pourquoi je peux voir Katarina ? Hein, pourquoi je peux la voir ?, quelques larmes apparaissent au bord de ses yeux. Tu t’es jamais dit que j’étais peut-être morte ? Parce que moi je me le dis tout le temps ! T’imagines j’entre là-dedans et j’apprends que je suis morte ?!

Peut-être parce que j’avais l’esprit trop simple, mais cette éventualité ne m’avait jamais traversée l’esprit. Et d’un coup, je comprenais toute la peur qu’avait pu ressentir Sarah. J’avais envie de lui dire que peu importe ce qu’elle était ça ne changerait rien, mais si j’étais honnête avec moi-même, je ne pouvais nier que l’idée qu’une autre personne qui m’était devenue si chère soit qualifiée comme habitante de l’au-delà m’aurait fait extrêmement de mal. Même si elles étaient là et que je les voyais, mon esprit n’aurait eu de cesse de me rappeler que, dans la réalité, j’étais seul. Absolument seul.

- Si tu ne veux pas savoir alors on ira pas. C’est pas la peine si ça te fait peur comme ça, je tentais de rester rassurant, mais dans le fond la curiosité me tordait le ventre. Je voulais savoir si j’étais fou.
- Sarah !, nous nous tournions dans un même mouvement pour voir une vieille dame les mains devant la bouche ayant l’air d’avoir vu un fantôme. Sarah mon dieu, c’est bien toi ?

La dame s’avança à toute vitesse vers Sarah qui eut un mouvement de recul lorsque cette dernière tenta de la toucher. Au regard de l’adolescente, je pouvais parfaitement voir qu’elle n’avait aucune idée de qui était cette personne. Je m’approchais donc d’elle par réflexe pour la protéger, au cas où.

- Excuse-moi Sarah, c’est juste que je ne m’attendais pas à te revoir comme ça. L’hôpital de Céladopole ne nous a jamais appelé pour nous dire que tu allais mieux !

Sarah se figea sur place. Le mot « hôpital » devait encore plus résonner dans sa tête que dans la mienne.

- Qu’est-ce que vous voulez dire par là madame ?, voyant qu’elle me lançait un regard méfiant, ce qui était sûrement légitime dans cette situation, je m’expliquais. Je m’appelle Raven Adarel, et j’ai rencontré Sarah il y a quelques mois. Elle souffre d’amnésie, mais le nom de la ville de Charbourg a fini par lui revenir en tête alors nous sommes venus pour voir si d’autres choses revenaient et l’orphelinat a été une de ces choses.
- Oh je vois… Et vous vous occupez d’elle depuis ?, Sarah et moi hochons la tête de concert. Je ne comprends pas comment le personnel de l’hôpital a pu la laisser sortir sans nous prévenir et dans cette situation, ils vont m’entendre !, râle la vieille dame. Mais entrez tous les deux, nous n’allons pas parler dans la rue. Revoir ta maison te fera peut-être te souvenir de quelque chose, Sarah.

L’adolescente acquiesce, plus par obligation qu’autre chose. On pourrait penser que savoir qu’elle avait été à l’hôpital aurait été rassurant, dans le sens où un accident pourrait expliquer le trou de mémoire, mais cela n’apportait aucune réponse à deux énormes problèmes : pourquoi pouvait-elle voir Katarina ? Pourquoi s’était-elle retrouvée à Janusia sans souvenir précédent ce moment ? Celadopole, ce n’est pas Janusia, c’en est même loin.

J’encourageais d’un signe de tête Sarah à entrer dans l’orphelinat avec moi. Katarina nous suivait, mais puisque la dame ne pouvait pas la voir, il ne fallait pas trop que l’on interagisse avec elle. Son visage reflétait la même inquiétude que le mien. L’adolescente tournait la tête dans tous les sens une fois à l’intérieur, posant son regard sur chaque élément d’architecture ou chaque objet, sans pourtant avoir l’air de se souvenir de quoi que ce soit. Pourtant les lieux étaient marquants, si l’extérieur ne payait pas de mine et ressemblait à une sorte d’internat gris, l’intérieur était agencé d’une manière à rappeler tant la douceur que la sévérité. C’était une sensation de flottement assez étrange. La vieille dame, qui se présenta comme Gina, nous mena dans une sorte de petit salon qui servait à l’accueil des visiteurs de l’orphelinat.

Elle nous expliqua que cela faisait plusieurs années qu’elle n’avait pas vu Sarah car elle était partie étudier dans un lycée qui n’était pas de la région. Petite, elle s’était découvert une passion pour la danse qu’elle partageait avec son kungfouine. Les frais d’inscription à la prestigieuse école de danse de Céladopole étant trop élevés pour que l’orphelinat puisse les prendre en charge, Sarah avait passé ses vacances de plusieurs années scolaires précédentes à travailler à la mine de Charbourg. A ce moment les lois strictes sur le travail des mineurs n’étaient pas encore passées et à partir de trois ans, des opportunités s’offraient aux élèves. Elle avait également gardé l’intégralité de l’argent de poche qui était donné aux enfants. Et finalement, elle avait pu réunir les fonds pour s’inscrire au moins une année dans cette école très exigeante. Puisque c’était un établissement prestigieux, la ville avait proposé de payer la suite de ces études si elle parvenait à passer la première année, réputée très sélective ; car cela ferait de la publicité pour Charbourg et redorerait son image de ville de mineurs rustres. Elle précisa que c’était passé grâce à la pression de l’orphelinat aussi, qui est réputé pour être un très bon établissement dans la région.

- Bref, là-bas tu nous envoyais des lettres et nous téléphonais, tu avais l’air heureuse, et je savais que tu t’en sortais très bien car nous recevions tes bulletins de notes et les appréciations de tes professeurs. Tu étais une des meilleures élèves et allait passer avec brio ta première année, mais… Nous savons tous que la compétition fait des jalousies. Et il y avait très peu de place en deuxième année par rapport au nombre d’élèves acceptés en première. Et de ce que l’administration de l’école m’a raconté, tu as fait énormément de jalouses. Au point que…, il me sembla que des larmes lui venaient aux yeux. Ooh je ne voudrais pas en vouloir à ces jeunes filles, elles ne savaient pas ce qu’elles faisaient mais… Ce qu’elles t’ont fait n’est pas excusable. Ces filles ont…
- Elles m’ont poussé du toit de l’école… C’est ça ?

Un silence de mort tomba dans la salle lorsque Sarah asséna ce dont elle s’était souvenue être la vérité. Gina ne démenti pas, mais fini par hocher faiblement la tête. Tout le corps de l’adolescente était tendu sur sa chaise, elle ne clignait presque plus des yeux. Elle n’osait regarder personne, j’avais l’impression que milles et unes choses se passaient dans sa tête, que tout courait sans qu’elle puisse saisir ce qui passait. Je posais la main sur son épaule pour essayer de la récupérer, ne pas le laisser partir trop loin. Au moment où j’entrais en contact avec elle, elle eut un sursaut et tourna brusquement la tête vers moi. A ce moment, des larmes commencèrent à couler le long de ses joues et elle se jeta dans mes bras. Je serrais son corps d’enfant contre moi en l’abreuvant de phrases bateau comme quoi tout allait bien se passer, mais en vérité je ne pouvais même pas commencer à imaginer ce qu’il pouvait être en train de se passer dans sa tête. Si ce souvenir lui était revenu, et que cette chute lui avait été infligée par quelqu’un qu’elle connaissait, quelqu’un en qui elle avait peut-être confiance… Je ne pouvais rien faire d’autre que la serrer dans mes bras.

- Heureusement, tu étais vivante. Les médecins ont réussi à te soigner, mais tu étais tombée dans le coma et aux dernières nouvelles, tu ne t’étais pas réveillée. Je… Je suis très contente de te revoir Sarah ! Ca me fait toujours bizarre de te voir si grande, j’ai l’impression que c’était hier que tu étais haute comme trois pommes et que tu courais partout dans les couloirs !, la dame sembla essayer d’ignorer les larmes de Sarah et je compris que c’était peut-être pour l’aider à se stabiliser.

Au bout de plusieurs minutes, Sarah finit par se calmer et prit une grande inspiration.

- Je voudrais partir.
- D-déjà ?, s’étonne Gina.
- Je reviendrais… Plus tard. Mais pour le moment, j’aimerais partir. S’il te plaît Raven.
- Bien sûr. Excusez-nous Gina.

Nous quittions l’orphelinat et marchions quelques rues avant que nous ne recommencions à parler. Katarina fut celle qui brisa la glace, se mettant à parler d’un peu tout et de rien. Elle me tenait pas le bras et m’adressait un sourire rassurant. Je dois avouer que j’étais inquiet pour Sarah, mais à ce moment j’étais persuadé qu’au moins elle n’était pas morte. Je ne savais pas par quel miracle les employés de l’hôpital de Céladopole avaient pu la laisser sortir sans prévenir le personnel de l’orphelinat dont elle venait, mais j’étais persuadé que s’il était advenu qu’elle soit morte pendant sa convalescence, nul doute que la nouvelle serait arrivée ici, ne serait-ce que parce que l’école de danse où elle étudiait était prestigieuse. Les journaux se seraient rapidement emparés de l’histoire de la lycéenne morte suite à une jalousie provoquée par une sélection trop rude.

- Raven, Kat’, je voudrais aller voir à Céladopole, finit par annoncer Sarah. En y allant, je me souviendrais peut-être de ce que j’ai fait en sortant et qui m’a amené à Janusia. J’ai l’impression que des choses reviennent petit à petit alors… Alors j’aimerais profiter de cette lancée.

Evidemment, nous acceptions, car il n’y avait aucune raison que l’on refuse. Moi aussi j’étais très curieux, je voulais savoir ce qui avait amené Sarah jusqu’à Janusia, mais surtout pourquoi elle avait ressenti le besoin de venir me parler à moi et à personne d’autre alors qu’elle ne se souvenait d’absolument rien. Je voulais savoir, si à l’issue de tout ça, j’allais pouvoir la garder avec moi.



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Dresseur Alola

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Sam 2 Déc - 23:09
Peu de temps se passèrent entre notre passage à Charbourg et celui à Céladopole. Dans le temps de latence, nous retournions à Méanville, dans notre appartement. Sarah avait l’air plus tendue qu’avant, mais continuait d’exprimer son envie d’aller plus loin dans la recherche de ses souvenirs.

Un jour, elle nous demande, à moi et Katarina si elle pouvait faire notre portrait. Nous étions tout d’abord un peu surpris, mais finissions par accepter. Sarah disait avoir l’impression d’avoir désormais les compétences requises pour effectuer un portrait correct de quelqu’un et elle voulait que nous soyons son sujet.

- Tu es vraiment attirée par les arts, Sarah. Entre la danse et la peinture…
- Je préfère quand même la danse !

Maintenant que nous savions quelle avait été la passion de Sarah avant son accident et que toute cette situation n’arrive, je me souvenais de toutes les foix où je l’avais vue effectuer des petits pas de danse toute seule, de manière anodine, jusqu’à se déchaîner en allant dans tous les sens dans le salon. Je me souviens l’avoir disputée parce qu’elle risquait de gêner les voisins du dessous, mais je réalisais désormais qu’il s’agissait de l’expression de ses souvenirs oubliés.

La réalisation du portrait pris plusieurs jours qui impliquaient des séances de poses de plusieurs heures, sans trop bouger et le regard tourné vers la peintre amateur. C’était affreusement pénible, je dois l’admettre. Je prenais, selon Sarah, beaucoup trop de pause par rapport à la normale, mais je n’en avais pas grand-chose à faire. Rester figé pendant trop longtemps était horrible. Pour le dire clairement : c’était trop chiant. Sarah me râla beaucoup dessus pour que je me tienne tranquille tandis que Katarina observait la scène d’un air amusé et bienveillant.

Un soir, alors que Sarah était déjà allée se coucher, nous nous retrouvions tous les deux sur le balcon de notre appartement. J’avais pris Katarina dans mes bras et nous regardions dehors en parlant de tout et de rien. Elle leva les yeux vers moi pour me parler.

- Je suis heureuse d’avoir pu revenir.
- Moi aussi je suis heureux, je lui donnais un baiser sur la joue. Pourquoi tu dis ça comme si tu allais t’en aller ?

Je prononçais cette phrase sur un ton de plaisanterie, tout en sachant que ce qui allait suivre n’allait absolument pas me plaire.

- Raven… Tu sais que je ne peux pas rester pour toujours, n’est-ce pas ?

Je la serrais plus fort contre moi, jusqu’à avoir peur de l’écraser. Je savais. Evidemment, que je le savais.




C’était la première fois que je me rendais à Céladopole. Ma seule excursion dans la région de Kantô s’était fait lors d’un voyage impromptu à Lavanville où j’avais eu la chance de rencontrer Akichi. Cela faisait d’ailleurs un moment que je ne l’avais pas vu et je me demandais comment il allait. J’avais conservé dans mes affaires la carte de son magasin et me disait que, lorsque toute cette histoire serait tirée au clair, je pourrais peut-être lui rendre visite.

Sarah avançait cette fois au même rythme que nous, moins excitée que lorsque nous étions à Charbourg. Je voyais dans ses yeux qu’elle ne se sentait vraiment pas bien et tentais de la rassurer comme je le pouvais en parlant de tout et de rien pour la détourner des pensées noires qui l’envahissaient peut-être. Je lui disais comme Céladopole était considérée comme la plus grande ville de la région Kantô, mais que ce n’était rien à côté de Volucité et ses immenses gratte-ciels étouffants. Elle me répondait qu’elle avait dû être vraiment motivée pour cette école de danse, car elle n’aimait pas trop les grandes villes comme ça.

Nous arrivions, après avoir pris deux bus différents, au grand centre hospitalier de la ville. Au bout de fastidieuses recherches, nous trouvions le service qui s’occupait des personnes dans un état de coma et de leur rééducation après réveil. Je n’en avais aucune idée avant de venir ici, mais il semblerait que ces état provoquaient souvent des séquelles qui demandaient rééducation et pouvaient être irréversibles si cet état durait trop longtemps. Je sentais que Sarah s’était tendue après avoir appris ça, et je comprenais pourquoi : Gina nous avait dit que cela faisait un bon moment que Sarah était tombée dans le coma, ce qui rendait très étrange le fait qu’elle aille aussi bien. A première vue, elle avait environ dix-sept ans, si elle avait eu son accident à la fin de sa première année de lycée, elle y était restée au moins un an, deux ans, et ensuite elle s’était retrouvée à Janusia et… C’était bizarre temporellement. Vraiment bizarre. Je n’avais pas d’idée précise de comment fonctionnait ce genre de maux alors peut-être que c’était tout à fait possible, mais je ne pouvais m’empêcher de me dire qu’il y avait quelque chose qui ne collait pas.

Katarina me pris la main lorsque nous entrions dans le bâtiment et nous dirigions vers l’accueil. Je tournais la tête vers elle avant de me souvenir que les autres ne pouvaient pas la voir et que mon attitude pourrait paraître étrange. Je me demandais comment nous allions demander des informations à propos de Sarah avant que Katarina ne me rappelle que Gina nous avait appris que tous les enfants trouvés par l’orphelinat de Charbourg portaient le même nom de famille par défaut, ce qui permettait de les associer administrativement à cette structure. Ils en changeaient lorsqu’ils étaient adoptés. J’annonçais donc à l’homme qui s’occupait de l’accueil que nous étions venus pour Sarah, mais avant que je puisse finir ma phrase pour expliquer ce qui concernait son amnésie, il me coupa :

- Oui attendez je cherche…., je restais bête car je ne m’attendais pas à ce qu’il soit si pressé. Je tentais de reprendre mon explication, mais il fut encore plus rapide que moi : Chambre 207. Vous prenez le couloir là-bas et vous aurez un escalier ou un ascenseur, c’est au deuxième étage.
- … Hein ?, il me lança un regard interrogateur. Non. Non rien. Rien du tout.

Je m’éloignais du comptoir et retrouvais Katarina et Sarah. Ces dernières n’avaient pas entendu ce dont j’avais parlé avec le concierge. J’eu du mal à le leur expliquer, tant cela me paraissait surnaturel, mais il fallut bien que je le fasse. Sarah devint toute blanche et eut immédiatement besoin de s’asseoir, ce qui était compréhensible.

- Calme-toi, ça doit être une erreur !, tentais-je de la rassurer. Tu dois pouvoir te mettre d’accord avec moi sur le fait qu’il est impossible que tu sois à deux endroits en même temps, pas vrai ?
- Oui, mais… Et si… ?
- Et bien et si ça voudra dire qu’il y en a une des deux c’est un métamorph chelou.

Je parvenais à lui arracher un sourire. Nous prîmes une petite demi-heure pour qu’elle se remette avant de prendre la direction de la fameuse chambre 207. Nous étions tous conscient qu’il était impossible qu’elle y soit, mais en même temps une curiosité incontrôlable nous donnait envie de vérifier si, en effet, elle n’y était pas. Sarah n’en menait pas large, mais parvenait tout de même à afficher un air déterminé, comme si elle était sur le point d’aller démasquer un imposteur. Moi, je me sentais de plus en plus mal à mesure que nous approchions de cette chambre.

Finalement, nous nous plantions devant la porte. Sarah posa la main sur la poignée avant de la retirer, comme si elle n’osait plus, comme si cela n’avait finalement plus d’importance. Maintenant que j’y étais, je voulais absolument savoir, alors je prenais sa relève et poussait sur la porte.

Une chambre froide d’hôpital se révéla devant nous. Il y avait deux lits, deux patients différents. Le premier, celui qui nous était immédiatement visible depuis la porte, était une femme d’un certain âge qui semblait dormir paisiblement. Elle était séparée de son camarade par un rideau qui donnait l’impression de séparer la chambre unique en deux mini-chambres. Je me faisais la réflexion que, de toute façon, des personnes dans le coma n’avaient pas forcément besoin d’un grand espace personnel et que, la chambre pourrait être divisée en huit, que cela leur conviendrait tout de même. Je fis ensuite quelques pas à l’intérieur de la pièce pour tenter d’apercevoir le second patient. C’était une adolescente. Elle dormait à poings fermés, ses yeux clos sur lesquels reposaient des mèches de cheveux blonds ne témoignant d’aucune agitation. Si ce n’était pour le soulèvement léger et régulier de sa poitrine, on aurait pu la croire morte. Mais ce qui me frappait plus que tout le reste, c’est que c’était Sarah. Exactement elle. Une copie parfaite. Allongée dans ce lit. A l’hôpital.

- … Sarah… Est-ce…, je ne savais même pas ce que j’allais demander, je n’osais pas regarder la Sarah qui se tenait debout à mes côtés. … Une sœur jumelle ? …’Fin… Bordel.
- … Aaah…

Enfin mon regard consentait à se détacher de la Sarah allongée dans le lit et me permettaient de naviguer entre elle et celle qui était bien réveillée. Elles étaient exactement identiques, jusque dans les moindres détails de son visage que j’avais appris à connaître à force de temps passé avec elle. Elles étaient les mêmes, et quelque chose me disait que cela n’avait rien à voir avec de la gémellité.

La Sarah éveillée respirait très fort, tellement forte que chaque respiration ressemblait à une onomatopée. De plus en plus fort. Ses yeux ne dérivaient pas du corps endormi. Elle resta ainsi pendant des secondes qui me parurent une éternité avant de subitement prendre sa tête dans ses mains et pousser un hurlement inaudible. Le genre de cri qui pousse tellement sur les cordes vocales que rien ne sort si ce n’est un fin son que les oreilles peinent à entendre. Ses yeux se remplirent de larmes et son corps s’affaissa, comme s’il lui échappait. Je m’empressais de la rattraper pour quelle ne tombe pas au sol et elle s’accrocha à moi de toutes ses forces. J’essayais de lui parler, de prononcer son nom plusieurs fois, pour que son esprit reste avec moi, mais j’avais l’impression qu’elle était loin, beaucoup trop loin. Dans des souvenirs qui avaient été scellés pour une raison et qui n’auraient jamais dû être dévoilés.

- Je suis jamais sortie de ce lit Raven ! Jamais, il y a rien après ça ! Il y a rien entre ce lit et Janusia ! Je suis quoi putain ? Je suis quoi moi ?!

Le ton de sa voix parvenant enfin à quitter le fond de sa gorge suffit à me convaincre. Elle n’était pas Sarah, mais était Sarah en même temps. Elle était dans ce lit, mais elle n’était pas dans ce lit. L’idée qu’elle soit l’imposteur des deux me vint, mais je me gardais de l’exprimer à voix haute. Car imposteur de quoi ? Imposteur comment ? Ces questions n’avaient aucunes réponses et n’avaient pas de sens. Je n’arrivais d’ailleurs plus à trouver de sens à cette situation, tout me dépassait et je ne comprenais plus rien.

Soudain Sarah se tût. Son corps tout entier se calma, ses yeux séchèrent et elle leva la tête vers moi pour me regarder dans les yeux. Une voix qui n’était pas la sienne s’éleva, sortant pourtant de ses lèvres :

- C’est normal que vous ne compreniez pas. Mais sois sûr que je fais tout ça pour vous aider, tous les deux. Votre Idéal me touche et maintenant, enfin, je peux vous inviter chez moi. Rendez-vous à la tour Dragospire, tous les trois, et je vous expliquerais.

Sarah cligna plusieurs fois des yeux, semblant se réveiller d’un micro-sommeil.

- … C’était quoi ça ?!
- Je n’en sais rien… Mais on va y aller.

Pour connaître le fin mot de l’histoire, mais aussi parce que ce truc était dans notre tête à tous les deux. Il avait pris la voix de Sarah, il avait parlé à travers elle. Mais il était également dans ma tête, parce qu’il avait dit « tous les trois », il avait conscience de Katarina. Katarina qui n’existait que dans ma tête. Sarah n’existait pas dans ma tête, mais si lui existait dans la sienne, il n’était pas impossible qu’il soit celui qui lui permette de la voir… Tout ça était beaucoup trop compliqué pour moi. Katarina se chargea donc d’expliquer les conclusions brouillonnes que j’avais dans la tête et que ma propre voix n’aurait pas réussi à organiser. Sarah fut d’accord pour que nous nous rendions à la tour Dragospire et, cette fois, nous ne repassions pas à la maison.



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Dresseur Alola

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Sam 2 Déc - 23:10
- On est d’accord que c’est un gentil, hein ?, demanda Sarah une fois que nous nous trouvions au pied de la tour. Il a dit que notre idéal le touchait, alors c’est forcément un gentil par rapport à nous, hein ?
- Sûrement. Tout ça a beau être très bizarre, je pense pas qu’il nous veuille du mal. Je veux dire, si c’est lui qui a tout fait et qui a fait qu’on se rencontre… Alors faudra le remercier, Sarah hoche la tête, semblant plus impatiente qu’avant de rencontrer cette entité qui est dans nos têtes.
- Dîtes vous deux, vous vous êtes demandés ce qu’il entendait par votre idéal ?
- … De quoi ?, demandais-je en prenant soudainement conscience que j’aurais peut-être dû me poser cette question avant de venir. De toute façon… C’est un peu tard pour se poser la question, non ?
- Evidemment, soupira Katarina en m’adressant un petit sourire. Comme quoi certaines choses ne changeront jamais, ajouta-t-elle en riant.
- Gnagnagna, hein !, répondais-je sur un ton d’une immaturité flagrante.
- Bon, Raven, Kat’, quand vous aurez fini vos enfantillages, on pourra peut-être rentrer !, lança Sarah sur un ton volontairement provocateur.

Je ne répondais rien et me contentais de suivre, légèrement blessé dans le rôle d’adulte responsable que je tentais de me donner par rapport à l’adolescente. Nous pénétrions dans l’enceinte de la tour Dragospire. Je me souvenais de mon premier passage ici, lorsque j’avais accompagné le groupe de rangers pour calmer un Drattak. C’était une période de flottement étrange : je venais de perdre Katarina sans parvenir à réaliser qu’elle n’était plus là. Mais ces réflexions n’avaient plus lieu d’être maintenant qu’elle était revenue auprès de moi, même si par un biais que beaucoup qualifieraient de maladie. Les lieux n’avaient pas changés, ils étaient toujours aussi grands et hauts, avec des chemins dont nous ne savions pas s’ils nous mèneraient à l’endroit désiré. D’ailleurs, nous ne savions pas du tout où sa trouvait l’être qui nous avait invité, ce qui ne rendait pas les choses faciles. Cependant, Sarah régla ce problème de manière tout aussi mystérieuse que le reste des choses qui l’entouraient.

- Il me dit que c’est par là, annonça-t-elle en pointant un escalier du doigt. Trois étages puis un couloir.

Je demandais à Azher et Toghan de sortir de leurs pokéballs pour qu’ils nous accompagnent. Si nous avions des dragons avec nous, nous serions certainement plus légitimes dans notre présence au sein de la tour qui est censée être la leur. J’ajoutais Joruk à cette équipe, me sentant rassuré par la présence de mon starter. Sarah eu le même réflexe en demandant à Mi-Ha d’apparaître également. Cela faisait un gros groupe qui se déplaçait dans la tour, se faisant remarquer par beaucoup de pokémons sauvages, mais ils ne nous attaquaient pas, tenus en respect par la puissance qui se dégageait de nos compagnons. Je me demandais bien comment mon drattak pouvait leur faire cet effet puisqu’il avait retrouvé son os en plastique à mâcher pour soulager ses dents, mais je ne m’en plaignais pas.

Nous arrivions bientôt au troisième étage. Là, Sarah nous indiqua une direction en nous assurant qu’il y avait un couloir alors que nous ne voyions qu’un mur solide. Je lui demandais si elle en était bien sûre et, pour me convaincre, elle fonça en direction du mur et passa au travers. Mes yeux s’écarquillèrent, clignèrent plusieurs fois, avant de réaliser ce qu’il venait de se passer. Sarah repassa de notre côté.

- C’est bon maintenant ? On y va !
- Ca… Ca ne t’étonne pas ?
- Je me suis vue dans un lit d’hôpital et un truc chelou a pris possession de ma tête. C’est pas un couloir invisible qui va m’étonner plus que ça, expliqua-t-elle avec nonchalance.
- … N’empêche fais attention, t’aurais eu l’air maligne si t’étais pas passé à travers le mur.

Elle me tira la langue pour me signifier que cette conversation était inutile et s’engagea à nouveau dans le couloir où nous la suivions. La marche me parut interminable, comme si ce corridor n’aurait jamais de fin. Il me semblait plus long que la tour elle-même, ce qui était impossible, et cela me persuada que nous entrions dans un lieu qui était interdit aux êtres non-invités. Cette réalisation ne me fit pas craindre l’entité que nous allions rencontrer, au contraire je m’en trouvais encore plus impatient. Le surnaturel avait toujours été pour moi l’affaire de curiosité plutôt que de crainte, et, à ce moment, je baignais complètement dans le surnaturel.

C’était le sourire aux lèvres que j’arrivais enfin au bout de ce couloir, plusieurs mètres devant les filles car j’avais malgré moi pris un rythme de marche plus rapide, guidé par l’excitation de la découverte. Je me sentais un peu comme la première fois que j’avais pu découvrir le monde après être sorti de mon enfermement, c’était quelque chose de totalement inédit qui se présentait devant moi.

Il était noir au milieu d’une salle blanche, pas assez grand pour envahir l’espace, mais d’une présence si imposante qu’il était impossible de détourner son regard de lui. Il n’était pas exactement comme j’avais pu le voir représenté dans les livres et les imageries, mais de par sa couleur, sa stature et les éclairs qui émanaient de sa corne et de sa queue, je savais qui il était. Sarah et Katarina arrivèrent à ma hauteur, leur regard absorbé par la créature qui se présentait devant nous. Dans les faits, nous avions sûrement déjà rencontré des pokémons plus impressionnants, mais jamais un qui était animé d’une telle prestance. Instinctivement, nous savions que c’était lui qui nous avait mené ici. Mais en y pensant, c’était logique. La créature à qui importait notre Idéal ne pouvait être autre que Zekrom.

- Je suis heureux de te rencontrer réellement, Raven. Sarah, je suis heureux de te parler enfin directement.
- Euh… Pourquoi je suis pas rencontrée moi ? Et pourquoi tu parles ? T’as pas de lèvres, comment tu fais ? Tu bouges même pas la bouche… Et Katarina ? Tu la vois pourtant, non ?

Je fus étonné de la familiarité que Sarah employait avec la créature légendaire alors que nous réalisions son existence depuis moins d’une dizaine de minutes. Cependant, je l’entendais déjà me justifier ça en me disant que de toute façon il était dans nos têtes depuis tout ce temps donc il n’y avait pas besoin de faire de chichis à son propos. Ce qui n’était pas faux. Ses remarques eurent d’ailleurs le don de faire rire Zekrom… Même s’il ne bougeait pas la bouche.

- Tout d’abord, je ne peux pas parler comme les humains. Pour faire simple, nos bouches ne sont pas faîtes de la même manière. Mais je suis tout de même capable de communiquer en faisant apparaître ma voix directement dans vos esprits, car vous êtes sensibles à la notion d’Idéal. Appelez ça de la télépathie, je pense que ce sera le plus simple. Et tu n’es pas rencontrée, comme tu dis, car ton vrai corps n’est pas présent, il est comme tu l’as vu dans un lit d’hôpital. Quant à Katarina, elle n’est plus de ce monde. Ce que je vois ici n’est rien d’autre qu’une projection de l’esprit de Raven, et donc une part de lui-même. Que je ne peux percevoir que parce que je suis apte à m’immiscer dans son esprit, bien entendu.
- … J’ai pas tout compris, me contentais-je de dire, essayant de chasser de mon esprit la vérité brute qu’il venait de mettre sur la condition de Katarina et qui me rappelait qu’elle n’était qu’une illusion.
- Pose-moi toutes les questions que tu veux, je ferais au mieux pour éclaircir tes interrogations.
- Si le corps de Sarah est celui de l’hôpital, comment ça se fait que d’autres puissent la voir ? Parce que logiquement si son corps est là-bas… La Sarah d’ici est un esprit, non ?
- On peut dire qu’elle est un esprit, en effet. Seulement, contrairement à Katarina, cet esprit n’existe pas par la volonté propre de Sarah, mais par la mienne. Je suis celui qui la maintiens dans son état actuel, elle est donc perceptible par quiconque possède un Idéal, aussi faible qu’il soit, car je serais toujours capable d’influer sur leurs esprits, ce qui leur fait également voir un esprit que je maintiens. Et comme ils y croient, cela lui procure une certaine matérialité par rapport à eux.
- Je suis toujours pas sûr d’avoir compris, mais en gros… C’est toi qui a fait Sarah, c’est ça ?
- Si tu veux. C’est un peu plus complexe que ça, mais l’idée est là, la créature légendaire s’abaissa, s’appuyant sur ses deux bras pour être à un meilleur niveau par rapport à nous. J’imagine que la question, désormais, est de savoir pourquoi est-ce que j’ai provoqué tout ceci.

Sarah hocha la tête et lui confirma cette demande dans un langage familier. Le ton que nous avions pris avec la créature, comme si nous la connaissions depuis longtemps, ne m’étonnais plus à ce stade, je l’avais employé également. Mais désormais, l’atmosphère devint beaucoup plus grave, parce que nous allions enfin découvrir ce qu’il était des interrogations qui nous préoccupaient depuis maintenant plusieurs mois. Et qui devaient préoccuper Sarah, dans son amnésie depuis qu’elle s’était réveillée à Janusia, alors que moi je n’avais encore conscience de rien. Plus que tout, je voulais savoir quel était le but de toute cette manipulation, qu’est-ce que Zekrom voulait tirer de tout ça ?

- La légende humaine nous concernant, moi et Reshiram, dit qu’il est le dragon qui aide les êtres en quête de Réalité et que moi je suis celui qui aide ceux qui sont en quête d’Idéal. Les définitions de ces deux termes et de leurs différences pourraient être longuement discutées, mais sachez que vous êtes tous les deux des êtres entrant dans la catégorie de ceux qui poursuivent un Idéal, il marqua une pause, sûrement pour nous laisser le temps d’enregistrer les informations. L’Idéal d’un être peut être de nature très différente. Dans votre cas, il s’agit de quelque chose que vous avez toujours désiré sans jamais pouvoir l’obtenir, la Réalité s’élevant contre vous. Sarah, tu as perdu tes parents très tôt et n’a jamais ressenti de lien familial avec les autres enfants et personnels de l’orphelinat. Raven, tu n’as jamais pu qualifier tes proches de famille et celle que tu as voulu construire s’est fait détruire par ces mêmes personnes, nouvelle pause durant laquelle j’encaissais ce rappel de l’instant le plus horrible de ma vie. Sarah avait la tête baissée, comme si elle songeait au passé de solitude que venait d’évoquer la créature. Mais vous n’avez tout deux jamais cessé de vouloir atteindre cet idéal d’avoir une famille. C’est ce qui m’a permis de vous percevoir, d’influer sur vos existences et de vous permettre de vous rencontrer. Il arrive que des idéaux de même nature ne concordent pas, mais les vôtres se correspondaient, il fallait que je vous fasse vous rencontrer. La situation de Sarah rendait les choses compliquées, c’est pourquoi j’ai eu à créer cette image d’elle-même. Ne pensez d’ailleurs pas que je le contrôlais depuis tout ce temps. Je n’ai fait que la mener à Janusia et la faire aller vers Raven, tout le reste n’était contrôlé que par sa propre conscience.
- Mais pourquoi faire ça pour nous ?, demanda Sarah qui avait l’air un peu perdue. Je… Je te suis reconnaissante, mais pourquoi est-ce que tu as fait ça ?
- Ais-je besoin d’une raison ?
- … Donc t’as fait ça par pure gentillesse ?
- Je ne pense pas que l’on puisse utiliser ce genre de jugement de valeur sur mes agissements. Je ne suis ni gentil, ni méchant. J’agis en fonction de l’Idéal des êtres. Je pourrais aider un être dont l’idéal vous paraîtrait maléfique s’il le désirait assez fort. Je l’ai fait parce que c’est ce pour quoi j’existe, Sarah était sur le point d’ouvrir à nouveau la bouche, mais il la coupa. Questionner ne nous mènera sûrement nulle part. Je ne suis pas humain, je suis une créature qui incarne un concept, une idée volatile dont l’appréciation change d’un être à un autre, il se redressa, imposant sa carrure à nos corps frêles. Sarah, je vais rendre ton âme à ton corps. C’est ce qui t’empêche de te réveiller actuellement. Raven, voudras-tu aller la chercher ?
- Bien sûr.

Zekrom hocha la tête. Le bout de sa corne ainsi que ses yeux bleuirent et des particules d’une couleur similaire entourèrent Sarah. Son corps pris une teinte que je jugeais tout d’abord blafarde avant de comprendre : il devenait transparent. L’adolescente m’adressa un regard empli d’inquiétude et profita qu’elle soit encore en mesure de parler pour me demander d’une voix mal assurée :

- Tu viendras Raven, hein ? Tu me promets que tu viendras ?
- Sans faute ! Je viendrais très vite, c’est promis !, je tentais de lui prendre la main pour la rassurer, mais déjà elle était devenue transparente.

Elle m’adressa un sourire que je lui rendais tandis qu’elle finissait de disparaître. Bientôt il ne resta d’elle que de petits éclats de lumière bleue. Mon cœur se serra, bien que je savais qu’elle n’allait pas disparaître pour toujours et que je la retrouverais bientôt à Céladopole.

Katarina et moi étions désormais seuls avec Zekrom qui continuait de nous fixer, comme dans l’attente d’une déclaration de ma part. Je jetais un œil sur l’illusion de ma femme qui m’adressais un air emprunt et de tristesse et de soulagement. Je m’approchais d’elle, pensant pouvoir me mentir sur ce qui la préoccupait :

- T’en fais pas, on la reverra bientôt !
- Tu sais que ce n’est pas ce qui me préoccupe, elle m’adressa un sourire désolé. Tu sais qu’il faut que je disparaisse maintenant. Tu sais qu’il faut accepter que je ne sois plus là. Tu sais que tu ne pourras pas construire de vrai lien familial avec Sarah si je suis toujours, comme un fantôme, près de toi. Tu sais que tu dois avancer, Raven. Avancer sans moi.
- … Mais je t’aime, répondais-je la voix brisée.
- Je suis morte, Raven. Et tu ne m’aimes pas. Je ne suis qu’une illusion, reconstituée par tes souvenirs propres, je ne suis pas moi, je suis l’image de moi que tu as intégré en toi. Ce n’est pas moi que tu aimes, celle que tu aimes n’est plus là.

Je m’affaissais sur moi-même. Les affirmations de l’illusion me rendaient impossible de me mentir à moi-même plus longtemps. Katarina avait raison, elle avait raison sur toute la ligne, et je le savais parfaitement. Seulement je refusais de l’accepter, il y avait quelque chose en moi qui n’arrivait pas à ne serait-ce qu’accepter l’idée qu’il fallait que je la laisse partir, un sentiment profond qui s’accrochait à moi, nouait ses racines jusqu’au plus profond de mon être.

- Je ne peux pas. Je ne peux pas te laisser partir. Tu as raison, je le sais, mais je ne peux pas. C’est trop injuste. Pourquoi est-ce qu’il fallait que tu meures comme ça ? Pourquoi est-ce qu’il fallait qu’on t’enlève à moi ?! Pourquoi est-ce qu’on ne pouvait pas juste rester ensemble ? Pourquoi est-ce que… Pourquoi est-ce que ces salops t’ont fait ça ?!

De l’injustice mêlée à de la haine, tel était le sentiment enraciné en moi depuis tout ce temps et qui empêchait Katarina de partir. C’était injuste, ils n’avaient pas le droit de me l’enlever. Comment est-ce que des êtres que j’avais autrefois espéré appeler « ma famille » avaient pu me faire ça ? Comment est-ce qu’ils avaient pu lui faire ça ? Nous faire ça ? Je les détestais comme je n’avais jamais détesté. Ils m’avaient appris un sentiment que je me serais bien gardé de connaître : la haine. Une haine profonde et maladive que je me refusais de concrétiser, car ce n’était pas bien. Katarina n’aurait jamais voulu que haïsse, elle n’aurait jamais voulu que je souhaite le plus grand mal à qui que ce soit. Mais pourtant, si l’on faisait tomber l’illusion qui maintenait dormant ce sentiment, c’était ce qu’il restait. Je voulais qu’ils disparaissent. Je voulais leur enlever tout ce qui comptait à leurs eux, comme ils me l’avaient enlevé. Je voulais leur faire subir le plus grand des mals. Je leur souhaitais la mort. Et cette mort que je leur souhaitais, comme si ce sentiment n’était pas déjà assez mal, assez mauvais et que je n’aurais jamais souhaité l’avoir, cette mort, je voulais la leur donner par moi-même. Je me voyais leur prendre tout ce qu’ils avaient, comme eux m’avaient tout pris.

Des larmes se mirent à couler le long de mes joues, j’avais l’impression d’être dans une sorte d’état second. J’entendais Katarina prononcer mon nom, mais l’écouter ou non ne changerait rien à la réalité des choses qui venait de se dévoiler.

- Zekrom, j’ai besoin de ton aide. Pour permettre à Katarina de s’en aller et à Sarah et moi d’atteindre notre idéal.



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Dresseur Alola

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Région : Alola
Sam 2 Déc - 23:11
Je n’aurais jamais cru que je chevaucherais un pokémon de cette ampleur un jour, mais à ce moment je ne ressentais aucune hésitation. Il y avait quelque chose de froid qui s’était emparé de moi. Katarina était toujours à mes côté, accrochée à moi pour ne pas s’envoler tandis que Zekrom se faufilait dans le ciel nocturne. Nous nous dirigions vers Parsemille, la ville où tout avait commencé et où je voulais que tout se termine.

Bientôt nous toisions depuis les cieux la résidence de la famille Swan. L’annexe me paraissait minuscule vu du dessus, ce qui correspondait bien à l’image qu’il m’en restait : un lieu étriqué par rapport à un monde que je m’étais résigné à ne jamais explorer. Et pourtant j’y étais, là-haut dans un ciel immense, regardant ma prison de l’extérieur. C’était la première fois que je la revoyais, la première fois que je pouvais réellement constater son étroitesse. Je réalisais, peut-être pour la première fois, la grandeur du monde que Katarina et Joruk m’avaient offerts et, malgré le froid que j’avais dans le cœur, je me senti ému. Emu et encore plus déterminé à détruire cette prison et ses créateurs. Je demandais à Zekrom de rester au-dessus du bâtiment principal, bien qu’il savait déjà très bien ce qu’il devait et avait accepté de faire.

- Détruis-les pour moi, s’il te plaît.

La créature légendaire n’exprima rien, mais es parties de son corps pouvant canaliser de l’électricité se mirent à bleuir. De plus en plus fort, jusqu’à briller comme des astres dans la nuit noire. La résidence et ses alentours furent éclairés d’un bleu électrique de plus en plus intense alors que les éclairs de destruction se canalisaient devant Zekrom. Je n’avais pas peur de me faire électrocuter, les grésillements m’emplissaient les oreilles, rendant toute autre voix que celle qui était à l’intérieur de moi inaudibles. Les éclairs devenaient de plus en plus épais, s’annonçant comme une tempête immense au-dessus de la résidence Swan. Des lumières s’allumaient dans les maisons voisines ainsi que sur ma cible, j’imaginais les gens effrayés de cette manifestation orageuse surnaturelle. Un orage sans nuages, des éclairs invoqués au milieu de rien, se réunissant à côté d’une forme noire inquiétante, inconnue et qui, sûrement, paraissait toute puissante.

C’était terrifiant. Absolument terrifiant. Et me rendre compte de la terreur que je pouvais provoquer chez tous ces gens me donna l’impression que, par l’action que j’étais en train d’entreprendre, je devenais un sujet de terreur pour toutes ces personnes, autour de chez la famille Swan, à qui je ne voulais rien. Ce fut la première once de doute qui s’immisça en moi. Puis, la seule voix que je pouvais encore entendre, la seule qui pouvait s’élever par-dessus les grésillements, la mienne, et que je reconnaissais comme étant la même qui animait l’image de Katarina. Elle me murmura des phrases et des mots qui me firent me poser une question essentielle. Une question que j’aurais dû me poser malgré toute la haine et l’injustice.

Est-ce que j’étais comme eux ?

Est-ce que moi aussi j’allais utiliser la méthode qui consiste à faire disparaître ce qui me gêne, ce qui m’indispose, ce qui m’empêchais d’avancer ? Est-ce que faire tout ça allait me permettre de régler le problème ? Est-ce que satisfaire cette pulsion violente allait me réconcilier avec moi-même ? Est-ce que je ne m’en voudrais pas encore plus après et est-ce que cela ne me hanterait pas toute ma vie ? Est-ce que je voulais faire ça ? Est-ce que j’étais un assassin ?

Les éclairs s’épaississaient encore. Bientôt la foudre allait s’abattre sur la famille Swan et leur existence disparaîtrait sous l’influence de ma haine.

- Arrête !

Un mot et la foudre se dissipa. La nuit redevint noire et la forme de Zekrom disparut dans la pénombre. Les lumières aux fenêtres étaient toujours allumées. Moi, j’étais agrippé au dos de la créature avec l’anvie de me mettre à pleurer sans y parvenir. Parce que je savais que j’avais pris la bonne décision. J’avais failli faire une énorme et horrible erreur. Par rapport à moi-même, mais aussi par rapport à Katarina. Jamais elle n’aurait pu aimer un assassin. Jamais. Le Raven qui allait faire ce que j’avais envisagé de faire, ce n’était pas moi. Et ce n’était pas celui que je voulais être non plus. Je voulais qu’elle puisse être fière de moi, de là où elle était. Et pour qu’elle soit fière de moi, il ne fallait pas que je tombe dans le vice de la vengeance.

- Faut que j’avance… Hein ?

Je la senti serrer ses bras autour de mon torse et poser sa tête contre moi. Je lâchais une de mes mains qui me tenait à Zekrom pour prendre les siennes, sachant au fond de moi que c’était la dernière fois que je la touchais, même de cette manière illusoire.

- Je sais que si je te parle ce n’est pas vraiment à toi, mais comme tu peux tout de même peut-être m’entendre là où tu es… Merci Katarina. Merci.

Katarina disparut. Cette fois pour ne plus jamais revenir.




- P’paaaaa !

Le cri de Sarah résonne jusque dans le jardin de notre maison de Romans-sous-Bois. Ce n’est pas souvent qu’elle rentre du lycée aussi enthousiaste, je me demande ce qu’il a pu se passer de bien. Je me lève de ma chaise de jardin et m’étire, afin de l’accueillir correctement. Joruk a les oreilles baissées, n’appréciant pas spécialement quand l’adolescente est dans cet état où elle saute dans tous les sens, ce qui arrive régulièrement depuis que nous avons emménagé et sommes officiellement une famille au niveau de la loi.

La tête blonde de la jeune fille passe par la véranda et elle m’adresse un grand sourire avant de lancer d’un geste déterminé une sorte de dossier sur la table de jardin.

- Vise un peu ça ! C’est mon bulletin de notes ! J’ai tout explosé !

Le retour dans la structure scolaire avait été difficile pour elle. Même si elle était rétablie, elle gardait quelques séquelles de son accident qui faisaient qu’elle ne pouvait plus trop pousser sur son corps. Par conséquent elle avait dû abandonner ses rêves de devenir une grande danseuse ou même élève dans une quelconque école de danse. Cela avait entraîné chez elle un rejet de l’école et son premier trimestre avait été catastrophique. J’avais réussi à la convaincre d’y mettre un peu plus de bonne volonté en lui expliquant combien j’aurais adoré pouvoir être à asa place. Cela n’avait que sommairement marché, mais au moins elle avait refusé de se complaire dans l’échec scolaire. Puis elle avait voulu que l’on se renseigne sur les métiers entourant le domaine de la danse et s’était dit que, chorégraphe, ça pouvait être sympa. C’était donc son objectif actuel, mais les formations pouvant être sélectives, je lui avais expliqué qu’elle avait plutôt intérêt à bien s’en sortir à l’école si elle voulait avoir toutes ses chances. Son bulletin actuel n’annonce pas encore des miracles, mais au moins elle est au-dessus de la moyenne dans toutes les matières, et je ne sais pas trop ce que je peux demander de plus. J’ai encore peu d’idée de comment fonctionnent les notes dans les systèmes scolaires et j’ai dans l’idée que plus haut que la moyenne, en général, c’est sûrement bien.

- En effet, t’as tout explosé ! Bravo !
- Héhé ! Et au semestre prochain je ferais même tous mes devoirs comme ça se sera encore mieux !
- Comment ça tous tes devoirs ?! Tu es censée les faire tous depuis le début !

Elle laissa échapper un « oups » que je trouve drôle, mais auquel je n’ai malheureusement pas le droit de rire. Elle change rapidement le sujet en disant qu’elle va prendre son goûter, même s’il est un peu tard, parce que la cantine c’était pas top aujourd’hui. Je décide de la suivre dans la cuisine pour m’assurer qu’elle ne prenne pas dans mon paquet de céréales malgré la règle claire que nous avons instauré pour que chacun ait le sien, histoire d’éviter de futurs conflits, les céréales étant sacrés.

Ce faisant je dois traverser le salon et passer devant le portrait de Katarina et moi que Sarah a fait que j’ai décidé d’accrocher au mur. La seule image que j’aurais jamais d’elle et que l’adolescente m’a avoué avoir voulu faire pour cette raison. J’ai failli en pleurer. Sarah était un peu gênée, car c’était loin d’être parfait et que les couleurs étaient brouillonnes, mais elle ne pouvait plus attendre d’être plus douée, car elle sentait sans se l’avouer qu’elle n’avait plus le temps. Moi, je m’en fichais et je m’en fiche toujours de toutes ces imperfections. Ce qui est important, c’est ce que représente cette image. Un souvenir d’elle et moi.

Car même si j’avance, je ne l’oublierais jamais.



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