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» 0.4 La Bête et le Beau


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Eleveur Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 18/09/2013
Messages : 1064

Région : Kantô
Mar 26 Sep - 22:46
Même pour ce qui était de prendre ses mesures, il était agréable de s'occuper de Midley : la jeune aveugle, qui nous avait déjà largement prouvé qu'elle était tout à fait capable de se débrouiller seule pour la plupart des actions de la vie courante (excepté sans doute se choisir de nouveaux vêtements), cédait aux demandes de Miné armée de son mètre de couture sans opposer la moindre résistance. Elle offrait un corps joliment délicat, quoiqu'un peu trop maigre, aux regards de mon assistante qui admirait toujours la beauté féminine ; et si celle-ci, très professionnelle, aurait pu terminer de noter les petits chiffres sur son carnet en un rien de temps, elle savait aussi ralentir le rythme pour mettre notre cliente plus en confiance et profiter un peu de ce moment passé seule avec elle.

La timidité de Midley se retirait peu à peu : Miné sentait que la jeune femme baissait ses barrières et, tout en la mesurant, elle en souriait pour elle-même. Si nous étions avant tout devenus stylistes par amour pour la beauté et pour le fait de créer, nous nous étions aussi lancés dans cette voie parce que nous étions, tous les deux, animés du désir que les gens autour de nous se sentent bien et qu'ils puissent s'affirmer un peu plus tels qu'ils l'étaient réellement grâce aux vêtements que nous créions pour eux... Cette volonté était évidente chez Miné. Et c'est avec son doux sourire habituel qu'elle accueillit les premières paroles de Midley, qui surmontait sa réserve pour lui faire part de son bonheur quant au fait que mon assistante et moi ayons monté cette boutique de mode.

« Mais tout le plaisir est pour nous ! »
répondit joyeusement Miné, avec sincérité. « Et puis, je suis heureuse que nous ayons une cliente comme vous. Vous nous offrez la possibilité de nous essayer à quelque chose que nous n'avons encore jamais créé ! Ce sera une belle réussite pour nous aussi si vous gagnez le concours de coordination avec votre future robe. »

Elle inscrivit les dernières mesures sur son carnet, puis aida Midley à se rhabiller. Pendant qu'elle enfilait son pantalon, la jeune femme se remit à parler, d'une voix plus basse, cette fois, évoquant ses projets. Mon assistante l'écouta avec attention. D'aucuns auraient pu être étonnés d'entendre une aveugle formuler le projet de monter une pension, projet qui nécessitait l'obtention de deux rubans de coordination, ce qui pouvait paraître ambitieux pour toute personne débutant à peine dans le domaine ; mais Miné recevait la confidence de la jeune femme avec tranquillité et bienveillance, ne songeant même pas à se demander si Midley pourrait réaliser son rêve ou non. Le projet était humainement possible, et à partir de là, mon assistante était persuadée que si notre cliente désirait sincèrement le réaliser, il n'y avait aucune raison qu'elle en soit empêchée : c'était ce qu'elle pensait face à n'importe qui. Miné croyait en la sincérité des gens. Elle attendit que la jeune femme eût terminé de parler pour répondre, le ton simple : « Je trouve que tu as un très beau projet ! Faire un refuge pour les Pokémon qui ont besoin d'un toit et de quelqu'un qui veille sur eux... C'est un souhait très généreux. Je suis certaine que tu vas réussir ! » L'apprentie coordinatrice temporisa en rappelant qu'elle n'avait, pour l'instant, même pas encore son premier ruban, et mon assistante répondit : « Vu l'amour que tu sembles avoir pour les Pokémon, tu vas tout donner ! Alors, je te souhaite bonne chance pour ta prestation ! ...Et si tu avais besoin de conseils, le jour où tu monteras ta pension, n'hésite pas à nous recontacter ! » ajouta-t-elle tandis que notre cliente et elle sortaient de la cabine.

Les deux jeunes femmes et le "Riolu" nous retrouvèrent, Cécilia et moi, près du bureau de Bernie McMillan qui était en train d'enregistrer un achat tandis que je discutais avec lui de la difficulté de trouver des tissus et des motifs à la fois élégants et originaux pour les pantalons (un problème fondamental à mes yeux, auquel Bernie paraissait se soustraire assez facilement en proposant dans ses rayons une majorité de pantalons noirs déchirés ou bien, si l'on voulait un peu de fantaisie, de jeans gris délavés). « C'est bon pour les mesures ? Eh bien, merveilleux, allons-y ! Goodbye Bernie ! » lançai-je en m'échappant de la boutique d'un grand pas, tandis que Miné et la demoiselle Stanford se livraient à des salutations un peu plus ordinaires.

Cette fois, nous prîmes le chemin non de la station, mais du parking où nous avions garé la voiture, car pour pouvoir faire quelques escales aux différents endroits où nous avions des commandes à livrer, c'était par la route que nous avions fait le trajet depuis Kantô – et un long trajet, Midley avait raison, un peu plus tôt, de s'en inquiéter. Mais il nous fallait encore, comme elle le formula, convenir d'un nouveau rendez-vous pour l'essayage de la robe. « Bien sûr, nous n'allons quand même pas te l'envoyer par la Poste, surtout si nous avons des retouches à effectuer ! Voyons voir... Comme c'est une commande un peu particulière, je pense qu'il nous faudrait bien une dizaine de jours afin de faire un premier prototype que tu pourrais essayer », réfléchis-je à voix haute tout en regardant mon assistante qui hochait la tête pour me donner son approbation. « Deux semaines complètes serait même mieux, pour que nous puissions finaliser cette première version et te la donner directement si elle te va. Mais il faut nous laisser une petite marge entre ce premier essayage et la date du concours pour que nous puissions effectuer des retouches si tu en as besoin. ...Étant donné que tu veux un costume "modulable", si nous n'avons pas tout fini avant le concours, ce ne sera pas trop grave s'il s'agit d'éléments que tu n'utiliseras pas, nous pourrons te les donner après. Ce serait bien que tu réfléchisses à si tu souhaite des accessoires particuliers, comme des gants, une cape, ou une capuche, maintenant que tu connais le thème, et que tu nous préviennes. Mais pour en revenir au rendez-vous, est-ce que tu serais disponible dans deux semaines ? Et tu n'as pas pour projet de passer au Bourg Palette d'ici-là, par hasard ? »

Sans m'en rendre compte, je m'étais moi aussi mis à la tutoyer, comme Miné l'avait fait dans la cabine d'essayage (je ne l'avais pas entendue, mais elle tutoyait souvent les jolies jeunes clientes quand elle était seule avec elles.)Mais la demoiselle Stanford était vraiment une personne sympathique et, peut-être en raison de sa jeunesse, ou bien de sa timidité, j'adoptais naturellement ce ton avec elle. Nous serions amenés à nous revoir sous peu, de toute manière...



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Eleveur Johto

C-GEAR
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Région : Johto
Jeu 28 Sep - 21:53
J'aurais souhaité un peu mieux remercier Mademoiselle Kuramé pour sa bienveillance et le professionnalisme dont elle faisait preuve en ma présence depuis le début de notre entretien mais maintenant en compagnie de monsieur Sôma, je retrouvais ma timidité naturelle qui me faisait bien trop de fois défaut. Je leur emboîtais donc le pas en silence, prêtant néanmoins une oreille des plus attentives au propos du styliste qui se mit soudainement à me tutoyer. Cela me surpris au début, m'arrachant même quelques rougeurs. Je n'avais pas l'habitude d'une telle proximité avec des individus masculins, je n'avais eu que Tonton Henry dans mon enfance comme figure "paternelle" et je n'avais jamais vraiment non plus eu l'occasion de discuter avec des garçon, qu'ils soient de mon âge ou même plus âgé. Je me pinçais les lèvres, chassant mentalement mon trouble pour sortir mon téléphone portable, pianotant sur mes touches en braille rapidement pour accéder à mon agenda. La synthèse vocal grésilla, annonçant une disponibilité certaine pour un rendez-vous dans 2 semaines. "Le concours étant dans un mois, environ... Un rendez-vous dans 2 semaines, et 2 autres semaines pour faire les retouches seraient suffisant ?" osais-je demander, déglutissant pour rassembler toute mon aptitude décisionnelle.
"Comme je vous l'ait expliqué par mail, il est difficile pour moi de me déplacer mais... Je pourrais essayer en effet de vous rejoindre à Bourg-Palette. Cela sera plus simple pour vous, pour faire les retouches directement sur place, n'est-ce pas ?"

Je notais le prochain rendez-vous à Bourg-Palette dans ma base de donnée, rajoutant une alerte pour la semaine précédente pour que je pense à prendre mon billet pour m'y rendre. Fermant mon cellulaire, je finis par glisser une main dans mes cheveux pour les ramener vers l'arrière. Miné avait fait beaucoup d'efforts pour que je me sente à l'aise alors j'imagine qu'il va falloir moi-même faire des efforts pour me montrer un peu plus "caractériel"... Après tout, ce type de tenue doivent aussi représenter une part de ma personnalité, n'est-ce pas ? J'inclinais doucement la tête sur la droite, finissant par marmonner. "Le thème étant l'astrologie, pour les accessoires, je dirais que l'idéal serait peut-être quelque chose d'aérien, comme un châle ou des "manchons" pour les bras..." Je mimais en même temps la forme avec mes mains, ne sachant pas vraiment comment décrire autrement le terme de manchon qu'en présentant une sorte de chose partant du milieu de bras et se terminant en manche large. "Un peu comme les kimonos, mais en plus court... C'est un habit traditionnel de Johto et je me suis souvent dit que ça avait quelque chose de "mystique"... Un peu comme les tenues de prêtresse ou d'oracle." ris-je, un peu mal à l'aise. Les "miko", ce genre de chose, c'était vraiment quelque chose de typique de Johto à ma connaissance alors pourquoi ne pas essayer quelque chose allant dans ce sens ? Un peu de fierté nationale pouvait toujours être des plus amusant !
Je tendis la main à Monsieur Sôma et à Miné, un petit sourire sur le bout des lèvres. "Je vous fait pleinement confiance et j'ai véritablement hâte de découvrir ce que vous pourrez réaliser... Si vous avez des questions ou besoin de d'avantage de précision, nous pouvons continuer d'échanger par mail jusqu'à notre prochain rendez-vous... Et si vous voulez m'envoyer des photos du modèle en préparation, je pourrais demander à quelqu'un de me dire à quoi la robe ressemble. S'ils s'extasient, cela devrait être un plutôt bon indicateur!" lançais-je avec humour avant de les saluer l'un et l'autre.

J'étais heureuse. C'était tout con mais cet entretien, cette projection dans un futur à la fois angoissant et excitant... Je ne pouvais simplement pas tenir en place. Tybalt tira sur ma manche avec douceur pour attirer mon attention. C'est vrai qu'il est l'heure de rentrer... Deux semaines. Attendre deux semaines avant de pouvoir à nouveau les revoir. J'étais comme Cendrillon, et je venais de trouver mes gentilles marraines qui allaient mon confectionner ma robe de bal.


Deux semaines plus tard - Bourg-Palette

Le taxi se stoppa à proximité de la pension ABL, me souhaitant une bonne visite des lieux. Je le saluais à mon tour, fermant la portière et agitant la main pour lui dire au revoir. Un charmant monsieur. Kantô semblait être une région des plus agréable, les individus aimables, gentils et serviables... Enfin, pour ceux que j'avais rencontré jusqu'à maintenant.
Je laissais Charly sortir de sa pokeball, ma Leveinard poussant un soupire de bonheur à l'air libre. Prenant mon bras, elle me guida néanmoins en direction de la pension avec sa douceur habituelle, m'indiquant même où appuyer pour sonner à la porte. J'ai tellement hâte de voir le résultat de cette attente... Et aussi de pouvoir parler à nouveau avec Miné et monsieur Sôma ! Sans vraiment m'en rendre compte, je m'étais prise d'affection pour l'assistante de monsieur Sôma, sans vraiment savoir pourquoi. Peut-être parce que nos personnalités se ressemblent ? Une moue contrit se glissa sur mon visage alors que je détournais la tête, la chassant au plus vite. Je n'allais pas montrer une mauvaise tête à mes marraines de la couture !



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Eleveur Kantô

C-GEAR
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Région : Kantô
Jeu 2 Nov - 20:27
Notre jeune cliente aveugle, Cécilia, Miné et moi nous trouvions désormais juste devant le grand parking où nous avions garé la voiture et l'heure de nous séparer était proche ; mais avant cela, il nous restait à convenir de la date du prochain rendez-vous et à éclaircir de derniers détails. Ce fut très intrigué que je regardai la demoiselle Stanford sortir un téléphone semblable à aucun autre, puis écoutai son agenda vocal nous dévoiler le menu de ses rendez-vous ; et puis, elle nous annonça qu'elle était libre deux semaines plus tard et qu'elle pourrait peut-être se déplacer jusqu'au Bourg-Palette comme je le lui avais demandé. « Deux semaines pour le prototype et deux nouvelles semaines pour effectuer des retouches s'il y a besoin, c'est plus que suffisant ! » m'exclamai-je. « Mais comme tu l'as compris, ce sera beaucoup plus simple pour nous si tu viens directement nous voir dans notre boutique au Bourg-Palette ! Avec notre matériel et le salon à disposition, nous pourrons travailler directement sur la tenue en ta présence, et peut-être te la donner sans avoir besoin de nous revoir une nouvelle fois. Qui plus est, si nous devons à chaque fois nous rendre à Johto, cela risque d'allonger les délais... » Je n'avais aucun doute sur le fait que nous trouverions de toute façon le moyen de rendre la tenue parfaite à temps ; mais le trajet jusqu'à Mauville nous imposerait de modifier notre planning, en plus de ne pas être pratique, et j'espérais donc vraiment que nous trouverions un compromis – sans quoi, tant pis, ce serait son porte-monnaie qui en ferait les frais. La jeune femme parut comprendre la nécessité de nous voir sur notre lieu de travail et nous convînmes d'un rendez-vous pour exactement quatorze jours plus tard, à l'heure près. « Eh bien, c'est parfait ! » Miné notait. « Nous sommes facilement trouvables sur Internet, pour que vous puissiez prendre connaissance de notre adresse et d'un plan », annonça-t-elle ensuite – elle était vraiment consciencieuse, il était vrai que notre jeune cliente ne pourrait pas lire notre prospectus ni aucun schéma que nous aurions pu lui tracer. Nous n'avions pas pensé au braille au moment de faire imprimer nos cartes de visite. « Si vous avez le moindre souci pour nous trouver, n'hésitez pas à nous appeler ! Vous pourrez aussi demander aux commerçants ou à l'office du tourisme du Bourg Palette, c'est une très petite ville. »

Nous reprîmes ensuite la discussion au sujet de la future tenue de la jeune femme pour préciser certains détails : Midley avait déjà des idées de ce que j'avais appelé « accessoires », et elle nous dressait en fait certains de ses désirs pour l'apparence globale de ce qui serait son costume. Miné et moi l'écoutions avec attention, car si nos propres idées pour cette commande avaient déjà germé et même bien poussé dans nos têtes pendant que nous étions dans le café avec la jeune femme, il était toujours essentiel de prendre en compte certaines des idées des clients, les plus adaptées, afin de réaliser une tenue à laquelle ils avaient l'impression d'avoir un peu participé. Dans le cas de Midley, mon intérêt était d'autant plus titillé que la demoiselle étant aveugle, je m'interrogeais vraiment sur la façon dont elle imaginait mentalement les vêtements. Des « manchons aériens », oui, on pouvait aisément penser à cela pour les bras, dans un tissu transparent, de la mousseline bleue, ou violette, majorelle – la tenue de Midley serait bleu majorelle. J'eus une petite exclamation lorsque notre interlocutrice évoqua les kimonos en jugeant bon de les définir – « c'est un habit traditionnel de Johto » – mais évidemment, puisqu'elle n'y voyait pas, elle ne pouvait pas le savoir ! Je souriais, amusé, en songeant à combien surprenant c'était d'avoir un aveugle face à soi, et je répondis : « J'ignore de quelle façon tu as appris notre existence et pourquoi c'est à nos services que tu as choisi de faire appel, mais tu n'as pas dû avoir lecture de notre site jusqu'au bout, car dans le cas contraire, tu saurais que je suis un spécialiste de la confection de kimonos ! J'en porte justement un en ce moment-même », ajoutai-je en étendant les bras pour dévoiler les longues manches vermillon et fleuries, bien que cet étalage de couleurs ne pusse avoir aucun effet sur mon interlocutrice, tandis que Miné riait doucement de mon élan d'enthousiasme. Je repris mon sérieux pour réfléchir aux idées apportées par Midley. Il était vrai que la jeune femme, vivant à Johto, devait avoir connaissance des traditions de cette région dont était originaire ma famille... Si elle partageait mon goût pour les kimonos, je trouvais que ceux-ci étaient des vêtements plutôt lourds, au contraire de l'esprit « aérien » qu'elle avait évoqué en premier. En revanche, il nous serait sûrement possible de conserver la thématique de « prêtresse », en nous inspirant peut-être d'autres types de vêtements traditionnels... « Je te remercie pour ces détails, nous les garderons à l'esprit au moment de dessiner ta tenue », lui répondis-je donc. « Ne te fais aucun souci, elle sera parfaite ! » Et Miné et moi rîmes lors de sa conclusion : « Oh, mais il n'y aura pas de « si »... » « ...Ils s'extasieront forcément ! »



Deux semaines avaient passé. C'était une période plutôt calme pour les petites maisons de couture comme la nôtre car aucune fête ni congés particuliers n'étaient en vue ; en revanche, l'approche d'un concours de coordination nous amenait plusieurs coordinateurs dont certains commençaient à devenir des clients réguliers. Nous travaillions notamment sur une robe pour la belle Elisa Kanes, qui fréquentait désormais notre boutique comme notre pension, ainsi que sur quelques autres commandes mineures en parallèle au costume "modulable" pour Midley Stanford. Il nous fallait trouver suffisamment d'idées pour bien nous renouveler d'une tenue à l'autre quand elles portaient sur le même thème, mais "l'astrologie" était très inspirant et ce n'était jamais pour les phases de création de ce genre que nous peinions. Nous n'aurions pas été les stylistes Akichi Sôma et Miné Kuramaé, sinon !

Et le jour et l'heure du rendez-vous avec Midley arrivèrent. J'étais en train de remplir des papiers administratif pour Akichi's Beautiful Land, la seule et unique tâche ennuyeuse, mais ô combien ennuyeuse, de notre métier, tandis que Miné dans sa robe de domestique cousait des boutons sur un corset assise à son bureau. La tenue pour Midley, neuve et étincelante, reposait suspendue à plusieurs cintres dans notre placard des commandes terminées. Quand la sonnette du portail retentit, ce fut mon assistante qui se leva pour aller ouvrir ; j'étais moi-même en train de réunir les papiers, mais, comme je le vérifiai à ma montre, la demoiselle avait un peu d'avance ! Et je pris place dans la boutique, m'assurant d'un bref coup d'œil que tout y était en ordre, tandis que Cécilia allait, sur ma demande, reposer la pochette à papiers dans le bâtiment.

« Entrez, mademoiselle Stanford ! Je suis ravie de vous voir, vous êtes encore plus ravissante qu'il y a deux semaines ! Bienvenue chez nous ! » C'était avec un intense enthousiasme que Miné accueillait notre tant attendue cliente au portail du jardin, lui donnant son bras pour l'orienter dans la grille. Une petite boule de poils qui poussait d'une voix aiguë de joyeux « Lii ! Lii ! » surgit gaiement dans leurs jambes : « Celui qui vient vous voir est Dragée, notre Evoli ! Il est très gentil, j'espère qu'il ne vous dérange pas... Oh, mais vous avez vous aussi un nouvel ami ! Bonjour, toi ! » La présence de Dragée, toujours prompt à venir quémander des câlins auprès des visiteurs, fut un bon prétexte pour Miné à s'agenouiller et tendre la main afin de faire connaissance avec l'étrange créature rose et rondouillette qui accompagnait Midley. Mon assistante se redressa ensuite et guida Miss Stanford jusqu'à l'entrée de la boutique, droit devant elles, tout en prenant de ses nouvelles : « Alors, le voyage s'est-il bien passé ? J'espère que vous n'avez pas eu trop de mal à nous trouver ! »

Enfin, elles entrèrent dans la boutique où j'accueillis à mon tour notre cliente comme il se devait. « Midley ! Bienvenue dans la Boutique Akichi, jeune demoiselle ! Tu as quelques minutes d'avance... Je suis heureux de constater que tu as pu faire le voyage jusqu'à nous ! Alors, est-ce que tout va bien depuis la dernière fois ? Qu'est-ce que tu penses de la boutique ? » « Voulez-vous boire un thé ? » demanda Miné, le ton plus posé, tout en déchargeant la jeune femme de ses affaires. Mon assistante conservait toujours le vouvoiement qu'elle employait même avec certains de nos proches, mais de mon côté, j'avais décidé de continuer à tutoyer la demoiselle puisque cela m'était plus naturel.


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Eleveur Johto

C-GEAR
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Région : Johto
Lun 13 Nov - 14:27
Ce fut Miné qui vint m'accueillir au portail, dans sa chaleur habituelle. Mon visage s'illumina et mon sourire n'en fut que plus radieux. J'avoue que je me sentais toujours un peu "bête" de ne pas avoir lu la description de la boutique de monsieur Soma jusqu'au bout et de ne pas avoir connaissance de sa "spécialité". Une honte suprême qui me restait encore un peu ne travers de la gorge et pour laquelle je n'avais ni trouvé le temps ni même l'occasion appropriée pour m'en excuser. Alors me retrouver directement face à monsieur Sôma, dans mon état d'esprit... Cela aurait été plutôt malaisant.
Comme d'habitude, l'assistante me mit presque instantanément à l'aise, m'offrant même un compliment. Je ne pus cacher mon embarras face à une douceur à laquelle je ne pouvais répondre. Ma seule idée possible de compliment m'échappa naturellement, bien que, à mon sens, bien moins flatteuse : "Je vous remercies de votre accueil, Mademoiselle Kuramaé! Vous semblez vous aussi en forme !" Charly se décala lentement pour laisser la place à l'assistante qui commença à me guider sur un petit chemin, semble-t-il, en direction du bâtiment de la boutique.
La surprise se glissa sur mes traits lorsque je pus sentir glisser le long de mon jean une fourrure tiède. Rapidement, Miné m'expliqua la provenance dans cette étrange sensation. "Ne vous inquiétez pas, ça ne me dérange absolument pas! J'ai depuis peu recueillie une petite Goupix Blanche et cette dernière est aussi très affectueuse. J'ai simplement été un peu surprise mais ce n'est pas désagréable" chantonnais-je tranquillement, tandis que Charly saluait d'un ronronnement mademoiselle Kuramaé. "Charly est la petite Ptiravi que vous aviez précédemment rencontré... Elle a évoluée depuis peu, ce fut une grande surprise et un honneur pour moi... J'ai entendu dire que ces pokemons n'évoluaient qu'à condition d'être heureux avec leurs dresseurs alors..."
Je gratifiais mon amie d'une caresse affectueuse sur le haut de son crâne, mes doigts s'enivrant de la douceur de son duvet la couvrant. Elle était tellement douce... Mais il me fallait bien vite revenir à la réalité, sachant que Miné s'adressait à moi. "Très bien, merci ! J'ai pris le train puis le taxi pour venir jusqu'ici. Mon chauffeur a été très patient et connaissait plutôt bien le chemin pour venir depuis la gare, j'ai eu de la chance. C'est formidable que Kantô et Johto soient des régions côte à côte, les déplacements sont bien plus simples et moins coûteux que prendre l'avion." Il y avait aussi la possibilité de passer par la voie des airs mais le voyage à dos de pokemon m'angoisse un petit peu, et surtout seule... Le moindre accident et les choses peuvent si vite déraper... Cette idée me glaça le sang mais il me fallait chasser au plus vite ces sentiments négatifs, la différence de chaleur - en plus du bruit de la porte - m'indiquant que nous étions à présent en intérieur.

La boutique dégageait une odeur sucrée, douce... Je pouvais sentir sans peine une atmosphère élégante, imaginant les portants couverts de milles et unes étoffes. Je fantasmais peut-être mais l'image mentale que je dessinais me semblait simplement féerique.
La voix de monsieur Sôma me crispa presque immédiatement mais je fis mon maximum pour me détendre, bien consciente de ne pas être dans une situation de "danger". Je ne pouvais me sortir de la tête que le styliste dégageait une aura intimidante, allons savoir pourquoi ! Je repris au plus vite un sourire détendu, inclinant la tête dans sa direction pour le saluer poliment. Bonjour monsieur Sôma, merci de votre accueil ! Je me porte bien, merci. Mes compagnons et moi-même avons poursuivi notre entrainement et je pense que nous sommes sur la bonne voie. Voici Charly, ma Ptiravi qui a évolué depuis notre dernière rencontre, je ne sais pas si vous vous souvenez de son ancienne appararence." Cette dernière, une fois encore, salua mon interlocuteur et je la sentis s'éloigner de moi, allant sans doute contempler les différents vêtements et habits par curiosité. La connaissant, elle voudra repartir d'ici avec une élégant petit tablier. Ou une robe de princesse. Je réprimais un rire à cette image, consciente que monsieur Sôma ne comprendrait sans doute pas cet éclat soudain. "Votre boutique dégage une atmosphère agréable et apaisante... Je ne sais pas si le mot est adéquat mais je dirais... "Brillante" ? Et l'odeur du tissu est assez particulière mais je l'apprécie alors... On dirait un peu un conte de fée."
Je me sentis rougir, consciente que je disais sans doute des choses sans queue ni tête pour le styliste. Au moins, je tentais de m'exprimer, renvoyant ma timidité qui me sommait de me taire plutôt que de dire des bêtises. Miné me proposa une boisson et je lui répondis avec enthousiasmes: "Un thé, oui, avec plaisir !"
Je laissais ma tête aller et venir, de droite à gauche, m’imprégnant de la salle avant de retrouver la présence de monsieur Sôma : "Et vous, comment allez vous ? Le travail à la boutique se passe-t-il bien ? J'espère ne pas vous avoir trop débordé... Je suis impatiente d'essayer le résultat de votre travail en tout cas."
Je ris sobrement, passant une main dans mes cheveux. Je m'étais préparée, à la fois physiquement et mentalement, pour cet essayage. C'est assez troublant, de se dire qu'on est la seule personne a ne pas pouvoir s'admirer soi-même. A dépendre de la subjectivité des autres. C'est ainsi que fonctionne les concours, aussi, bien évidement. Mais... Cela reste une sensation quand même particulière.



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Eleveur Kantô

C-GEAR
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Région : Kantô
Ven 22 Déc - 23:15
Miné constatait avec plaisir que la demoiselle Stanford paraissait en forme, qu'elle appréciait la présence de Dragée, et qu'elle était décidément des plus ravissantes : nous avions vraiment bien fait d'accepter de la prendre pour cliente, même si sa commande un peu particulière nous avait pris du temps, et mon assistante brûlait d'impatience de lui faire essayer sa tenue. Elle accueillit le compliment que lui adressa Midley puis ses explications au sujet d'une Goupix blanche avec de petits mots d'approbation tout en la conduisant vers notre boutique, la guidant par le bras comme marchent parfois ensemble des amies proches ; mais elle marqua une pause en entendant les informations de la coordinatrice sur l'évolution de son Pokémon rose, Charly. « Vraiment ? Eh bien, cela signifie que cette petite vous aime beaucoup, alors ! Vous devez très bien vous occuper de vos Pokémon ! Mais je n'en doutais pas ! » Midley lui exposa encore la façon dont son trajet jusqu'au Bourg Palette s'était déroulé ; et c'est ainsi que, tout en conversant, elles arrivèrent dans la boutique où je les attendais.

J'accueillis notre jeune cliente avec enthousiasme et exubérance. Il n'y avait pas un endroit au monde où je ne me sentisse pas parfaitement dans mon élément, tout du moins parmi ceux qu'il m'arrivait d'honorer de ma présence, mais ma boutique était mon univers : c'était bien ici que je me sentais le plus libre d'être moi-même, et j'étais toujours ravi de la faire découvrir à ceux qui ne la connaissaient pas encore. Midley étant aveugle, elle ne put s'extasier dès son arrivée sur la beauté des vêtements arborés par les quelques mannequins ou sur le raffinement de l'agencement des rayonnages (encore qu'elle eût pu faire un effort, car enfin, une telle harmonie d'atmosphère, cela doit se percevoir au moins par les yeux de l'âme), mais, polie, elle commença par saluer. « Ravi de savoir que tu penses être sur la bonne voie ! Tu pourras le tester dès le concours de coordination ! …Oh, mais oui, je me souviens de ce bonbon rose ! Il a bien grossi. Toujours avec son œuf ? C'est une oophage ? » J'avais appris ce mot récemment en naviguant sur le W.A Dex : je trouvais qu'il convenait particulièrement bien à Tamago, le Pique-à-Choux dont nous nous occupions pour Kakéru, et j'étais très content de pouvoir encore le caser. L'étrange petite boule rose, qui était à présent plus grosse que petite, en réalité, s'éloigna de sa maîtresse pour fureter parmi les rayonnages et je songeai qu'avec sa couleur douce, elle faisait un très agréable effet dans une boutique de vêtements comme la nôtre : je devinais sans même avoir besoin de la regarder que Miné, en cet instant précis, devait la suivre des yeux aussi et frémir d'envie de la couvrir d'accessoires. Mais la demoiselle Stanford s'était mise à exprimer ses impressions sur notre boutique – des impressions qui me firent un fort effet.

« Eh bien ! Tu en vois beaucoup de choses, finalement, avec les yeux de l'âme ! » m'exclamai-je, avec une soudaineté qui aurait pu surprendre quelqu'un n'étant pas habitué à ma spontanéité (mais à mon contact, on s'y habituait sûrement vite.) « C'est fantastique si notre boutique t'évoque un conte de fées, et uniquement grâce à tes impressions non visuelles ! "Brillante", oui, c'est exactement la sensation que nous essayons de communiquer ! Ainsi qu'"apaisante" et "agréable"... Tu sais, chère Midley », repris-je en lui prenant la main, par le poignet, comme un professeur instaurant un contact avec son élève afin de mieux lui inculquer son savoir, « pour mon assistante et moi, de beaux vêtements doivent permettre à ceux qui les portent de se sentir bien dans leur peau et de pouvoir s'affirmer tels qu'ils sont vraiment en eux-mêmes ! Alors, pour que nous puissions proposer des services adaptés à chaque personne individuellement, nous avons besoin d'une atmosphère de confiance, d'un univers qui apaise ceux qui y pénètrent. C'est pour cela que ton commentaire ne peut que me faire intensément chaud au cœur ! »

Miné ramena la conversation à un niveau plus immédiatement terre-à-terre, mais pourtant presque aussi important, en demandant à la jeune femme si elle souhaitait boire un thé. En entendant la réponse de notre cliente, je ne pus que commenter « Et en plus, cette demoiselle a bon goût ! », avant de reprendre à l'adresse de Miné : « Prépare une théière de thé vert alors, s'il te plaît ! » ; car il y a thé et thé, et rien n'égale celui concocté avec tout l'art des traditions johtoiennes. Pendant que mon assistante s'affairait dans la cuisine, Midley me demanda si notre propre travail se passait bien. « Oh, tout va bien pour nous, bien sûr, ne t'en fais pas ! C'est vrai que ta commande nous a occupés un certain temps, parce qu'elle différait de ce que nous avons l'habitude de faire, mais c'était intéressant de travailler sur un tel projet et nous sommes très satisfaits du résultat ! J'espère que tu le seras tout autant lorsque tu l'essaieras. Tu as bien raison d'être impatiente. »

En attendant le retour de Miné, j'invitai la jeune femme à faire un petit tour de la boutique et lui présentai l'emplacement de diverses collections. « Nous avons ici un petit rayon enfants, avec des robes, des manteaux, quelques ensembles, et plusieurs déguisements... À côté, notre coin accessoires pour Pokémon, nous pourrons les regarder tout à l'heure pour ton compagnon si tu le souhaites, elle serait sûrement adorable avec certains d'entre eux. Et ici, ce sont les kimonos. Bien sûr, nous vendons ces modèles en exposition mais nous pouvons aussi confectionner des tenues personnelles, qu'il s'agisse d'adapter les prototypes ou de créer un tout nouveau vêtement, comme nous l'avons fait pour toi... Nous sommes une maison de couture avant tout. Évidemment, le prix varie en fonction du travail. Et de ce côté, c'est notre tout nouveau rayon, consacré à la lingerie féminine, grâce à notre nouvelle associée qui n'est pas là aujourd'hui ! C'est encore en phase de test, et les articles ne sont pas de notre marque. » Comme Midley ne pouvait rien y voir, je lui tendais certains vêtements au fur et à mesure de la présentation afin qu'elle les touche, plus afin de soutenir mon discours que dans une véritable intention étant donné que tâter des tissus ne devaient pas lui évoquer grand chose. Un joyeux « Toge-tiiic ! » nous indiqua que Cécilia était de retour dans la pièce, et le petit ange blanc voleta vers Midley qu'elle salua de sa voix chantante avant de s'intéresser au bonbon rose qui accompagnait notre cliente. Miné revint ensuite avec la théière et trois tasses qu'elle remplit et nous tendit.

« Bien ! Je suppose qu'il est temps de te faire essayer ta tenue à présent, n'est-ce pas ? » demandai-je avec un nouvel entrain en me retournant vers notre cliente du jour, après avoir bu quelques gorgées de ce thé divin et remercié Miné pour sa serviabilité, semblable à d'ordinaire : toujours si bienveillante, toujours si appréciée. « Oui, allons-y ! » renchérit immédiatement Miné. Et nous nous rendîmes en compagnie de Midley dans la pièce d'à côté, là où se trouvaient les commandes et la cabine d'essayage. Nous ouvrîmes le placard des vêtements terminés : accrochée à plusieurs cintres, attendant sa future propriétaire, reposait là la tenue "modulable" bleutée...



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Eleveur Johto

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Mer 3 Jan - 14:32
Miné s'éloigna pour aller préparer un thé, m'abandonnant donc en compagnie du styliste qui me semblait beaucoup moins distant qu'à notre rencontre à Ecorcia. Peut-être se sentait-il plus à l'aise en terrain connu qu'à l'extérieur ? Je n'avais pas vraiment envisagé cette hypothèse auparavant mais elle pourrait me sembler plausible, étant donné sa spontanéité et son enthousiasme soudain. Ou alors est-ce ce qu'on nomme le fameux effet "seconde rencontre" qui rend cet entrevue un peu moins formelle ? C'est possible aussi, je ne chasse pas cette idée de mon esprit.
En tout cas, sourire me sembla de moins en moins difficile et même si le contact de la main du styliste sur la mienne - main très douce d'ailleurs - m'avait légèrement perturbé sur le coup, j'avais fini par m'en accommoder et ne pas trop me tracasser. J'étais heureuse de constater que mes impressions puisse lui faire autant plaisir et corresponde aussi bien aux intentions du propriétaire de la boutique. Si j'avais été à l'école, j'aurais peut-être reçu un bon point pour ça ! Baissant légèrement les yeux, sentant mes joues roussir sur le coup, je marmonnais un peu trop faiblement peut-être : "Je ne fais qu'exprimer ce que je ressens vous savez, ce n'est rien d’extraordinaire..." ; puis je repris plus confiante : "Au moins, soyez rassuré alors : d'un point de vue sensoriel, votre boutique correspond à ce que vous souhaitez!" Un faible rire quitta mes lèvres, espérant que ces quelques mots puissent rassurer le flamboyant propriétaire des lieux.
Je suivais monsieur Sôma dans la boutique, écoutant chacune de ses paroles avec une attention toute particulière. Le fait de savoir que ma commande ne les dérangea pas fut un premier soulagement. J'avais bien conscience que c'était une demande hors norme et sollicitant bien plus que quelque chose de classique ; et les incommoder, bien qu'il s'agisse de leur travail, aurait éveillé en moi un soupçon de culpabilité. Il me présenta les rayons, les articles, et chargea mes bras de différents tissus et matières dont je pouvais tester le toucher et la coupe du bout des doigts. C'était assez amusant comme expérience, je ne m'attendais pas à ça en venant ici - simplement un essayage en fait. D'ailleurs, la proposition de monsieur Sôma ne tomba pas dans l'oreille d'une sourde puisque Charly sembla émettre un couinement appréciatif et demandant à mon attention, m'indiquant son désir de faire elle aussi quelques emplettes. Je souris avec tendresse, adressant au couturier un doux : "Charly semble enthousiaste à l'idée de se faire habiller chez vous aussi, monsieur Sôma... Vous savez plaire à la clientèle, c'est certain." Puis soudain, je me souviens... D'ailleurs, vous l'avez qualifié de oophage tout à l'heure... Je ne vous ais pas interrogé à ce sujet mais... Qu'est-ce que ça veut dire ?" Malheureusement pour moi, mon lexique n'est pas encore assez développé pour connaître ce mot, bien que j'en connaisse d'autres comme oxymore ou encore tarabiscoté.

L'apostrophe de la Togetic me tira de mes réflexion, cette dernière dégageant assez de vent à ma gauche pour m'indiquer sa position. Je tendis naturellement la main pour lui caresser la tête, espérant assez bien visé sans trop d'assistance. Je la saluais d'un sourire alors que Charly ronronna à mes côtés pour attirer son attention, sans doute elle aussi désireuse de faire plus ample connaissance avec la mascotte de la boutique.
Je déposais les tissus que monsieurs Sôma m'avait confié sur un petit portant non loin lorsque Miné revint vers nous, l'odeur du thé emplissant la pièce et venant se glisser jusqu'à mes narines. Je tendis les mains pour qu'elle puisse me servir sans danger, portant ensuite la tasse à mes lèvres. Tout simplement... "Délicieux... Le thé est très bon Miné, merci beaucoup..."
Je ralentis le rythme de mes gorgées, ne voulant pas pour autant me brûler les lèvres ou la langue et perdre la saveur de la boisson par la même occasion.
Le styliste en profita pour annoncer qu'il était temps de passer à l'essayage ! Je l'aurais presque oublié, celui-là. Remerciant Miné une nouvelle fois, je lui rendis ma tasse encore à demi-pleine, cette dernière pouvant sans doute attendre mon retour de cabine.

J’emboîtais ainsi le pas de Miné et de monsieur Sôma, percevant le grincement d'une porte qui s'ouvre puis qui se ferme, indiquant notre passage dans une autre pièce. Je laissais Miné me guider en direction de la cabine, essayant de m'y sentir à l'aise. Je retirais soigneusement chacun de mes vêtements, les pliants avant de les poser dans un ordre stratégique sur un petit tabouret, me retrouvant à présent en sous-vêtement. Plus qu'à attendre la tenue et à m'habiller avec. Ou alors laisser Miné s'occuper de m'habiller aussi, je ne sais pas trop comment nous sommes censé procéder en fait...

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Eleveur Kantô

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Région : Kantô
Lun 29 Jan - 17:03
Depuis que Midley était arrivée, l'ambiance dans la boutique était toute à la joie et à la volubilité. Il en était très souvent ainsi lorsqu'un client venait chercher le résultat d'une commande qu'il nous avait passée : Miné, Cécilia et moi frémissions d'impatience à l'idée de présenter notre création à la personne à qui elle était destinée, de lui montrer le résultat de notre art, de découvrir son avis sur la tenue qui nous avait tant occupés, de voir l'émerveillement se peindre sur son visage ou, il fallait aussi savoir l'envisager, une légère vague de scepticisme, qui nous indiquerait que nous n'avions pas parfaitement bien su cerner les attentes de la personne à habiller et que nous devions donc encore progresser pour les comprendre à coup sûr... Bien entendu, ce dernier type de situation arrivait extrêmement rarement, et la plupart du temps, c'étaient plutôt Miné et moi qui, en examinant notre travail une fois porté, nous rendions compte de ses petites imperfections, et annoncions au client qu'il nous faudrait le retoucher un peu avant de pouvoir le lui laisser quand lui s'affirmait déjà amplement satisfait. Un vêtement n'acquérait en effet l'entièreté de son existence qu'une fois porté par la personne pour qui il était fait ; avant cela, ce n'était que des bouts de tissus cousus les uns avec les autres, peut-être savamment agencés, mais encore dénué de vie, de sa véritable essence ; c'est pourquoi l'essayage était un moment si important pour nous, et plus encore dans les cas de vêtements tout à fait nouveaux et sur la conception desquels nous avions passé beaucoup de temps comme la tenue modulable de Midley Stanford.

C'était dans cette bonne humeur que Miné était partie préparer du thé tandis que je présentais, pour l'occuper et parce que j'en avais envie, les différents rayons de notre boutique à notre cliente du jour. Celle-ci se montra très ouverte et cordiale, approuvant par exemple ma suggestion de regarder les accessoires pour embellir sa petite compagne-Pokémon une fois que son propre essayage serait terminé. « Eh bien, je suis ravi de l'apprendre ! » Elle me demanda ensuite ce que signifiait "oophage", ce qui me fit assez théâtralement hausser les sourcils. « Comment ? Tu ne connais pas ce mot ? Oh, mais ne te morfonds pas pour cela : tout le monde ne peut pas avoir un vocabulaire aussi développé que le mien... "Oophage", ma chère Midley, cela signifie "qui se nourrit exclusivement d'œufs" ! Ce qui me paraît un terme très approprié pour cette petite créature qui se balade toujours avec un œuf entre les pattes ! Miné et moi nous occupons d'ailleurs d'un autre Pokémon oophage, un Pique-à-Choux, peut-être lui et ton amie s'entendraient-ils bien ! À moins qu'ils ne deviennent rivaux, à toujours lorgner sur le repas de l'autre, c'est une autre possibilité... » La nourriture était un grand révélateur des affinités que deux personnes pouvaient entretenir.

Cécilia revint, Miné aussi avec le thé, et après une petite pause consacrée à l'apprécier, il fut temps de passer à ce que nous attendions tous : la présentation de sa tenue à Midley !

Nous nous rendîmes dans la pièce consacrée aux essayages et aux retouches des commandes, refermant la porte derrière nous. Secondé par mon assistante, je sortis précautionneusement les cintres sur lesquels le vêtement reposait du placard, veillant à n'emmêler ni à ne faire tomber aucun des morceaux de la tenue, car celle-ci, c'était le principe, se composait de nombreuses "pièces détachées" et plusieurs de ces éléments étaient faits d'un tissu très fin qui glissait facilement de son porteur. « Et voici... » Évidemment, Midley ne put exprimer aucun avis devant la robe telle que je la lui présentais puisque, aveugle comme elle l'était, ses yeux ne lui servaient à rien, et ceux de son âme ne fonctionnaient vraisemblablement que pour les atmosphères générales. « Nous vous laissons vous déshabiller, d'accord ? » fit doucement Miné en guidant notre jeune cliente vers une cabine dans laquelle elle pourrait se départir de ses vêtements à son aise. Cependant, pour lui faire essayer les différents morceaux de sa "tenue modulable" et juger de s'ils lui allaient ou non, il faudrait bien que nous la voyions tous les deux en sous-vêtements : un tabouret était installé pour l'essayage à quelques mètres de la cabine, suffisamment écarté des murs, eux-mêmes partiellement cachés par deux grands miroirs en pied, pour que nous puissions lui tourner autour, et gardé hors de vue des fenêtres par un paravent de type johtoien traditionnel.

Pendant que la jeune femme se dévêtait, Miné et moi étalâmes les différentes parties de la tenue sur une table : la robe en elle-même, pièce centrale, au milieu, et, tout autour, les différents compléments, cape, tunique, bustier, manches, voiles, traîne, coiffe, que la jeune femme pourrait y ajouter au grès de ses envies et des besoins des concours. Le concept de cette robe était pour nous entièrement neuf ; et, ce qui était neuf aussi, c'était de présenter notre création à une aveugle, qui n'avait pu ouvrir de grands yeux ravis lorsque nous avions sorti sa commande du placard, mais qui jugerait tout sur la sensation de la robe une fois mise – et peut-être sur l'avis du bonbon rose qui l'accompagnait, celui qu'elle appelait "Charly". C'était Miné qui avait réalisé cela en cours de création : évidemment, lorsque nous imagions un vêtement, nous essayions de faire en sorte qu'il soit agréable, c'est-à-dire pas excessivement serré, que les tissus intérieurs ne soient pas des tissus irritants, et ainsi de suite. Mais cela restait généralement un point secondaire par rapport au rendu esthétique de la tenue... sauf que pour Midley, c'était ce "point secondaire", la sensation de la tenue une fois portée, qui allait composer son tout premier contact avec elle. Par conséquent, nous avions fait de notre mieux pour composer un vêtement le plus agréable à porter possible, quand bien même celui-ci était assez complexe compte tenu de ses nombreux morceaux.

Miné alla rechercher notre cliente dans sa cabine pour la guider vers le tabouret posé dans la pièce, quoique pour le moment, mieux valait qu'elle ne s'y asseye pas. « Ne soyez pas intimidée », lui dit-elle gentiment tout en marchant, « faire essayer les tenues fait aussi partie de notre travail ! Un paravent cache la fenêtre, vous n'êtes qu'avec nous ici », ajouta-t-elle, sans doute pour conforter la jeune aveugle. Je me présentai devant elle, la pièce centrale de sa tenue en main. Puisqu'elle ne pouvait rien y voir, mais qu'il fallait quand même qu'elle soit au courant de ce qu'elle mettait, j'avais décidé de lui en présenter tous les éléments au fur et à mesure, et je commençai par l'informer de nos choix généraux.

« Pour ta tenue modulable, nous avons choisi de partir sur des tons de bleu. C'est une couleur qui s'accorde très bien avec celle de tes yeux et de tes cheveux, et elle est par ailleurs parfaite pour porter le thème de l'Astrologie qui est celui du prochain concours, car on associe souvent le bleu au ciel et à la nuit. Le bleu est une couleur qui peut véhiculer une impression de mystère, de rêve, mais aussi d'élégance, et c'est ce dont nous avons tenté de jouer avec les divers éléments qui constituent ta commande. Nous avons choisi des formes globalement évasées, longues et vaporeuses, ainsi que des tissus fins, pour accentuer ce thème du mystère et de la légèreté : avec ta morphologie et ta chevelure, nous pensons que ce sera parfait. Le motif de l'étoile apparaît à plusieurs reprises, mais tu peux le porter même en-dehors du concours, et retirer certains accessoires où il apparaît plus visiblement si tu le souhaites. Quant aux formes, elles peuvent évoquer une tenue de prêtresse, mais nous nous sommes aussi inspirés du thème de la sirène pour les éléments à superposer. La palette va du bleu outremer au bleu dragée, presque blanc, avec des touches de lavande à pervenche – c'est proche de tes cheveux –, un revers rose et un pêche pour la robe, et quelques notes de jaune pour les étoiles. Et voici donc la pièce centrale, à laquelle tu pourras ensuite ajouter des morceaux comme tu le souhaites... »

Tout en lui parlant, j'avais entrepris de lui passer la robe qui constituait le cœur de sa tenue modulable, Miné, postée derrière Midley, m'y aidant : c'était une longue robe bustier d'un dégradé de bleu allant de l'outremer au niveau des jambes au bleu lavande sur la poitrine. Elle était largement échancrée sur l'avant, dévoilant les jambes minces de la jeune femme, pour retomber jusqu'au sol derrière elle en deux pans de largeur égale, qui pouvaient former comme une très petite traîne si le modèle se déplaçait, mais aussi s'ouvrir ou former comme une corolle, suivant ses mouvements. Elle était doublée de rose sur l'intérieur – un tissu très fin, car nous avions tout fait pour éviter toute impression de lourdeur –, un voile couleur pêche formait comme un second jupon plus court, et elle était ornée de discrets dessins de constellations ainsi que d'une rangée de boutons, suivant la bordure, en forme d'étoiles. Enfin, un lien bleu foncé mi-visible mi-masqué, noué en lacet façon corset, resserrait sa robe à la taille ; mais au niveau de sa poitrine, il dessinait une étoile, et passait enfin jusque derrière son cou afin d'assurer une bonne tenue de la robe.

À elle seule, cette création aurait fait une excellente tenue de soirée, et j'étais déjà satisfait du résultat. Cependant, il restait plutôt simple... Et Miné et moi entreprîmes de faire essayer à notre jeune cliente tous les divers ajouts que nous avions créé pour enrichir cette pièce centrale, ponctuant notre essayage de quelques commentaires, mais nous refusant à poser notre appréciation globale avant d'avoir pu constater le résultat final.



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