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» Chronique du passé : Mauvaise voie


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Modo CDT & Ranger

C-GEAR
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Région : Kanto | Hoenn
Mer 31 Mai - 4:46
Azamir, 16 ans

Voilà un peu plus d’un an que ton père t’a mis à la porte de chez vous, ne te laissant pas l’occasion de ramasser tes effets personnels. Il t’a balancé dehors quelques trucs, mais tu manquais de tout. Se retrouver sans domicile à quinze ans, la peur s’est manifestée. Heureusement, elle n’est pas restée très longtemps. Tu as eu de la chance que les Nyriu acceptent de te recueillir chez eux, te permettant enfin de vivre dans une ambiance familiale, une vraie ambiance comme tous les enfants devraient connaître. Ça n’a jamais été ton cas et il faut admettre que tu y as pris goût. Tu te sens bien chez eux, tu n’as pas l’envie de partir. Ils prennent soin de toi, ils te démontrent de l’affection, ils te font des cadeaux... Des choses simples et « normales » pour la majorité, mais qui ne t’avaient jamais été démontrées par le passé. Ainsi, dans un tel environnement, cela te permet de t’épanouir. Du moins, ça aurait été sain que tu le fasses et logique que cela survienne. Tu crois que c’est le cas, mais tu te bernes déjà d’illusions. La mort de Sanea t’affecte encore. Le deuil réprimé ne t’aide en rien à cheminer sur une bonne voie. Une rancœur sans nom est terrée au fond de ton cœur, une rancœur adressée à la vie de général. Tu n’as pas été choyé depuis ta naissance, c’est le moins qu’on puisse dire. Et toute cette rage que tu contiens t’amène vers un chemin qui n’est pas sain, qui ne te correspond pas. Si tu aimes les Nyriu d’une façon sincère, tu réagis fortement dès que l’un d’eux tente de te conseiller. Tu y vois une forme de contrôle que tu rejettes, après en avoir subi durant toutes ces années. Pourtant, eux ne souhaitent que ton bien, ils veulent que tu exploites ton potentiel. Parce que tu en as un, un très grand, mais tu ne le vois pas à cause de tes notes plus que moyennes en cours. Bon, elles ont tout de même augmenté depuis que t’es plus chez Thorkil, sauf que ça reste précaire comme équilibre. En plus, tu ne vois pas l’intérêt de travailler plus, estimant fournir déjà assez d’efforts. Tu n’as pas l’envie d’y passer tes soirées en plus de toutes les journées. À ton âge, c’est normal, mais ça contribue à accentuer ce côté rebelle que tu as. Au moins, t’évites de manquer des cours. Tu sais que tes presque parents adoptifs n’apprécieraient pas.

J’ai envie de travailler, de ramasser mon argent afin de ne plus dépendre d’eux.

Tu as appris à être très indépendant rapidement, alors c’est normal de le vouloir encore, bien que ça ne soit peut-être pas pour les bonnes raisons. Tu veux te distancer d’eux, ne plus avoir ce sentiment de leur devoir quelque chose. Pourtant, tu ne leur dois absolument rien. Ils ont voulu t’intégrer légalement à leur famille, ils ont voulu faire de toi leur fils adoptif, alors ça leur fait plaisir de pouvoir t’aider, de pouvoir te montrer ce qu’est une vie de famille. Ils te considèrent comme un des leurs, ce que tu as franchement du mal à voir. Tu crains toujours que le moindre de tes gestes fasse en sorte qu’ils te jettent eux aussi dehors, puisqu’ils n’ont aucune obligation envers toi. Non, ils ne verront jamais les choses ainsi. Ils se sont engagés envers toi alors ils feront le nécessaire pour te comprendre et t’aider. Ces personnes n’ont rien à voir avec les méthodes employées par ton père... Tu te retiens toi-même dans une foule d’émotions négatives qui te bouffent un peu plus tous les jours. Ça te rend anxieux, provoque un sommeil plus léger et perturbé. Ça t’amène des problèmes et une vulnérabilité contre laquelle il est très difficile de lutter... Tomber dans la facilité, c’est mieux n’est-ce pas? Tu n’en avais pas tellement conscience, mais afin de mieux taire tout ce qui gronde en toi, tout ce qui menace de te faire perdre le contrôle, il fallait bien que tu agisses avec le peu de moyens efficaces que tu connaisses. Au lieu de te confier à la mère de Ferir, à cette femme qui t’a toujours démontré une formidable ouverture d’esprit (son fils ne tire pas la sienne du voisin, on s’entend), il fallait que tu fasses autre chose. Les mots t’échappent et identifier ce que tu vis n’est pas aisé, il est vrai. Tu n’es pas particulièrement à l’aise avec ça, ayant un retard de développement au niveau des sentiments. Mais te comporter ainsi, les taire et les oublier dans un coin en espérant que ce mal-être que tu ressens se calme de lui-même ne t’apportera pas de solutions sur le long terme. Ça n’est pas dans la fuite que les soucis se règlent. Il faudrait que tu t’ouvres pour qu’on puisse te l’apprendre. Il n’est pas encore trop tard, ta rigidité n’est pas si grave à cet âge. Elle le sera plus à trente ans... Mais tu penses bien faire, et tu ne veux pas déranger les gens que tu aimes avec cette notion qui t’échappe.

Si je ne peux pas comprendre moi-même, comment les autres le pourraient-ils?

Tu t’arrêtes à ce questionnement, accordant peu ta confiance. Avec ton histoire, c’est difficile de t’en vouloir pour cette raison. Les adultes avant de rencontrer les Nyriu t’ont toujours déçu. Ils n’ont jamais rien fait face à la situation à laquelle tu survivais au quotidien. Les blessures qui t’étaient infligées étaient pour la plupart très visibles. Ils s’en rendaient compte, mais c’est délicat. C’est délicat de signaler un enfant qu’on ne connaît pas, plus encore un enfant dont les rumeurs des agissements du père font peur. Ils ne voulaient pas s’attirer ses foudres. Il était connu, bien que les autorités n’aient jamais pu rien faire contre lui, jusqu’à présent. Qui sait ce que l’avenir réserve? En tout cas, tant que tu te tiens loin de lui, tu te sens mieux, juste pas assez pour ne pas commettre des erreurs qui te suivront pour le reste de ta vie. Si l’école ne t’attire pas, si la perspective d’entamer de hautes études ne t’intéresse pas, tu envisages un parcours de vie similaire à celui de ton père... C’est facile, le crime. C’est accessible à tout le monde, aux gens comme toi qui ne l’ont pas eu facile, qui ont pris cher, qui veulent juste essayer de se sortir la tête hors de l’eau et de mener leur petite vie sans devoir constamment ramer à sens inverse. Évidemment, tu n’as pas toute cette réflexion, trop jeune, trop inexpérimenté, trop en retard sur cette compréhension, mais si tu t’ouvrais un peu, peut-être que tu y verrais plus clair. T’as commencé avec un petit vol, rien de très folichon, juste un peu de bouffe dans un petit magasin. T’as pas été choppé et ça t’a donné l’impression de moins dépendre des parents de Ferir. Alors t’as naturellement recommencé, au même endroit et une fois de plus, c’est bien passé. C’est un quartier moins recommandable, il y a des jeunes un peu comme toi, un peu à part. Des rejetés, des battus, des délinquants... Tu t’y sens à ta place. Ils ont attiré ton attention, mais tu n’as pas encore amorcé le mouvement vers eux. Tu y songes beaucoup. Ça te semble être une bonne idée. Avoir des amis qui te ressemblent... T’as jamais été très porté sur l’amitié, mais pour prendre ton indépendance, tu te dis que ça ne serait pas une mauvaise idée et qu’ils ont forcément des choses à t’apprendre.

Si je les croise à nouveau, j’irai vers eux.



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C-GEAR
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Région : Kanto | Hoenn
Lun 19 Juin - 23:58
Aujourd’hui, après les cours, tu ne rentres pas chez les Nyriu comme d’habitude. En plus, tu n’as même pas avisé que tu ne serais pas présent... C’est de chercher les problèmes que d’adopter un tel comportement, mais t’es assez vieux pour assumer les conséquences de tes actes. T’as toujours dû les assumer de toute façon, même ceux qui n’étaient pas de ta faute. T’y es habitué. Cette fois, t’as décidé de te rendre à l’endroit où les jeunes délinquants se réunissent. Tu veux t’intégrer, tu veux les avoir pour amis. Ils sont loin de constituer un bon choix, encore moins pour un jeune comme toi qui a déjà pris cher dans la vie... Ils sont tous des adolescents à ton image. Ils ont tous un vécu qui n’est pas facile. Certains plus que d’autres, il est vrai. T’es sûrement un des cas les plus lourds... Tu es passé près de ne jamais connaître ce qu’est l’amour, de ne jamais connaître les bons sentiments, de ne pas savoir ce que c’est, une vie en famille. Malheureusement, tu découvres cela trop tard pour te permettre de poser les bons gestes, de faire les bons choix pour toi. Tu crois être sur la bonne voie, mais il n’en est rien. Tu ne feras que sombrer dans la solitude et cette chute commence dès aujourd’hui. En effet, tu parviens au lieu de rassemblement. Observant de loin ce qui se passe, les quelques jeunes déjà sur place s’installent. Il s’agit d’un entrepôt abandonné. Ils y ont entré de vieux meubles usés destinés au rebut. Tu n’entends pas bien ce qu’ils se disent, mais constater qu’ils consomment n’est pas trop difficile. Honnêtement, depuis la mort de Sanea, tu te questionnes beaucoup sur la drogue, aussi sur l’alcool. L’envie d’essayer est présente. De façon inconsciente, cela t’attire pour oublier, pour mieux terrer tous les sentiments que tu tentes de taire, aussi les souvenirs douloureux. Il y en a beaucoup dans ton passé. Toutes les cicatrices sur ton corps ont une histoire triste derrière. La pire d’entre elles est évidemment cette tentative de suicide qui a marqué ton poignet. Au moins, la plaie a bien guéri et la marque est devenue moins visible. En tout cas, moins visible que celle dans ta main, après que ton père t’ait blessé avec un couteau, traversant ta main alors que tu n’avais que neuf ans. Tu as dû te soigner par toi-même, sans aller à l’hôpital. Normal que les soins n’aient pas été suffisants pour cacher cette blessure.

Je devrais porter des gants, on ne les verrait plus du tout.

Bref, on ne peut pas dire que tu sois très discret en ce moment. C’est sans surprise que trois jeunes viennent te tapoter l’épaule, te faisant sursauter. Tu ne les avais pas entendus marcher vers toi, ils sont arrivés par-derrière. Maintenant que t’es face à eux, tu te sens con. Qu’est-ce que tu peux bien leur dire? T’es pas à l’aise socialement. Les mots t’échappent souvent et tu t’exprimes mal. Puis, honnêtement, t’as pas envie de les supplier de t’intégrer à leur groupe ou quoi que ce soit dans ce genre. Ce n’est pas quelque chose qui peut être forcé. Tu nous espionnes? Celui qui t’adresse cette question paraît mécontent. En fait, ils le semblent tous, comme s’ils craignaient que tu les dénonces. Il n’en est évidemment rien. Non, je... Tu ignores quoi ajouter, figeant sur place. Comment expliquer ta présence? Tu recules d’un pas, ressentant une certaine agressivité de leur part. Seul contre trois, tu ne risques pas d’aller loin, en effet... Alors pourquoi t’es là? Ce n’est pas le même qui te parle. Lui n’hésite pas à avancer d’un pas, comme s’il cherchait à t’intimider. Ce comportement te ramène à la réalité. Ce ne sont pas des adolescents qui vont t’effrayer! Personne ne peut te faire autant de mal que ce que ton père a fait. C’est ce que tu te dis. Ainsi, tu te redresses, les dépassant tous en grandeur. C’est maintenant à ton tour de les intimider par ton attitude, par ce que tu dégages. Ils en sont surpris. Parce que je suis comme vous. Voilà la réponse qui franchit tes lèvres. Non, tu n’es pas comme eux. C’est ce que tu penses, mais tu te trompes lourdement. Tu es bien meilleur que tu ne le crois. Si seulement ton père n’avait pas employé des Pokémon pour te maltraiter, tu aurais déjà pu trouver ta voie, ton métier qui te rendra vraiment heureux. À la place, tu te brimes toi-même, tu t’enfermes dans des mœurs qui ne te correspondent pas. En tout cas, les trois garçons qui te font face expriment une certaine surprise, mais ils se reprennent. Le plus brave du lot reprend la parole. Et tu crois que c’est aussi simple de nous rejoindre? Non, tu te doutes que non. Il y a forcément une initiation ou une épreuve à accomplir. Ils ne veulent pas prendre le risque de laisser approcher un jeune qui les dénoncerait, qui irait tout dévoiler de leur plan aux autorités ou aux adultes. Ils sont prudents.

Je les comprends, mais je ne m’attendais pas à un tel accueil.

Doucement, tu hoches la tête de droite à gauche dans un signe de négation. Ils allaient reprendre la parole, mais quelqu’un d’autre approche, venant vers vous en courant. C’est ok les gars! Surpris, tu dévisages le nouvel arrivant. Il te semble familier, sans parvenir à mettre la main avec exactitude sur l’endroit d’où tu le connais. Vous pouvez le laisser passer. Tu te demandes pour quelle raison il y a ce retournement de situation, mais qu’importe. Tu ne t’en plaindras pas. L’ado te fait signe de le suivre, alors tu avances doucement, contournant les trois autres. Bienvenue Azamir, te dit-il ensuite. Et il sait ton prénom? Voilà qui t’étonne plus encore. À la façon que tu as de le regarder, il comprend ton trouble et il te fournit un début d’explication sans que tu aies à le demander. Nos pères travaillent ensemble. Je sais qui tu es. Malgré toi, ta mâchoire se serre. Thorkil, il est toujours dans les parages lui, même quand t’en es loin. Puis, tu en viens à te questionner pour savoir si ton interlocuteur est au courant pour les mauvais traitements, s’il sait pour toute l’humiliation que tu as subie au cours de ces quinze ans que tu as passés avec cet homme. On va les surpasser. Une froide détermination se laisse entendre dans son intonation, ce qui te rassure. Tu ne t’attendais pas à de tels mots, mais tu es content de les entendre. Ta mâchoire se relâche, tes poings que tu avais serrés sans le réaliser reprennent une posture décontractée. Suis-moi, je vais te présenter à tout le monde. Sans s’offusquer de ton silence qui s’étire, il entreprend de te guider dans cet entrepôt, t’amenant devant tous les autres jeunes qui y sont présents. Il est impossible que tu puisses retenir tous les prénoms et même surnoms que tu as entendu en cette fin d’après-midi, mais ça viendra. À la toute fin, celui qui t’a accepté et introduit se tourne vers toi. J’allais oublier, je m’appelle Anthony. Il est vrai qu’il ne s’était pas présenté et de ton côté, contrairement à lui, tu ne le connais pas. Ça n’est certainement pas ton père qui t’en parlera. D’un côté, ça n’est pas plus mal en vue de tout ce qu’il aurait pu te dire pour te diminuer et t’humilier davantage... Toujours plus pour avoir le dessus et le contrôle sur toi. Maintenant plus que jamais, puisqu’il ne peut plus le faire d’une façon quotidienne.

Je suis content de ne plus habiter sous son toit.



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Modo CDT & Ranger

C-GEAR
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Jeu 22 Juin - 0:27
Ta première soirée en la compagnie de tes nouveaux amis a été plutôt tranquille. Ils n’avaient pas l’intention de bouger de l’entrepôt, alors ça a facilité ton intégration. Puis, tu ne voulais pas rester trop tard afin de ne pas te prendre des questions de la part des Nyriu. C’est évident que Ferir ne te lâcherait pas dès ton retour. Le seul moyen aurait été de rentrer après qu’il soit au lit, mais ça aurait impliqué tard. Il a tout de même treize ans, donc il a le droit de dormir après vingt et une heures. À ce moment, madame Lamm t’aurait interrogé. On ne peut pas dire que tu sois très spontané pour inventer des mensonges. Ça ce soit quand tu galères et que tu cherches des raisons fictives. Au moins, tu te dis que sur le chemin du retour, tu pourras y songer et trouver quelque chose. Par contre, garde à l’esprit que si tu comptes t’y rendre pratiquement tous les jours, il viendra un moment que les défaites ne fonctionneront plus. La femme pourrait finir par voir clair en toi et cela t’apporterait des problèmes. N’en as-tu pas déjà assez ainsi? Ta vie est plus simple maintenant, pourquoi rendre tout cela compliqué? Pourquoi avoir accepté ce joint qui t’est présenté? L’odeur de cette drogue est si forte et les signes de consommation sont évidents... Crois-tu pouvoir berner tes parents adoptifs? En fait, tous ces questionnements ne te traversent pas l’esprit. Ton regard s’attarde sur le bout d’herbes roulées, puis sans y réfléchir, tu t’en saisis. On t’a bien demandé si t’en as déjà pris, t’as été honnête dans ta réponse. Évidemment que non, t’en as jamais pris. Avec la mort de Sanea provoquée par la drogue, tu t’en tenais loin, bien qu’il y avait aussi une certaine fascination envers ça. Tu vois ce que ça fait d’en consommer juste ce qu’il faut. Les autres jeunes ne se contentent pas que de cette drogue douce, mais toi, pour commencer, ils te le conseillent. Anthony a d’ailleurs été des plus surpris d’apprendre que t’avais jamais rien pris. Il ne connaît pas vraiment ton père, il ne sait pas ce qui se passait chez vous. Il n’a pas la moindre idée de la violence que t’as enduré durant toutes ces années. Il pensait que comme lui, ton géniteur t’avait introduit à cet univers. Il est tellement loin de la réalité... Et ça n’aurait pas été non plus de l’amour que de le faire.

Moins pire que les mauvais traitements... Une forme d’attention qui fait moins mal.

Mais pas de l’amour ni quelque chose de sain. Ne le vois pas ainsi parce que ça serait faux. Au moins, tu n’accordes pas plus d’attention à cela et tu te contentes de te relaxer après cette pénible journée de classe. Tu n’aimes pas l’école, et ce, depuis toujours. T’as la ferme intention de ne pas effectuer d’étude après l’école obligatoire. D’un autre côté, t’as seize ans, alors tu pourrais déjà lâcher si tel est ton souhait, mais tu crains que les Nyriu ne l’acceptent pas et qu’ils te jettent dehors. Pourtant, tu les connais et tu sais qu’ils ne sont pas du tout comme ton père. Jamais ils ne t’abandonneraient, sauf que ta confiance en les adultes est tellement ébranlée et précaire que tu leur attribues de mauvaises intentions là où il n’y en a pas. C’est tellement ancré en toi qu’il est difficile de t’en défaire. Bien que ça fasse plus d’un an que tu partages leur quotidien, qu’ils te laissent énormément de liberté d’agir et qu’ils t’encouragent, qu’ils te donnent absolument tout ce dont tu as besoin pour t’épanouir, il reste une part de méfiance qui ne disparaîtra jamais. D’ailleurs, la façon dont tu as été accueilli à ton retour contribue à l’accentuer... Tu as tout de même attendu plus de deux heures après avoir fumé avant de te mettre en route pour retourner chez toi. Les autres espèrent te revoir le lendemain, mais ça dépendra de ce qui se déroulera dès que tu aurais franchi la porte d’entrée. Sans surprise, Ferir t’a presque sauté dessus. T’étais où? Tu faisais quoi pour ne pas revenir souper? Ah ouais, t’as pas mangé, mais tu ne ressens pas de faim. N’entre pas dans ce genre de cercle vicieux ou en sortir sera difficile! Ton regard s’attarde sur ton ami, mais tu ne lui réponds pas. Il n’a pas à te materner et tu estimes ne pas être obligé de lui fournir des explications. Tu n’as pas de comptes à lui rendre, pas à lui. Même à personne, de ton point de vue. N’oublie pas que tu restes mineur et que des adultes doivent répondre de tes actes et qu’ils aimeraient être au courant de tes allées et venues. Il s’agit de la moindre des choses. Ne m’ignore pas Azy... Je me suis inquiété, tu ne nous as rien dit. Là-dessus, il n’a pas tort, mais tu continues de croire qu’il n’a rien à y voir et qu’il n’a pas le droit de te questionner.

Il n’est pas un adulte, alors pourquoi je devrais lui parler de mes moindres faits et gestes?

Tandis que t’avances dans la maison, désireux de te rendre à ta chambre, madame Lamm vient t’intercepter. T’espères ne pas avoir l’air trop amoché par ta première consommation. En tout cas, ton ami n’a pas mentionné d’odeur particulière, alors ça doit être bon, que tu te dis. Azamir. Tu lèves doucement le regard vers elle, te sentant soudainement honteux. Tu n’as pas l’envie qu’elle te sermonne pour ne pas être rentré directement après l’école. T’es en âge de pouvoir faire ce que tu veux, tant et aussi longtemps que tu ne te fais pas prendre pour tes conneries... Après, ça deviendrait plus délicat. J’aimerais juste que tu nous informes lorsque tu ne reviens pas pour souper, ok? Elle t’adresse un sourire et tu es sous le choc. Tu ne t’attendais pas à ça, croyant plutôt qu’elle te poserait aussi des questions et qu’elle chercherait à savoir. La suite te surprend plus encore. Tu es assez vieux pour savoir ce que tu as à faire, mais juste nous aviser. C’est une question de respect. La phrase aurait pu avoir un sens négatif, pour te faire la morale, mais il n’en est rien. Elle sait que tu n’as pas l’habitude de prendre en compte ce genre de choses. Avec ton père, il te fallait suivre des règles très strictes, il te fallait être présent pour lui préparer les repas non pas par respect, mais par obligation. Néanmoins, tu comprends ce qu’elle veut dire et tu t’en veux de ne pas y avoir songé par toi-même. Hn, je préviendrai, désolé. Tu détournes le regard, ne parvenant plus à soutenir le sien. D’un point de vue extérieur, cela amène presque une situation cocasse à cause de votre différence de grandeur. Elle est bien plus petite que toi. Tu as presque ta taille d’adulte, il ne te manque que quelques centimètres. Ça ne l’empêche pas de venir te rassurer. Ce n’est pas grave. Tu sauras pour les prochaines fois! Elle pose doucement sa main sur ton épaule, la rapprochant beaucoup de toi. Tu souhaites sincèrement que l’odeur de la marijuana ne te trahisse pas... Elle serait sûrement moins compréhensive qu’en ce moment. Pour mettre fin à cet instant et enfin filer à ta chambre, tu lui adresses un sourire. T’as vraiment de la chance de l’avoir dans ta vie. Allez, va porter tes choses. Elle constate sans mal que tu veux t’éclipser, alors tu ne la fais pas répéter. Merci. Le seul souci, c’est que Ferir te suit et il ne te lâche pas. Un des effets de la drogue sur toi est de te rendre moins patient. Ne l’ayant pas encore réalisé, ça ne tardera pas à agir...

Tes relations en prendront un gros coup.



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C-GEAR
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Sam 24 Juin - 7:13
Tu sens bizarre Azy... Tu n’aimes pas ça, qu’il ait réussi à déceler ton odeur. Ton ami s’approche de toi pour te sentir un peu mieux et tu ne trouves rien de plus à faire que de reculer. Une chance qu’il ne connaît pas ce monde qu’est la consommation de drogues... Il ne faudrait pas qu’il te dénonce à ses parents. C’est à cause de l’endroit où je me trouvais. Il s’agit de la meilleure explication à fournir ou du moins, de la meilleure qui te vient à l’esprit en ce moment. J’aimerais prendre ma douche, tu me laisses? Tout pour l’esquiver. Évidemment, ce n’est pas si simple. Ça ne l’est jamais quand Ferir est dans les parages et que cela te concerne. Il s’inquiète beaucoup pour toi. Il remarque de subtils changements chez toi, que personne d’autre ne voit. C’est parce qu’il te connaît mieux que quiconque. C’est de lui dont tu dois le plus te méfier désormais, si tu comptes vraiment plonger dans cet univers. En tout cas, la soirée t’en a donné envie. Trop tard pour rebrousser chemin, que tu te dis. Ça ne l’est jamais, tout dépend de ce que tu veux réellement. Pourquoi t’entêtes-tu à choisir une voie qui ne te correspond pas? Tu n’y es pas à ta place et tu saisiras la première opportunité qui s’offrira à toi, sauf que ça ne sera pas la bonne non plus... Comment une personne peut-elle être aveugle à ce point concernant ses préférences et quant à son avenir? Tu fais fort, Azamir. Après, on pourra passer le reste de la soirée ensemble avant que j’aille dormir? Il s’ennuie de toi, il veut passer du temps en ta compagnie. Pour lui, tu es son meilleur ami, son confident, la personne la plus importante. Il est encore trop jeune pour t’aimer, mais ça viendra sans que tu le saches. Tu ne le découvriras que des années plus tard, tandis que tout le monde à l’exception de toi aura compris ce qu’il ressent à ton égard. Tu n’es pas doué avec les sentiments et tu ne le seras sans doute jamais. Cela te donne un certain charme, sauf que c’est aussi problématique. Si seulement tu en avais conscience, tu pourrais poser les actions afin d’y remédier. Ce n’est donc pas le cas. Bref, ton ami attend une réponse et tu as tout intérêt à ne pas essayer de l’esquiver.

Il en devient lourd... J’ai vraiment envie de prendre mes distances avec lui.

Hn, si tu veux. Tu lui fournis une réponse à peine satisfaisante, témoignant de ta non-envie, mais il ne l’entend pas. Quand il t’offre un large sourire, tu te sens mal de le trouver pénible. Tu ne t’attardes pas plus longuement à cette impression, filant à la douche avec des vêtements propres. Tu tentes d’agir comme d’habitude, mais la drogue agit encore un peu dans ton organisme. Elle te rend au ralenti, ce qui ne passe pas inaperçu, mais tu ne te prends pas de remarque sur le coup. Heureusement que l’eau te réveille, tu seras plus alerte afin de ne pas répondre des conneries qui pourraient te coûter cher. Tu y passes facilement une vingtaine de minutes, prenant ton temps afin de profiter de l’eau chaude. T’as toujours aimé la sensation sur ton dos, ça te détend les muscles qui sont trop souvent crispés à cause de ce que tu subissais avant de façon quotidienne. Une fois séché et vêtu, tu quittes la salle de bain pour tomber nez à nez avec Ferir qui semble t’attendre avec grande impatience. Cela contribue à ce que tu le trouves chiant à nouveau. Je peux avoir deux secondes de répit? Le commentaire a franchi tes lèvres sans même que tu le veuilles, te surprenant. Tu n’en penses pas moins, mais tu devais garder cette réflexion pour toi. C’est raté pour le coup. Ton ami a un mouvement de recul. Il ne s’attendait pas non plus à cela de ta part. Oui, désolé... Tu détestes voir de la culpabilité sur son visage, sauf que tu n’ajoutes rien, te contentant de marcher jusqu’à ta chambre en silence. Il te suit à pas lents, qui traînent au sol. Il a perdu sa motivation et le fait qu’il se victimise te rend encore plus maussade. La conversation ne sera pas facile, à moins qu’il lâche prise et qu’il veuille jouer ou quoi. Là, ça t’irait. Tu estimes encore ne pas avoir de comptes à lui rendre et là-dessus, tu n’as pas tort. C’est à toi de faire en sorte de le lui faire comprendre, voilà tout. Tu peux outre passer ta tendance à la fuite. Ça ne te fera pas de tort, mais tu ne connais pas vraiment autre chose. Ça n’est pas avec ton père que tu pouvais t’exprimer sur ce que tu vis...

Il s’en foutait et il ne m’aime pas. Je ne l’aime pas non plus.

Parvenu à ta chambre, les vêtements sales sont rapidement déposés dans le panier destiné au lavage. Tu te fais la réflexion qu’il pourrait se trouver dans la salle de bain, ça serait tout de même vachement plus pratique et plus simple. Faut en parler avec madame Lamm. C’est elle qui gère ce genre de choses. Cependant, tu ne veux tellement pas la déranger que ça ne risque pas d’arriver. Bref, tu vois l’heure sur ton cadran et Ferir doit bientôt aller au lit puisqu’il y a de l’école le lendemain. Au moins, ça t’assure que tu ne subiras pas un interrogatoire ce soir et que tu seras tranquille. En vrai, t’es fatigué et tu ne tarderas pas toi non plus à dormir. Demain, on va pouvoir se voir? Ton ami te pose la question en baissant la tête, comme s’il redoutait ce qui sortira de ta bouche. Au moins, s’il aborde le sujet de cette façon, c’est bien qu’il compte te laisser tranquille ce soir, ce qui te convient parfaitement. Hn, ça devrait. Tu remarques une légère grimace qui prend place sur son visage. Elle ne reste pas bien longtemps, mais t’as eu le temps de la noter. C’est vrai que Ferir n’aime pas les formulations de ce genre, qui ne sont pas précises. Avec lui, c’est toujours mieux de mettre les choses au clair. Tu le sais, mais en ce moment, t’en as pas du tout l’envie. Puis, tu ne veux pas lui promettre quelque chose pour au final revenir sur ta parole. Tu voudrais aller voir tes nouveaux amis demain aussi, mais peut-être parviendras-tu à trouver un compromis. Ça dépend de ce qu’ils feront en cours de soirée. D’un autre côté, il ne faudrait pas que tu te mettes à ne plus jamais rentrer après les cours. Les Nyriu finiraient par te questionner, même s’ils ne sont pas tes parents. Après tout, ils t’hébergent sans rien te demander en retour, ils t’achètent tout ce dont tu as besoin pour vivre. Tu leur dois un minimum de respect. Ça, tu y tiens alors pas d’inquiétudes à se faire. Tu seras là ou pas? Un soupir t’échappe. Tu sens le mal de crâne arriver et tu veux vraiment te mettre au lit avant. Sinon, ça pourrait couper ta nuit et te provoquer de l’insomnie. On ne peut pas dire que tu aies de la facilité à dormir... Je pense que oui, c'est juste que je ne peux pas en être sûr. Ça devrait clore la conversation, que tu te dis.

De toute façon, sa mère va bientôt l’appeler afin qu’il se prépare à aller au lit.



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C-GEAR
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Mar 27 Juin - 2:48
Comme prévu, ton ami n’a pas pu s’attarder dans ta chambre. Il a dû aller se préparer pour sa nuit et tu as pu te reposer. C’est toujours long avant que tu trouves le sommeil même si tu es fatigué. Il faut que tu sois vraiment épuisé pour t’endormir en moins de dix minutes. Tu envies Ferir pour ça. Lui a le sommeil tellement lourd et quand il se couche, il a à peine le temps de tirer la couverture sur lui qu’il dort déjà. Tu aimerais avoir une telle capacité. Ça t’aiderait sûrement à mieux réussir tes cours et peut-être envisagerais-tu d’essayer des plus hautes études. Ta vraie vocation ne se trouvait par contre pas non plus dans un tel domaine, mais ça aurait été mieux que ce à quoi tu aspires en ce moment. L’envie d’abandonner l’école est de plus en plus présente et tes fréquentations ne t’aideront pas à te raccrocher. Au contraire même et ça commence dès le lendemain. T’es allé en classe, t’as pas trop écouté de la journée, distrait d’un rien. On ne peut pas dire que t’aies bien dormi alors c’était très difficile de te concentrer et t’as décidé d’abandonner le projet. Au moins, t’étais présent, les profs n’ont rien à dire contre toi. Tu n’as pas le goût qu’ils contactent les Nyriu pour leur parler d’à quel point tu n’en as plus rien à foutre. Fais attention, ça finira par se voir et ils seront mis au courant. Il ne faut pas prendre les enseignants pour des idiots, ils savent reconnaître les signes. Puis, depuis que tu habites chez les Nyriu, ils font plus attention à toi. Madame Lamm s’implique beaucoup, elle les appelle pour prendre de tes nouvelles en classe, pour savoir comment ça va. Ils n’ont donc plus le choix, ils ne peuvent plus agir comme quand tu étais avec ton père. Lui, il s’en moquait éperdument, tant que t’avais des notes passables, tant que tu n’échouais pas. D’ailleurs, tu fais moins de devoirs et d’étude depuis qu’il t’a mis à la porte, mais tes notes ont tout de même augmenté. La différence n’est pas si significative, mais assez pour ne pas être passée inaperçue. L’environnement chez lui était malsain. Tu vivais tellement dans la peur que cela te nuisait à tous les niveaux. C’est définitivement terminé. Il ne viendra pas te récupérer. Il a bien trop de fierté pour ça. Il a posé son dernier geste pour t’atteindre, soit d’empêcher les démarches des Nyriu pour t’adopter. Il en est satisfait.

Je le déteste vraiment. J’aimerais pouvoir lui tenir tête et lui remettre tout ce qu’il m’a fait.

Tu ne devrais pas cultiver une envie de vengeance, ça t’amènera juste des sentiments négatifs pour rien. Tu en as assez vécu, n’en ajoutes pas. Par contre, t’es le genre à n’en faire qu’à sa tête, à ne pas se soucier de l’avis d’autrui. Tu crois savoir ce qui est le mieux pour toi alors que tu n’as que seize ans... Le contrôle ne se situe pas dans les conseils. Il t’est possible de les prendre. Mais non, c’est trop difficile pour toi. Il faut que tu te casses toi-même la gueule, que tu effectues tes mauvais choix pour enfin ouvrir les yeux, pour enfin choisir la bonne voie. Il n’y aura donc pas d’exceptions pour cette fois. Après les cours, tu t’es rendu à votre lieu de rendez-vous. Il y a des questions qui te brûlent les lèvres, interrogations essentielles pour pleinement plonger dans cette sorte de double vie sans que tes presque parents adoptifs se rendent compte de quoi que ce soit. Il y en a forcément dans le groupe qui cachent tout à leurs parents, donc c’est surtout à eux que tu désires t’adresser. C’est tout ce que tu comptes faire pour ce soir. Il ne faudrait pas que tu te mettes à disparaître tous les soirs jusqu’au coucher... Là, ils finiraient par te questionner et comme t’es franchement mauvais pour mentir, il vaut mieux ne pas te rendre là. Quand tu arrives sur place, il n’y a que deux autres jeunes, et aucun avec lequel ça avait « cliqué ». Tu te forces tout de même pour ne pas sembler sauvage ou asocial (même si t’es un peu des deux, admets-le), te dirigeant vers eux avant de les saluer. Au moins, ils te le rendent, cherchant à t’inclure. Tu voyais un milieu plus fermé que ça, sûrement à cause de l’image de ton père. Il est un cas particulier même au sein des Rockets. Ne le laisse pas influencer ton jugement, bien que cette bande de jeunes ne soit pas la plus recommandable. Pendant que vous n’êtes que les trois, tu en profites pour lancer ta question pendant un petit silence. Vous faites comment pour que vos parents ne se rendent compte de rien? T’espères tout de même ne pas commettre une bêtise en parlant ainsi. Tu ne connais pas leur histoire après tout. Un des deux gars s’écrase un peu peu dans le vieux divan défoncé et miteux sur lequel ils prennent place. Je n’ai que ma mère et elle travaille tellement qu’elle ne voit rien. Et pour moi, mes parents s’en foutent.

Eux aussi n’ont pas de vrais parents. Je ne suis pas le seul dans ce cas.

Parvenir à ce constat te soulage et te rassure. Par contre, ça ne te fournit pas la réponse tant désirée. Il va falloir que tu demandes à d’autres quand ils arriveront. Ou pas. Mais y en a qui ont des parents corrects et ils disent qu’ils ont beaucoup de travaux scolaires. Ça a l’air de passer, sauf qu’ils sont pas ici tous les soirs. Ah, voilà une précision qui te fait plaisir à entendre. Au moins, tu sais maintenant qu’il n’y a pas de présence minimale pour rester dans le groupe. Sûrement que les fruits des vols ou de la vente sont distribués uniquement avec ceux qui y ont pris part, ce qui serait logique. Tu hoches doucement la tête pour signaler que t’as compris. J’vais devoir faire la même chose. C’est très rare que tu contractes des mots quand tu parles, ayant appris à toujours bien articuler (sinon, tu te prenais des baffes...), mais pour mieux t’intégrer, tu le fais. Y a juste la suite que tu n’avais pas vue venir et qui te laisse quelques instants sans voix. Ton père c’pas un criminel? Il doit s’en foutre que tu viennes ici. Tu n’avais pas du tout l’envie d’expliquer que tu n’habites plus sous son toit et que de bonnes personnes t’hébergent chez eux sans rien te demander en retour. Il y a toujours une part de toi qui craint que les Nyriu subissent de mauvaises choses si de mauvaises personnes finissent par le savoir. Bon, la pire est évidemment Thorkil, et jusqu’à présent, il n’a rien fait. Tous les jours tu souhaites que cela reste ainsi, bien que tu tentes aussi de ne pas trop y songer. Bref. Je n’habite plus avec lui. C’est tout ce que tu consens à dire à ce sujet. Pour le reste, tu esquiveras ou tu signaleras que t’as pas envie d’en parler. Ça ne les concerne pas de toute façon. Puis, l’heure avance et tu comptes rester encore maximum trente minutes afin de ne pas manquer le souper. T’as pas avisé de ton absence, alors il le faut bien. En plus, la cuisine de madame Lamm est excellente. Ça serait dommage de ne pas en profiter en plus de la contrarier parce que tu n’aurais pas respecté sa demande de la veille. Ainsi, avant que d’autres arrivent, tu préfères t’éclipser. Tu redoutais de devoir fournir des raisons ou des explications, mais il n’en est rien. Ce que tu fais de ta vie, ils s’en foutent tous. Tout comme toi envers eux.

Ce sont des relations bien moins engagées que celle que j’ai avec Ferir. Ça me convient mieux.

Certes, tu as besoin d’avoir des amitiés plus superficielles, mais de là à dire que ça te convient mieux... Réfléchis.



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Ven 30 Juin - 18:30
Ton style de vie est vraiment irresponsable. La chute s’est déroulée sans même que tu la remarques. Si, dans les premiers jours, tu y allais doucement, ne t’absentant pas trop de la maison le soir, tu as été une semaine sans rentrer avant vingt-trois heures tout en ayant des cours le lendemain. Tu t’attendis à quoi en te comportant de la sorte? Certes, tu fais attention au retour afin de ne réveiller personne, comptant sur le sommeil lourd de ton meilleur ami et sur celui, identique, de sa mère. Ça n’empêche pas que tu n’es pas présent quand ils se mettent au lit... Comme si cela allait passer inaperçu. Bravo champion! Les problèmes viendront à toi sous peu si tu ne changes pas de stratégie, et ils viendront bien plus vite que tu le penses. L’école a appelé, tes profs s’inquiètent de te voir plus fatigué, moins concentré. Tes notes ont commencé à chuter à ce qu’elles étaient avant d’habiter chez les Nyriu. Ce sont des changements qui ne mentent pas. Il y a quelque chose qui te perturbe et les adultes feront ce qu’il faut afin de le découvrir, ce qui ne te plaira évidemment pas. Toi qui désires plus que tout ton indépendance et pouvoir faire tes trucs de ton côté, devoir rendre des comptes t’insupporte. Tant que tu ne seras pas adulte, il le faudra. C’est ainsi que ça fonctionne dans les familles normales. Il est vrai que tu n’as pas connu ça, que ton père te restreignait au maximum, mais ce n’est pas une raison pour voir que le négatif derrière ce genre de pratique. Te rebeller n’amènera rien de bon. Peut-être le découvriras-tu. Il faut le souhaiter. D’ici là, tu devras faire face à tes actes et prendre tes responsabilités... ou les fuir, comme tu sais si bien le faire. Donc, ce soir aussi tu rentres tard, n’ayant pas spécialement noté que c’est vendredi. Vous avez effectué un vol dans une petite boutique qui était fermée. Nous êtes parvenus à mettre la main sur de la marchandise électronique, que vous allez pouvoir revendre et ainsi, vous séparer les profits. M’enfin, il y aurait réellement des profits si tu ne te droguais pas. D’ailleurs, t’es en état de consommation. T’as pris de la coke plus tôt et t’as fumé quelques joints, ne sachant plus combien. Puisque tu n’en ressens presque plus les effets, tu te dis qu’il est temps de rentrer avant qu’on te tente à nouveau.

Pendant que je suis ici avec eux, j’oublie ma vie...

C’est bien ça le problème. Avant, c’était le cas avec les Nyriu. Tu leur es encore reconnaissant pour tout ce qu’ils ont fait pour toi, sauf que ton jugement est altéré. Tu crois qu’ils veulent te contrôler et te faire changer, mais il n’en est rien. Ils t’ont toujours accepté tel que tu es. C’est juste qu’ils se soucient de ton bonheur et tu te berces dans l’illusion de l’être plus depuis que tu as ces mauvaises fréquentations. Il suffit de constater à quel point tu cherches à échapper à la réalité en te droguant pour démontrer le contraire. Ça te serait facile de le voir toi aussi si tu n’étais pas un spécialiste du déni. Tout ce qui te pousse à te remettre en question est refoulé et oublié à la première occasion. Ça t’effraie et tu ne connais pas vraiment. Il s’agit de cette liberté d’agir que tu as tant recherchée, mais que tu te refuses désormais. Elle t’est accessible, alors pourquoi ne pas en profiter? C’est d’une contradiction sans nom. Bref, nous disions donc que tu rentres en mauvais état, même si dans ton esprit, tout est ok. Ne prends pas les Nyriu pour des idiots. Ils ont beau ne pas tremper dans le monde de la drogue, ça n’est pas difficile en voyant ta sale gueule de constater que t’es pas dans ton état normal. Le blanc de tes yeux est encore un peu rougi. Tes gestes sont plus lents. Il y a certains signes qui te trahissent sans que tu ne le réalises. T’es pas encore habitué, alors ça paraît plus. Selon ta perception, c’est bon, tu te sens moins "en buzz" que tout à l’heure. C’est tout de même une grossière erreur de débutant. Tes amis (si on peut vraiment les désigner ainsi...) t’ont laissé partir sans rien te dire. De toute façon, la plupart d’entre eux étaient tellement défoncés qu’ils n’ont même pas remarqué que t’es parti, même si tu leur as dit. Ça devrait t’ouvrir les yeux, t’envoyer la claque au visage dont t’as besoin pour réaliser ce qui t’arrive. Mais non, la voie de la facilité est bien plus simple à embrasser. Si seulement Sanea voyait ce que tu deviens... Elle te la mettrait cette claque nécessaire pour te réveiller. Elle ne te reconnaîtrait plus. De toute façon, avec elle a tes côtés, tu n’aurais sans doute jamais eu le besoin ou l’impression de devoir te lancer dans ce genre de choses, de t’entourer de ce genre de personne.

Ils me ressemblent, ils ont des parcours comme le mien. Ils peuvent me comprendre.

Non, ils se moquent bien de te comprendre. T’es juste un mec comme un autre à leurs yeux. T’as rien de particulier. Ne leur attribue pas tes besoins, ils ne les partagent pas. Eux, ils sont bien, ils ne se cherchent pas, ils ne se renient pas. De ton côté, tant et aussi longtemps que tu refuseras toute introspection, tu ne pourras pas toucher le bonheur. La drogue ne donne que l’illusion d’être bien. Rien de plus, rien de moins. En plus, elle te bousille... T’as déjà des problèmes de concentration, ils deviendront pires avec les drogues dures. Ce que tu ne réfléchis pas... Pas plus quand t’entres dans la maison et que surprise, madame Lamm est assise sur le divan, elle regarde la télévision. Tu ne t’attendais pas à la voir. Elle, par contre, t’attendait de pied ferme, à tel point qu’elle ferme l’appareil électronique et se tourne directement vers toi avant même que t’aies eu le temps de t’éclipser vers ta chambre. T’es dans la merde, accepte-le. La fuite ne donnera rien cette fois. Ni jamais. Oublie ça une bonne fois pour toutes. Azamir, j’aimerais qu’on parle. Tu peux venir t’asseoir à la cuisine avec moi? Comme toujours, elle est douce et non directive dans son intonation. Elle ne cherche pas à te contraindre, sachant pertinemment que cela ne ferait que te braquer et tu lui opposerais une résistance passive. Ce n’est pas ce qu’elle cherche à faire. Ok... Tu redoutes ce qui se dira, ce qui se passera. Tu crains soudainement qu’elle t’informe que demain, t’es dehors de cette maison. À pas lents, tu la suis jusqu’à la cuisine. Elle allume juste la lumière du four afin de ne pas t’aveugler. Pour ça, tu lui es reconnaissant. Elle s’installe à une chaise avant toi et la femme attend que tu sois prêt, sans te brusquer. Tu voudrais disparaître sous son regard bienveillant. Il n’y a pas de forme de contrariété visible, mais tu sais que les adultes peuvent vous tromper. Ils sont même excellents là-dedans. Elle pourrait t’annoncer avec le sourire que tu n’es plus le bienvenu dans cette maison... Mais non, pas elle. Tu le sais au fond. Arrête d’imaginer des scénarios négatifs et concentre-toi sur ce qu’elle a à te dire.

Je ne veux pas les perdre...

Alors cesse de t’enfoncer dans un mode de vie qui n’est pas sain! La solution est à ta portée, saisis-la!



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Ven 30 Juin - 23:43
Quelques secondes passent après que tes fesses se soient posées sur la chaise en face de Sarah. Le regard bas, tu sais que tu as quelque chose à te reprocher sans nécessairement tout comprendre non plus. Tu attends aussi des explications afin de bien saisir ce qu’il y a. Oh, t’as oublié à quelques reprises de signaler que tu ne seras pas présent lors des repas du soir. Ça, pourtant, tu sais que c’est irrespectueux. Madame Lamm s’efforce de faire assez de nourriture pour tout le monde tous les soirs. C’est la moindre des choses devenir en profiter. D’ailleurs avec ton mode de vie de consommateur, t’as commencé à perdre du poids. Tu manges moins qu’avant. S’il faut que tu redeviennes aussi mince que tu as déjà pu l’être à cause de ton père qui ne t’accordait pas le droit de manger... Ne te rend pas jusque là, ne gâche pas ta vie. Tu mérites bien mieux que ce que tu t’infliges toi-même. J’aimerais que tu m’expliques ce qui se passe. Surpris, tu ne t’attendais pas à de telles paroles d’entrée de jeu. Que peux-tu bien répondre à cela? Tu l’ignores, rien ne te vient à l’esprit. Tu ne te vois pas non plus lui avouer ce que tu fais de ta vie le soir après les classes. C’est impensable d’admettre ça. Je ne comprends pas... C’est détourner la vérité. Il y a certes des choses que tu ne comprends pas, réellement, mais il y en a d’autres qui te sautent au visage et que tu refuses d’admettre. Ça, c’est grave. Et pas sain. Il faudrait que ça te rentre dans le crâne. Je suis sûre que tu comprends, au contraire. Tu es très intelligent Azamir. Je n’ai pas besoin de t’expliquer. Si, au fond de toi, de tels mots te font plaisir, tu te sens aussi pris au piège. À cause de ton tempérament, c’est à cette seconde sensation que tu accordes le plus d’importance. Une belle erreur de ta part. Ta mâchoire se serre, mais pas très longtemps. Il ne faudrait pas que ça attire l’attention, mais trop tard. Elle a les yeux rivés sur toi, observant tes réactions afin de saisir ce que tu cherches à cacher. Au final, un soupir t’échappe. Doucement, tes iris ambrés viennent rencontrer les siens. Tu peux bien lui fournir un semblant de vérité. Elle te lâchera après ça, que tu te dis. T’auras la paix et tu pourras vivre comme tu le veux.

Je veux aller me coucher. Je ne veux plus de ça...

C’est plus difficile que tu le pensais, vraiment. Même si cette femme est bienveillante à ton égard et qu’elle ne te juge pas qu’importe ce qui arrive, il y a une crainte qui monte en toi. Prenant une grande inspiration, tu te lances, mais à moitié. Je n’aime pas l’école. C’est tout ce que tu parviens à dire. Il s’agit d’une des vérités que tu gardais pour toi, esquivant quand la conversation tournait autour de ça. Au moins, il s’agit d’un de tes problèmes centraux, qui n’aide pas à ton esprit rebelle et à ton envie de délinquance. Si tu apprenais à aimer, ça te ferait te raccrocher. Cependant, tu ne vois pas comment cela pourrait être possible. Tu ne t’imagines pas du tout être comme Ferir et prendre plaisir à travailler sur tes devoirs, à être joyeux en voyant tes bonnes notes. Tu t’en fous tellement... Ça en est à un point qui est très difficile à rattraper, surtout à ton âge. Tu es sur le point d’être un décrocheur. Par contre, pour faire plaisir à tes presque parents adoptifs, t’es prêt à au moins terminer ton année. C’est la dernière. T’auras dix-sept ans quand enfin, ça sera fini. Il te reste encore plusieurs mois à affronter... Au rythme que tu vas, ça sera ardu de garder un peu de motivation pour ça. Il ne faudrait plus que tu ailles rejoindre tes amis tous les soirs. Tu es bien plus influençable que tu ne le crois. Pourquoi n’en as-tu jamais parlé avant? Une simple question qui t’est posée te désarçonne. Toi qui t’attends toujours au pire, tu voyais déjà le sermon venir comme quoi c’est important et qu’il faut que tu t’impliques davantage. Pourtant, tu la connais et tu sais qu’elle ne te ferait pas ça. Une fois de plus, ton regard baisse. Ce genre de discussion te rend réellement mal à l’aise sans que tu puisses comprendre pourquoi. C’est toujours pénible, ça te force à réfléchir, à mettre le doigt sur ce que tu ressens. Ça ne te plaît pas, ça t’effraie. Plus facile de se borner et d’agir comme si tout t’échappait. N’empêche, cette fois, il faut formuler une réponse. Esquiver ne servirait à rien. Si seulement ça te motivait à réaliser des introspections plus souvent... Il n’en sera rien.

Je n’ai pas envie de ça plus souvent! Au contraire, je veux y mettre un terme.

Je ne sais pas. Ce n’est pas une réponse très satisfaisante et tu déduis la réaction qu’aura ton interlocutrice. Elle ne sera pas contente. Réfléchis. Ces mots sont dits avec délicatesse, sans te bousculer, sans te presser. Elle se montre extrêmement patiente à ton égard tandis que bien d’autres parents auraient craqué, même sans être de mauvais parents comme ton père. Se frotter à un jeune qui n’a aucune envie de s’ouvrir, c’est difficile. En plus, tu te bornes à rien, tu te braques dès que la situation ne te plaît pas... C’est ton passé et les épreuves que tu as eu à traverser qui t’ont forgés ainsi. Sans toute cette maltraitance, sans l’abandon de ta mère, tu serais bien mieux dans ta peau. Je ne voulais pas avoir une leçon de morale. Des mots murmurés qui sont, une fois de plus, véridiques. Par contre, contre toute attente, tu ne t’arrêtes pas là. C’est important, mais je n’aime pas. Je ne me sens pas bien en cours... Ça m’arrive souvent d’être distrait et les profs me blâment pour ça. Un soupir franchit tes lèvres. Las, tes poings viennent frotter tes yeux. T’es fatigué, la drogue n’aide pas ton organisme non plus. Les effets « fun » sont terminés. Il y a un début de mal de crâne qui se manifeste, t’as l’impression qu’il ne fera qu’empirer tant et aussi longtemps que tu ne rejoindras pas ton lit qui t’appelle. Sauf que ça ne fait que commencer. Il y a bien des points que Sarah veut élucider avec toi. Elle a aussi remarqué que tu t’éloignes de son fils et ce dernier le prend très mal. Pourtant, vous avez toujours été proches depuis que vous vous connaissez. D’un autre côté, elle ne connaît pas grand-chose sur les relations entre frères. C’est un peu ce que vous avez entre vous. À cause de la différence d’âge, elle se doutait que cela allait survenir un jour ou l’autre, mais elle espère sincèrement que l’âge adulte vous rapprochera. Ça serait très dommage que votre relation en prenne un coup. Ce n’est pas non plus ce que tu souhaites, mais par moment, Ferir te paraît si lourd et si pénible... Bien qu’il ait une certaine maturité pour son âge, ça n’est pas toujours simple de le côtoyer tous les jours. Comme dans toute relation fraternelle il faut dire. Tu n’es pas une exception.

Je le protégerai toujours, mais j’ai besoin de m’en tenir loin en ce moment.

C'est normal, mais ce n'est pas du tout la bonne période, pas alors que tu plonges dans un univers qui te mènera de plus en plus vers la criminalité...



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Dim 2 Juil - 22:47
C’est la première fois que tu t’ouvres à ce point en présence d’un adulte. Avant, il n’y avait que Sanea qui parvenait à rompre ta carapace. Tu pouvais lui dire presque tout, sauf tout ce que tu aurais voulu lui dire le dernier soir que tu l’as vu... D’une certaine façon, tu le lui as démontré par des gestes, mais à ton sens, ça n’était pas assez. Il y a beaucoup de regrets en toi pour ça, des regrets que tu ignores comment gérer efficacement, te contentant de les taire, de les écraser dans un coin de ton cœur et d’agir comme s’ils n’existaient pas. C’est ce que tu fais avec beaucoup de choses que tu vis, ayant ensuite l’illusion que la vie en générale est plus simple. Une réflexion bien immature, qui démontre tout le chemin que tu auras à faire afin de vivre bien avec toi-même. C’est encore loin du compte. Bref, tu ferais mieux d’être attentif à la réponse que te fournit madame Lamm. Ça serait dommage et un peu idiot de la faire répéter. Il faut que tu parles de ce genre de choses. Quand tu n’es pas bien, quand tu as des problèmes, tu dois nous le dire. Sinon, nous ne pourrons pas t’aider. À nouveau, t’es surpris. Tu ne t’attendais pas à un tel discours de sa part. C’est bien loin de la leçon de morale à laquelle tu te préparais déjà mentalement. Que peux-tu bien répondre à cela? Il te semble que tu te poses la question souvent depuis le début de cette conversation qui vient pourtant juste de commencer. Dans ton esprit d’adolescent, ça te semble déjà si long... Sois patient, tu ne peux y échapper. Fuir maintenant ne ferait que t’apporter plus de problèmes. Et puis, ce n’est pas comme si tu pouvais te barrer sans qu’elle cherche à te retenir... T’en as envie, en vue de toutes ces émotions qui se mélangent en toi et que tu ne parviens pas à comprendre ni à identifier. De l’inconnu, c’est toujours effrayant. Au bout de plusieurs longues et pénibles secondes, ta voix s’élève enfin, incertaine. Je n’ai pas l’habitude qu’on cherche à savoir ce que je vis. Tu te sens idiot dès que tu termines ta phrase. Il aurait fallu que t’ajoutes « avec des adultes » parce que Ferir et Sanea ont toujours agi de la sorte envers toi. Par contre, il est vrai que tu essaies de tout garder pour toi, de tout refouler et d’agir comme si de rien n’était.

Pourquoi est-ce qu’ils s’intéressent à moi quand personne avant ne l’a fait?

Sarah t’adresse un nouveau sourire. Celui-là n’est pas pleinement joyeux, il y a une part de tristesse aussi. Elle a conscience que ton passé joue un grand rôle dans toutes les sphères de ta vie. Elle ne peut pas l’ignorer et toi non plus. Ça te définit, même si t’es heureusement encore jeune. Il te reste la possibilité de changer, de te défaire de ces mécanismes défensifs et de protections que tu as. Azamir. La femme veut être certaine de capter ton attention. Elle sait que ta concentration est parfois difficile et elle a remarqué que tu es fatigué en plus. Ça ne te facilite pas la tâche, au contraire. Donc, tu lèves le regard et attends la suite. Nous nous intéressons sincèrement à toi. Je te l’ai déjà dit, mais tu es un membre de cette famille. Ça n’est pas près de changer, qu’importe ce qui arrive. Pour une raison qui t’échappe, ce qu’elle vient de te dire te rend émotif. Un petit hochet se manifeste, comme ceux qui annoncent qu’une personne va pleurer. Baissant la tête dès que cela survient, tu te mords les lèvres. Même si ton père est loin, tu te dis que tu n’as toujours pas le droit de pleurer, que c’est faible de le faire. Puis, si jamais tu croises encore Thorkil et qu’il te fait du mal, il ne faudra surtout pas que tu cèdes. Qui sait ce qu’il ferait en réponse? La peur est tellement ancrée en toi que cela suffit à te calmer. Merci. Le mot est doucement murmuré, honnête. Je vais voir avec tes professeurs s’il y a un moyen de t’aider en classe, ok? Tu n’es pas le premier avec des problèmes de concentration. Sarah se veut rassurante, mais tu doutes de la bonne volonté de tes profs. Par contre, t’es surpris de la suite, comme quoi il y aurait d’autres enfants et adolescents comme toi. Sans pouvoir le réprimer, un élan de confession te prend. Ah bon? Mon père... m’a toujours dit que j’étais un attardé à cause de ça... Ta mâchoire se serre. Tu ne veux pas qu’elle te dise que c’est vrai, mais tu ne veux pas non plus qu’elle te mente juste pour te faire plaisir. Cependant, sa réaction t’indique clairement qu’elle est offusquée pour de vrai. Mais contre toi ou contre ton géniteur? Il y a le doute qui s’installe dans ton esprit durant quelques secondes au maximum. Elle s’occupe de te fournir la réponse le plus rapidement possible. C’est faux!

À parler aussi fort, elle va réveiller tout le monde...

Madame Lamm réalise d’elle-même son comportement, prenant une grande inspiration avant de continuer sur un volume moins élevé. Excuse-moi, je ne voulais pas crier. Ne va surtout pas croire ce qu’il t’a dit. Avoir des difficultés ne te rend pas moins intelligent. Tout le monde a des difficultés, elles se manifestent différemment, mais tu n’es pas seul. L’énergie qui émane de cette personne est si pure, si vraie. Tu ne peux pas avoir le moindre doute quant à sa sincérité. Tu te sens apaisé et rassuré par ses propos. C’est la première fois qu’un adulte ne met pas de l’avant tes troubles d’apprentissage comme était de l’idiotie. Même certains de tes profs lâchaient prise avec toi à cause du discours de ton paternel. Il était tellement intimidant... Eux aussi en avaient peur, mais toi, tu percevais tout contre toi, comme si c’était vraiment de ta faute. Combien de fois t’a-t-il dit que tu étais con? À force, ça t’est entré en tête et ça n’est plus si simple de chasser ce genre de pensées par la suite. Il s’agit de quelque chose qui marque un enfant. Lui ruiner son estime de lui-même, pour la reconstruire, il faut fournir d’énormes efforts. On ne peut pas dire que tu crois être en mesure de réaliser de grandes choses dans ta vie. Voilà pourquoi tu sauteras à pieds joints dans le piège qui te sera tendu par les Rockets. Ils te permettront de gagner une appartenance, ils mettront de l’avant un « talent » que tu as. Tu n’hésiteras pas. Pourtant, aux côtés des Nyriu, tu as tout ce qu’il te faut afin de te reconstruire. Au lieu de ça, tu t’enfonces avec des délits mineurs et la consommation. Ces comportements ne t’aident pas. Tu devrais en parler. Sarah ne te jugera pas. Elle t’aiderait plutôt à te trouver d’autres passe-temps positifs. Cependant, nous savons tous comment se termine ce chapitre de ton histoire. Nous savons tous que tu n’iras jamais admettre de telles choses. Tu te retiens toi-même, constamment et depuis toujours alors qu’il n’y a plus de nécessité de le faire désormais. Il me l’a tellement répété que je le croyais... Une phrase admise d’une demi-voix, incertaine. Tu ne veux pas attirer d’autres vives réactions de la part de Sarah.

Je n’aime pas la voir en colère, même si ce n’est pas contre moi.



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Sam 15 Juil - 5:27
La façon dont la conversation tourne t’aide sans même que tu ne le réalises. Après de tels propos, difficile de te gronder pour tes mauvais comportements, pour le fait que tu ne préviens pas le soir quand tu ne rentres pas pour le souper bien qu’elle t’ait déjà demandé de le faire. Madame Lamm désire que tu sois bien, que tu ne suives pas les traces de ton père. Elle n’est pas dupe, les signes ne mentent pas. Elle sait que ton esprit rebelle est fort et que tu tiens énormément à ton indépendance. En plus, que tu admettes ne pas aimer l’école l’inquiète beaucoup pour ton avenir. Elle ne veut pas que tu te transformes en décrocheur, que tu réalises que les boulots des jeunes qui n’ont pas terminé les cours sont moins payants et ainsi, que tu te tournes vers le crime. Malgré tous ses efforts, ça semble être la voie qui t’est destinée, sauf que la femme compte poser toutes les actions afin de te garder dans le droit chemin, estimant que tu seras bien plus heureux ainsi. Oui, elle aura eu raison, ce que tu prendras trop d’années à comprendre et à voir. T’es un mec borné Azamir, ça ne joue pas de ton côté. Il y a tellement de mécanismes et de rigidité en toi... Avec ton histoire et ton parcours, il ne pouvait en être autrement. Alors je te le redis, ne le crois pas. Tu as beaucoup de talents, il te suffit d’en prendre connaissance et de les exploiter. Sarah se veut rassurante et elle vient poser sa main sur la tienne qui traînait sur la table, en plus de t’offrir un large sourire sincère. Assimilant ce qu’elle te dit, ta tête finit par hocher doucement de haut en bas, puis un tout petit sourire vient prendre place sur tes lèvres. T’espères maintenant que la conversation s’arrête là, mais elle a d’autres choses à te communiquer. Elle y a sérieusement songé à te laisser filer pour cette fois... Par contre, elle sait que t’attraper une nouvelle fois pour ce genre de discussion sérieuse n’est pas simple. T’es doué pour esquiver. Il ne faut donc pas reporter parce que tu feras tout en ton pouvoir pour ne plus jamais avoir à t’asseoir en face d’elle de cette façon. Au lieu de changer ton comportement et au lieu de te rendre compte que tu te trouves sur une pente glissante, c’est plus facile d’adopter la fuite et de laisser les choses aller sans intervenir, comme si tu étais un simple spectateur de ta propre vie...

Ça ne sert à rien que je lui dise ce qui ne va pas... Elle ne pourra rien faire, comme tous les autres adultes.

Si tu allais ouvrir la bouche et te donner ton élan pour te relever, désireux de signaler ton envie de dormir, madame Lamm te coupe l’herbe sous le pied. J’aimerais aussi te parler d’autre chose, si tu me le permets. Tu ne comprends pas pourquoi elle ajoute ce bout de phrase, estimant ne pas avoir le choix. Tu sais bien que tenter d’esquiver en prétextant être fatigué n’amènera à rien. Un discret soupir t’échappe. La fatigue est de plus en plus lourde à porter. Ton esprit est encore un peu dans les vapes à cause de ce que tu as consommé dans la soirée. Bref, comme tu ne réponds pas spécialement, elle poursuit son idée. Pourquoi tu t’éloignes de plus en plus de nous? Je le vois que tu agis différemment avec Ferir. Il le remarque, lui aussi. Oh merde, tu ne voulais pas du tout te lancer dans une telle discussion, estimant que ça ne les concerne pas, mais surtout, tu manques d’arguments. Ne va pas avouer d’avoir des mauvaises fréquentations qui te poussent à la consommation et vers des délits mineurs. Ça ne lui plaira pas. Et puis, l’improvisation n’est pas une force chez toi. Le temps de songer à quelque chose de viable, ça paraît déjà louche. Tu penses vraiment être en mesure de la tromper et de calmer sa méfiance? Oh, elle ne te la communique pas, mais elle se doute qu’il y a une grosse anguille sous roche. Et un jour, elle espère la trouver et la déloger de là. Cette femme ne veut que ton bien, le tien, puisqu’elle te considère comme un fils. Il m’étouffe, finis-tu par dire d’une faible voix tout en gardant le regard bien bas. T’en viens à te sentir mal d’avoir dit une telle chose, mais t’approfondis tout de même ta pensée. Il ne me lâche pas, et c’est comme s’il était jaloux du temps que je passe avec mes autres amis. J’ai besoin de sortir, j’ai besoin de ma liberté... Ça n’est pas ça, la vraie liberté. C’est plus facile de te convaincre que oui plutôt que d’ouvrir enfin les yeux sur ta réalité et de réaliser le mauvais chemin que t’empruntes. Puis, ce que tu racontes t’effraie. C’est la première fois que t’arrives à mettre des mots sur les raisons qui te poussent à t’éloigner de ton ami, de ton presque petit frère. Les exprimer leur apporte une dimension bien trop réelle pour toi.

Pourquoi on ne me laisse pas tranquille? Je ne veux plus de contrôle sur moi...

Tu confonds, ce qui n’est guère surprenant. Tu as toujours eu du mal à voir les nuances de ce genre, prenant tout d’une façon négative. Tu as été élevé ainsi par ton père, alors c’est difficile de changer quinze ans de lavage de cerveau... Certaines de tes valeurs, certains de tes traits de caractère ne peuvent pas être modifiés, surtout à cause de cette rigidité qui est tienne. Tu n’as pas une grande adaptabilité. Ça se travaille, mais il faut en être conscient et le vouloir. Difficile pour un ado dans ton genre. Bref, la femme ne tarde pas à réagir à tes propos. Elle est bien plus spontanée que toi. Je vais essayer de lui parler pour lui faire comprendre de moins t’envahir. Elle se veut à nouveau rassurante, mais surtout désireuse de préserver votre relation à Ferir et toi. Cependant, elle ne s’arrête pas là. Mais ne le délaisse pas complètement... Il tient beaucoup à toi et il ne comprend pas ce qui se passe. Je t’avoue que j’aimerais aussi comprendre pourquoi tu ne préviens pas toujours le soir, pourquoi tu rentres si tard. Je vois que tu es fatigué en ce moment, je vois aussi... Elle n’arrive pas à terminer sa pensée, mais tu la devines. Ça n’est pas bon, mais alors là pas du tout! La mâchoire serrée, l’envie de t’éclipser se fait vraiment ressentir. Elle ne doit pas te parler de ton état. Ça se voit que tu as consommé. Ne les prends pas pour des idiots. Si ton meilleur ami n’est pas encore en âge de comprendre et qu’il se tient loin de cet univers, ses parents sont tout de suite plus allumés. Ils ont perdu leur fille à cause de ce mal, ne l’oublie pas. Avant que tu aies pu réagir, madame Lamm poursuit. J’aimerais que tu réfléchisses bien aux choix que tu poses à partir de maintenant. Ils ont tous une grande influence pour ton avenir. Tu mérites d’accomplir de bonnes et grandes choses, tu en as les moyens. Si tu puises en tes forces, tout sera à ta portée. Au lieu de te réprimander, elle cherche à te pousser vers du positif. Elle sait très bien que ça ne sert à rien d’adopter une approche négative avec toi. Ça ne ferait que te ramener en arrière, et donc tout rejeter en bloc.

Comment peut-elle être sûre que j’ai ces qualités?



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Lun 31 Juil - 5:10
Tu lui es reconnaissant de ne pas te juger, de ne pas chercher à te faire la morale même si elle a remarqué que tu as consommé. Tu n’avais pas envie de ça et c’est ce que tu redoutais. Pourtant, elle aurait eu raison de le faire. Elle est la personne qui est responsable de toi désormais. Ton père ne joue plus aucun rôle auprès de toi. La responsabilité de tes actes revient aux Nyriu. Tu habites sous leur toit, c’est à eux qu’il te faut rendre des comptes. S’ils le voulaient, ils pourraient t’envoyer en centre de réadaptation pour les jeunes délinquants. C’est ce que tu es. Tu commets des délits mineurs, tu consommes, tu bois... Il y a des motifs suffisants pour t’admettre dans un tel établissement. Elle pourrait aller chercher de l’aide pour toi, parler de ton cas à des intervenants et il te faudrait les rencontrer, puis ils offriraient un suivi serré afin de te remettre sur le droit chemin. Tu ne connais pas cet univers, puisque personne n’a jamais agi à l’encontre de Thorkil. Pourtant, si quelqu’un s’était donné la peine de le faire. Tu te serais fait retirer de ton foyer si vite, placé en famille d’accueil sous la protection de l’enfance. Ça t’aurait sans doute été bénéfique, mais peut-être que cela aurait fait en sorte que tu ne croises jamais cette famille, ce qui aurait été dommage. Il y a un sincère amour entre vous tous. Ils te voient comme un membre de leur famille à part entière. Bref, madame Lamm te rassure, ses mots ont un certain effet sur toi. Il ne reste plus qu’à voir jusqu’à quand ce sera le cas, si tu réfléchis vraiment à ce qui est le mieux pour toi. C’est difficile pour un adolescent de seize ans de se projeter dans le futur et d’imaginer sa vie, d’imaginer la suite des choses. C’est difficile de pleinement réaliser la portée de ses actes. À cet âge, on a plutôt tendance à se croire invincible, à se croire invulnérable. On s’attarde sur du mauvais qui n’en est pas vraiment. Tu as de la chance qu’elle sache comment s’y prendre avec toi pour te parler sans que ça dégénère. Si c’était son mari en face de toi, la conversation aurait été très ardue et sur un tout autre ton... Lui ne tolérerait pas que tu rentres après avoir consommé. Ça le conforterait dans son idée que tu as été celui qui a poussé sa fille à se droguer le soir de sa mort alors qu’il n’en est rien.

C’était tout de même de ma faute, j’aurais dû être avec elle...

Le silence s’étire pendant que tu ignores quoi répondre. N’étant pas doué avec les mots, avec le fait d’exprimer comment tu te sens, ce n’est guère facile en ce moment. Il y a une foule de choses qui se bousculent dans ton esprit et parvenir à faire le tri maintenant est impossible. Il te faudra du temps, il te faut avant tout te reposer. Honteux de ne pas savoir quoi dire, ta tête baisse de nouveau, tandis que des doigts se nouent entre eux. Il faut que tu occupes tes mains à quelque chose. Pardon. C’est tout ce qui sort de ta bouche, sans trop que tu saches pourquoi. Ton père détestait tes silences. Il te frappait chaque fois que tu ne daignais pas lui répondre, soit par non envie, soit parce que tu séchais totalement quant à quoi lui dire. Tu t’es pris de nombreuses claques alors tu t’excuses par réflexe. Ça fait toujours mal au cœur à Sarah de te voir ainsi. Elle sait reconnaître les comportements que tu adoptes à cause de ce que tu as vécu par le passé. Celui-là en est clairement un. Pourquoi t’excuses-tu? La question te prend de court. Personne ne te l’avait déjà posé avant, quand tu n’avais pas vraiment de raison de le faire. Tu ne peux t’empêcher de te sentir idiot et de ne pas savoir quoi répondre, une fois de plus. Ta mâchoire se serre. Tu veux juste aller dormir. Tu te sens mal et tu veux oublier ça. Tu n’as aucune raison de demander pardon, continue la femme sur une voix se voulant douce et rassurante. J’aimerais juste que tu fasses attention à toi et que tu me parles un peu plus, aussi que tu préviennes le soir. Tu peux faire ça pour moi? Elle voudrait tellement te saisir doucement le menton pour établir un contact visuel avec toi. Elle n’aime pas te voir abattu, te voir honteux. Elle n’aime pas quand tu adoptes une telle attitude. Sarah souhaite que tes vieux mécanismes s’effacent à force de vivre sous son toit. Par contre, elle sait que ça n’est pas si simple, que d’oublier quinze ans de mauvais traitement ne se fait pas en claquant des doigts. Avec sa fille, tu commençais à t’ouvrir au monde, à envisager un meilleur avenir. Tu connaissais l’amour et l’amitié. Certes, tu as encore les deux, mais d’une façon différente, avec ses parents et son petit frère. Là-dessus, tu leur es des plus reconnaissants.

Je ne pourrais pas vivre sans eux et je ne veux pas les perdre à cause de mes actes...

C’est une grosse contradiction qui te prend. Tu redoutes plus que tout qu’ils se détournent eux aussi et qu’ils t’abandonnent. Où iras-tu après? Qui pourrait te garder sous sa responsabilité? L’idée de retourner chez Thorkil te fait raidir le dos. Jamais, tu préfères la rue et te débrouiller par toi-même à ça. Maintenant que tu es un peu plus âgé, que tu as les moyens de vivre par toi-même avec ta gang à la mauvaise influence, tu te dis que tu te tournerais vers eux. Par contre, tu es mineur, alors n’oublie pas que tu pourrais être forcé de réintégrer le domicile familial. De toute façon, c’est une inquiétude futile, parce que jamais les Nyriu t’abandonneraient. Tu n’es pas un enfant facile, mais ils le savaient avant même de te proposer l’hébergement et tout ce qui a suivi. S’ils ont voulu t’adopter, c’est qu’ils acceptent tout chez toi. Il y a des choses un peu plus difficiles à avaler, c’est vrai, mais ils souhaitent t’épauler et te démontrer que la vie n’est pas que négative, que ton chemin n’est pas tracé comme tu sembles le croire. Bref. Hn, je peux. Tu redresses un peu la tête, essayant un léger sourire. Tu voudrais avoir le courage de la remercier pour son côté si compréhensif, mais les mots restent bloqués dans ta gorge. Cette femme est merveilleuse. Pourquoi n’as-tu pas eu une mère comme elle? C’est une question qui te revient souvent en tête. Mais pour le moment, tes yeux te piquent, la fatigue est de plus en plus présente. Il y a eu un mini élan de confidence, tu aurais voulu lui demander de l’aide pour ta consommation. Si tu ne te sens pas accro à la marijuana, si tu passes quelques jours sans prendre de cocaïne, ton corps agit de façon bizarre... L’état de manque se fait sentir. Puis, tu te sens plus productif, plus concentré, plus allumé quand tu en consommes. Au contraire de l’héroïne qui te ralentit tellement que tu n’en veux plus. Par contre, tu n’as pas l’occasion de dire quoi que ce soit. Sarah se lève de sa chaise et s’approche de toi. Un peu surpris, tu ne réagis pas. Elle t’enlace au niveau des épaules, déposant ensuite un simple baiser sur ton front. Voilà encore une marque d’affection à laquelle tu n’es guère habitué. Elle se recule ensuite, te souriant toujours. Va dormir maintenant, tu en as besoin. Sa main vient doucement passer dans tes cheveux. Tu aimes vraiment ce genre de contact, qu’on te joue dans les cheveux, c’est relaxant.

Je voudrais qu’elle le fasse plus souvent, mais ça doit être bizarre... Est-ce qu’une mère fait ça?

Merci. Un mot sincère que tu n’as pas tant l’habitude de dire, ou du moins, avec cette honnêteté derrière. Tu n’auras pas dévoilé tes vices ce soir, mais tu as de la matière à réflexion. Pour autant que tu t’y adonnes, à ta réflexion...



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Lun 31 Juil - 23:31
La nuit qui a fait suite à la conversation avec Sarah ne s’est pas très bien déroulée. Tu étais fatigué, mais les paroles de la femme te restaient en tête. Au final, ça t’a frustré et empêché de dormir, soit parce que des rêves venaient te perturber, soit parce que tes pensées ne s’arrêtaient pas. On ne peut pas dire que cela t’encourage à avoir la réflexion que tu devais avoir quant à les choix que tu poses pour ton avenir... Au contraire, tu veux juste chasser ça une bonne fois pour toutes. La contrariété t’amène dans un état qui te pousse à tout rejeter en bloc. Ce n’est pas la bonne façon de faire! Quand tu décides de t’extirper de ton lit, il y a des cernes sous tes yeux. La drogue change peu à peu ton visage, tes expressions faciales, ton mode de pensée. Elle s’infiltre en toi comme un poison qui te tue à petit feu. C’est quelque chose dont tu ne te rends pas spécialement compte, mais qui t’affecte énormément. Tu es bien moins concentré depuis que tu consommes, la cocaïne fait énormément de ravage sur son chemin. Ça se voit dans les notes que tu récoltes dans tes cours. Le pire, c’est que le moyen pour contrer tous les effets négatifs du moment est de consommer encore. Tu n’as pas d’école aujourd’hui, c’est le week end. Tu entends marcher à l’étage. Les Nyriu sont réveillés, ce qui n’est guère étonnant vu l’heure. T’es du genre à végéter longtemps avant de te lever. Puis, tu n’oses pas parce que d’habitude, Ferir t’envahit dès qu’il sait que t’es réveillé... Ça a le don de t’agacer. Une certaine colère latente est en tout à cause du manque de sommeil. Il vaut mieux qu’il ne descende pas à ta chambre maintenant. Doucement, sans faire de bruit, tu ouvres un de tes tiroirs du bureau de vêtements, Tu y as caché de la marijuana. Il y a une forte hésitation à la fumer maintenant. T’as ce qu’il faut : papier à rouler et briquets. Par contre, l’odeur peut s’infiltrer partout et elle n’est pas discrète... C’est vraiment difficile pour toi d’y renoncer maintenant. Un mal de crâne se manifeste. Il y a plusieurs désagréments qui te rendent vraiment de mauvais poil. Pour ça, tu ne peux que t’en prendre à toi-même pour être plongé dans cet univers. Tu habites chez une famille qui en est loin, qui t’apporte beaucoup de positif au quotidien. Tu n’as plus besoin de fuite ou quoi que ce soit dans ce genre.

Ma gang d’amis me ressemble. Ils sont tous comme moi, ils peuvent me comprendre.

C’est faux. Tu as certes besoin d’adrénaline, de prendre des risques, mais il y a d’autres façons. Dans le sport par exemple, tu serais doué. Tu as déjà commencé à t’entraîner, alors migrer vers un sport un peu plus dangereux te conviendrait. Ça serait bien plus sain que de commettre des vols ou de la revente de drogues, ça serait bien plus sain que de consommer. Au moins, tu résistes pour cette fois. Il valait mieux pour toi, pour ne pas t’attirer plus de problèmes. S’il fallait que monsieur Nyriu te prenne à fumer dans sa maison... Tu pourrais renoncer à tes droits de sortie. C’est peut-être ce qu’il te faudrait pour enfin comprendre que tu te trouves sur une mauvaise pente. D’un autre côté, la privation n’est pas une bonne méthode avec toi. Ton père l’a toujours appliqué... Ça te ramènerait en arrière. Bref, toujours délicatement afin de ne pas attirer l’attention, tu déposes le sachet dans tes affaires, le cachant. Ensuite, tu entends une personne descendre les escaliers. Ce n’est pas difficile pour toi d’identifier Ferir. Ainsi, tu te glisses sous tes draps, faisant semblant de dormir. Il n’y a plus un son qui te parvient, tu te doutes qu’il est arrivé devant ta porte et qu’il écoute. Ce genre de comportement t’insupporte. T’as droit à ton intimité. T’es déjà si pudique... Il t’a déjà interrompu en séance de plaisir solitaire d’ailleurs... Quand tu l’as entendu arriver, ça n’a pas été long que tout s’est arrêté et que le plaisir est parti. Voilà pourquoi t’as maintenant une poignée qui se verrouille. Au moins, il ne peut plus faire intrusion dans ta chambre comme il le veut. Tu t’en es plains et ses parents ont pris cette décision qui te convient parfaitement. C’est ce que tu voulais et ainsi, t’as l’esprit plus tranquille. Cependant, ça t’agace tout de même quand il vient se coller l’oreille contre ta porte. Il finit par rebrousser chemin, puis tu entends madame Lamm lui parler. Peut-être est-elle en train de lui dire que tu le trouves trop harcelant. En tout cas, tu l’espères. Il n’a pas à venir écouter ce que tu fais dans ta chambre. Soupirant, tu décides de te lever pour de bon, rassemblant tes affaires pour passer sous la douche. Peut-être que fumer dans la salle de bain pourrait être possible... La question t’effleure l’esprit, mais encore une fois, tu te contiens. Tu iras faire un tour dehors, seul.

Je ne sais pas comment je ferai pour esquiver Ferir, mais j’y arriverai.

Tu fais gaffe à ne pas faire de bruit en ouvrant et en te dirigeant vers la salle de bain du sous-sol. Des bribes de la conversation qui se déroule à l’étape, visiblement pas très loin des escaliers, te parviennent. Et en effet, Sarah demande à son fils de te laisser te préparer le matin. Il est toujours beaucoup trop enthousiaste de te voir et pourtant, vous habitez ensemble. Ça en est dérangeant. Bref, constater que la femme tient sa parole et que toi, tu ne le fais pas te procure un étrange sentiment que t’as envie d’oublier aussi vite qu’il s’est manifesté. Les émotions, cela reste la bête noire. Quand tu ne les comprends pas, tu t’efforces de les oublier. C’est moins compliqué. Voilà pourquoi, malgré ta curiosité, tu n’écoutes pas plus longuement, t’enfermant dans la salle de bain. T’es toujours lent au réveil, alors tu y passes une bonne vingtaine de minutes, appréciant de sentir l’eau chaude sur ta peau. Ça te relaxe. Pendant ce temps, tu peux faire le vide dans ta tête et simplement profiter de cette sensation plaisante. Tu vis beaucoup dans le moment présent, alors c’est le genre de choses qui te plaît particulièrement. En tout cas, maintenant que l’eau est activée, c’est sûr que t’as attiré l’attention. Tu ne t’en soucies pas tant et aussi longtemps que tu ne sors pas. Une fois terminé, tu te prépares et sors de la pièce, redoutant d’avoir ton ami qui t’attendait de l’autre côté, mais il n’en est rien. Te voilà étonné, mais soulagé surtout. Tu peux donc prendre ton temps avant d’enfin gravir les escaliers. Une fois arrivé à l’étage, dans la cuisine, tu es accueilli par Sarah et par Ferir. Le jeune préadolescent vient timidement vers toi. Le changement d’attitude est frappant. D’habitude, il serait déjà venu te toucher ou te câliner. Ça te rend un peu mal à l’aise de le voir ainsi. Il contient rarement sa joie, mais tu respires mieux qu’il soit moins collé sur toi. Au moins, tu peux leur souhaiter un bon matin tout en te dirigeant lentement vers le garde-manger. Tu ne manges pas beaucoup le matin, alors Sarah ne te prépare plus un déjeuner complet. Tu ne le termines pas et ça te faisait sentir coupable, toi qui avais souvent manqué de nourriture pendant les quinze années sous le toit de ton père.

Ici, je n’ai jamais manqué de quoi que ce soit, même d’amour.



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Mar 8 Aoû - 0:39
Tu te prépares deux tranches de pain au grille-pain sur lesquelles tu appliqueras de la purée de fraises, n’ayant pas besoin de plus. Ton estomac ne voudrait pas plus, encore moins après une soirée de consommation. Une chance que t’as pris ta douche avant de monter les rejoindre à l’étage, sinon ils auraient pu voir les cernes assez impressionnants que tu avais avant que l’eau aide à ta cause. Puis, au réveil, c’est difficile de s’entretenir avec toi tant que tu n’as pas avalé un peu de bouffe. Tu te montres grognon, t’enfermant dans un mutisme. Ça ne fait pas si longtemps que tu es ainsi, alors parfois, Ferir a du mal à comprendre tes réactions et à assimiler qu’il doit te laisser tranquille pendant que tu manges. Le pire, c’est que c’est toujours le cas. Pendant le souper ou le dîner, tu ne dis rien, désireux de ne pas avoir de conversations. Ça t’agace, surtout s’il faut qu’une personne parle la bouche pleine. C’est quelque chose que tu ne tolères pas. Il y a une histoire triste derrière ça, comme un peu tout chez toi. Tu as parlé une fois la bouche pleine, vers tes quatre ans, c’est quelque chose que tu n’as jamais refait par la suite. Il y a des moyens très dissuasifs, ton père était doué pour les trouver et pour les employer sur toi... Bref, alors que tu t’installes à table avec ta nourriture, Ferir vient s’asseoir en face de toi. Ça n’est pas quelque chose qui te dérange, mais alors que t’allais prendre ta première bouchée sans trop faire attention à lui, il t’adresse quelques mots. Te voici silencieux, avec une de tes deux tranches de pain grillées au bord de la bouche, sur le point de la croquer. Tu arrêtes tout mouvement pendant plusieurs longues secondes avant qu’une expression fermée prenne place sur ton visage et que tu amorces ton petit déjeuner. Tu voudrais bien qu’on passe la journée ensemble? C’est la question qui t’a été posée par ton ami. Il baisse le regard quand il voit que tu l’ignores. Pourtant, il te connaît. Ça fait tout de même un peu plus d’un an que tu habites ici, dans cette maison. Il a juste si peur que tu continues de t’éloigner, en dépit de ce que sa mère lui a dit, qu’il réagit mal. Ça n’est pas de la mauvaise volonté, ça n’est pas non plus pour t’embêter.

Je n’aime pas le voir triste, mais il m’énerve quand il ne respecte pas mes limites et qu’il n’en fait qu’à sa tête.

Mon chéri, commence Sarah, s’approchant de vous, laisse-le se réveiller. La femme sait très bien comment tu es au réveil alors elle intervient avant que la situation dégénère. Tout le monde sait que Ferir peut faire des gaffes involontaires en voulant simplement arranger les choses. Ça ne serait pas la première entre vous. Bref, étant le pire des ingrats le matin, tu n’adresses pas même un signe de la tête pour démontrer ta gratitude à madame Lamm, continuant de manger. Oui, excuse-moi Azy... Ton ami se relève, marchant à pas lents et non motivés jusqu’au salon, allumant la télévision. Il met à un poste de dessins animés et il semble tout de suite plus enjoué. Honnêtement, tu préfères le voir dans cet état, mais quand il te cherche le matin, tu n’es pas du tout du genre à t’excuser, n’estimant n’avoir rien fait de mal. Si devant Thorkil, tu demandes pardon pour tout et rien afin de ne pas subir sa colère, tu as appris avec les autres à ne pas te comporter de la sorte. Certes, il reste des moments, quand tu sens que tu déçois ou que tu te fais à demi réprimander, pendant lesquels tu t’excuses sans raison valable. Au moins, ça survient surtout avec les Nyriu et ils savent et comprennent pourquoi tu agis de la sorte. Tout ce que tu as vécu laisse des marques, des marques sur ton corps, mais aussi sur ta personnalité, sur ton mode de pensée, sur qui tu es. En tout cas, tu termines ton maigre petit déjeuner, ramassant ton assiette et le couteau, les déposant dans l’évier de la cuisine. Vous attendez souvent au repas du midi pour tout laver ensemble, c’est bien moins long. Donc, ayant enfin l’estomac moins vide et ayant terminé ta petite routine du matin, tu viens t’installer sur le divan toi aussi, gardant tout de même une distance avec Ferir. Sa tendance colleuse t’agace souvent alors tu ne cherches pas à la provoquer. Te voyant faire, il t’adresse un large sourire, ravi que tu acceptes de partager un moment en sa compagnie. Ça fait un moment, puisque les soirs, tu rentres souvent tard. Soit il est déjà au lit, soit il doit se préparer et n’a pas l’occasion de vraiment te parler. Puis, tu as aussi tes devoirs à faire quand tu daignes te pointer pour vingt heures, alors tu t’enfermes dans ta chambre pour être tranquille. As-tu la moindre idée d’à quel point ton rythme de vie est anxiogène pour les Nyriu?

C’est ma vie, j’en fais ce que je veux. Je respecte leurs règles.

On ne peut pas dire que tu les respectes vraiment... Ils aimeraient que tu termines bien ta scolarité et que tu te tiennes loin de la criminalité et de la drogue. Ces deux gros points-là, ils se doutent que tu y baignes. Même s’ils ne connaissent pas vraiment cet univers, tu ne peux pas te leurrer. De toute façon, tu as eu la preuve la veille que Sarah se doute de quelque chose à ton égard. Elle a noté tous les signes des changements qui s’opèrent chez toi. De ton côté, tu ne les vois pas vraiment. Bref, Ferir attire ton attention, alors tu tournes la tête vers lui. Est-ce que tu aurais envie de jouer aux jeux vidéo? C’est vrai que ça fait un moment que vous n’avez pas pu vous y adonner, surtout par ta faute. Hn, après l’émission. Même si tu as commencé à regarder plus tard, la suite t’intrigue. C’est idiot, tu sais que tu ne regarderas sûrement pas les suivants non plus, mais qu’importe. T’es bien assis là, à ne rien faire de plus que zieuter la télévision. Ça n’était pas une activité que tu avais le droit de faire quand tu résidais encore sous le toit de ton père. Il ne te laissait pas vraiment te divertir. C’était une ambiance oppressante et sérieuse. Il n’y avait jamais de joie ni de rire. Bien que tu ne sois pas très allumé quant à tes propres sentiments, tu sais qu’ici est différent. C’est quelque chose que tu parviens à ressentir, même si tu l’expliques difficilement. Ok! Ton ami est très content que tu acceptes la proposition. Il redoutait que tu disparaisses pour toute la journée. Certes, tu ne comptes pas rester après le souper, allant passer la nuit chez tes amis, ou plutôt dans la rue. Vous avez de petits projets pour ce soir... Tu ne devrais pas y aller, mais t’es un borné. Qu’importe les arguments, qu’importe les réflexions. C’est dommage de ruiner ta vie pour ce genre d’activités qui ne te correspond même pas. Si seulement tu avais pu sortir plus tôt de chez ton père, tu aurais moins besoin de t’enfermer dans des mœurs qui ne te représentent pas en croyant qu’il s’agit d’une liberté d’agir. Tu penses être libre de tes choix, mais tu recherches de façon inconsciente un contrôle. Tu ne connais rien d’autre et certaines méthodes des Nyriu te semblent en être, alors que ce n’est pas du tout le cas. S’ils voulaient te contrôler, ils ne te laisseraient plus sortir le soir pour voir tes mauvaises fréquentations.

Ils sont démunis devant le fardeau que tu es. Non pas toi en tant que tel, mais toute l’éducation que tu as reçue et qui t’influence maintenant. Ils ne savent pas comment se comporter afin de ne pas empirer la situation, afin que tu ne leur échappes pas pour de bon. Ils ne souhaitent que ton bonheur.



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Ven 11 Aoû - 4:12
Dès que l’émission se termine, Ferir ne perd pas de temps pour se jeter en bas du divan, allant brancher tout le nécessaire pour sa console de jeu vidéo. Pendant ce temps, t’en profites pour aller te chercher un verre de jus d’orange, t’en avais pressé la veille. Même à cet âge, tu commences à bien t’alimenter, à préférer les jus naturels et faits maison à ceux industriels. Tu n’es pas un adepte des aliments sucrés ou salés, de même avec ce qui baigne dans l’huile. C’est arrivé que les parents de ton ami commande du restaurant, de la malbouffe et il faut admettre que tu n’avais pas du tout apprécié. Madame Lamm l’avait bien remarqué, même si tu te forçais à terminer ce qu’il y avait dans ton assiette. C’est ce qu’il faut que tu fasses, c’est plus poli. Ce n’est pas toi qui paies la nourriture, et puis au moins, ici, tu n’en manques pas. C’est quasiment à volonté. Tu peux te servir quand tu veux dans les armoires ou dans le frigo. Il n’y a personne qui te réprimandera pour ça. Tu étais en sous-poids quand tu es arrivé. Sarah s’en est tout de suite aperçue quand elle t’a serré contre elle. Les vêtements amples le cachaient, mais un câlin ne trompe pas. Maintenant, tu as un poids normal pour ton âge, tu développes aussi ta musculature. Tu es déjà plus grand que monsieur Nyriu et ta croissance n’est pas terminée. Tu seras sûrement plus grand que ton père... Tu n’aurais plus à le craindre, si tu deviens plus fort et plus imposant. Malheureusement, ça ne fonctionne pas ainsi. L’affronter après des années de terreur n’est pas aussi simple. Tu as la chance de ne pas l’avoir croisé depuis des mois et tu souhaites que ça reste ainsi encore longtemps. Bref, tu apportes ton jus dans le salon, vous en avez le droit, tu t’installes ensuite sur le divan, laissant ton verre sur la table à côté. Pas celle de devant, sinon tu pourrais (surtout Ferir en fait), à cause des fils sur les manettes de jeu. D’ailleurs, ton ami est parfois tellement excité qu’il débranche la sienne en bougeant. Évidemment, ce n’est pas quelque chose qu’il veut, ça fait planter très souvent le jeu, mais il est incapable de rester calme, à ton contraire. En plus, t’es meilleur que lui. Il a un sacré esprit compétitif dans ce genre d’activité et il voudrait dont parvenir à te surpasser au moins une fois, sans que tu y laisses de chance.

J’aime aussi être compétitif, mais je veux qu’il soit content lui aussi de gagner de temps à autre.

Les jeux de plateforme en coop sont intéressants. Il faut souvent une réelle collaboration entre vous pour parvenir à vos fins, à terminer le niveau. Au moins, comme ça, il n’y a pas de compétition entre vous, bien que vous pouvez vous blâmer un et l’autre en cas d’échec. C’est un comportement normal pour des adolescents, amis ou non. Puis, tu n’obstines jamais très longtemps pour ta part. Tu veux juste t’amuser et profiter de ce divertissement qui t’a été interdit pendant de nombreuses années. Tu as manqué beaucoup de choses qui peuvent être désormais rattrapées. Comme cette fois que vous êtes allés au cirque, Ferir et toi. Vous étiez seuls, tu étais responsable de ton ami. Cela n’a pas empêché que vous vous êtes fait attraper dans les coulisses, mais cela a aussi permis de profiter du spectacle d’une toute autre façon. Dommage que vous n’ayez pas vraiment échangé vos coordonnées avec la petite fille. Ferir semblait l’apprécier. Plus que toi en tout cas, tu la trouvais déroutante et dérangeante avec ses questions trop personnelles. Avec aussi les résultats des cartes qu’elle tirait. Tu n’as pas du tout aimé le premier, celui qui te concernait alors que tu n’avais rien demandé. Au moins, pour l’instant, tu fais mentir le résultat. Tu n’as pas revu ton père, sauf que l’avenir ne s’échelonne pas que sur quelques mois. Dans ta tête d’ado, tu penses que c’est bon, qu’il ne reviendra jamais... N’en sois pas si sûr. Il est certes bien de ne pas songer à lui constamment, de ne plus le laisser avoir d’emprise sur toi, que ça soit physiquement ou psychologiquement, sauf qu’il ne faut pas que tu tombes dans le déni. Avec toi, c’est un extrême ou l’autre. Le juste milieu, ça ne te ferait pas de tort. Le moins qu’on puisse dire est que ton ami est exactement comme toi sur ce point. Vous avez très peu de ressemblances, mais vous êtes tous les deux des personnes aux extrêmes. C’est peut-être ce qui explique que vous soyez en mesure de si bien vous entendre alors que toute votre personnalité est contraire et complémentaire. Juste à votre façon de jouer, cela le démontre.

Pourquoi changer? Ma vie me convient de plus en plus. Je me sens bien.

Azy! Concentre-toi, tu ne m’as pas rattrapé et on a échoué! Ton presque petit frère adopte une attitude boudeuse, lâchant la manette pour croiser les bras sur son torse, émettant au même moment un son contrarié. En effet, il ne vous restait plus qu’une étape à franchir pour conclure le niveau, mais étant perdu dans tes pensées, tu ne faisais plus vraiment attention, appuyant sur les boutons de la manette de façon machinale. Ton regard était certes rivé vers la télévision, sauf que tu ne la voyais plus vraiment. De ton point de vue, ce n’est pas si grave d’avoir à recommencer le tableau. Il y a des choses bien pires que ça dans la vie. On recommence. Ta voix est neutre, presque froide. Son comportement enfantin peut parfois te déranger et ça a été le cas. Avec ça, tu te dis que ce soir, tu ne resteras vraiment pas. Ta décision était déjà prise, mais elle se confirme. Tu crois avoir vraiment besoin de t’éloigner de lui pendant un certain temps. C’est une grosse erreur. C’est normal d’avoir des périodes plus difficiles en famille (parce que n’en doutes pas, ils sont ta famille). Ça n’est pas une raison pour t’en éloigner, pour aller vers d’autres personnes qui ne te correspondent pas. Pourquoi ne le réalises-tu pas? Ok... Ferir s’occupe d’appuyer sur le bouton start pour reprendre la partie, utilisant une de vos vies en réserve. Vous en avez encore plusieurs autres, alors ça ne gêne pas vraiment. Ce qui a embêté ton ami c’est surtout d’avoir à recommencer, rien de plus. Le bon côté, c’est que plus le temps passe, plus l’amusement reprend le dessus. Ton presque petit frère ne reste jamais triste ou déçu très longtemps, encore moins devant un jeu. Pour ta part, son enthousiasme devient contagieux. T’en viens à arborer un léger sourire et à vraiment te concentrer sur l’instant présent, oubliant tes préoccupations, oubliant tout le reste. Vous passez finalement des heures dans le salon, à avoir du plaisir. Si t’étais honnête envers toi-même, tu admettrais que ce genre d’activités est bien plus intéressant que les délits qu’il t’arrive de commettre ou que la consommation de drogues... Tu es à ta place ici.

On devrait jouer plus souvent ensemble. Je me plais avec lui aux jeux vidéo.



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