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» Rocker & Actor - Light & Night [Choquant]


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Coordinateur Unys

C-GEAR
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Dim 15 Oct - 22:04
Anatole McFilles courrait presque derrière moi, cherchant dans les poches de sa veste son petit agenda où il notait l'intégralité de mes -nos- rendez-vous. J'avais intégré la Orma'Corp depuis peu et me voilà déjà à devoir me dépatouiller avec un agent qui commence dans le milieu. Pour la compagnie, je ne suis pas encore une mine suffisamment intéressante pour qu'on puisse m'attribuer un meilleur élément. A ma plus grande surprise, Simon avait fini par être recruté quelque jour après moi pour un autre casting, pour une autre occasion. Il était venu me voir en se pavanant comme un pan, l'air de dire : "Tu as peut-être gagné une bataille, mais pas la guerre!" Pensait-il seulement que nous étions rivaux ? Un mince sourire se glissait sur mes lèvres alors que nous pénétrions, mon agent et moi-même, dans l'ascenseur à destination du 4ème étage. Nous nous trouvions actuellement dans les studios de Daisel, une grande marque de parfum masculin. Anatole me remettait en urgence un petit document dactylographié avec toutes les informations dont je pourrais avoir besoin pour les prochain jours : directeur des acteurs, photographes, réputation de l'entreprise, produit phare. La mission pour la semaine à venir : réaliser la promotion d'un nouveau parfum qui sortira bientôt sur le marché après une prévente des plus retentissantes. Prévente si retentissante qu'elles permirent à la boîte Daisel de faire appelle à une rock-star des plus connus pour jouer dans sa pub... En compagnie d'un "acteur" a peine recruté par une compagnie amie : Orma'Corp.
Le rocky dans l'histoire, c'était moi. Et la Rock Star, c'était Tony Schwärtzwind, gagnant à l'Elite et personnage publique de plutôt grande envergure. J'avais pu faire quelques recherches à son sujet. A mon plus grand étonnement, il était plutôt "clean" pour une rock star. Alors soit il se trouve être un saint ou presque, soit il est doué pour jouer la comédie. Dans tous les cas, ces qualités risqueraient d'être des plus appréciés pour un tournage. C'était son premier, de mémoire et du peu d'information que j'avais pu récolter la veille. J'espère au moins que ça ne posera pas trop de difficultés à l'équipe.
Après tout, j'ai besoin de sa notoriété à lui pour lancer ma propre carrière, avec un peu de chance. Je ne compte pas me faire écraser, d'aucune manière. Après... Je ne connais pas vraiment le personnage alors la prudence sera de mise.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrent et c'est une foule en effervescence qui s'agite devant mon œil unique. Décors, éclairage, matériel... Mise en place tardive et paniquée. Je jette un regard à l'attention d'Anatole, déjà parti pour attraper un membre du personnel et annoncer notre arrivée. S'ils semblaient tous aussi paniqués, c'est que la star n'était pas encore arrivée et que tout devait être prêt pour ce moment fatidique.
Une maquilleuse s'arrêtait enfin pour le pauvre Anatole qui suait à grosse goutte tant son anxiété pouvait être palpable. Par réflexe, je posais ma main sur l'épaule de mon agent, le dépassant d'une bonne demi-tête. "Ayden L. Carter, et son agent Anatole McFilles. Nous sommes là pour le tournage. Pourriez vous nous indiquer la loge des artistes ?"
la maquilleuse indiqua une porte à la hâte avant de nous dire qu'on sera appelé lorsqu'on sera nécessaire - ce qui ne semblait pas être le cas actuellement. Un maigre soupire quitta mes lèvres alors que je tenais le pauvre Anatole sous le bras. Il semblait quoi ? Avoir à peine deux ans de plus que moi ? Quel boulet, sérieusement... Respecte tes hommes et il feront un bon travail. Mais quand ils échouent, fait leur comprendre que ça n'arrivera pas deux fois. En entrant dans la loge, je me tournais vers lui, l'œil brûlant :"Ecoutez Anatole, si vous ne vous sentez pas de faire ce travail, vous pouvez toujours démissionner. Niveau organisation, vous vous en sortez plutôt bien mais le présentiel, c'est vraiment pas ça. Comment voulez-vous qu'on puisse me prendre au sérieux si même mon agent ne semble pas l'être ?" La question le laissa coït quelques secondes, alors que je passais une main dans mes cheveux. "Vous n'êtes pas mauvais au point que je demanderais à ce qu'on vous remplace pour manque de professionnalisme... Mais ressaisissez vous, d'accord ?"
Il hocha la tête timidement : "Bien, monsieur Carter... Je ferais mon possible... Merci... Je vous laisse vous préparer, je vais m'entretenir avec notre contact."

Il quitta la pièce, alors que je m'affalais sur le petite divan. Il y avait sur le mur des miroir et des tabourets pour la préparation, une penderie avec des tenues fraîchement repassées je suppose. Une table basse, un divan, des verres et une carafe d'eau. Je me sers un verre, le buvant d'un seul coup. Nouveau soupire. Bon, on y est à présent. Je ne me sens pas stressé, comme d'habitude. Je m'interroge seulement sur la pertinence qu'aura la super star. Si elle peut tout gâcher. J'en doute, il semble être un homme plutôt intelligent, charismatique et capable de sourire à un objectif plus d'une dizaine de minutes. On relative, ça devrait bien se passer.
La porte de la loge s'ouvre à nouveau mais il ne s'agit pas du retour d'Anatole : il s'agit de l'arrivé trop peu fracassante d'une rock star dans sa loge. D'un bond, je me lève par politesse et approche de l'entrée. Le dos et le regard droit, je ne le dévisage avec discrétion de mon œil droit, tendant alors la main dans sa direction : "Enchanté monsieur Schwärtzwind. Je me nomme Ayden L. Carter, je serais votre collègue pour le tournage de cette publicité... C'est un plaisir de pouvoir travailler avec vous."
Je me dégageais tranquillement pour retirer ma veste de costume, la déposant sur le dossier du diva. Trop chaud pour poster une veste comme celle-ci. "Vous préférez une chaise ou le canapé ?" Demandais-je en prenant la carafe, servant les deux verres dont un que je lui tendais tranquillement. "J'ai cru comprendre que vous n'aviez pas encore d'expérience dans le milieu de la publicité... Vous désirez diversifier votre notoriété ?" Je l'interrogeais, à la fois des mots et du regard. Nous allions potentiellement travailler ensemble pour une bonne semaine alors autant faire "copain copain" tout de suite, n'est-ce pas ?



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C-GEAR
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Mar 17 Oct - 11:40
L’idée ressemblait à une lubie. Le genre de délire qu’on pouvait avoir en consommant un peu trop de substances illégales. Et en soi, c’était presque vrai, mais le cannabis n’avait pas encore eu de véritable effet sur lui, à ce moment-là. En même temps, il n’avait pas besoin d’être complètement stone ou bourré pour avoir des idées comme celles-ci quand des gens proches de lui étaient dans les parages et qu’ils passaient un bon moment. Tout ce qu’il fallait, c’était une conversation un peu loufoque et une opportunité à laquelle il répondait favorablement. Le genre d’expérience qu’il considérait qu’il fallait vivre au moins une fois dans sa vie quand on vivait dans le monde du show-business et de l’entertainment. Cette expérience, c’était le monde de l’audiovisuel. Et pas seulement quand il s’agissait des clips ou des live de concerts. Ce n’était plus suffisant tout ça, de juste poser avec sa guitare en train de gratter les cordes de son instrument en headbangant comme un dératé. Non pas que ce n’était pas divertissant, c’était même le contraire. Il faisait ce qu’il aimait, et c’était amplement suffisant.

Mais dans la vie, il fallait parfois sortir un peu de son train-train quotidien pour pouvoir mieux le savourer par la suite. Et Kwakson était du même avis, visiblement. Travaillant lui-même dans le monde du cinéma, son associé avait été ravi d’apprendre que la rockstar avait décidé d’observer un peu ce monde qu’il ne connaissait pas totalement, même si la Coordination lui avait donné un goût davantage prononcé de la mise en scène. A présent, ses concerts n’étaient plus aussi épurés, du moins pour ceux qu’ils voulaient le plus mettre en avant. Il n’y avait qu’à voir ce qu’il avait fait le jour où Béatrice Grandt, où il avait volontairement caricaturé les extrémités que pouvaient engendrer la société de consommation. Tout ceci n’en était que la continuité, finalement, même si plus d’un pouvait critiquer la décision de la rockstar qui avait décidé de participer à l’entretien de cette même société.

Car pour le moment, ce n’était pas dans un film ou une série que le rockeur allait jouer. Et de toute façon, Kwakson l’avait averti : tout ceci n’était qu’un test, pour le moment. S’il voulait faire mieux, comme faire un caméo dans un film ou une série, il allait devoir apprendre à bien jouer la comédie, pour une raison qui paraissait pourtant évidente : le souci avec les caméos, mis à part dans les feel-good movies ou les films ou séries à but humoristique, c’était qu’elles brisaient généralement la suspension d’incrédulité du spectateur. Le caméo devait avoir un but, pas seulement être là pour faire joli ou pour faire un clin d’œil. Et puis, l’attitude rebelle du rockeur n’était pas forcément de la tasse de thé de beaucoup de réalisateurs. Si le réalisateur était bon, il était capable de donner de bonnes directions aux acteurs pour qu’ils puissent construire leurs personnages, mais il fallait que ceux-ci soient capable de les écouter et pas seulement arriver avec leur propre interprétation, même si avoir leur propre idée du personnage qu’ils incarnaient pouvait parfois surpasser les attentes du réalisateur, et peut-être du spectateur par extension.

Une pub pour un parfum pour hommes. Voilà quel était le test que le rockeur allait devoir passer s’il voulait intéresser d’autres productions. Clairement, ça allait jaser si ça se savait – et ça allait se savoir. Mais le rockeur avait déjà une parade si on venait à lui poser la question : quoi de mieux que connaître les codes de la société de consommation pour mieux les briser par la suite, ou pour encourager davantage à la « consomm’action » qu’à la consommation pure et simple ? Et puis, il n’avait encore aucune idée du rôle qu’il aurait à jouer, mais il pouvait peut-être justement participer à la publicité en prétextant que la mise en scène cassait justement la plupart des stéréotypes de la publicité en général. Dans tous les cas, Tony était plutôt optimiste. Quoiqu’il pût se passer, ce serait intéressant à voir. En plus, il allait jouer avec un jeune acteur fraîchement recruté et pas encore très reconnu dans le milieu, un dénommé Ayden Carter, apparemment. Autant dire que ce serait sans doute une bonne expérience sur le plateau, ou du moins, qu’il y aurait une bonne ambiance. En tout cas, il l’espérait. Ce serait dommage d’avoir une mauvaise impression dès le départ.

Jusqu’ici, tout allait bien, c’était à peu près pareil qu’au Pokéwood quand ils tournaient quelques scènes pour donner un arrière-plan à ses concours de Coordination au niveau du studio, même s’il n’avait jusqu’ici pas énormément prêté attention à ce qu’il s’y tramait. Niveau loges, c’était pareil, il y avait quelques personnes aux petits oignons pour lui qui venaient lui taper la discute et lui donner éventuellement quelques indications concernant le rôle qui était le sien, mais pour l’instant, rien de très général. Peut-être que l’équipe s’attendait à ce qu’il soit simplement tel qu’il était pendant toute la durée du tournage ? Si c’était le cas, ce serait des vacances pour lui, même s’il serait sans doute un peu déçu. La facilité, c’était bien pour une première fois, mais il n’aimait pas quand on ne lui montrait malgré tout aucune résistance. Ce fut pour cette raison qu’il décida, pendant qu’il avait une minute ou deux de battement avant de passer au maquillage et autres pertes de temps pour se promener dans les coulisses jusqu’à trouver la loge de son partenaire de la journée. Quelques coups toqués à la porte, et le voici face à un imposant jeune homme aux cheveux bruns, dans le genre ténébreux. Ténébreux ? Tiens donc. Ce n’était pas trop ce à quoi il s’attendait. En fait, il croyait avoir affaire à une gueule d’ange plutôt, afin qu’il puisse y avoir un contraste entre les deux protagonistes de la publicité. Mais peut-être que c’était simplement parce que la maquilleuse n’avait pas encore fait son office.

Le jeune acteur se présenta brièvement, de manière très professionnelle. Un peu trop même, par rapport à beaucoup d’artistes que le rockeur avait rencontré tout au long de sa carrière. Sa poignée était également très franche et assurée, davantage à la manière d’un businessman que d’un artiste ordinaire. Mais Tony garda le sourire malgré tout, histoire de ne pas montrer quoique ce soit qui pourrait casser l’ambiance. Après tout, il avait peut-être un univers plus intrigant que son apparence le laissait croire.

« Plaisir partagé ! » s’exclama-t-il. « Va pour le canapé, autant qu’on soit à l’aise. »

Il s’empara du verre d’eau qu’Ayden lui tendit et en but quelques gorgées tandis que celui-ci lui demanda quelle était la raison de sa venue.

« Pas vraiment, non. » lui répondit la rockstar après un léger gloussement. « Au stade où j’en suis, la notoriété, je m’en fous un peu. Je suis surtout là pour apprendre un peu et m’éclater, et éventuellement je pense que ça pourra être utile pour la Coordination plus tard d’en savoir un peu plus sur la mise en scène et ce que c’est d’être acteur en général. »

C’était peut-être la seule chose qu’il regrettait dans la réalisation de son biopic, de ne pas avoir pu prendre davantage part au projet. Il s’assurait surtout que tout soit respecté, mais il n’avait pas eu vraiment le temps, l’envie ou le pouvoir de donner son mot à dire sur le reste du projet. Et même s’il avait atteint le vénérable âge de trente-cinq ans, il avait encore de belles années à vivre, et il n’était jamais trop tard pour apprendre.

« On vous a parlé un peu de votre rôle, d’ailleurs ? » s’enquit-il. « Je sais pas si c’était voulu pour que je reste naturel, mais on m’a pas trop donné de détails sur le mien ni comment ça allait se passer. On m’a juste demandé de ramener ma gratte et rien de plus. »

Il avait lancé la pierre, restait maintenant à savoir quel serait le résultat. Qui sait, ça aurait peut-être une influence positive sur sa future performance ?


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C-GEAR
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Mar 17 Oct - 21:59
Mister Schwärtzwind s'installa sur le divan avec une nonchalance qui ne me choqua pas outre mesure. Rockstar, groupies, rail de cocaïne au petit dej', conquête d'une nuit, attitude un poil hirsute. Un ensemble de stéréotypes que je classais par ordre de "possibilité" dans mon esprit et que je m'attendais à voir chez ce mystérieux et pourtant célèbre personnage. Au moins, le rockeur semblait "friendly" et loin d'avoir une tête pouvant rivaliser avec le dôme de l'Elite. Peut-être que finalement, le pire n'avait pas besoin d'être envisagé pour ce tournage ! Il était même poli, comme quoi ! Après, la plupart de ses fans vantaient ses qualités mais ça restait... Des fans, bien évidemment. Comment pouvaient-ils critiquer plutôt que vanter leur idole si parfait, brillant et magnifique ? J'imaginais une horde de chien en pamoison courir après les fesses du rockeur, m'arrachant un maigre sourire que j'espérais discret.
Je portais mon verre à mes lèvres, allant pour ma part m'asseoir sur la chaise que je tournais dans la direction de mon interlocuteur, laissant dodeliner ma tête de droite à gauche tout en l'écoutant. C'est vrai que niveau notoriété, il était pas mal. Même plus que pas mal : chanteur, vainqueur à l'Elite... C'était pour sa notoriété que j'étais là aussi, après tout, à racler les quelques miettes de gloires qui pourraient traîner lors de cette mission. Nous avions pas mal de point commun : un look assez personnel, un regard perçant - un œil dans mon cas - une stature plutôt haute et les traits un peu brute. Il avait beau avoir une dizaine d'année de plus que moi, je le trouvais plutôt jeune... En tout cas, en nous mettant l'un à côté de l'autre, je pense qu'il serait difficile de dire lequel d'entre nous semble le plus âgé : d'un côté, on a un gars au cheveux blanc qui s'habille comme un adolescent rock-gothique et de l'autre un gars borgne qui ne porte que des costumes et à la mine sérieuse qu'aurait un parent autoritaire.
Posant le verre sur la table basse, je m'étirais vers l'arrière avant de croiser les jambes, mes mains se posant sur mes genoux : "C'est vrai que vous avez assez triomphé de l'Elite assez récemment, non ? J'avoue avoir pris la peine de me renseigner ad minima sur vous avant ce travail, afin de ne pas naviguer en terrain inconnu. J'espère que ça ne vous dérange pas trop ? D'ailleurs, si vous avez des questions à me poser, à mon sujet, je suis toujours disposé à y répondre, dans la moindre mesure de mes possibilités." Sous-entendu plutôt palpable : demande moi ce que tu veux tant que ça n'est pas trop personnel. Quoi que, j'avais aussi quelques mensonges à ce sujet tellement répété dans ma bouche qu'ils sonnaient à présent comme des vérités inébranlables ou presque.

J'haussais un sourcil perplexe à sa demande sur le rôle. Il n'était donc pas au courant ? Je sortis brièvement mon téléphone de ma poche, lui faisant un signe pour l'intimer d'attendre. Je fis défiler mes mails jusqu'à retrouver celui que McFilles m'avait forwardé le jour même de mon embauche, avec sa présentation et les indications à connaître pour le tournage : "Light & Night sont deux parfums pour homme aux fragrances opposés. Light est un produit qui se veut piquant, vivant et fruité. Au contraire, Night correspond à des homme plus réservé, offrant une impression de fraîcheur. Dans le rôle de "Light" se trouvera monsieur Schwärtzwind et vous dans celui de "Night". Vous incarnerez son ombre, son agent. La prestation demandé est une mise en valeur de l'un par l'autre. "
Je relevais tranquillement la tête vers la star, rajustant mon cache-œil par la même occasion : "Voici toutes les informations dont je dispose... J'imagine que s'ils ne vous ont pas donné d'indication, c'est que votre rôle est... De vous jouer vous-même ? Oh, d'ailleurs, j'y pense mais si vous préférez que l'on se tutoie, cela ne me pose pas vraiment problème... Cela sera même plus simple ni nous devons bien nous accorder pour le tournage."
Un sourire contrit, professionnel, forcé et en même temps pas trop. J'avoue que je ressens comme une sorte de petite excitation, comme lorsque nous allons avec mes frères passer une tête chez un gang rival qui marche un peu trop sur notre terrain.

Passant une main dans mes cheveux pour les rabattre en arrière, je finis par sortir une cigarette, vérifiant qu'il n'y ait pas de détecteur de fumée, en proposant une à la Rockstar par la même occasion : Cela vous dérange-t-il si j'en grille une avant l'arrivée du staff ? Mon Agent m'a fait cavaler dans tous les sens et je n'ai pas vraiment pu satisfaire l'envie de la mâtinée." Sans attendre, j'allumais le calumet de la mort, tirant une longue bouffée que je laissais glisser hors de mes lèvres dans une volute légère. "Je suppose qu'ils vont vous demander de jouer pendant le tournage... Après pour le reste, je n'ai pas vraiment plus d'explications... On verra bien ce que le réalisateur dira. J'espère qu'on pourra bien "s'éclater" en tout cas... J'avoue que c'est un peu le tremplin pour ma carrière qui se joue aujourd'hui alors j'étais un peu anxieux à l'idée de tomber sur une star à la tête aussi grosse qu'un Grodrive. Je suis plutôt rassuré pour l'instant."
Je tirais une nouvelle fois sur ma cigarette, lui adressant un sourire en coin taquin. Soyons friendly aussi, ça semble être bien parti et pour maintenir l'ambiance au beau fixe, il faut jouer le jeu. Ah... Jouer le jeu. C'est le propre des acteurs ça, non ?


Parce que tu as accepté de RP avec moi et que j'ai procrastiné avant d'écrire xD
Kdo:
 



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C-GEAR
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Mer 18 Oct - 16:53
Assez récemment, tout était relatif, cela commençait à faire quelques temps, quand même. Depuis l’Elite, il y avait eu la tournée, puis toutes les merdes qui lui étaient arrivées avec la mort d’Axelle et le début de sa dépression. En réalité, ça ne faisait que quelques mois qu’il allait véritablement mieux et presque un an depuis sa dernière victoire en compagnie de ses Pokémon. Ce qui lui faisait penser qu’il devrait peut-être songer à reprendre la Coordination, histoire que ses compagnons et lui ne se reposent pas trop sur leurs lauriers. Et puis, Elune apprécierait sûrement de voir des Pokémon s’épanouir de cette façon et pas juste servir d’amplis pour lui. Qui sait, il pourrait peut-être affronter de nouveau l’Elite dans l’année qui allait venir également ? Mais oui, dans le grand ordre des choses, après, c’était récent. Les magazines spécialisés en Coordination n’avaient sûrement pas oublié, bien qu’il ne fût pas allé vérifier, lui qui ne portait pas trop d’attention à ce genre de chose. Non, ce qui était plus intéressant, c’était la suite de ce qu’Aiden lui racontait. Il s’était renseigné sur lui, apparemment. Il haussa les épaules. Depuis le temps que les gens faisaient ça avec lui, ça faisait longtemps qu’il n’en avait plus rien à faire, du moment que ce n’était pas trop personnel. Du genre « A quoi tu te masturbes quand ta copine est pas là ? » par exemple. Oui, il avait déjà eu ça. On pouvait avoir de tout avec les fans. C’était ce qui était à la fois le pire et le meilleur chez eux. La majorité était du genre commun, mais il y avait toujours un sacré numéro qui arrivait au bout d’un moment, et qui faisait au moins une petite anecdote à raconter aux gens et parfois à la presse.

Vint alors le descriptif du rôle que l’on avait envoyé au jeune acteur par mail. Ainsi ce n’était pas un parfum qui étaient promus dans la pub, mais deux. Pas mal, comme moyen de faire des économies et du chiffre d’affaire. En général, ce n’était qu’une publicité avec une version masculine et féminine du même parfum, mais pas deux articles pour hommes. Quoiqu’une idée folle lui vint un peu en tête : et si c’était deux parfums qui visaient plus particulièrement les homosexuels ? Du genre « je porte ce parfum, et lui porte mon opposé, et les opposés s’attirent, on pourrait tenter quelque chose ? » ? Non, trop extrapolé. Quoique ça ne serait pas inintéressant, tant qu’on ne lui demandait pas de se faire toucher par un autre homme. En tout cas, il aimait bien le descriptif de la fragrance qui était censé lui correspondre. Autant le terme « fruité » ne lui faisait pas vraiment d’effet, mais « piquant » et « vivant » ? On ne pouvait pas faire mieux, il se sentirait comme un poisson dans l’eau. Ce qui était plus difficile, cependant, c’était de mettre en valeur l’autre en donnant une excellente prestation pour soi-même. Mais bon, tout s’éclairerait sûrement une fois qu’il aurait le script en main.

« C’est ce que je me suis dit en arrivant. » répondit-il quand Ayden suggéra que l’équipe de tournage souhaitait très certainement que Tony soit simplement lui-même devant les caméras. « Mais bon, je trouve ça dommage qu’on me demande juste la recette habituelle, quoi. Enfin je sais pas, c’est peut-être la différence entre la pub et le cinéma, t’en sais sûrement plus que moi à ce sujet. »

Se vouvoyer ou se tutoyer, les deux lui allaient devant une personne pareille. Devant d’autres personnes, il aurait sûrement tenu à employer l’un ou l’autre, mais il n’avait pas encore tout à fait cerné son interlocuteur. Alors autant aller avec sa suggestion. S’il pouvait parvenir à être plus à l’aise avec Ayden en le tutoyant, ça se ressentirait sûrement sur le plateau, comme il l’avançait. En musique, en tout cas, c’était le cas. Ce fut entre autres la raison pour laquelle il laissa son vis-à-vis allumer sa cigarette. Non pas qu’il n’aimait pas ça, mais après avoir goûté à d’autres drogues – notamment le cannabis, qu’il prenait toujours de temps en temps avec Elune même si c’était plus de manière récréative et occasionnelle – il trouvait ça relativement fade. Un peu comme un chewing-gum déjà mâché depuis une heure, en fait. Ce qui ne lui donnait aucun mal à ne pas être accroc à une telle saloperie. Surtout quand on savait ce qu’il y avait dans ces trucs-là. Depuis, la dernière fois qu’il en avait pris, c’était pour freiner un peu ses envies de cocaïne, histoire d’avoir l’air socialement acceptable aux yeux des gens. Maintenant que le centre de désintoxication était derrière lui, il n’avait plus à se soucier de ça, et donc la cigarette lui était totalement obsolète.

« C’est clair, c’est surtout pour ça que j’ai dit oui. » s’exclama-t-il après que le jeune homme lui avoua qu’il n’avait pas reçu d’autres instructions et qu’il espérait que l’ambiance serait bonne. « Surtout que j’imagine qu’ils vont mettre une bande-son par-dessus ce que je joue pour que la qualité de son soit au rendez-vous, donc s’ils me demandent juste de faire du play-back, ils auraient pu prendre n’importe qui d’autre. Ou alors ils comptent juste sur un coup marketing pour que leur produit marche en m’incluant dans la pub, mais si c’est le cas, ils vont avoir une petite surprise. »

L’avantage quand on était une personnalité influente avec beaucoup de suiveurs sur les réseaux sociaux et que l’on savait un minimum écrire ses messages, c’était qu’on pouvait changer les choses en un claquement de doigt. C’était un pouvoir extrêmement dangereux qu’il fallait manier avec beaucoup de soin. Mais il s’en servait quand il pensait que c’était juste de le faire et il n’avait jamais eu le moindre problème jusque-là, alors pourquoi ne pas continuer ?

« T’inquiète, je connais ça. » le rassura Tony, comprenant bien qu’il pouvait passer parfois pour une diva à grosse tête de temps en temps, comme tant d’autres artistes avant lui. « J’essaie de bien faire mon boulot, après, c’est juste une question de fun et de bonne ambiance, je me prends pas trop la tête avec ça. »

Enfin, tant que ce n’était pas une personne comme Strykna qui se trouvait en face de lui, mais ça, le rockeur préféra le garder pour lui. Il reprit cependant, voulant en savoir plus sur le jeune homme. Ce n’était pas très original, mais ce serait toujours mieux que la pluie et le beau temps, au moins.

« Et toi alors ? T’es dans le milieu depuis longtemps ? Comment ils t’ont trouvé pour ce job ? »


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Mer 18 Oct - 22:08
Observant de l'œil les cendres lentement s'amasser au bout de ma cigarette, la faisant danser de temps en temps entre mes lèvres pincées sans pour autant la faire tomber. Tout un art qu'Al serait ravi de me voir exécuter, étant mon "mentor" dans la manière. D'ailleurs, il faudrait qu'on se coordonne pour la visite chez les Crakcs le week-end prochain. Ils avaient empiété sur le territoire des Carters et semblaient se ficher pas mal des conséquences d'une pareil provocation. Et moi, je pense que leur ficher une balle entre les deux yeux devrait leur donner une bonne leçon. Où les exposer à des Rafales Psy en continu pendant quelques minutes, histoire de les voir se remuer dans tous les sens en demandant pardon. Ecraser ou soumettre, n'est-ce pas, Père ? Je fermais l'œil, me levant pour me mettre en quête d'un cendrier où écraser mon mégot à présent inutile.
La star semblait déçue de ne pas pouvoir expérimenter autre chose que son propre rôle. Je pouvais comprendre, ça doit être lassant d'être toujours la même personne. Pour changer de rôle à chaque porte que je franchis, je comprends la nécessité de se sortir de sa peau, d'attraper un masque à se coller sur le visage et de se tortiller avec pour le plaisir de l'âme. Je glissais mes mains dans mes poches, m'amusant à faire quelques pas dans la pièce, détendu. Mon attitude formelle disparaissait petit à petit, se fondant dans son aise à la manière d'un caméléon. C'était bien une chose pour laquelle j'avais véritablement un talent. Pour le reste, ce n'était que du travail, de la pratique, de l'apprentissage, de la répétition. Pour passer de l'enfant sage au gangster, il fallait une maîtrise de ses émotions, de son faciès, de son langage corporel. J'haussais les épaules avec franchise : "Dans l'école de théâtre où j'ai été formé, nos professeurs nous répétaient la plupart du temps que le plus difficile à jouer pour un acteur, c'est la quotidien et la normalité... Il est toujours facile d'extrapoler un drame ou de se mettre dans la peau d'un personnage quand on est sur scène." Enfin, je ressortais ça comme un cours appris par cœur tellement celui-ci nous avait été dit, répété et encore re-répété à chaque entrainements ou spectacles.
Je me détaillais quelque seconde dans un miroir, assez curieux qu'il ne m'ait pas encore fait de remarque sur mon cache-œil ou encore le fait que je sois borgne. Peut-être que ce genre de détails lui importent peu, c'est pas plus mal. "Je vais peut-être dire ça un peu méchamment mais je suppose qu'ils souhaitaient uniquement le nom de Schwärtzwind sur la petite affiche." Me tournant vers lui, je levais les bras théâtralement : "La super Rockstar porte notre parfum ! Soyez comme lui : achetez du parfum qui vaut deux fois son prix de production !" Puis je rabaissais les bras, les repliant sur moi-même à la manière d'une groupie un peu farouche, papillonnant des cils : "Oh, il porte ce parfum, youhaaaaaaa! je vais demander à mon petit ami d'en porter comme ça, quand il me fera un câlin ,j'aurais l'impression d'être dans les bras de Tonyd'amouuuuu!" puis je mis mes mains sur mes hanches, le regard plus sévère : "Je vais porter ce parfum d'Homme comme la super star et j'aurais plein de nana à mes pieds !"
Je ris, reprenant une attitude plus neutre en balayant mes cheveux d'une main vers l'arrière : "Je pense que tu as compris le principe général~" Je m'amusais bien en fait. Jouer, ça me plait, alors ça me semble presque évident. Mon "bonheur" redescend dès que je remets les pieds sur terre, retournant poser mes fesses sur ma chaise dans un soupire.
"Après, si le boulot est bien fait, tu auras peut-être des occasions un peu plus sympa où tu pourras jouer ce que tu veux. Tu as la notoriété et la possibilité de faire pression sur les producteurs si tu le voulais vraiment... Après ça risquerait de détériorer l'ambiance un petit peu mais c'est un petit détail secondaire."

Finalement survint une question à mon attention, m'interrogeant sur ma carrière. Mais alors que je m'apprêtais à répondre, on toqua à la porte. Un trentenaire passa une tête, l'air désolé, annonçant de sa voix légèrement chevrotante, anxieuse : "Nous sommes véritablement navré... Nous souffrons d'un accident technique sur le plateau... Nous ne pourrons pas tourner avant au moins une heure; nous sommes vraiment désolé pour la gêne occasionnée... Sentez vous libre de vous promener dans les locaux le temps que nous préparions le désordre... Merci...."
J'acquiesçais de la tête lorsqu'il s'en allait, lâchant un soupire. "Je pense qu'on va pouvoir se balader... Je te raconte en marchant ?"
Je me levais et prenais la porte, la tenant jusqu'à ce qu'il sorte m'accompagner : "Je commence complétement dans le milieu du spectacle, bien que ma mère ait une certaine notoriété - Héléna MacGrégor, si ça te dit quelque chose. J'étais doué pour le théâtre et je n'avais pas vraiment envie de suivre les traces de mon père dans l'immobilier alors je suis monté sur les planches. J'ai finis mon école l'été dernier et j'ai participé à un casting pour la compagnie Orma'Corp. Ils recrutent des jeunes talent spour les lancer et se faire un maximum d'argent sur leur dos, dans l'idée général. Mais ils sont plutôt clean pour l'instant, bien que mon agent soit aussi débutant que moi, ce qui est relativement gênant par moment." Je ris de bon cœur, sarcastique. McFilles allait bien finir par se reprendre un jour ou l'autre. "J'espère que cette pub sera un tremplin pour des propositions dans d'autres productions et percer tranquillement dans l'audio-visuel. Avec un peu de chance, d'ici quelques années, ça sera le cinéma. Mais faut commencer en bas de l'échelle au début, enfin j'imagine que tu sais ce que c'est ?" On ne devient pas Rockstar du jour au lendemain, après tout.
J'observais du coin de l'œil le staff en train de galérer à installer du matos par-ci, par-là... On dirait un décors de salle de concert, et non loin celui d'une chambre... Je suis curieux du scénario qu'ils nous ont concocté maintenant. "J'ai l'impression qu'ils vont te faire monter sur scène en tout cas..." Curieux, je me dirigeais vers l'installation, remarquant le synthé qui trônait là, débranché. Je me tournais vers Tony en souriant : "Tenté par une petite impro, pour passer le temps ? Enfin, je dis ça mais je n'ai pas jouer de piano depuis un moment, je dois être assez rouillé..."
Quand on s'ennui, il faut bien s'occuper après tout. Et le staff me regarde avec un air d'extra-terrestre. Si vous étiez à l'heure aussi, je n'aurais pas à envisager de faire autre chose que mon boulot.



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Dim 22 Oct - 12:46
Ainsi donc, Ayden était tout droit issu d’une école de théâtre ? Pas étonnant qu’il ait tout de suite été retenu pour le rôle, alors. Une pub pour un parfum, c’était, comme lui, idéal pour faire ses premières armes. Un moyen pour s’exercer sur ce qui était probablement le plus difficile pour un acteur, à savoir convier chez le spectateur des émotions. Car nul doute que les publicités n’étaient pas du genre à trop expliquer, mais davantage à montrer et à susciter des envies chez le consommateur. Pas bête, en effet. Tony allait sans doute apprendre des choses sur le monde du marketing s’il continuait de fureter dans les alentours de ce plateau, visiblement. Ce qui n’était pas plus mal, ça lui donnerait un peu plus de choses à dire dans ces textes s’il pouvait mêler le théorique au pratique, même si parler avec les chefs de maisons de disques lui avaient déjà enseigné un certain nombre de choses dans le milieu du show-business. Néanmoins, son point de vue était intéressant. Ou plutôt, celui des professeurs qu’il avait eu. La normalité était ce qu’il y avait de plus dur à faire ? Ce n’était pas vraiment le ressenti qu’il avait en regardant la télé ou des films, mais en même temps, qu’appelait-on vraiment par normalité ? Là se logeait la véritable question, et, par extension, ce devait être ce qui la rendait si difficile à jouer, à tous les coups. Et puis pourquoi pas, après tout ? Il verrait bien comment ça se passerait quand ils effectueraient les prises, et au pire, il demanderait s’il pourrait rejouer une scène, histoire d’être bien certain de cerner ce qu’on attendait de lui et d’être en mesure de les surprendre un peu. Si, comme le jeune acteur l’affirmait, ils ne voulaient de lui que pour la marque, alors ils risquaient de tomber de leur chaise bien assez tôt, s’il parvenait à rentrer dans le rôle. En parlant du jeune homme, d’ailleurs, celui-ci faisait d’excellentes pastiches des marketeux et de certains de ses fans, autant femmes qu’hommes. Du moins, il savait qu’une petite partie d’entre eux se comportaient de cette façon, ce qui le fit bien rire. Mais ce n’était pas une moquerie déplacée, Tony ne se serait jamais permis. Et de toute façon, il était certain que ses fans les plus hardcore – quoique, pour certains garçons ? – se souciaient davantage de leur façon de penser que de leur apparence, alors autant en rire encore plus.

« Ok pas mal, je comprends pourquoi ils t’ont pris ! » s’esclaffa-t-il. « Tu veux pas leur proposer de jouer aussi la groupie bien chiante pour te faire un peu plus de fric ? »

Parce que pour le coup, cette partie-là plus particulièrement n’avait pas de prix. Enfin, sa première imitation aussi, mais quelque chose lui disait qu’il valait mieux éviter de la montrer aux chefs de produits marketing. En parlant de ça, Ayden l’informa qu’il fallait surtout faire une bonne performance pour être retenu dans les prochaines productions, mais il semblait dans le même temps l’inciter à potentiellement faire pression sur les producteurs s’il en avait envie, puisqu’il en avait envie.

« Mouais, je vois pas où serait le fun là-dedans. » lui sourit la rockstar. « C’est pas qu’une question d’ambiance, c’est juste que j’ai pas envie d’avoir un traitement de faveur juste parce que c’est moi la star, tu vois ? »

Il reprit ensuite sa question concernant les origines de son partenaire, mais celui-ci n’eut pas le temps de répondre : un membre du personnel les informa que le tournage allait être un peu retardé à cause d’un problème technique. Le musicien haussa simplement les épaules et lui sourit avant de hocher la tête, lui faisant comprendre que ça ne le dérangeait pas tant que ça. Ceci dit, Ayden ne semblait pas très satisfait, si on s’en fiait à son soupir. Malgré tout, il lui proposa d’aller se promener sur le plateau, ce qui ne déplut pas du tout à la rockstar, au contraire. Plus il pouvait explorer d’autres horizons, mieux ce serait. Et puis, dans le même temps, il en profiterait pour écouter l’histoire de son partenaire, sans être dérangé. Apparemment, sa mère était actrice, elle aussi, mais il avait décidé d’intégrer une école de théâtre pour pouvoir monter sur les planches. Il avait également rencontré son agent, plutôt du genre débutant dans le domaine, lui aussi. La similitude avec Kwakson le fit sourire.

« Le mien était pas mal débutant aussi. » renchérit Tony. « Il bosse au Pokéwood et il a été chargé de servir de médiateur entre eux et moi les premiers temps, avant de finir par être mon associé et agent. C’est lui qui m’a permis de m’en sortir dans la Coordination, donc c’est un peu grâce à lui que je te parle, en ce moment. Le tien est peut-être un débutant lui aussi, mais il aura peut-être des choses à t’apprendre, un de ces quatre. »

Il en était certain, ce cliché sur pattes du geek à lunettes fan de films de science-fiction lui avait laissé une influence plutôt positive, et il n’aurait jamais été le même sans lui.

« Mais ouais, je sais ce que c’est de commencer par le bas. » ajouta-t-il quand il lui fit part de ses intentions de finir dans le monde du cinéma pur et dur un jour ou l’autre. « Je te cache pas que des fois c’est pas facile d’arrondir les fins de mois et que t’as envie d’envoyer chier les gens qui te filent un boulot à temps partiel qui te plait pas mais qui te donne les moyens de te nourrir quand même. Mais ça t’apprend la vie, ça c’est sûr. T’apprends à vouloir à tout prix sortir de tout ça, donc tu donnes le meilleur de toi-même. »

Suivant le regard de son partenaire, il observa les membres du staff toujours en train de monter des affaires. Et visiblement, ils avaient l’air d’avoir un peu de mal. En même temps, en voyant comment certains étaient maigrichons par rapport aux roadies qui s’occupaient de ses concerts, cela paraissait presque normal qu’ils s’embêtent à ce point. Surtout si le décor était, visiblement, une salle de concert… Et une chambre à côté ? Pour le concert, il voyait bien, et Ayden semblait d’accord avec lui, mais la chambre…

« Je sais que les gamines adorent ça, mais je me souviens pas avoir signé pour une scène de séduction entre deux hommes. » soliloqua-t-il.

Enfin, il disait ça, mais en même temps, il n’avait aucune idée de ce que les scénaristes avaient concocté pour eux. Peut-être était-ce la raison de tout ce retard ? Quoiqu’il en soit, les deux artistes posèrent les yeux sur un synthétiseur visiblement débranché, peut-être pas d’une excellente qualité, mais qui serait sans doute suffisant pour le tournage, du moins.

« Comment résister à ça ? » lui sourit le guitariste. « Je te laisse l’honneur de commencer, je m’adapterai à ce que tu fais. Ou tu préfères réviser tes gammes avant et tu me dis quand t’es prêt ? C’est comme tu veux. »

En attendant, Tony se saisit de son instrument qui pendait constamment dans son dos, sortit un médiator de sa poche, baissa les potards de sa guitare électrique de manière à ce qu’aucun son ne soit suffisamment fort pour déranger son partenaire.

Décidément, ça commençait sur les chapeaux de roue.


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Dim 22 Oct - 20:31
Je glissais une main dans mes cheveux avec nonchalance: "Cela aurait été avec plaisir mais je ne suis pas payé pour les heures sup', malheureusement ! Néanmoins, tu es toujours libre de me proposer un contrat particulier une fois celui-ci terminé." Je lui adressais une œillade complice, rajustant au passage mon cache-œil

La scène offrait une vue plutôt agréable sur le studio, et surtout sur les petits membres du staff. Certains semblaient paniquer tandis que d'autres battait du pied l'air agacé. C'était une équipe particulière qui se trouvait en retard ? Vu comment ils installent les spots lumineux, je pense que l'éclairage doit faire défaut... Et tourner sans éclairage reviendrait à tourner sans caméra ou presque, ça ne serrait pas réellement productif. Après tout, la lumière est l'une des choses qui met réellement l'acteur en valeur, donne des impression ou même une "texture" à une image en deux dimensions collée sur un écran de télévision ou même une affiche. Bref, pas de lumière, pas de pub. Pas de pub... Pas de pub.
J'hochais la tête par rapport au traitement de faveur, bien que je ne comprenne pas réellement pourquoi il n'en profitait pas plus que ça. Après tout, il avait commencé d'en bas et maintenant il se trouvait en haut ! C'était un coup à prendre la grosse tête sans aucune difficulté, se retrouver à faire la tournée des nightclub les plus huppé de la Région et faire danser les êtres inférieurs comme des petites marionnettes avec le bout de ses doigts. Mon père avait ce petit jeu - la manipulation du bout des doigts, pas les sorties dans les nightclubs. Il avait hérité de son père avant lui, certes, mais c'est lui qui avait inscrit les Carters comme la famille numéro 1 lorsqu'il s'agit de trafic d'arme ou de pokemon dans la région d'Unys. D'ailleurs, les Plasmas ont une légère tendance à nous marcher sur les pieds mais ils sont relativement sage - et court plutôt vite en voyant leur pokemon devoir faire affaire à des armes à feu de plutôt gros calibre. Mon père m'avait raconté cette fameuse opération, sur les docks... Mais je divague complétement.
"Parfois, quand on a des avantages, c'est un peu du "gâchis" de ne pas les utiliser, tu ne penses pas ? Tu pourrais en faire profiter les autres si tu te sens d'humeur altruiste mais quand on est une star... J'imagine qu'on acquiert un statut particulier, qu'importe ce qu'on veut vraiment. C'est parce que tu es une star que t'es pas, tu as pas vraiment passé d'audition ni ne t'ai illustré en tant qu'acteur, pas vrai ? J'veux pas dire ça pour casser l'ambiance, t'inquiète pas." Ajoutais-je par simple soucis de courtoisie : "C'est juste que quand tu as du pouvoir, faut parfois s'en servir pour faire des trucs bien... Genre si l'un des producteurs se comportent comme une merdasse, tu peux te permettre de lui dire non parce t'es une star. C'est un peu comme dans les scandales people en ce moment : une petite jeune qui commence le métier qui tombe sur un gros porc pourra pas faire grand chose, elle aura aucun crédit. Alors que toi, t'en a... " Bon, après est-ce que les nanas ne l'auraient pas un peu chercher aussi de leur côté ? Je trouve que c'est un peu beaucoup de blabla pour pas grand chose et surtout un gros coup de pub pour des filles en mal de contrats mais bon... Mon opinion pragmatique et sarcastique, je le garde pour moi, glissant mes mains dans mes poches. Tout le monde les considère comme des victimes et peut-être qu'il y en a dans le tas, après tout... C'est pas vraiment mes oignons.
Sa remarque sur son agent me fit rire. J'espère que MacFilles finira par vite m'apprendre quelque chose parce qu'à ce train-là, c'est moi qui finira par faire son boulot à sa place. "Il n'est pas bien méchant, c'est vrai... Je pense qu'il a du être recruté par la compagnie où je travaille la veille de ma propre audition en prévision pour le recrutement d'un nouvel associé... Tant que je n'ai pas fait mes preuves, la Corp. ne risque pas de m'allouer beaucoup de ses ressources et McFilles - mon agent - fait parti de ces "maigres" ressources. Je suppose que nous devons, l'un comme l'autre, progresser chacun dans nos domaines respectifs... Même si j'aimerais que ça soit un peu plus rapide dans son cas."

Il sembla s'arrêter un peu plus longtemps que moi sur le décors de la chambre, semblant perplexe. Y voyait-il quelque chose que mon unique œil ne pouvait voir ? Pour moi, c'était un décors assez classique, plutôt masculin quand on y pense : lit blanc, couette bleu, tais d'oreiller bleu ou blanc, une guitare suspendue à un mur, une porte vers une sorte de salle de bain et une autre porte quittant le décors... Sans doute la chambre de la star, étant donné l'instrument pendu au mur.
Une scène entre homme ? J'haussais un sourcil, n'ayant pas non plus connaissance de ce type de prestation dans mon contrat. "Je t'avoue que je n'ai pas non plus reçu de mémo à ce sujet... Après, ça reste un jeu comme un autre, en sommes..." Qui me peinait bien moins qu'un jeu avec une individu de sexe féminin. "Je suis pas gay, je te rassure. Je suis même fiancé. D'ailleurs, c'est écrit nul part sur tes blogs de fan mais tu as une petite amie en ce moment ? Au cas où elle devrait être jalouse, juste pour savoir." Bon, c'était complétement de la curiosité intrusive et mal placée mais je venais d'évoquer ma propre fiancée - mariage arrangé par mon père et personne de sexe féminin que je n'avais jamais rencontré - alors j'imagine qu'il n'aurait pas trop de difficulté à aborder ce sujet en ma présence. "Cela ne sortira pas du studio, t'inquiète pas... Je voudrais pas briser le rêve de tes groupies." C'était dit à la manière d'une confidence, mon ton accompagnant le balancement de mon corps de gauche à droite. Par contre, s'ils nous demandent une scène... Rappelle toi ce que j'ai dis plus tôt, si possible... Je t'avoue que ça m'emballe pas des masses. Après, je sevrais être ton agent donc j'imagine que rentrer dans ta chambre pour te tirer du lit après une folle nuit de fête fait aussi parti du boulot ?"

Le rockeur accepta mon invitation, s'armant de sa guitare électrique. Je lui souriais en branchant le clavier sur pied, touchant du bout des doigts les quelques notes pour tester le son de la bête. C'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas..."


Je jouais les premières notes du bout des doigts, consultant la star de l'œil pour vérifier si le morceau lui parlait ou non. C'était une plutôt vieille chanson après tout... Mais elle me plaisait bien et restait "basique" pour un piano, facilement accompagnée par une guitare électrique. J'entonnais du bout des lèvres, le laissant prendre la suite. Je n'avais jamais été bon chanteur, du moins jamais aussi bon que pianiste. Et puis je n'arrive jamais à mettre de l'émotion dans ma voix quand je chante. Sans doute parce que les émotions qu ej emet dans ma voix d'habitude sont fausses.
"Sitting in a corner all alone,
staring from the bottom of his soul,
watching the night come in from the window window"

Et alors qu'il chante à son tour, je ferme l'œil et continu de jouer avec douceur, écoutant la guitare accompagner le morceau. Je loupe des notes, mais ça ne s'entends pas vraiment, couvert par la mélodie des cordes. Je rouvre l'œil pour voir la foule observer notre direction, surprise mais presque admirative. Ils regardent la star, bien sûr. Moi, je suis dans l'ombre. C'est donc ça ? J'étire un sourire fin sur le bout de mes lèvres, continuant de jouer en rythme avec la mélodie, accompagnant et portant la lumière de la chanson. C'est un jeu, un acting comme on dit dans le milieu. Night, c'était mon rôle sur cette scène. Et le sien, c'est Night. Partenaires. Opposés. Complémentaires.
Sauf que moi, Ayden... Je ne suis pas là pour rester dans l'ombre, après tout. Et alors que les dernières paroles de la chanson résonnent, mes mains ripent sur le clavier et glissent alors pour entonner un nouveau morceau, un piano solitaire.


Je jouais avec douceur, délicatesse... Comme une caresse sur un synthétiseur, offrant un son presque magnétique à la foule. Désolé la star, mais pour l'instant, je garde mon rôle bien au chaud au fond de mon crâne. Le second rôle, c'est pour tout à l'heure... Pour l'instant, je trouve ça amusant de te voler la vedette. Quoi que... Et toi, que proposes-tu de plus pour cette foule qui n'attend que plus encore ? Je lui souriais, un peu moqueur. Une impro qui tournerait en battle ?



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Mer 8 Nov - 22:16
Le rapport de force dans le monde du business. Forcément, le sujet devait tomber. A chaque fois, VIP ou non, il ne se passait pas une semaine sans que quelqu’un ne remette ce débat sur la table. Sa réponse sur la question était toujours la même : le contexte. Et comme quatre-vingt-dix pour cent des cas, c’était un exemple un peu extrême sur lequel il devait forcément tomber d’accord. Être altruiste quand il y avait des gens qui avaient des problèmes et qui auraient bien besoin d’un petit coup de pression de la part d’une star. Evidemment qu’il le faisait, et pas qu’un peu, d’ailleurs. Il se rappelait encore de cette petite Unysienne à Hoenn, une violoniste qui cherchait à se faire un peu d’argent dans un bar. Le propriétaire s’était comporté d’une manière que la rockstar avait trouvé ridicule et il avait décidé de lui filer un petit coup de pouce. Mais ça lui paraissait normal d’agir de cette façon, de la même manière que certaines personnes aidaient les personnes âgées à traverser la rue ou quelque chose du genre. Certes, ce n’était pas quelque chose qui était dans sa nature, et il privilégierait toujours ses proches à un inconnu. Parfois même, il aidait les gens parce qu’il avait son propre intérêt là-dedans. En un sens, c’était le cas avec Elune, même si son état et ses relations avec la Team Plasma étaient plus importants que ses propres sentiments. Mais quand il n’y avait aucune de ses priorités, il ne voyait pas de mal à s’occuper des autres plus que lui-même. Ce n’était simplement pas dans sa nature, même s’il essayait de changer un peu ça quand il en avait l’occasion. En tant que personne influente et avec du pouvoir – dans tous les sens du terme – il se devait de le faire, de toute façon.

« Ouais, évidemment. » concéda le musicien. « Mais je mets ça à part, surtout pour des exemples comme ça. Je parle juste de l’expérience en général. J’abuse déjà bien assez en demandant à mes contacts de me présenter à des gens qui voudraient bien de moi pour que j’ai une expérience devant les caméras, alors si en plus je devais mettre la pression aux gens pour que ça soit comme je veux sous peine de péter un câble, j’aurais l’impression d’abuser, tu vois ? Bien sûr que je vais aider la gamine qui passe une audition avec un gros dégueulasse, je l’ai en quelque sorte déjà fait et je le referai, mais voilà, c’est un cas extrême. Enfin, j’imagine, je sais pas si ça arrive super souvent ou pas. »

Peut-être plus dans le domaine de la mode que dans celui du cinéma, il n’en savait trop rien, en réalité. Mais ça existait, il n’y avait pas à en douter, de manière figurée ou non. Après tout, ce n’était pas pour rien qu’on parlait de sucer quelqu’un ou d’être lèche-cul quand on flattait de manière extrême une personne de haute importance quand on tentait de se faire embaucher. En tout cas, il était clair qu’Ayden n’était pas du genre lèche-cul envers la boîte qui lui avait offert ce boulot, du moins concernant son agent. En fait, il ne paraissait pas du tout satisfait de lui, pour ne pas dire qu’il avait l’air d’un boulet s’il fallait le croire. De la véritable incompétence ou l’acteur qui avait simplement des rêves de grandeur et qui en attendait trop de lui ? Impossible à certifier, pour le moment. Et de toute façon, il n’en avait pas grand-chose à faire. La priorité, d’abord, c’était de faire ce tournage du mieux qu’il le pouvait, et si ça se trouvait, ils ne se reverraient plus jamais. Alors à quoi bon lui parler de tout ça et venir capoter l’ambiance pour le moment ? C’était un peu trop important pour ça, selon lui. Et de toute façon, il y avait autre chose à faire, d’autres questions à répondre, notamment.

« Je vois quelqu’un en ce moment, c’est vrai. » admit-il. « Mais c’est pas depuis longtemps et c’est pas encore officiel. Peut-être avec un peu de chance, si c’est vraiment sérieux. »

Il fallait faire attention quand il parlait d’Elune. Il n’y avait pas que la question des paparazzis, mais il y avait aussi le cas où quelqu’un viendrait fouiner dans ses affaires et apprenait ses anciennes occupations. Bien sûr, il ne se doutait pas qu’elle savait bien effacer ses traces, parce que c’était sans doute quelque chose que l’on devait apprendre chez des Sbires, mais on n’était jamais trop prudent. Et pourtant, Arceus savait qu’il brûlait d’envie d’en parler. Ne serait-ce que de la soirée de la Saint-Valentin qu’ils avaient partagé. Ou encore cette fois où ils s’étaient retrouvés à Doublonville et qu’ils avaient dîné au casino avant de passer rapidement chez elle pour récupérer des affaires, de peur que les Plasma s’en prennent à ses Pokémon en guise de représailles. Et puis, Ayden semblait être à l’aise avec tout ça, ne pas être le genre de gars qui irait balancer tout ça, à la limite simplement faire des blagues à ce sujet, comme sur le fait qu’ils allaient la rendre jalouse. Mais dans un complexe aussi grand que celui-ci, il pouvait toujours y avoir des oreilles baladeuses. Des oreilles pouvant compromettre sa carrière durement acquise ainsi que celle d’Ayden. Ce qui expliqua pourquoi il hocha simplement la tête quand il lui demanda de se rappeler ce qu’il avait dit tout à l’heure.

Malgré tout, tout ça semblait s’être envolé dès le moment où il s’était emparé du manche de sa guitare et qu’il avait commencé à jouer en compagnie de son partenaire.

It will all collapse tonight, the fullmoon is here again.
In sickness and in health, understanding, so demanding,
It has no name, there’s one for every season,
Makes him insane to know.

Plusieurs notes résonnèrent dans l’air sans que Tony n’en fasse plus, jusqu’à ce qu’il finisse de chanter et de multiplier les notes en triolets, ces notes qui donnaient cette impression de vivre une aventure à la fois épique et émouvante. Et il n’en fallut pas plus pour que quelques personnes arrêtent de vaquer à l’occupation pour venir les regarder jouer. Enfin, le regarder jouer, plutôt. Il ne fallait pas se leurrer, c’était lui la rockstar, celui qui s’était naturellement mis en avant par rapport à Ayden après plusieurs années d’expériences de la scène. Mais visiblement, l’acteur ne semblait pas se contenter de ça et, après avoir continué la même improvisation en tant qu’accompagnateur, il décida qu’il était temps de changer de direction et il entonna un air de piano beaucoup plus doux et délicat que tout à l’heure. Intéressant… Tentait-il de sortir son épingle du jeu ? De devenir Light au lieu de Night ? Pourquoi pas. L’idée n’était pas dénuée de sens et il s’en sortait plutôt bien. Pas dénué d’émotion, c’était une manière d’essayer de se démarquer et de montrer qu’on se sentait vivant. Mais pas piquant comme la mise en scène le demandait, pas de côté « fruité » non plus, même si la rockstar trouvait ça plutôt vague comme terme. A croire que le côté frais de Night le collait à la peau, en fait. Tony le laissa faire pendant quelque temps, avant de tenter, à son tour, d’incarner Night d’une autre manière.

« Light & Night sont deux parfums pour homme aux fragrances opposés. Light est un produit qui se veut piquant, vivant et fruité. Au contraire, Night correspond à des hommes plus réservés, offrant une impression de fraîcheur. »

Des hommes plus réservés. De la fraîcheur. Quelque chose de discret mais froid et original ? Il pouvait bien tenter quelque chose en se basant là-dessus.

Crow’s Claw – Immortal Madness


Un arpège relativement bas tournant sur l’accord de si mineur, avec du delay pour créer un écho suffisant pour instaurer une ambiance relativement plus sombre que ce qui était auparavant conviée par leur précédente improvisation. C’était plus simple que les notes successives d’Ayden, mais c’était ce qui, à son sens, différenciait Light de Night. Il fallait avant tout poser des bases solides pour pouvoir faire quelque chose de plus grandiloquent ensuite, c’était bien quelque chose qu’il avait compris au fil des années. Tout comme on posait un contexte à un roman ou un film pour que les personnages et l’histoire puissent se développer correctement, les notes de musique évoluaient de manière cohérente, de sorte que la transition avec l’effet distordue de la guitare se fasse sans encombre. Le sol remplaça le si, puis le la, revint le si, et ainsi de suite, jusqu’à se terminer sur un fa dièse qui créa un moment de tension supplémentaire avant de retomber sur une série de si rapide et entraînante. Light était de retour, au point qu’il pouvait presque entendre les toms et les doubles-pédales de la batterie entrer en scène. Ce fut le moment qu’il choisit pour s’arrêter avant de se tourner vers son partenaire.

« Alors ? » s’enquit-il. « Je fais un Night convaincant ? »


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Sam 18 Nov - 19:10
Il faut croire que la star n'était pas encore prête à me laisser la place sur scène. Quoi que. C'était une étrange émotion. Mes doigts cessèrent de courir sur le clavier, rencontrant la peau de mes avant bras. Mon œil posé sur la Rockstar, j'écoutais avec attention ces quelques notes qui me semblèrent bien loin de son registre habituel. Tentait-il d'inverser les rôles ? Pfff ~
Un maigre sourire salua sa performance, ainsi que les œillades du personnel qui semblait soudain bien moins pressé de se remettre au boulot. La battle pour moi était sans aucun doute perdue d'avance mais j'aurais au moins le mérite de me dire que j'ai essayé. Je savourais les dernières notes de guitare de mon partenaire de scène, ce dernier se tournant vers moi comme pour trouver mon approbation. Moqueur, je m'inclinais dans une révérence pittoresque, faisant des farandoles avec ma main dans une courbette bien trop "énorme" pour être réellement sincère. "Je m'incline devant votre incontestable place de Light, votre Altesse. Vous êtes trop brillant pour l'ombre, laissez donc cela aux laquais de mon espèce~" Je chantonnais, amusé, redressant la tête tandis que la foule applaudissait la performance. A croire qu'elle avait apprécié le spectacle.
Une chose était certaine : le duo fonctionnait plutôt bien. Que ça soit au niveau de l'image, ou même de la personnalité. Bien que je me force un peu - n'est-ce pas là le propre du comédien ? - les choses se font plutôt naturellement.
La récréation semble terminée lorsque je vois mon - incompétent - d'agent arriver en compagnie d'un homme au regard sévère, les cheveux grisonnant et légèrement bedonnant. Sans aucun doute le directeur du studio, donc ? Je fis un sourire à Tony, légèrement complice : "Je suppose qu'il va être temps d'y aller." Puis, sans plus de cérémonie, je descendis de scène, les mains dans mes poches, inclinant respectueusement la tête face à l'homme qui semblait de "presque" mauvaise humeur. McFilles avait de la sueur au front.
"Monsieur Carter, vous avez pu faire la rencontre de Monsieur Schwärtzwind à ce que je vois." Le regard du producteur darda la foule qui se dispersa assez rapidement, retournant à leurs premières occupations. Son attention se porta sur la star, m'oubliant sa doute. Sa voix se fit de suite bien plus mielleuse. "Nous sommes navré de l'attente, monsieur Schwärtzwind. Nous allons bientôt pouvoir commencer le tournage, si vous voulez bien suivre les maquilleuses..." Des femmes. SU-PER. Je déglutis un instant, fermant l'œil avant de sourire à la star blonde, m'éclipsant de mon côté avec mon équipe. On se reverra sur le tournage ~



Séance de maquillage faite, et briefing sur les premières scènes que nous allions tourner jusqu'à la pause. La première sera une en solo de Tony, dans la chambre. Il devra se préparer comme s'il allait à un concert. Une sortie de douche, s'habiller, puis se parfumer avec le produit. Evidement.
Pour ma part, une scène à peu près similaire à faire, dans un autre décors bien évidemment. Viendra ensuite une scène en voiture où je conduis, lui à l'arrière à regarder le paysage. Puis enfin une scène finale, lui jouant sur scène et moi dans les coulisses à observer avec une oreillette. L'équipe du montage s'occupera de rendre tout ça le plus vendeur possible - déjà, avoir la star torse-nu allait faire monter les chiffres... Je ne sais pas s'ils sont au courant pour mes cicatrices mais je suppose que l'équipe de maquillage s'en occupera assez rapidement
Je quitte ma loge pour rejoindre le plateau, m'installant sur ma petite chaise en attendant mon tour, volontairement éloigné vers le fond. Le producteur n'était pas loin, et la chaise de Tony non plus - son nom était écrit dessus. Je suppose qu'en tant que nouveau venu, je n'avais pas le droit de voir la scène de près. Un sourire sarcastique étira mes traits une nouvelle fois, McFilles triant ses dossiers à côté de moi.
C'était à Tony d'entrer en scène... J'étais curieux de voir ça.



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Ven 1 Déc - 21:10
Trop brillant pour Night, hein ? Pourquoi pas. Il fallait dire que lorsqu’on traînait depuis des années dans le monde du show-business, surtout quand il s’agissait de faire des concerts, les habitudes avaient l’habitude. Les gens venaient le voir briller, de toute façon, ça ne les intéressait pas forcément de le voir tenter autre chose, du moins pour ceux qui le suivaient uniquement de loin, et qui pouvaient constituer une partie non négligeable de ses fans, même si Internet pouvait parfois donner l’impression que c’était le contraire, encore plus alors qu’il y avait beaucoup d’adolescents et de jeunes adultes qui aimaient ce qu’il faisait. Peut-être une prochaine fois, dans ce cas. Il n’abandonnait pas l’idée, loin de là, mais c’était sans doute quelque chose qui allait devoir demander un peu d’entraînement, s’il n’était pas tout à fait capable de le faire naturellement. De toute façon, ce n’était pas ce qu’on attendait de lui, d’après le mail qu’Ayden avait reçu.

Arriva alors un homme légèrement corpulent, visiblement vers la fin de la quarantaine, voire peut-être un peu plus. Le réalisateur ou le directeur marketing du parfum ? Dans tous les cas, ça voulait dire poignée de mains et traitement de faveur par rapport à son partenaire. Partenaire qui n’avait pas l’air d’avoir envie de lui lécher les bottes, d’ailleurs, une attitude que Tony respectait vraiment. Non pas parce que c’était être un rebelle – il n’aimait même pas beaucoup les gens qui faisaient rebelles pour le style, il trouvait que c’était un comportement digne d’un poseur doublé d’un abruti – mais parce que la plupart des gens semblaient oublier que l’on pouvait parler à des gens d’instances supérieures sans que l’on ait besoin de faire de l’excès de zèle. Ne restait plus qu’à espérer que ce type ne le lui reproche pas trop, mais dans le pire des cas, il interviendrait si jamais la situation l’exigeait vraiment.

« Ravi de vous rencontrer. » le salua Tony, avant de se retenir de faire une grimace parce que son interlocuteur faisait très clairement une différence entre Ayden, le reste de ses employés et lui et que cela ne lui plaisait pas du tout. « Chouette décor que vous avez là. Moi qui trouvait que c’était dur de transporter mon matériel pour mes concerts, je crois que je peux relativiser. »

Il disait surtout ça pour détendre l’atmosphère, pour éviter un quelconque litige et pour que ce type soit un peu plus sympa avec son « petit personnel ». Après tout, il fallait dire que la personne qui l’accompagnait – l’agent d’Ayden, c’est bien ça ? – avait l’air d’avoir vu un fantôme, et qu’elle en avait sans doute bien besoin. Après, ça n’avait pas forcément l’air de bien passer, mais peut-être qu’avec le temps ça irait un peu mieux.

En attendant, le duo fut prié de suivre les maquilleuses qui les conduisirent dans leurs loges respectives où ils furent assis tandis que les demoiselles s’occupèrent d’eux. Quelque chose que le jeune homme n’avait pas l’air d’apprécier la dernière fois que la rockstar avait posé les yeux sur lui. Tony non plus, d’ailleurs. Enfin non, pas exactement, c’était surtout parce qu’il n’en avait pas l’habitude. Même quand ils étaient filmés pour ses concerts, il ne se maquillait pas, il n’y avait que les plateaux télés qui faisaient ça, et ce n’était pas souvent qu’il y allait. Et puis, en général, c’était lui qui le faisait, il trouvait ça plus simple, en fait. Du moins, quand il s’agissait de corpse paint, cette mode qu’on voyait parfois dans les groupes de metal où on se peinturlurait le visage en noir et blanc, à la manière de peintures de guerre à des époques bien plus anciennes. Dans le même temps, on lui fit le briefing du « scénario » de la publicité qui allait être tournée. D’abord, focus sur la rockstar, évidemment, pour attirer l’attention du spectateur. Tony devait prendre une douche, s’habiller et mettre un parfum. Jusque-là, rien de bien méchant, c’était même un peu prévisible. Il fallait juste s’habituer à la présence des caméras et tenter de faire comme si de rien n’était en se retenant de rigoler parce que la scène était embarrassante ou un truc du genre. Enfin, « embarrassant », c’était un grand mot, après. Cela lui arrivait souvent de se déshabiller sur scène, même s’il le faisait moins depuis qu’il avait arrêté la coke et toutes ces conneries. Ensuite, il y aurait une scène où il se contenterait de se mettre à l’arrière d’une voiture en regardant le paysage tandis qu’Ayden conduirait. Plus intéressant, cette fois-ci, ça lui laissait un peu plus de champ en tant qu’acteur, ou du moins était-ce l’idée qu’il se faisait. Puis concert, comme tout à l’heure. Rien de bien sorcier.

Une fois que tout cela fut fait, il fut conduit à nouveau sur scène où il retrouva son partenaire peu de temps après.

« Joli teint. » plaisanta Tony quand il vit Ayden revenir vers la scène une fois que les maquilleuses eurent terminé leur travail. « Si elles pouvaient appliquer ça à monsieur Ronchon, je suis sûr que ton agent serait un peu plus à l’aise. »

Il n’eut pas le temps d’en dire plus qu’on l’invita à monter sur scène pour commencer le début du tournage. Prendre une douche, donc. Avec une caméra planquée dans la douche, dans le coin du mur pour éviter que le public ne voie quoi que ce soit. Evidemment, mais bon, c’était un peu perturbant maintenant qu’il voyait ça devant lui. Tellement qu’il gloussa un peu. Par contre…

« Euh, j’ai pas de short ? » s’enquit-il. « Ou y a un peignoir qui m’attend à la fin du tournage ? »

Ce n’était probablement pas un cafouillage de la part de l’équipe, mais étant donné que c’était la première fois pour Tony, il ne savait pas trop à quoi s’attendre.


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Dim 21 Jan - 18:02
Le star fit son entrée, accueillit par des regards amoureux et admiratifs. Je levais l'œil d'un air négligé, guettant ses mouvements avec attention : en quête d'une trace de stress peut-être ? Etirant un fin sourire, je dodelinais de la tête de droite à gauche pour me détendre la nuque, ma chaise se trouvant loin d'être la plus confortablement du monde.
Les maquilleuses avaient réalisé un bon boulot sur sa mine : son teint était unifié, et je me doutais qu'elles aient dû faire usage de maquillage résistant à l'eau pour la scène de la douche. Sinon pour le reste, plus qu'à envoyer la star à moitié nue dans la cabine et hop, une publicité dans la poche ! Le Rocker me salua de la main, me faisant un compliment qui, je l'avoue, m'arracha un rictus amusé. "Toi de même." lui retournais-je avec amabilité, tournant la tête en direction du fameux monsieur Ronchon. "Je doute qu'à son stade, le maquillage puisse faire quoi que ce soit pour sa mine. McFilles va devoir s'en accommoder, je suppose~" Haussant les épaules d'un air négligé, je ne prêtais pas attention à l'agent en question qui se trouvait à deux mètres de moi et qui pouvait, par la même occasion, avoir parfaitement entendu mon échange avec la tête blonde.
Tête blonde qui fut appelé sur le plateau d'ailleurs. Acquiesçant du menton, je lui témoignais mes "encouragements" pour sa première scène, curieux de voir le spectacle.


Tony se mit en place, ainsi que le cameraman. La star sembla soudainement penaude, attirant mon attention par la même occasion. Un short ? Un peignoir ?
Le réalisateur sembla regarder l'accessoiriste qui sembla soudainement se transformer en tomate et fondre à même le sol. Il y avait marqué assistant sur son badge. On comprend mieux pourquoi à présent. Le Ronchon fit quelques pas à vive allure, venant se dandiner devant la plateau, l'air des plus confus : "Pardonnez nous monsieur Schwärtzwind, un oubli de notre part ! Votre peignoir arrive de suite !" Et les mots suivirent la parole car l'assistant revint dans la minute avec un épais peignoir de couleur noire et avec des petites dorures sur les bords. Une truc assez luxueux et qui a l'air moelleux au toucher, à vue d'œil. L'accessoiriste monta sur la plateau et fila dans la salle de bain pendre le peignoir à la place qu'il lui était destiné, s'excusant à mi-voix à la star avant de déguerpir dans les coulisses. Il a sans doute compris qu'il allait être viré d'ici ce soir, celui-là. Posant mon genoux droit à la perpendiculaire sur le gauche, je pris appui avec mon coude, observant les opérations avec curiosité.
Un homme avec une casquette approcha du plateau, il semblait faire partie de la catégorie réalisateur. Comme monsieur Ronchon sauf que lui semble un peu moins "sympathique" avec la star. Pas le genre à faire 14 courbettes. Il salua la star de la main : "Pour commencer, vous irez dans la douche" Tout en parlant, il monta sur la plateau et désigna la pièce de la salle de bain. "Eau sur le corps et dans les cheveux, essayé de ne pas mouiller votre visage pour éviter que le maquillage ne coule." Il tourna le dos à la cabine de douche : "La camera filmera votre sortie de dos à un tier, vous prendrez le peignoir à ce moment là." Un tiers voulant dire s'arrêtant dans le bas du dos. Dommage, pas de cul de Rockstar partout sur les réseaux. Ce sont des groupies qui vont être déçues. "Vous avancerez de la salle de bain à la chambre et irez jusqu'à l'armoire pour en tirer vos vêtements que vous poserez sur le lit. Tentez d'être naturel. On cuttera là, vous pourrez vous rhabillez quand ce sera le tour de monsieur Carter." Ah, quelqu'un qui me témoigne un minimum de respect sans avoir l'air peau de vache ? J'apprécie le geste de loin.
Il se tourna vers la Rockstar une nouvelle fois, analysant si ce dernier avaient bien assimiler toutes les informations : "Tous les rush finiront dans un condenser de 47 secondes de publicité. Donc pas besoin d'être parfait de bout en bout mais tentez de faire en sorte que vos gestes soient le plus précis possibles, le montage s'occupera du reste. On est bon ?" questionna-t-il, laissant la parole une dernière fois au rockeur avant qu'on n'entende le fameux et caractéristique "ACTION !"



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Dim 11 Fév - 0:33
Ah, donc c’était bien parce que le peignoir n’était pas là que la rockstar trouvait qu’il y avait quelque chose de louche. Enfin, d’un autre côté, il s’attendait tout de même à ce que ce soit la première alternative qui se serait présentée. Mine de rien, il y avait un côté intimidant à jouer vraiment nu sur scène, même si, comme il l’apprit un peu plus tard, il ne serait évidemment pas filmé entièrement. Les seules fois où il l’avait été, c’était quand il n’était pas dans la bonne période de sa vie et qu’il avait consommé un peu trop de substances qu’il ne fallait pas prendre. Certes, ce ne serait pas montré lors du montage et dans la publicité, mais cela voulait quand même dire montrer son corps et toutes ses imperfections – en dehors du maquillage de son visage – aux yeux d’inconnus, et ça, c’était bel et bien une première, en tant que personne sobre. Déjà qu’il allait probablement avoir froid en sortant de la douche, le temps d’attraper le peignoir…

Le réalisateur lui fit le topo pour le reste de la scène. Il n’y avait pas seulement la douche, mais carrément toute la partie sur l’habillement. Ce qui voulait dire que Tony allait devoir choisir une tenue et s’y tenir, afin d’éviter le moindre faux raccord pour la suite, sinon les gens allaient le remarquer immédiatement. Et les faux raccords, dans le monde de l’audiovisuel, ce n’était clairement pas quelque chose de pardonnable. C’était sans doute pour cette raison que celui-ci lui avait demandé de faire des gestes aussi précis que possibles, afin que le spectateur puisse bien tout voir de l’action – enfin, façon de parler, puisque celles et ceux qui appréciaient un peu trop le musicien ne pourraient pas observer de manière plus précise certaines parties de son anatomie. Ce serait d’ailleurs probablement le plus difficile à faire, et c’était là ce qui serait intéressant : avoir des gestes précis, mais en même temps paraître naturel. Il n’en fallait pas plus pour que l’envie de challenge de Tony redouble d’intensité. Il fit signe au réalisateur qu’il était prêt, puis se tourna vers Ayden avec un sourire.

« Pas touche au téléphone pendant le tournage hein ? » le supplia-t-il sur le ton de la plaisanterie. « Je sais que pour faire monter le nombre d’abonnés et de likes, ça le fait, mais je suis pas sûr que ma copine ait envie de devoir repousser encore plus de groupies que d’habitude. »

La simple pensée d’imaginer Elune en train de grincer des dents suite à une photo ou vidéo compromettante qui deviendrait virale sur les réseaux sociaux lui donnait envie de rire à gorge déployée. Bon, évidemment, il serait un peu gêné aussi si du contenu de ce genre devait circuler sur Internet, mais dans le même temps, cela faisait déjà quelques temps que les dégâts liés à sa consommation de drogues lui avaient causé du tort par rapport à cela. Mais il avait laissé ça derrière lui, à présent. Ce qui l’embêterait davantage, ceci dit, ce serait que des paparazzis viennent l’embêter en dehors de ses heures de travail, surtout. Déjà parce qu’il n’aimait pas le fait d’être constamment épié par les gens, mais surtout parce qu’il n’avait aucune envie d’inclure ceux qu’il aimait là-dedans. Et si l’on apprenait que sa copine actuelle était une ex-Plasma, autant dire que cela ne leur causerait que du tort à tous les deux, même si la réputation de cette catégorie de Sbires, à Unys du moins, était beaucoup moins sale que celles des autres organisations à cause de leurs attentions envers les Pokémon.

Quoiqu’il en soit, le rockeur monta sur la scène en adressant un dernier salut à son partenaire, et se positionna, attendant le signal du réalisateur. Il faillit éclater de rire en regardant un des employés arriver devant la caméra avec cette espèce de machin qu’on utilisait depuis la nuit des temps pour annoncer le numéro de la prise, avant de prendre une grande respiration et de se calmer. A vrai dire, il était vraiment intrigué par ce qui allait se passer pendant qu’il allait être filmé. Evidemment, la caméra le suivrait, mais ça, il était habitué. Plusieurs fois dans sa vie, il avait été invité à jouer dans des émissions ou, tout simplement, il avait réalisé des albums live qui avaient nécessité la présence d’une équipe de tournage sur les lieux. Non, les questions qu’il se posait étaient tout autre. Y aurait-il par exemple une musique qui jouerait pendant qu’il était sur scène, pour l’aider à se mettre dans l’ambiance ? Ou bien serait-elle ajoutée en post-production ? Aurait-il un signal pour le prévenir qu’il pouvait sortir de la douche, ou bien devait-il se décider tout seul ? Bah, dans tous les cas, il n’y avait qu’une seule façon de le savoir.


« ACTION ! » s’écria le réalisateur dans le haut-parleur.

Aussitôt, la rockstar s’élança dans la fausse salle de bains aménagée pour les besoins du tournage, tentant de faire abstraction de tous les regards qui observaient ses mouvements. Le plus détendu possible. Avec lenteur, si possible, pour que les gestes soient facilement perçus, mais sans que ce soit trop lourd. Progressivement, il se dévêtit et laissa tomber ses vêtements initiaux sur le sol – une petite improvisation personnelle, il se demandait si ce serait reçu comme une bonne surprise ou non – jusqu’à rentrer dans la douche, dont une partie de la vitre était apparemment sans teint, ce que Tony n’avait pas remarqué en l’observant du côté du staff. Comme quoi, ils avaient bel et bien pensé à tout, finalement. Vint ensuite le passage avec le pommeau de douche. C’était là que ça allait être compliqué. Ne pas mouiller le visage, seulement les cheveux et le corps. Autant dire que quand une partie de ses cheveux avait l’habitude de lui tomber sur le front quand il se les lavait, cela changeait beaucoup de ce dont il était accoutumé. Cette fois-ci, il décida donc de les tirer le plus possible en arrière avant d’arrêter de faire couler l’eau du pommeau de douche, de sortir et de s’emparer du peignoir fraîchement arriver. Du regard, il chercha une serviette plus petite pour s’essuyer les cheveux et limiter les risques que cela enlève le maquillage, puis se dirigea enfin vers l’armoire où il se saisit d’une chemise rouge et d’un jean de cuir noir parfaitement repassé et plié, ainsi que d’une paire de chaussettes et d’un boxer. Voir la garde-robe qu’on lui avait préparé le fit sourire. Y avait-il une influence de Ruven Baldwin là-dedans ? Peut-être bien. Maintenant qu’il serait filmé avec ça, il allait bien voir lequel des deux portait le mieux le rouge, semblait-il. Enfin, il s’empara du flacon de parfum qui se trouvait juste à côté de la pile qu’il avait trouvé dans l’armoire en faisant bien attention à ne pas dissimuler le nom de celui-ci, et en vaporisa le contenu sur les côtés droite et gauche de son cou.

« Et… COUPEZ ! » s’écria à nouveau le réalisateur. « On a ce qu’il nous faut, pour le reste, on verra au montage. Monsieur Carter, tenez-vous prêt, ça va être à vous dans un instant, quand monsieur Chouartzeouined aura récupéré ces affaires. »

Bon sang, ce qu’il détestait quand les gens écorchaient son nom de famille comme ça. Il se faisait violence pour ne pas le reprendre et parce qu’il n’avait pas de temps à perdre avec ça, mais il le pensait vraiment très fort. Il secoua la tête finalement, préférant ne pas y penser. Il se dirigea à la place vers Ayden, lui demandant son avis sur la scène qui venait de se dérouler.

« Wow, c’est clair que ça fait bizarre de devoir jouer la normalité. » commenta-t-il, malgré tout avec un sourire ravi sur ses lèvres, comme un enfant qui venait de faire un tour de manège. « T’as trouvé ça comment, j’avais pas trop l’air de faire le piquet ? »

Peut-être qu’ils auraient l’occasion de rejouer la scène plus tard, mais pour le moment, visiblement, le réalisateur avait l’air de vouloir aller vite. Compréhensible, les scènes avec son partenaire avaient l’air bien plus prenantes d’un point de vue cadrage. La preuve, d’autres caméras semblaient avoir été mises en place pour filmer ce qui, pourtant, était exactement la même salle de bain. Dans le même temps, l’éclairage avait clairement baissé en intensité, laissant juste ce qu’il fallait pour que la scène reste malgré tout visible. Voilà qui était déjà un peu moins conventionnel. Tony siffla d’enthousiasme. C’était vraiment comme dans les making-ofs de ses films qu’il avait dévorés pendant des heures pour trouver l’inspiration pour les concours de Coordination.

« Cette fois-ci, monsieur Carter, vous allez devoir vous saisir de votre téléphone et observer la fenêtre qui se trouve sur la gauche, en face du miroir et du lavabo. Vous pouvez dire ce que vous voulez, puisque ce sera coupé au montage et qu’on entendra que la musique, mais gardez à l’esprit que vous vous adressez à monsieur Chouartzeouined. Après quelques instants, vous couperez la communication, puis vous observerez le paysage, pensif mais malgré tout tout en restant sûr de vous. Puis vous vous emparerez du peigne près du lavabo et vous ferez mine de vous recoiffer avant de vous saisir à votre tour du parfum et de sortir de la pièce. C’est bon pour vous ? »

Un vrai professionnel, cette fois-ci. Ça aussi, ce serait intéressant, et Tony ne comptait pas perdre un miette de tout ça.


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