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» Angel Fall First


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Modo CDT & Coordinateur

C-GEAR
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Dim 21 Jan - 6:21

Angel Fall First



Ton objectif n’était pas de la rendre inconfortable ni de faire souffler un vent de malaise sur vous. Tu avais prononcé ces mots à la manière d’une anecdote, évitant soigneusement de leur insuffler trop de sentiments ou de souvenirs. Tu te voulais détaché, complètement indifférent à cette époque de ta vie où tu n’étais qu’un pion sur le grand échiquier de la haute société. Savoir danser n’était pas une option lorsque l’on fréquentait des lieux et des gens pour qui le bien paraître était une question de vie ou de mort. Sans doute avais-tu saisi comment mouvoir ton corps au rythme des noires et des blanches bien avant d’apprendre à marcher. À bien y repenser, y avait-il quelque chose que tu avais fait ou connu comme tous les autres enfants ? Tu y réfléchissais déjà depuis quelques semaines et la question te tiraillait de plus en plus. Tu ne savais rien de la vraie vie. Tu avais toujours grandi dans une bulle à part, loin de la réalité vécue par la majorité et à l’abri de la moindre contrariété. Ton monde d’apparences était beau, facile et jalousable… Mais complètement déconnecté des priorités.

Indifférent à la jalousie du petit Riolu non loin d’eux, Isanity se contente d’un regard dans sa direction lorsqu’il se met à gronder son mécontentement. Il ne fait qu’obéir à tes ordres et aux désirs de Midley. Il ne cherche ni la guerre, ni à prendre une place qui ne lui revient pas. La tranquillité exemplaire de ton Lucario, lorsque vous n’étiez pas occupés à cracher votre venin, était sans doute sa plus grande qualité. Il savait garder la tête froide en toutes circonstances… Sauf si tu étais la cause direct ou indirecte de son énervement. Mais c’était votre relation qui était ainsi faite. « Ce n’est pas grave. Je comprends… Beaucoup n’apprécient pas de voir leur dresseur approcher d’autres Pokémon. » Lui ne connaissait pas ça. Que tu sois approché par un autre être vivant, quel que soit son genre ou son espèce, ne lui faisait ni chaud ni froid. Tu ne savais pas si c’était par indifférence ou haine, mais votre relation n’était pas de celles dont parlent les contes de fées. « Je peux effectivement identifier certains sentiments… » Isanity n’aimait pas s’introduire dans l’intimité des gens. D’ordinaire, il se créait une barrière, un mur, pour ne pas connaître les sentiments des humains ou même des Pokémon et il ne la franchissait que rarement. Il avait peut-être une personnalité merdique et un sens de l’honneur questionnable, mais son respect de la vie privée était impeccable. Même quand il s’agissait de la tienne. « Nous ne sommes pas très proches lui et moi… » Commence-t-il avec une pointe de regret. Midley lui inspire un respect et une sympathie auxquelles il n’a jamais goûté en ta présence. Il aimerait pouvoir l’aider, or il ne sait rien de toi. « Mais je crois que les humains ont souvent besoin de se sentir supportés et compris. Je crois que vous pouvez lui apprendre beaucoup de choses, continuez tout simplement d’être vous-même. » Si tu avais entendu la moindre bride de cette conversation, tu aurais sans doute été de bien mauvais poil… Mais l’idée qu’Isanity puisse vouloir discuter à ton sujet était tellement saugrenue que tu n’eus aucun doute sur ce qui se passait entre Midley et lui.

Haussant légèrement les épaules, tu prends soin d’éviter le regard de la violette lorsque celle-ci pose spontanément sa question. « Qui n’ont-ils pas blessé ? » Tu tentais de diminuer la gravité de tes paroles et de tes expériences, mais tu revoyais avec précision chacune des trahisons qui t’avaient détruit. En commençant par les injures et les moqueries de la petite enfance jusqu’aux mains baladeuses qui avaient souillées ton corps. Tu avais connu le meilleur comme le pire… Et tout ça, c’était grâce à Eden. Ton rayon de soleil, ton ange-gardien. Elle t’avait redonné foi en quelque chose qui n’existait plus en son absence. Tu n’estimais pas l’être humain… Tu l’estimais elle. « Sans doute. » Ce ne sont pas des sujets sur lesquels tu souhaites t’étendre ainsi t’empresses-tu de ramener ton attention vers Alchemy. L’incompréhension sur son visage te crève le cœur. Tu aimerais lui dire que tu es désolé, que tu as failli à ton rôle de dresseur et qu’elle mérite cent fois mieux que le raté que tu es… Mais les mots ne sortent pas et, rapidement, tu préfères rediriger son attention vers Midley pour qu’elles puissent faire connaissance. Incommodé, tu t’éloignes d’elles pour les observer alors que la Milobellus s’approche de l’aveugle pour mieux entendre ses paroles. Calme, magnifique, radieuse, Alchemy se tient devant elle avec toute la grâce qualifiant son espèce. Voyant ses mains se tendre dans sa direction, ta vedette hésite une fraction de seconde puis approche son visage d’elle, allant jusqu’à se frotter contre sa joue avec affection. La scène te parait surréaliste. La dernière fois que vous vous étiez vu, Alchemy avait tenté de mettre fin à tes jours… Cette délicatesse et cette quête de contacts étaient des facettes que tu ne connaissais pas d’elle.

Quel mauvais dresseur tu fais. Au final, tu aurais sans doute eu mieux fait de les libérer quand tu en avais encore l’opportunité… Que ce soit Alchemy, Agony, Isanity, Melancholic, Millenario, Voltage ou Marshall, aucun d’entre eux n’avait commis de crime assez grave pour mériter d’être ton Pokémon. Tu les connaissais à peine, ne sachant d’eux qu’une fraction de ce que tu étais censé savoir en tant que maitre. Tu avais honte. Honte d’avoir été aussi nombriliste et d’avoir méprisé la vie d’être qui comptaient sur toi… Ce n’était pas parce que tu étais au plus profond des océans et que tu ne respirais plus que tu devais entrainer d’autres victimes innocentes avec toi.

Tu avais toutefois rapidement chassé les nuages noirs de la misère qui environnaient ton esprit au moment de proposer l’impensable à Midley. Tu ne savais pas pourquoi tu t’impliquais de cette manière ni pourquoi tu accordais autant d’importance à tout ceci… Mais tu voulais faire quelque chose de bien pour une personne autre que toi. C’était ton unique souhait à l’heure actuel et ton premier depuis très longtemps. Tu n’étais pas bon ni bien, mais si tu pouvais au moins réussir quelque chose avant de mourir… Alors qui sait ? Peut-être que l’enfer aurait pitié de toi ? « Ne t’en fais pas, j’ai l’habitude. Je suis convaincu que tu es bien plus talentueuse que beaucoup de mes anciennes partenaires. » Effectivement, certaines danses imposées par tes parents s’étaient révélées absolument catastrophiques. Tu ne comptais plus le nombre de talons aiguilles qui s’étaient enfoncés dans ton pied sans que tu ne puisses répliquer. C’était à une époque où tu prenais encore un peu sur toi pour que tes parents ne te détestent pas trop… Après ça, tu avais tout simplement cessé de te plier à leurs demandes et tu n’avais plus touché à une femme. Avant aujourd’hui.

Regardant l’adolescente plier les genoux en soulevant les extrémités d’une robe qu’elle ne portait pas, tu esquisses l’ombre d’un sourire amusé. Midley est différente. Elle te fait un peu penser à Eden… Et c’est sans doute le meilleur compliment que tu puisses faire à un être humain. « Vous m’en voyez honoré mademoiselle. » Certaines choses faisaient partie de toi que tu le veuilles ou non. Cet univers était le tien, même si tu tentais de le repousser ou de le fuir. Franchissant les quelques mètres te séparant de Midley, tu saisis doucement sa main gauche pour la déposer sur ton épaule alors que tes doigts se glissent naturellement sous son omoplate. « Si tu crains de me faire mal en me marchant dessus et que la proximité ne te fait pas peur, tu n’as qu’à monter sur mes pieds... Ça t’aidera à suivre le rythme. », proposes-tu en joignant vos deux mains libres. Quand Anya n’était encore qu’une gamine, tu l’avais souvent vu danser avec ton père de cette façon. C’était une manière agréable pour les plus maladroits de partager le moment sans tout gâcher et ça ne coûtait pas très cher.

Bien sûr, si Midley ne se sentait pas confortable avec ta proposition, ce n’était certainement pas toi qui allait l’y contraindre. L’idée d’être aussi proche physiquement de quelqu’un, une femme de surcroît !, faisait remonter en toi de vieux sentiments que tu ne parvenais pas à identifier à l’exception faite d’un : la nervosité.




Je te l'ai déjà dis sur Skype la semaine dernier, mais merci beaucoup pour l'adorable Goupix ! Je l'aime déjà d'amour ♥️ D'ailleurs, d'où vient le sprite ? Il est absolument parfait et j'aimerais beaucoup le garder si c'est possible °°



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Eleveur Johto

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Mar 23 Jan - 21:37

Les mots du Lucario demeuraient ancré dans mon esprit. Être moi-même ? Est-ce vraiment suffisant, à son avis ? Qu'est-ce que je pourrais lui apprendre ? Qu'est-ce qu'une personne comme moi pourrait lui apprendre ? Je n'en savais strictement rien. Comment pourrais-je savoir quoi lui dire ? Je veux dire, je... J'ai beau faire tous les efforts du monde, je me doute - non, je le sais - qu'il partira, retournera dans le monde vaste et que nos chemins ne se recroiseront sans doute plus jamais. Parce que je sais que ma place est ici, dans ce monde, dans cet univers. Mon univers. Avec mes partenaires, mes amis, ma "famille". Un nid protecteur, hors du temps et de l'espèce où je peux vivre sans craindre le monde que j'ignore, le découvrir petit à petit. Avancer pas à pas, au rythme qu'est le mien. Explorer du bout des doigts chaque choses : que ça brûle, mouille, gèle, blesse ou caresse, je souhaite pouvoir toutes les toucher au moins une fois. Me dire que je peux, étape après étape, aller toujours plus loin. Faire toujours plus. Et peut-être, un jour, trouver ma place dans ce monde immense. Et peut-être, un jour, tendre cette main et toucher le cœur d'une ou deux personnes, toucher cette essence que j'aimerais pouvoir sentir un peu plus profondément, cette essence qui me manque. Cette essence qui rendrait mon existence un peu plus lumineuse, lui donnant un autre sens. Seule, je peux être heureuse. Mais offrir le sourire aux autres, c'est une tout autre chose. Une autre chose que je ne connaissais pas jusqu'à présent. Dans un monde où seul mon oncle et ma mère vivait en orbite autour de moi. Un bonheur mille fois plus grand. Des horizons milles fois plus larges. Un ensemble de perspective à mon cœur et mon âme pour lesquels n'importe quels yeux pourraient être aveugle.
Je joignis mes mains par réflexe, espérant offrir un sourire doux au lupin. A mi-chemin entre le "Merci" et le "Je ne pense pas que ça soit de moi dont il est le plus besoin, mais de toi". Un bouillon d'émotions qu'il, je priais pour, puisse percevoir et comprendre. Sa tristesse m'avait touchée. Ils semblent tous si triste. Insanity, Ezekiel. Si tristes...
Et maintenant que mes doigts embrassent les écailles de la belle, je ne peux que continuer, laisser ce chagrin m'envahir. Je ne peux qu'apprécier la caresse d'Alchemy contre ma joue, laissant mes mains vagabonder jusqu'à une sorte de long ruban organique, le lissant avec douceur et affection. Tristesse... Froide. Comme si quelque chose lui manquait, à elle aussi. Appréciant son contact, je levais doucement la tête pour essayer de poser ce que je pensais être son front contre le mien. Comme si je pouvais lui transmettre quelque unes de mes pensées par le miracle d'Arceus. Je sais que ça ne sert à rien mais le geste est là. "Les blessures finissent toujours par guérir... Pour le peu qu'on tente de les soigner et qu'on leur laisse du temps..." avais-je murmurée à Ezekyel, bien consciente que trop de silence pourrait en devenir gênant. Il me fallait répondre quelque chose.
Et parler de ses parents ne semblait pas être une option, le sujet ayant été contourné avec une habilité douteuse. Je m'éloignais lentement du pokemon aquatique, lui rendant sa liberté en dehors de mon emprise physique. "Merci Alchimy... C'était bien plus que ce que je n'espérais... Je me souviendrais de cette sensation..." finis-je par lui faire savoir, ma voix emplie de conviction. Me souvenir de ce contact, c'était la moindre des choses. Me souvenir de cette caresse, de son affection... Plutôt qu'un visage, une caresse. Une empreinte.

Tybalt, sur mon épaule, m'octroya un petit coup de patte à l'arrière du crâne, finissant par descendre de son perchoir lorsque mon invité arriva à ma hauteur. Il tentait de me rassurer, avec cette histoire d'anciennes partenaires sans doute pire que moi. Étirant un sourire sarcastique : "Ce n'est pas la première fois que tu danses en compagnie d'une aveugle ?" demandais-je, tentant de chasser de mon esprit mes inquiétudes. Qui veille sur ces pokemons ? Sur ce dresseur ? Les amis qui étaient au téléphone tout à l'heure ? Ou alors sont-ils négligents ?
Je laissais Ezekiel manipuler mon corps pour nous mettre en position de danse. Son contact dans mon dos me gêna un bref instant - du moins, il me prit par surprise, mais j'en fis rapidement abstraction, me concentrant sur le fait de bouger mes pieds dans la bonne direction. Je pouvais sentir la respiration du dresseur glisser sur les mèches de mon front, bien consciente qu'il se trouvait être plus grand que moi d'au moins une tête. La proximité ne faisait que renforcer cette sensation. Et sa proposition me désarçonna : "Sur... Sur tes pieds ? Tu es sûr ? Ce... C'est bizarre, non ?" questionnais-je, loin sa voir si cela se faisait ou non. Et puis, si je montais sur ses pieds, mon risque de chute risquait d'être multiplié par deux. Voir même peut-être trois. "Je vais essayer mais... Je ne te garantis rien..." bafouillais-je, mal à l'aise, cherchant à tâton ses pieds avec les miens, rencontrant finalement le bout de ses chaussures avec les miennes. Déglutissant, je me laissais mener par mon partenaire de danse de l'instant, essayant de faire mon possible pour ne pas perdre l'équilibre. C'était une sensation étrange, ça aussi. Je pus sentir mes joues s'empourprer légèrement, mal à l'aise par la proximité que nous avions instauré et en même temps un peu excité de pouvoir réaliser ce genre de "défi" au moins une fois dans ma vie.
Et pourtant, je pouvais sentir, dans sa main englobant la mienne, une légère crispation qui me mit la puce à l'oreille. Quelque chose le mettait mal à l'aise ? Ou alors, c'est peut-être moi qui lui fait mal au pied, à m'appuyer dessus comme ça ? Prenant conscience du danger, je me reculais doucement, espérant libérer les malheureuses chaussures de mon emprise.
Mais les choses ne se passèrent pas réellement comme prévu.

Je sentis mon poids basculer en arrière, mon corps chavirer, mes muscles me tendre pour s’agripper à quelque chose et serrer comme je le pouvais mon seul appuie : Ezekiel. Je suis bête ou quoi, à le faire tomber avec moi ? Mes doigts relâchèrent la pression, tentant de laisser échapper la malheureuse main qui ne m'avait rien demandé. Si je devais tomber, autant lui éviter une potentielle blessure supplémentaire.



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Modo CDT & Coordinateur

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Mar 23 Jan - 23:43

Angel Fall First



Tu ne savais pas si un jour viendrait où tu aurais la force de passer l’éponge sur tes souffrances. Tes blessures étaient si anciennes et vives que tu avais appris à vivre avec sans rien attendre de demain… Elles faisaient parti de toi comme si elles t’étaient prédestinées. Et rien ne semblait vouloir s’améliorer. À chaque fois que tu avais fais un pas pour t’extirper de la noirceur qui t’avalait, une main t’avait aussitôt tiré dans le sens inverse. Tu n’y arrivais pas. Ça ne fonctionnait pas. Tu savais que tu n’étais pas quelqu’un de bien ou d’admirable, que tes gestes et tes actions étaient tout aussi condamnable que ta naissance… Mais était-ce une raison pour souffrir autant ? Tu ignorais si Midley avait raison ou si elle se fourvoyait, mais au fond, quelle importance ? Tu n’étais pas capable de te soigner. Vivre était déjà une condamnation en soit et tu ne parvenais pas à trouver la force pour vouloir renaître… À bien y repenser, c’était sans doute la raison pour laquelle aucune blessure ne se refermait. Pourquoi tout était si douloureux. Souffrir était sécurisant. C’était quelque chose que tu connaissais déjà et qui ne te décevrait jamais… Au fond, tu étais déjà mort. Seul ton corps survivait à l’emprise de l’enfer sur toi. Il se nourrissait de tes remords pour exister en dépit de ta volonté et c’était douloureux que de le voir faire.

Il se battait dans une guerre déjà perdue d’avance.

Offrir à Midley la chance de connaître quelque chose qui lui faisait envie était une manière pour toi de racheter une minuscule partie de tes péchés. Toute ta vie, tu avais méprisé ceux qui étaient différents de toi. Effrayé parce que tu ne pouvais comprendre, tu avais craché sur chaque anomalie dans l’espoir de ne plus jamais la revoir. Tu ne savais pas comment réagir autrement. Tu étais perdu, inconfortable à l’idée de devoir te moduler aux erreurs commises par mère nature. Dans ta tête, il n’y avait que noirceur et ignorance. Aujourd’hui, tout était beaucoup plus clair. Tu ne savais pas si Midley et toi étiez prédestinés à vous rencontrer, mais elle t’avait permis de réaliser qu’être porteur d’un handicape n’était pas une condamnation en soi. Il n’y avait pas besoin de s’adapter ni de changer pour éviter les inconforts… En réalité, il te suffisait d’agir avec elle comme avec tous les autres. Ta sauveuse n’était pas à prendre en pitié… Au contraire, elle valait tellement mieux que toi. Elle était beaucoup plus forte et ô combien plus méritante que tu ne le serais jamais. Pour être franc, tu l’admirais un peu. Sa présence ne t’était pas désagréable… C’était rafraîchissant de rencontrer quelqu’un qui ignorait tout de ton nom et de ton histoire. Tu savais qu’Eden et Noah faisaient de leur mieux, mais certains signes ne trompaient pas : ils avaient pitié de toi. Te voir boire comme un trou, fumer comme une cheminée et te détruire de l’intérieur comme de l’extérieur n’attirait aucune sympathique… Seulement une insoutenable et profonde pitié qui te dégoûtait vivement.

Haussant légèrement les épaules, tu arques un sourcil face à la question de la demoiselle. « C’est une grande première, mais je crois que certaines personnes deviennent expressément aveugles lorsqu’il est temps de danser. Soudainement, ils ne voient absolument plus mes pieds. » Tu ne voulais pas que Midley se sente nerveuse. Tu lui avais faite ta proposition en connaissance de cause avec la certitude intérieure que tout irait bien. Pour être franc, te faire piler sur les pieds était le dernier de tes soucis. Ce serait une douleur physique en plus et, depuis le temps, tu n’étais plus à ça près. Tu avais déjà tant connu… Entre ton premier jour à Johto ou cet idiot d’albinos muet t’avait frappé au visage et la toute dernière fois où l’on t’avait passé à tabac, ton corps avait atteint un record de blessures diverses. Des pieds ne te faisaient plus peur à côté. Tu espérais seulement qu’elle ne prendrait pas trop sur elle-même si elle venait à faire une erreur.

Cette proximité inhabituelle vous gênait. Depuis que tu étais sorti de l’hôpital, tu t’étais consciencieusement tenu à l’écart de chaque être vivant croisant ta route. Tu ne voulais pas que leurs mains te touchent ou que ta peau frôle la leur. Les contacts t’effrayaient, mais tu te sentais prêt à faire une exception. Pour elle. Parce que la culpabilité d’avoir été un monstre pendant quinze ans était plus forte que la peur qui te tenait éveillé la nuit. « Je sais que ça peut paraître étrange, mais j’ai souvent vu mon père le faire avec ma petite sœur avant qu’elle ne soit capable de danser d’elle-même… Donc ne t’inquiètes pas. » Tu n’aurais jamais fait cette proposition à qui que ce soit d’autre. Midley était une grande exception qui ne trouverait son pareil nulle part ailleurs dans l’univers. Tu ne te pensas pas capable de te sacrifier à ce point pour le bonheur d’autrui, mais faire plaisir à quelqu’un d’autre que toi-même t’insufflait une satisfaction énigmatique à laquelle tu n’avais jamais goûté. Le monde te semblait tellement différent depuis que la terre avait cessé de tourner pour toi… Tu découvrais des sentiments, des réactions et des paroles que tu n’avais jamais ressentis, eues ou entendues. C’était effrayant. Tu découvrais une facette de ce monde dont tu n’avais jamais soupçonné l’existence… Et elle était à la froid très belle et très laide.

Aidant la jeune femme à se positionner, tu tentes de mener la danse au mieux de tes souvenirs. Tu sais que les gestes sont gravés en toi comme une part de ton éducation, mais les conditions particulières dans lesquelles ils sont opérés rendent tout un peu plus compliqué. Et pourtant, tu fais de ton mieux malgré la légère crispation qui parcourt ton corps. Difficiles d’ignorer les souvenirs qui te remontent en mémoire et qui te font l’effet d’un millier d’épines dans ta peau. Tu aimerais en faire abstraction, mais ta faiblesse gagne à nouveau le combat sur tes maigres efforts. Tu ne pourrais jamais gagner. Tu ne pourrais jamais être en paix avec ces images et ces sentiments qui ne cessaient de te hanter. Tu n’étais pas assez fort ni assez déterminé pour réussir : être proche de quelqu’un t’était compliqué. Tu le voulais pour faire plaisir à Midley et pour la remercier de t’avoir aidé, mais tu n’étais clairement pas prêt… Et c’est quelque chose dont elle semble prendre conscience rapidement puisqu’elle se recule doucement sans te prévenir.

Surpris, tu entrouvres la bouche pour lui dire de faire attention que son corps bascule déjà vers le lac. Incapable d’avoir les réflexes nécessaires pour la redresser, tu la regardes tomber jusqu’à ce que ses doigts se referment sur les tiens, te tirant à la fois de tes pensées et vers le lac. Tu ne t’étais pas préparé une seule seconde à un tel retournement de situation. Tu n’avais rien vu venir. Serrant sa main dans la tienne, tu tentes désespérément de lui éviter une chute, mais tes efforts sont vains. Même si elle relâche sa prise peu avant de tomber, tu la suis malgré tout vers le lac. Tu avais toujours eu un faible pour l’eau. C’était peut-être à cause de tout ce bleu, mais les océans t’avaient toujours fasciné et apaisé. Peu de choses sur terre y parvenaient aussi bien qu’eux… Mais ce n’est pas pour cette raison que ta baignade improvisée est pour autant agréable. C’est au moment de sentir l’eau s’infiltrer dans tes vêtements que tu prends conscience des effets de la tempête sur elle : sa température a drastiquement chuté. Et c’est désagréable.

Et si tu te laissais sombrer ?

Il n’y aurait rien pour t’en empêcher. Tu aurais enfin la libération que tu espérais tan. Tu pourrais enfin passer de l'autre côté... Sauf que tu n’es pas seul. Tu ne peux pas te permettre de mourir là maintenant si tu n’es pas seul. Tu as suffisamment entraîné d’innocents dans ta chute, nul besoin de confronter Midley a ce genre de traumatisme.

Sortant finalement la tête de l’eau, tu croises le regard inquiet d’Alchemy qui ne sait plus comment réagir. Tu sais qu’elle voudrait aider, mais qu’elle hésite par crainte d’être réprimandée ou de faire une bêtise. À quel point l’as-tu traumatisé ? À bien y repenser, tu la comprends de te haïr… Du temps où elle n’était qu’un horrible barpau, tu n’avais jamais été juste avec elle. Pas une seule fois. Et voilà où ton comportement vous avait mené. « Ne t’inquiète pas pour moi, retrouve plutôt Midley et ramène là sur la berge. » lui dis-tu avant de replonger toi-même pour l’aider à la chercher. Tu te fichais de savoir si les aveugles pouvaient nager. Tu ne pouvais pas rester là, les bras croisés, à attendre d’avoir une confirmation.

C’était impossible.




Bon comme promis, je suis un peu obligée de te dévoiler mon plan désormais ! Alors le voici.

Mon mystérieux plan:
 



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