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» Pour vrai, c'est réel ?


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Coordinateur Alola

C-GEAR
Inscrit le : 07/02/2017
Messages : 259

Région : Alola
Dim 2 Juil - 17:28
Sortir d’Alola c’est toujours un peu... décevant. Jusqu’à présent, aucune des destinations visitées en dehors des îles n’a su en égaler une seule. Aujourd’hui ne fait pas exception à cette règle. Encore une idée douteuse d’Akimi, mais pourquoi ne pas te lancer sans attentes ? Ainsi, tu ne pourras pas être déçu. Puis, il faut bien admettre que la brochure te faisait aussi envie, même si un tel lieu te semble improbable. Plein de défis et d’épreuves en tout genre pour tous ? Qu’importe l’âge et le sexe ? Non, ça ne peut pas exister, mais comme t’es un mec hyper curieux, il faut que t’ailles voir par toi-même. Puis, c’est toujours fun de pouvoir balancer à Akimi qu’elle s’est trompée. Bref, après un voyage d’avion, vous voici à Johto, à Mauville, plus précisément. C’est la première fois que tu te rends à ce lieu, à ton souvenir. Par contre, on sait tous que tu peux pas t’fier à tes souvenirs, alors tu ne cherches pas plus loin. En tout cas, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a du monde par ici ! Bien que vous ayez pris le premier vol du matin (et c’était dur, oh que c’était dur de lever ta carcasse amorphe de ton lit pour ça...), c’est déjà bondé. Tu n’imagines pas plus tard dans la journée ou même les prochains jours. Parce qu’en prime, Akimi a cru bon de vous réserver un séjour. En tout cas, tu réalises qu’avec tout le peuple qu’il y a ici, c’est forcément que ta pote avait raison et que l’événement existe pour vrai. Dommage, il faudra trouver autre chose pour la narguer. Sans doute son manque de talent au cours des diverses épreuves. Ouais, mince consolation au fait que tu vas aussi devoir t’bouger l’cul. Mais t’as un esprit de compétition hors pair, donc tu n’t’en fais pas trop avec ça.

Pendant qu’il vous faut attendre en file pour passer, tu ne te gênes pas pour t’allumer une clope, sous le regard désapprobateur de bien des personnes autour de vous. T’en as rien à foutre des gens qui jugent et qui sont mécontents. Tu n’passeras pas ton besoin en dernier pour leur petit confort. T’as tout de même un minimum de bon sens pour faire gaffe à la direction du vent et pour ne pas cracher la fumée secondaire sur des passants. « J’vais t’montrer que je suis plus forte que toi ! J’ai hâte de t’voir dans ces défis ! » S’il y en a une de motivée ici, c’est bien Akimi. Elle t’a cassé les oreilles durant tout le trajet, t’empêchant presque de dormir (ouais, presque, parce que tu lui as limite dormi dessus à un moment, n’écoutant plus du tout ce qu’elle te racontait) et elle continue maintenant. Par contre, cette fois, un sourire mesquin vient étirer tes lèvres. « Dans tes rêves. » Tu ne comptes pas perdre, surtout pas face à elle. « Tu verras Ryu ! » Tu n’insistes pas plus, la laissant dans son délire. La jeune femme checke le dépliant des activités et défis qui seront proposés à Fort Tartard, une fois que vous serez entrés. Pendant ce temps, elle ne te parle plus vraiment, mais elle finit par rompre le silence d’une brutale façon après quelques minutes, à tel point que des gens autour de vous sursautent. Mais pas toi, t’es constamment trop distrait. T’as l’habitude. « Guette notre place, j’vais nous chercher des boissons ! Ça sera encore plus marrant comme ça. » Elle n’a pas tort, c’est vrai. « Ouais ok. » À nouveau, vous vous prenez des regards désapprobateurs, sauf que ça ne t’affecte pas non plus.

Les minutes défilent ensuite. Comme d’habitude, t’es distrait, tu regardes partout, tu te mets aussi à parler avec d’autres personnes dans la file. Sans t’en rendre compte, tu finis par te faire dépasser et même par entrer dans une autre file pour un second guichet d’admission. C’est tout à fait ton genre de bêtise... Akimi est censée t’retrouver comment maintenant ? Bref, ça ne t’effleure même pas l’esprit. Non, puisque tu entends que les personnes devant toi ont un souci. De toute évidence, les groupes impairs ça ne fonctionne pas. Il n’en faut pas plus pour que t’ouvres la bouche, sans gêne. « J’suis seul, si ça vous dit. » Il ne reste plus qu’à voir quelle réaction auront ses gens face à toi, face à ton style particulier, sans parler de l’odeur de cigarette qui ne doit pas être complètement partie. Pour l’instant, tu ne mentionnes pas avoir paumé ta pote, ce qui est un peu con. Il te faudra bien la chercher, non ?



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PNJ

C-GEAR
Inscrit le : 08/09/2013
Messages : 2263

Dim 2 Juil - 17:32
Bienvenue au Fort Tartard !
N'oubliez pas de respecter les consignes de sécurité élémentaires lors des épreuves pour ne pas vous blesser ; la chasse aux clés d'or peut aussi parfois être salissante, alors faites également attention aux vêtements que vous portez !
Si vous avez la moindre question, vous pouvez vous adresser aux points d'informations disséminés autour du Fort.

Vous pouvez donc commencer à lancer le dé pour votre premier défi, amusez-vous bien !


avatar © Raïtoku Seigi.
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Eleveur Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 18/09/2013
Messages : 958

Région : Kantô
Lun 3 Juil - 22:40
...Et Hatori est d'accord pour participer ? Dans le téléphone rivé à mon oreille, je crus entendre la voix lointaine de mon cousin médecin qui assénait « Certainement pas », mais les exclamations de Shiguré la couvrirent immédiatement.
Bien sûr ! Il est justement en congé la semaine prochaine, c'est l'occasion ou jamais d'en profiter ! Il faut que vous veniez ! C'est le genre de choses qu'on ne fait qu'une fois dans sa vie, et en plus, ils disent qu'on peut s'aider de nos Pokémon pour les épreuves ! Maintenant que vous êtes des pros !
Mais Hatori et toi n'avez pas de Pokémon ? J'entendis un rire dans le téléphone.
Aaah, Hatori ne t'a pas dit ? Et tu m'en prêteras un ! Allez, venez ! Ça va te rappeler le voyage scolaire à Cimetronelle !
...Bon, c'est d'accord ! me décidai-je enfin, mon enthousiasme grandi par le souvenir de l'épisode que Shiguré me rappelait.
Yeah, super ! Rendez-vous samedi matin devant la gare alors, je te redirai pour l'heure ! On va vous battre à plate couture pour la chasse aux clefs !
N'en rêve même pas, chéri ! répondis-je avant de raccrocher.

Lorsque Miné revint, j'étais en train de chercher sur Internet des informations au sujet de ce « Fort Tartard » dont Shiguré m'avait tant parlé. Si l'idée l'emballa au début, elle se rembrunit en apprenant que l'animation n'aurait lieu qu'à partir du week-end suivant. « On avait dit à Karin qu'on ne la laisserait seule que pour trois jours. Elle vient à peine d'arriver chez nous, on ne peut pas se permettre de lui laisser la charge de la boutique plus longtemps », déclara-t-elle, avant d'ajouter qu'elle avait également un rendez-vous le surlendemain à Jadielle qu'elle ne pouvait reporter. Cela faisait deux jours que nous étions à Johto pour affaires et l'animation à laquelle mon cousin m'avait convaincu de participer avait justement lieu dans cette région, à Mauville, plus précisément, si bien que j'avais dans l'idée d'allonger simplement notre séjour d'une semaine ; mais il était vrai qu'avec une boutique et une pension à gérer, prendre des vacances imprévues n'était pas si facile. Nous discutâmes un moment, car je déplorais la possibilité de participer à une telle activité sans mon amie alors que cela aurait pu nous offrir un week-end si sympathique, mais il me fallut bien me ranger à son sens du devoir : elle rentrerait au Bourg Palette tandis que je resterais à Johto pour participer au Fort Tartard avec Shiguré et Hatori. Je ne chômerais cependant pas les prochains jours, car Miné et moi réfléchirions à nos dernières commandes par écrans interposés et je profiterais d'être à Johto pour acheter quelques objets et accessoires Pokémon introuvables chez nous. Je continuai finalement ma recherche d'informations, pour en découvrir assez peu sur le Fort, les organisateurs ayant apparemment voulu laisser la surprise sur le contenu réel de ses pièces, mais suffisamment pour me faire douter d'avoir pris la bonne décision en acceptant la proposition de Shiguré. "Bains de boue", "machines infernales", "boulets géants (véritables ou métaphoriques)"... Qu'est-ce que cela pouvait bien être, un "boulet géant métaphorique" ? Enfin, si une épreuve me paraissait trop indigne de moi, de toute façon, nul ne pourrait m'obliger à la réaliser ! Et puis, je serais avec Shiguré et Hatori ! J'aimais chaque moment passé en leur compagnie, cette sortie ne pourrait qu'en faire partie !

Le château apparu à Mauville était immense et la file d'attente au guichet l'était tout autant. Plusieurs dizaines de groupes d'adolescents braillards, de quarantenaires sportifs ou de jeunes adultes comme nous patientaient en parlant fort, montrant leurs muscles et s'échangeant des pokéballs tandis que ceux qui parvenaient à décrocher le ticket d'entrée passaient de l'autre côté des barrières pour ouvrir une porte et ne reparaissaient plus. Accompagné, comme toujours, de Cécilia et abrité du grand soleil par une ombrelle, j'avais retrouvé mes cousins à l'endroit prévu et cela faisait désormais une demi-heure que nous patientions, en échangeant les dernières nouvelles et en plaisantant. L'enthousiasme de Shiguré était communicatif et cela m'avait fait tout drôle de voir arriver Hatori en baskets et jogging, lui qui ne portait la plupart du temps que des costumes ; mais j'avais moi-même tout oublié des appréhensions qui avaient pu m'effleurer. Je portais une chemise mauve en tissu léger, un pantalon souple et une paire de tennis, ainsi que mon sac à bandoulière habituel. Comme promis, j'avais prêté une pokéball à Shiguré : celle du crapaud à pustules que m'avait offert, il y a maintenant un moment, Hatori. Ce dernier ne voulut pas encore me dire pourquoi il n'avait pas besoin de mon aide.

La terrible désillusion eut lieu lorsque la guichetière nous annonça que l'on ne pouvait participer que deux par deux. Si j'avais décidé de venir, c'était pour passer du temps avec Shiguré et Hatori, pas pour que l'un de nous se retrouve séparé des autres ! « Je suis désolée, mais je ne peux vraiment pas vous faire passer à trois », s'excusait la guichetière. Après un moment de flottement, Shiguré prit Hatori par le bras : « Bah, c'est dommage mais c'est pas très grave, j'vais y aller avec Hatori vu que c'est le moins motivé et tu vas trouver quelqu'un, Akichi ! Comme ça, on pourra concourir les uns contre les autres comme on avait prévu au début ! » Si seulement Miné avait pu venir ! « Si je m'inscris avec Cécilia, ça ne compte pas pour deux ? » demandai-je, au désespoir. « Je suis vraiment désolée, mais les Pokémon ne comptent pas comme des participants à part entière... »

Ce fut alors qu'une voix inconnue jaillit parmi les nôtres. « J'suis seul, si ça vous dit. » Une voix un peu rauque. Un jeune homme avait surgi parmi nous, grand, l'allure sportive, l'air nonchalant, la tête couverte d'éclatants cheveux longs et roux. Ce furent ces cheveux que je fixai pendant les premières secondes, béat, la bouche entrouverte. Jusqu'à ce que j'entende la voix de Shiguré annoncer :

Bon, ben alors tout est réglé ! Allez viens, Toto, on va s'dépêcher d'récupérer les clefs ! On se retrouve à la buvette pour le goûter, Akichi !
Attendez ! m'exclamai-je.
À tout à l'heure mon chériiii !

Et sur cette note humoristique qu'il jugeait sans doute très bien choisie, Shiguré disparut derrière la fameuse porte avec Hatori qui lui rappelait d'arrêter de le surnommer "Toto". De mon côté, je restai figé, les bras ballants, pendant quelques instants. Je me retournai ensuite vers le jeune homme qui était intervenu dans notre discussion, désireux de lui demander son nom ou ce qu'il faisait là ; mais mon attention se retrouva à nouveau entièrement absorbée par son étonnante chevelure, longue et fabuleusement rousse d'un côté, brune et rasée en de mystérieux motifs de l'autre, et je ne pus que m'exclamer :

Vous avez des cheveux magnifiques !
Bon, alors vous vous mettez ensemble, c'est réglé ? fit la guichetière, penchée sur un formulaire qu'elle avait apparemment une certaine hâte à remplir. Équipe 61. Je vous inscris sous quel nom ?
...Sous quel nom ? répétai-je, ne comprenant pas.

La guichetière attendit un instant, puis elle reposa les yeux sur sa feuille en déclarant :

"Les Chevelus", allez. Votre ticket ; c'est la porte de derrière. Suivant !

Et je me retrouvai propulsé de l'autre côté d'une lourde porte, en compagnie de ma chère Cécilia mais aussi d'un jeune homme dont je ne connaissais même pas l'identité et qui, certes, avec des cheveux exceptionnels, mais empestait la cigarette. « Attendez ! » m'écriai-je une dernière fois ; mais c'était avec un temps de retard, car j'étais déjà de l'autre côté.



~ abl pension ~ solo ~ duo ~ trio ~ duo pension ~ fort tartard ~ merveilleuses aventures ! ~
(signa Elisa - DC Ada Freimann & Kestrel Manori)
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Admin

C-GEAR
Inscrit le : 19/08/2013
Messages : 6875

Lun 3 Juil - 22:40
Le membre 'Akichi Sôma' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'[ETE] Dé Phi' :


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Coordinateur Alola

C-GEAR
Inscrit le : 07/02/2017
Messages : 259

Région : Alola
Mar 4 Juil - 5:50
Heureusement, tu n’es pas du tout l’genre de personne qui se soucie de l’avis des autres. T’interviens quand t’en as envie et si ça ne plaît pas, tant pis. Ça ne t’affecte pas. Au moins, c’est une bonne façon d’avoir des préoccupations en moins. Ça n’est pas comme si on pouvait réellement faire quoi que ce soit face à la perception des autres sur nous-mêmes. Donc, cette fois n’y échappe pas et tant qu’à t’être retrouvé seul malgré toi, aussi bien en profiter pour connaître une nouvelle personne. Ton intervention apporte un moment de silence pendant lequel t’es observé. Ce moment-là est bien souvent décisif. Soit on te laisse t’inclure, soit on te rejette. Il n’y a pas souvent dans la demi-mesure. En tout cas, le type — ou c’est peut-être une fille, mais il te semble que la voix était trop grave pour ça — te fixe les cheveux, un air béat au visage. C’est bien la première fois que ça arrive, mais avant que t’aies pu dire quoi que ce soit, un de ses amis intervient, déterminant son duo. Tant que t’as pas à traîner de force l’autre mec, être avec n’importe qui t’convient. T’es franchement pas difficile et toute occasion de rencontrer d’autres humains uniques en leur genre est bonne à prendre. En tout cas, le type aux longs cheveux blancs n’a pas l’air spécialement emballé par l’idée de ses potes, mais il n’a pas vraiment le temps de répliquer qu’il s’retrouve avec toi. C’est une situation un peu stupide là... « Si ça t’dérange, c’pas grave. Il y a sûrement d’autres personnes seules. » T’es même pas sûr qu’il t’ait écouté. En tout cas, il se tourne de nouveau vers toi, fixant encore tes cheveux. Là, tu l’trouves un tantinet étrange, et plus quand le compliment retentit. C’pas tous les jours qu’on complimente quelqu’un sur ses cheveux.

T’aurais au moins voulu répondre, mais la guichetière te prend de vitesse. Ainsi, elle vous inscrit ensemble sans même avoir vos noms ou quoi. Elle vous attribue juste un numéro d’équipe et vous demande un nom. Comme tu ne connais absolument pas ton partenaire, t’ignores quoi proposer. D’habitude, ton imagination est plutôt fertile, sauf que c’pas simple dans de telles circonstances. En tout cas, la femme n’a pas l’temps d’niaiser, comme on dit. Elle vous attribue l’nom « Les Chevelus » et il vous faut passer de l’autre côté. Fuck les protestations. Bah de toute façon, t’es pas l’genre à en faire pour ça, mais l’autre par contre gueule une ultime tentative. T’en serais presque vexé, si t’accordais la moindre importance à son avis sur ta petite personne nonchalante au pas possible. Au moins, tu sais t’mettre en action quand il est question de condition physique. Ton corps ne s’entretient pas tout seul, surtout pas avec le rythme de vie et toutes les dégueulasseries que tu lui imposes (la drogue, c’pas bien).

Maintenant que vous êtes entrés, il faudrait bien faire un peu plus connaissance avant de vous lancer dans des épreuves toutes plus farfelues les unes que les autres. « C’t’un bon surnom pour nous, avec nos cheveux. » Tu tentes une approche plutôt neutre pour le moment. Parfois, t’arrives à être très déroutant et il ne faudrait pas l’effrayer dès le départ. Non, gardons-lui un peu de surprise et de mystère te concernant. « Et si on doit s’lancer dans la boue ensemble, ça dérange qu’on s’tutoie ? » Parce que bon, t’es pas un vieux et l’respect, tu connais pas. Du moins, pas de cette façon. Pour toi, le vouvoiement c’est pour les machins en marchette qui ont vu naître les ordinateurs. Clairement pas d’ton âge. Maintenant, c’est le temps pour les présentations. « J’m’appelle Ryu, et toi ? » La subtilité, c’est de t’en souvenir (même si bon, ta mémoire te joue rarement des tours le jour même). Parce qu’ici, tu ne peux pas t’fier à ton portable pour prendre des notes. Il n’aimerait pas trop se retrouver dans la flotte ou dans la boue. Et perdre toutes tes notes serait inadmissible. Ouais, faudrait qu’tu songes à un moyen de faire des sauvegardes. Ces appareils, ils peuvent lâcher à tout instant, ces traîtres.

Pas l’temps de plus que d’apprendre le prénom de ton nouvel ami qu’un responsable d’activité vous attrape. C’est que les gens ici ne sont absolument pas gênés et qu’ils ne connaissent pas la notion d’intimité. Bah, vous f'rez connaissance pendant les épreuves au pire. Tu t’en fous un peu. Il n’y a pas grand-chose qui t’dérange dans la vie. « Venez par ici ! J’ai le défi idéal pour vous ! » En fait, il ne vous laisse pas vraiment l’occasion de répondre qu’il se pose entre vous deux, mettant à chacun une main dans le dos pour vous inciter (presque contraindre, en vrai) à le suivre. « Je vous présente les rouli-rouleaux ! Parfait pour se rafraîchir. » Et il rigole. Ah ouais, direct dans la piscine quoi. « J’présume qu’on n’a pas vraiment l’choix ? » Tu poses la question, mais l’mec te pousse presque vers ladite piscine dans laquelle il y a les trois rouleaux. Une voix enregistrée démarre alors, vous expliquant les règles du jeu pendant que le type chiant repart à la chasse à d’autres participants. De quoi être paumé. Mais comme t’es un mec qui n’a pas froid aux yeux, tu t’lances à pied joint. Et pas à moitié, excusez-le.

« Bah, tant qu’à faire, on va essayer celui-là. Ça n’a pas l’air trop difficile. » T’espères que l’eau n’est pas trop pleine de chlore. Il ne faudrait pas que tes cheveux décolorent. « Tu surveilles mes trucs ? J’le ferai pour les tiens après. » Ça n’a pas dit si vous deviez vous lancer en même temps ou non, alors t’as présumé que non. Sans la moindre gêne, tu retires ton haut et le balances par terre à côté de lui. Désormais torse nu, montrant ta musculature dont t’es pas mal fier, tu vides tes poches, mettant tes clopes ainsi que ton portable à l’abri. Et voilà, sans te formaliser de la réaction que peut avoir ton partenaire du jour, tu t’lances dans le défi. Avec un peu de chance, tu pourrais avoir d’autres sortes d’amusement le soir venu, qui sait ? Cette idée te donne un peu plus de motivation pour passer le premier rouleau. Le but, c’est de ne pas tomber l’eau. Pas si simple, parce que le rouleau de l’enfer veut te faire tomber, lui. Il tourne et il tourne et il tourne encore, pas facile d’être en équilibre là-dessus, surtout à cause du matériel dans lequel il est confectionné, sans parler que des gens mouillés sont passés dessus avant toi. C’est assez surprenant de te voir agir, personne ne s’attend à ce qu’un mec aussi nonchalant qu’toi puisse avoir de tes réflexes et une rapidité de mouvement. Ouais, quand tu daignes t’mettre en action, c’est la transformation. En tout cas, t’es trop orgueilleux pour finir à l’eau dès le premier truc, alors tu parviens à te lancer sur le second rouleau. Il faut maintenant avancer dessus, mais surtout rester debout pour atteindre le troisième et dernier. Il y a un moment pendant lequel tu dois avoir l’air franchement idiot, car tu passes près de perdre l’équilibre, battant des bras dans tous les sens pour ne pas foutre le camp à l’eau, mais t’arrives à te redresser l’dos et à continuer ta route. Reprendre maintenant du début ne t’intéresse pas du tout. La plateforme est à portée de main (de pied ?), alors il te faut continuer encore un peu pour y parvenir !

Déstabilisé, tu te jettes en avant dans l’espoir de l’atteindre, la plateforme. Ton souhait se concrétise, mais t’arrives à plein ventre dessus, dans un gros pouf sonore. T’en as presque le souffle coupé. Tout fier et plein d’orgueil, tu ne tardes pas à t’redresser. « Hey, j’ai réussi ! » Bam, premier défi en poche pour toi. T’as bien hâte de voir ce que ton partenaire improvisé parviendra à faire. Mais t’es surtout curieux de savoir s’il daignera faire comme toi...



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Eleveur Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 18/09/2013
Messages : 958

Région : Kantô
Mer 5 Juil - 16:46
Je me retrouvais donc en binôme avec un inconnu, seul dans un lieu inconnu et promis à des défis inconnus au sujet desquels le prospectus ne disait pas grand chose, mais suffisamment pour me faire ressentir une légère... appréhension, tout à fait naturelle lorsque l'on se trouve au beau milieu d'une situation qu'on ne maîtrise absolument pas. Pour le moment, cependant, tout mon désarroi restait rivé sur le fait que Shiguré et Hatori m'avaient brusquement quitté et que je me retrouvais à devoir faire avec ce jeune homme pour compagnon, jeune homme que je n'avais pas encore examiné de près, mais que je n'aurais probablement pas choisi si cela n'avait tenu qu'à moi car je réalisais à présent qu'il sentait la cigarette. Rien de moins engageant qu'une odeur de tabac froid. Heureusement que Cécilia, elle, était toujours avec moi !

Le jeune homme parlait, d'ailleurs. Je tournai la tête vers lui, un peu hagard : il s'adressait à moi, et faisait une réflexion au sujet d'un surnom. ...Ah oui. "Les Chevelus". Le surnom que la guichetière avait donné à notre équipe. Parce que lui et moi, cet après-midi, nous formions une équipe. « ...En même temps, la plupart des gens ont des cheveux », répondis-je, ne saisissant pas la logique contenue dans son commentaire – s'il en contenait une. « Et Cécilia n'en a pas », ajoutai-je après un coup d'œil vers ma Togetic. L'inconnu aux cheveux roux suggéra ensuite que nous nous tutoyions, « si on devait s'lancer dans la boue ensemble ». À l'entente du mot « boue », je clignai des yeux. Mais oui, c'était vrai, le prospectus aussi en parlait : « bains de boue ». Le garçon ne me paraissait pas plus vieux que moi et si, à la boutique et à la pension, je vouvoyais systématiquement les clients, j'avais le reste du temps plutôt tendance à tutoyer mes cadets : la proposition m'arrangeait donc, et je préférais que nous n'attendions pas de nous jeter dans la boue pour la mettre en œuvre puisque je comptais bien éviter ce genre de situation. « Non, ça ne me dérange pas. Tutoyons-nous », répondis-je donc, avant de sortir une petite boîte que je gardais toujours dans mon sac et d'y piocher un bonbon, dans l'espoir que l'arôme fruité couvrirait la mauvaise odeur de tabac. « Je m'appelle Akichi, et voici Cécilia. »

Je m'apprêtais à ajouter quelque chose, comme lui faire remarquer qu'il sentait la cigarette ou lui demander si sa couleur de cheveux était naturelle, quand nous nous fîmes brusquement frapper dans le dos par un homme en tee-shirt coloré. Je n'eus même pas la possibilité de protester car des exclamations me coupaient déjà la parole, lancées à un tel volume que ni Ryu ni moi ne pouvions rien répondre. Nous fûmes entraînés vers la bordure d'une piscine, tandis que l'énergumène, probablement un employé des lieux, braillait que ce défi « idéal pour nous » s'intitulait « les rouli-rouleaux », avant de nous laisser en plan et sous les ordres d'un haut-parleur pour aller s'occuper d'un autre binôme un peu plus loin. Le haut-parleur nous souhaita la bienvenue au Fort Tartard et nous expliqua le fonctionnement des lieux. Chaque défi réalisé nous permettait d'obtenir une clef qui ouvrait la ou les portes suivantes ; le but était de collecter le plus de clefs possibles pour participer au tirage au sort final et obtenir des récompenses. Nous pouvions interrompre notre parcours à tout moment et le reprendre à notre gré, en conservant bien sûr les clefs déjà obtenues. Le Fort devait finalement ressembler à un gigantesque labyrinthe, chaque pièce correspondant à un défi et ouvrant sur plusieurs autres. Plusieurs portes étaient d'ailleurs visibles à l'autre bout de la grande salle où nous étions actuellement ; mais une piscine nous en séparait.

Et c'était donc la première épreuve, celle des "rouli-rouleaux". Une piscine au-dessus de laquelle se trouvaient trois espèces de boudins rouges, larges et apparemment recouverts de caoutchouc, qui devaient permettre de passer de l'autre côté sans se mouiller mais ne cessaient de tourner sur eux-mêmes, rendant la tâche bien plus ardue qu'elle n'aurait pu l'être. J'entendis Ryu demander si on avait le choix : « ...On peut peut-être passer sur les côtés ? » hasardai-je d'une petite voix. Mais je ne dus pas être entendu, car mon compagnon du jour retirait déjà son tee-shirt et sortait ses affaires de ses poches avant de me les fourrer dans les bras et de... sauter sur le premier rouleau, sans plus de façons, tandis que tout ce que je pus faire, de mon côté, fut de reculer d'un pas. Il était harmonieusement musclé, il arborait un large tatouage, et il sautait d'un rouleau à l'autre comme un Cabriolaine en battant parfois des bras dans l'air pour retrouver son équilibre, mais en évitant toujours de tomber à l'eau. Finalement, il atteignit l'autre côté tout aussi sec que lorsqu'il s'était élancé et je compris que – un regard autour de moi me le confirma – c'était désormais à mon tour de tenter de le défi.

Je ne savais que faire des affaires que le jeune homme m'avait confiées, mais je repérai un petit tapis roulant à côté de la piscine et, faisant signe à Ryu pour m'assurer qu'il me regardait, j'y déposai le tout ainsi que mon sac à bandoulière. Cécilia les accompagna en voletant jusqu'à l'autre rive : le jeune homme et elle me faisaient à présent face, mais un obstacle difficile à ignorer me séparait d'eux. Je pris une grande inspiration. Il était hors de question que j'enlève ma chemise, tant pis si elle finissait mouillée dès ce premier défi. Mais il ne devait pas être bien compliqué de faire un sans faute. Après tout, le jeune homme était passé comme un chef ; pourquoi lui et pas moi ? J'inspirai une dernière fois, puis je pris mon élan et bondis sur le premier rouleau.

Je n'ai jamais été un grand sportif. Enfant, j'étais dispensé d'EPS en raison de ma constitution fragile et même au lycée, j'échappais à la plupart des cours. C'est surtout avec mes amis qu'il m'est arrivé de faire du sport : Shiguré aime bien m'entraîner pour un tennis ou un badminton et je fais parfois du jogging avec Miné. Mais la majeure partie du temps, je trouve le sport fatiguant, salissant (on transpirait) et ennuyeux. Le début de l'épreuve se passa pourtant plutôt bien. J'eus l'impression de pédaler dans le vide en courant sur le premier rouleau pour ne pas me laisser dépasser par sa rotation, puis je fermai les yeux et sautai sur le second, animé du désir de faire aussi bien que celui qui m'avait précédé. Ce second saut se fit sans encombres ; je faillis perdre l'équilibre en atterrissant sur le boudin, dont la surface de caoutchouc rouge vif et mouillée paraissait n'avoir été choisie que pour nous faire glisser (et c'était d'ailleurs bien le cas), mais des moulinets de mes bras me permirent de rester debout et je fixai mon attention sur le troisième rouleau. Il n'y avait pas moyen de reprendre son souffle ici, mais j'en étais déjà à la moitié de l'épreuve et le bord de la piscine, où se trouvaient Cécilia et Ryu, paraissait ne plus attendre que moi. Je me concentrai pour mon avant-dernier bond et... « Ah ! » J'eus à peine le temps de pousser un bref cri que je m'écrasais contre le boudin rouge et tombais dans la piscine. Ma tête jaillit de l'eau et je pris une grande inspiration, avant de battre des pieds comme je le pouvais avec des tennis pour rallier au plus vite le bord. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, je m'agrippais à la terre ferme et reprenais mon souffle. Puis, je m’arrachai de l'eau, puisant ma force dans ma confusion, et je restai quelques instants debout, sur le bord de la piscine, les cheveux et les vêtements tout dégoulinants. « C'est ce caoutchouc qui a été mal prévu, il est déjà tout mouillé, il faudrait des ventouses pour tenir là-dessus ! » m'exclamai-je ensuite à l'adresse de Ryu, d'une voix où la rage couvrait l'embarras. Mécontent de moi-même, ou du défi, je n'aurais su le dire, je revins à grand pas vers le début de l'épreuve. Cette fois, mes sourcils étaient froncés, j'étais en colère de ne pas avoir réussi le défi du premier coup, et je m'élançai sans plus attendre.

Passer les rouleaux ne fut pas forcément plus facile qu'au premier essai mais cette fois, je savais comment m'y prendre, et je calculai mieux ma trajectoire pour l'avant-dernier saut. Je ne m'interrompis jamais et lorsque je bondis pour la dernière fois, je sentis que mes pieds se posaient trop au bord de la dernière plateforme et que mon corps allait être entraîné vers l'arrière ; mais je me donnai un dernier élan et je basculai en avant, jusqu'à tomber à quatre pattes sur le sol. Alors, je me relevai et je dressai mon poing en l'air en regardant Ryu, m'exclamant : « J'ai réussi ! » avec un grand sourire heureux.

J'étais certes trempé, j'avais pris un coup dans le ventre et j'avais bien cru, une seconde, que j'allais me noyer, mais la joie de la victoire m'avait tout fait oublier de ces petits échecs qui l'avaient précédée. « Félicitations, vous avez réussi le défi des rouli-rouleaux ! Voici votre première clef d'or », annonça l'un des organisateurs qui s'approchait de nous en nous tendant un anneau de métal garni d'une unique clef dorée. Je m'en saisis et la montrai à Ryu en annonçant : « On va en gagner le plus possible pour battre mes amis ! » Mon enthousiasme était retrouvé.



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Ven 14 Juil - 2:30
Ta tentative d’approche n’a pas trop fonctionné, dommage pour toi. Tu te contentes donc de hausser les épaules, n’étant pas plus vexé que ça de la réponse que t’obtiens. Puis, ton regard glisse sur son Pokémon. Ah ouais, vous avez l’droit de les avoir avec vous, mais les tiens risquent d’être un peu plus gênant pour vos déplacements et dans les épreuves. Ils ne serviront pas vraiment, que tu t’dis. Ça n’empêche pas de passer aux présentations et un hochement de tête agrémenté d’un « enchanté », vous voici prêts pour la suite.

En tout cas, prêts ou pas on vous impose de l’être. Vous êtes tous les deux impuissants face à cet employé bien trop motivé par son travail. Ainsi, vous vous trouvez devant l’immense piscine accompagnée de ses obstacles personnels, obstacles que vous devez franchir avec brio, dans le temps imparti, afin de cueillir votre première clé. Tes iris verts s’attardent sur tout ce qui se trouve autour, détaillant les lieux. Ça te semble compliqué et s’il faut retenir le chemin par lequel vous passez, il ne faut surtout pas compter sur toi. Ton sens de l’orientation laisse beaucoup trop à désirer pour ça. Au pire, tu compteras sur ton portable si Akichi est comme toi. Ça serait vraiment une malchance en tout cas. Et un sacré hasard. Bref, t’es l’premier à tenter ta chance dans le défi et ça se passe bien, même si ton orgueil de mâle en prend un coup à la fin. Savourant ta victoire, tu fais signe à ton nouvel ami de s’élancer à son tour. Il peut te rendre tes affaires grâce à ce tapis roulant que t’avais pas remarqué au début. Typique. Pour les prochains, tu f'ras gaffe, si t’y penses. Mais maintenant, c’est l’temps d’observer ton équipier à l’œuvre. Dommage qu’il ne retire aucun de ses vêtements... T’es pas un voyeur, mais t’apprécies toujours de relooker un peu, juste un peu, quand t’en as l’occasion. Peut-être plus tard, qui sait ? Ça aurait pu maintenant, puisqu’il tombe à l’eau. Tu ne peux t’empêcher de pouffer de rire, sauf qu’il n’aura rien vu, étant dans la flotte à ce moment. Quand Aikichi revient sur le bord, tu l’écoutes, étant tout de même étonné de l’entendre être si frustré pour une épreuve. Comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences. T’en es aussi la preuve. Qui aurait cru en te voyant aussi nonchalant que t’avais du nerf et de bons réflexes ?

« Ouais, c’prévu pour qu’on glisse. D’solé que tu sois tombé. » D’un autre côté, t’as beau t’excuser, c’est idiot parce que c’est en rien de ta faute. Même le fait que vous ayez accepté ce défi ne l’est pas. Vous y avez été poussés. En tout cas, Akichi retente l’épreuve en ayant une froide détermination cette fois. Tu t’dis qu’il a vraiment mal pris d’échoué cette première fois, ce que tu peux tout de même comprendre. Tu risques d’être pareil, mais cet état ne reste jamais plus longtemps qu’une ou deux minutes. T’es trop concentré sur le présent pour ruminer des heures durant. Bref, son attitude est payante parce que cette fois, il parvient de l’autre côté de la piscine, te rejoignant ainsi que son Pokémon. Quand il t’exprime sa joie d’avoir réussi, tu lui présentes ta main pour un high five. Reste plus qu’à voir s’il le fera ou si t’auras l’air idiot. Et puis, t'en profite pour glisser ton regard sur lui, maintenant que ses vêtements lui collent à la peau. La suite s’enchaîne rapidement, le type responsable de l’activité vous remet une clé. Ah oui, l’but est d’en ramasser le plus possible. D’ailleurs, Akichi est dans cet état d’esprit. T’aimes bien la compétition alors t’embarques sans problème. « J’veux bien battre ma pote aussi. Je l’ai perdu de vue à l’entrée. » Et tu dis ça comme si ce n’était pas grave, comme si tout allait bien. Décidément, t’es un spécimen rare, Ryu.

Tu ramasses tes choses et remets en place ton vêtement. « T’es ok pour continuer tout de suite ? J’irais bien par là. » Il a dû se sécher minimalement pendant que tu t’occupais de tes affaires. Maintenant, il vous faut progresser dans ce labyrinthe et tu pointes une direction. Pour avancer, d’autres défis vous attendent. Elles peuvent être de toutes sortes, de tout genre : physique ou intellectuelle. Quelque chose te dit que ton partenaire préfère les secondes. Pour ta part, ça dépend. Et justement, tandis qu’un nouveau message automatique vous accueille dans cette nouvelle salle, dévoilant le défi, ta moue blasée habituelle devient encore plus évidente. Ça ne te plaît pas du tout. Vous êtes invités à vous approcher d’une table sur laquelle il y a des formes en bois. Sur lesdites formes sont peinturés des dessins. Il y a un mec qui se tient droit comme un piquet de l’autre côté de la table, il ne dit absolument rien. Ton regard glisse bien vite sur lui, t’attardant sur les formes. C’est une chance, parce que le but de l’épreuve est de les mémoriser et de retourner la bonne quand la voix demandera un dessin. Bordel, pile de la mémorisation sur le second, c’est con. T’as trop de fierté pour dire que tu ne le tenteras pas, alors tu te la fermes et tu comptes essayer, quitte à te planter en beauté.

Le temps accordé pour la mémorisation commence et tu te concentres du mieux que tu le peux, marmonnant pour t’aider à associer les dessins aux formes. Ça serait vachement plus pratique si tu pouvais tout noter sur ton portable ou prendre une photo, sauf que ça serait de la triche. Un peu découragé quand il est temps de tourner les pièces, tu as déjà du mal à te souvenir des associations faites pourtant quelques secondes plus tôt... « J'pourrai pas... » Tu murmures, levant tes iris verts vers Akichi. Tu t’sens tellement débile. Si d’habitude, tes problèmes de mémoire ne te font ni chaud ni froid, là, ils t’énervent. La voix préenregistrée demande le poisson au type que t’affrontes. Il hésite à peine avant de tourner la forme de la lune et il a bon. Tu ne savais même plus celui-là, t’as l’impression de ne plus te souvenir de rien. L’échec est inévitable. De ton côté, il t’est demandé de trouver le fer à cheval. Tu as un temps de latence pendant lequel tu ne bouges pas du tout, le regard désormais fixé sur ces maudits bouts de bois. Après plusieurs longues secondes, ta main s’approche de la forme ovale... Tu recules ta main, tu l’avances à nouveau. Tu n’as aucune idée. « Il y avait vraiment un fer à cheval ? » C’est une question un peu désespérée. Soupirant, tu te saisis de la forme du livre et la retournes. Mauvaise pioche, c’est le bateau. Et on t’informe que t’as échoué. Tu t’gardes le premier commentaire sarcastique qui t’passe par la tête, te décalant brusquement pour laisser la place à Akichi. « Je s’rai pas trop dur à battre sur celle-là. » T’as zéro envie de devoir expliquer pourquoi t’as l’air d’un gros attardé quand il faut mémoriser. S’il peut ne pas t’en parler...



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Eleveur Kantô

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Jeu 20 Juil - 16:41
La joie d'avoir triomphé d'une épreuve dans laquelle tout était pourtant calculé pour nous faire tomber (ce qui m'était d'ailleurs arrivé, mais une seule et unique fois, et cela devait arriver à la plupart des gens, même aux meilleurs, et la plupart des gens devaient d'ailleurs tomber au moins deux ou trois fois, et si mon camarade, lui, était passé dès le premier élan, c'est qu'il avait eu de la chance, voilà tout, sa silhouette athlétique me paraissant d'ailleurs le prédisposer à faire l'objet de ce genre de chances, dans mon cas j'avais plutôt la silhouette d'un artiste et j'étais très content de ne pas être soumis aux mêmes forces que lui), cette joie, donc, m'avait momentanément fait oublier les désagréments causés par l'épreuve – comme le fait que j'étais trempé ou que j'avais déjà une douleur à la poitrine, là où j'avais reçu un choc – pour me plonger dans un simple enthousiasme que je partageai avec Cécilia et Ryu. Le jeune homme roux me présenta d'ailleurs sa main levée en l'air pour ce que je devinai être un "tape-m'en cinq !" comme disait Shiguré, même si je n'avais jamais saisi la logique de cette expression puisqu'on ne se tapait la main qu'une fois, et je la frappai gaiement, suivie de la patte de Cécilia. Ce devait bien être la première fois que je me montrais dans une telle complicité avec quelqu'un que je connaissais depuis moins d'une demie-heure. L'un des employés des lieux s'approcha ensuite de nous pour nous remettre notre première clef d'or, et mon compagnon m'annonça qu'il souhaitait aussi en obtenir le plus possible pour battre quelqu'un, une amie qu'il avait perdue à l'entrée du Fort. « ...Ah bon ! Mais... Tu avais dit que tu étais seul ? » m'étonnai-je, pris de court. « Il ne faudrait pas aller la chercher ? » Je regardais Ryu avec une soudaine perplexité, car il m'annonçait cette "perte" avec une expression qui me semblait très neutre alors que, de mon côté, je n'aurais pas du tout aimé égarer l'un ou l'une de mes amis, que ce soit Cécilia, Shiguré, Hatori ou Miné. Rien qu'à imaginer ne plus savoir où se trouvait Cécilia, l'appréhension me venait ; elle se sentirait sans doute totalement perdue aussi et il était certain que je n'attendrais pas une seconde pour partir à sa recherche... Mais Ryu ne semblait pas gêné outre mesure de ne pas savoir où se trouvait la personne avec qui il était venu ici. Malgré mon étonnement, je ne poursuivis donc pas la discussion ; un employé nous invitait d'ailleurs, à poursuivre notre parcours pour laisser la place libre aux prochains participants.

J'avais trouvé superflue l'invitation de Shiguré à mettre une petite serviette dans nos sacs, mais à présent, je n'y pensais plus guère car celle-ci se révélait déjà utile : je m'en servis pour m'essuyer le visage et, autant que je le pouvais sans les décoiffer, mes cheveux, ainsi que ma chemise, très superficiellement. « Je vais être trempé pour toute la suite, maintenant... C'est vraiment très intelligent de mettre une épreuve qui mouille en tête de parcours. De la mettre tout court, même », marmonnai-je pour moi-même tout en me séchant, mécontent. Ryu m'indiqua ensuite l'une des portes en me proposant d'aller par-là ; j'étais en train de passer mes doigts à travers mes mèches de cheveux trempées et de grimacer en songeant que je ne pourrais leur rendre leur apparence ordinaire jusqu'à ce qu'elles aient fini de sécher, mais je relevai la tête et répondis : « D'accord ! » J'avais toujours envie de trouver des clés. J'enroulai ma petite serviette en ananas autour de mes longs cheveux pour qu'ils sèchent sans être contraints de pendouiller tristement dans mon dos et je suivis Ryu vers la salle suivante, mes vêtements inondés collant toujours à mon corps et mes chaussures de sport couinant discrètement à chacun de mes pas.

La nouvelle salle offrait aux regards un décor très dépouillé : une simple table sur laquelle se trouvaient diverses formes en bois, arborant chacune un dessin. Un homme aux lèvres serrées, droit comme un piquet, se tenait debout derrière le meuble. Il ne me répondit que par un hochement de tête quand je le saluai. L'épreuve consistait en de la mémorisation ; c'était Ryu qui passerait en premier. Je me tins sur le côté pour le regarder tandis qu'il affrontait l'homme que le haut-parleur nous expliquant les règles avait appelé "gardien", car un autre jeu de pièces serait de toute façon utilisé pour moi. L'épreuve me paraissait plutôt aisée et pourtant, mon compagnon fut en difficulté. Dès le début de l'épreuve, il me regarda dans les yeux en murmurant qu'il n'y arriverait pas. « Pourquoi...? Mais voyons, ce n'est pas très compliqué, il n'y a pas beaucoup de formes ! » lui répondis-je, d'abord surpris puis me voulant encourageant. Mais en effet, il ne réussit pas. Lui qui était passé si vite sur la course d'obstacles au-dessus de la piscine, voilà qu'il peinait à retenir de simples combinaisons entre un dessin et une forme ! Sa mémoire peu entraînée eut rapidement raison de lui : dès le premier dessin à retrouver, il se trompa de pièce, demandant même s'il y avait vraiment eu un fer à cheval alors que je savais bien, moi, que ce dernier était sur la forme en étoile, tout comme le poisson était sur la lune, les deux animaux sur les deux astres, c'était facile à retenir. Par conséquent, je ris lorsque Ryu, libérant le siège, me fit remarquer qu'il ne serait pas difficile à battre. « Effectivement, tu as vraiment été mauvais ! Comment as-tu pu ne même pas retenir tous les dessins ? Mais ne t'en fais pas, je vais nous la gagner, cette clef ! » C'était ça, d'avoir la silhouette d'un athlète et non celle d'un artiste ! Évidemment, je ne songeai pas un instant que mes paroles pourraient le vexer et je pris tranquillement place face au gardien, prêt à m'essayer à mon tour à cette épreuve de mémorisation que je ne craignais pas le moins du monde.

Les formes étaient les mêmes que celles de l'autre jeu, mais les dessins différaient. Je fixai intensément l'image des pièces réunies sur la table, cherchant à l'imprimer dans ma mémoire : le serpent sur l'ovale, la barque sur la lune, la spirale qui ressemblait à une espèce de tornade sur la pièce à huit côtés, comme un carré aux bords creusés... Pour chacune d'elle, une association d'idée naissait d'elle-même dans mon esprit : l'ovale ressemblait à un rocher sur lequel le serpent se dorait au soleil, on disait que la lune avait des "mers" sur lesquelles pouvait naviguer la barque, le carré aux bords creusés m'avait tout à l'heure évoqué les voiles du voilier qui figurait dessus, à présent c'était la tornade qui faisait bouger ces voiles. Quand le jeu commença, ce fut à nouveau au gardien de commencer ; chacune des questions-réponses qui se succédaient aurait pu un peu éloigner l'image des pièces dessinées de moi, mais je l'avais pourtant comme toujours sous les yeux et lorsqu'il put m'arriver d'avoir un doute, souvent causé par une hésitation du gardien avant moi, la façon dont j'avais associé chaque dessin à chaque forme me revenait et m'empêchait de me tromper. On m'avait dit un jour qu'il existait plusieurs types de mémoire, et que, dans mon cas, j'avais une excellente mémoire visuelle. Je le croyais volontiers : j'étais styliste, il était évident que mes yeux fonctionnaient à merveille et que je retenais ce que je voyais. Le gardien face à moi finit par commettre une erreur, retournant le rectangle pour trouver le chapeau alors qu'il se trouvait sur le carré, et l'on me confia une nouvelle clef dorée.

« Eh voilà, nous pouvons continuer ! » fis-je fièrement en revenant vers Cécilia et Ryu, agitant le trousseau.



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Mer 2 Aoû - 19:47
Akichi a une réaction normale quand t’affirmes l’air de rien que t’as égaré ta pote. Mais oui, y a bien juste toi pour t’en foutre à c’point. Quand on t’connaît, ça n’a rien de surprenant. Akimi sait bien que t’es en train de t’amuser de ton côté. Elle n’y manque pas du sien. Vous vous retrouverez assez tôt. « J’peux lui envoyer un SMS, mais on n’peut pas être trois. » Voilà ta logique sur ce coup. « Elle doit s’être trouvé elle aussi un autre binôme. » T’évites de dire qu’elle devait vous prendre des bières, n’étant pas certain si tu t’prendras pas un regard désapprobateur. Ouais non, il vaut mieux taire ça. La clope, ça sera assez suffisant à gérer. Pas l’temps de fumer ou de continuer votre conversation que vous devez dégager du chemin. Vous n’êtes pas seuls dans cet immense labyrinthe en effet. En marchant, ton nouvel ami se plaint légèrement de l’épreuve que vous venez de passer. Ça t’étonne un peu, il te faut l’admettre. Ta sale manie de fixer les gens est alors de retour, ne comprenant pas pourquoi il s’énerve ainsi. Arrête de le regarder ainsi, tu vas finir par le rendre mal à l’aise... Vraiment, il y a des notions qui t’échappent totalement quand il s’agit de relations humaines. Et pourtant, on t’a déjà fait cette réflexion des dizaines de fois. Ça t’rentre pas en tête et c’est plus fort que toi; un comportement que tu ne contrôles pas. « Tu vas sécher avec les prochaines activités, surtout si on bouge. » En vrai, tu n’vois pas le problème. C’était écrit gros partout qu’il y avait des activités salissantes. Il n’était pas au courant ? Il y en aura des pires, si vous tombez sur de la boue. Tu n’imagines pas sa réaction. Enfin, t’arrêtes de le fixer avec insistance aussi soudainement que t’as commencé, réalisant qu’il y a un chemin pour votre prochain défi.

Tu le proposes, il accepte, vous voici en chemin. Il y a un léger sourire qui passe sur tes lèvres à l’entente du couinement de ses chaussures, mais t’évite de trop le montrer ou de le laisser sur ton visage trop longuement. De toute façon, tu r’deviens sérieux en entrant dans la salle de l’épreuve. Ton expression naturelle blasée n’est pas simple à déloger. Et une pointe de contrariété se manifeste quand tu réalises que c’est un défi avec la mémoire. Connerie. T’as pas envie qu’on se foute de toi, mais tu n’vois pas comment réussir. Sachant être mauvais dans c’domaine, l’anxiété d’échouer ne t’aide pas du tout. Autant la plupart du temps, rien ne t’atteint, mais sur ce sujet, c’est tout de suite plus délicat. Lui montrer ta condition aussi rapidement n’était pas prévu. Pas prévu du tout en fait. T’avais pas tilté qu’il pourrait y avoir des défis d’ce genre. C’est chiant. T’exprimes tes difficultés, ce à quoi ton partenaire répond. C’est vrai, il n’y a pas beaucoup de formes, mais les associations sont vraiment ton pire ennemi. Retenir et le dessin et la forme sur lequel il est se révèle être trop difficile pour ton cerveau bien amoché des expériences que t’as menées. L’échec fait mal. D’habitude, t’en as rien à foutre, mais là, ça t’rend amer. Passant un commentaire un peu sarcastique pour te défouler un brin, Akichi y répond aussi. « Parce que j’ai un problème de mémoire. » C’est tout ce que tu dis pour le moment, puisqu’il est motivé à remporter la clé. S’il peut y arriver, c’pas plus mal. T’as beau regarder une seconde fois, t’arrives à rien non plus. Non vraiment, t’espères ne pas tomber de nouveau sur une épreuve d’ce genre, préférant de toute façon les physiques. En ce sens, vous formez un duo efficace. T’es plus à l’aise à bouger et il est plus à l’aise dans ces situations qui te perdent le cerveau (si t’arrêtais la drogue, ça aiderait un peu...).

Donc, vous voici avec bel et bien une autre clé à votre trousseau. « Bravo. » Il n’y a pas d’expression dans ta voix ni même sur ton visage, ce qui jure vraiment avec ce que tu viens de dire. Tu peux être très déroutant quand tu t’mets à te comporter ainsi, comme si tu devenais une nouvelle personne. C’est un peu un moyen de te protéger quand il y a un truc qui t’affecte. T’es tellement pas habitué à ce que ça arrive... « S’il y a d’autres défis comme celui-là, je ne les ferai pas. C’est inutile. » À nouveau, ton expression est neutre et détachée. Si, normalement, tu coupes les ponts avec une personne une fois à cette étape, ici, tu ne peux pas vraiment. À moins de trouver Akimi, de lui envoyer un SMS pour lui demander de planter ton binôme et de te rejoindre pour que vous poursuiviez ensemble. Fuck les clés que t’as gagnées, tu les laisserais. Faut t’calmer mec, y a pas mort d’homme. Que tu t’ouvres un peu ne fera pas forcément du mal. Tu n’tomberas pas forcément sur une personne qui t’insultera pour ta condition; pas comme cette fille au Speed Dating. La preuve est bien que t’as fait d’autres rencontres intéressantes par la suite et que t’as été obligé de dévoiler une fois d’plus ton souci, à Jason. Si ça peut éviter qu’il te pose des questions ou qu’il passe d’autres commentaires, pourquoi hésites-tu ? Lâchant un soupir, tes iris verts viennent le fixer. On ne peut jamais douter de ton honnêteté. Qui parviendrait à regarder droit dans les yeux en racontant de la merde ? Bon, il y en a hein, ne te leurre pas là-dessus. « J’peux te dire que j’ai mené des expériences sur la mémoire et j’ai servi de cobaye à mes propres trucs. Les résultats ont été que ça me l’a bousillé, alors on a tout arrêté. » Toujours aussi direct, toujours en ne passant pas par quatre chemins. Maintenant, il ne reste qu’à voir comment Akichi réagira à ce que tu viens de lui balancer. En attendant, tu t’perds un peu dans ton esprit... Ton regard part ailleurs.

Les expériences, elles ne t’ont pas fait du bien, mon cher.



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Mer 2 Aoû - 19:47
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Coordinateur Alola

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Mer 16 Aoû - 4:58
Flashback

Le jour ou les résultats scolaires sont tombés, tu n’as pas eu vraiment de réaction. T’étais certes content d’avoir terminé cette étape de ta vie, mais il n’y a pas eu de démonstration de joie intense, pas de sautillements, pas de réelles célébrations. T’as obtenu ton diplôme à un âge précoce, et ce, malgré ton mode de vie qui devient de plus en plus n’importe quoi. L’influence de Kalei n’est pas saine sur toi, mais tant pis, tu l’aimes tellement. Tu l’aimes trop et t’es prêt à tout faire ce qu’il te demande, sauf renoncer à ton désir de devenir chercheur. Tu veux mener à bien les expériences aux côtés de ton père. Lui, ça fait longtemps qu’il pratique ce métier. Il a bon espoir de trouver des remèdes à bien des maux à l’aide des Pokémon. Il se consacre à plusieurs études, mais pour ta part, une attire particulièrement ta curiosité. Ça tombe bien parce que c’est justement pour celle-là que ton paternel n’a pas de cobaye. Qui a dit qu’être le scientifique empêchait aussi d’être le cobaye ? Tu cumuleras les deux sans mal, s’il accepte, bien évidemment. Ton petit-ami n’a pas encore terminé les classes. Il a des difficultés d’apprentissage alors que toi, t’es un p’tit génie. Il t’a freiné parce que tu aurais pu finir au trimestre précédent si tu avais pu y aller à ton rythme. Dommage que tu t’sois amouraché d’un tel mec, mais le pire est encore à venir...

Pour l’instant, tu apportes ton relevé de notes à la maison, chez ta mère. Ça fait un moment que t’as pas vu ton père, tu présumes qu’il sera tout de même content de pouvoir bosser avec toi, quand tu lui apprendras la bonne nouvelle. Sûrement le lendemain, t’as pas envie de te lancer dès ce soir et l’homme est tellement devenu dépendant de son boulot qu’il pourrait bien réquisitionner ta présence sur le champ. À l’heure d’arrivée, il n’y a que ta jeune sœur de présente. Tu lui laisses ton bulletin entre les mains sans un mot, attendant sa réaction. En tout cas, on peut dire qu’elle est plus expressive que toi. Elle te félicite, sautillant. L’adolescente a eu conscience de tous les efforts que tu y as mis, même si t’as parfois été irresponsable pendant quelques week-ends. T’as commencé à consommer autant drogues qu’alcool. Tu te tiens avec les amis de Kalei, qui ne sont pas très recommandables. D’ailleurs, t’as franchement changé de style depuis. Ton père sursaute toujours en te voyant, comme s’il bloquait sur l’ancienne image de toi. Il devra s’faire à l’idée. T’as changé et il n’y peut rien. Tant que ça ne t’empêche pas de bosser avec lui... Ce qui serait très idiot. « T’as appelé papa pour le lui annoncer ? » Maïa a douté de toi souvent pendant tes études. M’enfin, pas vraiment de toi, mais de la volonté que tu avais derrière, de la raison pour laquelle tu te lançais en science. Sauver la famille, ça n’a pas à être porté par tes uniques épaules.

« Pas encore. Je veux profiter de ma soirée tranquille avant de travailler avec lui. » T'espères surtout avoir un appel de Kalei pour le voir ce soir. Si tu peux passer la nuit avec, c'est encore mieux. Donc, au bout d'un moment, tu prends les devants parce qu'il ne semble pas décidé de son côté. Tu l'appelles et l'informes que tu débarques chez lui d'ici les prochaines minutes. T'envoies ensuite un message texte avec ton portable (tsé, qu'il faut appuyer trois fois pour faire la lettre C) à ta mère pour lui indiquer que tu dégages pour la nuit. T'as bien mérité un petit congé. Le moins qu'on puisse dire est que tu t'apprêtes à passer une excellente soirée ainsi qu'une nuit écourtée... En la compagnie de ton petit-ami, tu ne chômes pas.

Tu reviens le lendemain au bon milieu de l’après-midi avec une sale gueule. T’avais la ferme intention d’aller te coucher pour au moins faire une sieste. Tu ne t’attendais pas du tout à ce que ton géniteur soit chez ta mère. C’est la première fois depuis... des années. Il est là, assis sur un des sofas du divan. T’en viens à te demander si t’es pas dans un trip. Dès que tes parents te voient, ils t’invitent à t’asseoir à leurs côtés. Est-ce que... t’as réussi l’objectif que tu t’étais fixé ? Comment ? Surpris, tu exécutes ce qui t’est demandé. Ton père ne perd pas de temps ensuite. « Keanu, ta mère m’a informé que t’as déjà terminé tes cours. J’aimerais que tu me rejoignes dans mon travail dès demain, si tu es intéressé. » Il a eu du mal à ajouter la fin de sa phrase. Ton paternel est plus du type à dicter des ordres et à se faire obéir. La collaboration sera peut-être laborieuse dans un premier temps à cause de ça, sauf que tu ne t’en soucies pas plus longuement. Puis, tu t’attendais à ce qu’il te demande d’y aller sur le champ, alors ça te laisse du temps pour te reposer de ta nuit agitée. Ça te fait penser qu’il ne connaît même pas Kalei... Ça sera peut-être l’occasion de le lui présenter. Te rapprocher de lui, c’est ce que tu souhaites, qu’il fasse partie de ta vie. « Ok, on discutera de tout ça demain. » T’as pas envie de voir toutes les modalités de votre collaboration devant ta mère. « Parfait. » Il semble content à l’idée de travailler avec toi, ce qui te rend toi aussi de bonne humeur. T’as hâte de voir ce que ça donnera comme résultat !

T’es loin de te douter que tu n’en sortiras pas indemne, et lui non plus...



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Jeu 17 Aoû - 2:36
Suite du flashback

Ton père ne s’est pas attardé plus longuement chez vous, puisqu’il a obtenu ce qu’il voulait. Après coup, tu as remarqué que l’ambiance n’était pas au meilleur et qu’elle est redevenue plus sereine après son départ. Il n’a pas vraiment posé de questions pour savoir vous en étiez où dans vos vies ou quoi que ce soit de plus personnel... Ça te déçoit de sa part, mais au moins, t’es fixé. Votre relation sera surtout professionnelle pour le début. Peut-être qu’à la longue, il s’ouvrira plus et que tu pourras avoir de nouveau une relation avec lui avant que son boulot le bouffe complètement. C’est ce que tu aimerais, mais ne te nourris pas trop d’espoir. Les rêves brisés, ça fait toujours mal.

T’as pu passer une soirée tranquille cette fois, loin de Kalei. Il t’a contacté, mais t’as expliqué que tu commençais le travail dès le lendemain alors il n’a pas trop insisté devant ton refus. N’empêche, il redoute que tu aies de moins en moins de temps pour lui... Sauf qu’il ne t’en parle pas encore. Un jour, sans doute. Vous avez pu discuter, ta mère, ta sœur et toi. Les filles t’ont conseillé afin de rendre la future collaboration agréable. Tu as mémorisé certains de leurs dires, mais pas tous. Tu te fies aussi à tes propres réflexions et à tes propres déductions. C’est surtout difficile de prévoir quand vous n’avez pas encore établi les termes de votre entente. C’est primordial d’en avoir une, membre de la famille ou non. Tu ne comptes pas te faire avoir et qu’il te retire tout crédit au bout du compte ! Tu tiens à ce que tout soit écrit, te protégeant ainsi. Ce n’est pas difficile de voir que l’homme n’a plus d’attachement à vous et que le fruit de ses recherches est ce qui lui importe le plus. Accorder une confiance aveugle dans une telle situation est impensable. Cet homme n’est plus le même et tu ne comptes pas te laisser berner par un reste de sentiment affectif envers lui. De toute évidence, ça n’existe plus de son côté, alors pourquoi devrais-tu être le faible qui en a encore ? (Penser qu’il s’agit d’une faiblesse n’est pas sain...)

Pendant que tu te prépares le lendemain, tu sens ta mère être anxieuse. Tu ne comprends pas pourquoi elle se comporte ainsi et tu ne cherches pas à savoir non plus, estimant que ça ne te concerne pas. La femme s’inquiète pour toi. Cette dernière sait que tu portais sur tes épaules l’échec de garder l’unité familiale, la séparation de tes parents. Elle espère que tu en es à un autre stade et que tu as compris que c’était inutile d’encore chercher ça. Une part en toi résiste et se dit qu’en te rapprochant de ton père, l’ancien lui pourrait ressurgir. Une pensée un peu naïve pour un jeune adulte... À croire que tu es resté dans l’adolescence. Même ta sœur a saisi que c’est une cause perdue. Abandonne...

Tu dois te rendre au travail à pied. Il te faudra une vingtaine de minutes de marche pour l’aller, alors la même chose pour le retour. Souhaitons que tu sois en état chaque fois, sinon ça deviendra vite problématique... Ta mère pourrait aller te porter, mais vous ne savez jamais à quelle heure tu termineras. En tout cas, tu n’as pas l’intention de faire comme ton père et de dormir là. Tu ne lâcheras pas ta vie pour la science ! Il s’agit d’un point dont tu parleras et qui sera inscrit sur ton contrat de travail. Ses erreurs sont les siennes, elles ne t’appartiennent pas. Donc, te voici enfin sur place, prêt à commencer. T’as apporté un sac à dos dans lequel t’as mis ce que tu estimais nécessaire. Il y a assurément du matériel dans les installations, mais tu as tes méthodes de prise de notes, tu as tes habitudes. Il suffit maintenant de voir si ton père les acceptera. Les négociations seront-elles laborieuses? Tu ne tarderas pas à le découvrir. En effet, il t’accueille et vous vous dirigez vers une des salles de réunion. Il n’est pas le seul chercheur dans la place. Tu n’as pas spécialement conscience des démarches qui ont été faites afin que toi aussi te joignes à l’équipe. C’est l’homme devant toi qui a tout géré. Il veut vraiment travailler avec toi, étant très fier que son fil tienne à suivre ses traces. Il espère qu’à tes côtés, il obtiendra de bons résultats. Il te fait confiance sans doute plus que ce que tu es prêt à lui accorder en retour.

Vous installant à une des tables, vous commencez par les négociations. Vous avez chacun préparé une liste de points à aborder et vous les réglez un à un. Sur la plupart, vous êtes rapidement d’accord, mais certains accrochent, que ça soit de ton côté ou du sien. Au final, vous parvenez à un accord sur tout en un peu plus de deux heures. Vous rédigez donc un contrat et vous le signez tous les deux, en prenant évidemment le temps de bien le relire avant. Tu n’es pas déçu et un certain empressement de commencer se manifeste. Il ne te reste plus qu’à évoquer sur quelle recherche tu veux d’abord travailler. Tu l’as stipulé sur le contrat, tu choisis. Il devrait en être ravi, c’est celle avec laquelle il galère le plus, manquant cruellement de cobaye. Y a bien juste toi qui es assez fou pour te proposer...

Tu devrais y réfléchir à deux fois, tu devrais prendre le temps d’évaluer les risques et les possibles conséquences avant de te lancer tête baissée... Tu y joues ton avenir.



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