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» 0.4 La Bête et le Beau


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Eleveur Johto

C-GEAR
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Messages : 2321

Région : Johto
Jeu 1 Juin - 21:08
" Bien le bonjour, Monsieur Akichi Sôma,
Je me permet de vous envoyer ce mail suite aux échos que j'ai pu recevoir au sujet de votre boutique de vêtement. Votre renommé vous précède.
Je me nomme Midley Stanford, je désire devenir coordinatrice. Malheureusement pour moi, il se trouve que je souffre d'un handicap certain dans ce domaine : la vue me manque. Comme vous pouvez vous en douter, il est difficile de se vêtir convenablement pour des représentations lorsqu'on ne peut deviner les couleurs ou même les ensembles qu'il serait bons à porter à chaque situation.
Comme vous vous en doutez donc, je suis à la recherche d'un styliste et costumier pour moi-même et mes pokemons pour accompagner nos prestations. Et mon choix s'est porté sur votre boutique.

Pourrions nous nous entretenir, si ma proposition vous intéresse ? Je me situe actuellement dans la ville de Mauville et vous devinerez sans peine qu'il m'est difficile de voyager. Si le voyage ne vous facilite pas la tâche, vous trouverez ci-joint à ce mail quelques photos qui ont été prises par un de mes amis.
En espérant que le modèle vous inspirera peut-être.

Au plaisir de recevoir de vos nouvelles,
Midley Stanford.
"
Pièce Jointe

---

Je me trouvais dans un café, le Sunday, à une table proche de la vitre. Il était tôt, un dimanche aux alentours de 9h ou de 9h30, je ne suis plus réellement certaine. Je tiens entre mes mains un chocolat chaud encore tiède, servi par la charmante serveuse qui avait été décontenancée quand je lui avais demandé de bien vouloir lire la carte à voix haute.
Monsieur Soma m'avait répondu et même proposé de me rencontrer. Sur l'instant, j'avais presque sauté de joie ! Mais maintenant, j'angoissais un petit peu à l'idée d'avoir une sorte d'entretien avec lui. C'était lors de ma visite dans le centre commerciale de Doublonville que j'avais entendu parlé de ce styliste réputé de Kanto. Lui faire faire le voyage, mon dieu ! Quelle plaie d'être infirme parfois.
Mes doigts se crispèrent sur ma tasse, alors que je baissais les yeux, guettant le tintement de la clochette de la porte. Nous avions rendez-vous vers 10h à peu près, j'avais pris beaucoup d'avance pour essayer de soigner au moins mes cheveux et aussi un peu mes vêtements - qui se résumaient encore à un jean simple taille basse et un t-shirt un peu trop grand d'une couleur quelconque, comment pourrais-je la voir de toute manière ?
Un soupire quitta mes lèvres qui se réchauffaient sur ma tasse de chocolat, la terminant par la même occasion. Tyb', assis à côté de moi, passa sa patte sur mon avant bras, sentant sans doute le stresse qui me rongeait les os. Toujours fidèle au poste...
La clochette sonna et mon attention soudain fut attirée dans mon dos. Je me retournais sur ma chaise, espérant vainement que je pourrais apercevoir le ou les nouveaux venus. Quoique, au bruit de pas sur le plancher, j'aurais dit que deux personnes venaient d'entrer dans le café.



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Eleveur Kantô

C-GEAR
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Région : Kantô
Lun 5 Juin - 22:28
Utilisation de la CS Vol.

Les premiers jours de travail de Karin comme employée de la boutique s'étaient très bien déroulés, presque mieux que je ne l'escomptais en prenant, avec Miné, la décision d'engager quelqu'un pour nous seconder maintenant que nous devions aussi nous occuper de la pension. Fidèle à l'impression qu'elle m'avait faite le jour où elle était venue chez nous se présenter, c'était une jeune femme dynamique, enthousiaste et souriante, qui se montrait toujours accueillante avec les clients et dont l'esprit artistique transparaissait dans presque chacune de ses paroles. Elle était très différente de Miné, mais sa présence apportait une atmosphère nouvelle dans la boutique qui se mariait très bien à la nôtre. Elle avait déjà sympathisé avec plusieurs clients et, certains jours où elle ne travaillait pas, on nous avait demandé « Mlle Karin n'est pas là ? », et Miné m'avait assuré que ç'avait été, parfois, avec une pointe de déception dans la voix. Ma chère assistante était cependant toujours aussi parfaite, et à peine ses interlocuteurs avaient-ils émis un regret quant à l'absence de sa nouvelle collègue qu'ils retrouvaient le sourire en se voyant le centre d'attention de la jeune femme aux cheveux noirs, à la tenue de domestique et aux gestes doux et sereins.

C'était dans cette ambiance de grande activité que j'avais reçu un e-mail qui m'avait aussitôt intrigué. Une jeune femme originaire de Johto qui s'orientait vers la carrière de coordinatrice faisait appel à nos services pour lui confectionner des costumes, ce dont elle ne pouvait s'occuper elle-même car elle était aveugle. J'avais ouvert de grands yeux devant mon ordinateur et relu plusieurs fois le mail pour être certain que j'avais bien compris, quoique je sache parfaitement lire et comprendre ce que l'on m'écrit et que cette vérification, inutile, traduisait seulement ma perplexité. Comment pouvait-on souhaiter devenir coordinatrice tout en était aveugle ? Le spectacle visuel me semblait pourtant l'essence même de la coordination ! Le grandiose, le cœur d'une prestation ! Le sublime, ce que l'on devait chercher à tout prix de sertir en son sein...! Pour moi, dont tout l'art de styliste reposait sur le sens de la vue et qui reproduisait cette même prééminence du visuel dans mes prestations de coordination, l'idée même d'un coordinateur aveugle me semblait un parfait contre-sens. Pourtant, j'avais un peu réfléchi et j'avais ensuite pensé qu'une prestation est également composée de sons, parfois d'odeurs, et d'une histoire, surtout, nombre de prestations ressemblant à de petites scénettes de théâtre – bien que, selon moi, il y fallait un côté spectaculaire en plus pour qu'elles deviennent de l'art véritable. Une prestation imaginée par une aveugle devait donc présenter une coordination d'un autre type, où la musique et l'histoire seraient bien plus réfléchis que le visuel et où certaines choses seraient peut-être plus suggérées que montrées... Découvrir cela et rencontrer une jeune femme qui s'y destinait pouvait être très intéressant. Et réaliser des costumes pour une personne qui, ne pouvant les juger par elle-même, laisserait libre cours à notre art... J'appelai Miné qui lut le mail et resta pendant plusieurs secondes silencieuse, en proie à probablement autant de pensées que moi.

« ...Mais qu'attend-elle de nous exactement ? » finit-elle par demander. « Voudrait-elle que nous lui fassions quelques costumes personnels par avance, ou pense-t-elle se tourner vers nous à chaque fois qu'un concours de coordination est annoncé ? » Il était vrai que le mail de Midley Stanford n'expliquait pas très bien de quelle façon la jeune femme imaginait nos services alors que cette question jouerait forcément dans notre réponse. Réaliser des tenues sur-mesure était long, donc forcément coûteux pour le client ; par ailleurs, suivant les concours de coordination, j'avais pu remarquer qu'il était parfois plus judicieux de choisir de se déguiser que d'intervenir sur la scène avec notre plus bel habit, et dans ce cas-là, la jeune femme qui nous appelait à l'aide pourrait peut-être se tourner vers d'ordinaires boutiques de déguisements plutôt que de demander nos services. Cependant, le cas m'intéressait vraiment ; et d'après la photo qu'elle avait jointe à son mail, la demoiselle était ravissante, ce qui ne pouvait que convaincre Miné qui adorait bien habiller les belles jeunes femmes qui faisaient appel à nous. Nous étions donc prêts à nous entretenir avec la demoiselle Stanford dès qu'elle le souhaiterait ; et justement, nous devions passer à Johto pour livrer des tenues au domicile de quelques clients.

Le café de Mauville où nous avions rendez-vous, le Sunday, arborait une façade des plus charmantes, ce qui ne pouvait que présager un entretien agréable – si tant était que les gérants savaient faire de bons thés. Nous n'eûmes aucun mal à trouver la demoiselle Stanford parmi les clients grâce à la photo qu'elle nous avait envoyée : sa coiffure atypique, cheveux mauves et longs, lui allait à merveille et je me demandai qui la lui avait conseillée, coiffeur, parents ou amis, puisqu'elle-même étant aveugle, elle n'avait pas pu réellement la choisir. Et elle était bel et bien aveugle, cela se voyait. Bien qu'elle se tournât vers nous lorsque nous passâmes la porte, ses yeux étaient bizarrement pâles et n'étaient pas directement dirigés vers nous, mais vers une sorte de vide, comme si elle regardait en direction du monde des rêves tout en se trouvant dans la réalité.

Elle était accompagnée d'une petite créature bleue avec de longues oreilles dont Cécilia, qui nous accompagnait évidemment, s'approcha avant même que nous n'eussions salué sa maîtresse. « Togiiii ! »

Bonjour ! Vous devez être Mlle Stanford ? Je suis M. Sôma avec qui vous aviez rendez-vous et mon assistante, Mlle Kuramaé, est avec moi, dis-je en restant debout devant elle et en lui tendant la main – mais je réalisai ensuite qu'elle ne pouvait la voir et allai donc chercher directement la sienne, afin de la serrer.
Enchantée, Mlle Stanford ! renchérit Miné.
Vous excuserez notre amie qui fait déjà connaissance avec votre compagnon... Elle s'appelle Cécilia, c'est une « Togetic », et elle est très sociable, ajoutai-je au sujet de ma petite amie ailée dont les pépiements avaient pu surprendre miss Stanford.

Nous nous assîmes à la table devant laquelle se trouvait déjà la demoiselle, prêts à faire plus connaissance ou à l'écouter nous présenter ce qu'elle attendait de nous.



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Eleveur Johto

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Lun 5 Juin - 23:38
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Point de vue de Tybalt

Je dressais les oreilles au tintement de cloche, mon attention rivée sur les nouveaux arrivants. En tête de file un homme au longs cheveux blancs et des yeux dorés, suivit d'une femme aux cheveux noirs, habillé avec un drôle de vêtement. On aurait dit ceux des femmes de ménages dans un dessin animé pour enfant. Sans oublier ses grosses lunettes qui lui donne plus un air de maîtresse d'école que de costumière. Ce qui me surpris le plus fut la furie volante opaline qui me fonça presque dessus en voletant par dessus de la table.
D'un mouvement, je fis un demi-pas en arrière, découvrant légèrement l'un de mes crocs en guise d'avertissement. C'est pas qu'elle a l'air gentille avec son ruban sur la tête mais moi et les premières rencontres... J'ai l'impression de revoir la fouinette folle du dresseur cendré de Mauville, en un peu plus évolué quand même.
Je secouais la tête, redressant le museau vers ma maîtresse qui semblait toujours dans l'embarras devant ces nouveaux interlocuteurs, tentant de bafouiller des salutations correctes, tenant à deux mains celle du styliste aux cheveux blancs

- Bonjour, enchantée monsieur Sôma et mademoiselle Miné, c'est vraiment un grand honneur de vous... Vous rencontrez, je n'espérais pas vraiment avoir de retour à mon mail, il devait être un peu brouillon et je n'en étais pas réellement satisfaite et puis heu...

Je levais les yeux aux ciels, me tournant vers elle. Ma patte glissa sur son avant bras avec douceur, remontant jusqu'à son coude. J’espérais au moins que ça la calmerait un peu. A la place, elle préférera me prendre dans ses bras et me poser sur ses genoux. Bon... Pourquoi pas.

- Oh, une Togetic C'est un pokemon assez rare, non ? S'enthousiasma-t-elle naturellement, comme à chaque fois que l'on parle de pokemon. Je vous présente Tybalt, c'est un Riolu et mon partenaire de scène ! Il est gentil même s'il reste méfiant avec les inconnus...

Elle baissa la tête dans la direction et je la gratifiais d'un délicat coup de museau affectueux dans le menton, gardant quand même un œil sur les deux nouveaux venus. Midley sembla d'ailleurs soudainement s'agiter.

- Je peux peut-être vous offrir quelque chose à boire ou à manger ? Vous avez fait bon voyage ? Je suis vraiment désolée de vous avoir fait déplacer jusqu'ici, vous devez être beaucoup occupée en plus de tout ça...

Une nouvelle panique, une de plus. Par réflexe, je caressais toujours son avant bras. C'était notre signe à nous pour signifier que tout allait bien et qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. Midley sembla comprendre qu'il fallait qu'elle se ressaisisse après quelques secondes, prenant une longue inspiration.

- Je suis désolée... Je n'ai pas vraiment l'habitude... Sa voix se fit plus basse. Je ne souhaite pas vous faire perdre votre temps... Du coup, voilà... Je n'ai pas réellement de vêtements me permettant d'accompagner les prestations en concours et je souhaiterais savoir si vous pourriez,
du coup, réaliser une tenue un peu plus présentable que... ça.


Finit-elle en se désignant elle-même, dans son jean et son tshirt vert un peu trop grand.

- L'argent ne sera pas un problème, se sentit-elle obliger d'ajouter directement. J'aurais besoin de votre aide pour faire un choix de couleur, d'aspect, de formes, ce genre de chose... Ce que je ne peux pas faire par moi-même. Et si possible d'adapter en fonction des prestations...
J'ai entendu parler de tenue qu'on pouvait changer juste en modifiant, en ajoutant ou en retirant certains éléments à une même base... Vous pensez pouvoir réaliser ce genre de choses ?


Elle regardait dans le vide, droit devant elle, les deux mains jointes sur la table. Moi-même, je guettais les réactions de ses interlocuteurs. C'est le monde de la "mode", mon but n'est pas de tout comprendre mais de savoir si ces personnes sont dignes de confiances...



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Eleveur Kantô

C-GEAR
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Région : Kantô
Mer 7 Juin - 19:22
La jeune femme devant nous était plutôt jolie : assez grande, très mince (presque trop d'ailleurs), les traits délicats, et cette longue chevelure mauve qui attirait le regard et soulignait agréablement sa silhouette. Avec une chevelure pareille, tous les vêtements n'allaient pas, et d'ailleurs le t-shirt vert qu'elle portait ne me semblait pas des mieux choisis : vert et lavande ne faisaient pas bon ménage. En revanche, on pouvait imaginer nombre de tenues qui s'harmoniseraient avec ces superbes cheveux pour gagner encore en beauté, comme sublimées, lorsque portées par cette demoiselle. Mais ce qui attirait cependant le regard chez Midley Stanford, outre ses cheveux, était ses yeux. Ils étaient d'une pâleur si étrange que j'avais l'impression de ne jamais pouvoir très bien savoir dans quelle direction ils regardaient, et alors même qu'ils prouvaient que celle qui les possédait était aveugle, ils mettaient presque mal à l'aise, comme s'ils contemplaient en réalité quelque autre monde dans le plus grand des secrets. Un coup d'œil à Miné m'avait permis de deviner qu'elle aussi était un peu embarrassée par ces yeux : alors que d'ordinaire, je l'aurais vue toute guillerette face à une si ravissante jeune femme qui promettait de bonnes séances de création à confectionner la tenue parfaite, l'espace d'un instant, j'avais eu l'impression qu'elle frémissait. Pourquoi notre interlocutrice ne portait-elle pas des lunettes de soleil ? J'avais déjà vu des personnes en arborer de très épaisses et marcher en s'aidant d'une canne blanche, et Hatori m'avait dit qu'il s'agissait d'aveugles, qui mettaient ces lunettes pour ne pas rendre mal à l'aise les autres passants autour d'eux. Mais je songeai ensuite que je n'aimais pas, après tout, parler avec des gens qui portaient des lunettes de soleil, car on ne savait jamais où ils regardaient : je n'étais donc pas certain que l'abord de Mlle Stanford aurait été plus simple si elle avait masqué ses yeux que maintenant.

De toute façon, Miné et moi savions à quoi nous attendre, si bien que nous avions gardé le sourire ; et lorsqu'elle prit la parole, la jeune femme parut beaucoup plus mal à l'aise que nous.

Votre mail était très bien, ne vous inquiétez pas, dis-je galamment, espérant la tranquilliser, tandis qu'elle me serrait la main avec ferveur.

Nous nous installâmes à table et l'attention de Midley se tourna vers Cécilia, qui était – évidemment – toujours appréciée de tous, même de ceux qui ne pouvaient observer combien elle était charmante, ce que je découvrais aujourd'hui (bien que je n'en eût jamais douté). Je m'étais déjà rendu compte avec nos clients de la pension que parler de Pokémon permettait souvent de lancer le dialogue, à croire que le monde entier était véritablement passionné par ces créatures, mais cela ne m'étonnait pas pour ce qui était de Mlle Stanford puisqu'elle nous avait dit vouloir se lancer dans la coordination.

...Il me semble que les Togetic sont plutôt rares, en effet. Nous n'avons encore jamais croisé de semblable de Cécilia, fis-je, tout en me demandant vaguement quel effet cela me ferait de croiser une Cécilia bis, si un jour cela devait arriver. Mais non – je ne croiserais jamais de Pokémon aussi ravissant que Cécilia, c'était impossible.
Enchantée, Tybalt ! ...Votre Riolu est très mignon ! s'enthousiasmait de son côté Miné.

Notre interlocutrice avait pris la petite créature bleue sur ses genoux, et celle-ci nous fixait désormais avec autant d'attention d'un scientifique examinant des cellules au microscope. Sa dresseuse reprit la parole, pour nous proposer de nous offrir quelque chose à manger puis se confondre en excuses.

C'est bon, je vous remercie, nous allons commander, refusai-je gentiment tout en levant la main pour attirer l'attention d'un serveur. Ne vous excusez pas, nous avions à faire à Johto de toute manière, et nous serons ravis de vous aider si cela est dans nos cordes !

Je commandai un thé vert et Miné, un thé noir aromatisé au citron. Le serveur s'éloigna, et Midley entama ses explications sur le service qu'elle nous demandait. Je fus tout d'abord content d'apprendre que nos prix ne seraient pas un problème pour elle : certains clients sous-estimaient le temps pris pour réaliser des tenues sur-mesure, et nous aurions plus de libertés en nous défaisant de cette contrainte. Je hochais la tête tout en l'écoutant, bien qu'elle ne pût le voir, et je remarquai que Miné avait sorti son carnet de croquis pour déjà tracer quelques traits. Dans ma tête aussi, de premières idées prenaient forme. Lorsque la jeune femme se tut, nous gardâmes le silence quelques instants, réfléchissant encore.

Très bien. Je crois comprendre ce que vous nous demandez, répondis-je enfin, du ton sérieux et professionnel que j'adoptais naturellement lorsque je parlais d'une commande avec un client. Soyez certaine en tout cas que nous ne nous faites pas du tout perdre de temps : si nous avons accepté de vous rencontrer, c'est parce que nous serions ravis de vous aider à trouver des tenues dans lesquelles vous serez superbe pour monter sur scène, et grâce auxquelles vous pourrez être sûre que vous vous sentirez bien. Je dois dire que j'ai déjà quelques idées rien qu'à vous regarder : avec vos longs cheveux mauves, je vous imagine à merveille dans des vêtements à camaïeu d'indigo ou de violet... avec peut-être quelques touches de jaune... Je regardai Miné qui acquiesça vivement, me signalant son approbation. ...Mais sans doute cela ne vous dit-il pas grand-chose, repris-je ensuite en secouant la tête, me souvenant de ce que sa cécité impliquait. En ce qui concerne des tenues que l'on peut modifier par soi-même, des tenues modulables, nous n'avons pas l'habitude de ce genre de créations, mais peut-être cela devrait-il pouvoir se faire avec des ajouts ou des variations de la hauteur de jupes, des manches... Peut-être une transformation du col, ou même de la forme de l'habit avec un système d'élastiques... Je réfléchissais à mesure que je parlais. Cela me paraît intéressant, je pense qu'il nous faudrait y réfléchir, conclus-je en jetant un nouveau regard à Miné pour guetter sa réaction.
Est-ce que vous voudriez que nous créions pour vous, sur-mesure, une tenue adaptée pour des concours de coordination, et que nous vous donnions quelques conseils pour vous choisir d'autres vêtements et accessoires venant par exemple de notre boutique, ou de n'importe où si vous allez vous acheter des vêtements accompagnée de quelqu'un ? interrogea mon assistante. Ou est-ce que vous aimeriez que nous réfléchissions ensemble dès maintenant à plusieurs tenues parmi lesquelles vous pourriez choisir selon la thématique du concours ? Je ne sais pas si un concours a déjà été annoncé auquel vous aimeriez participer, ou non...
Togiii ! lança Cécilia.


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Eleveur Johto

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Région : Johto
Ven 9 Juin - 14:48
Point de vue de Midley

Mes mains avaient spontanément rencontré les pattes de Tyb, en caressant le dessus doucement pour me distraire. Je n'avais pas d'avantage lieu de m'inquiéter, je pense avoir été claire dans ce que je voulais malgré mon manque de visibilité sur la question vestimentaire.
Je pouvais entendre le bruit d'un crayon sur du papier, sans doute que monsieur Sôma ou mademoiselle Kuramaé prenait des notes pour se souvenir de ma demande. Je sentais qu'une nouvelle atmosphère s'était installé autour de la table, une atmosphère pesante où grésillent les pensés et qui respire la concentration. J'avais la réelle sensation de faire face à des professionnels sur lesquels je pouvais compter. Au moins, je n'étais pas déçue ! Mes épaules s'affaissèrent d'elles-même et j'en profitais pour terminer mon chocolat chaud, guettant la moindre nouvelle interjection de la part de mes interlocuteurs. Détendue Middy, détendue...
Mon attention fut à nouveau captée par la voix de monsieur Akichi dont je commençais à m'habituer, surtout dans sa tonalité. Son air traduisait une personnalité flamboyante et sans doute affirmé, ce qui n'est pas étonnant dans le milieu de la coordination, ou même de la mode. Il devait être plutôt beau, si on pousse un peu plus loin encore la réflexion. Après tout, autant d'affirmation de soi ne peut venir que d'une valorisation de son soi, qu'il soit physique ou mental.
A côté, son assistance semblait bien moins affirmée mais d'avantage... Je ne sais pas, je sentais dans sa voix une forme d'attrait, une curiosité pétillante. Elle me faisait un peu penser à ma mère par moment quand je lui expliquais comment faire un jolie château de sable. Bon, je me dis qu'avec du recul, elle devait sans aucun doute faire semblant de porter autant d'intérêt pour une chose aussi simple mais ça n'enlève rien à la chaleur de sa présence dans mon souvenir.
Monsieur Sôma énuméra un grand nombre de proposition auxquelles j’acquiesçais une à une, tentant de visualiser ce qu'il sous entendait à travers tout ces termes plus techniques - un vrai professionnel. Et son assistante lui emboîta le pas de plus belle.

- Je pense m'inscrire au prochain concours mais celui-ci n'a pas encore été annoncé, donc je ne connais pas encore précisément le thème. Nous profitons de ce temps pour nous entraîner et nous améliorer... Et nous préparer

Tyb' poussa un léger grondement guttural, et mes bras se détachèrent de lui, lui permettant d'avantage de liberté. Il quitta mes genoux et je le devenais rejoindre la banquette à côté de moi - sans doute avait-il terminé son analyse.

- Il s'agirait d'avantage de la première option que vous me proposez, poursuivis-je. Comme vous l'avez souligné justement, les couleurs sont un concept très abstrait pour moi.

Avant même de m'en rendre compte, mes mains avaient commencée à bouger, comme pour essayer d'imager ce que je tentais d'expliquer avec des mots.

- J'arrive à "voir" certaines couleurs par mes sens... Je sais par exemple que le jaune est une couleur vive, éclatante, éblouissante à certains extrêmes, et qu'il s'agit de la couleur du soleil... Pareil pour le blanc, j'ai une... Sensation liée à ces couleurs mais je ne peux pas les différencier d'un vêtement A un vêtement B identique en tout point... Et aucune boutique ne pratique l’étiquetage des vêtements en braille...

Malheureusement, oui. Le monde n'a pas été fait pour rendre la vie des "anormaux" la plus simple du monde. Je fermais les yeux naturellement, continuant de parler.

- Si l'idée de vêtements amovibles vous inspire, je ne pense pas que j'aurais la nécessité de plusieurs tenues. Il faudrait juste qu'elle soit assez pratique et "lisible" pour moi afin que je puisse l'ajuster moi-même en fonction des situations...

Tonton Henry allait sans doute me tuer quand il verra la note mais il me l'avait dit lui-même : "C'est l'argent que ta mère t'a laissé pour toi. Alors réalise tes rêves." Et c'est bien ce que je comptais faire.

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Eleveur Kantô

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Région : Kantô
Mer 14 Juin - 14:38
Tandis que Miné et moi exposions nos idées, le serveur vint nous apporter les deux thés ainsi que quelques biscuits au sucre que j'avais demandés pour Cécilia. Je profitai d'une pause dans mon discours pour respirer profondément l'arôme de thé vert qui s'échappait de la tasse, me contentant de la porter à hauteur de mon visage sans encore y porter mes lèvres car le liquide était trop chaud : la simple odeur du thé suffisait à me rasséréner. À côté de moi, Miné soufflait doucement dans le sien pour le refroidir. La jeune femme aux cheveux mauves nous écoutait attentivement, caressant d'un geste régulier son compagnon assis sur ses genoux que Cécilia continuait d'observer avec grand intérêt. Lorsque nous eûmes terminé de lui faire part de ce qui nous venait pour le moment à l'esprit, elle prit la parole à son tour, nous répondant d'un ton calme et posé qui était très appréciable pour bien comprendre ses désirs, étant donné que nous devions travailler avec elle.

Ses explication sur la façon dont elle percevait les couleurs nous laissèrent silencieux pendant quelques secondes, secondes durant lesquelles j'essayai un peu de me mettre à sa place pour imaginer comment elle voyait le monde – mais pas trop longtemps car c'était vain, de toute manière, puisque je ne vois pas comment il serait possible de se mettre vraisemblablement à la place de quelqu'un excepté lorsque l'on est vraiment très proche de lui et que savoir qu'elle avait connaissance des émotions provoquées normalement par certaines couleurs, comme le jaune ou le blanc, me suffisait. Il serait plus facile ainsi de lui donner des conseils sur quoi demander aux vendeurs lorsqu'elle se trouvait dans un magasin de vêtements, et plus facile pour elle, sans doute, de définir, pour ses concours, des tenues un minimum adaptées. Mais cela signifiait-il qu'elle imaginait un peu à quoi ressemblait ces couleurs, ou non ? Était-elle aveugle de naissance, d'ailleurs, ou avait-elle de lointains souvenirs de couleurs qu'elle avait pu voir enfant ? Pouvait-on imaginer les couleurs si on ne les avait jamais vu de notre vie ? En réalité, je n'avais jamais réfléchi à toutes ces questions et je dois bien admettre qu'elles me donnaient presque le tournis. Ce n'était pas faiblesse de ma part, c'était seulement que je n'arrivais pas à imaginer un monde totalement dépourvu de visuel. Un monde dans lequel tout est... comment ? Noir ? Blanc ? Et dans lequel les termes « rouge », « bleu », « jaune » ne vous évoquent rien. Mes réflexions m'ayant orienté vers ce sujet pendant que Midley parlait, je devais arborer un air quelque peu perplexe, mais heureusement, la jeune femme ne pouvait pas le voir et ce fut Miné qui lui répondit.

Il est évident que nos considérations au sujet des couleurs ne pourront vous évoquer grand-chose, commença-t-elle gentiment, mais nous ferons de notre mieux pour vous expliquer ce que dégage chacune d'elle et pourquoi telle ou telle couleur nous semble mieux appropriée pour vous. Il ne faut pas que vous hésitiez à nous signaler si vous ne comprenez pas quelque chose que nous dirions en oubliant notre problème, afin que nous puissions vous expliquer. Je dois vous avouer que c'est la première fois que nous recevons une commande de la part d'une personne... ayant votre handicap, elle semblait avoir hésité une demi-seconde à prononcer le mot, mais avait finalement choisi de le faire plutôt que de tourner inutilement autour du pot, et nous ne sommes donc pas à l'abri d'une maladresse. Mais nous ferons tout notre effort pour vous créer une tenue de concours dans laquelle vous vous sentirez à l'aise et vous resplendirez !

Miné avait conclu sa tirade du ton plein d'enthousiasme que je lui connaissais lorsqu'elle était inspirée par une commande ; un enthousiasme contagieux auquel, à mon avis, personne ne pouvait échapper. Après une pause, elle reprit d'un ton à nouveau plus posé, en prenant une friandise dans la petite coupelle que le serveur nous avait amenée pour Cécilia et en regardant le compagnon bleu de Midley :

D'ailleurs, si vous avez quelques questions au sujet de la coordination, n'hésitez pas non plus à nous demander. Nous avons un peu d'expérience dans le domaine, Monsieur Akichi a gagné plusieurs rubans. ...Est-ce que Tybalt veut un biscuit au sucre ?

De mon côté, je m'étais replongé dans mes pensées au sujet de la tenue que nous pourrions confectionner pour la demoiselle. Une tenue modulable, « lisible » pour la jeune femme afin qu'elle puisse l'adapter en fonction des situations... Cela demanderait beaucoup de réflexions et des heures de travail dans la boutique, sans doute plus que pour une tenue ordinaire. Mais l'idée me plaisait. En réalité, je m'étonnais de ne l'avoir jamais eue, et elle sonnait pour moi comme une sorte de défi, quelque chose en matière de couture que je n'avais encore jamais réalisé mais qui semblait pourtant n'attendre que mon implication pour devenir une création, ou même une série de créations, exceptionnelle.

Si vous ne pouvez naturellement pas distinguer les couleurs, fis-je à l'attention de Midley, les formes et les tissus des vêtements vous semblent-ils, en revanche, plus évocateurs ? Par exemple, préférez-vous certains types de tissus, et êtes-vous sensible au fait que certains d'entre eux donnent une impression de luxe, d'autres semblent inciter au rêve...?

C'était une question importante, car si la jeune femme aurait besoin de tous nos conseils pour savoir quelle couleur porter et à quel moment, il pouvait être intéressant qu'elle soit, en revanche, sensible aux formes et aux textures de la tenue que nous lui confectionnerions ; et il m'était difficile de deviner dans quelle mesure l'aspect visuel jouait dans ce domaine.



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Eleveur Johto

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Région : Johto
Jeu 15 Juin - 13:34
Je demeurais attentive à chacune de leurs paroles, buvant celle de Mademoiselle Kuramaé avec une insistance particulière, tentant d'en saisir toutes les informations les plus importantes. Je sentais son malaise vis à vis de ma condition, ce pourquoi je ne ressentais aucune rancune à son égard. C'était la première fois qu'ils faisaient face à une aveugle, c'est logique qu'ils se sentent mal à l'aise, l'un comme l'autre. J'étais celle qui les avait contacté, il était de mon devoir de les mettre le plus à l'aise possible.
Levant paisiblement ma main droite dans leur direction, je l'agitais de gauche à droite, en même temps que ma tête.

- Ne vous inquiétez pas pour moi ou pour mon handicap. Je n'ai pas de honte à en parler ou à me renseigner quand quelque chose m'échappe. On apprend assez vite à vivre avec quand nous n'avons pas réellement le choix, le monde n'est pas adapté à toutes les conditions.

Un frottement contre mon épaule me signala que Tyb' avait tendu la patte, sans doute pour accepter poliment la proposition de l'assistante couturière. Pour ma part, je croisais mes mains sur la table, souriant grandement.

- C'est très gentil de me proposer votre aide... Je suis toujours sensibles aux conseils, surtout de la part de personnes plus expérimentées que moi dans un domaine, articulais-je sur un ton jovial. Et puis soudain, une illumination. Peut-être... Commençais-je, hésitante, pourrions nous vous faire une démonstration ?

Une profonde envie de face-palm -comme disait Luc lorsqu'il se sentait idiot- me traversa l'esprit. Middy ! Quelle idée, enfin ? Je sentais déjà le regard réprobateur de Tyb' posé sur moi, et qui me disait en substance "Mais non !". Je voulais soupirer et m'enfoncer sous terre à cet instant précis de mon existence. Cette situation, ça me rappelait la première fois que j'avais tenté un combat pokemon. Cette réminiscence d'un souvenir douloureux poussa mon visage à une grimace sans doute pas très plaisante à regarder pour ceux qui devaient la voir.
Prenant une courte inspiration, je laissais les muscles de mes épaules se détendre, essayant d'avantage de me concentrer sur les questions de monsieur Soma qui semblait avoir quelques idées. En effet, les formes et les textures des vêtements avaient, pour le coup, aucun secret pour moi !
Enthousiaste, j'hochais spontanément la tête.

- Je sais reconnaître un tissu à sa texture et sa forme avec mes mains, répondis-je tout en les montrant. Je sais par exemple que mon t-shirt est en col arrondi, un peu plus long sur la droite que sur la gauche, composé sans doute de coton et de synthétique.

J'en étais presque fière, pour quelqu'un ne sachant pas lire une étiquette !

- Et pour le type de tenue... Je suis ouverte à toutes les propositions même si les tenues trop affriolantes ne sont pas vraiment ma tasse de thé... Je préfère la délicatesse et la simplicité... Un minimalisme élégant, je ne sais pas si c'est le mot ou même si je suis compréhensible. Donc peut-être du coton, du flanelle, peut-être du crépon pour faire du volume... Je crois que c'est ce qui est dans les jupons, non ? Je ne connais que quelques concepts...

Je me remémorais la fois où j'avais essayé de trouver un accessoire pour Tybalt ! Après des dizaines d'essayages de choses qu'il refusait de prendre, on avait fini par trouver un simple foulard vert en tissu rêche que la vendeuse avait décrit comme "lui allant à ravir !". C'était bien la seule chose qu'il acceptait de mettre de temps en temps, en plus du bracelet/lien. Je me rappelle d'une fois où je lui avais proposé de mettre un petit chapeau que j'avais trouvé dans une brocante... De mémoire, il était tombé dans l'eau pendant un entrainement et avait sous doute fini dans les égout de la ville.
Je joignis mes mains l'une à l'autre, croisant mes chevilles sous la table, levant légèrement la tête vers mes interlocuteurs, tandis qu'un serveur venait déposer l'addition sur la table.

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Eleveur Kantô

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Lun 3 Juil - 14:22
Sur le moment, je n'avais pas compris quelle gêne on pouvait bien ressentir à parler de son handicap à la jeune femme en face de nous. Elle savait bien qu'elle était aveugle, tout de même, je ne voyais pas comment elle aurait pu l'ignorer, c'était d'ailleurs justement ce problème qu'elle avait mis en avant dans le mail qu'elle nous avait envoyé, il n'y avait donc pas de quoi être embarrassé ! En quoi était-il embarrassant de parler de sa surdité à un sourd ou de son mutisme à un muet ? C'était comme rappeler à quelqu'un qu'il avait les cheveux bruns, ou expliquer à une jeune femme qu'en raison de ses rondeurs, un haut moulant ne serait pas approprié, mais qu'elle pourrait en revanche être ravissante avec une robe empire et un beau décolleté... On ne rabaissait pas du tout la valeur de la personne, on se contentait de prendre en compte l'une de ses particularités. C'était seulement l'idée même de la cécité qui me plongeait dans une profonde perplexité, car je n'avais jamais réfléchi à la façon dont pouvaient vivre les gens aveugles. Mais lorsque Miné hésita sur le mot "handicap"» – même si cela ne dura qu'une seconde, même si elle se reprit d'un ton tout aussi gai et spontané qu'avant – je réalisai que cette particularité pouvait, peut-être, faire partie des choses... un peu plus particulières que les autres, des choses dont une certaine partie de la population hésitait à parler. Il me vint à l'esprit que si, en cet instant, j'avais été adolescent, que si nous nous étions trouvés au lycée et que j'avais parlé sans ambages à la demoiselle Stanford de sa cécité, ç'aurait été le genre de situation où Hatori m'aurait tiré le bras pour m'attirer à l'écart et m'aurait sévèrement réprimandé : « Akichi ! Tu ne peux pas faire un peu attention à ce que les autres peuvent ressentir ? Tu ne te rends pas compte que c'est sûrement un sujet sensible ? »

Heureusement, Miné savait que je n'appréciais pas les hypocrites et si elle usait parfois d'un peu plus de détours que moi, afin de ne pas blesser ses interlocuteurs, dans une gentillesse dont j'étais admiratif, elle essayait cependant d'être la plus naturelle possible ; et sans doute fut-elle soulagée lorsque Midley lui assura qu'il n'y avait aucun problème à parler de son handicap.

...Non, c'est certain ! Mais nous ferons de notre mieux pour vous aider dans la mesure de nos moyens ! répondit-elle finalement, avec un large sourire, à la jeune femme qui évoquait la difficulté de vivre dans un monde qui n'était pas adapté aux spécificités de chacun.

Mon assistante dit ensuite à notre interlocutrice de ne pas hésiter à nous demander des conseils sur la coordination si elle en ressentait le besoin, étant donné que c'était sur cette voie, dans laquelle nous avions une certaine expérience, qu'elle souhaitait se lancer. De mon côté, je m'étais replongé dans mes réflexions au sujet de la tenue modulable que nous commandait la demoiselle, si bien que je ne réagis pas lorsqu'elle nous proposa de nous faire une petite démonstration de ses talents ; mais Miné, elle, ouvrit de grands yeux et se redressa vivement.

Mais oui ! C'est une excellente idée ! s'exclama-t-elle. Cela nous permettra également de voir un peu votre allure lorsque vous vous mettez en scène, pour mieux cerner le genre de tenue qu'il vous faut... Mais où voudriez-vous faire ça ? ...Il y a un petit parc, pas loin d'ici, non ?

Miné s'était tournée vers moi, guettant mon avis ; mais plutôt que de répondre à la proposition de Midley, lorsque je repris la parole, ce fut pour poursuivre ma réflexion au sujet de la tenue que nous allions imaginer. La jeune femme ne m'en tint apparemment pas rigueur puisqu'elle me répondit avec sérieux, nous apportant, de ce qu'il semblait, tous les détails qu'elle pouvait, ce qui ne faisait pas une somme énorme mais nous permettait au moins de savoir que le tissu avait une importance pour elle – une bonne chose – et de connaître certaines de ses préférences. Je hochai régulièrement la tête tandis qu'elle parlait.

De toute façon, vu votre physionomie, une tenue affriolante ne serait pas un bon choix, fis-je en observant sa minceur et son petit visage qui révélaient sa jeunesse. Je dois vous avertir que nous ne faisons pas vraiment dans le minimalisme... Mais on peut toucher à la délicatesse et à la simplicité sans cela. Je suis moi-même grand amateur de kimonos, et l'on pourrait qualifier la plupart d'entre eux de délicats et d'apparemment simples, sans qu'ils ne soient minimalistes, lui expliquai-je, puisqu'elle n'avait bien sûr pas pu voir le kimono vermillon élégamment fleuri que je portais aujourd'hui. La flanelle est trop lourde, elle est plutôt adaptée aux hommes. En revanche, le coton et le crépon vous iraient probablement bien, oui. Peut-être du satin, je ne sais pas si vous voyez ce que c'est ? C'est très souple et doux au toucher, c'est un tissu brillant qui apporte beaucoup de poésie à la tenue.

Alors que je terminais mon exposé, mon téléphone portable avait émis un petit tintement très reconnaissable. Je levai un doigt : « Ah ! » Me saisissant de l'appareil, je sélectionnai l'application Coor'Contest dont l'icône remuait, et s'ouvrit alors une page sur laquelle j'avais placé une alerte pour recevoir directement les nouvelles publications. Je commençai à lire en remuant légèrement les lèvres, puis reprit à voix haute :

Eh bien, pile alors qu'on en parle ! Le prochain concours de coordination vient d'être annoncé, il aura lieu dans deux week-ends à Littorella, dans la région de Sinnoh ! Et le thème est... l'astrologie ! Je marquai une pause afin de finir de lire, puis relevai la tête vers Midley et ajoutai : Vous parliez de nous faire une démonstration, c'est ça ? Je crois que votre thème est tout trouvé !
Togiii !


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Eleveur Johto

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Lun 3 Juil - 21:06
Mademoiselle Kuramaé semblait des plus intéressée par ma proposition, à mon plus grand damne ! Quelle idée j'avais pu avoir, bon sang !! Il fallait imaginer dans ma tête un mini-moi en train de frapper assez fortement dans un oreiller, en rage de sa propre stupidité. Comment pouvais-je proposer une prestation alors que je n'ai aucun ruban en poche, alors que je suis devant des professionnels ? Hein ? Tu as une réponse mini-moi ? Moi non plus... Je t'avoue qu'on s'est fichu dans de beaux draps, à ce niveau-là !
Sans pour autant faire preuve de désarroi, je répondis à Mademoiselle Kuramaé avec un grand sourire : "Oui, il y a un parc juste à la sortie du café, en suivant l'allée avec des jardinières de bleuets. Je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de monde à cette heure là, les enfants doivent être à l'école... Cela pourra faire une scène appréciable, même sans le matériel d'une salle.". J'avais reconnue les fleurs à leur odeur, alors que je passais devant en arrivant ici.
Après, ça ne pouvait pas me faire de mal non plus, un entrainement de plus ou de moins, et ça leur permettrait de voir comment je me meus sur scène.
Perdue dans mes pensées, la voix de monsieur Sôma me semblait incroyablement distante. C'était la panique à bord, je n'arrivais pas à bien me concentrer... Bon allez ! On se reprend Midley ! Je me pinçais discrètement la main sur la table, assez fort pour que je me tire des limbes de mon esprit un peu trop encombrant sur l'instant T. En plus, l'exposé de monsieur Sôma était des plus intéressants : j'apprenais que certains tissus vont mieux aux hommes qu'aux femmes, par exemple. Après, j'avoue que...
Oui, ça semble étrange dit comme ça mais la question de genre ne me marque pas d'avantage que ça : les personnes sont des voix pour moi, des formes que je me représente vaguement, comme les sculptures de quand j'étais enfant. Mais même si j'ai pu toucher le corps de ma mère, celui de mon Oncle par moment, les différences anatomiques et esthétiques ne m'ont jamais plus impacté que ça... C'est sans doute dans ma personnalité. En me voilà encore à divaguer...
Une nouvelle pincette, pile à temps pour la question de monsieur Sôma ! Tentant de ne laisser transparaître aucune surprise, je fouillais dans ma mémoire à la recherche d'un exemple de satin que je pouvais avoir au bout des doigts... Mais aucune sensation ne remonta en moi.

- Je connais la texture de nom uniquement, je n'en ai pour l'instant jamais touché mais je serais ravie de m'y essayer si vous pensez que ça sera adapté ; je vous fais entièrement confiance, ajoutais-je solennellement, alors que le serveur approchait pour que nous réglions l'addition - sans doute avait-il entendu que nous partions.

Mais alors que je terminais de payer la note et remettais ma veste de sport sur mes épaules, un vibreur attira mon attention, et ce n'était pas le mien. Par déduction et à proximité du son, je devinais qu'il s'agissait sans nul doute du cellulaire de mademoiselle Kuramaé ou de monsieur Sôma.
La réponse vient vite : monsieur Sôma m'annonça le thème du prochain concours - et par conséquent la date du prochain concours ! J'eu un instant d'arrêt sur image, me stoppant dans mes mouvements. Un grondement de Tybalt attira mon attention mais je ne bougeais pas pour autant. Enfin... Enfin ! Mon premier concours ! J'avais envie de sauter de joie sur place mais... Pas devant des prestataires, c'est complètement indécent.
Et en prime, j'avais aussi mon thème de démonstration amateur ! C'était juste un entrainement... Un entrainement, n'est-ce pas ? Je fermais les yeux, retrouvant ma mobilité une fois la surprise ou la stupeur passée, je ne saurais dire réellement laquelle de ces émotions m'avaient étreinte réellement.
Je nouais mon bracelet à celui de Tybalt avec la cordelette de cuir afin qu'il me guide, passant devant le styliste et son assistante.

- Bien alors... Allons au Parc ! Je réfléchirais sur le chemin à une prestation... J'espère ne pas trop vous faire perdre votre temps, je ne suis qu'amatrice et... Enfin bon; toutes les critiques restent constructives, après tout !

Je crois que je me parlais d'avantage à moi-même qu'à eux, sur l'instant. Je rougis légèrement, prenant une nouvelle inspiration pour retrouver contenance. L'odeur des bleuets monta dans mes narines, indiquant que nous étions sur la bonne route. Le crissement du portillons de métal indiqua que nous arrivions au Parc qui semblait, comme je l'avais deviné, presque désert. Au moins ,je n'allais pas trop me ridiculiser en public. Nous trouvâmes un banc et je fis sortir Soren et Charly de leurs pokeball, présentant le Wattouat et la Ptiravi à mes spectateurs.

- Voici mes pokemons, Soren le Wattouat et Charly la Ptiravi. Je vous présente monsieur Sôma et mademoiselle Kuramaé, ainsi que Cecilia : ils vont travailler avec nous pour les concours. Soyez polis et gentils avec eux. Charly salua d'un ronronnement et Soren lui agita sa queue dans un tintement amical. Ils sont vraiment parfait ces amours.

Les présentations faites, je me tournais vers mes pokemons, m'accroupissant pour me mettre à leur hauteur. Bien... Il fallait trouver une idée et vite. Moyen limité, il allait falloir beaucoup d'imagination et... L'astrologie, c'était un thème vraiment vaste et complexe à la fois. Je secouais la tête : bon, on ne se décourage pas, et on donne le maximum. Je sortie de ma sacoche une feuille de papier que je pliais, avant de la découper en 4 morceaux. Je tendis un feutre à la Ptiravi qui dessina différents symboles dessus de sa plus grande capacité artistique, avant de me tendre le petit paquet. Je lui tapotais la tête gentiment avant de m'asseoir en tailleurs sur le sol. Je fis signe à Tybalt, Soren et Charly de rejoindre le banc avec les spectateurs, son grondement de mon Riolu me permettant de savoir où le banc se trouvait. Je me tournais dans leurs direction et puis finalement, je baissais la tête, posant mes mains sur mes cartes.
On respire... Et on y va ! Tout sourire, je levais les mains de part et d'autre, paume vers le ciel.

- Bonjour à toutes, mesdames et messieurs, bienvenue dans le chapiteau de Dame Irma~ Rabaissant mes bras, mettant un doigt sur ma bouche, je poursuivis. Aujourd'hui, je vais vous révélez... Votre avenir ! Huuuuum...

Je tendis une main vers le public, mouvant mes doigts de haut en bas comme s'ils étaient animés d'une force mystique.

- Toi, couvert de laine jaune ! Approche... Je tirerais les cartes pour toi.

Soren le Wattouat approche, je le sens sous mes mollets, j'entends le bruit de ses pas sur la terre. Mes mains s'abaissent et je tire une carte, la gardant cachée pour le public.

- Hum... Je vois... Je vois... Ton Destin est bien funeste, pauvre petit... Tu n'arriveras sans doute pas à atteindre tes objectifs, la chance ne te sourira pas... Hummm... Peut-être que je pourrais te libérer du mauvais sort, en échange de quelque chose...

Je tournais la carte dans la direction du public, dévoilant une tête de mort - ce sont toutes les mêmes cartes dans le paquet, avec des têtes de mort plus ou moins bien dessinée pour le coup. Comme convenu, je devinais Soren s'asseoir sur le sol, le regard éberlué, lançant une cage éclair autour de lui pour s'enfermer lui-même. Je tendis ma main vers lui, semblant attendre quelque chose de sa part.
C'est alors que Charly entre en scène : elle devait semblé énervée, les sourcils froncés. Elle s'approche de moi avec ses petites pattes et ramasse mes cartes, les dévoilant toutes au public, révélant par la même occasion la supercherie des cartes. Je me lève rapidement, met ma capuche, et m'éloigne de la "scène", démasquée !
Charly doit se trouver devant Soren maintenant, sans doute en train de lui parler. Mais Soren ne bouge pas, toujours dans sa cage. Plus qu'agacée, la Ptiravi finit par utiliser Torgnole pour le faire revenir à la raison et quitter ses idées morose, la Cage-Éclair disparaissant par la même occasion. Soren prend entre ses pattes les cartes et les déchirent une par une, avant de se tourner avec Charly, face public, et de saluer sobrement. De mon côté, ne sachant pas réellement si la scène était terminée ou non, je n'osais pas applaudir tout de suite... Même si l'envie me piquait les doigts !

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Eleveur Kantô

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Ven 14 Juil - 16:29
Nous avions repéré le parc que Miné évoquait lorsque nous avions cherché le café, tout à l'heure : je me souvenais avoir posé un regard approbateur sur ce petit coin de verdure au cœur de la ville, à l'apparence agréable, mieux pourvu en herbe, arbres et bancs qu'en jeux d'enfants. Maintenant que mon assistante en parlait, cela semblait effectivement l'endroit rêvé pour faire une démonstration de coordination à défaut de pouvoir aller chez nous ou chez la demoiselle : il fallait seulement espérer qu'il n'y ait pas trop de passants. Midley parut apprécier l'idée, et elle me surprit en citant les bleuets qui poussaient effectivement dans les jardinières du petit chemin menant au square : leur superbe bleu majorelle m'avait sauté aux yeux quand j'y étais passé, mais comment, de son côté, pouvait-elle connaître leur existence ? Pour compenser sa vue absente, un odorat plus fin que le commun des mortels lui permettait-il de saisir leur parfum, pourtant si discret pour les autres ? Que de détails de ce type devait-elle avoir en mémoire ! Mais Miné et elle s'étaient donc entendues, et mon amie confirma : « Alors, c'est décidé ! » Nous partirions donc au parc pour regarder la petite démonstration que Midley s'était proposée de nous montrer.

Je voulus encore clarifier certains détails relatifs aux tissus, afin d'avoir plus grande matière à réfléchir pour imaginer le costume que nous commandait la jeune femme. Je me le représentais décidément bien avec du satin et même si Mlle Stanford affirmait n'en avoir jamais touché, j'étais certain qu'elle serait enthousiaste dès lors qu'elle saurait ce que c'était. Mais le serveur venait déjà déposer l'addition, et nous nous levâmes pour nous rendre au parc. Miné et moi aurions tout le temps de mûrir nos réflexions au sujet de la tenue plus tard. « Mais non, vous ne nous ferez pas perdre notre temps, puisque nous nous sommes proposés pour vous donner des conseils ! Et puis, nous savons bien que ce sera de l'improvisation alors ne vous inquiétez pas » fit gentiment Miné à l'adresse de l'apprentie coordinatrice, sans doute pour la rassurer suite aux hésitations dont cette dernière nous faisait part.

J'observai avec étonnement la jeune femme attacher son bracelet à celui que portait son Pokémon à l'aide d'une fine cordelette et se laisser guider par lui tandis que nous sortions du café. Cécilia aussi se mit à voleter devant nous, jetant des regards au prénommé Tybalt, peut-être curieuse de l'imiter ; mais mon amie était comme toujours guillerette et s'agitait beaucoup, ne suivant pas une ligne droite mais déviant souvent à droite ou à gauche pour regarder ce qui nous entourait, tandis que le petit être bleu qui menait sa maîtresse à l'aide de cette corde avançait d'un pas régulier et sérieux. Lorsque nous rencontrions un obstacle, tel qu'un passage piéton ou un poteau, il faisait toujours en sorte de prévenir la jeune Stanford. « Tybalt semble être un excellent guide ! C'est donc grâce à lui que vous vous déplacez en ville ? » finis-je par demander, intrigué par ce mode de déplacement qui était pour moi une nouveauté.

Tandis que nous approchions du parc, je m'interrogeai ce que la jeune femme aux cheveux mauves avait exactement en tête lorsqu'elle nous avait parlé de cette "démonstration". Comme Miné l'avait souligné, ce serait de toute façon de l'improvisation ; mais qu'était-il possible de faire sans matériel, décor ni éclairage et surtout sans avoir pu réfléchir à aucune mise en scène ? La jeune femme interpréterait-elle une petite danse ? Nous présenterait-elle les pouvoirs de ses Pokémon ? Je craignais en réalité un peu de m'ennuyer. La seule utilité certaine que je voyais à cette séance était le fait de mieux connaître la jeune femme, et donc le genre de tenues qui lui conviendrait.

Mais en dépit de mes inquiétudes, ce fut un très bon moment que je passai en regardant la petite démonstration de Midley. Le parc était presque désert et Miné, Cécilia et moi nous assîmes sur un banc face à un assez vaste espace d'herbe dont la jeune coordinatrice pourrait se servir comme d'une scène. Nous fûmes bien vite rejoints par deux de ses compagnons pokémonesques, les premières bonnes surprises de la séance : l'un de ces petits moutons laineux appelés Wattouat dont nous avions élevé un représentant à la pension il y a quelques temps, et un autre être de petite taille à l'apparence assez étrange, mais dont la couleur rose bonbon et la ferveur avec laquelle il serrait un caillou rond contre lui séduisit immédiatement Miné et moi. « Vous avez des Pokémon adorables ! » s'extasia mon assistante, tandis que je renchérissais à son adresse : « Le rose a un petit air de Cécilia avant qu'elle ne se transforme, tu ne trouves pas ? » Cécilia, quant à elle, pépiait joyeusement, probablement ravie de faire la connaissance de ces nouveaux venus.

Et puis, la démonstration en elle-même commença. Après un petit temps de réflexion et de préparation pour Midley pendant lequel je me demandais ce qu'elle allait bien pouvoir nous interpréter sur le thème de l'« astrologie », en plein jour et dans ce parc (les premières images qui me venaient pour une prestation sur ce thème étant plutôt un décor sombre et étoilé, avec d'intéressants jeux de lumière et un dialogue épuré), elle leva les bras vers le ciel et prit la parole. Alors se développa toute une petite scénette basée sur la divination, avec tirage de cartes, médium charlatan, départ du coupable et déception du client. La représentation manquait, à mon goût, un peu de dialogues, et je ne compris pas immédiatement la raison de cette espèce de cage électrique qui apparut autour du Wattouat – je reconnaissais d'ailleurs là une attaque que notre Tamago était également capable de lancer. La signification s'éclaira pour moi lorsque la cage fut dissipée et les cartes déchirées, et j'eus alors un mouvement d'approbation devant cette représentation très symbolique de l'action. J'étais par ailleurs assez impressionné de la façon dont la jeune femme parvenait à agir en harmonie avec ses Pokémon alors qu'elle ne pouvait pas les voir. Lorsqu'elle eut terminé, Miné, Cécilia et moi applaudîmes chaleureusement.

Félicitations ! C'était une très bonne improvisation, dynamique et bien menée ! complimentai-je depuis le banc.
C'était très agréable à regarder, vos Pokémon jouent très bien leur rôle ! renchérit Miné.
Je ne suis pas absolument certain que vous étiez dans le thème, repris-je tandis que Cécilia se voletait jusqu'à Soren et Charly pour les aider à ramasser les débris de "cartes" éparpillés par terre, mais la divination étant l'une des façons de se servir de l'astrologie, on peut sans doute dire que c'en est un dérivé. Si j'étais membre du jury, je validerais ce point ! conclus-je d'un ton volontairement sévère pour mimer un professionnel.
L'utilisation de l'attaque Cage-Éclair était très bien trouvée, fit Miné, c'est une bonne chose de se servir des capacités de façon symbolique.
En revanche, repris-je, si j'ai une critique négative à émettre, c'est que j'ai trouvé que votre démonstration, sur sa fin, manquait de dialogues entre vos deux acteurs pour permettre au spectateur de mieux suivre l'action. Bien sûr, la plupart des Pokémon ne parlent pas le langage humain, mais dans une prestation en dôme, on peut lancer des voix pré-enregistrées ou demander à un ami en coulisses de prendre un micro pour faire comme si nos compagnons sur scène parlaient. Tandis que là, tout n'était pas forcément compréhensible dès le premier instant.

Je marquai une pause, puis ajoutai pour la rassurer puisque j'avais malgré tout passé un bon moment alors que rien n'était joué :

Mais cela ne change rien au fait que c'était très sympathique à regarder ! Vous avez beau être aveugle et n'avoir encore jamais fait de concours, vous avez de bonnes idées de mise en scène !
Akichi ! me souffla Miné à l'oreille, et je crus, à son ton, entendre une réprimande de Hatori.



hrp:
 


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Eleveur Johto

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Région : Johto
Jeu 20 Juil - 16:21
J'attendais avec appréhension la fin de la prestation. Et l'idée ne leur avait pas plu ? Et si le thème n'étais pas respecté ? Et si l'idée était tout simplement mauvaise en soit ? Il n'y a rien d'artistique, c'est simplement une petite pièce de théâtre que des enfants de maternelles auraient pu réalisée pour leur spectacle de fin d'année -sans l'attaque des pokemons, bien évidemment. Arrête donc un peu de croire que tu n'es pas capable de faire quelque chose de bien Middy, me murmurais-je à moi-même mentalement. Mes pokemons sont là, et eux sont capable de faire de très grande choses. C'est dans le but de maximiser leur potentiel et leur bonheur que je suis là, pas forcément m'occuper de mon propre bonheur ou même du prestige.
Les applaudissements sonnèrent pour moi le glas. Un frisson courra le long de ma colonne vertébrale, alors que je sentis la pression des pattes de Soren et de Charly contre mes jambes. Je m'accroupis à leur côté pour les serrer dans mes bras et les féliciter l'un comme l'autre de leur bon travail. Ils dégageaient tous les deux une aura de joie contagieuse, c'était si bon de ressentir ça ! Et qu'est-ce que ça serait après une véritable prestation, sur une grande scène, avec un grand public ? Je n'osais même pas imaginer les sentiments qui pourraient m'habiter à ce moment-là. Ni imaginer ceux de mes pokemons. Je les relâche finalement hors de mon étreinte, après quand même une dernière caresse affectueuse pour chacun. Tybalt en profita pour nous rejoindre et mes trois pokemons s'alignèrent devant moi en rang d'oignon, surement en direction des trois spectateurs - n'oublions pas Cecilia quand même. Ils attendaient, comme moi, le verdict du jury du jour.

Je déglutis lorsque les premiers compliments fusèrent, mon cœur faisant un bond dans ma poitrine. Mon visage s'éclaira, un large sourire se dessinant sur mes lèvres. D'abord monsieur Sôma, puis mademoiselle Kuramaé témoigna de son appréciation de la prestation. Je pouvais entendre Charly et Soren roucouler l'un et l'autre fièrement en bombant leurs petits torses de pokemon. Je leur cuisinerait des poffins ce soir au centre pokemon de Mauville, même si je dois rester debout jusqu'à minuit pour !
Je notais sa remarque sur le thème, me disant moi-même après coup que je me trouvais en effet à la limite. Mon choix aurait pu prêter à la confusion dans un vrai jury et me faire perdre des points, et donc potentiellement un ruban. J'étais reconnaissante de leurs conseils, tout autant que de leurs critiques. Celle de monsieur Sôma, bien que rêche, me toucha tout particulièrement. Ne perdant pas mon sourire, je rassemblais mes mains devant moi, les joignant. "Mademoiselle Kuramaé, monsieur Sôma expose des faits et je le prend comme un compliment et je ne suis pas vexée. Comme je vous l'ais dit : il n'y a pas besoin de prendre des pincettes à propos de ma condition. J'apprécie l’honnêteté dont vous faites preuve, monsieur Sôma. Ajoutais-je dans la direction de sa voix avec un grand sourire. "De même, je suis heureuse que la prestation vous ai plu et je vous remercie pour vos conseils techniques. Je n'ai pas l'habitude de la scène et je n'ai pas encore eu le temps de me renseigner sur les possibilités que celle-ci peut offrir. J'en prends note pour le concours à venir.
Dénouant mes mains, je ne pu cependant pas réprimer un avis qui en soit, ne concernait que moi, bien évidemment. Mais j'avais envie de le partager et peut-être était-ce le bon moment ? Prenant une courte inspiration, un peu plus à l'aise que je ne l'aurais, je finis par prendre la parole à nouveau : "Néanmoins... Il s'agit d'un parti pris de ma part. Je trouve que faire parler un pokemon avec une autre "voix" que la sienne, c'est "l'humaniser" un peu trop... Pour moi, un concours de coordination est avant tout un endroit où nous devons mettre les pokemons en valeur, et non l'être humain... Les pokemons ont une façon de s'exprimer, avec leurs voix, leurs gestuelles et leurs attitudes propres à chacun. Je souhaiterais montrer qu'on peut les comprendre sans avoir recours aux mots, mais simplement à ce qu'on ressens, avec le cœur."

Spontanément, une de mes mains s'était glissée contre ma poitrine pour illustrer mon propos. C'était ma "vision" des choses, et je respectais aussi celle des autres. "J'espère pouvoir combiner ma méthode à vos conseils et offrir un bon spectacle à ceux qui seront présent pour venir le voir. Et un maximum de bonheur à mes partenaires pokemons.
Gardant un grand sourire ravi, je finis par joindre mes mains dans mon dos, espérant ne pas avoir vexé le coordinateur et styliste, ou même son assistante. J'avais exprimé ma pensée et peut-être changera-t-elle si jamais un échec me tombe sur la tête. En attendant, ce n'est pas encore le cas et je souhaite pouvoir encore profiter un peu plus longtemps encore de ma propre naïveté.
"Merci encore pour toute votre aide en tout cas, je ne m'étais pas autant amuser depuis quelques temps" ponctuais-je d'un mouvement de tête vers l'avant, me doutant que mes pokemons auraient le même réflexe que moi - ils sont quand même bien élevés. "Je peux vous raccompagner à la station la plus proche si vous le souhaitez... J'imagine que la route vers Kanto risque d'être longue..."



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Eleveur Kantô

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Ven 28 Juil - 18:22
Un large sourire apparut sur les lèvres de la jeune femme à nos applaudissements, signe d'une joie redoublé par l'élan avec lequel elle prit ses Pokémon dans ses bras avant de les laisser se retourner face à nous. Recevoir des applaudissements après une représentation était tout de même assez commun, mais il était vrai que nous y avions mis du cœur – je n'aurais pas applaudi si cela ne m'avait pas plu – et elle avait l'air si peu sûre d'elle avant de se lancer, à en croire ses paroles, que son état présent devait être celui d'un grand soulagement. Toujours aussi souriante, elle écouta nos remarques et, celles-ci terminées, elle commença par répondre qu'elle appréciait mon honnêteté. « Heureusement que vous l'appréciez », m'exclamai-je, « car il n'y a qu'ainsi que l'on peut avancer ! Ceux qui préfèrent qu'on leur mente ne sont que des insensés. » Dans ma réponse lancée comme une évidence, je l'avais peut-être interrompue un instant, mais en réalité, j'étais plutôt content de la réaction de la jeune femme car je savais bien que de nombreuses personnes, au contraire d'elle, se formalisaient parfois de propos qui n'étaient pourtant que la pure vérité.

Elle nous remercia pour nos conseils, puis elle nous expliqua la raison pour laquelle elle n'avait pas fait parler ses compagnons en les doublant par une voix humaine. Je l'écoutai avec un certain étonnement. Je n'avais en fait jamais réfléchi au problème qu'elle soulignait : pour moi, doubler un Pokémon n'était pas forcément l'humaniser, puisque certaines de ces créatures étaient très certainement capables de parler le langage humain avec un peu d'entraînement (il n'y avait qu'à voir Cécilia qui s'était déjà adressée quelquefois à moi de cette façon), et par ailleurs, qu'un des acteurs s'exprime avec une autre voix que la sienne ne me paraissait pas gênant tant que cela servait la prestation, tant que cela servait notre art. Mais la jeune femme faisait apparemment partie de ces gens pour qui le cœur des concours de coordination ne se situe pas avant tout dans l'art, mais dans les Pokémon que l'on y présente. Je jetai un regard à Miné, me demandant ce qu'elle-même pensait de l'idée développée par Midley, car mon assistante non plus ne m'avait jamais parue gênée de faire parler nos compagnons qui montaient sur scène. À son attitude réfléchie, je compris qu'elle était en train de creuser la théorie de notre interlocutrice. Alors, je finis par répondre : « Sans doute existe-t-il de multiples conceptions de ce qu'est un concours de coordination. Vous semblez très attachée à vos compagnons... J'espère que vous parviendrez à faire passer les sentiments que vous souhaitez sans vous aider de dialogues, si tel est votre désir ! »

La petite démonstration nous avait en tout cas permis d'observer l'allure de Midley lorsqu'elle se donnait en spectacle, que nous aurions désormais à l'esprit lors de nos réflexions sur sa tenue. La jeune femme nous remercia une nouvelle fois et nous réitérâmes nos encouragements à son égard, Miné surtout lui souhaitant bon courage pour ses réflexions autour du thème du prochain concours : « Prenez bien votre temps pour y réfléchir ! L'astrologie, c'est un joli thème... Et nous vous préparerons une tenue parfaite pour y briller ! » Et puis, la demoiselle nous proposa de nous raccompagner jusqu'à la gare. Ce fut alors que j'ouvris de grands yeux, et je n'attendis pas une seule demi-seconde pour m'insurger.

Oh, mais non, certainement pas ! À quoi pensez-vous donc ? Il nous reste encore une étape FONDAMENTALE à remplir avant de nous séparer ! Je brandis un crayon qui se trouvait dans ma poche (je n'avais que cela pour remplir le côté théâtral de l'action, mon carnet à dessin se trouvant dans mon sac et celui de Miné, dans ses bras, n'étant pas à ma portée immédiate - et tant pis si Midley n'y était pas sensible puisqu'elle n'y voyait rien.) Vous voulez que votre costume soit prêt d'ici le concours de coordination qui vient d'être annoncé, n'est-ce pas ? Eh bien, pour cela, nous devrons nous mettre au travail dès que nous serons rentrés chez nous ! Et si nous voulons confectionner votre tenue sans avoir besoin de vous rencontrer à nouveau... Je sortis un mètre de couture que je fis jouer entre mes doigts. ...Nous devons prendre vos MESURES ! Car toutes nos commandes personnelles doivent aller parfaitement au client qui les passe ! Votre tenue sera exactement à votre taille, et je m'engage à ce que vous en soyez pleinement satisfaite dès que vous l'essayerez !
Togiii ! pépia Cécilia, dans une conclusion bienvenue de ma véhémente tirade.
Mais où pourrions-nous nous en charger ? interrogea Miné. Il y a quand même du monde qui passe dans ce parc, ce n'est pas très adapté...
Ma chère Miné ! As-tu donc oublié que l'un de nos amis communs tenait une boutique dans les environs ? Il serait certainement ravi de mettre l'une des cabines d'essayage à notre disposition...
Oh ! mais oui ! s'exclama mon amie. C'est vrai, allons là-bas ! C'est une excellente idée !

Même pour qui ne pouvait voir ses yeux brillants et l'expression qui faisait s'épanouir son visage, son soudain enthousiasme devait être largement perceptible dans le ton qui avait fait vibrer sa voix. Je devinais qu'elle n'avait plus qu'une envie : prendre Midley par le bras pour l'entraîner vers la fameuse boutique de Bernie.


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Eleveur Johto

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Sam 29 Juil - 22:36
Je m'apprêtais à rattacher ma longe au poignet que Tybalt me tendait lorsque monsieur Sôma sembla soudainement s'agiter, me faisant sursauter. Il était plus calme que ça depuis le début de notre entrevu et semblait maintenant déborder d'énergie. C'était ma prestation qui l'avait autant motivé ? Non, sans doute pas ! Et puis ce serait beaucoup trop égocentrique de ma part de penser une chose pareille. Un peu troublée, je m'efforce de garder contenance en écoutant mes deux stylistes mandatés discuter d'un étape fondamentale et des plus importantes : les mesures.
Que je suis cruche! En plus, j'y avais pensé et ça m'étais complètement sorti de la tête !
Je rougis lorsque Mademoiselle Kuramaé évoqua de faire ça dans le parc, me sentant subitement mal à l'aise. C'est pas que l'idée de me déshabiller en publique me mettait mal à l'aise mais... Si, complètement en fait !
A mon plus grand soulagement, monsieur Sôma connaissait une boutique où nous pourrions réaliser ce genre de travaux tranquillement, et loin des regards indiscrets. Sans me poser d'avantage de question, je me rattachais à Tybalt avant de sourire aux stylistes avec enthousiasme : "J'avais complètement oublié cette étape, je suis vraiment désolée ! Je vous suis du coup."

Tout en marchant, je me devinais être à la hauteur de mademoiselle Kuramaé, pouvant sentir son parfum flotter dans l'air. Un peu soucieuse et me sachant maladroite de poser la question directement à voix haute, je finis par marmonner doucement : "Excusez moi si c'est indiscret mais... Je me demandais, vous travaillez depuis longtemps avec monsieur Sôma, non ? Comment avez-vous commencer ? Je suis peut-être un peu trop curieuse, pardonnez moi..."
Le tintement d'une clochette m'indiqua que nous entrions à l'intérieur de la boutique. Je me détachais de Tybalt par réflexe, essayant de me repérer dans ce lieu inconnu au bataillon. On pouvait y sentir le parfum du tissu et du cuir : il s'agissait sans aucun doute d'une boutique de vêtement, qui proposait aussi des sac à main, ou peut-être des chaussures en cuir aussi. Mes hypothèses se confirmèrent quand mon épaule rencontra un portant, mes mains baladeuse y devinant un t-shirt de coton. Et plus long, c'est des semelles que j'effleurais du bout des doigts sur un présentoir. La voix d'un homme nous accueilli chaleureusement et on me conduisit dans une cabine d'essayage, me signifiant que je pouvais me "mettre à l'aise" - ce qui signifiait sans doute que je pouvais me mettre en sous-vêtement afin qu'on puisse prendre mes mesures. D'abord gênée et tâtant plusieurs fois le rideau pour bien vérifier que ce dernier était bel et bien fermé, je retirais mon bas et mon haut, demeurant en sous-vêtement. Et puis soudain, l'illumination : qui allait prendre mes mesures ? Monsieur Sôma ou Mademoiselle Kuramaé ?
Le doute monta en moi alors que je refermais mes bras sur ma poitrine, me sentant soudainement tendue. J'avoue que le physique ne me dérange pas plus que ça mais disons qu'à part mon Oncle, aucun homme ne m'avait vu en sous-vêtement ou en maillot de bain. Et encore, je n'avais que 4 ou 5 ans à l'époque! Perdue avec mon angoisse un peu trop profonde, je ne perçu pas tout de suite les bruits de pas de dirigeant vers le rideau de la cabine. Lorsque celui-ci cliqueta, me tirant aussi sec de ma rêverie, je finis par marmonner d'une voix chevrotante : "Je suis pr-prête..."

Midley, tu bafouilles avec classe aujourd'hui ! Monsieur Sôma avait du en voir d'autre, bien sûr ! Et avec un peu de chance, ça serait Mademoiselle Kuramaé qui passera le rideau ! Il ne restait plus qu'à prier, bien évidemment...

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Eleveur Kantô

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Région : Kantô
Dim 27 Aoû - 17:04
Depuis le temps que je tenais ma boutique de vêtements, j'avais vu passer une multitude de clients très différents les uns des autres. Si certains profils se dégageaient de la masse, les amateurs de nos vêtements étaient quand même de types très variés ; et l'un des points sur lesquels nos clients différaient le plus était sans conteste leur réaction face à la prise de leurs mesures. Pour certains, ce n'était qu'une simple formalité que l'on effectuait tout en plaisantant au beau milieu des rayonnages, sans même entrer dans une cabine d'essayage, quand pour d'autres, c'étaient des airs gênés, des ronds de pieds, une petite voix au moment d'entrouvrir le rideau pour annoncer qu'on était prêt... Miné entrait même parfois directement avec une jeune fille trop hésitante pour l'aider elle-même à se déshabiller afin d'aller plus vite : elle savait mettre en confiance. Dans tous les cas, se mettre en sous-vêtements devant nous en embarrassait plus d'un, ce que je pouvais comprendre car c'était tout de même dévoiler son intimité ; mais bon, nous étions des stylistes, pas leurs proches, leurs patrons ni la jeune personne qu'ils espéraient séduire, il n'y avait aucune honte à avoir devant nous ! Par chance, la jeune Midley parut bien accepter l'idée et nous partîmes en direction de la boutique de Bernie sans plus attendre.

Sur le chemin, je marchai en tête avec Cécilia tandis que Miné restait aux côtés de l'apprentie coordinatrice. Comme elles parlèrent doucement et que j'étais moi-même occupé à discuter avec mon amie aux ailes blanches, je ne les entendis pas, mais la demoiselle Stanford profita de cette pause dans notre entretien pour demander à mon assistante de quelle façon elle s'était mise à travailler avec moi.

« Voyons, arrêtez de vous excuser comme ça, vous n'êtes pas trop curieuse, vous avez bien le droit de poser des questions ! » commença par la réprimander gentiment Miné, notre nouvelle cliente se montrant décidément bien peu sûre d'elle lorsqu'elle s'adressait à nous. « En plus, j'adore parler de mon travail avec Monsieur Akichi, vous savez ! Hm, cela va faire maintenant... pas loin de quatre ans que nous travaillions ensemble » (si je les avais entendues, j'aurais pu leur dire exactement combien de temps cela faisait au jour près, mais j'étais certain que Miné le pouvait aussi, si elle réfléchissait un peu) « ...c'est vrai que cela fait déjà un certain temps, quand on y pense. J'ai rencontré M. Akichi tout simplement au Bourg Palette, il cherchait un logement dans le coin pour ouvrir une boutique et nous nous sommes rendu compte que nous avions un peu les mêmes goûts en matière de création ! À l'époque, j'étais étudiante à l'École Supérieure de Stylisme d'Argenta, j'avais pas mal de connaissances techniques qui complétaient bien M. Akichi car il a tout appris en autodidacte, mais j'étais un peu moins ambitieuse pour ce qui était de lancer ma propre marque. Nous avons décidé d'acheter la maison qu'il avait repérée ensemble et que je l'aide pour la boutique, et finalement, c'est à deux que nous avons lancé la marque ! Ç'a a été mon projet de fin d'études et quand j'ai été diplômée, je me suis mise à travailler à temps plein avec lui. Vraiment, nous avons eu beaucoup de chance de nous rencontrer ! » Tandis qu'elle parlait, Miné avait un grand sourire aux lèvres et toute l'émotion qui l'emplissait transparaissait dans sa voix. Mais elle marqua enfin une pause et tourna la tête vers Midley : « ...Mais si tu me poses la question, est-ce que c'est parce que tu aurais un projet de ce genre, toi aussi ? »

Enfin, nous atteignîmes le lieu pour lequel nous avions déserté le parc : SMART, la boutique punk & rock de notre ami commun, le grand et fameux Bernie McMillan.

Aaah ! Miné et Akichi ! Vous ne m'aviez pas prévenu que vous passiez dans le coin ! Quel bon vent vous amène ?

Odeurs de cuir ou de teinture, musique rock'n'roll dans les hauts-parleurs, murs peints de bleu marine disparaissant sous les posters de groupes et longs rayonnages dans lesquels s'alignaient vêtements à pointes de métal, à franges ou déchirés, noirs, rouges, rose fluo et même gris métallisé, la boutique de Bernie ressemblait autant à la nôtre qu'une choucroute a de points communs avec un bol de pêches au sirop. Mais toutes deux se rejoignaient quand même sur un aspect : elles affichaient leur style, et le clamaient même haut et fort à tous les curieux qui s'arrêtaient pour jeter un coup d'œil devant la vitrine. Bernie, grand type dégingandé aux cheveux dressés en une iroquoise vert pomme qui était un collègue de Miné à l'E.S.S.A. avait, lui aussi, son style bien à lui, ainsi que sa façon de parler. Je m'interrogeais sur la façon dont Midley, aveugle, pouvait bien appréhender cette boutique, elle qui était en train de toucher timidement certains articles ; mais elle devait au moins sentir combien Bernie était chaleureux. Il nous conduisit jusqu'aux cabines d'essayage et notre jeune cliente y entra pour se dévêtir. Ce fut d'une petite voix qu'elle annonça enfin qu'elle était prête ; et Miné de brandir son mètre de couture et de clamer d'une voix pleine d'enthousiasme : « J'arriiiive ! »

Comme d'habitude lorsque nous avions une jeune cliente à mettre en confiance, par respect pour une pudeur malgré tout bien naturelle, je restai à l'extérieur, discutant avec Bernie, tandis que mon assistante se chargeait de tout. Miné aimait prendre les mesures des jolies jeunes femmes. En fait, elle adorait habiller les jolies jeunes femmes, qui composaient une partie non négligeables de nos clients car c'étaient d'abord vers elles que les goûts de Miné en matière de stylisme se tournaient. Bien sûr, il n'y avait là rien de sexuel ni de romantique à proprement parler, comme lorsque quelqu'un nous attire en tant que petit ami ! Mon assistante aimait simplement admirer et rehausser la beauté féminine. Et oui, finalement, il y avait peut-être un peu de romantisme là-dedans.

« À nous deux ! Allons, ne sois pas gênée, nous sommes entre filles, maintenant ! » proclama mon assistante, à peine entrée dans la cabine, à l'adresse d'une Midley en sous-vêtements et en proie à un embarras bien visible. La cabine, bien isolée du reste du magasin par un rideau opaque, était assez étroite et les deux jeunes femmes se touchaient presque, mais de toute façon, Miné n'allait pas tarder à plaquer le mètre à mesurer sur la peau délicate de la jeune Stanford. « Ne t'inquiète pas, ce ne sera pas très long. Mais dis-moi, tu es vraiment jolie, il faudra que ta robe mette en valeur ta minceur, tu pourras apparaître comme très gracieuse et adorable ! Une vraie princesse... ou une fée, je t'imagine beaucoup avec une robe étoilée ! Tu me tiens ça, un instant ? » Miné donna un bout du mètre à Midley et, avec des gestes sûrs, entreprit de la mesurer de la tête aux pieds. Largeur des épaules, de la taille, du bassin, de la poitrine, longueur de ses bras et de ses jambes, tout fut calculé avec des compliments occasionnels de mon assistante en robe de domestique, et enfin, elle enroula son mètre : « Et voilà, tu peux te rhabiller ! Tiens, je vais t'aider ! Je te promets que la prochaine fois que tu nous verras, nous aurons une superbe robe pour toi ! »


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Eleveur Johto

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Mar 29 Aoû - 16:57
J'attendais dans la cabine, nerveuse. Pitié, mademoiselle Kuramaé. Pitié, mademoiselle Kuramaé. Je ne suis pas vraiment croyante mais on ne perd jamais rien à prier, non ? Le rideau s'agite sous la douce voix de la jeune femme, me rassurant un peu. Elle marquait un point : nous étions entre filles. Après, deux femmes peuvent très bien avoir des relations sexuelles entre elles, mon oncle avait prit la peine de me l'expliquer lorsque j'étais plus jeune. Deux hommes aussi d'ailleurs. Mais la plupart du temps, c'est un homme et une femme qui ont des désirs sexuels les uns envers les autres. Et c'est comme ça que les enfants naissent, la plupart du temps. Jusqu'à mes neufs ans, je pensais que les enfants étaient déposés devant la prote de leur parent... J'étais si naïve à l'époque.
Laissant tomber mes bras, je laissais Miné à l'oeuvre, lui donnant un coup de main lorsqu'elle en avait besoin. Ses suggestions me firent sourire, bien qu'elles me semblent des plus abstraites. Je sais qu'une étoile est quelque chose qui scintille dans le ciel mais à partir de là, le concept visuel m'échappe complètement. Alors qu'elle prenait mes mesures, je ne pu m'empêcher de faire une remarque que je n'avais pas pris la peine de prononcer plus tôt sur le chemin. Sans doute plus à l'aise loin des oreilles du patron de la boutique. "Je suis heureuse que vous vous soyez lancés dans ce projet avec monsieur Sôma... Sans ça, je n'aurais pas l'occasion de porter une superbe robe."
Me sentant rougir, je secouais la tête de gauche à droite avant de reprendre mon souffle. Ce n'est pas dans mon habitude de faire ce genre de compliment mais mademoiselle Kuramaé est si gentille avec moi, c'est ma façon à moi de lui faire plaisir à mon tour, d'une façon plus ou moins adroite j'imagine. Elle sembla prendre des notes dans son carnet avant de le refermer, me signifiant que je pouvais me rhabiller, avec son aide. Ce que je ne refusai pas, bien heureuse de ne pas chercher pendant dix bonnes minutes un tshirt égaré dans le coin d'une cabine d'essayage. Tout en enfilant mon jean, je finis par murmurer. "Vous parliez de mes projets tout à l'heure, et... Je souhaiterais peut-être devenir éleveuse, un fois que j'aurais quelques expériences dans la coordination. J'aime beaucoup les pokemons et... Enfin, plus qu'une pension, ce serait plutôt un refuge, je ne sais pas si vous voyez vraiment l'idée..." Cette idée n'en était qu'à sa genèse et tellement flou dans mon esprit. Reprenant contenance, je finis par poursuivre "Mon Riolu est un pokemon qui a eu un passé difficile et nous avons pu l'adopter parce qu'il se trouvait justement dans un refuge et... Je me dis que beaucoup de pokemon peuvent avoir besoin un jour d'une maison temporaire où ils pourraient se sentir bien avant de rejoindre celle qui est faite pour eux... Comme ma Ptiravi, j'ai un peu envie de les protéger... Comme ils me protègent..."
Passant une main à l'arrière de mon crâne, je finis par détourner la tête, comme si quelque chose avait subitement attiré mon attention. C'était bien sûr une technique de fuite classique mais relativement efficace. "Enfin, ce n'est pas pour tout de suite! Déjà faudrait-il que j'ai un premier ruban et, même si la robe est magnifique, il faut aussi que ma performance le soi ! Alors... On verra bien!" concluais-je en riant sobrement, rajustant ma veste en jean sur mes épaules, prête à sortir. Je pouvais deviner sans peine que monsieur Sôma et que monsieur McMillan devaient attendre à l'extérieure. Joignant mes mains devant moi, je baissais un peu la tête : "J'espère ne pas vous avoir trop fait attendre... Et merci d'avoir prêté l'une de vos cabine, monsieur McMilan." ajoutais-je, redevable.

Je souris à l'auditoire, ravie du service apporté. Je crois qu'ils ont une page internet, ou quelque chose comme ça... J'y laisserais bien n avis positif, une fois que je serais de retour au centre pokemon et avec une connexion internet. Glissant une main dans mes cheveux, je finis par demander, lorsque nous nous dirigeâmes vers la sortie : "Du coup, est-ce que convenons d'un nouveau rendez-vous pour l'essayage de la robe ?" C'est vrai que j'allais devoir l'essayer pour les retouches au cas où il en faudrait après tout. Et donc, fatalement, nous allions nous revoir. Le tout, c'est de savoir quand ! Et de préférence avant le concours si possible, gloussais-je intérieurement.



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