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» Nocturne in the Moonlight (feat Ruven Baldwin)


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Ligue 4

C-GEAR
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Région : Kalos / QG Ligue 4
Ven 27 Oct - 14:32
Elle réfléchit. Evidemment la situation l’embêtait : Molly résistait aux attaques feu de son Flambusard, et de ce que je savais de ce Pokémon il ne maitrisait vraiment que le feu et le vent – ce qui ne ferait pas assez mal à ma lionne pour la mettre en difficulté. La situation inverse s’appliquait également, bien sûr, mais la différence de niveaux entre nos deux Pokémon me donnait gagnant même si Molly ne pouvait pas frapper dans une faiblesse. Que comptait-elle faire alors ? Dans cette situation j’essaierai de prendre un avantage en vitesse ou en attaque, car il était impossible pour elle de gagner sur la durée. Si elle laissait le match durer trop longtemps, la différence d’expérience de Molly se ressentirait.

« Tentons des Nitrocharges jusqu’à ce qu’elle soit incapable de te voir ! » Ah, elle semblait avoir eu une idée à peu près similaire. Très bien.

Je ne dis rien et laissai le Flambusard approcher. Il était rapide, c’était l’une des particularités de l’espèce, et la nitrocharge allait considérablement augmenter sa vélocité. Ce n’était pas bête de penser qu’ainsi Molly ne pourrait plus le toucher, mais c’était oublier que les Némélios n’étaient pas bons qu’au corps-à-corps. D’ailleurs, alors que Molly encaissait la première nitrocharge avec un grognement de colère, je lui donnai tranquillement le signal :


« Mégaphone, champ large. »

Elle se tenait prête et elle ouvrit démesurément la gueule pour aspirer de l’air. La seconde d’après, un rugissement monstrueux s’échappa de sa gorge et les ondes sonores formèrent comme un cône qui balaya une large zone vers l’avant. Qu’importe que le Flambusard fût trop rapide pour être vu, le périmètre de l’attaque était large et même en visant approximativement dans sa direction il se trouverait forcément dedans. De plus, ayant eu le temps de préparer sa gorge, Molly délivrait un rugissement à pleine puissance.

« Ton idée était bonne. » dis-je à Mary quand nous pûmes nous entendre à nouveau. « Déborder son adversaire par la vitesse est une bonne tactique. Par contre le corps-à-corps est toujours dangereux, l’adversaire a besoin de réflexes moins précis pour te chopper. Une attaque à distance avec un rayon un peu large et pouf !, t’es cuit. »

Je ne donnai pas d’ordre supplémentaire à Molly, la laissant reprendre son souffle. De toute façon je tâtais le terrain pour l’instant, je voulais voir comment Mary élaborait une stratégie face à un adversaire en défense. Il serait temps de voir comment elle répondait à une attaque plus tard.

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Sbire Galaxie

C-GEAR
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Région : Kalos
Jeu 2 Nov - 13:01
Déstabilisant. C’est le seul mot qui te vient à l’esprit en voyant la Némélios réduire à néant ta stratégie en l’espace d’une simple attaque. Non, pire que ça. Un simple rugissement. Le son a perturbé les sens de ton Flambusard qui a tout de suite trahi sa position et qui a rendu ses Nitrocharges inutiles. A partir de là, le corps à corps est purement inutile, mais le combat à distance est tout aussi dangereux. Heureusement, le type Feu de ton Pokémon fait qu’il sera peu sensible face aux attaques flamboyantes, qui sont sans doute les capacités qu’elle connait le plus. Mais tu te doutes bien que niveau endurance, ce n’est certainement pas Altaïr qui remportera la victoire. Malgré tout, si tu aurais été frustrée dans d’autres situations, la voix de Ruven et son commentaire te font chaud au cœur. Aurait-il pensé à la même chose s’il avait été à ta place ? Tu n’en sais rien, mais rien que l’idée te donne des étoiles dans les yeux. En plus de cela, ses conseils valent beaucoup à tes yeux : l’adversaire a besoin de réflexes moins précis s’il veut pouvoir retourner la situation. Encore plus avec une attaque à distance, qui, à bout portant, peut s’avérer dévastateur, ou au moins suffisamment puissant pour déstabiliser l’adversaire comme cela a été le cas avec toi.

« Dans ce cas, je ne peux rien faire d’autre avec Altaïr. » constates-tu. « Il faut que je joue sur la table des Types ou que je trouve un terrain sur lequel je sais que j’aurai l’avantage. »

Dans l’idéal, Dracul serait la meilleure solution. Ce n’est encore qu’un Carmache, mais il est de Type Dragon et Sol, ce qui serait un excellent avantage. Mais il est encore trop imprévisible et tu ne le réserves que pour commettre tes méfaits, ce qui n’arrange pas la situation. Tyrfing est déjà plus docile, satisfait de son tribut de sang pour le moment. Il pourrait faire l’affaire, étant très doué au corps à corps, mais son Type le désavantage complètement face à la Némélios, de même qu’Anastasia. Et il est hors de question que tu envoies tes Pokémon de mission tel que Poltergeist ou Imalia au combat, de peur de te faire reconnaître si jamais Ruven avait vu le journal télévisé. Le reste n’a pas le niveau face à un Pokémon de cette envergure. Tharja, Ezio, Umbra, Amon, Salem… Tous ceux-là sont trop faibles, et quand bien même certains seraient capables de se défendre à distance, la Némélios pourrait très bien s’approcher pour s’en débarrasser facilement. A partir de là, tout ne serait qu’une question d’endurance, de savoir combien de temps tes Pokémon et toi pourraient tenir face à un monstre de puissance pareil. En fait, il y aurait bien quelqu’un, mais…

« Je n’ai pas le choix…  »

Tu rappelles Altaïr dans sa Poké Ball et t’empares de celle contenant Abigail, le cœur lourd. Elle ne voudra jamais écouter ce que tu as à dire, ni même obéir à tes directives. Elle t’en veut trop pour ça. Mais tu ne vois pas d’autre alternative.

La renarde se matérialise devant vos yeux et observe les alentours avant de reconnaître Ruven et la lionne à ses côtés. Ses sourcils se froncent tandis qu’elle se tourne vers toi.

« Pour cette fois seulement. » te fait-elle savoir fermement. « Je le fais uniquement parce que je vois bien qu’il s’agit d’un combat amical. »

« Je le sais. » réponds-tu simplement, sans cacher tes regrets. « Pardonne-moi de t'entraîner là-dedans. »

La Roussil ne répond pas et se contente de jauger l’adversaire en face d’elle. Quelque chose te dit qu’elle en parvient aux mêmes conclusions que toi. C’est pour cette raison qu’elle brandit son bâton et qu’un rayon psychique en émerge, prête à frapper son adversaire.

Tu es certaine que la Némélios l’évitera et qu’elle n’hésitera pas à riposter, mais c’est la seule option pertinente que tu as trouvée. Et tu ne veux pas décevoir Ruven. Tu perdras, c’est certain, mais tu veux au moins lui montrer tout ce que tu sais faire pour qu’il éprouve ne serait-ce qu’un instant un petit sentiment de fierté.







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Ligue 4

C-GEAR
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Région : Kalos / QG Ligue 4
Mer 22 Nov - 15:45
Elle parut un instant déstabilisée par ma riposte, ce qui me fit esquisser un petit sourire satisfait. Soit elle ignorait que les Némélios étaient capables d’attaques à distance autres que le jet de flammes, soit elle n’anticipait pas assez les réactions de son adversaire – et cela se travaillait. Elle prit positivement ma remarque et réfléchit encore pour contrer le problème ; j’aurais largement eu le temps de passer à l’offensive et de l’obliger à agir à l’instinct, mais pour l’instant ça m’allait de voir comment elle concevait la stratégie à froid. Cela embêtait davantage Molly, que je voyais trépigner d’impatience à l’idée de chasser l’oiseau, mais comme elle était obéissante je savais qu’elle ne bougerait pas sans que je ne le lui demande.

« Dans ce cas, je ne peux rien faire d’autre avec Altaïr. » conclut Mary. « Il faut que je joue sur la table des Types ou que je trouve un terrain sur lequel je sais que j’aurai l’avantage.

- Exact.
» approuvai-je gentiment.

J’aurais eu beaucoup de choses à dire à ce sujet : que s’acharner avec un Pokémon incapable de gagner ne pouvait qu’altérer sa confiance en lui, que l’effet de surprise du switch pouvait très bien fonctionner, que la stratégie devait se concevoir à l’échelle d’un Pokémon mais aussi à l’échelle de l’ensemble de l’équipe. Je gardai cela pour plus tard, s’il s’avérait que ces conseils puissent être utiles.
Etonnamment, la conclusion à laquelle arriva Mary ne sembla pas lui plaire. N’avait-elle aucun Pokémon pouvant gérer les types feu ? Ou bien avait-elle un souci avec l’un de ses Pokémon ?

Je compris la raison de son problème très vite. A la place de son Flambusard, elle envoya sur le terrain sa Roussil, celle avec qui elle m’avait dit être en froid. La renarde lui jeta un regard courroucé que je trouvais assez préoccupant. Est-ce que le problème était plus grave que ce qu’elle m’avait dit ? Elle avait l’air presque en colère.


« Oh, c’est donc ta starter ? » dis-je, faisant mine de ne pas avoir remarqué leurs différends. Je connaissais bien la famille Feunnec, d’autant plus maintenant que je côtoyais Lily, et savais donc que leur mode de pensée était presque semblable à celui des humains. Aussi, je lui fis la même politesse qu’à tout autre être humain : « Bonjour… Abigail, c’est ça ? Enchanté. » Assez perturbant que cette Roussil porte pratiquement le même prénom que ma petite amie.

La suite m’informa d’une chose : soit les deux filles avaient suffisamment développé leur lien pour que Mary puisse indiquer ses commandements par télépathie, soit Abigail n’attendait pas du tout son ordre pour agir. La plupart de mes Pokémon pouvaient faire ça, parce qu’ils étaient particulièrement entrainés et que je leur avais appris à avoir certains réflexes dans des situations données… mais là, il me semblait plutôt que la renarde ne comptait en faire qu’à sa tête. Le lien entre elles était-il donc bel et bien coupé ?


« N’esquive pas s’il te plait, dis-moi ce que tu en penses. » demandai-je à Molly.

La lionne avait l’habitude que je l’utilise pour l’entrainement des autres et elle comprit donc ce que j’attendais d’elle. Elle encaissa docilement le rayon psychique, presque sans broncher, et tourna la tête vers moi sans expression. Pas très puissant, donc.


« Est-ce qu’Abigail et toi vous entraînez souvent ? » demandai-je à Mary. « Je suis étonné que ton starter ne soit pas plus fort, avec le nombre de badges que tu as. C’est toi qui la guides par la pensée ? »



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Sbire Galaxie

C-GEAR
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Région : Kalos
Dim 3 Déc - 0:19
Quelle classe, quelle gentillesse. Il n’a jamais vu Abigail, mais le ton qu’il emploie donne déjà l’impression qu’il a envie de s’entendre avec elle. Même la Roussil semble le noter et s’adoucir quelques instants, le temps de lui rendre la pareille avec une petite courbette. Même si, entre ça et son approbation de tout à l’heure, tout ça n’a duré qu’un bref moment, tu as eu la sensation de revenir de nombreux mois en arrière, au point que tu en ressens presque une douce chaleur. Mais elle se dissipe aussitôt que la renarde envoie son attaque, une Rafale Psy qui semble à peine avoir l’effet d’une pichenette sur la Némélios. Elle n’a même pas pris la peine d’esquiver le coup, avant de tourner la tête vers Ruven. Tu l’as vu s’adresser à elle mais tu n’avais pas saisi le sens de ce qu’il disait. Lui avait-il ordonné de prendre le coup pour évaluer la puissance d’Abigail ? Si c’est le cas, c’est certain qu’il se dit que tu ne vaux pas grand-chose face à lui. Et en soi, il a raison. Tu es devenue plus forte, c’est une évidence, mais tu es encore loin de ton but. C’est une réalité que tu avais commencé à oublier au sein de la Team Galaxy. Il faut dire qu’accumuler sans cesse de la puissance et d’enchaîner les missions couronnées de succès peut avoir tendance à faire en sorte que tu n’ais plus les idées claires. Ce combat aura au moins le mérite de te secouer un peu les puces et de te faire te rendre compte du véritable chemin qu’il te reste à parcourir avant de pouvoir enfin parvenir à ton but.

« Plus autant que je le voudrais, avec mon nouveau travail. » avoues-tu au Champion de la Ligue lorsqu’il te demande si Abigail et toi vous entrainez souvent. « Nos sessions sont plus théoriques, maintenant. Par exemple, juste avant d’avoir acquis mon troisième Badge, j’ai trouvé un livre dans la bibliothèque qui montrait comment les Pokémon psys étaient capables de créer un Mur Lumière, mais mon Pokémon n’a vraiment réussi à en créer une que pendant mon combat contre Cornélia. »

Tu as déjà l’impression que c’était il y a une éternité. Peut-être était-ce parce que tu n’étais pas encore une infirme, à l’époque. Mais tu sais que tu as énormément apprécié ces moments en sa compagnie. L’entraînement, mais aussi le combat en lui-même. Ce jour-là, tu as vraiment eu l’impression que les liens qui vous unissaient se sont resserrés. Mais tout ceci a volé en éclats maintenant qu’elle connait tes véritables motivations.

« Autrement, je ne lui donne pas vraiment d’ordres.  » poursuis-tu.
« En combat, nous arrivons souvent aux mêmes conclusions, alors je suis surtout là pour l’encourager. Ce n’est que quand elle est vraiment en danger que je tente de trouver une solution, pour qu’elle ne soit pas déstabilisée face à ce qu’elle a devant elle. »

Mine de rien, la plupart des Pokémon disposant de pouvoirs psychiques sont suffisamment intelligents pour se rendre compte d’eux-mêmes de la relation entre Types, ou du moins, quand cela concerne leurs attaques.

« Je l’aidais davantage quand elle était une Feunnec, quand nous n’avions pas le moyen de communiquer par la pensée et de ressentir les émotions de l’autre. » expliques-tu. « Je lui fais confiance pour utiliser au mieux ses capacités, maintenant. »

Ton regard se tourne vers elle, non sans pouvoir cacher ta tristesse. Tu sais que si elle ne tenait pas autant à toi, elle aurait dénoncé tes actions sur-le-champ et aurait fait en sorte que Ruven soit le premier au courant. Et le pire dans tout cela, c’est que tu n’as pas l’impression de mériter une telle attention. Tu comprendrais que la Roussil ne souhaite plus jamais te revoir, qu’elle parte quelque part où tu ne pourrais plus jamais la trouver. Mais elle reste, malgré ce qu’elle peut ressentir à ton égard. C’est une preuve suffisante que tout n’est pas perdu, mais tu as l’impression qu’un simple mot de ta part et tout pourrait s’effondrer. Et cette simple pensée te terrifie. Tu aimerais pouvoir lui demander de l’aide, mais tu ne vois pas comment arranger la situation sans que Ruven ne soit au courant de tes véritables activités.

Peut-être est-ce tout ce que tu mérites, en fin de compte.







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C-GEAR
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Ven 19 Jan - 16:39
« Plus autant que je le voudrais, avec mon nouveau travail. » avoua-t-elle quant à ses sessions d’entrainement. C’était prévisible. « Nos sessions sont plus théoriques, maintenant. Par exemple, juste avant d’avoir acquis mon troisième Badge, j’ai trouvé un livre dans la bibliothèque qui montrait comment les Pokémon psys étaient capables de créer un Mur Lumière, mais mon Pokémon n’a vraiment réussi à en créer une que pendant mon combat contre Cornélia.

- Hum, je vois.
» Je me caressai la barbe, réfléchissant à voix haute. « Il est important en tant que dresseur que tu te formes sur la théorie, ton Pokémon ne peut pas développer son plein potentiel sans ton aide car il aura naturellement tendance à se reposer sur ce qu’il sait déjà faire. Ce n’est donc pas une mauvaise chose ce que tu fais, mais si tu ne trouves pas le temps de faire de la pratique derrière c’est probablement ce qui pêche. La répétition, il n’y a que ça qui marche. Ceci dit, bravo pour le mur lumière, pour l’avoir aussi appris à mon Foretress je sais que c’est une capacité difficile à faire intégrer aux Pokémon. »

Peut-être que la chose avait été plus simple parce que son starter était de type psy et qu’en tant que tel il avait des facultés de compréhension plus importantes, mais cela ne me coûtait rien de la féliciter quand même. Je me devais de souligner ses efforts.

« Autrement, je ne lui donne pas vraiment d’ordres. » continua-t-elle, répondant à ma deuxième question. « En combat, nous arrivons souvent aux mêmes conclusions, alors je suis surtout là pour l’encourager. Ce n’est que quand elle est vraiment en danger que je tente de trouver une solution, pour qu’elle ne soit pas déstabilisée face à ce qu’elle a devant elle. Je l’aidais davantage quand elle était une Feunnec, quand nous n’avions pas le moyen de communiquer par la pensée et de ressentir les émotions de l’autre. Je lui fais confiance pour utiliser au mieux ses capacités, maintenant. »

D’accord, ce n’était donc pas la Roussil qui n’en faisait qu’à sa tête mais bien une volonté de sa dresseuse. Cela me rassurait un peu, cela voulait dire que l’entente entre elles n’était pas aussi mauvaise que ce que je m’étais imaginé. Et vu l’affection qui se devinait dans la voix de Mary, la tension entre elles ne devait venir que de la renarde. Je continuais de trouver ça étrange car il était rare qu'un Pokémon en veuille à son dresseur sans une très bonne raison, mais peut-être que Mary ne voulait tout simplement pas m'en parler. De toute façon, tant qu'il me paraissait évident qu'il n'y avait aucun signe de maltraitance, je n'avais pas à me mêler de ce qui ne me regardait pas. Du moins tant que Mary n'estimait pas que mon aide fût nécessaire.

« OK. » dis-je en hochant doucement la tête. « Abigail manque donc juste d’entrainement. »

Hum, c’était la conclusion la plus logique. Toutefois, je n’étais pas très satisfait que Mary ne donne aucun ordre à son Pokémon, cela ne me permettait pas trop de juger de son niveau en tant que dresseuse. Avoir des Pokémon autonomes est une chose, savoir correctement les guider en est une autre. Elle avait dit qu’elle intervenait quand sa Roussil était en danger, c’est ça… ?

« On reprend. Molly ma chérie, mâchouille à pleine puissance. »

La lionne devait en avoir marre d’être inactive car elle réagit au quart de tour à mon ordre d’attaque. De suite elle se mit en position de chasse et chargea sa cible, zigzaguant par de petits bonds sur le côté pour éviter un rayon psychique que lui enverrait la Roussil. Il lui faudrait moins de cinq secondes pour chopper Abigail et, j’en étais sûr, la mettre KO en un coup. Cela laissait autant de temps à Mary pour réagir : bien que l'action fût sur le terrain, c’était vers elle que mon regard se portait. J’étais loin d’avoir fini de la tester.

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Sbire Galaxie

C-GEAR
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Région : Kalos
Ven 16 Fév - 15:12
Tu aimes la manière dont il te reprend gentiment sur ta manière de t’entraîner. Il est compréhensif et te complimente, mais il reste malgré tout clair sur ce que tu dois faire. En cela, il te rappelle ton père adoptif. C’est peut-être pour ça que tu l’apprécies tant, en réalité. Il te réconforte, te rappelle ce que tu as perdu, te fait oublier ce qu’un Dieu égoïste et presque un an dans un monde de malfrats et de chasseurs de primes ont réussi à détruire. L’espace d’un instant, tu te demandes quel genre de relations tu pourrais avoir avec lui si tu n’avais pas déjà cette partie de ta vie, si tu étais restée une simple Dresseuse en quête de Badges pour devenir Maître de la Ligue, comme la plupart des gens. Seriez-vous restés dans une relation maître-élève ? Tu aimerais que ce ne soit pas le cas. Tu aimerais aller bien plus loin. Dépasser le statut de simples connaissances pour devenir des amis chers qui pourraient compter l’un sur l’autre. Peut-être pourrait-il te présenter à sa petite amie ? Ou mieux encore, à sa fille ? Tu serais réjouie s’il le faisait. Tu aurais à nouveau l’impression de compter pour quelqu’un d’une autre manière que d’un outil. Non pas que ta relation avec Abigail compte pour du beurre dans cette histoire, mais en dehors de Flora, tu n’as jamais vraiment connu ça avec un autre être humain, et c’est surtout cela qui est intéressant. La plupart de tes interactions avec Ashley relèvent d’une relation purement professionnelle, bien que vous vous appréciiez et respectiez mutuellement, tant que vous ne parlez pas de cette fois où, complètement ivre, elle t’a forcé à l’embrasser. Et même si tu dois généralement veiller également sur les pensionnaires du manoir quand vous rentrez à Yantreizh, ce n’est jamais suffisamment longtemps pour pouvoir tisser de véritables liens avec les gens. Du moins, aucun de cet acabit.

Alors même si tu ne sais pas si vous pourrez aller plus loin qu’une relation maître-élève, tu as envie de donner le meilleur de toi-même pour qu’il t’apprécie le plus possible et pour lui montrer à quel point tu chéris ces moments que vous passez ensemble, bien qu’ils soient d’une extrême rareté.

« Pourquoi fais-tu ça ? » résonne la voix d'Abigail dans ta tête. « Pourquoi tout cacher et mentir même à ceux que tu aimes ? »

S’il y a bien quelque chose dont tu n’as pas besoin maintenant, c’est bien que la Roussil te pose ce genre de questions alors que Ruven est en train de te parler. Au moins, il a l’air de croire à ton histoire, mais s’il se rend compte que vous êtes en train de communiquer mentalement et que tu laisses un peu trop transparaître tes sentiments, ce sera la fin.

« Pas maintenant, je t'en prie. » la supplies-tu presque. « Ce serait trop long à expliquer, et je ne peux rien te dire tant que Ruven est ici. »

« Tu as peur de le décevoir. Comme tu m’as déçue. Tu ne veux pas qu’il voit ce que tu es en train de devenir. »

Ses paroles sont aussi acérées que les crocs qui constituent sa gueule. Tu ne sais pas pourquoi elle a choisi ce moment précis pour en parler, mais elle le fait. Et la voir te mettre en face de ce que tu es devenue est pire encore que lorsque tu te regardais dans le miroir peu de temps après la mort de Juliet. Cela te fait penser à certains cauchemars que tu avais. Et celui-ci est devenu réalité.

« Oui ! Je l’avoue, c’est exactement ça ! Mais je te promets que je te dirai tout une fois qu’on en aura terminé, alors s’il-te-plaît, arrête. Je ne veux pas que la Némélios de Ruven te fasse du mal parce que nous ne sommes pas concentrées. »

TD’après la voix du Champion, elle allait utiliser une attaque physique sur Abigail, une attaque qui lui ferait bien plus de mal que ce qu’elle a traversé jusqu’à maintenant. Et compte tenu de sa constitution physique fragile, elle ne tiendra pas longtemps face à un assaut d’un Pokémon complètement évolué et aux dents si pointues. Il faut que tu trouves quelque chose et vite. D’instinct, la Roussil lance une Rafale Psy pour tenter d’arrêter sa progression, mais Molly esquive sans problème. Elle s’approche dangereusement, ne vous laissant presque pas de temps pour réagir.

« Tricherie ! » ordonnes-tu à haute voix, alors que la lionne est à deux doigts de se jeter sur la renarde.

Cette-dernière jette sa brindille au visage de la Némélios qui plonge sur elle, toutes griffes dehors, afin de gagner ne serait-ce qu’une fraction de seconde supplémentaire pour lui permettre d’esquiver. Elle se laisse alors tomber sur le dos pour éviter de recevoir le poids entier de la lionne sur elle, puis, alors qu’elle aperçoit son ventre, la frappe aussi fort qu’elle le peut de ses minuscules poings pour faire tomber le félin à la renverse et rester en retrait aussi vite qu’elle le peut.

« Ne lui laisse pas le temps de se remettre. » enchaînes-tu, cette fois-ci par la pensée.

« Je le sais. » réplique Abigail. « Et n’en profite pas pour changer de sujet. »

« Arrête ! Ruven va se douter de quelque chose ! »

« Et ne crois-tu justement pas que c’est mieux pour toi qu’il le fasse ? Tu ne peux pas continuer ainsi, Mary ! Tu te rends compte de ce que tu es en train de faire ? D’à quel point tu as changé ? Crois-tu vraiment que c’est ce que ton père voudrait ? »

Une aura bleue, propre à la plupart des Pokémon psys quand ils se servent de leurs pouvoirs, se met alors à entourer la renarde. Elle profite de cette occasion pour récupérer une autre brindille non loin d’elle par l’intermédiaire de sa pensée, et fait soulever plusieurs petits cailloux disséminés sur le terrain vague qu’elle s’apprête à lancer sur la Némélios. Tu ressens alors une violente douleur te vrillant le crâne, comme une espèce de soudaine migraine liée aux pouvoirs de la Roussil. Est-elle à ce point bouleversée par ton comportement qu’elle ne se soucie même plus de contrôler le flot d’émotions qui la submerge et qu’elle te transmet involontairement ?

« Abigail ! » appelles-tu sans même te soucier d’utiliser la télépathie ou non. « Arrête ça ! »

Tu essaies d’interrompre le lien mental entre vous, mais tu n’y parviens pas. C’est comme si elle t’avait saisi par le col de tes vêtements et qu’elle te serrait si fort qu’elle était sur le point de t’étrangler, à l’exception que tu es encore complètement capable de parler. A la place, de tes narines s’échappe un filet de sang qui ne veut pas s’arrêter même alors que tu tentes de le cacher, de peur que Ruven s’en aperçoive.

« Tu es en train de passer à côté de ta vie ! » poursuit-elle. « Tu peux encore faire machine arrière, j’en suis sûre ! Qu’importe les crimes que tu as commis, je suis prête à fermer les yeux sur tout ça, mais tu dois changer ! »

« SORS DE MA TÊTE ! »

C’est trop tard. Il t’a entendu. Qui n’a pas pu t’entendre après ce cri sorti du fond de tes entrailles ? Qui ne peut pas se douter quelque chose, maintenant que tu es à genoux, en train de te tenir la tête comme une démente, alors que des larmes perlent le long de tes joues ? C’est ce qu’il faut pour qu’enfin la douleur puisse se calmer. Se rendant enfin compte de ce qu’elle t’a fait subir, la Roussil, prise de stupeur, lâche sa brindille et se précipite vers toi, enroulant ses bras contre toi.

Mais le pire, dans tout cela, c’est ce visage inquiet qui se penche vers toi. Ce visage qui te donne envie de t’enfuir, pour qu’il ne se rende pas compte de toute la honte dont tu peux faire preuve.


Bon, je suis un peu parti en freestyle xD Mais j'espère que ça te plaira malgré tout :3







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Ven 23 Mar - 10:09
La première à réagir fut la Roussil, qui pour tenter de stopper la course de Molly lui envoya des rafales d’ondes psychiques. N’ayant plus pour ordre de se laisser faire, la lionne l’esquiva très facilement en se décalant sur le côté et ne ralentit même pas une seconde. L’impact était imminent et je scrutais Mary pour voir ce qu'elle allait faire.

« Tricherie ! »

Pas bête, pensai-je avec un petit sourire encourageant. La particularité de cette attaque était d’utiliser la force de l’adversaire afin de la retourner contre lui ; une aubaine quand on affrontait un Pokémon taillé pour le stade de la Ligue. Par contre, cette attaque n’était pas la spécialité des Roussil et je ne pensais pas que Abigail saurait l’exploiter à son plein potentiel. Mais l’idée de base était bonne.
La renarde tenta de perturber Molly en lui jetant sa brindille au visage, mais celle-ci avait déjà pris son élan et ses pattes avant ne touchaient plus le sol. Je ne pus m’empêcher de détacher mon regard de Mary pour admirer la magnificence de ma Némélios alors qu’elle fondait sur sa proie. Ses grosses pattes aux doigts écartés pour affermir la prise, ses griffes épaisses qui ressortaient comme autant de couteaux mortels, sa gueule terrifiante qui sentait le souffre… Raaaah, je l’aimais tellement quand elle était belle comme ça. Malheureusement pour ma contemplation, la Roussil de Mary était plutôt agile et elle se laissa tomber sur le dos pour esquiver la collision et frapper le ventre laissé à découvert. Molly poussa un rugissement courroucé (de frustration d’avoir raté sa proie, j’en étais certain) et retomba presque sur ses pattes deux bons mètres plus loin. Elle tourna la tête et me révéla aussitôt qu’elle n’aimait pas trop qu’on se moque d’elle comme ça.


« Bonne réaction. » criai-je vers Mary, même si bizarrement elle ne semblait pas me prêter grande attention. Est-ce qu’elle rêvassait ? Ou était-elle en conversation télépathique avec Abigail, plus probablement ? Qu’importe, je n’allais pas la lâcher, il fallait qu’elle s’entraine à suivre ce qui se passait en même temps. « Épuise-la championne ! »

Molly se passa la patte sur le museau, gênée par une petite égratignure que la brindille avait faite sur sa narine, puis gronda et s’apprêta à courir à nouveau. Pendant ce temps, une aura bleue typique de l’utilisation intensive de pouvoirs psy avait entouré Abigail qui rassemblait autour d’elle d’autres éléments pouvant dévier ma lionne de son objectif. A moins que je n’ai raté quelque chose il ne me semblait pas que Mary lui ait demandé quoi que ce soit à voix haute ; un ordre télépathique ou une autre initiative de la renarde ?
Ce fut alors que…


« Abigail ! Arrête ça ! »

Mon attention se reporta tout de suite sur Mary, ce qui me permit de remarquer que son expression avait complètement changé. Elle avait les traits crispés, comme si elle souffrait vraiment, et même d’ici je voyais que les veines de ses tempes étaient devenues bien plus apparentes. Il ne me fallut pas longtemps pour reconnaitre des symptômes que j’avais moi-même eu l’occasion d’éprouver : Abigail était en train de lui imposer une activité cérébrale beaucoup trop forte.

« Molly, STOP ! » criai-je alors que la Némélios se jetait sur son adversaire. Elle ne put arrêter sa course mais referma la gueule, se contentant de frôler la Roussil avec un grognement d’agacement.

Je devinais qu’un drame auquel je n’avais pas du tout accès était en train de se dérouler devant moi et j’étais très inquiet. Ce sentiment se confirma franchement quand un liquide rouge vint tâcher la peau de Mary au-dessus de ses lèvres ; il était évident que la jeune femme ne voulait pas que je le remarque, mais c’était trop tard.

« Abigail, lâche-la tout de suite ! » ordonnai-je en m’approchant fermement. « Lâche Mary, maintenant ! »

Elle ne semblait même pas m’entendre. J’ignorais si elle se rendait compte de la torture qu’elle était en train de faire subir à sa maitresse et pendant un instant me vint même la terrifiante pensée qu’elle le faisait exprès. Il fallait que je l’arrête au plus vite !

« Molly ! Mets-la KO, vite !

- SORS DE MA TÊTE !
»

Ça dégénérait complètement. Je courus vers la Roussil, prêt à lui donner des coups de pied pour la déconcentrer s’il le fallait, et vis clairement Mary tomber à terre. J’eus vraiment peur qu’elle se soit évanouie – ou pire – mais elle se tenait juste à genoux et pleurait de douleur, prête à s’arracher la tête du cou. A partir de là, ni moi ni Molly n’eurent à intervenir pour neutraliser la Roussil : celle-ci sembla soudain se rendre compte de la situation et abandonna tout ce qu’elle faisait pour rejoindre sa maitresse et la prendre dans ses bras. Elle semblait sincèrement affolée et je devinais qu’elle n’avait pas voulu lui infliger ça, ou au moins pas si fort. C’était déjà ça.

Je terminai ma course et fus très vite au chevet de la jeune fille. Elle ne se tordait plus de douleur mais je me penchai tout de même en avant pour avoir une vue sur son visage. Les veines de son front avaient repris une apparence normale : c’était donc bel et bien fini.


« Est-ce que tu m’entends Mary ? » demandai-je à voix basse pour ne pas violenter son mal de tête. « Comment tu te sens ? »

Mal, évidemment, mais il s’agissait de savoir à quel point. Les ondes psychiques surdosées étaient néfastes pour le cerveau humain et pouvaient causer migraines, vomissements, saignements de nez et troubles de la vision. J’avais aussi lu des cas d’humains dont le cerveau avait grillé par endroits à cause d’un Pokémon psy maladroit : certains avaient des troubles de la mémoire, du langage ou moteur, et certains cas très extrêmes rapportaient même un état végétatif temporaire ou permanent. Cela ne se produisait qu’avec des Pokémon psy aux ondes particulièrement violentes (ce qui n’était pas le cas des Roussil) mais il fallait toujours être prudent. D’ailleurs, pour prévenir l’aggravation des symptômes, je tendis la main et effleurai celle de Mary.

« Prends-moi la main, je vais t’aider à te relever. Il y a des toilettes publiques près de la plage, il faut absolument que tu boives un peu. Je te soutiendrai si tu ne peux pas marcher. »

Elle me fit signe que ça irait là-dessus mais ne refusa pas la main que je lui tendais. Ce fut à cet instant que quelque chose de très bizarre se produisit : quand elle referma ses doigts sur les miens, le contact délicat auquel je m’attendais se révéla être une poigne dure comme l’acier. Non pas qu’elle avait une force de titan, ce n’était pas vraiment ça ; c’était plus comme si la peau sous son gant était tout à fait rigide. Comment était-ce possible ? Cela me perturba franchement, mais comme Mary était encore sous le choc elle ne remarqua pas ma stupeur. Quand elle fut debout j’entrepris de l’amener jusqu’aux lavabos les plus proches, me demandant encore et encore comment ma main avait pu percevoir une texture aussi incongrue, mais franchement je ne voyais aucune explication.

« Là. Ne bois pas trop vite surtout. » indiquai-je en la laissant devant une arrivée d’eau. Elle avait beau être trop âgée pour être ma fille, je ne m’en rendis pas moins compte que j’avais des réflexes paternels avec elle. On ne se refait pas.

Je me tins un peu sur le côté le temps qu’elle s’hydrate et se passe de l’eau sur le visage, cherchant malgré moi à apercevoir discrètement sa main – en vain. L’idée me vint soudain que si au toucher j’avais cru sentir du métal ou du silicone, ce n’était peut-être pas une erreur de mon cerveau mais bien la vérité. Est-ce que Mary avait une prothèse ? Il me semblait que la première fois que nous nous étions vus elle avait des mains tout à fait normales, raison pour laquelle mon esprit avait refusé de l’envisager… Mais plusieurs mois étaient passés entre temps. La curiosité commençait à être trop forte pour être contenue et, après lui avoir demandé si elle allait mieux et m’être assuré que c’était le cas, je ne pus m’empêcher d’en dire un mot.


« J’ai senti ta main tout à l’heure. J’ai été, euh… surpris. »

Impossible de lui demander de but en blanc si elle avait une main artificielle, elle le vivait peut-être très mal et je ne voulais pas trop insister là-dessus. Et en même temps… ça m’intriguait vraiment trop.



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Sbire Galaxie

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Jeu 29 Mar - 20:51
Les sensations et les sentiments qui envahissent ton esprit et ton système nerveux sont vraiment horribles. Même si Abigail a arrêté de te parler par télépathie, tu peux encore en discerner les traces, pas seulement parce que tu saignes du nez. C’est comme si une perceuse te vrillait le crâne, que ton oreille interne avait disparu et que seuls tes réflexes ainsi que les petits bras de la Roussil te permettaient encore de ne pas te retrouver écroulée sur le sol. La voix de Ruven parait lointaine, alors qu’il se trouve à peine à quelques mètres de toi seulement. Mais heureusement, tu arrives à comprendre ce qu’il dit. Tu hoches simplement de la tête.

« Je… vais bien. » balbuties-tu. « Je suis juste… un peu secouée. »

Du moins estimes-tu malgré ton état que tu ne garderas pas trop de séquelles après cet incident. En revanche, si tu avais été complétement néophyte sur le sujet, le résultat aurait été tout autre. Les blessures que t’auraient infligé ton Pokémon auraient été irréversibles si tu n’avais pas été capable de fermer ton esprit à temps pour encaisser certains coups, même si la renarde a réussi à abaisser ta garde sur certains points. Alors, ce qu’il te faut, maintenant, c’est surtout du repos et du silence. Quelque chose qui ne te demande pas de réfléchir. Et Ruven a la solution, semble-t-il. C’est pour ça qu’il te demande de prendre ta main, ce que tu fais sans hésiter. De ta main gauche, par réflexe, depuis ton accident. Et c’est parce que tu es encore un peu sonnée que tu ne te rends pas compte de ce que tu viens de faire, ni de sa réaction. Dans le cadre d’une mission, ton identité aurait été compromise, et tu n’aurais peut-être pas survécu à l’issue de cette découverte. Tu as de la chance que Ruven soit une personne de confiance, une bonne personne. Mais à l’heure actuelle, tu ne te rends pas compte des conséquences que ça implique. Tu te concentres juste sur l’instant présent, sur le fait de bouger tes muscles pour suivre le Champion jusqu’aux toilettes publiques de la ville. A l’intérieur, tu ouvres le robinet et commence à boire un peu d’eau, même s’il t’avertit de ne pas te précipiter dessus. Tu en profites également, une fois ta soif étanchée, pour te passer un peu d’eau sur le visage, encore une fois, avec ta main gauche, par réflexe.

Et c’est maintenant que tu as les idées un peu plus claires que tu fais davantage attention à ce que dit l’expert des Pokémon feu et acier. Ses mots tombent comme une hache sur ta nuque au moment de ton exécution, et ton corps se raidit, ton cerveau presque incapable de raisonner pendant quelques secondes. Il sait. Il a tout compris. Il a compris que tu lui caches quelque chose et il attend des explications. Pendant l’espace d’une microseconde, tu préférerais te faire à nouveau envahir la tête par Abigail. Celle-ci continue par ailleurs de t’observer, puisqu’elle vous a accompagné tout au long de votre parcours jusqu’aux toilettes publiques. Son regard est davantage soucieux qu’inquisiteur, maintenant, et c’est rassurant de savoir qu’elle s’est calmée. Tu ne lui en veux pas, tu sais qu’elle ne pensait pas à mal en faisant une chose pareille. Elle tient à toi. Beaucoup trop à toi. Si elle a agi de cette façon, c’est parce qu’elle est triste de te voir sur ce chemin sombre et douloureux qui, pour tout le monde à part toi, ne peut mener qu’à ta destruction. Tu la comprends, car tu sais que si quelqu’un que tu aimes devait te remplacer sur ce chemin, tu agirais exactement de la même manière.

« Je m’en doute. » réponds-tu à la remarque de Ruven après un silence. « N’importe qui l’aurait été. »

Tu te contentes de faire des phrases courtes, pour le moment. Cela t’évite d’avoir trop mal à la tête, même si ton mal de crâne commence à se dissiper.

« Je m’excuse. Je n’aurais peut-être pas dû vous le cacher. J’ai eu un accident. »

Peut-être te diras-t-il que tu peux t’arrêter si tu en as envie, mais tu préfères continuer. Maintenant que tu en es là, tu ne veux plus qu’il se pose de questions. Tu veux que tout cela se termine. Tu ne peux pas tout lui dire, et tu le sais, mais parler de ton bras, ce n’est quasiment pas lié à la Team Galaxy. De toute façon, officiellement, c’est la G Corporation qui s’est occupée de ta greffe, du moins est-ce ce qui est inscrit sur les rapports médicaux.

« Il y a quelques temps, les médias ont parlé d’un incident qu’il y a eu à Cramois’Île. Une scientifique a tenté de prendre le contrôle de l’île en hypnotisant la population locale ainsi que leurs Pokémon grâce à une horde d’Hypnomade, et elle a réussi à mettre la main sur un appareil permettant de ressusciter les fossiles de Pokémon les plus anciens. J’étais présente sur les lieux, ce soir-là. »

Un silence. Relater les événements du Cauchemar, comme l’appellent les journalistes, n’est en principe pas si difficile, mais c’est parce que tu ne rentres en principe pas dans les détails. Cette fois-ci, tu sais que tu vas devoir aborder des sujets qui te tiennent davantage à cœur. La simple pensée te fait frémir, même si tu sais que la renarde présente à tes côtés n’entrera pas dans ton esprit, cette fois.

« Avec un petit groupe, nous avons réussi à éviter l’hypnose et nous avons commencé à chercher des indices un peu partout en ville, jusqu’à se rendre dans le laboratoire. Là-bas, nous sommes tombés sur le fossile que la scientifique a réussi à faire revenir. Un Kabutops chromatique, que j’ai affronté avec mon Monorpale ainsi que les Pokémon des autres rescapés. C’est là que mon accident a eu lieu. Je n’ai pas su éviter ses griffes et il a tranché mon bras gauche comme si de rien n’était. Je revois encore sa carapace verte, son visage aux yeux noirs, aux pupilles et aux iris indiscernables. »

Tes membres tremblent, toi qui pourtant n’avait pas vraiment eu peur de lui, à ce moment-là. C’est plutôt une espèce de réflexe. Si ta volonté est de fer, ton corps, lui, a ses limites, même si tu tends parfois à l’oublier. Mais pour toi, le pire est encore à venir.

« Nous avons finalement réussi à le vaincre, mais il a fallu ensuite retrouver la scientifique derrière toute cette histoire. Mes camarades m’ont soigné comme ils le pouvaient, mais cela n’a été qu’une fois que nous sommes parvenus à mettre un terme à tout cela que j’ai véritablement pu recevoir une assistance médicale. Mais notre victoire a eu un prix. Durant notre combat, la scientifique était armée… Et elle avait beau ne pas savoir s’en servir, elle a tout de même réussi à blesser mortellement une femme qui nous accompagnait. »

Tu te penches à nouveau vers l’évier pour boire une gorgée d’eau, à cause de ta gorge sèche. Si ton corps se rappelle encore de l’impact qu’a eu le Kabutops sur toi, les tremblements s’accentuent alors que le trépas de Juliet te revient en mémoire. Car c’est là que réside le véritable traumatisme. Certes, tu es ressortie grandie de tout cela, et tu connais à présent ton objectif : vaincre Arceus sans pour autant renoncer à tes principes sur l’ordre et la justice. Si les moyens de la Team Galaxy ainsi que le savoir interdit qui réside au château Nephilim sont des plus attrayants, tu t’es promis de ne plus jamais sacrifier un innocent sur l’autel de ta vengeance.

« J’ai eu un suivi médical et psychologique à la suite de cet événement. » conclus-tu. « Mais aujourd’hui encore, cette fille hante mes cauchemars. »

Malgré ton visage encore humide, tu ne peux pas dissimuler les larmes qui coulent sur tes joues alors que tu prononces ces mots. Abigail s’avance et entoure ta taille de ses petits bras, mais ce n’est malheureusement pas suffisant pour les faire partir. La seule chose que tu tentes de faire, maintenant, c’est baisser la tête, pour que Ruven ne te voit pas te transformer peu à peu en une espèce de démente à cause de ton esprit encore perturbé par les perturbations psychiques de la Roussil.

« Elle est là, dans le noir. » sanglotes-tu. « Elle m’observe d’un regard qui me glace le sang. Elle me demande sans cesse pourquoi je l’ai laissée mourir. Et peu importe mes justifications, sa réponse est toujours la même. Elle me traite de monstre, et elle me reproche de ne pas avoir pris sa place ! »

Cette partie de toi qui s’exprime, ce n’est pas la femme forte que tu es devenue. C’est cette trace de ton ancienne vie, cette pauvre enfant qui n’a plus le moindre repère dans sa vie, si ce n’est son Pokémon de départ, quand elle a commencé sa carrière de Dresseuse, et qui pourrait tout aussi bien disparaître à son tour, tellement elle est parvenue à tout gâcher. Mais cette petite fille a envie de crier, de demander pourquoi la vie est aussi injuste envers elle au point d’avoir pris ceux qu’elle aimait. C’est elle qui s’empare d’une main de son Pokémon et qui s’avance vers l’un des Maîtres de la Ligue Pokémon pour se réfugier dans ses bras, cherchant un peu de réconfort dans ce qui lui rappelle, de manière plus ou moins lointaine, une espèce de figure paternelle, dans l’espoir d’avoir ne serait-ce qu’un peu de réconfort.







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Mer 11 Avr - 22:28
Ma question la perturba visiblement. J’avais donc raison : quelque chose clochait avec sa main. Même si j’étais curieux de savoir, je ne voulais pas non plus qu’elle se sente acculée (ce qui transparaissait actuellement dans son regard) et gardais donc une attitude un peu détachée pour qu’elle se sente libre d’éluder. Franchement, je ne le prendrais pas mal. J’aimais bien Mary et je sentais que c’était réciproque, mais nous n’étions pas proches pour autant. Elle ne me devait rien du tout.

« Je m’en doute. » finit-elle par dire après un silence. « N’importe qui l’aurait été. Je m’excuse. Je n’aurais peut-être pas dû vous le cacher. » Je fis un petit signe de la main pour lui montrer que non, elle n’avait pas à s’excuser et non, elle n’avait eu aucune raison de me le révéler jusque-là. Si c’était quelque chose de douloureux pour elle, c’était normal qu’elle le cache à un quasi inconnu. « J’ai eu un accident. Il y a quelques temps, les médias ont parlé d’un incident qu’il y a eu à Cramois’Île. Une scientifique a tenté de prendre le contrôle de l’île en hypnotisant la population locale ainsi que leurs Pokémon grâce à une horde d’Hypnomade, et elle a réussi à mettre la main sur un appareil permettant de ressusciter les fossiles de Pokémon les plus anciens.

- Ah oui, je m’en souviens.

- J’étais présente sur les lieux, ce soir-là.
»

Mary s’interrompit, la mine grave. Je compris que l’histoire qu’elle s’apprêtait à me raconter n’allait pas être drôle du tout. L’évènement remontait déjà à quelques mois et je ne me souvenais pas de tous les détails, mais cela avait fait grand bruit pendant les jours qui avaient suivi et la région de Kantô avait été sous le choc. Si ma mémoire était bonne, il me semble qu’il y avait eu pas mal de blessés aussi. Peut-être même des morts.
Je l’écoutai attentivement quand elle poursuivit. On se serait cru dans un film tant son récit était surréaliste et pourtant elle avait l’air si sérieuse que je ne pouvais pas faire autrement que la croire. Puis, soudain, toute pensée frivole s’envola. Les mots de Mary me firent froid dans le dos et je me mordis la lèvre pour ne pas échapper une exclamation d’horreur. Ce n’était pas sa main gauche qu’elle avait perdu mais tout son bras. Tranché, comme du beurre. Pendant une affreuse seconde j’essayai d’imaginer ce que ça me ferait de vivre ça et pensai que j’en deviendrais fou. Bon sang, je n’avais rien vu du tout. Certes j’avais trouvé ça un peu bizarre que Mary porte des manches longues alors qu’il faisait si doux, mais je m’étais dit que c’était parce qu’elle était nonne et donc pudique. Et son bras gauche semblait si… normal, sous le tissu. Malgré moi mon œil passa dessus, comme s’il s’attendait à remarquer enfin la mécanique et tout ce qui aurait pu me mettre la puce à l’oreille plus tôt. Cela me permit de voir que Mary tremblait un peu. Des images horribles devaient passer dans sa tête en ce moment.


« Putain… » fut tout ce que je pus dire. C’était vraiment moyen devant une ancienne religieuse, mais franchement rien d’autre ne me venait. Il n’y avait aucun autre commentaire à faire devant tant d’effroi. D’ailleurs, Mary ne m’en tint pas rigueur et poursuivit.

« Nous avons finalement réussi à le vaincre, mais il a fallu ensuite retrouver la scientifique derrière toute cette histoire. Mes camarades m’ont soigné comme ils le pouvaient, mais cela n’a été qu’une fois que nous sommes parvenus à mettre un terme à tout cela que j’ai véritablement pu recevoir une assistance médicale. Mais notre victoire a eu un prix. Durant notre combat, la scientifique était armée… Et elle avait beau ne pas savoir s’en servir, elle a tout de même réussi à blesser mortellement une femme qui nous accompagnait. »

Je me rendis compte que c’était ça, et non son bras, qui la traumatisait le plus. Son corps se mit à trembler plus fort et elle s’interrompit pour boire un peu ; dans son regard, je vis que la mutilation qu’elle avait subie importait peu à côté. J’étais incapable de trouver quoi dire mais je crois que de toute façon elle n’attendait pas de moi que je réagisse ; au contraire, elle semblait avoir besoin de parler.

« J’ai eu un suivi médical et psychologique à la suite de cet événement. Mais aujourd’hui encore, cette fille hante mes cauchemars. »

Des larmes commencèrent à couler sur ses joues. Il n’y en avait pas eu quand elle m’avait parlé de la mort de son père adoptif, mais là l’émotion était trop vive. Trop récente, pas digérée. Comme à chaque fois que je voyais quelqu’un pleurer je ne sus pas du tout quoi faire. Si nous avions été proches je l’aurais sans doute prise dans mes bras, sans parler, juste pour que ma chaleur la rassure et qu’elle se sente moins seule face à sa détresse. Et encore, je ne suis pas sûr que Mary aurait aimé que je la touche, elle était trop timide pour ça. Alors quoi ? Je ne pouvais rien faire à part continuer de l’écouter – ce qui, je crois, était ce qu’elle voulait vraiment de moi.

« Elle est là, dans le noir. » Elle sanglotait, avait baissé la tête, ne me regardait plus. Je perçus soudain à quel point elle était fragilisée, à quel point elle souffrait. Ce n’était pas pour moi qu’elle parlait mais pour elle, parce qu’elle devait le dire à quelqu’un. Parce qu’elle était si seule. « Elle m’observe d’un regard qui me glace le sang. Elle me demande sans cesse pourquoi je l’ai laissée mourir. Et peu importe mes justifications, sa réponse est toujours la même. Elle me traite de monstre, et elle me reproche de ne pas avoir pris sa place ! »

Puis, alors que je ressentais le besoin urgent de faire quelque chose pour elle, Mary craqua. Elle brisa la distance entre nous, si importante pour elle jusqu’ici, et vint se blottir contre moi avec la vulnérabilité d’une enfant. Je ne m’y attendais pas et pourtant mes bras se refermèrent aussitôt sur elle, comme une évidence. Je ne sais si elle avait fait ça parce que je lui rappelais son père adoptif mais en tout cas elle éveillait tous mes instincts paternels : sans réfléchir j’appuyai légèrement ma tête contre la sienne et caressai son dos d’une main, lentement, laissant l’autre sur sa taille pour la tenir contre moi. Elle me faisait penser à Alyssa. Une jeune fille douce, innocente, sur qui la vie s’était injustement acharnée. C’était sûrement pour cela que je ne ressentais aucune gêne à l’avoir dans mes bras alors que, au fond, ce n’était que la deuxième fois que nous nous rencontrions. Ça et le fait que dans les moments intenses je m’exprimais bien mieux par le toucher que par les mots.
Je restai quelques secondes comme ça, sans rien dire, le temps que le plus gros de sa détresse passe. Je tâchai de la calmer en restant moi-même parfaitement tranquille, respirant doucement, maintenant le mouvement régulier de ma main dans son dos, comme si je la berçais. Exactement ce que je ferais pour l’une de mes filles. Puis, quand je sentis que ma présence contre elle l’avait déjà un peu réconfortée, je m’essayai à dire quelque chose.


« Ce que tu as vécu est terrible, Mary. Personne ne devrait avoir à subir une chose pareille, que ce soit ce qui t’est personnellement arrivé ou ce dont tu as été témoin. » J’avais le ton doux, rassurant. Celui que j’utilisais avec Zoé quand elle allait vraiment mal. Je n’avais pas cherché à le prendre, il était venu comme ça. « Je me doute que ce que je vais te dire on te l’a déjà dit, mais tu n’as pas à culpabiliser d’être encore vivante. C’est tombée sur cette jeune femme, cela aurait pu être toi, c’est comme ça. Je suis sûr que tu as fait tout ce que tu pouvais pour elle, compte tenu des circonstances et de ton propre état. La seule personne qui doit s’en vouloir aujourd’hui c’est le meurtrier, point barre. » Je me tus. Je ne trouvais rien d’autre à ajouter, même si j’en avais déjà dit pas mal par rapport à mon impuissance habituelle. Une ou deux secondes passèrent, puis je murmurai : « Ça va aller ? Je peux faire quelque chose pour toi ? »



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Sbire Galaxie

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Lun 23 Avr - 10:35
On dit parfois qu’un parent est un dieu aux yeux de son enfant. Qu’il est son point de repère, son monde, jusqu’à ce qu’il doive se débrouiller tout seul le moment venu. Puis il trouve un partenaire avec qui il rêve de fonder une famille, et l’histoire recommence dans un cercle vertueux. Bien sûr, même les dieux ont des défauts. Sous leurs airs parfaits, ils sont loin de l’être, et au fur et à mesure que l’on grandit, on les perçoit de plus en plus facilement, au point que parfois, on oublie ces qualités que l’on admirait pourtant pendant notre enfance. Mais au fond, parents et enfants font partie de la même famille, et malgré les différents et les disputes, il reste souvent ce lien qui fait que l’on s’aime et que les lendemains chantent toujours malgré les tempêtes qui surviennent parfois.

Seulement, il a fallu que tu sois l’exception à cette règle. Et pourtant, tu aurais pu le prédire dès le départ, par ton simple nom. Nephilim. Dans la mythologie biblique, ils étaient les enfants des anges et des humains, des progénitures issues d’unions qui n’auraient jamais dû se produire. Des créatures difformes et répugnantes, à la force physique impressionnante, mais qui, d’après certains écrits, ne faisaient que propager la corruption dans le cœur des hommes comme une maladie. Une maladie qu’il a fallu éradiquer grâce à un déluge purificateur. Dire que tout concorde avec ta propre histoire. Les conditions de ta naissance sont également des plus sordides, et, pour le moment du moins, tu n’as rencontré personne au sein de la Team Galaxy qui t’égale en ce qui concerne ta force physique maintenant que tu es en partie une machine. Et que dire de la détermination dont tu fais preuve, qui n’a d’égal que la force de ta volonté ? Que dire de ton passé de religieuse contre lequel tu te rebelles désormais ? Tu es l’une des deux dernières descendantes d’une famille dont le nom est synonyme de péché, et tu as commencé à gangrener l’Eglise d’Arceus, faisant tomber une par une les personnes qui la constituent. Il n’y en a eu que trois pour le moment, mais tout ceci n’est que le début. Les symptômes ont beau être encore bénins, ce n’est qu’une question de temps avant que tu ne rejoignes le cœur de cette institution, comme le venin d’un serpent à l’apparence inoffensif, mais dont les crochets sont tout aussi mortels que n’importe quelle arme de destruction massive.

Et pourtant, réfugiée ainsi dans les bras d’un des Maîtres de la Ligue, on ne pourrait pas croire à tout ça, tellement tu es désespérée par tout ça. Bien au contraire. On dirait une scène dont les deux protagonistes ne vont pas forcément très bien ensemble. Notamment parce que l’un d’eux est un peu trop âgé pour qu’elle puisse se dérouler correctement. Mais tu te moques de ce que les gens peuvent penser de ça. Tu te moques de tout. Tout ce que tu cherches, c’est ce réconfort que tu n’auras probablement jamais, et que tu ne peux que simuler. Mais en l’état, c’est largement suffisant. Parce que, malgré tout, ce qu’il dit te réconforte un peu. Si ton escapade au château Nephilim ainsi que les principes que tu penses suivre maintenant t’ont permis de trouver un peu la paix quant à la mort de Juliet, ce sont vraiment ses paroles qui te donnent du baume au cœur. Ce qu’il dit par rapport à cette scientifique folle, puis cette simple demande. Tout semble parfait, excepté le fait qu’il ne s’agisse pas de ton père adoptif.

« Juste être là… » réponds-tu simplement, entre deux sanglots. « Juste encore un peu. »

Tu resserres encore un peu ton emprise sur lui tandis que tu enfouis ta tête contre son épaule. Tu ne sais pas combien de temps passe alors que tu finis enfin par te calmer, mais même maintenant que les larmes ne coulent plus sur tes joues, tu n’as pas envie de lâcher prise. Ce serait te ramener dans cette réalité que tu détestes tant, celle où le démiurge de ce monde cherche constamment à te rappeler à quel point tu es une erreur de la nature et où il cherche sans cesse à t’éliminer de son grand plan qu’il a pour le monde, quel qu’il soit.

Et pourtant, c’est bien toi qui finit par mettre un terme à ce petit instant de réconfort. Tout simplement parce que tu sais très bien que vous ne pouvez pas rester ainsi aussi longtemps. Et puis, tu ne peux pas le garder pour toi toute seule non plus. D’autres personnes ont besoin de lui, et tu ne peux pas non plus te permettre d’être un fardeau pour lui. Sans mentionner en plus du fait que plus le temps passe, et plus il risque de découvrir d’autres de tes terribles secrets. Tu joues à un jeu qui est déjà assez dangereux pour toi comme ça. Mais ça ne t’empêche pas d’être reconnaissante envers cet homme que tu n’as jamais eu de cesse d’admirer.

« Merci pour cette journée. Je ne me plains pas de mon nouveau travail, mais parfois, je repense à des événements comme celui-là ou ma vie d’avant. Je sais que ce n’est pas bon et que je dois me concentrer sur mon avenir, mais c’est difficile d’avancer, parfois. »

S’il n’y avait pas tes projets de destruction d’Arceus, tu ne pourrais tout simplement pas le faire. Même tes Pokémon ne pourraient pas te sauver d’une mort certaine.

« Je crois qu’il n’y a que mon désir d’affronter la Ligue Pokémon qui me permette de sortir la tête hors de l’eau, par moments. » soliloques-tu. « Mais depuis qu’Abigail et moi sommes dans notre situation actuelle, je le ressens de moins en moins. »

Rien de ce que tu viens de dire est un mensonge, pour le coup. Même si tu passes tes missions au sein de la Team avant tout, affronter les Champions d’Arène, en plus d’être un exercice intéressant qui, à ton sens, te servira toute ta vie, te fait le plus grand bien. Ces séances d’entraînement, avant qu’Abigail et toi ne soyez en froid, te vidaient l’esprit, et te permettaient de pouvoir admirer encore un peu plus la personne qui se trouve en ce moment juste en face de toi. Mais même ça, ce n’est plus aussi vrai, maintenant.







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Hier à 22:19
Elle était vraiment dans un état de vulnérabilité avancé car, malgré les secondes qui passaient, elle ne se reprenait pas et restait blottie dans mes bras. Je suis certain que dans toute autre circonstance elle aurait trouvé impensable d'être aussi proche de moi, voire qu'elle aurait trouvé ça "mal" parce que nous étions de sexes différents et que j'étais bien plus âgé qu'elle. Pourtant à cet instant je crois que la seule chose qui comptait pour elle était que j'étais un autre être humain et que j'étais disposé à lui offrir un réconfort sans jugement. D'ailleurs, alors que je lui demandais si je pouvais faire quelque chose pour elle, elle me répondit entre deux reniflements qu'elle voulait juste que je la laisse rester contre moi un peu plus longtemps. Je ne commentai pas et poursuivis mes lentes caresses dans son dos alors qu'elle collait son front contre mon épaule. Pauvre jeune fille.

J'attendis patiemment qu'elle se calme, ce qui prit pas mal de temps. A un moment je vis Molly nous tourner autour avec son air jaloux et je la chassai d'un petit claquement de doigts. La lionne détestait vraiment que les femmes me collent un peu trop - ce qui était plus une plaie qu'autre chose, à vrai dire. Quand Mary cessa de pleurer je crus qu'elle allait se détacher de suite mais elle resta encore un peu. Je ne voulais pas la presser et la laissai décider du moment où elle n'aurait plus besoin de moi.
Finalement, elle mit fin à notre étreinte et remit une distance raisonnable entre nous. Son visage était rougi par les larmes mais elle semblait sincèrement aller mieux. Allait-elle s'excuser pour ce câlin incorrect selon les standards de la société ? Je m'y attendais, et pourtant ce ne fut pas du tout ce qu'elle fit.


« Merci pour cette journée. » dit-elle. Ces mots me firent aussitôt sourire. J'avoue, j'étais touché par sa gratitude. « Je ne me plains pas de mon nouveau travail, mais parfois, je repense à des événements comme celui-là ou ma vie d’avant. Je sais que ce n’est pas bon et que je dois me concentrer sur mon avenir, mais c’est difficile d’avancer, parfois.

- Je comprends.
» Tu m'étonnes, elle avait de quoi être déprimée avec les deux morts tragiques qu'elle avait subies. Je trouvais même qu'elle s'en sortait remarquablement bien, je n'étais pas sûr que j'aurais pu faire aussi bonne figure dans la même situation qu'elle.

« Je crois qu’il n’y a que mon désir d’affronter la Ligue Pokémon qui me permette de sortir la tête hors de l’eau, par moments. » avoua-t-elle. Je comprenais pourquoi : cela lui donnait un objectif, un horizon. Un avenir vers lequel regarder et qui pourrait la détourner des images du passé. « Mais depuis qu’Abigail et moi sommes dans notre situation actuelle, je le ressens de moins en moins. »

Cela me chagrinait de l'entendre et je fis une petite moue embêtée. Ce problème de communication avec son starter semblait vraiment lui peser et l'empêcher d'avancer... J'aimerais être en mesure de l'aider mais je ne savais pas trop comment. Je sentais qu'il y avait là un nœud plus gros que la simple difficulté à séparer leurs émotions dont elle m'avait parlé tout à l'heure, toutefois je ne pouvais pas la forcer à m'en dire plus. Elle l'aurait sans doute déjà fait si elle l'avait voulu.

« Il faut absolument que tu règles ce problème, Mary. » dis-je avec une gentille fermeté. « Il vous empoisonne toutes les deux. Ce qui s'est passé tout à l'heure, ce qu'Abigail t'a fait, ça ne doit plus se reproduire. Je ne suis pas avec vous et je ne connais pas votre relation, je ne peux pas t'aider plus, mais je t'assure que c'est une priorité absolue d'assainir votre relation. Concentre-toi là dessus et ne laisse pas la situation pourrir, c'est très important. »

Ça me frustrait de ne pas pouvoir l'aider plus qu'avec de jolies paroles. Si seulement je pouvais suivre tout ça... lui donner des conseils dans des situations précises... Hum. J'avais bien compris que Mary n'utilisait pas les réseaux sociaux, mais peut-être que... ?

« Tu as un portable ? » demandai-je en sortant le mien de ma poche. « Je voudrais te donner mon numéro au cas où tu aurais besoin d'une aide quelconque. J'ai confiance en toi, je ne pense pas que tu sois le genre de filles à le publier sur le net. Et peut-être que si tu as une ligne directe avec moi tu penseras plus à l'utiliser ? Ou au pire, si tu n'oses pas, moi je pourrai demander de tes nouvelles de temps en temps. Je pense à ce genre de choses normalement. »



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