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» Renaître de ses cendres.


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Ligue 4

C-GEAR
Inscrit le : 31/08/2013
Messages : 5858

Mer 27 Sep 2017 - 21:52
Les jours semblaient se répéter, ce qui n'était pas pour déplaire au jeune homme, qui avait besoin de cette routine seine. Évidemment, Leon l'avait beaucoup accompagné ces derniers temps, encore plus que d'habitude. Ce n'était pas facile pour lui de faire le deuil de sa relation. Il fallait dire qu'il n'avait pas vraiment la possibilité de le faire, puisqu'il ne savait pas réellement ce qui était advenu d'elle. Leon lui avait caché ce qu'il avait vu et Arthur ne lui avait plus jamais demandé ce qu'il y avait sur cet écran. À vrai dire, il n'avait pas eu envie de savoir. C'était déjà assez difficile comme cela pour en rajouter.

Alors, finalement, il avait repris le travail comme s'il ne s'était rien passé, ou presque. Bien sûr, il y avait eu des articles sur une éventuelle rupture, puisque l'on ne voyait plus la jolie blonde à son bras, mais ça, il avait appris depuis bien longtemps à passer outre.
Souvent, la tristesse laissait place à la colère. Le jeune aveugle la gérait avec des séances d'entraînement intensives. Il ne voulait pas devenir l'ombre de lui-même et surtout, il ne voulait pas perdre la face devant Emma, son rayon de soleil, qui ne méritait pas de devoir supporter sa mauvaise humeur.
Emma avait cependant demandé de nombreuses fois des nouvelles de sa partenaire. Il fallait dire qu'ils avaient tout fait pour que la petite accepte l'ex-mannequin et au moment où tout allait pour le mieux, elle avait disparu. Maladroitement, Arthur s'était résolu à lui dire qu'elle était partie. C'était sûrement plus évident de mettre la faute sur elle que de présenter la réalité à une si jeune enfant. Une enfant déjà sans maman, qui ne méritait pas d'être une nouvelle fois privée de l'affection d'une autre adulte.

Il fallait dire que dans le même temps, d'autres personnes avaient disparu de la vie du champion de la Ligue, notamment toutes les personnes attachées de près ou de loin à Ignis. Nola était surtout celle qui manquait à la petite, même si l'aveugle espérait que sa fille n'aurait pas trop longtemps à l'esprit la vieille dame et ses jeux. C'était sûrement lâche de vouloir qu'elle pusse oublier cette vie passée, mais c'était l'un des seuls espoirs qu'il avait pour que sa fille eût une chance de se construire normalement.
    « Elle est heureuse, elle a tout ce qu'il lui faut.
    - Matériellement, c'est évident, mais on ne peut pas vraiment dire que ce soit le cas au niveau de l'affection. Elle lui manque et... Moi, je suis complètement détraqué en ce moment.
    - Tu t'en sors bien.
    - J'essaie surtout. »
Arthur avait revu le Dr Folkland plus fréquemment. Ce dernier n'avait aucune véritable réponse ni solution à lui apportait, mais au moins lui permettait-t-il de vider son sac autant qu'il en ressentait le besoin et surtout, il lui donnait la possibilité de reprendre les missions avec Shadow's Path, sous conditions. Arthur devait régulièrement montrer patte blanche, prouver qu'il avait une bonne hygiène de vie et qu'il restait cohérent. À la moindre rechute, c'était un retour à la case départ : il n'avait plus le droit de participer aux actions de l'organisation et était mis au repos pendant quelques temps, suffisamment pour se refaire une santé. Le fait que tout ceci fut assez cyclique ne posait pas plus de problèmes que ça au sous-directeur de Shadow's Path. Après tout, l'essentiel était de maintenir une certaine activité de l'organisation sans mettre en danger la vie d'une de leurs meilleures recrues.

Comme d'habitude, le choix de l'organisation n'était pas vraiment de s'occuper de l'humain mais plus de l'utilité qu'il avait au sein de celle-ci. Leon n'était évidemment pas de cet avis, accompagnant plus son ami que son allié. Cela n'étonnait plus Arthur, qui se savait couvert par son agent à chaque instant. L'aveugle avait alors décidé à suivre sa thérapie jusqu'au bout, en révélant ses terreurs nocturnes et ses idées noires à Folkland. Il se déchargeait ainsi de tout ce mal qui l'empoisonnait tout en essayant de se racheter une conduite en reconnaissant son état.

Leon faisait de son mieux pour l'aider dans cette démarche, essayant notamment de sortir son ami de son antre. Il valait mieux que le jeune homme profitât aussi de l'extérieur, même s'ils savaient tous les deux que cela ne suffirait pas à changer son humeur. Pour autant, l'aveugle ne pouvait que remercier son agent de l'aider à passer à autre chose, à se dégourdir les jambes comme l'esprit.
La question de se trouver quelqu'un d'autre dans sa vie s'était posée plusieurs fois, Leon l'y aurait sûrement encouragé si la rupture avait réellement eu lieu. Il savait pertinemment que son ami ne pouvait pas l'oublier et que chaque nouvelle rencontre lui paraissait assez fade. L'aveugle ne voulait de toute façon pas rencontrer quelqu'un, il voulait la revoir, du plus profond de son être.

Évidemment, chaque sortie était extrêmement cadrée et souvent peu innocente. Leon avait la responsabilité de l'agenda du champion et ne pouvait décemment pas lui faire perdre du temps. Ils s'étaient retrouvés à , dans le but de se faire voir le soir même à une soirée d'inauguration d'un nouveau centre scientifique d'études des Pokémon. Les deux hommes s'étaient renseignés au préalable de la qualité des chercheurs et surtout de leur éthique, avant de proposer au Comité de s'y rendre. Tout collait avec leur vision du dressage, mais surtout, Leon avait fini par apprendre qu'un ancien de Natural se trouvait dans cette équipe de chercheurs. Arthur s'était senti obligé d'en parler à Edgar, qu'il avait rencontré suite au dernier assaut de l'organisation terro-écologiste.

Les deux amis se baladaient dans les rues, essayant le plus possible de passer inaperçus. Arthur avait enfilé une casquette et portait une veste longue quand Leon n'avait pas vraiment renié ses habitudes vestimentaires, posant un chapeau sur sa tête et une écharpe légère couvrant un peu son visage. Bien sûr, il avait identifié plusieurs regards insistants, mais personne n'osait réellement les approcher et la grande ville, la densité de population, leur permettait d’éviter une proximité directe avec les passants.
Pour Arthur, cela restait quand même peu évident d'évoluer au sein de la foule, il avait laissé tomber l'idée de prendre sa canne et se repérait uniquement avec ses lunettes et la présence de Leon à ses côtés. Ils se baladaient ainsi au sein de la ville, comme deux touristes lambda, quand Arthur leva la tête vers un bâtiment et remarqua quelque chose de tout à fait perturbant.
Les lunettes d'Arthur lui permettaient plusieurs capacités fascinantes : il parvenait à distinguer quelques ombres dans la foule et de repérer automatiquement Leon en tournant la tête vers lui, en plus de fonctionner de nuit et de permettre à une personne non-équipée du dispositif de servir de lunettes infrarouges. Cerise sur le gâteau : elles étaient résistantes à l'eau.
Ce bijou et cette prouesse de technologie, travaillé par Mike et une batterie de scientifiques sur-diplômés et aux moyens extensibles lui donnait également la possibilité d'identifier ses proches par un mélange d'enregistrement du profil physique et physiologique grâce à un scanner fonctionnant normalement à courte distance uniquement. Cependant, cette fois, ses lunettes lui avaient donné une information à laquelle il ne s'attendait réellement pas.
Le jeune aveugle s'arrêta en pleine rue, intriguant Leon, qui s'arrêta à son tour avant de faire marche arrière pour retourner le chercher. Arthur était devenu livide, cela avait duré une fraction de secondes, comme une hallucination.
    « Tout va bien ?
    - Je... Je crois oui. Désolé, allons-y. »
Arthur reprit sa marche, peu assurée, sous le choc par ce qu'il avait cru voir, sous l’œil interrogateur de son ami.



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Dresseur Kantô

C-GEAR
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Région : Kantô
Mar 16 Jan 2018 - 0:39
- Arrête ça.
- Pardon.

C'était devenu un réflexe. Pas les excuses automatiques murmurées d'une voix basse ; bien que ça aussi. Non. Elle ne pouvait pas s'empêcher de passer trop fréquemment les doigts sur son avant-bras droit. C'était une manie, un tic, qui la rassurait, l'aidait à s'ancrer à une réalité qu'elle avait encore du mal à saisir pleinement. Parfois, la foule, le bruit, la vie tout simplement, c'était trop. Entrait en scène cette douleur entretenue qui l'empêchait de se dissocier de ce qui l'entourait. Pour elle, ce n'était pas grand chose, juste une deuxième pulsation plus ou moins accordée aux battements de son cœur. Une sensation désagréablement plaisante, mais une sensation quand même contrairement à sa main qu'elle sentait parfois à peine présente. Mais il ne voyait pas ça de cet œil là. Cette habitude ne facilitait pas la guérison déjà difficile de la blessure, ils en avaient eu confirmation un peu plus tôt face à un médecin qui avait appris à se taire contre quelques liasses glissées sous la table. S'il avait pointé la nécessité de consulter un psychiatre, c'était comme un conseil qui ne serait pas écouté, il le savait. Le kinésithérapeute avait lui abandonné cette perte de temps, il semblait plus rodé dans ces petites consultations illégales. Il faisait correctement son travail, mais elle ne pouvait pas s'empêcher de le détester avec sa chaleur et ses grands sourires. Il la regardait droit dans les yeux, c'était ça le problème. Il savait, il avait vu la cicatrice qui avait provoqué tout ça, et, pourtant, il la fixait sans une once d'hésitation. Tout ça, ces patients qu'il rencontrait, ne lui faisaient ni chaud, ni froid. Il devait même se féliciter pour cette bonne action qu'il accomplissait en soignant dans l'ombre.

- Tiens, tiens, on ne me pose pas un lapin aujourd'hui.

Cendre pinça les lèvres, pas décidée à reconnaître sa présence tant qu'elle n'y serait pas forcée. Elle n'avait pas non plus une once d'envie de s'excuser pour le rendez-vous manqué. C'était l'un de ces jours. Parfois, elle ne parvenait à rien. Rester assisse, enroulée dans une couverture, semblait être un effort déjà surhumain. Le tout en tentant de supprimer toutes ces pensées qui s'agitaient dans son esprit, sans succès. Si arrêter cette machine infernale était aisée, ça se saurait. Alors oui, s'il s'attendait à des excuses, il pouvait toujours s'installer confortablement. Peut-être exagérait-elle avec cet homme, mais il était devenu comme la cible de tous les pics haineux qu'elle ne parvenait jamais à diriger correctement. Le fait qu'elle ne fasse pas de progrès avec lui n'aidait pas exactement non plus.

- Tu connais la marche à suivre.

Le kiné venait de s'asseoir sur le tabouret en face d'elle, ses doigts détachant habillement les bandes et les scratchs de son attelle. Comme toujours, ils étaient froids et, comme toujours, Cendre songea qu'il n'avait rien à voir avec l'expression. Son cœur devait avoir quelque chose de glacé. Il serra légèrement son poignet, la forçant à quitter ses pensées. Il fallait qu'elle se recentre sur la réalité. Par réflexe, elle baissa les yeux et fixa sa main droite. Si la sensation avait fini par être moins impressionnante, elle ne se faisait toujours pas à cette perte de connexion. Et la frustration était sa première réponse lorsqu'elle serrait le poing et que trois doigts restaient immobiles. Elle expira bruyamment sous l'effort de concentration complètement vain et n'arrêta que lorsque l'homme couvrit sa main de la sienne. L'envie de se dérober était bien présente, mais il la maintenait fermement, commençant sans un mot l'habituel série de palpations. Derrière elle, Sami occupait son poste de surveillance phare. Dès qu'ils arrivaient, il s'appuyait au bureau inutilisé du praticien et fixait l'extérieur par la petite fenêtre. Il n'y avait pas grand chose à voir, juste des dizaines de tours dont on apercevait jamais clairement le sommet. On ne voyait pas vraiment le ciel non plus, cadeau d'un smog qui flottait en permanence au-dessus de la ville et avait fini par contribuer à son nom.

Toutes les cinq à six minutes, Sami allait aussi se poster devant la porte dont il écartait le store pour jeter un œil dans le couloir. Cette routine avait fini par devenir pour Cendre un autre point d'ancrage dont elle avait bien besoin pour faire passer la séance. Lorsqu'il ne bougea pas alors qu'elle approchait des cinq cents secondes écoulées, elle ne pu s'empêcher de se tourner pour vérifier qu'il était toujours là. Dès que ses yeux se posèrent sur la silhouette dégingandée de l'homme, elle fut, comme souvent, déchirée entre deux émotions trop différentes. D'un côté, le soulagement de constater que son presque unique pilier ne l'avait pas laissé tomber, de l'autre, la déception d'être encore entre les griffes de son ravisseur. Et, fidèle aux habitudes aussi, elle eut envie de se gifler violemment pour cette confusion. Elle haïssait ce brouillard qui flottait dans sa tête comme au-dessus de cette fichue ville, la privant d'une clarté dont elle aurait bien eu besoin. Et, plus que tout, elle se haïssait elle-même de ne pas être plus forte.

Si Sammi ne s'était pas levé, c'était car il avait les yeux sur son téléphone. Inconscient du bouleversement qu'il provoquait, il fixait l'écran, les sourcils froncés par le mécontentement. Quelque chose était arrivé. Elle ne se posa pourtant pas plus de question, un pincement au niveau de sa main la rappelant vers son intérêt du moment.

* * *

La circulation dans les rues était à son paroxysme. Au coin d'une avenue, Sammi tentait tant bien que mal de héler une voiture qui les emmènerait rapidement vers la planque, mais ils n'étaient pas bien situés et tous les taxis avaient déjà trouvés des passagers.

- Pas de taxi. On va devoir prendre le métro.

Rien que l'idée la conduisait au summum de l'angoisse. Sans parler du problème de la foule, cela la ramenait toujours à cet incident, des semaines plus tôt. Stupidement, elle avait cherché à fuir. Les portes ouvertes et les voyageurs bloquant son ravisseur plus loin dans la rame avaient formés une occasion trop tentante. Elle s'était élancée sans réfléchir. Pour être rattrapée cinq minutes plus tard. Probablement les cinq minutes les plus stressantes et jouissives de sa captivité. Cela ne l'empêchait pas de regretter, aujourd'hui encore. Quand elle avait eu à en subir les conséquences, elle avait bien compris que certaines opportunités n'en valaient pas la peine.
Comme s'il savait exactement à quoi elle pensait, Sami la toisa d'un regard sombre tout en approchant. Même s'il n'était pas bien large, il la dépassait toujours de deux têtes et, dans ces moments, elle se sentait comme prise au piège d'un tunnel sans fin. Il avait cette façon de se positionner qui avalait toute lumière environnante.

- J'te préviens, si tu me refais le coup de la dernière-.
- J'f'rais rien. Ça en vaut pas la peine. Je sais.

C'était toujours quand elle avait à parler qu'elle se reconnaissait le moins. Cette petite voix qui se brisait dès qu'elle avait à enchaîner plus de trois mots ne lui ressemblait en rien. Elle baissa docilement les yeux, parfait exemple d'une soumission réflexe. Quand il lui tapota la tête, elle sursauta, serrant les poings pour s'empêcher tout mouvement.

- C'est bien. Tu peux avoir le petit vampire cette fois. Attention, si tu me déçois, c'est lui qui payera les pots cassés, ok ?!

La menace n'était pas nouvelle. Au début, il avait essayé de faire peser le poids de ses conséquences sur ses Pokémon, mais ils savaient tous les deux qu'ils n'étaient plus en sa possession maintenant. Pour palier à ça, il l'avait mis en contact avec un étrange Nymphali qui aurait deux rôles à jouer. D'une, sa capacité spéciale faisait des merveilles sur une personne comme elle, la créature ayant le don de l'apaiser par le seul toucher de ses rubans. De deux, elle était devenue une cible idéale. Si lui se fichait visiblement comme d'une pierre de ce Pokémon, Cendre s'y était attaché et n'aurait pas supporté qu'il lui arrive quoi que ce soit par sa faute. Elle était déjà responsable de bien trop de mal et la perte du Nymphali l'aurait fait franchir une limite dont elle n'était pas sûre de pouvoir revenir.
Elle hocha donc vivement la tête, consciente de l'importance de cette responsabilité. Satisfait, Sammi libéra la créature. Immédiatement, l'un des rubans vint s'enrouler autour du poignet gauche de la blonde et elle se sentit respirer un peu plus aisément. Le sentiment provoqué valait le meilleur des médicaments sans les effets secondaires. C'était à se demander d'où venait le piège. Elle avait bien envisagé que ses émotions aient un impact négatif sur le Nymphali, mais sans pouvoir se renseigner, elle avait bien dû mettre ça de côté. Ce n'était de toute façon pas comme si elle avait pu s'en passer, ou même refuser son aide. Il ne fallait pas oublier que c'était les intérêts de Sammi qu'il servait et non les siens.

- En route.

Elle connaissait la marche à suivre. Marcher à deux pas devant lui pour qu'il puisse la surveiller sans difficulté. Toujours être à porter de sa main et de sa voix, aussi. Progresser dans les rues de la ville semblait être une épreuve moins colossale maintenant qu'elle avait son anxiolytique sur pattes. Elle se permit de relever la tête, scannant les alentours des yeux, autant par habitude que pour rassurer sa paranoïa. Sans ça, elle ne l'aurait probablement pas aperçu.

L'espace d'un instant, elle avait cru voir Arthur. Sur le trottoir d'en face, au milieu de la foule. C'était plus une histoire d'instinct que de visuel. Un sentiment de familiarité l'avait soudainement assailli et elle avait tout bonnement calé. Le regard fixé vers l'endroit où il était apparu comme le spectre d'un passé qu'elle sentait infiniment plus lointain qu'il ne l'était en réalité, elle chercha une réponse aux milliers de questions qui se bousculaient dans sa tête. Une seconde plus tard, Sammi la percuta, manquant de la faire basculer.

- Qu'est-ce que tu fiches ?!

Il la maintenait par les épaules, craignant sûrement qu'elle lui mijote un mauvais coup, mais Cendre aurait été bien incapable de faire quoi que ce soit. Ses pieds étaient comme gelés au bitume pendant que sa tête accueillait un débat furieux sur la réalité ou non de cette apparition. Son cœur s'était douloureusement serré à la possibilité soudain si proche d'échapper à Sammi. Mais elle savait que cet espoir n'était pas bon. Déjà, elle n'était pas certaine de sa capacité à affronter une nouvelle désillusion, mais, surtout, elle savait ce qu'elle avait à perdre. Rien avait changé. L'énergie apaisante du Nymphali la submergea lentement comme une vague, mais plus fortement qu'à l'accoutumé. C'était comme s'il cherchait à la protéger de ce qui était en train de se passer. Avant d'être complètement avalée par l'effet anesthésiant, elle jeta un dernier coup d’œil de l'autre côté de la rue. Rien. Et puis, il la poussa fermement vers la bouche de métro et elle se sentit flotter, comme dans un songe.

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Ligue 4

C-GEAR
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Lun 26 Mar 2018 - 1:25
Les deux hommes avaient poursuivi leur journée, Arthur n'avait pas parlé de sa vision, elle était restée dans un coin de sa tête, tel un parasite qu'il essayait de chasser à chaque instant, mais qui persistait. La soirée avait été difficile à suivre, il devait être attentif à ce qui se passait, il était là pour une inauguration, parrainant en quelque sort le centre d'études qui lui tenait à cœur puisqu'il prônait un meilleur traitement des Pokémon en combat. Le jeune homme avait fait de son mieux pour ne pas intriguer Leon et ne pas donner l'impression de ne pas être intéressé.

Finalement, la nuit était tombée et les deux hommes avaient pu profiter d'un repos mérité. Dans un songe, l'aveugle pensait à elle, ressentait son corps sous ses doigts. Il revivait cette première nuit où il s'était retrouvé contre elle, la serrant dans ses bras. Arthur avait alors caressé ses bras, ses hanches, son dos. D'abord dans la pudeur, il avait essayé de la calmer en lui parlant. Ils étaient longuement restés dans les bras l'un de l'autre. Cendre l'attirait énormément, sa voix lui réchauffait le cœur, sa chevelure était douce sous ses doigts et il avait envie de croquer sa peau.

Le jeune homme se réveilla en sursaut, il consulta l'heure via sa montre parlante. La voix robotique lui annonça que le matin venait de commencer et il savait que Leon ne tarderait pas à se réveiller. Arthur soupira, il le savait, il l'avait croisée la veille, ses lunettes ne lui avaient pas menti. Il avait donc rêvé d'elle, de cette nuit, puis de tous les autres moments où il avait pu être contre elle. Se relevant doucement, il sentait en lui l'excitation d'avoir caressé ses courbes, tout en sachant qu'elle n'était pas là. La jeune femme lui manquait terriblement.
Arthur se leva, passant une main sur son visage, il lui fallait l'oublier, après tout, ce n'était forcément qu'une illusion, il devait s'efforcer à passer outre, même si, une fois encore, le fait de ne pas avoir ce retour à la réalité en ouvrant les yeux le déstabilisa. C'était ce qui, dans la cécité, le faisait le plus souffrir.

Il valait mieux démarrer la journée au plus vite, alors Arthur se dirigea lentement vers la salle d'eau, se déshabillant avant d'entrer dans la douche. L'eau chaude sur son corps lui rappela les caresses de la jeune femme. Cela en fut trop, son dos reposant contre le mur froid, son souffle chaud rivalisant avec la température de l'eau qui ruisselait sur lui, il ferma les yeux pour repenser à la jeune femme et éteindre le feu en lui.

Ses doigts se resserraient sans se raidir, Arthur se mordait la lèvre, frissonnait en se rappelant la jeune femme et ses baisers langoureux. Il avait eu tellement envie d'elle et avait aimé se lier à elle que chacun de ses souvenirs était une nouvelle décharge.
Finalement, il retint un râle et se crispa un instant. Des larmes se mélangèrent sous la douche alors que son poing frappait contre la paroi. Le jeune homme retrouvait de l'espoir alors que tout le monde autour de lui avait décidé de la considérer comme morte.

***

    « C'était elle, je t'assure que je l'ai vue. »
Plusieurs minutes plus tard, habillé et assis devant son café, dans la salle de petit déjeuner de l'hôtel. Arthur avait décidé de se confier auprès de Leon. Il était le seul qui pouvait faire quelque chose pour lui dans un tel moment.
    « Il y a un moyen de vérifier ça. »
Leon doutait un peu, il savait qu'Arthur avait tendance à avoir des hallucinations, mais il ne pouvait pas simplement ignorer ce qu'il venait de dire. Arthur était blessé et s'ils ne faisaient rien, Arthur finirait par tourner comme un lion en cage. Leon avait appelé aussitôt Mike, qui bénéficiait des historiques de vision d'Arthur. Il avait vu le nom de Cendre apparaître et était assuré à 99,9% que si le nom était apparu, c'était qu'elle était bel et bien là.
Nova fut immédiatement prévenue et elle enjoignît Ignis à se donner ses forces pour retrouver Cendre. Elle était dans la région d'Unys, peut-être encore à Volucité. Les caméras de la ville furent piratées et la traque commença.

***

Plusieurs jours étaient passés, Arthur était en première ligne.
Leon le suivait de près, posté de façon à pouvoir agir si quoique ce fut qui pourrait mettre en péril le jeune homme se passait. L'aveugle tremblait, il avait besoin de savoir, mais il ne savait pas à quoi s'attendre. Une chose était néanmoins sûre : il n'allait pas la laisser partir avant d'avoir ses réponses.

Ses pas étaient lourds alors qu'il souhaitait être le plus discret possible. Cela l'angoissait : se faire repérer, savoir qu'elle pouvait se volatiliser à tout moment le rendait malade. Il prit sur lui, s'efforçant de penser qu'il était en mission et qu'il devait à tout prix garder son sang froid. Il montait les escaliers du bâtiment dans lequel il était entré par effraction, prenant une inspiration devant la porte avant d'y apposer ses explosifs et les déclencher immédiatement. La porte sortit de ses gonds dans un bruit sourd sans détonation, puis il sauta à l'intérieur de ce qui semblait être un petit appartement.
Il se figea un instant, alors que le nom apparaissait de nouveau, cette fois-ci accompagné de la silhouette qu'il connaissait. Il entendit un cliquetis et sortit immédiatement son sabre pour frapper l'autre personne au bras, faisant tomber son arme. Il fixa ensuite le tranchant de la lame sur le cou de son adversaire tout en se concentrant, on ne lui avait indiqué personne d'autre présent dans cette pièce.
    « Qui es-tu ? »
Sa voix résonna dans la pièce peu fournie, elle exigeait une réponse rapide et claire. Arthur bouillonnait de rage.



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Dresseur Kantô

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Région : Kantô
Mar 17 Avr 2018 - 19:51
Ces derniers jours, ils ne sortaient plus vraiment. Sammi avait peut-être mis le nez dehors deux fois pour courir à l'épicerie d'une rue adjacente, prenant soin de tout verrouiller derrière lui et de laisser son impressionnant Mackogneur pour monter la garde. Ils avaient beaucoup vécus sur leurs réserves, commandant une fois ou deux lorsqu'il voulait un vrai repas. Elle n'allait certainement pas s'en plaindre. Ne pas avoir à sortir, à se confronter à la foule, était un soulagement. Cela lui avait aussi épargné un rendez-vous avec l'odieux kiné qui ne pouvait de toute façon rien pour elle. Cendre avait profité de tout ça pour passer plus de temps encore dans sa chambre, évitant un maximum la présence nerveuse de l'homme. Depuis quelques temps, il ne se comportait plus comme à son habitude. Il bondissait au moindre son et son arme restait toujours coincée à sa ceinture, bien visible et à sa portée. Il ne la considérait plus comme une menace et sûrement qu'il n'avait pas tort. Il aurait pu lui fourrer le pistolet dans les mains sans qu'elle n'ait l'idée de le pointer sur lui et de tirer. Dans sa passivité induite aussi par le Nymphali, c'était ce qu'elle en était venue à penser, en tout cas. Durant l'une de leurs dernières sorties, elle l'avait bien entendu marmonner qu'il se sentait épié et c'était loin d'être une première. Elle n'avait même pas eu la force de se demander ce qui lui prenait, la paranoïa ayant toujours été une présence constante dans sa nouvelle vie.

Cette soirée n'était pas bien différente des autres. Elle revenait de la salle de bain après un passage obligé, ignorant du mieux qu'elle le pouvait la présence bruyante de Sammi sur le canapé qui dévorait un bol de céréales, lorsque la porte de l'appartement s'effondra dans un bruit bien trop connu. Son esprit connectait encore les points, mais son corps avait réagit avec une vitesse qu'elle ne pensait plus avoir. Elle s'était fondue derrière le dossier du sofa, la respiration trop bruyante. C'était une méthode qu'elle avait utilisée avec Ignis. Cette information ne l'aida pas forcément. Elle était au bord d'une crise après une minuscule action, l'agitation n'arrangeant pas son état. Les mains plaquées sur les oreilles, elle ferma si fort les yeux que des étoiles se mirent à pétiller sous ses paupières. Happée par tout ça, elle n'avait même pas constaté le déplacement de Sammi.

L'arme au poing, il s'était dressé pour aller à la rencontre des agresseurs, mais la tentative avait été vaine. Il n'était qu'une petite frappe loin d'être assez entraîné pour ça. Aussi parano soit-il, il ne s'était clairement pas attendu à une telle opération. Le pistolet lui échappa sous le coup et son juron mourut sur ses lèvres au contact de la lame sur sa gorge. Bien moins fier, il déglutit tout doucement pour ne pas presser plus sa peau sur le tranchant et leva les mains.

Même dans sa panique, Cendre avait frémit sous la rage sous-jacente dans la voix d'Arthur. Arthur. Il était là, tout proche, mais son esprit se refusait à l'accepter. C'était trop beau pour être vrai et elle ne voulait pas avoir de faux espoirs. Partagée entre deux sentiments, elle était paralysée. Comme ce jour là, dans la rue, lorsqu'elle avait cru le voir. Était-ce bien lui ? Ce jour-là, elle avait peut-être manquée une occasion. Faisait-elle pareil aujourd'hui ? Elle resserra les doigts dans ses mèches blondes, trop confuse. Elle voulait bouger. Elle voulait bouger, mais son corps ne lui obéissait pas. Bouge ! Bouge, idiote! Sous la frustration, les larmes perlèrent, s'insinuant dans ses cils.

- Tout doux, mon gars. On peut s'arranger. Je peux expliquer.

La voix de Sammi était si différente. Moins autoritaire, moins confiante. Dire qu'il avait peur était un euphémisme. Il craignait pour sa vie et rien n'aurait pu l'empêcher de tenter de la sauver.

- Je suis juste un contractant. Un mercenaire. Ma mission est finie. Je devais me débarrasser d'elle, mais j'ai trouvé ça trop con. Elle pouvait encore servir. Alors je l'ai cachée. Elle est en vie grâce à moi. Mais je te la rend. Elle est complètement à l'ouest de toute façon. Je veux juste la vie sauve. T'entendras plus jamais parler de moi.



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Ligue 4

C-GEAR
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Lun 30 Avr 2018 - 23:58
L'aveugle était entré dans la pièce dans un bruit sourd. Son premier réflexe avait été d'immobiliser l'homme qui retenait Cendre. Il avait besoin de réponse, de savoir ce qu'elle faisait là, ce que lui faisait là. Il voulait être sûr qu'il n'y aurait pas de problèmes, pas de cafouillages, pas de blessés. À part peut-être cet homme.
Le son de sa voix avait raisonné dans l'appartement, sa lame s'était stoppée nette sous la pomme d'Adam de l'homme mais ne demandait qu'à s'enfoncer dans sa gorge. Arthur ne tremblait plus, il était en pleine possession de ses moyens. Maintenant qu'il était sûr de sa présence, il n'avait plus qu'un objectif : la sortir de là. Tant pis pour ce que cela pourrait lui coûter par la suite, il se fichait des détails. Seul comptait le résultat.
L'homme commença à répondre, après avoir levé les mains en l'air, apparentes même pour Arthur qui fronçait les sourcils autant de colère que pour se concentrer sur l'image qu'il avait de l'homme. De l'autre côté, il savait que Mike l'identifierait grâce à la caméra installée dans ses branches. Si Shadow's Path parvenait grâce à lui à remonter jusqu'à l'organisation qui avait décidé de l'emmener, Arthur se ferait un plaisir de la démanteler, même s'il devait passer sur chacun des corps de ses pauvres types qui ne semblaient pas mériter mieux que la mort. La voix de l'inconnu n'avait rien de familier pour Arthur, mais il pouvait ressentir la peur qu'elle trahissait.
Pendant ce temps, Cendre était devenue invisible. Arthur ne pouvait malheureusement pas s'en inquiéter pour le moment, si son attention vacillait, il pouvait être certain que l'homme en profiterait pour se jeter sur lui et l'abattre. L'aveugle restait donc attentif aux paroles, des paroles qui ne le satisfaisaient pas.
En un instant, sa lame s'éloigna de son cou,pour venir s'introduire dans son épaule alors que l'étranger poussait un cri de douleur. Arthur avait réagi très vite et avait donné un grand coup d'estoc.
    « Qui t'a embauché ? »
Il avait agi sous la colère. L'idée qu'on puisse avoir envie de se servir de quelqu'un lui était insupportable, mais parler de cette façon de Cendre le rendait fou de rage. Il savait qu'il était sur écoute de la part de Leon et que celui-ci l'empêcherait d'en arriver au pire, mais pour le moment, il avait oublié tout cela. Il avait simplement le besoin de comprendre la situation, comment ils avaient pu en arriver là. Il venait de dire que Cendre était à l'ouest, l'avait-il drogué pour en arriver là ? S'il avait osé faire une chose pareille, Arthur ne saurait sûrement pas s'arrêter suffisamment tôt pour l'empêcher de rendre son dernier souffle.

Alors que l'étranger retrouvait pénible sa respiration, Arthur détacha deux Pokéball de sa ceinture. Il ne pouvait pas tout gérer seul et cela l'inquiétait de ne pas avoir encore revu Cendre. Elle était là, tout près, mais il ne pouvait pas se permettre de partir à sa recherche maintenant. Elle allait devoir l'attendre juste un petit peu plus. Il était là pour l'aider, pour l'accompagner, cela prendrait le temps qu'il faudra, mais il voulait qu'ils soient de nouveau ensemble.
Rizzen et Whistle apparurent aux côtés d'Arthur, ne semblant pas surpris par cette vision. Ils avaient senti la rage de leur maître et se doutaient probablement que quelque chose d'important se passait.
    « Rizzen, trouve Ash et... aide-la comme tu peux. Whistle, tu restes à côté d'eux pour surveiller le reste de l'appartement. »
Leon avait avancé jusqu'à l'étage, se préparant au pire comme au meilleur. Il était hors de question d'envoyer un éclaireur pour observer les extérieurs ou savoir s'il y avait d'autres choses dans les autres pièces. Mike devait s'en occuper et Leon allait sûrement se glisser dans l'appartement une fois Cendre en sécurité. Si seulement cela pouvait arriver le plus vite possible.
    « Réponds-moi. Qui t'a embauché ? »
Il n'avait toujours pas répondu, visiblement bien entamé par la douleur. Oui, cela faisait mal, mais pas autant qu'avoir cru ne jamais revoir la femme qu'il aimait, avoir cru qu'il n'avait pas réussi à la sauver, pire... Qu'il l'avait laissé aller droit dans la gueule du Lucario sans agir. Arthur ne lui permettrait pas de s'esquiver ainsi et envoya un coup de la main gauche dans la mâchoire de l'étranger. Ce n'était probablement pas la meilleure façon de faire pour avoir une réponse, mais c'était celle qu'il avait trouvé sur le moment.
    « Si tu ne veux pas crever ici, tu as intérêt à participer. »
Sa voix était de plus en plus sinistre, une partie de son corps semblait crier qu'il résoudrait tous ses problèmes en le tuant, ici et maintenant. Cependant Arthur ne voulait pas non plus embrasser ces démons, pas alors qu'il venait de retrouver l'espoir.

De son côté, Rizzen, non loin de là, poussa un petit roucoulement. Il venait de retrouver Cendre, elle était en face de lui et le Mangriff ne savait pas exactement comment réagir. Il laissa avancer sa patte pour la tendre vers la jeune femme qui semblait en effet dans un piteux état. Whistle, l'Arbok, restait entre les deux camps, prêt à agir s'il le fallait. À tout moment.



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