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» Protect me (from what I want)


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Ligue 4

C-GEAR
Inscrit le : 14/12/2013
Messages : 4336

Région : Kalos / QG Ligue 4
Ven 19 Mai - 13:43
« … et à 17h30 vous avez l’interview pour Strat Mag. C’est bon pour vous ?

- Oui, j’ai tout suivi.
»

Je descendis les escaliers d’un pas dansant. Je débordais d’énergie, comme souvent tôt le matin ; quand j’avais quartier libre c’était l’heure à laquelle je partais m’entrainer, mais aujourd’hui j’étais tenu de rester un peu au sein de la Ligue. En effet, Alexei et moi nous dirigions vers le bâtiment principal, celui où la Ligue recevait les visiteurs extérieurs, afin de rencontrer mon nouveau garde du corps. Le dispositif de sécurité déployé autour des champions était toujours en vigueur pour une durée indéterminée et, malgré mes tentatives pour convaincre le Comité que Lear suffisait parfaitement à ma sécurité, ils avaient tenu à remplacer mon ancien garde du corps après son renvoi. Pourtant nous n’étions pas à l’abri que l’histoire se répète : si le précédent avait cédé à la tentation de prendre des photos de ma vie privée pour les vendre aux magazines les plus offrants, il était fortement possible que le prochain s’y essaie aussi. Mais cet argument, comme tous les autres, n’avait pas suffi à les faire changer d’avis.

Nous sortîmes du bâtiment résidentiel pour emprunter le chemin qui menait au stade. Comme les conversations professionnelles me saoulaient un peu je demandai à Alexei comment se portait son petit ami et il me répondit avec sa sobriété habituelle. Pas moyen de se lancer dans de grandes conversations avec ce garçon, il n’était vraiment pas bavard et je finissais souvent par parler tout seul sans réussir à obtenir autre chose que des signes de tête ou des réponses courtes. C’était plutôt désespérant.
J’alimentais donc la discussion comme je pouvais jusqu’à ce que nous arrivions à destination. La pièce où nous avions rendez-vous était habituellement utilisée pour recevoir les journalistes ou les champions d’arènes des régions ; c’était un endroit assez luxueux avec des boiseries aux murs et des lustres pour l’éclairage. C’était à cette pièce que les arrivants reconnaissaient l’ancienneté du bâtiment de la Ligue Pokémon.
A l’intérieur nous attendait déjà Monsieur Hiller, le membre du Comité que je connaissais le mieux car il était le principal interlocuteur des champions.


« Ah, bonjour ! » lançai-je avec une bonne humeur évidente. « L’agence n’est pas encore arrivée ? … Vous voulez dire que j’ai réussi à être en avance ?!

- Comme quoi tout est possible.
» répliqua-t-il gentiment. Il serra la main que je lui tendais et en fit de même avec Alexei. « Asseyez-vous, ils ne devraient plus en avoir pour longtemps. »

Je m’exécutai, un peu frustré de devoir attendre alors que j’avais l’intention de sortir pour m’entrainer au Mont Argenté. Mais évidemment, on ne m’aurait pas laissé y aller seul de toute manière.

« Vous avez choisi le remplaçant ? » demandai-je pour faire la conversation.

« Non, on a changé d’agence et c’est eux qui ont choisi leur candidat. J’avoue ne pas savoir de qui il s’agit, mais vous n’avez pas à vous inquiéter. Si vous estimez que ce nouveau garde du corps pose un problème vous nous le direz, on ne voudrait pas que l’incident de la dernière fois se reproduise. »

Je hochai la tête distraitement. Ça ne me dérangeait pas directement que des photos filtrent dans les magazines, ça j’y étais habitué, mais maintenant que je sortais avec Haby je ne voulais pas qu’elle puisse voir des images sorties de leur contexte et qui pourraient la blesser. De la même façon j’avais été particulièrement inquiet que mes filles puissent apparaitre sur l’un des clichés – ce qui heureusement n’avait pas été le cas, pas assez racoleur au goût du photographe. J’espérais pouvoir faire confiance au prochain.
Nous perçûmes soudain des bruits de pas dans le couloir ; ils approchaient.


« Ah, je crois que l’agence arrive. »



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Agent Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 28/03/2016
Messages : 770

Mer 31 Mai - 16:39
Tu n'as aucune idée de ce qui t'attend. Et tu n'aimes pas ça. C'est la même chose à chaque début de mission de toute façon, il te faut toujours un certain temps avant de cerner la personne dont tu dois assurer la protection. Sauf qu'aujourd'hui c'est différent. Tu ne vas pas protéger n'importe qui, bien que les autres n'aient pas été n'importe qui non plus. Malgré ça, ça n'a pas la même ampleur aujourd'hui. D'ailleurs, tu ne comprends pas vraiment l'objectif de cette manœuvre, pourquoi t'envoyer toi ? Tu y as réfléchi, tu t'es renseignée sur lui. Et les informations dans la presse ne sont pas ce qui manque. On t'a demandé de t'occuper de Ruven Baldwin, un champion de la Ligue. C'est une proposition qui ne se refuse pas. Mais tu continues à te demander si ce n'est pas ton physique qui t'a permis ce contrat. La presse people n'a pas eu de mal à développer le penchant du champion pour les femmes, en particulier les rousses. Alors forcément que cette hésitation persiste. Tu sais que tu as toutes les qualités pour ce travail, le problème c'est qu'ici, la situation devient particulière. T'envoie-t-on juste pour plaire ? Cela te dépasse et tu espères que non, même si une part de toi continue de se résigner à cette idée.

Cela fait à peine deux semaines que tu es au courant de ce contrat signé sans même que tu aies eu ton mot à dire, de toute façon, si tu parviens à montrer que tu es à la hauteur, c'est la voie royale pour les gros clients à venir. C'est plus qu'une opportunité, c'est une chance. Au final, tu finis par te convaincre que tu te fiches de la question du physique. Tu sais que tu es compétente et cela te suffit. Sauf qu'il y a eu d'autres événements en cours de route. Ton recrutement. Chez les services secrets, et ta formation la semaine dernière. C'était éprouvant, c'est certain, mais tu sais gérer la fatigue sans problème. Cela t'a surtout permis de t'améliorer, et en peu de temps. Tes connaissances sur les armes à feu ne sont plus si rudimentaires, entre autres. Et c'est sans compter celle que tu portes à ta ceinture, dissimulée par ta veste. Qu'importe. Tu es en forme pour ta nouvelle mission, celle de ton travail officiel.

Ce à quoi tu ne t'attendais pas, c'est que ton patron face le trajet avec toi. Tu t'étais débrouillée par tes propres moyens les fois précédentes, tu pensais qu'il en serait de même cette fois-ci. Sauf que ce n'est pas le cas, il semblerait que le patron cherche à y mettre les formes. Tu as même eu droit au billet d'avion payé par la compagnie, si ça ce n'est pas exceptionnel ! D'ailleurs, il t'a demandé d'adopter un style vestimentaire plus formel pour la Ligue. Il y a une question d'image et tu comprends que tes habits habituels peuvent ne pas coïncider avec l'environnement de la Ligue. Tu n'y as pas pensé sur le coup mais il est certain que de laisser ton ventre découvert et ton tatouage à la vue de tous n'est pas du meilleur effet. Alors opération changement. Cette fois-ci de ta poche, et heureusement tes économies te le permettent. Tu as eu plusieurs tenues à choisir, forcément, sur la durée. Mais cela reste limité vu que tu ne peux pas apporter ta garde robe dans son intégralité.

Alors cession shopping. Pas le choix. Et ta tenue pour aujourd'hui devait faire bonne impression. Alors parmi tout ce que tu as pu acheter, tu as décidé de porter un jean avec un débardeur noir, surmonté d'une veste beige apportant une touche de chic. Mais quand même, tu as préféré en retrousser les manches. Par contre, ton patron n'a pas réussi à te faire accepter les talons, hors de question. Il pouvait dire ce qu'il voulait, tu es catégorique sur ce point. Seulement si la situation l'exige vraiment.

N'oubliez pas que vous êtes l'image de l'entreprise pour la Ligue, comme un échantillon. Donc pas de mesures excessives s'il-vous-plaît.

Tu te contentes d'un haussement d'épaules. On t'a fait la remarque plusieurs fois d'avoir eu des réactions un peu trop violentes concernant de possibles menaces, bien que tu les considères encore comme parfaitement justifiées. Le climat dans lequel tu étais ne permettait pas la prise du moindre risque. Alors tu as fait ce qui s'imposait ni plus ni moins. Et ce ne sont pas les conseils de cet homme replet qui vont y changer quelque chose. Parce que tu es sûre d'une chose, il ne connait rien aux conditions de terrain. Le trajet se fait dans le calme le plus complet. Vous ne vous adressez pas un mot. De même une fois arrivés.

Le bâtiment de la Ligue t'impressionne. Il y a cette atmosphère qui s'impose à toi, c'est assez unique. Tu songes au fait de t'y présenter, un jour. Après les badges, et surtout une fois que Danny se sera réveillé. Tu te contentes de suivre ton patron en silence, laissant ton regard naviguer. Il y a une pointe d'émerveillement que tu ne peux pas dissimuler, et cela faisait bien longtemps qu'une telle chose ne t'était pas arrivé. Vous vous dirigez jusqu'à l'accueil, là où une hôtesse vous indique le chemin à suivre. Vous marchez l'un à côté de l'autre lorsqu'un son qui t'est désormais devenu familier se fait entendre. Tu n'as pas besoin de te retourner pour deviner que Morty est sorti de sa pokéball. Qu'importe, le Sépiatop ne posera pas de problème, il se contentera de regarder par dessus ton épaule. Et la fameuse porte est devant vous.

Prête ?

D'un hochement de tête, tu lui indiques que oui. De toute façon, cela ne changerait rien, il n'y a plus possibilité de reculer. Ce n'est que maintenant que tu réalises l'aubaine que c'est de pouvoir rencontrer en personne un champion de la Ligue. Et ça met la pression !

Ton patron pousse la porte et entre le premier, tu lui fais suite et t'assures que Morty est bien passé avant de refermer derrière toi. Le petit homme s'avance jusqu'aux trois hommes présents dans la salle et leur serre la main. Sur les trois, tu n'en reconnais qu'un, le célèbre Ruven Baldwin, forcément. Tu te places légèrement en retrait, sur le côté. Tu hésites entre venir franchement serrer les mains de ces trois hommes, et rester là où tu es et simplement t'incliner lorsque ton patron t'introduira à eux. Tu n'as qu'à faire ce que tu ferais en temps normal, lors d'une mission un peu plus commune.

Je vous présente mademoiselle Kent, la garde du corps que nous avons choisis pour monsieur Ruven Baldwin.

Tu n'as plus le temps de réfléchir, tu dois agir. Et tu t'avances, et échange les poignées de main.

Enchantée.

Arrivée au champion, tu ne peux t'empêcher de lever les yeux vers lui. Vous échangez un regard et un sourire commence à poindre sur ton visage. Enfin, jusqu'à ce que tu te rappelles intérieurement à l'ordre. Tu dois rester professionnelle, et cela signifie rester à distance. D'autant plus que tu connais la réputation de cet homme, ne le laisse pas la possibilité de t'envisager d'entrée de jeu, ce n'est définitivement pas ce que tu veux. Même s'il a l'air plus que convivial, tu ferais mieux de rester sur tes gardes. Surtout au vu d'une proximité prolongée.

hrp:
 



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Ligue 4

C-GEAR
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Région : Kalos / QG Ligue 4
Mer 19 Juil - 16:31
La porte s'ouvrit sur deux personnes, un homme et une femme. Si je me désintéressais de l'homme assez vite (il était évident qu'il n'était pas mon nouveau garde du corps, pas en assez bonne forme physique) mon attention fut aussitôt captée par la jeune femme qui l'accompagnait. La première pensée qui me vint fut qu'elle était super sexy et la deuxième fut que, en l'absence d'autres personnes, il y avait des chances pour que ce soit elle ma garde du corps. Que l'on m'assigne une fille aussi séduisante pour me protéger me rendait perplexe : y avait-il un but caché ? Parce que bon, je ne doutais pas de la compétence de cette femme (clairement, elle avait l'air sérieuse et en très bonne forme) mais cela me paraissait un peu gros. Elle était jeune, sensuelle et rousse ; à priori, ou bien on avait voulu me faire très plaisir, ou bien quelqu'un avait intérêt à ce que j'essaie de me compromettre avec elle. Dans ce dernier cas je comptais bien faire des déçus : ma relation avec Habygaelle se passait très bien et j'avais développé une allergie à l'infidélité depuis l'année dernière, aussi il n'y avait aucune chance que je craque. Même si, je l'avoue, je dus me forcer un peu pour arrêter de la regarder et me concentrer sur le petit homme qui venait me serrer la main.

« Je vous présente mademoiselle Kent, la garde du corps que nous avons choisis pour monsieur Ruven Baldwin. »

Qu'ils avaient choisi hein ? J'étais de moins en moins sûr que ce soit pour de bonnes raisons. En reportant mon regard sur elle je me dis que, si la période d'essai était concluante, il faudrait que je prévienne Haby pour qu'elle ne s'inquiète pas. Nul doute que me voir suivi en permanence par une fille aussi proche de mes préférences allait la faire psychoter.


« Enchantée. » dit-elle en échangeant les poignées de main, me gardant pour la fin.

Quand elle arriva devant moi, elle leva les yeux et nos regards se croisèrent vraiment pour la première fois. Elle avait deux jolis iris verts, plein d'une force de caractère qui me plaisait beaucoup, et je compris aussitôt que si ses employeurs avaient dans l'idée de l'utiliser comme un pion elle n'avait aucunement l'intention de se laisser faire. C'était une vraie pro, à priori.


« Enchanté également. » dis-je avec un grand sourire chaleureux.

Je lui serrai fermement la main alors que l'ombre d'un sourire apparaissait sur son visage, aussitôt réprimé. Est-ce qu'elle tenait à garder l'air sévère des gardes du corps ? Je n'espérais pas, je trouvais ça ennuyeux à mourir et j'aspirais bien plus à avoir une relation amicale avec quelqu'un payé pour me suivre partout.


« Hum, oui, très bien... » Serait-il que Monsieur Miller soit un peu perturbé ? Lui-même n'était pas au courant de la personne choisie pour me protéger, il devait tomber de haut - assez pour que son regard se perde un instant sur les hanches de Mademoiselle Kent, heureusement plutôt subtilement. « Eh bien, nous vous avons laissé choisir votre agent mais nous nous permettons de conserver notre droit à la période d'essai d'une semaine. En plus de la vérification de ses compétences, et compte tenu des désagréments rencontrés avec son précédent garde du corps, nous laissons la possibilité à Monsieur Baldwin de nous indiquer si Mademoiselle Kent ne lui conviendrait pas. »

Ils pinaillèrent quelque temps sur les termes du contrat et j'arrêtai très vite de les écouter, préférant jauger Mademoiselle Kent de quelques coups d'oeil. Ce qui me permit de constater qu'elle était dresseuse puisqu'elle portait des Pokéballs et - comment ne l'avais-je vu plus tôt ? - qu'elle était suivie par un petit Sepiatop. J'espérais qu'elle ne les utilisait pas que dans le cadre de son boulot, nous aurions des choses à nous dire ! Quand son regard croisait le mien je lui lançais un sourire aussi amical que possible. J'avais hâte de pouvoir lui parler un peu et de casser cette atmosphère formelle que je trouvais étouffante.

« Tout me semble en ordre. » conclut finalement Monsieur Miller, après un temps qui me parut interminable. « Je vais donc vous laisser, j'ai du travail qui m'attend. »

Il nous salua tous les uns après les autres et fut le premier à sortir de la pièce. Je me tournai vers Alexei et lui demandai s'il avait besoin de moi pour quelque chose ou si je pouvais aller m'entrainer.

« Mademoiselle Kent m'accompagnera au Mont Argenté, ce sera une bonne occasion de faire connaissance. Cela vous va ? » demandai-je à la concernée.

Alexei m'envoya un regard que je lui connaissais bien, celui qui disait "faîtes pas de bêtises hein ?". Même s'il était assez injuste de continuer de me le faire, il savait bien que j'étais très sage avec les relations professionnelles.


« Non c'est bon, vous avez la matinée de libre. Mais n'oubliez pas, Strat Mag cet après-midi.

- Oui oui. Vous venez ?
» invitai-je la rouquine en ouvrant la marche.

Je quittai la pièce en lui tenant la porte et nous nous éloignâmes en direction de mon point d'entrainement du jour. Alors que nous marchions encore dans les couloirs de la Ligue, je me tournai légèrement vers elle pour lui adresser un petit sourire.


« Est-ce que je peux t'appeler autrement que mademoiselle Kent ? » demandai-je, abandonnant le vouvoiement maintenant que nous étions isolés. « Je n'aime pas les relations trop formelles, je préfèrerais t'appeler par ton prénom si cela ne te dérange pas. Et tu peux m'appeler Ruven d'ailleurs, je suis peu adepte du "Monsieur Baldwin". »



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Agent Kantô

C-GEAR
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Lun 7 Aoû - 0:57
Ce n’est pas évident de rester totalement neutre face à quelqu’un comme Ruven Baldwin. Tu le découvres malgré toi. Lorsque vous échangez ce regard, tu ne peux t’empêcher ce sourire. Même si tu l’as aussitôt réprimé. Tu vas devoir prendre sur toi pour rester le plus professionnelle possible. Tu as pu te rendre compte qu’il y avait certaines personnes avec qui s’était plus simple de ne se concentrer que sur son travail, de rester immobile, sans rien dire. De toute façon, c’est comme cela que tu fonctionnes. Tu n’es pas réputée pour être chaleureuse, ni même agréable, mais seulement parce que tu ne fais que ton travail et que tu le fais bien. Tu ne vas pas chercher plus loin, et tu ne demandes pas à ce que les autres le fassent. Sauf que cet homme ne t’ignore pas ou ne te méprise pas, ce qui est assez peu courant dans le métier, d’autant plus pour une femme.

Hum, oui, très bien...

L’homme marque une hésitation, et cela ne t’échappe pas. Il ne devait pas s’attendre à voir débarquer quelqu’un comme toi. S’il y avait des rumeurs, cet homme devait être des premiers à en connaitre la cause. C’est sans doute ce qui le pousse à réagir de la sorte. En tout cas, cela te fait tiquer et renforce par la même occasion ta méfiance vis-à-vis de l’accueillant champion. Après, à savoir si le fait que sa réputation le précède est une bonne ou une mauvaise chose, selon si ce qu’on lui prétend est avéré, tu ne le sauras pas immédiatement. Il est certain que l’opportunité est bien trop grande pour que tu la laisses passer, sauf que cela s’arrête là, si ton employeur a quelque chose derrière la tête, il risque d’être déçu, surtout qu’il devrait savoir que tu n’es pas des plus… commodes, à force. En tout cas, cela ne t’empêchera pas de faire ton boulot. Comme pour tout, tu t’adapteras.

Eh bien, nous vous avons laissé choisir votre agent mais nous nous permettons de conserver notre droit à la période d'essai d'une semaine. En plus de la vérification de ses compétences, et compte tenu des désagréments rencontrés avec son précédent garde du corps, nous laissons la possibilité à Monsieur Baldwin de nous indiquer si Mademoiselle Kent ne lui conviendrait pas.

Intérieurement, tu manques de t’étouffer, même si tu dissimules tout cela sur ton visage. « Si Mademoiselle Kent ne lui conviendrait pas. » On dirait qu’il parle d’un produit de consommation courante. Pourquoi ne pas te coller une étiquette « Satisfait ou remboursé » sur le front tant qu’il y est. Tu comprends ce qu’il veut dire, mais cette phrase franchement. Tu as l’impression de n’est qu’un vulgaire outil, tout ce que tu n’aimes pas. Tu préfères qu’il ne te prenne pas en compte plutôt qu’être réduite à ça, à un simple objet. Il n’y a rien de pire, si ce n’est ceux qui croient que parce que tu es une femme, tu as d’autres attributions. Quoi qu’il en soit, l’homme et ton employeur finissent par parler affaire, quelque chose qui te dépasse et t’ennuie profondément. Tant que tu touches ton salaire, tout est bon pour toi. Mais que faire en attendant, rester là, immobile, droite comme un piquet ? Sûrement, c’est ce que tu devrais faire. Sauf que le cadre qui t’entoure est tellement loin de tout ce que tu as pu connaître ces dernières années. Tu ne peux t’empêcher de laisser ton regard se perdre. Jusqu’à croiser celui du champion. Il te sourit. Tu ne sais pas quoi faire. Tu veux garder ce boulot, donc lui répondre d’un sourire serait une bonne chose. Pourtant opter pour une expression qui n’est pas naturelle, cela te dépasse. Et afficher un sourire sur ton visage n’est pas des choses que tu fais au quotidien. Certes, tu lui as souri un peu plus tôt, mais tout de même… Tu as continué de le fixer sans savoir quoi faire le temps de quelques secondes.

Tout me semble en ordre. Je vais donc vous laisser, j'ai du travail qui m'attend.

Poignée de main pour tous, il quitta alors la pièce. Tu te demandais si ton cher employeur allait finir par quitter les lieux. Parce que sa présence te met toujours aussi mal à l’aise. Il dégage quelque chose qui s’apparente à de la peur et du dégoût, quelque chose qui fait que tu as hâte qu’il parte. Tu pourras enfin être un peu plus sereine. Il est hors de question que tu ne répondes pas à ses critères devant lui. Il vaut mieux attendre qu’il s’en aille pour que tu puisses ne répondre qu’à tes propres critères. Tu ne supportes pas être supervisée, tu fais ce qu’on te dit de faire sans rechigner, il ne faut juste pas que la personne soit sur ton dos en continu.

Mademoiselle Kent m'accompagnera au Mont Argenté, ce sera une bonne occasion de faire connaissance. Cela vous va ?

Oui, bien sûr.

Il te demande cela comme si tu avais le choix, comme si tu avais la possibilité de dire non. Il était certain que tu acquiescerais. Tu t’interroges sur sa réaction si tu étais venue à décliner. Certes cela aurait été totalement incongru, sauf que tu t’imaginais déjà leur mine surprise à ta réponse qui aurait été grave et sèche. Cela t’aurait amusé, le temps de quelques secondes. Puis tu aurais été gênée, quand même. Cependant, ce n’est pas arrivé, tu as bien évidemment accepté. Bon après, tu as tiqué sur le fait qu’il veuille faire connaissance. Ce n’est pas vraiment quelque chose qui se fait habituellement… Peut-être cela peut l’aider à se sentir plus en confiance que s’il devait rester avec un total inconnu. Tu ne sais pas vraiment. La seule fois où ce genre de chose t’est arrivé, le contexte était particulier.

Non c'est bon, vous avez la matinée de libre. Mais n'oubliez pas, Strat Mag cet après-midi.

Oui oui. Vous venez ?

L’homme qui est là s’adresse au champion comme s’il le connaissait depuis pas mal de temps, il continuait de le vouvoyer, mais on sentait qu’il avait cerné l’homme dont il était l’agent, si tu as bien tout compris. Les formalités entre eux sont de mise. Quoi qu’il en soit, tu as opiné du chef pour lui indiquer que tu étais prête à y aller. Tu salues poliment l’homme resté là et ton patron que tu imagines bientôt partir. Mais il y a quelque chose qui te surprend, ou en tout cas, auquel tu n’es pas habituée. La courtoisie. Le champion t’ouvre la porte, instinctivement, tu marques un temps. Il te faut quelques secondes pour reprendre la marche. Tu sors enfin et t’arrêtes, pour laisser passer l’homme devant toi, tu n’as aucune idée d’où tu vas, lui sait.

Est-ce que je peux t'appeler autrement que mademoiselle Kent ? Je n'aime pas les relations trop formelles, je préfèrerais t'appeler par ton prénom si cela ne te dérange pas. Et tu peux m'appeler Ruven d'ailleurs, je suis peu adepte du "Monsieur Baldwin".

Il avait légèrement tourné la tête vers toi pour se parler. Tu comprends. Il s’agit de ces personnes qui se voient obligés de se retrouver avec une présence avec eux, parce que c’est une décision prise par quelqu’un au-dessus d’eux. S’il préfère éviter juste se retrouver avec rien d’autre qu’une présence froide dont il ne voulait peut-être pas forcément, tu peux au moins faire ça. Faire cet effort. Même si ce n’est pas vraiment quelque chose que tu apprécies. Et puis c’est surtout un champion de la Ligue Pokémon, s’il te demande ton prénom, tu réponds. Dans le pire des cas, tu mettras les choses au clair. Célébrité respectée ou pas, cela ne changera rien à ta manière de faire s’il vient à se montrer entreprenant.

Vous pouvez m’appeler Mev, si vous êtes plus à l’aise. J’aurais plus de chance de répondre déjà. Par contre, vous appeler par votre prénom, je risque d’avoir du mal. Pareil pour le tutoiement, d’ailleurs. Mais je vais essayer. Je ne vous promets rien.

Il est sympathique, quelque soient ses intentions derrière, tu ne peux pas lui retirer cela. Tu vas faire des efforts pour t’adapter à cela, parce que ça n’est pas dans ta nature d’avoir une proximité avec les gens. Déjà que c’est compliqué avec tes amis, alors face à un inconnu, et une sommité, en plus de cela, tu n’es pas sûre d’y parvenir. D’autant plus que cela risque de te faire faire de mauvais choix, ou de ne pas repérer d’éventuelles menaces. Comment de pas être froide et indifférente sans mettre la distance nécessaire ?

Tu vois alors surgir Morty de par-dessus ton épaule et filer à toute vitesse vers l’avant. Tu n’as rien eu le temps de dire que le petit Sépiatop s’était déjà posé devant le champion, le faisant s’arrêter. Tu te fais avoir à chaque fois, parce qu’à chaque fois, il te fait le coup. Tu ne sais pas vraiment ce qu’il fait, ni pourquoi il le fait, mais il vient flotter devant cet homme comme si de rien n’était, comme s’il ne considérait pas totalement qui il était. Et ce malgré le fait que tu prennes la peine de lui expliquer. Morty le fixe, pendant ce qui te semble être de longues secondes. Tu n’oses même pas intervenir, de peur d’interrompre quelque chose. Pourtant, tu dois rappeler ton Pokémon à l’ordre, tu ne peux pas laisser passer.

Morty ! Combien de fois il va falloir que je te le dise. Reviens ici.

Et là, tu le vois s’approcher du champion, jusqu’à se coller contre lui. Mais pourquoi fait-il ça ? Le but, c’est de te décrédibiliser, ou alors… ou alors tu ne sais pas. Tu n’y vois aucune explication, parce que ce n’est pas dans le tempérament du Sépiatop de jouer les rebelles, contrairement à d’autres. Pourtant, il ne fait pas ce genre de choses avec toi. Tu es perplexe. Au moins tout autant que gênée de la tournure des événements.

Excusez-le mons… Ruven. Il a beau être adorable, mon Sépiatop n’a pas toujours conscience de ce qu’il fait. En tout cas, il a l’air de bien vous aimer.

Que peux-tu dire de plus ? Tu n’en sais rien, tu aimerais bien présenter de plus plates excuses, mais cela t’a demandé de prendre sur toi rien que pour ça. Tu n’aurais pas été capable de plus, c’était déjà bien trop, tu ne le sais que trop bien. Pour autant, ta fierté est bien vite mise de côté cette fois-ci. Il le faut bien. Désormais, tu n’as plus qu’à attendre que ton Pokémon revienne, en espérant que ce champion ne t’en tienne pas rigueur.



Nessa Finnegan • Roy Harrison • Lottie McOleksion
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Ligue 4

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Jeu 17 Aoû - 14:50
Je ne sais si c’était par professionnalisme ou un vrai trait de caractère, mais à voir les différentes réactions de la jeune femme je devinais qu’elle n’était pas du genre sociable. L’ébauche de sourire qu’elle avait fait en me serrant la main ne revenait tout simplement plus, même alors que je tentai de lui témoigner le plus d’amicalité possible. Est-ce que cela la mettait mal à l’aise ? Peut-être. La plupart des gens timides apprécient qu’on fasse tout le travail de familiarisation pour eux et je savais vite me faire apprécier des discrets, mais si elle était plutôt du genre froid mes tentatives chaleureuses devaient l’irriter plus qu’autre chose. Dommage, car je ne comptais pas changer ma personnalité pour lui plaire.

Alors que nous marchions dans le couloir en direction de la sortie, je lui demandai si je pouvais l’appeler par son prénom et si elle pouvait en faire de même avec moi. Je sais que ce n’était pas très protocolaire, mais je n’avais jamais été très féru de formalités et je vivais comme une punition que quelqu’un me colle aux basques, alors autant rendre ça moins pénible.


« Vous pouvez m’appeler Mev, si vous êtes plus à l’aise. J’aurais plus de chance de répondre déjà. Par contre, vous appeler par votre prénom, je risque d’avoir du mal. Pareil pour le tutoiement, d’ailleurs. Mais je vais essayer. Je ne vous promets rien.

- Je n’en demande pas plus, ça me va.
» répondis-je avec un sourire satisfait.

Qu’elle ne réussisse pas à me tutoyer je pouvais comprendre : on ne se connaissait pas, j’étais son client, j’étais plus âgé qu’elle… et puis certaines personnes avaient tout simplement du mal avec ça hors de leur cercle proche. Je pouvais tolérer le vouvoiement, comme je le tolérais d’Alexei maintenant que j’avais compris qu’il était très timide. Qu’elle ait du mal à m’appeler par mon prénom, là encore je pouvais l’accepter au début – même si j’allais revenir à la charge d’ici quelques jours si elle s’acharnait à m’appeler Monsieur. Par contre je tenais vraiment à pouvoir lui parler comme je le souhaitais, avec l’amicalité qui me caractérisait, donc qu’elle me donne son prénom était le principal à mes yeux.
Ce fut alors que son Sepiatop, qui jusque-là suivait sa dresseuse sans intervenir, décida que lui aussi avait le droit de faire connaissance. Il se planta devant moi, me forçant à m’arrêter si je ne voulais pas lui rentrer dedans, et me scruta de ses yeux un peu ahuris. Il n’avait vraiment pas l’air hostile, juste curieux, ce qui m’incita à rester parfaitement calme.


« Morty ! Combien de fois il va falloir que je te le dise. Reviens ici. » Ah, apparemment c’est un comportement habituel. Ce n’était pas très pro, et même si moi ça ne me dérangeait pas du tout cela avait dû l’embarrasser plus d’une fois.

« Bonjour Morty. » dis-je avec un sourire gentil. Si Mev avait l’intention de le laisser dehors tout le temps, autant le laisser m’apprivoiser aussi. J’aurais bien été le dernier à considérer que l’amitié d’un Pokémon ne comptait pas.

Mon attitude amicale avait dû lui plaire car soudain le Sepiatop fut collé à moi, même si je le sentais à peine avec sa texture spongieuse. J’espérais qu’il n’était comme ça avec moi que parce que j’étais la personne à protéger, je n’osais imaginer s’il était comme ça avec les assassins ! En tout cas, sa réaction me fit sourire.
Ce qui ne fut pas le cas de sa dresseuse. En jetant un œil vers elle je vis que Mev était embarrassée de la situation, ce que je pouvais comprendre tout à fait.

« Excusez-le mons… Ruven. » Je hochai légèrement la tête pour lui montrer que j’appréciai son effort. « Il a beau être adorable, mon Sépiatop n’a pas toujours conscience de ce qu’il fait. En tout cas, il a l’air de bien vous aimer.

- Il n’y a pas de mal.
» dis-je en grattouillant quelques secondes la tête de la créature. « Vu mon métier, tu imagines bien que les Pokémon affectueux ne me dérangent pas. Et c’est vrai qu’il est mignon. »

Pas autant que Molly, pensai-je aussitôt. Heureusement d’ailleurs que la lionne était dans sa Pokéball, jalouse qu’elle était elle aurait croqué ce Sepiatop tout cru si elle l’avait vu faire. Quel amour.

« Tu es dresseuse du coup ? » demandai-je en reprenant la marche, une fois que le Sepiatop se fut dégagé de moi. « C’est seulement dans le cadre de ton travail ou tu vises aussi la Ligue ? Parce que dans le dernier cas il faudra que tu détournes le regard pendant l’entrainement, je ne vais quand même pas te filer mes combines ! »

Un sourire amusé. J’essaie de plaisanter pour qu’elle se détende un peu, même si ce n’est pas recommandé pour exercer son métier – même si franchement, je ne suis pas sûr d’avoir vraiment besoin qu’on me protège là tout de suite.

« Non, sérieusement, n’hésite pas à demander si je peux t’aider à t’améliorer. Quitte à ce que tu sois obligée de suivre mes entraînements, autant que ça te serve à quelque chose. Que ce soit pour ton travail ou pas. » Nous arrivions à l’arrière du bâtiment et j’ouvris la porte qui menait à l’extérieur. La lumière du jour m’éblouit un instant ; le désavantage des vieilles bâtisses comme la Ligue, c’est qu’elles étaient plutôt mal éclairées. « On a une randonnée de trente minutes à faire pour atteindre mon point d’entrainement. Tu peux lâcher tes Pokémon pour qu’ils se dégourdissent, ils ne craignent rien ici. »

D’ailleurs je donnai l’exemple et libérai Molly, Albion et Etna. Lear était déjà hors de sa Pokéball quelque part dans la Ligue, il nous rejoindrait. Je pris la tête de la marche, avançant d'un bon pas.

« Du coup ? Dresseuse pro ou pas ? »



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Agent Kantô

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Jeu 7 Sep - 19:45
Si tu avais pu trouver un moyen de disparaître, tu te serais volatilisée en quelques secondes. Morty ne t’avait jamais fait cela. Enfin si, se pointer devant ton client pour le toiser, c’était systématique. Cela t’oblige à le rappeler à l’ordre, pour la forme, mais tu sais qu’il n’en a cure. En soi, cela ne pose aucun problème, tu sais le naturel beaucoup trop curieux de ce petit, et ce dont tu es sûre, c’est que si tu l’obligeais à se confiner dans sa pokéball pour éviter ce genre de comportement, il serait malheureux. Alors tu préfères qu’il agisse ainsi, en liberté, tant qu’il ne cause de tort à personne. Mais venir se coller à quelqu’un, ça change de l’ordinaire, même pour le petit Sépiatop. Tu te demandes si ton Pokémon n’a pas senti quelque chose, comme quoi c’était un champion, ou quelque chose comme ça. Parce que franchement, tu ne comprends pas sinon. A part t’embarrasser, cela n’a pas eu grand effet de plus. Quoique. Tu as pu constater de tes yeux l’approche de l’homme envers les Pokémon. Bon, il est certain que Morty n’est pas le plus repoussant des Pokémon, ni effrayant, mais tout de même. Il a été plus qu’amical envers l’intrusion de ton Pokémon. En tout cas, ton Sépiatop a l’air ravi. Il se détache donc après avoir obtenu ce qu’il voulait et revient à ton bord. Tu n’as besoin que d’un regard pour lui faire comprendre ton désarroi. Il le sait.

Tu es dresseuse du coup ?

Tu t’arrêtes. D’un coup. Tu ne t’attendais pas à ce que les question en arrivent à toi. Ou tout du moins pas d’entrée de jeu. Mais Morty avait amorcé les choses. Tu n’as plus qu’à répondre. Et ce pour plusieurs raisons, déjà, c’est la moindre des politesses. Il est des plus courtois avec toi, tu dois en faire de même, même si cela n’est pas toujours dans tes habitudes. Ici, c’est lui le patron, pas toi. Donc question de hiérarchie, il te pose une question, tu réponds. Et enfin, tu as face à toi un des champions de la Ligue. Tu ne peux rester sans rien dire s’il te demande si tu donnes dans les combats Pokémon.

Oui, les Pokémon sont indispensables au quotidien quand il s’agit de sécurité.

C’est seulement dans le cadre de ton travail ou tu vises aussi la Ligue ? Parce que dans ce dernier cas il faudra que tu détournes le regard pendant l’entraînement, je ne vais quand même pas te filer mes combines !

Tu esquisses un sourire amusé. Définitivement, tu ne peux rester de marbre. Ce Ruven Baldwin te rend perplexe tout de même. Tu n’es pas du genre à rire, c’est certain, mais laisser apparaître un sourire sur ton visage, cela peut t’arriver, à l’occasion. Il semblerait que c’en soit une. Il a dit cela avec tellement de simplicité et de naturel que l’humour est passé directement. Professionnellement parlant, tu devrais rester impassible, mais tu te rends bien compte que ce n’est pas possible. Au fil du temps, tu as fini par comprendre que tout le monde n’a pas besoin du même service. Si la plupart des clients veulent juste être protégés, s’assurer qu’ils ne risquent rien, ou risquent moins, ils ne considèrent pas la personne qu’ils embauchent. D’autres préfèrent avoir une présence humaine, savoir qu’il y a bien là quelqu’un qui est davantage qu’un gilet pare-balles. Tu penses immédiatement à Ilya, il se fichait du fait que tu sois là pour le protéger. Il semblerait qu’il en soit de même avec le champion. Alors pourquoi pas. Cela te coûte toujours un peu, mais lâcher un peu de lest devrait faciliter les choses.

A vrai dire, j’aimerais bien me frotter à la Ligue un jour. J’y ai déjà songé sérieusement en tout cas. Mais ne vous… inquiétez pas, je prendrais même des bouchons d’oreilles la prochaine fois.

Non, sérieusement, n’hésite pas à me demander si je peux t’aider à t’améliorer. Quitte à ce que tu sois obligée de suivre mes entraînements, autant que ça te serve à quelque chose. Que ce soit pour ton travail ou pas.

Alors déjà, le tutoiement, ça sonne étrangement. Tu ne sais pas si c’était la phrase en soi, mais ni le « vous » ni le « tu » ne semblaient convenir. C’était assez bizarre. Du coup, tu étais partie pour passer au tutoiement, avant de te raviser. C’est bien trop peu formel pour vos échanges, tu ne peux pas te permettre. Cela te dérange. Reste sur du vouvoiement, tu seras plus à l’aise. Ensuite, tu t’es surprise seule à tenter de répondre à son humour en faisant de même. Bien peu de tes rares connaissances pourraient le croire, tu es le genre de fille qui reste tout le temps sérieuse. Pas spécialement à rebondir sur les propos des autres, pas du tout. Et pourtant si, à croire que tu peux être un humain comme les autres de temps en temps. Pourtant de tout cela, ce qui t’interpelle le plus, c’est sa proposition. Un nom s’impose à ton esprit. Tyson. Si quelqu’un peut t’aider avec lui, ce ne peut être que le champion de type feu non ? Parce que vous en êtes arrivés à un stade critique. Un stade où tu as dû sévir et strictement. Tu ne pouvais pas laisser passer cela, et y mettre un terme avec des moyens drastiques. Le problème c’était calmé en évoluant une première fois, puis est revenu à sa seconde évolution, tu ne sais pas pourquoi. Sauf qu’à son stade actuel, cela en devient dangereux. Ce qui fait que Tyson n’a plus le droit de combattre, que ce soit pour le plaisir où pour s’entraîner, puisque tu ne peux plus lui faire pleinement confiance. Tu es réticente à le montrer c’est certain, sauf que tu cherches désespérément une solution à son problème. Pas maintenant. C’est encore trop tôt pour lui parler de cela.

On a une randonnée de trente minutes à faire pour atteindre mon point d’entraînement. Tu peux lâcher tes Pokémon pour qu’ils se dégourdissent, ils ne craignent rien ici.

Vous sortez du bâtiment, pas par où tu étais entrée auparavant. Non, c’était une sortie arrière qui donnait sur pas grand-chose au premier abord. Enfin, vous vous retrouvez derrière la Ligue. La transition entre lumière artificielle et lumière naturelle n’est pas évidente. Il te faut un petit temps d’adaptation pour faire face aux nouvelles conditions environnementales. Mais c’était bon pour toi. Vous aviez de la marche à faire, ce n’était pas dérangeant, même pour une demi-heure. Ce qui t’inquiétait le plus, c’était que pendant ce temps, le champion voudrait sûrement en apprendre davantage pour toi. Il a pu se rendre compte que ton fort n’était pas dans la communication, pourtant, ça ne l’empêche pas d’essayer. Il doit se dire qu’à force, tu devrais finir par t’ouvrir, et que l’ambiance en serait plus agréable pour vous deux. Tu n’en doutes pas, mais tu ne penses pas savoir gérer. Les relations humaines ont toujours été assez complexes à établir dans ton cas.

Pour faire suite à ce qu’il disait, Ruven laisse sortir trois de ses Pokémon. Une Némélios, un Exagide ainsi qu’un Pokémon dont le nom t’échappe. Tu en as déjà vus auparavant, mais tu es incapable de mettre un nom dessus. Quant au genre, la Némélios tu sais, sa crinière et sa musculature te l’indique, mais pour les deux autres, tu restes dans le doute. Il ne tient qu’à toi de faire de même, en laissant tes Pokémon sortir de leur pokéball, ils se dégourdiront les pattes un peu. Asmo, immédiatement regarde autour de lui, regarde les Pokémon surtout, et puis voilà. Pas plus secoué que ça face à ces Pokémon bien plus grands et costauds que lui. Non, le Bulbizarre est tranquillement posé là. Au tour de Samaël. Et la réaction n’est pas la même. Voir d’aussi près la Némélios, il a pris peur. Puis il a suffi d’un contact visuel entre vous deux pour qu’il comprenne que tout va bien. Il ne te reste plus que deux sphères. Tu ranges logiquement celle de Viviane, la marche à pied n’est pas vraiment adaptée pour une Hyporoi. Plus que Tyson. Est-ce que tu vas le laisser sortir, finalement ? Tu hésites encore. Tu restes quelques secondes à fixer l’objet dans ta main. Il n’y a pas de raison que cela se passe mal, alors tu laisses le Dracaufeu s’échapper.

Du coup ? Dresseuse pro ou pas ?

Ruven a déjà commencé à avancer sur le chemin, et tu pouvais constater qu’il était en forme vu la cadence de ses pas. Tu n’es pas sûre que Samaël puisse tenir le rythme, alors tu le prends dans tes bras. Pour les autres, ils vous suivront. Tu t’empresses alors de rejoindre le champion pour répondre à la question qu’il vient de te poser. Tu vas essayer d’être le plus honnête possible.

Je n’irai pas jusqu’à dire que je suis une pro. Je me débrouille. J’ai réussi à obtenir quatre badges pour l’instant, j’ai l’impression d’être dans la bonne voie. Après, le travail m’oblige à avoir un certain niveau, aussi. Et puis j’aimerais bien, pouvoir me considérer comme pro.

C’est peut-être le moment de parler de tes problèmes avec Tyson, comme le champion te l’a suggéré un peu plus tôt. Peut-être. Tu ne sais pas si tu peux. Là n’est pas ta place. Tu ne penses pas tant le déranger que cela, mais si jamais. Ne serait-ce pas trop présomptueux de supposer que Ruven fera en sorte de t’aider ? Tu vois bien que c’est quelqu’un d’agréable et de sociable. Tu ne le vois pas refuser de t’apporter son expérience sur le problème. Après, tu ne penses pas forcément aboutir à la résolution du problème, mais au moins des conseils pourraient t’aider. Il n’est pas champion du type feu pour rien après tout. Et puis c’est quoi cette Mev qui se cache, qui n’ose pas ? D’où sort-elle ? Elle n’avait jamais existé jusque-là, alors se pourrait-ce qu’il t’intimide tant que ça, ce champion de la Ligue ? Possible. Tu n’es pas habituée, c’est sûrement pour cela. Mais impose-toi, comme tu l’as toujours fait. Par contre, reste polie, et avec du tact, ça pourrait être bien. De toute façon, il vous faudrait un sujet de discussion, alors autant que cela te serve.

Ruven ? Vous m’avez dit juste avant de ne pas hésiter si j’avais besoin d’aide. Je n’ai pas osé sur l’instant, pourtant je pense que vous êtes le plus apte à m’aider. C’est mon Dracaufeu. Il n’est pas méchant, caractériel certes, mais pas méchant du tout. Le problème, c’est qu’en combat, il se laisse emporter, et il y va beaucoup trop fort. Il a déjà grièvement brûlé le Pokémon d’une amie en combat. Je ne lui demandais pas d’aller jusque-là. Il en devient dangereux. Et tant que nous n’aurons pas réglé ça, j’ai peur de ne pas pouvoir le faire combattre.

Tu t'interromps, seulement une seconde, le temps d'un doute qui s'efface, d'un regard vers le concerné, puis vers le champion. Cela t'attriste, parce que tu croyais le problème réglé. Tu as fait erreur, et Arceus sait à quel point tu as du mal à te les pardonner.

Il était comme ça, en tant que Salamèche déjà, mais je mettais ça sur le compte de son inexpérience et pensais qu’il ne faisait juste pas la différence. Et cela s’est calmé à son évolution en Reptincel. Puis il y a eu ce combat, celui du quatrième badge, il a évolué, et je crois qu’il n’a pas eu le contrôle, où quelque chose comme ça. Et que moi non plus, je n’ai pas eu le contrôle sur lui. C’est là qu’il a incendié le Pokémon adverse, et j’ai dû le rappeler pour en voir la fin. Depuis j’ai peur de le voir combattre. Et c’est problématique pour nous deux.

Tu n’es pourtant pas du genre à parler. Mais là, un flot de parole continu t’avait comme échappé. Tu parlais, en continuant de marcher, concentrée sur tes pas, te repassant les images de cette soirée catastrophique pour votre relation. Lorsque tu as réalisé que tu avais autant parlé, tu t’es arrêtée. De toute façon, tu avais tout dit. Tu aurais pu simplement évoquer les problèmes de discipline de Tyson. Tu aurais dû, en fait, et laisser le champion te poser les questions sur les informations lui manquant. Tu as rempli ton quota pour la journée, maintenant, tu ferais mieux de rester silencieuse, et de te contenter de répondre. Tu le vois là, il vaut mieux.



Nessa Finnegan • Roy Harrison • Lottie McOleksion
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