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» Doctor who ?


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Coordinateur Unys

C-GEAR
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Ven 12 Mai - 11:23
Depuis qu’elle a commencé ses études de médecine à Volucité, Clarisse a une relation bizarre avec les weekends. D’un côté elle passe la semaine à y aspirer de toute son âme, éreintée par les horaires frénétiques des cours et par les connaissances qu’elle doit se fourrer dans le crâne. De l’autre, une fois qu’elle y est, elle ne rêve que d’une chose : que l’on soit de nouveau lundi.
Les weekends sur le campus sont une source de malaise pour elle. Deux jours entiers dédiés à elle-même lui permettent de se rendre compte de l’étendue de sa solitude ; aucun tchat sur Skype, aucun MMO partagé avec Seydja ou Haileen, aucun appel de son père ne peut briser ce carcan de chagrin dans lequel elle s’enferme quand elle se retrouve si seule dans son appartement. La présence de Leia parvient à adoucir sa peine en partie, d’autant qu’avec les semaines passant la goupix se montre de plus en plus enclin à partager des câlins et à trouver refuge sur ses genoux… mais ce n’est pas pareil qu’une présence humaine. Clarisse ne s’était jamais rendue compte d’à quel point la présence de son père tous les jours lui était aussi vitale et, si elle tente de se noyer dans les devoirs pour oublier ce silence autour d’elle, elle ressent sans cesse ce manque béant.

Aussi a-t-elle décidé, en ce samedi matin, qu’elle ne resterait pas à errer dans son studio comme une âme en peine et qu’elle se rendrait à une conférence sur les pokémons organisée par la branche sciences de l’université. Un moyen comme un autre de voir du monde et de se distraire de sa tristesse, en plus des informations que cela pourrait lui apporter sur la meilleure façon de s’occuper de Leia. De quoi un pokémon a-t-il besoin pour être heureux ? Faut-il qu’elle prenne un autre compagnon comme le lui a suggéré Seydja ? Est-ce que Leia a besoin de combattre comme l’affirment les dresseurs ? Elle a cherché les réponses à ces questions sur le net mais n’a pas trouvé de source qu’elle estime suffisamment sûre. Elle accordera toujours plus de crédit à ce qui vient de la bouche d’un enseignant.

Elle prend donc le métro de bon matin, la pokéball de Leia dans son sac, pour se rendre sur le campus de la fac de sciences. La première chose qui la frappe en entrant dans l’enceinte de l’université, c’est à quel point les locaux n’ont rien à voir avec ceux de médecine : les bâtiments sont franchement défraîchis et n’ont aucun charme, alors qu’au contraire le parc lui est bien plus accueillant que l’étendue d’herbe sans âme à laquelle elle s’est habituée. Des pokémons peuplent les étangs, nullement inquiétés par la présence toute proche des hommes, et l’endroit malgré ses années lui parait plus vivant.
Malheureusement c’est bien dans un de ces bâtiments tristes à mourir qu’elle entre pour chercher l’amphi où aura lieu la conférence. A l’intérieur c’est encore pire : tout sent le manque d’entretien et les goûts d’un autre âge et cela l’emplit d’un étrange malaise. Elle tourne en rond un moment, n’osant déranger les étudiants qui passent à côté d’elle pour demander son chemin et finit par trouver la salle alors que celle-ci s’ouvre au public. Elle s’engouffre à l’intérieur au milieu de ces courageux, jeunes ou moins jeunes, qui ont fait le déplacement un samedi matin pour écouter un cours optionnel. Comme ils sont pour l’instant suffisamment peu ils ont le luxe de pouvoir choisir leur place et Clarisse jette son dévolu sur un siège au troisième rang, un peu sur le côté. Elle n’aime pas être tout devant car alors le regard du professeur a tendance à se porter sur elle et elle déteste ça, mais en même temps si elle est venue ce n’est pas pour buller à l’arrière. Elle a même pris son petit ordi et ouvert une page word vierge au cas où il y ait des informations qu’elle voudrait noter. Quitte à aller en cours un weekend, autant faire ça bien.
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Scientifique Unys

C-GEAR
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Lun 5 Juin - 3:10
Ce samedi était un peu particulier. C'était le jour où je devais mener un séminaire sur l'éthique dans la recherche sur les pokémons. Je n'étais pas payé par l'université pour ce séminaire, et j'avais seulement négocié l'accès à un amphithéâtre et le droit d'informer les étudiants par le biais des listes de mails. Mon projet était de créer un groupe de réflexion sur la question avec des étudiants à l'issue de ce débat. Les étudiants sont généralement plus idéalistes, ils n'ont pas encore été bouffés par le système concurrentiel de la publication, ce genre de conneries. Je pensais donc qu'il serait plus efficace de faire bouger les choses en jouant la carte du long terme, en passant par les étudiants. La salle est tout de même disposée de manière classique, car je n'ai pas eu le temps de changer la disposition à l'avance, mais je comptais demander aux étudiants de m'aider à déplacer les tables suivant le nombre de présents.

Une fois le vidéoprojecteur préparé, le powerpoint lancé, et l'heure du début du séminaire arrivé, j'ouvris la porte avant de me diriger vers le tableau. Quelques étudiants de tous âges entrèrent dans la salle. Une quinzaine environ. Je ne m'attendais pas à plus, un samedi matin, avec une communication aussi légère. C'était un simple test en vue d'un potentiel projet plus conséquent l'année prochaine, voire plus tard. Après que tout le monde eût pris sa place, je commençai les présentations.

-Bonjour tout le monde, merci d'avoir fait l'effort de venir un samedi matin. Je me présente rapidement, je m'appelle Tenzen Fushigi, je suis chercheur en Physique au CIROP, Centre Indépendant de Recherche sur les Ondes et les Pokémons. Il s'agit d'un laboratoire que j'ai monté moi-même, qui a récemment été reconnu par l'Etat et les autorités de la recherche. Nous travaillons aussi en collaboration avec le Refuge Psy, une structure de soins, de rééducations et de réadaptation pour les Pokémons Psy atteints de troubles psychiques, qui n'arrivent donc pas à contrôler leurs pouvoirs, certains d'entre vous connaissent peut-être, il est basé à Volucité. Enfin, je suis l'auteur d'un Pokédex militant, le CCCP, Corpus pour la Coopération et la Coexistence avec les Pokémon.

J'espérais que ce speech n'avait pas été trop long et chiant, et je passais à la slide suivante, celle qui présentait les questions qui allaient être au coeur de ce séminaire.

-Aujourd'hui, les thèmes que j'aimerais aborder sont les suivants. Recherche et combats de pokémons. Recherche sur la manipulation des pokémons. Ces deux thèmes seront présentés par moi-même. Un dernier, "essais cliniques sur les pokémons", se fera exclusivement sur le mode du débat. Je serai surtout là pour l'animer, et ce n'est pas grave si nous n'arrivons pas jusque là. J'aimerais que vous m'aidiez à disposer les tables en U face à moi, ce sera mieux pour débattre.


Les étudiants s'exécutèrent, puis, après une bonne minute de vacarme, la salle était prête. Je m'asseyais au bout de l'une des branches du U, pour rester à portée de prise pour mon ordinateur, tout en évitant la position de professeur face aux étudiants.

-Maintenant, j'aimerais qu'on fasse un tour de table. Présentez-vous tous brièvement. Cursus, niveau d'études, projet professionnel ou de recherche, raison de votre présence ici, par exemple.

Certains visages se crispèrent à l'annonce de ma phrase, surtout les plus jeunes. Pas étonnant. Je me souviens que j'étais très stressé les premières fois où c'était arrivé. C'est toujours assez intimidant au début, mais c'était un bon exercice, et c'était important de savoir à qui on avait affaire pour la suite du séminaire.



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Coordinateur Unys

C-GEAR
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Jeu 13 Juil - 14:27
Le temps que tout le monde s’installe, Clarisse en profite pour détailler discrètement l’enseignant du jour. Il s’agit d’un assez jeune homme, la trentaine environ, au style décontracté qu’elle trouve en adéquation avec le samedi matin. Il a l’air sympathique au premier abord et son jeune âge gage qu’il ne sera pas monotone. Un bon point.
Quand la salle finit de se remplir, l’adolescente compte à vue d’œil qu’ils sont une quinzaine. C’est un nombre qui lui plait bien : pas assez de monde pour que ce soit oppressant pour elle, mais assez pour qu’elle puisse espérer passer inaperçue jusqu’au bout. Mine de rien, pour un cours de weekend, elle est étonnée qu’autant de monde ait fait volontairement le déplacement. Certains auraient-ils des options à prendre ? Elle se demande si dans le lot il y a des gens comme elle qui cherchent seulement à tuer le temps.

« Bonjour tout le monde, merci d'avoir fait l'effort de venir un samedi matin. » Clarisse reporte son attention sur le jeune professeur. Il a une voix agréable et posée, qui la met en confiance. La voix du professeur qui ne se mettra pas brusquement en colère ou t’humiliera en public si tu ne sais pas répondre. « Je me présente rapidement, je m'appelle Tenzen Fushigi, je suis chercheur en Physique au CIROP, Centre Indépendant de Recherche sur les Ondes et les Pokémons. Il s'agit d'un laboratoire que j'ai monté moi-même, qui a récemment été reconnu par l'Etat et les autorités de la recherche. Nous travaillons aussi en collaboration avec le Refuge Psy, une structure de soins, de rééducations et de réadaptation pour les Pokémons Psy atteints de troubles psychiques, qui n'arrivent donc pas à contrôler leurs pouvoirs, certains d'entre vous connaissent peut-être, il est basé à Volucité. Enfin, je suis l'auteur d'un Pokédex militant, le CCCP, Corpus pour la Coopération et la Coexistence avec les Pokémon. »

Au fur et à mesure de sa présentation, Clarisse se dit qu’elle va bien aimer ce Monsieur Fushigi. Vu l’intitulé du cours elle n’est pas étonnée qu’il soit chercheur en pokémons, mais qu’il travaille avec une structure de soins pour pokémons psy et gère un pokédex militant montrent une philosophie qui lui plait bien. Peut-être que Monsieur Fushigi fait partie de ces gens qui, comme elle, s’interrogent sur le bien-fondé de la capture et du dressage de pokémons.
Il change la slide du powerpoint avant de continuer, dévoilant les thèmes du cours.

« Aujourd'hui, les thèmes que j'aimerais aborder sont les suivants. » Elle lit en même temps que lui. « Recherche et combats de pokémons. » Parfait, tout à fait un thème qui l’intéresse. Peut-être saura-t-elle en sortant d’ici si elle doit absolument faire combattre Leia pour son bien-être ou non. « Recherche sur la manipulation des pokémons. » La manipulation ? Elle a un peu de mal à voir ce qu’il veut dire par là, mais on verra bien. « Ces deux thèmes seront présentés par moi-même. Un dernier, "essais cliniques sur les pokémons", se fera exclusivement sur le mode du débat. » Le mot débat déclenche en elle une légère pointe de stress. Est-ce que ça veut dire qu’elle sera obligée de donner son avis devant tout le monde ? Jamais de la vie. « Je serai surtout là pour l'animer, et ce n'est pas grave si nous n'arrivons pas jusque-là. J'aimerais que vous m'aidiez à disposer les tables en U face à moi, ce sera mieux pour débattre. »

Elle commence à se sentir vaguement mal à l’aise. Les tables en U, ça veut dire avoir des gens à côté d’elle et en face, soit plein de regards pouvant potentiellement se poser sur elle. Ça veut aussi dire être interrogée plus souvent, en principe. Tout ce qu’elle craint en cours.
Mais comme il est trop tard pour reculer elle se lève comme tout le monde et aide à disposer les tables, un début de boule au ventre. Elle calcule qu’elle est la meilleure place à prendre pour se faire oublier et décide qu’elle doit se mettre sur la même rangée que le prof, le plus au fond possible, dans son angle mort. Toutefois, le temps de récupérer son ordi laissé sur la table et de revenir s’asseoir, elle constate que d’autres ont eu la même idée qu’elle et que toutes les places du fond ont été prises. Ce qui lui laisse, ô horreur, la place à côté ou en face de l’enseignant qui s’est mis en bout de table. Quelle est celle la moins risquée ? Les deux lui paraissent de vrais guets-apens et c’est par défaut qu’elle prend la plus proche, à savoir celle à côté de Monsieur Fushigi. Maintenant qu’elle est piégée ici, le plus sûr reste de ne pas trop relever les yeux de son ordi afin d’éviter de croiser son regard.

« Maintenant, j'aimerais qu'on fasse un tour de table. » Oh non, pitié. « Présentez-vous tous brièvement. Cursus, niveau d'études, projet professionnel ou de recherche, raison de votre présence ici, par exemple. »

Elle le sent, la plaque d’eczéma dans son cou se réveille et lui donne envie de gratter. Ça lui fait toujours ça quand elle stresse et ça ne fait qu’empirer les choses car alors elle se retient de toutes ses forces pour ne pas attirer l’attention sur ses problèmes de peau et stresse encore plus. Elle en est sûre en plus, comme c’est elle qui est assise à la gauche du prof c’est elle qui va devoir commencer… et elle a déjà oublié les infos qu’il voulait savoir.
Il vient de tourner la tête vers elle, faisant grimper sa température à au moins 1000° au niveau des joues.

« Euh, j..je m’appelle Clarisse, j’ai 18 ans, je suis en première année de médecine à la fac de Volucité. » Il a dit quoi, projet professionnel ? Olala, elle en a aucune idée. « Je ne sais pas encore trop vers quoi je vais me diriger… » Ou comment avoir l’air d’une paumée. Elle rentre légèrement la tête dans les épaules, serrant le poing pour ne pas se gratter. « Et je suis venue ce matin parce que j’ai recueilli une goupix d’Alola récemment, c’est mon premier pokémon donc je ne sais pas encore trop comment m’en occuper. Du coup je me renseigne autant que je peux pour la traiter d’une manière juste et adaptée afin qu’elle soit heureuse et épanouie. Voilà… »

Elle se fait l’effet d’être une vraie cruche et préfère ne pas en dire plus. Elle aurait pourtant pu ajouter que le sujet de l’éthique l’intéresse car elle trouve que les humains exploitent trop les pokémons pour leur propre compte, mais cela aurait pu la faire paraître pour une extrémiste relou. Autant en dire le moins possible pour ne pas attirer la curiosité.

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Scientifique Unys

C-GEAR
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Lun 24 Juil - 15:27
J’invitai logiquement la jeune fille à ma gauche à commencer le tour de table. J’avais remarqué quelques visages se crisper face à moi, mais je ne l’avais pas remarquée puisqu’elle se trouvait juste à côté de moi. C’était chez elle que l’angoisse était probablement la plus évidente. Je m’apprêtai à la rassurer quand elle me devança et commença à se présenter. 18 ans, première année, pas étonnant qu’elle ne se sente pas à l’aise. Les jeunes filles sont d’ailleurs encore plus souvent angoissées dans ce genre de situations. Comme si elles se sentaient encore moins légitimes. Bien évidemment, comme beaucoup d’étudiant-e-s de première année, elle n’avait pas d’idée claire de son parcours professionnelle. Même pour ceux qui en avaient, le parcours réel était souvent différent du projet initial.

-Ne t’en fais pas pour ça, c’est tout à fait normal à ton âge. Quand je suis arrivé à la fac, je n’avais strictement aucune idée de ce vers quoi j’allais me diriger. Je savais juste que j’avais bien aimé les TP d’électricité au Lycée, et aujourd’hui, je suis dans un domaine vraiment différent. Ca vaut aussi pour les suivants, ne vous prenaient pas trop la tête, c’est juste histoire qu’on fasse connaissance.

Je tentais aux de rassurer aux mieux les étudiants. Je remarquai que la jeune Clarisse ne savait pas trop quoi ajouter, peut-être qu’elle ne se souvenait même plus de ce que j’avais demandé, après tout. Ca arrive assez souvent, avec le stress.

-Et du coup, qu’est-ce qui t’a poussé à venir assister à ce cours ? C’est assez rare qu’on ait des étudiants de 1ère année, c’est une bonne initiative que tu as prise, c’est très important de participer à des séminaires facultatifs, on sous-estime beaucoup ça au début, on préfère faire le strict minimum.

J’en profite pour jeter un regard complice à Megan, une étudiante de Master 1 à qui j’avais donné des cours lorsque j’étais doctorant et qu’elle était en première année. Elle avait mis plusieurs années à vraiment s’y mettre. Avant ça elle se contentait du strict minimum, qui s’est vite révélé insuffisant pour ses projets, et j’étais content d’apprendre qu’elle s’était enfin mise sérieusement au travail.
Clarisse se mit à expliquer les raisons de sa présence ici. C’était assez original, je ne m’attendais pas à ce que quelqu’un invoque des raisons personnelles, puisque ce séminaire était principalement orienté vers des questions liées à la recherche, mais c’était une intention adorable. Puisqu’elle avait l’air d’avoir un peu honte de ses raisons, je décidai de la rassurer.

-Un Goupix d’Alola ? C’est un pokémon encore très rare par ici, la région vient à peine de s’ouvrir aux autres. Tu pourras nous le faire rencontrer tout à l’heure si tu le souhaites ! En tout cas, ce séminaire traite moins de conseils aux dresseurs qu’à des questions liées au monde de la recherche, mais tu pourras certainement transposer les problématiques traitées au dressage et à la vie de tous les jours. N’hésite pas à poser des questions ou intervenir à ce sujet si tu trouves que le lien peut être fait.

Après la réponse de Clarisse, j’invitai les personnes suivantes à se présenter sur le même modèle. Parmi eux, il y avait principalement des étudiants, puisqu’ils étaient la cible prioritaire de ce séminaire. Je reconnus aussi deux enseignant-chercheurs, et j’avais cru comprendre que quelques doctorants étaient présents dans la salle en entendant des discussions. Leur présence était une bonne chose car je n’aurais pas à animer tout le séminaire seul, ce qui aurait été assez fatiguant. J’étais agréablement surpris puisque je ne m’attendais qu’à voire quelques étudiants.

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Lun 14 Aoû - 14:05
Monsieur Fushigi fait des efforts manifestes pour la rassurer. D’un côté Clarisse a un peu honte qu’il l’ait directement perçue comme une petite chose fragile, mais d’un autre côté cela l’apaise effectivement qu’il se montre si gentil et patient. Il lui explique que lui aussi n’avait aucune idée de ce qu’il voulait faire quand il a commencé ses études et qu’au final il est parti sur complètement autre chose. Cette expérience réveille un petit espoir en elle ; est-ce qu’elle aussi va finir par trouver ce qu’elle veut vraiment faire de sa vie ? Quitte à ce que cela n’ait rien à voir avec le corps médical auquel tiennent ses parents ? … Elle les décevrait. A la limite sa mère elle s’en fiche, mais décevoir son père la remplit d’horreur. Tant qu’elle n’est pas sûre d’elle, il lui parait impossible de faire quoi que ce soit qu’il pourrait désapprouver.
Il lui redonne un petit peu confiance en elle en lui disant qu’elle a raison de venir à des séminaires même si elle n’est qu’en première année. Bon, cela la met aussi mal à l’aise parce que ce n’est pas vraiment avec des intentions professionnelles qu’elle est venue, mais au moins ne lui envoie-t-il pas à la figure qu’elle n’a rien à faire là avec son niveau. Quand elle finit d’exposer les raisons de sa venue (avec cette impression persistante qu’elle doit avoir l’air stupide pour tous ces regards intellectuels), Monsieur Fushigi rebondit d’abord sur Leia.

« Je viens d’Alola en fait, je viens seulement d’arriver à Volucité… Et oui, j’ai sa pokéball avec moi, je pourrai vous la montrer si vous voulez. » confirme-t-elle en grattant aussi doucement que possible sa plaque d’eczéma. Cela ne la dérange pas de présenter Leia à la classe, au moins les regards seront-ils tournés vers la renarde plutôt que vers elle… à condition que cette dernière ne fasse pas de bêtises, ce qui arrive malheureusement plutôt régulièrement en ce moment.

Le professeur lui confirme ce qu’elle craignait, à savoir que le cours ne répondra pas tout à fait à ses questions et qu’il a une portée plus théorique que concrète, mais elle acquiesce sans rechigner. Elle s’en doutait après tout, elle n’avait pas vraiment dans l’idée de repartir avec un guide clé en main pour élever Leia. Quelques grandes idées directrices tout au plus, et un sentiment de solitude un peu moins grand, c’est tout ce qu’elle demande.
C’est avec soulagement que la jeune fille laisse la parole au jeune homme assis à côté d’elle. Maintenant que le moment est passé elle respire un peu mieux et parvient à se détendre suffisamment pour écouter ce que les autres ont à dire.

« Moi je m’appelle Gaëtan, j’ai 24 ans et je suis en quatrième année de médecine pokémon. J’ai l’intention de devenir chirurgien pokémon en centre pokémon, spécialisé dans les cas d’urgence. Je suis venu assister à ce cours car la question de l’éthique dans notre relation aux pokémons me parait urgente aujourd’hui. J’ai vu des pokémons blessés particulièrement gravement à la suite de combats et ça me fait dire que quelque chose ne va foncièrement pas avec le concept de dressage. Je suis content que ce soit le premier thème que nous allons aborder, du coup. »

Clarisse le regarde, fascinée. C’est fou comme le sang-froid qui perce dans sa voix est en décalage total avec la colère qui brûle dans ses yeux. Il a dû voir des choses horribles pour avoir ce regard, se dit-elle. Sûrement est-il bien plus vindicatif qu’il ne le laisse paraître, ce qui présage sûrement de positions tranchées lors des débats à venir. Par chance Clarisse tendrait à être plutôt de son avis, elle préfère ne pas être en opposition avec lui.
Le tour de table continue, ponctué par les commentaires de Monsieur Fushigi. Clarisse s’étonne d’être la seule première année du lot et se sent un peu intimidée devant tous ces étudiants, voire carrément d’autres enseignants, bien plus âgés qu’elle. Cela rendra sûrement le cours intéressant à suivre, mais son avis sera plus que jamais insignifiant.
Le tour de table se termine enfin sur une jeune femme assise en face d’elle.

« Je m’appelle Kristina, j’ai 22 ans. Je suis étudiante en biologie pokémon, je souhaiterais être professeur et avoir comme vous mon propre pokédex. Vu mon plan de carrière le sujet m’intéresse forcément, notamment parce qu’il me faudra conduire des expériences sur pokémons par la suite… »

Elle s’interrompt là. Contrairement au dénommé Gaëtan, elle ne semble pas particulièrement tourmentée à l’idée d’être immorale avec les pokémons mais juste curieuse de savoir ce que Monsieur Fushigi a à dire. Cela promet des échanges assez riches.

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Scientifique Unys

C-GEAR
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Ven 25 Aoû - 2:19
La jeune étudiante de première année expliqua qu'elle venait d'Alola. Elle était certainement timide de base, mais si son déménagement était récent, cela n'avait pas dû aider. Il y a certainement un temps d'adaptation. De toutes les régions, Unys est probablement celle qui a le mode de vie le plus éloigné de celui d'Alola, surtout à Volucité, où tout va mille à l'heure. Enfin, cela dit, je ne sais pas grand chose d'Alola sinon des clichés et quelques informations un peu bateau que l'on nous a ressassées lors de l'entrée de l'île dans l'Union. Cela explique en tout cas qu'elle soit en possession d'un pokémon de cette espèce. Par ailleurs, même si j'ai tout fait pour la détendre, il est évident qu'elle est toujours particulièrement stressée. Tant pis, ce n'est pas toujours simple, les choses iront peut-être mieux à mesure que la séance avancera. Je ne souhaite pas l'embarrasser, aussi je n'insiste pas à ce sujet et je donne la parole à la personne suivante.

Le jeune homme assis à côté de Clarisse est bien plus sûr de lui. Très déterminé, aussi, très engagé en fait. Gaëtan, donc. En 4ème année de médecine. C'est là que les choses sérieuses commencent un peu, si je me souviens bien. Il semble remonté contre le concept des combats de pokémons. Bien évidemment, pratiquant moi-même les combats pokémon, je me retrouve rapidement en dissonance cognitive, et j'écoute à peine la suite de son discours, déjà en train de réfléchir à comment me justifier face à lui. Cependant, je m'en rends compte assez vite et je me reprends. Ayant conscience de ce phénomène, je cherche souvent à passer outre, dans la mesure du possible. Il reste toutefois quelque chose qui m'inquiète un peu à son sujet. Un préjugé, certes, mais pas sans fondement. Il n'est pas rare que les jeunes étudiants engagés aient tout le mal du monde à respecter les modalités d'un débat constructif. C'est compréhensible, et je ne suis pas du genre à faire croire qu'il faut aborder de tels sujets sans passion, mais il n'en demeure pas moins que ces personnes débordent souvent et que je ne suis pas certain d'être capable de gérer ça. Nous verrons bien, cela dit.

-C'est intéressant. En effet, ce sujet sera abordé sur le format d'une petite présentation du lien entre recherche et combats pokémon, avec quelques échanges à la fin. Le sujet n'est pas directement celui des combats pokémon, mais on pourra toujours déborder un peu, j'imagine, en essayant quand même de rester proche du terme.


J'appuie mon sourire afin d'être le plus chaleureux et accueillant possible. J'ai bien peur que le débat ne dévie, mais si c'est le cas, tant pis. Je n'ai pas non plus d'obligation particulière. Ce serait juste un peu frustrant. Il s'agirait plutôt de parler de comment les chercheurs peuvent utiliser les combats pokémon dans la recherche, et dans quelle mesure cela est critiquable. Un discours tout droit sorti des flyers de la team Plasma serait un peu hors de propos. Mais bon, si ça se trouve, tout se passera bien.

La troisième présente, une certaine Kristina, est elle aussi probablement en 4ème année, comme Gaëtan, si elle a tout fait d'affilée du moins, compte tenu de son âge. Elle est encore jeune et ne semble pas particulièrement au fait de ces questions, et j'y vois donc l'occasion, si possible, d'initier une prise de conscience chez elle avant qu'elle ne commence la recherche. Il faudra quand même que je fasses attention à ne pas trop avoir l'air de lui donner des ordres sur la manière dont elle devra pratiquer la recherche, sans quoi les choses pourraient prendre une tournure fâcheuse.

-Très bien, j'espère que tu apprécieras d'être venue. La biologie, c'est un beau sujet. Tu as un sujet de prédilection ?
-Je ne suis pas trop certaine pour le moment, on doit encore choisir un directeur de mémoire et un sujet de recherche qui va avec, et j'hésite encore. La génétique m'intéresse pas mal, la biologie moléculaire aussi, je ne sais pas trop.
-D'accord. Autant que possible, choisis un professeur qui a pour réputation d'être présent pour les étudiants dont il dirige les recherches. C'est très important. Pas autant que le sujet, qui doit absolument te motiver, mais presque.

Peut-être qu'on lui a déjà dit, mais je préfère insister. En réalité, si on disait ça à tous les étudiants, certains devraient bien se retrouver avec les professeurs qui se fichent de leurs étudiants ou n'ont simplement pas le temps, mais je ne pouvais pas me résoudre à ne rien dire. Trop de mes camarades de Master ont abandonné à cause d'un directeur aux abonnés absents.

Le tour de table continua. La majorité des étudiants étaient en troisième ou quatrième année. En biologie et médecine pour la plupart, puisqu'il s'agit des filières où les étudiants seront le plus susceptibles de travailler avec des pokémons. On a quand même un étudiant en géologie, qui veut travailler spécifiquement sur les liens entre minéraux et pokémons roches, et deux en chimie. Tous les doctorants sont biologistes, sauf un, qui travaille sur une thèse sur les ondes Psy et a principalement été attiré ici par mon nom, qu'il connait. Enfin, les deux enseignants sont eux aussi biologistes, l'un d'eux travaillant avec moi sur un projet à grande échelle sur les Ramoloss.

-Très bien, on a pris un peu plus de temps que prévu à se présenter, ce n'est pas grave, mais du coup, je vais embrayer sur la petite présentation, on pourra discuter ensuite.


Ma présentation dura dix minute. Je présentai les manières dont les combats de pokémons étaient utilisés dans la recherche : combats organisés pour des expériences, analyse de vidéos de combats, analyse de combats en temps réel, les différents outils de mesure qui peuvent être employés, avec un retour rapide sur quelques grandes avancées qui ont découlé de ces méthodes. Beaucoup de ces avancées étaient principalement appliquées au combat, mais pas seulement. D'autres ont permis des découvertes purement fondamentales, ou appliquées à d'autres domaines.
Je revins ensuite sur les dérives des méthodes de combats expérimentaux, les limites de ces combats et de ceux qui sont simplement analysés, des biais que tout cela peut induire.

-Au delà des limites scientifiques de ces méthodes, vous n'êtes pas sans savoir qu'elles présentent des limites d'ordre éthiques, d'ordre morales. Dans quel mesure peut-on utiliser les combats de pokémons dans le domaine de la recherche ? Doit-on interdire totalement les combats expérimentaux, ou simplement les réguler comme c'est le cas aujourd'hui ? Les plus radicaux pourront aussi se demander si, même en simple spectateurs et non instigateurs, les chercheurs ne sont pas aussi un peu complices de ce qui peut arriver dans le combat. Ces questions sont moins évidentes qu'il n'y paraît, puisqu'il s'agit de comparer les progrès scientifiques et technologiques qui découlent de ces recherches avec l'impact que cela peut avoir sur les sujets de ces expériences. Voilà. La parole est à qui veut la prendre.

Plusieurs personnes dans la salle semblent hésiter. Une voix se lève alors pour la première intervention. Espérons qu'elle soit constructive.

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Sam 23 Sep - 19:03
Le tour de table terminé, Monsieur Fushigi se lance dans le premier thème de la matinée : combat pokémon et recherche scientifique. Il commence d’abord par présenter les différentes manières utilisées par les chercheurs pour exploiter scientifiquement les combats pokémon et Clarisse écoute avec attention. Elle est légèrement choquée par la perspective que l’on puisse sciemment organiser des combats pour des études. Certes les pokémons sont souvent très volontaires pour aider leur compagnon humain et si les scientifiques sont aussi des dresseurs ils ne doivent pas les forcer à s’exécuter, mais n’est-ce pas abuser de leur affection quelque part ? Elle suppose que s’il ne s’agit que de déterminer la hauteur de saut maximale pouvant être atteinte par un spoink ou la vitesse de pointe d’un galopa, tout va bien. Mais qu’en est-il lorsqu’il s’agit par exemple de tester la toxicité des poudres secrétées par les pokémons plantes ? Ou bien l’effet de la paralysie sur l’organisme ? Les cobayes ne sont-ils pas en situation de souffrance, qu’ils ne supporteraient que pour faire plaisir à leur dresseur ? Elle ne voudrait pas trop s’avancer car peut-être existe-t-il des limites auto fixées par la communauté scientifique mais… Elle n’y croit pas vraiment. D’ailleurs, Monsieur Fushigi semble aller dans ce sens :

« Au-delà des limites scientifiques de ces méthodes, vous n'êtes pas sans savoir qu'elles présentent des limites d'ordre éthiques, d'ordre morales. Dans quelle mesure peut-on utiliser les combats de pokémons dans le domaine de la recherche ? Doit-on interdire totalement les combats expérimentaux, ou simplement les réguler comme c'est le cas aujourd'hui ? » Ah, ils sont donc régulés. Ce doit être pour éviter la souffrance pokémon, justement. « Les plus radicaux pourront aussi se demander si, même en simple spectateurs et non instigateurs, les chercheurs ne sont pas aussi un peu complices de ce qui peut arriver dans le combat. » Elle sent Gaëtan se tendre à côté d’elle et croit, du coin de l’œil, le voir acquiescer. Clarisse n’a pas vraiment d’opinion claire à ce sujet pour l’instant, elle réfléchit. « Ces questions sont moins évidentes qu'il n'y paraît, puisqu'il s'agit de comparer les progrès scientifiques et technologiques qui découlent de ces recherches avec l'impact que cela peut avoir sur les sujets de ces expériences. Voilà. La parole est à qui veut la prendre. »

Il y a un moment de flottement. Comme d’habitude personne n’ose vraiment s’exprimer en public et Clarisse n’est pas en reste. Elle est en train de peser le pour et le contre dans sa tête : elle comprend bien que les avancées scientifiques sont importantes pour notre compréhension des pokémons et que, à terme, ces données pourront être utilisées pour leur bien, mais une partie d’elle reste réticente à la souffrance potentiellement nécessaire pour arriver à cette compréhension. En vaut-elle la peine ?
Finalement, c’est Gaëtan qui prend la parole le premier.

« Ce que j’ai du mal à comprendre en fait, c’est pourquoi on utilise le combat pokémon pour la recherche. C’est vrai, ça ne nous viendrait pas à l’idée de mettre deux hommes dans une arène pour tester leur endurance ou leur résistance aux coups ! On trouverait ça totalement scandaleux, mais on l’accepte parfaitement pour les pokémons. Comme si ce n’était pas grave que, eux, ils puissent être blessés. »

Clarisse le regarde avec de grands yeux. Ça y est, il n’arrive désormais plus à cacher son aversion pour cette pratique et la colère se ressent dans sa voix. Clarisse n’en est pas encore là mais elle comprend très bien son argument : c’est vrai que si on faisait la même chose avec des humains ça choquerait beaucoup plus. Mais en même temps, il y a peut-être une raison à cela ?

« Euh… » bredouille-t-elle, et aussitôt les regards se tournent vers elle. Elle sent un pic de stress monter dans sa poitrine et l’envie désespérée de rétropédaler. Mais pourquoi a-t-il fallu qu’elle se manifeste? Bon, maintenant qu’elle a commencé, elle aurait l’air encore plus stupide si elle se taisait. « Je suis d’accord avec Gaëtan, mais je voudrais juste dire que, euh… Humains et pokémons ne sont pas tout à fait comparables. Ça choquerait de voir des humains se battre parce qu’on ne le fait plus, alors que les pokémons se battent constamment dans la nature et que c’est inscrit dans leur comportement naturel. Je pense que se battre ne les dérange pas plus que quand nous on fait de la boxe… Mais après évidemment, je trouve aussi qu’il ne faudrait pas qu’ils aillent jusqu’à se blesser. Voilà. »

Elle sent le regard brûlant de l’étudiant chirurgien sur elle et cela la met extrêmement mal à l’aise. Elle préfère donc tourner son regard vers Monsieur Fushigi, cherchant son approbation à tout prix. Ce qu’elle dit n’est pas complètement stupide, n’est-ce pas ?

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Scientifique Unys

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Mar 10 Oct - 0:33
Comme je m'y attendais, mon invitation à prendre la parole fut suivie en premier lieu d'une hésitation de la part des étudiants. Je décidai quand même de laisser le temps à quelqu'un de prendre la parole. C'était un espace d'échange, pas une tribune pour ma personne. C'est finalement Gaëtan qui pris la parole. Le jeune homme était plein de convictions, radicales, et semblait prêt à les défendre sans aucune retenue. C'était quelque chose d'admirable, mais qui ne plairait surement pas à tout le monde. Je n'avais jamais été comme lui. Lors de mes études, j'étais assez dépolitisé, ce n'est qu'une fois en poste que ma prise de conscience a eu lieu. J'admire son engagement. Seulement, il n'hésite pas à avoir recours à des analogies qui d'une part ne me semblent pas tout à fait pertinence, et d'autre part ne sera certainement pas bien reçue par tout le monde. Pour ma part, je suis plutôt d'accord avec les idéaux qu'il défend, mais ce n'est pas le cas de tout le monde ici présent, et des arguments aussi rentre dedans risquent plutôt de les braquer qu'autre chose.

-Sans vouloir être dans le déni, les pratiques à ce sujet ont quand même évolué. En règle générale, aujourd'hui, on fait les mesures au cours de combats qui ont lieu, ce n'est pas le scientifique qui force les pokémons à se battre. Les rares combats expérimentaux menés en laboratoire sont très encadrés, et il existe des équivalents sur les humains.

Pendant que je réponds à Gaëtan, qui n'a pas l'air tellement satisfait par ma réponse, je remarque que la jeune Clarisse semble chercher à s'exprimer. Je me coupe donc pour lui donner la parole. Sachant qu'elle est apparemment très timide, c'est une bonne chose qu'elle souhaite prendre la parole. Je lui fais donc signe de nous dire ce qu'elle pense. Elle soulève un questionnement très intéressant. Certes, je ne suis pas tout à fait d'accord avec elle, et le visage de Gaëtan se crispe pendant qu'elle s'exprime, mais elle a le mérite de mettre le doigt sur un point important.

-Mais c'est n'importe quoi, ça, c'est juste des clichés ! C'est pas parce qu'il leur arrive de se battre entre eux dans la nature qu'on doit les forcer à se battre entre eux ! Quand ils se battent, c'est pas forcément parce que ça les amuse, c'est plutôt parce que ce sont des être territoriaux ! Faut pas répéter ce qu'on entend à la TV je sais pas !

Bien que je comprennes parfaitement qu'il pusse s'emporter étant donné qu'il s'agissait d'un sujet qui lui tenait particulièrement à coeur, je ne pouvais pas laisser les choses dégénérer de la sorte. Que le débat soit passionné, c'était tout à fait normal, mais le mépris n'était vraiment pas une attitude propice au débat, bien au contraire.

-Je veux bien qu'on soit passionné, mais il va falloir descendre d'un ton. Le mépris n'a pas sa place ici. D'autant que Clarisse a fait une remarque tout à fait censée. Certes, de nombreux pokémons se battent non par plaisir mais par nécessité, mais il a été mis en avant que les pokémons de nombreuses espèces développent eux aussi une culture, et que certains individus développent un goût pour le combat, notamment dans l'optique de se surpasser, même chez les pokémons sauvages. Par contre, Clarisse, tu apprendras normalement pendant tes études qu'il vaut mieux éviter d'essentialiser aussi grossièrement les comportements des êtres. Il y a une différence entre un combat de boxe, qui relève du sport voire du jeu, et un combat de rue, par exemple. Le cadre est important. L'idée de décision, aussi.

Gaëtan ne semblait pas avoir très bien pris ma remarque et je l'avais entendu marmonner une protestation, mais j'avais décidé de l'ignorer. C'était à Clarisse de voir si elle souhaitait des excuses ou non, je n'étais pas non plus dans une cour de récréation, je voulais juste que les choses se déroulent correctement. Après quelques prises de positions de différentes personnes présentes, c'est Kristina qui prend la parole.

-Moi, je comprends qu'on trouve ça pas cool de faire des expériences sur les pokémons et tout ça, mais quand on voit les défis scientifiques, notamment dans le domaine de la médecine, auxquels on fat face, il faut quand même se rendre à l'évidence, c'est ça ou on continuera d'avoir des millions de morts à cause de la pollution, à cause de maladies neurodégénératives, ce genre de choses. A un moment donné, il faut avoir le sens des priorités.

Cette opinion, je crois que j'ai pu l'avoir à un moment donné dans ma vie. Et je pense que c'est une opinion plutôt répandue, peut-être même majoritaire. Mais aujourd'hui, c'est une opinion qui me pose problème. Cette hiérarchisation est problématique dans la mesure où elle est quand même arbitraire, et que les conditions dans lesquelles certaines expériences sont menées sont quand même franchement dérangeantes, surtout quand on parle de pokémons elevés spécifiquement dans le but d'être des cobayes. J'observe Gaëtan du coin de l’œil, craignant le pire.




Merci à Jill Calahan pour la bannière du pokédex !
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Jeu 23 Nov - 10:33
Ce n’est pas Monsieur Fushigi qui réagit en premier à son intervention. Comme elle le craignait, c’est le garçon à côté d’elle qui s’emporte soudain :

« Mais c'est n'importe quoi, ça, c'est juste des clichés ! » Timidement, parce qu’elle se dit que c’est plus poli même quand on se fait incendier, Clarisse tourne la tête pour regarder Gaëtan. Il a l’œil tellement accusateur qu’elle se ratatine un peu sur sa chaise. « C'est pas parce qu'il leur arrive de se battre entre eux dans la nature qu'on doit les forcer à se battre entre eux ! Quand ils se battent, c'est pas forcément parce que ça les amuse, c'est plutôt parce que ce sont des être territoriaux ! Faut pas répéter ce qu'on entend à la TV je sais pas ! »

Elle se sent affreusement mal, à tel point qu’elle pourrait presque se mettre à pleurer. Pourquoi a-t-il fallu qu’elle parle ? Elle ne le fait jamais d’habitude, alors pourquoi s’est-elle opposée à un jeune homme qui visiblement n’est pas très ouvert au débat ? Elle baisse un peu la tête, les lèvres tremblantes. Elle ne trouve rien à répondre. Ou plutôt, elle n’ose pas. Il vient clairement de la traiter d’idiote, elle n’a pas envie de lui donner matière à recommencer.

« Je veux bien qu'on soit passionné, mais il va falloir descendre d'un ton. »

C’est Monsieur Fushigi qui vient, calmement, de prendre la parole. Malgré son embarras Clarisse lui est reconnaissante de dire tout haut que Gaëtan a été incorrect avec elle, c’est donc qu’elle n’est pas juste une petite chose sensible. Elle relève la tête et la tourne vers l’enseignant, cherchant son soutien.

« Le mépris n'a pas sa place ici. D'autant que Clarisse a fait une remarque tout à fait censée. »

Ah vraiment ? Elle n’en était pas sûre elle-même, après tout elle n’est pas du tout une spécialiste des pokémons. Certes son père en a un et on en voit partout, mais à titre personnel cela fait trop peu de temps qu’elle s’y intéresse. Elle est donc plutôt contente d’avoir pu émettre un avis pas complètement à côté de la plaque.

« Certes, de nombreux pokémons se battent non par plaisir mais par nécessité, mais il a été mis en avant que les pokémons de nombreuses espèces développent eux aussi une culture, et que certains individus développent un goût pour le combat, notamment dans l'optique de se surpasser, même chez les pokémons sauvages. »

Ah oui, elle s’en souvient. Il lui semble que les nidokings font ça, par exemple. Et d’autres espèces comme les ossatueurs, les tauros… et la plupart des pokémons de type combat.

« Par contre, Clarisse, tu apprendras normalement pendant tes études qu'il vaut mieux éviter d'essentialiser aussi grossièrement les comportements des êtres. Il y a une différence entre un combat de boxe, qui relève du sport voire du jeu, et un combat de rue, par exemple. Le cadre est important. L'idée de décision, aussi.

- Oui, d’accord.
» bredouille-t-elle. C’est vrai que son argument manquait un peu de nuance, mais en même temps ça lui est venu comme ça, à l’oral et à l’improviste… On ne peut pas lui reprocher de ne pas avoir une pensée structurée et subtile comme après une longue réflexion non ?

Elle entend Gaëtan qui rumine. Il a beau avoir été désagréable avec elle, Clarisse ne peut pas s’empêcher d’admirer un peu sa prise de position tranchée. Est-ce qu’il intervient dans des associations ou des mouvements de libération des pokémons ? Peut-être qu’il fait partie de ce mouvement politique un peu en marge, comment il s’appelle déjà… ah oui, la team plasma. Beaucoup de gens raillent leurs discours extrêmes d’abandon total du dressage, mais Clarisse les trouve fascinants. Elle ne partage pas toutes leurs idées et encore moins leurs méthodes parfois musclées, mais elle admire leur lutte. Le mouvement a ses racines à Unys donc ce ne serait pas étonnant que pas mal d’unysiens y adhèrent, pourquoi pas Gaëtan ?

D’autres personnes interviennent sur le sujet, empêchant le jeune homme de contre-attaquer. Clarisse se laisse posément porter par le débat, trouvant plus rassurant cette posture d’auditrice que de participante – d’autant que plusieurs personnes ici sont intéressantes et s’expriment d’une telle façon qu’il est difficile de ne pas être d’accord avec elles. La fille qui est assis en face d’elle, Kristina il lui semble, semble vouloir prendre la parole. Clarisse se souvient qu’en début de séance elle a avoué ne pas être trop embêtée par la perspective de faire des expériences sur pokémons, il y a donc fort à parier que sur ce sujet elle soit plutôt en désaccord avec son voisin de table... A voir si elle va être assez soft pour ne pas faire exploser Gaëtan, qui semble se retenir depuis tout à l’heure.

« Moi, je comprends qu'on trouve ça pas cool de faire des expériences sur les pokémons et tout ça, mais quand on voit les défis scientifiques, notamment dans le domaine de la médecine, auxquels on fait face, il faut quand même se rendre à l'évidence, c'est ça ou on continuera d'avoir des millions de morts à cause de la pollution, à cause de maladies neurodégénératives, ce genre de choses. A un moment donné, il faut avoir le sens des priorités. »

Elle le sent au cours de la prise de parole, Gaëtan monte en pression. Et comme elle le craint, à peine la jeune femme s’est-elle tue qu’il réplique :

« J’espère que je t’ai mal compris, t’es en train de dire que c’est bon, on peut faire des expériences sur les pokémons parce que la fin justifie les moyens ?

- Oui, voilà. Comme j’ai dit, même si c’est pas très correct en soi, c’est nécessaire pour que la science avance et c’est le plus important. Tout ce qu’on a découvert et qui nous sauve la vie aujourd’hui, ça s’est pas fait comme ça : il a fallu faire ce genre de sacrifices aussi, et dans des conditions bien moins bonnes qu’aujourd’hui. Tant qu’on a pas d’autres alternatives pour tester des hypothèses dans des conditions fiables, il faudra faire comme ça.

- Ah, donc nos ancêtres ont fait ça par le passé donc c’est bon, on peut continuer de le faire dans le présent ? Avec une pensée aussi rétrograde vous n’auriez jamais eu le droit de vote mesdames, heureusement qu’un jour on a décidé d’arrêter de vous considérer comme des êtres inférieurs. Il serait peut-être temps qu’on commence à faire la même chose pour les pokémons.
»

Clarisse jette un regard suppliant vers Monsieur Fushigi. Le débat ne peut que s’envenimer vu l’état de nerfs de Gaëtan et ça la met mal à l’aise – d’autant que les idées qu’il assène commencent à avoir des accents de vérité qui la rendent honteuse. N’est-il pas possible de recadrer la chose, voire d’enchainer sur la suite du cours ? Non ?

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