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» Concours coordination n°37 • Catégorie 2


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Elite 3

C-GEAR
Inscrit le : 24/09/2016
Messages : 573

Région : Sinnoh
Mer 16 Aoû - 15:42
Pour l'instant, le travail de maître coordinateur est loin d'être épuisant. Etant volontairement reclus de la société, je ne suis guère embêté par les journalistes, qui rebroussent chemin lorsqu'ils se rendent compte que je vis bel et bien aux côtés de la montagne, dans les monts enneigés, souvent frappés par la tempête. Ils n'ont pas l'habitude de ce climat particulièrement rude et ils me laissent donc tranquille, attendant plutôt que je descende à Frimapic, puisque j'y donne rendez-vous aux clients qui souhaitent acheter l'un des pokémons né à la pension. Il arrive donc que, de temps en temps, un journaliste arrive au bon moment et se jette aussitôt sur moi, prêt à me donner des milliers de questions. Je ne suis pas particulièrement fan de ce genre de méthode, mais j'ai accepté cette célébrité lorsque l'on m'a demandé si je souhaitais devenir maître coordinateur et il faut donc que je fasse bonne figure, un minimum en tout cas. Cependant, je décline les propositions de tournage au sein de ma pension, expliquant qu'il s'agit d'une résidence privée et que je souhaite garder une parfaite intimité ; de plus, mes pokémons eux aussi n'apprécieraient pas la présence d'étrangers sur leur territoire, et les spectres savent comment se faire respecter... Autant dire qu'on ne m'a plus jamais posé la question après ce jour.

Mais il y a une personne extérieure à la pension qui est toujours prête à braver la tempête pour venir me voir : Komae. Mon adorable sœur jumelle vient aussi souvent que possible me voir pour que nous passions quelques jours ensemble, même si son travail est pénible et lui prend beaucoup de temps. Aujourd'hui ne fait pas exception : elle a pu poser un jour de congé pour venir me voir afin de discuter un peu. Elle n'a pas eu beaucoup de temps pour elle depuis que j'ai eu ce nouveau boulot, je sais qu'elle a envie d'en parler pendant toute la nuit pour savoir le plus de choses possible...

C'est autour d'un bon repas puis d'un thé que nous passerons cette soirée familiale. Le feu crépite agréablement dans la cheminée de la pension pendant que nous buvons nos boissons, assis près de l'âtre, à fixer les braises. Nous ne sommes pas silencieux pour autant ; plus exactement, Komae serait capable de tenir une conversation à elle seule. Cependant, je suis si à l'aise avec elle que j'en deviens moi même loquace, ce qui est assez rare en société. Et après avoir un peu discuté de notre vie de tous les jours, un sujet arrive sur le tapis : l'élite.

- Et alors tes collègues, ils sont comment ? Tu fais des efforts pour bien t'entendre avec eux j'espère ! Ma sœur me connait un peu trop pour mon propre bien, mais son regard amusé me fait sourire. Au fond, elle sait que je ne risque pas de changer, même pour d'aussi prestigieux collègues.
- Je les aient très peu vu, je ne passe pas au QG de l'élite sauf si j'en suis obligé. Pour l'heure, il y a assez peu de coordinateurs qui viennent nous défier, contrairement à la ligue où les matchs s'enchaînent parfois. J'ai donc peu d'obligations de ce côté là.
- Même pour aller boire un coup avec l'une de ces mademoiselle ? Béatrice est tout à fait ton genre non ? Décidément, Ko est forte pour mettre les pieds dans le plat, mais sa question me fait sourire un peu plus.
- Malheureusement pour moi. Je garde un souvenir fort agréable de l'une de ses dernière prestation sur scène, elle n'hésite pas à s'offrir à la scène, dans tous les sens du terme. Cependant, j'ai quelque chose de trop entre mes jambes pour qu'elle puisse s'intéresser à moi. Il faut croire que je resterais un éternel célibataire, à vivre avec mes spectres comme seule compagnie.

Oui, je suis définitivement bien plus loquace lorsque je suis en présence de ma moitié. Ma dernière phrase déclenche chez elle une explosion de rire et elle en recrache sa gorgée de thé, sur le feu. J'hausse un sourcil en l'observant faire et attend patiemment qu'elle se calme en terminant ma propre tasse, un léger sourire au coin des lèvres. Je me souviens encore de la fois où nous avons regardé des enregistrements des prestations de mes nouveaux collègues, pour que je puisse analyser leurs différents styles et me donner une idée de la personne derrière... Lorsque nous étions tombé sur ce passage où la jolie rousse s'était dénudée sur scène (avec pendant quelques secondes un magnifique gros plan sur sa poitrine) je m'étais posé beaucoup de questions. Avant de réaliser que je passais tout mon temps à moitié torse nu et qu'il n'était pas forcément intelligent de la juger sur un détail comme celui-ci. Il n'empêche que je n'ai pas réussi à me retirer l'image de ma tête, qui est revenue de plein fouet les rares fois où j'ai croisé la coordinatrice. Malheureusement, j'ai bien vite appris pour son orientation sexuelle... Il faut croire que je joue de malchance.

La conversation continue pendant une bonne heure, avant qu'il ne soit l'heure d'aller se coucher. Nous quitterons tous les deux la pension demain ; elle pour retourner à la caserne, moi pour m'envoler à Céladopole, où je dois présider pour un nouveau concours ouvert à tous.

###

- Bonsoir à tous et bienvenue à Céladopole ! C'est un honneur de pouvoir vous accueillir ici ce soir. Je salue le public d'un large hochement de tête, vêtu d'un de mes habituel kimono. Je me sens un peu plus à l'aise dans mes paroles que lors de ma première ouverture. Ce soir, des coordinateurs qui sont parfois venus des quatre coins du monde vont tous concourir dans l'espoir d'obtenir un ruban... Leurs prestations devront suivre le thème de L'obscurité ! Bonne chance à eux !

Je m'incline face à la foule et sors de l'estrade d'un pas léger, rejoignant les jurés.






LES RÈGLES.
  • Catégorie accessible uniquement aux coordinateurs possédant 1 ruban ou plus. Eux seuls peuvent poster ici !

  • Vous avez le droit à 3 pokémons (ou moins si vous le souhaitez), pas plus. Exceptionnellement, vous aurez un nombre illimité d'attaques pour votre prestation.

  • Le thème de ce concours est L'OBSCURITE.

    La difficulté et la subtilité résident dans la manière d’être original tout en nous faisant comprendre de quoi il est question, à travers votre prestation. Il faut que la compréhension du thème se retrouve à la lecture et qu'un spectateur dans la salle, inRP, puisse TOUT SAISIR de ce que vous voulez faire passer..
Vous pourrez apporter des précisions, si vous le désirez, entre balises spoilers, en fin de prestation. Pour autant, ce ne sont là que des compléments d’informations, mais rien de déterminant dans la compréhension du texte, qui doit parler de lui-même aux membres du jury.

Vous avez jusqu’au dimanche 17 septembre aux environs de 20h (heure française) pour poster votre prestation. Bon concours et bonne chance à toutes et tous !



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Coordinateur Hoenn

C-GEAR
Inscrit le : 16/10/2014
Messages : 2012

Région : Hoenn
Dim 20 Aoû - 12:25
La salle est plongée dans le noir. Ce qui l’éclaire, ce sont les panneaux de sortie de secours et leurs diodes jaunes/vertes. Un bruit de pas se fait entendre, ainsi qu’un bruit de métal frottant sur le sol. Puis, plus rien. Le silence. Et le noir. Les deux éléments-clé pour le moment. Puis, un spot bleu nuit s’allume. Un seul spot. Il pointe sur Sheera et la déclare au public tel qu’elle est réellement. Une petite femme, en robe blanche, recroquevillée sur elle-même, les poignets enchaînés entre eux et des boulets aux chevilles. Les personnes au premier rang peuvent voir des mots sur les boulets. Des mots affreux tels que « Négro », « Laideron », « Ptyranidur » et bien d’autres du même genre. Des insultes, ces boulets étaient recouverts d’insulte en tous genre, mais plus généralement des insultes racistes.

Le silence était toujours là, pesant, lourd, rendant l’atmosphère malsaine. Sheera ne bougeait pas de sa place. Puis un autre son se fit entendre, celui d’un tableau sur roulettes que l’on poussait. Un deuxième spot bleu nuit s’alluma, ciblant aussi la jeune femme, mais pas totalement. Un tableau apparut dans son dos, le pokémon qui le poussait s’éloigna du spot, ne devant pas être aperçu tout de suite. Sur ce tableau, l’on pouvait voir des dessins réalisés de façon réalistes. Il y en avait peu, seulement quatre, mais ils étaient clairement à glacer le sang. Le premier représentait une petite fille, pleine de bleue, recroquevillée sur elle-même devant une volée de cailloux. Le deuxième montrait la même petite fille et son professeur, énervé, devant une flopée d’affaires d’école abimées. Le troisième représente toujours la même petite fille devant un casier de chaussures vide, puis sur la case d’à côté devant un hangar à vélos vide. Puis le quatrième dessin représente toujours cette petite fille, en pleurs, dans les bras d’un homme, très peiné. Juste une phrase dans ce dessin « Notre peau est-elle ainsi parce que nous sommes des gens sales ? ». Ce qui était le plus effrayant dans ces dessins ? Ce n’est pas le fait qu’ils soient en noir et blanc, non, le plus effrayant, ce sont les masses noires avec des yeux et des bouches dignes de monstres entourant toujours la petite fille. Maintenant que le spectacle commence.

Le silence est enfin brisé, mais ce n’est pas vraiment réconfortant. En coulisses, un Hoot-hoot est derrière un mégaphone, entre eux, une radio diffusant à qui voudrait bien l’entendre un son sinistre. Des rires d’enfants. Des rires méchants, moqueurs, ponctués d’insultes, ces mêmes insultes affreuses que l’on retrouve sur les boulets de la coordinatrice. À trois reprises, le pokémon rendit le son plus puissant grâce à son écho. Le son se propagea dans toute la salle. Au milieu de la scène, toujours illuminés de spots bleus, Sheera est en sanglots. Ce n’est pas une mise en scène ça, elle pleure vraiment, les insultes font toujours aussi mal. Puis, entourant la dresseuse, quatre boules ténébreuses viennent danser autour d’elle, grossissant a vu d’œil.

Une musique remplaça bientôt les rires et les insultes, une musique presque douce. Sheera se leva et entama une danse, tenta gracieusement de s’étirer, mais entraver comme elle l’était, elle put à peine écarter les bras. Elle tenta de bouger ses jambes, voulant faire un grand écart, mais les boulets à ses pieds l’empêchèrent de bouger correctement. Elle ne pouvait pas faire grand-chose. Alors, elle descendit le haut de son corps, se servant de ses bras et ses jambes comme support, imitant ainsi un pont. Puis, comme si elle avait reçu un coup dans le ventre, la jeune femme se replia sur elle-même et la musique s’arrêta tandis que les rires et les insultes reprirent, encore plus fort qu’avant.

Puis un grognement puissant et un cri strident se firent entendre. Un spot de lumière blanche s’alluma, dévoilant la Grahyena et la Rapasdepic de la dresseuse. Les rires stoppèrent, pendant qu’une nouvelle musique se déclencha. Les deux pokémons se rapprochèrent de leur maîtresse tandis que l’un des deux spots, vira doucement du bleu au blanc. La jeune femme redressa doucement sa tête vers le duo avant de doucement tendre ses deux mains. Dès que ses mains entrèrent en contact avec la fourrure des deux pokémon, le spot qui l’éclaire devint de lumière totalement blanche. On dirait deux héros venus la sortir des ténèbres.

Puis, la Medhyena concentra sa force dans sa patte et brisa un boulet et recommença l’opération avec l’autre, pendant que la Rapasdepic picora à plusieurs reprises les bracelets-chaînes de la danseuse. Elle était libre ! Mais à nouveau, la musique s’arrêta, pour que les rires reprennent. Les balles d’ombres revinrent danser autour de Sheera, qui se tenait fièrement sur la scène, parfois allons jusqu’à la frôler pour lui laisser de multiples marques noires bleutées. Mais dorénavant, la jeune femme ne fuyait plus, elle se battrait fièrement face à ses opposants.

Les rires continuaient, les insultes fusaient mais Sheera s’en fichait. Elle regarda les boules, essaya de frapper dedans pour les faire disparaitre en vain. Elle les suivait du regard et les regarda s’installer sur le tableau, se poser sur les masses sombres des quatre dessins. La dresseuse observa ses deux pokémons. La Rapasdepic déploya une aile pour la poser sur le tableau et précisément sur les dessins avant de rabattre violemment l’aile contre son corps, le courant d’air provoqué déchirant les dessins. La Grahyena s’avança d’un pas et concentrant sa force sur sa tête, fonça sur le tableau en bois, le fissurant. Les deux pokémons se tournèrent vers Sheera qui, dans un bond, mis son talon dans la fissure provoqué par le loup et brisa le tableau au moment où la scène fut illuminée.

Les balles sombres s’évaporèrent avec l’arrivée de la lumière et Sheera se tourna vers son public, les marques noires sur son corps disparurent. On peut même voir quelques larmes couler sur ses joues. Pourtant, quand elle s’adressa à l’assistance, ce fut d’une voix forte et fière.

- Vous venez de voir ma prestation et vous devez vous dire « Qu’est-ce que c’est, ce n’est pas en raccord avec le thème ». Et pourtant. On a tous en nous une part d’ombre enfouie quelque part. Il ne tient qu’à vous de vous en défaire, comme je l’ai fait. N’oubliez jamais que, ce qui ne tue pas rend plus fort.

La jeune femme salua le public et quitta la scène.

Indication Prestation:
 





Compte principal : Scott Weedon

Merci Iago, pour le sprite de Sheera. Merci à Amako, Elisa, Elizabeth, Worick et Vanee pour les avatars cadeaux.

Stamp:
 
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Modo Jeux & Coordinateur

C-GEAR
Inscrit le : 23/05/2017
Messages : 1553

Région : Johto
Dim 20 Aoû - 20:21
Toutes les lumières demeuraient éteintes, plongeant la salle de spectacle dans une pénombre légèrement angoissante. Salvatrice, seule la lumière glissant entre les portes ouvertes permettait de distinguer les sièges et les visages. La prestation allait bientôt commencer. La tension était palpable et quelques murmures agitaient par moment le silence. Une kyrielle qui comble l'absence de vision et de bruit pour rassurer ceux qui ont encore peur du noir.
Un claquement se fit entendre, signe que les portes étaient à présent closes. Passant de partielle à totale, l’obscurité se répandit à la manière d’un fauve, englobant chaque individu présent dans le public. Tous se turent à l’unisson, leurs yeux pointant en direction de la scène qui demeurait inlassablement plongée dans la pénombre. Le temps file et s’écoule, l’obscurité avalant avec elle tous les repères. Un léger grésillement attira l’oreille des plus attentifs, alors qu’une douce voix féminine raisonna à son tour, délivrant les spectateur de cette torture silencieuse.
"Sans lumière, nous sommes perdus."
Silence. Le temps s’écoule à nouveau librement, le silence s’installe, se pose, écrase. Le bruit d’une porte qui s’ouvre résonne, et sur la scène à peine est-il possible de distinguer un maigre mouvement dans l’ombre, en fond de scène.
"Aujourd’hui, voyageons dans un monde plongé dans l'Obscurité."

Le speaker s'éteignit. Le craquement sur les planches laissaient deviner une présence réelle mais aucune forme ne semblait prête à se laisser saisir dans son entièreté par l'oeil du spectateur. À nouveau, le grincement de porte se fit entendre, accompagné d'un crissement sur les planches. Une petite voix, on aurait pensé celle d'un enfant, raisonna sur scène : "Maman ! Tu es rentrée !". Des pas précipités se firent entendre et puis un son, plus fort, comme si une personne venait de prendre de l’élan pour sauter dans les bras de cet être imaginaire qui serait sa mère.
Au même instant, une douce odeur de fleur se répandit dans l’assemblée silencieuse. "Tu sors encore ce soir ? Tu as mis du parfum..." interrogea la voix enfantine curieuse, mais néanmoins inquiète. Un gloussement, lui aussi féminin, se fit entendre à son tour accompagné d'un autre son, caractéristique d'un baiser. "Ne t'inquiète pas ma chérie, je serais vite de retour à la maison."
Une seule série de pas se fit entendre, laissant croire que la mère portait son enfant jusqu'à un lieu inconnu. Un bruit de draps que l'on tire résonna à son tour dans les haut-parleurs de la salle, alors que la voix maternelle reprit : "Dors ma chérie, maman revient bientôt." L'odeur fleurie sembla baisser en intensité, alors qu'un écho vient couvrir les paroles de la mère, comme si ses mots résonnaient. Puis ce fut le silence et l'absence d'odeur qui se firent omniprésent dans la salle, emplissant l'atmosphère d'une angoisse palpable. De nouveaux pas se firent entendre sur les planches, stoppés par la voix de l'enfant.
" Tu accepterais de me chanter une berceuse, maman ? J'aime t'entendre chanter... Tu éloignes les méchants monstres..."Il y eut un petit instant de silence, puis une voix raisonna, douce et mélodieuse. Certains dans le public pourront reconnaître la voix d'un Mélofée sans grande peine. Une ambiance sereine et apaisante s'installa dans la salle, accompagnée de l'odeur fleurie qui semblait s'être à nouveau frayée un chemin jusqu'aux narines des spectateurs. Quelques secondes, peut-être une minute à peine, et la berceuse s'évapora dans le silence, laissant derrière elle un dernier instant de douceur. Des bruits de pas, le grincement d'une porte qui s'ouvrit, puis qui se ferma, plongeant la salle obscure dans la solitude.

Le vide. Avec ce claquement de porte scellant cet instant dans le passé et ramenant l'âme au présent, tout avait disparu. Parfois le glissement d'un drap, un petit son imperceptible venait troubler le silence ambiant. Et puis un grognement raisonna. Mais ce n'était pas sur la scène, ce dernier venait du public. Quelques spectateurs purent sentir près d'eux un courant d'air accompagnant ce son des plus menaçant, d'autres côté couloir purent sentir leurs jambes effleurées par une épaisse fourrure. L'odeur d'un animal flottait par endroit, le grondement de plus en plus fort. "Maman ?" hoqueta la voix enfantine depuis la scène dans un mouvement de draps. Mais seul le grondement lui répondit. Des bruits de pas sur les planches trahissaient la position de l'enfant ayant quitté son lit, angoissé par ces sons effrayants.
Un crissement désagréable, comme des griffes sur du métal, retentit alors, glaçant, accompagner d'un puissant aboiement unique, sauvage. "Maman ! Maman, j'ai peur !" appela l'enfant à plein poumons, ses cris joints à des pas précipités, chaotiques. On aurait dit qu'il fuyait quelque chose, une bête, un animal, une créature... Un monstre peut-être ? Le bruit des griffes sur les planches raisonna à son tour, accompagnant la première danse frénétique dans une cacophonie déroutante. Un fracas, comme celui d'un vase qui tombe au sol se joignit à cette sombre mélopée. Puis un puissant hurlement glaçant perça ce monde sonore. Un cri, celui d'un enfant. Et le silence, pesant, glaçant, uniquement animé par le bruit d'une respiration forte et saccadée. Le froid se répandit dans la salle, comme si la température venait subitement de chuter. C'était prenant, violent, stressant. La morsure gelée, et les pleurs d'un enfant.

La porte s'ouvrit à nouveau, le parfum fleuri glissa à nouveau dans la salle et la température sembla remonter, comme par magie. "Maman ! J'ai fait un cauchemar, il y avait un monstre, il voulait me faire du mal ! J'ai eu tellement peur ! Ne pars plus jamais maman ! S'il te plait !" s'écria l'enfant, sa voix perdue entre deux sanglots. Auparavant froide, l'atmosphère sembla se réchauffer de plus en plus, comme si quelque chose entourait le public de ses bras et de sa chaleur. "Je suis là mon ange, je ne partirais plus..." assura la voix féminine d'un ton des plus rassurant. Dans les hauts parleurs raisonna la douce mélodie d'un battement de cœur, régulière et apaisante. Badum. Badum. Badum.

Les lumières s'allumèrent toutes en même temps, éblouissant la salle tout entière. Sur scène se trouvait Midley, tenant dans ses bras un petit Mélofée. La jeune aveugle se trouvait uniquement vêtue d'un jean ét d'un long t-shirt à manche noir, voilant en grande partie sa peau. Ses longs cheveux mauves avaient été attachés et dissimulé sous un bonnet, lui aussi noir. La scène était complètement vide, comme si le décors jusque là imaginé n'avait jamais été présent à part la porte ouverte en fond de scène. Depuis l'avant du public, une Grahyéna monta sur scène. Sans doute avait elle quitté les planches après la poursuite pour ne plus manifester sa présence dans la chambre de l'enfant, pouvait s'interroger quelques spectateurs. Un petit Fluvetin vola en direction de sa dresseuse, un micro dans les pattes. Midley tendit la main et la petite boule de plume rose y déposa l'appareil avant de se poser sur la tête de l'aveugle. Tout en exerçant une pression sur le bouton "on" de son micro, la jeune femme le porta à ses lèvres : "Aujourd'hui, vous avez été privé de la vue et plongez dans l'obscurité. Ce que vous avez senti, ressenti, venait un peu de ce spectacle et beaucoup de vous. Le monde autour de nous ne se limite pas à une simple dimension visuelle : il porte une odeur, il dégage un son, il vit autour de nous. Nous espérons avoir su éveiller vos sens à travers cette histoire. Merci de votre attention."

La jeune fille coupa le micro et le confia à sa Grahyéna qui s’en saisit naturellement, avant de se mettre en ligne avec les autres acteurs sur scène. Midley s’inclina, le sourire aux lèvres, accompagnée de ses pokemons, puis quitta les planches pour rejoindre les coulisses, l’estomac serrés.

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Coordinateur Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 11/03/2017
Messages : 549

Région : Kanto
Jeu 7 Sep - 4:30
Le moment tant attendu se présente enfin. Derrière la scène, je prends une grande inspiration avant de saisir le micro qui me permettra de faire la narration tout au long de la prestation. Comme je n’ai pas prévu de dialogue de la part de mes pokémons, il vaudrait bien que je narre certains moments pour permettre au public de mieux comprendre le spectacle. Une fois que le silence règne dans la salle, la scène se retrouve lentement éclairée par les nombreux projecteurs qui se trouve au plafond, dévoilant ainsi un décor à l’apparence banal. Il s’agit en fait d’un terrain de jeu pour enfant composé de quelques balançoires qui se trouvent plus vers la gauche ainsi que d’un toboggan qui se dresse de l’autre côté. L’arrière du décor représente un coucher de soleil qui descend lentement derrière les montagnes, le moment de la journée où l’obscurité commence à envahir le paysage pour faire place à la nuit.

Néanmoins, au lieu de les utiliser à leur pleine capacité, les projecteurs conservent un éclairage un peu plus tamisé pour les biens de la prestation qui est sur le point de commencer, projetant suffisamment de lumière pour que le public puisse voir entièrement la scène tout en donnant un air un peu plus sinistre à cette dernière. Jouant le rôle d’une enfant, une Tarsal fait son apparition et traverse le terrain pour venir s’asseoir sur l’une des balançoires. Vêtue d’une robe rose et d’une perruque rousse, elle affiche un air triste avant de baisser la tête vers le sol. Ses parents se sont encore disputés aujourd’hui et elle a prit l’habitude de se réfugier à l’extérieur pour ne plus les entendre crier. Si cela était peu fréquent avant, ce n’est plus le cas depuis tout récemment et l’enfant semble trouver un certain réconfort dans ce terrain de jeu. Cela lui permet d’oublier la violence verbale et même physique échangée entre ses géniteurs lorsque leur dispute dégénère.

Relevant la tête, la Tarsal se tourne vers la gauche où se trouve un grand écran de télévision installé un peu plus en hauteur pour éviter de nuire aux pokémons ainsi qu’à la vue des spectateurs. Au même moment, celle-ci s’ouvre pour présenter une courte vidéo où je suis présente dans le but d’expliquer la tristesse évidente de la petite. Jouant le rôle de la mère, on me voit en train de faire les cents pas dans une cuisine tout en me disputant avec un jeune homme. Mon meilleur ami Takeo joue le rôle du père dans ce cas-ci et la colère est bien présente dans notre échange silencieux, puisque la télévision est en sourdine. La scène ne dure pas très longtemps et lorsque l’écran s’éteint, l’enfant baisse de nouveau la tête vers le sol. Désormais seule, elle peut s’abandonner à son chagrin et sa profonde tristesse à l’idée que ses parents puissent se séparer l’a fait énormément souffrir. Elle est si abattue, si dévastée qu’une ombre se glisse tranquillement à ses côtés avec grâce et délicatesse.

L’obscurité, incarnée par une Leopardus, apparaît à droite de la scène pour venir la rejoindre. En entendant un bruit, l’enfant relève vivement la tête et lâche un cri en voyant cette soudainement apparition. Son esprit lui joue-t-elle des tours ? Elle n’arrive pas à savoir si cette créature est réelle ou non, mais c’est bien sa tristesse qui a fait naitre cette obscurité. D’ailleurs, sa peur fait apparaître un second pokémon. Il s’agit de la lumière, incarnée cette fois-ci par une Goupix, qui se glisse à gauche de la scène pour venir rejoindre les deux autres au centre de celle-ci. Dès que le regard du renard croise celui du chat violet, ce dernier agite la queue en signe d’irritation. D’un coup, une certaine tension semble naitre entre eux, comme s’ils n’étaient pas censés se trouver au même endroit au même moment et la Tarsal ne sait plus où poser les yeux.

La lumière et l’obscurité se lancent alors dans un combat acharné pour tenter de revendiquer leur place auprès de l’enfant qui les a respectivement appelés. Le renard crache des flammes vers son ennemi qui riposte avec ses griffes acérées et son agilité lui permet d’éviter presque toutes les attaques adverses. Les deux pokémons bondissent et attaquent en alternance devant l’enfant qui affiche désormais une expression de peur, toute tristesse ayant disparue de son visage. La lumière hurle à un moment, bien vite imitée par l’obscurité qui rugit pour tenter de paraître plus imposante. Chacun d’eux refuse de laisser sa place et le combat se poursuit pendant un long moment jusqu’à ce que l’enfant se lève d’un coup de la balançoire pour leur implorer d’arrêter. Obéissant à leur maitre, lumière et obscurité se figent et se tournent vers elle en même temps, comme s’ils prenaient eux même conscience de leurs actes ridicules.

Elle qui tentait d’éviter la violence de ses parents, voilà qu’elle se retrouve confrontée à ses démons intérieurs. La petite refuse que ses deux complémentaires se combatte davantage et elle tient à ce que les deux puissent apprendre à vivre ensemble. L’enfant fait donc part de son souhait aux deux créatures et la lumière ainsi que l’obscurité s’observe un moment, réfléchissant à cette possibilité comme s’ils ne l’avaient jamais envisagés. Après un moment de silence, elles finissent par hocher la tête avant de se détourner l’une de l’autre pour quitter la scène chacune de leur côté, laissant de nouveau l’enfant seule dans le terrain de jeu. Parfois, il faut savoir oublier sa rivalité pour pouvoir vivre ensemble et de façon équilibré.

On dit que l’obscurité est l’absence même de lumière... et pourtant, sans lumière, l’obscurité ne pourrait exister.

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Modo CDT & Coordinateur

C-GEAR
Inscrit le : 16/04/2016
Messages : 999

Région : Kalos
Mer 13 Sep - 3:27

Une nouvelle prestation allait débuter après la courte attente du public. Les anciens décors avaient été retirés et les nouveaux avaient été mis en place. Dans un bruissement de tissus, les rideaux masquant la scène s’étaient ouverts. Cette dernière était plongée dans une obscurité presque totale. Seules les petites lumières vertes, placées au-dessus de certaines portes et indiquant les issues de secours, empêchaient les spectateurs d’être dans le noir complet. Une douce mélodie se faisait progressivement entendre. Un chant harmonieux, presque une litanie, s’élevait progressivement dans l’enceinte du dôme dans lequel ce déroulait ce nouveau concours. Un son semblable à celui utilisé par les sirènes pour attirer les marins et les faire sombrer au fond de l’océan. Un air entêtant et attirant qui devenait progressivement plus intense. Tout d’abord à peine audible, il était désormais parfaitement perceptible pour toutes les personnes dont le sens de l’audition était fonctionnel. En théorie, une grande majorité des personnes venues assister au spectacle. Pour les autres, cette ouverture de prestation devait paraître bien moins spectaculaire du fait que tout comme le coordinateur à l’origine de cette idée, ils ne devaient ressentir que quelques vibrations, dues aux basses, au fond de leur être.

Deux projecteurs suspendus sur un rail au plafond s’activèrent afin d’illuminer une partie de la scène située en dessous d’eux. Cette lumière vient mettre en avant un Pokémon. Une sublime créature ressemblant à un grand serpent aquatique. Milobellus. Ce dernier était installé au sommet d’un amoncellement de pierres plates et, tout en continuant son chant mélodieux, il fixait le public avec une certaine fierté dans sa posture et un regard de défi. Comme s’il attendait au tournant le premier qui chercherait à mettre en doute ses talents de chanteur.

Juché sur l’amas de rochers, rien ne semblait pouvoir atteindre la créature. Il surplombait la scène. Tournant autour des rochers, restant en grande partie dans l’obscurité, un autre pokémon s’était mis en action. Il avait également une forme longiligne, comme celle d’un serpent. Il semblait toutefois plus long et plus imposant. Mais surtout moins gracieux. Il tournait autour du bloc de pierre en regardant d’un air mauvais la créature qui le dominait. Parfois, le corps en partie dans l’ombre, il tendait la tête vers la sublime créature et tentait de l’atteindre en faisant bruyamment claquer ses larges mâchoires. Mais il avait beau s’étirer, il ne parvenait jamais à atteindre la lumière qui mettait tant en valeur le Milobellus. Il restait bloqué dans l’obscurité. Il semblait être coincé dans son ombre malgré toute cette ardeur qu’il mettait à atteindre son objectif. Heureusement toutefois pour le coordinateur qui avait mis toute son énergie à la création de ce spectacle, que le Léviator se trouvait suffisamment dans l’obscurité pour que le public ne soit pas en mesure de remarquer qu’il ne faisait pas tout pour atteindre la créature qu’il visait. Même si les spectateurs devaient s’en douter. Le tas de pierres était loin d’être suffisamment haut pour empêcher une créature de cette stature d’atteindre le sommet en étirant son corps. Mais s’il avait réellement fait son maximum pour atteindre le chanteur, la prestation n’aurait plus eu le moindre intérêt. Il se cachait donc dans l’obscurité afin de ne pas faire remarquer sa mascarade.

Sans même prêter la moindre attention à celui qui tentait de l’attaquer, Milobellus prenait ses plus belles posées pour s’attirer l’intérêt de tous. Il cherchait à se mettre en valeur afin d’envoyer tout le reste dans les oubliettes. Il voulait être le seul. Il voulait la reconnaissance de sa beauté et de ses talents. Il voulait que tout le monde l’admire. Il voulait être au sommet de tout. Il devait séduire le public. Pousser les gens à l’aimer lui et pas un autre. Levant la tête vers le plafond du dôme, il recracha par petits jets de l’eau qu’il avait emmagasinée à l’intérieur de son corps un peu avant d’entrer en scène. Le liquide retombait en gouttelettes sur ses écailles et tout autour de lui. La créature devenait brillante sous l’effet de la réflexion de la lumière sur son corps humide. Il était beau et scintillant. Le Milobellus ondulait sur son autel fait de pierres plates. Il faisait bouger son long corps essentiellement couleur crème. Il faisait mouvoir sa queue afin de faire chatoyer sous l’éclairage des projecteurs les écailles bleues et rouges dont cette dernière était recouverte. De petits hexagones de couleurs provenant d’un reflet de la lumière sur sa queue mouillée venaient recouvrir le sol. Il utilisait la totalité de son corps afin de se sublimer, encore et toujours plus. Il devait montrer à tous que le terme beauté avait été inventé pour le qualifier.

L’autre serpent continuait de tourner autour du promontoire de pierres sur lequel son homologue de forme était juché. Lorsque sa tête faisait des apparitions furtives dans la lumière avant de replonger dans l’obscurité qui semblait être sienne, le public était en mesure de découvrir la haine envers cette créature brillante qui habitait son être et déformait ses traits. De nouveau, ses mâchoires claquaient bruyamment pour ne se refermer que sur du vide. Un grondement de désespoir s’en était alors suivi en effaçant alors tous les autres sons en résonnant dans le dôme. Sa tête était tournée vers le Milobellus. Il ne le quittait pas des yeux.

« - Lumière… Lumière… Lumière… Lumière… Lumière… Laisse-moi quitter mon obscurité pour ta lumière… »

Une voix grondante psalmodiait cet unique mot. Comme une prière. Comme un but à atteindre. La lumière. Léviator la cherchait. Il rêvait de l’atteindre. Malgré toutes ses tentatives, il avait toujours échoué dans sa quête. Alors il abattait sa dernière carte. Dans un grondement, il avait alors répété ce simple mot. Encore et encore. Comme une litanie à l’attention de ce dieu qui le surplombait de toute sa hauteur. Il l’implorait. Il avait rajouté d’autres mots dans sa supplication. Il adressait une ultime requête. Il tentait le tout pour le tout. Il espérait que cela fonctionnerait. Il espérait fortement que le Milobellus finirait par partager son promontoire et le laisserait enfin accéder à la lumière. Seulement, ce dernier, ne semblait pas vraiment de cet avis. Regardant la créature en dessous de lui d’un air dédaigneux, le Milobellus avait émis un étrange sifflement sonore. À sa réaction, n’importe qui observant cette scène, aurait eu la sensation qu’un insecte répugnant se trouvait devant le serpent scintillant et qu’il nuisait au bon déroulement de sa journée. Milobellus avait alors ouvert sa gueule et avait déversé un puissant jet d’eau directement dans la tête de la créature qui l’incommodait. Une méthode rapide afin de s’en débarrasser. Un moyen qui lui permettrait de ne plus être dérangé par les incursions du Léviator dans son champ de vision.

« - Tu rigoles ? Tu n’es rien. À jamais, tu resteras dans mon ombre. Tu es voué à rester dans l’obscurité. Pour toujours. »

Un silence pesant. Après cette réponse du Milobellus à cet être qu’il jugeait inférieur et indigne de lui, plus aucun bruit ne se faisait entendre. On pouvait dire que la violence de ses propos avait plombé l’ambiance. Le Léviator avait mis un terme à sa supplication. Il s’était retiré. Il avait reculé dans l’ombre. Il s’était blotti dans l’obscurité comme s’il s’agissait d’une couverture rassurante. Il n’en était pourtant rien. Il n’aimait pas le noir. Il l’intimidait. Il lui faisait peur. Quand il se passait de mauvaises choses, c’était toujours lorsque la lumière s’était absentée. Cela, la pauvre créature rejetée l’avait remarqué. Il se trouvait toujours dans l’obscurité lorsque les choses se passaient mal pour lui. Il y avait donc forcément un lien entre sa malchance et la noirceur de son environnement. C’était obligé. Il ne croyait plus au hasard. Il avait peur. Il voulait sortir de cette obscurité dans laquelle on l’enfermait. Si les spectateurs prenaient le temps de le chercher des yeux et qu’ils laissaient le temps à ces derniers de s’habituer à l’obscurité, il leur serait possible de remarqué que le pauvre Léviator était totalement abattu. Recroquevillé sur lui-même. Sa tête était basse et venait se coller contre le reste de son long corps. Il faisait peine à voir.


Alors que la lumière était toujours orientée sur le Milobellus afin de maximiser son charme et que le Léviator se trouvait toujours dans l’ombre à ruminer sur sa situation, un battement avait commencé à résonner dans le dôme. Un tambour. Il n’y avait aucune erreur possible sur la source de ce son. Le martèlement était lent et régulier. Au bout de quelques secondes, il était devenu évident que la tonalité était semblable à celle d’un battement de cœur. Tout d’abord lent, il s’était progressivement accéléré. Le son faisait monter la tension parmi les spectateurs. Il devenait certain qu’avec une telle bande sonore un événement particulier allait prochainement pointer le bout de son nez. Un bruit sourd. Suivi d’un grondement féroce. Et de gouttelettes d’eau qui montaient dans les airs avant de retomber. Sur le sol, sur les pierres, ainsi que sur le Milobellus, toujours installé sur son perchoir rocheux. Un second coup. Puis un troisième. Et encore d’autres. Les spectateurs pouvaient par moment apercevoir une grande queue triangulaire, bleue et blanche, venir s’écraser sur le sol dans les zones qui bénéficiaient de la luminosité des projecteurs.

Les coups portés par le Léviator à l’aide de l’extrémité de son corps, en accord avec les battements du tambour, étaient intenses. Ils faisaient trembler le sol. Les roches sur lesquelles la créature scintillante était perchée commençaient à être instables. Les vibrations du sol se répercutaient sur l’ensemble de la scène et commençaient progressivement à déplacer les pierres. Progressivement, la petite pyramide construite à base de fausses roches avait tremblé. Les cailloux plats formant la base s’étaient tellement éloignés qu’ils n’étaient plus en mesure de soutenir la partie supérieure de la construction. La totalité avait fini par s’écrouler sur le sol en entraînant le Milobellus avec elle. La pauvre créature, coincée sous les fausses pierres, était alors restée immobile sur le sol, offrant un triste spectacle de roi déchu par la force des choses.

Léviator continuait toutefois de s’agiter. Alors que tout aurait dû être terminé. Alors qu’il devrait se réjouir d’être parvenu à faire tomber de son piédestal celui contre lequel il dirigeait toute la haine qu’il avait en lui. Mais non. Il semblait ne même pas s’en rendre compte. Il s’agitait dans tous les sens. Sa queue frappait lourdement le sol. Par moment il passait sous la lumière des projecteurs avant de replonger dans l’obscurité en se cognant contre le sol. Il semblait avoir perdu le contrôle de son corps. Ses déplacements étaient confus. S’il avait des pattes, on aurait sans doute pu le voir tituber, mais ce n’était pas le cas. Il rampait sur la scène. Ses mouvements étaient comme saccadés, comme s’il avançait dans une direction, alors qu’une partie de son être aurait souhaité se diriger à l’opposé de celle-ci. Il semblait tellement perdu qu’il avait fini par s’enrouler sur lui même avant de s’écrouler sur le sol dans un bruit sourd, soulevant au passage quelques gouttelettes d’eau qui retombèrent autour de lui. Le Léviator, même dans sa fin, était resté en grande partie dans l’obscurité. À croire que rien n’aurait pu lui permettre de rejoindre la lumière à laquelle il tenait tant. Même en mettant un terme au règne de Milobellus, même en le faisant chuter de son piédestal, il n’était pas parvenu à prendre sa place. Le temps qu’il avait passé dans l’obscurité à ressasser sa tristesse de ne pouvoir s’approcher de tout ce qui lui faisait envie, puis sa haine pour cet être de lumière qui le rejetait en le considérant comme un moins que rien. Tout cela avait fini par le rendre totalement fou. Toute cette faim de lumière avait fini par l’envoyer vers sa fin.



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Coordinateur Alola

C-GEAR
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Région : Alola
Jeu 14 Sep - 2:09
Début de la prestation

Un éclairage progressif illumine la scène devant les spectateurs. Ces derniers peuvent admirer le décor sans être éblouis par une vive lumière. Cette fois, il y a plus d’éléments que ce que le coordinateur a l’habitude d’utiliser lors de ses prestations. En effet, un mur fait de planches de bois peint en bleu ciel se tient au centre de la scène. Il n’occupe pas tout l’espace en largeur, laissant un jeu de chaque côté, mais il dévoile sans mal ce qui semble être une chambre d’un jeune adolescent. Des affiches sont collées, représentant divers groupes musicaux populaires auprès de la jeunesse. Il y a une fenêtre dans ledit mur : tout simplement un trou carré dans les planches. Un petit lit à une place, monté sur une base de métal dont le matelas repose sur des ressorts, est placé en parallèle avec le mur, entre ce dernier et le public. Les draps sont installés à l’arrache, formant des bosses ici et là, comme dans n’importe quelle chambre d’un adolescent qui a n’importe quoi de mieux à faire que placer son lit le matin. Finalement, au pied se trouve une table de chevet sur laquelle se tient une lampe dont l’abat-jour est également bleu délicat.

À l’ouverture des spots, aucun Pokémon n’est présent sur la scène, mais des pas résonnent en coulisses. Un Rocabot, Ōkami, apparaît au coin droit, suivi de près par une Galifeu, Hane. Les deux créatures courent joyeusement jusqu’à la chambre, se pourchassant l’un et l’autre. Ils expriment de la joie, ils semblent bien s’amuser ensemble. Plusieurs indices permettent de le constater, que ça soit dans leur attitude, dans l’expression qu’ils arborent ou dans les divers sons qu’ils émettent, sons remplis de gaieté. Tous deux grimpent ensuite sur le lit juste assez grand pour les accueillir tous les deux tandis que leur jeu se poursuit. Ils sautent, faisant craquer les ressorts qui se retrouvent malmenés. Après quelques instants d’amusement, le Pokémon feu se laisse tomber sur le dos, soufflant un bon coup. Le petit chien, quant à lui, descend sur le plancher de la scène. Il adresse un geste de la patte à son amie pour lui signaler qu’il part, avant d’effectivement quitter la scène, empruntant le côté opposé à celui de son arrivée. L’éclairage perd alors en intensité, instaurant une ambiance qui se veut intime. Hane se redresse et s’étire la patte pour ouvrir le tiroir de la table de chevet, extirpant un journal ainsi qu’un crayon. Ouvrant à une page, elle simule d’écrire, avant de tout remettre en place. La Galifeu se couche sur le côté dans le lit, face aux spectateurs, leur dévoilant sa mine sereine. Graduellement, les lumières s’éteignent.

Grâce à des haut-parleurs situés aux coins de la scène, Ryu prend la parole, s’adressant aux gens dans la salle. Une voix neutre, détachée, qui n’exprime aucune émotion sauf sur le dernier mot. Celui-ci tombe comme une sentence. Tranchant. « Les jours heureux sont ponctués de hauts et de bas, mais personne n’est à l’abri de l’obscurité. » Une paire d’yeux brille sous le lit pendant quelques secondes. Le monstre est arrivé...

L’éclairage revient, tamisé. Le décor est le même, mais cette fois, le public peut apercevoir une masse sous le lit, tapie dans l’ombre. Cette dernière bouge, s’approchant comme si elle allait se dévoiler, mais s’arrête juste avant. Il s’agit d’un Bacabouh, Shaberu, dont la pelle est penchée afin qu’elle ne se prenne pas la structure de métal. Pour l’instant, il n’y a aucun autre Pokémon sur scène, mais la Galifeu ne tarde pas à revenir. Dès qu’elle approche de la chambre, la créature de types sol et spectre se replie, devenant moins visible. La démarche de Hane paraît moins enthousiaste que lors de son dernier passage. Elle s’assoit sur le lit, les épaules voûtées vers l’avant. Ses pattes arrière pendouillent dans le vide. Elle reste ainsi pendant plusieurs longues secondes, le regard dans le vide, jusqu’à ce que soudainement, le Rocabot saute derrière le mur, à la fenêtre. Le public peut le voir apparaître quelques fois. Un aboiement se fait entendre quand au bout de quelques sauts, il n’est pas parvenu à attirer l’attention de son amie. Quand la Galifeu l’entend, ses épaules se redressent. Son attitude devient plus joyeuse, mais elle ne bondit pas en bas de son lit et ne court pas pour rejoindre le Pokémon chien. À nouveau, il y a moins d’enthousiasme visible. Néanmoins, tous deux quittent la scène ensemble, comme s’ils allaient jouer. Noir total sur scène.

« Difficile de se rendre compte quand l’obscurité s’immisce en nous. Cette entité est d’abord discrète, les dégâts qu’elle provoque prennent du temps à devenir visibles. » Les mots sont prononcés avec plus de lourdeur que précédemment, pour instaurer un sentiment de vécu.

Cette fois, quand la lumière revient, ce n’est pas grâce à des spots suspendus au plafond du dôme. Ces derniers ne réagissent pas, ce sont quelques lumières posées au bord de la scène qui illuminent, donnant un nouvel angle et une nouvelle ambiance à la prestation puisque les ombres s’étirent vers le haut. Elles ne sont pas aussi puissantes que des spots, générant une couleur plutôt terne, non vive. Le Bacabouh, toujours présent sous le lit, devient tout de même visible. Il semble se faire plus menaçant grâce à la façon dont est positionné l’éclairage. La Galifeu est assise sur le lit, son journal devant elle. Elle écrit sur le papier avant de baisser la tête. Ses épaules tressaillirent, sa patte relâche le crayon. Après quelques secondes, son regard migre vers la fenêtre. Elle l’observe un instant, mais il ne se passe rien. Le Rocabot ne vient pas sauter de l’autre côté. Il n’est pas là. Dans un geste lourd de peine, la tête de Hane revient vers son journal. Ses pattes griffues se saisissent de son bien, le serrant ensuite contre elle. C’est là tout son réconfort. Une nouvelle voix, féminine cette fois, retentit dans les haut-parleurs. Le texte a été préenregistré et il s’agit d’Akimi, une amie de Ryu. « Je veux avoir de la compagnie. J’ai besoin d’avoir de la compagnie... Je me sens si seule... Cette impression que ma vie est inutile, qu’elle ne sert à rien ne me quitte pas... Ce doit être vrai. »

Silence. Les lumières perdent en intensité, la coloration prend une légère teinte rouge. Le monstre sous le lit s’agite avant d’apparaître aux yeux de tous, sauf de sa victime qui n’a pas encore vraiment conscience de son existence. D’une façon sournoise, il attaque la Galifeu avec Méga-Sangsue, absorbant son énergie sans se priver, sans se retenir. Le Pokémon de type feu voûte plus encore les épaules vers l’avant. Elle simule d’en souffrir bien plus que c’est réellement le cas, tandis que des sons plaintifs envahissent la salle. L’agression s’arrête aussi subitement qu’elle a commencé. Un ricanement mauvais s’élève, tranchant avec l’ambiance. Le sable de Shaberu bouge, laissant croire que la raillerie provient de lui. Il retourne ensuite se terrer sous le lit, patient. Il attendra la prochaine occasion de frapper... Fermeture des lumières.

« L’obscurité prend de l’ampleur, elle s’étend dans le cœur de sa victime jusqu’à la ronger complètement. Comment s’en défaire par ses propres moyens ? »

Pendant la noirceur, pendant les quelques mots prononcés par le coordinateur, des bruits de griffure se sont fait entendre. Il y a un moment de calme avant que la lampe sur la table de chevet s’allume, étant la seule source de lumière pour cet acte. Les spectateurs pourront voir une affiche déchirée ainsi qu’une marque de griffes sur le mur derrière la Galifeu. Cette dernière est une fois de plus assise sur son lit avec son journal qu’elle fixe, immobile. Un tourbillon de pensées la tient réveillée. « Seule... Inutile... Détestée... » Ses épaules tressaillirent. Repoussant le journal sur le lit, la créature se couche sur le côté, face au public. Elle ramène ses petites pattes arrière contre elle dans un geste de réconfort. « Ils sont tous contre moi, la vie est contre moi... Il fait si noir, constamment. Même le jour... » Hane se tourne pour regarder par la fenêtre, mais il n’y a pas de lumières à l’extérieur. La nuit est bien installée. « Je suis épuisée de me battre tous les jours et de ne jamais voir le beau et le bon... Ils ont disparu. » Doucement, le Pokémon reprend sa position précédente. Le Bacabouh commence à sortir de sous le lit, toujours en quête du meilleur moment pour agir, pour porter un puissant coup. « Je voudrais dormir et ne jamais me réveiller. » Shaberu glisse sur les planches de la scène, se positionnant face à l’actrice sur le lit. Il emploie l’attaque Hypnose pour forcer le sommeil de la Galifeu. Celle-ci endormie, un nouveau ricanement surgit, plus puissant que le précédent. L’obscurité revient en maître dans le dôme.

« Un sommeil non réparateur enferme de plus en plus la victime dans l’obscurité. Elle devient plus vulnérable. »

La scène redevient visible pour le public, mais seulement grâce à un projecteur placé derrière le mur positionné vers la fenêtre, donnant l’impression que l’extérieur de la chambre est très lumineux, mais que l’intérieur ne l’est pas. Le Rocabot revient sur scène, passant derrière le mur. Il saute à la fenêtre, essayant d’attirer l’attention de son amie avec laquelle il veut jouer. Hane se trouve dans son lit, cachée sous les couvertures. Elle a apporté le journal avec elle, le dissimulant pendant la noirceur. Ōkami insiste. Les spectateurs peuvent le voir apparaître à quelques reprises dans la fenêtre. Il finit par aboyer, mais rien n’y fait, la Galifeu ne bouge pas. Un instant plus tard, le chien marche lentement vers la sortie de la scène, s’arrêtant pour regarder derrière lui. Il continue son chemin la tête basse. La créature de types sol et spectre en est ravie, il s’approche du bord du lit, désireux d’observer les réactions de sa proie. Les couvertures bougent, puis la tête de l’oiseau en sort. « Il est déjà parti... Il m’abandonne. Je savais que je n’avais plus de valeur pour lui. Comme tous les autres, il se moque de moi et de mon état... » Hane s’extirpe de son lit avec des gestes lents qui témoignent de son flagrant manque de motivation. Une fois debout, elle s’avance, n’ayant visiblement pas remarqué son bourreau. La Galifeu est repliée sur elle-même. « Je n’en peux plus d’être dans le noir. Pourquoi personne ne m’écoute ? Je leur dis que je n’en peux plus... Ils s’en fichent. » Ses bras se croisent contre son poitrail; nouveau geste qui se veut réconfortant envers elle-même. Cependant, le Bacabouh ne rate pas sa chance. Il lance une attaque Tourbi-Sable des plus efficaces, parfaite représentation des ravages que les pensées persistantes peuvent faire sur la durée. Piégée dans le tourbillon, la pauvre victime ne peut qu’attendre que ça passe, seule et dans le silence. La souffrance est longue...

L’attaque prend fin et Hane s’écroule au sol. Noir.

« Souvent, les proches réalisent tardivement l’existence du monstre sous le lit. L’obscurité présente dans le cœur de sa victime est déjà forte et bien ancrée. »

Un temps mort a été imposé après la scène, avant que le coordinateur prenne la parole dans son micro, toujours depuis les coulisses. Il adopte une voix neutre qui contraste avec le message véhiculé en plus d’une articulation lente. De nouveaux sons d’éraflures sont survenus pendant l’obscurité. Les lumières au bord de la scène s’allument, mais seulement une sur deux, en comparaison à la première fois que celles-ci ont été employées. C’est plus terne, plus laid. Le décor a subi de nouveaux assauts : une seconde affiche y est passée, le mur se voit marqué d’une nouvelle griffure. Les ombres s’imposent dans la petite pièce improvisée. Hane est repliée au pied de son lit, ayant son journal à côté d’elle, qu’elle a pu sortir d’entre les draps. Ceux-ci sont placés n’importe comment. Leur propriétaire n’a plus aucun égard pour le ménage, même si le regard des autres a encore de la valeur. Quand la Galifeu voit le Rocabot arriver, son dos se redresse légèrement. Néanmoins, elle n’a pas plus de réactions, loin de celles qu’elle aurait eues au tout début de cette prestation. Ōkami s’approche, puis d’un signe de la tête il espère que son amie le suivra, qu’elle jouera avec lui. Lui non plus n’est pas joyeux. Il voit que quelque chose cloche. Cela se confirme quand l’oiseau se contente de lui montrer un visage qui arbore une fausse joie, avant de finalement baisser la tête, amorphe. Les blessures de la précédente attaque sont évidentes. Shaberu est plus que satisfait de ce résultat et il se montre, surprenant le chien qui recule d’un pas. La malveillance de l’obscurité est évidente, c’est quelque chose que le Rocabot peut sentir. Il gronde donc pour paraître plus imposant. Il en faut bien plus pour impressionner le monstre sous le lit. Il reste donc stoïque face au Pokémon canin. Ce dernier charge la créature spectre, ce qui n’a aucun effet... Un nouveau ricanement s’élève, bien plus diabolique que les précédents. L’obscurité est forte. Et le noir se fait sur la scène. Un temps passe, permettant aux Pokémon de quitter la scène.

« Il n’y a que la victime de l’obscurité qui peut la vaincre. Si elle y parvient... »

Un projecteur envoie un texte sur le mur, texte écrit en noir projeté sur une lumière blanche.

When did I become so cold and so numb?
To the hope in my mind, to the fire drowning inside.

There’s a snake in my mind, spitting venom and lies.
It runs through my veins, paralyzed by the pain.
I’m at the end of my rope, as it’s placed around my throat...


Les lettres sont écrites à la main, comme s’il s’agissait d’une page du précieux journal de la victime de l’obscurité. Il y a des notes de musique gribouillées autour, suggérant qu’il s’agit de paroles tirées d’une chanson. Les mots sont laissés assez longtemps pour permettre aux spectateurs de lire puis brusquement, l’image projetée change. L’espace d’une seconde, les personnes présentes dans la salle pourront voir une corde de pendu teinte en rouge.

Tout s’arrête. Le noir revient. L’obscurité gagne.

Fin de la prestation

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Coordinateur Johto

C-GEAR
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Région : Johto
Dim 17 Sep - 4:01
Un nouveau concours... La nouvelle était parvenue aux oreilles d'Adrix presque par hasard alors qu'il lisait son journal d'un air morne. Cela faisait bien longtemps qu'il n'était plus remonté sur scène, une éternité même. La vie l'avait éloigné du feu des projecteurs. Pourtant, malgré ses efforts, il ne parvenait pas à laisser totalement derrière lui sa passion du spectacle. Et puis ce thème... Comment aurait-il pu ne pas tenter sa chance quand le destin lui tendait à ce point la main ? Il était peut-être temps. Temps de reprendre sa vie trop longtemps délaissée en main et de briller à nouveau. Peu importait les résultats, les braises de sa fierté d'artiste ne pouvaient refuser ce souffle venu les ranimer.

----

Une fois n’étant pas coutume, les lumières de la salle s’était tues, plongeant la scène entière dans une douce obscurité. Le silence n’était interrompu que par les chuchotements de la foule, pareils aux bruissements du vent caressant le feuillage d’un arbre. Au gré des prestations, leurs yeux avaient eu tout le temps de s’habituer au noir et les quelques indicateurs lumineux encore visibles n’étaient plus tant une gêne qu’un détail vite oublié. L’atmosphère était tout pour une telle thématique et le public semblait enclin à jouer le jeu.
Et puis soudain, un bruit. Le son caractéristique d’une allumette reproduit en écho par les hauts parleurs. Les murmures se fondirent dans le néant alors qu’une petite flamme venait transpercer les ténèbres, dansant quelques secondes dans les airs avec de grands arcs avant de venir se poser comme un oiseau sur la mèche d’une bougie. Son visage souriant éclairé par la flammèche vacillante, Adrix venait de faire son apparition, baigné dans la lueur chaude. Qu’il s’était langui de ces brefs instants où la foule le découvre, le cœur débordant d’une avide excitation pour les choses à venir.

-Bien le bonjour chers spectateurs ! Aujourd’hui encore, je viens vous offrir une histoire. Un conte que l’on adressait jadis aux enfants ayant peur du noir. Remontons donc ensembles les aiguilles du temps. Car le récit que je réserve se déroule il y a fort longtemps. Avant les villes, avant les hommes et les Pokémons, seul brillait… le soleil !

Tout à coup, un puissant éclat vint balayer celui de la bougie, se déplaçant à toute vitesse. La pièce toute entière s’illumina de mille feux. Epona la Ponyta tournait autour de la piste ensablée, laissant derrière elle une traînée enflammée couleur rubis. La jeune pouliche se déplaçait avec grâce, dessinant une couronne incandescente dont la chaleur venait chatouiller le public. De son dresseur, qui se tenait là un instant plus tôt, il ne restait plus aucune trace. Pourtant ce fut belle et bien sa voix chantante qui repris depuis son abri.

-Des éons durant, sa lueur fut l’unique merveille à décorer le ciel. De sa chaleur germait la vie tandis qu’il baignait le monde d’une lumière douce comme le miel. Mais un jour, Arceus, dans son immense sagesse, décida que l’astre ne serait plus seul.


Une douce musique s’éleva dans la pièce. Loin de la course furieuse de la beauté équestre, une petite silhouette chancelante se fraya un chemin vers la piste, surgissant d’une des dernières zones d’ombres. C’était le Gringolem dont la démarche chancelante rappelait celle d’un enfant en train de réaliser ses premiers pas. Il semblait intimidé, presque terrifié par les flammes qu’il s’approchait pour toucher du bout des doigts, fasciné qu’il était par leur brillance. Adrix croyait en Sebastien plus que quiconque. Le malheureux avait toujours été trop timide pour oser devenir le centre de l’attention, mais sa fragilité presque palpable malgré son apparence rocailleuse était ici un atout.

-Façonnée à partir d’un diamant et d’une goutte de rosée, la jeune Lune, depuis toujours, suivait la trace de son aîné. Fascinée par sa beauté, envoûtée par sa grâce, elle désirait le toucher, ou mieux, lui parler.

Mais alors que la main de pierre s’apprêtait à effleurer le brasier, celui-ci commença à s’éteindre, se dérobant à son toucher. Il continua d’avancer, mais jamais le feu ne le laissait approcher. Les projecteurs diminuèrent tandis que dans sa course frustrée le golem mécanique replongeait la salle dans l’obscurité, éteignant la fournaise un peu plus à chaque pas.

-Mais ce ne pouvait savoir la jeune demoiselle, c’est que les ténèbres marchaient avec elle. Partout où elle se rendait, l’obscurité suivait, avalant la lumière et tous ses bienfaits. La Lune ne laissait dans son sillage qu’un ciel noir de jais.

Grigolem commença à prendre de la vitesse, tendant les bras en avant d’un air triste. Mais ses efforts étaient vains. Epona était bien trop rapide pour se laisser rattraper. Pendant près d’une minute, ils continuèrent ainsi, la traînée de feu dévorée par les ténèbres fur et à mesure qu’elle était créé. Au gré du passage des deux pokémons, l’éclairage variait pour représenter le passage des jours.

-Terrifiée par la noirceur glacée qui l’accompagnait, elle pourchassait les flammes. Elle enviait leur chaleur, se languissait de leur éclat. Mais surtout, elle espérait que leur caresse puisse guérir son âme. Car si la Lune avait peur, plus que tout, elle se sentait seule. Là où le Soleil ne connaissait qu’adoration, au passage de la Lune, humains et pokémons se réfugiaient dans leurs maisons. La nature même se taisait à son arrivée, endormie par le voile d’ombre qui chaque fois se posait.

Gringolem commençait à se fatiguer. Son avancée se fit graduellement plus lente et plus lourde, jusqu’à ce qu’il trébuche dans le sable... Et ne refuse de s’en relever. Il restait là, prostré sur le sol à gémir tandis qu’Epona le distançait. L’obscurité commença doucement à l’engloutir, faisant fi des projecteurs. C’était comme si des dizaines de minuscules créatures noires l’escaladaient les unes après les autres.

-Un triste jour, la Lune en eut assez. Son fardeau était trop lourd à porter. Jamais personne ne serait son ami. Plutôt que d’affronter l’éternité isolée, elle préférait disparaître ici.

Mais le Soleil, qui avait remarqué cet arrêt soudain, décida pour la première fois de sa vie de revenir sur ses pas.

Ponyta était en effet revenue en arrière, arrêtant sa course pour la première fois du spectacle pour venir se positionner au côté de Gringolem qui leva vers elle un regard où se lisait la confusion. Ce fut une nouvelle voix qui prit la place de celle d’Adrix. Une voix plus rauque et masculine qu’il avait probablement empruntée à Soshi. La pouliche remuait la tête pour mimer une action de parole.


-Qui es-tu, toi qui sans cesse dévore ma lumière ? Pourquoi me pourchasses-tu ? Ne vois –tu donc pas tous ces mortels, effrayés par tes ténèbres ?

Une voix fluette pris le pas, celle de Tika dont le jeu d’acteur approximatif laissait transparaître l’hésitation qu’Adrix désirait. Il avait fallu lui forcer la main pour qu’elle joue les doubleuses, mais cela en valait la peine. La petite touche de frustration agacée dans son timbre de voix était d’ailleurs du plus bel effet.

-J… Je suis la Lune et je n’ai jamais voulu effrayer qui que ce soit. L’obscurité me suit partout où je vais mais tout ce que je désire, c’est un ami. Je voulais te connaître, mais tu es bien trop rapide.

La jument gratta le sol de son sabot, soulevant un petit nuage de sable. Elle bombait le torse, flattée par ce compliment sur sa vitesse.

-La course est pas ma raison d’être, je ne peux stopper la pour personne petite Lune. Mais je compatis à ta solitude. Toi qui comme moi vis bien au-delà des nuages, je vais t’offrir un présent en signe d’amitié.

Ponyta fit mine d’arracher une flammèche de sa queue qu’elle déposa au pied du Gringolem chassant les ténèbres autour de lui. Il s’agissait en vérité d’un combustible dissimulé sous le sable, mais cela personne n’avait besoin de le savoir. La soit disante « Lune » commença à se redresser, observant avec fascination ce présent unique qui venait maintenant décorer sa nuit.

-Avec toi je partage mes flammes, pour que jamais tu ne te sentes à nouveau abandonnée. Par sa lumière, les ombres seront chassées et les mortels en seront rassurés.

-C’est… C’est fantastique ! Merci pour cet inestimable cadeau ! Mais, Soleil, nous reverrons nous ?

-Je t’en offrirai une nouvelle chaque fois que ma course croisera la tienne. Alors continue de courir petite Lune, car il n’existe pas pour nous plus grand bonheur.

Sur ces paroles, Epona reprit sa course là de plus belle, laissant Sebastien ramasser la flammèche avec une délicatesse presque religieuse. Le Ponyta disparu dans les coulisses, concentrant toute l’attention des spectateurs sur le Gringolem, désormais éclairé de la même façon que l’était son dresseur durant l’ouverture. Les ténèbres étaient toujours partout autour de lui, oppressantes, mais la lueur vaillante du fragment de Soleil les maintenait à distance. L’on pouvait presque sentir la chaleur de cette petite flamme et le coordinateur ne put que remercier le ciel que son petit protégé dispose de mimines de pierre.
Alors qu’Adrix reprenait la parole, des dizaines de minuscules brasiers apparurent les unes après les autres en lévitation dans les airs, transformant l’obscurité de la pièce en un grandiose ciel étoilé tourbillonnant autour du dernier acteur encore en piste.

-Le Soleil tint parole et leurs rencontres devinrent les éclipses qui continuent encore à ce jour. La Lune décora son voile d’ombre des cadeaux de son aîné, façonnant les étoiles, brillantes comme des joyaux. Plus jamais la petite Lune ne se sentit seule, car elle savait désormais qu’un ami l’attendait au bout de sa sempiternelle course. Depuis lors, les nuits sont belles et sûre et c’est en toute quiétude que nous pouvons nous reposer sous l’œil bienveillant de l’astre lunaire.

Epona réapparut sur la scène comme une fulgurante traînée rougeoyante sur laquelle Gringolem s’empressa de grimper. Les deux acteurs exécutèrent un dernier tour de piste, passant près des gradins pour remercier leur public de leur attention. Sebastien jetait des paillettes dans les airs, lesquelles rythmaient le rallumage progressif des projecteurs.

Le temps d’un clignement de paupière plus tard, Adrix avait repris sa place au milieu de la piste, profitant de la diversion de son duo d’artiste. Son Ectoplasma se tenait à ses côtés, joignant la petite troupe pour un ultime salut à la foule.

-Merci pour votre attention, cher public. Et à bientôt je l’espère, pour une nouvelle histoire !

Coulisses:
 



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