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» La belle n'est jamais sage


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Dresseur Alola

C-GEAR
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Mar 18 Juil - 13:12

La belle n'est jamais sage



L’injustice, c’était de laisser son peuple mourir de faim et chopper la crève sous les ponts lors des nuits d’hiver. C’était de regarder les gens se taper les uns sur les autres afin de remporter une pièce ou de les voir se voler sans remords pour survivre. Cette société avait été fondée pour les riches et personne ne manifesterait jamais dans les rues pour faire changer les règles du jeu. Les gens se contentaient de l’accepter comme une fatalité et aucun homme ne criait au nom des idiots incapables de se conformer aux normes sociales. Vous étiez des perdants. Sur le grand échiquier de la vie, vous étiez les pions : les sacrifices sans pouvoir, aucun. Et personne ne jouait sur les mots lorsqu’il était temps de vous le faire comprendre.

« Reviens ici ! » D’un mouvement paniqué, tu rejetas ta tête vers l’arrière afin d’admirer la progression de l’homme qui te talonnait. Son âge avancé et la forme proéminente de son ventre ne changeait apparemment en rien ses capacités physiques. Bien au contraire, l’adrénaline lui donnait des ailes et à chaque pas que tu effectuais, lui avait le pouvoir d’en faire deux. Ça sentait mauvais, très mauvais. Malgré tout, tes doigts se refermèrent davantage autour de la pomme dérobée quelques secondes plus tôt. Il était trop tard pour faire machine arrière désormais. Même si tu te retournais subitement pour lui lancer l’objet de sa convoitise, l’homme te considérerait malgré tout comme une ennemie et ne te laisserait pas t’en sortir à si bon compte. En l’espace d’une dizaine de secondes, tu venais d’allonger une liste déjà longue d’opposants incapables de sentir ton existence.

Quelle surprise.

Tu condamnais pourtant les vols tout comme tu condamnais les meurtres. Tu abhorrais chaque homme et chaque femme incapable de gagner sa vie honnêtement, toi la première. Tu étais née pour ça. Conditionnée à défendre ce que tu considérais être juste... Et malgré tout, la faim avait gagné son combat contre la raison. Depuis ton arrivée à Ekaeka, tu n’avais rien mangé qui méritait d’être nommé et tu ressentais jusqu’aux plus profond de tes tripes l’instinct de survie qui reprenait le dessus. L’homme était un animal et seule la faim justifiait tous les moyens. Après tout, si tu venais à mourir le ventre vide, qui changerait le monde ?

Décidée à semer ton adversaire, tu transféras dans tes jambes toute l’énergie qu’il te restait. Tu pouvais bien te fendre les ligaments et te déchirer les muscles : l’essentiel se résumait à la victoire. Si cet homme venait à te rattraper, tu passerais un mauvais quart d’heure contre lequel tu ne pourrais protester, car tu le méritais amplement. Ta seule chance de salut se résumait donc à la fuite, aussi lâche et risible cela puisse être. C’est qu’elle brillait Savannah. « Je… Je suis vraiment désolée ! » Tu n’avais rien contre cet homme et tu voulais qu’il le sache. C’était par acquis de bonne conscience seulement parce que, en soit, tes maigres excuses ne valaient pas le prix d’une pomme. Surtout quand on était marchand… Et pauvre, tout comme toi. Imperceptiblement ton cœur se serra. Tu étais fatiguée de combattre les honnêtes gens. Fatiguée de mener les mauvaises guerres contre tes semblables. Ce n’était pas censé se passer comme ça.

Prenant une grande inspiration afin d’éviter les désagréables surprises d’un mauvais apport en oxygène, tu entrepris de tourner dans une ruelle étroite à peine éclairée par la lueur crépusculaire du soleil. Tu y étais presque. Le chemin liant deux rues principales était étroit et parsemé de cadavres de poubelles attendant l’arrivée prochaine d’un cornèbre pour y faire le ménage, mais tu pus t’y faufiler sans peines et misères. D’un sourire confiant, tu attrapas l’un des cylindres métalliques que tu lanças sur le chemin de ton poursuivant. Avec un peu de chance, l’effet de surprise serait la même que dans les films et tu pourrais le distancer avec plus de facilité.

Mais ça, ça n’arrive bien entendu que dans les films.

Voyant ton poursuivant enjamber la poubelle sans même ralentir sa course, tu sens un frisson d’horreur traverser ta colonne. Ce mec n’avait rien de mieux à faire ? Il avait un stand de fruits et légumes à tenir à l’entrée de la ville et il préférait tout abandonner pour poursuivre une dangereuse criminelle ayant osé lui dérober une pomme ? Les priorités des uns et des autres étaient parfois d’exacts opposés. Tu ne pouvais pas comprendre ce genre de comportement complètement irrationnel. Et pourtant, dans l’art d’être irrationnelle tu étais passée maître. « Reviens ici ! J’ai fait la guerre moi ! Tu ne t’en sortiras pas comme ça ! » Un ancien soldat ? Avec ce gabarit ? Mais quelle reconversion douteuse. En temps normal, tu te serais volontiers arrêtée pour lui dire ta façon de penser et lui glisser ton opinion intransigeante sur la guerre, mais tu avais clairement mieux à faire et te faire rétamer n’était pas dans tes plans de la journée. De toute manière, tu étais presque arrivée à destination. Il te fallait seulement franchir la centaine de mètres restante entre toi et ton fort, après quoi tout irait bien. À condition que ton poursuivant ne te retrouve pas. Ce qui arriverait immanquablement si tu ne détournais pas son attention.

Dans un élan désespéré, tu retiras ton pull à toute vitesse. Les films t’inspiraient des idées franchement peu convaincantes, mais tu gardais espoir de donner raison au cinéma… Au moins une fois. Si l’industrie pouvait donner un sens aux films unysien, peut-être envisagerais-tu de les regarder avec un œil moins critique à l’avenir. Mais d’ici-là, la trahison de la poubelle pèsera lourd sur ta conscience.

Admirant au loin la silhouette de la résidence recherchée, tu te composas un sourire. C’était maintenant ou jamais qu’il fallait te débarrasser de ce vieux quadragénaire et tu ne manquas pas de le lui faire savoir lorsque, d’un mouvement précis, tu lui jetas ton pull en plein visage. Ce que tu n’avais pas prévu, et qui projetas sitôt la balle dans ton camp, c’était le passage d’un étudiant entre vous deux et la collision qui s’en suivit. Tu venais de perdre ton pull, mais tu avais gagné la guerre. C’était un sacrifice nécessaire.

T’avançant vers la résidence universitaire, tu montas les marches quatre à quatre jusqu’à l’étage indiqué puis t’avanças vers la bonne porte, non sans un regard pour ton environnement. Il ne semblait pas t’avoir retrouvé… Pour le moment. Subtilement, tu soufflas puis saisit entre tes doigts une poignée que tu t’empressas de tourner afin de pénétrer à l’intérieur de l’appartement. L’adrénaline avait fait son chemin, le stress grimpait toujours en flèche le long de ta colonne et le respect était une denrée rare. « C’est moi ! » Personne ne t’attendait. « J’espère que tu n’attendais personne pour le repas ? » Auquel cas, il risquait d’y avoir un problème. Sans attendre que le propriétaire proteste, tu t’avanças machinalement vers la fenêtre la plus proche afin de jette un œil à la progression de ton adversaire du jour. Qu’il possède ton pull risquait de te causer problème, mais tu doutais que les flics se mettraient à ta recherche avec si peu de preuves. « Parce que tes plans viennent de changer… » murmuras-tu dans ta barbe. Tu allais prendre cher.


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C-GEAR
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Mar 18 Juil - 13:38
Bienvenue au Fort Tartard !
N'oubliez pas de respecter les consignes de sécurité élémentaires lors des épreuves pour ne pas vous blesser ; la chasse aux clés d'or peut aussi parfois être salissante, alors faites également attention aux vêtements que vous portez !
Si vous avez la moindre question, vous pouvez vous adresser aux points d'informations disséminés autour du Fort.

Vous pouvez donc commencer à lancer le dé pour votre premier défi, amusez-vous bien !


avatar © Raïtoku Seigi.
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Dresseur Alola

C-GEAR
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Dim 23 Juil - 20:43
___La soirée d'Océan s'annonçait d'une tranquillité à toute épreuve. Peut-être même un peu trop dans sa vie enflammée ; le bar où il chantait fermé pour la semaine, la répétition de théâtre annulée à cause d’une grippe de la comédienne principale, aucun shooting photo, et pas la moindre personne à accompagner dans une nuit de déchéance et de dépravation. Même Kàrma, décidé à vivre hors de sa pokéball au point qu’Océan avait abandonné le combat, restait tranquille, lovée dans le coussin sur lequel il avait élu domicile dès son arrivée ici. Le silence entourait l’étudiant, ponctué par les seuls babillages endormis du Brindibou. C’était le calme plat, sans la moindre vague.
___Après une douche si longue qu’il en vida le réservoir d’eau chaude, Océan ressortit de la salle de bain pour s’asseoir devant son ordinateur, une simple serviette nouée autour de la taille. Ses longs cheveux de jais encore mouillés guidaient les gouttes les plus audacieuses jusqu’à son dos ou son torse sans qu’il n’y prête attention. La musique de son portable tout juste coupée, déjà il en mettait une autre qui vint résonner doucement dans le petit studio étudiant. Il n’avait pas à vérifier l’heure, pour une fois, afin de s’assurer qu’aucun voisin ne viendrait protester, que ce soit à sa porte, dans sa boite aux lettres ou à l’accueil. Il avait déjà dû changer de résidence deux fois à cause de tels problèmes ; mais ce soir, il n’élevait guère le volume, comme instinctivement conscient de la rareté précieuse d’une telle tranquillité.
___Très vite, sa voix vint rejoindre les notes de la chanteuse, les dépassa, les effaça. Il s’appropria la chanson, la fit sienne, l’imprégna de sa propre essence sans la moindre difficulté. C’était ainsi qu’il faisait, pour chacune des musiques qu’il s’accordait. Chaque note devenait ses notes, chaque nuance prenait les couleurs qu’il souhaitait leur donner. Il n’interprétait pas, il récréait. Il vivait chaque harmonie et chaque vibrato. Il les vivait comme lui seul pouvait les vivre. Ce n’était pas sa maîtrise qui lui permettait de se produire et de vendre sa voix sur scène face aux publics de divers bars. C’était cet élan de vie qui dansait tel un feu follet dans chacune de ses notes et illuminait le monde de lumières aux teintes vives. Une ode au plaisir et à la vie, à l’aide de deux seules cordes vocales, et d’une ardeur sauvage.
___Les paroles qui parcouraient ses lèvres et son être vibrant à travers la pièce, il attrapa un carnet dans l’un des tiroirs de son bureau, ainsi qu’un des stylo jonchant ce dernier. Au-dessus d’une nouvelle page vierge, l’air absent, les paroles prenant une allure plus machinale, il laissa son stylo suspendu. Quelques instants. Puis son regard s’acéra, et la pointe s’élança sur le papier.
___Il ne disait plus rien. La musique elle-même lui semblait si lointaine et si basse. Douce et tendre, légère et fragile. Les mots qui se dévoilaient sur la feuille blanche au fur et à mesure de ses mouvements assurés étaient forts et solides. Puissants, mordants. Farouches.
___Lorsque son ventre cria famine, un peu plus tard, déjà deux pages étaient noircies. Océan s’étira en jetant un coup d’œil par-dessus son épaule. Kàrma dormait toujours sur son oreiller, dans une position qui semblait tout sauf agréable, une aile trainant sur le sol, l’autre à moitié repliée contre lui, le bec enfoncé dans le tissu sous lui. Son dresseur haussa un sourcil, circonspect. Peut-être qu’à force de rouler dans tous les sens, le pokémon avait perdu le peu de lumière qu’il possédait. S’il en avait un jour possédé.
___Son stylo posé dans le carnet à la page ouverte, Océan rejoignit son placard pour le sonder quelques instants, peu enthousiaste à l’idée de préparer quelque chose.
___Il n’eut pas à hésiter longtemps.
___Dans son dos, il entendit quelqu’un ouvrir la porte d’entrée. Surpris, il se retourna. Son regard se posa sur une rousse aux longs cheveux, essoufflée, habillée légèrement, tendue, qui s’annonça avec détachement. Savannah.
___Finalement, sa soirée n'allait peut-être pas se révéler aussi calme que prévu.
___Océan s’appuya contre le plan de travail tandis que la jeune femme s’imposa chez lui en une question rhétorique suite à laquelle elle rejoignit la fenêtre la plus proche. Il la laissa faire. Après avoir refermé l’armoire en ne prenant que le paquet de sel, il en mit dans une casserole avec de l’eau chaude qu’il plaça sur des feux de sa cuisinière, puis il retourna sur son bureau pour fermer le cahier qui y trônait, et baissa la musique lorsqu’il ne parvint pas à comprendre ce que son invitée surprise ajouta. Finalement, il se rassit, tourné vers elle.
    « Non, personne. Et toi non plus, d’ailleurs. »

___Son affirmation aurait pu être un reproche, si un sourire en coin ne trahissait pas son amusement. Sa soirée était trop tranquille, et Océan était trop serein pour que la situation le contrarie de quelque manière que ce fût.
    « Qu'est-ce qui me vaut l’honneur de ta visite ? »

___Que celle-ci ne lui déplaise pas ne l’empêchait pas d’être animé d’une curiosité certaine. Elle ne lui avait pas envoyé un message, ne l’avait pas prévenu d’une quelconque façon, et ce n’était pas une habitude ; elle n’était ici que parce qu’elle connaissait déjà son adresse. D’un geste automatique il rangea le stylo abandonné seul sur son bureau, avant de retourner s’occuper de la préparation de son repas.
    « Tu restes manger ? »

___Son flegme n'avait d'égal que sa bonne humeur. En chemin, il jeta un nouveau coup d’œil au coin dans lequel se trouvait le coussin et Kàrma, qui semblait visiblement essayer de fusionner avec son lit de fortune.
___Il n’avait pas bougé d’une plume. Décidément. Il était peut-être sourd, en plus.


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C-GEAR
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Dim 23 Juil - 20:43
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Dresseur Alola

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Ven 28 Juil - 2:22

La belle n'est jamais sage



T’inviter dans la vie des gens sans aucune forme de respect n’était pas une coutume. Plus réservée et respectueuse de l’intimité de tes proches, tu te répétais sans cesse que tu exécrerais de revivre un débarquement aussi sauvage dans tes éphémère havres de paix. Trop souvent, tes nuits avaient été écourtées par le retour inattendu des propriétaires des lieux que tu squattais… Débarquant sans préavis comme un cheveu sur la soupe, ils venaient briser sans le moindre regret le peu de vie privée que tu étais parvenue à fonder dans un endroit qui ne t’était pas destiné et te dégageaient comme un animal à coup de hurlement ou d’insultes. À terme, tu avais compris l’importance d’un endroit sécuritaire dans lequel personne ne viendrait te déranger. Un endroit tout spécial rien qu’à toi, dans lequel aucun être humain sensé ne ferait irruption sans préavis. Malheureusement, tu n’avais pas trouvé cet endroit magique et cette prise de conscience ne t’empêchait visiblement pas d’aller et venir à ta guise chez certaines personnes.

Océan, en l’occurrence.

Autant être franc : si Océan n’avait pas été Océan, jamais tu n’aurais tourné la poignée de la porte sans d’abord toquer. Même le stress, ton grand ami en cette journée maudite, n’aurait pas été un argument suffisant pour justifier un tel manque de savoir vivre. Éclater sans retenue la bulle d’intimité d’un autre individu était un acte de barbarie impardonnable et il fallait être un véritable déchet pour s’abaisser à une telle invasion. Malheureusement pour lui, ton hôte renversait toutes les règles. Les mœurs et les coutumes n’étaient plus de mise lorsqu’il était question du jeune Caldin : il restructurait le jeu selon ses propres règles et indications. Toutes tes certitudes s’effondraient à son contact et ce n’était pas sans raison… Il dégageait quelque chose d’inconnu à la plupart des moutons tout autour de toi. Une sorte de liberté qui n’était pas accessible au commun des mortels. Fréquenter Océan, c’était s’infliger une coupure avec le quotidien, un dépaysement dans les règles de l’art.

Te penchant vers la vitre afin de mieux observer la scène qui se déroulait au pied de l’immeuble, tu lâchas un rictus satisfait lorsque le marchand fit demi-tour. Il n’aurait pas sa vengeance ce soir. Et de toute manière : chercher à se faire justice soi-même en poursuivant les innocents dans l’espoir de leur couper un doigt, c’était très antique comme manière de faire. Le modus operandi actuel aurait plutôt cautionné un coup de fil aux flics afin qu’ils t’embarquent pour la … cinquante-quatrième fois ou quelque chose dans le genre. Malheureusement, ses derniers espoirs venaient de tomber à l’eau. Ce soir, il devrait dormir avec une pomme en moins sur la conscience. C’était franchement une aubaine pour un estomac ne criant plus famine.

« Plusieurs choses… » Tu ne pouvais pas résumer les motivations derrière ta visite à un unique point. C’était plus compliqué que ça, beaucoup trop intéressé comme débarquement pour être aussi concis. « En commençant par lui. » Soupiras-tu en pointant ton index vers le marchand dont le dos disparaissait doucement à l’horizon. C’était terminé. Si tu fuyais désormais religieusement le quartier dans lequel il tenait son stand, alors plus rien de fâcheux n’était censé t’arriver… À condition que ta bonne étoile ne s’éteigne pas. Te retournant vers Océan, tu t’accotas contre le rebord de la vitre puis croisa les doigts en refermant tes doigts sur la pomme que tu venais de dérober. Tu n’étais pas arrivée ici par hasard. Tes pas ne t’avaient pas guidé jusqu’ici contre toutes attentes et ta présence n’était pas un mauvais coup du destin. Depuis ton arrivée à Ekaeka, tu avais une idée derrière la tête. Une idée qui n’avait aucun sens si ton vis-à-vis n’était pas de la partie. « Ça fait un moment qu’on ne s’est pas vu… Je me disais que je devais te manquer un peu. Je suis de passage dans la ville donc autant en profiter. » Mensonge. Même si votre dernière rencontre ne datait pas d’hier, tu n’étais cependant pas assez naïve pour croire que l’absence avait creusé le manque. Pas quand il s’agissait d’Océan. Pas quand il s’agissait de toi.

Te redressant, tu t’éloignas de la fenêtre pour t’avancer vers le centre de la pièce. Déjà, la certitude qui t’avait convaincue au moment de franchir la porte commençait à s’atténuer. Même si c’était lui dont il était question, ce n’était pas un gage que ta présence était désirée à tout heure du jour et de la nuit. Surtout lorsque tu débarquais sans préavis, aucun. Seule son invitation au repas te rassura. Tes traits se radoucirent, ton sourire se fit plus sincère et ton cœur cessa de se débattre comme un forcené. Il n’avait pas l’intention de te jeter dehors. En dépit de tes craintes et du stress qui grimpait, Océan ne projetait pas de te renvoyer sur le paillasson. « Avec plaisir ! Si tu peux me servir une portion gigantesque, ce serait vraiment génial. » Sans attendre d’y être invitée, tu tiras vers toi la première chaise à portée de main afin de t’y asseoir. Enfin, tes yeux purent détailler plus en profondeur ton hôte. Il n’avait pas changé. Même s’il était à moitié nu, Océan restait lui-même au demeurant. Toujours aussi attractif, toujours aussi agréable à admirer. Mais ça, tu te gardas bien de le lui préciser. Tu n’étais pas ce genre de fille. Pendant ton enfance, tu avais toujours été un garçon réservé qui ne complimentait ni les filles, ni les garçons. Les instants de gentillesse dégoulinantes de mièvreries ne te concernaient pas, comme si tu étais étranger aux marques d’affection ou de gentillesse. Une ex t’avait déjà largué pour cette raison… Vraisemblablement, tu n’étais pas assez démonstratif. Malheureusement, les choses n’avaient pas évolué à la naissance de Savannah. Tu étais fait ainsi, ce n’était pas une question de bien-être ou de confiance en soi.

« Dis… » Il fallait que tu demandes. « Tu as entendu parler des événements à Mauville ? » Tu aurais aussi bien pu parler d’un drame planétaire que du débarquement d’une célébrité internationale. Tu n’étais pas très claire dans tes propos et cela ne te ressemblait pas. « Le Fort Tar-machin-je-sais-plus-quoi. » Ramassant toute ton assurance, tu relevas la tête afin de croiser le regard métallique de ton hôte. Tu ne connaissais pas le nom précis de l’événement, tu l’avais trouvé beaucoup trop compliqué à garder en mémoire. La prononciation finale était donc plus qu’approximative, mais ça n’avait aucune importance. Tu savais qu’il comprendrait et, qu’au pire, il saurait lire entre les lignes. Mauville n’était pas la ville la plus animée du monde, une occasion de cette ampleur ne se présentait pas à toutes les années. « Je voudrais y aller demain histoire de relâcher la pression, tout ça... Et j’aimerais bien que tu viennes avec moi. Ça pourrait être marrant, tu crois pas ? » Gardant la tête haute, tu veillas à ne pas baisser les yeux devant lui. Tu avais l’habitude des compétitions et des guerres silencieuses. Pour toi, fuir le regard de l’autre était une marque de faiblesse et d’hésitation des plus disgracieuse. C’était la preuve claire et net que tu ne croyais pas en tes idées et que ça ne valait pas la peine de pousser plus loin.

C’était honteux. Pitoyable.


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Dresseur Alola

C-GEAR
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Mer 2 Aoû - 3:53
___L’attention d’Océan ne resta guère longtemps fixée sur la cuisinière vers laquelle il se dirigeait en premier lieu. Très vite, son regard se porta à nouveau sur Savannah, penchée à sa fenêtre. Apparemment satisfaite de ce qu’elle voyait, le profil qu’elle offrait au jeune homme lui suffisait pour lire les expressions de son visage. Curieux, il dévia de sa trajectoire d’un pas pour se rapprocher, juste assez pour voir un homme qui tournait les talons dans la rue parallèle à celle de l’entrée de sa résidence. Il haussa un sourcil. Pourquoi Savannah avait-elle le regard fixé sur lui ?
___Il n’eut pas à poser la question. Lorsque sa jeune femme expliqua les raisons de son inattendue présence, elle désigna l’inconnu disparu dans une autre rue comme la première. Cela n’était guère une explication, et n’avait aucun sens réel. Sauf lorsque l’on connaissait Savannah. Surtout lorsqu’on connaissait Savannah. Nulle question de la connaitre par cœur, ou de connaitre son passé. Il suffisait de l’avoir rencontré dans certaines circonstances, d’avoir vu sa fougue, son tempérament de feu et… son incontestable capacité à réussir à s’attirer les foudres de ceux souhaitant voir les lois et les règles respectés. Océan l’avait constaté de tes propres yeux, en direct, et il avait su dès ce jour que Savannah était particulière. Qu’elle ne connaissait ni demi-mesure, ni réel apaisement. Qu’une flamme la dévorait, et qu’elle dévorait le monde avec. Alors il n’avait pas besoin d’explication ; quoi qu’elle ait fait à cet homme, ce n’était qu’une personne de plus confronté au monde de Savannah. C’était loin d’effrayer Océan ; au contraire. Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres.
___Alors qu’il retournait vérifier où en était l’eau pour le diner du jour, la jeune femme lui donna une autre raison, dont la longueur trahissait le peu d’importance que revêtait finalement l’homme dans l’arrivée ici de la jeune femme. L’amusement s’allongea sur le visage d’Océan. Il n’a toujours pas la réelle cause, mais il avait la patience qu’il fallait pour attendre qu’elle se jette à l’eau. Et surtout, sa déclaration l’amusa. Ils savaient tout deux qu’il n’était pas question de manque. Océan était agréablement surpris de la voir, et elle n’était sans doute pas à la torture d’être là, mais vous saviez ce qu’il en était, et cela faisait rire le jeune homme.
    « Oh oui, tu me manquais horriblement. »

___Si elle ne le connaissait pas, elle pourrait croire au sérieux et à la sincérité qu’il a mis dans cette phrase, miroir à sa déclaration. Il joue. Comme durant chaque instant de sa vie, qui serait bien vide sans cela. Avec le même sérieux mais plus sincèrement, bien que la frontière soit difficile à distinguer, il ajouta :
    « C’est sympa que tu passes par ici. »

___Océan était peut-être libre de l’attachement et de l’affection eux-mêmes, ce n’était pas pour autant qu’il ne savait pas apprécier une bonne compagnie. Loin de là ; il était le premier à savoir reconnaitre ceux qui alourdirait son monde de leur présence, et ceux qui le rendrait plus palpitant.
___Lorsqu’il lui proposa à manger, Savannah accepta avec enthousiasme. Océan lui jeta un regard gentiment moqueur.
    « Tant que ça ? Tu t’étais mise au régime et tu regrettes ? »

___Il la laissa s’asseoir, versant les pates dans la casserole où bouillait l’eau. Il ne prit pas la peine de demander à son invitée surprise si cela lui convenait ; de toute façon, si elle venait à dire non, ce ne serait que tant pis pour elle. Océan ne s’adaptait pas aux autres. Il faisait ce qu’il voulait à l’instant où il le désirait, et les autres faisaient avec, ou sans.
___Finalement, elle l’interpella. Il posa les yeux sur elle, tandis qu’elle gardait la tête baissée. Elle lui parla de Mauville, avant d’affiner ses propos. Dans l’esprit d’Océan le lien se fit rapidement avec une émission télévisée qui passait l’autre soir en fond tandis qu’il répétait ses textes. Il avait vu des personnes confrontées à diverses épreuves, plus ou moins ridicules, plus ou moins intéressantes. Globalement, Océan avait trouvé cela distrayant, mais surtout, il s’était senti intrigué. L’aventure, c’était quelque chose qui lui parlait, les défis encore plus.
___Quand le regard de la jeune femme se plongea dans celui du jeune homme, il savait déjà ce qu’elle allait dire. Du moins, il avait bien compris l’idée, ce à quoi elle voulait en arriver. Seulement, il la laissa parler, il la laissa se débrouiller pour trouver les mots et l’assurance de lui proposer. Elle était là pour cela, après tout. C’était ça, la véritable raison. L’homme à l’extérieur avait sûrement donner un coup de pouce à sa venue. Du moins, c’était ce qu’en pensait Océan.
___Pendant un moment, il reste silencieux, observant Savannah en silence. Il y avait quelque chose de certain, de décidé en elle. Quelque chose qui rendait sa proposition d’autant plus intéressante. Après tout, qui dirait non à une si bonne compagnie pour une journée emplie de péril ? Il avait tout à y gagner.
    « Ça pourrait l’être oui. J’y songeais. »

___Bien sûr qu’il y songeait. Océan Caldin n’avait jamais réussi à être convaincu par qui que ce soit de faire quoi que ce soit. C’était seul qu’il était tenté, seul qu’il se décidait. Or, Savannah venait de lui offrir le dernier poids pour faire pencher la balance de son incertitude.
    « Alors je suis partant oui. Tu me paies le billet ? »

___Ce n’était qu’une blague, évidemment. Non pas qu'il aurait refusé, car Océan n’en avait que faire de prendre, mais car il savait qu’elle ne pouvait sûrement pas. Sauf si la jeune femme avait changé de mode de vie entre leur deux rencontres. Et ce n’était pas non plus une condition à sa participation, car il se paierait ce fameux billet sans mal. Surtout avec le pourboire que lui avait donné une femme, apparemment très satisfaite, la semaine précédente.
___Quittant sa cuisine quelques instants pour venir s’appuyer contre le mur proche, bras croisés contre sa poitrine, il observa Savannah avec intensité.
    « Je suppose que tu restes dormir ici alors ? »

___Le sous-entendu était évident et fort, avant même qu’il n’ajoute ce qui lui brûlait les lèvres.
    « Je n’ai qu’un lit tu sais. »

___Un sourire espiègle était accroché à ses lèvres. Malgré ses paroles, et malgré ce qu’il était, jamais il ne forcerait qui que ce soit, jamais il ne la forcerait. Ce n’était que des taquineries, que des mots pour aguicher la femme face à lui. Pourquoi s’en priverait-il ? Il était simplement honnête. Honnête car il n’avait réellement rien d’autre à offrir que son lit pour Savannah, mais aussi honnête car il ne s’était jamais caché lorsqu’une personne l’intéressait. Et la flamme qu’était Savannah l’intéressait. Elle l’intéressait comme beaucoup d’autres, mais à sa façon. Alors, oui, il aurait pu le présenter différemment, se montrer plus délicat.
___Mais Océan était Océan.


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Mer 2 Aoû - 3:53
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Dresseur Alola

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Dim 6 Aoû - 19:30

La belle n'est jamais sage



Océan était d’agréable compagnie, mais tu ne t’attachais plus aux gens de cette façon. Il y avait toujours un creux, un vide, entre tes semblables humains et toi-même. Déterminée à ne jamais perdre de vue la raison de ton existence, tu t’étais mis tes œillères afin de ne plus être distraite par les insignifiances du quotidien. Tu n’avais pas fait une croix définitive sur les relations humaines, bien au contraire, mais tu avais pris conscience que t’attacher significativement à quelqu’un était une faiblesse de plus que tu ne pouvais assumer. Ta vie était trop… différente pour que quelqu’un puisse entrer dans ton univers sans s’y effacer. Tu vivais dangereusement contre toutes règles et lois qui soit considéré contre aberrante et ce n’était pas une existence qui convenait à tout le monde. Tu ne voulais pas emporter quelqu’un dans ta guerre… Tu ne voulais pas d’un bras droit pour combattre à tes côtés et qui, fatalement, finirait par tomber pour toi. Une vie solitaire était une vie sécuritaire. Les sentiments profonds, ceux qui vous changent pour le mieux ou pour le pire, ceux qui bouleversent un quotidien, étaient un obstacle à tes combats.

Même si l’humour te poussait à tenir des discours incohérents, l’absence du noiraud n’avait pas creusé le manque et c’était un parfaitement partagé.

« Régime forcé, tu n’imagines pas à quel point c’est pénible. » rigolas-tu sur ta chaise. Remontant ton pied sur le siège pour déposer ta tête sur ton genou, tu fixas silencieusement le jeune homme. Momentanément, il parvenait à te faire oublier tous tes tracas et actes de bravoure des jours précédents. Pour l’instant, en sa présence, plus rien n’avait d’importance que lui, toi et votre petit projet. Après tout, ta visite à Ekaeka n’était pas le fruit du hasard. En bordure de la ville, à quelques kilomètres d’ici, il y avait un laboratoire qui pleurait et maudissait la perte d’une centaine de Pokémon libérés pendant la nuit. Tu savais de source sure que ton geste n’avait pas été étouffé et qu’il était encore à ce jour vivement critiqué par le capitalisme qui dirigeait cette ville. Tu le savais, parce que le lendemain de votre intervention, les médias s’étaient régalé du dossier et les réseaux sociaux avaient craché tantôt leur venin, tantôt leur support anonyme. Océan, tant qu’à lui, n’était que le niveau bonus au terme de cette épopée.

Tu espérais seulement qu’il n’allait pas t’imposer un refus catégorique. Tu étais convaincue que ton idée était excellente et qu’une journée loin d’ici, loin d’Alola, vous permettrait de mettre temporairement votre vie entre parenthèse. Votre quotidien avait beau être à votre image, à la hauteur de ce que vous étiez fondamentalement, une petite cassure avec la routine permettait parfois de souffler et de tout reprendre du bon pied. Du moins, tu tentais de t’en convaincre. La guerre attendra demain, comme on le disait si bien. « Je me doutais que ça t’intéresserait. » Autrement, tu ne l’aurais jamais proposé. Faire tout ce chemin avec un marchand aux baskets afin de se prendre un refus prémédité n’était pas dans les habitudes de la maison. Tu savais que si ça n’avait pas été Océan, alors il y aurait sans doute eu une autre personne à Ekaeka qui aurait été intéressé par ta petite proposition. Il était ton premier choix, mais définitivement pas ton dernier. Qu’il ne se fasse pas d’idées : Océan t’était aussi indispensable que l’eau l’était au feu. « Rêve toujours. Je prévoyais d’entrer dans le compartiment à bagages de l’avion, tu ne savais pas ? » Tu esquissas un sourire à la fois nargue et déridé. « Mais allez ! C’est ma tournée, je veux bien t’offrir le billet d’entrée du fort. Tu me connais après tout, j’ai le cœur sur la main. » Ça, c’était complètement faux. Il suffisait de connaître l’intensité du brasier en toi pour comprendre que la vie de Savannah n’était pas alimentée par la générosité. Ton quotidien était un combat et il n’y avait pas de place pour la gentillesse poussée à l’extrême. Tu étais là pour changer les choses à grand coup de boule de démolition. Le peaufinage et l’amélioration des mœurs était un travail qui ne t’appartenait pas. Tu ne faisais pas dans les détails. Il y avait des gens plus doux et moins brutaux qui réussissaient mieux que toi à changer les choses de l’intérieur, à coup d’actes de bonté qui t’étaient inconnus.

Le regardant s’éloigner de la cuisinière pour s’accoter sur un mur non loin de toi, le jeune homme croisa les bras contre sa poitrine en te fixant. Effectivement, tu ne comptais pas dormir à l’extérieur ce soir. S’il comptait effectivement t’accompagner à Johto, alors il valait mieux minimiser votre heure de rencontre au minimum le lendemain, non ? Tu savais toutefois que la question était rhétorique. Elle cachait quelque chose d’autre, quelque chose de si évident que tu ne pus empêcher ton sourire de gagner en expansion lorsqu’il développa enfin le fond de sa pensée.

Tu ne savais pas ce que Océan connaissait de toi. Les conditions de votre rencontre avaient d’ores et déjà posées les bases de vos "secrets" respectifs, mais de nombreuses zones d’ombre vous concernant continuaient de jeter une part de mystères sur vos êtres. L’inquiétude d’être mise à nue, au sens littéral autant que figuré, était omniprésente face à un tel commentaire, mais l’orgueil te refusait de baisser la tête devant lui. Il valait mieux entrer dans son jeu que de jouer les vierges effarouchées après tout. À l’époque de Lysandre, tu aurais sans doute saisie à deux mains l’opportunité qu’il t’offrait pour y prendre ton pied, mais la crainte que ton imperfection dégoûte les gens te bloquait depuis le début de ta transformation. Chaque jour était un rappel douloureux : tu n’étais pas encore totalement une femme. Tu ne l’étais qu’à moitié et tu n’avais désormais plus les moyens monétaires pour terminer ce qu’ils avaient commencé. Après tout, c’était ta mère qui s’était chargée de tout financer jusqu’à présent…

Repoussant ta chaise, tu te relevas avec grâce pour franchir en quelques pas la distance qui vous séparait. Dans ta poitrine, ton cœur s’acharnait à battre plus vite que de raison. Combien de fois avais-tu refuser de partager le lit de quelqu’un, ne serait-ce que pour dormir, par crainte que ton secret ne se trahisse ? Le corps des hommes était imprévisible et tu ne voulais pas souffrir d’un imprévu. Dormir dans le même lit qu’Océan était une source d’inquiétude infinie, mais aussi une délicieuse tentation contre laquelle les plus bas instincts ne pouvaient se dresser. T’arrêtant à quelques centimètres à peine du jeune homme, tu tendis un index dans sa direction puis déposa celui-ci contre son torse pour le laisser glisser le long de sa peau nue. « Quel message essaies-tu de me faire passer, Océan Caldin ? » Ton rictus avait changé. Il se voulait plus langoureux, plus entreprenant. Qu'est-ce que tu détestais cette imperfection qui t’empêchait d’agir à ta guise. Comme tu pouvais détester ce corps dégoûtant qui te privait des parenthèses que le monde t’offrait. « Serais-tu en train de me solliciter un paiement nature en réponse à ta grande générosité ? » Si ça n’avait pas été Océan, tu ne serais jamais entrée dans le jeu. Tu aurais claqué la porte sans plus de cérémonie et tu serais allé faire ta vierge effarouchée sous un autre pont.

Mais c’était Océan. Et Océan refaisait les règles du jeu selon ses propres conditions.


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Dim 20 Aoû - 2:02
___Océan laissa échapper un rire à l’évocation du régime forcée de son invitée du soir. Jamais il ne pourrait mener la vie qu’elle menait. Jamais il ne pourrait se lancer dans les combats dans lesquels elle se lançait. Il tenait bien trop à son confort, et la lutte pour des causes, aussi nobles soient-elles, ne valait pas de tel sacrifice. Le feu ardent de Savannah restait un mystère pour lui. Son confortable quotidien fait de légèreté et d’une liberté insolente était tel un océan calme et plat, dont seul le jeune homme lui-même faisait souffler le vent pour voir les vagues se former. Les éléments extérieurs n’étaient qu’extérieurs. Il les soumettait et les ignorait, là où Savannah les changeait et y intervenait. L’eau et le feu.
    « Je n’imagine pas non, c’est certain. »

___Il n’y a pas besoin de longs moment passés avec lui pour comprendre qu’Océan ne vivait que selon son bon vouloir. Savannah le savait sans doute, comme tous ceux ayant croisé le jeune homme. Alors elle comprendrait le sérieux derrière cette affirmation. Il n’imaginait pas, il ne pouvait pas même le faire. Océan n’était pas quelqu’un qui pouvait se mettre à la place de quelqu’un. Pas un instant il ne songea à la difficulté que cela devait être de passer du temps sans être capable de se nourrir, ou à devoir se rationner. Pas plus qu’il ne se demanda l’effet que tout cela pouvait faire. Sans la moindre pensée pour ce que la jeune femme devait subir, il mit sous l’eau la casserole vide, et posa à côté la passoire dans laquelle se trouvait désormais les pâtes. La pitié lui était un sentiment des plus inconnu.
___Une moue dubitative à peine affichée sur les traits fins de son visage, Océan tourna la tête vers la jeune femme lorsqu’elle lui affirma payer le billet. Il ne s’attendait pas à cette réponse. Du moins, pas celle concernant l’entrée du fort ; pour l’avion, c’était exactement le genre de réplique qu’il escomptait.
    « Tu me sembles bien généreuse. Mais puisque c’est si gentiment proposé, pourquoi refuser. »

___Ce n’était pas car il ne s’y attendait pas qu’il refuserait. Si elle ne souhaitait pas honorer son engagement, il n’en prendrait pas ombrage ; si elle comptait le faire, ce n’était que ça de gagné pour lui. Cependant, il doutait de cette soudaine générosité. Cela ne l’étonnerait guère qu’il y ait anguille sous roche. Sauf que cela lui importait bien assez peu pour qu’il ne cherche pas à le découvrir ; il verrait bien sur les lieux. L’aventure le tentait, il ne comptait pas faire marche arrière pour si peu.
    « Bonne chance pour le compartiment à bagage, je suis sincèrement désolé de ne pas t’y suivre. »

___Bien sûr qu’il n’avait rien de désolé.
___Son sourire ne quitta pas ses lèvres lorsqu’il s’appuya contre le mur, tout comme celui de Savannah s’allongea. L’amusement s’agita en Océan lorsque la jeune femme se leva pour réduire la distance qui les séparait, voisine d’une sensation moins inoffensive, moins pure. Les yeux imperceptiblement plissés, un coin de ses lèvres relevé, il ne la lâchait pas de son regard de cendre. L’index de Savannah qui glissa contre son torse en accentua l’éclat. C’était un jeu auquel l’étudiant se prêtait bien souvent, un jeu qu’il connaissait par cœur. L’aura qu’il dégageait semblait alors s’aiguiser, s’affiner. La réceptivité de son vis-à-vis le satisfaisait et le divertissait au plus au point.
___Il se pencha légèrement, juste assez pour que leur souffle se heurtent.
    « Et si je le faisais, quelle réponse offrirais-tu, Savannah Lucchese ? »

___Il s’avança encore, effaça l’infime distance qui les isolait. Furtivement, de manière infime, il effleura les lèvres de la jeune femme, avec flegme et détachement. Assez pour sentir la douceur de ses lèvres, trop peu pour quoi que ce soit d’autre. Puis il sourit, avant de s’écarter et de se tourner à nouveau vers le plan de travail pour leur servir le repas, avec un naturel déroutant. Il ne cherchait pas à expliquer ses gestes, à se justifier, vivait simplement ses envies telles qu’elles lui venaient. Il l’avait fait, car il en avait envie, car elle s’était trop approchée pour qu’elle l’accuse de briser des limites qu’elle avait déjà fissuré. Il n’y avait rien à comprendre, rien à ajouter. C’était Océan.
___Une fois sa tâche fini, il tendit l’une des assiettes à Savannah, parfaitement neutre et serein, avant d’aller lui-même s’asseoir à table , commençant à manger sans même l’attendre. Si seulement cela n’avait tenu qu’à son envie, il aurait bien continué à taquiner la jeune femme, mais chaque chose en son temps. Pour l’instant, son estomac réclamait famine au milieu de cette soirée des plus inattendue. Et puis, puisqu’elle resterait sans aucun doute ici pour le lendemain, et qu’ils resteraient ensemble pour la journée, il aurait bien l’occasion de le faire. Tout cela s’annonçait fort intéressant.
___Le repas fini, Océan se contenta de tout poser dans le lavabo, peu intéressé à l’idée de s’en occuper maintenant, avant de regarder la rouquine. Il glissa ses yeux sur elle, d’abord simplement pour examiner ses vêtements, puis très vite il s’attarda sur elle plus globalement, prenant le temps cette fois de l’observer. Depuis leur rencontre, il savait qu’elle ne lui était pas désagréable aux yeux, charmé autant par ses attraits féminins que par ce qu’elle dégageait. Parmi les femmes qu’il a pu côtoyer et voir, certaines l’avaient marqué par leur beauté, par la finesse de leurs traits, par l’harmonie de leur visage et de leur corps. Savannah ne ferait pas partie de celles-ci, il le savait bien. Pourtant, cela ne l’empêchait pas de la trouver à la fois intéressante et attirante. Tout ce qu’il lui fallait. Son examen terminé, un dernier regard appuyé sur ses habits, il plongea à nouveau l’acier de ses yeux dans l’océan d’émeraude de la jeune femme.
    « Tu as quelque chose pour dormir ? »

___Il pouvait lui prêter quelque chose, cela ne posait guère problème ; il avait même des vêtements féminins, qui lui iraient sans doute vu sa taille sensiblement semblable. Océan esquissa un sourire. Il ne savait pas tout sur Savannah, et il était indubitablement curieux. Seulement, il n’avait pas envie de la noyer sous les questions. Non pas par respect, ni par pudeur. Simplement car consumer le secret et effacer sa curiosité seraient du gâchis. Surtout par de simples questions. Océan aimait les jeux, il aimait le plaisir qu’il avait à taquiner, séduire, provoquer. Elle allait le réaliser, sans aucun doute, comme tous les autres.
___Un océan ou un brasier jouant avec le feu pouvaient-ils se brûler ?


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Mélodie E. Chevalier


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Dim 20 Aoû - 2:02
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