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» Chronique du passé : Perdre sa famille


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Modo CDT & Ranger

C-GEAR
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Région : Kanto | Hoenn
Mer 10 Mai - 19:02
Azamir/Raven, presque 26 ans

Je reviens d’une mission particulièrement éprouvante à tous les niveaux. C’est la première fois que je dois déployer autant d’efforts pour coincer ma cible. Elle se savait traquée, alors ça n’aidait pas, mais j’ai tout de même réussi après quatre jours de surveillance. L’homme a pu se défendre, il a souffert avant de s’éteindre... Je déteste lorsque cela survient. Ça n’est pas ce que je veux, sauf que je n’avais aucun autre choix à ce moment. Je n’y songe pas plus longuement, étant de retour au quartier général, mon rapport est aussi rendu. Isiel m’a proposé un massage pour me détendre et je n’ai pas dit non. Après une bonne douche, je me suis couché à plat ventre sur le lit et elle s’occupe de mon dos. Ça fait du bien, elle a un certain talent en la matière. J’en viens à fermer les yeux, ressentant juste ses doigts qui travaillent ma peau et les muscles. T’es tellement tendu... Ça va te faite du bien! J’apprécie aussi que ma copine ne cherche pas avoir plus. J’ai douté de sa bonne volonté au début, mais elle se contente vraiment de me masser. Hn, ça fait déjà du bien. Je lui réponds d’une voix que je trouve endormie. Il est vrai que je suis en train de somnoler. Je pense m’endormir bientôt et j’aurai sûrement une longue nuit. Soit elle sera gâchée par des cauchemars, soit j’obtiendrai un sommeil réparateur et long grâce à ce que me fait Isiel en ce moment. J’espère que ça sera la seconde option. En tout cas, à la longue, j’ai l’impression de fondre sur le matelas. J’avais beaucoup de nœuds de tension, ça faisait longtemps qu’elle ne m’avait pas détendu de la sorte. Je ne le réalisais pas, ne m’en souciant pas vraiment. J’ai toujours été dur de mon corps et avec ce que me faisait mon père, ça n’est pas de telles tensions qui m’arrêteront... Je suis habitué à bien pire en terme de souffrance, même si celle-là n’est pas agréable non plus. Bref, je m’endors pendant la détente sans trop m’en rendre compte à quel instant. Par contre, je sens une main sur moi, j’entends qu’on me parle... Péniblement, j’ouvre les yeux, tombant sur ma petite amie qui paraît inquiète. Ça fait combien de temps que je dors? De toute évidence pas assez, vu la lenteur de mon esprit de me tirer de cet état. Elle a intérêt à avoir une sacrée bonne raison... Je dormais bien, pour une fois.

Et tu aurais vraiment apprécié que ça continue avant d’apprendre la nouvelle pour laquelle elle t’a réveillé...

Je sais que tu détestes être réveillé... C’est peu dire. Franchement, après la détente qu’elle m’a procurée, c’est mauvais. J’étais bien et je ne le suis plus à cause d’elle. J’ai envie de me tourner et d’essayer de me rendormir pendant que je ressens encore la fatigue. Sinon, ça risque d’être difficile et j’aurai eu une nuit écourtée. Au moins, je sais être en congé pour aujourd’hui à cause la difficulté de ma précédente mission. Je pourrai me reposer. J’allais le faire, mais Isiel me montre son portable. Je regardais les actualités et j’ai vu un article sur un accident grave de voiture... Je... Elle est hésitante, m’apportant plus de contrariété encore. Je ne me doutais pas du tout de la suite. Je ne l’ai pas vu venir et elle a été un violent choc. Ce sont les parents de Ferir. Je reste un instant inédit, ne le croyant pas. J’ai sans doute mal entendu. T’es sûre? C’est la seule chose qui parvient à sortir de ma bouche. Je réalise que je me suis redressé dans le lit à l’entente de la nouvelle. Ça ne peut pas être possible. Il n’y a pas beaucoup de Nyriu et de Lamm, donc... je le suis. Je suis désolée. Comment est-ce que je peux être mis au courant par les actualités au lieu de par mon ami? Ça me laisse croire à une mauvaise blague et j’admets que je la prendrais très mal de sa part. Par contre, Isiel semble si troublée, si affectée que je doute que ça ne soit pas vrai. Elle a certes des talents d’actrice, mais je pense qu’elle me connaît assez pour savoir que je réagirais très mal en cas de mauvaise blague. Je me saisis de son portable, vérifiant le site consulté. C’est effectivement un site de nouvelles sérieux. Alors ils sont vraiment... Je côtoie souvent la mort depuis que je suis membre des Rockets. Je la donne souvent à d’autres personnes, elles qui ont été désignées par mon boss pour que leur vie s’achève. Je n’y réagis jamais, ça ne m’atteint pas. Je n’effectue que mon travail, rien de plus. Par contre, je tiens à essayer de le faire en provoquant le moins de souffrance possible. J’ignore pourquoi, mais j’y tiens. Sauf que c’est foutrement secondaire en ce moment. La mort ne m’a jamais semblé aussi réelle que maintenant, qu’en ce moment. Réelle et difficile à accepter. Ça ne peut pas être vrai.

Dans tous les sens. Tu refuses d’accepter qu’ils soient disparus à jamais, que tu ne les revoies plus, mais tu refuses aussi d’être peiné et de souffrir de cette perte.

Je rends l’ordi portable à Isiel, le regard dans le vide. C’est bien eux, tout correspond. Est-ce que Ferir est au courant ou le découvrira-t-il comme moi sur un site d’actualité? À cette réflexion, je me saisis de mon téléphone qui était sur ma table de chevet. Je l’avais mis en « ne pas déranger » afin de dormir sans interruption et je vois que la lumière clignote. C’est un SMS de la part de mon ami. « Azy, appelle-moi dès que tu pourras s’il te plaît. » Il me l’a envoyé il y a presque cinq heures et il n’a pas insisté. Vu l’heure, je présume qu’il ne le voulait pas, sauf que je me dis qu’il ne doit pas dormir. J’ai peur de sa réaction, qu’il se blesse plus qu’il en a l’habitude... Mais d’un autre côté, je ne parviens pas à l’appelé comme il me l’a demandé. Ça apportera une dimension trop réelle à ce qui se passe, à cette fin qu’ils ont connu. Ces gens-là ne méritaient absolument pas que leur vie se termine de cette façon, alors pourquoi? Certaines personnes prétendent qu’il y a des dieux, qu’il y a quelque chose après la mort. Je ne pense pas. C’est le néant et la fin de tout. Il n’y a personne qui nous régi, sinon, il ne prendrait pas la vie des personnes qui sont bonnes avant celle des personnes qui sont mauvaises... Mon père n’aurait pas pris tant de temps avant de crever. Il le méritait plus qu’eux, plus que n’importe qui. Même au sein de l’organisation, je n’ai jamais rencontré une personne aussi malsaine et aussi mal intentionnée. Il est vrai que je ne connais pas tout le monde ici, mais il y a toute sorte de rumeurs qui circulent. Il avait la plus mauvaise de toutes. Personne n’osait le lui dire de peur de représailles, mais je présume qu’il devait le savoir et il en jouait pour être tranquille. Il y a des membres qui sont mystérieusement disparus, qui n’ont jamais été retrouvés. Il a été soupçonné, mais faute de preuves, ça n’a rien donné. Bref, Isiel me tire de mes pensées en posant sa main sur mon épaule. Ça va? Tu voulais appeler Ferir? Forcément, à me voir figé sur place avec mon portable entre les mains, ça donne bel et bien cette impression. C’était effectivement mon intention, sauf que je ne sais pas. Tu veux que je le fasse pour toi?

Sans savoir pourquoi, cette proposition te déplaît fortement. Ça se voit tout de suite sur ton visage.



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C-GEAR
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Jeu 11 Mai - 19:37
Je pense qu’Isiel se rend compte que ça me dérange, cette proposition. Elle recule d’un pas ou deux, baissant la tête. Je ne veux pas passer par elle, elle n’a rien à y voir. Ferir ne semblait pas l’apprécier, alors je ne tiens pas à ce qu’elle tente de lui remonter le moral... ça ne donnera pas les mêmes résultats que si c’est moi, bien que je n’aie pas la moindre idée de comment m’y prendre. Je me sens... sous le choc. Ce n’est pas grave si tu ne veux pas. Prends ton temps. Elle me sourit doucement, se voulant rassurante. Pourtant, je ne sais pas comment réagir. C’est perturbant. Je ne peux pas croire cette nouvelle, sauf qu’elle est vraie. Sinon, jamais mon ami ne m’aurait écrit aussi tard dans la soirée. Il est seul, à mon contraire... À moins qu’il ait quelqu’un dans sa vie. Ça fait quelque temps que nous ne nous sommes pas parlé. J’ignore si je peux le voir maintenant. J’en ai envie, mais ça m’effraie aussi. Sa détresse m’affectera et je ne le veux pas. Il ne le faut pas. Mon travail ne peut pas être affecté, je ne peux pas demander congé pour ce motif, l’organisation ne connaît pas mon lien avec Ferir et cela doit rester ainsi pour sa propre sécurité. C’est trop à gérer pour le moment. Je ne sais pas le faire. Viens là. Sans me demander mon avis ou s’assurer que j’en ai envie, ma copine s’assoit sur le lit et m’encercle de ses bras, m’offrant un câlin. Sur le coup, je reste immobile, le regard dans le vague. C’est normal que tu sois affecté, tu sais. Ils ont été comme tes parents pendant que tu habitais chez eux. Elle ne m’apprend rien, mais je ne pense pas les mériter, pas avec ce que je fais. Ils ont voulu m’encourager pour que je fasse des études supérieures, ils étaient même prêts à me les payer, mais je ne m’y suis pas intéressé. J’ai préféré saisir l’opportunité d’entrer chez les Rockets, ce que je sais qu’ils auraient désapprouvé. Ils n’auraient pas pu comprendre mon travail. Ils en étaient si loin. Mais je ne comptais pas agir seulement pour leur plaire. Je suis bien ici, je n’ai aucune raison de partir. J’effectue un travail comme les autres, pour lequel je suis payé. Voilà tout.

Mais tu es un des rares qui en fait des cauchemars le soir, qui es hanté dans le cadre de ses fonctions... Comment peux-tu ne pas réaliser que ce n’est pas fait pour toi, que ça ne te correspond pas?

Je vais l’appeler... Comment est-ce que je parviens à dire ces quelques mots sortis de nulle part? Je m’étonne moi-même, mais Isiel me relâche alors. Ok, tu veux que je sorte de la chambre? Une simple question qui m’ébranle plus encore. Pourquoi aurait-elle à le faire? J’ai donné l’impression que je ne voulais plus d’elle autour de moi? C’est vrai qu’avec le manque de réaction, cela est tout à fait possible. Tout ça me trouble beaucoup trop. Il y a trop de questions, trop de sentiments... Pourquoi m’a-t-elle réveillé pour ça? Il n’y a plus moyen que je dorme, maintenant. D’ailleurs, je lui demande de vive voix, la déstabilisant. Je n’ai pas répondu au reste, passant directement à cette interrogation. On dirait qu’elle pense que la réponse est évidente, sauf qu’elle ne l’est pas pour moi. C’est trop tard pour agir, trop tard pour changer quoi que ce soit. Alors j’aurais pu terminer ma nuit sans le savoir. Ça n’aurait pas été grave et j’aurais pu me reposer. Je suis encore fatigué et ça n’aide pas à mon état. Bah je voulais que tu sois informé, c’est tout. Je n’aime pas l’intonation qu’elle prend avec moi. Elle n’a pas à me parler ainsi. Ferir aurait pu me le dire lui-même. Ça aurait été sûrement difficile pour lui, mais je pense que j’aurais préféré, bien que j’ignore aussi comment j’aurais réagi. Sûrement un peu comme en ce moment, à ne pas savoir quoi dire ou quoi faire. Désolée alors. Qu’est-ce que tu veux que je te dise de plus? Elle se fâche et c’est la goutte de trop. Sors. Je ne veux plus la voir. Je n’ai aucune envie de me prendre la tête en ce moment, donc qu’elle parte est le mieux. Je n’accepterai pas un tel comportement envers moi dans ces circonstances. Même dans aucune autre. C’est quelque chose que je ne tolère plus. Excuse-moi... Elle dépose sa main sur ma joue, mais je me détourne aussitôt pour la déloger. C’est trop tard pour les excuses et sa petite voix pleine de regrets. Isiel me connaît et elle a conscience de ça. Au moins, elle n’insiste pas plus longuement et se détourne, sortant de la chambre. Dès qu’elle ferme la porte, je me sens vraiment seul. C’est chiant comme impression, je ne veux pas de ça. Pourquoi a-t-il fallu que tout cela arrive?

Il n’y a pas de raisons. C’est survenu et tu dois apprendre à le gérer de façon saine. Ça n’est pas le chemin que tu sembles emprunter pour l’instant...

Je prends beaucoup de temps à ne rien faire, perdu dans mes pensées tout en ayant mon téléphone entre les mains. C’est tellement injuste qu’un tel accident leur soit arrivé. Ils ne méritaient pas de terminer leur vie de cette façon. Mon ami a perdu toute sa famille maintenant. Il doit vraiment mal le vivre. Je le sais, je le vois déjà se blesser pour se calmer, pour parvenir à gérer ses émotions. C’est moi qui l’ai initié à ce genre de pratique et il a toujours continué. Je n’ai jamais réussi à réparer cette erreur... Puis ça n’est pas maintenant que j’y parviendrai. Après de longues minutes, je me décide d’appuyer sur l’icône du téléphone pour appeler mon ami. Il ne faut qu’une seule sonnerie avant qu’il réponde, décrochant trop vite pour moi. Même pas le temps de regretter ma décision et de raccrocher. Azy. Il semble à la fois soulagé et tellement peiné, ça vient m’ébranler plus encore. Ferir... J’ai du mal à lui parler, comme si ma voix était bloquée. Je n’avais jamais eu ce genre d’effet avant aujourd’hui. Je l’entends sangloter et j’ignore quoi dire. Il n’y a rien à dire pour le consoler. Le temps fera son effet. Je suis désolé. C’est tout ce qui me sort de la bouche. C’est minable, mais je me sens mal, moi aussi. J’aurais dû attendre un peu plus avant d’entrer en contact avec lui. Alors tu sais déjà? Il me demande d’une voix cassée, qu’il contrôle mal. Son souffle retentit fortement dans le haut-parleur de mon portable. Il essaie de se calmer. Par contre, il n’est pas très doué dans ce genre d’exercice. Hn, Isiel m’a réveillé pour me le dire, elle l’a vu sur les actualités. C’était idiot de sa part, mais je passe cette pensée sous silence. Il n’a pas à subir ma contrariété à ce propos. Où es-tu? Je lui demande pour m’assurer qu’il ne pose pas de gestes démesurés. On ne sait jamais avec lui. Je dois savoir. Chez mes parents... M’enfin, chez moi maintenant... Avec sa réponse, j’admets que je ne sais pas si c’est une bonne idée. Leur absence sera encore plus évidente. Tu peux venir? Cette simple question me perturbe beaucoup. Beaucoup trop. Il y a une part de moi qui le veut et l’autre qui le refuse. Je ne sais pas laquelle écouter...

Tu prends peur de tes propres sentiments et de ce qui pourrait remonter en toi si tu vois Ferir cette nuit. Ne refuse surtout pas!



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C-GEAR
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Dim 14 Mai - 23:36
Tu ne sais pas quoi faire, quoi lui répondre. Comme d’habitude, tu cherches à taire tes sentiments, à les refouler comme tu sais si bien le faire. Un jour, tout éclatera. Ça n’est pas sain de tout garder à l’intérieur. Il y a tellement de peines que tu n’as jamais extériorisées, il y a des deuils aussi que tu ne fais pas, que tu ne passes pas à travers. Celui-là s’ajoutera aux autres déjà présents au fond de ton cœur. Aucune larme ne se manifeste dans tes yeux. Stoïque en toute circonstance, tu te refuses ce genre de faiblesse. Ne vois-tu pas qu’il ne s’agit pas de faiblesse? Non, tu as été conditionné en ce sens afin de ne rien ressentir. Ils t’ont transformé en arme parfaite, obéissante, qui ne remet rien en question. Malheureusement, ça n’est pas Isiel qui t’aidera à y voir clair puisqu’elle t’utilise, elle aussi. Non, ta chance se trouve auprès de ton meilleur ami, auprès de Ferir. Va le rejoindre! Vous pourrez vous soutenir un et l’autre, vous pourrez passer à travers cette lourde perte ensemble. Si tu l’envisages quelques instants, de gros doutes se manifestent en toi, te perturbant encore plus. Après tout, la première fois que vous avez eu une situation similaire, c’est quand Sanea est décédée... Tu as poussé Ferir a l’automutilation et tu as voulu te suicider dans ses bras ensuite... Tu ne sais pas plus comment te comporter à son égard ni même comment te protéger toi-même de ce que tu ressens. Pourtant, tu n’as pas à te protéger de quoi que ce soit. Il te faut passer par les étapes du deuil sinon tu traîneras ça derrière toi durant des années, incapable de passer par-dessus... D’ailleurs, on ne peut pas dire que celui de Sanea soit fait. Tu as tout terré au fond de ton corps pour être fort, pour ne pas céder, par crainte de ce que ton père te ferait s’il le découvre. Azamir, tu t’infliges tellement de mal d’une façon inconsciente... Il faut que cela change, il faut que tu ouvres les yeux sur ta réalité et sur tes émotions. Cesse une bonne fois pour toutes d’être cette machine qui ne te sied pas du tout!

Une machine...? C’est sûrement ce que je suis. C’est ce qu’on attend de moi et c’est ce que je veux.

Azy? Ton ami coupe tes pensées, insistant pour obtenir une réponse à sa précédente question. Il est temps que tu te décides. Je ne peux pas... Tu lui mens, parce que tu n’as absolument rien de prévu dans l’immédiat. Tu pourrais partir là tout de suite avec une des voitures et ainsi te rendre à Jadielle en peu de temps. Vous avez besoin de vous retrouvez ensemble, vous avez besoin de la présence de l’autre, alors pourquoi prétends-tu le contraire? Tu contribues à vous blesser tous les deux en refusant pour aucune raison valable. C’est pitoyable de ta part. Je comprends... Désolé de te déranger. Sa voix est cassée, il pense vraiment avoir fait quelque chose de mal alors que ce n’est pas le cas. C’est désormais à toi d’arranger ça, mais il ne faut pas trop compter là-dessus. Les relations sociales et toi, vous faites deux. En fait, c’est surtout que tu es effrayé de ce qui pourrait sortir d’une rencontre avec ton ami là tout de suite. Tu as été conditionné pour tout refouler, pour ne jamais laisser paraître tes émotions. Même à ton arrivée ici, c’est l’entraînement que tu as subi pour au final, être en mesure de même tuer des enfants si cela est nécessaire. Tu ne sourcilles pas quand tu voles une vie. C’est ton travail, voilà tout. Mais pour y parvenir, pour mettre à profit ce talent maudit que tu as, ces gens malveillants t’ont poussé dans les ténèbres, ils te poussent dans la solitude. S’ils savaient que tu as des amis à l’extérieur de l’organisation... Tu sais ce qui arriverait. Ferir serait en grand danger par ta faute, même si à ce moment, tu n’avais pas la moindre intention de déserter les Rockets. En avoir conscience te pousse à espacer de plus en plus vos retrouvailles. Tu le vois de moins en moins souvent, bien que vous vous parlez un peu plus au téléphone ou par SMS, quand tu n’oublies pas de lui répondre. Bref, tu regrettes déjà ta réponse, sauf que tu estimes ne pas pouvoir faire marche arrière. C’est trop tard pour ça. Oui, tu te convaincs que c’est pour le mieux pour vous deux. Quel argument de merde!

Je ne dois pas y aller maintenant... Il n’y a rien que je puisse y faire de toute façon.

Tu ne me déranges pas, parviens-tu à articuler doucement, d’une voix basse. Tu es pris entre deux feux, à ne pas savoir quoi dire, à ne pas savoir ce qui est le mieux, vraiment. Tu agis comme un idiot au lieu de réfléchir deux secondes. Tu peux rompre tous ces enseignements qui t’ont été inculqués de force! Tu peux devenir celui que tu désires être au fond. Pourquoi ne vois-tu pas que cet univers ne te correspond pas et que ta place est aux côtés de ton ami? Pourquoi dois-tu attendre des années avant de le réaliser? C’est à ta portée, là, tout de suite! Ok... Tu pourras venir bientôt? Il a tant besoin de toi et l’inverse est aussi vrai. Tu aimerais tant lui dire que oui, le rassurer et ainsi te rassurer toi-même, mais tu te refuses tellement ce genre de chose que ça ne t’effleure pas l’esprit. C’est ancré en toi et ça n’est pas si simple à contourner ou à changer. Je l’ignore. Mais tiens-moi au courant pour les prochains jours. Il y a une forte culpabilité qui tente de monter en toi, mais ça aussi, tu t’efforces de la refréner, de la taire et de l’étouffer au plus profond de ton cœur. Désireux de ne rien laisser filer, de rester impassible, tu fournis tous les efforts en ce sens. Bien sûr, Azy, je te dirai. C’est évident qu’il est à deux doigts d’éclater en sanglots, qu’il se retient parce que tu sembles insensible. Il ne comprend pas comment tu peux rester si calme après avoir appris une aussi terrible nouvelle. Quelque part, il envie cette capacité que tu as alors qu’il ne devrait pas. Certes, il faudrait qu’il prenne un peu de toi et toi de lui quant à la sensibilité. Vous êtes deux opposés, comme à bien des niveaux. Tu peux m’envoyer des SMS s’il y a quoi que ce soit. Tu tiens tout de même à lui témoigner un minimum de support, puis t’en as besoin toi aussi. Tu veux surtout t’assurer qu’il ne fasse rien d’inconsidéré... Il se blesse déjà alors franchir un autre cap ne doit pas être si difficile. Réalises-tu qu’il n’a plus que toi et qu’il ne peut même pas compter sur toi en ce moment? C’est extrêmement difficile pour lui. Azamir, tu n’es qu’un égoïste borné qui se ferme les yeux sur beaucoup trop de choses malsaines qui se passent autour. Mais surtout, en ce moment plus que jamais, tu n’es pas heureux.

Je vais bien. De toute façon, il n’y a rien que je puisse faire pour modifier le passé.



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C-GEAR
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Mar 16 Mai - 18:11
Sentant que ton ami devenait de plus en plus émotif, tu as cherché à couper la communication avant qu’il t’affecte trop, avant qu’il ravive cette douleur qui a pris place dans ton cœur à l’annonce de la terrible nouvelle. Tu te dis que tu dois être plus fort que ça, mais c’est faux. À nouveau, tu te blesses, tu te brimes pour des principes qui ne sont pas les tiens. Comment peux-tu te renier à ce point sans même réaliser tout le mal que ça te fait? C’est hallucinant, mais pas dans le bon sens! En ce moment, tu rationalises trop, tu terres tout, tu tâches d’oublier que tu viens de perdre tes parents. Oui, c’est ainsi que tu les considères au fond, et eux te considéraient comme leur fils. En vue des sentiments que leur fille éprouvait pour toi, c’est tout à fait normal. Tu figures même sur leur testament, mais ça, tu ne l’apprendras que dans plusieurs années. Ferir n’aura jamais la chance d’aborder ce sujet avec toi. Les événements vont s’enchaîner pour toi, ça n’ira pas très bien. Tu te trouves dans une spirale infernale qui te tire vers le fond. Quand vas-tu réagir pour t’en sortir? Tu n’es pas d’un naturel passif pourtant. Bouge-toi! Tu peux te reprendre en main. Il ne sera jamais trop tard pour le faire. Malheureusement, ce que tu fais en ce moment sera difficile à rattraper. Tu sais avoir blessé ton ami, ton presque petit frère... Tu te montres bien indigne de lui... Il n’a pas insisté quand il a remarqué que tu tenais à couper la communication. À quoi bon de toute façon? Il te connaît, il sait que tu es borné, mais il aurait aimé que tu te montres peiné, comme tu l’as été lorsque Sanea vous a quitté. Là, il a eu la forte impression que tu t’en fous. C’est faux, tu es chamboulé, mais oui, c’est bel et bien l’impression que tu voulais donner. Surtout ne pas céder, ne pas pleurer, ne pas être triste, ne pas te laisser affecter. Quel assassin se laisse affecter par la mort? C’est ce qui tourne en boucle dans ton esprit... Sors-toi ces pensées de la tête! Elles n’ont rien de sain. Et tu le sais, tu n’es pas un idiot. Sauf que ça aussi, tu t’obstines à ne pas le voir. Tu as déjà été moins borné.

Je ne veux plus souffrir de perte d’êtres chers... Jamais.

Ça n’est pas en refusant de faire ton deuil que tu en souffriras moins, loin de là. Tu parles d’une façon de voir les choses! Tu agis n’importe comment et tu le démontres bien quand tu appuies sur le bouton pour mettre fin à l’appel avec Ferir. Tu l’as entendu pleurer, ça t’a ébranlé et tu te maudis de ne pas être en mesure de l’épauler comme tu le voudrais, comme il le mérite. Il vient de perdre ses parents, il n’a plus que toi comme proche. Ses parents ont certes des frères et des sœurs, mais ils ne sont pas très proches. Tu ne les connais pas, c’est dire... Pareil pour les cousins et cousines de ton ami. Il en a quelques-uns que tu n’as que vus aux funérailles de Sanea. Tu ne t’es pas mêlé à eux, restant aux côtés des Nyriu et de Ferir, t’isolant aussi. Tu avais provoqué une frousse à ton presque petit frère adoptif, qui t’avait cherché. Les souvenirs sont encore bien ancrés dans ta mémoire en dépit de tout ce qui t’est arrivé depuis, en dépit de ta consommation de drogues dures. Parfois, c’est le genre de souvenirs que tu désirerais mettre aux oubliettes. Malheureusement, ça ne fonctionne pas ainsi. Si tu parviens à terrer tes sentiments, les souvenirs c’est un peu plus ardu. Bref, après avoir raccroché, tu lances ton portable sur ton lit, allant ensuite abattre ton poing droit dans le mur avec violence. Sans surprise, il s’enfonce dans le mur, faisant un gros trou dans le plâtre. En plus, cela fait du bruit et tu retiens un juron entre tes dents. On ne peut pas dire que cela ait fait du bien à tes jointures et à ta main. Un excès de colère qui démontre dans quel état émotionnel tu te places en te comportant ainsi. En tout cas, sous l’impact, Isiel entre dans la chambre. Elle devait se trouver de l’autre côté de la porte, à t’écouter. C’est pourtant évident, mais tu n’en viens pas à cette conclusion, trop perturbé par les événements. Ça va? Est-ce que tu t’es fait mal? Elle s’approche doucement, sachant que quand tu es énervé, tu peux avoir des réactions excessives. S’il lui arrive de les chercher, de faire en sorte que tu te montres violent à son égard, elle sait que ce n’est guère le moment, pas après ce que tu viens de vivre. Elle veut t’apaiser et t’apporter son soutien.

Je n’ai pas besoin d’elle! Je vais bien, ça passera.

Tu ne réponds donc pas, le regard rivé vers ta main qui est engourdie. Tu t’es blessé, quelques petites coupures. Rien de très gros ou inquiétant, mais il faut tout de même que tu daignes t’en occuper. Azamir... Isiel tente de démontrer toute sa bonne volonté à ton égard. Par contre, quand tu tournes le regard vers elle, elle recule. C’est la première fois qu’elle a un tel mouvement défensif à ton égard et cela fait en sorte que tu lâches un ricanement mauvais. Tu sombres par toi-même, empêchant ta peine de se manifester. Jamais tes yeux n’ont reflété quelque chose de si... méchant, il n’y a pas d’autres mots. Ta copine ignore comment réagir, comment se comporter. Elle hésite à partir de la pièce, te laissant seul avec tes démons, seul avec cette perte. Elle a peur de toi. Tu as déjà été violent envers elle, tu l’as déjà poussée et frappée à de maintes reprises, toujours parce qu’elle te poussait à bout, elle te poussait à le devenir, ce qui te troublait. Mais pas cette fois. Si elle ne te laisse pas tranquille, ça ne sera pas comme les autres fois. Tu ne veux pas d’elle dans les parages. Et elle le comprend. Sans un regard de plus, en baissant la tête, elle se détourne et ouvre la porte. Tu sens que ta copine aurait voulu t’adresser quelques mots, sauf qu’elle s’abstient. Elle ne le dira pas, mais elle a eu l’impression d’avoir affaire à une autre personne... ou comme si une entité extérieure avait pris le contrôle sur toi. Bref, désormais seul, tu abats à nouveau ton poing dans le mur, provoquant un nouveau trou. Tu dois te défouler, il le faut. Te relevant promptement de ton lit, tu te saisis de ton sabre sur le bureau et tu files. En sortant, tu vois Isiel au bout du couloir, mais tu ne t’arrêtes pas, la regardant à peine. De son côté, elle t’observe, mais se détourne vite, ne comprenant pas ce qui se passe pour que tu changes à ce point. Elle aurait voulu t’aider, sincèrement. Il semblerait que tu souhaites plus que tout te passer d’elle et de sa sympathie. En effet, tu estimes ne pas en avoir besoin. Tu veux être seul, mais tu veux surtout frapper sur quelque chose d’autre qu’un mur. Avoir une décoration constituée de trous n’est pas ce qu’il y a de mieux. Puis, ça ne fait pas du bien à ta main et à ton poignet.

Je m’en fous, il faut que je frappe, que j’évacue cette frustration.



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C-GEAR
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Jeu 18 Mai - 18:10
Une fois parvenu à la salle d’entraînement, tu fermes en verrouillant derrière toi, désireux de ne pas être dérangé et d’être seul. Dans l’état dans lequel tu te trouves, ça vaut mieux que personne ne vienne, pas même Isiel. Tu risquerais de t’en prendre à elle même si tu ne le désires pas. Au fond, tu n’as jamais voulu lui faire de mal. Tout comme tu ne le veux pas envers quiconque. Tu n’es pas une mauvaise personne qui prend plaisir à voir la souffrance chez les autres, pas comme un certain collègue. Ils ont dû briser tes valeurs et ta volonté afin que tu agisses comme l’assassin qu’ils souhaitaient que tu deviennes. Efficace et froid, le moyen de terrer tes sentiments est en te disant qu’il s’agit d’un travail comme d’un autre. Tu évites de penser aux conséquences de tes actes, même si des cauchemars te hantent. Cela en dit long sur tes regrets, ces mêmes regrets que tu terres au fond de ton âme. C’est fou comment le conditionnement peut faire en sorte qu’une personne parvienne à se renier elle-même. Tu as comme été « dressé » en ce sens. Si la comparaison pouvait atteindre ton esprit, peut-être te révolterais-tu. Tu détestes tellement ces monstres, comme tu les appelles, que s’il fallait que l’ont te compare à eux, la réaction serait spontanée. Pour le moment, ça ne te vient pas à l’idée... Et si ça le faisait là tout de suite, nul doute que le carnage serait d’une rare violence. Tu refoules ta peine au point d’en trembler, au point d’en souffrir horriblement. Tu te frustres toi-même au point de presque en perdre le contrôle. Ça t’effraie, la comparaison avec Thorkil se fait présente, quant à elle. Jamais cet homme n’a représenté un modèle à tes yeux et il ne le deviendra jamais non plus. C’est ironique parce que suivre ta voie est extrêmement important. Pourtant, te voici depuis des années dans la même organisation que ton géniteur, avec une foule d’influences qui te poussent à devenir un autre homme que celui que tu aurais pu être, que celui que tu seras dans quelques années. Où est-elle, cette liberté dont tu rêvais tant en étant jeune? Tu l’as oublié, tu vis dans l’illusion d’en profiter enfin. La tête dans le sable, jouant l’autruche, tu bloques ta vision au présent, à ce qu’il y a droit devant toi. En fait, en ce moment, tu ne vois plus grand-chose.

Je devrais me couper de tous mes proches et vivre seul. Ça serait définitivement terminé, la douleur...

Quelle mauvaise idée! Tu ne ferais que chuter davantage dans les ténèbres jusqu’à ce que ton reflet dans le miroir te devienne insupportable. Il vient un stade où nous ne pouvons plus nous renier, où la suite devient trop pour être endurée. Si tu continues sur cette voie, aucun doute que cela surviendra. Tu risquerais d’avoir alors un comportement dangereux envers toi-même. Réveille-toi avant d’en arriver à ce point. C’est à ta portée! Mais pour l’instant, la colère t’aveugle, ainsi que la peine refoulée. Tu n’enfiles même pas de gants de boxe avant de t’en prendre à un punchng bag mis à votre disposition. Si tu te blesses, tu n’es pas plus avancé... Il faudra que tu prennes congé. Prendre le risque d’accepter une mission en ayant les mains bousillées serait bien trop dangereux. En plus, tu risquerais de ne pas être en mesure de respecter tes principes de tuer en un coup, en provoquant le moins de souffrance possible. De quoi te frustrer davantage et te faire sentir mal, plus que tu ne l’es déjà. Sans surprise, tu finis par échapper une plainte de douleur. Ton poing gauche a mal tourné sur le sac rempli de sable. Te voici plus contrarié que tu ne l’étais jusqu’à présent. La mâchoire serrée, tu files te saisir de ton sabre, te dirigeant ensuite vers le fond de la salle. Actionnant le mécanisme des cibles mouvantes, tu tires sur ces dernières. C’est la toute première fois que tu uses de ton arme avec son côté pistolet sans avoir la comparaison avec ton père. Tu détestes tirer, c’était sa spécialité à lui, il a voulu te contraindre pour que tu l’adoptes aussi. Tu avais donc tout rejeté en bloc, préférant te débrouiller à l’arme blanche. D’ailleurs, il ne faut pas long avant que t’aies besoin de bouger, de dépenser toute cette rage que tu retiens. Ainsi, tu arrêtes le mécanisme et migres juste à côté, il y en a un autre avec des mannequins en bois, ils sont un minimum articulés alors ils permettent de frapper et de parer. Ta lame les entrechoque de façon violente, malgré les douleurs que tu t’es faites aux deux poings. Tes doigts sont sensibles, de même pour tes jointures. Serrer l’arme dans ta main droite ne fait pas du bien. Tu aurais dû te calmer d’abord, mais au lieu de ça, tu agis n’importe comment...

Je veux oublier ce qui vient de se passer. Ça ne doit pas m’affecter.

Au final, tu passes plusieurs heures dans ce lieu, jusqu’à ce que la fatigue prenne le dessus. Il ne faut pas oublier que tu revenais d’une mission périlleuse et que tu n’as pas eu par la suite une nuit très longue avant qu’Isiel te réveille pour t’annoncer la nouvelle. Au moins, tu as pu te dépenser et tu devrais bien dormir, cette fois. Ramassant tes affaires, tu te diriges vers ta chambre d’un pas décidé malgré ton état. Tes yeux se ferment par moment, mais il n’y a personne dans la place. Il doit être autour de six heures du matin, tu n’as pas vérifié. Ça n’est pas du tout l’heure de pointe. Donc, de retour dans ta chambre, tu déposes tes effets personnels sur ton bureau et tu files aussitôt dans ton lit. Normalement, tu prends une douche après l’effort, mais tant pis pour cette fois. Ça ira au réveil. Tu t’endors comme une masse, étant seul. Isiel a compris qu’elle ferait mieux de disparaître pour la journée, même si ça la blesse de devoir agir de la sorte. Elle voudrait être présente pour t’aider, pour te soulager de cette peine. Elle t’aime beaucoup. C’est juste qu’elle n’est pas adéquate avec toi, avec tes valeurs et qui tu es, au fond. Bref, pour une fois, tu trouves un sommeil réparateur et sans interruption. Au réveil, tu files direct sous la douche puis tu te prépares comme d’habitude. Une fois terminé, tu vérifies ton portable, la lumière clignote. Tu as deux messages : un de ta copine et un de Ferir. Tu regardes celui d’Isiel en premier. Elle te souhaite juste une bonne journée, alors tu ne lui réponds pas tout de suite. Celui de ton ami t’informe que les funérailles auront lieu dans deux jours. Tu ignores si tu es prêt à y aller. Tu ignores quoi lui répondre, alors tu te contentes de le remercier pour l’information, lui demandant par la même occasion s’il va bien. Sa réponse ne tarde pas à t’être donnée, comme s’il attendait à côté de son téléphone. Il dit qu’il va comme il peut, autant que possible. Ça ne te surprend pas. Tu espères tout de même qu’il ne se blesse pas trop. Parce que tu ne te fais pas d’illusion, il le fait. C’est un moment vraiment pénible à passer et après, il sera derrière vous. Tu n’y penseras plus. C’est ce que tu te dis sans réellement le croire. C’est fou comment une personne peut se berner elle-même...

Je voudrais qu’on ne m’ait jamais informé de leur mort.



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Mar 23 Mai - 22:43
Le temps passe lentement depuis que tu as appris cette mauvaise nouvelle. Les minutes défilent, paraissant très longues. C’est pénible et tu ne parviens pas vraiment à songer à autre chose, à vraiment te concentrer ailleurs. Tu te questionnes à savoir si Ferir va aussi bien qu’il le prétend... Même toi tu ne vas pas bien et tu te fermes les yeux là-dessus, terrant tout. C’est ancré si profondément en toi, mais tu pourrais briser ces chaînes que tu portes depuis bien trop longtemps. C’est normal de vivre des émotions, c’est normal d’avoir de la peine, de ressentir de l’amour, de ne pas être bien en étant trop seul... C’est sûr que c’est difficile après toutes ces années de s’ouvrir sur ces sentiments, mais tu le peux, comme tout le monde. Néanmoins, tu as toujours eu un retard à ce niveau, à cause de la façon que ton père t’a élevé. Tu as toujours dû refouler, depuis ton plus jeune âge. Ça a toujours été ton mode de fonctionnement. Même si tu as eu d’autres modèles, d’autres jeunes et adultes gravitant autour de toi et qu’ils ont pu te montrer autre chose que ce à quoi tu étais habitué, c’est trop profond pour que ça se change sans effort de ta part, sans que ça ait provoqué des séquelles. Mais tu n’envisages pas de modifier quoi que ce soit. Tu penses être bien ainsi, te fermant les yeux quand l’équilibre précaire émotionnel que tu as est rompu, comme en ce moment. Pourquoi ne pas réaliser que ça ne fonctionne pas, que ça ne te caractérise pas? Ça serait le premier pas dans la bonne direction, cette direction qui t’effraie tant, mais qui te rendra bien plus heureux que tu ne l’as jamais été jusqu’à présent. Le changement, tu n’es pas habitué à cela. Tu t’enfermes toi-même dans le connu, dans ce contrôle qui a toujours été exercé sur toi depuis ta naissance. Les bienfaits d’avoir une réelle emprise sur sa vie, sur ses décisions, tu ne connais pas ça. Les chaînes que tu rêvais tant de briser sont toujours installées à tes poignets et à tes chevilles. Ça n’est pas en te comportant de la sorte qu’elles seront finalement rompues...

Je fais ce que je veux et je suis libre maintenant. Il n’y a plus personne pour me contrôler, pas même les Nyriu.

La première journée passe également très lentement. Peut-être que si tu ne t’étais pas isolé, ça aiderait. Tu aurais dû aller voir Ferir, t’assurer qu’il gérait aussi bien qu’il le prétend. Le voici à devoir s’occuper des funérailles de ses parents, seul... Il est bien trop jeune pour ça. Perdre ses deux parents à vingt-trois ans, ça n’est pas simple. Ça ne l’est jamais, évidemment, mais il habitait encore avec eux, il n’a pas tout à fait terminé ses études non plus. Il a tant à faire, tant à penser, tant à s’occuper. C’est beaucoup pour lui. Tu pourrais passer par dessus ta peur et te mettre en action. Mais tu ne le fais pas, restant dans ton coin, ruminant sur ce que tu estimes être une faiblesse. C’est pitoyable. Pourquoi ne le réalises-tu pas? À la place, tu ne cherches qu’à te défouler, qu’à te faire du mal en refusant d’accepter ta peine et ce deuil que tu as à traverser. Tu démolis des équipements, tu t’es blessé aussi. Rien de très glorieux, rien qui ne te caractérise. Comment peux-tu te renier à ce point? Cette question revient souvent te concernant. Il faudrait que quelqu’un ose te la demander de vive voix pour te faire réagir. Et encore, tu le nierais, tu réagirais avec virulence pour réfuter cette argumentation. C’est donc inutile de s’y attarder plus longuement. Tu regretteras ta décision de ne pas faire ton deuil correctement d’ici quelques années. Au moins, tu aurais une chance de te rattraper. Ça n’est pas donné à tout le monde. Tu sauras la reconnaître à sa juste valeur. Néanmoins, avant d’y être, tu as beaucoup de chemin à parcourir. Pour le moment, ta fuite continue parce que tu reçois un appel sur ton portable du boulot. De toute évidence, on a besoin de tes services pour une mission. Tu n’es pas dupe : tu sais que tu ne seras pas revenu à temps pour les funérailles. Les missions, rares sont celles qui te prennent moins d’une journée. Ainsi, te voici à esquiver réellement la source de tout ce conflit avec toi-même, ce conflit que tu pourras ainsi éviter pour de bon. Que tu crois. Il n’est que reporté à plus tard, avec en prime une bonne dose de culpabilité. Ça n’a rien de sain...

Je veux être loin, partir et pouvoir me concentrer sur autre chose.

Tu récupères donc ton ordre de mission, en prends connaissance avant de t’y préparer. Ensuite, tes doigts pianotent sur ton portable, écrivant un message à Isiel pour l’informer de la situation. Par contre, tu n’as pas le courage de faire de même envers Ferir. Tu reportes l’inévitable moment qu’il réalisera que tu n’es pas présent, que tu fuis comme un lâche. Oui, c’est ce que tu es sur ce coup, Azamir! Plus encore quand tu remarques que ta copine te répond et que tu l’ignores volontairement. Elle te demande si ça va puisque tu manqueras les funérailles de tes presque parents adoptifs. Même elle a conscience que ton comportement est malsain, que tu n’en tireras rien de bon. Pour une fois, elle cherche vraiment à ce que tu sois bien, à ce que tu passes à travers cette épreuve pour mieux t’en relever par la suite. Ça aurait été très utile, vu ce qui t’attend... Tu ne le sais pas encore, mais bientôt, une autre sphère de ta vie basculera brusquement. Elle t’ébranlera bien plus que le décès des Nyriu. Pas que tu ne les aimes pas, au contraire, mais ça touchera ton amour, ta chère Isiel. Au final, ça sera peut-être pour le mieux, son absence te permettra de réaliser à quel point tu n’es pas bien... Mais tout cela n’est pas pour tout de suite. Non, rangeant ton téléphone dans ta poche, ayant rassemblé toutes tes affaires, tu quittes le quartier général de Céladopole vers le lieu de résidence de ta cible : Argenta. Comme d’habitude, tu prendras un temps pour l’observer, pour l’analyser, pour ne pas te faire avoir comme un débutant. Tu préfères être un peu plus lent et réussir du premier coup, pendant que ta cible s’y en attend le moins. Ainsi, elle n’a pas l’occasion de se défendre et tu ne rates pas ton coup, elle n’a pas le temps de souffrir. C’est ton mode de fonctionnement après tout, une valeur à laquelle tu tiens. Au moins, tu ne te renies pas totalement, alors continue sur cette voie tant et aussi longtemps que tu ne seras pas prêt à changer de style de vie. Ça minimise les dommages que tu t’infliges au quotidien...

Cette mission est parfaite pour m’occuper l’esprit.



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Mer 24 Mai - 18:49
Le lendemain, tu te trouves à Argenta, commençant tes recherches concernant ta cible. Et tu constates que ce n’est pas très loin de Jadielle... Tu pourrais te permettre d’aller aux funérailles. D’ailleurs, sans que tu puisses te l’expliquer, tu commences à te déplacer dans cette direction. Tu as l’adresse, Ferir te l’a donnée. Même si ce n’est que trente minutes, ça ferait du bien à ton ami, et à toi aussi. Tu pourras enfin voir cette réalité qui t’échappe, tu pourras faire ton deuil. Tes pas te guident sans même y penser, comme un automate. Ton corps se contente d’agir sans te demander ton avis, ce qui n’est pas une mauvaise chose. Tu le laisses faire, perdu dans tes pensées. Pourtant, habituellement, en mission tu es concentré, efficace, terre à terre. Seul ton objectif compte. Tu te coupes de tout, t’isolant dans ton monde, devenant le plus redoutable des armes. D’un autre côté, tu es en peine, c’est une situation inhabituelle que tu ne parviens pas du tout à gérer d’une façon efficace. Tu te dis que ce n’est pas très professionnel de ta part, mais un au revoir à ses proches, ça n’arrive qu’une seule fois. Ne regrette pas de ne pas l’avoir fait! Il vaut mieux foncer que de se retenir, mais ça, tu n’as pas vraiment pu l’apprendre, malheureusement. Tu as toujours été brimé, toujours été contraint et retenu bien malgré toi. Au final, tu t’infliges ce même genre de traitement maintenant que tu pourrais être libre. C’est dommage et ça te rend malheureux. Tes excès de colère ne viennent pas de nulle part. Tu ne les comprends pas parce que ta compréhension des émotions est limitée, mais à force de devoir te contrôler sur tout, c’est ce qui arrive. Au moins, cette fois, il y a une infime chance qu’une bonne chose se produise. Ne rebrousse surtout pas chemin. Tu es trop près du but, ça ne ferait que te blesser davantage. Rien de très sain. À croire que c’est ce que tu recherches au fond. Même dans ta relation amoureuse, il y a de grosses lacunes, elle te traîne dans un mode relationnel qui ne t’aide pas. Les seules personnes positives autour de toi, tu les as éloignées. Et tu continues même alors qu’il ne te reste qu’un dernier adieu à faire. Tu n’es vraiment pas doué avec les sentiments... Ton retard ne se rattrapera sûrement jamais.

Qu’est-ce que je suis en train de faire?

Ne te pose surtout pas cette question, du moins, pas dans ce sens-là! C’est le mauvais, tu dois continuer d’avancer vers Jadielle. Tu y es presque, étant parvenu aux abords de la ville sans trop le réaliser. Par contre, maintenant que tu le remarques, tes yeux s’ouvrent en grand et tu t’arrêtes, figé sur place. Ça t’amène tellement de questions, tellement d’incertitudes... Tes poings se serrent un instant au point de t’en faire mal. C’est idiot de rebrousser chemin maintenant. Écoute tes besoins. Si tu as agi de façon inconsciente, c’est qu’un besoin criait au fond de ton cœur. Ne le réprime pas, ça te fera encore plus de mal. Hésitant, savoir la conduite à adopter semble difficile. Immobile, tu vois de là où tu te trouves le salon funéraire. Il ne te reste que deux à trois minutes de marche et tu y es. Il y a beaucoup de monde, plusieurs voitures sont stationnées dans la cour. Il y a celle des Nyriu, sans doute que Ferir l’a utilisée. Il est là, il t’attend. Il espère tellement te voir en ce jour... Mais tous ces inconnus ne te rendront pas à l’aise. Lui non plus d’ailleurs. Les collègues de boulot de son père, il ne les connaît pas, mais il se doit d’être présent. C’est ainsi. Tu es comme leur fils alors va s’y! C’est ce que tu veux. Un pas de plus, mais tu arrêtes à nouveau. Te forcer toi-même dans une telle situation est ridicule. Ne vois-tu pas à quel point tu en souffres? À ce stade, ce n’est plus juste un retard de compréhension des émotions, c’est du masochisme. Cependant, quelque chose t’aide à prendre une décision que tu regretteras durant des années sans être en mesure de corriger le tir. Quand tu remarques ton meilleur ami à l’extérieur, qu’il sort pour s’isoler en courant presque, tu recules. Tes poings se serrent de nouveau. C’est trop difficile pour toi, c’est ce que tu te dis. Si lui ne peut pas gérer, toi non plus. Tu devrais avoir envie d’aller le consoler, d’être présent pour lui et qu’il le soit pour toi. Tu crois pouvoir te concentrer sur ta mission dans ces conditions? En tout cas, il s’agit de la décision que tu prends, rebroussant chemin. Tes pas sont moins convaincus qu’ils l’étaient en te dirigeant dans la direction inverse. C’est un bon indicateur que tes envies profondes sont ignorées.

Je ne peux pas y aller, je dois accomplir cette mission avant tout.

L’image de ton ami qui s’effondre en larmes te reste en tête, tout comme ces cauchemars qui te hantent la nuit, te montrant le visage de tes victimes. Tu n’es pas une mauvaise personne, tu n’es pas cette machine que tu tentes d’être. Pourquoi te valoriser là-dedans? Ceux pour qui tu travailles t’utilisent. Ils n’ont aucun égard pour toi, pour ce que tu es au fond. Ils s’en foutent et le seul que tu brimes là-dedans, c’est toi. Eux s’en lavent les mains et ils rigolent dans leur coin. Ta fidélité est ce qui joue le plus contre toi. Le parfait petit soldat qui écoute et respecte les ordres à la lettre. Tes pieds avancent, un devant l’autre, te ramenant à ta destination initiale. Tu fais tout pour que ton attention et ta concentration aillent vers ce que tu as à accomplir, désireux de régler le cas de ce type au plus vite. Tu ignores ce qu’il a fait pour mériter un tel sort, pour que ton patron place un contrat sur sa tête, et tu ne cherches pas. Tu accepterais mal de savoir qu’il n’a posé que des bons gestes. Même si tu refoulerais, tu tâcherais de ne pas y accorder d’importance, ça te reviendrait en tête constamment. Comme pour les quelques fois que ta lame a dû s’abattre sur un enfant... Tu l’as fait, mais à quel prix? Parviendras-tu à te pardonner pour ces erreurs? Ça sera long. Le chemin vers ta rédemption vers le pardon ne se fera pas sans embûches. Si, pour le moment, tu ne l’envisages pas, il viendra, un jour. Et même après, tu continueras de ne pas faire ce deuil, d’aller sur la tombe des Nyriu, de recevoir quoi que ce soit de leur part en héritage. En route pour réaliser ta mission, tu sens ton portable vibrer. Sans pouvoir résister, tu regardes le message texte que tu viens de recevoir. « Je t’en pris Azy, viens me rejoindre... Ils voudraient que tu sois là. Je le veux aussi. » Ces mots t’ébranlent dans tes convictions. Ils viennent briser quelque chose qui était déjà fragilisé. Des tremblements te prennent et tu te maudis pour cela. C’est peut-être là le début de cette réflexion qui te mènera vers la désertion. Évidemment, tu en es encore loin, à des années même, mais ça viendra. Tu ne seras plus apte à continuer ainsi encore longtemps, et ce, pour une raison toute simple :

Tu n’es pas une machine ni une arme.



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Lun 29 Mai - 18:10
Tu n’es pas allé aux funérailles, tu n’as même pas daigné répondre à ton ami tant la culpabilité est monstre et qu’elle t’envahit sans te laisser aucun contrôle. C’est toi qui te places dans cet état, c’est toi qui te fais du mal en te comportant de la sorte. Tu t’es concentré sur ta mission, oubliant le reste, ou presque. Ton état d’esprit n’est pas optimal et cela se reflète dans tes actes. Ça n’a pas super bien fonctionné puisque pour la toute première fois depuis que tu exerces ce métier, ta cible n’a pas été assassinée d’un seul coup en tâchant de minimiser la douleur. Elle t’a servi de défouloir, elle a souffert et pour ça, tu t’en veux même si tu tentes de ne pas accorder d’attention à ce sentiment. Ça fera un visage de plus qui te hantera la nuit, dans tes multiples cauchemars qui te donnent un sommeil très agité. Tu ne t’aides pas, ça ne fera qu’empirer à partir de maintenant. Avec en plus ce deuil que tu refoules au lieu de le vivre... Ouais, t’es un idiot parfois. Tu ne te comprends pas toi-même, tout semble t’échapper. Ta froide logique, celle que tu estimais avoir, glisse entre tes doigts et tu ne parviens pas à la rattraper, pas cette fois. C’est effrayant la première fois que cela survient. Tu te crois détaché de tout, au-dessus des sentiments, mais au final, il y a bel et bien des émotions en toi, que tu le veuilles ou non. Il te faut te faire à cette idée. Bref, te voici devant le fait accompli. Tes iris ambrés observent ta victime. Il y a bien plus de sang autour d’elle. D’habitude, il y a moins d’éclaboussures. Tu sais que tu en as sur toi. Le liquide est chaud, il s’écoule sur ton visage. Il y en a aussi sur tes mains, sur le manche de ton arme. Sur les murs, sur le plancher, sur le corps désormais dépourvu de vie. Immobile, tu sembles presque ne plus respirer. L’esprit vide, tu es en état de choc, ce que tu ne réalises pas. C’est trop pour toi, trop à gérer du même coup et ça t’amène à poser des gestes qui ne te correspondent pas, qui ne sont pas de toi. Tu te sens comme la première fois que tu as commis un meurtre, lors de cet accident pour te défendre contre cet homme qui t’a pris à la gorge. Cela remonte à quelques années déjà, cela te perturbe. Une sensation qui provoque de légers tremblements. Il te faut reprendre le dessus et accepter ce qui t’arrive.

Je vais oublier tout cela. Je n’ai qu’à partir.

Ça ne sera pas aussi simple, pas cette fois; dommage pour toi. À un moment, une personne atteint le point de rupture et c’est exactement ce qui vient de t’arriver. Ne continue pas sur cette voie malsaine, ça ne t’apportera rien de bon sur le long terme. Mais comme tu es d’un naturel borné, comme tu as peur sans vouloir l’admettre, tu n’en fais qu’à ta tête. Tu n’écoutes pas tes réels besoins, préférant les taire et agir comme si de rien n’était. M’enfin, ça, c’est dans la théorie. Parce que l’agir en ce moment ne fonctionne pas vraiment, tes pieds demeurent au même endroit, ton regard ne bouge pas non plus. Le liquide rouge continue de se répandre au sol, tu le sens glisser sur ta joue et sur tes mains. Il tombe à grosses gouttes par terre. Si, d’habitude, tu n’entends pas un bruit aussi minime, là, tes oreilles ne le ratent pas. Ça te donne presque la migraine... Ta façon de procéder cette fois t’affecte bien plus que tu ne le voudrais. La comparaison avec Thorkil se fait forte dans ton esprit. Tu le vois et ça te dégoûte. Il n’en fallait guère plus pour que tu recules d’un pas, réprimant une envie de vomir. Il ne faut surtout pas qu’on t’associe à cette atrocité au risque d’y perdre ta liberté. Il vaut mieux ne laisser aucune preuve sur place, mais pour ça il faut que tu partes, il faut que tu bouges. Il y a tant de choses qui te remontent en tête... Toutes les sensations de cette première fois, la comparaison avec ton géniteur, la violence qui n’est pas dans tes habitudes, la nausée, le mal de crâne... En plus de flashbacks, de cette impression d’être spectateur au lieu d’acteur de la scène. Pourtant, elle est bien de ton cru. C’est toi qui as agi, pas un autre, bien que tu n’avais pas conscience de tes actes. Pas vraiment du moins. Ton côté calculateur et distant avait pris le bord, laissant place à une rage sans nom. La colère que tu réprimes envers toi-même est sortie de cette façon et cela peut se produire à nouveau. N’oublie pas, tu n’es pas une machine ou une arme. Bref, au bout d’un certain temps et au prix d’un grand effort, tu parviens à rebrousser chemin, désireux de rentrer au quartier général afin de prendre du repos. Ça n’est pas ce qui réglera la situation, mais il est vrai que cela ne te fera pas de tort.

Il ne faut pas que j’attire l’attention.

Tu penses heureusement à te nettoyer sommairement. Une personne qui se balade avec du sang sur le visage et sur les mains, ça n’a rien de très discret. Tu le réalises avant de te rendre trop loin, utilisant un bout de tissu pour se faire, tissu dont tu te débarrasses ensuite grâce à l’un de tes monstres. Il te faut admettre qu’ils ont leur utilité, mais tu les détestes toujours autant. D’ailleurs, une expression de dédain a pris place sur ton visage quand la bête est apparue. Bref, tu rentres à pied, essayant de faire le vide dans ton esprit, de chasser les images et les regrets qui te hantent. Ton portable a vibré à quelques reprises, témoignant que tu as reçu des SMS. Sûrement de la part de Ferir, peut-être Isiel, mais cette dernière n’a pas l’habitude de te déranger en mission, à moins de quelque chose de très urgent. Donc, tu n’as pas l’envie de vérifier maintenant, ça risquerait d’empirer ton état. Non, être dans le déni est bien mieux, n’est-ce pas? Cumuler les émotions négatives au lieu d’y faire face et de les régler est une bonne solution, n’est-ce pas? Tu n’as pas ce genre de réflexion, c’est trop poussé pour la mince compréhension des émotions que tu as. Au moins, ça s’améliorera légèrement d’ici quelques années, quand tu prendras ta vie en main. Par contre, tu n’auras pas plus fait ton deuil. Terrer ce que tu ressens au fond de toi ne chassera pas la peine ni la douleur. Ça ne fera qu’en donner l’illusion pour mieux frapper plus tard. Rien de plus. Mais pour le moment, tu crois y parvenir et ça te rend satisfait. Il faudra que tu prennes quelques jours avant de répondre à Ferir, désireux de mettre réellement cet épisode derrière toi, mais aussi de trouver quoi lui répondre. Il te faudra un solide mensonge... Et ça n’est pas normal d’avoir à le faire dans de telles circonstances. Mais t’es un grand garçon et tu fais comme tu veux. T’es trop borné de toute façon pour changer quoi que ce soit. Tu es solidement convaincu d’être dans le bon chemin, que c’est ce qu’il y a de mieux pour toi. Avec toutes les influences externes sur toi, il est évident qu’il ne peut en être autrement. En façade, t’es un enfoiré qui n’en a rien à foutre d’avoir perdu ses parents adoptifs, mais dans les faits, t’es un homme brisé qui a tenté à de multiples reprises de se reconstruire...

Mais chaque fissure dans ta carapace est plus difficile à réparer que la précédente.



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